Sakuran

Sakuran-cov“Vendue à une maison close dès son plus jeune âge, Tomeki, est une petite fille rebelle qui n’a qu’un désir : s’enfuir du quartier des plaisirs et surtout ne jamais devenir une prostituée. Mais avec le temps elle finit par se prendre au jeu et va vouloir atteindre le titre d’oiran, le plus haut rang des courtisanes. Elle fait ses débuts dans le métier sous le nom de Kiyoha, et très vite révèle un véritable don pour l’art de l’amour. Un simple regard lui suffit pour que tous les hommes soient à ses pieds…

Sakuran vous fait découvrir la société très codée et hiérarchisée des courtisanes japonaises, trop souvent confondues avec les geishas. Avec ses règles strictes et ses principes ancestraux, le monde des prostituées de l’ère Edo vous dévoile tous ses secrets, des plus élégants aux plus cruels… Cynique et sulfureux à l’instar de son héroïne, ce manga nous dépeint une fois de plus une femme au caractère bien trempé, comme sait si bien les mettre en scène Moyoco Anno. Ce manga a été adapté au cinéma par la réalisatrice Mika Ninagawa.” [ Texte de la couverture arrière ]

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Après avoir été prépublié en feuilleton dans Evening (un magazine bimensuel de manga seinen publié par Kodansha) en 2001, Sakuran (さくらん) est paru en un seul volume en novembre 2003 (Kodansha, Deluxe #1829, 308 pg, 900¥, ISBN 978-4-0633-4829-3). Il a été publié en français par Pika (collection Pika Graphic) en novembre 2010. Ce manga est écrit et dessiné par Moyoco Anno, une mangaka surtout connue pour ses histoires josei (qui ciblent un public féminin adulte), comme Happy Mania ou Hataraki Man, mais elle a aussi produit du manga Shojo, comme Sugar Sugar Rune (Chocola et Vanilla en français). C’est une auteure de renom puisqu’un sondage récent la plaçait au huitième rang de popularité auprès des lecteurs de sexe féminin. Elle est également l’épouse du cinéaste et animateur Hideaki Anno, co-fondateur du studio Gainax et principalement connu pour la série animée Neon Genesis Evangelion (Étrangement, si leur nom de famille est le même, par pur coïncidence, il s’orthographie différemment en Japonais: 安野 pour elle et 庵野 pour lui). Le fait que Sakuran se termine avec la mention “fin de la première partie” indique qu’Anno avait originalement l’intention de poursuivre l’histoire plus loin mais elle n’a jamais entreprit cette suite (probablement à cause de l’adaptation cinématographique de 2007 qui passe rapidement sur la jeunesse du personnage principale pour en raconter un peu plus sur sa vie d’adulte).

L’histoire de Sakuran, qui n’est pas sans rappeler Mémoires d’une geisha (le livre d’Arthur Golden porté à l’écran par Rob Mitchell), est assez simple. Tomeki, encore enfant, est vendu à une maison close à la mort de son père et est ainsi destiné, contre son gré, à une vie de prostitution. Elle travailles à la Maison Tamagiku de Yoshiwara (le quartier des plaisirs d’Edo) d’abord comme une simple suivante (kamuro) récalcitrante, puis comme une apprentie (hikkomi) à fort caractère, sous le nom de O-rin, et finalement comme une débutante un peu insolente, sous le nom de Kiyoha (ce qui signifit “feuille innocente”). Elle résistera de toutes les façons possible à ce destin qu’elle n’a pas choisi. Pourtant elle finira par se laisser prendre à son propre jeu et deviendra ce qu’elle détestait tant: une oiran réputé (courtisane de haut rang). Cela ne l’empèchera cependant pas de continuer à rechercher une manière de retrouver sa liberté. Comme dans la plupart des manga de Moyoco Anno, Sakuran mets en scène des personnages féminins forts, particulièrement Kiyoha, qui prennent leur travail très au sérieux. Elles n’abandonnent jamais ou ne s’apitoient pas sur leur sort mais cherchent plutôt un moyen de survivre sans dépendre des autres. Sans être extrêmement original, cette histoire offre tout de même un sujet intéssant qui nous renseigne beaucoup sur l’époque et l’univers des maisons closes d’Edo, l’ancienne Tokyo.

Toutefois, ce qui fait de Sakuran un manga fascinant est sans aucun doute son style superbe. Les planches en couleurs sont particulièrement belles et rappellent un peu les Ukiyo-e (estampes japonaises) et Shunga (gravures érotiques) de l’époque. Les personnages, surtout réalistes mais aussi parfois caricaturaux, ainsi que les arrière-plans détaillés et soignés ne sont surpassés que par la grande attention accordée aux vêtements et aux coiffures. Ceci n’est pas surprenant puisque Moyoco Anno a aussi beaucoup écrit sur la mode (entre 1998 et 2003 elle a eut une chronique dans VoCE, un magazine de cosmétique et de mode publié par Kodansha). Cela transparait aussi dans l’allure de ses héroïnes qui sont souvent grandes et élancées, comme des mannequins de mode.

Malheureusement, plusieurs éléments font de ce manga une lecture exigeante: le flash-back du début et le fait que le personnage principal change de nom trois fois peut créer un peu de confusion, la difficulté parfois à distinguer les personnages les uns des autres, sans oublier une narration saccadée et un récit compressé dans le temps. Malgré l’effort requis c’est un ouvrage qui procure somme toute une expérience agréable et mérite définitivement notre attention. C’est un très beau livre, d’une grande qualité, avec une charmante couverture à fini métallique et de superbes dessins. Il aborde certes un sujet très sérieux (la prostitution et les dures épreuves de la vie d’une oiran) mais qui est ici toujours présenté avec un certain humour. Compte-tenu du sujet, on doit évidemment s’attendre à de la nudité et à quelques scènes osées. À ne pas manquer, donc.

Sakuran a également été publié en version anglaise en juillet 2012 par Vertical (308 pgs, 5.25“ x 7.25“, paperback, ISBN 978-1-935654-45-2, $16.95 US / $17.95 Can). Des extraits de cette édition sont disponible sur le blogue de Comics Alliance et des information supplémentaires (ainsi qu’une critique) sont disponible sur le site d’Anime News Network. Vous pouvez aussi visiter le site officiel de Moyoco Anno.

En 2007, le manga a été adapté au cinéma par la réalisatrice et photographe Mika Ninagawa. Pour plus de détails sur ce film, vous pouvez lire notre billet qui y est consacré (en anglais; vous pouvez toujours vous risquer à lire la traduction automatisée mais l’exactitude du résultat n’est pas garantie — et même parfois loufoque!).

Sakuran, par Moyoco Anno. Boulogne, Pika Édition (Coll. Pika Graphic), 2010. 15 x 21 x 2.5 cm, 305 pg. (dont 34 pg en couleurs), 13,50 € / $22.95 Can. Sens de lecture japonais. ISBN: 978-2-8116-0385-4. Recommandé pour jeune adulte (16+). stars-3-5

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonNelliganGoogleRenaud-BrayWikipedia ]

Sakuran © 2003 MOYOCO Anno / Kodansha Ltd. All rights reserved.

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