About [not] reading

GreatAmericanReadI just watched The Great American Read on PBS, a show that searches for the “100 best-loved books and explores the many ways in which these novels affect, reflect and connect us all”. People are invited to vote for their favourite book in the list. It made me want to read more and wonder why I read so little.

I used to read a lot. As far as I can remember I often read books (novels, comics, books about space, about lost civilizations, about extra-terrestrials; all sort of books). My parents always encouraged us to read. I was spending long nights reading (and sometimes writing), particularly in the summer, when I didn’t have school the next day. I remember going to the public library (first, the one in the basement of our elementary school, and then the city library on top of the fire station). In my last year of high school, I remembered reading over a hundred books, mostly cheap science-fiction novels (space opera that freed my imagination and made me feel that everything was possible). Why did I stop reading so much? 

I was still reading a lot in college and in university (undergrad and grad school). That’s when I started reading also in English (first with L. Niven’s The Ringworld Engineers and Tolkien’s The Lord of the Rings). Ironically, it’s only when I got busier with my publishing company that I seriously reduced my reading habit. Working hard (even at the library) takes much of my energy. Now I barely read twenty to fifty books a year, and it is mostly manga or comics. I guess I got lazy and life doesn’t leave me enough free time to read. I cannot read in the bus/subway anymore, I’m too tired. I read sometime on the weekends and more often than not before going to sleep. Mostly, I watch too much TV. It’s much easier to watch the movie version than read the novel; but it’s also an unfortunately diluted experience. A book is so much more than a movie. You can create your own visual of the story while the movie provide it for you…

On that Great American Read list, I’ve read only a dozen books: 1984 (G. Orwell), And Then There Were None (A. Christie), The Da Vinci Code (D. Brown), Dune (F. Herbert), Foundation (I. Asimov), A Game Of Thrones (G. R.R. Martin), The Grapes of Wrath (J. Steinbeck), Jurassic Park (M. Crichton), The Pillars of the Earth (K. Follett), The Hitch-Hiker’s Guide to the Galaxy (D. Adams), The Little Prince (A. De Saint-Exupery) and The Lord of the Rings (J.R.R. Tolkien). There are many that I think I might have read, at least partially, or maybe I just saw the movie… I am not sure… But there are many, many more I just wish I had read. I will. I still have time. 

I just can’t wait to retire and I have the entire day to myself, with a nice cup of tea and a book!

I wish my entire life was only about books. Wait! It is: I work in a library and I write a blog (partially) about reading! Gosh! I should dedicated even more time to books…

Unfortunately, I cannot vote for the Great American Read. First, I am not American. Second, I haven’t read enough books in that list. And finally, I would have really a hard time deciding which book is my favourite… Each one has its own value and it’s difficult to compare one to another. They all had an impact on my life, because they all transmitted to me a valuable experience one way or another. But I have such a bad memory for those things… Maybe Dune, La nuit des temps (R. Barjavel), Neuromancer (W. Gibson), or Lord of the Rings ? I don’t know… Anyhow, you can follow my readings on Goodreads

And you, what are your favourite books?

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Un Siècle d’Animation Japonaise

Siècle-animation-covEn 2017, l’animation japonaise est plus que jamais un rouage essentiel de la pop culture mondiale. Studios hollywoodiens historiques ou diffuseurs modernes nés avec Internet, les géants du divertissement investissent dans ce média dont les spécificités graphiques ont été adoptées par plusieurs générations de spectateurs.

À la fois composante et reflet de sa culture nationale, l’animation japonaise trouve pourtant sa source dans les expérimentations cinématographiques occidentales de la fin du XIXe siècle. En remontant à ses origines, Un siècle d’animation japonaise parcourt les évolutions marquantes vécues tant par les créateurs que par le public de ce média jusqu’à  nos jours.

Avancées technologiques, prolifération des genres, mutations économiques, oeuvres et artistes majeurs, triomphes et débâcles, consécration mondiale publique et critique… Découvrez comment, en cent ans, une terre inexplorée est devenue un eldorado économico-culturel dont les ressources semblent aujourd’hui s’amenuiser. Accessible aux néophytes comme aux passionnés, Un siècle d’animation japonaise vous propose de revivre cette aventure afin de mieux comprendre un média définitivement ancré dans notre quotidien.

(Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière)

J’avais brièvement parlé de cet ouvrage en janvier et je viens tout juste de mettre la main dessus (en bibliothèque — car je n’en possède malheureusement pas de copie puisque mes demandes de service de presse sont restées sans réponse et que, comme je n’écris plus vraiment sur l’anime, je ne peu pas justifier de dépenser $50 pour un bouquin de référence aussi utile soit-il). Pas besoins de le consulter longtemps pour réaliser que c’est un excellent ouvrage. Je dirais même qu’il est essentiel pour tout amateur d’anime qui se respecte car il existe peu de références qui traitent de l’histoire de l’animation japonaise (surtout en français). Avec cet ouvrage, Animeland célèbre un siècle d’animation Japonaise…

L’ouvrage est divisé en quatre grandes périodes historiques:

  • Le cinéma noir et blanc (1917-1957): Balbutiements et premiers écueils (Premières explorations, premiers revers / Renouveau et avancées technologiques / La propagande dans l’animation / L’après-guerre: l’aube du modernisme)
  • Le cinéma couleur et la télévision (1958-1982): L’animation industrielle (Le cinéma, un nouveau modèle économique / Nouveau média, nouvelles méthodes / La grande expansion); Le nouveau marché (un marché installé / La consécration de la science-fiction / Le retour du celluloïd au cinéma)
  • Les trois médias (1983-1995): La crise d’adolescence (Un nouveau marché, l’OAV / Télévision: la fidélisation du téléspectateur / Cinéma: les licenses fortes); L’énergie canalisée (L’émancipation des artistes / Mutation économique / L’entrée dans un nouveau monde)
  • L’ère numérique (1996-2017): La folie des grandeurs (Liberté artistique / La révolution numérique / Le médiamix à son paroxysme / La consécration mondiale); Le tonneau des Danaïdes (L’otaku, ce héros des comptes modernes / Climat de crise / Élargissement des cibles / Globalisation)

Comme tout ouvrage de référence qui se respecte, ce livre se termine avec un glossaire, un index des noms propres mentionnés (étrangement non paginé!) et une (trop) courte bibliographie.

C’est un ouvrage bien écrit, agréable à l’oeil, amplement illustré et très informatif. Il n’est pas rébarbatif pour les néophytes mais reste suffisamment détaillé pour intéresser aussi les amateurs endurcis. Personnellement, j’ai trouvé trois aspects particulièrement intéressants dans Un Siècle d’Animation Japonaise: 1) le premier chapitre, car il y a peu de documentation sur les débuts de l’animation Japonaise; 2) le dernier chapitre, car cela fait longtemps que je suis plutôt déconnecté du sujet et c’est intéressant de lire sur ce qui s’est produit dans la dernière décennie; 3) les auteurs nous présentent, “à la fin de chaque période (…), une sélection récapitulative de douze oeuvres synthétisant les tendances majeures de l’époque” qui peut servir de recommendation pour ceux qui se demandent quels anime valent la peine d’être visionné.

Finalement, un dernier aspect m’a fait grandement apprécié Un Siècle d’Animation Japonaise: j’ai eu le privilège de vraiment vivre l’aventure de l’anime à une époque où le medium était à son sommet (de la fin des années ’80 au début des années 2000) et cet ouvrage a réveillé en moi la douce nostalgie de cette période dorée. Ah!, la joie de découvrir des anime comme Macross, Megazone 23 Part 2, Area 88, Bubblegum Crisis, Ranma 1/2, Orange Road, Nausicaä, Laputa, Grave of the Fireflies, Wings of Honneamise, Akira, Nadia, Windaria, Record of Lodoss War, Patlabor, Porco Rosso, Whisper of the Heart, Gunbuster, Neon Genesis Evangelion, Ghost in the Shell, Vision of Escaflowne, Cowboy Bebop… Je dois bien avouer que ce temps-là me manque. J’en ai un peu revécu l’excitation récemment quand j’ai visionné Your Name. de Makoto Shinkai. Oui, quelle belle nostalgie… Mais cette époque semble bien révolue. Si par le passé l’anime a eut un impact culturel sur l’ensemble de la planète, je ne vois plus beaucoup d’animation nippone qui soit suffisamment originale et innovatrice pour m’impressionner… À moins que que soit parce que je suis devenu plus exigeant et difficile.

En conclusion, si l’animation Japonaise vous intéresse moindrement, c’est un ouvrage essentiel à lire (en bibliothèque) ou a conserver sur votre étagère de référence (si vous en avez les moyens).

Un siècle d’animation Japonaise, par Matthieu Pinon et Philippe Bunel. Paris: Ynnis Éditions, novembre 2017. 208 pages, 24 x 27 cm, 29,90€ / $49.95 Can. ISBN 9791093376806. Pour lectorat tout public. stars-4-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWorldCat ]

© 2017, Ynnis Éditions.

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Suggestion list of adult manga

At the library where I work we have a small to medium size collection of manga but only in French (very few in English). That’s to be expected since one of the mandates of our library is to foster the learning of French among the city’s (or the province’s) new-comer population. However, since the population we are serving is in majority anglophone, one of the librarians thought that it would be nice to develop a little more our nearly inexistant English manga collection. I am offering a few suggestions…

Most of the manga publishers target their releases toward kids and teenagers (kodomo, shōnen, shōjo) and just a few publishers put out manga really aimed at adults (seinen, josei, gekiga) — and I am not talking here about manga of sensual or erotic nature (LadiComi, yaoi, yuri, etc.).

The more traditional manga are translated and distributed by publishers like:

while the more serious and alternative titles (and unfortunately often less popular) comes from publishers like:

For this list, I avoided titles that we already had in our collection in French and — considering that we already had a few gekiga in French, that seinen or josei are also often targeted at teenagers, and that I think we should support local publishers like Drawn & Quarterly — I tried instead to favour more classical or serious manga (hence a selection of mostly gekiga, including mangaka in the likes of Shigeru Mizuki, Yoshihiro Tatsumi, Osamu Tezuka, or the more recent Jiro Taniguchi). I am indicating in the list if a title is already available in the Montreal Libraries’s network (even if it is only in French or only in one library).

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The Ghost in the Shell 1.5: [Human Error Processer]

GitS-1-5-hummanErrorProcesser-cov“La section 9 est sur les dents ! Il faut dire que les enquêtes s’enchaînent pour la section d’élite et que Kusanagi et Batou n’ont guère le temps de chômer…”

“Découvrez enfin dans sa version perfect ce volume phare de la saga, qui vous éclairera sur la vie quotidienne de la section 9, ses difficultés et ses tensions. Un tome qui conclut à merveille le triptyque de The Ghost in the Shell Perfect Edition.”

[ Texte du site de l’éditeur ]

ATTENTION: Peut contenir des traces de divulgâcheur (i.e. “spoilers”)! Les personnes allergiques à toutes discussions d’une intrigue avant d’en avoir elle-même prit connaissance sont vivement conseillées de prendre les précautions nécessaires pour leur sécurité et ne devraient poursuivre la lecture qu’avec circonspection.

La description ci-haut (qui provient du site de Glénat) est totalement erronée! C’est bien la première fois que je vois ça: un éditeur qui ne connait pas son produit ou qui s’en fout! Le Major Kusanagi fait certes une brève apparition mais elle ne fait plus partie de la section 9! Quant à éclairer la vie quotidienne de la section 9, pas vraiment: on y apprends quelques détails nouveaux sur son fonctionnement mais sans plus. Par contre, il est vrai que l’histoire se concentre sur le travail journalier d’enquête de cette force militaro-policière qu’est la section 9.

Si Ghost in the Shell (攻殻機動隊 / Kōkaku kidōtai / lit. “Police anti-émeute blindée mobile”) est mon manga préféré, étrangement, je n’en ai jamais vraiment parlé dans ce blogue (à part brièvement lorsque j’ai commenté le film en live-action et l’animation). Je me dois donc d’abord de donner un aperçu de l’oeuvre en général.

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Nos yeux fermés

NosYeuxFermés-covOuvrez les yeux sur les petits bonheurs de la vie !

La vie n’est pas tendre avec Chihaya… Et elle le lui rend bien. Le bonheur ? Elle ne connaît pas. Son père alcoolique, sa mère partie, elle enchaîne les petits boulots pour pouvoir joindre les deux bouts. Un jour, son pied heurte accidentellement la canne d’Ichitarô, un non-voyant. À partir de cet instant, ce jeune homme à la joie de vivre communicative va tout faire pour entrer dans la vie de Chihaya et lui faire voir le monde autrement.

Dans ce conte moderne touchant, Akira Sasô nous invite à voir le monde autrement qu’avec nos yeux, un vrai hymne à la tolérance, à l’acceptation des autres et de leurs différences, mais aussi un hymne à la vie, dans ce qu’elle a de plus simple et de plus beau. Les personnages s’animent sous le crayon de l’auteur, qui dépeint avec simplicité la vie quotidienne d’un trait doux qui invite à la réflexion et au calme.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

J’ai découvert cette collection, “Conte Moderne” chez Pika Graphic, quand j’ai lu Un Simple Monde de Mari Yamazaki. J’ai remarqué que la collection offrait trois autres titres Japonais: Nos Yeux Fermés de Akira Sasô (avril 2017), Une douce odeur de café de Yamakawa Naoto (février 2018) et Sunny Sunny Ann! de Yamamoto Miki (mai 2018). Comme le style graphique des deux plus récents ouvrages m’apparaîssait plus alternatif, j’ai préféré me lancé d’abord dans le titre plus classique de Akira Sasô… Nos yeux fermés (花に問ひたまへ / Hana ni Tohitama e / lit. “De temps en temps demander à la fleur”) est un manga seinen qui a été prépublié dans le magazine Gekkan Action (Futabasha) avant d’être compilé en volume en 2015.

NosYeuxFermés-p004Nos yeux fermés est un très bon manga qui met en scène Chihaya, une jeune fille malheureuse et amère qui n’a que peu d’égard pour son entourage… Jusqu’à ce qu’elle rencontre Ichitarô, un jeune homme aveugle plein d’optimisme et d’énergie positive qui semble être contagieuse. Mais tout n’est pas rose dans la vie du jeune homme, marqué par un traumatisme d’enfance qui refera soudainement surface lorsque le fils du riche amant de sa mère défunte tentera d’exproprier le restaurant de sa tante. La relation entre Chihaya et Ichitarô leur sera mutuellement bénéfique—leur faisant découvrir le monde sous un jour nouveau, prouvant qu’un sourire et l’entraîde résout bien des problèmes—avant de fleurir en un sentiment qui va au-delà de l’amitié…

C’est un très beau récit, qui se lit bien. Il nous apprend que la cécité n’est pas nécessairement un handicap car on peut voir tout aussi bien (ou encore mieux) avec le coeur. Le style graphique de Sasô est très simple et propre (trait de plume mince et zip-a-tone) mais demeure assez agréable à l’oeil. C’est donc une bonne et agréable lecture.

Nos yeux fermés, par Akira Sasô. Paris: Pika Édition (Coll. Pika Graphic, série “Conte Moderne”), avril 2017. 272 pages, 17.2 x 24.2 cm, 16,00 € / $26.95 Can. ISBN 978-2-8116-3463-6. Pour un lectorat adolescent (15 ans et plus). stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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HANA NI TOHITAMAE © AKIRA SASO 2014 / FUTABASHA PUBLISHERS LTD. © 2017 Pika Édition pour la version française.

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Giacomo Foscari 1

GiacomoFoscari-covUne rencontre subtile entre deux cultures

Giacomo Foscari est un témoin sensible de l’évolution de deux sociétés chahutées au cours du XXe siècle : en Italie, pendant son enfance, il assiste à la montée du fascisme. Quelques années plus tard, il se retrouve jeune professeur au cœur du Tokyo intellectuel des années 1960, en pleines tensions d’émancipation de la jeunesse. C’est via son parcours et ses rencontres hautes en couleurs que Mari Yamazaki nous invite à voyager dans l’histoire, entre cultures japonaise et romaine. 

[ Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière ]

Un autre manga de Yamazaki qui m’avait échappé lors de sa parution! Giacomo Foscari (ジャコモ・フォスカリ / Jakomo Fosukari) est un manga josei serialisé dans le magazine Office You (Shueisha) en 2011 et qui a été compilé en volume en septembre 2012. La traduction française est parue chez Rue de Sèvre un an plus tard.

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Grâce à des flash-backs, Yamazaki établit assez vite le personnage de Foscari qui a grandi à Venise dans un milieu bourgeois et cultivé. En observant le bel Andrea, un camarade de classe plutôt voyou, il réalise qu’il n’est pas donné à tous de grandir dans un milieu favorisé et que certain individu sont peut-être encore sous la protection des vieux dieux romains, comme Mercure, le dieu des voleurs. Quelques années plus tard, l’approche de la guerre et la monté du fascisme rend la situation difficile pour sa famille. Il visite le Japon en 1960, invité par Owada, un collègue universitaire, et décide d’y rester. La “culture chrétienne” qui a profondément transformée l’Italie le rendait mal à l’aise et il se sent beaucoup mieux “dans ce Japon sans contraintes religieuses“ qui lui rappelle beaucoup le polythéisme du monde romain antique. Il est témoin de la tourmente étudiante qui frappe les universités japonaises à l’instigation de la nouvelle gauche et du syndicat étudiant Zengakuren. Le gros du récit se déroule en 1966, alors qu’il enseigne l’histoire gréco-romaine à l’Université de Tokyo. Par l’entremise de sa logeuse—la veuve de son collègue Owada—ainsi que ses amis Yoshio Kishiba et l’excentrique Mitsuharu Tabé, il découvre la culture japonaise. Dans un café qu’il fréquente avec Kishiba, il fait la rencontre de Shusuke Koba, un jeune serveur qui lui rappelle Andrea. Il est fasciné par le jeune homme mais aussi par la jeune femme qu’il fréquente (sa petite amie? sa soeur?). 

Après Thermae Romae, Yamazaki continue avec ce manga sa recherche pour établir des parallèles entre la culture nippone et la civilisation romaine. Elle avait déjà établi le bain public comme point commun et, cette fois, elle traite de la similarité religieuse (à Rome il s’agissait de polythéisme teinté d’animisme alors qu’au Japon on retrouve un animisme frôlant le polythéisme—sans parler de la relation syncrétique entre le Shinto et le Bouddhisme!) ou de vénération de la nature. La sensibilité du récit et l’ambiance introspective qui invite à la réminescence du passé me rappelle beaucoup l’oeuvre de Jirō Taniguchi. Ce n’est peut-être pas surprenant puisque Taniguchi et Yamazaki sont sans doute les deux mangaka le plus influencés par l’art et la culture occidentale. 

À l’opposé de ses oeuvres plus importantes (comme Thermae Romae ou Pline), le style que Yamazaki utilise ici est plutôt simple, sans beaucoup de détails ou d’arrière-plans, comme c’est le cas dans la plupart de ses one-shots (PIL, Un simple monde). Il n’en reste pas moins élégant et laisse ainsi plus de place au texte. Toutefois, comme la majeure partie du récit sert à établir le contexte et les personnages, on sent que l’histoire va vraiment démarrer avec le tome suivant. Malheureusement, le volume deux n’est jamais paru. Yamazaki en a suspendu la production (Temporairement? Définitivement?) pour se consacrer à d’autres projets (Pline, entre autres). Elle a promis à quelques reprises de s’attaquer à la suite (en 2014, puis en 2017) et on espère bien qu’elle tiendra promesse. Car Giacomo Foscari est fort intéressant à lire tant par son récit touchant que par son sujet captivant pour les historiens: l’intersection de deux cultures que tout semble séparer mais où l’on retrouve des similarités intrigantes. 

Giacomo Foscari, livre 1: Mercure, par Mari Yamazaki. Paris: Rue de Sèvre, septembre 2013. 192 pages, 15.2 x 21.5 cm, 12,50 € / $21.95 Can. ISBN 978-2-36981-007-0. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-0

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Giacomo Foscari © Mari Yamazaki / Shueisha Creative Inc., 2012. © Rue de Sèvre, Paris, 2013 pour la traduction française.

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Pline, vol. 5

Pline-v5-covDans le tome précédent : A Rome, la folie croissante de Néron semble laisser toute latitude à Poppée. De son côté, Pline, après le tremblement de terre qui a ravagé Pompéi, fait la connaissance d’un mystérieux voyageur revenu de lointaines contrées.

Plus que jamais assoiffé de connaissance, Pline comprend que les écrits de ses contemporains ou des auteurs du passé ne lui suffiront pas. L’heure du départ a sonné, cap vers l’Afrique !

Pline-v5p019Pline écoute les récits de Larcius (fils d’un négociant en vin de Pompéi qui a beaucoup voyagé) et cela lui donne l’appétit de faire ses propres voyages de découvertes. Pline, Euclès et Félix raccompagnent donc Larcius à Pompéi afin de voir comment la situation y a évolué. La reconstruction de la ville se fait de façon inégale, au gré des besoins de la politique et des moyens financiers des habitants. Ils retrouvent l’ingénieure Mirabela et font la rencontre de Aselina Eumachia, une riche et influente commerçante de la laine. Sur l’un de ses bateau, à Naples, ils prennent la mer sur la Mare Nostrum en direction de l’Afrique!

Après une tempête, ils rencontrent l’épave d’un navire attaqué par des pirates. Le seul survivant est un enfant très doué pour la navigation et son corbeau. Les vents ont fait dériver leur navire vers les Iles Éoliennes. Ils font escale à Strongyle pour attendre que se calment les vents et charger un cargaison d’obsidienne mais l’équipage les abandonne sur l’île! Le Stromboli choisit ce moment pour faire éruption et Pline désir observer le phénomène en détail et de près. Il constate que les volcans forment une ligne du sud vers le nord, de l’Etna au Vésuve en passant par Vulcano et Stromboli. Il remarque aussi que l’éruption du Stromboli est différente de celle de l’Etna qu’il a observé précédemment…

Avec ce cinquième volume, il me semble que l’action commence vraiment alors que Pline décide de se lancer dans l’aventure. Il est surtout amusant de constater que le destin de Pline est décidément marqué par les volcans: l’Etna, puis le Vésuve, et maintenant le Stromboli! Réussiront-ils tous à survivre à cette éruption et s’échapper de cette île volcanique? C’est ce que nous saurons dans le volume six, qui vient tout juste de paraître en Europe!

Ce manga historique demeure tout aussi fascinant. Le récit est bien mené et capte notre attention alors que Mari Yamazaki et  Tori Miki nous font découvrir de nombreux aspects de la société romaine: géographie, politique, architecture, commerce, etc., sans oublier quelques anecdotes d’histoire naturelle! Le travail des deux artistes nous offre un graphisme toujours aussi beau et détaillé, et qui gagne même en assurance. Un très bon manga historique qui s’avère une lecture à la fois agréable et instructive. Vivement recommandé!

Pline, vol. 5: Sous les vents d’Éole, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), Jan. 2018. 200 pg, 13.4 x 18 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-2031-5359-2. Pour lectorat adolescent (14+). Voir couverture arrière. stars-3-5

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Pline © 2015-2016 Mari Yamazaki, Tori Miki. © 2017 Casterman pour la traduction française.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

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