Genres et littératures (1): Littératures rationnelles

Littératures rationnelles

Aventure

Le roman d’aventure est l’archétype par excellence de la littérature populaire et en est le plus ancien des genres. En fait, plusieurs des genres littéraires modernes pourraient être considéré comme des sous-genres du roman d’aventure. C’est le cas du roman historique, d’espionage, d’anticipation ou même du roman sentimental. C’est pourquoi, maintenant, un pure roman d’aventure ne devrait pas contenir trop d’éléments qui le rapprocheraient de l’un de ces sous-genres.

Le roman d’aventure peut se définir comme un récit où un ou plusieurs protagonistes se retrouvent plongés inopinément dans une série de péripéties souvent rocambolesques qui les sortent de leur quotidien. L’histoire est généralement linéaire, l’arrière-plan simple, les personnages peu définie, mais l’intrigue est riche en action et rebondissements. C’est un genre souvent associé à la littérature jeunesse.

On pourrait faire remonter le roman d’aventure jusqu’à l’Odyssée et l’Iliade d’Homère, mais il a connu son essor surtout entre le milieu du XIXe et le milieu du XXe siècle. De nombreux auteurs s’y sont adonnés: Edgar Rice Burroughs (Tarzan), Daniel Defoe (Robinson Crusoé), Charles Dickens (Les aventures d’Oliver Twist), Alexandre Dumas (Le Comte de Monte-Cristo), Jack London (Croc-Blanc), Herman Melville (Moby Dick), Robert Louis Stevenson (L’Île au trésor), Mark Twain (Les aventures de Tom Sawyer), Jules Verne (Le Tour du monde en quatre-vingts jours), Henri Vernes (la série Bob Morane), etc.

Historique

Le roman historique se définit simplement comme un récit qui se déroule dans le passé et où le contexte historique, réel ou fictif, occupe une part importante. Les protagonistes peuvent être un mélange de personnage historiques réels et inventés. Dans ce cas-ci on pourrait se retrouver avec autant de sous-genres qu’il y a d’époque (roman antique, médiéval, de la renaissance, etc.) mais en fait on distingue surtout deux grandes catégories:

  • le roman historique réaliste “qui se veut le plus près possible des faits rapportés par les historiens et qui met en vedette un ou des personnages véridiques” [ALLARD, p. 213]
  • le roman historique lyrique où “le ou les personnages dominants sont des héros inventés ou copiés sur de multiples modèles, l’époque et les grands personnages ne servant que de décors et n’apparaissant qu’en silhouettes” [ALLARD, p. 214]

Certains incluent dans les sous-genres du roman historique la politique-fiction, qui s’apparente beaucoup au roman policier ou d’espionage et, pour cette raison, j’aurais plutôt tendance à en faire un genre en soi. À l’opposé, certains considèrent le western comme un genre à part alors que j’aurais plutôt tendance à le considérer comme un sous-genre du roman historique. Je mentionne en passant un autre sous-genre du roman historique: le roman biographique.

Le roman historique est un genre prolifique qui a eut les faveurs de nombreux auteurs: Juliette Benzoni (les cycles de Catherine et de Marianne), James Clavell (Shogun), Arthur Conan Doyle (Les aventures du brigadier Gérard), Maurice Druon (Les rois maudits), Alexandre Dumas (La reine Margot, Les trois mousquetaires, Les mohicans de Paris, etc.), Gustave Flaubert (Salammbô), Ken Follett (Les piliers de la terre), Diana Gabaldon (Outlander), Max Gallo (Le cortège des vainqueurs), Théophile Gauthier (Le capitaine Fracasse), Robert Graves (Moi, Claude), Alex Haley (Racines), Victor Hugo (Notre-Dame de Paris), Margaret Mitchell (Autant en emporte le vent), J.-H. Rosny ainé (La guerre du feu), Walter Scott (Rob Roy, Ivanhoe, Quantin Durward, etc.), Stendhal (La chartreuse de Parme), Léon Tolstoï (Guerre et paix), Léon Uris (Exodus), Lewis Wallace (Ben-Hur), Marguerite Yourcenar (Mémoires d’Hadrien), pour n’en citer que quelques-uns.

Il est a noter que l’on retrouve récemment dans la littérature québécoise un grand engouement pour le roman historique (particulièrement pour le sous-genre du roman familial) avec des auteurs comme Jean-Pierre Charland, Michel David, Pauline Gill, Michel Langlois et Juliette Thibault. La revue Collections de l’ANEL a consacré un numéro complet au roman historique québécois.

Humour

On a tendance à oublier que l’humour est aussi un genre littéraire et pourtant c’est un genre ancien et tout de même assez prolifique. Le fait qu’il soit négligée tient peut-être qu’il est parfois considérée comme dans une catégorie à part, la littérature hyperrationnelle.

La littérature humoristique est une littérature qui fait bien sûr rire, ou du moins sourire, mais elle fait surtout réfléchir en nous présentant la réalité dans un angle amusant certes mais c’est justement parce qu’elle nous la présente sous un jour différent qu’elle nous la fait comprendre avec une perspicacité nouvelle.

L’humour se présente sous une forme variée de sous-genres comme l’esprit, la satire, le pastiche (parodie), l’ironie (humour noir), voir même l’absurde alors qu’au théâtre on parle plutôt de genre comique ou de farce. Chaque culture a aussi son humour propre: l’humour anglais ou l’humour juif par exemple.

L’humour, et particulièrement la satire, remonte à l’antiquité avec des auteurs comme Ésope (et ses Fables qui “inspireront” beaucoup Lafontaine), Ovide (Métamorphoses), Pétrone (Satyricon), Martial (Épigrammes), Juvénal (Satires), Apulée (L’Âne d’or ou les Métamorphoses) ou encore Lucien de Samosate (pour ses nombreux dialogues humoristiques). Pour la Renaissance on peut citer Boccace (Décaméron), Rabelais (Pantagruel) ou même Jonathan Swift (Les voyages de Gulliver). Avec les Lumières viendront Molière et Voltaire. Pour les modernes, je me contenterai que de citer Woody Allen (Dieu, Shakespeare… et moi), Art Buchwald, Raymond Devos (Çà n’a pas de sens, Sens dessus dessous), Kafka, O’Henry (Contes du Far West, New York tic tac), San Antonio (L’Histoire de France vue par San Antonio, Les vacances de Bérurier), Sempé (Le petit Nicolas), et Mark Twain (Contes choisis, Contes humoristiques anglo-saxons).

Policier

Le roman policier (ou polar) est probablement l’un des genres modernes les plus populaires. Il se définit de façon général comme un récit dont l’élément principal est l’intrigue, et qui tourne autour d’un crime ou d’un mystère que doivent résoudre petit à petit les protagonistes à l’aide d’une analyse méthodique et de déductions. Parmi les nombreux sous-genres on peut distinguer trois grandes catégories:

  • le roman de détective, d’enquête ou de mystère nous offre le point de vue du policier ou du détective. Il s’agit ici du véritable roman policier où le récit est axé sur le processus de déduction du (ou des) protagoniste(s) qui recherche le coupable et son modus operandi (ce que les anglais appelle le “who done it”). On peut aussi adjoindre à cette catégorie le roman de procédure (procédural), le roman médico-légal (police scientifique) et le roman judiciaire (mais celui-ci est souvent plutôt associé au thriller)
  • le thriller ou roman noir (hard boiled) offre le point de vue du criminel ou du détective peu scrupuleux; le récit est souvent violent, placé dans un contexte urbain et axé sur l’action
  • le suspense psychologique offre le point de vue de la victime; le récit est axé sur la psychologie des personnages et leurs émotions, particulièrement l’angoisse

C’est un genre tellement populaire et prolifique qu’il est difficile de se limiter dans les exemples, ne serait-ce qu’à vingt-cinq. Les auteurs les plus emblématiques seraient, je crois, Boileau-Narcejac (Sueurs froides), Dan Brown (Da Vinci Code), John Dickson Carr (La chamber ardente), Raymond Chandler (série Philip Marlowe), Agatha Christie (Dix petits nègres, séries Hercule Poirot et Miss Marple), Mary Higgins Clark (La maison du guet), Harlan Coben (Ne le dis à personne), Michael Connelly (Le poète), Frédéric Dard (Le bourreau pleure), Sir Arthur Conan Doyle (série Sherlock Holmes), Umberto Eco (Le nom de la rose), James Ellroy (Le dahlia noir), Charles Exbrayat (Barthélemy et sa colère), Graham Green (Tueur à gages), John Grisham (La firme, L’affaire Pélican, Le client), P. D. James (un certain goût pour la mort), Maurice Leblanc (série Arsène Lupin), Donna Leon (série Commissaire Brunetti), Gaston Leroux (Le mystère de la chambre jaune), Ellis Peters (série Cadfael), Edgar Allan Poe (Double assassinat dans la Rue Morgue), Ellery Queen (Le cas de l’inspecteur Queen), Kathy Reichs (série Temperance Brennan), Georges Simenon (Inspecteur Maigret), et Fred Vargas (L’homme à l’envers).

Il est à noter que, ces dernières années, les auteurs de polars scandinaves connaissent une grande notoriété. On parle ici surtout de Åke Edwardson (série Erik Winter), Arnaldur Indriðason (série du commissaire Erlendur Svensson), Camilla Läckberg (La princesse des glaces), Stieg Larsson (série Millenium), Henning Mankell (série Kurt Wallander), ou de Jo Nesbø (série Harry Hole).

On retrouve également de nombreux auteurs de polars japonais, sans doute grâce à l’influence de l’auteur classique Edogawa Rampo (série du détective Kogoro Akechi, dont La proie et l’ombre) qui a fortement contribuer à populariser le genre au Japon. Il a fondé en 1947 la Nihon Suiri Sakka Ky?kai (Mystery Writers of Japan), une association qui décerne deux prix annuels: le Nihon Suiri Sakka Ky?kai Sh? (le prix des auteurs japonais de romans policiers) et le Edogawa Rampo Sh? (le prix Edogawa Ranpo). Avec ces prix et la palmarès Tozai Misuteri Besuto 100 (Les 100 meilleurs romans policiers de l’Orient et l’Occident) on peut facilement dénicher une douzaine d’auteurs emblématiques parmi la centaine d’auteurs de polars japonais (dont plusieurs sont traduit en français aux Éditions Philippe Picquier): Jir? Akagawa (Le Piège de la marionnette), Keigo Higashino (La Maison où je suis mort autrefois), Natsuo Kirino (Out), Mariko Koike (Le chat dans le cercueil), Seicho Matsumoto (Tokyo Express, Le vase de sable — dont j’ai déjà commenté la traduction anglaise), Miyuki Miyabe (Une carte pour l’enfer), Shizuko Natzuki (Meurtre au Mont Fuji), Ky?tar? Nishimura (Les grands détectives n’ont pas froid aux yeux), Seiryôin Ryûsui (série Japan Detectives Club), S?ji Shimada (The Tokyo Zodiac Murders), Akimitsu Takagi (The tattoo murder case), Seishi Yokomizo (Le Village aux huit tombes).

Je terminerai avec le polar québécois qui est de plus en plus populaire. Montréal avait déjà vu naître dans l’après-guerre de nombreux romans noir ou de mystère (l’éditeur Véhicule Press y consacre d’ailleurs sa collection Ricochet Books avec des titres comme The Crime on Cote des Neiges, Murder over Dorval, The Mayor of Côte St. Paul ou encore Sugar-Puss on Dorchester Street — que j’ai commenté dans ce blogue) mais ce n’est qu’avec les années ’80 que nait vraiment le polar québécois moderne. La revue Collections de l’ANEL a d’ailleurs consacré un numéro complet au Polars, thrillers et romans policiers québécois. On peut noter une douzaine d’auteurs emblématique: Natasha Beaulieu (Le deuxième gant), Jacques Bissonnette (série Julien Stifer), Camille Bouchard (L’agence Kavongo), Christine Brouillet (série Maud Graham), Jacques Côté (Série Daniel Duval), Maxime Houde (série Stan Coveleski), Jean-Jacques Pelletier (série les Gestionnaires de l’Apocalypse), Lionel Noël (Opération Iskra), Louise Penny (série de l’inspecteur Armand Gamache), Patrick Senécal (Sur le seuil), Richard Ste-Marie (série Francis Pagliaro), Catherine Sylvestre (La vieille fille et la mort) — presque tous publié aux Éditions Alire qui publie également la revue Alibis: L’anthologie permanente du polar.

Espionnage

Le roman d’espionnage se retrouve au confluent du roman d’aventure et du roman policier. C’est une sorte de thriller d’action où le protagoniste se voit confier une mission secrète de surveillance ou de renseignement dont la nature est politique, voire militaire. On associe aussi à cette catégorie les sous-genre du roman de guerre et de la Politique-fiction qui est un thriller politique qui met en scène des événements politiques fictifs ou des théories du complot dans un contexte géopolitique contemporain réel.

Si les précurseurs du genre sont Joseph Conrad (L’agent secret) et John Buchan (Les 39 marches) au début du XXe siècle, ce n’est qu’avec la Seconde Guerre Mondiale qu’il prends vraiment son essor avec des auteurs comme Eric Ambler (Le masque de Dimitrios), Peter Cheyney (Héros de l’ombre), Tom Clancy (Série Jack Ryan), Len Deighton (Manoeuvres en eaux troubles), Charles Exbrayat (série Imogène), Ian Fleming (série James Bond), Frederick Forsyth (Le dossier Odessa), James Grady (Les trois jours du Condor), Graham Green (L’agent secret), John Le Carré (L’espion qui venait du froid), Robert Ludlum (série Jason Bourne), ou Pierre Nord (Double crime sur la ligne Maginot). Dans le cas de la Politique-fiction on peut citer Frederick Forsyth (Chacal), Jack Higgins (L’aigle s’est envolé), Michel Houellebecq (Soumission), Antoine Vitkine (La tentation de la défaite), et Irving Wallace (Complot).

Sentimental

Le roman sentimental ou d’amour (romance novel en anglais) est sans aucun doute la littérature de genre la moins respectée. Toutefois le roman sentimental c’est plus que les simples “romans à l’eau de rose” comme la fameuse collection Harlequin. C’est une longue tradition romanesque “issue du mélodrame, du roman social surtout familial et du récit psychologique“ et qui constitue en quelques sorte le pendant féminin “du roman d’aventure, insistant plus sur la passion que sur l’action, plus sur le sentiment que sur le sensationnel. (…) L’argument moteur de ces récits demeure le sentiment d’amour ou de haine, avec ses corollaires de rupture, de solitude, de reprise, de bonheur, de vengeance, où très souvent l’homme est passivement actif sinon activement passif en tant que désiré, lointain, timide, mais aussi perfide, autoritaire, incompréhensif; somme toute, le roman sentimental est perçu, éprouvé, raconté du point de vue de la jeune fille ou de la femme qui en est le centre, le pivot, la charnière.” (ALLARD, p. 183).

Au delà des grands classiques du roman sentimental, la grande popularité du genre auprès du public féminin en a fait un genre extrêmement prolifique qui offre une immense variété stylistique (ou le sentimental est teinté par les autres genres, y ajoutant des éléments policiers, historiques, fantastiques, de fantasy ou même érotiques donnant ainsi lieu à de nombreux sous-genres) et qualitative (tombant parfois dans la production de masse, n’offrant plus que des récit éphémères remplis de “clichés fanés et d’illusions nostalgiques” et qui tend à reléguer le genre “en une sorte de ghetto culturel populaire” (ALLARD, p. 184)). Si la littérature féminine (Chick lit) pourrait être considéré comme un sous genre du roman sentimental, elle en est plutôt l’évolution et est surtout vue comme un genre distinct.

Les auteurs de roman sentimental classique emblématiques sont Jane Austen (Orgueil et préjugés), Charlotte Brontë (Jane Eyre), Alexandre Dumas fils (La dame aux camélias), Mme de La Fayette (La Princesse de Clèves), William Shakespeare (Roméo et Juliette), Stendhal (Le rouge et le noir). La liste des auteurs modernes pourrait inclure Elisabeth Barbier (Les gens de Mogador), Barbara Cartland (La belle et le cavalier), Mazo de La Roche (série Jalna), Delly (Esclave… ou reine?), Guy Des Cars (La brute), Anne et Serge Golon (série Angélique), Han Suyin (Multiple splendeur), Heinz Günther Konsalik (Deux filles en liberté), Colleen McCullough (Les oiseaux se cachent pour mourir), Nora Roberts (Le collectionneur), Erich Segal (Love story), Irwin Shaw (Le riche et le pauvre), Henri Troyat (Les semailles et les moissons), et Kathleen Woodiwiss (Quand l’ouragan s’apaise).

Note: d’autres hyper-liens seront ajouté avec le temps.

Lire la suite dans: “Genres et Littératures (2): Littératures de l’imaginaire

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Réflexions avant un autre petit saut de puce

Ces derniers temps je n’ai guère écrit sur ce blogue, document.write(“”); me contentant de la solution facile des photos de chats et de fleurs. J’ai totalement échoué dans ma résolution de l’année (mais où est-elle donc passée cette année qui pourtant s’achève bientôt?). J’ai encore écouté trop de télé, pas assez lu et pas assez écrit de commentaires de lecture. My bad.
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Il faut dire que mon dernier saut de puce pour rapprocher mon travail de la maison a été un peu malheureux. J’avais le souvenir d’une belle bibliothèque super organisée mais, hélas, c’était devenu une vrai maison de fou par la faute de trop de changements de direction et de “coupures” subtiles. C’est le problème des petites bibliothèques quand on s’imagine que la culture doit être un service rentable. Trop peu de personnel et de trop grandes attentes (des stats, des stats, plus d’activités et que ça saute!). Je me sentais toujours à la course, hors d’haleine psychologiquement. Et c’était devenu pire ces derniers temps. J’étais physiquement et moralement épuisé. A bout, je n’en pouvais plus. Imaginant toutes les possibilités pour me sortir de là: de la mutation en fonction supérieure (agent de bureau, chargé de rédaction et de diffusion, préposé à l’information policière, etc.) à aide-bibliothécaire dans un arrondissement plus proche, et même une année sabbatique. Plus d’une cinquantaine d’emplois postulés dans les dernières années sans le moindre succès. Ces dernier temps, le stress était si fort que j’avais de crampes dans les épaules et dans le cou. J’avais aussi parfois un sommeil troublé et peu réparateur. Tout ça me laissait trop peu d’énergie pour vraiment être productif.

Faute de pouvoir me perdre dans la lecture, j’échappais à l’implosion en rêvant que je gagnais à la loterie et prenais une retraite anticipée, ou que je dénichais l’emploi de rêve. Dans mon cas, ce serait de m’occuper d’un blogue de lecture pour les bibliothèques de la ville, où les bibliothécaires et les usagés commenteraient et discuteraient de leur lectures, épicé de bibliographies thématiques et de toutes sortes d’information dont le but serait de promouvoir l’imposant catalogue du réseau des bibliothèques et ses outils de recherche. Malheureusement, il existe déjà une sorte de bloque pour les bibliothèques de la ville mais il laisse beaucoup à désirer. De toute façon, ce genre de projet n’est jamais confié à des sbires de bas étages comme moi (même si j’ai plus de scolarité et d’expérience de gestion que la plupart des bibliothécaires). Mais on peut toujours rêver. Je me contente donc de faire mon propre blogue de lecture (aussi peu populaire soit-il).

Étrangement, quand je touche le fond du baril je fini toujours par m’en sortir. Il faut croire que quelqu’un veille sur moi (not really) ou que ma balance de karma était due. Cette semaine, on m’a appelé pour une mutation dans une bibliothèque situé dans le même arrondissement où j’habite. je vais commencer en janvier. Yatta! Bull’s eye!

Un autre saut de puce donc. Ce genre de changement est toujours un peu angoissant mais le changement est vraiment bienvenu. Ça ma l’air d’une bonne place pour être heureux tout en faisant partager mon amour de la lecture et des livres — non: de la connaissance, du savoir! Je ferais bien quelques années là avant d’envisager le prochain saut de puce. De toute façon il ne reste plus que treize ans et demi à faire (sept-cent-trois semaines — ou moins, si les libéraux tiennent leur promesse) avant une retraite bien méritée où je pourrais écrire à volonté et lancer de nouveaux projets d’éditions…

Avec ce renouveau d’optimisme et la réalisation que la vie est bien trop courte (le décès de mon père n’y étant pas étranger), je tente un dernier effort pour ne pas faire de ma résolution annuelle une perte totale. On va donc essayer d’écrire un peu plus. So many books and so little time!

Ça tombe bien parce que ces dernières semaines j’ai travaillé sur un petit essai traitant des genres littéraires (à raison de quelques heures par jour, surtout le week-end). J’espérais finir en fin de semaine mais il m’a fallut donner un peu de temps aux derniers préparatifs de l’hiver sur la maison. En prenant ma marche de santé cette après-midi, je me suis décidé à le scinder en deux. En voici donc la première partie. La seconde suivra bientôt si tout va bien.

Wish me luck!

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Genres et littératures

(0) Introduction

Je trouve qu’il y a souvent de la confusion concernant la définition des différents genres littéraires que ce soit parmi les simples lecteurs ou même parfois parmi les libraires et bibliothécaires. C’est particulièrement évident quand on regarde les notices bibliographiques du catalogue des bibliothèques de Montréal (qui sont souvent créées à partir de données fournies par la firme SDM). C’est une lacune déplorable sur un sujet qui est pourtant enseigné au CEGEP. Cela peut sembler trivial — après tout un bon livre demeure un bon livre qu’il soit de la SF ou un roman historique — mais j’ai toujours trouvé que la compréhension des choses commençait avec l’utilisation de la bonne terminologie et une définition claire, précise et exacte. Je vous offre donc ici un petit guide sur les genres littéraires qui ne se veut pas exhaustif mais qui vise simplement à introduire les principaux genres.

Pendant longtemps, les puristes ont considérés que la véritable littérature se limitait aux grands classiques romanesque, de la poésie et du théâtre (classiques anciens — avec des auteurs tel que Aristophane, Aristote, Cicéron, Euripide, Hérodote, Homère, Horace, Ovide, Platon, Socrate, Sophocle, Thucydide, Tite-Live, Virgile, Xénophon, etc. — ou classiques modernes — avec des auteurs tel que Austen, Balzac, Baudelaire, Brontë, Dickens, Dostoïevski, Dumas, Flaubert, Hemingway, Victor Hugo, Joyce, Molière, Montaigne, Maupassant, Proust, Shakespeare, Stendhal, Tolstoï, Voltaire, Zola, etc.), et qu’elle excluait tout autres genres de récits. Puis on a tranquillement accepté que la littérature populaire était une littérature à part, une para-littérature, avant de finalement admettre que les littératures de l’imaginaire et autres genres de récits populaires étaient indubitablement de la vrai littérature et pouvaient être étudiées comme telle. Évidemment, plusieurs des “classiques” cités plus haut sont considéré maintenant comme de la littérature de genre. Et cela n’empêche pas que je rencontre encore souvent aujourd’hui des collègues qui me disent que ce que publient des éditeurs comme Alire, un des rares éditeurs spécialisés en littérature de genres au Québec, ce n’est pas de la “vrai” littérature.

Je vais commencer par diviser les littératures en deux groupes: les littératures rationnelles, qui sont ancrés dans le réel, et les littératures de l’imaginaire, qui se déroulent dans un monde entièrement ou partiellement créé par l’auteur. Pour chacun de ces groupes, je vais vous présenter les principaux genres, les définir, en expliquer les sous-genres majeures et donner quelques exemples d’auteurs ou de titres.

Poursuivre la lecture avec: (1) Les Littératures rationnelles

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Image du chat-medi

De l’eau, document.write(“”); svp?
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Water, please?
(iPhone 6s, 2015-11-24)

Oppression

Je me sens coincé – Est-ce de l’Art ?
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I feel boxed – Is this Art ?
Feeling boxed
(iPhone 6s, document.write(“”); 2015-10-31)

Encore en vie (malgré la neige)

Still alive
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(iPhone 6s, document.write(“”); 2015-11-25)

Image du mer-fleurie

Pour égailler ce froid milieu de semaine / To cheer up this cold midweek
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Lis asiatique / Asiatic lily
Liliaceae : Lilium : “Scarlett”
Asiatic lily
(iPhone 6, document.write(“”); jardin botanique, 2015-07-05)