dBD #130

dBD130-covJe feuillette le plus récent numéro de dBD (février 2019) dans l’espoir de découvrir de nouveau titres intéressants. Malheureusement, je suis déçu car je n’y trouve rien de bien passionnant pour moi. Toutefois, ce numéro nous offre un hommage à Stan Lee par une interview avec Jean-Marc Lainé (biographe de l’artiste américain) et une interview avec Didier Tarquin (Lanfeust de Troy) qui revient avec U.C.C. Dolores, une BD de SF très prometteuse où une nonne hérite d’un croiseur de guerre et se lance vers la Frontière spatiale (voir le sommaire de ce numéro pour plus de détails sur le contenu). 

Dans le cahier critique on retrouve notamment Nymphéas Noirs de Cassegrain, Duval & Bussi chez Dupuis (adaptation d’un thriller de Bussi qui se déroule à Giverny, “quoi de plus naturel que d’adapter un roman policier aux airs impressionnistes en BD”), Journal d’une vie tranquille par Tetsuya Chiba (Ashita no Joe) chez Vega (autobiographie de son enfance en Mandchourie, “extrêmement séduisant”), Avant de partir par Jung & Koo chez Sarbacane (manhwa coréen “merveilleusement étrange”), ABCD de la typographie chez Gallimard (ce collectif, scénarisé par David Rault, ambitionne de tracer “l’histoire de la typographie latine, intimement liés à celle de la BD”), Ragna Crimson par Daiki Kobayashi chez Kana (dark fantasy, histoire de chasseurs de dragons avec des personnages attachants, qui “tient pour l’instant ses promesses”), et Talentless t. 3 de Looseboy & Furuya chez Doki-Doki (“un peu la rencontre entre Battle Royale et les X-Men). Un magazine riche en information pour les amateurs de BD.

dBD #130 — Février 2019. [collectif dirigé par Frédéric Bosser] Boulogne-Billancourt: dBD sarl, février 2019. 100 p., 23 x 30 cm, 8.90 €. ISSN 1951-4050. Lectorat adolescent (12+). stars-2-5

Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

[ Biblio —  Wikipedia — WorldCat ]

[ Translate ]

Capsules

dBD #121

dBD-121dBD c’est toute l’actualité de la bande dessinée.

dBD, c’est chaque mois de longues et courtes interviews, des dossiers, des analyses, des portraits d’auteurs, un portfolio qui revient sur les images et les planches marquantes d’un créateur, des visites d’ateliers, des retours sur le passé et sur des albums majeurs dans l’histoire de la bande dessinée, des coups de gueules et de cœur mais également un important cahier critiques et un tableau des étoiles établi par des journalistes spécialisés.

dBD n’est pas un magazine que je lis régulièrement, même si je suis un grand amateur de BD et qu’il couvre aussi un peu le manga — que j’adore encore plus que la BD en générale. Et je n’en ai parlé qu’une seule fois jusqu’à maintenant lorsque j’ai commenté le numéro 215, qui mettait Valérian en couverture.

Dans ce cas-ci, dBD #121 a attiré mon attention à cause de sa couverture sur Naoki Urasawa (pour les détails sur le contenu, je vous renvoi au sommaire du numéro sur le site du magazine). Apparemment, c’est la première fois que dBD consacre sa couverture à un artiste japonais — et ce à l’occasion d’une exposition à l’Hôtel de Ville de Paris des planches d’Urasawa, qui avait déjà été mis à l’honneur à Angoulème. L’article de cinq pages passe en revue la carrière du mangaka qui est très connu en France pour ses nombreux succès: Monster, 20th Century Boys, Pluto, Billy Bat. Mais il ne faut pas oublié Master Keaton, Happy!, Yawara!, ou Pineapple Army. Je l’ignorais mais Kana a même publie une anthologie intitulé Histoires courtes de Naoki Urasawa. 

J’ai feuilleté le reste du magazine avec intérêt. Il faut dire que, dans le cas de dBD, c’est surtout les actualités et les critiques qui sont intéressantes. Je connais très peu les auteurs de BD qui publie de nos jours. La scène BD est très différente de l’époque de mon enfance où elle se limitait surtout aux auteurs et artistes orbitant autour des périodiques Pilote et Tintin. La quantité de titres publiés annuellement de nos jours est tout simplement époustouflante! Ah, si j’avais des centaines d’heures pour lire chaque semaine!

Quelques titres ont attiré mon regard: la revue L’Histoire consacre un numéro Hors-Série à la série de BD Alix de Jacques Martin; San Antonio de Frédéric Dard fait un retour en BD avec San-Antonio chez les Gones par Michaël Sanlaville chez Casterman; Delcourt/Tonkam réédite Fruits Basket par Natsumi Takaya en douze volumes doubles (Perfect) et en rajoute avec la publication du spin-off Fruits Basket Another; critique de Le coeur des amazones par Bindi & Rossi chez Casterman (“une relecture féministe du mythe” troyen); critique de Le goût d’Emma par Takahama, Maisonneuve & Pavlowitch chez Les Arènes (les aventures d’une critique culinaire); critique de Osamu Tezuka, Une vie en manga chez Pika (“biographie colossale”); critique de Souvenirs d’Emanon par Kajio & Tsuruta chez Ki-oon (histoire décevante mais “graphisme enchanteur (…), trait d’une élégance rare”); et une critique de L’Atelier des sorciers par Kamome Shirahama chez Pika (“une belle découverte”). Un magazine riche en information pour les amateurs de BD.

dBD #121 — mars 2018. [collectif dirigé par Frédéric Bosser] Boulogne-Billancourt: dBD sarl, mars 2018. 100 p., 23 x 29.7 cm, 8.90 €. ISSN 1951-4050. Lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

[ Biblio —  Wikipedia — WorldCat ]

[ Translate ]

Capsules

Animeland #224

224-coverLa nostalgie n’aura jamais autant été d’actualité ! Cowboy Bebop, une des plus grandes séries animées, fête ses 20 ans cette année ! Retrouvez dans le magazine un dossier spécial consacré à ses créateurs, interviewés pour l’occasion.

Retrouvez aussi notre dossier éco, cette fois consacré aux fan-arts (et à leur business !), un dossier anime dédié à Monogatari, la rubrique pop-corn et ses reviews de films (Flavor of Youth, My Hero Academia: Two Heroes, Bungo Stray Dogs: Dead Apple…), les chroniques anime et manga, la suite de notre dossier manga consacré à L’Attaque des Titans, la review du jeu vidéo Octopath, notre rubrique Portrait de voix…

J’avais planifié de commenter AnimeLand régulièrement mais je me suis retrouvé assez occupé (et la bibliothèque où je le lis ne le reçoit pas toujours de façon très assidue — si j’avais un service de presse comme dans le bon vieux temps cela serait tellement plus simple!). Alors quand un nouveau numéro paraissait, je retournais simplement celui qui trainait sur le coin de mon bureau sans l’avoir commenté. J’ai donc passé quatre numéros sans les commenter. Toutefois, quand j’ai vu ce numéro “Double” (148 pages au lieu de 116, et dans un format légèrement plus grand) je me suis dis qu’il fallait absolument que j’en parle. Alors voilà…

D’abord, il faut rappeler que AnimeLand est sans conteste le meilleur magazine d’information (en dehors du Japon, bien sûr) sur l’anime et le manga (qui sont couvert en part égale, avec un peu d’espace consacré au cinéma, aux jeux vidéos et à la paraphernalia, i.e. figurines, modèles réduits, etc.). Que ce soit tant pour ses informations (voir leur fil de nouvelle sur le site internet: anime et manga), leur dossiers, interviews ou critiques, ce magazine demeure une lecture incontournable pour tout les fans qui se respecte.

Dans ce numéro (pour les détails voir le sommaire du numéro sur le site du magazine) j’ai été tout particulièrement intéressé à la sélection de séries télé de la rédaction (je note Holmes of Kyoto, une série de 12 épisodes sur Crunchyroll où le personnage et son assistante font des enquêtes) ainsi que sa sélection de mangas récents (je note La fille du temple aux chats [Makoto Ojiro, Soleil], Les montagnes hallucinées [Gô Tanabe adaptant H.P. Lovecraft!, Ki-oon], Le vieil homme et son chat [Nekkomaki, Casterman] et la réédition de La vie de Bouddha [Osamu Tezuka, Delcourt/Tonkam]), un article de huit pages sur la saga Monogatari, une série d’articles et d’interview qui célèbrent les 20 ans de Cowboy Bepop, un article sur Visions d’Escaflowne, un très intéressant article sur la dernière étape de production d’une animation: le compositing, un petit article sur Noise — le plus récent manga de Tetsuya Tsutsui chez Ki-oon, un article sur le mangaka Kenji Tsuruta (Spirit of Wonder, Emanon, L’Île errante), et un article sur Le signe des rêves de Naoki Urasawa.

Il y a tant de choses à découvrir dans un seul numéro d’AnimeLand! C’est beaucoup de petits sujets (une ou deux pages) ce qui me donne l’impression que les articles sont toujours trop courts… J’aimerais bien de temps en temps voir de véritable articles de fond avec analyse, présentation des personnages, synopsis des épisodes, interview avec le directeur, etc.

Dans un magazine comme AnimeLand, quand on a soif de découverte, même les publicités peuvent être une source d’information. J’ai ainsi appris qu’AnimeLand, en partenariat avec les éditions Ynnis, sortait le livre 100 Films d’animation japonais, un répertoire des films les plus marquants et qui constituera sans aucun doute une des rares références en français sur ce genre (208 pages, 29,90 €, paru en Octobre). Avec le même partenariat, le magazine a aussi annoncé la parution de Quiz Animeland, un jeu questionnaire qui permettra au amateurs de tester leurs connaissances manga et anime en 500 questions, divisées en cinq rubriques: manga, film, anime, classique et expert (14,95 €, novembre 2018). 

Je crois qu’AnimeLand a bien compris qu’une publication périodique ne peut être que marginalement profitable et que pour survivre il faut multiplier le plus possible les publications parallèles (c’est ce que j’avais l’intention de faire avec PA…). Depuis longtemps déjà, l’équipe du magazine produit de nombreux numéros spéciaux (AnimeLand X-Tra) et Hors-Série (dont le plus récent, dédié au mangas, passe en revue l’année 2018 en mangas) — que ma bibliothèque ne reçoit malheureusement pas! Depuis quelques années, ils ont aussi produits de nombreux livres (consacrés aux studios Disney ou Ghibli, au 30ème anniversaire du Club Dorothée ou au centenaire de l’animation Japonaise (que j’ai déjà commenté), ou encore à la culture japonaise (son quotidien, ses “stars”). Ces ouvrages ne sont toutefois pas toujours facile à trouver outre atlantique (encore une fois, des services de presse seraient appréciés!)…

Finalement, on ne s’ennui jamais avec AnimeLand. Et je suis impatient de voir le prochain numéro dédié à Gunnm (Battle Angel Alita) et Mirai, Ma Petite Soeur.

AnimeLand #224 — Octobre/Novembre 2018 [Collectif dirigé par Émilie Jollois et Christopher Macdonald]. Paris, AM Media Network, septembre 2018. 148 p. 12.00 € / C$18.40. ISSN 1148-0807. Lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

[ Amazon — Biblio — Goodreads — Wikipedia — WorldCat ]

Voir aussi mes commentaires sur des numéros précédents:

/  #217-218-219  /  #216  /  #214-215  /  #209  /  etc.  /

[ Translate ]

Découverte: Gastrono Geek

GastronoGeek-covJe n’écris pas souvent sur la bouffe ou les livres de cuisine mais cela m’est quand même arrivé quelques fois. Bien sûr je ne suis pas du genre à lire ce type d’ouvrage d’une couverture à l’autre mais quand un sujet attire ma curiosité je suis prêt à feuilleter n’importe quel genre de livre pour vous le commenter.

Dans ce cas-ci, il s’agit de “42 recettes créatives et gourmandes autour de 15 thèmes incontournables de la culture geek. De Harry Potter à Star Wars, en passant par Dragon Ball, un hommage gastronomique à des références cultes et une série d’énigmes pour tester vos connaissances geek.” (Voir la couverture arrière)

Je remarque d’abord la très belle présentation de l’ouvrage, qui est plein de photos et d’illustrations, le tout emballé dans une charmante reliure. C’est donc un beau livre pour la cuisine ou la table de chevet. Le livre est divisé en cinq catégories (sci-fi, fantasy, mangas, horreur/fantastique et comics) et pour chacune d’entre elle il nous offre une aventure culinaire dans l’univers de trois mondes différents (tiré du cinéma, de la littérature ou de la bande dessinée), avec des recettes pour un repas complet (entrée, plat principal et dessert). Et c’est plus qu’un livre de recettes puisqu’on y retrouve des jeux et des énigmes. Tout cela est complété par la liste des ustensiles nécessaires, l’index des ingrédients, l’index des recettes, des lexiques et quelques astuces.

Il s’agit bien sûr ici non pas d’offrir des recettes imaginaires mais plutôt d’adapter des recettes existantes avec des ingrédients et une présentation inspirés par des sujets de l’imaginaire. Le résultat peut être parfois assez saisissant, comme le dessert L’Oeil de Sauron! Je ne cuisine pas beaucoup mais toutes ces recettes me semblent un peu compliquées. Ce n’est probablement pas un problème pour les cuistots sérieux mais cela pourrait être un peu rébarbatif pour les simples amateurs (quoique les recettes ont une cote de difficulté). Cela à l’air néanmoins très appétissant!

GastronoGeek-OeildeSauron

p. 44-45: L’oeil de Sauron (Sabayon à la pulpe d’orange et chocolat noir)

Gastrono Geek m’apparait donc comme une simple curiosité, une gâterie au service de la nostalgie geek, qui mérite tout de même un regard si les mondes de l’imaginaire et la cuisine vous intéresse. 

Ce n’est pas un livre unique puisqu’il s’agit d’une série où l’on retrouve aussi Geek & Pastry Gastrono Geek, Gastrono Geek: Dessins Animés, Le livre des potions, Codex Culinaire Assassin’s Creed, Les banquets d’Astérix, Gastrono Geek: Séries Cultes, et même Manuel de la Confrérie Assassin’s Creed ou Le Geek Touristique. Il y en a donc pour tout les goûts (toutefois les deux derniers ne sont pas des livres de cuisine mais des guides)! Thibaud Villanova ajoute de nouvelles recettes régulièrement sur son site officiel: gastronogeek.com (en fait une chaine video Youtube). 

Gastrono Geek, par Thibaud Villanova et Maxime Léonard. Paris: Hachette Pratique (Coll. CQFD), septembre 2014. 144 pages, 21.7 x 29.6 cm, 22,50 € / C$ 42.95, ISBN 978-2-01-231832-8. Pour public de tout âge. Voir la bande-annonce et un extrait. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWorldCat ]

[ Translate ]

Vous trouverez aussi la liste de toutes les recettes après le saut de page >>

Continue reading

Errances d’Emanon

image-1533042376“À bord du Sun Flower, Emanon a confié son étrange histoire à un étudiant qui lui rappelait son époux défunt. Mais cette traversée en bateau n’était qu’une infime partie du voyage de la jeune femme à la mémoire de trois milliards d’années : pour elle, une vie ne dure qu’un instant !

Cette passagère du temps poursuit inlassablement sa route, toujours prête pour de nouvelles rencontres. À la recherche d’un mystérieux trésor enfoui ou d’un frère perdu de vue, retrouvez-la dans ses errances…

Emanon est un des personnages les plus fascinants de la science-fiction contemporaine japonaise. Le dessinateur Kenji Tsuruta, tombé amoureux du concept imaginé par l’écrivain Shinji Kajio, donne un visage aussi vivant que mélancolique à cette incarnation féminine du passé, du présent et du futur de l’humanité. Que l’on croie ou non à son histoire, impossible d’oublier Emanon. Et elle non plus ne vous oubliera jamais…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

ATTENTION: Peut contenir des traces de “divulgâcheur” [spoilers]! Les personnes allergiques à toutes discussions d’une intrigue avant d’en avoir eux-même pris connaissance sont vivement conseillées de prendre les précautions nécessaires pour leur sécurité et devraient éviter de lire plus loin! 

Errances d’Emanon (さすらいエマノン / Sasurai Emanon) est le second tome d’un manga seinen publié au Japon en 2010. La série a été prépublié dans le magazine Comic Ryu et compilé en volumes chez Tokuma Shoten. Ce manga peut se lire indépendamment du premier volume, Souvenirs d’Emanon, que nous avons déjà commenté en septembre 2018. L’histoire est basée sur une série de romans de science-fiction par Shinji KAJIO (aussi publiés par Tokuma Shoten), débutée avec une nouvelle en 1983, qui met en scène le personnage de “Emanon” (“no name” en anglais [sans nom] épelé à l’envers), une mystérieuse jeune femme qui a l’étrange pouvoir de se souvenir des vies des tous les individus de sa ligne ancestrale maternelle depuis l’apparition du premier organisme unicellulaire, il y a trois millions d’année!

Ce volume contient deux récits. Le premier, illustré totalement en couleurs, se déroule à une date indéterminée (mais selon les informations fourni on peut calculer que c’est en 1968). Emanon est de passage dans un village pour récupérer un contenant de graines qu’elle y avait caché. Ce sont les semences d’une fleur jaune appelé “Rikaho” qui est en voie de disparition et dont le nectar constitue la nourriture unique d’une variété de scarabées. Ceux-ci produisent des bactéries qui sont capable d’immuniser contre un virus mortel dont certains singes de la jungle sont porteurs (Ebola?). Elle pense que ce serait peut-être là sa raison d’être. Elle confie le reste des graines à Atsushi, un jeune garçon du village dont elle a fait la rencontre, en lui disant qu’elle reviendrait plus tard les chercher. Dans le dernier chapitre, elle revient au village dans un futur indéterminé pour récupérer les graines et le village est englouti sous plusieurs mètres d’eau… Dans ce récit elle croise également une amie, Hikari, qui semble avoir connaissance de l’avenir (une voyageuse temporelle?). Emanon lui mentionne qu’elle a récemment revue son frère…

Le deuxième récit est illustré en noir et blanc et se situe en 1967. Emanon débarque du traversier Sun Flower (où se déroulait le récit du volume précédent) et est à la recherche de son frère. Depuis la nuit des temps ses ancêtres n’ont donné naissance qu’à une seule et unique fille à qui la mémoire ancestrale se transmettait, transformant après quelques années la mère en une coquille vide, amnésique. Or, la mère d’Emanon a donné naissance à des jumeaux, un garçon et une fille. Quant elle a été assez autonome, Emanon a abandonné son frère au “Jardin du Bonheur”, un centre social d’aide à l’enfance où il a été mis en adoption, et elle a placé sa mère dans l’hôpital d’une ville voisine. Takuma a lui aussi quelques pouvoirs (dont la pyrokinésie) puisqu’ils ont été capable de se retrouver sans effort (il peut sentir la présence lointaine d’Emanon comme un point lumineux dans son champs de vision). Son existence a donc aussi sa raison d’être, mais laquelle? Toutefois, Takuma est choqué par les révélations d’Émanon et ressent de la haine envers celle qui l’a abandonné… Ils ne se reverront que trente ans plus tard…

PlancheA_343663Le style de Kenji Tsuruta est plutôt classique car les ombrages et les textures sont fait au trait d’encre (il utilise très peu de trames) ce qui donne un résultat précis et détaillé, qui est assez agréable à l’oeil. La section couleur est colorée à l’aquarelle par dessus l’encrage, ce qui parait encore plus beau. Le récit de Shinji Kajio est assez simple malgré les nombreux changements d’époques. L’histoire est fascinante et captivante. On aimerait bien en savoir plus sur Emanon mais le récit se développe très lentement, avec par moment très peu de dialogue. C’est un auteur qui semble bien aimer la science-fiction (Emanon lit Hauser’s Memory de Siodmak et cite Ray Bradbury) et dont j’aimerais bien lire d’autres de ses oeuvres. Il n’est malheureusement pas traduit (comme c’est le cas de la plupart de la SF japonaise). Plusieurs de ses nouvelles ont cependant été traduite en anglais dans la série d’anthologie Speculative Japan publié chez Kurodahan Press.

Dans l’ensemble, Errances d’Emanon est une très bonne lecture. J’aime bien ce personnage mystérieux et ce lent récit où l’on se demande toujours où il nous mènera. Malheureusement, Ki-oon n’a pas encore annoncé de date de parution pour les volumes trois et quatre. Par contre, Dark Horse publiera le premier volume en anglais, Memories of Emanon, dès mai 2019!

Errances d’Emanon, par Shinji KAJIO (scénario) et Kenji TSURUTA (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Latitudes), septembre 2018. 208 pages (64 en couleurs), 17 x 24 cm, 15,00 € / $28.95 Can. ISBN 979-10-327-0315-1. Pour un lectorat adolescent (16 ans et plus; contiens de la nudité). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWorldCat ]

SASURAI EMANON © Shinji Kajio, Kenji Tsuruta 2012 / TOKUMA SHOTEN PUBLISHING CO., LTD

[ Translate ]

Logo-ErrancesEmanon

Découverte: Mangas de chats

Les chats ont toujours été populaires en bande dessinée. On a qu’a penser à Garfield ou Le chat du rabbin. C’est toutefois encore plus vrai au Japon où l’on retrouve une quantité phénoménale de manga qui ont des chats comme protagonistes ou comme sujet principal. Plusieurs listes de titres plus ou moins exhaustives sont déjà disponibles pour les amateurs (Anime Planet, Barnes & Noble, Goodreads, Manga Updates, etc.) mais je me permet toute de même d’y ajouter la mienne (tous ces titres sont disponibles dans le réseau des bibliothèques de Montréal):

Certains autres titres sont traduits mais pas encore disponibles dans les bibliothèques de Montréal:

  • Kanojo to Kanojo no Neko / She and her cat (Makoto Shinkai) Kodansha
  • Neko Atsume: Kitty Collector Haiku — Seasons of the Kitty (Hit-Point) Viz Media
  • Nekogahara: Stray cat samurai (Hiroyuki Takei) Kodansha
  • Neko Ramen (Kenji Sonishi) TokyoPop

Et quelques autres titres qui ne sont pas encore traduits mais qui me semblent intéressants…

  • Cha! Chu! Cho! (Ei Mihara)
  • Deka Neko Hiyori (Emi Hashimoto)
  • Kyou no Nyakotan (Minori Kashiwa)
  • My Roommate is a Cat / Dōkyonin wa Hiza, Tokidoki, Atama no Ue (Tsunami Minatsuki / Asu Futatsuya) Flex
  • Neko no Machi no Ko (Satoshi Morie)

J’ai déjà lu Les chats du Louvre, Le journal des chats de Junji Ito et What’s Michael?, mais je vais essayer de lire quelques autres titres de cette liste dans la prochaine année (Choubi-Choubi, Miaou! et Plum me semblent de bon candidats, mais je ne promet rien). Cette liste n’est toutefois que la pointe de l’iceberg!

Et vous, quels sont vos manga de chats préférés?

[ Translate ]

Mujirushi: Le Signe des rêves 2

signe-des-reves-2-covLe récit, débuté dans le premier volume, se poursuit. [Attention: SPOILER] Kasumi et son naïf de père Takashi ont un plan pour voler La Dentellière de Vermeer au Louvre: distribuer des masques de la présidente américaine Duncan (une sorte de mélange entre Trump et Hilary) dans le cadre d’un faux exercice d’évacuation et profiter de la confusion pour cacher le tableau dans les combles du musée. L’escroc Iyami, ce prétentieux personnage aux dents saillantes, espère profiter de la disparition du tableau pour vendre son faux à haut prix… Le pompier Michel tente de les en empêcher mais de toute façon Takashi ne réussi pas à saisir le tableau et le plan échoue… Toutefois, l’incident est perçu comme  une manifestation éclair anti-Duncan et, comme un scandale impliquant la président éclate au même moment, les masques de la présidente reviennent populaire et l’usine de Takashi suffit à peine à répondre à la demande. Sa femme revient et sa fortune est retrouvée!

signe-des-reves-2-bcovEntremêlé au récit principale on retrouve trois autres histoires: celle de l’inspecteur japonais à la poursuite d’un trafiquant de tableaux volés qui fait erreur sur la personne; deux journalistes qui “suivent” la présidente Duncan et révèlent le scandale; et finalement l’histoire de Kyôko, une japonaise qui a vécu à Paris et s’est occupé de Michel quand il était jeune. Finalement, l’histoire qui lie Kyôko et Iyami n’a rien de mystique et, si elle est un peu rocambolesque, elle est même plutôt décevante tellement qu’elle est banale. 

signe-des-reves-2-plancheLe manga nous offre quatre planches en couleurs et se conclue avec les fiches signalétiques de deux des oeuvres du Louvre représentées dans le récit (La Dentellière de Vermeer et la statue égyptienne du couple Sementaouy et Rouiay), une postface de Naoki Urasawa (qui explique la genèse du manga) et la présentation du personnage de Iyami. C’est sans doute cette dernière qui est la plus intéressante car elle donne une nouvelle optique au récit. On y explique que Iyami est en fait un personnage très populaire du manga Osomatsu-kun par Fujio Akatsuka. Le récit est donc rempli d’inside jokes que seul les gens familier avec cet aspect de la culture japonaise peuvent comprendre  et apprécier. Cela m’avait échappé…

Si le dessin de Naoki Urasawa semble un peu ordinaire, il est très efficace à exprimer l’action et l’émotion des personnages. Et, si la conclusion de l’histoire est un peu décevante, le récit est bien mené et captivant. Le signe des rêve demeure donc une bonne lecture. C’est du Urasawa, après tout!

Mujirushi: Le Signe des rêves 2, par Naoki Urasawa. Paris: Futuropolis / Louvre Éditions, octobre 2018. 136 pages, 19.5 x 26.5 cm, 20,00 €  / $39.95 Can. ISBN 978-2-7548-2581-8. Sens de lecture original (de droite à gauche). Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© 2018 Urasawa Naoki • N Wood Studio / Futuropolis • Musée du Louvre Éditions.

[ Translate ]

Capsules