Monnaies anciennes 90

Pièce grecque (4)

IMG_1950-1957Ma quatrième pièce de monnaie grecque est une très petite dénomination de bronze (AE12, G [Good], AE [Bronze], 12 mm [0.47 po], 1.665 g [25.7 grs], payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisée par une patine bronze recouverte d’une légère concrétion de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers représente une tête d’Athena (ou du monarque?) à droite coiffée d’un casque corinthien à crête (parfois orné d’une corne de taureau?). Le revers illustre la proue d’une galère à droite, entourée en haut de l’inscription “BA” (dont je ne suis pas sûr de la signification; peut-être Basileus Asia [roi d’Asie] ou simplement basileus [roi]?), à droite d’un labrys (hache à double tranchant ou bipenne, symbole de pouvoir — sur ma pièce, si l’on se fie au rebord pointillé du revers, il ne semble pas y avoir de place à droite pour un symbole mais par contre il y aurait de l’espace à gauche où l’on distingue une forme qui est peut-être un labrys) et d’un monogramme en-dessous (sur ma pièce on ne le distingue pas bien mais, si l’on compare aux pièces similaires, ce serait un “AP” ligaturé qui est le monogramme d’un monarque, Démétrios Poliorcète (Δημήτριος ὁ Πολιορκητής / “Demetrios le preneur de ville”), qui a régné sur une partie de l’Asie Mineure (306-301 AEC) et sur la Macédoine (294-288 AEC).

Ce type de pièce, combinant une tête d’Athéna et une proue de navire surmonté d’un “BA”, ne semble être associé qu’à Démétrios 1er. Toutefois, les pièces recensées ont une format plus grand (avec un diamètre de 14 à 16 mm) que la mienne (qui fait à peine 12 mm). Cette pièce se situe dans le contexte historique de la guerre des Diadoques — les généraux d’Alexandre le Grand, qui lui succédèrent, se sont partagé son Empire selon l’accord de Babylone et ont formé plusieurs dynasties dont les principales furent les Lagides (Ptolémée), les Séleucides (Séleucos) et les Antigonides (fondée par Antigone le Borgne, père de Démétrios). Antigone et son fils tentent de se tailler une place dans le monde méditérannéen en s’opposant à leur rivaux que sont Ptolémée, Séleucos, Cassandre et Lysimaque. Après un début mitigé (une première victoire à Gabiène en 316, puis une défaite à Gaza en 312), une victoire navale décisive contre Ptolémée à Salamine de Chypre en 306 leur permet de s’imposer en Asie, où ils se proclament roi, initiant l’époque des monarchies hellénistiques. Après le siège de Rhodes en 305, ils étendent leur conquêtes vers le Péloponnèse et, malgré la défaite d’Ipsos en 301 (où meurt Antigone), Démétrios se saisit du trône macédonien. Il commet toutefois l’erreur de se retourner contre son allié Pyrrhus, qui se ligue avec les autres Diadoques contre Démétrios. Il perd la Macédoine (en 388) et, après une tentative de siège à Athènes, décide de regrouper ses forces en Asie Mineure où il finit par être vaincu par Séleucos en 385 puis par mourrir de maladie à Apamée (en 283). 

Cette pièce aurait donc été frappé par Démétrios en 306 AEC (ou dans les années subséquentes, soit 306-288 AEC — Karagiorgis propose 300-295 AEC) pour célébrer sa victoire navale contre Ptolémée à Salamine. La pièce aurait peut être été frappée à Salamine même (ou du moins dans un atelier d’Asie Mineure, comme Tarse en Cilicie). Fait intéressant, Démétrios aurait aussi, possiblement, pour célébrer cette même bataille, fait ériger une statue à Samothrace représentant une Victoire (Niké) sur la proue d’un navire (la célèbre “Victoire de Samothrace” qui réside maintenant au Musée du Louvre à Paris).

Sources: FAC (Demetrius, Labrys); Sear 6775, Newell 20, SNG Cop 1185cf; Réf. en ligne: Google, CoinArchives, CoinTalk, CoinWeek, ebay, numismatics, vcoins, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

La semaine prochaine je vous présente une cinquième pièce de monnaie grecque.

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Images du mer-fleuri [002.022.131]

Éclosions 2

[ iPhone 13 Pro, VSP, 2022/05/09-16 ]

La semaine prochaine je commence à vous présenter les tulipes du Festival de tulipes d’Ottawa…

Next week I’ll start showing you the tulipes from the Ottawa Tulip Festival…

Monnaies anciennes 89

Pièce grecque (3)

IMG_1867La troisième pièce de monnaie grecque est malheureusement dans un état assez médiocre. Elle présente toutefois assez de détails pour que l’on ait une bonne idée de ce qu’elle est mais pas assez pour pouvoir faire une attribution précise. C’est donc une pièce qui échappe à l’identification. Malgré tout, il est cependant certain qu’il s’agit ici d’une pièce de monnaie grecque de petite dénomination en bronze (AE17, quatre chalkoi ou un hemiobole) datant du IVe siècle AEC (P [Poor], AE [Bronze], 16 x 17 x 2.5 mm [0.67 po], 5.562 g [85.8 grs], payé environ $7, caractérisée par un flan épais, bombé sur l’avers, avec un relief prononcé mais recouvert d’une épaisse concrétion rougeâtre et un peu de vert-de-gris dans les creux; die-axis: ↑↑). 

IMG_1852-1857L’avers présente une tête de Hercule (barbu?) à droite, coiffée d’une peau de lion. Le revers pause un peu plus de difficulté. Si la thématique de l’illustration est claire (les attributs d’Hercule: l’arc et le gourdin) les détails sont rendu flous par la concrétion et la disposition des objets est incertaine. J’y vois deux possibilités. Dans la première, le revers illustre (de gauche à droite) un arc, une massue et un carquois d’où dépasse une flèche avec, à l’extrême droite, une possible inscription à la verticale (HPA? pour Herakleia). Dans la seconde possibilité, le revers illustre (de gauche à droite) un arc et un carquois superposés, une inscription verticale complètement embrouillée par la concrétion (possiblement AΛEΞANΔ[POY] [Alexandre], ou BAΣIΛEΩΣ [Basileos = roi], ou B.A. [pour Basileos Alexandroy, roi Alexandre], ou ΦIΛIΠΠOY [Philipoi], ou encore le nom d’une cité émettrice), une massue et, à l’extrême droite, un pictogramme (éclair, trident) ou une lettre grecque (Delta, Epsilon, etc., comme marque d’atelier).

Dans le premier cas il s’agit de pièces frappées par des cités-états grecques dont le patron est Hercule (Ἡρακλῆς / Herakles) ou dont le nom de la cité est Herakleia ou Heraklea (il est existe plusieurs). Cela a été ma première hypothèse lorsque j’ai acheté la pièce dans les années ’80. Toutefois si le type d’avers avec la tête de Hercule est assez fréquent par contre le type de revers avec la combinaison arc-massue-carquoi l’est beaucoup moins. Et comme la documentation sur les pièces est répartie sur une multitude de volumes j’ai maintenant de la difficulté à confirmer cette hypothèse (il y a surtout très peu de visuel pour comparer les pièces). J’ai tout de même trouvé des pièces similaires émisent par les cités de Heraklea (Lucanie) [CGBM v. 1: p. 234; Head HN: p. 60], Herakleia (Iles d’Illyrie?) [Head HN, p. 268], Herakleia Pontica (Bythinie) [CGBM v. 13: p. 140; Head HN, p. 441], Heraclea Lyncestis (Illyrie/Thessalie) [CGBM v.6: p. 78] et, après avoir consulté les catalogues de plusieurs autres régions, je n’ai trouvé aucune pièce qui correspondait exactement à la mienne. Celle qui s’en rapproche le plus est celle de Herakleia Pontica…

Toutefois, en consultant les sources en ligne (voir ci-bas), je me suis rendu compte que les pièces du type “tête d’Hercule avec peau de lion” avec la combinaison “arc-massue-carquoi” étaient beaucoup plus fréquentes en Macédoine. Ce type semble avoir été très utilisé par les rois de cette région, particulièrement Philippe II (359-336), Alexandre III (336-323) et Philippe III (323-316) — quoique j’en ai trouvé un exemple aussi sous Archelaos I (413-399) [Head HN, p. 194; CGBM v.5: p. 166]. Et, à bien y regarder, cette seconde hypothèse offre une similitude avec ma pièce qui est encore plus grande. Il est malheureux que le manque de détails de la pièce nous empêche de préciser sous quel roi, dans quelle cité ou à quelle époque précise cette pièce a été frappé mais il est excitant de penser qu’elle pourrait très bien avoir été frappé sous le règne d’Alexandre le Grand!

Sources: En ligne: Google, acsearch, akropolis, ancients, BeastCoins, CoinArchives, ELO, hourmo, vcoins, vcoins, wikimedia, WildWinds (Herakleia [Illyria], Herakleia [Lucania], Herakleia Pontika [Bithynia]). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

La semaine prochaine je vous présente une quatrième pièce de monnaie grecque.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 88

Pièce grecque (2)

Laissons maintenant de côté l’Empire Romain et reculons de quelques siècles en arrière. La civilisation grecque s’est développée en une myriade de cités-états d’abord sur et autour du Péloponnèse, puis dans la mer Égée (incluant la côte anatolienne) et finalement en plusieurs colonies sur le pourtour de la Méditerranée. J’ai déjà parlé de la plus puissante de ces cités-états, Athènes, en vous présentant un superbe tétradrachme de chouette. Avec cette nouvelle série d’articles je vais vous présenter cinq autres de ces cités-états ou colonies.

Camarina (413-405) SicileLa première de ces pièces de monnaie grecques est un très très beau Tetras (F/VF [Fine/Very Fine], Ae [Bronze], 13.5 mm [0.5 po], 2.994 g [46.2 grs], rare, patine d’un vert foncé, très bel état de conservation;  die-axis: ↑↓). L’avers nous montre une tête de Pallas Athena à gauche, coiffée d’un casque athénien à cimier avec une aile sur le côté. Le revers illustre une chouette debout à gauche, tenant un lézard dans ses serres de la patte droite, avec dans le champs droit l’inscription rétrograde KAMA (pour la cité de Camarina en Sicile) et trois points (•••) en exergue (comme marque de valeur, indiquant une dénomination de trois onkia ou un Tetras).

Entre les VIIIe et VIe siècles, une explosion démographique amène un mouvement de “colonisation” où les Grecs fondent de nouvelles cités-états sur le pourtour du bassin Méditerranéen en commençant par la Grande-Grèce (sud de l’Italie et Sicile). La cité de Camarina a été fondé vers 598 AEC par des colons de Syracuse. Elle a connu de nombreux conflits qui l’on opposé à Syracuse, à Athènes (lors de la Guerre du Péloponnèse, en support à Syracuse durant l’expédition de Sicile de 415-413 AEC) et à Carthage (en 405 AEC) ce qui fait qu’elle a été détruite et reconstruite à de nombreuses reprises. 

Le métal de préférence pour les pièces de monnaie grecques a presque toujours été l’argent mais certaines régions d’Italie et de Sicile ne possédaient pas de mines de ce métal et ont donc été parmi les premières régions a frapper leur monnaie en bronze (vers 440-420 AEC). La dénomination sicilienne de base est le onkia. Le tetras vaut trois onkia et le trias vaut quatre onkia. Le litra — l’équivalant de l’obole athénienne (un drachm vaut 6 oboles [5 litra / 60 onkia] et un tetradrachm vaut donc 24 oboles [240 onkia]) — vaut douze onkia. Tetras et trias sont souvent confondu.

Selon les sources (en ligne et académiques — voir ci-bas) cette pièce aurait donc été frappée par la cité grecque de Kamarina vers 420-405 AEC (quoique certains la date plutôt de 415-405 ou même 413-405).

Sources: Wikipedia (Athena [FR/EN], Camarina [FR/EN], Monnaie grecque antique [FR/EN]), FAC (Greek coins, Greek Coin Denominations, Bibliography, SNG, SNG ANS); Réf. en ligne: Google, FAC, CoinTalk, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

La semaine prochaine je vous présente une autre pièce de monnaie grecque.

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Monnaies anciennes 87

Pièce mystère (5)

Je conclu cette série sur les pièces non-identifiées par une cinquième pièce mystère. Je croyais que celle-ci serait la plus facile alors que finalement c’est celle qui m’aura complètement résisté… Après une dizaine d’heures de recherche je n’ai rien trouvé d’équivalent. Cela doit être une pièce rare car le revers, qui est en relativement bon état, illustre une scène assez spécifique.

IMG_1773-1780Une chose est certaine ce n’est pas une pièce byzantine. Avec cette pièce nous sommes revenu plusieurs siècles en arrière car le style général des illustrations suggère une pièce du haut empire (du Ier au IIIe siècle, soit les dynasties Julio-Claudienne, Flavienne, Antonine, ou Sévère). On devine des inscriptions mais elle ne sont pas assez clair pour que l’on puisse savoir si elles sont en latin ou en grec. Dans l’ensemble c’est une pièce assez belle (avers médiocre mais beau revers). Si il s’agit d’une pièce impériale (frappé à Rome) c’est probablement un as (qui pèse normalement entre 10 et 12 g). Si il s’agit d’une pièce provinciale (grecque impériale) alors c’est un assarion. (P/G [Poor/Good], As/Assarion [AE25], Ae/Cu [Bronze/Cuivre], 25 mm, 7.875 g, payé environ $11 le 1985/11/18, caractérisé par de fortes concrétions de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). 

L’avers ne nous offre pas beaucoup de détails utiles pour l’identification. On peut toutefois distinguer un buste d’empereur probablement lauré et drapé, possiblement barbu?, regardant à droite, mais aucune inscriptions n’est lisible. Le style du portrait suggère que c’est une pièce qui date du haut empire. C’est un personnage qui a une allure noble (Augustus? Hadrianus? Antoninus?), un visage plutôt mince et un nez droit. Cela pourrait même être une impératrice (Faustina? Crispina?). Si c’est une pièce grecque impériale ce n’est pas une pièce quasi-autonome car celles-ci ne présentaient généralement pas de portrait de l’empereur.

Le revers est beaucoup plus informatif. Il illustre un temple distyle (i.e. à deux colonnes; on ne distingue cependant pas le détail du fronton — s’il y en a un) où se tient, de face, une divinité (probablement féminine, soit Aphrodite, Artemis, Astarté, Salus, Tyché ou Vénus), le bras droit levé (tenant soit un sceptre ou une patère pour faire une offrande), le bras gauche replié (pour tenir soit un replis de sa chlamyde, ou une cornucopia), entouré à ses pieds à gauche par un serpent enroulé et à droite par ce qui semble être un oiseau (une oie? un cygne?). L’inscription est illisible sauf pour un A (ou 𝚫? ou 𝚲?) M (ou N?) en exergue, qui pourrait être soit une marque d’atelier (Antioche?) ou plus probablement une datation (année de règne ou ère césaréenne ou actienne — 41? 43? 44? 51? 53? 54?). Les représentations architecturales de temples distyles semblent assez rares sur les monnaies (on préfére illustrer des temples tétrastyles ou octostyles) et elles ses retrouvent surtout sur les pièces grecques impériales.

Je n’ai trouvé que quelques exemples de pièces similaires: une pièce de Valerianus frappée à Adraa (Arabie) représentant Tyché debout à droite dans temple distyle, tenant un sceptre dans la main droite et une corne d’abondance dans la main gauche (BM); un AE36 de Elagabalus frappé à Cidramus (Carie) illustrant un temple distyle contenant une statue d’Aphrodite debout de face, les bras étendus, un serpent enroulé à ses pieds à gauche (Sear D., Greek Imperial Coins and their Value (1982): #3065); un AE31 de Elagabalus frappé à Berytus (Phénicie) illustrant un temple tétrastyle avec une Tyché-Astarté debout de face tenant un stylis et entourée de génies (acsearch); et plusieurs pièces avec des temples mais dont les représentations divines sont différentes (NumisBid, BeastCoins). Réf. en ligne: Google, CoinArchives. Voir aussi ma fiche.

Verdict: Aucune identification possible (pour l’instant).

La semaine prochaine nous continuons notre retour en arrière avec le début d’une nouvelle série qui vous présente cinq pièces grecques.

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Pictorial chronicle [002.022.106]

Le parc au printemps

[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, fin mars – début avril 2022 ]

La neige a fondue dans le parc et il est maintenant beaucoup plus agréable de s’y promener (car durant l’hiver, si les pistes de ski étaient bien entretenues, les sentiers piétonniers étaient eux difficilement praticables). Vers la fin du mois de mars nous avons aperçu les premières outardes (bernaches ou “Canada Geese” ou Branta canadensis) et, une semaine plus tard, on pouvait y voir de nombreux couples se prélassant sur la pelouse. Nous avons compté une trentaine d’individus… Puis, encore une semaine plus tard (presqu’à la mi-avril) nous avons aperçu la première marmotte (Marmota monax / ”groundhog“) de l’année. Les premières fleurs du parc, les tussilages (Tussilago farfara), ont également fait leur apparition et nous avons même constaté que certains arbres fleurissaient déjà. Le feuillage ne devrait pas tarder à suivre…

Dans mon jardin, les premières tiges de jonquilles, qui étaient apparu à la fin de mars, commencent à être un peu plus longues mais, hélas, elles n’ont pas fleuri pour Pâques. Cela prendra encore quelques semaines… Les tulipes et les iris sortent de terre également. Mon pommier à survécu à son deuxième hiver et bourgeonne déjà. J’ai bien hâte que tous cela prenne un peu plus de couleurs…

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Monnaies anciennes 86

Pièce mystère (4)

IMG_1660-1667Cette quatrième pièce de monnaie byzantine mystère m’a donné beaucoup de difficultés… Cela semble être un assez beau follis qui, de par la thématique chrétienne, est de toute évidence Byzantine (FR/VG [Fair/Very Good], AE [Bronze], 22 mm [0.87 po], 4.798 g [74.04 gr], caractérisé par une  frappe décentrée vers la gauche sur l’avers, une patine verdâtre avec un important dépôt de vert-de-gris; die-axis: ↑↖︎). L’avers, d’une qualité passable, ne fait guère de sens: on distingue une croix qui occupe toute la moitié supérieure, avec un “X” à gauche et une plus petite croix en bas à droite. Le revers est plus beau et plus lisible: on distingue une longue croix centrale entouré, dans le champs supérieur, par un “C-T” de par et d’autre et, dans le champs inférieur, d’un “X” (ou IC?) et d’une lettre illisible (une autre “X” ou “XC”?) de part et d’autre. 

J’ai concentré ma recherche sur le revers qui était plus facilement reconnaissable. Malheureusement, la longue recherche par comparaison d’images (par style, puis empereur par empereur) a été infructueuse: j’ai commencé à regarder trop bas dans la liste. J’ai bien trouvé plusieurs exemples de folles avec, sur le revers, une croix centrale et des lettres dans chacun des coins (Romanus IV Diogenes (1068-1071) [SB 1866: C-R P-D], Nicephorus Basilacius (1077-1078) [SB 1890: C-B H-B ou C-[B]-N-[B]], Alexius I Comnenus (1081-1118) [SB 1910: C-F-A-D, SB 1931: C-F-AL-D, SB 1932: A-D-K-F]) mais rien ne semblait vraiment correspondre à ma pièce. J’ai poursuivi avec une recherche par mots-clés qui n’a pas donné plus de résultats mais, à force de persévérer, j’ai finalement trouvé une pièce dont le revers correspondait à ma description! 

Il s’agit d’un demi-follis de Constant II (Heraclius Constantinus qui a régné en 641-668 EC; il est appelé parfois Constantinus III, Κώνστας en grec, Constant II en français et Constans II en anglais) frappé à Carthage vers 647-659 EC. L’avers présente un buste de l’empereur de face, barbu?, drapé d’un manteau consulaire et portant une couronne (ornée de trois feuilles ou d’une croix?) et, tenant une mappa dans la main droite et un globus cruciger dans la gauche, avec l’inscription (très souvent illisible) DN CONSTANTN, CONSTANTINVS, ou CONSTANT PP. Le revers illustre une longue croix centrale, surmontée d’une étoile, et entourée d’un “C-T” (avec des points en-dessous des lettres? — possiblement l’abréviation de son nom, ConsTantinus, ou une marque d’atelier pour indiquer CarThage) et d’un “X-X” (marque latine de valeur pour 20 nummi) sur deux lignes. Une fois que je sais ce que je cherche, j’en trouve quelques références en ligne, que je confirme avec les références académiques (Wroth W. Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the BM, v. 1, London, 1908 (IBC): pp. 297-298; Hahn, W. Moneta Imperii Byzantini vol. III, Vienna, 1973-81 (MIB): pp. 253, pl. 30; Grierson, P. Catalogue of the Byzantine Coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection, Vol. 2, Part 2, Washington, D.C., 1968/1993 (DOC 2.2): pp. 412-413, 480-482, pl. XXIX).

Dans ce contexte, le revers devient assez clair. Toutefois, quel sens donner à l’avers? En scrutant bien on se rend compte que la croix dans la partie supérieure est en fait formée, dans une frappe grossière ou embrouillée par une re-frappe (overstruck), par le nez de l’empereur, le bord de la couronne et l’ornement qui la surmonte (trois feuilles ou croix?). Le “X” à gauche est la main qui tient la mappa, et la petite croix à droite est celle qui surmonte l’orbe crucigère. En connaissance de cause, on peut même maintenant distinguer les yeux et le contour du visage, ainsi que les replis du drapé. L’Inscription, dont on peut vaguement deviner la trace, demeure illisible. Parfois, l’identification d’une pièce requière un peu d’imagination…

Verdict: Cette pièce est donc fort probablement un demi-follis de Constant II frappé à Carthage vers 647-659 EC. 

Sources: Wikipedia (Constant II [FR/EN]), FAC (Constans II, Byzantine Coins); IBC 321-332, MIB 198a; DOC 2.2: 144-145; SB (S-BCV): 1059; Réf. online: Google, acsearch, Bertolami, CoinArchive, FAC, MoneteRomane, vcoins, WildWinds (SB 1059: text1 / image1 + text2 / image2, SB 1059var: text / image, SB 1060: text / image). Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine nous tenterons de décrire ou d’identifier une cinquième et dernière pièce mystère!

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Images du mer-fleuri [002.022.103]

Glandularia x hybrida

DSC_0220

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2017/09/10 ]

DSC_0221Verveine est le nom vernaculaire que l’on donne à un groupe de plantes à fleurs de la famille des Verbenaceae [EN / クマツヅラ科 [Kumatsudzuraka]] et qui appartiens à trois genres: Verbena ([EN] où l’on retrouve la verveine officinale et la Verveine de Buenos-Airesdont j’ai déjà parlé il y a quelques années), Aloysia (où l’on retrouve la Verveine citronelle) et Glandularia ([EN] où l’on retrouve la verveine du Pérou). À noter que dans cette famille j’ai déjà aussi parlé des lantaniers qui appartiennent au genre Lantana. Le nom provient du latin verberare (“frapper”) et désignait dans l’antiquité une plante sacrée ou rituelle que certains prêtres utilisaient pour frapper une personne pour la guérir ou la bénir ou même déclarer la guerre. Pline l’Ancien la mentionne dans son Histoire Naturelle (Liber XXV, cap. LIX).

La verveine des jardins (appelée “Garden verbena” en anglais et dont le nom scientifique est aussi parfois Verbena x hybrida ou même Verbena hortensis) est une plante herbacée qui appartient à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae i.e.à deux cotylédons”), à la sous-classe des  Asteridae, à l’ordre des Lamiales, à la famille des Verbenaceae (les verveines, qui incluent trente-deux genres réparti en huit cents espèces), à la tribu des Verbeneae et au genre Glandularia (parfois appelé “Mock vervains” en anglais). C’est un hybride naturel mais dont on ignore la ligné originelle exacte. Dans ce cas-ci, il s’agit du cultivar “Endurascape Dark Purple”.

C’est une plante ornementale et aromatique qui peut atteindre de vingt à soixante centimètres de hauteur et qui est caractérisée par des tiges ramifiées et dressées qui portent un feuillage caduc vert foncé composé de feuilles lancéolées et dentées. Lors de la floraison, qui dure tout l’été jusqu’à l’automne, l’extrémités des tiges développent une multitude de petites fleurs parfumées regroupées en ombelles denses. Composées de cinq pétales les fleurs sont, selon le cultivar, dans des tons de rose, violet, bleu et même parfois blanc. À maturité, elles laissent place à des fruits secs déhiscents (capsules). Certaines espèces sont également utilisées en herboristerie ainsi qu’en médecine traditionnelle et son huile essentielle est utilisé en parfumerie. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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