Les royaumes environnants (4)

Pièce Séleucide (2)

Antiochos IX (113-95) SeleucideMa seconde pièce Séleucide est une assez belle dénomination de type “B” (AE18, G [Good], Ae [Bronze], 18 mm [0.7 po], 3.836 g, payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisée par une patine noire avec des concrétions vertes, jaunes ou rougeâtres, une frappe décentrée sur l’avers, ainsi qu’un flan plutôt mince (1.5-2 mm), trapézoïdal et possiblement grugé (le revers est plus petit que l’avers de deux ou trois millimètres!); die-axis: ↑↑). L’avers présente le buste d’un personnage masculin lauré à droite avec aucune inscription et une bordure en pointillé (qui met évidence la frappe décentrée). Le revers illustre une divinité féminine ailée, debout de trois-quart à gauche, la main droite tendue (sans doute pour présenter un object) et le bras gauche replié sur la taille soutenant un pan de vêtement, avec une large inscription verticale dans le champs gauche et une inscription verticale partielle qui disparait dans le rebord droit de la pièce — dans les deux cas les inscriptions sont illisibles. 

La représentation masculine de l’avers pourrait être le portrait d’un monarque ou d’une divinité. Pour ce qui est du revers, la divinité féminine ailée la plus commune sur les pièces de monnaie est une Victoire. Comme cette pièce-ci a été acheté dans un lot qui contenait surtout des pièces séleucides et qu’elle en porte toutes les caractéristiques, il suffit de la comparer aux pièces séleucides pour trouver des représentations similaires et ensuite d’en confirmer la description et la datation avec les ouvrages académiques.

Les recherches (tant par comparaison d’images que par mots clés) révèlent que ce type (une portrait mâle en avers et une Niké ailée avec inscriptions verticales sur le revers) se retrouve semble-t-il uniquement sous le règne de Antiochos IX. L’avers représenterait un buste lauré et ailé d’Éros à droite (sur ma pièce on ne distingue pas ses ailes qui se perdent dans le bord décentré). Le revers illustrerait une Niké avançant à gauche, tenant une couronne de laurier dans la main droite, retenant sa robe de la main gauche, entouré de l’inscription grecque verticale ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΑΝΤΙΟΧΟΥ (à droite) et ΦΙΛΟΠΑΤΟΡΟΣ (à gauche) [Basileos Antiochou Philopatoros / “Roi Antiochus Philopator”], avec une datation en chiffres grecques verticale dans le champs gauche, sous la couronne (par exemple “ΑΣ” = 201 SE = 112/111 AEC). Sur ma pièce on devine la fin de l’inscription de droite (possiblement un “ΑΝΤΙ” mais ce n’est pas clair si c’est une abréviation ou si le reste de l’inscription se perd dans le rebord grugé de la pièce; le “ΒΑΣΙΛΕΩΣ” semble totalement absent) et l’on distingue un peu “ΦΙΛΟΠΑΤ” sur la gauche (encore une fois: est-ce une abréviation ou est-ce que le reste se perd dans la bordure grugée?). On peut également deviner deux lettres grecques superposées dessous la couronne (tenue par le bras qui traverse le “ΦΙΛΟΠΑΤ”) qui constitue probablement la datation mais que nous ne pouvons malheureusement pas lire. Il faut donc se contenter des années de règne de Antiochos IX pour datation. Cette pièce a donc probablement été frappé dans un atelier indéterminé de Phénicie entre les années 114/113 et 96/95 AEC.

J’ai déjà expliqué le contexte historique de cette pièce dans l’entrée précédente (#94). Antiochos IX est le fils de Antiochos VII et de Cléopâtre Théa. À la mort de son père en 129 AEC, il est trop jeune pour lui succéder alors sa mère l’envoi à Cyzique où il grandit (d’où son surnom de Cyzicenus, “le Cyzicène”). Le trône retourne donc à son oncle Démétrios II, puis à son demi-frère Antiochos VIII en 125 AEC (après qu’il ait réglé son compte à l’usurpateur Alexandre II). Considérant sans doute que sa mère (Cléopâtre Théa) avait trahie son père (Démetrius II) lorsqu’elle épousa son beau-frère (Antiochos VII) pendant que son époux était captif des Parthes, il la fait assassiner. Dès qu’il est âgé d’une vingtaine d’années (vers 114 AEC), Antiochos IX conteste le pouvoir de son demi-frère. Pour consolider son alliance avec les Ptolémées d’Égypte, il épouse la reine Cléopâtre IV. Le conflit dure presque vingt ans alors que chacun des demi-frères règne sur une partie de la Syrie: Antiochos VIII sur la région côtière (Antioche et Damas) et Antiochos IX sur la région intérieure (la Cœlé-Syrie, y compris la Phénicie). Ils font assassiner leurs épouses respectives. Cette pièce commémore donc l’une des victoires de Antiochos IX contre son demi-frère (possiblement lorsqu’il capture et fait exécuter Cléopâtre Tryphaena en 111 AEC).

Lorsque Antiochos VIII meurt dans une révolte en 96 AEC, Antiochos IX règne enfin sur toute la Syrie mais pas pour longtemps puisqu’il est défait l’année suivante par son neveu Séleucos VI… Cette querelle familiale affaiblira beaucoup la dynastie séleucide qui ne durera encore qu’une trentaine d’année avant que Pompée ne fasse de la Syrie une province romaine

Sources: Wikipedia (Séleucide [FR/EN], Dynastie Séleucide [FR/EN], Seleucid coinage, Antiochos IX [FR/EN]), FAC (Seleukid kingdom, Seleukid Era); BMC v.4: #27-29; S-GCV: 7173; Réf. en ligne: Google, acsearch, BM, cerberuscoins, CoinTalk, FAC (GY57102), nobleromancoins, numismatics, vcoins, vcoins, WildWinds Hoover 1254 (text, image). Voir aussi ma fiche (recto, verso).

Bibliogaphie: 

La semaine prochaine nous nous arrêtons à nouveau sur ce qui semble être une pièce de la république romaine.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 95

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