Gauckler Blues

[ Note: une version de cet article a préalablement été publié dans Samizdat #23 (novembre 1992): 14-18; je l’ai retravaillé et complété pour la présente publication ]

Gauckler-DedicaceConvoi01À l’été 1992, j’ai reçu par la poste deux bande-dessinées: les deux premiers volumes de Convoi, publiés aux Humanoïdes Associés, que m’envoyait l’auteur, Philippe Gauckler. Il a entendu parlé de moi par un ami commun, un collègue d’université partis travaillé sur le vieux continent. Sachant que je suis amateur de BD, admirateur du travail fait aux Humanos et que je suis éditeur, Gauckler m’a sans doute envoyé une copie de sa dernière oeuvre dans l’espoir que je l’aide à le faire connaître sur le marché nord-américain. Si malheureusement je ne peux pas faire grand chose pour lui il me fait tout de même plaisir de parler de son travail.

J’ai été très surpris par Convoi. D’abord par le fait que ce genre de de BD avait un très petit tirage (autour de cinq-mille, je crois), car j’ai toujours cru que le marché Européen était plus vaste que ça, pouvant théoriquement se permettre de plus gros tirage (bien sûr, pour un petit éditeur la prudence est de mise pour le tirage initial; mieux vaut réimprimer que piloner!). J’ai été surtout surpris par la qualité et l’intérêt que présente Convoi: c’est beau, c’est attrayant et l’histoire a beaucoup de coffre. J’ai été finalement surpris par ce nom, Gauckler, qui me rappelait vaguement quelque chose: je l’avais lu maintes fois, jadis, dans le magazine Métal Hurlant, avant que j’en abandonne la lecture (le magazine dérapait alors dans un style d’histoires qui ne me plaisait plus du tout). Si j’en avais retenu le nom, c’est que l’artiste devait être bon, mais je ne souvenais pas d’aucun titre d’histoire en particulier. Alors, j’ai ressorti ma collection de Métal Hurlant (les 110 premiers numéros) et j’ai relu l’oeuvre de Gauckler…

 

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Gauckler-ChuteLibreÀ ma connaissance, la première apparition de Gauckler dans Métal Hurlant s’est faite dans le #71 (janvier 1982, pages 91-98) avec une BD de huit page intitulée “Chute Libre” (texte: Charles Imbert, art: Philippe Gauckler). C’est une histoire courte à texte minimaliste, et de très belle illustrations. Chaque case est presqu’un tableau en soi. Mais si Gauckler montrait un grand talent d’illustrateur, il lui restait beaucoup de travail à faire, l’interaction entre le récit et l’image étant faible. C’est une histoire illustrée, pas de la BD.

Gauckler-LIbreEntrepriseLa deuxième histoire de Gauckler/Imbert, “Libre Entreprise”, apparait dans MH 73 (mars ’82, p. 91-98) et montre des améliorations. Un dialogue, malheureusement cryptique, est ajouté. Les personnages manquent de dynamisme, de personnalité. C’est superbe graphiquement mais on dirait que le récit est trop à l’étroit dans cette BD de six pages.

 

Gauckler-Logiciel“Logiciel” (MH 77, juillet ’82, p. 54, 8 pages) par Gauckler/Imbert offre le même univers que la première histoire. Il s’agit du même type de récit illustré. L’ensemble doit faire plus de sens (peut-être ai-je manqué un épisode?). Gauckler a également réalisé la couverture de ce numéro.

 

Gauckler-CoupDetat“Coup d’État” (MH 78, août ’82, p. 48, 8 pages) présente encore le même univers et les mêmes défauts mais le récit est déjà un peu plus fluide et plus dynamique.

 

 

 

Gauckler-Enfer“Enfer” (MH 79bis, Spécial Robots, p. 35, 8 pages) est une rigolote histoire de robots et de foi (indépendante des autres épisodes). Un récit illustré, beau, mais ce n’est toujours pas de la BD au sens propre.

 

 

Gauckler-Eldfell“Eldfell” (MH 83, p. 72, 10 pages) continue l’univers Air/Eau/Deux-Quart. C’est de mieux en mieux. Les trois personnages rencontrés dans les histoires précédentes sortent un peu de l’anonymat. On y retrouve des designs à la Chris Foss mais toujours cette “rigidité” dans le récit.

 

 

Gauckler-Empedocle“Empedocle” (MH 85, p. 38, 12 pages) fait directement suite au récit précédent. Il y a beaucoup de dessins de vaisseaux et de scaphandres, ce qui donne une impression de froideur aux planches. Toutefois dès que les personnages interviennent, c’est déjà mieux, plus chaleureux, mais cela demeure encore trop statique à mon goût. C’est une belle histoire qui offre un univers intéressant que l’on découvre à travers de beaux dessins, mais la rencontre entre le fond et la forme se fait cependant encore plutôt mal…

Gauckler-ModeDexistence“Mode d’Existence” (MH 94, p. 13, 6 pages) semble faire suite à “Libre Entreprise” (MH 73). L’histoire nous offre un monde de colonies spatiales dans des systèmes lointains. L’ensemble apparait un peu saccadé et confus. On y retrouve de très beau designs de personnages, particulièrement les détails des vêtements et des maquillages.

 

Gauckler-Carcinoma“Carcinoma” (MH 100, p. 83) est une courte histoire de trois pages qui présente de gigantesque amélioration. Gauckler a changé de scénariste et il  faut croire que cela fait une différence. Cette fois il fait équipe avec l’auteur de SF bien connu, Joël Houssin. Le récit est moins statique mais les personnages sont encore assez rigides. C’est néanmoins déjà de la BD, même si le récit est à l’étroit et m’apparaît un peu nébuleux.

Les histoires courtes écrites par Charles Imbert et publiés dans MH ont été compilées aux Humanos en deux albums: Suicide Commando (mars 1983, Collection Pied Jaloux, 54 pages) et Duel (septembre 1984, Collection Métal Hurlant, 56 pages). J’ignore cependant comment les histoires se répartissent sur les deux albums (ils ne sont malheureusement plus disponible, même en bibliothèque; je sais toutefois que Suicide Commando inclus “Chute Libre” et “Eldfell”, alors que Duel inclus “Libre Entreprise” et “Mode d’Existence”).

 

Le dernier truc de Philippe Gauckler que j’ai eu la chance de lire fut celui qui attira vraiment mon attention. Il s’agit de Blue, une adaptation d’un roman de Joël Houssin, publié au Fleuve Noir Anticipation (#1144, réédité avec une couverture de Gauckler en 1985) et scénario par Houssin lui-même. J’avais lu ce roman de violence post-catasclysmique et j’avais trouvé ça intéressant. Un tel univers, si sombre, dépeint par des couleurs vives et pures, avec un look qui se place entre Moebius et Bilal, là c’était carrément fascinant. Malheureusement, je n’ai jamais lu cette histoire au complet parce que c’était à l’époque où j’en avais ras le bol de Métal Hurlant

Gauckcler-BlueBlue a débuté avec MH 107. Je l’ai lu jusqu’au numéro 110, ainsi que le premier épisode de la seconde partie (Phantom: Blue II) dans le numéro 123 (dont la couverture est également de Gauckler). Enfin Gauckler nous offre une longue histoire, complète, qui a toute ses aises pour s’étendre en longueur, à coup d’épisode d’environ huit pages (entre six et douze en fait). Gauckler maîtrise encore mieux son art. C’est superbe! Ces dessins touchent quelques choses en moi. Et l’histoire est intéressante, suffisamment pour captiver le lecteur. Cependant, l’ensemble souffre encore des faiblesses rencontrées dans ses premières histoires courtes: un manque de continuité et de fluidité dans le récit. Mais ce n’est pas grave au point de nuire au plaisir de la lecture. Là, c’est définitivement de la BD. De la vrai.

L’adaptation du roman de Joël Houssin a été compilé en deux volumes aux Humanoïdes Associés: Blue (juin 1985, collection Métal Hurlant, 50 pages) et Phantom: Blue II (janvier 1987, collection Métal, 50 pages). Il collabore à nouveau avec Houssin pour Franck le menteur (janvier 1989, 44 pages) un thriller en noir et blanc paru chez Albin Michel.

 

Après Blue, j’avais tout oublié de Gauckler jusqu’à ce Gauckler lui-même me rappelle son existence en m’envoyant Convoi. Dans l’interval, il a fait du travail d’illustration et a su peaufiner son art, le perfectionner, jusqu’à éliminer la plupart de ses défauts. Convoi démontre une maturité artistique que Blue n’avait pas, et son style est maintenant à la hauteur pour un récit plus long et plus ambitieux. Avec Convoi, sa carrière de dessinateur de BD débute vraiment…

karenspringwell-v01“Karen Springwell, héroïne stéréo-réaliste®, se brûlera-t-elle les ailes aux feux du futur?”

“Lorsqu’elle se rendit sur les pentes du volcan Tengaï, au début de l’année 2069, Karen Springwell ne se doutait pas qu’elle ouvrait un nouveau chapitre dans l’histoire du système solaire. L’automne suivant, le gouvernement mondial du Président Melderson chutait ignominieusement; sa politique spatiale particulièrement stérile, menée depuis vingt ans, terminait sa course dans les poubelles de l’histoire. Il fallait bien qu’un jour, Karen Springwell se décidât à raconter sa version des faits et à révéler le rôle centrale du jeu CONVOI™ dans ces événements qui bouleversèrent la fin du XXIe siècle. Le récit qui suit est le reflet fidèle de son témoignage. Tout avait donc commencé pour elle au mois de janvier 2069, sur un petit îlot volcanique perdu en Mer de Chine…”

karenspringwell-v01p07Dans le premier tome, Karen Springwell est sur le volcan Tengaï (Chine Extra-Territoriale) pour filmer en holo la cascade d’un surfer sur une coulée de lave; il est branché sur un système neuro pour que les spectateurs ressentent toutes ses émotions. Resté seule, Karen rencontre Cho Jen, qui dit être un des mineurs resté sur l’île après son évacuation. Arrêté par les autorités chinoises, il demande à Karen de prévenir Mr. Moolsan, directeur de la Coopérative Ushaïdo à Shanghai. Elle s’exécute et essai aussi d’utiliser l’influence de son père qui est sénateur. De retour en Californie, elle surprend son frère Bill en train d’initier ses deux fils à Convoi, un jeu de simulation kinesthésique et visuelle en réalité virtuelle. “Convoi, fun and freedom in stereo reality.” À l’anniversaire des jumeaux, son père se prépare à lui faire des révélations sur le programme spatial mécanisé du gouvernement Melderson mais ils sont interrompu par l’annonce que Cho Jen sera libéré après six mois de travaux forcés dans un chantier près de l’astroport de Shanghai. Celui-ci s’intègre bien aux autres travailleurs et rencontre une jeune femme, La Li.

karenspringwell-v02Dans le second tome, La Li commet un attentat terroriste et Cho Jen est accusé de complicité. Ils sont condamné à mort. Grâce à l’influence du sénateur Springwell, la peine sera commuée en travaux forcés en Antarctique. Les jumeaux tentent une excursion solo sur Convoi et sont kidnappés par une secte religieuse mais heureusement libérés par Mr. Moolsan, qui semble à la fois lié à Convoi et aux Premières Colonies. Le père de Karen termine ses révélations: Melderson a déclaré la guerre aux Premières Colonies et une bataille a eut lieu sur l’astéroïde Phaéton II. La Terre a perdu. L’astéroïde, désemparé, se dirige vers le soleil avec tout ses occupants. Qui pourra les aider? Cho Jen ne serait-il pas un agent des Premières Colonies venu chercher de l’aide sur Convoi? Quel rôle jouera Karen dans tout ça?

karenspringwell-v02p07Deux petits textes explicatifs au début du deuxième volume nous donnent un peu plus de contexte sur la situation. La Terre a rompu tout liens avec les Premières Colonies depuis vingt ans. Le gouvernement Melderson prône une colonisation spatiale robotisée, alors que tant de monde aimerait aller dans l’espace, et plonge la Terre dans une longue période de stagnation morose. Les gens s’oublient dans les jeux et les BD “virtualisées”, dont Convoi™.

“Les concepteurs de ce monde virtuel lui ont donné la forme d’un anneau gigantesque, à l’intérieur duquel tourne un formidable convoi de vaisseaux robots. Sur les parois de l’anneau, les joueurs ont élevé des villes en utilisant les ressources logicielles (payantes) du jeu. Outre les attaques contre Convoi, qui permettent à quelques joueurs chanceux de refaire leur mise, mille et un traffics en tout genres font de cet univers ludique un lieu de rencontre idéal pour les amateurs de sensations fortes et de plaisirs clandestins.”

Pour Convoi, Gauckler travaille avec un nouveau scénariste: Thierry Smolderen. Celui-ci nous offre un récit de la trempe des bonnes vieilles BD de science-fiction, comme pouvaient en faire Christin ou Moebius, mais avec une touche plus moderne (pour les années ’90!). C’est une histoire très technologique et cyberpunk. Il y est question d’hologramme, de réalité virtuelle, et de réseau informatique. Le récit est complexe et mélange gros consortium technologiques et complots politiques. C’est difficile à résumer mais c’est génial. Je n’avais pas lu dix pages que j’étais totalement accroché. C’est une BD qui coule, toute douce, et dont on ne peut plus se passer une fois qu’on en a commencé la lecture.

Du point de vue graphique, Gauckler prends un virage décisif en donnant à son style une facture plus classique (qui rappel un peu Mézières, mais surtout aussi beaucoup Leloup). Ses couleurs sont moins “crisp” et contrasté que dans Blue, et il adopte une palette plus pastel et un peu glauque. Les premières pages m’apparaissent un peu plus grossières, maladroites, mais il atteint rapidement une harmonie des couleurs plus agréable à l’oeil. Le choix de couleurs évoque un peu celles employées par Edgar P. Jacobs dans les aventures de Blake & Mortimer, mais leur application sans dégradé et le style graphique rappel beaucoup Moebius. L’action est plus fluide et est dorénavant orienté sur les personnages et non plus sur des designs mécaniques à la Chris Foss. C’est vraiment superbe. Et il y a beaucoup de petits détails innovateurs et originaux. Par exemple, j’ai bien aimé les petits logos qui apparaissent dans les cases chaque fois que l’on montre un gadget techno.

C’est une BD à lire absolument! J’ai bien hâte d’en lire la suite. Merci Philippe Gauckler!

Convoi (Les aventures de Karen Springwell, vol. 1), par Thierry Smolderen (textes) et Philippe Gauckler (dessins et couleurs). Genève: Les Humanoïdes Associés, mai 1990. 52 pages, ISBN 2-7316-0758-0. Pour public adolescent (14+). stars-3-0

Les Prisonniers de Convoi (Les aventures de Karen Springwell, vol. 2), par Thierry Smolderen (textes) et Philippe Gauckler (dessins et couleurs). Genève: Les Humanoïdes Associés, août 1991. 54 pages, ISBN 2-7316-0751-3. Pour public adolescent (14+). stars-3-5

L’année suivante, en 1993, Gauckler m’envoi le tome trois. Puis, quelques années plus tard, afin de connaître la conclusion de l’histoire je me suis acheté le dernier tome.

karenspringwell-v03“Nous sommes en 2069. Un jeu virtuel, Convoi, menace de supplanter la vie réelle…”

“Alors que les premières colonies spatiales de la Terre jouissent de l’indépendance, un grand programme de robotisation de la conquête de l’espace est lancé par le Président de la Terre, malgré des échecs cuisants et le désespoir des jeunes générations privées de rêve. Pour les citoyens désœuvrés, il reste la réalité virtuelle de Convoi, un second monde où des centaines d’accros du jeu s’efforcent d’attaquer un transport de fonds qui passe régulièrement. Parmi eux, deux jumeaux indisciplinés et débrouillards, Gil et Fred, leur mère, Karen Springwell, journaliste, et leur grand-père, sénateur, fervent soutien du Président vont se trouver pris entre aventures virtuelles et dangers réels.”

karenspringwell-v03p03Les aventures de Karen Springwell continuent avec un troisième tome. Cho Jen, qui subit sa peine dans un puit minier en Antarctique, réussi à se faire des contacts avec des vétérans de la Ushaïdo et obtient l’équipement nécessaire pour une séance dans le monde virtuelle. Il y rejoint immédiatement Mr Moolsan pour préparer l’attaque ultime sur Convoi. Pendant ce temps, Karen retrouve Jasper, une vieille flamme de l’université maintenant journaliste et à qui Karen demande de l’aide pour révéler la vérité sur les actions du Président Melderson. Les jumeaux Fred et Gil retournent sur Convoi. Ils y retrouvent Sigma, rencontre le créateur de Convoi, Samuel Kolk, Fred découvre un merveilleux hommage au Garage Hermétique de Moebius, et ils participent avec Cho Jen à l’attaque qui met fin à la simulation de Convoi en faisant “sauter” la banque —  ce qui les rendra d’ailleurs très riche. Mais Melderson a eut vent du complot du sénateur Springwell et leur vies est en danger. Karen fuit donc à Shanghai pour entrer en contact avec Moolsan. Celui-ci révèle l’as qu’il cachait dans sa manche: un vaisseau orbital!

karenspringwell-v04Dans le dernier tome, Karen est à la recherche de Tazio Moolsan, qui semble avoir disparu, et/ou d’une console “Floating Worlds” de Lotus Continuum. Elle réalise qu’elle a été dupé par Cho Jen, qui est un agent des Premières Colonies. Lorsqu’elle tente de contacter son père, elle découvre que ses parents ont été assassiné. À ce moment, Jasper, qui se révèle être un traitre à la solde de Melderson, tente de la tuer aussi. Avec l’aide d’un simulacron du professeur Kolk, Karen et son fils Fred accèdent à une console et se retrouvent auprès de Kolk dans le monde virtuel. Pendant que Karen expérimente un programme d’assistance au deuil, Kolk fait visiter à Fred son atelier de créateur de mondes. Lorsqu’ils se “réincarnent” dans la réalité, ils découvrent que leur corps ont été déplacé en sécurité à bord d’un vaisseau Helvétique maintenant en orbite autour de la Terre. 

karenspringwell-v04p07En arrivant à la station orbitale Questar, ils remarquent qu’un vaisseau des Premières Colonies et celui de la Ushaïdo y sont déjà accostés. Ils y retrouvent Moolsan et Cho Jen, qui proposent à Karen de couvrir en tant que journaliste la mission de sauvetage des naufragés de l’astéroïde Phaéton II. Car les Premières Colonies disposent d’une technologie spatiale plus avancée que la Terre et, avec l’aide du carburant anti-hydrogène acheté à la Confédération Helvétique (grâce à l’argent de la banque de Convoi!), une fusée à anti-matière rend possible une mission de sauvetage ainsi que l’exploration d’autres systèmes planétaires! Alors que Melderson fait un discours électoral à l’occasion du Centenaire de la Lune où il affirme que l’ “accident” de Phaéton II justifie sa politique spatiale abstentionniste, la télévision Suisse transmet un message de Karen qui annonce la mission de sauvetage. Quelques jours plus tard, au Conseil de Sécurité du Congrès Mondial, Melderson prétend que les Colonies ont tiré en premier sur l’astéroïde et prône la destruction pure et simple des Colonies! Toutefois, une fois arrivée sur l’astéroïde, Karen interview les rescapés et la vérité éclate. En fait, la véritable raison de l’escarmouche est la découverte sur l’astéroïde de traces de vie primordiale. Au Mexique, Gil reçoit un colis de Suisse: une console “Floating Worlds” de Lotus Continuum pour que lui et Sigma puissent accéder à la nouvelle version de Convoi et y retrouver sa mère Karen et son frère Fred, qui sont toujours dans les Premières Colonies—avec lesquelles le nouveau président du Monde Unis est sur le point de rétablir toutes relations diplomatiques et commerciales…

karenspringwell-v04p19Il ne fait pas de doute qu’avec chaque nouvel album, Gauckler gagne en expérience et que la qualité graphique de son travail s’améliore. Les deux derniers albums de Convoi, sans être parfaits, sont graphiquement très beau. Le dessin est encore un peu inégal, parfois un peu grossier et parfois très détaillé, mais les couleurs sont bien maîtrisées. Par contre, je trouve toujours insupportable les dialogues en caractères gras quand les personnages parlent fort ou crient. C’est un peu trop exagéré. Toutefois, l’important est que le récit soit fluide et que l’histoire soit intéressante, excellente même. Bien sûr, l’aspect d’expérience en monde virtuelle est maintenant peu éculé mais pour les années ’90 c’était tout de même assez innovateur. La géopolitique de l’univers de Convoi, avec le conflit entre la Terre et ses Premières Colonies, est intéressant (similaire à l’excellente série télé The Expense — je me demande si ses créateurs ont eu connaissance de Convoi et s’en serait inspiré?). C’est donc une très bonne lecture que je recommande à tous les amateurs de BD de SF.

Les Joueurs de Convoi (Les aventures de Karen Springwell, vol. 3), par Thierry Smolderen (textes) et Philippe Gauckler (dessins et couleurs). Genève: Les Humanoïdes Associés, février 1993. 50 pages, ISBN 2-7316-1034-4. Pour public adolescent (14+). stars-3-5

Le Ciel de Convoi (Les aventures de Karen Springwell, vol. 4), par Thierry Smolderen (textes) et Philippe Gauckler (dessins et couleurs). Genève: Les Humanoïdes Associés, janvier 1995. 54 pages, ISBN 2-7316-1074-3. Pour public adolescent (14+). stars-4-0

La version originale en quatre tomes est maintenant difficile à trouver et a été remplacé par une version intégrale:

Convoi, par Thierry Smolderen (textes) et Philippe Gauckler (dessins et couleurs). Genève: Les Humanoïdes Associés, juin 2004. 200 pages, 24,95 € / $44.95. ISBN 2-7316-1273-8. Pour public adolescent (14+).

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBAnQBiblioGoodreadsGoogleWorldCat ]

Convoi © Les Humanoïdes Associés 2004 Smolderen/Gauckler.

Après la série “Karen Springwell” (Convoi), Gauckler a travaillé dans la publicité pendant plusieurs années avant de revenir à la BD en 2006 avec la série Prince Lao (quatre tomes) et, en 2015, avec la série Koralovski qui est en cours de publication aux éditions Le Lombard avec trois tomes déjà parus.

Étant donné que j’ai vu Gauckler “grandir” en tant qu’artiste de BD alors que je lisais son oeuvre au fil des années, je me sens enclin à dorénavant suivre son travail et ses nouvelles parutions. À suivre…

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