Floraison Printanière

Le printemps est un si beau mois
La douce nature partout se réveille
Des fleurs éclosent, et même en moi
Quelque chose d’étrange s’éveille

Une plante pousse dans mon coeur
Se nourris de mon âme, O! douleur
Car tu n’es pas là pour l’arroser
Et de ta tendre voix la réconforter

Le ciel est bleu mais si terne sans toi
Le soleil brille mais j’ai encore froid
Ma fleur est d’une beauté inimaginable
Qui m’est de jour en jour insupportable

Puisse-tu bientôt en ces lieux revenir
Pour entre tes mains la cueillir
Et ainsi mettre fin à ce tourment
Qu’est maintenant devenu le printemps

Clodjee
Morwajal
001.996.074

Note: Un autre poème sur les affres d’une relation longue distance… Il a une forme assez standard de quatre quatrains, hétérométrique (entre huit et douze syllabes), avec des rimes principalement masculines et sur un schéma AABB (sauf pour le premier quatrain qui est en ABAB). C’est un peu fleur bleue et cliché. Je sens que dès lors mon inspiration commençait à s’étioler… Le poète du dimanche sera-t-il bientôt à court de matériel ?

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Métamorphose Florale

Viens, ma douce, ma bien-aimée
Quittons nos kimonos chaleureux
Pour nous baigner des rayons radieux
De nos brulants regards enchevêtrés

Dans l’ombre vacillante des lanternes
Sur des rites millénaires on se prosterne
Toi, tu es celle qui embrasse le démon
Et moi, je suis celui qui mange le lotus

Nos voix s’élèvent à l’unisson
Pour chanter l’hymne à Vénus
D’abord, ma divine offrande je dépose

Puis tu me tend une sublime fleur close
Entre mes doigts ses fragiles pétales éclosent
Et enfin notre bonheur éclate en apothéose!

clodjee
Morwajal
001.996.042

Note: Un sonnet toujours plus coquin. À partir de cette année là j’ai presque toujours noté les dates en format GIST (Galactic Imperial Standard Timeline).

Amour en hiver

Je m’éveille dans le matin d’hiver
Et, craignant la froide morsure de l’air
Sous la couverture j’écoute la radio
Me languissant pour ton corps chaud

Je te sais si loin de cette froidure
Sous une latitude pleine de verdure
A ce moment tu penses à moi peut-être
A notre amour qui vit malgré les kilomètres

Je secoue quelques lambeaux de rêves
Pensant à toi, je trouve courage et me lève
Car je sais que chaque nouveau jour qui passe
Me rapproche de celui où encore je t’enlace

Ici, partout, la neige recouvre le monde
De son manteau de poussières vagabondes
Un linceul blanc qui endors l’âme, tranquillise
Une chape qui enfreint le corps, immobilise

Mais mon coeur bat pour toi, me réchauffe
Il me donne l’énergie pour lutter, être sauf
Toujours continuer, sans arrêt il faut travailler
Car par ce labeur nous pourrons nous retrouver

L’hiver c’est la mort, mais je vis quand même
L’hiver c’est l’ennui, pourtant je suis bohème
L’hiver c’est stérile, malgré tout j’écris ce poème
Tout ça, tout ça, mon amour, parce que je t’aime!

Clodjee
Morwajal
001.995.348 *

Note: Après un long intervalle sans écrire de poésie (mon esprit trop préoccupé par le travail et les difficultés), un nouvel amour m’amène une fois de plus l’inspiration… Après trois ans de correspondances et de visites sporadiques, elle deviendra mon épouse… Six quatrains pour autant de vers qu’il y a d’heures dans une longue journée solitaire…

Comme toujours les vers sont hétérométriques (huit à quatorze syllables) mais on retrouve une certaine homogénéité dans le genre (presque tout les quatrains ont des rimes féminines, sauf le premier où elles sont masculines et le cinquième qui est mixte) et dans la rime (tout les quatrains sont en AABB, sauf le dernier en AAAA). Malheureusement, la rime est souvent pauvre. Un poème naïf et un tantinet coquin pour garder le moral quand le froid et la distance attriste le coeur…

* Notez que la date est donnée en format GIST (Galactic Imperial Standard Timeline), ce poème ayant été écrit le trois-cent-quarante-huitième jour, de la neuf-cent-quatre-vingt-quinzième année, du premier millénaire de l’ère commune (EC).

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The curse of the running water

For some, water is joy and cleanliness
The nice tingling sound of its droplets
The light and shadows of its stream
Its freshness that make it esteemed

But water is not always what it seems
Behind its tingling I only hear screams
Ancient people for it had great fears
For it hides spirits, demons, gods’ tears

Rivers were snakes, on the land creeping
Rain and torrents were curses of Heaven
Springs deep from the hells were gushing
And in lakes various monsters were hidden

Water is cursed for me; it has a memory
When poured on my head it tells its story
Every single one who drowned in its bosom
Willingly or fatally brought to its bottoms

All those deaths full of fear and despair
Panicking and gasping, searching for air
Have left in water an invisible impression
The souvenirs of their eternal damnation

I feel in their scream a great tragedy
This is the taste of the lacrima mundi
I can hear it everytime in the shower
This is the curse of the running water

Sejanus
Morwajal
1993-07-13/10-06

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Note: Again a poem in the form of six quatrains, with rather weak rhymes (this time mostly in the scheme AABB save for the third quatrain which follows ABAB). The stanzas look almost isometric but, in fact, they’re not (it’s heterometric, of course, with a metrical length varying from eight to thirteen syllables, averaging at eleven syllables).

Have you ever wondered what’s hidden in the white noise made by the off channel TV or by running water ?

Viol funèbre

La mort est mon amante de toujours
De longue date je l’ai courtisée
Et jamais elle ne s’est offerte à moi

Elle aussi a refusé mon amour
Mes avances, désirs, professions de foi
Auront donc tous été repoussés

Est-ce la décence ou une peur retorse
Qui m’empêche de la prendre de force ?

Séjanus
Morwajal
1991-08-06
1992-08-13

Note: Pour ceux qui ont de la difficulté à lire entre les lignes, je tiens d’emblée à préciser (avant que tout le “me too” me tombe dessus) que, malgré le titre, ceci est un poème sur le suicide ! Juste pour être clair. J’y ai souvent pensé mais ai toujours résisté. Au bout du compte, pourquoi forcer les choses? Elle viendra bien assez vite…

Toutefois, quand on est jeune, la mort peut avoir une attraction romantique. On se décourage pour un rien et le moindre obstacle ou contre-temps est source de désespoir. On sent que la mort nous appel et quand elle ne vient pas on voudrait “la prendre de force”… Heureusement, cela fini par passer… Cela aide d’en parler ou d’épancher nos émotions sur le papier.

Je me suis d’ailleurs fait la réflexion, un soir sous la douche, que plus je vieillis et moins j’y pense. L’expérience de la vie nous rends plus apte à affronter les défis et les revers de la vie (“les frondes et les flèches de la Fortune outrageante”, comme disait Shakespeare). On acquiert un peu une attitude “je-m’en-foutiste” et on réalise qu’il n’y a vraiment rien de romantique dans la mort. On deviens aussi de plus en plus conscient du peu de temps qu’il nous reste, qu’il suffit de pas grand chose pour que tout finisse subitement et on réalise l’énormité des choses que l’on voudrait encore accomplir avant qu’elle ne vienne. Alors, non, je ne perd plus beaucoup de temps a y penser… Mais cela reste une source d’inspiration.

Comme d’habitude ce poème ne respecte aucune forme: il s’agit de deux tercets et d’un distique, dont les vers sont  hétérométrique (10/10/11 10/12/9 11/10) mais rimés (abc acb dd — sans toutefois n’avoir de genre structuré: M/F/M M/M/M F/F).

C’est néanmoins un poème que j’aime beaucoup.

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