Bob Morane: L’Oeil du samouraï

BobMorane-OeilDuSamourai-cov“Un silence aussi absolu, c’était tout de même étrange pour un établissement comprenant des dizaines de chambre comme l’hôtel Shubashi non loin de Tokyo. “Bizarre tout ça ! Murmura Morane en pyjama. J’aimerais comprendre ce qui se passe.” Il enfila un peignoir, gagna l’ascenseur et descendait au rez-de-chaussée. Le hall était désert. “Il y a quelqu’un ?” C’est alors qu’on coupa le disjoncteur. Tout se passa très vite. Les agresseurs étaient nombreux. Bob se défendit comme au beau diable mais un coup de matraque le frappa à la nuque et il sombra dans l’inconscience. Pour une fois que Bob et Bill avaient décidé de prendre de vraies vacances !”

[Texte d’un site de fan; voir aussi la couverture arrière]

J’ai trois album de BD des aventures de Bob Morane (9: Le secret des sept temples, 17: L’oeil du samouraï et 20: Les géants de Mu) et je décide donc [avant de me réattaquer à ma pile de tsundoku] d’en lire un p’tit dernier (après avoir aussi lu un roman et deux volumes d’intégrale du Lombard: #3 & #4) pour rendre hommage à son créateur, Henri Vernes, décédé en juillet dernier. Cet album, originellement sérialisé en 1972 dans les numéros 1409 à 1431 du magazine Femmes d’Aujourd’hui,  a été compilé chez Dargaud en 1973, puis ré-édité plusieurs fois chez Dargaud, Le Lombard et Altaya. Il ne semble plus disponible que dans les intégrales (J’ai acquis mon exemplaire vers la fin des années soixante-dix).

BobMorane-OeilDuSamourai-p003Nos héros sont (encore une fois) en vacances, cette fois au Japon, et se retrouve par hasard (encore une fois) au beau milieu d’une intrigue d’espionnage. Morane vient en aide à une jeune et charmante serveuse nippone, ce qui lui faudra sa sympathie et lui sauvera la vie plus d’une fois. Tous les occupants d’un hôtel sont enlevé par une société secrète, L’Oeil du Samouraï, car parmi eux se cache un agent des services secrets américains qui doit transmettre à ses collègues japonais des informations sur la secte — celle-ci désire bien sûr empêcher cette transaction. Malheureusement pour eux, Morane réussi à s’échapper, fait sa propre enquête sur la secte et déjoue tous leurs plans!

Cette histoire pourrait avoir été inspiré par un incident réel: en novembre 1969 une cinquantaine de membre du Sekigun-ha (Faction Armée Rouge Japonaise) s’étaient réuni dans un refuge du col Daibosatsu pour s’entrainer et préparer l’enlèvement du premier ministre Satō. La place est prise d’assaut par la police et plusieurs terroristes sont arrêtés. Un événement similaire s’est produit en février 1972, alors que des membres du Rengō Sekigun (l’Armée rouge unifiée) se sont barricadés dans un chalet du mont Asama avec une otage.

C’est bien dessiné (quoique cette fois-ci le trait de Vance m’apparait bien ordinaire et la coloration inadéquate) mais, comme toujours, le récit est un peu faible, les personnages sont stéréotypés, l’intrigue est simpliste, répétitive et pas toujours très crédible. Néanmoins, c’est une histoire de Bob Morane, du récit d’aventure pour adolescent, alors il ne faut pas trop chercher la profondeur. L’important c’est que ce soit une lecture agréable et divertissante. À lire pour les amateurs nostalgiques du commandant Morane.

Bob Morane: L’Oeil du samouraï, par Henri Vernes (texte) et William Vance (dessin). Neuilly-sur-Seine / Montréal : Dargaud, octobre 1975. 48 pages, , ISBN 2205007017. Pour un lectorat jeunesse (9+). stars-2-5

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© Dargaud Éditeur 1973

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Bob Morane: Les géants de mu

BobMorane-LesGéantsDeMu-cov“L’Ile de Pâques et ses statues n’ont pas révélé tous leurs secrets. Bob Morane et Bill Ballantine s’en rendront compte quand, entraînés dans l’empire englouti de Mu, ils devront combattre le Maître des Abîmes et ses moai humains. Sous les regards de velours de la belle princesse Rapa-Nui….”

[Texte d’un site de fan; voir aussi la couverture arrière]

Morane et Ballantine sont en vacances à l’Île de Pâques lorsque les statues s’animent et qu’ils sont capturé par des bulles de lumières qui les entraînent dans les profondeurs de l’océan. La charmante reine des cités engloutis de Mu,  Rapa-Nui, appel à l’aide le prince Raah-Mu (dont Morane est le sosie) pour combattre le démon Rubor venu d’une autre dimension dans son vaisseau spatial en forme de cathédrale. 

Cet album a connu de nombreuse rééditions mais il ne semble plus disponible maintenant autrement que par l’intégrale. J’ai dû acquérir ma copie vers la fin des années soixante-dix. Ayant été très déçu des albums dessinés par Gérald Forton, j’étais très curieux de voir de quoi ceux dessiné par William Vance avait l’air. Comme je m’y attendais c’est effectivement beaucoup mieux. C’est plus dans la ligne de ce que l’on retrouvait comme BD dans les années soixante-dix (comme ce que faisait Mézières par exemple) alors que le style de Forton faisait vraiment années soixante (voir cinquante!). N’ayant plus rien à redire sur le dessin, c’est la faiblesse des scénarios d’action, à l’intrigue simpliste et à la cohésion un peu lousse, qui se fait le plus remarquer.   

Si on ne recherche pas trop de profondeur cela reste une lecture agréable et divertissante. Je dois même dire que ce serait presque lovecratien comme récit si Rubor ne ressemblait pas à un polichinelle! À lire pour les amateurs nostalgiques du commandant Morane.

Bob Morane: Les géants de mu, par Henri Vernes (texte) et William Vance (dessin). Bruxelles: Éditions du Lombard, mars 1975. 46 pages, ISBN 2-8036-0271-7. Pour un lectorat jeunesse (9+).stars-3-0

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© 1975 Les Éditions du Lombard

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Bob Morane Intégrale 4

BobMoraneIntégrale-4-cov“Polytechnicien, polyglotte, ex-commandant d’aviation, bourlingueur au grand coeur, séducteur, Bob Morane traque le mal sous toutes ses formes et sous toutes les latitudes. Et il peut toujours compter sur l’aide de son plus fidèle ami, le colosse écossais Bill Ballantine… Retrouvez les aventures de l’aventurier en bande dessinée dans une intégrale chronologique.

Créé en 1953 par Henri Vernes, Bob Morane a déjà vécu plus de deux cents aventure. Depuis 1960, soixante-six d’entre elles ont été adaptées en BD. Elles ont été successivement dessinées par Dino Attanasio, Gérald Forton, William Vance et Coria.

Les voici pour la première fois réunies dans une intégrale qui reprend les épisodes dans l’ordre chronologique de leur publication. Avec, dans chaque volume, un dossier évoquant en textes, illustrations et photos, l’histoire d’une série devenue mythique pour plusieurs générations de lecteurs.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Cette quatrième compilation nous offre cinq récits de bande dessinée:

Le Secret des sept temples

En vacance dans un hôtel de Felicidad-city en Amérique Centrale, Bob Morane offre d’échanger sa chambre avec celle de Rose Sunday car la climatisation dans la chambre de la jeune et charmante journaliste ne fonctionne pas. Le soir même, on frappe à la porte de Morane et un homme tombe mourant sur le seuil avec l’avertissement qu’il y a du danger aux Sept Temples. Morane trouve sur l’homme une carte montrant les sept affluants du fleuve Rio Spirito Malo et l’emplacement de sept temples Maya. Morane et Ballantine décident d’aller investiguer. Après maintes difficultés et avoir rencontré la journaliste en cour de route, ils découvrent que l’Homme aux Dents d’Or utilise les souterrains reliant les temples pour établir une base de missiles nucléaires pour un ennemi de l’Amérique… [54 planches prépubliées dans les numéros 1044 à 1070 de “Femmes d’Aujourd’hui” (6 mai au 4 novembre 1965) et compilé en album chez Dargaud en 1968]

La Rivière de perles

En magasinant des antiquités dans le quartier chinois de San Francisco, Morane et Ballantine sont drogués et puis accusé d’un vol dans une bijouterie. Bill est arrêté par la police. Avec l’aide d’une charmante journaliste nommée Nathalie Wong, Bob va faire sa propre enquête afin de découvrir les vrais criminels et d’innocenter Bill… [21 planches prépubliées dans les numéros 288 à 292 de “Pilote” (29 avril au 27 mai 1965) et compilé en album chez Deligne en 1980] 

La Couronne de la Golconde

BobMorane-CouronneDeLaGolgonde-p096

Page 96 (Intégrale)

Au cours d’une croisière dans l’Océan Indien, Morane fait la rencontre de Savadra Diamond, la jeune héritière anglaise du Rajah de Phali, un petit royaume au nord d’Hyderabad. Son père est mort en lui laissant les secrets du trésor des anciens Sultans de Golconde, convoité par plusieurs dont la nouveau souverain de Phali, Rajah Singh, ainsi que Monsieur Ming et ses Dacoïts! Morane ne peut résister au défi de venir en aide à une demoiselle en détresse ! [20 planches prépubliées dans les numéros 294 à 298 de “Pilote” (10 juin au 8 juillet 1965) et compilé en album chez Deligne en 1980]

La Chasse aux dinosaures 

La mari de Carlotta, le richissime Frank Reeves, a disparu d’en d’étranges circonstances et celle-ci demande à Morane et Ballantine de le retrouver. Ils se rendent à Miami, puis à Los Angeles pour suivre sa piste qui les mène dans un hangar où git une étrange machine. L’agent du FBI Michael Spring, Carlotta, Bob et Bill inspectent la machine lorsque Bill pousse un bouton qu’il n’aurait pas dû… et ils se retrouvent tous en pleine préhistoire. Car il s’agit d’une machine à voyager dans le temps! Ils poursuivent leur recherche pour Frank tout en affrontant des monstres préhistoriques. Tout est perdu lorsqu’une éruption volcanique détruit la machine… Mais comme toujours, nos héros sont sauvé in extremis… [20 planches prépubliées dans les numéros 313 à 317 de “Pilote” (21 octobre au 18 novembre 1965) et compilé en album chez Parallax en 1988]

La Malédiction de Nosferat

Recevant un appel à l’aide de leur  amie Angelina Nosférat, Morane et Ballantine se rendent en Sildavie, dans les Karpathes. Arrivé aux château ancestral de la famille Nosférat, nos amis reçoivent un accueil plutôt froid alors que Angelina nie leur avoir envoyé une lettre. Sentant le subterfuge, Morane et Ballantine explorent le château pour découvrir la vraie Angelina enfermée dans une oubliette et que Monsieur Ming (l’Ombre Jaune) et ses Dacoïts ont investi la place à la recherche de l’Immortalité et de la pierre philosophale… [16 planches prépubliées dans les numéros 386 à 390 de “Pilote” (16 mars au 13 avril 1967) et compilé en album chez Deligne en 1979]

Pour rendre hommage à son créateur décédé en juillet dernier, je continue de relire quelques vieilles aventures de Bob Morane…

Décidément cette série de bande dessinées belge basée sur les romans et les nouvelles de Bob Morane par Henri Vernes ne tient pas en place ! Elle a été illustré par quatre artistes différents (d’abord Dino Attanasio, puis Gérald Forton et William Vance puis finalement Coria), dont les récits sont parues en prépublication dans pas moins de cinq périodiques (dans Femmes d’aujourd’hui entre 1959 et 1975 [14 récits], dans Bayard en 1960 [un seul récit], dans Pilote de 1965 à 1970 [6 récits], dans Tintin de 1975 à 1988 [18 récits] et finalement dans Hello BD de 1990 à 1993 [4 récits]) pour être finalement compilées en albums par cinq différents éditeurs (les Éditions Marabout, Dargaud, Le Lombard, Michel Deligne et Claude Lefrancq) ! Mais ce n’est pas tout: on a tenté récemment chez le Lombard de relancer la série avec des scénarios originaux (par Luc Brunschwig et Aurélien Ducoudray) et des illustrations de Dimitri Armand. Après la parution de deux tomes en 2015-16, sous le titre Bob Morane – Renaissance, la série est abandonnée… mais sera reprise chez les éditions Soleil avec un scénario de Christophe Bec et Éric Corbeyran, et un dessin de Paolo Grella !

Toutes ces histoires publiées dans le désordre par plusieurs éditeurs rend la série difficile à suivre. Heureusement, les éditions intégrales mettent un peu d’ordre dans tout cela. Il y a d’abord l’intégrale en seize volumes publiée conjointement par Dargaud et Le Lombard (1995-2004) mais les albums sont regroupé de façon thématique (Atome & Brouillard, Ombre Jaune et Dragons, etc.) ce qui n’est pas très intéressant. Heureusement, Le Lombard revient à la charge avec une intégrale en dix-sept volumes, cette fois chronologique (2015-2021). On y inclut dans chaque volume un dossier explicatif mais dans les deux volumes que j’ai lu jusqu’à maintenant il s’agit surtout des notes biographiques sur l’oeuvre de Gérald Forton pas toujours reliées à Bob Morane…

Comme ces cinq nouvelles aventures de Morane restent très similaires aux précédentes, pour le gros de mon commentaire, je vous renvoi  donc à ce que j’ai déjà dit au sujet de l’Intégrale 3… Cela nous offre de bons récits divertissants mais dont l’intrigue est un peu trop simpliste et répétitive pour être vraiment apprécié en grande quantité. La faiblesse réside surtout dans le dessin qui est certes classique, ou même vieillot, mais qui a peine à fournir des tons de couleurs agréables à l’oeil particulièrement dans le cas des scènes sombres ou nocturne. Certaines scènes sont carrément horribles (le tyrannosaure ou Carlotta nageant dans la rivière de La chasse aux dinosaures). Un homme, décrit comme grisonnant dans le dialogue, est illustré chauve (plusieurs personnage sont d’ailleurs chauves, ce qui simplifie le dessin j’imagine). Et le scénario des Chasseurs de Dinosaures, que j’ai relu récemment, a été raccourci et modifié pour l’adaptation BD: c’est Daisy, la soeur de Carlotta, qui vient voir Morane à Paris et le Prof. Clairembart a été remplacé par Carlotta dans l’expédition préhistorique. 

C’est somme toute décevant mais c’est fait pour être consommé rapidement, sans trop se poser de questions. Sinon, cela reste une bonne lecture pour les amateurs nostalgique du commandant Morane.

Bob Morane Intégrale 4, par Henri Vernes (texte) et Gérald Forton (dessin). Bruxelles: Éditions du Lombard, octobre 2016. 152 pages, 22.2 x 29.5 cm, 25.50 € / $C 44.95, ISBN 978-2-8036-7005-5. Pour un lectorat jeunesse (9+). Extraits disponibles. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Vernes / Forton / Éditions du Lombard (Dargaud-Lombard S.A.) 2016. © Bob Morane Inc. SPRL 2016.

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Bob Morane Intégrale 3

BobMoraneIntegrale3-cov“Polytechnicien, polyglotte, ex-commandant d’aviation, bourlingueur au grand coeur, séducteur, Bob Morane traque le mal sous toutes ses formes et sous toutes les latitudes. Et il peut toujours compter sur l’aide de son plus fidèle ami, le colosse écossais Bill Ballantine… Retrouvez les aventures de l’aventurier en bande dessinée dans une intégrale chronologique.

Créé en 1953 par Henri Vernes, Bob Morane a déjà vécu plus de deux cents aventure. Depuis 1960, soixante-six d’entre elles ont été adaptées en BD. Elles ont été successivement dessinées par Dino Attanasio, Gérald Forton, William Vance et Coria.

Les voici pour la première fois réunies dans une intégrale qui reprend les épisodes dans l’ordre chronologique de leur publication. Avec, dans chaque volume, un dossier évoquant en textes, illustrations et photos, l’histoire d’une série devenue mythique pour plusieurs générations de lecteurs.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Cette troisième compilation nous offre quatre récits de bande dessinée:

Échec à la main noire

Morane et Ballantine sauvent une jeune femme sur le point de se faire enlever à Paris mais se retrouve rapidement à Venise sur les traces d’un trésor ancestral convoité par une organisation mafieuse! (Prépublié dans l’hebdomadaire néerlandais “Het Laatste Nieuws” sous le titre “Bob Morane zet de onderwereld schaakmat” entre le 15 juin et le 18 septembre 1963 et compilé en album chez Lefrancq en 1992.)

Et le mystère de la zone Z

BobMorane_MystereDeLaZoneZ-covÀ Singapour, Morane et Ballantine viennent à la rescousse d’une jeune femme qui s’est fait enlevée par trois lourdauds qui veulent savoir que fait son père, un zoologiste, dans les monts Batang-Lupar de Bornéo. En effet, un fusée américaine construite avec un métal aux propriétés étranges provenant d’un météorite, s’y est écrasée et une nation rivale convoite ce métal. Morane et ses compagnons s’échappent et se rendent dans la fameuse zone “Z” pour sauver le Professeur Evans. Toutefois, le mystérieux métal a contaminé la forêt qui se transmute peu à peu en métal! Mais la nature apporte souvent ses propres solutions… (Prépublié en 1963 dans les # 931 à 958 de l’hebdomadaire “Femmes d’Aujourdhui” et compilé en album chez Marabout en janvier 1964.)

Et la vallée des crotales

Morane et Ballantine tombent en panne en plein désert du Nouveau-Mexique où ils font la rencontre d’une belle et jeune princesse Apache qui a des problèmes avec un voisin qui convoite ses terres et, possiblement aussi, un trésor ancestral qui s’y cache dans une vallée perdue. Mais le désert dissimule plus que de l’or… (Prépublié en 1963 dans les # 959 à 986 de l’hebdomadaire “Femmes d’Aujourdhui” et compilé en album chez Marabout en janvier 1964.)

L’épée du paladin

Le Professeur Hunter a perfectionné sa machine à voyager dans le temps (voir Les chasseurs de dinosaures) et demande à Morane et Ballantine de la tester car il s’est blessé et ne peut le faire lui-même. C’est l’excuse parfaite pour aller faire un petit saut au Moyen-Âge, où les deux comparses jouent les troubadours auprès d’un belle comtesse, dont un voisin convoite le château, et qui est maudite car elle serait la descendante du traître qui a vendu Roland aux Maures. Un autre petit saut dans le temps pour demander à Charlemagne de prouver fausse cette rumeur et tout est sauvé! Malheureusement, un passager clandestin vole la machine et nos héros se retrouve (encore) abandonné dans le passé… pour se réveiller le lendemain dans leurs propres lits! On croirait à un rêve si ce n’était de l’épée du paladin qui traine sur le plancher de la chambre de Morane… (Prépublié en 1964-65 dans les # 1017 à 1043 de l’hebdomadaire “Femmes d’Aujourdhui” et compilé en album chez Dargaud en septembre 1967.)

Je m’était promis de lire plusieurs Bob Morane pour honorer la mémoire de son créateur, Henri Vernes, décédé récemment. Mais, comme je suis un peu paresseux, après avoir lu un roman j’ai décidé de passer à la lecture des bandes dessinées. J’ai, par la suite, découvert que cela était fort approprié puisque, apparement, dans plusieurs cas, Vernes a écrit en premier lieu le scénario de la bande dessinée et qu’il l’a adapté en roman plus tard… Et les intégrales ont l’avantage d’offrir des dossiers explicatifs en bonus…

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Dossier explicatif

Si après avoir lu un roman j’ai été surpris comment ce genre de récit avait bien tenu la route depuis mon adolescence et que cela demeurait une lecture captivante et divertissante, j’ai par contre été très déçu par la lecture des bandes dessinées. J’ai découvert qu’elles n’offraient que des récits pour adolescent simpliste, formulaïque et que le dessins est carrément horrible. J’imagine que quand on n’en lit qu’un seul c’est bon, c’est divertissant et on est plus enclin à ignorer la simplicité de l’histoire. Toutefois, quand on en lit plusieurs l’un à la suite de l’autre, c’est là que l’on remarque comment la formule du récit est répétitive et simpliste. On s’en lasse rapidement. Il y a toujours une donzelle en détresse (amie, princesse, journaliste, etc., qui devient inévitablement l’intérêt romantique de Morane) qu’il faut aider ou sauver et quand tout semble désespéré Morane utilise ses contacts, ou ceux d’un de ses compagnons, pour se sortir du pétrin d’une façon inattendue (le FBI, l’armée, le roi, la cavalerie, le guide ou chef de tribu qui avait disparu ou que l’on croyait mort, ou même la patrouille du temps)!

Néanmoins, après tout, c’est du récit d’aventure pour adolescent et on ne doit donc pas être trop exigent. Tant que cela nous amuse, nous diverti, que le récit offre une intrigue qui se tient (si on ne la regarde pas de trop près) cela reste une bonne lecture. Bon, il y a parfois de gros trous dans le scénario ou même des bourdes grossières (comment peut-on trouver de l’équipement de plongé sous-marine dans une petite ville en plein désert?!) mais cela est l’appanage de ce genre de récit d’aventure qui est à la limite du Pulp et qui demande un certain niveau de suspension consentie de l’incrédulité

Toutefois, là où le bat blesse c’est au niveau graphique. Le dessin en soi est assez bien tout en étant typique de la BD des années soixante. C’est un peu rigide tant dans la fluidité du récit (les personnages apparaissent un peu trop statique) que dans le découpage (toujours un format de six à dix cases bien égales) mais cela correspondait au style de l’époque. Non, ce qui est terrible (et, ma foi, plutôt laid) c’est surtout la coloration qui est beaucoup trop foncée (surtout les scènes de nuits et les visages quand ils sont ombragés) ! Mais même cela s’améliore tout au long des volumes, puisque c’est moins présent dans le troisième et a pratiquement disparu dans le quatrième… 

À lire si vous êtes curieux, un ado en mal d’aventure ou un vieil amateur nostalgique…

Bob Morane Intégrale 3, par Henri Vernes (texte) et Gérald Forton (dessin). Bruxelles: Éditions du Lombard, juin 2016. 200 pages, 22.2 x 29.5 cm, 25.50 € / $C 44.95, ISBN 978-2-8036-3748-5. Pour un lectorat jeunesse (9+). Extraits disponibles. stars-3-0

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© Vernes / Forton / Éditions du Lombard (Dargaud-Lombard S.A.) 2016. © Bob Morane Inc. SPRL 2016.

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Les chasseurs de dinosaures

ChasseursDeDinosaures-cov“« Si vous désirez chassez le dinosaure, rendez-vous de toute urgence, sans en faire part à personne, à telle adresse… »

Une telle phrase suffirait è faire courir au bout du monde n’importe quel chasseur de fauves invétéré, surtout si ce chasseur s’appelle Frank Reeves et possède tout l’argent nécessaire pour réaliser ses moindre fantaisies.

Et, un soir, un jeune femme éplorée, attendra Bob Morane chez lui, le suppliant de voler au secours de Frank, disparu sans laisser de traces.

Naturellement, Bob ne pourra résister à cet appel. Avec le professeur Clairembart et Bill Ballantine, il partira è la recherche d Frank Reeves. Mais, pour atteindre ces terrains de chasse où errent les monstrueux dinosaures, il lui faudra suivre cette fois une route bien étrange.”

[ Texte de la couverture arrière ]

Pour commémorer la disparition de Henri Vernes, à l’instar de mon neveu, j’ai décidé de relire quelques unes des aventures de Bob Morane. J’en ai donc choisi une au hasard dans ma collection (je ne les ai pas tous mais j’en ai tout de même une cinquantaine — et j’ai dû lire les cent-cinquante premiers volumes sur une collection qui en compte deux-cent-sept). Je suis tombé sur un vieux volume de Marabout Junior, aux pages jaunies et craquantes, publié en 1957: Les chasseurs de dinosaures… Il semble que ce soit l’édition originale, le vingtième volume de la série (et le quatre-vingt-quatorzième de la collection Marabout Junior).

Lorsque Morane et ses compagnons se lancent sur les traces d’un ami disparu et se retrouvent naufragés en plein coeur de la préhistoire, ils doivent affronter tyrannosaures, brontosaures, ptérodactyles et microsaures (vélociraptors?) pour survivre… Comment réussiront-ils donc à se sortir de ce pétrin ?

C’est une série que j’adorais étant adolescent mais je craignais que ce genre de littérature jeunesse d’aventure ait mal vieilli. Et bien non, ça se lit toujours très bien. Le récit est fluide mais l’intrigue est relativement simple et la représentation de la faune et de la flore de l’ère secondaire et du crétacé manque un peu de rigueur — sans compter quelques bourdes atroces comme “La villa des Reeves, à Miami, était une sorte de palais ultra-moderne, avec (…) plage particulière au sable blanc lèché par les eaux bleues de la mer des Caraïbes”! Oups!

Cela reste très divertissant et agréable à lire. stars-3-0

Les chasseurs de dinosaures, par Henri Vernes. Verviers: Éditions Gérard & Co., 1957. 160 p. Pour lectorat adolescent (12+).

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© 1957 by les Éditions Gérard & Co., Verviers.

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Revue de ‘zines [002.021.215]

Revue de ‘zines

Ces titres sont arrivé trop tard pour être inclus dans ma plus récente chronique. Je m’efforce de me maintenir à jour avec ce flot continue de périodiques et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter ce soucis, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD #155 (Juillet-Août 2021)

dBD-155Dans le cahier actualités, on nous apprend d’abord le décès de Benoît Sokal. On nous fait aussi découvrir un ouvrage sur L’Art du manga par Jean-Samuel Kriegk aux éditions Palette, ainsi qu’une demi-douzaine de nouveautés mangas: Elfen Lied t.1 par Lynn Okamoto chez Delcourt/Tonkam, No Control! Perfect Edition par Lynn Okamoto & Mengo Yokoyari chez Delcourt/Tonkam, Survivor’s Club par Anajiro chez Delcourt/Tonkam, Insomniaques t.1 par Makoto Ojiro chez Soleil Manga, Comet Girl t.1 & t.2 par Yuriko Akase chez Casterman et Angel of Death t.1 par Kudan Naduka & Makoto Sanada chez Éditions Mana.

À la une de ce numéro on retrouve les coups de coeur de la rentrée du magazine qui nous offre des entrevues avec les auteurs et cinq pages d’extraits de leurs ouvrages: Oriol (sur L’Or du temps t.1, en collaboration avec Rodolphe, chez Daniel Maghen), Appollo (sur La Désolation, en collaboration avec Gaultier chez Dargaud), Grégory Panaccione (sur Quelqu’un à qui parler chez Le Lombard), Olivier Jouvray (sur Bob Denard, le dernier mercenaire, en collaboration avec Lilas Cognet, chez Glénat), Vincent Mallié (sur Ténébreuse t.1, en collaboration avec Hubert, chez Dupuis/Aire Libre), Sylvain Bauduret (sur Voltaire & Newton t.1, en collaboration avec Mitch, chez Delcourt), Philippe Pelaez (sur Pinard de guerre t. 1, en collaboration avec Francis Porcel, chez Grand Angle), et Frantz Duchazeau (sur Debout les morts, Fantaisie Macabre, chez Sarbacane). On retrouve également des entrevues avec Nicolas Debon (sur Marathon, chez Dargaud), Laurent Bonneau (sur L’Étreinte, en collaboration avec Jim, chez Grand Angle), Théa Rojzman (sur Grand Silence, en collaboration avec Sandrine Revel, chez Glénat) ainsi qu’avec Alex Fuentes & Damian (sur Perdus dans le futur t.1 chez Dupuis).

Dans le Cahier Critique je note Terrarium t.1 de Yuna Hirasawa chez Glénat (Super; “un très beau récit de science-fiction, servi par un dessin sublime”), Le songe du corbeau par Sentô et Alberto chez Delcourt (Super; “Graphiquement, c’est superbe (…). Un thriller dont on ne sort pas indemne”), Un été à Tsurumaki par Shin’ya Komatsu chez Imho (Top!; “beau (…) mignon (…) rigolo (…) original et surprenant (…) le genre de lecture qui ravit l’oeil et ce qui se cache derrière”), Rock of destruction par Norihiko Kurazono chez Omaké (Super; “À réserver toutefois aux amateurs de séries B”), L’Envol par Kuniko Tsurita chez Atrabile (Top!; collection d’une trentaine d’histoires datant entre 1965 et 1981), Bucket list of the dead t.2 par Haro Aso & Kotaro Takata chez Kana (Top!; “histoire de zombie complètement déjantée (…) à la fois récit de genre et satire sociale”) et Fukuneko t.1 par Mari Matsuzawa chez Nobi-Nobi (Super; “conte sympathique”).

Ce numéro double de l’été (132 pages) nous offre une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

Solaris #219 (Été 2021)

Solaris219_Couvert-255x400Comme toujours, Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre au Québec et ailleurs. Celle-ci  s’ouvre à nous en trois volets: Le volet fiction comprend cette fois sept nouvelles qui nous permettent d’échantillonner les différentes saveurs de la littérature de genre actuelle. Le volet documentaire n’offre encore une fois qu’un seul article, un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier. Finalement, le volet critique (36 p.) se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne.

Les sept récits du volet fiction se déclinent tous autour de la thématique du temps et de sa finalité que représente la mort:

  • Dans Le Théorème des quatre douleurs” (21 p.), par Josée Bérubé (lauréate du Prix Solaris 2020), la concierge Ginette raconte à la police ce qu’elle a vu dans le laboratoire de Juliette pour tenter d’élucider la disparition de la scientifique… Amusante histoire, bine construite. stars-3-5
  • Dans Le Vieil Homme et le trou noir” (5 p., texte lauréat du Prix d’écriture sur place de Boréal 2021, catégorie pro), par Hugues Morin, un homme à l’identité fluide tombe dans un trou noir… ou est-ce plutôt dans l’abîme de sa mémoire? stars-3-0
  • Dans L’Offrande sur la pierre tombale“ (2 p., texte lauréat du Prix d’écriture sur place de Boréal 2021, catégorie de la relève), par Martine Bourque, une femme accomplie un rituel pour ressusciter son maître et amant… stars-2-5
  • Dans Ulann” (9 p.), par Andréa Renaud-Simard, les Azanis veillent sur repos des Utes à l’aide de leur pouvoir psychique mais rêvent de quitter le monastère et de retrouver de grands arbres… Bon texte, avec une excellent idée de base mais un peu difficile à suivre… stars-3-0
  • Dans “La Femme, le pilote et le corbeau” (20 p., publié originalement dans Fantasy & Science Fiction [August 1991] et traduit par Pierre-Alexandre Sicart), par Dean Whitlock, un homme vit une expérience carthatique lorsqu’il doit aller répandre les cendres de son ex sur le sommet du Cannon Mountain (White Mountains, New Hampshire) et qu’il a un accident. Très beau récit. stars-4-0
  • Dans “L’Archiviste” (11 p.), par Isabelle Piette, nous rencontrons l’entité que nous percevons comme la mort ou la grande faucheuse (mais qui se voit plutôt comme un archiviste) qui existe depuis toujours pour faciliter le passage de l’énergie psychique des Humains, non pas vers le Paradis ou l’Enfer, mais simplement la retourner à l’univers, de la même façon que la pourriture retourne l’énergie physique à la terre. Mais une rivale plus efficace fait son apparition… Serait-ce à son tour de retourner à l’Univers? Bien écrit et intéressant concept qui me rappel beaucoup les “dieux de la mort” dans Death Note. stars-3-0
  • Dans “Le Passager éternel” (17 p.), par Jean Carlo Lavoie, Arthur Grimshaw (philologue victorien) rencontre un vieil homme dans le train qui lui fait le récit de ses voyages bien extraordinaires… Un étrange appareil lui permet de projeter sa conscience dans le corps d’une personne récemment décédée et cela à n’importe quelle époque de l’Histoire humaine (et peut être même sur d’autres planètes)! Le vieil homme est fatigué de tous ces voyages dans le temps et offre à Grimshaw l’opportunité de prendre la relève… Beau récit qui aurait mérité un peu plus de développement… stars-3-5

Cette fois-ci le Futurible s’attarde sur Le Mouvement perpétuel, en science et en fiction (30 p.). Il nous raconte comment l’obsession des savants pour le Perpetuum mobile et l’énergie éternelle “a permis de développer la science de la thermodynamique et de mieux comprendre différents aspects du magnétisme, de la mécanique et de l’hydraulique.” Il entreprend ensuite de démontrer comment ce concept a influencé et a été utilisé dans les littératures de l’imaginaire, les arts et le cinéma. C’est, comme toujours, un article fascinant et très bien documenté.stars-4-0

En général, je ne lis Solaris que pour ses articles et ses suggestions de lectures, car je trouve que lire des histoires courtes est un peu fastidieux. Toutefois, une fois n’est pas coutume, et je me suis laissé tenté à lire les fictions de ce numéro. Je ne l’ai pas regretté et j’ai passé quelques bons moments de lecture. Encore une fois “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire” nous offre un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur de littératures spéculatives qui cherche à se divertir et à en apprendre plus sur le sujet… stars-3-5

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Revue de ‘zines [002.021.194]

Revue de ‘zines

Déjà plus d’un mois depuis ma dernière chronique. Ça n’arrête jamais: il y a toujours de nouveaux périodiques et autres ‘zines à lire dans mon champs d’intérêt. J’en épluche donc le contenu pour vous. 

Animeland #234 (avril – juin 2021)

Animeland234Pour faire suite au numéro précédent (sur les 30 ans du magazine), ce volumineux numéro (144 pages) nous offre un dossier sur les 30 ans d’animation et de culture populaire japonaise en France avec des articles qui souligne les dates majeures, les 10 oeuvres clés (Dragon Ball Z, Akira, Lodoss, Evangelion, Ghost in the Shell, Princess Mononoke, Cowboy Bebop, Sakura, Sword Art Online & L’attaque des Titans, Your Name & Les enfants du temps), le grand succès des années 2020 (Jujutsu Kaisen, interview avec Philippin Vercreek), les séries qui ont marché en France mais moins au Japon (Goldorak/Grendizer, Gundam, Lodoss, Princess Sarah, Samourai Pizza Cats, etc.), l’adaptation des médias spécialisés, le bilan du marché manga en 2020, le studio No Border, les Webtoons, l’avenir de l’anime en France, ainsi que des entretiens avec Jean-François Dufour et Thomas Sirley (Japan Expo), Yvan West Laurence (Animeland), Carlo Levy (Dybex), et Cédric Littardi (Éditions Ynnis).

Dans “Ça ferait un bon anime” on nous introduit à quelques bons mangas comme My Broken Mariko, La Guerre des Mondes, The Ride-On King, Dracula, Le Dévoreur de souvenirs, Dans les pas de Nietzsche, Une brève histoire du Robo-sapiens, L’Atelier des sorciers, 20th Century Boys et Des Assassins.

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Batman: Soul of the Dragon, Star Trek: Lower Decks, Noblesse, Heaven’s Design Team, Mushoku Tensei: Jobless Reincarnation, SK8 The Infinity, Wonder-Egg Priority, L’Attaque des Titans: Saison Finale, So I’m a spider, so what?, Beastar saison 2, Millenium Actress, Raya et le dernier dragon.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Toshio Suzuki et Gorô Miyazaki), Focus (Retour sur Dragon Quest: La Quête de Daï, Les mille facettes de Magelis), Fermez les Yeux (la trame sonore de My Hero Academia Heroes Rising), Séance Studio (Bones), Jeu vidéo (Hitman 3), l’animation dans la Pub (Dagoma), Figure de Pro (Claire Paoletti), Pourquoi (Faut-il reconsidérer le rapport 2D/3D pour animateur ?), Trouvaille (Libres!), Hommage (Séparation des Daft Punk), et Humeur.

L’incontournable magazine francophone de l’anime nous offre encore un numéro très riche en information pour prouver à tous qu’il est toujours pertinent. À lire pour tous les amateurs d’anime… stars-4-0

Capsules

dBD #153 (Mai 2021)

dBD153Dans les riches actualités de ce numéro, nous apprenons que TF1 Studio et Daïdaï Films vont adapter la BD Natasha au grand écran sous la direction de Noémi Saglio et que Comment ne rien faire de Guy Delisle reçoit une réédition augmentée chez La Pastèque. Sur deux pages, on nous présente aussi une demi-douzaine de nouveautés manga: La déchéance d’un homme t.1 par Jinji Ito (basé sur le roman de Osamu Dazai) chez Delcourt/Tonkam, Wombs t.1 par Akane Torikai chez Akata, Le siège des exilées t.1 par Akane Torikai chez Akata, Super Mario Manga Adventures t.21 & Yo! C’est moi Wario! t.1 par Nintendo chez Soleil Manga, Alma t.1 par Shinji Mito chez Panini Manga et Bucket List of the Dead par Kotaro Takata & Haro Asô chez Kana.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Dany (sur les quatre intégrale d’Olivier Rameau chez Kennes). Cela se poursuit avec des entrevues de Régis Penet (sur Beethoven chez La Boîte à Bulles), Philippe Geluck (sur Le chat déambule chez Casterman qui est en fait l’album-catalogue d’une exposition de sculptures monumentales sur les Champs-Élysées), Yslaire (sur Mademoiselle Baudelaire chez Dupuis/Aire Libre), Jean-Christophe Menu (sur Couacs au Mont-Vérité chez Dargaud), Anne Nivat (sur Dans la gueule du loup, avec Jean-Marc Thévenet & Horne, chez Marabout), ainsi que Kid Toussaint & Aveline Stokart (sur Elles t.1: La Nouvelle(s) chez Le Lombard). On retrouve également un article sur le scénariste Alain Ayroles (qui vient de publier, avec Étienne Jung, Les chimères de Vénus t.1 chez Rue de Sèvres).

Dans le Cahier Critique je note Demain les chats t.1 par POG & Naïs Quin (d’après le roman de Bernard Werber) chez Albin Michel BD (Bien; “si l’adaptation (…) est plutôt réussi, j’avoue avoir eut du mal avec la proposition graphique (…) qui vire trop souvent à la caricature (…)”), La Ballade de Ran t.1 par Yusuke Osawa chez Doki-Doki (Bien; “bon et solide récit de dark fantasy”), Le Clan des Otori t.1 par Stéphane Melchior & Benjamin Bachelier (d’après la série de romans de Lian Hearn) chez Gallimard (Super; “C’est tour à tour poétique et violent, lumineux et obscur. (…) le dessin épuré et brut (…) fait des merveilles, en ne détournant jamais le lecteur de l’essentiel: la complexité des relations humaines”),et Ragnagna & Moi t.1 par Ken Koyama chez Ki-oon (Super; “histoires courtes qui évoquent avec ironie la période des règles. (…) certains en apprendrons un peu plus sur le quotidien de leur moitié…”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #154 (Juin 2021)

dBD154Dans le cahier actualités, on nous annonce le manga I’m Standing on a Million Lives par Akinari Nao & Naoki Yamakawa chez Pika. On retrouve également deux articles sur les expositions 40 Bulles de Jazz (qui célèbre le quarantième anniversaire du festival Jazz à Vienne en mariant musique et BD) et Marginalia (à la Villa Sauber de Monaco, qui présente des planches originales de BD en provenance du musée de Grenoble et de deux collectionneurs privés).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Aimée de Jongh (sur Jours de sable chez Dargaud). Les entrevues se poursuivent avec Antonio Altarriba (sur son oeuvre en générale et Moi, Menteur, en collaboration avec Keko, chez Denoël Graphic), Zep (sur Titeuf t.17: La Grande Aventure, chez Glénat), Asaf Hanuka (sur Le Réaliste t.4 et son Intégrale chez Éditions Steinkis), Jean-Louis Gauthrey (sur les trente ans de la maison d’édition Cornélius), Fabien Toulmé (sur Suzette ou le grand amour chez Delcourt/Mirages), Winshluss (sur J’ai tué le soleil chez Gallimard) et Philippe Coudray (sur L’Ours Barnabé t.21 chez La Boîte à Bulles).

Dans le Cahier Critique je note Alma t.2 par Shinji Mito chez Pannini (Super; “un monde post-apocalyptique ravagé par une guerre qui a opposé les humains aux machines. Les décors (…) aussi grandioses que désespérants, tranchent avec la chronique intimiste et poétique de ce survivant livré à lui-même.”), Blue Lock par Nomura Yusuke & Muneyuki Kaneshiro chez Pika (Bien; “une historie pas piquée des vers qui se passe dans le monde du football”), The Fable t.2 par Katsuhisa Minami chez Pika (Super; “seinen à l’ancienne (…) humour décalé et violence controlée (…). Misant plus sur les intrigues entre les personnages que sur l’action, (…) pèche parfois par un découpage sobre et un dessin quelque peu statique.”) et, surtout,  Kebek t.2: Adamante par Philippe Gauckler chez Daniel Maghen (Super; “Pour la fin du diptyque, le récit tourne rapidement à l’anticipation pure et simple. (…) l’histoire prend un tour beaucoup plus intéressant. La palette de cinquante nuances de bleus en couleur directe (…) prend alors toute sa force. À partir du moment où la démesure visuelle s’installe dans les cases, Kebek devient grandiose.”).

Un très bon numéro qui, comme d’habitude, offre beaucoup d’informations pour les amateurs de BDs. stars-3-5

Capsules

Si vous voulez que je parle de votre ‘zine (ou livre ou manga tant qu’à y être) et qu’il n’est pas disponible dans le réseau des bibliothèques de Montréal, envoyez-en moi une copie. Je ne reçois plus beaucoup de services de presse alors il y a de bonne chance que je le mentionne ou le commente. Contactez-moi pour les détails de l’envoi…

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Haiku: Anthologie du poème court japonais

Haiku-AnthologieDuPoèmeCourtJaponais-cov“Né il y a trois siècles au Japon, le haiku est la forme poétique la plus courte du monde. Art de l’ellipse et de la suggestion, poème de l’instant révélé, il cherche à éveiller en nous une conscience de la vie comme miracle. De Bashô jusqu’aux poètes contemporains, en passant par Buson, Issa, Shiki et bien d’autres, Haiku est la première anthologie à présenter un panorama complet de ce genre littéraire, en lequel on a pu voir le plus parfait accomplissement de l’esthétique japonaise.

« Pourquoi aimons-nous le haiku ? » interrogent les préfaciers de ce livre. « Sans doute pour l’acquiescement qu’il suscite en nous, entre émerveillement et mystère. Le temps d’un souffle (un haiku, selon la règle, ne doit pas être plus long qu’une respiration), le poème coïncide tout à coup avec notre exacte intimité, provoquant le plus subtil des séismes. Sans doute, aussi, parce qu’il nous déroute, parce qu’il nous sort de notre pli, déchirant une taie sur notre regard, rappelant que la création a lieu à chaque instant. Peut-être, enfin, parce qu’il sait pincer le coeur avec légèreté. Rien de pesant, rien de solennel, rien de convenu. Juste un tressaillement complice. Une savante simplicité. »”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ce qui rend ce petit recueil de poésie Japonaise intéressant c’est qu’il nous offre un savant mélange de haïkus classiques et modernes, du XVIIe siècle jusqu’au début du XXIe siècle, mais surtout qu’il est accompagné d’une introduction, d’un petit essai historique, de notes, d’une bibliographie et d’un index qui en font un bon ouvrage de référence pour celui ou celle qui s’intéresse à ce qui est probablement la plus courte des toutes les formes poétiques. Car le haïku n’est composé que de 17 syllables (mores) repartis en trois phrases (selon le schéma 5-7-5). Par la juxtaposition de deux images ou idées — séparées par un kireji (切れ字 / “caractère de coupe”) ou césure — il exprime des sentiments liés à l’évanescence des choses et aux saisons (kigo).

On y retrouve environ cinq-cent petits poèmes divisés en quatre saisons (plus un chapitre hors-saison). J’y ai appris que mes haïkus étaient trop bavards. C’est intéressant et agréable à lire. Plutôt relaxant. À lire si les haïkus vous intéressent…

Haiku: Anthologie du poème court japonais, préparé par Corinne Atlan et Zéno Bianu. Paris: Gallimard (Poésie), décembre 2002. 242 pages, 10.5 x 18 cm, 7.50 € / , ISBN 9782070413065. Pour un lectorat adulte. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Éditions Gallimard, 2002.

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La lanterne de Nyx

LanterneDeNyx-1-covVol. 1

Quand le Japon découvre la France. 1878, la France fait rayonner sa puissance industrielle et culturelle en organisant des expositions universelles, tandis que le Japon s’ouvre au monde après 200 années d’isolationnisme. À Nagasaki, Miyo, orpheline qui a pour seul talent le don de clairvoyance au travers des objets qu’elle touche, parvient à trouver un emploi chez Vingt, commercialisant des objets importés d’Europe. Au contact de l’Occident, elle découvrira un monde nouveau qui la conduira jusqu’à Paris…

Dans cette série en 6 tomes, Kan Takahama continue d’explorer la découverte du monde occidental par les Japonais, thème déjà évoqué dans Le Dernier envol du papillon et Tokyo, amour et libertés, mais ici rendu encore plus accessible via le regard de la jeune Miyo.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 1, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), mars 2019. 188 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03370-8. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

LanterneDeNyx-2-covVol. 2

“1878, Nagasaki. Miyo, la jeune orpheline aux dons de voyance récemment embauchée dans une boutique de produits d’importation, continue d’en apprendre davantage sur les gens qui l’entourent : son oncle renfrogné, son étrange employeur Momotoshi et les liens qui l’unissent à Kei Oura, l’ancienne plus grande exportatrice de thé de Nagasaki. Mais elle n’est pas encore au bout de ses surprises. Momotoshi a en effet de grands projets tirant parti de la vague de japonisme qui déferle sur l’Europe…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 2, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), juin 2019. 216 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03371-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

LanterneDeNyx-3-covVol. 3

“1878, Nagasaki. Après avoir importé des articles dernier cri d’Europe, Momotoshi veut maintenant se rendre à Paris pour y vendre des produits d’art et d’artisanat japonais. Au moment du départ, Miyo lui avoue enfin ses sentiments. Seulement, Momotoshi garde encore dans sa montre le portrait d’une belle femme aux yeux bleus…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 3, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), septembre 2019. 244 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03372-2. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-4-covVol. 4

“1878, Nagasaki et ailleurs. Momotoshi a ouvert une petite boutique à Paris pour y vendre des articles importés du Japon. Mais Judith, la demi-mondaine dont il est éperdument amoureux, s’évanouit suite à une hémorragie pulmonaire. Et un incident imprévu à Nagasaki vient mettre en péril son commerce…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 4, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), janvier 2020. 228 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03524-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-5-covVol. 5

“1879, Nagasaki et ailleurs. Miyo n’a pas oublié Momotoshi, ni son rêve de partir à l’étranger. C’est un bon génie inattendu qui va exaucer son souhait : Gisuke Matsuo, le patron de la Kiryu Kosho Kaisha, l’invite à travailler dans sa boutique à Paris. Et Miyo quitte Nagasaki pour un long voyage de deux ans…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 5, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), août 2020. 224 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03525-2. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-6-covVol. 6

“À l’aube d’une vague de japonisme sans précédent, alors que Miyo découvre Paris et que Momotoshi fait découvrir l’ukiyo-e aux Français, la rencontre de Miyo et Judith risque de provoquer des étincelles… La boucle est bouclée dans ce dernier tome qui conte la fin des aventures de Miyo à la Belle Époque et ce qui l’attend au-delà.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 6, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), janvier 2021. 272 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03526-9. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-4-0

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Deux mangaka semblent être particulièrement appréciés en Europe pour leur affinités avec la BD franco-belge: le regretté Jirô Taniguchi et la très prometteuse Kan Takahama. Cette dernière débute sa carrière au début des année 2000 en publiant des histoires courtes, qui utilisent un style un peu expérimental, dans Weekly Morning et Garo. Ses premières publications sont donc quatre collections d’histoires courtes (Kinderbook, Mariko Parade, L’eau amère et Sad Girl, tous traduit en français chez Casterman). Après un bref hiatus dû à des problèmes personnels, elle publie sa première histoire complète en 2010. Ainsi, entre 2002 et 2021, elle a publié une douzaine de titres. Son sujet de prédilection est les relations amoureuses qui peuvent être souvent complexes, difficiles, impossibles ou tragiques et qui se terminent généralement par une séparation. Même dans Le goût d’Emma, qui est d’abord et avant tout un manga gastronomique, la protagoniste a une relation difficile qu’elle finit par rompre. Récemment, sans toutefois s’éloigner de cette thématique, elle s’est intéressé au manga seinen historique avec Tokyo, amour et liberté, qui se déroule à Tokyo durant l’ère Taisho, L’Amant (situé en Indochine dans les années ’30) et sa “Trilogie de Nagasaki” (Le Dernier envol du papillon, La lanterne de Nyx et Ougishima Saijiki) qui se déroule au tout début de l’ère Meiji.

 Les mangas de Kan Takahama

Titre

Titre original

Année / Vol.

Édition française

Yellowbacks

イエローバックス /Ierōbakkusu

2002

Kinderbook (Casterman, 2004)

Mariko Parade

まり子パラード / Mariko Parādo

2003

Mariko Parade (Casterman, 2003, en collaboration avec Frédéric Boilet)

Awabi

泡日 / litt. “Jour d’écume”

2004

L’eau amère (Casterman, 2009)

Nagi Watari – Oyobi Sono Hoka no Tanpen

凪渡り ― 及びその他の短篇 / “Le Ferry calme” et autres nouvelles

2006

L’eau amère (Casterman, 2009)

Two Espressos

トゥー・エスプレッソ / Tū esupuresso

2010

2 Espressos (Casterman, 2010)

Sad Girl

サッドガール

2012

Sad Girl (Casterman, 2012)

Yotsuya-ku Hanazono-chō

四谷区花園町 /“Arrondissement de Yotsuya, quartier de Hanazono”

2013

Tokyo, amour et libertés (Glénat, 2017)

Chō no michiyuki

蝶のみちゆき / “Le papillon de Michiyuki

2014

Le Dernier envol du papillon (Glénat, 2017)

Nyukusu no Kakutou

ニュクスの角灯

2016, 6 vol.

La lanterne de Nyx (Glénat, 2019-2021)

Emma wa Hoshi no Yume wo Miru

エマは星の夢を見る / “Emma rêve d’une étoile”

2017

Le goût d’Emma (Les Arènes BD, 2018)

Aijin

情人

2019

L’Amant (Rue de Sèvres, 2020, d’après le roman de Marguerite Duras)

Ougishima Saijiki 

扇島歳時記 / Ougishima Seasonal Words List

2019, 2 vol. (En cours)

???

???

???

2021

Invincibles, Au pays du Dalaï-Lama (Massot Editions, en collaboration avec Sofia Stril-Rever)

La lanterne de Nyx (ニュクスの角灯 / Nyukusu no Kakutô / lit. “La lanterne [lanterne carrée] de Nyx [déesse grecque de la nuit]”) est une série de manga seinen historiques et romantiques par Kan Takahama, sérialisé dans le magazine mensuel “Comic Ran” entre mai 2015 et juin 2019 puis compilé en six volumes chez Leed Publishing. Il a été traduit en français chez Glénat. Elle constitue la partie médiane de la “Trilogie de Nagasaki” en reprenant deux personnages secondaires du Dernier envol du papillon (la petite servante Tama et le cuisinier Ganji). L’histoire tragique de Tama — une adolescente de quatorze ans qui a grandi dans le monde des courtisanes de la maison close Maruyama à Nagasaki et celui de Dejima, où la culture traditionnelle japonaise du Kachô Fûgetsu [花鳥風月 / lit. “fleur, oiseau, vent, lune”, i.e. la découverte de soi au travers de la nature] s’entrecroise avec les cultures étrangères — se poursuit dans le plus récent ouvrage de Takahama, Ougishima Saijiki, sérialisé dans Comic Ran depuis novembre 2019 et dont deux volumes sont déjà paru au Japon (en septembre 2020 et avril 2021) sans encore avoir été traduit (quoi que l’on peut s’attendre à ce qu’il soit éventuellement publié par Glénat).

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Vol. 1, p. 34

La lanterne de Nyx c’est l’histoire de Miyo, une jeune orpheline un peu maladroite, qui se trouve un travail d’assistante au “Vingt”, une boutique de produits étrangers importés. L’histoire débute en 1878 dans le quartier de Kajiya à Nagasaki. La rébellion de Satsuma vient de se terminer et l’ère Meiji débute. Le premier volume introduit les éléments de base du récit ainsi que les personnages: Miyo, qui a le don de “percevoir” l’histoire des objets qu’elle touche; Momotoshi, le mystérieux propriétaire de la boutique; Genji, son homme à tout faire; Chojiro Yamaguchi, l’oncle de Miyo qui l’a recueillit à la mort de ses parents;  et Tama, la jeune couturière qui aide à la boutique. 

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Vol. 2, p. 56

Avec le second tome, on approfondit un peu les personnages. On apprends que Momotoshi Koura est à demi-Européen (il a les yeux bleus), que sa mère (qui l’a abandonné enfant) est Kei Oura, une négociante en thé de grande influence qui a été ruiné lors d’une mauvaise transaction, et que l’oncle de Miyo est un fameux artisan de laque burgautée. Momotoshi veut aider financièrement sa mère biologique et il lui demande conseil car il veut aussi exporter des objets d’art japonais vers l’Europe. Il convainc l’oncle de Miyo de se remettre à produire et lui passe une commande spéciale pour une broche qui représente Nyx avec une lanterne. Son ami d’enfance Victor Pignatel vient lui donner un coup de main pour se rendre à Paris et ouvrir une nouvelle boutique.

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Vol. 3, p. 34

Dans le troisième tome, l’action et la motivation des personnages se précisent. Il semble que le récit démarre vraiment. Momo confie sa boutique à sa mère et, sur le départ, Miyo lui avoue être tombé amoureuse de lui… À Paris, il cherche un bon emplacement pour sa boutique, fait du repérage sur la concurrence (la Kiryu Kosho Kaisha) et surtout tente de retrouver son grand amour, l’actrice et courtisane Judith. Mais celle-ci est atteint de la tuberculose! La boutique de Nagasaki prend un nouvel apprentis nommé Minpei, qui a le coup de foudre pour Miyo. On en apprend plus sur les origines de Momo, alors qu’un flash-back nous raconte l’escapade interdite que sa mère et Genji font à Shanghai. De nombreux personnages font leur apparition: Kazuma, le rival de Momo tant en affaire qu’auprès de Judith; Marie, la demi-mondaine amie de Victor; et Pauline, la serveuse de troquet qui fait des passes dans l’arrière-boutique.

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Vol. 4, p. 16

Dans le quatrième tome, on découvre comment Momo et Judith se sont rencontré. L’oncle de Miyo se blesse grièvement à la main et ne peut plus travailler. Momo doit trouver d’autres produits d’exportation susceptible d’être populaire. Il pense aux affiches, ces estampes que l’on appel aussi ukiyo-e. Pendant que Judith est à l’hôpital, Marie présente à Momo et Victor des collectionneurs comme les frères Goncourt, Félix Bracquemond, Charles Baudelaire. Gisuke Matsuo, directeur de la Kiryu Kosho Kaisha et vieille connaissance de Kei Oura, décide d’engager Miyu pour sa boutique de New-York mais avant veut l’envoyer à Paris pour apprendre le métier! 

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Vol. 5, p. 194

Dans le cinquième tome, Miyo doit apprendre l’anglais et un télégramme de Momo leur demande de trouver de toute urgence des estampes. Heureusement, l’oncle de Miyo en a une bonne collection. Miyo quitte pour la France (avec les estampes) et Minpei lui déclare son amour. À Paris, Miyo retrouve Momo et débute son apprentissage auprès de Kazuma. Momo et Victor présentent leur collection d’estampes au groupe rassemblé par Goncourt et c’est un grand succès!

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Vol. 6, p. 234

Dans le dernier tome, Momo fait un exposé très intéressant sur les estampes. Un malentendu le brouille avec Judith mais l’intervention de Miyo les réconcilie. On apprend que Victor st amoureux de Tama mais que celle-ci est atteinte de syphilis (comme sa maîtresse dans Le dernier envol du papillon). Le dernier chapitre se déroule en 1945, à Kumamoto. Miyo, sur son lit de mort, fini de raconter l’histoire à sa petite-fille. Elle a vécu des moments merveilleux à Paris et à New-York. Son séjour qui devait durer deux ans en a duré dix. Elle est devenu une adulte. Elle n’a jamais revue Momo qui a eut un enfant avec Judith. Marie est aussi venu au USA. Une fin étrangement heureuse. Sa petite-fille sort dehors pour chercher de l’eau, juste à temps pour voir le champignon atomique de Nagasaki à l’horizon…

C’est une belle histoire très bien racontée et surtout bien documentée. On en apprend beaucoup sur l’époque (tant au Japon, qu’à Paris), particulièrement sur le mouvement du Japonisme et de la “Belle Époque” de Paris. J’ai bien aimé les capsules informatives (“Cabinet of Takahama”) que l’auteur place après chacun des chapitres et où elle explique le contexte historique des personnages et des objets rencontrés dans le récit. Le style de Takahama, qui me déplaisait beaucoup quand j’ai découvert ses oeuvres, m’apparait maintenant agréable à l’oeil. Non seulement l’artiste s’est améliorée mais je crois aussi que l’on s’y habitue et apprend à apprécié sa façon dessiner. 

C’est donc un très bon manga qui s’est d’ailleurs vu attribué le prix d’excellence du Japan Media Arts Festival en 2018 et le Grand Prix Culturel Osamu Tezuka en 2020. Il nous offre une lecture agréable et éducative. Je le recommande chaudement à tous les amateurs de mangas romantiques et historiques. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

Autres sources: Bédéthèque, Manga-News, Manga-update (Nyx no Lantern, Takahama Kan), Mangapedia [JP / Tr.], Wikipedia [ FR / JP / Tr. ], From Dusk Till Dawn interview, Glénat vidéo interview (Pt 1, pt 2, pt 3, pt 4).

© Kan Takahama

 

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Ad Romam 2: Les Fosses de Marius

FossesDeMarius-cov“Marius fit creuser un large fossé, dans lequel il détourna une grande partie du fleuve » « … le fossé avait assez de profondeur pour contenir de grands vaisseaux, et son embouchure dans la mer était unie, et à l’abri du choc des vagues. (il) s’appelle encore aujourd’hui la fosse mariane. »

– Plutarque (46 – 125 ap. J.-C.)

Dans ce deuxième tome, Blaise et ses amis vont découvrir Fossae Marianae, l’un des grands ports antiques de la Méditerranée, ainsi que les combats du général Caius Marius contre les Cimbres. Nos héros devront aussi déjouer un crime pour sauver le père de la belle Prisca !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Un groupe de jeunes adolescents monégasques, plutôt dissipés en classe, voyage dans la Provence romaine grâce à une pièce de monnaie d’Auguste à l’effigie de Chronos qui a été frappé par la foudre. Blaise, suite à une dispute avec son père, se retrouve projeté, seul, dans le corps de Blaesus, un apprenti potier de la ville de Fossae Marianae (l’actuelle Fos-sur-Mer) au milieu du IIe siècle. Il se retrouve accusé de vol, ce qui met en difficulté son maitre Alcibiade et sa fille, Prisca, à laquelle il est fiancé! Il retourne à Monaco au XXIe siècle pour obtenir l’aide de ses amis, qui s’inquiétaient d’ailleurs pour lui. S’organise alors toute une opération pour découvrir et ensuite capturer le véritable coupable — une épave découverte en 1978 se révèle être la clé de toute l’affaire ! Tout au long du récit nous découvrons en parallèle l’histoire du général Caius Marius qui, fort de son succès lors de la guerre de Jugurtha, a été chargé de contrer les invasions des Cimbres et des Teutons. En 104 AEC, il établit une position stratégique entre Massalia (Marseille) et Arelate (Arles) et, pour assurer l’approvisionnement de ses troupes en contournant l’embouchure du Rhône, il fait creuser un canal jusqu’à Arelate. Ce sont les fameuses fosses de Marius (Fossae Marianae). En 102 AEC, il vaincra les Teutons et les Ambrons lors d’une bataille décisive à Aquae Sextiae (Aix-en-Provence) qui fut un véritable massacre. 

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J’avais trouvé le premier volume plutôt moyen et très décevant car le dessin était horrible et le récit trop anecdotique.  Il y avait probablement trop de mains dans la production (deux auteurs et deux illustrateurs) et on voulait trop faire dans le pédagogique sans donner d’efforts pour rendre le récit captivant et fluide. Ce deuxième tome est un peu mieux. Le dessin est beaucoup plus agréable à l’oeil mais reste plutôt rigide. Le récit est un peu plus fluide, on s’en s’en tient à quelques événements seulement et l’action est donc plus facile à suivre mais l’histoire est raconté de façon encore un peu confuse (l’ordre du récit n’est pas toujours chronologique, les faits semblent parfois contradictoires et manquent un peu de détails). C’est loin du superbe graphisme et du récit épique de Ad Astra, mais cela se lit bien (mieux en tout les cas que le premier tome) et nous permet de découvrir quelques anecdotes de l’histoire romaine en Provence et Côtes d’Azur. À lire surtout pour les amateurs d’histoire romaine.

Ad Romam 2: Les Fosses de Marius, par Yvon Bertorello et Éric Stoffel (texte); Frédéric Allali & Michel Espinosa (illustrations); Bruno Pradelle (couleurs). Monaco: Éditions du Rocher, juillet 2020. 60 pages, grand format (24 x 32 cm !), 15,90€ / $C 26.95, ISBN 978-2-268-10332-7. Pour lectorat adolescent (12+). Extrait disponible sur la page FB de l’Éditeur. stars-3-0

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