SDL: Jour 1, mercredi

SDL2018

SDL-2018

Mercredi, 14 novembre, le salon du livre (SDL) était ouvert gratuitement au grand public. Tel que promis, j’y étais. J’avais peur qu’il y ait une foule monstre mais finalement il n’y avait pas tant de monde que ça. La journée des bibliothèques (où l’on peut entrer gratuitement avec une carte de membre des bibliothèques de Montréal ou de la BAnQ) est maintenant le jeudi! Il est clair que le salon fait de grands efforts pour être accessible à un plus grand public.

Cette année, les invités d’honneur sont Joséphine Bacon, Samuel Champagne, Martine Devaux, Marianne Ferrer, Dany Laferrière, Heather O’Neill, Alain Vadeboncoeur et Bernard Werber. On note quelques innovations dont une zone SDL ADO (c’est tout un engagement de tenter de dynamiser les visites des adolescents au salon. Bonne chance!) et une présence accrue d’éditeurs et d’écrivains anglophones, entre autre avec la présence de l’Association of English Language Publishers of Quebec et la Quebec Writer’s Federation, ainsi que des librairies anglophones (Drawn & Quarterly et Paragraphe).

IMG_3895Comme à mon habitude, j’en ai fait le tour dans tout les sens, afin de prendre le pouls de l’édition cette année. Mais il y a tellement de chose à voir (des BD, des romans, des tonnes de documentaires, des livres pour enfants, des livres audio, et j’en passe) que s’en est accablant. La tête me tourne juste à y penser…

Je note d’abord l’absence du cahier-guide habituel qui a été remplacé cette année par une charmante carte beaucoup plus pratique et, surtout, écologique. On a pas vraiment besoin des articles qu’offrait auparavant le cahier. C’était la carte qui était le plus utile. Bon choix.

Chrysanthe1GFCette année, je n’ai rien vu dans les nouveautés qui ait particulièrement éveillé mon désir. Un livre m’a intrigué: Shinrin Yoku; Les bains de forêt, le secret de santé naturelle des Japonais par Pr. Yoshifumi Miyazaki [Biblio-Mtl]. Et il y a bien sûr les plus récentes parutions chez Alire: Les Pierres et les Roses 2: La voie des roses et Les Pierres et les Roses 3: La Balance et le Sablier par Élisabeth Vonarburg, Radio Vérité: la radio du vrai monde par Jean-Jacques Pelletier, Neiges Rouges par François Lévesque, Chrysanthe 1: La Princess perdue  par Yves Meynard, et Les Traitres du Camp 133 par Wayne Arthurson. Ne manquez pas de mettre la main sur leur Catalogue 2018-2019!

J’ai profité du salon pour prendre contact auprès des distributeurs de BD et de manga pour quêter quelques services de presse. Je n’ai pas eu recours à des services de presse pour faire des commentaires de lecture depuis très longtemps (pendant plus de vingt ans j’ai écris sur la SF francophone quand je faisais Samizdat et sur les mangas en anglais quand je faisais Protoculture Addicts). Mais je fais ce blogue depuis plus d’une dizaine d’années alors il serait temps que commente un peu plus de nouveautés… Et pour ça, je vais avoir besoin de recevoir des services de presse. On verra ce que ça donne.

IMG_3900J’ai aussi assisté sur l’Espace TD à une intéressante conférence sur la “Philosophie fiction” avec Karoline Georges, Elisabeth Vonarburg, Esther Rochon et Bernard Werber. Mais n’est-ce justement pas l’attribut de la science-fiction (et des littératures de l’imaginaire) de raconter des histoires qui se déroulent hors de notre quotidien ou de notre réalité pour se questionner sur la nature humaine et ses possibles devenir? Des extraits video de la conférence seront ajouté au blogue dans les jours qui suivent.

 

 

Je remarque qu’il n’y toujours pas de présence des bibliothèques de Montréal au SDL (en fait, cette année, je crois que même la BAnQ n’avait aucun kiosque). Cela est très décevant car le SDL est pourtant l’endroit idéal pour rejoindre des lecteurs. Étrangement, beaucoup de citoyens de Montréal ignorent qu’ils ont accès à un vaste réseau de bibliothèques où ils peuvent emprunter gratuitement tout les livres qu’ils désirent (ou presque)!

En fait, plus je fréquente les bibliothèques et plus je me rends comptes que je n’ai plus (et ne ressent plus) le besoin d’acheter des livres, puisque je trouve tout ce que je veux dans les bibliothèques (même les nouveautés — avec un léger délai). Je n’achète donc plus de livres — à moins, bien sûr, d’un énorme coup de coeur (ça arrive). Et puis, il faut tout de même en acheter quelques uns pour faire vivre les libraires, les éditeurs et, surtout, les auteurs!

IMG_3898Le SDL est donc à voir absolument. C’est l’endroit idéal pour avoir une vue d’ensemble de l’édition francophone, pour découvrir les dernières nouveautés et pour faire ses emplettes des fêtes!

Moi, j’y retourne samedi pour le lancement du numéro 208 de la revue Solaris (au kiosque d’Alire). Au plaisir de vous y voir!

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Gauckler Blues

[ Note: une version de cet article a préalablement été publié dans Samizdat #23 (novembre 1992): 14-18; je l’ai retravaillé et complété pour la présente publication ]

Gauckler-DedicaceConvoi01À l’été 1992, j’ai reçu par la poste deux bande-dessinées: les deux premiers volumes de Convoi, publiés aux Humanoïdes Associés, que m’envoyait l’auteur, Philippe Gauckler. Il a entendu parlé de moi par un ami commun, un collègue d’université partis travaillé sur le vieux continent. Sachant que je suis amateur de BD, admirateur du travail fait aux Humanos et que je suis éditeur, Gauckler m’a sans doute envoyé une copie de sa dernière oeuvre dans l’espoir que je l’aide à le faire connaître sur le marché nord-américain. Si malheureusement je ne peux pas faire grand chose pour lui il me fait tout de même plaisir de parler de son travail.

J’ai été très surpris par Convoi. D’abord par le fait que ce genre de de BD avait un très petit tirage (autour de cinq-mille, je crois), car j’ai toujours cru que le marché Européen était plus vaste que ça, pouvant théoriquement se permettre de plus gros tirage (bien sûr, pour un petit éditeur la prudence est de mise pour le tirage initial; mieux vaut réimprimer que piloner!). J’ai été surtout surpris par la qualité et l’intérêt que présente Convoi: c’est beau, c’est attrayant et l’histoire a beaucoup de coffre. J’ai été finalement surpris par ce nom, Gauckler, qui me rappelait vaguement quelque chose: je l’avais lu maintes fois, jadis, dans le magazine Métal Hurlant, avant que j’en abandonne la lecture (le magazine dérapait alors dans un style d’histoires qui ne me plaisait plus du tout). Si j’en avais retenu le nom, c’est que l’artiste devait être bon, mais je ne souvenais pas d’aucun titre d’histoire en particulier. Alors, j’ai ressorti ma collection de Métal Hurlant (les 110 premiers numéros) et j’ai relu l’oeuvre de Gauckler…

 

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Isabella Bird: Femme Exploratrice, vol. 3

IsabellaBird-v3-cov“Le Japon du XIXe siècle hors des sentiers battus !”

“Pour rejoindre Niigata, première étape de son périple, Isabella Bird a choisi une voie secondaire, rarement empruntée par les voyageurs étrangers. Au fur et à mesure que l’intrépide exploratrice s’enfonce dans la campagne japonaise, l’agitation des grandes villes et la splendeur des sites historiques s’effacent devant la misère du monde rural… Aux divers chocs culturels s’ajoutent des conditions de voyage de plus en plus difficiles, si bien qu’Ito lui-même a du mal à faire face à cet aspect de son pays qu’il ignorait. Mais l’aventurière refuse de se laisser abattre, et c’est sans fléchir qu’elle s’engage sur le dernier tronçon de la route d’Aizu !”

“Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre d deux monde; dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, un nouveau talent prometteur !”

[ Texte de la couverture arrière ]

Je continue la lecture de cette série dont j’ai déjà commenté le deux premiers volumes.

IsabellaBird-v3p010Juin 1878. L’exploratrice britannique Isabella Bird et son guide japonais Tsurukichi Ito continuent leur chemin sur la route d’Aizu en direction de l’île d’Ezo (Hokkaido). La route est difficile et les villages qu’ils rencontrent sont plongés dans une pauvreté si grande qu’elle surprend même Ito. Pourtant les villageois semblent travaillants et déterminés. Le palefrenier engagé pour prendre soin des chevaux leur explique que la région a été dévastée par la guerre de Boshin. L’armée de l’ouest, menée par les clans de Satsuma et de Chōshū, y a écrasé l’armée de l’est. Les paysans ont été enrôlés de force dans l’armée, beaucoup sont morts, les villages ont été pillés et brûlés. Dix ans plus tard la région n’a toujours pas récupéré. 

IsabellaBird-v3p020À Tsugawa (Aga), l’expédition fait des emplettes, Ito se bourre de friandises et prépare un repas gastronomique pour Isabella. Elle en profite pour commenter (à sa soeur, à qui elle écrit) que la gastronomie japonaise, par la propreté des ses instruments, “la parcimonie et la précision de chaque geste, la délicatesse de la présentation, l’incroyable variété des mets, absolument tout, est imprégné d’une beauté particulière”. Le lendemain, ils prennent une barque pour un voyage mouvementé sur le fleuve Agano jusqu’à Niigata, où Isabella passe quelques temps chez les Fyson. 

Pendant ce temps à Tokyo, un botaniste nommé Charles Maries rencontre le consul général Harry Parkes et James Hepburn car il désir poursuivre en justice Isabella parce qu’elle lui aurait volé son guide, Ito, qui était toujours sous contrat avec lui. Maries considère que son travail pour découvrir de nouvelles plantes est beaucoup plus important que les pérégrinations sans conséquences d’une simple voyageuse. Parkes objecte qu’au contraire l’intelligence sur la géographie et les moeurs des habitants de régions reculées fournit par les aventuriers est indispensable au développement de la diplomatie et des échanges commerciaux de l’Empire Britannique! Il lui refuse donc son support.

Isabella Bird est un autre manga historique au récit passionnant et instructif, mais aussi plein d’humour. La fluidité de l’action est assez bonne. Et, si le dessin est loin d’être parfait (parfois les proportions ou les expressions des personnages sont bizarres), il demeure très agréable à l’oeil et surtout bien détaillé pour donner une très bonne expérience de lecture. À travers le récit divertissant des aventures d’Isabella Bird, nous découvrons deux cultures assez opposées: celles de l’Angleterre Victorienne et celle du Japon de la restauration Meiji. C’est un sujet très intéressant et je recommande donc chaudement ce manga.

Isabella Bird, femme exploratrice T03 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), avril 2018. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0248-2. Pour lectorat jeune (7+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat — Youtube ]

© 2016 Taiga Sassa. All Rights reserved.

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Capsules

Pline vol. 6: Carthage La Grande

pline-v6-cov“Dans le tome précédent : Au terme d’une traversée mouvementée, Pline, Euclès et Félix, flanqués de deux nouveaux compagnons, débarquent à Stromboli. Les uns exultent de se rapprocher de leur terre natale, d’autres se réjouissent simplement de fouler à nouveau la terre ferme… Les plus clairvoyants sentent planer le danger.”

“L’Histoire a retenu son nom. Mais que savons-nous du plus grand savant de l’Antiquité ?”

“Après une traversée mouvementée, Pline et sa suite débarquent enfin sur la côte africaine. Carthage et son animation, puis le désert et ses dangers, s’offrent au regard du naturaliste pendant qu’à Rome, les intrigues politiques et l’instabilité de Néron annoncent de funestes événements.”

Pline et ses compagnons arrivent enfin dans le port affluent de Carthage. Il y rencontre son ami Vespasien, qui attend de prendre officiellement le poste de gouverneur de la province d’Afrique. On apprend que le jeune garçon que Pline à recueillit est d’origine Phénicienne. L’expédition se lance  alors dans la désert en direction d’Alexandrie!

Pendant ce temps à Rome, Poppée donne naissance à une fille, qui ne survit malheureusement pas longtemps. Néron retrouve l’esclave Plautina qu’il abuse pour oublié que ses responsabilités le rendent misérable. Et Tigellin complote afin de faire d’une pierre deux coups — à la fois contre les chrétiens et pour la spéculation immobilière — d’une façon qui changera le visage de Rome à jamais…

Extraits des pages 5 à 9

Ce fascinant manga historique nous offre un récit à la fois instructif et captivant. Le graphisme de Mari Yamazaki et Tori Miki est plutôt détaillé (de plus en plus avec chaque nouveau volume) et fort agréable à l’oeil. Ce manga est très recommandé particulièrement si la Rome antique vous intéresse. J’attend avec impatience le volume 7 qui devrait paraître en janvier 2019!

Pline, vol. 6: Carthage La Grande, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), juin 2018. 200 pg, 13.3 x 18.2 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-203-15361-5. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldcat ]

Pline © 2017 Mari Yamazaki, Tori Miki • 2018 Casterman pour la traduction française.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

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Capsules

Ross Poldark

RossPoldark-cov“Returning home from a grim war in America, Ross Poldark is reunited with his beloved Cornwall and family. But the joyful homecoming he had anticipated turns sour; his father is dead, his estate in derelict,  and the girl he loves has become engaged to his cousin. However, his sympathy for the destitute miners and farmers of the district leads him to rescue a half-starved urchin girl from a fairground brawl and take her home — an act that will change the entire course of his life.”

“Ross Poldark is the first novel in Winston Graham’s sweeping saga of Cornish life in the eighteenth century. First published in 1945, the Poldark series has enthralled readers for over seventy years.”

I first discovered this story through the TV series (the 2015 BBC adaptation with Aidan Turner and Eleanor Tomlinson, not the previous 1975 adaptation with Robin Ellis and Angharad Rees) which aired on PBS as part of the Masterpiece show. It is an excellent and beautiful historical drama, very well written and with great actors. It really shows all the aspects of the Georgian era’s society in Cornwall (the westernmost county of England): mostly the sentimental struggle of the main characters, of course, but how they manage to survive at a time when the local mining industry is starting to fail, and how the living conditions of the common people (miners, farmers, fishermen) could be so starkly contrasted with those of the nobility. It also subtlety talks about the political, moral or religious issues of the era. It was all fascinating and I couldn’t resist wanting to see what the books looked like (or at least the first volume).

The book series was written by Winston Graham, who based the story on many aspects of his own life. He was born in Manchester in 1908 but lived in Perranporth, Cornwall, for thirty years (1925-1960). He first met his wife when she was thirteen year-old and the character of Demelza is partly based on her. The series includes twelve volumes which were written in two periods. The first four volumes (Vol. 1: Ross Poldark, Vol. 2: Demelza, Vol. 3: Jeremy Poldark, Vol. 4: Warleggan) were written between 1945 and 1953. In 1973, after a long hiatus, he resumed the series and wrote eight more volumes (Vol. 5: Black Moon, Vol. 6: The Four Swan, Vol. 7: The Angry Tide, Vol. 8: The Stranger From The Sea, Vol. 9: The Miller’s Dance, Vol. 10: The Loving Cup, Vol. 11: The Twisted Sword, Vol. 12: Bella Poldark), the last one being published in 2002, just a year before his death. The first seven volumes are set in the eighteenth century (1783-1799) and depict the life of Ross and Demelza, while the last five volumes, set in the nineteenth century (1810-1820), are centred around their children.

[ WARNING: The following MAY contain traces of spoilers! People allergic to the discussion of any plot’s elements before seeing/reading the story themselves are strongly advised to take the necessary precautions for their safety and should avoid reading further. ]

The first volume starts as Ross Poldark (a young British army officer, member of the low and rural English nobility) comes back from fighting on the losing side of the American War of Independence. He has been wounded in the leg and his face is scarred. Unfortunately, he quickly learn that, during his two years absence, his dissolute father has died, their mine has been closed, his two lazy domestic have let his house and domain (Nampara, located near Truro) go into disrepair, and — worse of all — his young fiancé, Elizabeth, believing he had been killed, is now engaged with his cousin Francis! However, he has a strong character and doesn’t despair: he simply roll-up his sleeves, repair the house, plow the land and makes plans to get financing in order to re-open the mine. He is certainly not perfect and has a quick temper but he is a good man, and, seeing the plight of the local villagers, will do his best to help them and always fight for justice. His exceptional social position (privileged but still a gentleman farmer) allows him the move around flawlessly between the social classes, in both the peasantry, the mine workers on one side and the nobility on the other. 

Ross struggles to forget Elizabeth, his first love, and avoids meeting her. He helps his cousin, Verity, in her amorous affair with the captain Andrew Blamey, but it puts him at odds with his family, and deepen the rift with Francis. After the birth of their child, Geoffrey Charles, Francis is gambling too much at the instigation of George Warleggan and Elizabeth is seeking Ross’ help. The family more or less reconciles on Christmas 1787. His choice of Pascoe’s Bank to finance his business (and eventually some personnal enmities) will put Ross on a collision course with George Warleggan, the son of a blacksmith who became a banker and industrialist.

However, the most life-changing event will occur when Ross saves a thirteen year-old girl from a fairground brawl (started over the abuse of her puppy dog, Garrick). He takes her into his household as a kitchen maid and she grows up admiring Ross. But, at seventeen year-old, fearing that Ross could send her back to her abusive father, she seduces him. They will soon after marry despite all the gossips. Ross will slowly learn to love her. She is a coarse young woman but beautiful and, with the help of Verity, will quickly learn the manners of the nobility. She will always see Elizabeth as a rival, but, despite their tumultuous relationship, Ross will somehow be happy. This is as much her story as his.

Winston Graham’s writing is beautiful and easy to read. The story is not only captivating because of its drama, but also because of its description the Georgian society. However, there are substantial differences between the book and the TV series. For examples: Demelza has black hair and not a beautiful red mane like on TV; she boldly seduces Ross in the book while they simply “fall in love” in the adaptation. The book tend to be more realistic in its description, showing more violence and grit, while the TV series is more reserved. But that’s to be expected. On the other side, the TV adaptation shows more easily the beauty of the Cornish countryside. 

I greatly enjoyed reading this first volume (even if I already knew the story), but I am not ready to engaged in the long commitment required by such a large series. However, I strongly recommend it. Also, take note that I read the edition from the superb MacMillan Collector’s Library but there is another edition, the Pan Macmillan media tie-in edition [ Amazon / Goodreads ], which is probably more widely available.

Ross Poldark – A Novel of Cornwall, 1783-1787, by Winston Graham. London: Pan MacMillan (MacMillan Collector’s Library), 2016. 460 pg. £9.99 / $10.00 US. ISBN 978-1-909621-51-0. For readers fourteen year-old and above. stars-3-5

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoggleWikipediaWorldCat ]

© Winston Graham 1945.

[ Traduire ]

Nous rêvions de robots

NousRevionsDeRobots-cov“De la terre fertile et tangible d’une enfance agricole ardue, rêveuse et sensuelle, à l’enfermement d’un futur dématérialisé à la suite de la Grande Captation numérique, une femme raconte ses transformations physiques et amoureuses, la persistance de sa nature humaine. Comment conserver la mémoire de l’être et des sensations sur le chemin de la post-humanité ? Comment résister à l’entreprise totalisante à l’œuvre derrière les machines ? Avec Nous rêvions de robots, quelque part entre Asimov et Volodine, Isabelle Gaudet-Labine propose un récit de science-fiction décliné en poèmes, duquel n’est conservé que le plus précieux, le frisson, la beauté et le secret, pour affirmer l’humain.

À l’envers de toi / Philéa-2 zéro-2 / je suis / ce que je ne sais pas…”

[Texte du site de l’éditeur et du rabat intérieur]

Un collègue avait suggéré hier de profiter de l’heure gagnée par le retour à l’heure normale pour lire un court roman. Je me suis dit que ce serait l’occasion idéale pour m’attaquer à ce court recueil de poésie dont j’appréhendais la lecture depuis l’été…

D’emblée je dois avouer que je préfère écrire de la poésie qu’en lire. Toutefois, lorsque j’en lis, je l’approche un peu comme j’approche l’art : je préfère de beaucoup l’art figuratif à l’art abstrait. J’aime comprendre ce que je vois/lis sans devoir constamment l’analyser comme un puzzle. Je préfère donc des poètes lyrique comme Beaudelaire ou Nelligan, dont la lecture évoque des sentiments, des impressions, des souvenirs, des rythmes, auxquels je peux facilement m’identifier, sans nécessairement avoir une trame narrative. Il s’agit d’évoquer des sentiments par allégorie, bien sûr, mais ce que l’auteur veux exprimer demeure tout de même relativement clair même si l’expérience personnelle de l’auteur qui génère ce sentiment ne l’est pas toujours. 

De nos jours, chez les poètes modernes, cette clarté est rarement présente, ce qui fait que j’évite d’en lire. Toutefois, la promesse d’une poésie de science-fiction était irrésistible pour moi et, envahit par la curiosité (et ayant rencontré l’auteure à Boréal l’été dernier), j’ai décidé de tenter l’aventure avec Nous rêvions de robots, par Isabelle Gaudet-Labine.

Malheureusement, malgré tout mes efforts, cette lecture fut ressenti comme une corvée. Les mots n’évoquaient pas de sentiments, et les images ne se formaient dans mon esprit qu’avec difficulté. Mais que veut-elle donc exprimer?

Le recueil est divisé en trois parties. J’ai réussi à apprécier un peu la première, où l’auteure relate son passé agricole, car je pouvais assez bien suivre ce qu’elle tentait d’exprimer. Le présent, envahit par l’informatique, était lui beaucoup plus difficile à déchiffrer et la lecture en était donc dépourvue de plaisir. Le futur robotisé quant à lui était plutôt amusant puisque l’auteure ici tente, non pas d’exprimer des sentiments, mais plutôt de raconter une histoire fictive, à l’aide de ses strophes et de ses rythmes brisées. “Qu’une fiction m’efface / de la Grande Capture / Je deviens fée / dans la forêt des machines

Je ne regrette pas d’avoir assouvie ma curiosité même si l’expérience n’a pas été aussi agréable que j’aurais voulu. Ce ne fut pas une heure perdue mais cela a confirmé ma méfiance envers la poésie moderne. Toutefois si, contrairement à moi, vous savez l’apprécier je suis sûr que vous passerez de bons moments avec Nous rêvions de robots

Nous rêvions de robots, par Isabelle Gaudet-Labine. Chicoutimi: Éditions La Peuplade, septembre 2017. 108 pg. $19.95. ISBN 978-2-924519-57-8. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-2-0

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

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© 2017 Isabelle Gaudet-Labine • Éditions La Peuplade.

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C Comme Cthulhu

C_Comme_Cthulhu-covVous tenez entre vos mains C comme Cthulhu, un abécédaire inspiré de l’oeuvre d’Howard Philips Lovecraft. Si ces créations sont indicibles, cet ouvrage est la preuve qu’on peut en revanche les dessiner avec autre chose que de la bave de shoggoth. Les parents peuvent enfin partager leur passion avec leurs larves… euh… leurs enfants, et apprendre en jouant à se faire peur. Sans risquer de devenir fous. Peut-être chèvre (aux mille chevreaux) sur les bords, mais pas fou.” [Texte de la couverture arrière]

J’ai découvert cet album tout-carton en lisant le commentaire de Karine sur Mon Coin Lecture. Un album pour tout-petits basé sur la mythologie lovecraftienne! C’était trop intriguant: il fallait que je vois ça de moi-même. Alors je me le suis réservé sur le site des bibliothèques de la Ville de Montréal. Et voilà! Je vous le commente donc pour l’Halloween

Comme vous le savez tous, un abécédaire est un livre illustré servant à apprendre l’alphabet aux enfants en se servant d’associations mnémoniques entre une lettre, un mot qui commence par celle-ci et un dessin qui représente ce mot. Pour rendre la chose amusante les éditeurs de livres et les éducateurs font souvent preuve de beaucoup d’imagination et, dans le cas de ce livre-ci, parfois à l’excès!

C_Comme_Cthulhu-D-E

Avec C Comme Cthulhu, l’alphabet se décline selon l’univers de H.P. Lovecraft: Alhazred (l’auteur fou du Kitab al-Azif, a.k.a. Necronomicon), Bêêêêê (le cri présumé de Shub-Niggurath, la chèvre noire aux mille chevreaux), Cthulhu (l’inconcevable prêtre des Grands Anciens), Dagon (un autre Grands Anciens, dieu poisson), Écritures Ponapes (texte mythique de R’lyeh), Frissons, Goules, Hastur (un autre Grand Ancien tentaculaire), Innsmouth (ville du Massachusetts où se déroule les cauchemars), John Raymond Legrasse (un inspecteur dans L’Appel de Cthulhu), K’n-yan (territoire sous-terrain en Oklahoma), Lovecraft (Dâ!), Miskatonic (rivière maudite qui donne son nom à l’Université d’Arkham), Necronomicon (le livre occulte qui rend fou), Olmstead (Robert Olmstead, le narrateur dans Le Cauchemar d’Innsmouth), Providence (ville natale de Lovecraft), Q’yth-Az (l’Intellect Crystalloïde, un autre Grand Ancien), R’Lyeh (la cité engloutie), Shoggoth (monstres gélatineux créés par les Anciens), Tiare de Dagon, Ulthar (Contrées du Rêve, peuplée de chats), Vigilant, West (Herbert West, le réanimateur original), Xiurhn (serviteur des Outer Gods), Yog-Sothoth (le Gardien d’entre les Mondes), et finalement Zombies (eh, y-a pas de zombies dans la mythologie de Lovecraft!). Wow!

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C’est amusant et les illustrations sont “cute” mais est-ce vraiment un album pour tout-petits? A quel public ce livre s’adresse-t-il? J’ai compris quand j’ai vu que le livre est publié par Bragelonne, un éditeur français dédié aux littératures de l’imaginaire (SF, Fantastique, Fantasy). Mais c’est une traduction, publié à l’origine en anglais par ComixTribe en décembre 2014. Il semble que C Is for Cthulhu soit un phénomène en soi, puisqu’il y toute une entreprise créant toutes sortes de produits sur le thème de Lovecraft (livres, t-shirts, toutous, etc). C’est donc un livre à l’intension de geeks, ou plutôt à l’intension des enfants de geeks! Qui ne veut pas apprendre à lire à ses enfants en les introduisants très jeunes à la mythologie de Lovecraft! 

C Comme Cthulhu n’est vraiment pas pour tout le monde. Mais moi j’ai adoré. Cela reste toutefois une curiosité. 

C comme Cthulhu : l’abécédaire Lovecraft, écrit par Jason Ciaramella et illustré par Greg Murphy (traduit par Alain Névant). Paris: Bragelonne, novembre 2016. 26 pp. 14.90 € / $24.95. ISBN: 979-10-281-0152-7. Pour lectorat de 4 ans et plus (!). stars-3-0

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