Images du mer-fleuri [002.022.222]

Tulipa Ruby Prince

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions (Simples hâtives, Double hâtives, Triomphe, Darwin hybrides, Simples tardives, Fleur de lis, Frangées, Viridiflora, Rembrandt, Perroquet, Double tardives, etc.). La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana (tulipe de jardin). C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

La tulipe Ruby Prince appartient à la royauté des tulipes car elle est l’une des plus anciennes variétés à être cultivées et qu’elle appartient à la division des tulipes Simples hâtives. Elle est donc parmi les premières à fleurir après les jonquilles et les jacinthes.  C’est une tulipe aux formes classiques (coupe) qui tend à être plus courte que les autres (entre trente-cinq et cinquante centimètres), ce qui l’avantage car ses tiges plus robustes résistent mieux au mauvais temps. Toutefois, sa plus grande qualité demeure sa fleur élégante et parfumée qui arbore une superb couleur d’un rouge bordeaux ou rubis profond. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Yasuhiko Yoshikazu

Yasuhiko Yoshikazu est surtout connu pour son travail en animation (réalisateur de Crusher Joe, Arion, Venus Wars, M. S. Gundam: The Origin et character designer pour, entre autres, Mobile Suit Gundam, M.S. Zeta Gundam, Mobile Suit Gundam F91). Toutefois il a aussi produit plusieurs excellents mangas historiques ou de science-fiction reconnus pour leurs séquences d’action (Arion [1979–1984, 5 vol.], Venus Wars [1986–1990, 4 vol.], Nijiiro no Trotsky [1990–1996, 8 vol.], Joan [1995–1996, 3 vol.], Jesus [1997], Waga na wa Nero [1998–1999, 2 vol.], Mobile Suit Gundam: The Origin [2001–2011, 23 vol.], Alexandros ~Dream for World Conquest~ [2003], etc., et Inui to Tatsumi -Siberia Shuppei Hishi- [en cours depuis 2018]).

Malheureusement peu de ses mangas ont été traduit. En anglais en peut trouver (si vous êtes chanceux dans certains cas) Dirty Pair (Dark Horse), Gundam The Origin (Vertical), Joan (ComicsOne), et Venus Wars (Dark Horse). En français il y a eut Jeanne (Tonkam), Jésus (Tonkam), et MS Gundam The Origin (Pika). J’espère sincèrement que des éditeurs vont avoir le courage de remettre ces titres disponibles et de publier d’autres oeuvres de Yasuhiko Yoshikazu

Récemment, NHK World Japan présentait un documentaire intitulé Manben: Behind the Scenes of Manga with Urasawa Naoki. Le mangaka Naoki Urusawa y rencontre Yasuhiko Yoshikazu et discute avec lui de ses techniques de dessins et de son oeuvre. Le documentaire a été diffusé les 29 et 30 juillet 2022 mais est disponible pour visionnement en ligne (streaming, VOD) jusqu’au 30 juillet 2023. C’est extrêmement intéressant et mérite absolument d’être vu si vous êtes le moindre fan de l’un de ces deux mangaka. 

Manben1

Plus d’info sur les sites suivants:

[ ANNGoogleManga NewsManga SanctuaryManga Updates ]

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Monnaies anciennes 102

Pièce canadienne moderne (3)

Post-confédération: la petite monnaie

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La monnaie de 1912: 5¢, 10¢, 25¢ et 50¢ (plus 1$ de 1939)
Respectivement 15 mm, 18 mm, 23 mm, 29 mm et 36 mm !

Je vous présente ici brièvement les différentes petites dénominations (autre que le un cent que j’ai traité dans l’entrée précédente) de la monnaie Canadienne moderne. Pour chacune d’entre elles, je décrirai d’abord ma pièce la plus ancienne et (pour une comparaison uniforme) une pièce de 1912 (date choisie au hasard selon la disponibilité des pièces). Avant de se joindre à la “Confédération”, la plupart des provinces canadiennes ont frappé leur propre monnaie. J’ai déjà donné des exemples des jetons utilisés au Haut et Bas Canada, et j’ajoute ici celui d’un cent frappé pour Terre-Neuve (c’est le seul spécimen que j’ai des autres provinces, je crois). J’ai très peu d’exemplaires des plus larges dénominations (50¢ et 1$) car apparemment quelqu’un se serait servi dans la collection pour acheter des bonbons… Et je ne mentionne pas le $2 car son introduction (en 1999) est trop récente.

Le cinq cents

La pièce de cinq cents a été frappé en argent de 1858 à 1921, en tombac en 1942-43 puis en acier plaqué de nickel et chrome en 1944-45 [due au rationnement de la 2e guerre mondiale], en nickel de 1922 à 1941 et de 1946 à 1981 (sauf en 1951-54 [guerre de Corée] où il était de nouveau en acier plaqué de nickel et chrome), en cupro-nickel [75% Cu et 25% Ni] de 1982 à 2006 et en acier plaqué cuivre et nickel [94.5% acier, 3.5% Cu et 2% Ni] de 1999 à nos jours. L’avers a bien sûr connu des changement selon le portrait et la titulature du monarque sous lequel la pièce était frappée et mais le revers n’a connu que trois variations principales: 1. 1858-1921: deux branches d’érable croisées, attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale (initialement conçu par Leonard C. Wyon); 2. 1922-1936: deux larges feuilles d’érable de par et d’autre (conçu par W.H.J. Blackmore); et 3. 1937 à nos jours: un castor sur un billot de bois (conçu par George Edward Kruger-Gray). Il y a eut bien sûr des exceptions avec des pièces commémoratives (le “V” de la victoire superposé d’une torche en 1943-45 et 2005, une usine pour le 200e anniversaire du nickel en 1951, un lapin pour le centenaire de la “Confédération” en 1967 et un castor dans un style autochtone, conçu par l’artiste Mi’kmaw Gerald Gloade, pour le 150e anniversaire de la “Confédération” en 2017) et les variations de menus détails (taille et forme du feuillage, des caractères de l’inscription, etc., sur lesquelles je ne m’étendrais pas). Dès 1922 il prend son apparence actuelle: une pièce ronde (sauf entre 1942 et 1952 où il prit la forme d’un dodécagone) de 21.2 mm (4.5 g) avec une bordure de pointillés (sauf en 1922-1936 et 1942-45).

IMG_2798-2799Ma pièce de cinq cents la plus ancienne date de 1893 (G [Good; un flan très mince en argent ternis, plusieurs cavités et égratignures mais relief et inscription bien lisibles], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 15.5 mm, 1.16 g, axe: ↑↓). L’avers présente une tête de Victoria (tournée) à gauche, coiffée d’une couronne de laurier et un chignon, avec l’inscription latine VICTORIA DEI GRATIA REGINA. (“Victoria, reine à la grâce de dieu” — on note le point terminal) et CANADA (en exergue). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles à gauche et dix à droite), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur trois lignes) 5 / CENTS / 1893. 

IMG_2804-2807Mon cinq cents de 1912 est assez beau (G- [Good; argent très ternis, une concrétion obscurcie une bonne partie du portrait mais l’inscription demeure bien lisible], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 15.5 mm, 1.17 g, axe: ↑↑). L’avers présente un buste de George V à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur quatre lignes) 5 / CENTS / CANADA / 1912. 

Le dix cents

La pièce de dix cents a été frappé en argent de 1858 à 1968 (92.5 % Ag et 7.5 % Cu, le titrage a diminué au ratio 80/20 en 1920, puis 50/50 en 1967-68), en nickel de 1968 à 1999 (99.9% Ni) et en acier plaqué cuivre et nickel depuis l’an 2000 (92% acier, 5.5% Cu et 2.5% Ni). L’avers a connu les habituelles variations dues aux changements de monarque mais le revers n’a connu que deux variations principales: un dessin très similaire au cinq cents illustrant deux branches d’érable croisées, attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale de 1858 à 1936 et l’emblématique représentation de la goélette de course Bluenose depuis 1937 (conçu par Emanuel Otto Hahn). Il est a noter qu’aucune pièce de dix cents ne furent produites entre 1922 et 1927. Il y a eut encore une fois des émissions commémoratives (un maquereau pour le centenaire de la “Confédération” en 1967 [conception de Alex Colville], trois profil de visages pour l’Année Internationale des bénévoles en 2001 [par Stan Witten], une feuille d’érable stylisée formant “les ailes de la Paix”, conçu par Amy Choi, pour le 150e anniversaire de la “Confédération” en 2017 et un Bluenose toutes voiles dehors conçu par Yves Bérubé, et dont une partie de l’émission était coloré bleue, en 2021 pour le centenaire du Bluenose) et quelques variations de détails sur lesquelles je ne m’étendrais pas.

IMG_2808-2811Ma plus ancienne pièce de dix cents date de la dernière année du règne de Victoria, soit 1901 (G [Good; un flan mince en argent ternis, le revers a connu beaucoup d’usure mais la dénomination et la date restent lisible], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 18 mm, 2.3 g, axe: ↑↓). Très similaire au cinq cents, l’avers présente une tête de Victoria (tournée) à gauche, coiffée d’une couronne de laurier et un chignon, avec l’inscription latine VICTORIA DEI GRACIA REGINA. (“Victoria, reine à la grâce de dieu” — on note le point terminal) et CANADA (en exergue). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur trois lignes) 10 / CENTS / 1901. 

IMG_2813-2815Mon dix cents de 1912 est assez beau (G+ [Good; argent ternis], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 18 mm, 2.3 g, axe: ↑↑). Encore une fois, très similaire au cinq cents, l’avers présente un buste de George V à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur quatre lignes) 10 / CENTS / CANADA / 1912. 

Le vingt-cinq cents

La pièce de vingt-cinq cents a été frappé en argent de 1858 à 1968 (92.5 % Ag et 7.5 % Cu, le titrage a diminué au ratio 80/20 en 1920, puis 50/50 en 1967-68), en nickel de 1968 à 1999 (99.9% Ni) et en acier plaqué cuivre et nickel depuis l’an 2000 (94% acier, 3.8% Cu et 2.2% Ni).  L’avers a connu les habituelles variations dues aux changements de monarque mais le revers n’a connu que deux variations principales: d’abord le même concept que les plus petites dénominations, initialement dessiné par Leonard C. Wyon, représentant deux branches d’érable croisées, attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale de 1858 à 1936 et puis l’emblématique image du caribou depuis 1937 (conçu par Emanuel Hahn). Le vingt-cinq cent a connu beaucoup trop d’émissions commémoratives, dont plusieurs séries, pour s’y attarder (mais je mentionnerais le lynx pour le centenaire de la “Confédération” en 1967 [conception de Alex Colville], la Police Montée à cheval pour le centenaire de la GRC en 1973 [par Paul Cederberg], la feuille d’érable frappée d’un coquelicot rouge pour le Jour du Souvenir en 2004 et 2008 [90e anniversaire] conçu par Cosme Saffioti et Stan Witten, la série du 125e anniversaire de la “Confédération” en 1992, celles du Millénaires en 1999 & 2000, et celles des jeux olympiques de Vancouver en 2007-2008) sans compter les multiple variations de détails. À partir de 1967, le vingt-cinq cents est légèrement plus grand (23.88 mm) mais devient aussi un petit peu plus léger (5.05 g avec la composition de nickel en 1968 et 4.4 g avec l’acier plaqué depuis 2000).

IMG_2816-2818Ma plus ancienne pièce de vingt-cinq cents date de 1874 et est dans un bel état de conservation (VG [Very Good], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 23.6 mm, 5.8 g, axe: ↑↓). De façon similaire aux plus petites dénominations, l’avers présente une tête de Victoria à gauche, mais cette fois coiffée d’une couronne et les cheveux sont remontés et attachés à l’arrière avec un ruban, avec l’inscription latine VICTORIA DEI GRACIA REGINA (“Victoria, reine à la grâce de dieu” — on note qu’il n’y a pas de point après la titulature) et CANADA (en exergue). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur trois lignes) 25 / CENTS / 1874. On remarque, sous la boucle qui attache les deux branches, la marque d’atelier “H” qui indique que cette pièce a été frappé à la Heaton Mint (petit rappel: avant 1908 la monnaie canadienne est toujours fabriquée en Angleterre, soit à la Royal Mint à Londres, sans marque, soit à la Heaton Mint à Birmingham, avec une marque).

IMG_2821-2823Ma pièce de vingt-cinq cents de 1912 est assez belle (G [Good; usure des reliefs], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 23.6 mm, 5.8 g, axe: ↑↑). L’avers  présente un buste de George V à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers, redessiné par W.H.J. Blakemore, illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale (légèrement plus grande) entourant l’inscription anglaise (sur quatre lignes) 25 / CENTS / CANADA / 1912.

Le cinquante cents

La pièce de cinquante cents présente des spécifications similaires à celle de vingt-cinq cent mais elle a été introduite un peu plus tard que les autres dénominations. Elle a été frappé en argent de 1870 à 1968 (92.5 % Ag et 7.5 % Cu, mais le titrage a diminué au ratio 80/20 en 1920), en nickel de 1968 à 1999 (99.9% Ni) et en acier plaqué cuivre et nickel depuis l’an 2000 (93.15% acier, 4.75% Cu et 2.1% Ni). L’avers a connu les habituelles variations dues aux changements de monarque mais le revers n’a connu que deux variations principales (avec des variations supplémentaires dans le détail): les traditionnelles branches d’érable croisées (que l’on peut diviser en feuillage victorien et feuillage edouardien), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale de 1870 à 1936 et une représentation des armoiries du Canada (que l’on peu diviser en versions simplifiée [1937-54], révisée [1955-58], modifiée [1959-96] et redessinée) à partir de 1937. Comme toujours il y a eut quelques émissions commémoratives (le loup qui hurle pour le centenaire de la “Confédération” en 1967 [conception de Alex Colville], avec les dates “1867 1992” pour le 125e anniversaire du Canada, avec les dates “1952-2002” pour le Jubilée d’Or de la reine, une feuille d’érable stylisée pour le 150e anniversaire de la “Confédération” en 2017 et les armoiries simplifiés pour leur centenaire en 2021). La pièce de cinquante cents a vue sa taille légèrement réduite en 1968 (passant de 29.72 mm à 27.13 mm, et son poids diminuant à 8.10 g avec la composition de nickel, puis à 6.90 g avec l’acier plaqué).

IMG_2826-2828Mon exemplaire le plus ancien est une belle pièce de 1912 (VG [Very Good], Ar [Argent; un titrage de 92.5% Ag et 7.5% Cu], 29.7 mm (épaisseur de 2 mm), 11.6 g, axe: ↑↑). L’avers présente un buste de George V à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers, redessiné par W.H.J. Blakemore, illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur quatre lignes) 50 / CENTS / CANADA / 1912.

Le dollar

La dénomination de un dollar a d’abord été imprimée sur papier. Les premiers billets canadiens sont apparu avec la “Confédération” et les édits du Currency Act et du Dominion Notes Act en 1868 (sous le nom de Dominion of Canada). Jusqu’alors les billets étaient émis par les différentes banques mais après le Uniform Currency Act celles-ci ne pouvaient imprimer que des billets de plus de cinq dollars. Toutefois, les premiers véritables billets canadiens sont apparu avec la création de la Banque du Canada (en 1934) qui a émit ses premiers billets en 1935. Étant donné qu’il existait un dollar-papier, la pièce de monnaie de un dollar a d’abord surtout été une pièce commémorative et cela dès ses débuts en 1935. Ce n’est qu’après le retrait du dollar-papier en 1987 que la pièce de un dollar (“le huard” ou “loonie” en anglais) devient une véritable monnaie de circulation.

Comme toutes les autres pièces le dollar a d’abord été frappé en argent (80% Ag et 20% Cu; 23.33 g, 36 mm) de 1935 à 1967, puis en nickel (99% Ni, 15.62 g, 32.13 mm) de 1968 à 1986, puis en nickel plaqué bronze (91.5% Ni et 8.5% bronze, 7 g, 26.72 mm mais 26.5 mm depuis 1988) de 1987 à 2012, et finalement en acier plaqué de laiton (6.27 g et 26.5 mm) depuis 2012. L’avers a connu les habituelles variations dues aux changements de monarque. Le revers le plus commun représente un voyageur et son compagnon autochtone dans canot remplit de marchandises, avec en arrière-plan une aurore boréale et deux sapins, mais il y a eut de nombreux autres types: l’édifice parlementaire pour la visite royale en 1939, le vaisseau de John Cabot pour l’accession de Terre-Neuve à la “Confédération” en 1949, un totem sur un arrière-plan des Rocheuses pour le centenaire de la Ruée vers l’or et de la Colombie-Britannique en 1958, un fleur de lys avec trèfle, chardon et rose pour le centenaire des conférences de Charlottetown et de Québec en 1964, une bernache du Canada pour le centenaire du Canada en 1967, etc. En 1987, le revers principal devient le huard qui connait lui aussi de très nombreuses variations commémoratives.

IMG_2830-2834Mon exemplaire le plus ancien est une belle pièce de 1939 (VG [Very Good], Ar [Argent; un titrage de 80% Ag et 20% Cu], 36 mm (épaisseur de 2.84 mm), 23.3 g, axe: ↑↑). L’avers (conçu par T.H. Paget) présente une tête nue de George VI, à gauche, avec l’inscription latine GEORGIVS VI D: G: REX ET IND: IMP: (“George VI, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes“). Le revers (conçu par Emanuel Hahn) illustre la partie centrale de l’édifice parlementaire à Ottawa avec, au-dessus, l’inscription latine FIDE SVORVM REGINAT (“Il règne par la foi [de son peuple]”) et, au-dessous (sur trois lignes), CANADA / 1939 / 1 DOLLAR. Cette pièce commémore la visite royale de George VI et de la reine consort Elizabeth en 1939. Elle était disponible par commande à la Banque du Canada et dans les bureaux de poste mais elle a été produite en tellement d’exemplaires (1.36 million) que plus de cent-cinquante mille d’entre eux durent être refondue entre 1939 et 1945…

Le un cent de Terre-Neuve

Terre-Neuve (et Labrador) est resté une colonie Britannique jusqu’en 1949, moment où elle devint membre de la “Confédération” canadienne. En tant que Dominion britannique elle pouvait émettre sa propre monnaie et produisit donc des pièces relativement similaires à celles produites chez ses voisins canadiens (1¢, 5¢, 10¢, 20¢, 25¢ (à partir de 1917), 50¢ et $2). Toutefois, les pièces étaient encore frappées en Angleterre. La pièce de un cent a eut un grand format (25.5 mm, 5.67 g) jusqu’en 1937, lorsqu’ils ont adopté un format plus petit et plus économique à produire (19.05 mm, 3.24 g). Durant la seconde guerre mondiale, pour éviter les risques causés par une traversé de l’Atlantique, les pièces de monnaie étaient frappées par la Monnaie Royale Canadienne et comportait un petit “c” sur le revers comme marque d’atelier.

IMG_2836-2840Ma pièce de un cent de Terre-Neuve est dans un bel état et date de 1943 (VG [Very Good], Ae [Bronze; avec un titrage de 95.5% Cu, 3% Sn et 1.5% Zn], 19.05 mm, 3.24 g, axe: ↑↑). L’avers présente une tête de George VI, à gauche, coiffée d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS VI DEI GRA. REX ET IND. IMP. (“George VI, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers illustre une Sarracénie pourpre en fleur (Sarracenia purpurea), une plante carnivore qui est l’emblème floral de Terre-Neuve, avec l’inscription anglaise • NEWFOUNDLAND • au-dessus, ONE CENT (avec un petit “c” à droite comme marque d’atelier) en bas et 1943 de part et d’autre. 

Sources: Wikipedia (Dollar canadien [FR/EN], Pièces de monnaie canadienne [FR/EN], 5¢ [FR/EN], 10¢ [FR/EN], 25¢ [FR/EN], 50¢ [FR/EN], $1 [FR/EN], $2 [FR/EN], History of the Canadian dollar), Anatomy of a Canadian Coin (Infographics), Evolution of Canadian Coin Physical Specifications, Evolution in obverse and reverse designs of Canadian coins; 5¢ (1893): Google, Coins & Canada, ngcoins, numista; (1912): Google, numista; 10¢ (1901): Google, CoinsCatalog, numista; (1912): Google, numista, CoinBrothers; 25¢ (1874): Google, numista; (1912): Google, coinbrothers, numista, vcoins; 50¢ (1912): Google, CoinArchives, coinbrothers, coinshome, numista; $1 (1939): Google, coinsunlimited, numista;  1¢ TN (1943): Google, coinsunlimited, numista. (Pas de fiches cette fois aussi).

Bibliographie:

  • Cross, W.K. A Charlton Standard Catalogue: Canadian Coins, vol. 1: Numismatic Issues (69th Edition). Toronto: The Charlton Press, 2015. 356 pages. [ AmazonNelliganPublisher ]
  • Taylor, H.C. & James, Summer. The Guide Book of Canadian Coins, Paper Currency and Tokens (Second Edition). Winnipeg: Canadian Numismatic Publishing Institute, MCMLX (1960). 232 pages.

J’ai pris la peine de faire cette série d’articles sur la monnaie ancienne (et certaine plus modernes) car je trouve que ces pièces de monnaie offrent une lesson d’histoire qui mérite d’être partagée. C’est aussi pour moi un intéressant exercice d’écriture descriptive qui me permet (j’espère) de garder l’esprit (enfin, le cerveau) actif et alerte. J’espère que vous avez apprécié. Il ne reste plus que quatre entrées avant la fin de cette chronique.

La semaine prochaine je vous présente quelques pièces de monnaie moderne du Royaume-Unis…

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.215]

Tulipa El Niño

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions (Simples hâtives, Double hâtives, Triomphe, Darwin hybrides, Simples tardives, Fleur de lis, Frangées, Viridiflora, Rembrandt, Perroquet, Double tardives, etc.). La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana (tulipe de jardin). C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

La tulipe El Niño appartient à la division “Simples tardives” qui est caractérisé par des fleurs simples en forme de coupe, qui poussent au bout de longues tiges (qui peuvent atteindre de 45 à 75 cm) et dont la floraison est tardive.

Créée par l’éminent horticulteur néerlandais D.W. Lefeber, la tulipe El Niño offre une fleur large dont les pétales se terminent en pointe (ce qui lui donne un peu l’apparence dun lys) avec une impressionnante palette de couleurs “couché de soleil” allant du jaune-or ou même orange au rose saumon avec des accents striés. Cette palette contient des couleurs plus douces lors de la floraison (à la mi ou fin mai) qui s’intensifient à mesure que chaque fleur mûrit. Ces couleurs sont si aléatoires et imprévisibles d’une fleur à l’autre qu’elle a été comparé (et nommé d’après) le phénomène météorologique qui amène des températures plus chaudes en Amérique du Sud et qui aurait des répercussions sur l’ensemble du système atmosphérique planétaire. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Monnaies anciennes 101

Pièce canadienne moderne (2)

Post-confédération: One Cent

Pour ce qui est des pièces canadiennes modernes nous pourrions nous étendre sur le sujet pendant longtemps avec les pièces de un cent, de cinq cents, de dix cents, de vint-cinq cents, de cinquante cents et le dollars qui ont tous beaucoup varié de design et de portrait au cours des années. J’y reviendrais peut-être un jour mais pour cette fois je ne vais m’attarder que sur la pièce de un cent.

Comme je ne collectionne pas ces pièces pour leur valeur numismatique (nécessitant une qualité fleur de coin [Proof] ou pour le moins splendide [Mint / uncirculated]), mais bien pour leur intérêt historique, je me soucis peu de l’état de conservation dans lequel elles sont. L’état de mes pièces est donc assez variable mais, à part certaines des pièces plus anciennes, elles sont en général dans l’ordre du Très Beau (Fine) ou du Très Très Beau (Very Fine). En fait, pour moi, l’intérêt d’une pièce vient du fait qu’elle ait circulé, passant entre des milliers de mains et se trimbalant dans d’innombrables poches.

Une histoire de gros sous…

Après avoir été obligé d’utiliser des jetons pendant près d’une cinquantaine d’années — faute d’avoir assez de pièces de petites dénominations — la Province du Canada décide de frapper sa propre monnaie en 1858. Pour simplifier les choses (il faut le dire le système monétaire Britannique était plutôt compliqué) on adopte d’emblée la décimalisation. En s’inspirant de ce qu’a fait son voisin du sud, les États-Unis, la devise canadienne devient donc le “dollar” et sa plus petite dénomination (un centième de dollar) est le “cent” — qui remplace le “sou” du Bas-Canada. Comme le sou valait un demi-penny on a décidé de donner au cent le même format que ce dernier (en fait trois millimètres plus petit avec un diamètre de vingt-cinq millimètres). Anecdote amusante: comme le dollar vaut une couronne britannique (soit un quart de livre sterling ou cinq shilling ou soixante pence [le pluriel de penny]) une pièce de vingt-cinq cents vaut donc quinze pence (ou trente demi-penny) d’où le fait qu’on parle encore parfois de trente sous pour désigner le vingt-cinq cents! Comme les premières pièces d’un cent étaient beaucoup plus grosses que celle que nous utilisons de nos jours (et depuis 1920), elles sont appelées Gros Sous (Large Penny) pour les distinguer.

La Province du Canada n’est toutefois toujours pas en mesure de produire sa monnaie localement. La frappe est donc encore effectuée par la Royal Mint de Londres (sans marque de frappe) et l’atelier de la Heaton Mint à Birmingham (indiqué par un petit “H” sur le revers, sous la date). Comme la production est maintenant mécanisée on retrouve, contrairement aux pièces plus anciennes, une très grande uniformité dans la taille et le poids des pièces. Les seules éléments qui changent sont les portraits des monarques et leur titulatures, ainsi que de menu détails dans le dessin (la grosseur du feuillage, la forme de tel chiffre ou telle lettre, etc. — je ne m’attarderais pas sur ces derniers, sauf les plus significatifs, car ils sont trop nombreux. Ainsi le gros sou a connu au fil des ans cinq variations importantes dans son type.

Gros sou (Large penny)

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1858 – 1859: VICTORIA

IMG_2786-2789En 1858 et 1859, la Province du Canada frappe en très grande quantité un premier gros sou conçu par le graveur Leonard C. Wyon (G [Good], Ae [Bronze composé de 95% de Cu, 4% Sn et 1% Zn], 25 mm, 4.5 g, axe: ↑↑). L’avers présente une tête (jeune et idéalisée) de la reine Victoria, à gauche, portant une couronne de laurier, avec l’inscription latine (encadrée par deux cercles de pointillés) VICTORIA DEI GRATIA REGINA. (“Victoria, reine par la grâce de dieu, Canada”). Le revers illustre, encadré par deux cercles de pointillés, un motif serpentin de seize feuilles d’érable enroulées autour d’une vigne, avec une inscription centrale en anglais qui indique la valeur de la dénomination (One Cent) et la date (1859). Je ne possède malheureusement pas de spécimen de la pièce frappée en 1858.

L’émission massive de pièces de un cent (dix millions!) , alors que les jetons de cuivre circulaient encore abondamment, a fait que le marché a été rapidement saturé et qu’il a fallut près de dix ans pour tout écouler. C’est pourquoi il n’y a eut aucune pièces de un cent de produit entre 1859 et 1876. Aussi, à cette époque, les six colonies de l’Amérique du Nord Britannique (le Canada-Unis, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l’Ile-du-Prince-Edouard, la Colombie-Britannique et Terre-Neuve ) étaient en pleine négociation pour établir une éventuelle unification et l’on savait que si ce projet aboutissait il faudrait réorganiser les différentes émissions monétaires de chacune des colonies — une raison de plus pour suspendre la frappe. Une petite note historique: Cette union était rendue nécessaire par la menace américaine qui s’intensifia suite à la Guerre Civile, une demande pour une plus grande souveraineté et une économie de marché qui, divisé, peinait à faire face à la concurrence américaine. Après trois conférences de négociations à Charlottetown et Québec en 1864, puis à Londres en 1866, une entente est finalement signée et entérinée par la reine Victoria en 1867, sous la forme de l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique, qui dissout l’Acte d’Union pour former les provinces de l’Ontario et du Québec, en y adjoignant la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, pour constituer une nouvelle fédération (c’est une erreur de parler de confédération) sous le nom de Dominion du Canada — les autres provinces s’ajouteront plus tard: le Manitoba en 1870, la Colombie-Britannique en 1871, l’Île-du-Prince-Edouard en 1873, l’Alberta et la Saskatchewan en 1905 et finalement Terre-Neuve en 1949.

1876 – 1901: VICTORIA

Non seulement le Dominion du Canada continue d’utiliser les pièces frappé sous la Province du Canada, mais il en conserve le même type quand il commence à frapper ses propres pièces en 1876… à quelques différences près. La pièce est toujours produite en Angleterre dans le même format, avec le même titre métallique mais on accroit son poids d’environ un gramme (Ae [Bronze composé de 95% de Cu, 4% Sn et 1% Zn], 25 mm, 5.6 g, axe: ↑↑). L’avers présente maintenant un portrait plus mature et réaliste de la reine Victoria (visage plus rond), qui porte dorénavant une couronne de diadème, et la titulature reste la même. Le revers reste à peu près inchangé sinon que les feuilles d’érables sont d’abord un peu plus grosses (de 1883 à 1890) puis plus étroites avec des veinures plus profondes (de 1891 à 1901, redessinées par le graveur G. W. DeSaulles). Je pourrais illustrer ici chacune des années de production mais je vais me contenter de ces six exemples.

1902 – 1910:  EDWARDVS VII

IMG_2739-2741En janvier 1901, la reine Victoria décède et son fils Édouard VII lui succède. La pièce de un cent demeure la même mais l’avers est modifié (avec un dessin de G. W. DeSaulles) pour refléter le changement de monarque: il présente maintenant un buste d’Edouard VII, à droite, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine EDWARDVS VII DEI GRATIA REX IMPERATOR – CANADA (“Edouard VII, par la grâce de dieu, roi et empereur – Canada”). Le revers reste inchangé. À partir de 1908, la frappe de monnaie sera finalement effectuée au Canada, avec la création de la Monnaie Royale Canadienne à Ottawa (mais les pièces ne comporte aucune marque de frappe pour les distinguer).

1911: GEORGIVS V (sans “DEI GRA”)

IMG_2758-2760En mai 1910, Edouard VII décède à son tour et est succédé par son fils George V. On en profite cette fois pour mettre à jour l’avers avec le portrait et la titulature du nouveau monarque mais on modifie également le revers. L’avers présente un buste de George V, à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V REX ET IND: IMP: (“George V, roi et empereur des Indes”) — sans doute pour faire place à un titulature plus longue qui souligne que l’Empire Britannique inclus maintenant les Indes on a omis le “Dei Gracia” (“Par la grâce de dieu”). L’illustration du revers reste la même mais l’inscription est changée pour ONE CENT CANADA — 1911 (le “Canada” est déplacé de l’avers au revers et un trait séparateur est ajouté dessous).

1912-1920: GEORGIVS V

Étrangement, l’absence du “Dei Gracia” souleva un tollé de protestations (on criait à la monnaie “sans dieu”). Ainsi, dès l’année suivante on corrigea la titulature qui devint GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Encore plus mystérieux, j’ai trouvé dans ma collection un cent de 1917 d’une couleur argenté matte (similaire au nickel). Je n’ai toutefois trouvé aucune mention d’une telle production dans les sources numismatiques. Un petit rigolo se sera sans doute amusé en faisant des tests de placage au nickel sur un pièce… En 1920, on change également très légèrement le titrage métallique de la pièce d’un cent: la proportion de cuivre est augmenté à 95.5%, celle de l’étain diminuée à 3% et celle du zinc augmenté à 1.5%. Cela est sans doute motivé par un accroissement du coût de certains métaux et annonce la réduction imminente de la taille de la pièce d’un cent.

Petit sou (Small penny)IMG_2783

1920 – 1936: GEORGIVS V

IMG_2770-2772En 1920, même si une grande pièce d’un cent à déjà été produite (quoique en moindre quantité), on frappe une nouvelle pièce mais cette fois plus petite (Ae [Bronze composé de 95.5% de Cu, 3% Sn et 1.5% Zn], 19 mm, 3 g, axe: ↑↑). C’est un changement radical qui a été motivé par l’augmentation du coût des métaux et la nécessité de faire des économie (la pièce ne peut pas coûter plus cher à produire que sa valeur). On en profite également pour ramener le cent canadien aux même proportions que le cent américains. Autre grand changement: on élimine la bordure de pointillé. L’avers reste le même (conception par Sir E.B. MacKennal, seulement en plus petit) mais le revers est complètement redessiné par Fred Lewis et le graveur W.H.J. Blakemore. Il présente maintenant un large CANADA dans le haut, un ONE CENT encadré verticalement par deux séparateur (-•-) et horizontalement par deux feuilles d’érables, avec l’année d’émission dans le bas (ici: 1920). Ce sera la première des très nombreuses variations (plus d’une douzaine!) que connaitra l’apparence du petit cent.

En janvier 1936, George V décède et est succédé par son fils Édouard VIII. Toutefois, en décembre de la même année, avant même qu’on frappe la monnaie canadienne à son effigie, celui-ci abdique (suite à un scandal) en faveur de son frère George VI. En 1937, en attendant que les coins de frappe soit prêt avec l’effigie du nouveau monarque, on frappa une petite quantité de pièces de 1936 mais en ajoutant un petit point sous la date pour distinguer cette émission exceptionnelle. C’est la seule petite pièce de un cent que je n’ai pas car elle extrêmement rare.

1937 – 1947: GEORGIVS VI 

IMG_2773-2774Après l’accession de George VI, pour accélérer la production des nouveaux coins de frappe, l’atelier monétaire de Paris est mis à contribution (Ae [Bronze composé de 95.5% de Cu, 3% Sn et 1.5% Zn], 19 mm, 3 g, axe: ↑↑). L’avers du cent est modifié (portrait et titulature, sur un dessin de T.H. Paget — qui signe d’un petit “HP” dessous la tête) pour refléter le nouveau monarque et on en profite pour finir de moderniser le revers en lui donnant ce qui sera son apparence définitive (dessin et gravure de G.E. Kruger-Gray — signature d’un petit “K•G” dans le champs droit). Et la bordure en pointillé est de retour! L’avers présente une tête nue (sans couronne) de George VI, à gauche, avec l’inscription latine GEORGIVS VI D:G:REX ET IND:IMP: (“George VI, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers illustre maintenant une brindille de deux grandes feuilles d’érable (représentant sans doute les deux peuples fondateurs du pays: les français et les anglais — à cette époque on négligeait encore les autochtones), avec l’inscription en haut 1 CENT (le fait de mettre la valeur en chiffre règle la question du bilinguisme), la date d’émission (ici: 1939) dans le champs gauche et Canada dans le bas. En 1942, on change encore le titrage métallique en diminuant la proportion d’étain à 0.5% et augmentant celle du cuivre à 98%.

Toutefois, en 1947 un nouveau problème se pose aux monnayeurs canadiens: l’Inde a acquise son indépendance et le monarque n’est donc plus l’empereur des Indes! En attendant que de nouveaux coins de frappe soit produit pour 1948, on frappe une pièce de 1947 mais cette fois avec une petite feuille d’érable à la droite de la date. Cette pièce n’est pas rare car elle a été frappé à un peu plus de quarante millions d’exemplaires (j’en ai donc un spécimen, non illustré).

1948 – 1952: GEORGIVS VI (sans le “ET IND IMP”)

IMG_2776-2777Dès que les coins sont prêts on frappe les pièces pour 1948 (Ae [Bronze composé de 98% de Cu, 0.5% Sn et 1.5% Zn], 19 mm, 3 g, axe: ↑↑). Le portrait de l’avers reste le même mais la titulature est maintenant GEORGIVS VI DEI GRATIA REX (“George VI, roi par la grâce de dieu”). Le revers reste inchangé.

1953 – 1964: ELIZABETH II

IMG_2778-2779George VI décède en février 1952 et sa fille Élisabeth II lui succède. L’avers est donc modifié pour refléter ce changement (Ae [Bronze composé de 98% de Cu, 0.5% Sn et 1.5% Zn], 19 mm, 3 g, axe: ↑↑). L’avers présente maintenant un buste lauré d’Élisabeth II (jeune) à droite avec l’inscription latine ELIZABETH II DEI GRATIA REGINA (“Élisabeth II, reine par la grâce de dieu”). L’avers est conçu et gravé par Mary Gillick (avec une légère correction en 1954 par Thomas Shingles). Le reverse reste inchangé.

1965 – 1978: ELIZABETH II

IMG_2780-2781En 1965 débute la première d’une dizaine de variations de types de la pièce d’un cent d’Élisabeth II (pour ne pas prolonger trop cet article je n’illustrerai pas toutes ces variations). Si le revers reste inchangé (à part les pièces commémoratives du centenaire de la “Confédération” en 1967, qui représente un pigeon biset en plein vol, celle du 125e anniversaire du Canada en 1992, où la date est changée pour “1867-1992”, et celle du Jubilé d’Or en 2002 où la date passe du revers à l’avers et devient “1952-2002”) l’avers lui ne cesse de changer pour ajuster le portrait ou la titulature du monarque. L’avers introduit en 1965 (illustré ici; conçu par Arnold Machin et Thomas Shingles) présente un portrait plus mature de la reine avec une tiare de diamants sur la tête, et l’inscription latine ELIZABETH II D• G• REGINA (“Élisabeth II, reine par la grâce de dieu”). Il est a noter que la Monnaie Royale Canadienne ouvre un deuxième atelier à Winnipeg en 1976, où s’effectuera dorénavant la frappe des pièces de circulations. En 1979-1981, le portrait de la reine a été légèrement rapetissé et l’épaisseur de la pièce passe de 1.55 mm à 1.38 mm pour réduire le poids à 2.8 g. En 1982-1989, la pièce, qui jusque là était ronde, prends la forme d’un dodécagone pour faciliter son identification par les personnes malvoyantes (l’épaisseur passe à 1.45 mm et un poids de 2.5 g). En 1990-1996, le portrait de la reine change à nouveau pour le doter d’un collier et d’une couronne de diamants décorée de roses, de trèfles et de chardons (conçu par Dora de Pedry-Hunt et Ago Aarand). En 1997-2003, on revient à une pièce ronde et on abandonne le flan de bronze pour un flan de zinc plaqué de cuivre. En 2003-2012, le portrait est encore changé pour un buste représentant une reine plus âgée, portant un collier mais aucune couronne (conception par Susanna Blunt et Susan Taylor). De 2006 à 2009 on continue à utiliser des flans de zinc plaqués de cuivre (marqué d’un “P” sous le portrait) mais on utilise également (et exclusivement par la suite, marqué du logo de la Monnaie Royale Canadienne sous le portait) des flans d’acier (dit “magnétiques”) plaqués d’une couche de nickel, puis d’une couche de cuivre (portant la composition à 94% d’acier, 4.5% de cuivre et 1.5% de nickel, l’épaisseur reste à 1.45 mm mais le poids passe à 2.35 g). Toutefois, à l’automne 2012, la production du cent canadien cesse et la pièce est peu à peu retirée de la circulation. C’est la fin de la saga du cent canadien…

Sources: Wikipedia (Dollar canadien [FR/EN]), Google, Coins And Canada, Coin-Brothers, CoinsCatalog, numista, Saskatoon Coin Club: One Cent Obverse & One Cent Reverse. (Pas de fiches pour cette fois).

Bibliographie:

Cross, W.K. A Charlton Standard Catalogue: Canadian Coins, vol. 1: Numismatic Issues (69th Edition). Toronto: The Charlton Press, 2015. 356 pages.

La semaine prochaine je vous présente très brièvement les autres dénominations canadiennes (en m’en tenant au spécimen les plus anciens) et, par curiosité, un cent de Terre-Neuve.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.208]

Tulipa Vampire

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions. La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana. C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

La Vampire est une autre tulipe qui appartient à la division “Triomphe” (l’un des groupes les plus important et qui est lui-même l’hybridation des divisions “Simples hâtives” et “Darwin hybrides”). Celle-ci est caractérisée par une apparence plutôt traditionnelle mais elle est très robuste et résiste bien aux intempéries. Ce type de tulipe peut atteindre de vingt-cinq à cinquante centimètres de hauteur et fleurit de la mi à la fin du printemps. Toutefois, elles sont toxiques pour les animaux domestiques et les chevaux, et chez l’humain elles peuvent provoquer un malaise sévère en cas d’ingestion et une réaction cutanée allergique au contact. 

Sa coupe rouge-sang veiné de blanc sur la pointe des pétales — qui prennent ainsi vaguement l’apparence de crocs — a inspiré le nom de cette tulipe. C’est néanmoins une fleur qui adore le soleil et qui gagnera vos coeurs peu importe sa déclinaison: en bordures, en pots ou en fleurs coupées! De quoi ajouter du mordant à vos plate-bandes… (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Yawara! #4

Yawara-4-cov“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…! Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur, voir aussi  la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publié en français chez Big Kana. Il y a neuf volumes de paru jusqu’à maintenant et le dixième est annoncé pour octobre 2022. J’ai déjà commenté le premier, le second et le troisième volumes.  

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Vol. 4, page 4

Pour se qualifier pour les olympiques de Séoul Yawara participe à une série de dix tournois de judo tout en étudiant tard le soir pour se préparer à son examen d’entrée à l’université de Mitsuba. Toutefois, après que Jody ait été blessé durant un match contre une judoka russe un peu vicieuse, elle perd sa motivation. Et ses rivales ne se trouvent pas seulement sur les tatamis du dojo… Son grand-père fait tout pour la forcer à aller à l’Université de Saikai qui l’a accepté d’emblée pour qu’elle intègre leur club de judo. Distraite, elle se blesses même au poignet la veille de son examen! Réussira-t-elle son examen malgré la douleur?

Yarawa! est une comédie romantique de sport qui offre un beau style de manga classique et un récit à la fois captivant et amusant, parsemé de (controversés) clins-d’oeil coquins. C’est donc une lecture agréable et distrayante que je vous recommande (plus que seize volumes à lire!)…

Yawara t. 4, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), avril 2021. 290 pages, B&W (xx pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.00 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8650-5, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2013 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2021 pour l’édition française.  

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