Revue de ‘zines

Je prends un peu le temps de faire le tour des périodiques consacrés à la bande dessinée (principalement dBD et Animeland) pour voir si je ne peux pas y faire quelques découvertes intéressantes…

dBD132dBD #132 (Avril) nous offre principalement un entretien avec Peeters & Schuiten (sur la quatrième et dernière intégrale des Cités obscures) et un article sur la BD Turque (un pays où il ne fait pas bon être caricaturiste). Dans les actualités, je note que le 46e grand prix d’Angoulême a été décerné à Rumiko Takahashi (Urusei Yatsura, Maison Ikkoku et Ranma 1/2) pour la diversité de son oeuvre. Ce n’est que la deuxième femme à recevoir cet honneur (après Florence Cestac en 2000). Je note également le livre de cuisine graphique L’Art du sushi, par Franckie Alarcon chez Delcourt. Dans le cahier critique, on retrouve The empire of corpses t. 3 par Toh & Tomoyuki chez Pika (une suite cyberpunk décevante au roman de Frankenstein) et Akû t. 1 par Kaneshiro & Fujimura chez Ki-oon [erreur de dBD, c’est en fait chez Pika!] (un manga préhistorique plaisant à lire). Rien de bien significatif. C’est donc une récolte décevante ce mois-ci… stars-3-0

AL225J’ai eu beaucoup de peine à mettre la main sur Animeland #225 (Décembre 2018-Février 2019) car ma bibliothèque ne semble plus le tenir (ou un retard de livraison? Et je n’ai reçu aucune réponse à mes demandes de service de presse!). Le magazine est maintenant trimestriel mais offre un format plus grand (22.5 x 29.7 cm) et volumineux (148 pages). On remarque dans ce numéro à double couverture des articles sur Macross, Mirai ma petite soeur, Le château de Cagliostro, sur la postproduction d’anime, sur Gunnm (Alita: Battle Angel), Vinland Saga, et sur “Comment éditer un manga, part 1.” Dans la sélection anime (animathèque) je note la deuxième saison de Golden Kamui (chez Crunchyroll). Dans la mangathèque, je note MW d’Osamu Tezuka chez Delcourt/Tonkam. Encore une fois, un numéro plein d’information… stars-3-5

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Capsules

Les Montagnes Hallucinées T. 1

MontagnesHallucinées-t1-covEn 1931, une expédition de sauvetage découvre le campement en ruines du Pr Lake, parti explorer l’Antarctique quelques mois plus tôt. Son équipe de scientifiques avait envoyé un message annonçant une découverte extraordinaire avant de sombrer dans le silence…

Sur place, des squelettes humains dépouillés de leur chair laissent imaginer les scènes d’horreur qui ont pu se dérouler. Plus perturbantes encore : les immenses montagnes noires aux pics acérés au pied desquelles le Pr Lake et ses compagnons ont rendu l’âme… Ces terres désolées semblent cacher de terribles secrets. Gare aux imprudents qui oseraient s’y aventurer !

Avec un trait sombre et réaliste, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H. P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Aux confins des terres inexplorées, la joie de la découverte laisse place à une lutte sans espoir contre la terreur et la folie ! (Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

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Les montagnes Hallucinées (狂気の山脈にて – ラヴクラフト傑作集 / Kūki no Sanmyaku ni te – ravukurafuto kessaku-shu / lit. “Dans une chaîne de montagnes folle; collection de chefs-d’œuvres de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans le magazine Comic Beam (2016-17, Enterbrain), puis compilé en quatre volumes par Kadokawa. L’adaptation anglaise a été publié par Dark Horse et la version française est paru chez Ki-oon. TANABE Gou a aussi adapté en manga plusieurs autres récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse), The Colour Out of Space (2015), et The Haunter of the Dark (2016).

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Ce manga est l’adaptation d’un court roman (ou novella) de H.P. Lovecraft (elle-même inspirée par le roman de Edgar Allan Poe, Les aventures d’Arthur Gordon Pym). En 1931, une expédition scientifiques de l’Université de Miskatonic se rend en Antarctique à bord du brick Arkham et de la goélette Miskatonic pour pousser plus loin les explorations de Shackleton, Amundsen, Scott et Byrd. Au-delà des Monts Terror et Erebus, de la chaîne de l’Amirauté et même du Mont Nansen, ils découvrent une chaine de montagnes noires. Ils y trouvent de nombreux fossiles et même, dans une caverne, les restes de créatures incomparables — qui leur rappel un peu la description que le Necronomicon faisait des Grands Anciens! Mais une tempête violente interrompt la communication avec l’équipe de Lake. Après la tempête, Dyer vient à leur rescousse mais découvre le camp anéanti, les membres de l’équipe de Lake étant tous morts et mutilés—sauf un, Gedney, qui semble avoir fuit en traineau à chien. À la recherche de celui-ci, ils montent une expédition pour aller voir ce qu’il y a au-delà des montagnes… Qu’y trouveront-ils? À suivre avec le tome 2!

Cette histoire me rappelle un peu le film The Thing (qui se passe aussi en Antarctique) et la série télé The Terror (adaptation d’un roman de Dan Simmons sur l’expédition perdue de Franklin raconté avec un ton légèrement horrifique et dont j’ai déjà parlé) qui ont possiblement été inspirés par la nouvelle de Lovecraft.

Ce manga nous offre un superbe livre avec une couverture en simili cuir, imitant les livres anciens, et quelques illustrations couleurs au début. Le dessin est très beau: sombre mais très détaillé. Toutefois, l’excès de détails dans les structures complexes (neige, montagne, paysage d’arrière plan) les rende un peu confuse (à dessein?). Le récit est fluide mais ne réussit cependant pas à m’impressionner.  La narration est trop anecdotique, trop rapide et avare de détails. La faute en tient sans doute à la nouvelle de Lovecraft, que le manga adapte assez fidèlement. La nouvelle est composée de douze chapitres, et le premier volume du manga couvre les quatre premiers.

C’est une très bonne lecture mais je réserve toutefois mon jugement final tant que je n’ai pas lu le deuxième volume, paru en Europe en mars 2019. Néanmoins, c’est à lire absolument si vous êtes le moindrement amateur de l’oeuvre de Lovecraft.

Les Montagnes Hallucinées T. 1 (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), octobre 2018. 294 p. 15 x 21 cm, 15 € / $C 27.50. ISBN 979-10-327-0362-5. Pour lectorat jeune adulte (16+). Un extrait de vingt-huit pages est disponible. Voir aussi la “bande annonce” sur Youtubestars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Tanabe Gou 2016 & 2017

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Capsules

Des nouvelles du parc

IMG_4529Après m’être promené dans le parc, je me suis demandé ce qu’il nous réservait comme surprise ce printemps. Je suis donc allé faire un tour au pavillon d’accueil du parc Frédéric-Back, à la Tohu, sur la rue des Régatiers. Ce n’est guère facile d’extraire de l’information de ces gens-là. Il n’y avait aucun dépliants et personnes ne semblaient savoir (ou vouloir donner) quoi que ce soit. On m’a référé à un écran tactile géant avec une carte inter-active du parc (qui n’est malheureusement pas disponible en ligne semble-t-il). 

J’y ai tout de même appris que l’échéancier que j’avais vu lors de l’ouverture de la section Boisé-Est en août 2017 (sous l’administration Coderre) avait été repoussé en partie (par l’administration Plante). Le reste de la section Est du parc (près du parc Champdoré et du Cirque du Soleil) devait ouvrir au printemps 2019, les sections de la Plaine et du Boisé à l’automne 2021 et les sections du Lac et des Terrasses à l’automne 2023 [c’est quoi cette idée d’ouvrir une section de parc à l’automne? C’est au printemps qu’il faut ouvrir, pour que les gens en profite tout l’été!]. Maintenant, il est plutôt question d’ouvrir les secteurs du boisé et des plaines (incluant le côté est, au sud du parc Champdoré) pour 2021, et d’ouvrir les secteurs du lac et des terrasses pour 2023. Je n’ai trouvé aucune mention du secteur sud (près de la Tohu et du Cirque du Soleil) mais comme il y est dit que le parc sera terminé en 2023, je suppose que ce secteur ouvrira aussi à ce moment.

Il existe beaucoup de différents sites internet sur le parc (le site de la ville, des Grands parcs (incluant les Legs du 375e), de tourisme Montréal et le site de la Tohu) mais finalement il y a peu de véritable information de disponible… Certains liens sont morts, l’information est parfois périmée et souvent on réfère au parc sous son ancien nom, le Complexe environnemental de Saint-Michel (CESM). Il me semble que ce serait la moindre des choses dans le cas d’un projet ambitieux comme ce parc de tenir les citoyens bien informé des échéanciers et des projets. La carte inter-active que j’ai vu à la Tohu devrait être disponible en ligne!

Quand j’ai décidé de devenir propriétaire dans ce quartier, la présence du parc a été un élément important dans ma décision. Hélas, depuis ce temps il n’a été source que de déceptions: la lenteur des aménagements, l’ouverture d’un premier secteur à l’automne 2017 et non au printemps, la beauté de l’aménagement floral (les rudbeckia!) de la première année qui ne s’est pas répété par la suite, le manque d’entretient des sentiers l’hiver dernier (l’accès Émile-Journault pas déneigé, la voie polyvalente qui était une véritable patinoire), les belvédères mal entretenus (jusqu’à la semaine dernière) et maintenant aucune nouvelle ouverture de secteur avant 2021! C’est triste. Il va falloir s’armer de patience…

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Ad Astra VI

AdAstra-v06-covMalgré les réserves d’Aemilus, Varron reste fidèle à son plan. Il lance son immense armée contre les troupes carthaginoises, persuadé d’avoir identifié la stratégie de l’ennemi : profiter du terrain pour prendre l’adversaire au piège.

Mais rien ne se passe comme prévu et, dès le début des combats, la cavalerie romaine se fait décimer ! Tandis qu’Aemilius, blessé, cherche à préserver Scipion du carnage, le second consul prend lâchement la fuite. Si l’infanterie de Rome domine encore, la bataille ne fait que commencer…

Bravoure, complots et stratégie… Plongez au cœur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion !” (Texte de la couverture arrière)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO (dont c’est le premier titre) qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa Rome et Carthage. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française paraît chez Ki-oon.

AdAstra-v06-p21Le sixième volume est entièrement consacré à la bataille de Cannae et à ses suites immédiates. Encore une fois, les romains sont victimes de la brillante stratégie d’Hannibal. Toutes les batailles précédentes n’ont servi qu’à convaincre les romains qu’ils commençaient à comprendre sa stratégie afin qu’il puisse à nouveau les surprendre. Il commence par rassurer ses alliés gaulois en affirmant qu’ils vaincront malgré leur infériorité numérique (80,000 romains contre 50,000 alliés Carthaginois) et de lourdes pertes mais que cela en vaut la peine pour se venger du joug romains et pour l’honneur de la Gaule! Après avoir feint la retraite, les Carthaginois encerclent les romains et les massacrent. Minucius et Aemilius sont tué par Giscon. Scipion, qui avait reçu l’ordre de rester en retrait avec la cavalerie, décide de mobiliser les 10,000 hommes restés au camp en renfort mais ceux-ci refusent. Leur dernier ordre était de garder leur position et, Aemilius étant mort et Varron ayant “retraité” (fuit), il n’y a plus de généraux pour donner de nouveaux ordres.

Les pertes romaines sont lourdes: 60,000 morts (dix fois plus que les Carthaginois!) et 10,000 prisonniers (dont Rome refusera de racheter la liberté)! Maharbal est d’avis que les Carthaginois devraient profiter de la victoire et marcher sur Rome mais Hannibal refuse, ne voulant pas prendre de front un ville défendu par une muraille. Maharbal réponds “Tu sais vaincre, Hannibal, mais tu ne sais pas profiter de la victoire!” Par dépit, il massacre les villages environnants (Caius qui a survécu à la bataille mais a perdu un oeil, en est témoin). Hannibal envoi son frère Magon à Carthage pour réclamer des renforts. À Rome, Fabius reprends le pouvoir et envoi les soldats survivants en Sicile, sous le commandement de Marcellus. Scipion décide de suivre le cursus honorum et de briguer office pour éventuellement devenir consul même si la tâche se révèle ardue (“Per aspera ad astra” d’où le titre du manga). Il défit Marcellus pour obtenir son soutien à l’édilité mais celui-ci le punis. Lorsque Marcellus est rappelé en Italie pour défendre la Campanie contre Hannibal, Scipion demande à l’accompagner…

Ad Astra est un manga très bien dessiné — le style en est clair et précis. Le récit est fluide, intéressant et très instructif pour ceux qui s’intéresse à l’histoire et à la civilisation romaine. Cependant, malgré que le récit laisse de côté de nombreux détails historiques (si l’on compare à Tite-Live), ce manga s’étire sur treize volumes. Nous n’en sommes donc qu’à la moitié de l’histoire! Cela reste quand même, avec Pline, le manga historique idéal pour les amateurs d’histoire romaine.

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. VI, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, juin 2015. 210 pages, 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 978-2-35592-829-1. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

ad_astra-v01 ad_astra-v02 ad_astra-v03 AdAstra-v04-cov AdAstra-v05-cov

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Capsules

Pictorial chronicle [11]

 

Le parc au printemps

À l’approche du printemps, les pistes du parc sont encore enneigées et presque impraticables pour les randonneurs sans crampons – sauf les routes utilitaires qui sont mieux entretenues que les voies accessibles au public! Allez donc savoir pourquoi…

[ iPhone 8+, parc Frédéric-Back, 2019/03/17-18 ]

Les travaux reprennent pour préparer le parc pour son éventuelle ouverture complète au public. Cette fois on entreprend une opération de stabilisation des falaises pour les rendre plus sécuritaire.

[ iPhone 8+, parc Frédéric-Back, 2019/03/30 & 04/01 & 04/07 ]

Et finalement, on se décide à éclaircir la vue obstruée des points d’observation (belvédères) près de l’entrée Émile-Journault et de l’escalier de la rue du Pélican!

[ iPhone 8+, point d’observation près de l’entrée Émile-Journault, 2019/04/20 & 27 ]

[ iPhone 8+, point d’observation près l’escalier Pélican, 2019/04/20 & 27 ]

 La neige a disparue et le terrain se draine tranquillement de l’eau de la fonte. Quelques outardes y font escale pour un temps. Quatre couples d’urubus volent en cercles concentriques au-dessus du parc. Des tiges de fleurs sortent de terre et s’apprêtent à fleurir… Si seulement il pouvait faire beau et chaud…

[ iPhone 8+, parc Frédéric-Back, 2019/04/16 & 04/20-21 ]

Une semaine plus tard, le gazon est un peu plus vert, les premiers bourgeons s’ouvrent dans les arbres (même si la plupart sont encore dénudés) et les premières fleurs éclosent (une sorte de gros pissenlits, appelée Tussilage Farfara). Le parc sera-t-il près pour l’ouverture d’une nouvelle section pourtant annoncée pour le printemps (ou y a-t-il du retard sur les échéanciers)?

[ iPhone 8+, parc Frédéric-Back, 2019/04/27-28 ]

Vivement des températures plus chaudes. Car avec le mois de mai, viendront plus de fleurs, d’oiseaux et d’insectes à observer et à apprécier! Rendez-vous sur le site de la Tohu pour plus d’information sur le parc. Vous y trouverez également leur guide d’observation de la faune et de la flore du parc.

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Un tour des Îles

Hier, je suis allé faire un tour sur mon île natale. Tout les printemps je fais une une visite au cimetière pour m’assurer que tout est en bon état et pour saluer mes défunts ancêtres. Tant qu’à être dans le coin j’en profite pour faire un tour des îles où j’ai passé mes vingt premières années. Cette fois-ci c’était vraiment le bordel.

Déjà que depuis quelques années l’entrée des Îles est un chantier de construction. Le vieux pont étant jugé inadéquat, la municipalité a entrepris d’en construire un nouveau. Pour la durée des travaux un pont temporaire a été installé. À peine entrée dans les Îles, on croise l’armée et de nombreuses voitures de police. À cause des crues printanières, c’est le branle-bas de combat contre la rivière. On y fabrique des milliers de sacs de sable qui sont ensuite distribués en palettes aux citoyens. Toutefois, le pont temporaire ayant été installé très bas, il est menacé par la crue (l’eau passe à peine six pouces sous sa structure) et il est question de fermer l’accès aux Îles et même de les évacuer. Il faut dire que le nouveau pont en construction n’est guère mieux: l’eau circule à peine quelques pieds dessous. Néanmoins, les autorités ont décidé d’accélérer la finition du pont afin de pouvoir réouvrir l’accès le plus vite possible. En attendant, les gens qui ne veulent pas évacuer peuvent utiliser une navette ferroviaire.

Il me semble toutefois que tout cela est une crise créée de la main de l’Homme. C’est ce qui arrive quand on construit des ponts (temporaire ou nouveau) trop bas. Aussi loin que je me souvienne, il y a régulièrement eut des inondations printanières et même de beaucoup plus plus graves que celles-ci. Et jamais dans le passé je n’ai vu l’armée faire des sacs de sables, ni la police parler d’évacuation, ni même le premier ministre venir visiter les citoyens. Nous étions laissé à nous même et personne ne s’en plaignait. On retroussait nos manches et on nettoyait après. Quelle étrange société nous sommes devenu…

C’est un beau quartier et j’en garde de très beaux souvenirs: la nature, la quiétude, la camaraderie, l’entre-aide entre voisins, etc. (et on essai toujours d’oublier les mauvaises expériences – l’intimidation, les agressions, etc.). Cela me manque parfois mais malheureusement c’est si loin de tout (surtout quand le train de banlieue cessera ses opérations pour construire le REM: ça c’est un chantier qui va créer un bordel monstre!).

[ iPhone 8+, Îles Laval, 2019/04/22]

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Major Fatal

MajorFatal-covMajor Fatal est trop beau pour être vrai. On est jamais sûr d’entrer dedans. Et pourtant on ne parvient plus à en sortir. Un cercle vicieux. Une drogue! Eh quoi : nous avons lu ensemble dans Métal Hurlant, trois années de suite les aventures du Major Grubert. Pourquoi attendre trois ans pour se mettre dans des états pareils? A quoi je rétorquerai que le Major dans Métal et le Major en album sont deux choses totalement différentes. Major Fatal, c’est un poème.” (Jacques Goimard, en couverture arrière)

L’astéroïde modelé par le Major Grubert en trois mondes superposés, trois mondes avec chacun leur système, leur populace et leurs coutumes. Improvisés au rythme de la publication de Métal Hurlant, ces univers sont grouillants d’idées et de détails entremêlés. Autour de l’astéroïde, à bord du Ciguri, tournent son créateur et sa belle, Damalvina. Mais trois mondes ignorant leurs origines, dont quelques personnages en prennent peu à peu conscience, et ne sont pas tellement du genre à adorer leur créateur…” (Texte du site des Humanos)

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Ce troisième tome des “Oeuvres Complètes“ de Moebius compile les sept principales histoires où apparait le Major Grubert (dont plusieurs seront reprises dans Les vacances du major): “Une planche” (1 p.), “[Le] Major Fatal” (13 p.), “Le Major Grubert [: The Forbiden City Rides Again]” (2 p.), “Les Vacances du Major“ ( ou “La Chasse au Français en Vacances”, 6 p.), “Paradis 9” ( ou “La Flore de Paradis 9”, 2 p.), “Une aventure du Major [Grubert]” (2 p.), “Le Garage Hermétique [de Jerry Cornélius]” (98 p.). Cette dernière histoire constitue la majorité du volume, qui inclue aussi un avant-propos de Moebius, des postfaces de Jacques Goimard et d’Alexandro Jodorowsky, ainsi que “Apprends à Dessiner le Major Grubert” par Yves Chaland.

L’édition anglaise colorisée, publiée chez Epic/Marvel en 1987 sous le titre Moebius 3 (The Collected Fantasies of Jean Giraud): The Airtight Garage, n’offre quand à elle que deux histoires: “Major Fatal” et “The Airtight Garage”. À noter que pour l’édition anglaise, le nom de Jerry Cornélius (un hommage à Michael Moorcock) a été changé pour Lewis Carnelian…

La seule des histoires courtes qui mérite vraiment mention, car elle prépare la venue de l’oeuvre majeure, c’est “Le Major Fatal.” Houm Jakin et l’assassin Boaz recherche le Major car lui seul peut traiter avec le Bakalite. Ils tombent dans un piège mais Grubert intervient… Ce thème sera plus ou moins repris pour la fin du “Garage Hermétique”. Les autres histoires servent surtout à établir le décor de l’univers science-fictionnel créé par Moebius et dans lequel le Major évolue.

“Le Garage Hermétique” est la première histoire de SF d’importance que produit Moebius. Due à son procédé d’écriture épisodique et aléatoire, l’histoire est un peu complexe, mais l’essentiel tient au fait que le Major Grubert a construit un astéroïde, Fleur, constitué de trois niveaux de réalité dont plusieurs forces (Jerry Cornélius, le Bakalite, le Nagual, Sper Gossi) conspirent soit pour en prendre le contrôle, se libérer de son créateur ou simplement se venger du Major. Ce dernier quitte donc le Ciguri, son vaisseau spatial, pour descendre sur l’astéroïde et affronter ses adversaires…

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Il y aurait beaucoup à dire sur “Major Fatal”… Jean Giraud a commencé à dessiner des histoires de science-fiction humoristiques, d’abord sous le preudonyme de Gyr puis de Moebius, pour se distraire et se détendre de son travail principal sur Blueberry. Il les a publié ici et là (surtout dans Pilote, et même dans France-Soir, puis régulièrement dans Métal Hurlant). Le Major Grubert a subrepticement fait son apparition dans ces histoires courtes. Lorsqu’il a commencé à écrire “Le Garage Hermétique”, il n’avait pas de scénario préétabli et il improvisait au gré de ses humeurs, en essayant de créer de nombreux rebondissements (parfois ne se souvenant même pas ce qu’il avait fait dans l’épisode précédent). Le Major y est éventuellement apparu comme un anti-héros insouciant, presque absent, qui réalise tranquillement ses responsabilités envers le dénouement du récit. Le résultat est une histoire riche et surprenamment cohérente, pleine de symbolismes (tant religieux, politique, que philosophique).

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Les épisodes sont au début plus grossier, plutôt inégaux en qualité (tant graphiquement que narrativement), puis prennent de plus en plus d’assurance jusqu’à ce que vers la fin on réalise que Moebius maîtrise bien le genre, que son art a mûrit et qu’à partir de maintenant ce n’est plus de l’humour mais de la SF sérieuse et profonde qui laisse bien paraître ce que seront Les Aventures de John Difool, a.k.a. L’Incal

C’est une histoire de SF mythique qui vient nous chercher au tréfonds de notre être, comme si elle réveillait en nous quelque chose qui dort—ce genre d’impression mystique que l’on perçoit du coin de l’oeil ou dont on a vaguement le souvenir sans être capable de mettre le doigt dessus. C’est une oeuvre qui est loin d’être parfaite mais qui reste fascinante, intriguante et captivante! C’est donc à lire absolument si la BD et la SF vous intéresse moindrement!

“Le Garage Hermétique” a connu de nombreuses rééditions mais aussi des suites… (eh oui, après près de quarante ans, je réalise, “Quoi, il y a une suite!!!?”). Le flambeau a aussi été repris par d’autres artistes… À suivre, donc…

Moebius, Oeuvres Complètes tome 3: Major Fatal, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés, avril 1981. 156 p. ISBN 2-7316-0100-0. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-4-0

Moebius3-covMoebius 3, The Collected Fantasies of Jean Giraud: The Airtight Garage, by Moebius. New York: Epic/Marvel, 1987. 120 p. $US 12.95 / $C 16.95. ISBN 0-87135-280-X.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreads – GoogleWikipediaWorldCat ]

© Les Humanoïdes Associés 1980.

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