Yawara, vol. 2

Yawara-2-cov“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline.  Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse (originalement publié entre 1987 et 1993) de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. J’ai récemment commenté le premier volume mais, comme j’ai de la difficulté à mettre la main sur les volumes dans l’ordre à la bibliothèque, je dois commenter chaque volume un à un. 

Yawara-2-p009

Vol. 2, page 9

Matsuda, journaliste au Daily Every Sport, a peut être manquer le scoop que Jigoro Inokuma sera le prochain coach de Sayaka Honami mais il a convaincu Yawara de participer à un match d’exhibition de Judo. Son grand-père, qui a refusé la proposition de devenir le coach de Honami, pense qu’il a enfin mise sa petite-fille sur la voie de la compétition mais en fait Yawara a un plan: elle veut perdre ce match délibérément pour faire en sorte que la déception de cette défaite la fasse oublier des journalistes et qu’elle puisse mener la vie d’une jeune fille comme les autres, simplement faite d’amour, de shopping et de cuisine. Elle doit rencontrer la championne en titre, Yuki Tôdô, qui n’est malheureusement pas à la hauteur et Yawara à même de la difficulté à perdre. Toutefois, lorsqu’elle aperçoit sa mère dans la foule, elle est distraite et fait par réflexe un ippon-seoi-nage qui envoi son adversaire voltiger au sol si rapidement qu’elle en perd connaissance! Yawara prends la fuite pour éviter les journalistes…

Yawara entreprend de coacher les club de judo de son école. Pendant ce temps son grand-père organise pour elle une véritable compétition télévisée contre nulle autre que… Sayaka Honami! Yawara n’a pas l’intention de participer mais Matsuda demande Kazamatsuri de la convaincre. Le fait que son propre coach tourne autour de Yawara motive encore plus Sayaka. Elle se rend donc à l’école de Yawara pour la mettre au défi et Yawara accepte ! Dans ce volume, nous en apprenons un peu plus sur les parents de Yawara. Son père était en voie de devenir un champion de judo mais un jour il disparait mystérieusement et depuis sa mère passe la majorité de son temps à le chercher partout autour du monde — ce qui fait que Yawara a surtout été élevé par son grand-père…

Yawara offre un récit bien ficelé, drôle, captivant et qui se lit très bien. L’histoire mélange sport et comédie romantique avec tout les imbroglios et malentendus qui caractérisent le genre. Le style est plutôt classique avec un trait clair et précis mais qui mélange d’une façon un peu espiègle des caractéristiques typiques tant du shōnen (scènes d’action pleine de “ligne de vitesse”) que du shōjo (arrière-plan floral, baisé manqué). Aussi typique pour l’époque de ce manga, on retrouve beaucoup de scène de “fan service” (scènes de douche ou en sous-vêtements mais aussi des dessins aguichants de Yawara sur les premières pages de chapitres) dont le but est de plaire aux lecteurs adolescents en alimentant leurs fantasmes. Cet aspect, et le fait que deux personnages adultes montrent de l’attirance pour une adolescente de quinze ans, semble beaucoup irriter le lectorat féminin français. Il faut bien comprendre qu’à l’époque où ce manga a été écrit la société japonaise était encore très traditionnelle (c’est-à-dire patriarcale et où la place de la femme était d’être soumise et où les gens se mariaient jeunes). Plutôt que de s’offusquer du passé, on devrait surtout s’étonner et se réjouir qu’un manga de la fin des années ’80 et du début des années ’90 offre aux lectrices une héroïne forte et sportive qui, tout en restant coquette, peut leur service de modèle !

Au-delà de toute controverse, Yawara est un très bon manga qui offre une lecture agréable. Vivement la suite !

Yawara t. 2, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana, novembre 2020. 314 pages, B&W (8 pages en bichromie), 14.8 x 21 cm, 15.00 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8496-9, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2013 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2020 pour l’édition française. 

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