Olympia Kyklos vol. 1-3

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Après Thermae Romae, la nouvelle comédie sportive de Mari Yamazaki ! Démétrios, dans son petit village de la Grèce du 4e siècle avant notre ère, n’aspire qu’à une chose : vivre de son métier de peintre sur céramique. Et, peut-être, ravir le coeur de la belle Apollonia, la fille du patriarche… Le destin en décide autrement : le voici chargé de sauver son village des appétits guerriers de la cité voisine ! Alors qu’il se lamente sur son sort, la foudre frappe. Lorsqu’il reprend ses esprits, Démétrios a été projeté à travers le temps et l’espace dans le Tokyo de 1964, au moment des Jeux olympiques !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Olympia Kyklos, 1, par Mari Yamazaki. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), mars 2021. 200 pages, 13.4 x 18.3 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-20298-6. Pour lectorat adolescent (14+). stars-4-0

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“Démétrios a sauvé son village des appétits conquérants de la cité voisine au cours d’une épreuve sportive qu’il a ramenée du XXe siècle. Il est bien décidé à retrouver ses vases et ses pinceaux, mais le patriarche ne l’entend pas de cette oreille : il en est sûr, Démétrios a l’étoffe d’un champion, il est l’athlète qui apportera gloire et prospérité à sa communauté ! Aux abois, Démétrios est à nouveau transporté jusqu’au Japon des olympiades de 1964. Après le sport, cette fois, c’est sa conception du dessin que notre jeune peintre va voir bouleversée, en devenant l’assistant du dieu du manga, Osamu Tezuka en personne !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Olympia Kyklos, 2, par Mari Yamazaki. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), juin 2021. 200 pages, 13.4 x 18.3 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-20300-6. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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“Bouleversé par la mort tragique du marathonien avec lequel il s’était lié d’amitié dans le Japon de 1964, Démétrios, de retour dans son Antiquité natale, décide de quitter sa cité pour voir le monde et devenir un meilleur peintre, un meilleur athlète, un meilleur homme. Ses pas le mènent tout d’abord à Athènes où Platon, philosophe entre les philosophes, pourrait bien lui prodiguer de précieux enseignements s’il n’est pas trop occupé à rivaliser avec ses disciples… à la lutte ?

Comment concilier art et sport ? Une réflexion profonde et joyeuse sur la création et l’expression de soi.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Olympia Kyklos, 3, par Mari Yamazaki. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), septembre 2021. 200 pages, 13.4 x 18 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-20316-7. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Olympia kyklos (オリンピア・キュクロス / lit. “Cercles Olympique”) est un manga seinen par Mari Yamazaki qui est sérialisé au Japon dans le magazine bimensuel Grand Jump depuis mars 2018 et a été jusqu’à maintenant compilé en six volumes chez Shueisha. Il a été traduit en français chez Casterman (trois volumes de disponibles et un quatrième est à paraître imminemment). C’est une comédie du style de Thermae Romae (voir aussi mon commentaire sur cette série) mais qui se situe dans l’antiquité grecque et traite de sujets autour du thème des jeux olympiques. Le manga a sans aucun doute été créé en anticipation des jeux olympiques de Tokyo de 2020 (mais qui furent reportés à l’année suivante à cause de la pandémie de Covid-19). 

Mari Yamazaki est passée maître dans l’art d’utiliser des artifices loufoques comme le voyage dans le temps pour aborder des sujets sérieux. Si elle n’explique jamais la mécanique temporelle qui intervient dans Thermae Romae (sinon quelques propriétés magiques des eaux thermales?), dans ce cas-ci il s’agit de la foudre qui frappe à répétition le pauvre Démétrios, ce qui (faute de flux capacitor) ne peut être attribué qu’au désir de Zeus d’aider le héros dans sa quête identitaire en suivant la plus pure tradition des récits épiques. Certains ont reproché à Yamazaki d’utiliser deux fois la même technique pour mouvoir son récit mais quand l’on détient une formule gagnant pourquoi la changer? Mais peu importe l’artifice; ce que Yamazaki veut accomplir c’est de comparer les cultures de l’antiquité (romaine dans le cas de Thermae Romae et grecque pour Olympia Kyklos) avec celle du Japon. Ayant vécu tant au Japon qu’en Italie, Yamazaki avait remarqué plusieurs points de similitude entre ces cultures et a eut l’idée de s’en servir comme d’un miroir où le lecteur (à priori Japonais) peut se reconnaitre et se questionner.

Démétrios est un jeune homme athlétique mais qui n’est pas du tout intéressé aux sports. Tout ce qu’il veut c’est peindre sur des vases. Toutefois, le chef du village insiste pour qu’il participe à des compétitions. Quelques voyages dans l’espace-temps à Tokyo durant les préparatifs des jeux olympiques de 1964 lui font découvrir le sens des compétitions et l’esprit olympique, lui permettant de venir en aide à son village. 

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vol. 2, p. 8

Dans le second volume, Démétrios se retrouve devant un double dilemme: d’une part, son maître n’apprécie pas du tout son style de dessin et, d’autre part, le chef du village veut qu’il se consacre à la compétition en vue des jeux d’Olympie. Encore une fois c’est au Japon qu’il trouvera ses réponses: il découvre le manga et rencontre même Osamu Tezuka qui lui fait réaliser comment le dessin peut exprimer des sentiments. Il rencontre aussi le coureur Kokichi Tsubaraya qui subit tellement de pression pour participer aux Olympiques de Mexico en 1968 qu’il finit pas se suicider! Ici, Yamazaki réussi à simultanément rendre un superbe hommage à Tezuka pour le faire découvrir à une nouvelle génération de lecteurs et à aborder le thème très actuel de la santé mentale des athlètes! 

Dans le troisième tome, Démétrios visite encore Tokyo mais cette fois pendant les préparatifs pour les jeux de 2020. Il y découvre une société dénaturée où le matérialisme a effacé tout esprit communautaire. Pour perfectionner son art, il se rend à Athènes où il rencontre Platon qui est non seulement philosophe mais aussi lutteur et qui se plaint de la corruption et de la dépravation morale de la société. Il cherche une façon de convaincre ses concitoyens de mener une vie meilleure. Il rencontre Tezuka en rêve qui lui apporte des solutions. Une occasion pour Yamazaki de faire une réflection sur l’intégrité morale et l’importance de l’art dans la société…

Mari Yamazaki est une artiste accomplie qui nous offre, dans un style détaillé et précis, des récits qui non seulement sont divertissants par leur mise en situation humoristique mais également apte à nous faire réfléchir sur l’état de notre société. Un très beau et fort intéressant manga que j’ai trouvé plutôt agréable à lire. Comme toute oeuvre de Yamazaki, je le recommande fortement. Je viens d’ailleurs d’apprendre que le tome 10 de Pline, “Les fantômes de Néron”, est paru en septembre 2021 et que le tome 11 devrait paraître en mars 2022. J’ai bien hâte de lire la suite tant de Pline que de Olympia Kyklos.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2018 Mari Yamazaki.

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