Les empereurs Illyriens (4)

Tacitus (275-276 EC)

Si, grâce à des empereurs comme Claudius Gothicus ou Aurelianus, la situation de l’Empire Romain s’est grandement améliorée, la crise du IIIe siècle n’est pas encore tout à fait terminée puisque l’anarchie militaire perdure et les empereurs se succèdent encore à un rythme accéléré. Après l’assassinat malheureux de Aurelianus, un nouvel empereur Illyrien prends le pouvoir…

Marcus Claudius Tacitus est né vers 200 à Interamna (Terni) en Ombrie dans une riche famille sénatoriale et se disait descendant de l’historien Tacitus. Il a été consul en 273 et était président du sénat. Après l’assassinat inopiné d’Aurelianus, l’armée ne trouve aucun candidats méritoires car les généraux expérimentés comme Probus sont tous en mission sur la frontière. Au bout de quelques mois d’interrègne, en septembre ou décembre 275, c’est au sénat que l’on demande de nommer un successeur et le pouvoir impérial est alors offert à Tacitus, qui est septuagénaire ! Ses premiers actes sont de faire diviniser son prédécesseur, de récompenser l’armée par un donativum, et de redonner certains pouvoirs au sénat. Il nomme Probus commandant de l’armée d’Orient (dux orientis) et Florianus (possiblement son demi-frère maternel) préfet du prétoire ainsi que commandant de l’armée d’Occident.

Au début de 276, il se rend lui-même en Asie Mineure pour repousser une invasion de Goths et de Hérules en Cilicie (possiblement des mercenaires de l’armée de Aurelianus). Après la victoire, il reçoit le titre de Gothicus Maximus, mais doit revenir immédiatement pour répondre à une invasion de Francs et de Alamans en Gaule. En chemin, en juin 276, il meurt à Tyane en Cappadoce soit d’une fièvre (selon Eutrope, Aurelius Victor et l’Historia Augusta), soit assassiné (selon Zozimus). 

IMG_0162-0169Je n’ai qu’une seule pièce de monnaie de Tacitus et c’est un assez beau aurelianus (G [Good], AE / BI [Bronze argenté / Billon], 20.5 mm, 2.104 g, payé environ $6 le 1985/04/14, patine brunâtre avec une importante usure; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre une buste de l’empereur radié, drapé (et possiblement cuirassé) à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] M[ARCVS] CL[AVDIVS] TACITVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Victoire (Victoria) ailée debout de face, la tête tournée à gauche, tenant une couronne de laurier de la main droite et une feuille de palmier de la gauche (contre son épaule), avec l’inscription latine VICT-O-RIA AVG[VSTA] (la victoire de l’empereur) et un XXIA en exergue (marques de titrage de la réforme d’Aurelianus et de la première officine de Rome — cela pourrait possiblement aussi être un “XXIR” — “R” pour Rome).

Cette pièce commémore sans aucun doute la victoire de Tacitus contre les Goths en Asie Mineure. La chronologie du règne de Tacitus est un peu floue. Certaines sources en ligne datent cette pièce de novembre-décembre 275 mais, comme la victoire contre les Goths semble avoir eut lieu au printemps 276, elle daterait probablement plus de mars à juin 276. Ce type de revers n’a été frappé qu’à l’atelier monétaire de Rome, et dans ce cas-ci à la première officine (A). Cette pièce est également le premier exemple que j’ai de la réforme monétaire d’Aurélien, où les nouvelles pièces de monnaie en “argent” (les aureliani) sont marqués d’un “XX I” pour garantir qu’elles contiennent un ratio 20 pour 1 de cuivre et d’argent (en fait elle sont donc en billon).

Sources: Wikipedia (Tacitus [FR/EN]), Google, FAC (Tacitus, Victoria), ERIC (Tacitus); RIC v. 5, pt. 1: 97; acsearch, acsearch,  CGB, CoinArchives,  leunumismatik, numismatics, numismatics, numista, RIC-MOM (3479, 3480), WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

À la mort de Tacitus, Florianus tente, avec l’appui du sénat, de lui succéder mais Probus est proclamé empereur par les troupes d’Orient (en Égypte, Syrie, Palestine et Phénicie) et le défait au bout de trois mois grâce à sa grande expérience militaire. L’armée de Florianus se révolte et l’assassine. Probus prend alors le pouvoir et peut ainsi offrir à l’Empire un petit peu plus de stabilité… car il règnera un gros six ans !

La semaine prochaine nous découvrirons donc le règne de Probus dont j’ai cinq pièces de monnaie forts intéressantes.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 46

Lavandula angustifolia 

[ iPhone 11 Pro / Nikon D3300, Maison Lavande, 2021/07/01 ]

La Lavande officinale (ou Lavande vraie, appelée true lavender ou English lavender en anglais) est une espèce d’arbrisseaux à fleurs de la classe des Dicotyledonae, de la sous-classe des Asteridae, de l’ordre des Lamiales, de la famille des Lamiaceae et du genre Lavandula. Originaire de la Méditerranée, elle est caractérisée par ses fleurs mauves ou violettes disposées en épis et qui sont très odorantes. Le nom proviendrait du latin lavare (laver, en référence au fait qu’elle servait à parfumée la lessive) ou peut-être aussi livere (bleuâtre, en référence à sa couleur). C’est une plante qui a de nombreux usages: on l’utilise comme plante ornementale dans les jardins, comme herbe aromatique en cuisine mais surtout on en extrait une huile essentielle qui est très utilisée en parfumerie et en cosmétique (pour faire des savons, shampoo, etc.). On lui attribut aussi des propriétés médicinales (sans toutefois qu’il n’y ait de preuves cliniques) analgésique, antidépressives, ou antiseptiques. Il faut cependant être prudent car son huile essentielle est toxique. On lui reconnait plus aisément son utilisation en aromathérapie pour soulager l’anxiété ou l’insomnie ou encore ses propriétés répulsives contre les les mites et les poux. C’est également une plantes mellifères qui est bien appréciée des abeilles. 

Elle est une culture iconique de la Provence mais est aussi cultivée dans de nombreux pays au climat tempéré sec et même au Québec, grâce à des variétés résistantes au gel. J’ai récemment visité les champs de la Maison Lavande, situé à St-Eustache. Cette entreprise a été créé en 2006 par deux journalistes en mal de campagnes. On y cultive de nombreuses variétés: la “Munsted” (développé à Surrey en Angleterre), la “Provence Bleue” (la variété française), la “Hidcote” (une autre lavande anglaise), la “Melissa” (développée en Oregon, caractérisée par ses fleurs blanches et roses), ainsi que les lavandins [variétés hybrides Lavandula × intermedia créé par le croisement entre les espèces L. angustifolia et L. latifolia] “Grosso” et “Fred Boutin”. (Sources: Wikipedia & Maison Lavande)

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Images du mer-fleuri [002.021.188]

Haiku: Anthologie du poème court japonais

Haiku-AnthologieDuPoèmeCourtJaponais-cov“Né il y a trois siècles au Japon, le haiku est la forme poétique la plus courte du monde. Art de l’ellipse et de la suggestion, poème de l’instant révélé, il cherche à éveiller en nous une conscience de la vie comme miracle. De Bashô jusqu’aux poètes contemporains, en passant par Buson, Issa, Shiki et bien d’autres, Haiku est la première anthologie à présenter un panorama complet de ce genre littéraire, en lequel on a pu voir le plus parfait accomplissement de l’esthétique japonaise.

« Pourquoi aimons-nous le haiku ? » interrogent les préfaciers de ce livre. « Sans doute pour l’acquiescement qu’il suscite en nous, entre émerveillement et mystère. Le temps d’un souffle (un haiku, selon la règle, ne doit pas être plus long qu’une respiration), le poème coïncide tout à coup avec notre exacte intimité, provoquant le plus subtil des séismes. Sans doute, aussi, parce qu’il nous déroute, parce qu’il nous sort de notre pli, déchirant une taie sur notre regard, rappelant que la création a lieu à chaque instant. Peut-être, enfin, parce qu’il sait pincer le coeur avec légèreté. Rien de pesant, rien de solennel, rien de convenu. Juste un tressaillement complice. Une savante simplicité. »”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ce qui rend ce petit recueil de poésie Japonaise intéressant c’est qu’il nous offre un savant mélange de haïkus classiques et modernes, du XVIIe siècle jusqu’au début du XXIe siècle, mais surtout qu’il est accompagné d’une introduction, d’un petit essai historique, de notes, d’une bibliographie et d’un index qui en font un bon ouvrage de référence pour celui ou celle qui s’intéresse à ce qui est probablement la plus courte des toutes les formes poétiques. Car le haïku n’est composé que de 17 syllables (mores) repartis en trois phrases (selon le schéma 5-7-5). Par la juxtaposition de deux images ou idées — séparées par un kireji (切れ字 / “caractère de coupe”) ou césure — il exprime des sentiments liés à l’évanescence des choses et aux saisons (kigo).

On y retrouve environ cinq-cent petits poèmes divisés en quatre saisons (plus un chapitre hors-saison). J’y ai appris que mes haïkus étaient trop bavards. C’est intéressant et agréable à lire. Plutôt relaxant. À lire si les haïkus vous intéressent…

Haiku: Anthologie du poème court japonais, préparé par Corinne Atlan et Zéno Bianu. Paris: Gallimard (Poésie), décembre 2002. 242 pages, 10.5 x 18 cm, 7.50 € / , ISBN 9782070413065. Pour un lectorat adulte. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Éditions Gallimard, 2002.

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Les empereurs Illyriens (3)

Aurelianus (270-275 EC)

Lucius Domitius Aurelianus est né le 9 septembre 214 (ou 215) à Sirmium en Pannonie (anciennement l’Illyrie). D’origine humble, il a fait une brillante carrière militaire: il commande d’abord une troupe d’auxiliaires, puis sous le règne de Gallienus il combat les Goths à la bataille de Naissus sous le commandement de Claudius, et sous le règne de ce dernier il est promu commandant de la cavalerie d’élite Dalamatienne (equites Dalmatae) puis Maître de cavalerie (magister equitum). Il vainc les Alamani à la bataille du lac Benacus, puis repousse une autre invasions dans les Balkans. À la mort de Claudius en janvier 270, son frère Quintillus est nommé empereur par le sénat mais en mai les légions acclament plutôt empereur leur général, Aurelianus. 

Il semble que dès le début de son règne Aurelianus s’est donné pour objectif de restaurer la grandeur de l’Empire. En 270-71, il écrase rapidement les nombreux usurpateurs qui contestent son pouvoir, puis repousse les envahisseurs germains du nord de l’Italie (bataille de Fanum Fortunae) et des Balkans — recevant ainsi les titres de Germanicus et Gothicus Maximus. Il abandonne la province de Dacie, qui est trop difficile à défendre, et relocalise les populations en Mésie. Aussi, sachant maintenant Rome vulnérable, il fait entourer la ville d’une fortification. Après avoir consolidé sa position, la priorité suivante est de réunifier l’Empire qui s’était scindé en trois à la suite d’une série de crises internes et d’invasions qui se succédèrent après la mort de Severus Alexander, entre 235 et 268. En 272, il s’attaque d’abord à reconquérir l’Empire palmyrénien. Après avoir défait la reine Zenobia et son fils Wahballat, acquérant le titre de Restitutor Orientis, Aurelianus se tourne vers l’ouest en 273 pour reconquérir l’Empire des Gaules alors sous l’autorité de Tetricus qu’il capture à la bataille de Châlons au printemps 274. Il recevra un triomphe à Rome (où il parade les captifs qu’il a gracié: Zenobia, Tetricus et leurs fils respectifs) ainsi que le titre de Restitutor Orbis (“Restaurateur du monde”).

Aurelianus savait bien qu’il aurait été inutile de rapiécer l’Empire si il ne corrigeait pas les causes même de la crise. Il entreprit donc une série de réformes administratives, religieuses et économiques: il a fait reconstruire des infrastructures vétustes, donne un rôle officiel au culte solaire de Sol Invictus (initiant une tendance vers le syncrétisme monothéiste), améliore la distribution alimentaire, organise les corporations de métiers, fixe le prix des denrées essentielles, combat la corruption des fonctionnaires et dans les ateliers monétaires, mais surtout établit une réforme monétaire en créant l’aurelianus, une pièce de bronze argenté ou de billon avec un meilleur aloi que l’antoninianus (5% d’argent) — réforme rendu possible par l’apport de métaux précieux généré par sa campagne en Orient et la reconquête des mines d’Hispanie et de Bretagne. Il aurait probablement accompli encore plus s’il n’avait été assassiné par des officiers qui craignaient la sévérité de sa discipline alors qu’il se rendait en Orient pour faire une nouvelle campagne militaire contre les Perses. Il meurt à Caenophrurium (en Thrace) en septembre 275. Il semble que son épouse, Ulpia Severina, assura l’interrègne pendant quelques mois en attendant que le sénat nomme Tacitus comme successeur.

J’ai trois pièces de monnaie d’Aurelianus.

IMG_0090-0097La première de ces pièces est un très très beau antoninianus (VF [Very Fine], AE / BI [Bronze / Billon]?, 20 x 21.5 mm, 2.055 g, payé environ $5 le 1985/04/14, patine brunâtre avec de légers dépôts de vert-de-gris et le flan est brisé en deux parties [17 x 20 mm et 4.5 x 14 mm]; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste de l’empereur radié et cuirassé à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] AVRELIANVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une femme (Oriens? Pax?) drapée, debout à droite, présentant une couronne de laurier de la main droite à l’empereur lauré, en habit militaire, debout à gauche, tendant la main droite et tenant une lance (hasta) de la main gauche, avec l’inscription latine RESTITVT[OR] ORIE-NTIS (“Restaurateur de l’Orient”) avec un P en exergue (marque de la 1ère officine [Primus / Premier] de l’atelier de Mediolanum — j’avoue qu’elle est à peine visible et que ce pourrait être aussi bien un S [Secundus / Second], ou même un *S, *T ou *Q [Secundus / Second, Tertius / Troisième, Quartus / Quatrième, pour l’atelier de Siscia] mais selon moi cela ressemble plus à un “P”).

Cette pièce commémore sûrement la victoire de Aurelianus sur Zenobia, reine de l’Empire Palmyrénien (avec ses victoires à Immae et Émèse), et sur l’usurpateur Firmus en Égypte, ce qui lui a permis de réunifier (restaurer) l’Orient à l’Empire Romain et d’acquérir le titre de Restitutor Orientis. Elle date donc probablement de 273-74 (quoi qu’une source en ligne mentionne plutôt 271-272).

Sources: Wikipedia (Aurelianus [FR/EN]), Google, FAC (Aurelianus, Restitutor Orientis, Oriens), ERIC (Aurelianus); RIC v. 5, pt 1: 140; WildWinds (text, image), CoinArchives, CoinArchives, CoinProject (1, 2, 3), vcoins, numista, numismatics, Wikimoneda, CoinTalk. Voir aussi ma fiche.

IMG_0100-0110La deuxième pièce est un assez beau tetradrachme d’Alexandrie (G / VG [Good/Very Good], AE / CU / BI [Bronze / Cuivre /  Billon]?, 22 mm, 8.987 g, payé environ $12, flan épais avec patine rougeâtre et trace de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste de l’empereur lauré et cuirassé à droite, avec l’inscription grecque Α Κ Λ ΔΟΜ ΑΥΡΗΛΙΑΝΟC CΕΒ (Autokratos Kaisar Lucios DOMitios AURELIANOS CEBastos = IMP[ERATOR] C[AESAR] L[VCIVS] DOM[ITIVS] AVRELIANVS AVG[VSTVS]). Le revers illustre un aigle debout à gauche (les ailes fermées), la tête retournée vers la droite, une couronne de laurier dans le bec, avec une étoile dans le champs gauche et l’inscription grecque ΕΤΟΥϹ (année) et E (5) de part et d’autre. 

Comme je l’ai déjà expliqué dans le cas de la pièce de Quadratus (selon Sear GICV, p. xxv et le FAC), les pièces grecques impériales (ou provinciales) étaient souvent datées avec l’inscription ETOYΣ (έτος, parfois abrégé ET. ou L à Alexandrie, qui signifie simplement “année”) suivie d’une date qui correspondait soit à une ère locale (Césarienne ou Actienne) ou à l’année de règne de l’empereur (ou du monarque local). Dans ce cas-ci, à Alexandrie, ΕΤΟΥϹ E correspond à la cinquième année du règne de Aurelianus, soit du 29 août 273 au 28 août 274.

L’aigle est un symbole qui revient souvent dans l’Histoire. Ici, il représente Jupiter, la légion romaine (aquila) et, par extension, le pouvoir impérial.  Il existe plusieurs variations sur la position de l’aigle (ailes ouvertes, fermées, avec une palmes en travers de l’épaule, entre deux étendards, debout à droite et debout à gauche sur une foudre) et ce type semble avoir été frappé durant toute la durée du règne d’Aurelianus (A = 1, B = 2, Γ = 3, ∆ = 4 — quoi que apparemment certaines pièces auraient été daté rétroactivement) mais semble avoir été plus fréquent les deux dernières années (E = 5, S = 6).  Cette recrudescence de la frappe d’Alexandrie les deux dernières années exprime encore une fois le fait que Aurelianus a reprit le contrôle de l’Orient peu de temps auparavant. Toutefois, il n’a pas eut le temps de rétablir le monnayage provinciale puisque durant son règne seulement trois régions frapperont des pièces grecques impériales: les ateliers de Pamphylie, de Pisidie et d’Égypte (Alexandrie).

Sources: Wikipedia (Aurelianus [FR/EN]), Google, FAC (Aurelianus, Eagle), ERIC (Aurelianus); Sear GICV (1982): 4751, BMCG v. 15: 2359 (Alexandria and the nomes, R.S. Poole, 1892); CoinArchives, CoinProject, CoinProject, numista, FAC. Voir aussi ma fiche.

IMG_0120-0113La dernière pièce est un intéressant et assez beau antoninianus (G [Good], AE / BI [Bronze / Billon], 20 mm, 2.648 g, payé 30 £ le 1985/04/14, patine bronze avec de petites tâches de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers nous montre un buste de l’empereur Aurelianus radié et cuirassé à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] AVRELIANVS AVG[VSTVS] et un A (ou possiblement un ∆ ou H) en exergue (marque de la première [ou quatrième, ou huitième] officine). Le revers illustre un buste de Vabalathus lauré (avec possible diadème) et drapé à droite avec l’inscription latine VABALATHVS VCR IM DR (ce qui signifie probablement Vir Clarissimus Rex Imperator Dux Romanorum / “Homme (de rang sénatorial) très illustre, roi, chef de l’armée, duc sous [l’autorité de] Rome”).

Avec ce genre de pièce il est difficile de dire quel côté est l’avers et lequel est le revers. En fait, ici, il s’agirait non pas d’une pièce de Aurelianus mais bien une pièce frappé par Vabalathus (ou Wahballat — qui, en 270, succède à son père, Odeinath, à l’âge de onze ans et règne sur le royaume de Palmyre sous l’autorité de sa mère, Zenobia). Alors qu’ils accèdent au pouvoir et tentent d’affirmer et d’agrandir leur empire (avec la conquête de l’Égypte et d’une partie l’Asie Mineure), Vabalathus et Zenobia veulent démontrer qu’ils reconnaissent toujours l’autorité de l’Empire Romain, qu’ils s’y soumettent (pour l’instant) et désirent la paix. C’est sans aucun doute pourquoi ils ont émis cette pièce conjointe où Vabalathus apparait comme un subordonné (Aurelianus est radié alors que Vabalathus est seulement lauré). Cette pièce a été frappé à Antioche entre nov.-déc. 271 et mars 272. 

Vabalathus se montrera rapidement plus ambitieux et frappera des monnaies où il est radié et se déclare Augustus. Toutefois, Aurelianus ne peut pas tolérer cette tentative d’usurpation et dès la fin de 271 marche sur l’Orient pour reconquérir l’Égypte et Palmyre à l’été 272. Une seconde révolte l’amènera à complètement détruire Palmyre au printemps 273.

Sources: Wikipedia (Aurelianus [FR/EN], Vabalathus [FR/EN]), Google, FAC (Aurelianus, Vabalathus), ERIC (Aurelianus, Vabalathus); RIC v.5, pt. 1: 381, Sear RCV (1983): 3192; acsearch, CoinArchives, CoinArchives, CoinArchives, CoinProject (01, 02, 03, 04),  FAC, FAC, FAC, FAC, FAC, RIC-MOM, vcoins, WildWinds (text, image), WildWinds;  R. Bland, “The Coinage of Vabalathus and Zenobia from Antioch and Alexandria” in The Numismatic Chronicle Vol. 171 (2011), pp. 133-186. Voir aussi ma fiche.

J’ai précédemment beaucoup parlé de l’Empire des Gaules mais ces trois pièces démontrent qu’avant tout Aurelianus a désiré reconquérir et resoumettre l’Orient au pouvoir de Rome pour ainsi restaurer l’Empire Romain dans toute sa gloire. Toutefois, malgré tous les efforts d’Aurelianus, l’anarchie militaire perdure. La semaine prochaine nous traiteront de son successeur, Tacitus.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 45

Papaver 

[ Canon PowerShot S5 IS, Jardin botanique, 2013/06/18 ]

J’ai déjà présenté une photo du Pavot oriental. Comme ces images ont été prise au même moment et à proximité, j’en déduis donc qu’il s’agit probablement de la même espèce (Papaver orientale) ou d’une espèce similaire (comme le coquelicot, i.e. Papaver rhoeas). Dans tout les cas il s’agit du genre Papaver, un genre de plantes  qui appartient à la classe des Equisetopsida (angiospermes de la sous-classe des Magnoliidae), de l’ordre des renonculales, et de la famille des Papaveraceae. Ce genre comprend une cinquantaine d’espèces dont les plus connues sont le coquelicot et le pavot à opium (Papaver somniferum). C’est une plante herbacée caractérisée par des feuilles pennées ou bipennée, de grandes fleurs souvent solitaires, à quatre pétales, et très colorées. Le fruit est une grande capsule (fruit sec) à déhiscence (ouverture spontanée) porricide (par les pores) ou apicale (par l’apex ou l’extrémité). Les tiges, dressées et cylindriques, ainsi que le fruit, produisent un latex blanc ou ivoire, généralement malodorant, qui contient des alcaloïdes aux propriétés somnifères, sédatives ou analgésiques, parfois toxique, ce qui fait que certaines espèces (mais surtout le Papaver somniferum) ont été utilisé pour la production de stupéfiants ou de médicaments. En Amérique du Nord, comme plantes ornementales, ont retrouve surtout le pavot d’Islande (Papaver nudicaule) et le coquelicot (Papaver rhoeas). (Sources: Wikipedia)

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Images du mer-fleuri [002.021.181]

La lanterne de Nyx

LanterneDeNyx-1-covVol. 1

Quand le Japon découvre la France. 1878, la France fait rayonner sa puissance industrielle et culturelle en organisant des expositions universelles, tandis que le Japon s’ouvre au monde après 200 années d’isolationnisme. À Nagasaki, Miyo, orpheline qui a pour seul talent le don de clairvoyance au travers des objets qu’elle touche, parvient à trouver un emploi chez Vingt, commercialisant des objets importés d’Europe. Au contact de l’Occident, elle découvrira un monde nouveau qui la conduira jusqu’à Paris…

Dans cette série en 6 tomes, Kan Takahama continue d’explorer la découverte du monde occidental par les Japonais, thème déjà évoqué dans Le Dernier envol du papillon et Tokyo, amour et libertés, mais ici rendu encore plus accessible via le regard de la jeune Miyo.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 1, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), mars 2019. 188 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03370-8. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

LanterneDeNyx-2-covVol. 2

“1878, Nagasaki. Miyo, la jeune orpheline aux dons de voyance récemment embauchée dans une boutique de produits d’importation, continue d’en apprendre davantage sur les gens qui l’entourent : son oncle renfrogné, son étrange employeur Momotoshi et les liens qui l’unissent à Kei Oura, l’ancienne plus grande exportatrice de thé de Nagasaki. Mais elle n’est pas encore au bout de ses surprises. Momotoshi a en effet de grands projets tirant parti de la vague de japonisme qui déferle sur l’Europe…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 2, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), juin 2019. 216 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03371-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

LanterneDeNyx-3-covVol. 3

“1878, Nagasaki. Après avoir importé des articles dernier cri d’Europe, Momotoshi veut maintenant se rendre à Paris pour y vendre des produits d’art et d’artisanat japonais. Au moment du départ, Miyo lui avoue enfin ses sentiments. Seulement, Momotoshi garde encore dans sa montre le portrait d’une belle femme aux yeux bleus…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 3, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), septembre 2019. 244 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03372-2. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-4-covVol. 4

“1878, Nagasaki et ailleurs. Momotoshi a ouvert une petite boutique à Paris pour y vendre des articles importés du Japon. Mais Judith, la demi-mondaine dont il est éperdument amoureux, s’évanouit suite à une hémorragie pulmonaire. Et un incident imprévu à Nagasaki vient mettre en péril son commerce…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 4, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), janvier 2020. 228 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03524-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-5-covVol. 5

“1879, Nagasaki et ailleurs. Miyo n’a pas oublié Momotoshi, ni son rêve de partir à l’étranger. C’est un bon génie inattendu qui va exaucer son souhait : Gisuke Matsuo, le patron de la Kiryu Kosho Kaisha, l’invite à travailler dans sa boutique à Paris. Et Miyo quitte Nagasaki pour un long voyage de deux ans…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 5, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), août 2020. 224 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03525-2. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-6-covVol. 6

“À l’aube d’une vague de japonisme sans précédent, alors que Miyo découvre Paris et que Momotoshi fait découvrir l’ukiyo-e aux Français, la rencontre de Miyo et Judith risque de provoquer des étincelles… La boucle est bouclée dans ce dernier tome qui conte la fin des aventures de Miyo à la Belle Époque et ce qui l’attend au-delà.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 6, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), janvier 2021. 272 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03526-9. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-4-0

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Deux mangaka semblent être particulièrement appréciés en Europe pour leur affinités avec la BD franco-belge: le regretté Jirô Taniguchi et la très prometteuse Kan Takahama. Cette dernière débute sa carrière au début des année 2000 en publiant des histoires courtes, qui utilisent un style un peu expérimental, dans Weekly Morning et Garo. Ses premières publications sont donc quatre collections d’histoires courtes (Kinderbook, Mariko Parade, L’eau amère et Sad Girl, tous traduit en français chez Casterman). Après un bref hiatus dû à des problèmes personnels, elle publie sa première histoire complète en 2010. Ainsi, entre 2002 et 2021, elle a publié une douzaine de titres. Son sujet de prédilection est les relations amoureuses qui peuvent être souvent complexes, difficiles, impossibles ou tragiques et qui se terminent généralement par une séparation. Même dans Le goût d’Emma, qui est d’abord et avant tout un manga gastronomique, la protagoniste a une relation difficile qu’elle finit par rompre. Récemment, sans toutefois s’éloigner de cette thématique, elle s’est intéressé au manga seinen historique avec Tokyo, amour et liberté, qui se déroule à Tokyo durant l’ère Taisho, L’Amant (situé en Indochine dans les années ’30) et sa “Trilogie de Nagasaki” (Le Dernier envol du papillon, La lanterne de Nyx et Ougishima Saijiki) qui se déroule au tout début de l’ère Meiji.

 Les mangas de Kan Takahama

Titre

Titre original

Année / Vol.

Édition française

Yellowbacks

イエローバックス /Ierōbakkusu

2002

Kinderbook (Casterman, 2004)

Mariko Parade

まり子パラード / Mariko Parādo

2003

Mariko Parade (Casterman, 2003, en collaboration avec Frédéric Boilet)

Awabi

泡日 / litt. “Jour d’écume”

2004

L’eau amère (Casterman, 2009)

Nagi Watari – Oyobi Sono Hoka no Tanpen

凪渡り ― 及びその他の短篇 / “Le Ferry calme” et autres nouvelles

2006

L’eau amère (Casterman, 2009)

Two Espressos

トゥー・エスプレッソ / Tū esupuresso

2010

2 Espressos (Casterman, 2010)

Sad Girl

サッドガール

2012

Sad Girl (Casterman, 2012)

Yotsuya-ku Hanazono-chō

四谷区花園町 /“Arrondissement de Yotsuya, quartier de Hanazono”

2013

Tokyo, amour et libertés (Glénat, 2017)

Chō no michiyuki

蝶のみちゆき / “Le papillon de Michiyuki

2014

Le Dernier envol du papillon (Glénat, 2017)

Nyukusu no Kakutou

ニュクスの角灯

2016, 6 vol.

La lanterne de Nyx (Glénat, 2019-2021)

Emma wa Hoshi no Yume wo Miru

エマは星の夢を見る / “Emma rêve d’une étoile”

2017

Le goût d’Emma (Les Arènes BD, 2018)

Aijin

情人

2019

L’Amant (Rue de Sèvres, 2020, d’après le roman de Marguerite Duras)

Ougishima Saijiki 

扇島歳時記 / Ougishima Seasonal Words List

2019, 2 vol. (En cours)

???

???

???

2021

Invincibles, Au pays du Dalaï-Lama (Massot Editions, en collaboration avec Sofia Stril-Rever)

La lanterne de Nyx (ニュクスの角灯 / Nyukusu no Kakutô / lit. “La lanterne [lanterne carrée] de Nyx [déesse grecque de la nuit]”) est une série de manga seinen historiques et romantiques par Kan Takahama, sérialisé dans le magazine mensuel “Comic Ran” entre mai 2015 et juin 2019 puis compilé en six volumes chez Leed Publishing. Il a été traduit en français chez Glénat. Elle constitue la partie médiane de la “Trilogie de Nagasaki” en reprenant deux personnages secondaires du Dernier envol du papillon (la petite servante Tama et le cuisinier Ganji). L’histoire tragique de Tama — une adolescente de quatorze ans qui a grandi dans le monde des courtisanes de la maison close Maruyama à Nagasaki et celui de Dejima, où la culture traditionnelle japonaise du Kachô Fûgetsu [花鳥風月 / lit. “fleur, oiseau, vent, lune”, i.e. la découverte de soi au travers de la nature] s’entrecroise avec les cultures étrangères — se poursuit dans le plus récent ouvrage de Takahama, Ougishima Saijiki, sérialisé dans Comic Ran depuis novembre 2019 et dont deux volumes sont déjà paru au Japon (en septembre 2020 et avril 2021) sans encore avoir été traduit (quoi que l’on peut s’attendre à ce qu’il soit éventuellement publié par Glénat).

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Vol. 1, p. 34

La lanterne de Nyx c’est l’histoire de Miyo, une jeune orpheline un peu maladroite, qui se trouve un travail d’assistante au “Vingt”, une boutique de produits étrangers importés. L’histoire débute en 1878 dans le quartier de Kajiya à Nagasaki. La rébellion de Satsuma vient de se terminer et l’ère Meiji débute. Le premier volume introduit les éléments de base du récit ainsi que les personnages: Miyo, qui a le don de “percevoir” l’histoire des objets qu’elle touche; Momotoshi, le mystérieux propriétaire de la boutique; Genji, son homme à tout faire; Chojiro Yamaguchi, l’oncle de Miyo qui l’a recueillit à la mort de ses parents;  et Tama, la jeune couturière qui aide à la boutique. 

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Vol. 2, p. 56

Avec le second tome, on approfondit un peu les personnages. On apprends que Momotoshi Koura est à demi-Européen (il a les yeux bleus), que sa mère (qui l’a abandonné enfant) est Kei Oura, une négociante en thé de grande influence qui a été ruiné lors d’une mauvaise transaction, et que l’oncle de Miyo est un fameux artisan de laque burgautée. Momotoshi veut aider financièrement sa mère biologique et il lui demande conseil car il veut aussi exporter des objets d’art japonais vers l’Europe. Il convainc l’oncle de Miyo de se remettre à produire et lui passe une commande spéciale pour une broche qui représente Nyx avec une lanterne. Son ami d’enfance Victor Pignatel vient lui donner un coup de main pour se rendre à Paris et ouvrir une nouvelle boutique.

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Vol. 3, p. 34

Dans le troisième tome, l’action et la motivation des personnages se précisent. Il semble que le récit démarre vraiment. Momo confie sa boutique à sa mère et, sur le départ, Miyo lui avoue être tombé amoureuse de lui… À Paris, il cherche un bon emplacement pour sa boutique, fait du repérage sur la concurrence (la Kiryu Kosho Kaisha) et surtout tente de retrouver son grand amour, l’actrice et courtisane Judith. Mais celle-ci est atteint de la tuberculose! La boutique de Nagasaki prend un nouvel apprentis nommé Minpei, qui a le coup de foudre pour Miyo. On en apprend plus sur les origines de Momo, alors qu’un flash-back nous raconte l’escapade interdite que sa mère et Genji font à Shanghai. De nombreux personnages font leur apparition: Kazuma, le rival de Momo tant en affaire qu’auprès de Judith; Marie, la demi-mondaine amie de Victor; et Pauline, la serveuse de troquet qui fait des passes dans l’arrière-boutique.

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Vol. 4, p. 16

Dans le quatrième tome, on découvre comment Momo et Judith se sont rencontré. L’oncle de Miyo se blesse grièvement à la main et ne peut plus travailler. Momo doit trouver d’autres produits d’exportation susceptible d’être populaire. Il pense aux affiches, ces estampes que l’on appel aussi ukiyo-e. Pendant que Judith est à l’hôpital, Marie présente à Momo et Victor des collectionneurs comme les frères Goncourt, Félix Bracquemond, Charles Baudelaire. Gisuke Matsuo, directeur de la Kiryu Kosho Kaisha et vieille connaissance de Kei Oura, décide d’engager Miyu pour sa boutique de New-York mais avant veut l’envoyer à Paris pour apprendre le métier! 

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Vol. 5, p. 194

Dans le cinquième tome, Miyo doit apprendre l’anglais et un télégramme de Momo leur demande de trouver de toute urgence des estampes. Heureusement, l’oncle de Miyo en a une bonne collection. Miyo quitte pour la France (avec les estampes) et Minpei lui déclare son amour. À Paris, Miyo retrouve Momo et débute son apprentissage auprès de Kazuma. Momo et Victor présentent leur collection d’estampes au groupe rassemblé par Goncourt et c’est un grand succès!

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Vol. 6, p. 234

Dans le dernier tome, Momo fait un exposé très intéressant sur les estampes. Un malentendu le brouille avec Judith mais l’intervention de Miyo les réconcilie. On apprend que Victor st amoureux de Tama mais que celle-ci est atteinte de syphilis (comme sa maîtresse dans Le dernier envol du papillon). Le dernier chapitre se déroule en 1945, à Kumamoto. Miyo, sur son lit de mort, fini de raconter l’histoire à sa petite-fille. Elle a vécu des moments merveilleux à Paris et à New-York. Son séjour qui devait durer deux ans en a duré dix. Elle est devenu une adulte. Elle n’a jamais revue Momo qui a eut un enfant avec Judith. Marie est aussi venu au USA. Une fin étrangement heureuse. Sa petite-fille sort dehors pour chercher de l’eau, juste à temps pour voir le champignon atomique de Nagasaki à l’horizon…

C’est une belle histoire très bien racontée et surtout bien documentée. On en apprend beaucoup sur l’époque (tant au Japon, qu’à Paris), particulièrement sur le mouvement du Japonisme et de la “Belle Époque” de Paris. J’ai bien aimé les capsules informatives (“Cabinet of Takahama”) que l’auteur place après chacun des chapitres et où elle explique le contexte historique des personnages et des objets rencontrés dans le récit. Le style de Takahama, qui me déplaisait beaucoup quand j’ai découvert ses oeuvres, m’apparait maintenant agréable à l’oeil. Non seulement l’artiste s’est améliorée mais je crois aussi que l’on s’y habitue et apprend à apprécié sa façon dessiner. 

C’est donc un très bon manga qui s’est d’ailleurs vu attribué le prix d’excellence du Japan Media Arts Festival en 2018 et le Grand Prix Culturel Osamu Tezuka en 2020. Il nous offre une lecture agréable et éducative. Je le recommande chaudement à tous les amateurs de mangas romantiques et historiques. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

Autres sources: Bédéthèque, Manga-News, Manga-update (Nyx no Lantern, Takahama Kan), Mangapedia [JP / Tr.], Wikipedia [ FR / JP / Tr. ], From Dusk Till Dawn interview, Glénat vidéo interview (Pt 1, pt 2, pt 3, pt 4).

© Kan Takahama

 

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