Venise

venise-taniguchi-castermanLa Sérénissime sublimée par Jirô Taniguchi.

Un homme arpente Venise hors des sentiers touristiques, sur les traces de son histoire familiale. Il se surprend parfois à flâner, se perd le long des canaux, s’arrête pour observer. A mesure que les brumes du passé se dissipent, c’est une nouvelle cartographie de la Sérénissime qui se dessine : contemplative et intrigante, majestueuse et intime.

(Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

J’ai fait la découverte en janvier (dans les pages du Animeland #219) de cette autre oeuvre éblouissante de beauté par le contemplatif Taniguchi. Originalement publié en anglais par Louis Vuitton (mai 2014) dans sa collection “Travel Book”, Venise est maintenant offert en français par Casterman.

Après le décès de sa mère, un homme découvre dans ses affaires une boîte en laque qui contient des cartes postales dessinées à la main et de vieilles photographies de Venise. Cela semble être des photos de ses grands-parents avec sa mère, enfant. Il se rends donc à Venise, sur les traces de son passé. Il flâne dans les rues, dans les échoppes, visite les site touristiques, des restaurants. Il semble que son grand-père était artiste-peintre et serait l’auteur des cartes postales. Il découvre son nom dans le livre d’or d’un vieil hôtel: Tsuguo Oribe. À l’aide des cartes postales, il suit sa piste. Il découvre de ses peintures dans un petit bistro, puis grâce aux indices donnés par la patron du bar, il retrouve l’appartement où il a habité. Des oeuvres de l’artiste y sont encore accrochés…

Taniguchi nous fait découvrir Venise à travers ce superbe bouquin illustré à l’aquarelle, présenté dans un format à l’italienne. C’est une sorte de mélange entre un carnet de voyage, le Promeneur et le Gourmet  Solitaire avec un texte minimaliste. Il y a vraiment très peu de texte: soixante-douze phrases, soit environ six-cent-soixante-quinze mots! C’est un peu décevant. Par contre, ici ce sont les images qui parlent. C’est graphiquement très beau et, d’une certaine façon, plutôt poétique. À voir, pour les amateur de Taniguchi (et de Venise).

 

Venise, par Jirô Taniguchi. Paris: Casterman, novembre 2017. 120 pages, 19.1 x 28.2 cm, 20,00 € / $36.95 Can. ISBN 9782203136908. Pour lectorat de tout âge (7+). Extraits disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

[ Translate ]

Découverte: Isabella Bird, Femme exploratrice

IsabellaBird-extrait-cov“À la fin du XIXe siècle, le Japon s’ouvre au monde et s’occidentalise à marche forcée. Mais le pays reste un vrai mystère pour la plupart des Européens, ce qui en fait une destination de choix pour la célèbre exploratrice anglaise Isabella Bird ! Malgré son jeune âge, elle est déjà connue pour ses écrits sur les terres les plus sauvages. Isabella ne choisit jamais les chemins les plus faciles et, cette fois encore, elle étonne son entourage par son objectif incongru : Ezo, le territoire des Aïnous, une terre encore quasi inexplorée aux confins de l’archipel… Le voyage s’annonce long et difficile, mais rien n’arrête la pétillante jeune femme !

Accompagnée de son guide-interprète, le stoïque M. Ito, la jeune femme parcourt un pays en plein bouleversement. Dans ses lettres quotidiennes à sa sœur, elle narre avec sincérité et force détails la suite de chocs culturels qu’elle expérimente. Elle veut tout voir, tout essayer, quitte à endurer chaleur, fatigue, maladie ainsi que les sarcasmes de ses pairs !

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[Texte du site de l’éditeur]

Un des volumes de Reine d’Égypte que j’ai lu récemment comportait en cadeau un extrait de 42 pages (aussi disponible sur le site de l’éditeur). Cela m’a mis l’eau à la bouche alors je compte bien me procurer les premiers volumes afin de commenter cette série plus avant. En attendant, voici mes premières impressions.

IsabellaBird-LogoIsabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) est sérialiszée depuis 2013 dans le magazine Harta de Enterbrain. La série est en cours avec 4 volumes parus au Japon, trois étant traduit en français jusqu’à maintenant (vol. 1: octobre 2017, vol. 2: décembre 2017, vol. 3: avril 2018). C’est le premier manga de l’auteur, Taiga SASSA. L’histoire est basée sur la correspondance de la célèbre exploratrice Isabella Bird avec sa soeur Henrietta (publié en Angleterre sous le titre Unbeaten Tracks in Japan, 1880).

C’est donc un manga historique et un travelogue sur le japon du 19e s. (ère Meiji) qui débute en 1878 alors que l’exploratrice arrive au Japon, un pays dont elle ne connait rien et dont elle espère visiter un des coins les plus reculer: l’île d’Ezo (Hokkaido) pour y rencontrer des Hainou. Elle sera accompagnée d’un jeune guide-interprète du nom de Tsurukichi Ito. Nous découvrons avec elle la culture japonaise.

Cela me semble très prometteur. Le style graphique rappelle beaucoup celui de Emma, un manga historique et une chronique sociale sur l’Angleterre victorienne par Kaoru Mori. J’ai bien hâte de lire les aventures d’Isabelle Bird.

Isabella Bird, femme exploratrice T01 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), octobre 2017. 240 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0166-9. Pour lectorat jeune (7+).

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat — Youtube ]

© 2015 Taiga Sassa KADOKAWA CORPORATION

[ Translate ]

Reine d’Égypte Vol. 2-3

“L’Égypte ancienne revisitée à travers les yeux d’Hatchepsout, la première grande reine de l’histoire de l’humanité ! Reine d’Égypte n’est pas seulement un régal pour les yeux, c’est aussi une fresque historique minutieusement documentée sur le combat d’une femme trop libre pour son époque. Son charisme, son intelligence et sa volonté sans faille sont ses meilleurs atouts, mais suffiront-ils à provoquer une révolution au pays des dieux ?” [Texte du site de l’éditeur]

Reine_d_Égypte-v02-cov“Parti en campagne à la frontière du royaume de Koush, Thoutmosis Ier reçoit une blessure fatale! Ivre de vengeance, son fils fait exécuter les prisonniers ennemis de la manière la plus sanglante qui soit et néglige ses devoirs de pharaon… Hatchepsout, qui tente de prendre en main les affaires de l’empire, se rend plus que jamais compte de son impuissance.

Mais sa rencontre avec Senmout, le nouveau scribe, va tout changer : devenu son allié, l’homme lui jure de la servir avec loyauté. À ses côtés, la jeune reine part inspecter le chantier de Karnak, sans savoir qu’à la cour des intrigues se tissent…”

[Texte de la couverture arrière]

Dans le second volume, en l’absence de Thoutmosis II, Chepsout s’immisce un peu plus dans les affaires d’état: elle assiste à des audiences, visite des chantiers, fait libérer les prisonniers du Wawat, etc. Sa relation avec le scribe Senmout devient plus familière. Pendant ce temps, Sothis la favorite du harem (qui entretient également une relation avec Snerseth, le grand prêtre d’Amon) n’hésite pas à causer la mort d’une rivale enceinte. Lorsque Chepsout l’apprend elle la fait punir. Senmout avoue son amour à Chepsout mais leur rapprochement attire les soupçons et celui-ci doit fuir la capitale. Son demi-frère Senmèn est nommé scribe à sa place. Chepsout prie son défunt père et est encore plus déterminé à devenir son véritable successeur afin d’amener la paix dans le royaume.

Le récit se développe au fur et à mesure que les intrigues de cours s’intensifient. L’exécution tant de la trame narrative que du dessin reste satisfaisante, assez pour nous offrir une très bonne et agréable lecture. Un bon exemple de manga historique.

Reine d’Égypte, vol. 2, par Chie INUDOH. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), juin 2017. 216 pg, 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can. ISBN 979-10-327-0126-3. Lectorat jeune adulte (16+ / nudité). stars-3-5

Reine_d_Égypte-v03-cov“Le harem de Thoutmosis est le théâtre de macabres machinations : Sothis, la favorite, entend bien conserver son rang, quitte à assassiner toute femme portant l’enfant de pharaon ! Lorsque Chepsout découvre la vérité, elle fait emprisonner la coupable, sans se douter que le châtiment est loin d’être suffisant…

Les conséquences ne se font pas attendre : de folles rumeurs commencent à courir sur les relations entretenues par la reine et son scribe, condamnant Senmout à l’exil. Désormais dotée du seul appui d’Hapouseneb, la jeune femme parviendra-t-elle à reprendre la main.”

[Texte de la couverture arrière]

Dans ce troisième volume, la chance de Chepsout tourne en sa défaveur. En développant une route commerciale au sud avec le Wawat, la frontière du nord est affaiblie et le royaume du Mitanni en profite pour attaquer. Chepsout, qui a retrouvé Sothis destituée et enceinte, la prends sous sa protection à la condition qu’elle puisse adopter l’enfant. Satré, sa nourrice et confidente s’y oppose vivement et est chassé du palais. Lorsqu’il apprend la naissance de l’enfant Thoutmosis s’en empare déjouant les plans de Chepsout. Pendant ce temps, Senmout (sous le pseudonyme de User) est le scribe de l’architecte Inéni.

Pour faire la paix avec les Mitanniens, Chepsout négocie une alliance en mariant le jeune prince Wadi à sa soeur Néfer. Mais elle est trahi par Satré qui raconte l’alliance secrète à Thoutmosis qui l’annule et décide plutôt de prendre lui-même Néfer comme seconde épouse. Pour épargner sa jeune soeur, Chepsout n’a pas d’autre choix que d’offrir à Thoutmosis de lui donner un héritier! Peu de temps avant la naissance de celui-ci, Thoutmosis tombe gravement malade. Avec un peu d’aide de Chepsout, il finit par mourir. Le fils de Sothis, prince Djehouty, devient alors Thoutmosis III sous la régence d’Hatchepsout!

Reine d’Égypte nous offre une vision un peu simpliste de l’histoire d’Hatchepsout mais avec une tournure décidément féministe, ce qui lui donne un ton plutôt actuel. Les intrigues se succèdent pour rendre le récit de plus en plus intéressant. De plus, le style graphique du manga semble s’améliorer un peu, gagnant en fluidité et précision. Et chaque nouveau volume nous offre plus de pages que le précédent! Reine d’Égypte demeure donc toujours aussi bon et agréable à lire.

Un quatrième volume devrait paraître en mai 2018!

Reine d’Égypte, vol. 3, par Chie INUDOH. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), octobre 2017. 224 pg, 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can. ISBN 979-10-327-0137-9. Lectorat jeune adulte (16+ / violence & nudité). stars-3-5

Voir mon commentaire sur le premier volume.

Vous trouverez également de l’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© 2016-2017 Chie Inudoh.

[ Translate ]

Reine d’Égypte Vol. 1

Reine_d_Égypte-v01-cov“C’est le début d’une nouvelle ère dans l’Égypte des pharaons : le mariage de la jeune Hatchepsout et de son demi-frère Séthi fait de ce dernier l’héritier légitime du trône, sous le nom de Thoutmosis II. Représentants des dieux sur terre, ils resplendissent sous leurs parures et forment à première vue un couple parfait. Seulement, sous ses airs d’épouse idéale, Hatchepsout cache une colère profonde… Elle ne veut pas être simple reine, mais plutôt devenir pharaon elle-même, comme son guerrier de père ! Enfant, elle ne cessait d’humilier Séthi au combat à l’épée, et elle est imbattable au tir à l’arc. Pourquoi ne serait-elle pas digne d’accéder au rang suprême, juste parce qu’elle est née femme ? Pour Hatchepsout commence alors un combat pour s’affranchir des conventions ancestrales d’une des plus grandes civilisations du monde !

L’Égypte ancienne revisitée à travers les yeux d’Hatchepsout, la première grande reine de l’histoire de l’humanité ! Reine d’Égypte n’est pas seulement un régal pour les yeux, c’est aussi une fresque historique minutieusement documentée sur le combat d’une femme trop libre pour son époque. Son charisme, son intelligence et sa volonté sans faille sont ses meilleurs atouts, mais suffiront-ils à provoquer une révolution au pays des dieux ?”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Continuer la lecture après le saut de page >>

Continue reading

Pline, vol. 4

Pline-v4-covÀ peine arrivé à Pompéi, Pline et ses compagnons sont témoins d’un grave tremblement de terre (62~63 A.D.). De nombreux édifices s’écroulent. Euclès est blessé par la chute d’une pierre. Felix est lui aussi blessé alors qu’il va récupérer les instruments d’un médecin dans les décombres de sa maison. L’eau coule à nouveau dans les canalisations. C’est le chaos en ville. Heureusement, l’auberge où ils se sont installé est intacte mais ils décident qu’il serait néanmoins plus prudent de quitter la ville. Ils quittent durant la nuit pour éviter que des marchands sans scrupules ne saisissent leur montures.

À Rome, Poppée est contrariée par le fait que la reconstruction en Campanie suite au tremblement de terre risque de retarder les célébrations de son marriage avec Néron et de la naissance de leur enfant. Elle rage contre Burrus qui lui raconte toutes les rumeurs qui courent contre elle et que le peuple favorise encore Octavie, la première épouse de Néron. Elle complote pour faire empoisonner Burrus et tente de convaincre Néron qu’Octavie complote contre lui.

Installé dans une villa de Stabies, Pline fait des recherches dans des rouleaux d’auteurs comme Diodore de Sicile, Strabon ou Silius Italicus qui démontrent que le Vésuve est bel et bien un volcan et risquerait donc de s’embraser à tout moment! Il reçoit une dépêche de Rome qui lui annonce que Burrus est mort d’une cause inconnue et que Octavie a été exécuté!

À Rome, on apporte à Néron la tête d’Octavie. Tigellin succède à Burrus. Sénèque garde Pline informé de ce qui se passe à Rome. Le divorce entre Néron et Octavie est publiquement annoncé et, douze jours plus tard, il célèbre ses noces avec Poppée. Sénèque recommande à Pline de ne pas revenir à Rome pendant quelques temps. Pline peste contre la corruption et la stupidité des humains. Il implore le Vésuve de lui offrir une belle éruption! Felix est témoin d’un chrétien qui prêche dans une taverne et qui se fait expulser. Une querelle de juif,  commente un client. Il ajoute que le prix à payer pour la gloire de l’empire est de “voir des gens d’autres contrées s’établir par ici en apportant leurs querelles avec eux…”

Une statuette d’envoûtement est retrouvé sous le lit de Poppée. Une comète apparait dans le ciel. Poppée tente par tout les moyens de briser la malédiction. Pendant ce temps, Pline disserte sur les superstitions…

Avec ce quatrième volume on voit un retour des intrigues à la cour de Néron, qui avaient été assez absente du volume précédent. Cela démontre bien comme la politique de l’époque pouvait être impitoyable. Les auteurs nous introduisent à d’autres éléments de la vie quotidienne sous l’empire ainsi que des “extraits” de l’Histoire Naturelle de Pline, notamment sur les spectres (lémures), la morale et la superstition, ainsi qu’un remède contre la calvitie! Un beau et instructif manga historique. À lire.

Pline, vol. 4: La colère du Vésuve, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), septembre 2017. 200 pg, 13 x 18 cm, 8,45 € ($15.95 Cnd), ISBN: 978-2-203-12160-7. stars-3-0

[ AmazonBiblioCastermanGoodreadsWikipediaWorldcat ]

Pline © 2015-2016 Mari Yamazaki, Tori Miki. © 2017 Casterman pour la traduction française.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

[ Translate ]

Pline, vol. 3

Pline-v3-covDans ce troisième volume, Pline va rendre visite à Sénèque. Burrus, le préfet du prétoire, vient les rejoindre car il est inquiet de la façon dont Néron mène les affaires d’état. Il dilapide les ressources sans compter, ne s’intéresse ni à la politique, ni au pouvoir. Il est violent et se laisse facilement manipuler par Poppée. Burrus cherche quelqu’un pour guider et contenir Néron mais Sénèque refuse. Burrus suggère aussi à Pline de quitter Rome avant qu’il ne soit convoqué par l’empereur…

Euclès va rendre une visite au lupanar dans l’espoir de voir Plautina mais elle n’y est plus. Sur le chemin du retour il a la vision d’un unicornus (Monoceros en grec, une créature mythique) mais il s’est probablement fait battre par des truands quoiqu’il n’en garde aucun souvenir. Il se rend à une rencontre secrète où prêche un chrétien et y rencontre Plautina. Celle-ci disparait à nouveau après que le lupanar soit incendié.

Pline recoit la visite de sa soeur Marcella et de son mari Lucius. Avec ce dernier, Pline visite le marché aux esclaves à la recherche d’une nourrice et d’une préceptrice pour leur enfant Gaius.  Pline et Felix quittent Rome pour la Campanie mais Euclès décide de rester. Il les rejoins toutefois un peu plus tard après avoir réfléchi un peu. En chemin, ils apprennent que l’approvisionnement d’eau d’Herculanum est coupé; ils se baignent dans une source d’eau chaude; ils rencontrent un troupeau de mouton asphyxié par des vapeurs délétères, etc. Autant de mauvais présages…

Le récit de Pline est plutôt lent mais cela permet aux auteurs d’y introduire plusieurs éléments de la vie quotidienne dans l’Empire Romain. On saute d’un personnage à l’autre (Pline, Euclès, Néron, etc.) ce qui donne parfois l’impression que le récit est moins fluide qu’il le pourrait et même anecdotique. En effet, les auteurs en profite pour intégrer au récit des éléments de l’Histoire Naturelle de Pline alors qu’on nous décrit licornes, manticores, éléphants, calmars et poulpes géantes, ou encore des “bouches des enfers” d’où s’échappe des gas volcaniques.

De volume en volume l’esthétisme graphique de Mari Yamazaki et Tori Miki ne cesse de s’améliorer alors qu’ils s’habituent à leur travail de collaboration pour fournir des planches de plus en plus riches et détaillées. C’est très agréable à l’oeil et à lire. Comme la plupart des manga historique, Pline s’avère assez éducatif car bien sûr il nous en apprend sur l’histoire de cette période, sur le naturaliste qu’était Pline et son oeuvre mais nous fait aussi réfléchir sur notre propre nature et celle du savoir, ainsi que notre relation avec ce qui nous entoure. Lorsque Euclès demeure à Rome pour réfléchir un peu sur ce qu’il veut faire, il a une conversation avec Anna, la préceptrice grecque. Elle lui dit que tant un individu qu’une société ne peut avoir d’aspirations sans le savoir et l’instruction.  “Il n’y a pas pires menace qui puissent peser sur une société que l’ignorance et l’inculture.” C’est sans doute le plus beau message de ce manga. À lire absolument!

Pline, vol. 3: Les griffes de Poppée, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), juin 2017. 200 pg, 13 x 18 cm, 8,45 € ($15.95 Cnd), ISBN: 978-2-203-13244-3. stars-3-5

[ AmazonBiblioCastermanGoodreadsWikipediaWorldcat ]

Pline © 2015-2016 Mari Yamazaki, Tori Miki. © 2017 Casterman pour la traduction française.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

 

[ Translate ]

Ad Astra, vol. 1-3

ad_astra-v01“Sicile, 241 avant J.-C. Après deux décennies de conflit avec Rome, l’armée carthaginoise menée par Hamilcar Barca doit déposer les armes. Son fils, Hannibal, a six ans quand il assiste à cette bataille. Mise en déroute, Carthage doit un tribut astronomique au vainqueur, et l’enfant est témoin, impuissant, de l’humiliation des siens.

Mais le jeune Hannibal refuse l’échec : élevé dans la haine de Rome, il va vouer son existence entière à la destruction de l’ennemi. Commence alors l’affrontement exceptionnel d’un des plus grands tacticiens de tous les temps et de son alter ego romain, le génie militaire Scipion l’Africain. Traversée des Alpes à dos d’éléphant, pillages impitoyables et combats parmi les plus sanglants de mémoire d’homme : un duel à mort qui a marqué l’Histoire…

Bravoure, complots et stratégie… Plongez au cœur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion !

[ Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière ]

Lire la suite après le saut de page >>
Continue reading