Le poète du dimanche est de retour. Mais comme mon vieux cerveau engourdi ne peut plus cracher que des tanka et des haïku, je ressort des vieilleries. Cette semaine, en cherchant des vieux papiers dans mes boites, je suis tombé sur un cahier de poésie datant des années ’70. Le plus ancien de ces poèmes date de 1972, alors que je n’avais que dix ans. On y voit que mes goûts pour la SF, la philosophie, le morbide et l’Histoire ne datent pas d’hier. La plupart de ces poèmes de jeunesse sont plutôt moches, mais il y a tout de même quelques perles oubliées que je vais vous présenter dans les prochaines semaines…

Je débute avec cette fable de 1975, évidemment inspirée d’Ésope et de Jean de La Fontaine :

L’archéologue et la momie

Dame momie dans son sarcophage couchée
Gardait un secret qui la rendait folle
Maître archéologue, passant par là, intrigué
Lui dit à peu près ces paroles:

“Bonjour, ma dame momie
Que vous êtes bien conservée et que vous êtes jolie
Sans rien vous cacher, si votre bandage
Se rapporte à votre coffrage
Vous êtes le phénix de toute l’Égypte ancienne !”

À ces mots, la momie en peine
Pour montrer ses ornements d’or
Lui mit sous le nez ses trésors

L’archéologue s’en saisit en disant: “Ma chère soeur
Apprenez que tout bon chercheur
Vit au dépend de celui qui détient les secrets
Cette leçon vaut bien un peu d’or, et c’est bien fait !”

Dame momie, pleurant des larmes de numides
Décida, mais un peu tard, qu’elle vivrait dans une pyramide

Biset Lermite
1975/04/03

Je trouve cette fable plutôt amusante. J’ai toutefois fait quelques modifications: j’ai changé “resta figé” par “intrigué”, j’ai remplacé “ornage” (qui n’existe pas) par “coffrage” et l’ai interverti avec “bandage” et j’ai choisi de mettre “larmes de numides” au lieu de “larmes humides” qui fait un peu enfantin (quoi que “larmes de numides” ne veut rien dire non plus mais cela semble moins bête). À l’époque je signais mes poèmes “Biset Lermite” — qui sonnait comme “Bernard-l’hermite” et évoquait l’image d’un pigeon des plus communs et solitaire. C’est bien sûr inspiré de la fable de La FontaineLe Corbeau et le Renard” (elle même volée à Ésope et à Phèdre). C’est pas génial mais c’est tout même pas trop mal pour un gamin de presque treize ans…

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Poésie du dimanche [002.021.024]

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