Je suis un chat

Je-suis-un-chat“Le célèbre roman de Sôseki devient un manga. Célèbre et désopilant. Vue par l’œil ironique d’un chat doté de remarquables talents d’observation et d’analyse, voici la vie d’un professeur d’anglais et de son entourage au début du vingtième siècle, lorsque le Japon est secoué par l’essor des valeurs mercantiles venues d’Occident.

Le professeur Kushami, double de l’auteur, sa famille, ses visiteurs, l’étudiant amoureux, le tireur de pousse-pousse, le riche industriel, la maîtresse de koto, sans oublier les chats, l’univers fantaisiste et débridé du roman est parfaitement restitué, avec toute sa richesse et sa profondeur.”

(D’après le site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière)

Je suis un chat (吾輩は猫である / Wagahai wa, neko de aru / lit. “Moi qui suis un chat”) est l’adaptation en manga d’un classique de la littérature japonaise par le romancier Sôseki. Le roman avait d’abord été publié en feuilletons dans la revue littéraire Hototogisu entre 1905 et 1906. 

9782809711905_pgKushami est professeur de littérature anglaise à l’ère Meiji et tout un monde orbite autour de lui: ses étudiants (Meitei, Kangetsu), ses amis, sa famille, ses voisins. Le témoin de cette vie quotidienne est un chat sans nom, qui prends ici la place d’un narrateur omniscient. Il s’agit d’un récit satirique, qui parodie la classe moyenne japonaise ayant adopté tant bien que mal les coutumes de l’occident et qui se prends des airs arrogants. Une bonne partie de l’intrigue se déroule autour des spéculations sur le possible marriage de Kangetsu avec Tomiko, la fille des Kaneda — un riche marchand. Malheureusement, l’histoire finit mal pour le chat…

Le récit est très amusant et assez proche de l’oeuvre originale. Par contre, le style graphique est plutôt décevant: il est très simple (épuré, voir primitif) mais il fait tout de même le travail et illustre bien le récit. C’est une excellente façon de faire connaître cet oeuvre de Natsume Sōseki — dont le personnage est un peu l’alter ego de Sōseki qui était lui aussi professeur de littérature anglaise.

Je suis un chat, par Cobato Tirol (Traduction par Patrick Honnoré). Arles: Éditions Philippe Picquier, août 2016. 208 pages, 14,50€ / C$ 26.95, ISBN-13 : 978-2-8097-1190-5. Pour lectorat de tout âge. stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Tirol Cobato / Home She, 2010. © Éditions Philippe Picquier 2016 pour la traduction française.

A noter que l’on retrouve d’autre mangas aux Éditions Philippe Picquier:

Miss Hokusai Tome 1, par SUGIURA Hinako.
Dix Nuits Dix Rêves, par KONDÔ Yôko (D’après le roman de Sôseki).
La porte,  par INOUE Daisuke (d’après le roman de Sôseki).

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Capsules

On the frontier

9782505069812_cg“Avec ses histoires « tranches de vie », qui vous feront voyager de la douce innocence de l’enfance aux désillusions de la vieillesse avec des personnages hauts en couleur, ce titre émouvant se doit de finir entre vos mains. Un recueil d’histoires courtes poignantes, remplies d’émotions et de poésie.”

On the frontier (辺境で 伊図透作品集 / Henkyo de – izu toru sakuhin-shu / lit. “At the frontier: Izu Toru Work Collection”) est un recueil rassemblant huit courtes premières oeuvres de Tôru Izu pré-publié entre 2007 et 2015 dans différents magazines. Il a été publié en 2016 chez Enterbrain (éditeur de Comic Beam). C’est le cinquième manga de Tôru Izu à être publié au Japon (après Mitsubachi no Kiss [ミツバチのキス / lit. “Kiss of the Killer Bee”, Futabasha, 2 vol., 2008], Onsa no Hibiki [おんさのひびき / lit. “Echo of the ancient time”, Futabasha, 3 vol., 2009], Ace [エイス, Kodansha, 3 vol., 2012], et Juuza no Uruna [銃座のウルナ / lit. “Urna of the gun turret”, Enterbrain, 6 vol. +, 2015]) mais le premier à être traduit en français.

Screen Shot 2019-02-24 at 19.39.22Dans “Steel Blue” (Steel Blue, 30 pages), une jeune étudiante en arts graphique, Kako Amakasu, choisie de faire une sculpture comme projet de fin d’étude au lieu d’un dessin comme ses collègues. Elle prends comme matériaux un rail de chemin de fer et des boulons qu’elle soude ensemble. Malgré les difficultés et son inexpérience avec la technique, elle est assez satisfaite du résultat même s’il laisse les professeurs un peu perplexes. Pré-publié chez Futabasha dans le magazine Manga Action (Avril 2008). Lauréat du 5e prix de Manga Action récompensant les débutants. C’est mon histoire favorite du lot. stars-4-0

 

Dans “Lace tes chaussures!” (靴ひもを結べ!/ Kutsu himo o musube!, 30 pages), on retrouve une Kanako Amakasu plus jeune (en dernière année de secondaire, juste avant d’entrer au collège) qui s’inquiète de sa carrière et du fait qu’être une femme est limitatif. Elle trouve les garçon idiots. Pourtant, elle se lie d’amitié avec Eto et Sakai qui aiment jouer à chat perché sur les hauteurs. Elle admire leur insouciance mais les incite tout de même à penser à leur avenir… Cette histoire a été pré-publié dans Manga Action (Septembre 2008) et constitue la première apparition (sous des noms différents) des personnages de sa série Onsa no Hibiki. stars-3-0

Dans “Lace tes chaussures! Épisode hivernal” (靴ひもを結べ!・冬 / Kutsu himo o musube! Fuyu, 24 pages), Kô Mizuura (qui que n’a que quatre orteilles aux pieds) vit à l’orphelinat “La maison de Hibikigaoka” avec Satomi, Daisuke, et Takashi. Il a un petit boulot de distributeur de journaux mais n’aime pas le faire en hiver car il a froid au pieds. Il est amateur de chaussures et admire les bottes d’une serveuse de café mais ne croit pas pouvoir se les payer. Pré-publié dans Gekkan Comic Beam (septembre 2015). stars-3-0

Dans “On the frontier” (辺境で / Henkyō de, 42 pages), des hommes travaillent dure à la construction d’un chemin de fer dans un pays désertique mais froid qui n’est pas nommé (possiblement en Amérique du Sud?). Il s’agit d’une dictature où la guérilla fait rage. Les accidents de construction ne sont pas rares et souvent ils sont mortels. Un jeune se joint à l’équipe. C’est en fait un journaliste incognito mais il est découvert et exécuté… Toutefois, le contre-maître voit à le venger. Pré-publié dans Big Comic Spirits Casual (mai 2007) et lauréat du 59e prix Shinjin Komikku Taishô de Shōgakukan (débutant, catégorie seinen). J’aime bien. stars-3-5

Dans “”Laisse-moi” (ほっとけ / Hottoke, 16 pages), Mako s’inquiète pour Junki qui est dehors tard le soir à jouer seul car ses parents travaillent et ne sont jamais là. Elle s’inquiète aussi pour Eto que personne n’a vue depuis plusieurs jours. Elle trouve une excuse pour passer voir Junki, pensant qu’il s’ennui mais il s’amuse dans son imaginaire… Dans “Cerisier” (さくら / Sakura, 11 pages), des policiers visionnent une video où un jeune garçon se fait battre par un sadique. S’agit-il d’Eto? Dans “La pierre d’Union Soviétique” (ソ連の石 / Soren no ishi, 27 pages), Mako croise Eto dans le train. Il est plus sale et défraîchi qu’à l’habitude. Ils parlent de leur avenir. Eto lui remet une pierre qu’il dit avoir trouvé en Union Soviétique où il serait allé plusieurs fois comme passager clandestin. Il veut voyager autour du monde et découvrir les merveilles qui se font à l’étranger. Elle boude car elle ne veut pas qu’il reparte sans lui dire à elle et à Junki. Ces trois récits ont été publié à compte d’auteur (doujinshi?) dans le recueil Récits qui ont débordé puis sombré (あふれてしずんだお話たち / Afurete shizunda ohanashi-tachi, publié en décembre 2014 chez l’éditeur クリーク・アンド・リバー社 / Kurīku Ando ribā-sha / lit. “Ruisseau et rivière”). Le second est pratiquement incompréhensible et le plus intéressant du lot est le troisième. stars-2-5

Dans “Sans titre” (No Title, 40 pages), un gamin qui aime se balader sur les trains clandestinement et dit vouloir faire le tour du monde sans payer (Eto?) passe du temps avec les cheminots. Le vieux Duka lui montre les rudiment du métier. Mais celui est mis à la retraite et met fin à ses jours. Le jeune continue à se tenir avec le cheminots et McLintock s’occupe de lui un peu. C’est une histoire que Izu a créée avant de devenir mangaka. stars-3-0

Le style graphique de Tôru Izu, qui me semble influencé par celui de Leiji Matsumoto, est assez uniforme tout au long du volume. Par contre, les différentes histoires courtes sont de qualité et d’intérêt assez variable. Dans l’ensemble, le récit manque parfois de fluidité à un point où, dans certaine occasions, on se demande un peu ce qui se passe dans l’histoire. On the frontier demeure une bonne lecture et j’aimerais bien voir la traduction d’autres titres de cet auteur (comme Onsa no Hibiki, dont plusieurs histoires de ce livre semblent être la genèse, ou Juuza no Uruna qui a déjà été traduit en espagnol). La collection “Made In” de Kana semble offrir de nombreux auteurs peu connus mais intéressants et qui méritent probablement un coup d’oeil…

On the frontier : Recueil d’histoires courtes, par Tôru Izu (traduction par Pascale Simon). Bruxelles: Kana (Coll. Made In), mars 2018. 240 p., 14.8 x 21.0 cm, 15,00 € / $C 26.95. ISBN 978-2-5050-6981-2. Manga seinen pour public jeune adulte (14+). Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. Aussi disponible en format électronique sur iTunes. (Voir couverture arrière) stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© 2016 IZU Toru. All rights reserved. Édition française © Kana (Dargaud-Lombard s.a.) 2018.

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Animeland #224

224-coverLa nostalgie n’aura jamais autant été d’actualité ! Cowboy Bebop, une des plus grandes séries animées, fête ses 20 ans cette année ! Retrouvez dans le magazine un dossier spécial consacré à ses créateurs, interviewés pour l’occasion.

Retrouvez aussi notre dossier éco, cette fois consacré aux fan-arts (et à leur business !), un dossier anime dédié à Monogatari, la rubrique pop-corn et ses reviews de films (Flavor of Youth, My Hero Academia: Two Heroes, Bungo Stray Dogs: Dead Apple…), les chroniques anime et manga, la suite de notre dossier manga consacré à L’Attaque des Titans, la review du jeu vidéo Octopath, notre rubrique Portrait de voix…

J’avais planifié de commenter AnimeLand régulièrement mais je me suis retrouvé assez occupé (et la bibliothèque où je le lis ne le reçoit pas toujours de façon très assidue — si j’avais un service de presse comme dans le bon vieux temps cela serait tellement plus simple!). Alors quand un nouveau numéro paraissait, je retournais simplement celui qui trainait sur le coin de mon bureau sans l’avoir commenté. J’ai donc passé quatre numéros sans les commenter. Toutefois, quand j’ai vu ce numéro “Double” (148 pages au lieu de 116, et dans un format légèrement plus grand) je me suis dis qu’il fallait absolument que j’en parle. Alors voilà…

D’abord, il faut rappeler que AnimeLand est sans conteste le meilleur magazine d’information (en dehors du Japon, bien sûr) sur l’anime et le manga (qui sont couvert en part égale, avec un peu d’espace consacré au cinéma, aux jeux vidéos et à la paraphernalia, i.e. figurines, modèles réduits, etc.). Que ce soit tant pour ses informations (voir leur fil de nouvelle sur le site internet: anime et manga), leur dossiers, interviews ou critiques, ce magazine demeure une lecture incontournable pour tout les fans qui se respecte.

Dans ce numéro (pour les détails voir le sommaire du numéro sur le site du magazine) j’ai été tout particulièrement intéressé à la sélection de séries télé de la rédaction (je note Holmes of Kyoto, une série de 12 épisodes sur Crunchyroll où le personnage et son assistante font des enquêtes) ainsi que sa sélection de mangas récents (je note La fille du temple aux chats [Makoto Ojiro, Soleil], Les montagnes hallucinées [Gô Tanabe adaptant H.P. Lovecraft!, Ki-oon], Le vieil homme et son chat [Nekkomaki, Casterman] et la réédition de La vie de Bouddha [Osamu Tezuka, Delcourt/Tonkam]), un article de huit pages sur la saga Monogatari, une série d’articles et d’interview qui célèbrent les 20 ans de Cowboy Bepop, un article sur Visions d’Escaflowne, un très intéressant article sur la dernière étape de production d’une animation: le compositing, un petit article sur Noise — le plus récent manga de Tetsuya Tsutsui chez Ki-oon, un article sur le mangaka Kenji Tsuruta (Spirit of Wonder, Emanon, L’Île errante), et un article sur Le signe des rêves de Naoki Urasawa.

Il y a tant de choses à découvrir dans un seul numéro d’AnimeLand! C’est beaucoup de petits sujets (une ou deux pages) ce qui me donne l’impression que les articles sont toujours trop courts… J’aimerais bien de temps en temps voir de véritable articles de fond avec analyse, présentation des personnages, synopsis des épisodes, interview avec le directeur, etc.

Dans un magazine comme AnimeLand, quand on a soif de découverte, même les publicités peuvent être une source d’information. J’ai ainsi appris qu’AnimeLand, en partenariat avec les éditions Ynnis, sortait le livre 100 Films d’animation japonais, un répertoire des films les plus marquants et qui constituera sans aucun doute une des rares références en français sur ce genre (208 pages, 29,90 €, paru en Octobre). Avec le même partenariat, le magazine a aussi annoncé la parution de Quiz Animeland, un jeu questionnaire qui permettra au amateurs de tester leurs connaissances manga et anime en 500 questions, divisées en cinq rubriques: manga, film, anime, classique et expert (14,95 €, novembre 2018). 

Je crois qu’AnimeLand a bien compris qu’une publication périodique ne peut être que marginalement profitable et que pour survivre il faut multiplier le plus possible les publications parallèles (c’est ce que j’avais l’intention de faire avec PA…). Depuis longtemps déjà, l’équipe du magazine produit de nombreux numéros spéciaux (AnimeLand X-Tra) et Hors-Série (dont le plus récent, dédié au mangas, passe en revue l’année 2018 en mangas) — que ma bibliothèque ne reçoit malheureusement pas! Depuis quelques années, ils ont aussi produits de nombreux livres (consacrés aux studios Disney ou Ghibli, au 30ème anniversaire du Club Dorothée ou au centenaire de l’animation Japonaise (que j’ai déjà commenté), ou encore à la culture japonaise (son quotidien, ses “stars”). Ces ouvrages ne sont toutefois pas toujours facile à trouver outre atlantique (encore une fois, des services de presse seraient appréciés!)…

Finalement, on ne s’ennui jamais avec AnimeLand. Et je suis impatient de voir le prochain numéro dédié à Gunnm (Battle Angel Alita) et Mirai, Ma Petite Soeur.

AnimeLand #224 — Octobre/Novembre 2018 [Collectif dirigé par Émilie Jollois et Christopher Macdonald]. Paris, AM Media Network, septembre 2018. 148 p. 12.00 € / C$18.40. ISSN 1148-0807. Lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

[ Amazon — Biblio — Goodreads — Wikipedia — WorldCat ]

Voir aussi mes commentaires sur des numéros précédents:

/  #217-218-219  /  #216  /  #214-215  /  #209  /  etc.  /

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Errances d’Emanon

image-1533042376“À bord du Sun Flower, Emanon a confié son étrange histoire à un étudiant qui lui rappelait son époux défunt. Mais cette traversée en bateau n’était qu’une infime partie du voyage de la jeune femme à la mémoire de trois milliards d’années : pour elle, une vie ne dure qu’un instant !

Cette passagère du temps poursuit inlassablement sa route, toujours prête pour de nouvelles rencontres. À la recherche d’un mystérieux trésor enfoui ou d’un frère perdu de vue, retrouvez-la dans ses errances…

Emanon est un des personnages les plus fascinants de la science-fiction contemporaine japonaise. Le dessinateur Kenji Tsuruta, tombé amoureux du concept imaginé par l’écrivain Shinji Kajio, donne un visage aussi vivant que mélancolique à cette incarnation féminine du passé, du présent et du futur de l’humanité. Que l’on croie ou non à son histoire, impossible d’oublier Emanon. Et elle non plus ne vous oubliera jamais…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

ATTENTION: Peut contenir des traces de “divulgâcheur” [spoilers]! Les personnes allergiques à toutes discussions d’une intrigue avant d’en avoir eux-même pris connaissance sont vivement conseillées de prendre les précautions nécessaires pour leur sécurité et devraient éviter de lire plus loin! 

Errances d’Emanon (さすらいエマノン / Sasurai Emanon) est le second tome d’un manga seinen publié au Japon en 2010. La série a été prépublié dans le magazine Comic Ryu et compilé en volumes chez Tokuma Shoten. Ce manga peut se lire indépendamment du premier volume, Souvenirs d’Emanon, que nous avons déjà commenté en septembre 2018. L’histoire est basée sur une série de romans de science-fiction par Shinji KAJIO (aussi publiés par Tokuma Shoten), débutée avec une nouvelle en 1983, qui met en scène le personnage de “Emanon” (“no name” en anglais [sans nom] épelé à l’envers), une mystérieuse jeune femme qui a l’étrange pouvoir de se souvenir des vies des tous les individus de sa ligne ancestrale maternelle depuis l’apparition du premier organisme unicellulaire, il y a trois millions d’année!

Ce volume contient deux récits. Le premier, illustré totalement en couleurs, se déroule à une date indéterminée (mais selon les informations fourni on peut calculer que c’est en 1968). Emanon est de passage dans un village pour récupérer un contenant de graines qu’elle y avait caché. Ce sont les semences d’une fleur jaune appelé “Rikaho” qui est en voie de disparition et dont le nectar constitue la nourriture unique d’une variété de scarabées. Ceux-ci produisent des bactéries qui sont capable d’immuniser contre un virus mortel dont certains singes de la jungle sont porteurs (Ebola?). Elle pense que ce serait peut-être là sa raison d’être. Elle confie le reste des graines à Atsushi, un jeune garçon du village dont elle a fait la rencontre, en lui disant qu’elle reviendrait plus tard les chercher. Dans le dernier chapitre, elle revient au village dans un futur indéterminé pour récupérer les graines et le village est englouti sous plusieurs mètres d’eau… Dans ce récit elle croise également une amie, Hikari, qui semble avoir connaissance de l’avenir (une voyageuse temporelle?). Emanon lui mentionne qu’elle a récemment revue son frère…

Le deuxième récit est illustré en noir et blanc et se situe en 1967. Emanon débarque du traversier Sun Flower (où se déroulait le récit du volume précédent) et est à la recherche de son frère. Depuis la nuit des temps ses ancêtres n’ont donné naissance qu’à une seule et unique fille à qui la mémoire ancestrale se transmettait, transformant après quelques années la mère en une coquille vide, amnésique. Or, la mère d’Emanon a donné naissance à des jumeaux, un garçon et une fille. Quant elle a été assez autonome, Emanon a abandonné son frère au “Jardin du Bonheur”, un centre social d’aide à l’enfance où il a été mis en adoption, et elle a placé sa mère dans l’hôpital d’une ville voisine. Takuma a lui aussi quelques pouvoirs (dont la pyrokinésie) puisqu’ils ont été capable de se retrouver sans effort (il peut sentir la présence lointaine d’Emanon comme un point lumineux dans son champs de vision). Son existence a donc aussi sa raison d’être, mais laquelle? Toutefois, Takuma est choqué par les révélations d’Émanon et ressent de la haine envers celle qui l’a abandonné… Ils ne se reverront que trente ans plus tard…

PlancheA_343663Le style de Kenji Tsuruta est plutôt classique car les ombrages et les textures sont fait au trait d’encre (il utilise très peu de trames) ce qui donne un résultat précis et détaillé, qui est assez agréable à l’oeil. La section couleur est colorée à l’aquarelle par dessus l’encrage, ce qui parait encore plus beau. Le récit de Shinji Kajio est assez simple malgré les nombreux changements d’époques. L’histoire est fascinante et captivante. On aimerait bien en savoir plus sur Emanon mais le récit se développe très lentement, avec par moment très peu de dialogue. C’est un auteur qui semble bien aimer la science-fiction (Emanon lit Hauser’s Memory de Siodmak et cite Ray Bradbury) et dont j’aimerais bien lire d’autres de ses oeuvres. Il n’est malheureusement pas traduit (comme c’est le cas de la plupart de la SF japonaise). Plusieurs de ses nouvelles ont cependant été traduite en anglais dans la série d’anthologie Speculative Japan publié chez Kurodahan Press.

Dans l’ensemble, Errances d’Emanon est une très bonne lecture. J’aime bien ce personnage mystérieux et ce lent récit où l’on se demande toujours où il nous mènera. Malheureusement, Ki-oon n’a pas encore annoncé de date de parution pour les volumes trois et quatre. Par contre, Dark Horse publiera le premier volume en anglais, Memories of Emanon, dès mai 2019!

Errances d’Emanon, par Shinji KAJIO (scénario) et Kenji TSURUTA (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Latitudes), septembre 2018. 208 pages (64 en couleurs), 17 x 24 cm, 15,00 € / $28.95 Can. ISBN 979-10-327-0315-1. Pour un lectorat adolescent (16 ans et plus; contiens de la nudité). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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SASURAI EMANON © Shinji Kajio, Kenji Tsuruta 2012 / TOKUMA SHOTEN PUBLISHING CO., LTD

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Logo-ErrancesEmanon

Découverte: Mangas de chats

Les chats ont toujours été populaires en bande dessinée. On a qu’a penser à Garfield ou Le chat du rabbin. C’est toutefois encore plus vrai au Japon où l’on retrouve une quantité phénoménale de manga qui ont des chats comme protagonistes ou comme sujet principal. Plusieurs listes de titres plus ou moins exhaustives sont déjà disponibles pour les amateurs (Anime Planet, Barnes & Noble, Goodreads, Manga Updates, etc.) mais je me permet toute de même d’y ajouter la mienne (tous ces titres sont disponibles dans le réseau des bibliothèques de Montréal):

Certains autres titres sont traduits mais pas encore disponibles dans les bibliothèques de Montréal:

  • Kanojo to Kanojo no Neko / She and her cat (Makoto Shinkai) Kodansha
  • Neko Atsume: Kitty Collector Haiku — Seasons of the Kitty (Hit-Point) Viz Media
  • Nekogahara: Stray cat samurai (Hiroyuki Takei) Kodansha
  • Neko Ramen (Kenji Sonishi) TokyoPop

Et quelques autres titres qui ne sont pas encore traduits mais qui me semblent intéressants…

  • Cha! Chu! Cho! (Ei Mihara)
  • Deka Neko Hiyori (Emi Hashimoto)
  • Kyou no Nyakotan (Minori Kashiwa)
  • My Roommate is a Cat / Dōkyonin wa Hiza, Tokidoki, Atama no Ue (Tsunami Minatsuki / Asu Futatsuya) Flex
  • Neko no Machi no Ko (Satoshi Morie)

J’ai déjà lu Les chats du Louvre, Le journal des chats de Junji Ito et What’s Michael?, mais je vais essayer de lire quelques autres titres de cette liste dans la prochaine année (Choubi-Choubi, Miaou! et Plum me semblent de bon candidats, mais je ne promet rien). Cette liste n’est toutefois que la pointe de l’iceberg!

Et vous, quels sont vos manga de chats préférés?

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Mujirushi: Le Signe des rêves 2

signe-des-reves-2-covLe récit, débuté dans le premier volume, se poursuit. [Attention: SPOILER] Kasumi et son naïf de père Takashi ont un plan pour voler La Dentellière de Vermeer au Louvre: distribuer des masques de la présidente américaine Duncan (une sorte de mélange entre Trump et Hilary) dans le cadre d’un faux exercice d’évacuation et profiter de la confusion pour cacher le tableau dans les combles du musée. L’escroc Iyami, ce prétentieux personnage aux dents saillantes, espère profiter de la disparition du tableau pour vendre son faux à haut prix… Le pompier Michel tente de les en empêcher mais de toute façon Takashi ne réussi pas à saisir le tableau et le plan échoue… Toutefois, l’incident est perçu comme  une manifestation éclair anti-Duncan et, comme un scandale impliquant la président éclate au même moment, les masques de la présidente reviennent populaire et l’usine de Takashi suffit à peine à répondre à la demande. Sa femme revient et sa fortune est retrouvée!

signe-des-reves-2-bcovEntremêlé au récit principale on retrouve trois autres histoires: celle de l’inspecteur japonais à la poursuite d’un trafiquant de tableaux volés qui fait erreur sur la personne; deux journalistes qui “suivent” la présidente Duncan et révèlent le scandale; et finalement l’histoire de Kyôko, une japonaise qui a vécu à Paris et s’est occupé de Michel quand il était jeune. Finalement, l’histoire qui lie Kyôko et Iyami n’a rien de mystique et, si elle est un peu rocambolesque, elle est même plutôt décevante tellement qu’elle est banale. 

signe-des-reves-2-plancheLe manga nous offre quatre planches en couleurs et se conclue avec les fiches signalétiques de deux des oeuvres du Louvre représentées dans le récit (La Dentellière de Vermeer et la statue égyptienne du couple Sementaouy et Rouiay), une postface de Naoki Urasawa (qui explique la genèse du manga) et la présentation du personnage de Iyami. C’est sans doute cette dernière qui est la plus intéressante car elle donne une nouvelle optique au récit. On y explique que Iyami est en fait un personnage très populaire du manga Osomatsu-kun par Fujio Akatsuka. Le récit est donc rempli d’inside jokes que seul les gens familier avec cet aspect de la culture japonaise peuvent comprendre  et apprécier. Cela m’avait échappé…

Si le dessin de Naoki Urasawa semble un peu ordinaire, il est très efficace à exprimer l’action et l’émotion des personnages. Et, si la conclusion de l’histoire est un peu décevante, le récit est bien mené et captivant. Le signe des rêve demeure donc une bonne lecture. C’est du Urasawa, après tout!

Mujirushi: Le Signe des rêves 2, par Naoki Urasawa. Paris: Futuropolis / Louvre Éditions, octobre 2018. 136 pages, 19.5 x 26.5 cm, 20,00 €  / $39.95 Can. ISBN 978-2-7548-2581-8. Sens de lecture original (de droite à gauche). Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2018 Urasawa Naoki • N Wood Studio / Futuropolis • Musée du Louvre Éditions.

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Mujirushi: Le Signe des rêves 1

signe-des-reves-1-futuropolisKamoda Takashi est un japonais crédule et malchanceux qui se fait constamment embarquer dans des magouilles où il se fait exploiter financièrement. Acculé à la faillite, sa femme le quitte. Mais un corbeau lui apporte un message d’espoir… mais ce n’est que pour se faire embarquer dans une autre magouille par un japonais francophile et mystérieux. Il se retrouve à Paris en compagnie de sa fille Kasumi avec mission de voler La Dentellière de Vermeer au Louvre! Kasumi raconte tout à Michel, un pompier parisien qui parle japonais et qui semble lié à leur mission par un mystérieux destin…

planchea_341960Le dessin d’Urasawa, sans être désagréable, est tout de même assez ordinaire. Par contre son récit — souvent empreint de fantastique — est toujours captivant. Si ses personnages sont peu crédible (l’éternel “looser” pathétique et l’amateur d’art manipulateur aux dents géantes), sa description des salles du Louvre est plutôt charmante. Dans l’ensemble c’est un très bon manga mais la première partie se termine abruptement sur un suspense. La suite au deuxième volume!

Cette série est intéressante pour deux raisons: d’abord il s’agit d’une oeuvre de Naoki Urasawa qui a produit de très bon manga sur une base très consistante (Yawara!, Master Keaton, Monster, 20th Century Boys, Pluto, Billy Bat). Deuxièmement, elle fait partie de la série de BD sur le Louvre publié conjointement par Futuropolis et Louvre Éditions (dont nous avons déjà commenté Les Gardiens du Louvre et  Les chats du Louvre). Le Signe des rêves vaut donc la peine d’être lu — mais je réserve mon jugement définitif en attendant d’avoir lu la suite.

Mujirushi: Le Signe des rêves 1, par Naoki Urasawa. Paris: Futuropolis / Louvre Éditions, août 2018. 144 pages, 19.5 x 26.5 cm, 20,00 €  / $39.95 Can. ISBN 978-2-7548-2577-1. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2018 Futuropolis / Urasawa Naoki.

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