Les femmes romaines (5)

Salonina

Salonina, dont j’ai trois antoniniani, était l’épouse de Gallienus, empereur romain du IIIe siècle qui a régné durant la période dite des “trente tyrans”, entre octobre 253 et septembre 268 EC. À la mort de son père et coempereur, Valérianus, aux mains des Perses, il devient seul empereur en 260 EC. Il hérite d’un empire assaillit de tout côtés par des envahisseurs (Perses et Alamands) mais surtout divisé par des rébellions et de nombreuses tentatives d’usurpations — principalement par Postume, qui créa l’Empire des Gaules au nord-ouest, et Odénat, qui fonda avec son épouse Zénobie le Royaume de Palmyre en Orient. Ce qui rend Gallienus intéressant c’est qu’il a été un empereur hellénisant et humaniste, adepte du néoplatonisme et tolérant envers le christianisme — ce qui a facilité son avancement. Il a également fait des réformes militaires où le commandement des armées a été confié à des Magister equitum, des officiers expérimentés d’origine illyrienne ou pannonienne. Il a été assassiné alors qu’il affrontait l’usurpateur Auréolus à  Mediolanum en septembre 268. Claudius Gothicus, l’un de ses maîtres de cavalerie illyriens, lui succède pour mettre fin à l’anarchie militaire — débutant ainsi l’époque des empereurs illyriens. J’ai de nombreuses pièces de monnaies de Gallienus, Postumus ainsi que de Claudius Gothicus et ses successeurs, alors j’y reviendrai bientôt. 

D’origine Bithynienne (selon l’Historia Augusta), Julia Cornelia Salonina épouse probablement Gallienus en 243 et est faite Augusta au début du règne de son beau-père, Valerianus, en 253. L’Histoire (par les monnaies et les inscriptions lapidaires) ne retient le nom que de seulement deux de ses enfants, Valerianus II et Saloninus (qui ont été associé au pouvoir mais sont mort jeunes), toutefois des allusions à sa grande fécondité et des monnaies illustrants plusieurs jeunes enfants semblent indiquer une plus large progéniture. Aucune source ne mentionne d’anecdote négative à son égard et elle semble avoir été aimé du peuple (comme l’indique une inscription sur un arc dédié à Gallien à Rome, la qualifiant de “très sainte Augusta Salonina”, SALONINAE SANCTISSIMAE AVG); elle aurait été une bonne épouse, très proche de Gallienus (des monnaies font l’éloge de la “concorde des augustes”, CONCORDIA AVGVSTORVM), participant même au pouvoir (puisque près de 10% du monnayage du règne lui fut consacré). Elle aurait visité les thermes de Berthemont-les-Bains, dans les Alpes-Maritimes, pour s’y soigner en 261 (cet événement est illustré dans la bande dessinée Ad Roman que j’ai récemment commenté) et y aurait professé la liberté de culte, se montrant particulièrement clémente envers les Chrétiens. Elle a probablement été exécuté avec l’entourage de Gallienus, après le décès de ce dernier en 268, dans une purge ordonnée par le sénat.

IMG_8753-8757Ce beau antoninianus (VG/G, billon/Ae, 19 mm, 1.740 g, payé $US 5.00 le 1985/04/14, caractérisé par des taches vertes d’oxyde de cuivre) nous offre sur l’avers un buste de Salonina, drapé et diadémé à droite, reposant sur un croissant, avec l’inscription SALONINA AVG[VSTA]. Le revers nous présente une Pietas debout à gauche, la main droite levée et tenant une boite à parfums dans la main gauche, avec l’inscription PIETAS AVG[VSTI] (“piété de l’auguste”) — aucune marque d’officine (lettre “P” pour Rome ou lettre “P” à d. avec “II” à g. pour Siscia) ne peut être distingué dans le champs droit ou gauche (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas). Le type du revers représente la piété et la dévotion de l’impératrice envers les dieux et sa famille. Rien ne permet de dater précisément cette pièce (c. 260-268). 

Sources: Wikipedia, RIC 5a: 22 (p. 193), Sear RCV (1983): 2942, C 77, vcoins, Wildwind (text, image), numismatics, Gallienus & family, ERIC, FAC (Salonina, Pietas). Voir aussi ma fiche.

IMG_8760-8764Cet assez beau antoninianus (G/P, billon/Ae, 20 mm, 2.781 g, payé $US 5.00 le 1985/04/14, flanc vaguement triangulaire du à l’usure, traces d’oxyde de cuivre) nous offre sur l’avers un buste de Salonina, drapé et diadémé à droite, reposant sur un croissant, avec l’inscription SALONINA AVG[VSTA]. Le revers nous présente l’empereur (Valerianus ou Gallienus), à gauche, recevant une victoire de Rome, à droite, assise vers la gauche, une couronne (ou étoile?) dans le champs au-dessus, avec l’inscription ROMAE AETERNAE (Rome éternelle”). Il existe plusieurs variantes de cette pièce frappée en Asie (soit à Antioche ou à Samosate) durant le règne conjoint de Valerianus et Gallienus (253-260). Le revers commémore sans doute une victoire militaire, probablement contre les Perses Sassanides de Shapur Ier (puisque la pièce a été frappée en Asie). Certaines sources (dont le RIC) la date de 255-56 et d’autre de 258-60 (selon la variante). 

Sources: Wikipedia, RIC 5a: 67 (p. 115), C 103, vcoins, CoinArchives, numiscmatics, ma-shops, Wildwinds (text, image), Wildwinds (text, image), acsearch, acsearch, acsearch,  ERIC, FAC (Salonina, Romae Aeternae). Voir aussi ma fiche.

IMG_8765-8768Cet antoninianus dans un état passable (G/Fair, Ae argenturé, 19 mm, 1.961 g, payé $US 15.00 le 1985/04/14, caractérisée par une couleur grisâtre et un aspect rugueux) nous offre sur l’avers un buste de Salonina, drapé et diadémé à droite, reposant sur un croissant, avec l’inscription SALONINA AVG[VSTA]. Le revers nous présente une Vénus debout à gauche, tenant un casque (ou une pomme?) dans la main droite, un long sceptre dans la main gauche et avec un bouclier à ses pieds. L’inscription est VENVS VICTRIX (“Vénus victorieuse”). Aucune marque d’officine (comme la lettre “H” ou les chiffres “IV” ou ”VI”) ne peut être distingué dans le champs droit (le RIC indique bien une variante sans marque). Le type du revers fait référence à la légende du jugement de Pâris et de la fameuse “pomme de la discorde” et est sans doute une allusion à la beauté de Salonina. Il existe plusieurs variantes de cette pièce frappée à Rome et rien ne permet de la dater précisément, mais le RIC l’indique comme une pièce frappée sous le règne seul de Gallienus (c. 260-268). 

Toutefois, l’instabilité politique et le coût économique des constantes campagnes militaires ayant amené une importante dévaluation monétaire, les dénominations traditionnelles du IIe siècle disparaissent complètement et les antoniniani, d’abord frappé en billon (avec à peine 10% d’argent) au début du règne de Gallienus, ne sont plus à la fin de son règne que des pièces de cuivre argenturées (trempées dans l’argent ou plaquées). L’état de cette pièce (où le noyau de cuivre apparait sous l’argenture) semble indiquer une période tardive du règne de Gallienus (c. 267-68).

Sources: Wikipedia, RIC 5a: 31 (p. 194), Sear RCV (1983): 2947, C 129, vcoins, Wildwinds (text, image), Wildwinds (text, image), Numista, Numista, numismatics, Gallienus & family, ERIC, FAC (Salonina, VENVS VICTRIX, billon). Voir aussi ma fiche.

Ces trois pièces de monnaie, à travers Salonina, représentent bien l’image de la femme romaine éclairée et forte.

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Monnaies anciennes 21

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