Cauchemar Blanc

Giraud_Cauchemarblanc_01Cauchemar Blanc est une compilation de neuf histoires courtes parues dans différents magazines entre 1972 et 1976: “Cauchemar Blanc” (dans L’Echo des Savanes #8, 1974, 12 p., publié en anglais dans Moebius 6: Pharagonesia), “Calque A” (planche sans titre ni dialogue, 1976), “Approche de Centauri” (dans Métal Hurlant, 1975, 6 p., scénario de Philippe Druillet, publié en anglais dans Moebius 4: The Long Tomorrow), “Il y a un Prince-Charmant sur Phenixon” (dans Pilote, 1973, 4 p., signé Gyr, publié en anglais dans Moebius 4), “L’Artefact” (dans Pilote annuel, 1971, 4 p., signé Gyr, publié en anglais dans Moebius 4), “Interview” (dans Schtroumph, 1974, 9 p.), “Calque B” (1 planche sans titre ni dialogue et une planche qui décrit le gommeux, une créature extra-terrestre (type encyclopédie galactique, noté “Essais, Vol. IV)”, 1976), “Deima” (inédit, 1975, 3 p., publié en anglais dans Moebius 0: The Horny Goof), et “Barbe Rouge et le cerveau Pirate” (dans Pilote annuel, 1972, 5 p., signé Gyr, publié en anglais dans Moebius 4). Seulement cinq de ces histoires sont vraiment significatives.

Étrangement, “Cauchemar Blanc” n’est pas de la SF mais plutôt une histoire réaliste et malheureusement d’actualité… Moebius y parle de préjudice et de racisme. Le souhait de tout activiste de la tolérance est le cauchemar du bigot… Quatre bonhommes en voitures (Barjout, Jean-Pierre, René et Berthon) tentent d’écraser un arabe en mobylette mais celui-ci fait une embardée et la voiture se plante plutôt dans un camion stationné. Lorsqu’ils tentent de tabasser l’arabe, des passants interviennent, puis Barjout sort un revolver et tire Jean-Pierre dans la jambe par accident alors que celui-ci tente de l’arrêter… Soudainement Barjout se réveille dans son lit: ce n’était qu’un mauvais rêve. Il sort en voiture avec ses amis pour une expédition nocturne où, cette fois, ils frappent et tabassent vraiment un arabe sous le regard des voisins qui observent de leur fenêtres sans intervenir… Cette histoire a été adapté en un film court-métrage par Mathieu Kassovitz.

Dans “Approche de Centauri” un pilote d’astronef se prépare à sauter dans l’hyper-espace mais le générateur ripe et le projecte plutôt hors du continuum, dans une sorte d’enfer druillesque, peuplé de démons cornus. De retour dans son propre espace-temps, il essuie le vomis de sa bouche et nie avoir vu quoi que ce soit… Superbe histoire courte de SF sur un scénario de… Druillet!

Dans “Il y a un Prince-Charmant sur Phenixon”, un couple (dont la femme est du type mégère) fait escale sur Phenixon pour y faire commerce. Alors que monsieur examine les peaux de Toc-Toc, madame fait une balade en colimassophant (une sorte de limace) qui se révèle être un pavacheux en pleine crise. Mais au lieu de la déchiqueter et de l’entraîner dans les abimes, c’est l’amour entre Janine et le pavacheux! Mais, bon, celui-ci le regrettera sûrement…

Dans “L’Artefact” deux voyageurs interstellaires découvrent une gigantesque planète de type terrestre. Ils descendent l’explorer. Il y a une vaste mer, puis une plage, sur laquelle ils trouvent un artefact: un château qui semble inhabité. Ils entrent pour explorer les ruines. Malheureusement, un petit vandale sur la plage détruit le château de sable et se fait gronder par sa mère…

Dans “Barbe Rouge et le cerveau Pirate”, Boomy est capitaine d’un cargo spatial et son seul compagnon est un Cervelec Major V (une sorte de robot flottant) qui cafouille et se prend pour le maître d’équipage de Barbe-Rouge… Évidemment tout cela tourne mal pour Boomy… Alors que le proprio du vaisseau demande au techno-concessionaire si le Major V peut tomber en panne, celui répond “Impossible, je l’ai règlé moi-même!” (Et derrière lui on aperçoit toute une paraphernalia d’histoire maritime du temps de la flibuste

D’une façon très similaire aux recueils comme Les vacances du Major, Cauchemar Blanc nous offre une collection d’histoires courtes de science-fiction humoristique qui reposent souvent sur un seul gag, mais qui restent très imaginatives. Le style est plutôt simple mais varie beaucoup d’une histoire à l’autre, allant du trait dépouillé au dessin très détaillé et texturé. C’est agréable à lire et très drôle. À lire surtout si vous êtes un amateur de Moebius.

L’édition que je possède n’est malheureusement plus disponible, mais toutes ces histoires ont été republiées en 2012 par Les Humanoïdes Associés dans la collection Moebius USA, qui reprend les versions colorisées des histoires courtes de Moebius telle que publiée chez Epic/Marvel et Dark Horse: Escale sur Pharagonescia, La Citadelle aveugle, et The Long Tomorrow.

Cauchemar Blanc, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés (Coll. Mirage), janvier 1977. 64 p. ISBN 2-902123-08-6. Pour lectorat jeune adulte (14+). [Merde ! La reliure fout le camp!] stars-3-0

Moebius4Moebius 4, The Collected Fantasies of Jean Giraud: The Long Tomorrow & Other Science-Fiction Stories, by Moebius. New York: Epic/Marvel, 1987. 72 p. $US 9.95 / $C 13.95. ISBN 0-87135-281-8.

Moebius6Moebius 6, The Collected Fantasies of Jean Giraud: Pharagonesia & Other Strange Stories, by Moebius. New York: Epic/Marvel, 1988. 72 p. $US 9.95 / $C 13.95. ISBN 0-87135-283-4.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Les Humanoïdes Associés 1977.

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Capsules

Le bandard fou

BandardFou-cov“Sur Souldaï du Cygne, les érections, ce n’est pas avant l’automne. Quand un vendeur de pousse-boulettes se réveille avec une trique d’enfer, impossible de cacher l’évidence : il est devenu un bandard fou, traqué par la police anti-foutre et une dame Kowalsky qui peine à assouvir ses désirs. Son crime prenant jusqu’à des dimensions diplomatiques, le bandard peine à trouver le repos.” (Texte du site des Humanos, voir couverture arrière)

Originellement publié en janvier 1974 aux Éditions du Fromage (Écho des Savannes), Le Bandard Fou a connu de nombreuse rééditions. Cette bande-dessinée nous offre deux histoires. La première, sans dialogue et sans titre, se déroule en vingt-quatre planches d’une seule grande case chacune qui occupe le côté gauche du livre et qui nous montre un homme qui se métamorphose en un oeuf alienesque, qui se fracture pour révéler… un petit homme. 

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Page 3 (Planche 2)

La deuxième histoire, qui occupe les pages de droite, est un récit de science-fiction humoristique en vingt-quatre planches. Le personnage principal se réveille un bon matin souffrant de priapisme hors-saison, ce qui est une déviance interdite car, en ce monde, la reproduction se fait uniquement en automne et passe par la Pondeuse. Poursuivit par les autorités génétiques (la P.A.F.), il fuit à l’aide d’un agent de dame Kowalsky, une aristo nymphomane. Il rejoint celle-ci sur son vaisseau où ils batifolent quelques mois mais quand ils arrivent sur Fleur, l’astéroïde paradisiaque de dame Kowalsky, c’est la débandade. Évidemment, la fuite du bandard a de lourdes implications commerciales et politiques qui mènent à la guerre entre la Fédération Terrienne et les Exotiques. La Pondeuse tente donc de récupérer le bandard à l’aide d’une faille spatio-temporelle mais le bon Zague intervient et la dure situation reprend son cours…

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Page 9 (Planche 5)

Le Bandard Fou est la toute première histoire de SF de Moebius (avant Arzach, Le Garage hermétique et même avant la création de Métal Hurlant). Elle introduit et annonce fort bien ce que sera son style drôle et très imaginatif (déjanté comme ils disent). Son dessin noir et blanc utilise un trait simple mais qui offre tout de même des illustrations détaillées et très texturées — qui sont toutefois d’une qualité variable d’une planche à l’autre. On y retrouve des caméo de l’éléphant Dumbo, des pirates de Astérix, des citations célèbres comme “Merde alors, mon conditionnement fout le camp!”, les premières apparitions de dame Kowalsky et de Fleur (le premier niveau du Garage Hermétique — avec la mention des “générateurs à effet Gruber”). C’est donc une oeuvre séminale de Moebius car on y voit déjà la genèse du Garage Hermétique et même des Aventures de John Difool (L’Incal). Une très bonne lecture, surtout pour les amateurs de Moebius.

Le bandard fou, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés (Coll. Jackpot, #5), juillet 1984. 48 p. ISBN 2-7316-0308-9. Pour lectorat jeune adulte (16+). [une édition récente se vend €18,99 mais en occasion on peut le trouvé à €15,00; je l’ai payé $C 6.95 dans les années ’90] stars-3-5

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© Les Humanoïdes Associés 1984 Moebius

HornyGoofL’édition anglaise du Bandard Fou, parue chez Dark Horse en 1990 (imitant le style des compilations de Epic/Marvel), est colorisée et inclue une préface de Jean-Marc et Randy Lofficier, une postface de Moebius, une illustration, une page titre, ainsi que (en plus des deux histoires principales, “The Horny Goof” et “Metamorphosis”) quatre histoires courtes: “Deima” (3 pages, compilée en français dans Cauchemard Blanc), “You’re the object of this and that” (4 pages), “Harzack” (2 pages en noir et blanc, où Harzack se fait prendre à pisser derrière un bâtiment) et “The Invaders” (1 page, compilée en français dans Les Vacances du Major).

Moebius 0, The Forbidden Work of Jean Giraud: The Horny Goof & Other Underground Stories, by Moebius. Milwaukie: Dark Horse, June 1990. 72 p. ISBN 1-878574-16-7. US$ 12.95 / C$ 15.55. Story & art © 1972, 1974, 1975 Moebius • Translation & text © 1990 Starwatcher Graphics.

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“Natural History” – final research

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My mystery book

Recently, the interest for one of my old books was rekindled when I found some new information about it on the internet. Since the prefatory pages of the book are missing the author and date of publication are unknown. I had only the title, Natural History, and the publisher:  William Milner of Halifax. Further investigation on WorldCat revealed more details allowing me to identify two possible authors for the book. Finally, I was able to compare my book with a microfiche copy at the University of Montreal, definitively identifying it as Richard COPE’s Natural History, which lead me to order a monograph about the work of William Milner in order to (hopefully) learn even more on this particular edition.

IMG_4437A little less than three weeks after filing the Inter-Library Loan (PEB) request, the Bernard BARR’s document about William Milner arrived at the National Library (BAnQ). Unfortunately, the whole process was utterly disappointing. The NYPL refused to lend its copy, so the book came from the University of St-Andrews’ library in Fife, Scotland, therefore the loan incurred a fee of $C 42.00 ! Not only the book was just a self-published monograph of sixty single-side pages with a simple plastic spiral binding, but the lending library requested that it had to be consulted on site, at the BAnQ. The book was on hold at the National Collection, a secure place where you have to check your coat and bag in a locker room before entering and you have to put all the material you need (notebook, pen, laptop, wallet, etc) in a basket that you carry with you. It was the first time I was visiting that place and it was all quite unexpected. Luckily, the staff was very nice and helpful. Instead of spending hours reading the book, I was allowed to digitize a copy on the photocopier (its control menu was not user-friendly at all and source of many frustrations). 

IMG_4441The book title is: “William Milner of Halifax: printer and publisher. Checklist of a collection of books printed by William Milner and his successors and imitators.” The only publishing information is “York: Ken Spelman”. No author is listed on the cover, but the notice from the University of St-Andrews’ library is helpful on that subject: the author is NOT Bernard BARR (who simply wrote the foreword) nor Ken Spelman (the “publisher”, but who was given as author by Amazon) but Peter MILLER and T. FOTHERGILL (who compiled the information).

Disappointingly, the book is of little use to me. It is far from exhaustive; its main source of information seems to be the Spelman’s bookshop collection as well as a few articles in Yorkshire’s newspapers and historical magazines (the bibliography also list a few references that briefly mention Milner, like Victor E. NEUBURG, The Popular Press Companion to Popular Literature, pp. 132-33 or Leslie SHEPARD, The History of Street literature, pp. 104-106). I was expecting a complete list of all titles published by Milner but it seems that such reference doesn’t exist. A search on Google doesn’t yield much either. In fact, the most useful tool in this research was probably WorldCat

IMG_4440William Milner of Halifax: printer and publisher mentions Richard COPE’s Natural History only ONCE (“Cope (Richard) Natural History … New Edition, Improved and Enlarged. Roy 8vo. 730 pp. 425 ills. Maroon cloth”) in what the book calls the “Imprint 7”—which falls into the third incarnation of the publishing company, Milner & Co, located in London between 1883 and maybe 1900. “Maroon cloth” seems to describe well the cheap cover of my edition (and “Roy 8vo” means that it is a Royal octavo format, i.e. 10″ by 6¼” or 253 mm x 158 mm, therefore about the same size than my copy) but my book was clearly printed during the “Imprint 1” period (Halifax: William Milner, 1834-1851). Also the copy that I have seen at the University of Montreal unmistakably falls into the same imprint as it is dated from 1846 (while mine unfortunately has no printing date left—or never had one as it happened often with this publisher). This fact confirms that the Miller/Fothergill monograph is obviously incomplete.

I was not able to acquire more precise information on my book. However, it was not a complete waste of time since it has allowed me to learn more about the printing industry in nineteen century England. It seems that William Milner was a pioneer of cheap literature and remains an unsung hero of the poor Englishmen as he provided them with affordable literary classics (selling for as little as a shilling or even a sixpence) that would have without any doubts further their education and culture. Several other publishers, like William Nicholson, followed his example. 

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The Spelman’s collection ?

They printed books not only in great quantity (printing titles by the ten of thousands with total circulation often amounting over a hundred thousand!) but also in variety as they covered a large array of subject matter (from BurnsPoems, to Uncle Tom’s Cabin, Arabian Nights, Bunyan’s Pilgrim’s Progress, Defoe’s Robinson Crusoe, Richard Johnson’s The Seven Champion of Christendom, etc.) and offered a “range of plain and variously ornamented styles to suit differing tastes and pockets” [cf. Bernard Barr’s introduction to William Milner of Halifax and Shepard’s History of Street Literature]. The life of those publishers (and particularly of William Milner) and their cultural missionary work would certainly make quite an interesting subject for a historical TV series. 

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Isabella Bird 4

IsabellaBird_4-cov“Des choses se trament à Tokyo… Le botaniste Charles Maries souhaite récupérer son interprète, et malheureusement le contrat qu’il a établi avec Ito est toujours valable. Les Parkes ont beau lui mettre des bâtons dans les roues, le chasseur de plantes est prêt à tout pour parvenir à ses fins ! 

Inconsciente de la menace qui plane sur son expédition, Isabella Bird a quant à elle atteint Niigata, première grande étape de son voyage. L’aventurière se prépare maintenant à partir vers le nord, pour ce qui devrait être la partie la plus éprouvante du périple…

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, Femme Exploratrice est un récit passionnant sur les rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

(Texte de la couverture arrière)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

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5 juillet 1878, Ito—l’interprète et guide de Isabella—se remémore sa rencontre avec le botaniste Charles Maries et les abus qu’il a subit sous son service. Le 12 juillet, ils quittent Niigata et, après avoir traversé le fleuve Shinano, prennent la longue route d’Echigo qui les mène vers Yamagata, puis Akita et, ultimememnt, à Aomori. Faute de chevaux, ils continuent la route à dos de vaches… Ils rencontrent un groupe de “bokka” (des femmes portant des marchandises sur leur dos). L’une d’elles, O-yu, est intéressée à apprendre l’écriture. Le 15 juillet, ils arrivent à Yamagata. Ils visitent l’hôpital local et Isabella est surprise (et un peu choquée) de voir les locaux habillés à l’occidental. La ville interdit même les habits traditionnels dans un effort d’entrer dans la modernité et d’obtenir la reconnaissance de l’Occident. Le dos d’Isabella la fait souffrir. 

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À l’étape de Tateoka, ils rencontrent un vieux couple d’aveugles, lui est anma (masseur) et elle est azusa-miko (nécromancienne qui utilise une sorte d’arc pour appeler les esprits). Isabella est surprise que Ito, qui normalement  abhorre les superstitions, croit au chamanisme. Ito reçoit une lettre de sa mère, auprès de laquelle Maries s’est plaint de son ingratitude. Il joint une note à la lettre enjoignant Ito de revenir à son service sous peine d’être poursuivi en justice. Il lui offre une augmentation et l’averti qu’Isabella souffre d’une maladie qui ronge ses vertèbres et que le voyage pourrait lui être fatal! Et cette mise en garde est confirmée par les prédictions de la voyante… Il ne sait que faire et se sent dans une impasse. Le dernier chapitre raconte une anecdote de la vie de Fanny Parkes, l’exubérante épouse du ministre plénipotentiaire britannique Harry Parkes.

Au fur et à mesure que le récit avance, ce manga s’épanoui sous nos yeux. L’histoire est non seulement captivante mais elle est riche en détails tant géographiques, botaniques que ethniques sur la culture Japonaise de l’ère Meiji. On y discute entre autre l’épineuse question du développement d’un pays: est-ce que modernisation devrait nécessairement vouloir dire occidentalisation? La tentation est grande de chercher à imiter pour plaire et ainsi évider la condescendance et le mépris des impérialistes du genre de Charles Maries. Le style graphique est encore un peu inégal mais demeure généralement très riche, détaillé et précis. C’est même superbe par moment. C’est donc un excellent manga historique que je recommande chaudement.

Isabella Bird, femme exploratrice T04 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), août 2018. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0305-2. Pour lectorat jeune (7+). stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsWikipediaWorldCat — Youtube ]

© 2017 Taiga Sassa. All Rights reserved.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents (cliquez sur l’image pour activer le lien):

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Capsules

Les Vacances du Major

VacancesDuMajorEn feuilletant le catalogue de la bibliothèque, je tombe sur une BD de Moebius que je n’ai pas lu, alors je me la réserve. À la lecture, je me rend compte qu’en fait toutes ces histoires me sont familières. Je les ai déjà lu soit dans Métal Hurlant, soit dans la compilation Oeuvres Complètes 3: Major Fatal Mais, bon, c’était tout de même très agréable à relire.

Ce recueil rassemble seize histoires courtes de science-fiction: “Escale sur Pharagonesia” (26 pages), “Le Major Grubert: The Forbiden City Rides Again” (2 pages), “La Flore de Paradis 9” (1 page), “Une Aventure du Major Grubert” (2 pages), “Paradise Nine’s Strange Flowers – Continuation” (1 page), “Sans Titre” (1 page), “Une Planche” (1 page), “Deima” (3 pages), “Tueur à Gages” (12 pages en trois épisodes), “Grand Hôtel B” (2 pages), “Split le petit pionnier de l’espace” (2 pages), “Fable-Vite no 317” (1 page), “Y’a pas moyens” (2 pages), “La Chasse au Français en vacances” (6 pages en six épisodes), “L’Envahisseur” (1 page) et “Une aventure de John Watercolor le justicier anti-pique poquett’, avec sa fameuse redingote qui tue” (1 page).

Split le petit pionnier de l’espace

La majorité de ces histoires ne font qu’une page ou deux et certaines seront reprises dans le recueil Oeuvres Complète 3: Major Fatal. Les récits les plus significatifs sont “Escale sur Pharagonesia” (où des touristes découvrent que lorsque vous faites escale sur un monde étranger, il peut vous arriver des choses plutôt étranges!), “Tueur à Gages” (le tueur à gages Edouardo est pris au piège par l’inspecteur Briggs, mais il s’échappe pour commettre un hold-up cinq ans plus tard; il rencontre par hasard l’inspecteur qui lui raconte l’histoire de la vieille mine…) et “La Chasse au Français en vacances” (qui donne d’ailleurs sont titre à l’album: suite à une chasse infructueuse le Major décide de prendre des vacances et tel est pris qui croyait prendre!).

Escale sur Pharagonesia (extraits)

Quelques unes de ces histoires seront traduites en anglais chez Epic/Marvel (et malheureusement mises en couleurs — car les amerloques ça n’aiment pas le noir et blanc) dans les recueils de la série “The Collected Fantasies of Jean Giraud”: Moebius 4: The Long Tomorrow (“Split the little space pioneer”) et Moebius 6: Pharagonesia (“Shore leave on Pharagonesia”, “The hunt for the vacationing frenchman”).

Jean Giraud (Gir) est surtout connu pour avoir dessiné la série western Blueberry (créée par Jean-Michel Charlier  et publiée dans Pilote entre 1963-1974, puis compilée en albums chez Dargaud jusqu’en 2005). Toutefois, lorsqu’il voulait écrire des histoires de science-fiction, il le faisait sous le pseudonyme de Moebius. Ce dernier est maintenant probablement beaucoup plus célèbre.

Ce sont surtout des histoires humoristiques et insouciantes qui reposent parfois sur un seul gag, avec un récit plutôt absurdes ou, comme disent les français, complètement déjantées (i.e. cinglées). C’est aussi parfois de l’excellente science-fiction, songée, avec des concepts plutôt innovateurs pour l’époque. Le dessin est toujours en noir et blanc, avec un niveau de complexité qui varie beaucoup d’une histoire à l’autre (ou même parfois d’un planche à l’autre!), allant du trait très simple aux arrière-plans très riches et texturés. On retrouve ici et là une petit influence de Blueberry, avec des paysages désertiques et ou des chevaux. Ce que j’ai surtout trouvé très intéressant, c’est la préface de Moebius où il explique que ces histoires sont nées d’un besoin de se faire son propre cinéma, de se laisser aller au délire créatif et libérateur afin de se détendre entre ses périodes d’activités professionnelles intenses (notamment lorsqu’il travaillait sur Blueberry). Il a adopté un style rapide offrant “un juste équilibre entre l’énergie consacrée au dessin et celle qui doit demeurer disponible pour la narration” sans “perdre le fil du récit”. Cela lui a permis d’expérimenter et de sortir du cadre traditionnel des genres. Et nous lui en sommes infiniment reconnaissant.

C’est donc une bande-dessinée amusante et intéressante dans le sens qu’elle nous permet de voir l’évolution de l’auteur et de comprendre la genèse de son oeuvre. Ça se lit vite et bien et on se marre. Que demander de plus? stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© 2011 Les Humanoïdes Associés

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Détour

DetourLes week-ends se déroulent rarement comme prévu. Je planifiais de faire de menus travaux, de la comptabilité, de lire et commenter des mangas (surtout Isabella Bird et Moriarty) et je me retrouve finalement à lire (relire?) des vieilles BDs de Moebius, à regarder des animés sur Netflix (Gundam Unicorn !) et à rechercher une nouvelle adaptation animée d’un vieux manga shōjo des années ’70 par nulle autre que Waki Yamato (Haikara-san ga tōru) et dont je parlerai sans doute amplement dans un futur proche…

Encore un coup de nostalgie. Cela faisait un bout de temps que j’avais pas regardé d’animés… C’est bon. Ça fait du bien. Et sur Netflix, qui plus est (quoiqu’on y retrouve rien de bien nouveau puisque Gundam Unicorn date déjà de 2010). Et ce n’est pas fini puisque Netflix a annoncé plusieurs titres d’animés à venir (dont Evangelion en juin, Saint Seiya plus tard dans l’été et Ghost In The Shell Stand Alone Complex en 2020 !!!). Ce n’est vraiment plus de la culture populaire (geeky stuff) mais cela commence à faire partie de la culture courante (mainstream)…

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“Natural History” quest – a sequel

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My mystery book

My quest to identify a mystery book simply titled “Natural History” continues…

Today I went to the National Library (BAnQ) to renew my membership and request an Inter-Library Loan (PEB)  for Bernard BARR’s book about William Milner. Hopefully this time it will work and the fee won’t be too expensive. While I was there I had a look at their impressive manga collection and borrowed a volume of The Walking Dead comics (I am a book geek in various spectrum!)…

I have decided not to request an Inter-Library Loan (PEB) for Richard COPE’s book (the most likely candidate for the identity of the mystery book) but to directly go the University of Montreal library to check the copy they have and compare it to my book. After all, I am already downtown, so why not take the time now to resolve this question. It can be found at the media division (médiathèque) of the Library of Letters and Humanities (Bibliothèque des Lettres et sciences humaines – BLSH). Actually, they don’t have a copy of the book itself but a copy on microfiches.

Unfortunately, despite the fact that the online catalog indicated an “on shelf” status, the entire Landmark Microfiche collection had been boxed as the media section is about to be moved. I was a little pissed but convinced the clerk to at least open a few boxes to see if he couldn’t find the microform set that I needed. He was clearly unwilling to help and said “You know, we’re closing in an hour and half!”. But I just needed ten minutes… It would be easy if they had been boxed alphabetically: since the author is “COPE” it would be in the first boxes. He reluctantly opened the first five boxes and indeed it was there (in box four)! I sat at one of the microform reader and had a look. Unfortunately, this machine was not equipped to make copies, so I simply took pictures with my iPhone (which I had to put together later at home, converting them from negative to positive). I took my time, but after fifteen minutes I was done. However, I could finally confirm the identity of my book!

First, I’ve been able to see the pages that were missing from my book (although nothing in the binding let us suspect that something is missing—or maybe the binding was changed at some point in the past?), mostly the title page, the introductory remarks (indicating that the original publishing date is 1840) and the index of subjects:

For me the most important aspect was to be able to see the title page:

NATURAL HISTORY;

OR,
A DESCRIPTION OF THE EARTH AND OF ANIMATED NATURE,
COMPILED FROM THE WORKS OF
BUFFON, GOLDSMITH, CUVIER, SHAW, VAILLANT, HUMBOLT, AUDUBON. &c., &c.

A NEW EDITION, IMPROVED AND ENLARGED

BY RICHARD COPE, LL.D., F.A.S.,
Author of the Pulpit Synopsis, Religious Anecdotes, Domestic Altar, &c., &c., &c.

“Creation teems with life,
From the gay flies that people the sunbeam,
To the huge whale whose home is in the deep,
And the wise elephant that shades him in the forest.”
MONTGOMERY

WITH FOUR HUNDRED & TWENTY-FIVE ENGRAVINGS
OF BIRDS, BEASTS, FISHES, REPTILES, &c.

HALIFAX:
PRINTED AND PUBLISHED BY WILLIAM MILNER,
CHEAPSIDE.
MDCCCXLVI. [1846]

If we compare a few pages, we can see that it is the same book (my copy (a) on the left and the Université de Montréal microfiche copy (b) on the right):

After comparison it is evident that the layout and the type are exactly the same. Beside the missing pages, the only differences are (possibly) the cover (my cover is a simple cloth on board, with raised bands and the title hot-stamped in gold on the spine while the microfiche copy is illustrated—although it is not clear if this is really a cover illustration or an inside cover page) and (definitely) the line of text at the very bottom of the last page of my book (“WILLIAM MILNER, PRINTER, CHEAPSIDE, HALIFAX.”) is completely missing for the microfiche copy. My conclusion is that it is indeed the same book, although a different edition (either a cheaper one or a different year of publication — but, save for the last page, it is clearly the same printing plates). 

Now that I have identified for sure the book as Natural History by Richard COPE, I only have to wait for the Bernard BARR’s book to see if I can learn more details about the publisher,  William Milner, and maybe also about the various editions of COPE’s Natural History. So, it is still to be continued…

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