À la recherche du temps perdu

Mon existence a maintenant franchi les limites du temps et de l’espace !
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“À l’instant où je mis en bouche la madeleine, document.write(“”); je fus pris d’une étrange sensation : les souvenirs de mon enfance ressuscitèrent. En même temps que je me revoyais grandir, se présentait devant mes yeux une fresque de la haute société d’avant et d’après la Première Guerre Mondiale. C’était le début d’un long voyage à la recherche de mon temps perdu…”

“Découvrez en manga cet immense chef-d’œuvre littéraire, par lequel l’auteur, grâce à son interprétation particulière du temps et sa thèse sur les souvenirs, a marqué en profondeur la littérature et la philosophie du XXe siècle.”

Le temps qui s’est écoulé jusqu’à présent sans s’arrêter ne serait-ce qu’une seule fois… n’est pas seulement à moi… mais continue de s’écouler sans interruption en ce moment même pour toutes les personnes de ce monde !

[ Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière ]

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J’ai déjà introduit la collection “Classiques” de Soleil Manga. Celle-ci, essentiellement, traduit en français quelques-uns des titres de l’impressionnante collection “Manga de Dokuha” publié au Japon par East Press. Cette collection se consacre à adapter en manga des classiques de la littérature pour les rendre accessible à un plus large publique. Après avoir commenté deux de ces adaptations d’un intérêt très mineur (L’Ancien et le Nouveau Testament de la Bible), je m’attaque maintenant à de la véritable littérature.

À la recherche du temps perdu (??????: ????????? / Manga de dokuha: Ushinawareta Toki wo Motomete) est le trente-sixième volume de la collection manga de dokuha (lit. “Lisez en manga”) publié par East Press en 2009 (le #913 du catalogue de l’éditeur). L’adaptation et le dessin ont été réalisé par le studio Variety Art Works, dont on connait très peu de chose. C’est le cinquième titre de la collection a être traduit par Soleil Manga.

L’oeuvre principale de Marcel Proust, qui fait dans les cinq-mille pages, est sans doute trop riche et complexe pour être aisément décrite. Il s’agit d’une suite de sept romans dont il commence l’écriture en 1907 et qui sera publié entre 1913 et 1927 (les trois derniers après sa mort). Elle est considéré par beaucoup comme un chef-d’oeuvre de la littérature française. En puisant dans ses souvenirs, Proust “dépeint avec minutie les moeurs de son époque” [rabat de couverture intérieur du manga], particulièrement la haute bourgeoisie et l’aristocratie du début du xxe siècle, en une sorte de “réflexion (…) sur la mémoire et sur le temps” [wikipédia].

Le manga se divise en sept parties, chacune représentant plus ou moins l’un des romans de Proust. Dans la première, “Du côté de chez Swann” (p. 5), le narrateur (Proust) se remémore son enfance à Combray grâce au goût d’une madeleine. Ce récit sert à établir les bases et à introduire les personnages qui peupleront le reste de l’histoire. Il y traite de son intérêt pour la lecture et son désir de devenir écrivain, de l’admiration qu’il avait pour la famille noble des Guermantes (représentée dans une tapisserie de l’église locale), du bonheur que représentait pour lui le baiser du soir avec sa mère (représentant l’angoisse d’être séparé d’elle pour la nuit), ou encore de Monsieur Swann, un riche voisin qui était la coqueluche des salons et qui faisait scandale en ayant épousé Odette (une ancienne cocotte ou prostituée de première classe). Un jour, en se promenant du côté de chez Swann, il fait la rencontre fortuite avec Gilberte (la fille des Swann) et en tombe amoureux. Si celle-ci se montre amicale, elle demeure froide à ses avances. Il cessa donc de fréquenter Gilberte mais resta proche des Swann.

Deux ans plus tard, dans “À l’ombre des jeunes filles en fleurs” (p. 61), il fait avec sa grand-mère un séjour estival à Balbec, une station balnéaire imaginaire de Normandie. Il y fait la rencontre de la Marquise de Villeparisis, du Marquis Robert de Saint-Loup, du Baron de Charlus (un Guermantes qui lui fait des avances!), du peintre Elstir, mais surtout d’Albertine Simonet. Il en tombe amoureux et fréquentera tout l’été la troupe d’amies de celle-ci. À la fin de l’été, elle l’invite dans sa chambre mais, lors qu’il s’apprête à l’embrasser, elle le rejète et quitte précipitamment l’hotel.

Dans “Du côté des Guermantes” (p. 117), le narrateur aménage avec sa famille (sur recommandation de la marquise de Villeparisis) dans un appartement de l’hôtel des Guermantes sur le faubourg Saint-Germain à Paris. C’est l’occasion pour lui de faire connaissance avec les membres les plus respectables de la famille Guermantes, qu’il admire tant, et de finalement entrer dans le monde de l’aristocratie. Saint-Loup, avec qui il s’est lié d’amitié, l’introduit au salon de sa tante, la marquise de Villeparisis, où il rencontre le duc et la duchesse de Guermantes, ainsi que le Baron de Charlus (qui lui fait encore des avances mais dont il ne comprend pas la nature). Suite au décès de sa grand-mère, il tombe en dépression et ne sort plus, mais la visite inattendu d’Albertine, avec qui il développe finalement une relation, le sort de sa torpeur.

Dans “Sodome et Gomorrhe” (p. 171), il est invité au salon de la Princesse de Guermantes, la tête de la famille. En chemin, il rencontre Swann qui lui annonce qu’il est mourant, puis le Baron de Charlus, qu’il surprend avec le valet Jupien, et il comprend finalement que le baron est un “homme de Sodome” (homosexuel). Plus tard, il propose à Albertine de se rendre à Balbec. A la gare, il rencontre à nouveau Charlus, cette fois accompagné du violoncelliste Charles Morel (son nouvel amant), et surprend Albertine en conversation très rapprochée avec une demoiselle, ce qui fait naître dans son coeur de la méfiance à son égard.

Dans “La prisonnière” (p. 225), Albertine retrouve sa troupe d’amies à Balbec et le narrateur fréquente le salon de Madame Verdurin. C’est là qu’il reverra Charlus et Morel, qui joue la “sonate de Vinteuil.” Cette mélodie lui fait imaginer Albertine dans les bras de mademoiselle Vinteuil. Il se rend compte, d’une part, qu’Albertine est Gomorrhéenne (i.e. lesbienne) et, d’autre part, qu’il ne l’aime plus. Mais il demeure jaloux et ne la laisse pas sortir sans lui. Après une querelle, il décide de rompre mais, après qu’elle soit partie, elle lui manque terriblement. Plus tard, il apprend qu’elle est morte dans un accident de cheval. Au même moment, il reçoit une lettre d’Albertine où elle demande pardon et lui avoue son amour. Cela le laisse dévasté.

Extrait des pages 258-259

Dans “Albertine disparue” (p. 279), il retrouve par hasard son premier amour, Gilberte, chez la duchesse de Guermantes. Après la mort de Swann, Odette s’est remariée avec monsieur de Forcheville et est ainsi acceptée par l’aristocratie. Adoptée par son beau-père, Gilberte est devenu mademoiselle de Forcheville. Elle annonce au narrateur son mariage prochain avec Robert de Saint-Loup mais lui avoue croire que Robert la trompe avec de multiple maîtresses. La santé du narrateur étant fragile, il passe plusieurs mois au sanatorium. À ce moment, la première guerre mondiale éclate. À Paris, il rencontre Saint-Loup qui s’est porté volontaire et a même reçu la Croix de Guerre. Il est surprit d’apprendre que le narrateur connait Morel, qui a disparu au front et que Saint-Loup recherche désespérément. Sur le chemin du retour, le narrateur éprouve un malaise et cherche refuge dans une auberge. Il découvre que celle-ci est en fait un lieu de plaisir géré par Jupien dans le seul but de divertir le Baron de Charlus. Jupien lui apprend que Morel a quitté le Baron pour devenir l’amant de Saint-Loup. Ils sont interrompu par un raid aérien qui détruit l’auberge. Par la suite on apprend que Saint-Loup est mort au front.

Finalement, dans “Le Temps retrouvé” (p. 333), il est invité par le prince de Guermantes. Il revoit tout ces gens qu’il connait et qu’il n’a plus vu depuis la guerre et son séjour au sanatorium mais il ne reconnait plus personne car ils ont tous vieillis. Morel est là pour jouer la sonate de Vinteuil. La merveilleuse mélodie rend le narrateur nostalgique mais lui fait un tout autre effet cette fois car elle évoque pour lui son temps perdu! Après le concert, il rencontre Gilberte qui lui présente sa fille, qui représente l’union des familles Swann et Guermantes. Il se rend alors compte que, lui aussi, a vieilli et que c’est le moment pour lui d’écrire tout ce qu’il a ressenti dans sa vie, de laisser une trace de son existence…

Malheureusement, comme je n’ai jamais lu Proust, je ne peux donc pas comparer le manga à l’original. Toutefois, cette adaptation me laisse une assez bonne impression. Le dessin est bien, mais sans être extraordinaire (c’est quand même beaucoup mieux que les autres titres de la collection que j’ai lu jusqu’à maintenant). Le style est typique et nous semble familier tout en étant assez inégale (parfois bien, parfois grossier) mais demeure généralement agréable à l’oeil. L’histoire est intéressante (particulièrement parce que j’ai toujours été curieux de découvrir Proust) et, malgré l’ampleur du défi que représente l’adaptation d’une telle saga, la narration est plutôt fluide. Je regrette toutefois que l’on ait choisi de la publier dans le sens de lecture occidental, mais je comprend que la collection se veuille accessible au plus large public possible.

Adapter un géant littéraire de près de cinq-mille pages en moins de quatre-cent est une tâche presqu’impossible. Il faut donc faire des choix. Dans ce cas-ci, on a choisi de sélectionner les événements les plus marquant de la vie du narrateur et de les enchaîner d’une façon suffisamment cohérente pour je ne ressente pas qu’il y manque quelque chose. Je suis donc tout de même impressionné du résultat. Toutefois, il semble que les lecteurs familiers avec l’oeuvre de Proust soient beaucoup moins indulgents et reprochent à l’adaptation son manque d’émotion, une apparence superficielle et l’absence de la complexe beauté de la langue de Proust. Mais ce sont là les torts de toutes adaptations! Il faut voir cette collection de classiques comme des adaptations cinématographiques que l’on regarde (parfois en accéléré) pour avoir un avant-goût de l’histoire et juger si cela vaut la peine que l’on se lance dans la lecture du livre.

À la recherche du temps perdu est donc un assez bon divertissement, qui est d’une lecture agréable et surtout très instructive car elle représente le parfait condensé (style Readers’ Digest) de ce très grand classique de la littérature française. C’est une excellente introduction pour aiguiser notre appétit avant d’entreprendre la lecture de l’oeuvre comme telle.


À la recherche du temps perdu, écrit par Marcel Proust et illustré par Variety Art Works (traduction: Julien Lefebvre-Paquet). Toulon, Soleil Manga (Coll. Classiques), septembre 2011. 12,8 x 18,2 x 2,8 cm, 384 pg., 9,90 € / $16.95 Can. ISBN: 978-2-30201-879-2. Lecture dans le sens occidental (de gauche à droite) et recommandé pour jeunes adultes (14+).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Manga de dokuha: À la recherche du temps perdu © 2008 Variety Art Works • East Press Co., Ltd. All rights reserved. Édition française © 2011 MC Productions.

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2 thoughts on “À la recherche du temps perdu

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