Le chat du rabbin 11. La Bible pour les chats

ChatDuRabbin-11-cov“Le Chat tombe par hasard sur le numéro de téléphone de Dieu. Persuadé d’être le nouvel Elie, il s’en va prêcher la bonne parole à qui veut bien l’entendre (et l’écouter) en délivrant une interprétation toute personnelle des saints textes. La discussion entre le Chat et le Rabbin, et bien sûr, Zlabya est passionnante, instructive, et bien entendu, hilarante et tendre.”

 

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

ChatDuRabbin-11-p005Le chat trouve un bout de papier avec le numéro de téléphone de “D…” Cela ne peut être que “Dieu.” Elysée 613. Il veut en discuter avec Zlabya mais celle-ci est préoccupée car la soeur de sa meilleur amie, Knidelette, a une grossesse difficile et risque de perdre l’enfant. Le chat entreprend donc d’expliquer son interprétation de la Torah, plus précisément l’histoire du prophète Élie. Le message de celui-ci, qui aurait été un chat, est “qu’il faut croire en dieu parce qu’il fait des miracles. Or dans la vraie vie, les miracles, y en a pas.” Le rabbin argumente que c’est l’inverse. Comme preuve il raconte l’histoire du sacrifice d’Isaac. Puis il explique la fin de l’histoire d’Élie. “C’est dans le silence que réside Dieu.” Pour avoir le dernier mot, le chat cherche un téléphone pour faire le numéro. Il se fait donner un rendez-vous dans une ruelle. Là il rencontre le prophète Élie qui lui dit, qu’en fait, le numéro c’est celui du plombier! L’histoire se termine bien, avec la naissance du bébé, sa circoncision et une anecdote sur Abraham… C’est le rabbin qui a le dernier mot!                                                                                            

Avec son style brouillon et ondulant, ses couleurs criardes et ses planches à six cases, Sfar pointe avec beaucoup d’humour les contradictions du judaïsme et nous fait réfléchir sur la Torah. C’est une très belle histoire qui nous éduque, nous divertit et nous amuse. Une très bonne lecture, donc, que je recommande mais surtout aux amateurs de chats et de métaphysique! 

Cette fois-ci aucune annonce en fin d’album du prochain titre… Par contre, avec ce onzième tome, le chat du rabbin a déjà vingt ans, que Dargaud célèbre avec la sortie d’une série d’intégral qui compilent plusieurs tomes. 

Le chat du rabbin, 11: La Bible pour les chats, par Joann Sfar. Paris: Dargaud (Coll. Poisson Pilote), novembre 2021. 80 pages, 22.5 x 29.8 cm, 15,00€ / $C 27.95, ISBN 978-2-2205-8911-0. Pour lectorat de tout âge (8+). stars-3-5

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Voir aussi mes commentaires sur les autres volumes du Chat du Rabbin.

© Dargaud 2021.

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Les royaumes environnants (4)

Pièce Séleucide (2)

Antiochos IX (113-95) SeleucideMa seconde pièce Séleucide est une assez belle dénomination de type “B” (AE18, G [Good], Ae [Bronze], 18 mm [0.7 po], 3.836 g, payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisée par une patine noire avec des concrétions vertes, jaunes ou rougeâtres, une frappe décentrée sur l’avers, ainsi qu’un flan plutôt mince (1.5-2 mm), trapézoïdal et possiblement grugé (le revers est plus petit que l’avers de deux ou trois millimètres!); die-axis: ↑↑). L’avers présente le buste d’un personnage masculin lauré à droite avec aucune inscription et une bordure en pointillé (qui met évidence la frappe décentrée). Le revers illustre une divinité féminine ailée, debout de trois-quart à gauche, la main droite tendue (sans doute pour présenter un object) et le bras gauche replié sur la taille soutenant un pan de vêtement, avec une large inscription verticale dans le champs gauche et une inscription verticale partielle qui disparait dans le rebord droit de la pièce — dans les deux cas les inscriptions sont illisibles. 

La représentation masculine de l’avers pourrait être le portrait d’un monarque ou d’une divinité. Pour ce qui est du revers, la divinité féminine ailée la plus commune sur les pièces de monnaie est une Victoire. Comme cette pièce-ci a été acheté dans un lot qui contenait surtout des pièces séleucides et qu’elle en porte toutes les caractéristiques, il suffit de la comparer aux pièces séleucides pour trouver des représentations similaires et ensuite d’en confirmer la description et la datation avec les ouvrages académiques.

Les recherches (tant par comparaison d’images que par mots clés) révèlent que ce type (une portrait mâle en avers et une Niké ailée avec inscriptions verticales sur le revers) se retrouve semble-t-il uniquement sous le règne de Antiochos IX. L’avers représenterait un buste lauré et ailé d’Éros à droite (sur ma pièce on ne distingue pas ses ailes qui se perdent dans le bord décentré). Le revers illustrerait une Niké avançant à gauche, tenant une couronne de laurier dans la main droite, retenant sa robe de la main gauche, entouré de l’inscription grecque verticale ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΑΝΤΙΟΧΟΥ (à droite) et ΦΙΛΟΠΑΤΟΡΟΣ (à gauche) [Basileos Antiochou Philopatoros / “Roi Antiochus Philopator”], avec une datation en chiffres grecques verticale dans le champs gauche, sous la couronne (par exemple “ΑΣ” = 201 SE = 112/111 AEC). Sur ma pièce on devine la fin de l’inscription de droite (possiblement un “ΑΝΤΙ” mais ce n’est pas clair si c’est une abréviation ou si le reste de l’inscription se perd dans le rebord grugé de la pièce; le “ΒΑΣΙΛΕΩΣ” semble totalement absent) et l’on distingue un peu “ΦΙΛΟΠΑΤ” sur la gauche (encore une fois: est-ce une abréviation ou est-ce que le reste se perd dans la bordure grugée?). On peut également deviner deux lettres grecques superposées dessous la couronne (tenue par le bras qui traverse le “ΦΙΛΟΠΑΤ”) qui constitue probablement la datation mais que nous ne pouvons malheureusement pas lire. Il faut donc se contenter des années de règne de Antiochos IX pour datation. Cette pièce a donc probablement été frappé dans un atelier indéterminé de Phénicie entre les années 114/113 et 96/95 AEC.

J’ai déjà expliqué le contexte historique de cette pièce dans l’entrée précédente (#94). Antiochos IX est le fils de Antiochos VII et de Cléopâtre Théa. À la mort de son père en 129 AEC, il est trop jeune pour lui succéder alors sa mère l’envoi à Cyzique où il grandit (d’où son surnom de Cyzicenus, “le Cyzicène”). Le trône retourne donc à son oncle Démétrios II, puis à son demi-frère Antiochos VIII en 125 AEC (après qu’il ait réglé son compte à l’usurpateur Alexandre II). Considérant sans doute que sa mère (Cléopâtre Théa) avait trahie son père (Démetrius II) lorsqu’elle épousa son beau-frère (Antiochos VII) pendant que son époux était captif des Parthes, il la fait assassiner. Dès qu’il est âgé d’une vingtaine d’années (vers 114 AEC), Antiochos IX conteste le pouvoir de son demi-frère. Pour consolider son alliance avec les Ptolémées d’Égypte, il épouse la reine Cléopâtre IV. Le conflit dure presque vingt ans alors que chacun des demi-frères règne sur une partie de la Syrie: Antiochos VIII sur la région côtière (Antioche et Damas) et Antiochos IX sur la région intérieure (la Cœlé-Syrie, y compris la Phénicie). Ils font assassiner leurs épouses respectives. Cette pièce commémore donc l’une des victoires de Antiochos IX contre son demi-frère (possiblement lorsqu’il capture et fait exécuter Cléopâtre Tryphaena en 111 AEC).

Lorsque Antiochos VIII meurt dans une révolte en 96 AEC, Antiochos IX règne enfin sur toute la Syrie mais pas pour longtemps puisqu’il est défait l’année suivante par son neveu Séleucos VI… Cette querelle familiale affaiblira beaucoup la dynastie séleucide qui ne durera encore qu’une trentaine d’année avant que Pompée ne fasse de la Syrie une province romaine

Sources: Wikipedia (Séleucide [FR/EN], Dynastie Séleucide [FR/EN], Seleucid coinage, Antiochos IX [FR/EN]), FAC (Seleukid kingdom, Seleukid Era); BMC v.4: #27-29; S-GCV: 7173; Réf. en ligne: Google, acsearch, BM, cerberuscoins, CoinTalk, FAC (GY57102), nobleromancoins, numismatics, vcoins, vcoins, WildWinds Hoover 1254 (text, image). Voir aussi ma fiche (recto, verso).

Bibliogaphie: 

La semaine prochaine nous nous arrêtons à nouveau sur ce qui semble être une pièce de la république romaine.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 95

Tulipa Washington

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions. La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana. C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

Cette tulipe appartient à la division “Triomphe” (qui est elle-même l’hybridation des divisions “Simples hâtives” et “Darwin hybrides”) qui est caractérisée par une apparence plutôt traditionnelle mais qui est très robuste et résiste bien aux intempéries. Elle fleurie entre le milieu et la fin du printemps. Le cultivar “Washington” présente de grandes fleurs sur de hautes tiges dans le style “flamboyant” car ses pétales sont d’un jaune éclatant striés au centre par une “flamme” d’un rouge vif. De plus, la fleur dure longtemps et constitue donc une excellente fleur coupée. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Images du mer-fleuri [002.022.166]

Natsuko no sake #5-6

NatsukoNoSake-5-covTome 5

“Les drames s’enchainent dans la petite communauté de Niigata. Un hélicoptère d’épandage aérien se crashe dans un champ. Le père de Saeko renonce et détruit ses plantations, accablé de solitude, il ne peut plus assurer son travail. Natsuko mobilise une fois de plus les habitants pour lui venir en aide et une violente tempête menace les récoltes. Mais Saeko, jadis méprisante du métier d’agricultrice, décide finalement de reprendre la plantation à son compte, alors que Natsuko sauvegarde le Dragon Merveilleux jusqu’au moment tant attendu de la récolte. La plantation est fauchée et le processus de production de sake peut s’enclencher. Le moment le plus important de la création artisanale repose désormais sur les épaules de Kusanabe et Natsuko, pourtant moins expérimentés que leurs aînés.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Natsuko no Sake t.5, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), septembre 2021. 464 pages, 18 x 13 cm, 11,00 € / $C 19.95, ISBN 9782379501159. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

NatsukoNoSake-6-covTome 6

“Natsuko jette ses dernières forces dans la fin du brassage du Dragon merveilleux. L’heure du verdict a ainsi sonné pour tous les habitants de la Kura, mais aussi pour chaque aventure humaine. Saeko aura trouvé son équilibre humain dans le travail de la terre, le village est en plein renouveau économique grâce à cette nouvelle agriculture biologique, Kusakabe s’affirme en nouveau chef de la production, Natsuko elle-même finit par trouver l’amour. Mais le papy Yamada, lui, aura laissé ses ultimes forces dans cette dernière saison, et la maladie finit par l’emporter dans la tombe. Le Dragon merveilleux aura bouleversé la vie de tous et la récompense sera à la hauteur du prix à payer.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Natsuko no Sake t.6, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), décembre 2021. 448 pages, 18 x 13 cm, 11,00 € / $C 19.95, ISBN 9782379501166. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Natsuko no Sake (夏子の酒 /  lit. “Le sake de Natsuko”) est un manga seinen par Akira OZE qui a été serialisé dans le magazine Morning en 1988-1991 puis compilé en douze volumes chez Kodansha. La traduction française est disponible chez Vega en six volumes doubles (paru entre septembre 2019 et décembre 2021). J’ai déjà commenté le premier volume de cette série ainsi que les volumes deux à quatre.

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t.5, page 8

Dans le cinquième tome, Saeko se lance à plein dans l’agriculture contre l’avis de son père et devient même l’apprentie de Goda, le gourou local de l’agriculture biologique. Natsuko continue son apprentissage en visitant d’autre kura (brasserie de saké) et en écoutant les conseils de Eiji Utsumi, brasseur du fameux junmai Bisen. Toutefois, elle est bouleversée par la dégustation du ginjô “N”, brassé il y a trois ans par son frère Yasuo et qui représentait pour lui le saké idéal. Natsuko devient alors très intransigeante sur ce qu’elle veut faire de son saké ce qui cause beaucoup de friction avec les autres membres de la brasserie… Natsuko récolte enfin le fruit de son labeur: le tatsu-nishiki est planté, cultivé, récolté, décortiqué, et poli. Il reste à choisir une levure dans un duel entre Natsuko et Yamada, le tôji de la kura. Le tatsu-nishiki est maintenant prêt pour le brassage!

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T.6, page 14

Dans le sixième et dernier tome, nous assistons à la naissance du saké de Natsuko. Le tatsu-nishiki est lavé, cuit, ensemencé de kôji, malaxé, fermenté en cuve, pressé, filtré, pasteurisé et finalement mis en bouteille. C’est un processus long et complexe. Pendant ce temps, Kasuko (la veuve de Yasuo) décide de rester dans la famille Saeki malgré la demande de son frère de revenir s’occuper de sa mère. Il y a assez de tatsu-nishiki pour faire trois cuvées. Malheureusement, la première a un très léger arrière-goût due à des sacs mal lavés — mais que seul Natsuko perçoit. Toutefois, la filtration devrait régler le problème. Maître Ueda visite la kura et est impressionné par leur travail; il offre quelques conseils. La seconde cuvée ne se déroule pas non plus sans incident car Yamada tombe à nouveau malade mais il se rétablit est le résultat du brassage est excellent. Toutefois, il demande pour la troisième cuvée que Kusakabe prenne la relève comme tôji (mais il le supervisera). Kusakabe s’y met corps et âme. Le résultat est encore meilleurs et satisfait finalement Natsuko. Par la suite, Saeko et Goda se marient. Natsuko décides d’assumer l’héritage de la brasserie Saeki et doit également choisir un nom pour le nouveau junmai daiginjô. Durant l’hiver, Yamada décède. Tout au long du récit, Natsuko a eut trois prétendants: Shingo (le fougueux héritier de la brasserie Kuroiwa), Eiji Utsumi (brasseur du fameux Bisen) et Wataru Kusakabe (ami de Yasuo à l’université qui a joint la brasserie Saeki comme kurabito et en est devenu le nouveau tôji). Lequel gagnera finalement son coeur?

Natsuko no sake est un très beau manga qui nous offre une bonne histoire tout à la fois captivante et touchante. Le style graphique classique, qui est plutôt simple mais efficace, est typique des mangas des années ’80 et ’90. Même si il prêche l’agriculture biologique et nous éduque sur l’art complexe du brassage du saké, ce manga constitue une lecture agréable et divertissante. C’est donc un bon vieux manga qui plaira surtout aux amateurs de culture japonaise et de saké. Moi, j’ai adoré.

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© 2016 Akira OZE. All rights reserved. © 2021 Éditions Vega pour l’édition française.

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Yawara t.3

Yawara3-cov“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo.

Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publié en français chez Big Kana. Il y a neuf volumes de paru jusqu’à maintenant et le dixième est annoncé pour octobre 2022. J’ai déjà commenté le premier et le second volume.  

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T.3, page 9

Yawara s’est laissé convaincre de participer à une compétition officielle. Pour ce faire elle doit être certifiée ceinture noire (ce qu’elle fait en un clin d’oeil). Toutefois, le club de judo de son lycée, dont elle est l’entraîneur, doit également participer à une compétition qui a lieu le même jour que le match au budokan! Pourront-ils faire bonne figure sans elle? Yawara leur enregistre quelques conseils et encouragements sur une cassette. Elle leur promet également qu’elle règlera sa compétition rapidement et qu’elle viendra les rejoindre dès que possible. Coup de malchance, Sudo se fait tabasser par son ancien gang (car il racollait les copines de ses amis). Sera-t-il assez en état pour participer à la compétition? Hanazono, qui a encore la jambe dans le plâtre, décide de prendre sa place. Yawara affronte d’abord la championne dans la catégorie des moins de 52 Kg, puis la championne universitaire, puis la championne du premier tour pour la demi-finale. Elle remporte ces trois match en quelques secondes chaque fois! En finale ce sera le combat tant attendu entre Sayaka et Yawara! Évidemment, Yawara remporte le championnat dès sa première projection d’épaule (Ippon-Seoi-Nage). Sans attendre la remise des trophées, elle s’empresse de quitter sur la moto de Matsuda pour rejoindre son club de judo à Setagaya. Elle arrive juste à temps pour voir Hanazono gagner son match. Yawara reçoit la visite d’une championne de judo canadienne. Elles deviennent amies et s’entraînent ensemble. Yawara, qui ne voulait rien savoir du judo, se découvre bien malgré elle une passion pour ce sport…

Yawara nous présente un récit qui, à travers les préoccupations adolescentes et une comédie romantique caractéristique du manga shōjo, présente toute l’action d’une histoire de compétition sportive typique du manga shōnen! Cela en fait une histoire à la fois drôle (avec une bonne dose de “fan service” coquin pour plaire au lecteurs masculins) et captivante mais qui ne néglige pas la sensibilité féminine de l’héroïne qui reste coquette (et au centre d’un imbroglio amoureux)! Le tout est superbement mise en scène par un style assez classique car à la fois simple, clair et précis. Dès ses débuts, Naoki Urasawa a fait preuve d’un grand talent.

C’est donc un très bon manga qui nous offre une lecture agréable et très divertissante! Vivement la suite !

Yawara t. 3, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana, février 2021. 306 pages, B&W (24 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.00 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8649-9, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© 2013 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2021 pour l’édition française.  

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Le clan des Otori t.2

ClandesOtori2-covL’adaptation en bande dessinée du roman de Lian Hearn. 

Takeo, sauvé du massacre des siens par Otori Shigeru, est maintenant au coeur des luttes entre les seigneurs de la guerre. Kaede, otage des Tohan, est promise à sire Otori pour sceller une réconciliation politique. Pièges, trahisons, combats sanglants… Takeo et Kaede doivent parer les coups mortels pour accomplir leur destin.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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T. 2, Page 8


Maintenant que le cadre de l’histoire est en place et que les personnages nous ont été présenté (voir mon commentaire sur le premier tome), le récit peut vraiment se mettre en mouvement. Kaede, otage des Tohan promise à Otori Shigeru (officiellement pour établir une alliance mais en fait pour l’attirer dans un piège), prends la route de Tsuwano. Shizuka, sa servante, a en fait été placé à ses côtés par Araï pour la protéger et lui apprendre le maniement des armes. Elles arrivent à Tsuwano une semaine avant les Otori et cette période est utilisée pour son entrainement. Lors des présentations officielles des futurs époux, elle est un peu déçu par sire Otori mais elle est irrésistiblement attiré par Takeo. L’attraction est mutuelle… Ils reprennent tous ensemble la route vers Yamagata pour une halte avant la destination finale: Inuyama. Les entrainements continuent et, pour Takeo, il s’agit d’aiguiser ses sens dans l’art de la Tribu. Mais sa compassion d’Invisible l’amène à prendre des risques. Arrivé à Inuyama, ils rencontrent le maître des lieux, sire Iida — leur ennemi! La nuit venu, Takeo se prépare à accomplir sa mission mais, avec la complicité de Kenji, la Tribu s’empare de lui avant qu’il ne puisse agir!

Le récit est un noeud d’intrigues et de complots mais qui se déroule avec brio et fluidité ce qui le rend captivant. On continue à en apprendre beaucoup sur chacun des principaux personnages. Le dessin, toujours dans un style brouillon et angulaire, m’agace encore un peu mais on s’y habitue vite et on finit même par le trouver charmant. J’aime bien la palette de couleurs. C’est une bonne lecture qui, en plus de nous divertir agréablement, nous introduit en douceur à l’univers créé par Lian Hearn. 

Le clan des Otori : Le silence du rossignol, t. 2, par Stéphane Melchior (texte, d’après l’oeuvre de Lian Hearn) et Benjamin Bachelier (dessin). Paris: Gallimard BD, octobre 2021. 80 pages, 23.7 x 31.7 cm, 17.80 € / $C 22.99, ISBN 9782075123389. Pour lectorat adolescent (12+). Extraits disponibles. stars-3-5

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© Liam Hearn, 2002. © Gallimard 2021 pour la présente édition.

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Les royaumes environnants (4)

Pièce Séleucide (1)

IMG_8541b-8542bMa première pièce Séleucide est une assez belle dénomination de type “C” (AE15, G [Good], Ae [Bronze], 14 x 15 mm [0.6 po], 5.363 g, payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisé par une patine noire avec des concrétions de vert-de-gris et un flan assez épais (2-3 mm) trapézoïdal (le revers est plus petit que l’avers d’un bon millimètre);  die-axis: ↑➚). L’avers présente une tête de lion de Némée à droite, sans aucune inscription. Le revers illustre une massue, debout à droite, avec une inscription verticale sur plusieurs lignes malheureusement illisible. Dans les deux cas il s’agit d’une iconographie liée au demi-dieu grec Heraclès (Hercule): tuer le lion de Némée a été le premier de ses douze travaux et la massue taillée dans le tronc d’un olivier sauvage est l’un de ses attributs.

Les recherches (tant par comparaison d’images que par mots clés) ont démontré que cette combinaison de types (tête de lion/massue) n’est associée qu’au règne du roi séleucide de Syrie Antiochos VII. Normalement, ce genre de pièce était frappé à Antioche et comportait l’inscription grecque ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΑΝΤΙΟΧΟY EYEPΓETOY [Basileus Antíochou Evergetou / Roi Antiochos Évergète (“Le Bienfaisant”)] avec un monogramme identifiant l’atelier et une datation en chiffres grecques (trois lettres) exprimée en années de l’ère séleucide (par exemple: ZOP = 177 ES = 136/135 AEC). Malheureusement, comme l’inscription est illisible, nous ne pouvons êtes certain ni de l’atelier, ni de la datation. Dans ce dernier cas, nous devons nous contenter des années de règne du roi. Cette pièce a donc probablement été frappée à Antioche durant le règne du roi séleucide de Syrie Antiochos VII, c’est-à-dire entre 138 et 129 AEC (cependant le BMC ne recense que trois dates: ΔOP [174 SE = 139/8 AEC], EOP [175 SE = 138/7 AEC] et ZOP [177 ES = 136/135 AEC]).

Comme je l’ai déjà mentionné, à la mort d’Alexandre le Grand (en 323 AEC) ses généraux se sont partagés son empire et ont fondé plusieurs dynasties royales. Séleucos s’est d’abord vu accordé la satrapie de  Babylonie mais il conquiert rapidement le territoire de ses voisins et se proclame roi (vers 305 AEC) d’un empire oriental qui s’étend de la Babylonie à la Syrie (l’équivalent actuel de l’Iran et de l’Irak), initiant ainsi la dynastie Séleucide — dont Antiochos VII est le quinzième monarque. Fils cadet du roi Démétrios Ier Sôter et de Laodicé V, Antiochos grandit à Sidé (d’où son surnom de Sidètès). Lorsque son frère Démétrios II est fait prisonnier par les Parthes du roi Mithridate en 139, il accède au trône et épouse sa belle-soeur Cléopâtre Théa (fille de Ptolémée VI). Il écrase l’usurpateur Diodote Tryphon et conquiert la Judée. Il est un bon administrateur et apprécié du peuple (ce qui lui vaut sans doute le patronyme de Évergète [“Le Bienfaisant”]). Malheureusement, la situation est moins bonne sur la frontière orientale où les Parthes font des incursions. Les négociations avec le roi Phraatès II échouent et Antiochos VII meurt au combat en 129. Démétrios II, libéré dans les négociations, lui succède.

Sources: Wikipedia (Séleucide [FR/EN], Dynastie Séleucide [FR/EN], Antiochos VII [FR/EN], Lion de Némée [FR/EN], Seleucid coinage), FAC (Seleukid kingdom, Antiochus VII, Seleukid Era); BMC v.4: #64-68; Réf. en ligne: Google, CNG, CoinArchives, CoinProject, CoinTalk, eBay, numismatics, vcoins, WildWinds (BMC 64var: text, image). Voir aussi ma fiche (recto / verso).

Bibliogaphie: 

La semaine prochaine je vous présente une deuxième pièce séleucide.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 94