Your name., vol. 1-3

YourName-v1-covLa rencontre improbable de deux êtres. Mitsuha, une jeune fille élevée dans une famille traditionnelle, s’ennuie dans ses montagnes natales et voudrait connaître la vie excitante d’une grande ville. À Tokyo, Taki est débordé, entre le lycée, son travail à temps partiel et ses amis. 

Un jour, Mitsuha rêve qu’elle est un jeune homme à Tokyo, tandis que Taki se voit en rêve dans la peau d’une adolescente du Japon rural… Contre toute attente, leurs rêves respectifs sont devenus réalité : leurs corps se sont échangés et chacun vit la vie de l’autre ! 

Attirés de façon inexplicable, Mitsuha & Taki vont tout faire pour se retrouver bien que le temps et l’espace semblent les séparer…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Your Name. Vol. 1, par Makoto Shinkai (scénario) et Ranmaru Kotone (dessin). Vanves: Pika Édition (Coll. Shônen), juillet 2017. 176 pages, 13 x 18 cm, 7 € 50 / $C 12.95, ISBN 978-2-8116-3586-2. Pour lectorat adolescent (14+).

YourName-v2-covLe destin se met en marche. 

“Je suis impatiente de voir la comète”. 

L’échange des corps s’est arrêté. Taki, désemparé, cherche un moyen de joindre Mitsuha. À l’aide des photos qu’il a vues à l’exposition Nostalgie, il essaie de retrouver l’endroit où Mitsuha pourrait vivre dans l’espoir de partir la retrouver…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Your Name. Vol. 2, par Makoto Shinkai (scénario) et Ranmaru Kotone (dessin). Vanves: Pika Édition (Coll. Shônen), Août 2017. 164 pages, 13 x 18 cm, 7 € 50 / $C 12.95, ISBN 978-2-8116-3697-5. Pour lectorat adolescent (14+).

YourName-v3-covDeux être liés.

Il faut sauver Itomori ! Afin que Mitsuha et tous les habitants échappent à la chute de la comète Tiamat, Taki met en œuvre le plan d’évacuation de la ville avec Tessie et Sayaka. Il est prêt à tout pour la protéger. Mais pourra-t-il enfin la retrouver ?

Un dernier tome plein d’émotions.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Your Name. Vol. 3, par Makoto Shinkai (scénario) et Ranmaru Kotone (dessin). Vanves: Pika Édition (Coll. Shônen), octobre 2017. 168 pages, 13 x 18 cm, 7 € 50 / $C 12.95, ISBN 978-2-8116-3815-3. Pour lectorat adolescent (14+).

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Your Name. (君の名は。/ Kimi no Na wa. / lit. “Quel est ton nom?”) a été sérialisé dans le mensuel Comic Alive entre mai 2016 et janvier 2017 avant d’être compilé en trois volume chez Media Factory. C’est l’adaptation en manga du dessin animé du même titre par Makoto Shinkai. L’adaptation est par Shinkai lui-même et le manga est dessiné par Ranmaru Kotone. Le manga a été traduit en anglais chez Yen Press et en français chez Pika. Cette histoire a également été adapté en roman (publié en juin 2016 chez Kadokawa et traduit en français chez Pika Roman) et il existe même un projet d’adaptation en film (chez Paramount Pictures, produit par J. J. Abram et écrit par Eric Heisserer). 

C’est sans doute mon histoire préféré de Makoto Shinkai. Encore une fois c’est un récit de rencontre entre deux adolescents mais, si il débute sur une thématique plutôt clichée — l’échange corporel, l’histoire devient rapidement captivante et se conclue d’une façon très puissante. 

Mitsuha vit dans un village de campagne perdu dans les montagnes Hida de la préfecture de Gifu et elle rêve de se retrouver à Tokyo. À l’opposé, Taki est un jeune tokyoïte timide qui étouffe dans la grande ville. Ils n’ont rien en commun et pourtant un destin fantastique va entrecroiser leur existence. Un bon matin, Taki se réveille dans le corps de Mitsuha. Il est déstabilisé au début car il ne connait rien de la vie de la jeune fille et ses parents et amies se demandent bien ce qui lui arrive. Mais il apprend vite et réussi à s’adapter à cette nouvelle vie car cette échange se produit presque tous les jours. Simultanément, Mitsuha se retrouve dans le corps de Taki à Tokyo et apprends peu à peu la routine du jeune garçon à l’école et à son petit travail de serveur dans un café. Les deux adolescents se croisent dans leur corps et ne se rencontre jamais. Toutefois, ils se laissent des notes sous forme de journal dans leur téléphones et apprennent ainsi à se connaitre et, avec le temps, à s’apprécier. Ils vont apprendre l’un de l’autre. Taki réussi à sortir avec une collègue de travail, Miki, qu’il aime bien. Mitsuha est occupé à se préparer pour un festival alors qu’une comète se montre dans le ciel japonais. C’est alors que tout échange et toutes communications cessent entre les deux adolescents. 

Taki devient obsédé avec l’idée de retrouver Mitsuha. À travers ses souvenirs et son expérience dans le corps de la jeune fille, il parvient à retracer son village, Itomori. Toutefois, il découvre avec horreur que ce dernier a été entièrement détruit trois ans  auparavant lorsqu’un morceau de la comète Tiamat, transformé en météorite, s’est écrasé sur terre, tuant le tiers de la population du village! Qu’est-il arrivé à Mitsuha? Est-ce que la communication a cessé parce qu’elle est morte? Est-ce que Taki communiquait avec un fantôme? Était-elle parmi les survivants? Il décide de se rendre sur le site du cratère pour investiguer. Il tente ainsi  de rétablir la communication, au delà de l’espace et du temps, pour retrouver celle qu’il a appris à aimer…

Ce manga nous offre une excellente histoire, et même si le graphisme n’a pas la majesté de l’animation de Makoto Shinkai, le dessin de Kotone est tout de même très beau. C’est une lecture très agréable et divertissante qui nous fournis de bons moments. Je vous le recommande. stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Ranmaru Kotone 2016.  ©2016 Toho Co Ltd / Comix Wave Films / Kadokawa Corporation / East Japan Marketing & Communication Inc / Amuse Inc / Lawson HMV Entertainment Inc.

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Les enfants du temps, vol. 1-3

EnfantsDuTemps-1-cov“Hodaka, un jeune lycéen, fugue de son île natale pour tenter sa chance, seul à Tokyo. Sans argent ni emploi, il tente de survivre dans la jungle tokyoïte et trouve un job dans une revue dédiée au paranormal. Sous les pluies incessantes dont la métropole est victime, Hodaka est dépêché pour enquêter sur l’existence d’une “fille-soleil”, capable de dissiper les nuages et d’appeler de ses voeux le soleil. Peu convaincu par cette légende urbaine au début, le garçon va changer d’avis après sa rencontre avec la jeune Hina…” [Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Les enfants du temps, vol. 1, par Makoto Shinkai (texte) et Wataru Kubota (dessin). Vanves: Pika Édition (Coll. Shônen), juillet 2020. 192 pages, 13 x 18 cm, 7 € 50 / $C 12.95, ISBN 978-2-8116-5729-1. Pour lectorat adolescent (14+).

EnfantsDuTemps-2-cov“Hodaka, un jeune lycéen, fait une fugue à Tokyo où il rencontre Hina, une jeune fille dotée du mystérieux pouvoir de dissiper les nuages de pluie et d’apporter le beau temps. Avec Nagi, le petit frère de Hina, ils montent un commerce pour vendre ses services en tant que “fille-soleil”. Ces prestations rencontrent un franc succès et Hodaka est rassuré d’avoir enfin trouvé sa place dans la grande ville. Mais certaines réalités menacent leur petit nuage…” [Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Les enfants du temps, vol. 2, par Makoto Shinkai (texte) et Wataru Kubota (dessin). Vanves: Pika Édition (Coll. Shônen), octobre 2020. 196 pages, 13 x 18 cm,  7 € 50 / $C 12.95, ISBN 978-2-8116-5789-5. Pour lectorat adolescent (14+).

EnfantsDuTemps-3-cov“À Tokyo, Hodaka, un jeune fugueur, rencontre Hina, dotée du mystérieux don de dissiper la pluie et d’apporter le soleil, et son petit frère, Nagi. À trois, ils arrivent à créer leur petit coin de paradis dans la métropole… Mais les réalités du monde les rattrapent, les poussant à fuir : les services sociaux et la police sont désormais à leur poursuite alors que Hina se doit de payer le prix de son formidable pouvoir…” [Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Les enfants du temps, vol. 3, par Makoto Shinkai (texte) et Wataru Kubota (dessin). Vanves: Pika Édition (Coll. Shônen), mars 2021. 192 pages, 13 x 18 cm, 7 € 50 / $C 12.95, ISBN 978-2-8116-5982-0. Pour lectorat adolescent (14+).

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Les enfants du temps – Weathering with you (天気の子 / Tenki no Ko / lit. “Les enfants météo”) a été serialisé dans Afternoon magazine entre juillet 2019 et août 2020 avant d’être compilé en trois volumes chez Kodansha (en novembre 2019, juin 2020 et octobre 2020). C’est l’adaptation en manga du dessin animé par Makoto Shinkai. Ce dernier, qui avait auparavant aussi adapté cette histoire en roman (paru chez Kadokawa en juillet 2019, traduit en anglais chez Yen Press et en français chez Pika en mars 2020) signe lui-même l’adaptation qui est illustrée par Wataru Kubota.

Je croyais avoir vu tous les films de Makoto Shinkai mais quand j’ai commencé à lire le manga je me suis rendu compte que cette histoire ne m’était pas familière. Cela a rendu la lecture encore plus intéressante. Car quand on ne sait pas où va le récit nous sommes encore plus impatient de découvrir le sort des protagonistes. Dans ce cas-ci, un adolescent en fugue fait la rencontre d’une jeune fille qui a le talent de faire apparaître le soleil. C’est pratique à une époque où les changements climatiques font qu’il pleut presque tout le temps. Hodaka lui propose d’utiliser son talent pour partir en affaires: vous planifiez un événement spécial en plein air (que ce soit un party d’anniversaire ou une partie de baseball) pour lequel vous voudriez du beau temps? Pour une modique somme d’argent Hina, la “fille-soleil”, peut vous garantir l’apparition du soleil. Malheureusement, l’utilisation de son pouvoir a un coût et Hina disparait peu à peu. Malgré qu’il soit recherché par la police, Hodaka fera tout ce qu’il peut pour la retrouver et la faire réapparaitre…

Shinkai raconte toujours des histoires de rencontres. Je dois toutefois avouer ne jamais avoir porté trop d’attention à ses récits car ce qui me fascine chez lui c’est surtout la qualité, le réalisme, la richesse de ses dessins et de ses animations. Ah, ces nuages! Une histoire sur la météo et la pluie est très propice pour mettre en valeur son talent. Mais est-ce le cas pour ce manga? Si le dessin de Wataru Kubota est détaillé et très beau, il n’est en rien comparable à celui des anime de Shinkai. J’ai donc été un peu déçu et j’ai dû me concentrer un peu plus sur le récit plutôt que le style. L’histoire est très belle mais un peu mince et trop longue pour un manga de près de six-cent pages… Cela reste une bonne adaptation de l’anime car c’est tout de même un manga intéressant et divertissant. À lire surtout pour les amateurs de Makoto Shinkai. stars-3-0

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© 2019 TOHO Co. Ltd / Comic Wave Film Inc. / STORY Inc. / Kadokawa Corporation / JR East Marketing & Communications, Inc / vogue ting co., ltd / Lawson Entertainment Inc. © Kubota Wataru / Kodansha ltd. All rights reserved.

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Natsuko no Sake t.1

NatsukoNoSake-1-cov“Après deux années passées dans une agence de publicité à Tokyo, la jeune Natsuko Saeki revient dans sa province natale auprès de sa famille, productrice de sake artisanal. Elle y retrouve son grand frère Yasuo avec qui elle partage un même rêve : faire pousser le Tatsu-Nishiki, ou “dragon merveilleux” : un riz réputé très difficile à cultiver, mais dont ils espèrent tirer le meilleur sake du monde !

Malheureusement, Yasuo est très malade et décède peu après la visite de Natsuko. Cette dernière décide alors d’abandonner sa carrière et de reprendre le rêve de son frère dans l’exploitation familiale. Mais, si elle s’avère experte quant à goûter et estimer les sake, elle ne connaît rien à l’agriculture ni à la production de ce breuvage. Affrontant le scepticisme des uns, la jalousie des autres, la jeune femme urbaine va devoir relever tous les défis pour s’imposer et donner vie à son rêve.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

NatsukoNoSake-1-p001J’ai décidé de lire ce manga parce que le sujet me semblait plutôt intéressant: il s’agit d’un manga sur la production de sake. Le dessin de couverture semblait indiquer un manga dans un style plutôt classique et, comme c’était un gros volume de 456 pages, je me suis dis que c’était probablement un one-shot (volume unique). Erreur ! Une fois que je l’ai eut entre les mains j’ai rapidement noté le “vol. 1” à côté du titre! En fait, une fois complétée, cette série comprendra six tomes de plus de quatre-cent pages chacun! Dans quoi me suis-je embarqué?! Toutefois, pour l’instant, seulement trois tomes ont été traduit en français (espérons que l’éditeur ne nous laissera pas tomber)…

NatsukoNoSake-1-p019Akira OZE est un mangaka de la vieille génération. Né en 1947, il a fait ses début en 1971 sous le pseudonyme Megumi Matsumoto après avoir été l’assistant de Shotaro Ishinomori et avoir travaillé sur des adaptations mangas d’anime. Ses premières oeuvres originales sont des mangas shônen (とべ!人類 / Tobe! Jinrui en 1978, 初恋スキャンダル / Hatsukoi Scandal [lit. “Scandale du premier amour”] publié en 18 vol. en 1981–1986 et Tobe! Jinrui II publié en 1984-85) pour lesquels il remporte le prix du 31e Shōgakukan manga shō en 1985. Après un bref essai dans le manga shôjo (マッチポイント! / Matchpoint! / “Balle de match!” en 1979), il se consacre au manga seinen avec Natsuko no Sake (夏子の酒 /  lit. “Le sake de Natsuko”) serialisé dans le magazine Morning de Kodansha en 1988-1991 et compilé en douze volumes. Cette série a beaucoup gagné en popularité lorsqu’elle a été adapté en un drame télévisé de onze épisodes par Fuji TV et qui fut diffusé de janvier à mars 1994. Le manga est publié en français chez Vega en six volumes doubles dont les trois premiers sont déjà paru (vol. 1 en septembre 2019, le vol. 2 en février 2020, le vol. 3 en mai 2021 — le vol. 4 devrait paraître en juillet 2021).

OZE publiera par la suite une demi-douzaine d’autres mangas seinen:  Boku no Mura no Hanashi (ぼくの村の話 / L’Histoire de mon village, 7 vol., 1992–1994),  Minori Densetsu (みのり伝説 / La légende de Minori, 9 vol., 1994–1997),  Natsu no Kura (奈津の蔵 / La brasserie de Natsu, 3 vol., 1998-2000 – un prequel à Natsuko no Sake), Hikari no shima (光の島 / L’Île de lumière, 8 vol., 2001–2004), On-saito! (オンサイト! / Sur place!, 2004-2005),  Kurodo (蔵人 / Claude, 2006-2009), et Dō raku musuko (どうらく息子 / Apparemment mon fils, 18 vol., 2010-2017 — traduit en français sous le titre Le Disciple de Doraku chez Isan Manga).

NatsukoNoSake-1-p042Natsuko no Sake est dessiné dans le style classique des mangas des années ’80. Ce style est simple et fait de traits précis, accentués par des trames. Il nous offre une bonne histoire où les défis de l’héroïne nous garde en haleine. C’est agréable et divertissant à lire mais surtout très didactique puisque le récit nous fait découvrir toutes les étapes de la production de saké et aussi les différentes catégories du produit. L’auteur voulait faire un manga sur un aspect de la culture traditionnelle Japonais et c’est son éditeur qui a suggéré le saké. Le manga a beaucoup gagné en popularité après qu’il ait été adapté en un drame télévisé de onze épisodes par Fuji TV. Il a reçu beaucoup d’éloges des associations de producteurs de sake japonais car il a grandement contribuer à faire la promotion de cette alcool de riz  typique — même au Japon. Étrangement, même les Japonais ne réalisent pas toute la complexité et la difficulté  qu’implique sa production.

Un bon manga à lire par tout amateur de manga classique, de culture japonaise et, bien sûr, de saké.

Natsuko no Sake t.1, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), septembre 2019. 456 pages, 18 x 13 cm, 11,00 €, ISBN 9782379500640, Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© 2016 Akira OZE. All rights reserved. © 2019 Éditions Vega pour l’édition française.

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Isabella Bird #7

isabella-bird-v7-cov“Isabella continue son voyage а travers la province d’Akita. Les remèdes d’un curieux médecin, le combat de villageois contre le feu, la fabrication du papier japonais, le deuil d’une veuve sont autant de découvertes qui jalonnent son itinéraire et la rapprochent un peu plus de la ville, où Ito est censé mettre fin au périple ! 

Le jeune guide se sent coupable, mais il ne sait pas encore tout. Son employeuse lui apprend que cette exploration solitaire doit être sa dernière ! En effet, elle compte se marier à son retour en Angleterre…

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 18

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le huitième, est paru au Japon en avril 2021.

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Page 22

Dans ce septième volume (paru au Japon en août 2020), Isabella Bird et son guide Ito doivent descendre le fleuve Omono vers Akita. Ils font la rencontre d’une batelière bien déterminée, qui leur fait découvrir certaines pratiques japonaises sur le mariage et le divorce. À Akita, ils sont reçu dans un restaurant français mais Ito, comme beaucoup de Japonais, est réticent à manger de la viande de boeuf. Toutefois, le talent du cuisinier lui fait changer d’idée. À la légation Britannique de Tokyo, Fanny et Harry Parkes rencontre le botaniste Charles Maries, qui leur explique pourquoi il tient tant que cela à explorer Ezo. Toujours à Akita, Isabella et Ito font la rencontre d’un enfant prodige, Isabella annonce à Ito qu’il l’accompagnera à Hakodate peut importe les intentions de Maries et qu’elle doubles salaire. Ils retrouvent aussi le Dr. Kobayashi qui, à la demande de Harry Parkes et du Dr. Hepburn, a déterminé un traitement pour les problèmes de dos d’Isabella. Au bureau de poste de Kubota, Isabella découvre qu’elle reçoit beaucoup de courier d’encouragement des gens qu’elle a rencontré en cours de route. C’est l’occasion de discuter du haut niveau d’alphabétisation au Japon et de comment les gens s’écrivaient entre eux. Avec ces encouragements, Isabella et Ito sont maintenant d’autant plus déterminé à compléter leur voyage.

Le beau style précis et détaillé de ce manga en rend la lecture d’autant plus agréable. Le récit (plus fluide que le précédent volume) est bien construit et permet de d’offrir une lecture à la fois distrayante et instructive, puisqu’on y découvre beaucoup d’information sur la culture du Japon au XIXe siècle. Un très bon manga pour le amateur d’histoire et de culture Japonaise.

Isabella Bird, femme exploratrice T07 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), décembre 2020. 216 pg (206 pl.), , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0687-9. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© Taiga Sassa 2020.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

IsabellaBird-v1-cov IsabellaBird-v2-cov IsabellaBird-v3-cov IsabellaBird_4-cov IsabellaBird-v5-cov IsabellaBird-6-cov
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Le dernier envol du papillon

DernierEnvolDuPapillon-covMémoires d’une geisha — Kicho, la plus belle courtisane de Nagasaki, séduit tous les hommes sans exception. Cependant, du vieux marchand ivrogne au médecin étranger, elle continue à accepter tous les clients, même les plus méprisables. Quel secret cache-t-elle derrière sa douce mélancolie ? Le jeune garçon qui nourrit une haine farouche envers elle détient peut-être les clefs du mystère…

Kan Takahama est déjà bien connue en France par les amateurs de romans graphiques pour ses œuvres à mi-chemin entre le manga et la bande dessinée franco-belge : L’Eau amère, Sad Girl, Two Expressos ou encore sa collaboration avec Frédéric Boilet sur Mariko Parade. Avec Le Dernier Envol du papillon, l’auteur parvient à repousser les limites de son style en nous livrant un beau récit dont la trame scénaristique n’a rien à envier à La Dame aux camélias, tout en gardant la finesse dont elle avait fait preuve dans ses récits intimistes.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

DernierEnvolDuPapillon-p009

Page 9

Le dernier envol du papillon (蝶のみちゆき / Chō no Michiyuki / lit. “Le papillon de Michiyuki” [fait référence à une pièce de kabuki où “deux amants contrariés finissent réincarnés en papillons”]) est un manga seinen par Kan Takahama qui a été sérialisé dans Comic Ran puis compilé en volume chez Leed en 2015.

Kicho est une courtisane célèbre de la maison Chikugo dans le quartier de Maruyama à Nagasaki durant l’époque du Bakumatsu. Elle est aussi belle que pleine de mystères, mais tout au long du récit nous découvrons peu à peu son histoire (et celle de sa petite servante, Tama). Elle visite un de ses clients régulier, le Dr. Thorn, sur l’ile de Dejima, réservé pour les étrangers. Il est surpris de découvrir qu’elle a quelques connaissances en médecine et lui donne de la nourriture saine pour “son frère malade”. Il soigne également un homme atteint d’une tumeur au cerveau et il offre de prendre son fils, Kenzo, comme étudiant à l’école de Médecine Occidentale. Il en déduit que cet homme, Gen Tsuji, est le frère de Kicho mais en fait c’est son époux! Médecin veuf, il était tombé amoureux de la courtisane (qui était en fait une amie d’enfance) et s’était ruiné pour racheter son contrat auprès de la maison Chikugo. Lorsqu’il est tombé malade elle est retourné au Chikugo pour être capable de payer les dettes de la famille et les soins de son mari. À sa mort, elle est resté au Chikugo. Quelques années plus tard, après la guerre du Boshin qui ouvre la porte à l’ère Meiji, Kenzo, maintenant lui-même médecin, offre à Kicho (Konoha de son vrai nom) de revenir à la maison. Mais, se sachant condamné par la syphilis, elle refuse…

Le dernier envol du papillon nous offre une très belle histoire d’amour. Le récit est plutôt fluide et l’intrigue autour de Kicho nous tiens en haleine. C’est intéressant car les récits de courtisanes (comme Sakuran de Moyoco Anno) se déroulent généralement à Edo. Le dessin est agréable et détaillé (Takahama utilise beaucoup de trames très fines pour les dégradés). On voit que l’artiste gagne en assurance (c’est son huitième manga, publié juste après Tokyo, amour et libertés) et qu’elle a beaucoup recherché son sujet. C’est ce qui rend d’ailleurs ce manga très intéressant car elle dépeint bien la société et les moeurs de l’époque, un moment fascinant de l’Histoire japonaise qui fait la transition entre le shogunat Tokugawa (bakufu) et le japon moderne qui débute avec l’ère Meiji. C’est une très bonne lecture que je recommande, mais pour adultes car il contient, bien sûr, beaucoup de nudité et de sexualité (comme dans les autres productions récentes de Takahama).

Le dernier envol du papillon par Kan Takahama (Traduction par Yohan Leclerc). Grenoble: Glénat (Coll. Seinen Manga), avril 2017. 164 pages (152 pl.), , 14.5 x 21 cm, 10,75 € / $17.95 Can., ISBN 978-2-344-02260-3. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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© Kan TAKAHAMA, 2013. © Glénat, 2017 pour l’édition française.

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Les années douces

AnnéesDouces-covUn récit pudique et délicat, tissé de bonheurs fugaces et d’enchantements saisis au vol : Jirô Taniguchi au meilleur de son art.

Dans le café où elle a ses habitudes, une trentenaire, Tsukiko, fait la connaissance d’un homme solitaire et élégant, de plus de trente ans son aîné. Elle réalise qu’elle le connaît : il fut autrefois son professeur de japonais. Elle est célibataire, il est veuf. Complices, ils prennent l’habitude de se revoir dans le même café, au hasard de leur emploi du temps, puis, bientôt, d’improviser des sorties ensemble. Insensiblement, à petites touches légères, une connivence s’établit, puis une véritable affection, et peut être même… Ce sont ces rencontres que retracent une à une les chapitres des Années douces, chacune comme une histoire à part entière : la cueillette des champignons, les poussins achetés au marché, la fête des fleurs ou les vingt-deux étoiles d’une nuit d’automne.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

AnnéesDouces-p009

Page 9

Les années douces (センセイの鞄 / Sensei no Kaban / lit. “La mallette du maître”) est un manga seinen par Jirô Taniguchi d’après le roman de Hiromi Kawakami. Ce dernier a été sérialisé dans le magazine Taiyo (Heibonsha) entre juillet 1999 et décembre 2000 avant d’être compilé en un volume en juin 2001. Il a par la suite été réédité en format poche chez Bungei Bunko (Bungei Shunju) et Shincho Bunko (Shinchosha). La version française est publiée aux Éditions Philippe Picquier. Il a été adapté en un téléfilm  et en manga. L’adaptation manga a été prépublié dans le magazine bimensuel Manga Action (Futubasha) entre novembre 2008 et décembre 2009 avant d’être compilé en deux volumes en 2009 et 2010. Casterman a publié les deux volumes en français en 2010-11, puis les a réédité dans une version intégrale en mars 2020.

Tsukiko Omachi est une “Office Lady” dans la trentaine qui mène une vie plutôt solitaire, car elle trouve qu’elle n’est pas trop adapté au “mode de vie des adultes”. Un soir, dans l’izakaya qu’elle a l’habitude de fréquenter, elle fait la rencontre d’un homme plus âgé, dans la soixantaine, qui lui semble vaguement familier et qui apprécie les même choses qu’elle. Elle réalise qu’il s’agit de son ancien professeur de littérature japonaise au lycée. Comme elle ne se souvient pas de son nom, elle l’appelle simplement “le maître” (Sensei) et ce nom lui est resté — même si finalement elle se rappelle qu’il s’agit de Harutsuna Matsumoto. Au fil des rencontres dans ce même izakaya va se développer une relation d’amitié, puis de tendre complicité. Et, même si elle sort parfois avec Kojima, un collègue du lycée, ses pensées reviennent toujours au maître…  Lorsqu’ils commencent à se donner rendez-vous ailleurs qu’au bistrot, cette amitié évoluera vers une véritable affection et, pourquoi pas, une relation amoureuse.

C’est un récit très anecdotique divisé en dix-neuf chapitres (ou “rencontres”): La lune et les piles, Les poussins, Vingt-deux étoiles, La cueillette des champignons (1 et 2), Nouvel an, Renaissances, Fête des cerisiers (1 et 2), La chance, Orage de mousson, L’île (1 et 2), Sur la grève (un rêve), Le grillon, Au parc, Le cartable du maître, Parade (1 et 2). Je comprend fort bien pourquoi Taniguchi a voulu faire cette adaptation, car cette histoire s’apparente très bien avec sa thématique de déambulation gastronomique qu’il a mainte fois utilisée dans des récits comme L’Homme qui marche, Le Promeneur ou Le Gourmet solitaire. C’est un très beau récit — lent et contemplatif — qui se lit plutôt bien et qui, comme la vie des personnages de Taniguchi, se savoure tranquillement. L’artiste a atteint le sommet de son art et l’on voit sa maîtrise tant dans la mise en page que dans son magnifique style précis et détaillé. 

Les années douces est un très bon manga que j’avais déjà lu lors de sa sortie en deux volumes et que je me suis fait un plaisir de relire avec la parution de l’intégrale. C’est du Taniguchi à son meilleurs…

Les années douces, par Jirô Taniguchi, d’après l’oeuvre de Hiromi Kawakami (Traduction par Elisabeth Suetsugu, adaptation par Corinne Quentin). Paris: Casterman (Coll. Écriture), mars 2020. 440 p., 17.3 x 24.1 cm, 24.95 € / $C 48.95. ISBN 978-2-203-20319-8. Pour lectorat jeune adulte (16+).  stars-3-5

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© PAPIER / Jiro TANIGUCHI / Hiromi KAWAKAMI, 2008. © Casterman, 2020 pour la traduction française.

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L’Appel de Cthulhu

AppelDeCthulhu-covQuand Francis Thurston hérite des possessions de son grand-oncle archéologue, il se retrouve lié à la tragique destinée du vieil homme… D’après ses papiers, le défunt scientifique enquêtait sur une religion étrange : le culte de Cthulhu. Une mystérieuse gravure représentant son dieu dépeint un monstre cauchemardesque ! Selon le journal laissé par le professeur, cette tablette est l’œuvre d’un artiste qui l’a créée en pleine nuit, alors qu’il était assailli de visions d’une cité fantastique habitée par une créature gigantesque.

Or, ce phénomène a eu lieu le lendemain d’un séisme d’une intensité inégalée, qui a affecté des hommes dans plusieurs contrées… Qu’est-ce qui a bien pu perturber ainsi l’équilibre du monde ? Intrigué par ces écrits, Francis reprend le flambeau et se lance sur la piste du culte, au cœur des ténèbres… 

Des États-Unis à l’Europe en passant par les étendues glacées du Groenland, l’horreur se niche partout ! Avec L’Appel de Cthulhu, H. P. Lovecraft donne une ampleur et une cohérence nouvelles à son univers en reliant les indices éparpillés dans ses récits. Aurez-vous le courage d’affronter la réalité ainsi dévoilée ?

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

( Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs )

L’Appel de Cthulhu (クトゥルフの呼び声 ラヴクラフト傑作集 / Kutourufu no Yobigoe – ravukurafuto kessaku-shū / “Appel de Cthulhu – Chefs-d’œuvre de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans Comic Beam (de mai à novembre 2019), un magazine mensuel de Enterbrain (Kadokawa), avant d’être compilé en un volume en décembre 2019. Ce manga seinen par Gou Tanabe adapte la nouvelle de trente-deux pages The Call of Cthulhu écrite par H.P. Lovecraft en 1926 et publié dans Weird Tales en février 1928. La version française de cette adaptation est paru chez Ki-oon en septembre 2020. 

Gou TANABE a adapté en manga de nombreux récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse et qui inclus “The Hound,” “The Temple,” et “The Nameless City”), The Colour Out of Space (2015, traduit en français chez Ki-oon), The Haunter of the Dark (2016, à paraître en français chez Ki-oon en mars 2021 sous le titre Celui qui hantait les ténèbres), At the mountain of madness (2016-17, publié en anglais chez Dark Horse et en français chez Ki-oon, et dont j’ai déjà commenté le volume 1 et le volume 2), The Shadow Out of Time (2018, publié en français chez Ki-oon et que j’ai récemment commenté), The Call of Cthulhu (2019, publié en français chez Ki-oon en septembre 2020). Sa plus récente adaptation est The Shadow Over Innsmouth (インスマウスの影 / Innsmouth no Kage) publié dans Monthly Comic Beam entre juin 2020 et mars 2021. 

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Cette histoire retrace l’enquête menée par l’anthropologue Francis Wayland Thurston après avoir découvert dans les affaires de son grand-oncle George Gammell Angell, un professeur de langues sémitiques, un étrange bas-relief et un manuscrit relatant différents événements étranges s’étant tous déroulés entre le 28 février et le 2 avril 1925. Dans un premier cas, un jeune sculpteur de Providence nommé Henry Wilcox fut épris d’une fièvre et d’un délire durant lequel il créa un bas-relief représentant des hiéroglyphes mystérieux et une figure humanoïde dont “la tête pulpeuse entourée de tentacules surmontait un corps écailleux et grotesque muni d’ailes rudimentaires.” Wilcox vint voir Angell dans l’espoir qu’il puisse identifier l’origine de sa vision mais sans succès. 

Toutefois le récit du sculpteur rappela à Angell un événement similaire dont il prit connaissance lorsqu’un inspecteur de police de la Nouvelle-Orléans, John Legrasse, se présenta en 1908 à une réunion de la Société américaine d’archéologie tenue à Saint-Louis (MO) afin de faire identifier une idole mystérieuse. Elle représentait un monstre anthropoïde accroupie sur un piédestal, sa tête était couverte de tentacules, le corps évoquait celui d’un phoque, les quatre membres étaient pourvues de griffes formidables et il possédait de longues ailes minces sur le dos. L’idole avait été confisqué à une secte vaudou pratiquant des rituels sacrificiels dans des marécages au sud de la Nouvelle-Orléans. Le professeur Webb se rappela avoir entendu parlé d’un culte similaire au Groenland. Ce culte adorait Cthulhu et les Grands Anciens, venus des étoiles, qui ne mourraient jamais mais dormaient dans la cité engloutie de R’lyeh. Ils communiquaient avec les hommes dans leurs rêves en attendant le jour où, lorsque les étoiles seraient propices, ils s’éveilleraient de leur tombeau de pierre et règneraient à nouveau sur la terre.

Alors qu’il tente de confirmer les recherches de son grand-oncle, Thurston tombe sur un article de journal australien mentionnant une idole bizarre découverte sur l’épave d’un yacht en Nouvelle-Zélande en avril 1925! Thurston se rends à Auckland, puis à Sydney et finalement Oslo pour retracer le marin norvégien, Johanson, seul survivant. Il apprends que celui-ci est décédé mais réussi à prendre possession du manuscrit où Johanson relate son aventure et qui s’avère la clé de tout le mystère. Un tremblement de terre avait fait ressurgir la cité de R’lyeh, permettant à Cthulhu d’envahir les rêves à nouveau. Les matelots abordèrent l’île et libérèrent l’abomination. Toutefois, heureusement, la vivacité d’esprit de Johanson avait permis de le replonger dans son sommeil. Mais pour combien de temps encore? Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn

Avec “Les montagnes hallucinées”, L’Appel de Cthulhu est probablement l’un de mes récits préférés de Lovecraft (que j’ai d’ailleurs relu et commenté récemment) car pour la première fois il présente assez clairement le mythe de Cthulhu auquel jusqu’alors il n’avait fait que de brèves allusions. C’est donc une oeuvre emblématique qui aura une grande influence sur l’imaginaire collectif. Gou Tanabe en fait une adaptation incroyablement fidèle. Le récit est fluide et décrit avec précision les événements, les personnages et les créatures — ce qui est un exploit puisque Lovecraft aimait bien rester vague dans ses descriptions — ce qui fait que le court texte de trente-deux pages se retrouve illustré en près de trois cents ! C’est même une amélioration sur le texte originale, parfois lourd et empêtré,  puisque sa clarté et sa précision le rend plus intéressant. L’ouvrage est aussi graphiquement superbe car Tanabe réussi bien à rendre l’aspect sombre du récit sans que les minutieux détails ne se perdre dans un excès de trames ou d’encre. L’effet est amplifié par le haut niveau de production de l’oeuvre, la qualité d’impression mais surtout la superbe reliure en simili cuir rouge qui lui donne un air ancien.

Si je ne suis guère susceptible à l’effroi cauchemardesque que ce genre de récit est censé provoquer, j’ai quand même trouvé que l’Appel de Cthulhu est une excellente lecture qui permet d’aborder (ou de découvrir) l’œuvre de Lovecraft sous un angle nouveau. J’ai aussi hâte de lire la prochaine adaptation de Tanabe, Celui qui hantait les ténèbres, qui devrait paraître imminemment en français chez Ki-oon.

L’Appel de Cthulhu (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 5), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), septembre 2020. 294 p. (272 pl.), 15 x 21 cm, 17 € / $C 31.95. ISBN 979-10-327-0663-3. Pour lectorat jeune adulte (16+). Extrait disponible sur le site de l’éditeur. stars-4-0

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© Tanabe Gou 2019

Voir mes commentaires sur les adaptations précédentes de Tanabe:

MontagnesHallucinées-t1-cov montagnes_hallucinees_02-cov Dans_lAbime_du_temps-cov CouleurTombeeDuCiel-cov

 

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Tokyo, amour et libertés

TokyoAmourEtLibertés-covUne histoire d’amour dans le Tokyo d’avant-guerre. Tokyo, 1926. Shinjuku est connu pour son quartier des plaisirs, Hanazono. Ishin, journaliste pour une revue érotique y rencontre Aki, une jeune métisse qui exerce le métier de modèle artistique. Dans une société aux mœurs libérées, leur relation sera pourtant empreinte d’une grande innocence. Cependant, l’ombre de la guerre vient menacer leur idylle…

S’inspirant de l’histoire de ses aïeuls, Kan Takahama nous livre un beau récit où s’entremêlent un érotisme subtil et une sensibilité que nous lui connaissons déjà grâce au Dernier Envol du papillon.

[Texte du site de l’éditeur]

Au quartier des plaisirs de Shinjuku, creuset de liberté où s’épanouit la contre-culture du Japon de l’entre-deux-guerres, Ishin, écrivain érotique en goguette, fait la rencontre d’Aki, une jeune métisse modèle pour des cours de dessin qui va bouleverser sa vie de bohème insouciante.

À travers cette tendre histoire d’amour, Kan TAKAHAMA dresse un portrait criant de vérité du Tokyo des années folles, une ère éphémère de libération et d’exubérance en marge de la militarisation du pays.

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Tokyo, amour et libertés (四谷区花園町 / Yotsuya-ku Hanazonochô / lit. “Arrondissement de Yotsuya, quartier de Hanazono”) est un manga josei par Kan TAKAHAMA publié au Japon chez Takeshobo en novembre 2013. La version française est parue en septembre 2017 chez Glénat.

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Le récit débute en novembre 1926 (an 15 de l’ère Taisho) et nous offre les péripéties de Yoshimune “Ishin” Miyake, chroniqueur des quartiers de plaisirs et auteur de romans frivoles, et de Eijiro Aoki, éditeur du magazine “La porte de la sexualité”, qui tentent tant bien que mal de survivre malgré la répression et la censure de l’époque (si l’entre-deux-guerre débute avec une libéralisation de la société, l’ère Showa s’ouvre sur une crise financière qui, en réaction, mènera vers un gouvernement militariste et impérialiste). Le récit se déroule, comme le titre japonais du manga l’indique, dans le quartier des plaisirs de Hanazono de l’arrondissement Yotsuya. Aujourd’hui, le Golden-gai de Hanazono (lit. “quartier doré du jardin fleuri”) fait partie du Shinjuku Golden-gai, un quartier de bars légendaire pour sa vie nocturne et situé entre le quartier des divertissements de Kabukicho et le magnifique sanctuaire de Hanazono. Il est formée de six ruelles étroites dont trois portent le nom de Hanazono (la première [あ か る い 花園 一番 街], la troisième [あ か る い 花園 三 番 街] et la cinquième [あ か る い 花園 五 番 街] rues). C’était autrefois un quartier “red-light” mais, après l’interdiction de la prostitution en 1958, il est resté dédié au divertissement. 

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Lors d’un cours de dessin, Eijiro et Ishin font la rencontre de Aki Tominaga, une jeune métisse nippo-espagnole de Bornéo qui sert de modèle nue. Ishin la revoie plus tard et en tombe amoureux. Lorsque Aki est arrêté lors d’une descente de police dans l’atelier de dessin et est accusé de soutien à un mouvement socialiste, Ishin se résout à demander à son oncle — qui est surintendant général de la police ! — de la faire libérer. Toutefois, celui-ci lui apprend que ses deux frères sont mort de la tuberculose et qu’il doit rentrer aussitôt à Kumamoto car il est maintenant le chef de famille. Aki le retrace et le rejoint mais comme il est d’une bonne famille il ne peut pas l’épouser. Lorsque la guerre éclate et qu’il est mobilisé en 1942, Aki s’occupe de sa mère, qui fini par l’accepter. Le reste de l’histoire nous est raconté par leur petite-fille. Ishin n’est pas revenu vivant de la guerre mais Aki était enceinte… et a vécu jusqu’à quatre-vingt-quinze ans. 

Dans la postface, Kan Takahama nous révèle qu’elle s’est un peu inspiré de son grand-oncle (frère ainé de sa grand-mère) Hidesaburo Tominaga pour le personnage de Eijiro — il était véritablement un éditeur de magazines. Ishin, lui, est un peu inspiré par son grand-père, qui s’appelait vraiment Yoshimune Miyake et qui, s’il n’était pas écrivain érotique, était un personnage fascinant qui est mort jeune, laissant sa grand-mère veuve. Leur amour a du être fort car elle ne s’est jamais remarié. C’est la découverte du journal de son grand-père qui l’a amené à créer cette histoire fictive. Ce genre d’histoire d’amour, avec beaucoup de nudité et de sexualité, constitue un thème qui lui semble cher car elle y revient fréquemment: d’abord avec Le Dernier envol du papillon (蝶のみちゆき / Chō no michiyuki) l’année suivante, puis avec la série La lanterne de Nyx (ニュクスの角灯 / Nyukusu no kakutō) et même, quatre ans plus tard, avec l’adaptation du roman de Marguerite Duras, L’amant (que j’ai déjà commenté).

Tokyo, amour et libertés nous offre de très beau dessins. Malgré des expressions faciales parfois drôle, le style est assez réaliste et utilise beaucoup de trames fines pour produire une grande variété de dégradés de gris. Chose amusante, la partie contemporaine du récit (à la toute fin) est réalisé au crayonné, sans doute pour marquer la différence d’époque. Si le récit est empreint d’érotisme, c’est aussi une belle histoire d’amour sur un fonds d’histoire japonaise. Le récit est un peu lent à démarrer mais nous offre en bout du compte une lecture agréable et intéressante, qui nous fait découvrir une période fascinante de l’historie nippone. C’est donc un très bon manga que je recommande chaudement, surtout aux amateurs de mangas historiques et aux fans de Kan Takahama.

Tokyo, amour et libertés par Kan Takahama (Traduction par Yohan Leclerc). Grenoble: Glénat (Coll. Seinen Manga), septembre 2017. 164 pages (158 pl.), , 14.5 x 21 cm, 10,75 € / $20.95 Can., ISBN 978-2-344-02261-0. Pour lectorat adolescent (16+). stars-3-5

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© Kan TAKAHAMA, 2013. © Glénat, 2017 pour l’édition française.

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Les Frères Karamazov

FreresKaramazovIwashita-covL’exubérant et avide Fiodor Karamazov a été assassiné. La disparition de ce chef plonge le reste de la famille dans un combat de coq. Quel sens donner à l’existence de Dieu ? A ce qui est admissible ou pardonnable ? Et qui est l’assassin ? Les Frères Karamazov, l’un des piliers de l’oeuvre de Dostoïevski, est superbement adapté dans un manga au trait puissant.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Les Frères Karamazov (カラマーゾフの兄弟 / Karamazov no Kyödai) est l’adaptation en manga du chef d’oeuvre littéraire de Dostoïevski publié en japonais par Kôdansha en juin 2018 (reprenant l’édition de novembre 2010 par Nihon Bungeisha) et traduite en français dans la collection Kuro Savoir de Kurokawa. Celle-ci offre un concept très similaire à la collection Soleil Classique qui traduisait des adaptations de classiques de la littérature publié dans la collection manga de dokuha (まんがで読破) de l’éditeur japonais East Press — dont j’ai déjà parlé. De la même façon, la collection Kuro Savoir traduit en français des titres de la série Manga Academic Bunko (まんが学術文庫) de Kôdansha. La qualité tant des adaptations que du dessin semble meilleurs que ce que produit East Press (ce qui expliquerait peut-être la disparition de la collection Classique de Soleil). Au Japon, Les Frères Karamazov a déjà connu deux autres adaptations en manga: l’une par Yumi OKIKAWA (chez Gentosha Comics) en 2010 et l’autre dans la collection manga de dokuha en 2008.

Je n’ai pas lu l’oeuvre de Dostoïevski car j’ai toujours trouvé que la littérature russe me donnait des migraines. C’est une oeuvre compliquée mais il semble que l’adaptation de Hiromi Iwashita en résume bien les grandes lignes. Fiodor Karamazov est un noble parvenu, avide et débauché qui ne s’entend guère avec ses trois fils: Mitia (un ancien militaire, indépendant et avide, qui courtise la même femme que son père), Ivan (un athée imperturbable et sarcastique) et Aliocha (un moine novice d’une nature naïve et généreuse) — et l’on découvre au cours du récit qu’il y a un quatrième fils, illégitime. Ils représentent les archétypes russes et sont tous torturés par des problèmes d’argent, de coeurs, de conscience ou de jalousie… Lorsque le père est assassiné ils s’accuseront les uns les autres. Le récit développe de nombreuses intrigues et histoires parallèles, tout en explorant des questions philosophiques et existentiels sur l’existence de Dieu, le libre arbitre, et la moralité.

Le récit est complexe et parfois un peu difficile à suivre mais demeure fort intéressant. Le dessin, sans être extrêmement sophistiqué, est clair et précis. C’est une bonne lecture, intéressante et tout de même divertissante. Toutefois, le principal intérêt de ce genre d’ouvrage est de rendre plus accessible une littérature et des concepts qui ne retiendraient jamais l’attention des jeunes lecteurs s’ils n’étaient pas présenté sous une forme plus appétissante et plaisante, comme celle d’un manga. Et Les Frères Karamazov rempli bien cet objectif en nous offrant une agréable introduction à ce classique Russe.

Les Frères Karamazov par Fiodor Dostoïevski et Hiromi Iwashita. Paris: Kurokawa (Coll. Kuro Savoir), janvier 2020. 320 pages, 12.8 x 18.2 cm, 6,80 € / $12.95 Can., ISBN 978-2-368-52877-8. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

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© 2018 Hiromi Iwashita. All Rights reserved.

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Les fleurs de la mer Égée, vol. 1

FleursMerEgee-1-covDeux jeunes filles en marge de leur époque embarquent pour le voyage d’une vie ! 

À Ferrare, dans l’Italie du XVe siècle, Lisa ne rêve que de voyager à travers le monde. Alors que les jeunes filles de son âge cherchent un mari et ne pensent qu’à la romance, elle est passionnée par les objets exotiques. Un jour, elle rencontre Olha, une jeune fille de Qirim (Crimée actuelle), qui cherche à se rendre sur l’île de Crète pour y retrouver sa petite soeur. Lisa, bien déterminée à lui venir en aide, se met en tête d’embarquer avec elle. Un voyage plein d’aventures et de découvertes commence alors pour les deux jeunes filles ! 

Une grande découverte culturelle aux dessins somptueux ! Préparez-vous à une aventure inoubliable avec Les Fleurs de la Mer Égée ! Deux héroïnes pétillantes vont traverser le bassin méditerranéen en découvrant ses richesses et son histoire. Lisa, une jeune fille en quête de voyage et Olha qui recherche désespérément sa petite sœur, vont vous faire découvrir des lieux et des cultures d’une richesse incomparable. 

Chaque page regorge d’informations sur l’art, la gastronomie ou encore les coutumes du XVe siècle. Les dessins d’Akame Hinoshita sont de toute beauté et retranscrivent à merveille les splendeurs des villes comme Venise ou encore Split. Lisa et Olha, par leur fraicheur et leur curiosité nous font penser bien évidemment à une autre de nos héroïnes : Arte ! Elles portent le récit sur leurs épaules et on s’émerveille à chaque page avec elles. Les Fleurs de la Mer Égée va vous transporter dans une époque passionnante de l’histoire à travers le regard de deux héroïnes attachantes que vous aller adorer !

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Les fleurs de la mer Égée (エーゲ海を渡る花たち / Aege-kai wo Wataru Hana-tachi / Lit. “Fleurs traversant la mer Égée”) a été serialisé dans Comic Meteor et publié en volumes chez Softbank – Flex Comic en 2018. C’est une série complète en trois volumes qui ont été traduit en français chez Komikku Éditions.

Un autre manga historique que j’ai pris au hasard parce que cela me semblait intéressant. L’histoire n’est pas toujours vraisemblable (elle est chanceuse la demoiselle de pouvoir voyager comme ça) mais suffisamment bien écrite pour garder l’attention du lecteur. L’auteur a effectué beaucoup de recherches et présente beaucoup d’information historiques et géographiques qui malheureusement alourdissent parfois un peu le récit. Le début de la renaissance est une période fascinante et, en cet aspect, ce manga me rappel un peu Césare mais avec beaucoup moins d’action. Étrangement, c’est considéré comme un manga seinen alors que j’aurais plutôt crû que c’était un shojo… Le dessin est agréable à l’oeil et bien détaillé, avec parfois une petite touche d’humour lorsque les personnages ont des expressions rigolotes.

C’est intéressant, informatif et cela se lit bien. Une bonne lecture pour passer le temps.

Les fleurs de la mer Égée, vol. 1 par Akame Hinoshita. Paris: Komikku Éditions, février 2020. 170 pg (168 pl.), , 13 x 18 cm, 8,50 € / $15.95 Can., ISBN 978-2-372-87491-5. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© Akame Hinoshita 2019. © Komikku Éditions 2020 pour la version française.

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