Gunnm, t. 3

GunnmDeluxe-03-covLe troisième volume de l’édition deluxe (qui recouvre les chapitres dix-sept à vingt-quatre, donc le tome quatre et une partie du tome cinq de l’édition originale) débute avec le match d’ouverture de la seconde ligue de Motorball. Les féroces combats s’étirent sur cent-vingt-trois pages! Gally choisit parmi ces concurrents les membres de l’équipe de challengers qui affronteront avec elle Jashugan: le #88 “King Crusher” Ajakati, le #7 “vent pourpre” Zaphal Takié, le #50 Tigel et le #1 Caligula. Ed fait faire une nouvelle lame pour Gally. Celle-ci se réconcilie avec Ido et décide qu’elle quittera le Motorball après le match contre Jashugan.

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Page 9

Lors du fameux match, les challengers sont très rapidement éliminé, ne laissant que Gally et Jashugan qui s’affrontent dans un duel intense. La puissance de l’attaque de Jashugan éveille la mémoire de Gally, qui a la vision d’une plaine rouge, de son maître qui lui enseigne l’ars magna et qui l’appelle… la guerrière Yoko! 

Une histoire hors-série de soixante-six pages, “Le doigt sonique” (publiée préalablement dans le recueil Gunnm Other Stories (銃夢外伝 / Gunnm Gaiden)) nous montre Gally, trois mois plus tard, devenue instructeur de combat pour hunter-warrior. Elle affronte et vainc un criminel qui tire des billes de métal à très grande vitesse.

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Page 10

Quelques années plus tard, Gally fait de la musique et lit beaucoup, alors que Ido a marié Shumira, la soeur de Jashugan. On y apprend que Ed avait revendu le corps de Berserker de Gally sans lui dire et que Umba en a retracer l’acheteur: une certain Dr. Desty Nova (un autre cyber-docteur déchu de Zalem). Pendant que Ido part à sa recherche, Gally doit affronter Zapan qui réapparait pour se venger!

Ce volume est un peu faible sur le scénario. La narration très rapide, est rythmé par de nombreux combats. Le dessin est toujours très dynamique et détaillé (trop parfois) mais les scènes de combats ne sont pas toujours clair.

La thématique n’évolue pas beaucoup. La quête d’identité de Gally devient tranquillement une quête d’humanité. Qu’est-ce qui définit l’humain? Son corps ou son esprit? Le cerveau influence-til le corps et vice-versa? En plus de cette réflexion philosophique, l’histoire nous questionne sur la disparité des richesses entre ceux qui ont tout et qui vivent dans les cieux (au paradis) et ceux qui n’ont rien et qui vivent dans l’enfer d’une décharge à la merci des criminels et de l’exploitation, n’ayant que le Motorball pour se distraire.

GunnmDeluxe-03-p296Gunnm est un manga culte, qui se lit bien mais qui nous laisse un peu sur notre faim. Si il y a un intéressant aspect philosophique dans l’histoire, j’y retrouve encore trop de combats — qui s’enchainent l’un après l’autre — à mon goût (le baston, toujours le damné baston — aka Nekketsu). C’est certes un titre qu’il faut avoir lu, mais (considérant l’énormité de ma PAL ou tsundoku !) j’hésite à en continuer la lecture… (il me reste encore trois volumes deluxe à lire (ou cinq en petit format), plus les dix-neuf tomes de Last Order !!! Plus au moins six volumes de Mars Chronicle — quoi que cette dernière série semble intrigante…). Je lirai probablement en échantillonnant quelques volumes de la suite et des séries suivantes…

Donc, pour résumer cette série de Yukito KISHIRO:  Gunnm c’est les aventures de Gally sur terre dans la cité de Kuzutetsu, la décharge; Last Order c’est les aventures spatiales de Gally sur Zalem; et Mars Chronicle c’est les aventures martiennes de Gally, dans son enfance, avant de se réveiller sur Terre.

À lire, donc, par curiosité et jusqu’à ce que celle-ci soit étanchée.

Gunnm, t. 3 par Yukito KISHIRO. Paris: Glénat, janvier 2001. 368 planches, N&B, 18 x 25.5 cm, ISBN 2-7234-3477-X. Sens de lecture occidental. Pour un lectorat adolescent (16+). stars-3-0

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© 1991, Yukito KISHIRO. © 2000, Éditions Glénat pour la traduction française.

Voir aussi mes commentaires des premier et second volumes deluxe (et, tant qu’à y être, de l’anime et du film live-action)…

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Capsules

Gunnm, t. 2

GunnmDeluxe2-covAprès avoir terminé la populaire série de manga Gunnm (銃夢 / Gun-mu / lit. “Rêve d’arme”), Yukito KISHIRO poursuit la publication avec des récits qui se situent dans le même univers: d’abord Ashman (Haisha en français chez Glénat ou Ashen Victor en anglais chez Viz) en 1997 avec une histoire qui se déroule dans la monde du motorball, un recueil d’histoires courtes (Gunnm Gaiden), puis l’année suivante avec Aqua Knight, situé dans un monde aquatique et qui se déroule une centaine d’année après Gunnm. Il interrompt cette série après le troisième volume, car il a décidé de poursuivre avec une nouvelle aventure de Gally (Last Order) mais pour se faire il doit réécrire une partie de la première série. Il profite de la réédition de Gunnm en format deluxe (6 vols) pour en changer la fin. C’est cette édition en grand format que je lis et dont j’ai déjà commenté le premier volume. Chacun de ces volumes inclut environ un tome et demi de l’édition originale (qui en comptait neuf). 

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Dans le deuxième volume de l’édition deluxe (qui recouvre les chapitres huit à seize, donc une partie du tome deux et le tome trois de l’édition originale), Gally fait le rencontre de Yugo, un jeune garçon qui effectue des travaux d’entretien pour le Dr Ido. Elle en tombe rapidement amoureuse. Le rêve le plus cher de Yugo est de se rendre sur Zalem (celui était aussi l’obsession de son défaut grand frère). Malheureusement, il est impliqué dans le traffic de pièces de cyborgs (qu’il se procure en attaquant des victimes innocentes pour leur prendre, entre autre, leur colonne vertébrale). Vector le manipule avec la fausse promesse de l’aider à rejoindre Zalem si il réussit à amasser assez de crédits. Toutefois, Yugo est pris en flagrant délit et sa tête est mise à prix. Un hunter-warrior le retrace et le réduit en pièces, mais Gally réussit à préserver sa tête et le Dr. Ido lui reconstruit un corps. Réalisant qu’il a été trahit par Vector, il tente de se rendre à Zalem en escaladant un de ses cables d’alimentation, mais le système de défense de la ville flottante l’intercepte. Gally tente de la sauver mais, après un bref adieu, le bras de Yugo se rompt et il tombe dans la décharge, sans espoir de survie…

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Ravagée par la mort de Yugo, Gally a disparue. Le Dr. Ido la cherche partout et la retrouve finalement, par chance, dans une compétition de Motorball de troisième ligue. Gally a découverte que la seule façon de raviver ses souvenirs est se battre en utilisant sa technique du Panzer Kunst, et l’arène de Motorball offre plus d’opportunités de combats qu’en étant hunter-warrior. Pour passer en deuxième ligue et conserver son numéro “99” elle doit challenger Ajakati, à qui ce numéro a été attribué. Elle réussit sans trop de difficultés. Le Dr. Ido s’allie avec Jashugan, le grand champion du Motorball, car il pense que si elle est défaite, Gally abandonnera le combat et lui reviendra. Lorsqu’elle voit le Dr. Ido avec Jashugan, elle décide de challenger ce dernier…

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Ce volume est définitivement meilleur que le premier car on y retrouve beaucoup moins de combats et un peu plus de profondeur dans le récit. L’histoire s’attarde plus sur les motivations et les sentiments des personnages, ce qui la rend d’autant plus intéressante. Le dessin de Kishiro est attachant et dynamique. L’univers post-cataclysmique cyberpunk qui a créé pour Gunnm est tout à fait fascinant… C’est certes un manga d’action (de baston comme diraient les français ou nekketsu au Japon) mais qui mérite tout de même d’être lu car il offre un peu plus de simple scènes de combat.

Gunnm, t. 2 par Yukito KISHIRO. Paris: Glénat, septembre 2000. 378 planches, N&B, 18 x 25.5 cm, ISBN 2-7234-3333-1. Sens de lecture occidental. Pour un lectorat adolescent (16+). stars-3-5

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© 1991, Yukito KISHIRO. © 2000, Éditions Glénat pour la traduction française.

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Gunnm, t. 1

Gunnm-GF-01-covGunnm (銃夢 / Gun-mu ou Jūyume / contraction de l’anglais “gun” (fusil) et du japonais “yume” (rêve) donc lit. “Rêve d’arme”) est un manga par Yukito KISHIRO qui a été publié en feuilleton dans Business Jump dès 1990 et dont le premier volume parait au Japon en septembre 1991 chez Shueisha. Suite à un conflit avec son éditeur en 2010, la parution de la série continue chez Kodansha. En 1995, une première édition en France se fait en neuf volumes chez Glénat (ce sera d’ailleurs parmi les premiers mangas à recevoir une traduction française). À peu près au même moment la version anglaise parait chez Viz Comics sous le titre “Battle Angel Alita” (puis réédité chez Kodansha Comics). En 2000, Glénat publie un édition deluxe grand format en six volumes. Ces éditions ne sont plus disponible mais Glénat a récemment rééditée Gunnm avec une nouvelle traduction. 

Gunnm n’est que la première de trois séries de manga et l’histoire se poursuit avec Last Order (19 vols.) et Mars Chronicle (6 vols jusqu’à maintenant). Un recueil de quatre histoires courtes, Gunnm Other Stories, a également été publié mais trois des histoires sont incluses dans l’édition deluxe grand format. Le manga a été adapté en un roman de Yasuhisa Kawamura, en animation (deux OVA de 30 min.) en 1993 par Hiroshi Fukutomi, puis au cinéma par Robert Rodriguez et James Cameron sous le titre Alita: Battle Angel.

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Sur une Terre post-cataclysmique (suite à l’impact d’une météorite), ce qui reste de l’humanité survit à Kuzutetsu, dans l’ombre de la cité flottante Zalem (où réside l’élite). Dans la décharge à déchets de la cité, le cyber-docteur Daisuke Ido découvre la tête d’une femme cyborg dont le cerveau humain est miraculeusement encore en vie. Il la soigne et la nomme Gally (Alita), car celle-ci est amnésique et ne se souviens plus de rien. Il finit par lui fabriquer un corps. 

Il n’y a plus d’autorité pour faire régner la loi et l’ordre dans les bas fonds de Kuzutetsu, alors l’usine 33 (qui alimente Zalem en énergie et en vivres par un long cable) fait appel à des chasseurs de primes, les Hunter-warrior. De nombreux criminels s’attaquent aux cyborgs pour leur voler des pièces ou des membres (la colonne vertébrale est d’ailleurs très prisée).  Pour émuler Ido, mais surtout pour traquer et éliminer ceux qui s’attaquent aux faibles, Gally décide de devenir Hunter-warrior. 

GunnmAprès une altercation avec le cyber-monstre Makaku, le corps de Gally est détruit. Toutefois, Ido le remplace par le corps d’un berserker, un guerrier cybernétique qu’il avait découvert plus tôt dans les ruines d’un vaisseau spatial. C’est une véritable machine de guerre, résultant d’une technologie et d’un savoir-faire oubliés depuis longtemps. Si Gally ne se souviens pas de sa vie antérieure, elle est capable d’utiliser intuitivement une ancienne technique de combat cyborg appelé Panzer Kunst, et de controller les fonctions de son nouveau corps. Cela fait d’elle un combattant d’exception et lui permet de défendre Ido contre la vengeance de Makaku… Mais qui est-elle vraiment? 

En plus des sept chapitres du récit, ce volume contient également des informations sur les usines et les bornes de Kuzutetsu, le court récit “Douce Nuit” (en trois parties, 100 p.) qui traite des origines de Ido, ainsi qu’un “art book” de vingt-deux pages qui offre des notes et des croquis sur la création de Gunnm. 

Ce manga nous offre donc une quête existentielle dans un univers cyberpunk post-cataclysmique, teinté d’un commentaire sociale sur la division des richesses. C’est un manga seinen mais avec un récit très inspiré par le sous-genre shōnen du nekketsu, où le héros — souvent orphelin — doit réaliser une quête initiatique qui l’amène à affronter de nombreux obstacles et des adversaires en tournoi ou combat singulier.

J’ai lu ce manga il y a une vingtaine d’années et j’en avais gardé un très bon souvenir. C’est effectivement une série qui avait été très bien reçu tant en France qu’aux U.S.A. En prévision de la sortie de l’adaptation cinématographique, j’ai décidé d’en faire une relecture et celle-ci n’a pas altérée ma première impression. C’est un très bon manga, plein d’action mais aussi d’émotions et d’idées qui appelles à la réflexion. Je vous le recommande.

Gunnm, t. 1 par Yukito KISHIRO. Paris: Glénat, juillet 2000. 362 planches, N&B, 18 x 25.5 cm, ISBN 2-7234-3293-9. Sens de lecture occidental. Pour un lectorat adolescent (16+). stars-3-5

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© 1991, Yukito KISHIRO. © 2000, Éditions Glénat pour la traduction française.

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Moebius 2: Arzach & Other Fantasy Stories

Moebius-2_ArzachStrangely, this edition of Arzack, published by Epic / Marvel, offers the stories in a different order than the French edition.

In the first story, ”Arzach” (8 colour pages), the protagonist spies on a naked woman who dresses but he is surprised by her husband. He captures and suspends him to a giant skeleton but all for nothing because, finally, the beauty of the woman leaves something to be desired…

Arzach-p032In the second story, “Harzak” (8 colour pages), our heroes flies over the carnivorous plain on his faithful Pteroid, his luggage being on the back of a second bio-mechanical pterosaur. But after a long flight, the latter is tired and plunges into the killer grass. Harzak must rest his mount but the only haven possible is a kind of arch occupied by a giant primate, red and fierce. Full of nonchalance, the hero triumphs. This is my favorite story thanks to Moebius’ beautiful drawings. In my youth, I made a poster out of one of these boards.

In the third story, ”Arzak “(8 colour pages), a man arrives by car near some sort of stone temple. He enters, passes through a crowd of passive / aggressive green men, then enters a room where he repairs equipments. In the distance, an inanimate Pteroid wakes up. His task accomplished, the man leaves with his car…

Moebius-2_Arzach-p32-33The fourth “story” is a series of eight colour pages that do not seem related but which may form an enigmatic story titled Harzach… The quality and style of each is quite uneven, the best being a double-page fresco depicting an army.

When it comes to the “other fantasy stories”, this part includes a selection of completely different stories (except one).

In “The Detour” (7 p., B&W), Jean Giraud’s family take a detour on their way to the island of Re and makes strange encounters. The story doesn’t make much sense tout the art is beautifully detailed.

In “The Ballade” (9 colour pages), a young explorer crosses the bio-forest reciting Rimbaud. He meets a fauness, who saves him from the attack of an Euchinus and decides to join him to discover distant human cities full of wonders. But in their first meeting with a troop of these townspeople, they are massacred without questions. Moebius said that he used an absurd, sudden and tragic ending because he was coming close to the deadline… This story shows us a beautiful, intriguing and original universe.

Moebius-2_Arzach-p59In “The White Citadel” (6 colour pages), a knight crossed for months the wilderness until he encountered a citadel carved in one single stone. An elf appears and tells him the story of a prideful king who wed a beautiful princess, but as soon she entered the nuptial chamber it closed down, trapping her. The king was barred from entering by a dark creature. Soon the knight fall asleep, possessed by the king spirit, and in his dream fights the dark creature again. In the morning the traveling knight wakes up blind, deaf and mute… Moebius notes in the preface that his friends commented that his stories were always very negative, so to prove them wrong he wrote this one but failed as it ended up again dark and morbid!

In “Ktulu” (5 colour pages), after a last meeting the president goes down a dark tunnel to meet the hunt master who will grant him the agreed privilege to hunt the Ktulon… A short and unremarkable story. Moebius notes that this is a little humorous fable referencing Lovecraft’s mythology and, at the same time, criticizing the French president “using the privilege of his office to go to Africa and hunt wild game” which he found shocking.

The book ends with one last “Arzach” story (5 colour pages) giving some humorous background to the character, the last ptero-warriors helping an artist retrieving the red stone stone by an evil wizard. Amusing.

As for the French edition of Arzack and the compilation of stories that included it, this book offers some of the best examples of science fiction stories by Moebius. It is very interesting (and entertaining) to read.  It’s really worth a look.

Moebius 2, The Collected Fantasies of Jean Giraud: Arzach & Other Fantasy Stories, by Moebius. New York: Epic/Marvel, April 1987. 72 p. $US 9.95 / $C 13.95. ISBN 0-87135-279-6. stars-3-0

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© Starwatcher Graphics

[ Traduire ]

Moebius: Oeuvres Complètes 2

moebiusoeuvrescompletes02couvIl n’y a aucune raison pour qu’une histoire soit comme une maison, avec une porte pour entrer, les fenêtres pour regarder les arbres et une cheminée pour la fumée… On peut très bine imaginer une histoire en forme d’éléphant, de champ de blé ou de flamme d’allumette souffrée.” — Moebius 1976

[ Texte de la couverture arrière ]

Cette compilation de 45 planches regroupe deux différents albums de Moebius.

Le premier album est Arzach qui nous offre quatre histoires sans dialogues et un peu plus d’une douzaine de planches (dont une avec dialogues, certaines en couleurs, d’autres en noir et blanc, certaines sur deux pages) qui semblent plus être des illustrations que des histoires et qui n’ont pas de lien apparent entre elles. Les titres sont des variations orthographiques de Arzach: Harzack, Harzak, Arzak, Harzakc, Harzach, Arrzak. 

Arzach-p023Dans une première histoire qui précède la préface (deux planches, en N&B), Harzack pisse derrière un building et se fait prendre, mais la flaque d’urine prends des allures tentaculaires et saisie le policier.

Dans une deuxième histoire (huit planches couleurs), Arzach espionne une femme nue qui s’habille mais est surprit le mari de celle-ci. Il capture celui-ci et le suspend à un squelette géant mais tout ça pour rien car, finalement, la beauté de la femme laisse à désirer…

Arzach-p032Dans une troisième histoire (huit planches couleurs), Harzak vole au-dessus de la plaine carnivore sur son fidèle Ptéroïde, son bagage étant sur le dos d’un deuxième ptérosaure bio-mécanique. Mais après un long vol, ce dernier fatigue et s’abime dans les herbes tueuses. Harzak doit reposer sa monture mais le seul havre possible est une sorte d’arche occupé par un primate géant, rouge et féroce. Plein de nonchalance, le héros triomphe. Celle-ci est mon histoire préférée grâce au superbe graphisme de Moebius. Dans ma jeunesse, j’avais fait un poster avec l’une de ces planches.

Dans la quatrième histoire (huit planches couleurs), un homme arrive en voiture près d’une sorte de temple en pierre. Il y entre, traverse une foule d’hommes verts passifs/agressifs, puis entre dans une pièce où il répare un équipement. Au loin, un Ptéroïde inanimé se réveille. Sa tâche accomplie, l’homme repart avec sa voiture…

Le deuxième album, L’Homme est-il bon?, nous offre onze histoires courtes: “Les clans de la lune alphane” (1 p.), “Le jeudi noir” (2 p.), “L’Homme est-il bon?” (10 p.), “Quelques books” (1 p.), “Le cerveau du Major (The Long Tomorrow, 16 p.)”, “Le café” (1 p.), “Science Fiction Chronicle” (1 p.), “Babel 17” (1 p.), “Une famille de nageur” (1 p.), “L’univers est bien petit” (8 p.) , et “Ballade” (9 p.). La plupart de ces histoires sont très courtes et souvent constituent une sorte de commentaires de lecture illustrés de romans de SF. Seulement quatre histoires méritent vraiment notre attention.

HommeEstIlBon--p078Dans l’histoire titre, un soldat est poursuivi par une troupe de créatures féroces et vertes. Ils le rattrapent, lui arrachent ses vêtements, puis leur chef lui arrache l’oreille gauche à l’aide d’un tentacule et la goûte. Il fait une grimace, et la recrache! La troupe poursuit son chemin laissant l’homme penaud et nue. On en déduit donc que la réponse à la question du titre est, non, l’homme n’est pas bon!

TheLongTomorrow-p094Dans de “The Long Tomorrow”, un détective privé est engagé par une riche dame pour récupérer un colis dans les bas fonds de la cité (dans un casier à bagage de la station de sub du 199e niveau). Il récupère la malle sans trop de mal, mais lorsqu’il revient au 12e niveau pour la remettre à la dame, le conapt de celle-ci est occupé par la police. La fille a été tué et torturé abominablement. On lui apprend qu’un espion arcturien rôde dans la ville à la recherche du cerveau du Major. Sur le chemin du retour, un assassin tente de le tuer mais il réussit à l’éliminer près de l’astroport. Chez lui, il ouvre la malle qui contient, bien sûr, le cerveau du Major. La fille lui rend visite inopinément, expliquant que la morte était un double androïde. Alors qu’il baise la fille, le lieutenant Fy l’appelle pour l’avertir que l’espion est en fait la fille. Le camouflage télépathique de celle-ci étant tombé, elle lui apparait comme une masse tentaculaire, qu’il élimine malgré ses suppliques. Le cerveau retrouve son propriétaire… affaire classée! Cette superbe histoire, ma favorite de l’album, créée sur un scénario de Dan O’Bannon, est en quelques sorte la genèse de l’Incal. 

Dans “L’univers est bien petit”, un couple en voyage interstellaire atterrit sur une planète et y découvre un naufragé qui s’avère être un vieil ennemi. Toute le monde s’entretue…

Ballade-p114Dans “Ballade”, un jeune explorateur traverse la bio-forêt en récitant du Rimbaud. Il rencontre une faunesse, qui le sauve de l’attaque d’un Euchinus et décide de se joindre à lui pour découvrir des villes humaines lointaines et pleines de merveilles. Mais dès leur première rencontre avec une troupe de ces citadins, ils sont massacrés sans questions. Moebius aime bien ces fins absurdes, subites et tragiques… Cette histoire nous montre un bel univers original et intriguant.

Cette compilation nous offre quelques uns des meilleurs exemples d’histoires de science fiction par Moebius. Très intéressant (et divertissant); à lire. 

Cette édition compilant les deux albums n’est plus disponible mais ils sont sans doute encore disponible séparément (comme dans l’édition couleur USA: Arzach [ AmazonBiblio ], L’Homme est-il bon? [ AmazonBiblio ])…

Moebius, Oeuvres Complètes tome 2: l’Homme est il bon ? / Arzach, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés, février 1981. 124 p. ISBN 2-7316-0098-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Les Humanoïdes Associés 1981.

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The Epic of Gilgamesh

EpicOfGilgamesh-covGilgamesh, King of Uruk, and his companion Enkidu are the only heroes to have survived from the ancient literature of Babylon, immortalized in this epic poem that dates back to the third millennium BC. Together they journey to the Spring of Youth, defeat the Bull of Heaven and slay the monster Humbaba. When Enkidu dies, Gilgamesh’s grief and fear of death are such that they lead him to undertake a quest for eternal life. A timeless tale of morality, tragedy and pure adventure, The Epic of Gilgamesh is a landmark literary exploration of man’s search for immortality.

N. K. Sandars’s lucid, accessible translation is prefaced by a detailed introduction that examines the narrative and historical context of the work. In addition, there is a glossary of names and a map of the Ancient Orient.

[Text from the publisher’s website; see also the back cover]

I first read this book in 1985 (after purchasing it during a research trip to Boston for my master degree). I read it again recently after reading a comic adaptation by Jens Harder as I wanted to compare the two versions.

The Epic itself is very short (fifty-nine pages) but the text is preceded by a sizeable introduction by Nancy K. Sandars, the translator. Beside discussing the various versions of the text and her choices for the translation, she puts the work in perspective by talking about the discovery of the tablets, their historical and literary backgrounds as well as the significance of the story. It is very interesting. 

The Epic of Gilgamesh is a tragic tale of adventure and morality. It is the oldest epic poem to have survived so we could read it four millennia later. It started around 2100 BCE as independent Sumerian poems that were compiled into an epic, in the Akkadian language, in the 18th century BCE under the title Shūtur eli sharrī (“Surpassing All Other Kings”) —but only a few fragments remain of that version. The definitive and more complete version of the Epic, titled Sha naqba īmuru (“He who Saw the Abyss”), was compiled around the 13th to the 10th century BCE by a scribe named Sîn-lēqi-unninni. The best preserved version was found on twelve clay tablets written in cuneiform and comes from the ruins of Ashurbanipal’s library in 7th-century Nineveh. The Epic is a “poem in twelve songs (…) of about three hundred lines each (…) written in loose rhythmic verse with four beats to a line”.

To make the text more intelligible, Nancy K. Sandars chose not to present it in verse and not divide it into tablets. She compiled the story from all sources: the old Sumerian, the Akkadian (from the Assyrian tablets of Nineveh) as well as the Hittite (from Boghazköy).

The story begins with a prologue that introduces Gilgamesh (“I will proclaim to the world the deeds of Gilgamesh”). He was created by the gods with a “perfect body” that is two-third god and one-third man. He is praised for having built the walls of Uruk and a temple for Anu and Ishtar.

Chapter 1: The coming of Enkidu. Gilgamesh is an arrogant despot who oppresses his people to such an extent that the gods decide to create a rival for him, Enkidu, the wild man. Gilgamesh sends him a courtesan to civilize him (as wisdom weakened him). Their duel ended in mutual respect and it’s the beginning of a long “bromance” (male bonding). [tablets I-II]

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Tablet V

Chapter 2: The Forest Journey. Gilgamesh decides that he will go to the Cedar Forest to cut down trees and make a name for himself by destroying the evil. Together, Gilgamesh and Enkidu, defeat and kill the giant Humbaba. [tablets III-V] The forest (which is either located in the east in Elam or in the west in Amanus, north Syria, or Lebanon) represents real historical timber expeditions needed to bring raw materials to the cities. The forest is also full of “enchantments” that could represent the dangers of the mountains (earthquake, volcano, etc.).

Chapter 3: Ishtar and Gilgamesh, and the death of Enkidu. The goddess Ishtar (Inanna) tries to seduce Gilgamesh but he refuses her. She complains to her father, Anu, who sends the Bull of Heaven to devastate Uruk, but Gilgamesh and Enkidu kill him, redoubling the affront. To avenge themselves, the gods cause Enkidu to die of sickness. [tablets VII-VIII]

Chapter 4: The Search for Everlasting Life. Inconsolable, Gilgamesh wandered in the wilderness in search of ancestral wisdom, to question Utnapishtim about the meaning of death and life. Losing his companion made him terrified of death and he is wondering if there is a remedy. After meeting the scorpion-men, Siduri the wine-maker in the Garden of the gods, and finally the ferryman Ur-Shanabi, who carries him beyond the waters of death, he arrives at the end of the world to meet Utnapishtim. Like Siduri, who told Gilgamesh that he would never find immortality because death is the destiny that the gods allotted to all men—masters and servants, Utnapishtim tells him that there is no permanence in the world, and accordingly men should not expect to live forever. However, Gilgamesh asks him, “how was it that you came to enter the company of the gods and to possess everlasting life?”. Utnapishtim agrees to tell him a secret of the gods. [tablets IX-XI] Sandars notes many similarities with the homeric epics, which might have been inspired by the Epic of Gilgamesh — one of them is that Circe bears some likeness with Siduri.

British_Museum_Flood_Tablet

Tablet XI

Chapter 5: The Story of the Flood. As a lesson to Gilgamesh, Utnapishtim tells him how he survived the flood and became immortal. People having multiplied so much that they had become too noisy (“The uproar of mankind is intolerable and sleep is no longer possible by reason of the babel”), Enlil decided to exterminate mankind. However, Ea warns Utnapishtim in his dream and tells him to build an ark. He loads it with all his gold “and living things, my family, my kin, the beast of the field both wild and tame, and all the craftsmen.” The story is quite similar to the Great Flood as told in the Bible, save that it lasted only seven days. The gods are angry at Enlil for having acted alone and they reward Utnapishtim and his wife with everlasting life and make them “live in the distance at the mouth of the rivers” (a way of saying “sorry for the trouble” while making sure he would not tell this secret to anyone!). [tablet XI cont.]

Chapter 6: The Return. Utnapishtim nevertheless tells Gilgamesh how to get a plant that “restores his lost youth to a man (…) [and] all his former strength” — however, as Gilgamesh bathes, a serpent snatched it away. He returns to Uruk, the strong-walled city, empty-handed but wiser. “Gilgamesh, the king who knew the countries of the world (…) was wise, he saw mysteries and knew secret things, he brought us the tale of the days before the flood. He went a long journey, was weary, worn out with labour, and returning engraved on a stone the whole story”. [tablet XI cont.] Another possible influence on the Bible is the story where Gilgamesh, after arriving to the Garden of the gods, some sort of paradise, and finding the flower of youth, is sent back by Utnapishtim only to have his prize stolen by a serpent — which is somewhat reminiscent of the fall of man.

Chapter 7: The Death of Gilgamesh. “Gilgamesh, the son of Ninsun, lies in the tomb.” His destiny was fulfilled: it was not to have everlasting life, but his fate was to die. “None will leave a monument for generation to come to compare with his.” However heroes have both bright and dark sides. He was “given the kingship, (…) power to bind and to loose, to be the darkness and the light of mankind. He was given unexampled supremacy over the people (…) but do not abuse this power, deal justly with your servants in the palace, deal justly before the face of the Sun.” The people of the city chant, they lift up the lament, they weighed out their offerings. “O Gilgamesh, lord of Kullab, great is thy praise.”

Here Sandars chose not to include the text of tablet XII, “Enkidu and the Netherworld”, where Enkidu (despite having previously died on tablet VII) “goes down alive into the Underworld in order to bring back (…) [the] drum and drumstick that Gilgamesh has let fall into it”. Having broken the rules, Enkidu must remain in the Underworld but is allowed to briefly come back and tell Gilgamesh all about it. As it feels incompatible with the rest of the story, Sandars includes instead the “death of Gilgamesh”, which only appears in the Sumerian version, because “it makes a more satisfactory end”.

The Epic of Gilgamesh offers a simple text, easy to read and there’s no need to be an assyriologist to understand and enjoy it. It offers a glimpse into a very ancient and fascinating time of our civilisation about which we still have so much to learn. It is a shame that, in the last twenty years, instead of uncovering new information, we have been destroying those buried secrets because of the upheaval caused by the Irak war, the Syrian civil war and the madness of Daesh (ISIS).

Reading very old classics like The Epic of Gilgamesh or the Homeric epics (the Iliad and the Odyssey) remind us of how little the human mind has changed over the millennia (at least since the agricultural revolution during the Neolithic, 12,000 years ago). It is an interesting story that everyone should read at least once (or twice) in their life. Have you?

The Epic of Gilgamesh (by Anonymous, translated by Nancy K. Sandars). Harmondsworth: Penguin Books (Penguin Classics), 1972. 128 pages, $US 2.50 / $C 2.95, ISBN 014044100X. stars-3-0

The translated version by N.K. Sandars seems to be more difficult to find lately, and the new translation by Andrew Georges (2003) seems more easily available.

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© N.K. Sandars, 1960, 1964, 1972. All rights reserved.

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Gilgamesh (Jens Harder)

Gilgamesh-Harder-covL’Épopée de Gilgamesh est le plus ancien récit de l’histoire de l’humanité. Il nous est parvenu sous la forme de tablettes d’argile lacunaires, rédigées en sumérien, datées de la fin du IIIe millénaire avant JC.

Personnage hors du commun de la Mésopotamie antique, roi de la cité d’Uruk, Gilgamesh est un tyran mais il accomplit, avec l’aide de son ami Enkidu, des exploits qui permettent aussi de voir en lui le premier super-héros.

Avec le sens de la démesure qu’on lui connaît, Jens Harder a pris ce texte mythique à bras-le-corps. Tout en restant fidèle à l’esthétique des bas-reliefs témoins de ce lointain passé, il en fait une vraie bande dessinée, avec des décors grandioses, des monstres, des combats, des rêves, des dieux, de l’amour aussi.

Avec Jens Harder pour guide, suivez Gilgamesh et Enkidu dans la forêt de cèdres d’Humbahba, sur les rives de la Mer morte et jusqu’aux enfers. Une expérience de lecture unique, et une formidable porte d’entrée pour découvrir la civilisation mésopotamienne.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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C’est tout un accomplissement que d’adapter en bande dessinée l’Épopée de Gilgamesh, la plus vieille histoire d’aventure à nous être parvenue — plus vieux que Le dit du Genji [premier roman datant du XIe siècle de notre ère] ou que Les Mille et Une Nuits [contes aux source indo-persanes datant des IIIe-VIIe siècles mais compilés dans le monde musulman du IXe siècle], plus vieux que la Bible [l’Ancien Testament aurait été écrit entre le VIIIe et le IIe siècle avant notre ère (AEC)], au moins 1,500 ans plus vieux que les récits Homériques [une tradition orale du XIIe siècle mais écrite au VIIIe siècle AEC], ou possiblement même plus vieux que les épopées sanskrites indo-européennes qui auraient inspiré ces derniers (Mahabharata et Ramayana — tradition orale du XXIe siècle AEC mais transcrite au IVe siècle AEC). L’Épopée aurait été composé en sumérien vers la fin du IIIe millénaire (XXIIe-XXIe siècle AEC) mais n’a eut une forme écrite que vers les XVIIIe-XVIIe siècle AEC. La version définitive et la plus complète de l’Épopée a été retrouvé à Ninive et est écrite sur douze tablettes d’argile en akkadien cunéiforme et date du VIIe siècle AEC.

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Le récit se présente comme suit. Tablette I: Gilgamesh est le roi de la cité d’Uruk. C’est un despote arrogant qui oppresse son peuple, à un tel point que les dieux décident de lui créer un rival, Enkidu, l’homme sauvage. Tablette II: Gilgamesh lui envoie une courtisane pour le civiliser. Leur duel se solde par un respect mutuel, et c’est le début d’une longue “bromance” (amitié virile). Tablettes III-V: Ensemble, ils vont terrasser le géant Humbaba, dans la Forêt de Cèdre (Liban?). Tablette VI: La déesse Ishtar (Inanna) tente de séduire Gilgamesh mais celui-ci l’éconduit. Elle se plaint à son père, Anu, qui envoie le Taureau céleste pour dévaster Uruk, mais Gilgamesh et Enkidu le tue, redoublant l’affront. Tablettes VII-VIII: Pour se venger, les dieux font mourir Enkidu de maladie. Tablette IX-X: Inconsolable, Gilgamesh erre dans le désert à la recherche de son ancêtre Uta-napishti pour l’interroger sur le sens de la mort et de la vie. Après avoir rencontré les hommes-scorpions, la tavernière Siduri, et finalement le batelier Ur-Shanabi, qui l’emporte au-delà de l’océan de la mort, il arrive au bout du monde. Tablette XI: Uta-napishti lui raconte comment il a survécut au déluge et est devenu immortel. Il avertit Gilgamesh qu’il n’aura jamais l’immortalité mais lui indique néanmoins comment obtenir une plante qui redonne la jeunesse — toutefois Gilgamesh se la fait voler par un serpent. Il revient à Uruk bredouille mais plus sage. Tablette XII (fragment probablement ajouté ultérieurement): Gilgamesh échappe ses instruments de pouvoir dans les Enfers et Enkidu décide de les lui rapporter mais s’y retrouve prisonnier. Gilgamesh obtient de revoir brièvement son compagnon qui lui raconte son expérience aux Enfers.

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Gilgamesh a été adapté et illustré par Jens Harder, un artiste allemand qui a entreprit déjà plusieurs récit historiques ou journalistiques (Leviathan, La Cité de dieu, Alpha… directions, Beta… civilisations vol. 1, Cités: Lieux vides, rues passantes — presque tous primés et publiés en français chez Actes Sud – L’An 2). Comme il nous le fait remarquer dans sa postface, c’est une histoire qui a beaucoup influencé les mythes (Herakles) et les récits épiques subséquents (la Bible, le cycle troyen, les Milles et Une Nuits, etc.) et qui a encore des échos même aujourd’hui. Il souligne d’ailleurs les dimensions politiques de l’Épopée, qui est d’abord ancrée dans des faits géo-économiques réels (la nécessité d’abattre des cèdres pour répondre à la pénurie de bois en Mésopotamie et de se protéger du risque constant d’inondations (déluges), puisque le territoire est situé entre deux grands fleuves: le Tigre et l’Euphrate). Puis il y a un aspect socio-politique, où le peuple oppressé par un tyran implore les dieux, qui l’envoient dans une quête de gloire qui finira par l’assagir (étrangement, le fait que celui-ci soit arrogant, vaniteux, débauché — il invoque le droit de cuissage — braillard et reconnu pour avoir construit un mur de protection autour de la ville évoque une similitude amusante avec le quarante-cinquième président américain, l’héroïsme en moins!).

Le concept de cette BD est superbe. Elle nous offre un intéressant récit qui est très fidèle au texte original de l’Épopée. Toutefois, comme tout texte ancien, c’est plutôt formel et donc un peu laborieux à lire. Et l’auteur a du faire certains choix, narratifs d’abord (comme de ne pas inclure dans son adaptation la mort de Gilgamesh, qui n’apparait que dans la version Sumérienne de l’Épopée) et aussi visuels. En effet, l’adaptation est aussi un peu difficile à lire du point de vue graphique, car Harder ne suit pas la forme traditionnelle de la bande dessinée mais s’inspire plutôt de l’art mésopotamien. Il représente l’action en bichromie et aussi comme si c’était une fresque bidimentionnelle (les personnages étant vus exclusivement de face ou de profil!), faisant toutefois quelques concessions à la perspective afin de rendre le sujet visuellement compréhensible. C’est tout de même beau (dans son genre) et visuellement fascinant.

Somme toute c’est très intéressant si vous êtes curieux de connaître l’Épopée de Gilgamesh et surtout si vous êtes amateur d’Histoire. 

Gilgamesh, par Jens Harder (traduit de l’allemand par Stéphanie Lux). Mouthiers-sur-Boëme: Actes Sud – L’An 2, janvier 2018. 144 pages, cartonné, 19,5 x 30,5 cm, 19,80 € / $C 43.95, ISBN 978-2-330-09248-1. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Jens Harder, 2018 pour le texte et les dessins. © Actes Sud 2018 pour la traduction française.

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