Monnaies anciennes 14

Marcus Aurelius

Je n’ai malheureusement qu’une seule pièce de Marcus Aurelius mais c’est un beau sesterce.

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Type:

Empire romain

Epoque: 

Antonins

Empereur: 

Marcus Aurelius

Règne: 

161 – 180 EC

Frappe: 

Rome

Datation: 

Mars -Décembre 161

Nature: 

Sestercius

Métal: AE ou  Orichalque

Qualité: VG / F

Taille: 

31 mm

Poids: 

22.451 g

Obverse

     

Inscription:

IMP CAES M AVREL – ANTONINVS AVG PM

Description:

Tête laurée, barbue, légèrement drapée sur l’épaule g., à d.

Reverse

     

Inscription:

CONCORD AVGVSTOR TR P XV / S – C (dans le champ) / COS III (en exergue)

Description:

M. Aurelius (à g., un rouleau dans la main g.) et L. Verus (à d.) debout, en toges, face à face, se serrant la main d.

Notes:

Payé $45 (1985/05/03)

 

Voir fiche

Réf.: 

S 1325; C 45; 

 

RIC III 795

La titulature des inscriptions nous permet une datation assez précise. Sur l’avers on retrouve IMP[ERATOR] CAES[AR] M[ARCVS] AVREL[IVS] – ANTONINVS AVG[VSTVS] P[ONTIFEX] M[AXIMVS]. Le revers ajoute CONCORD[IA] AVGVSTOR[VM] TR[IBUNICIA] P[OTESTE] XV, avec un S[ENATUS] C[ONSULTO] de part et d’autre du champ et un CO[N]S[VL] III en exergue. Marcus a reçu le titre de césar lors de son adoption en 139. Il reçoit la puissance tribunicienne pour la quinzième fois le 10 décembre 160 et son troisième consulat en janvier 161. Les autres titres (Auguste, Imperator et Grand Pontife) lui sont attribués lors de son accession au pouvoir le 8 mars 161. La puissance tribunicienne étant attribuée annuellement le 10 décembre de chaque année, la pièce a donc été frappée entre mars et décembre 161.

La représentation du revers est très intéressante car elle célèbres l’accession des deux co-empereurs, Marcus et Lucius, qui sont illustrés se serrant la main. L’inscription “concorde des augustes” souligne d’ailleurs le fait que cette accession se fait dans l’harmonie et la bonne entente. Elle se fait aussi “avec la permission du sénat” [S-C]. À la mort d’Antonin, le sénat aurait préféré acclamé Marcus comme unique successeur mais, celui-ci hésitant à prendre une telle responsabilité seul (il aurait sans doute aimé continuer ses études philosophiques), il insista pour que l’honneur soit accordé aussi à son frère adoptif, Lucius, en accordance avec le désir d’Hadrien. L’hésitation du sénat était compréhensible puisque c’était la première fois dans l’histoire de Rome que deux empereurs régnaient conjointement, avec les même pouvoirs (quoi que, en théorie, Marcus avait prédominance puisqu’il était le seul à détenir le titre religieux de Grand Pontife).

Il est important de noter que je n’ai trouvé dans les références aucunes autres pièces qui correspondent exactement à ce sesterce. Toutes les variantes présentent sur cette pièce se retrouvent sur d’autre types mais jamais ensemble. Et je suis pas mal sûr de ne pas me tromper: la tête de Marcus est bel et bien laurée car on voit clairement les lauriers qui dépassent sur le dessus de sa tête et les cordons qui l’attachent derrière. On voit aussi clairement un drapé sur son épaule. Les titulatures datées (TR P XV, COS III) sont également sans ambiguïté. Et cette pièce, par son poids et sa taille, est définitivement un sesterce. Pourtant, dans les références, je ne retrouve ce type de pièce qu’avec la tête nue (non laurée), avec un différent revers (où les empereurs sont assis et non debout), avec une autre date (TR P XVI) ou sur un as. Ma pièce serait-elle rare ?

Marcus Aurelius (Marc Aurèle en français) a été un empereur très respectable sur lequel il y aurait énormément de choses à dire. C’est un empereur très éduqué, qui avait un grand intérêt pour la philosophie stoïcienne et qui nous a laissé des textes écrits (son livre Pensées pour moi-même [Τὰ εἰς ἑαυτόν / Ta eis heauton] et une partie de sa correspondance avec son précepteur et professeur d’art oratoire, Marcus Cornelius Fronto). Il est reconnu pour sa grandeur d’âme et s’être appliqué à bien administrer l’Empire. Malheureusement, son règne correspond avec le début du déclin de celui-ci. Trajan ayant étendu les limites de l’Empire au-delà de ce qui était raisonnablement administrable et tant Hadrien que Antonin n’ayant fait qu’en consolider les défenses, il était inévitable que les peuples “barbares” frontaliers finissent par tenter de reprendre les territoires conquis par les romains. La grande majorité du règne de Marcus a donc été consacré à écraser des révoltes et à mener des guerres frontalières, principalement à l’est, contre les Parthes, et au nord contre les tribus germaniques des Marcomans et des Sarmates.

J’ai beaucoup d’admiration pour Marcus Aurelius, particulièrement après avoir lu (et relu) ses Pensées pour moi-même [BiblioGoodreadsWorldCat]. Sur le front des guerres marcomaniques, se sentant las et fatigué, près de la fin, il a couché sur le papyrus quelques réflexions sur sa vie, sa philosophie, sur la mort. Il en a résulté un ouvrage tout à fait édifiant. Il y dit, entre autre (mais je n’ai pas la citation exacte) qu’il est inutile de s’inquiéter des choses sur lesquelles nous n’avons pas le contrôle. Il faut avancer dans la vie avec un but précis, en se concentrant sur l’essentiel et en restant indifférent au choses qui sont superficielles et sans conséquences réelles. J’ai toujours essayé de l’émuler mais sans grand succès.

Marcus était un homme qui recherchait la simplicité et l’égalité d’âme. Aussi, ses Pensées reflètent parfois une incroyable lucidité. Il était pieu (car il parle des Dieux, de “principe directeur” et de la vertu comme voie du divin) et pourtant il parle de la mort comme “la cessation des représentations qui nous viennent des sens, des impulsions qui nous meuvent avec des cordons, du mouvement de la pensée et du service de la chair” ! [Pensées pour moi-même, Livre VI, Verset XXVIII] Il ne faut pas y voir autre chose que “la dissolution des éléments dont est composé chaque être vivant” [II, XVII]. “La nature (…) donne et reprends tout” [X, XIV].

Les choses matérielles n’ont pour lui que peu de valeur: “Tout est petit, inconsistant, en évanescence!” [VI, XXXVI] Pour se le rappeler il faut les mettre à nu, les “dépouiller de cette fiction qui les rends vénérables”; ainsi, pour lui, l’accouplement n’est que “le frottement d’un boyau et l’éjaculation, avec un certain spasme, d’un peu de morve”. [VI, XIII] (Cela ne l’a pas empêché, avant de se remettre le nez dans les livres, de faire une douzaine d’enfants à sa femme Faustine — dont seulement la moitié survivront jusqu’à l’âge adulte).

Il faut vivre dans le présent [I, XIV]. “Chacun ne vit que le moment présent, et (…) ce moment ne dure qu’un instant” [III, X]. Car tout est évanescence: “toutes ces choses que tu vois seront (…) transformées et ne seront plus” [IV, III]. “Car rien ne vient de rien, comme rien ne retourne à rien” [IV, IV]. “Les choses qui, dans la vie, sont les plus estimées ne sont que vide, pourriture, insignifiance (…)” [V, XXIII].

Comme Socrate (cité par Diogène Laërce dans Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, Livre II, Socrate, XXXI), il semble vénérer la connaissance et mépriser l’ignorance. “Tous ces défauts sont arrivés à ces hommes par leur ignorance (…)” [II, I]. “Donne-toi le loisir d’apprendre quelque bonne vérité, et cesse de te laisser emporter par le tourbillon” [II, VII]. “Vénère la faculté de te faire une opinion” [III, IX]. “Aie toujours prêts les principes requis pour la connaissance des choses divines et humaines” [III, XIII]. “Qu’est-ce donc qu’une âme instruite et cultivée? C’est celle qui connait le principe et la fin, et la raison qui se répand à travers l’universelle substance (…)” [V, XXXII]. “Celui qui ne sait pas ce qu’est le monde ne sait pas où il est” [VIII, LII].

La vérité n’est pas dans les apparences mais dans les faits. “Ce n’est pas ce qu’il éprouve mais dans ce qu’il accomplit que se trouvent le bien et le mal d’un être raisonnable et social” [IX, XVI]. “Vois ce qu’ils sont lorsqu’ils mangent, dorment, s’accouplent, vont à la selle, etc.” [X, XIX].

Cette pièce de monnaie, la seule que j’ai de Marcus, représente tout cela pour moi — le fait qu’il ait invité son frère adoptif à partager le pouvoir, sa philosophie. C’est pourquoi j’ai pour ce sesterce un fort attachement sentimental.

Sources: Numismatics, CoinArchives, acsearch, vcoins, coinproject (bare head), coinproject (as), Ancient Roman Coins, Wildwinds.

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Image du mer-fleuri [002.020.330]

Matricaria recutita

[ iPhone 8+, Parc Frédéric-Back, 2018/05/28, 06/10 & 2019/07/10 ]

Certaines fleurs sont vraiment difficile à identifier avec précision. Dans le cas des camomilles, non seulement elles ressemblent beaucoup aux marguerites (Leucanthemum vulgare ou oxeye daisy en anglais — dont le centre jaune est plat alors que celui des camomilles est bombé) mais il en existe de nombreuses variétés qui peuvent être difficiles à distinguer les unes des autres. Dans ce cas-ci, je crois qu’il s’agit de Camomille allemande (Matricaria recutita aussi appelée Matricaire camomille ou Petite Camomille et wild chamomile en anglais). C’est une espèce de plante à fleurs de l’ordre des Asterales, de la famille des Asteraceae, et du genre Matricaria. On l’utilise pour en extraire une huile essentielle, pour en faire des tisanes (et parfois des cataplasmes) car elle a des propriétés pharmacologiques (anti-inflammatoire, anti-bactérienne et sédative). Deux autres camomilles sont utilisées pour leurs propriétés médicinales (principalement en tisanes): la Chamaemelum nobile (a.k.a. Anthemis nobilis aussi appelé Camomille romaine en français ou English chamomile en anglais) et la Tanacetum parthenium (Grande camomille ou feverfew en anglais). La camomille allemande se distingue de la camomille romaine par le fait que cette dernière a des tiges velues qui portent une seule fleur alors que les tiges de la camomille allemande se ramifient pour porter plusieurs fleurs.

Au Québec, en retrouve aussi la Matricaire inodore (Matricaria  perforata, a.k.a. Tripleurospermum inodorum, ou Scentless chamomile en anglais), qui n’a pas l’arôme fruité des autres camomilles, ainsi que sa cousine la Matricaire maritime (Matricaria maritima ou Sea mayweed en anglais) et la Camomille des chiens (Anthemis cotula ou Stinking mayweed en anglais) qui elle offre plutôt un arôme fétide.

Sources: Wikipedia, Fleurs sauvages du Québec.

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Monnaies anciennes 13

Antoninus Pius

J’ai quatre pièces de monnaies au nom d’Antoninus Pius: trois as et un denier. Je vous présente d’abord le plus beau des as.

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Type:

Empire romain

Epoque: 

Antonins

Empereur: 

Antoninus Pius

Règne: 

138 – 161 EC

Frappe: 

Rome

Datation: 

142/3-144 EC

Nature: 

As

Métal: AE (bronze)

Qualité: VF

Taille: 

25 x 26 mm

Poids: 

10.187 g

Obverse

     

Inscription:

ANTONINVS AVG PI – VS PP TRP COS III

Description:

Tête barbue, laurée, à d.

Reverse

     

Inscription:

IMPERA – TOR II

Description:

Jupiter torse nu, assis sur un throne à g., tenant un éclair dans la main d. et un sceptre dans la g.

Notes:

Payé ± $20 (1985/01/25)

Voir fiche

“crevasse” sur le revers, au-dessus de l’éclair de Jupiter

Réf.: 

RIC 727  

BMC 1618

 

Ce très bel as d’Antonin le Pieux semble rare car très peu de sources le mentionnent (principalement RIC III: 727; il est absent de Sear (RCV 4th Ed.)). Les inscriptions nous permettent de le dater: ANTONINVS AVG[VSTVS] PIVS P[ATER ] P[ATRIAE] TR[IBVNICIA] P[OTESTATE] CO[N]S[SUL] III sur l’avers et IMPERATOR II sur le revers. À noter que les sources indiquent un S[ENATUS] C[ONSULTO] en exergue sur le revers mais, sur ma pièce, il ne semble pas y avoir assez de place pour une telle inscription (une variante qui semble n’apparaitre que sur l’aureus)! Antonin a reçu la plupart de ces titres (Auguste, Pieux) lors de son accession au pouvoir le 11 juillet 138, puis a été fait Père de la Patrie en 139. La puissance tribunicienne, comme c’est souvent le cas, n’est pas datée (elle a été reçu en février 138, lors de son adoption par Hadrien, et renouvelée annuellement par la suite en décembre). Toutefois, il a reçu le consulat pour la troisième fois en janvier 140 (quoiqu’il a été Consul Designatus III en 139) et ce titre ne fut pas renouvelé avant janvier 145 (il fut aussi Cos. Des. IIII en 144). Il reçoit le titre d’Imperator pour la seconde fois en 142 (quoique Sear, lui, place cette nomination en 143). La pièce aurait donc été frappé entre 142/143 et 144 EC. (Sources: Wikipedia, Numismatics, Numismatics, acsearch, FAC, CoinTalk).

IMG_8268-8269Cet autre as est aussi très beau (F, AE (bronze), 26×27 mm, 8.950 g, payé environ $20 à la même date que le précédent) mais l’inscription du revers est seulement à moitié lisible. Sur l’avers on retrouve une tête barbue de l’empereur, laurée, regardant vers la droite avec l’inscription ANTONINVSAVG[VSTVS] PIVS P[ATER] P[ATRIAE]. Le revers illustre une Pax (Paix) debout à gauche, tenant une branche d’olivier dans la main droite et une corne d’abondance dans la main gauche, entourée de l’inscription TR[IBUNICIA] POT[ESTATE] – CO[N]S[UL] II avec un S[ENATUS] C[ONSULTO] dans le champs de part et d’autre, et un PAX en exergue. Cela nous permet une datation précise (enfin!) puisqu’il a été consul pour la seconde fois seulement de janvier à décembre 139 (quoique, encore une fois, il a été cos. des. II dès 138). La représentation de la Paix fait sans doute allusion au fait que le règne d’Antonin a été très paisible et prospère. (Sources: RIC III 569a, Wikipedia, Numista, Numismatics, Wildwinds [Text / Pic]). Voir aussi ma fiche.

IMG_8553-8555Si l’on continue dans l’orde descendant de la qualité, cet as est seulement “beau” (VG, AE, 26 mm, 9.085 g, payé $13 le 1985/11/18) car l’inscription de l’avers est à peine lisible. On y retrouve un buste (tête?) de l’empereur, lauré, à droite avec l’inscription ANTONINVS AVG[VSTVS] – PIVS P[ATER] P[ATRIAE] TR[IBVNICIA] P[OTESTE] CO[N]S[VL] IIII — à noter que plusieurs des exemples que j’ai trouvé sur l’internet donne la césure au-dessus de le tête au milieu du “PI – VS”. Sur le revers on peut lire SPQR (Senatus Populusque Romanus) / OPTIMO / PRINCIPI (“[dédié] au meilleur des princes”) / S C (Senatus Consulto) dans une couronne de chêne. Antonin a été consul pour la quatrième et dernière fois en 145, ce qui fait que cette pièce peut dater à partir de cette date jusqu’à la fin de son règne, le 7 mars 161 — quoiqu’une source la date précisément à 147 sans autre explication (toutefois la pièce aurait pu être frappée en l’honneur des decennalia de 148 — qui correspondait aussi au neuf-centième anniversaire de fondation de la ville de Rome; cela fait du sens considérant l’inscription “le sénat et le peuple de Rome dédient cette pièce au meilleurs des princes”). (Sources:  Sear RCV [4th ed.]: 1292, Sear RCV [1983]: 1192, RIC III 827a, Wikipedia, CoinArchives, Numismatics, vcoins, Wildwinds, CoinProject). Voir aussi ma fiche.

IMG_8556-8557Finalement, ce denarius est dans un état encore assez beau (G, AR [argent], 18 mm, 3.192 g, acheté à Londres pour 5£ le 1986/02/05), quoique les inscriptions demeurent difficiles à lire et que les bords du flanc sont dentelés par l’usure et qu’il est partiellement recouvert de dépôts brunâtres. Étrangement, cette pièce est la plus intéressante du lot. Sur l’avers on retrouve la tête de l’empereur laurée à droite avec la probable inscription ANTONINUS AVG[VSTVS] PIVS TR[IBVNICIA] P[OTESTE] XXIIla lecture du numéral est incertaine car il pourrait s’agir de XXI ou même de XXIII mais XXII semble être l’occurence la plus fréquente. Sur le revers, l’inscription est TEMPLVM DIV[I] AVG[VSTI] REST[ITVTVM] avec CO[N]S[VL] IIII en exergue. L’inscription “Temple du divin Auguste restauré” commémore la restoration du temple d’Auguste et de Livie par Antonin en 912 AUC (159 EC). Le revers est illustré d’un temple octastyle, contenant deux figures assises (Divus Augustus et Livia), avec un podium de trois marches et surmonté d’un quadrige, d’un fronton au tympan décoré et de Victoires sur les angles. Le quatrième consulat d’Antonin date la pièce de 145 à 161 mais la vingt-deuxième puissance tribunitienne (TR P XXII) précise cette datation à 158-159 EC. (Sources: Sear RCV [1983]: 1142, Sear RCV [4th ed.]: 1292, Seaby RSC v.2: 799a, RIC III 290a, Wikipedia, CoinArchive, acsearch, CoinProject, FAC, numismatics, Catawiki, CoinTalk, BM Collection, Frederic Weber, NAC, Noble Roman Coins, DeaMoneta). Voir aussi ma fiche.

Titus Aurelius Fulvus Boionus Arrius Antoninus est né le 19 septembre 86 dans une famille sénatoriale originaire de Nemausus (Nîmes) en Gaule Narbonnaise. Antonin fait une longue carrière dans la magistrature: questeur, puis préteur, il devient consul en 120, puis proconsul d’Asie (probablement en 134-135). Il a épousé Faustina (en 110~115), nièce de Sabina (femme d’Hadrien) et, ayant gagné les faveurs de ce dernier, il est adopté le 25 février 138. Hadrien en fait son successeur à condition qu’il adopte à son tour et prenne comme successeurs ses favoris Marcus et Lucius. Antonin accède au pouvoir le 11 juillet 138, à l’âge de cinquante-deux ans. À cause de son âge avancé, Hadrien espérait probablement qu’il règne juste assez longtemps pour que Marcus et Lucius deviennent adultes (ils avaient respectivement dix-sept et huit ans) mais Antonin règnera vingt-trois ans! En considération pour sa grande dévotion envers son père adoptif (qu’il fait diviniser par le sénat) et la patrie, il reçoit le titre de “Pius” (Pieux).  Son règne a été tellement paisible et sans incidents que l’Histoire n’en a pas retenu grand chose. Il est considéré comme un bon et juste administrateur qui, comme Hadrien, s’est concentré à consolider les frontières de l’Empire (en doublant par exemple la frontière créée par Hadrien en Bretagne avec le mur d’Antonin un peu plus au nord). Toutefois, une paix prolongée signifie aussi la stagnation et cela sera ultimement une des causes du déclin de l’Empire. Il meurt de la fièvre (possiblement dues au paludisme) le 7 mars 161.

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Image du mer-fleuri [002.020.323]

Linum lewisii

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[ iPhone 8+, Parc Frédéric-Back, 2018/05/26 ]

Le Lin de Lewis (appelé Blue Flax en anglais) est une espèce de plante à fleurs de l’ordre des Malpighiales, de la famille des Linaceae, et du genre Linum— dont il existe près de deux-cent espèces, incluant le lin cultivé (Linum usitatissimum / common flax ou linseed en anglais) qui a été utilisé dès le Néolithique pour ses fibres textiles, ses graines et son huile. Parmi les espèces qui produisent des fleurs bleues on retrouve aussi le lin des Alpes, le lin d’Autriche, le lin bisannuel (l’ancêtre sauvage du lin cultivé), le lin de Léo, le lin de Narbonne, et le lin vivace (qui est surtout une plante ornementale).

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Vendredi nature

Séance de photo

On me demande parfois quel équipement professionnel j’utilise pour prendre les photos de ma collection de monnaies. Il n’y a évidemment rien de bien spécialisé dans mon installation: il ne s’agit que de mon fidèle iPhone 11 Pro juché sur une pile de livres, en utilisant l’éclairage ambiant et parfois une lampe de poche LED pour donner un éclairage oblique qui fera ressortir les détails du relief de la pièce de monnaie. Par la suite j’utilise l’application Photos de Apple et Photoshop de Adobe pour éliminer les ombres et l’arrière-plan de la table (pour créer un fonds unis blanc), recadrer l’image, ajuster les contrastes et assembler l’avers et le revers sur une même image. C’est tout. Rien de bien technique là-dedans!

[ iPhone 11 Pro, saisi d’écran, Nikon D3300 + Nikkor 18-55mm]

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Monnaies anciennes 12

Hadrianus

J’ai trois pièces d’ Hadrien: un as et deux sesterces. Je m’attarderai surtout sur le sesterce de très bonne qualité (F+/VF) et ne mentionnerai que brièvement les deux autres qui ne sont que d’une qualité “bonne” (G), voir passable (Fair). 

L’as (bronze, 26 x 28 mm, 9.591 g) nous offre sur l’avers un buste d’Hadrien lauré à droite, l’épaule gauche légèrement drapée, avec l’inscription HADRIANVSAVGVSTVS. Sur le revers on retrouve une Salus (Santé) drapée, debout à gauche, tenant un sceptre de la main gauche et une patère de la main droite avec laquelle elle nourrit un serpent enroulé autour d’une colonne ou d’un autel. L’inscription est SALVS – AVGVSTI (santé de l’Auguste) avec un S – C (Senatus Consulto) dans le champs et un COS III (consul tertium) en exergue. Hadrien a obtenu le titre d’Auguste à son accession au pouvoir le 11 août 117 et le consulat pour une troisième et dernière fois en janvier 119. La pièce est donc postérieure à ces dates. Les sources consultées en ligne (CoinArchive, Numista) la date soit de 125-126/7 ou 125-128. David R. Sear (Sear RCV (M): 3692) la date plus spécifiquement à 126 EC. Je l’ai acquise pour $10.75 le 1985/11/18. (Autres Réf.: C1367; RIC 678, RIC II.3 828). Voir aussi ma fiche.

Ce sesterce (bronze?, 31 x 32 mm, 23.278 g) nous offre sur l’avers un buste lauré (drapé?) et cuirassé d’Hadrien, à droite, avec la probable inscription HADRIANVSAVGVSTVS. Le revers est plus lisible et intéressant avec la représentation d’une galère à gauche (au-dessus des vagues, cinq rameurs avec un timonier [hortator] à la poupe sous un abris, devant l’acrostolium, et flanqué d’un enseigne [signum] et d’un étendard [vexillum]; à la proue, un mât et une voile repliée), surmontée de l’inscription FELICITATI AVG[VSTI] (pour le succès ou la bonne fortune de l’Auguste), flanquée de chaque côté de S – C (Senatus Consulto, “avec la permission du Sénat”) et de COS III (consul tertium) P P (Pater Patriae) en exergue. Hadrien ayant reçu le titre de Père de la Patrie seulement en 128, la pièce doit donc être postérieure à cette date. Certaines des sources en lignes (vcoins, vcoins, CoinArchives, acsearch, cointalk, British Museum) datent la pièce de 129-130, d’autres de 132-134/5 car cela correspondrait à la période où Hadrien parcours l’empire (à Athènes et en Asie [Syrie, Égypte] de 129 à 133, en Judée de 133 à 134). Il semble difficile d’établir quelle variante (tête vs buste, drapée ou cuirassée, nombre de rameurs et gréements de la galère) correspond à quelle date. Je l’ai acquise pour environ $5 (1985/01/06). (Autres Réf.: Sear RCV (83): 1013; RIC 706). Voir aussi ma fiche.

Type:

Empire romain

Epoque: 

Antonins

Empereur: 

Hadrianus

Règne: 

117-138 EC

Frappe: 

Rome

Datation: 

128-138 EC

Nature: 

Sestercius

Métal: Orichalque

Qualité: VF/F+

Taille: 

30-31 mm

Poids: 

29.686 g

AVERS

     

Inscription:

HADRIANVS – AVG COS III PP

Description:

Tête laurée, barbue, à droite

REVERS

     

Inscription:

FELICI – TAS AVG / S C (dans le champs)

Description:

Felicitas drapée, debout à g., tenant une branche dans la main d. tendue et un long caducée dans la g.

Notes:

Payé $35 (1985/12/17)

 

Voir fiche

Réf.: 

RIC II: 750

C 620

Sear RCV (M): 3595 

Finalement, ce superbe sesterce nous offre sur l’avers la tête d’Hadrien laurée, regardant à droite, avec l’inscription HADRIANVSAVG[USTVS] CO[N]S[UL] III P[ATER] P[ATRIAE]. Hadrien a reçu le titre d’Auguste lors de son accession au pouvoir en 117, son troisième consulat en 119 et le titre de Père de la Patrie en 128. La pièce a donc été frappée après cette dernière date.

Sur le revers, on retrouve une représentation de la Felicitas (Félicité), drapée [stola], tenant une branche et un long caducée, avec l’inscription FELICITTAS AVG[VSTI] et S[ENATUS] C[ONSULTO] dans le champs de part et d’autre. Ici le Caduceus est un symbole de paix, Felicitas Augusti signifie “pour la bonne fortune de l’empereur [ou l’Auguste]” et Senatus Consulto signifit “avec la permission du sénat”. Le sénat souhaite donc à l’empereur un bon succès dans une entreprise quelconque (par exemple dans ses voyages) ou dans le maintient de la paix de l’Empire.

Les pièces d’Hadrien ne semble jamais comporter de datation très précise. Toutefois, les sources consultées en ligne (CoinArchive, numismatics, numismatics, wildwinds) datent cette pièce soit de 134-138 ou plus précisément de 136 — mais aucunes n’indiquent vraiment quelle est la base pour parvenir à cette datation.

Hadrien est sans aucun doute l’un des empereurs que j’admire le plus. Ce que Trajan fit pour l’expansion du territoire et de l’économie de l’Empire, Hadrien le fit pour les arts et la culture. Il est né à Italica, en Espagne, le 24 janvier 76 EC. Son père meurt lorsqu’il n’a que dix ans et son tuteur devient le cousin-germain de son père, le futur empereur Trajan (dont il épousera la nièce, Sabine, en 100 EC). Il poursuit le cursus honorum en devenant magistrat (en 94), puis tribun militaire (en 95, 96 et 97), questeur (en 100), tribun de la plèbe (en 102), préteur (en 104), consul suffect (en 108) et finalement légat (général d’armée, en 113 durant la campagne contre les Parthes et légat de Syrie en 116). Sur son lit de mort, Trajan le nomme son successeur en l’adoptant légalement et il lui succède le 11 août 117. 

Il n’a pas poursuivit la politique expansionniste de son prédécesseur mais a plutôt travaillé à en maintenir l’acquit: en protégeant les frontières (construction de fortifications [limes], dont le célèbre mur d’Hadrien par exemple), en construisant de nombreux monuments (aqueducs, temples, bibliothèques, l’Athenæum, etc.) et en réorganisant l’administration de l’Empire. Il a beaucoup voyagé au travers de l’Empire pour voir aux besoins des différentes provinces et a été un véritable patron pour les arts et les lettres.

À partir de 134, des problèmes de santé le confine à sa villa de Tibur. En 136, il adopte et nomme caesar Lucius Ceionius Commodus (possiblement son fils naturel) qui prend alors le nom de Lucius Ælius Verus. Toutefois, celui-ci meurt de pneumonie en janvier 138. Il aurait aimé adopter et choisir comme successeurs son protégé Marcus Aurelius Antoninus et le fils d’Aelius, Lucius Aurelius Verus, mais ceux-ci sont alors trop jeunes. À la place il adopte comme successeur le vieux consul Aurelius Antoninus, mais à la condition qu’il adopte à son tour Marcus et Lucius pour en faire ses successeurs. Hadrien meurt à la station thermale de Baïes le 10 juillet 138.

Une belle série de pièces de monnaies qui nous font voyager dans l’Empire Romain auprès d’Hadrien…

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