The Ghost in the Shell 1.5: [Human Error Processer]

GitS-1-5-hummanErrorProcesser-cov“La section 9 est sur les dents ! Il faut dire que les enquêtes s’enchaînent pour la section d’élite et que Kusanagi et Batou n’ont guère le temps de chômer…”

“Découvrez enfin dans sa version perfect ce volume phare de la saga, qui vous éclairera sur la vie quotidienne de la section 9, ses difficultés et ses tensions. Un tome qui conclut à merveille le triptyque de The Ghost in the Shell Perfect Edition.”

[ Texte du site de l’éditeur ]

ATTENTION: Peut contenir des traces de divulgâcheur (i.e. “spoilers”)! Les personnes allergiques à toutes discussions d’une intrigue avant d’en avoir elle-même prit connaissance sont vivement conseillées de prendre les précautions nécessaires pour leur sécurité et ne devraient poursuivre la lecture qu’avec circonspection.

La description ci-haut (qui provient du site de Glénat) est totalement erronée! C’est bien la première fois que je vois ça: un éditeur qui ne connait pas son produit ou qui s’en fout! Le Major Kusanagi fait certes une brève apparition mais elle ne fait plus partie de la section 9! Quant à éclairer la vie quotidienne de la section 9, pas vraiment: on y apprends quelques détails nouveaux sur son fonctionnement mais sans plus. Par contre, il est vrai que l’histoire se concentre sur le travail journalier d’enquête de cette force militaro-policière qu’est la section 9.

Si Ghost in the Shell (攻殻機動隊 / Kōkaku kidōtai / lit. “Police anti-émeute blindée mobile”) est mon manga préféré, étrangement, je n’en ai jamais vraiment parlé dans ce blogue (à part brièvement lorsque j’ai commenté le film en live-action et l’animation). Je me dois donc d’abord de donner un aperçu de l’oeuvre en général.

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Dans un Japon futur (ou alternatif), la cyber-technologie a complètement transformée la vie quotidienne, d’incessantes guerres ont remodelée la géo-politique mondiale et la société est transfigurée par le pouvoir accrue des corporations et par le flot de réfugiés qui a créé une toute nouvelle classe de pauvres sans pouvoir politique ou économique. Dans une telle situation l’État garde le contrôle grâce à une police militaire. La “Sécurité Publique” est composée de plusieurs divisions: les affaires générales divisée en la section 1 (qui surveille les mouvements étudiants et groupes radicalisés), la section 2 (conflits ouvriers et crimes organisés), section 3 (mouvements d’extrême droite), section 4 (données et statistiques); les affaires étrangères divisée en la section 1 (crimes des ressortissants non-asiatiques) et la section 2 (ressortissants asiatiques). La section 9 est une petite unité spéciale d’élite dédiée aux crimes interjuridictionnels (international ou national). Cette dernière est dirigée par Aramaki et le chef opérationnel en est Motoko Kusanagi (a.k.a. le Major, qui “disparaît” après le premier volume mais elle continue a intervenir dans le récit comme mercenaire). L’unité est principalement composée de Batou (ranger, expert en combat), Togusa (enquêteur), Ishikawa (pirate informatique), Boma (combattant et analyste), Saito (tireur d’élite), Azuma (recrue), Proto (bioroïde technicien) et, bien sûr, les Fuchikoma (tank robot arachnoïdes). Ils ont tous un corps plus ou moins cybernétisé (incluant un cyber-cerveau, ce qui leur permet de communiquer en silence et avoir accès à un flot constant d’information).

Comme il nous l’explique en postface, Masamune Shirow (c’est un pseudonyme, on ignore sa véritable identité) avait préparé une vingtaine de chapitres pour GitS mais comme l’histoire s’est rapidement développée surtout autour du Major Kusanagi, il n’a jamais inclus dans le corps du récit les histoires qui traitaient du quotidien et des enquêtes traditionnelles de la section 9. Ce manga, qui prend place entre le premier et le second volume, est une compilation de quatre de ces histoires courtes qu’il avait laissé dormir dans ses tiroirs. N’ayant jamais eut le temps de les peaufiner, Shirow considère ces histoires comme incomplètes et brouillonnes. 

Prépubliés dans Young magazine en 1991-92 et 1995-96, elles ont été compilé par Kodansha en 2003 en format électronique puis en livre en 2008. Il y a eut une première traduction française chez Glénat en 2006. La “Perfect Edition”, publiée par Glénat en 2017,  se veut plus fidèle à l’originale en nous offrant le récit dans le sens de lecture japonais, sans retouche (les onomatopées originaux sont complémentés par une traduction) et avec une nouvelle traduction — on y retrouve aussi les très nombreuses notes de l’auteur en bas de page (en caractères minuscules!). 

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Page 7

Dans “Fat-Cat“ (44 pages, publié en deux parties dans Young magazine Edition Pirate #10-11, 1991), des personnages influents sont tués mais leurs cadavres, télécommandés via leur cyber-cerveau, continuent à prendre des “décisions” politiques ou économiques qui ont pour but d’influencer une commission et de permettre à un homme d’affaire de s’enrichir encore plus. Le Major apparait dans cette histoire qui rappelle beaucoup l’affaire du marionnettiste. Shirow nous apprend, en postface, que cette histoire se déroule dans les coulisse du tome 2, alors que Motoko (qui a alors intégrée le net) lutte contre elle-même pour le contrôle du réseau d’information.

Dans “Drive Slave” (44 pages, publié en deux parties dans Young magazine #26-27, 1992), la section 9 doit protégé un témoin en attendant un procès. Il s’agit encore d’une histoire de cadavres télécommandés et le Major intervient encore pour les aider. On voit que Togusa, qui a maintenant aussi un cyber-cerveau, a acquit beaucoup d’expérience et d’assurance.

Dans “Mines of Mind” (48 pages, publié en deux parties dans Young magazine #49-50, 1995), la section 9 enquête sur une série de meurtres où les victimes sont tous des ex-gardiens de camp de concentration tatoués et impliqués dans un trafic d’armes. Sahara, un de leur collègue, a créé un virus qui prends le contrôle du cyber-cerveau d’innocentes victimes et les transforme en assassins afin d’éliminer les gardiens corrompues qui le menaçaient et voulaient faire de lui le bouc émissaire. Et, bien sûr, un haut gradé des services de renseignements est impliqué et tente de nuire à la section 9. Malheureusement, même après avoir accompli sa mission, le virus cours toujours sur le net…

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Pages 96-97

Dans “Lost Past” (40 pages, publié dans Young magazine #33, 1996), un banal accident de la route met la section 9 sur la piste d’un complots politiques qui implique une nouvelle alliance suite à une attaque nucléaire sur Okinawa par la Chine, l’ancien directeur du bureau des affaires asiatiques qui savait que l’attaque aurait lieu grâce à des espions, des politiciens corrompus qui n’hésite pas à tuer des civils pour préserver leurs secrets et un assassin Chinois! Dans la postface, Shirow indique qu’il est déçu de la fin qu’il a conclu trop vite à cause de l’impératif du nombre de pages… Cela reste néanmoins un bon thriller politique.

GitS est sans aucun doute la meilleure histoire de cyberpunk que j’ai lu (mis à part l’oeuvre déterminante de Gibson). L’univers créé par Masamune Shirow est très complexe dans sa socio-politique et sa technologie. Cela fait que l’histoire est généralement assez difficile à suivre, surtout pour des novices, mais même aussi pour les fans de cyberpunk comme moi. Et le fait que son travail est chargé à rebord de détails (sur les arrière-plans ou les accessoires utilisés par les personnages — Shirow est définitivement fasciné par la technologie et particulièrement les armes et véhicules de combats auxquels il porte une attention particulière) ou de lignes de vitesse (speed-lines) ou d’explosions, en rend la lecture d’autant plus difficile mais Ô! Combien fascinante (si ce n’était de ce caveat, j’y donnerais bien quatre étoiles et demies)! Si vous êtes prêt à faire l’effort de cette lecture, c’est vraiment un manga superbe. Très recommandé.

The Ghost in the Shell Perfect Edition, tome 1.5 : [ Human Error Processer ], par Masamune Shirow (lettrage par Hinoko, traduction par Anne-Sophie Thévenon). Grenoble: Glénat (Coll. Seinen), octobre 2017. 184 pages, n&b (16 p en couleurs), 14.5 x 21.0 cm, 14,95 € / $24.95 Can. ISBN 978-2-7234-9705-3. Pour un lectorat jeune adulte (16 ans et plus). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

Ghost in the Shell 1.5 © 2008 Masamune Shirow. All rights reserved. 

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