Dans l’abîme du temps

PdF5-juin76“Les quatre récits qui composent ce recueil sont moins des nouvelles au sens du terme que de nouvelles vues sur le monde extraordinaire et terrifiant créé par Lovecraft. L’Humanité y est aux prises avec les êtres surnaturels, maîtres de la terre avant l’arrivée des hommes, qui tendent de recouvrer leur suprématie perdue. Faisant appel aux images, aux mythes, aux récits de toutes les traditions, Lovecraft compose des philtres qui n’ont pas cessé depuis trente-cinq ans de bouleverser les esprits.”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

En quatre nouvelles, ce recueil nous offre la quintessence du mythe des Grands Anciens de H.P. Lovecraft.

Dans l’abîme du temps” (The shadow out of time, 66 pages, publié en juin 1936 dans Astounding Stories) raconte l’étrange expérience d’un professeur d’économie politique à l’université Miskatonic, Nathaniel Peaslee, qui après un malaise lors d’un cours se réveille cinq ans plus tard avec aucun souvenirs de ce qu’il a fait durant cette période. Pendant près de quinze ans il tente de retracer ce qui lui est arrivé en interrogeant ses proches sur son comportement. Il apprend qu’il a voyagé autour du monde et fait de nombreuses recherches dans des bibliothèques et des universités. Aussi, toutes les nuits, il fait des rêves étranges qui semble être des bribes de mémoires qui lui permettent avec le temps de reconstituer ce qui lui est arrivé. Son esprit aurait été substitué avec celui d’un être venu d’un passé pré-humain. La Grande Race des Yith utilise ainsi ce subterfuge pour voyager dans le temps et collecter de l’information sur toutes les civilisations tant du passé que du futur. Pendant qu’un Yith était dans son corps à collecter de l’information sur notre civilisation, Peaslee était dans le corps du Yith à leur enseigner ce qu’il savait et à apprendre sur les civilisations ayant habitées ou envahis la Terre à un moment ou l’autre (les fameux Grands Anciens). 

Cette explication est toutefois trop extraordinaire pour être vraisemblable. En étudiant la psychologie, il se convainc que les mythes qu’il a étudié durant son amnésie refont surface au travers de ses rêves alors que son cerveau tente de colmater les lacunes de sa mémoire. Quelques années plus tard, un prospecteur Australien qui a entendu parlé de ses recherches, lui fait part d’une découverte dans le désert. Une expédition est rapidement organisé pour fouiller un site qui semble être la cité où il a vécu dans ses rêves. Il y fait une découverte qui le terrifie et tente de convaincre les membres de l’expédition d’arrêter les fouilles car il ne faut pas réveiller l’horreur qui dors dans les profondeurs… 

Un récit fort intéressant qui a été adapté en bande dessinée par I.N.J. Culbard chez Akileos (voir mon commentaire) et en manga par Gou Tanabe chez Ki-oon (commentaire à venir imminament). stars-3-0

La maison de la sorcière” (The dreams of the witch-house, 36 pages, publié en juin 1933 dans Weird Tales) nous raconte le sort tragique de Walter Gilman, de l’université d’Arkham, qui étudie le lien possible entre les mathématiques et le folklore, particulièrement en relation avec une sorcière de Salem, Keziah Mason. Elle aurait eut l’habilité de se déplacer à travers les dimensions (le phénomène décrit s’apparente étrangement à un “wormhole”). Il s’installe donc dans la maison multi-centenaire de la sorcière à la recherche d’indices et d’inspiration. Chaque nuit il fait des rêves étranges, où il aperçoit la sorcière et son familier, et il lui semble qu’il se rapproche peu à peu de son objectif. Il réalisera trop tard qu’il s’est impliqué dans un culte démoniaque voué à Nyarlathotep. Avec ce récit, Lovecraft crée un lien intéressant entre les cultes sataniques et sa propre mythologie. Cette nouvelle a été adapté pour la télévision dans un épisode (S01E02) de la série Master of Horror. stars-2-5

L’appel de Cthulhu” (The call of Cthulhu, 32 pages, publié en février 1928 dans Weird Tales) retrace l’enquête menée par l’anthropologue Francis Wayland Thurston après avoir découvert dans les affaires de son grand-oncle George Gammell Angell, un professeur de langues sémitiques, un étrange bas-relief et un manuscrit relatant différents événements étranges s’étant tous déroulés entre le 28 février et le 2 avril 1925. Dans un premier cas, un jeune sculpteur de Providence nommé Henry Wilcox fut épris d’une fièvre et d’un délire durant lequel il créa un bas-relief représentant des hiéroglyphes mystérieux et une figure humanoïde dont “la tête pulpeuse entourée de tentacules surmontait un corps écailleux et grotesque muni d’ailes rudimentaires.” Wilcox vint voir Angell dans l’espoir qu’il puisse identifier l’origine de sa vision mais sans succès. 

Toutefois le récit du sculpteur rappela à Angell un événement similaire dont il prit connaissance lorsqu’un inspecteur de police de la Nouvelle-Orléans, John Legrasse, se présenta en 1908 à une réunion de la Société américaine d’archéologie tenue à Saint-Louis (MO) afin de faire identifier une idole mystérieuse. Elle représentait un monstre anthropoïde accroupie sur un piédestal, sa tête était couverte de tentacules, le corps évoquait celui d’un phoque, les quatre membres étaient pourvues de griffes formidables et il possédait de longues ailes minces sur le dos. L’idole avait été confisqué à une secte vaudou pratiquant des rituels sacrificiels dans des marécages au sud de la Nouvelle-Orléans. Le professeur Webb se rappela avoir entendu parlé d’un culte similaire au Groenland. Ce culte adorait Cthulhu et les Grands Anciens, venus des étoiles, qui ne mourraient jamais mais dormaient dans la cité engloutie de R’lyeh. Ils communiquaient avec les hommes dans leurs rêves en attendant le jour où, lorsque les étoiles seraient propices, ils s’éveilleraient de leur tombeau de pierre et règneraient à nouveau sur la terre.

Alors qu’il tente de confirmer les recherches de son grand-oncle, Thurston tombe sur un article de journal australien mentionnant une idole bizarre découverte sur l’épave d’un yacht en Nouvelle-Zélande en avril 1925! Thurston se rends à Auckland, puis à Sydney et finalement Oslo pour retracer le marin norvégien, Johanson, seul survivant. Il apprends que celui-ci est décédé mais réussi à prendre possession du manuscrit où Johanson relate son aventure et qui s’avère la clé de tout le mystère. Un tremblement de terre avait fait ressurgir la cité de R’lyeh, permettant à Cthulhu d’envahir les rêves à nouveau. Les matelots abordèrent l’île et libérèrent l’abomination. Toutefois, heureusement, la vivacité d’esprit de Johanson avait permis de le replonger dans son sommeil. Mais pour combien de temps encore?

Ce récit court, est plutôt intéressant mais est surtout très emblématique du mythe de Cthulhu. stars-3-5

Les montagnes hallucinées” (At the mountains of madness, 79 pages, a été publié dans les numéros de février, mars et avril  1936 de Astounding Stories) relate une expédition scientifique en Antarctique. Dans une caverne on découvre les restes de créatures incomparables — qui leur rappel un peu la description que le Necronomicon faisait des Grands Anciens! Mais pendant une tempête, un des camps est anéanti, les échantillons de créatures ont disparu et toutes l’équipe est massacré, sauf un membre, qui semble avoir fuit en traineau à chien. Le reste de l’expédition organise un groupe pour partir à sa recherche, avec espoir d’élucider le mystère. Loin à l’intérieur du continent, au-delà d’une chaine de montagne noire, ils découvrent et explorent une cité fantastique et antédiluvienne. C’est la cité des Grands Anciens, bâtie puis détruite par leurs esclaves révoltés, les “Shoggoths”. Rendue presque fou par l’horreur qui dors dans l’obscurité, ils décident de garder leur découverte secrète afin que l’humanité ne remette plus jamais les pieds dans ces lieux maudits. 

C’est sans aucun doute le plus captivant et le plus marquant des quatre récits. Il a lui aussi été adapté en bande dessiné par Culbard chez Akileos (voir mon commentaire) et en manga par Gou Tanabe chez Ki-oon (voir le commentaire des tomes premier et second). stars-4-0

Comme la plupart, j’ai lu Lovecraft quand j’étais adolescent ou jeune adulte. En général, ses textes constituent d’excellents examples du fantastique selon Todorov, où les événements peuvent avoir une explication tant rationnelle que surnaturelle… Si les récits de Lovecraft sont considérés comme des chef-d’oeuvres de la littérature je me rend compte, en les relisant maintenant, que ce n’est pas si bien écrit que ça. Lovecraft est le maître de la description vague, son point culminant étant le qualificatif “indicible”! Toutefois le texte véhicule un imaginaire si puissant qu’il a laissé sa marque indélébile dans les esprits de tout ses lecteurs et a eut une influence considérable sur les genres du fantastique et de l’horreur. C’est certes une lecture indispensable pour sa culture générale mais, si vous manquez de temps, je recommande plutôt de lire les excellentes adaptations en bande dessinées ou en manga dont j’ai déjà parlé.

Dans l’abîme du temps, par H.P. Lovecraft (Traduction de Jacques PAPY). Paris: Denoël (Coll. Présence du Futur, #5), juin 1976. 224 pages. [pas de ISBN] Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Denoël & Agence APIA, Paris, 1954 • Arkham House.

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Revue de ‘zines [002.019.364]

Bon, c’est de temps de passer en revue, encore une fois, quelques périodiques consacrés à la BD et aux manga pour voir ce qui ce fait d’intéressant…

Animeland #228 (Sept.-Nov. 2019)

AL228Dans la section “Anime” de ce numéro, on note d’abord un dossier sur la SF dans l’anime (en six impacts: Astro Boy, Mazinger Z, Yamato, Gundam [avec un entretien avec Yoshiyuki Tomino], Evangelion et Haruhi Suzumiya), puis un article sur le dernier Makoto Shinkai: Tenki no ko / Weathering with you, sur les séries Demon Slayer, Vinland Saga, Given, Dr. Stone, Arifureta shogokyô de Sekai Saikyô, Kanata no Astra, et Ensemble Stars! On retrouve aussi des interviews avec Kiyotaka Oshiyama (Dennô Coil, Flip Flappers, Space Dandy) et Nobuyoshi Habara (co-créateur du studio Xebec), ainsi qu’un reportage sur Kyoto Animation.

Dans la section “Manga”, je remarque, entre autre, un dossier sur les trente ans de Glénat manga, le reportage sur “Comment éditer un manga 4: Communication, Presse et Marketing”, des chroniques sur Demon Slayer, Himizu, Valkyrie Apocalypse, Gigant, Chiisako Garden, Quand Takagi me taquine, un portrait de Junichi Nôjô (L’Empereur du Japon), des interviews avec Tsuyoshi Takaki (Black Torch, Heart Gear), Ryo Sumiyoshi (Centaures, MADK), Daiki Kobayashi (Ragna Crimson), Inio Asano (Bonne nuit punpun, Errance), Rie Aruga (Perfect World), et Suehiro Maruo (Dr Inugami, Vampyre, La chenille).

Comme d’habitude, un numéro riche en information. stars-3-0

dBD #138 (Novembre 2019)

dBD138Dans les actualités nous découvrons que Kurokawa lance la collection Kuro Savoir consacrés à l’adaptation pour adolescents (16+) de classiques littéraires. Cela rappel beaucoup ce que faisait Soleil Classique. La collection débute entre autre avec Le Capital de Karl Marx (par Iwashita Hiromi), Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche (par Ichiro et Aki) et Psychologie des foules de Gustave Le Bon (par Team Banmikas). On mentionne également que les éditions Ynnis ont publié un autre ouvrage de référence thématique: Hommage à Akira: Héritage de l’apocalypse par Stéphanie Chaptal.

À la une on retrouve une interview avec Jérôme Félix et Paul Gastine sur leur western Jusqu’au dernier (Éditions Bamboo, Coll. Grand Angle). Le magazine poursuit avec des interviews de Mathieu Kassovitz (cinéaste et acteur connu pour son adaptation de Cauchemar blanc de Moebius) sur l’influence qu’a eut Métal Hurlant sur son travail, avec Matz au sujet de son prequel à Transperceneige: Extinctions t.1 (avec Rochette chez Casterman) et sur le volume trois de Tango: À l’ombre du panama (avec Xavier chez Le Lombard), avec Jean-Claude Carrière et Jean-Marie Michaud sur leur volumineuse adaptation Le Mahâbhârata (chez les Éditions Hozhoni, 440 pages), avec Riff Reb’s pour l’adaptation de Jack London Le Vagabond des étoiles t.1 (chez Soleil, coll. Noctambule), avec Antoine Ozanam sur Klaw t.11: Coma (avec Jurion chez Le Lombard), et avec Flix sur Spirou à Berlin (chez Dupuis).

Dans le Cahier Critique je note Le Mahâbhârata par Carrière & Michaud chez Hozhoni (Top! “Après trois ans de travail acharné (…) le résultat est prodigieux”), la réédition de Kirihito par Osamu Tezuka chez Delcourt (Top! “Graphiquement (…) c’est plein d’expérimentation, tant dans l’expression des émotions que dans le découpages. Cela se lit d’une traite”), une BD sur Mishima, Ma mort est mon chef-d’oeuvre, par Li-An & Weber chez Vents d’Ouest (Super), Dans l’abîme du temps une autre superbe adaptation de Lovecraft par Gou Tanabe chez Ki-oon (Super, “Quelle ambiance oppressante (…) Ki-oon (…) a une nouvelle fois soigné à l’extrême la fabrication de son album”), L’Empereur du Japon t.1 par Eifuku, Hando, Shiba & Nojo chez Delcourt (Super, “Superbement dessiné”) et Une femme et la guerre où Yoko Kondô adapte deux nouvelles par Ango Sakaguchi chez Picquier (Top! “Une belle lecture à la gloire de la complexité humaine”). 

Un numéro riche en découvertes. stars-3-5

dBD #139 (Déc.-Janv. 2019/20)

dBD139Un numéro “double” (128 pages) où les actualités annoncent un manga de Persona 5 par Hisato Murasaki chez Mana Books et où la une nous offre un interview avec Philippe Druillet, Dimitri Avramoglou et Xavier Czaux-Zago sur Babel, un ambitieux remake de Lone Sloane chez Glénat. Ce numéro se poursuit avec des interviews de Christophe Blain au sujet de Blueberry t.1: Amertume apache (chez Dargaud, en collaboration avec Sfar), avec Balak et Bastien Vivès sur Lastman t.12 (chez Casterman), avec Juan Giménez sur sa série de La Caste des Méta-Barons (aux Humanoïdes Associés), avec Stéphane Levallois sur Léonard 2 Vinci (chez Le Louvre/Futuropolis), avec Minaverry sur Dora t.4: Amsel, Vogel, Hahn (chez L’Agrume) et Rebecca Rosen pour Morveuse (chez L’Employé du moi).

Au coeur de ce numéro on retrouve un spécial sur les cinq coups de coeur de fin de l’année qui offre des interviews avec des artistes dont l’oeuvre a été négligé par la rédaction: Jérémie Moreau pour Penss et les plis du monde (chez Delcourt), Alfred pour Senso (chez Delcourt), Georges Bess pour Dracula (chez Glénat), David Lopez pour Black Hand & Iron Head (chez Urban Comics), et Marc-Antoine Boidin & Jean-André Yerlès pour Legio Patria Nostra t.1: Le tambour (chez Glénat). Le numéro se conclu sur un article commémorant le soixantième anniversaire de la série Tanguy et Laverdure, qui avait débuté dans le premier numéro du magazine Pilote en 1959 sous la plume de Charlier et Uderzo et qui se poursuit avec un trente-troisième album, Retour aux Cigognes, par Zumbiehl, Buendia & Philippe (chez Dargaud).

Dans le Cahier Critique je note La fille de Vercingétorix par Ferri & Conrad chez Albert René (Super; cet album réponds à tous les critères qui font un bon Astérix mais les aventures des héros “n’ont plus la même saveur que quand nous étions adolescents. Pire nous ne sommes pas sûrs qu’après avoir refermé ce livre, nous penserons à le relire, contrairement aux premiers albums de la série”), Samurai 8 t.1 par Masashi Kishimoto & Akira Okubo chez Kana (Bien, “un air retrofuturiste inédit (…) mais la mise en scène ne suit pas (…) tout va trop vite (…) trop de digressions, trop de nouvelles intrigues parallèles (…) dommage car (…) l’univers créé par Kishimoto est, lui, vraiment intéressant”), Mon cancer couillon par Kazuyoshi Takeda chez Pika (Bien, manga autobiographique [Sayonara Tama-chan / lit. “Adieu mon petit testicule”] où l’ancien assistant de Hiroya Oku [Gantz] raconte sa lutte contre le cancer), ainsi que Natsuko no sake t.1 par Akira Oze chez Vega (Super, une histoire sur les coulisses du monde de la production de sake originalement publié en 1988, “belle histoire à l’ancienne (…) la narration est douce, le dessin de bonne facture”).

Des tonnes de suggestions de lectures pour les vacances et l’année à venir… stars-3-5

Animeland #229 (Déc. 2019 – Fév. 2020)

AL229Dans la section “Anime” de ce numéro, on note d’abord un dossier sur la tendance des éditeurs de manga à créer des nouvelles collections pour adultes qui traitent de sujets plus réfléchi et sérieux: comme la collection “Moonlight” chez Delcourt/Tonkam et la collection “Life” chez Kana. Puis on retrouve un autre dossier sur la série Chihayafuru (incluant un interview avec son directeur, Morio Asaka). S’ajoute des chroniques, entre autre, sur Weathering with You, Violet Evergarden, L’Habitant de l’infini, Beastars, No Guns Life, Hoshiai no Sora, Babylon, Cobra et un interview avec Tadayoshi Yamamuro (Dragon Ball).

Côté manga, on note dans les nouvelles parutions le premier volume de l’édition intégrale (pour le 90e anniversaire!) de Phénix: L’Oiseau de feu de Osamu Tezuka chez Delcourt/Tonkam dès le 8 janvier, Sengo [Areyo Hoshizuku] par Sansuke Yamada chez Casterman dès le 22 janvier (un manga gay situé dans l’après-guerre), L’Amant (d’après le roman de Marguerite Duras) par Kan Takahama chez Rue de Sèvre aussi le 22 janvier, ainsi que La couleur tombée du ciel une adaptation de Lovecraft par Gou Tanabe chez Ki-oon dès le 5 mars. On retrouve également un dossier sur les quinze ans de Ki-oon, de nombreuses chroniques sur Jujutsu Kaisen (Ki-oon), Shaman King (Kana), Asadora ! (de Naoki Urasawa!, chez Kana), Samurai 8 (Kana), Doppelgänger (Kazé), Aria (Ki-oon), The Quintessential Quintuplets (Pika), Elle ne rentre pas celle de mon mari (Lézard Noir), Zenkamono (Lézard Noir), En proie au silence (Akata), Libraire jusqu’à l’os (Soleil), Parasite / Neo-Parasite (Glénat), Un monde formidable (Kana), Inio Asano Anthology (Kana), La petite faiseuse de livres (Komikku), Dans le sens du vent (Soleil), Les liens du sang (Ki-oon), et My Pretty Policeman (Boys Love IDP). La section se conclue sur des interviews avec Takeshi Obata (Hikaru no go, Death Note, Bakuman, Platinum End), Taiyô Matsumoto (Amer Béton, Sunny), Ken Wakui (Tokyo Revengers) et Laura Negro (assistante d’édition chez Akata) ainsi que l’article “Comment éditer un manga 5 (dernière partie): Diffusion, Librairie et lecteurs…”

Comme toujours, un numéro riche en information et en découverte. stars-3-5

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Capsules

Let me out of here!

I’m crying because I’m alone
My heart is cast of stone
If I feel other lights in the Realm
It seems that I can’t reach them

Let me out of here!

Everything is cold and mute
I’m a prisoner in a jail of flesh
I will escape, I’m resolute
I will be the new Gilgamesh

Let me out of here!

I knocking my bloody fist
Against the wall of my humanity
I want to go, cease to exist
Escape from all this insanity

Let me out of here!

As ever nothing is totally free
Sometime the price of freedom
Is another kind of captivity
So who want of this kingdom?

Let me out of here!

No, the universe is not perpetual partying
But a gaping hole where we keep falling
Fear the day when we’ll hit the ground
‘Cause the Styx’ freezin’ water will touch our crowns

Let me out of here!

Yes, I go around alone in society
‘Cause I hate the disembodied presence
Of this awkward and unsightly humanity
Only in suffering there’s less repugnance

Obsecro, libera me!

Séjanus
Morwajal
1991-07-17/10-09
1993-07-13/10-06
2019-12-23

Note: This poem doesn’t respect any traditional form as it is made of six quatrains (stanza of four lines) with loose or poor rhymes (predominantly crossed, ABAB). As usual for me, it is heterometric (the metrical length varying from six to twelve syllables with an average of nine).

It explains the feeling we can find in the expression “please stop the planet ‘cause I want to get off” ! I felt cramped and trapped in this physical form and I wanted to be more (by killing myself?) or I felt dead and I wanted to really live? I felt lonely and disappointed in my fellow humans… 

I was not satisfied with this poem and I reworked it several time, adding a few more stanza. The last two were added in French and it felt awkward to have a bilingual poem, so (luckily) I succeeded to translate them while somehow preserving the rhyming (although it still sounds better in French, see bellow). I also added the last line in latin (please, free me!). [2020/01/08]

[ Traduire ]

(…)

Non, l’univers n’est pas une perpétuelle fête
Mais un trou béant où nous tombons sans cesse
Craignez le jour où nous toucherons le fond
Car alors l’eau glacée du Styx touchera nos têtes

Laissez-moi sortir d’ici!

Oui, Je vais seul de par le monde
Car je hais la compagnie désincarnée
De cette disgracieuse humanité
Et seul, la souffrance est moins immonde

Laissez-moi sortir d’ici!

Entrevue capsule: Sébastien Chartrand

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Tel que promis, voici la première des trois entrevues-capsules que j’ai réalisé avec des auteurs de SFFQ au Salon du Livre de Montréal en novembre 2019. 

Sébastien Chartrand est un jeune auteur à surveiller. Après sa trilogie du “Crépuscule des Arcanes” (L’Ensorceleuse de Pointe-Lévy, La Voyante des Trois-Rivières, et Le Sorcier de l’île d’Orléans), il passe de la fantasy historique à de la SF (une SF qui fait dans l’uchronie et le steampunk — ou plutôt de l’électropunk!) avec Geist: Les héritiers de Nikola Tesla, une des parutions de l’automne chez les Éditions Alire. (Sur son blogue vous pouvez faire une visite virtuelle de son bureau / cabinet de curiosité !)

( cette video est aussi disponible sur Vimeo )

Entrevues à venir: avec Jonathan Reynolds (auteur et coordonateur de la revue Solaris) et Yves Meynard (Chrysanthe 2. Le Prince rebelle).

Autres entrevues-capsules disponibles: Catherine Sylvestre / Francine Pelletier

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Capsules