Les Montagnes Hallucinées T. 1

MontagnesHallucinées-t1-covEn 1931, une expédition de sauvetage découvre le campement en ruines du Pr Lake, parti explorer l’Antarctique quelques mois plus tôt. Son équipe de scientifiques avait envoyé un message annonçant une découverte extraordinaire avant de sombrer dans le silence…

Sur place, des squelettes humains dépouillés de leur chair laissent imaginer les scènes d’horreur qui ont pu se dérouler. Plus perturbantes encore : les immenses montagnes noires aux pics acérés au pied desquelles le Pr Lake et ses compagnons ont rendu l’âme… Ces terres désolées semblent cacher de terribles secrets. Gare aux imprudents qui oseraient s’y aventurer !

Avec un trait sombre et réaliste, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H. P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Aux confins des terres inexplorées, la joie de la découverte laisse place à une lutte sans espoir contre la terreur et la folie ! (Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

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Les montagnes Hallucinées (狂気の山脈にて – ラヴクラフト傑作集 / Kūki no Sanmyaku ni te – ravukurafuto kessaku-shu / lit. “Dans une chaîne de montagnes folle; collection de chefs-d’œuvres de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans le magazine Comic Beam (2016-17, Enterbrain), puis compilé en quatre volumes par Kadokawa. L’adaptation anglaise a été publié par Dark Horse et la version française est paru chez Ki-oon. TANABE Gou a aussi adapté en manga plusieurs autres récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse), The Colour Out of Space (2015), et The Haunter of the Dark (2016).

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Ce manga est l’adaptation d’un court roman (ou novella) de H.P. Lovecraft (elle-même inspirée par le roman de Edgar Allan Poe, Les aventures d’Arthur Gordon Pym). En 1931, une expédition scientifiques de l’Université de Miskatonic se rend en Antarctique à bord du brick Arkham et de la goélette Miskatonic pour pousser plus loin les explorations de Shackleton, Amundsen, Scott et Byrd. Au-delà des Monts Terror et Erebus, de la chaîne de l’Amirauté et même du Mont Nansen, ils découvrent une chaine de montagnes noires. Ils y trouvent de nombreux fossiles et même, dans une caverne, les restes de créatures incomparables — qui leur rappel un peu la description que le Necronomicon faisait des Grands Anciens! Mais une tempête violente interrompt la communication avec l’équipe de Lake. Après la tempête, Dyer vient à leur rescousse mais découvre le camp anéanti, les membres de l’équipe de Lake étant tous morts et mutilés—sauf un, Gedney, qui semble avoir fuit en traineau à chien. À la recherche de celui-ci, ils montent une expédition pour aller voir ce qu’il y a au-delà des montagnes… Qu’y trouveront-ils? À suivre avec le tome 2!

Cette histoire me rappelle un peu le film The Thing (qui se passe aussi en Antarctique) et la série télé The Terror (adaptation d’un roman de Dan Simmons sur l’expédition perdue de Franklin raconté avec un ton légèrement horrifique et dont j’ai déjà parlé) qui ont possiblement été inspirés par la nouvelle de Lovecraft.

Ce manga nous offre un superbe livre avec une couverture en simili cuir, imitant les livres anciens, et quelques illustrations couleurs au début. Le dessin est très beau: sombre mais très détaillé. Toutefois, l’excès de détails dans les structures complexes (neige, montagne, paysage d’arrière plan) les rende un peu confuse (à dessein?). Le récit est fluide mais ne réussit cependant pas à m’impressionner.  La narration est trop anecdotique, trop rapide et avare de détails. La faute en tient sans doute à la nouvelle de Lovecraft, que le manga adapte assez fidèlement. La nouvelle est composée de douze chapitres, et le premier volume du manga couvre les quatre premiers.

C’est une très bonne lecture mais je réserve toutefois mon jugement final tant que je n’ai pas lu le deuxième volume, paru en Europe en mars 2019. Néanmoins, c’est à lire absolument si vous êtes le moindrement amateur de l’oeuvre de Lovecraft.

Les Montagnes Hallucinées T. 1 (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), octobre 2018. 294 p. 15 x 21 cm, 15 € / $C 27.50. ISBN 979-10-327-0362-5. Pour lectorat jeune adulte (16+). Un extrait de vingt-huit pages est disponible. Voir aussi la “bande annonce” sur Youtubestars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Tanabe Gou 2016 & 2017

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Capsules

Ad Astra VI

AdAstra-v06-covMalgré les réserves d’Aemilus, Varron reste fidèle à son plan. Il lance son immense armée contre les troupes carthaginoises, persuadé d’avoir identifié la stratégie de l’ennemi : profiter du terrain pour prendre l’adversaire au piège.

Mais rien ne se passe comme prévu et, dès le début des combats, la cavalerie romaine se fait décimer ! Tandis qu’Aemilius, blessé, cherche à préserver Scipion du carnage, le second consul prend lâchement la fuite. Si l’infanterie de Rome domine encore, la bataille ne fait que commencer…

Bravoure, complots et stratégie… Plongez au cœur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion !” (Texte de la couverture arrière)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO (dont c’est le premier titre) qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa Rome et Carthage. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française paraît chez Ki-oon.

AdAstra-v06-p21Le sixième volume est entièrement consacré à la bataille de Cannae et à ses suites immédiates. Encore une fois, les romains sont victimes de la brillante stratégie d’Hannibal. Toutes les batailles précédentes n’ont servi qu’à convaincre les romains qu’ils commençaient à comprendre sa stratégie afin qu’il puisse à nouveau les surprendre. Il commence par rassurer ses alliés gaulois en affirmant qu’ils vaincront malgré leur infériorité numérique (80,000 romains contre 50,000 alliés Carthaginois) et de lourdes pertes mais que cela en vaut la peine pour se venger du joug romains et pour l’honneur de la Gaule! Après avoir feint la retraite, les Carthaginois encerclent les romains et les massacrent. Minucius et Aemilius sont tué par Giscon. Scipion, qui avait reçu l’ordre de rester en retrait avec la cavalerie, décide de mobiliser les 10,000 hommes restés au camp en renfort mais ceux-ci refusent. Leur dernier ordre était de garder leur position et, Aemilius étant mort et Varron ayant “retraité” (fuit), il n’y a plus de généraux pour donner de nouveaux ordres.

Les pertes romaines sont lourdes: 60,000 morts (dix fois plus que les Carthaginois!) et 10,000 prisonniers (dont Rome refusera de racheter la liberté)! Maharbal est d’avis que les Carthaginois devraient profiter de la victoire et marcher sur Rome mais Hannibal refuse, ne voulant pas prendre de front un ville défendu par une muraille. Maharbal réponds “Tu sais vaincre, Hannibal, mais tu ne sais pas profiter de la victoire!” Par dépit, il massacre les villages environnants (Caius qui a survécu à la bataille mais a perdu un oeil, en est témoin). Hannibal envoi son frère Magon à Carthage pour réclamer des renforts. À Rome, Fabius reprends le pouvoir et envoi les soldats survivants en Sicile, sous le commandement de Marcellus. Scipion décide de suivre le cursus honorum et de briguer office pour éventuellement devenir consul même si la tâche se révèle ardue (“Per aspera ad astra” d’où le titre du manga). Il défit Marcellus pour obtenir son soutien à l’édilité mais celui-ci le punis. Lorsque Marcellus est rappelé en Italie pour défendre la Campanie contre Hannibal, Scipion demande à l’accompagner…

Ad Astra est un manga très bien dessiné — le style en est clair et précis. Le récit est fluide, intéressant et très instructif pour ceux qui s’intéresse à l’histoire et à la civilisation romaine. Cependant, malgré que le récit laisse de côté de nombreux détails historiques (si l’on compare à Tite-Live), ce manga s’étire sur treize volumes. Nous n’en sommes donc qu’à la moitié de l’histoire! Cela reste quand même, avec Pline, le manga historique idéal pour les amateurs d’histoire romaine.

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. VI, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, juin 2015. 210 pages, 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 978-2-35592-829-1. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

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Isabella Bird 4

IsabellaBird_4-cov“Des choses se trament à Tokyo… Le botaniste Charles Maries souhaite récupérer son interprète, et malheureusement le contrat qu’il a établi avec Ito est toujours valable. Les Parkes ont beau lui mettre des bâtons dans les roues, le chasseur de plantes est prêt à tout pour parvenir à ses fins ! 

Inconsciente de la menace qui plane sur son expédition, Isabella Bird a quant à elle atteint Niigata, première grande étape de son voyage. L’aventurière se prépare maintenant à partir vers le nord, pour ce qui devrait être la partie la plus éprouvante du périple…

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, Femme Exploratrice est un récit passionnant sur les rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

(Texte de la couverture arrière)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

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5 juillet 1878, Ito—l’interprète et guide de Isabella—se remémore sa rencontre avec le botaniste Charles Maries et les abus qu’il a subit sous son service. Le 12 juillet, ils quittent Niigata et, après avoir traversé le fleuve Shinano, prennent la longue route d’Echigo qui les mène vers Yamagata, puis Akita et, ultimememnt, à Aomori. Faute de chevaux, ils continuent la route à dos de vaches… Ils rencontrent un groupe de “bokka” (des femmes portant des marchandises sur leur dos). L’une d’elles, O-yu, est intéressée à apprendre l’écriture. Le 15 juillet, ils arrivent à Yamagata. Ils visitent l’hôpital local et Isabella est surprise (et un peu choquée) de voir les locaux habillés à l’occidental. La ville interdit même les habits traditionnels dans un effort d’entrer dans la modernité et d’obtenir la reconnaissance de l’Occident. Le dos d’Isabella la fait souffrir. 

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À l’étape de Tateoka, ils rencontrent un vieux couple d’aveugles, lui est anma (masseur) et elle est azusa-miko (nécromancienne qui utilise une sorte d’arc pour appeler les esprits). Isabella est surprise que Ito, qui normalement  abhorre les superstitions, croit au chamanisme. Ito reçoit une lettre de sa mère, auprès de laquelle Maries s’est plaint de son ingratitude. Il joint une note à la lettre enjoignant Ito de revenir à son service sous peine d’être poursuivi en justice. Il lui offre une augmentation et l’averti qu’Isabella souffre d’une maladie qui ronge ses vertèbres et que le voyage pourrait lui être fatal! Et cette mise en garde est confirmée par les prédictions de la voyante… Il ne sait que faire et se sent dans une impasse. Le dernier chapitre raconte une anecdote de la vie de Fanny Parkes, l’exubérante épouse du ministre plénipotentiaire britannique Harry Parkes.

Au fur et à mesure que le récit avance, ce manga s’épanoui sous nos yeux. L’histoire est non seulement captivante mais elle est riche en détails tant géographiques, botaniques que ethniques sur la culture Japonaise de l’ère Meiji. On y discute entre autre l’épineuse question du développement d’un pays: est-ce que modernisation devrait nécessairement vouloir dire occidentalisation? La tentation est grande de chercher à imiter pour plaire et ainsi évider la condescendance et le mépris des impérialistes du genre de Charles Maries. Le style graphique est encore un peu inégal mais demeure généralement très riche, détaillé et précis. C’est même superbe par moment. C’est donc un excellent manga historique que je recommande chaudement.

Isabella Bird, femme exploratrice T04 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), août 2018. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0305-2. Pour lectorat jeune (7+). stars-4-0

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© 2017 Taiga Sassa. All Rights reserved.

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Détour

DetourLes week-ends se déroulent rarement comme prévu. Je planifiais de faire de menus travaux, de la comptabilité, de lire et commenter des mangas (surtout Isabella Bird et Moriarty) et je me retrouve finalement à lire (relire?) des vieilles BDs de Moebius, à regarder des animés sur Netflix (Gundam Unicorn !) et à rechercher une nouvelle adaptation animée d’un vieux manga shōjo des années ’70 par nulle autre que Waki Yamato (Haikara-san ga tōru) et dont je parlerai sans doute amplement dans un futur proche…

Encore un coup de nostalgie. Cela faisait un bout de temps que j’avais pas regardé d’animés… C’est bon. Ça fait du bien. Et sur Netflix, qui plus est (quoiqu’on y retrouve rien de bien nouveau puisque Gundam Unicorn date déjà de 2010). Et ce n’est pas fini puisque Netflix a annoncé plusieurs titres d’animés à venir (dont Evangelion en juin, Saint Seiya plus tard dans l’été et Ghost In The Shell Stand Alone Complex en 2020 !!!). Ce n’est vraiment plus de la culture populaire (geeky stuff) mais cela commence à faire partie de la culture courante (mainstream)…

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Je suis un chat

Je-suis-un-chat“Le célèbre roman de Sôseki devient un manga. Célèbre et désopilant. Vue par l’œil ironique d’un chat doté de remarquables talents d’observation et d’analyse, voici la vie d’un professeur d’anglais et de son entourage au début du vingtième siècle, lorsque le Japon est secoué par l’essor des valeurs mercantiles venues d’Occident.

Le professeur Kushami, double de l’auteur, sa famille, ses visiteurs, l’étudiant amoureux, le tireur de pousse-pousse, le riche industriel, la maîtresse de koto, sans oublier les chats, l’univers fantaisiste et débridé du roman est parfaitement restitué, avec toute sa richesse et sa profondeur.”

(D’après le site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière)

Je suis un chat (吾輩は猫である / Wagahai wa, neko de aru / lit. “Moi qui suis un chat”) est l’adaptation en manga d’un classique de la littérature japonaise par le romancier Sôseki. Le roman avait d’abord été publié en feuilletons dans la revue littéraire Hototogisu entre 1905 et 1906. 

9782809711905_pgKushami est professeur de littérature anglaise à l’ère Meiji et tout un monde orbite autour de lui: ses étudiants (Meitei, Kangetsu), ses amis, sa famille, ses voisins. Le témoin de cette vie quotidienne est un chat sans nom, qui prends ici la place d’un narrateur omniscient. Il s’agit d’un récit satirique, qui parodie la classe moyenne japonaise ayant adopté tant bien que mal les coutumes de l’occident et qui se prends des airs arrogants. Une bonne partie de l’intrigue se déroule autour des spéculations sur le possible marriage de Kangetsu avec Tomiko, la fille des Kaneda — un riche marchand. Malheureusement, l’histoire finit mal pour le chat…

Le récit est très amusant et assez proche de l’oeuvre originale. Par contre, le style graphique est plutôt décevant: il est très simple (épuré, voir primitif) mais il fait tout de même le travail et illustre bien le récit. C’est une excellente façon de faire connaître cet oeuvre de Natsume Sōseki — dont le personnage est un peu l’alter ego de Sōseki qui était lui aussi professeur de littérature anglaise.

Je suis un chat, par Cobato Tirol (Traduction par Patrick Honnoré). Arles: Éditions Philippe Picquier, août 2016. 208 pages, 14,50€ / C$ 26.95, ISBN-13 : 978-2-8097-1190-5. Pour lectorat de tout âge. stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Tirol Cobato / Home She, 2010. © Éditions Philippe Picquier 2016 pour la traduction française.

A noter que l’on retrouve d’autre mangas aux Éditions Philippe Picquier:

Miss Hokusai Tome 1, par SUGIURA Hinako.
Dix Nuits Dix Rêves, par KONDÔ Yôko (D’après le roman de Sôseki).
La porte,  par INOUE Daisuke (d’après le roman de Sôseki).

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Capsules

On the frontier

9782505069812_cg“Avec ses histoires « tranches de vie », qui vous feront voyager de la douce innocence de l’enfance aux désillusions de la vieillesse avec des personnages hauts en couleur, ce titre émouvant se doit de finir entre vos mains. Un recueil d’histoires courtes poignantes, remplies d’émotions et de poésie.”

On the frontier (辺境で 伊図透作品集 / Henkyo de – izu toru sakuhin-shu / lit. “At the frontier: Izu Toru Work Collection”) est un recueil rassemblant huit courtes premières oeuvres de Tôru Izu pré-publié entre 2007 et 2015 dans différents magazines. Il a été publié en 2016 chez Enterbrain (éditeur de Comic Beam). C’est le cinquième manga de Tôru Izu à être publié au Japon (après Mitsubachi no Kiss [ミツバチのキス / lit. “Kiss of the Killer Bee”, Futabasha, 2 vol., 2008], Onsa no Hibiki [おんさのひびき / lit. “Echo of the ancient time”, Futabasha, 3 vol., 2009], Ace [エイス, Kodansha, 3 vol., 2012], et Juuza no Uruna [銃座のウルナ / lit. “Urna of the gun turret”, Enterbrain, 6 vol. +, 2015]) mais le premier à être traduit en français.

Screen Shot 2019-02-24 at 19.39.22Dans “Steel Blue” (Steel Blue, 30 pages), une jeune étudiante en arts graphique, Kako Amakasu, choisie de faire une sculpture comme projet de fin d’étude au lieu d’un dessin comme ses collègues. Elle prends comme matériaux un rail de chemin de fer et des boulons qu’elle soude ensemble. Malgré les difficultés et son inexpérience avec la technique, elle est assez satisfaite du résultat même s’il laisse les professeurs un peu perplexes. Pré-publié chez Futabasha dans le magazine Manga Action (Avril 2008). Lauréat du 5e prix de Manga Action récompensant les débutants. C’est mon histoire favorite du lot. stars-4-0

 

Dans “Lace tes chaussures!” (靴ひもを結べ!/ Kutsu himo o musube!, 30 pages), on retrouve une Kanako Amakasu plus jeune (en dernière année de secondaire, juste avant d’entrer au collège) qui s’inquiète de sa carrière et du fait qu’être une femme est limitatif. Elle trouve les garçon idiots. Pourtant, elle se lie d’amitié avec Eto et Sakai qui aiment jouer à chat perché sur les hauteurs. Elle admire leur insouciance mais les incite tout de même à penser à leur avenir… Cette histoire a été pré-publié dans Manga Action (Septembre 2008) et constitue la première apparition (sous des noms différents) des personnages de sa série Onsa no Hibiki. stars-3-0

Dans “Lace tes chaussures! Épisode hivernal” (靴ひもを結べ!・冬 / Kutsu himo o musube! Fuyu, 24 pages), Kô Mizuura (qui que n’a que quatre orteilles aux pieds) vit à l’orphelinat “La maison de Hibikigaoka” avec Satomi, Daisuke, et Takashi. Il a un petit boulot de distributeur de journaux mais n’aime pas le faire en hiver car il a froid au pieds. Il est amateur de chaussures et admire les bottes d’une serveuse de café mais ne croit pas pouvoir se les payer. Pré-publié dans Gekkan Comic Beam (septembre 2015). stars-3-0

Dans “On the frontier” (辺境で / Henkyō de, 42 pages), des hommes travaillent dure à la construction d’un chemin de fer dans un pays désertique mais froid qui n’est pas nommé (possiblement en Amérique du Sud?). Il s’agit d’une dictature où la guérilla fait rage. Les accidents de construction ne sont pas rares et souvent ils sont mortels. Un jeune se joint à l’équipe. C’est en fait un journaliste incognito mais il est découvert et exécuté… Toutefois, le contre-maître voit à le venger. Pré-publié dans Big Comic Spirits Casual (mai 2007) et lauréat du 59e prix Shinjin Komikku Taishô de Shōgakukan (débutant, catégorie seinen). J’aime bien. stars-3-5

Dans “”Laisse-moi” (ほっとけ / Hottoke, 16 pages), Mako s’inquiète pour Junki qui est dehors tard le soir à jouer seul car ses parents travaillent et ne sont jamais là. Elle s’inquiète aussi pour Eto que personne n’a vue depuis plusieurs jours. Elle trouve une excuse pour passer voir Junki, pensant qu’il s’ennui mais il s’amuse dans son imaginaire… Dans “Cerisier” (さくら / Sakura, 11 pages), des policiers visionnent une video où un jeune garçon se fait battre par un sadique. S’agit-il d’Eto? Dans “La pierre d’Union Soviétique” (ソ連の石 / Soren no ishi, 27 pages), Mako croise Eto dans le train. Il est plus sale et défraîchi qu’à l’habitude. Ils parlent de leur avenir. Eto lui remet une pierre qu’il dit avoir trouvé en Union Soviétique où il serait allé plusieurs fois comme passager clandestin. Il veut voyager autour du monde et découvrir les merveilles qui se font à l’étranger. Elle boude car elle ne veut pas qu’il reparte sans lui dire à elle et à Junki. Ces trois récits ont été publié à compte d’auteur (doujinshi?) dans le recueil Récits qui ont débordé puis sombré (あふれてしずんだお話たち / Afurete shizunda ohanashi-tachi, publié en décembre 2014 chez l’éditeur クリーク・アンド・リバー社 / Kurīku Ando ribā-sha / lit. “Ruisseau et rivière”). Le second est pratiquement incompréhensible et le plus intéressant du lot est le troisième. stars-2-5

Dans “Sans titre” (No Title, 40 pages), un gamin qui aime se balader sur les trains clandestinement et dit vouloir faire le tour du monde sans payer (Eto?) passe du temps avec les cheminots. Le vieux Duka lui montre les rudiment du métier. Mais celui est mis à la retraite et met fin à ses jours. Le jeune continue à se tenir avec le cheminots et McLintock s’occupe de lui un peu. C’est une histoire que Izu a créée avant de devenir mangaka. stars-3-0

Le style graphique de Tôru Izu, qui me semble influencé par celui de Leiji Matsumoto, est assez uniforme tout au long du volume. Par contre, les différentes histoires courtes sont de qualité et d’intérêt assez variable. Dans l’ensemble, le récit manque parfois de fluidité à un point où, dans certaine occasions, on se demande un peu ce qui se passe dans l’histoire. On the frontier demeure une bonne lecture et j’aimerais bien voir la traduction d’autres titres de cet auteur (comme Onsa no Hibiki, dont plusieurs histoires de ce livre semblent être la genèse, ou Juuza no Uruna qui a déjà été traduit en espagnol). La collection “Made In” de Kana semble offrir de nombreux auteurs peu connus mais intéressants et qui méritent probablement un coup d’oeil…

On the frontier : Recueil d’histoires courtes, par Tôru Izu (traduction par Pascale Simon). Bruxelles: Kana (Coll. Made In), mars 2018. 240 p., 14.8 x 21.0 cm, 15,00 € / $C 26.95. ISBN 978-2-5050-6981-2. Manga seinen pour public jeune adulte (14+). Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. Aussi disponible en format électronique sur iTunes. (Voir couverture arrière) stars-3-0

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© 2016 IZU Toru. All rights reserved. Édition française © Kana (Dargaud-Lombard s.a.) 2018.

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Animeland #224

224-coverLa nostalgie n’aura jamais autant été d’actualité ! Cowboy Bebop, une des plus grandes séries animées, fête ses 20 ans cette année ! Retrouvez dans le magazine un dossier spécial consacré à ses créateurs, interviewés pour l’occasion.

Retrouvez aussi notre dossier éco, cette fois consacré aux fan-arts (et à leur business !), un dossier anime dédié à Monogatari, la rubrique pop-corn et ses reviews de films (Flavor of Youth, My Hero Academia: Two Heroes, Bungo Stray Dogs: Dead Apple…), les chroniques anime et manga, la suite de notre dossier manga consacré à L’Attaque des Titans, la review du jeu vidéo Octopath, notre rubrique Portrait de voix…

J’avais planifié de commenter AnimeLand régulièrement mais je me suis retrouvé assez occupé (et la bibliothèque où je le lis ne le reçoit pas toujours de façon très assidue — si j’avais un service de presse comme dans le bon vieux temps cela serait tellement plus simple!). Alors quand un nouveau numéro paraissait, je retournais simplement celui qui trainait sur le coin de mon bureau sans l’avoir commenté. J’ai donc passé quatre numéros sans les commenter. Toutefois, quand j’ai vu ce numéro “Double” (148 pages au lieu de 116, et dans un format légèrement plus grand) je me suis dis qu’il fallait absolument que j’en parle. Alors voilà…

D’abord, il faut rappeler que AnimeLand est sans conteste le meilleur magazine d’information (en dehors du Japon, bien sûr) sur l’anime et le manga (qui sont couvert en part égale, avec un peu d’espace consacré au cinéma, aux jeux vidéos et à la paraphernalia, i.e. figurines, modèles réduits, etc.). Que ce soit tant pour ses informations (voir leur fil de nouvelle sur le site internet: anime et manga), leur dossiers, interviews ou critiques, ce magazine demeure une lecture incontournable pour tout les fans qui se respecte.

Dans ce numéro (pour les détails voir le sommaire du numéro sur le site du magazine) j’ai été tout particulièrement intéressé à la sélection de séries télé de la rédaction (je note Holmes of Kyoto, une série de 12 épisodes sur Crunchyroll où le personnage et son assistante font des enquêtes) ainsi que sa sélection de mangas récents (je note La fille du temple aux chats [Makoto Ojiro, Soleil], Les montagnes hallucinées [Gô Tanabe adaptant H.P. Lovecraft!, Ki-oon], Le vieil homme et son chat [Nekkomaki, Casterman] et la réédition de La vie de Bouddha [Osamu Tezuka, Delcourt/Tonkam]), un article de huit pages sur la saga Monogatari, une série d’articles et d’interview qui célèbrent les 20 ans de Cowboy Bepop, un article sur Visions d’Escaflowne, un très intéressant article sur la dernière étape de production d’une animation: le compositing, un petit article sur Noise — le plus récent manga de Tetsuya Tsutsui chez Ki-oon, un article sur le mangaka Kenji Tsuruta (Spirit of Wonder, Emanon, L’Île errante), et un article sur Le signe des rêves de Naoki Urasawa.

Il y a tant de choses à découvrir dans un seul numéro d’AnimeLand! C’est beaucoup de petits sujets (une ou deux pages) ce qui me donne l’impression que les articles sont toujours trop courts… J’aimerais bien de temps en temps voir de véritable articles de fond avec analyse, présentation des personnages, synopsis des épisodes, interview avec le directeur, etc.

Dans un magazine comme AnimeLand, quand on a soif de découverte, même les publicités peuvent être une source d’information. J’ai ainsi appris qu’AnimeLand, en partenariat avec les éditions Ynnis, sortait le livre 100 Films d’animation japonais, un répertoire des films les plus marquants et qui constituera sans aucun doute une des rares références en français sur ce genre (208 pages, 29,90 €, paru en Octobre). Avec le même partenariat, le magazine a aussi annoncé la parution de Quiz Animeland, un jeu questionnaire qui permettra au amateurs de tester leurs connaissances manga et anime en 500 questions, divisées en cinq rubriques: manga, film, anime, classique et expert (14,95 €, novembre 2018). 

Je crois qu’AnimeLand a bien compris qu’une publication périodique ne peut être que marginalement profitable et que pour survivre il faut multiplier le plus possible les publications parallèles (c’est ce que j’avais l’intention de faire avec PA…). Depuis longtemps déjà, l’équipe du magazine produit de nombreux numéros spéciaux (AnimeLand X-Tra) et Hors-Série (dont le plus récent, dédié au mangas, passe en revue l’année 2018 en mangas) — que ma bibliothèque ne reçoit malheureusement pas! Depuis quelques années, ils ont aussi produits de nombreux livres (consacrés aux studios Disney ou Ghibli, au 30ème anniversaire du Club Dorothée ou au centenaire de l’animation Japonaise (que j’ai déjà commenté), ou encore à la culture japonaise (son quotidien, ses “stars”). Ces ouvrages ne sont toutefois pas toujours facile à trouver outre atlantique (encore une fois, des services de presse seraient appréciés!)…

Finalement, on ne s’ennui jamais avec AnimeLand. Et je suis impatient de voir le prochain numéro dédié à Gunnm (Battle Angel Alita) et Mirai, Ma Petite Soeur.

AnimeLand #224 — Octobre/Novembre 2018 [Collectif dirigé par Émilie Jollois et Christopher Macdonald]. Paris, AM Media Network, septembre 2018. 148 p. 12.00 € / C$18.40. ISSN 1148-0807. Lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

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Voir aussi mes commentaires sur des numéros précédents:

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