Revue de zines… [002.020.305]

Un survol de quelques zines en tous genres… J’en épluche le contenu pour vous.

Animeland #231 (Juillet-Août 2020)

Animeland-231Avec ce numéro Animeland termine sa transformation en mook avec l’adoption d’un format légèrement plus petit (19.2 x 27 cm) et nous offre un super-dossier sur Ghost in the shell (quarante-deux pages)! On remarque en premier lieu des changements au niveau de la rédaction: jusqu’au début de 2019 Émilie Jollois était directrice de publication avec Christopher Macdonald comme Rédacteur en chef, puis Cédric Littardi la remplace avec Steve Naumann comme directeur éditorial. Avec ce numéro, Christopher Macdonald n’est plus mentionné et on retrouve deux directeurs éditorial: Sébastien Post (pour Ynnis) et Sébastien Célimon (pour Animeland). AM Media Network en est toujours l’éditeur et Anime News Network y est toujours un actionnaire mais la relation semble en être maintenant plus une de collaboration et d’entre-aide…

Le dossier de couverture commence avec un portrait du créateur de Ghost in the Shell, Masamune Shirow, puis on en décrit l’univers, les personnages, et les différents titres (série TV, OVA, films) avant d’aborder la plus récente série: GitS SAC_2045. On en fait le portrait des réalisateurs (Kenji Kamiyama et Shinji Aramaki), on poursuit sur des portraits et entrevues avec le producteur (Taiki Sakurai) et la conceptrice russe (character design, Ilya Kuvshinov). Finalement on traite de la musique, de la fascination de Shirow pour les armes et puis des figurines consacrées à la série.

En plus de la une, le numéro est divisé en cinq grandes sections: “On a vu” introduit quelques animation notoires (Altered Carbon: REsleeved, Sing Yesterday for me, Gleipnir, Appare-Ranman,  BNA, Tower of God, Carole & Tuesday S2, La famille Willoughby), un dossier (20 pages) sur comment l’industrie de l’animation s’en tire (ou pas) face au confinement de la COVID-19, et “Focus” qui met en lumière divers sujet d’actualité (l’animation Ailleurs de Gints Zilbqlodis, la plateforme de BD numérique Webtoon, l’anime Castlevania, et le festival virtuel de Annecy 2020). Après un dernier dossier (22 pages) qui fait le tour des plateformes de Video À Demandes (VÀD ou streaming) d’anime en France (Crunchyroll, ADN, Wakanim, Netflix, Amazon Prime, Okoo, France 4, Disney+), le numéro se conclut sur une série de chroniques (Jeu vidéo, Trouvaille, Musiques et Humeur).

Le format et la présentation sont agréables et aérés. Le contenu est varié et riche mais (comme je l’ai souvent dit) parfois un peu vague. J’apprécierais plus d’informations détaillées comme une fiche en encart qui donne toutes les informations de production sur un titre. Finalement, grave erreur, pas un mot sur les mangas dans ce numéros ! WTF?! L’industrie du manga est très liée à celle de l’anime et en est pour moi INDISSOCIABLE. Cette absence est impardonnable et sera corrigée j’espère dans les prochains numéros. (Je sais il s’agit ici d’ANIMEland mais je m’attend tout de même à une balance 50/50 ou tout au moins 60/40 entre les deux sujets). Finalement, l’ultime question demeure: ces changements réussiront-ils à permettre au magazine de survivre en ces temps difficiles ? (Le temps nous le dira… Pour l’instant je dois attendre que le numéro 232, qui vient tout juste de paraître, traverse l’Atlantique…)

Intéressant mais aussi un peu décevant. stars-3-0

dBD #144 (Juillet 2020)

dBD-144À la une ce numéro dBD nous offre une entrevue avec Jim, qui nous parle de sa série Une nuit à Rome à l’occasion de la sortie du tome quatre (chez Grand Angle). Le numéro se poursuit sur des entrevues avec Joël Alessandra (Les Voyages d’Ibn Battûta, avec Akalay, chez Dupuis, coll. Aire Libre), Romain Hugault (Pin-up Wings, t. 5 chez Paquet Coll. Cockpit), Zep (sur sa série Titeuf et la participation à une campagne Covid-19), Pascal Pierrey (rédacteur en chef de Picsou de 1990 à 2020) et James & Daniel Clarke (Kariba, chez Glénat).

On retrouve également des articles sur le dessinateur des petits Mickey Floyd Gottfredson, sur l’éditeur de manga Pika à l’occasion de son vingtième anniversaire, et sur l’intersection entre disques et BD (“Les disques d’aventures”). L’article sur Pika Éditions est tout particulièrement intéressant. Fondée en janvier 2000, cette maison d’édition spécialisée dans le manga s’adapte sans cesse pour rester compétitive: en 2007 elle intègre le groupe Hachette, puis adopte le Digital first (publiant ses titres d’abord en ligne), en 2015 elle se lance dans le “Simultrad” (parution de chapitre traduit en français en même temps que la version japonaise), en 2016 elle lance la collection Pika Graphik pour les titres plus sérieux, puis acquiert Nobi Nobi pour avoir une collection jeunesse, en 2018 elle y ajoute le “manfra” (manga de création française!). Ce qui fait qu’elle est maintenant le 2e éditeur de manga en France (avec 1800 titres, 64 séries en cours, 350 nouveautés par an et 40 millions d’exemplaires vendus au total) !

Dans le Cahier Critique je note La couleur tombée du ciel par Gou Tanabe chez Ki-oon (Super: “toujours le même soin apporté à la fabrication du livre (…) le trait sombre et détaillé de l’auteur japonais fait une nouvelle fois mouche, plongeant le lecteur dans l’émoi et la crainte”), Anonyme ! t. 1 par Kimizuka & Hioka chez Soleil/Manga (Super: ”une série qui se révèle plus fine qu’il n’y paraît“), Peuple Invisible par Shohei Kusunoki chez Cornélius (Super: “recueil de récits courts (…) paru dans le fameux magazine Garo entre 1970 et 1972. (…) Le résultat est surprenant, plein d’emphase pour un petit peuple souterrain, dont les tranches de vie questionnent en permanence la validité de leur propre existence. (…) excellent raconteur et très bon dialoguiste.”), Orient – Samurai Quest t. 1 par Shinobu Ohtaka chez Pika (Bien: “Si ce premier tome est globalement maîtrisé, il se révèle en revanche assez répétitif”) et Ad Romam t.1 & t.2 un collectif aux Éditions du Rocher (Bien: “Avec cette trame fantastico-historique, la série peut présenter de façon didactique et plutôt vivante l’histoire antique (…). Le tout est de bonne facture (…) malgré les dessins assez maladroits (…).”).

Comme toujours, dBD nous offre une lecture riche en informations et en découvertes… stars-4-0

dBD #145 (Août 2020)

dBD-145Un numéro spécial Été qui nous offre simplement les coups de coeur de la rentrée (neuf albums tout public et trois albums jeunesse) — mais pas d’actualités ou de Cahier Critique. Pour chaque titre, on retrouve une entrevue avec l’/les auteur(s) et un bref extrait d’environ trois à cinq pages. 

Du côté tout public on retrouve Radium Girls par Cy chez Glénat (Coll. Karma), Tanz ! Par Maurane Mazars chez Le Lombard, Les croix de bois par JD Morvan & Percio (d’après Dorgelès) chez Albin Michel, Mademoiselle J t.2 par Yves Sente & Laurent Verron chez Dupuis, Stern t.4: Tout n’est qu’illusion par Frédéric & Julien Maffre chez Dargaud, L’Alcazar par Simon Lamouret chez Sarbacane, Journaux troublés par Sébastien Perez & Marco Mazzoni chez Soleil (Coll. Métamorphose), Les frères Rubinstein t.1 par Luc Brunschwig, Leroux & Chevallier chez Delcourt, ainsi que Terre t.1 par Christophe Dubois & Rodolphe chez Daniel Maghen.

Du côté jeunesse on retrouve Le roi des oiseaux par Alexander Utkin chez Gallimard, L’Homme qui courait après sa chance par Pozla chez Delcourt et Les géants t.1: Erin par Lylian, Paul Drouin & Lorien Aureyre chez Glénat.

Rien de bien excitant dans ce numéro. stars-3-0

Nouveau Magazine Littéraire #29 (Mai 2020)

lnml-298Je ne lis pratiquement jamais de magazine sur la littérature générale mais ce Spécial Science-Fiction par Le Nouveau Magazine Littéraire (récemment racheté par son concurrent Lire) me semblait intéressant. En effet, outre les habituelles chroniques (Idées, Portrait, Critiques essais et fiction) que j’ai a peine survolées, ce numéro offre deux dossiers qui vont bien ensemble: un sur “Où est le progrès ?” et un autre sur la Science-Fiction.

Le dossier de couverture (vingt pages) se demande si notre société / civilisation fait encore des progrès (d’un point de vue littéraire, philosophique, économique et, bien sûr, scientifique). Doit-on remettre en cause la notion de progrès? Intéressante question. Les articles nous propose, évidemment, plusieurs suggestions de lecture pour poursuivre la réflexion…

Le dossier SF (en trente-deux pages) nous propose un dizaine d’articles. Dans “Prenez les issues de secours!”, Alexis Brocas nous présente différents scénarios où les auteurs de SF traitent de la survie de l’Humanité. Selon René Barjavel, dans La Faim du Tigre, cela se résume à une alternative: soit l’autodestruction apocalyptique, soit la fuite dans les étoiles…

Dans “Avis de réapparitions”, le magazine fait un retour sur les oeuvres fondamentales de trois auteurs dont on fête le centenaire: Frank Herbert (Dune), Isaac Asimov (Les Robots, Fondation, La Fin de l’Éternité) et Ray Bradbury (Fahrenheit 451, Chroniques Martiennes).

Dans “Narrés au décollage” on explore deux thèmes essentiels du genre: les voyages interstellaires et la terraformation de planètes. Dans la même ligne, “Panorama: Huit Planètes” nous présente les voyages galactiques au travers de huit monde différents: Luna (de Ian McDonald), L’archipel du rêve (de Christopher Priest), Trantor (dans Fondation de Isaac Asimov), Omale (de Laurent Genefort), Hypérion (de Dan Simmons), Trisolaris (dans Le Problème à Trois corps de Liu Cixin), Oasis (dans Le Livre des choses étranges de Michel Faber) et Vermillon Sands (de J.G. Ballard).

Dans ”Do you speak globish?”, Frédéric Landragin offre une réflexion sur les différentes manières dont la littérature de SF approche le problème principal du premier contact: l’aspect linguistique.

Dans “La main sur le tracker”, Marie Fouquet compare la surveillance accrue de l’état (drone, application de traçage, reconnaissance faciale) au temps de la crise COVID non pas avec le classique 1984 d’Orwell mais avec Les Furtifs d’Alain Damasio.

Dans “Ils nous l’avaient bien dit !”, Jean-François Paillard présente une SF, non pas postapocalyptique, mais celle qui annonce les lendemains qui chantent, les mondes meilleurs. Au delà du classique Meilleurs des Mondes (Aldous Huxley), il cite Ecotopia (Ernest Callenbach), Les dépossédés (Ursula Le Guin), Simon Du Fleuve 1: Le Clan des centaures (Claude Auclair), Après le monde (Antoinette Rychner), Gandahar (Jean-Pierre Andrevon), Semiosis (Sue Burke) ou Sa majesté des clones (Jean-Pierre Hubert).

Dans ”Galaxies africaines”, Hubert Prolongeau nos introduit à l’afrofuturisme avec des titres comme Nova (Samuel R. Delany), Kirinyaga (Mike Resnick), Qui a peur de la mort ? (Nnedi Okorafor), La Trilogie de l’héritage (Nora Keita Jemisin), L’Incivilité des fantômes (Rivers Solomon) et Rouge Impératrice (Léonora Miano).

Dans “L’invention de nouveaux genres”, Sandrine Samii nous parle de la SF déclinée au féminin qui s’interroge sur la sexualité: La Main gauche de la nuit (Ursula K. LeGuin), La Servante écarlate (Margaret Atwood), Chronique du pays des Mères (Élisabeth Vonarburg), Dawn (Octavia Butler) et Libère-toi Cyborg! (Ian Larue).

Dans “Humains, plus trop humains”, Alexis Brocas nous parle de notre extinction avec des romans apocalyptiques comme Je suis une légende (Richard Matheson), Le Fléau (Stephen King), La Route (Cormac McCarthy), Un Cantique pour Leibowitz (Walter M. Miller), Niourk (Stefan Wul), ou même World War Z (Max Brooks).

Un dossier SF ne serait pas complet sans un article sur les adaptations cinématographiques, ce que nous offre Hervé Aubron avec “Au cinéma, l’odyssée de l’impasse”. Le tout se termine sur une bibliographie qui nous suggère une sélection d’auteurs cultes: Philip K. Dick (Le dieu venu du centaure), Robert A. Heinlein (Étoiles, garde à vous!), Robert Silverberg (Les profondeurs de la Terrre), Jack Vance (Cycle de Tschaï), William Gibson (Neuromancien), A.E. Van Vogt (Le cycle du Non-A), Stefan Wul (Niourk), Stanislas Lem (Solaris), Ursula K. LeGuin (La main gauche de la nuit), Ayerdale (Mytale), Dan Simmons (Hypérion), Ann Leckie (La justice de l’ancillaire) et Pierre Bordage (Les guerriers du silence). On y ajoute aussi un essai: L’autre-mental: Figures de. l’anthropologue en écrivain de science-fiction (Pierre Déléage). stars-3-5

Solaris #214 (Printemps 2020)

Solaris-214Ce numéro spécial de Solaris est consacré aux Univers de Joël Champetier. Cinq ans après le décès de ce talentueux écrivain québécois, dix auteurs revisitent ses univers en nous offrant des textes qui s’inspirent et se situent dans l’oeuvre de Joël.

  • “Le passeur de livres” par Geniève Blouin se situe dans l’univers du Mystère des Sylvaneaux
  • “Comment le shiba aux pattes silencieuses décida l’avenir du monde” par Philippe-Aubert Côté se situe dans l’univers de “Visite au comptoir dénébolien” originalement publié dans Sourires
  • “Petite Poule rousse” par Jonathan Reynolds se situe dans l’univers de La Peau Blanche
  • “Celui qui crie” par Ariane Gélinas se situe dans l’univers de La mémoire du lac
  • “La mémoire du papillon” par Pascal Raud se situe dans l’univers de L’aile du papillon
  • “La mort au fond du monde” par Sébastien Chartrand se situe dans l’univers de La mer au fond du monde
  • “L’Amour en l’absence” par Jean-Louis Trudel se situe dans l’univers de La taupe et le dragon
  • “La voie du maître” par Éric Gauthier se situe dans l’univers des Sources de la magie 
  • “Le Rouge” par Élisabeth Vonarburg se situe dans l’univers de “Poisson-soluble” originalement publié dans Solaris #59
  • “Concerto pour extraterrestres ou mathématiciens” par Hugues Morin et Joël Champetier se situe dans l’univers de “Luckenbach, les mathématiques, et les autres dangers de Montréal” originalement publié dans Solaris #100

Le numéro se termine avec un autre épisode des “Carnets du Futurible”, par Mario Tessier: “Joël Champetier et la science dans ses oeuvres de fiction”. Le Futurible nous présente d’abord une courte biographie de l’auteur, puis commente quatre nouvelles (“Survie sur Mars” in ASFFQ 1987, “Coeur de fer” in Solaris 93, “Dieu, un, zéro” in ASFFQ 1990 et “Luckenbach, les mathématiques, et les autres dangers de Montréal” in Solaris 100) et deux romans (La Mer au fond du monde et La Taupe et le dragon) qui comportent des références explicites à la science.

Un fascinant numéro de Solaris qui se veut en quelques sortes un compagnon pour Tous mes univers, un recueil qui offre l’intégrale des nouvelles de Joël Champetier (trente-deux textes, 570 pages!, publié chez Alire), incluant même un inédit: le premier chapitre du roman inachevé Le Carrousel martien. stars-4-0

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