Moebius: Oeuvres Complètes 2

moebiusoeuvrescompletes02couvIl n’y a aucune raison pour qu’une histoire soit comme une maison, avec une porte pour entrer, les fenêtres pour regarder les arbres et une cheminée pour la fumée… On peut très bine imaginer une histoire en forme d’éléphant, de champ de blé ou de flamme d’allumette souffrée.” — Moebius 1976

[ Texte de la couverture arrière ]

Cette compilation de 45 planches regroupe deux différents albums de Moebius.

Le premier album est Arzach qui nous offre quatre histoires sans dialogues et un peu plus d’une douzaine de planches (dont une avec dialogues, certaines en couleurs, d’autres en noir et blanc, certaines sur deux pages) qui semblent plus être des illustrations que des histoires et qui n’ont pas de lien apparent entre elles. Les titres sont des variations orthographiques de Arzach: Harzack, Harzak, Arzak, Harzakc, Harzach, Arrzak. 

Arzach-p023Dans une première histoire qui précède la préface (deux planches, en N&B), Harzack pisse derrière un building et se fait prendre, mais la flaque d’urine prends des allures tentaculaires et saisie le policier.

Dans une deuxième histoire (huit planches couleurs), Arzach espionne une femme nue qui s’habille mais est surprit le mari de celle-ci. Il capture celui-ci et le suspend à un squelette géant mais tout ça pour rien car, finalement, la beauté de la femme laisse à désirer…

Arzach-p032Dans une troisième histoire (huit planches couleurs), Harzak vole au-dessus de la plaine carnivore sur son fidèle Ptéroïde, son bagage étant sur le dos d’un deuxième ptérosaure bio-mécanique. Mais après un long vol, ce dernier fatigue et s’abime dans les herbes tueuses. Harzak doit reposer sa monture mais le seul havre possible est une sorte d’arche occupé par un primate géant, rouge et féroce. Plein de nonchalance, le héros triomphe. Celle-ci est mon histoire préférée grâce au superbe graphisme de Moebius. Dans ma jeunesse, j’avais fait un poster avec l’une de ces planches.

Dans la quatrième histoire (huit planches couleurs), un homme arrive en voiture près d’une sorte de temple en pierre. Il y entre, traverse une foule d’hommes verts passifs/agressifs, puis entre dans une pièce où il répare un équipement. Au loin, un Ptéroïde inanimé se réveille. Sa tâche accomplie, l’homme repart avec sa voiture…

Le deuxième album, L’Homme est-il bon?, nous offre onze histoires courtes: “Les clans de la lune alphane” (1 p.), “Le jeudi noir” (2 p.), “L’Homme est-il bon?” (10 p.), “Quelques books” (1 p.), “Le cerveau du Major (The Long Tomorrow, 16 p.)”, “Le café” (1 p.), “Science Fiction Chronicle” (1 p.), “Babel 17” (1 p.), “Une famille de nageur” (1 p.), “L’univers est bien petit” (8 p.) , et “Ballade” (9 p.). La plupart de ces histoires sont très courtes et souvent constituent une sorte de commentaires de lecture illustrés de romans de SF. Seulement quatre histoires méritent vraiment notre attention.

HommeEstIlBon--p078Dans l’histoire titre, un soldat est poursuivi par une troupe de créatures féroces et vertes. Ils le rattrapent, lui arrachent ses vêtements, puis leur chef lui arrache l’oreille gauche à l’aide d’un tentacule et la goûte. Il fait une grimace, et la recrache! La troupe poursuit son chemin laissant l’homme penaud et nue. On en déduit donc que la réponse à la question du titre est, non, l’homme n’est pas bon!

TheLongTomorrow-p094Dans de “The Long Tomorrow”, un détective privé est engagé par une riche dame pour récupérer un colis dans les bas fonds de la cité (dans un casier à bagage de la station de sub du 199e niveau). Il récupère la malle sans trop de mal, mais lorsqu’il revient au 12e niveau pour la remettre à la dame, le conapt de celle-ci est occupé par la police. La fille a été tué et torturé abominablement. On lui apprend qu’un espion arcturien rôde dans la ville à la recherche du cerveau du Major. Sur le chemin du retour, un assassin tente de le tuer mais il réussit à l’éliminer près de l’astroport. Chez lui, il ouvre la malle qui contient, bien sûr, le cerveau du Major. La fille lui rend visite inopinément, expliquant que la morte était un double androïde. Alors qu’il baise la fille, le lieutenant Fy l’appelle pour l’avertir que l’espion est en fait la fille. Le camouflage télépathique de celle-ci étant tombé, elle lui apparait comme une masse tentaculaire, qu’il élimine malgré ses suppliques. Le cerveau retrouve son propriétaire… affaire classée! Cette superbe histoire, ma favorite de l’album, créée sur un scénario de Dan O’Bannon, est en quelques sorte la genèse de l’Incal. 

Dans “L’univers est bien petit”, un couple en voyage interstellaire atterrit sur une planète et y découvre un naufragé qui s’avère être un vieil ennemi. Toute le monde s’entretue…

Ballade-p114Dans “Ballade”, un jeune explorateur traverse la bio-forêt en récitant du Rimbaud. Il rencontre une faunesse, qui le sauve de l’attaque d’un Euchinus et décide de se joindre à lui pour découvrir des villes humaines lointaines et pleines de merveilles. Mais dès leur première rencontre avec une troupe de ces citadins, ils sont massacrés sans questions. Moebius aime bien ces fins absurdes, subites et tragiques… Cette histoire nous montre un bel univers original et intriguant.

Cette compilation nous offre quelques uns des meilleurs exemples d’histoires de science fiction par Moebius. Très intéressant (et divertissant); à lire. 

Cette édition compilant les deux albums n’est plus disponible mais ils sont sans doute encore disponible séparément (comme dans l’édition couleur USA: Arzach [ AmazonBiblio ], L’Homme est-il bon? [ AmazonBiblio ])…

Moebius, Oeuvres Complètes tome 2: l’Homme est il bon ? / Arzach, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés, février 1981. 124 p. ISBN 2-7316-0098-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Les Humanoïdes Associés 1981.

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Gilgamesh (Jens Harder)

Gilgamesh-Harder-covL’Épopée de Gilgamesh est le plus ancien récit de l’histoire de l’humanité. Il nous est parvenu sous la forme de tablettes d’argile lacunaires, rédigées en sumérien, datées de la fin du IIIe millénaire avant JC.

Personnage hors du commun de la Mésopotamie antique, roi de la cité d’Uruk, Gilgamesh est un tyran mais il accomplit, avec l’aide de son ami Enkidu, des exploits qui permettent aussi de voir en lui le premier super-héros.

Avec le sens de la démesure qu’on lui connaît, Jens Harder a pris ce texte mythique à bras-le-corps. Tout en restant fidèle à l’esthétique des bas-reliefs témoins de ce lointain passé, il en fait une vraie bande dessinée, avec des décors grandioses, des monstres, des combats, des rêves, des dieux, de l’amour aussi.

Avec Jens Harder pour guide, suivez Gilgamesh et Enkidu dans la forêt de cèdres d’Humbahba, sur les rives de la Mer morte et jusqu’aux enfers. Une expérience de lecture unique, et une formidable porte d’entrée pour découvrir la civilisation mésopotamienne.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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Page 9

C’est tout un accomplissement que d’adapter en bande dessinée l’Épopée de Gilgamesh, la plus vieille histoire d’aventure à nous être parvenue — plus vieux que Le dit du Genji [premier roman datant du XIe siècle de notre ère] ou que Les Mille et Une Nuits [contes aux source indo-persanes datant des IIIe-VIIe siècles mais compilés dans le monde musulman du IXe siècle], plus vieux que la Bible [l’Ancien Testament aurait été écrit entre le VIIIe et le IIe siècle avant notre ère (AEC)], au moins 1,500 ans plus vieux que les récits Homériques [une tradition orale du XIIe siècle mais écrite au VIIIe siècle AEC], ou possiblement même plus vieux que les épopées sanskrites indo-européennes qui auraient inspiré ces derniers (Mahabharata et Ramayana — tradition orale du XXIe siècle AEC mais transcrite au IVe siècle AEC). L’Épopée aurait été composé en sumérien vers la fin du IIIe millénaire (XXIIe-XXIe siècle AEC) mais n’a eut une forme écrite que vers les XVIIIe-XVIIe siècle AEC. La version définitive et la plus complète de l’Épopée a été retrouvé à Ninive et est écrite sur douze tablettes d’argile en akkadien cunéiforme et date du VIIe siècle AEC.

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Page 12

Le récit se présente comme suit. Tablette I: Gilgamesh est le roi de la cité d’Uruk. C’est un despote arrogant qui oppresse son peuple, à un tel point que les dieux décident de lui créer un rival, Enkidu, l’homme sauvage. Tablette II: Gilgamesh lui envoie une courtisane pour le civiliser. Leur duel se solde par un respect mutuel, et c’est le début d’une longue “bromance” (amitié virile). Tablettes III-V: Ensemble, ils vont terrasser le géant Humbaba, dans la Forêt de Cèdre (Liban?). Tablette VI: La déesse Ishtar (Inanna) tente de séduire Gilgamesh mais celui-ci l’éconduit. Elle se plaint à son père, Anu, qui envoie le Taureau céleste pour dévaster Uruk, mais Gilgamesh et Enkidu le tue, redoublant l’affront. Tablettes VII-VIII: Pour se venger, les dieux font mourir Enkidu de maladie. Tablette IX-X: Inconsolable, Gilgamesh erre dans le désert à la recherche de son ancêtre Uta-napishti pour l’interroger sur le sens de la mort et de la vie. Après avoir rencontré les hommes-scorpions, la tavernière Siduri, et finalement le batelier Ur-Shanabi, qui l’emporte au-delà de l’océan de la mort, il arrive au bout du monde. Tablette XI: Uta-napishti lui raconte comment il a survécut au déluge et est devenu immortel. Il avertit Gilgamesh qu’il n’aura jamais l’immortalité mais lui indique néanmoins comment obtenir une plante qui redonne la jeunesse — toutefois Gilgamesh se la fait voler par un serpent. Il revient à Uruk bredouille mais plus sage. Tablette XII (fragment probablement ajouté ultérieurement): Gilgamesh échappe ses instruments de pouvoir dans les Enfers et Enkidu décide de les lui rapporter mais s’y retrouve prisonnier. Gilgamesh obtient de revoir brièvement son compagnon qui lui raconte son expérience aux Enfers.

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Gilgamesh a été adapté et illustré par Jens Harder, un artiste allemand qui a entreprit déjà plusieurs récit historiques ou journalistiques (Leviathan, La Cité de dieu, Alpha… directions, Beta… civilisations vol. 1, Cités: Lieux vides, rues passantes — presque tous primés et publiés en français chez Actes Sud – L’An 2). Comme il nous le fait remarquer dans sa postface, c’est une histoire qui a beaucoup influencé les mythes (Herakles) et les récits épiques subséquents (la Bible, le cycle troyen, les Milles et Une Nuits, etc.) et qui a encore des échos même aujourd’hui. Il souligne d’ailleurs les dimensions politiques de l’Épopée, qui est d’abord ancrée dans des faits géo-économiques réels (la nécessité d’abattre des cèdres pour répondre à la pénurie de bois en Mésopotamie et de se protéger du risque constant d’inondations (déluges), puisque le territoire est situé entre deux grands fleuves: le Tigre et l’Euphrate). Puis il y a un aspect socio-politique, où le peuple oppressé par un tyran implore les dieux, qui l’envoient dans une quête de gloire qui finira par l’assagir (étrangement, le fait que celui-ci soit arrogant, vaniteux, débauché — il invoque le droit de cuissage — braillard et reconnu pour avoir construit un mur de protection autour de la ville évoque une similitude amusante avec le quarante-cinquième président américain, l’héroïsme en moins!).

Le concept de cette BD est superbe. Elle nous offre un intéressant récit qui est très fidèle au texte original de l’Épopée. Toutefois, comme tout texte ancien, c’est plutôt formel et donc un peu laborieux à lire. Et l’auteur a du faire certains choix, narratifs d’abord (comme de ne pas inclure dans son adaptation la mort de Gilgamesh, qui n’apparait que dans la version Sumérienne de l’Épopée) et aussi visuels. En effet, l’adaptation est aussi un peu difficile à lire du point de vue graphique, car Harder ne suit pas la forme traditionnelle de la bande dessinée mais s’inspire plutôt de l’art mésopotamien. Il représente l’action en bichromie et aussi comme si c’était une fresque bidimentionnelle (les personnages étant vus exclusivement de face ou de profil!), faisant toutefois quelques concessions à la perspective afin de rendre le sujet visuellement compréhensible. C’est tout de même beau (dans son genre) et visuellement fascinant.

Somme toute c’est très intéressant si vous êtes curieux de connaître l’Épopée de Gilgamesh et surtout si vous êtes amateur d’Histoire. 

Gilgamesh, par Jens Harder (traduit de l’allemand par Stéphanie Lux). Mouthiers-sur-Boëme: Actes Sud – L’An 2, janvier 2018. 144 pages, cartonné, 19,5 x 30,5 cm, 19,80 € / $C 43.95, ISBN 978-2-330-09248-1. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Jens Harder, 2018 pour le texte et les dessins. © Actes Sud 2018 pour la traduction française.

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Revue de zines [02.19.203]

dBD #135 (juillet-août 2019)

dBD-135Enfin un numéro avec d’excellentes nouvelles! Ce numéro double — un peu plus volumineux (132 pages pour 10,00 € !) — nous offre à la une un interview avec le bédéiste gaspésien François Miville-Deschênes sur Zaroff qu’il dessine avec le scénariste Sylvain Runberg chez Lombard. On retrouve également des interviews avec François Schuiten (qui explique qu’il prends sa retraite de la BD parce qu’il en a marre des conditions difficiles que les éditeurs imposent aux créateurs), avec Gaétan Nocq sur Le Rapport W: Infiltré à Auschwitz aux Éditions Daniel Maghen, avec José Roosevelt sur CE T.13: Acrostiche aux Éditions du Canard, avec les québécois Émile Gauthier et Sébastien Lévesque sur Distorsion: 13 histoires étranges de l’ère numérique aux Éditions de l’Homme (des récits fantastiques tirés de leur podcast et illustrés par RUN), et avec KIM sur Un rêve d’ailleurs aux Éditions du Long Bec.

Dans les actualités, on retrouve notamment un article sur le 30e anniversaire du manga Akira par Katsuhiro Otomo, sur Les compagnons de la libération: Pierre Messmer  par Catherine Valenti & Philippe Tarral aux Éditions Grand Angle, et on mentionne la publication du manga Hi Score Girl par Rensuke Oshikiri chez Mana Books.

dBD nous propose également un dossier sur leur “7 coups de coeur de la rentrée” (avec extraits): Le roi des bourdons par David de Thuin chez Glénat, Les Deux Vies de Pénélope par Judith Vanistendael chez Le Lombard, La Boîte de petits pois par GiedRé & Holly R chez Delcourt, Le Boiseleur T.1 par Hubert & Hersent aux Éditions Soleil, Kebek T.1: Le puits du temps par Philippe Gauckler aux Éditions Daniel Maghen, Louisiana T.1 par Léa & Toussaint chez Dargaud, et Dans la forêt par Lomig d’après Hegland aux Éditions Sarbacane.

Dans le cahier critiques je remarque des commentaires sur Quenotte et le monde fantastique T.1 par Ryô Hirano chez Casterman (“Bien; On s’étonne de moins en moins de la surenchère surréaliste, on rit moins aussi. On est perdu, (…) dans ce qui semble (…) se limiter à une expérience narrative et graphique.”), Humanitas par Aki Yamamoto chez Glénat (“Super: trois belle réflexions sur l’humanité, servies par un graphisme incisif et efficace. À découvrir”), Mes voisins les esprits T.1 par Ushio Shirotori chez Doki-Doki (“Bien: bien fichue (…) dessin efficace, malgré un petit goût de déjà-vu”), Mermaid Prince par Kaori Ozaki chez Delcourt/Tonkam (“Bien; À découvrir”), BL Métamorphose T.1 par Kaori Tsurutani chez Ki-oon (“Super”), et Time Shadows T.1 par Tanaka Yasunori chez Kana (“Super: un premier tome très dense, qui ouvre beaucoup de piste, et qui rend cette série particulièrement prometteuse”).

kebek-t1-le-puit-du-tempsPour moi la meilleure nouvelle c’est l’annonce d’un nouveau Gauckler (voir ci-haut dans les coups de coeur de la rentrée). J’avais vu sur Facebook qu’il travaillait sur un nouvel album (j’espérais une suite à Koralovski mais cette révélation est encore mieux!). Il en parlait depuis longtemps mais là, c’est fait, il nous offre finalement son adaptation libre de La nuit des Temps, le chef-d’oeuvre de René Barjavel (il s’inspire également un peu du roman La sphère d’or de Erle Cox qui avait aussi probablement influencé Barjavel). Cette série d’au moins deux albums, dessinée en couleurs directes sur papier, prend cette fois pour décor (au lieu de l’Antarctique) le nord du Québec (et l’avocat qui apparait dans les premières pages est inspiré par un ami commun!). C’est très prometteur: un de mes romans préférés adapté par un artiste que j’admire beaucoup! J’ai bien hâte de lire ça!

Kebek T.1: Le puits du temps par Philippe Gauckler aux Éditions Daniel Maghen, 88 pages, 19€, ISBN 978-2-35674-074-8, disponible (en Europe) dès le 22 août. dBD nous présente un extrait de cinq pages!

Donc, un numéro plein de découvertes et de bonnes nouvelles. Une excellente lecture! stars-4-0

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Capsules

Bug 2

Bug-2-covLe deuxième volet de la série évènement d’Enki Bilal

BUG définition :
En français : se dit d’un défaut affectant un programme informatique.
En anglais : se dit d’un insecte, d’une bestiole, d’un virus…

En 2041, la Terre est brutalement et simultanément confrontée aux deux. Un homme taché de bleu, et au corps squatté par un alien, se retrouve dans la tourmente, convoité par le reste du monde.

[ Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière ]

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Page 8

Le récit, entamé dans le premier volume, se poursuit… Seul survivant d’une expédition vers Mars, Kameron Obb revient sur terre contaminé par un organisme extra-terrestre et une tâche bleue qui semble contagieuse. Au même moment, toute la technologie humaine cesse de fonctionner et toutes les données informatiques disparaissent. Les deux événements semblent liés d’autant plus que Obb se retrouve être le détenteur, dans sa mémoire, des données disparues. Il devient donc un homme très convoité. Alors que tout les gouvernements de la planète tentent de se réorganiser dans ce chaos, Obb n’a pour objectif que de sauver sa fille, Gemma, qui a été kidnappé par un groupe mafieux vénitien qui se sert d’elle comme appât. Toutes les factions politiques de la planète tentent de lui mettre la main dessus: les Néo-Marxistes Progressifs, son ex-employeur, la mafia italienne, l’armée française, des agents chinois, la CIA, des agents du Califat de Gibraltar, les Yakusa Concept, les Israéliens, les Russes, les Groupes Islamistes Unifiés, etc. Gemma est sauve, mais une faction réussie à le capturer. Le monde, lui, peut-il encore être sauvé?

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Page 9

Les histoires post-apocalyptiques de Bilal me semblent un peu répétitives. Mais qu’importe. Il nous offre ici un scénario catastrophe tout à fait plausible avec un crash technologique qui a des conséquences affectant en cascade la géo-politique de la planète: un total chaos politique, économique, social et même médical. C’est une réflection intéressante. Dans une telle situation, que pourrait-on faire pour s’en sortir? Toutefois, c’est sur le plan artistique que Bilal se distingue, avec son superbe style graphique mélangeant crayonné et peinture, tons sombres et vifs, détails et flous. Bilal demeure encore et toujours un incontournable. J’ai bien hâte de lire la suite…

 

 

Bug, livre 2, par Enki Bilal. Paris: Casterman, avril 2019. 80 pages, 19.2 x 26.9 cm, 18,00 € (ePub/PDF: 12,99 €) / $34.60 Can. ISBN 978-2-203-16361-4. Pour lectorat jeune adulte (14+). Extraits disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Casterman 2019

Bilal sur la couleur Bleu dans son oeuvre:

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Capsules

Revue de zines (02.19.167)

Encore une fois, je passe en revue quelques récents périodiques consacrés à la bande dessinée et au manga…

AnimeLand #226 (mars-mai 2019)

AL226Un autre superbe numéro de AnimeLand très riche en information. Comme le note l’éditorial, si l’on se fit aux récents titres, l’air est à la nostalgie. Ce numéro nous présente donc la couverture des films de Dragon Ball Super: Broly et de City Hunter: Shinjuku Private Eyes, de la nouvelle série de Saint Seiya: Saintia Shô, et souligne la consécration de Rumiko Takahashi à Angoulème avec un article qui analyse une scène de Maison Ikkuku! Tout cela ravive des souvenirs vieux de plusieurs décennies…

Ce qui rend ce numéro particulièrement intéressant c’est surtout l’interview avec Akemi Takada (character design de Urusei Yatsura et Kimagure Orange Road) et les articles sur le genre shôjo (“la vie quotidienne d’une héroïne de shôjo: du premier amour à la survie de l’humanité” un article de huit pages [rare dans AL] tout à fait fascinant!), sur “Comment éditer un manga part. 2: Édito, traduction et maquette” et sur le film “live” de Lady Oscar (pour souligner son quarantième anniversaire!).

Ce numéro m’a également permis de découvrir la série télé Révisions (12 eps, sur Netflix) ainsi que les mangas Félin Pour l’autre! (un shônen nekketsu par Wataru Nadatani chez Doki Doki où un garçon tente de sauver des chats errants) et Magus of the Library (par Mitsu Izumi chez Ki-oon où Shino est passionné par les livres et échappe à la réalité en se réfugiant dans leur pages!). stars-4-0

dBD #133 (mai 2019)

dBD-133En couverture, dBD nous offre un interview avec Olivier Dupont qui s’est associé au scénariste Régis Loisel pour Un putain de salopard (Rue de Sèvres), l’histoire d’un jeune homme qui part à la recherche de son père en Amazonie. On retrouve également des interviews avec Jean-Marc Rochette (Le loup, chez Casterman), François Boucq (Jérôme Moucherot t.6, chez Lombard), Philippe Richelle (Algérie, une guerre française t.1 chez Glénat), Oscar Martin & Alvaro Iglesias (Solo t.4 chez Delcourt, une histoire anthropomorphique qui met en scène des tribus de rats, chats, chiens, hyènes, etc.), et Julien Lambert (VilleVermine t.2 chez Sarbacane).

Côté manga, dans le cahier critiques, on y parle de The red rat in Hollywood t.1 (Osamu Yamamoto, chez Vega), Les liens du sang t.1 (Shuzo Oshimi chez Ki-oon), Buchimaru chaos t.1 (Tsutomu Ohno chez Doki Doki), Genocidal organ t.2 (Gatô Asô chez Pika), Le bateau de Thésée t.1 (Higashimoto Toshiya chez Vega, qui offre une sorte de Quartier lointain en thriller avec “un scénario solide à rebondissements multiples”), et Contamination t.3 (Ao Acato chez Kana, un seinen catastrophe qui “maintient le lecteur en haleine”). Intéressant mais rien de bien excitant… stars-3-0

dBD #134 (juin 2019)

dBD-134À la une, dBD nous offre une interview avec François Schuiten, Laurent Durieux, Jaco van Dormael & Thomas Gunzig qui proposent une aventure avec des Blake & Mortimer “vieillis, séparés par le temps et mis en péril” (Le dernier Pharaon, aux Éd. Blake & Mortimer). On en profite pour parler de l’exposition consacré à cette BD au musée des Arts et Métiers. On retrouve également des interviews avec Jean-Luc Istin (Mages t.1, avec K. Duarte chez Soleil), Tillie Walden (Spinning, Dans un rayon de soleil et J’adore ce passage, chez Gallimard), Inès Léraud (Algues vertes: l’histoire interdite, chez La revue dessinée/Delcourt), Gani Jakupi (Enquête sur El Comandante Yankee, chez La table ronde/Aire Libre). 

Dans les actualités, on mentionne brièvement le décès de Kazuo Koike en avril, l’adaptation cinématographique de La Quête de l’oiseau du temps (Le Tendre & Loisel) par le réalisateur Danois Anders Walter, et la tenu du 20e Japan Expo au Parc d’exposition Paris-Nord Villepinte du 4 au 7 juillet.

Côté manga, dans le cahier critiques, on y parle de Jusqu’à ce que nos os pourrissent t.7 (Yae Utsumi, chez Pika), Versailles of the dead t.1 (Rumiko Suekane, chez Kana — Marie-Antoinette contre les zombies, “tant d’incohérences et d’absurdités”), Echoes t.1 (Kei Sanbe, chez Ki-oon — “thriller plus sombre (…) l’horreur de la folie humaine”). Ce numéro m’offre peu de découvertes intéressantes mais demeure tout même assez informatif… stars-3-0

Étrangement, aucun de ces deux récents numéros de dBD ne mentionne le deuxième tome de Bug par Enki Bilal, paru chez Casterman en avril et que j’attendais avec impatience! dBD en a probablement parlé dans une numéro que je n’ai pas lu…

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Capsules

Crapule 2

Crapule2-covCrapule est un chat, un vrai. Le genre qui porte bien son nom. Une catastrophe sur pattes, mais tellement mignon qu’on lui pardonne tout. Il a d’ailleurs un succès fou, au point que Jean-Luc Deglin lui a consacré un nouveau tome pour ses péripéties félines : câlins griffus, accidents de litière, bêtises en pagaille… Mais comment Crapule réagira-t-il face au nouveau compagnon de sa maîtresse ?

Du “100 % vécu” par tous les propriétaires de machines à ronrons, dont on raffole !

(Texte du site de l’éditeur)

Crapule c’est une bande dessinée toute simple qui offre des histoires en 4 cases et en bichromie (noir et bleu), ce qui n’est pas sans rappeler les yonkoma japonais ou les comic strips américains à la différence que les premiers sont présentés verticalement et que les seconds sont généralement horizontaux, alors que Crapule lui est dans un format carré (2 / 2). 

Crapule2-p003Ce second volume nous présente la suite de la relation parfois difficile entre le juste nommé Crapule et sa maîtresse. Si la présence d’un chaton aidait à adoucir sa solitude, celle-ci recherche maintenant un compagnon humain ce qui fait qu’elle “semble moins pressée de remplir sa gamelle et de changer sa litière” et cela mènera à “de précieux moment d’incompréhension et de jalousie” ! (Voir couverture arrière)

Tout ceux qui ont (ou ont déjà eut) un chat trouveront ces situations plutôt familières et hilarantes. Toutefois c’est pas mal la même chose que le premier volume (que j’ai déjà commenté) et la pléthore de récits anecdotiques sur les chats en bande dessinée en font un sujet surexploité au point que c’est difficile d’y trouver de l’originalité. Crapule s’avère donc un peu répétitif mais cela reste fascinant et amusant tout à la fois. C’est cent-vingt-quatre charmantes petites histoires qui offrent une lecture rapide et agréable. À lire, surtout pour les amateurs de chats.

Crapule 2, par Jean-Luc Deglin. Marcinelle: Dupuis, novembre 2018. 128 pages (en bichromie), 20.8 x 16.7 cm, 14,50 €  / $25.95 Can (ePub / PDF $19.99 Can). ISBN 979-1-0347-3357-6. Pour lectorat jeune (6+). Extraits disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-0

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© Dupuis 2017. Touts droits réservés.

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Capsules

Mai, mois de la BD

Mai, c’est le mois le plus beau mais, au Québec, c’est aussi le mois de la BD. Celui-ci s’exprime au travers de deux événements distincts.

1754D’une part, les bibliothèques de Montréal organisent de nombreuses activités (conférences, rencontres, ateliers, etc.), expositions et concours autour du thème de la bande dessinée. La programmation de cette soixantaine d’activités est disponible en ligne. 

Cette année la BD se décline au féminin dans les bibliothèques. En effet, avec la participation de son personnel et de treize personnalités publiques féminines, les bibliothèques ont produit une brochure qui offre un peu plus d’une cinquantaine de suggestions de lecture BD (une infime partie des 400 000 BD de ses collections) créées par des femmes. La brochure est disponible dans les bibliothèques mais aussi en ligne.

Malheureusement, on y retrouve que deux manga: Nana par Ai Yazawa chez Declourt/Akata et Isabella Bird, femme exploratrice par Taiga Sassa chez Ki-oon — que j’ai lu et recommande moi-même très chaudement. C’est avec honte que j’avoue n’avoir lu qu’un seul autre des titres recommandés: Persepolis de Marjane SATRAPI (que j’ai également très apprécié). Un autre titre se trouve cependant sur ma liste de lecture: Cet été-là par Mariko et Jillian TAMAKI chez Rue de Sèvres.

FBDM-bandeau-710x399L’autre événement de ce mois de la BD, c’est le FBDM. La 8e édition du Festival BD de Montréal sera orientée sur l’international. Avec des volets francophone et anglophone, le festival se veut un carrefour entre l’Europe et l’Amérique, en y faisant la promotion des talents tant québécois que canadiens. L’événement, qui est tout public, bilingue, et gratuit, se tiendra du vendredi 24 au dimanche 26 mai 2019, à L’Espace La Fontaine (Parc Lafontaine).

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