Bug, vol. 3

Bug-3-covTroisième volet de la saga planétaire d’Enki Bilal.

Alors que le grand Bug planétaire a rendu impossible l’accès aux données numériques, l’hypermnésique Kameron Obb est la proie de toutes les convoitises. Traqué à travers le monde par des instances gouvernementales autant que par des groupuscules contestataires, il réussit à communiquer avec sa fille, elle-même kidnappée par de mystérieux ravisseurs… Mais quelle est la véritable nature du Bug ? Est-ce seulement une catastrophe technologique ou bien la conséquence d’une véritable attaque contre l’Humanité ?

Dans ce troisième épisode, Enki Bilal se régale dans la mise en scène de nombreuses femmes puissantes, avec une suite de rebondissements et de séquences spectaculaires ponctué de réflexions satiriques aussi inattendues que réjouissantes…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Bug-3-p43

Vol 3, p. 43

Le récit se poursuit… (voir mes commentaires des premiers et second volumes). 2042. Que se passerait-il si toute la technologie qui contrôle notre monde, nos villes, nos vies, notre corps même (par des implants), cessait subitement de fonctionner? Alors que la planète est plongée dans le chaos, Kameron Obb (seul survivant d’une expédition vers Mars) lui semble le récipiendaire de TOUTES les mémoires électroniques du monde. Cela en fait un homme recherché et convoité. Prisonnier d’un groupe Néo-Marxiste-Féministe, il est kidnappé cette fois par la tsarine de la Nouvelle Russie Sibérienne. Tous veulent qu’il rétablisse leur système électronique… Une nébulosité bleue approche de l’orbite terrestre… Pendant ce temps, sa fille Gemma, sauvée par Junia, la compagne de fortune de Obb, retourne à Paris pour tenter de sauver le monde du chaos. Junia tente de libérer Obb d’une haute tour au large de Barcelone, mais il n’y est plus et elle est capturé par les Néo-Marxiste. Obb s’évade de Sibérie à bord d’un chasseur Sukhoi-77 pour rejoindre Gemma et sauver la présidente française de ses implants. Puis il va libérer Junia. Un nouveau groupuscule entre en jeu, le STALLER (STAline-hitLER, des néo-fascistes). Ils ont capturé le millionaire Awden Marxoe (le patron de Obb) qui semble en possession d’une information capitale sur le Bug. Pour la première fois, Obb est contacté par l’Entité Bleue… Quelle sont les véritables intentions de cette entité? Aurait-il été manipulé par une force malveillante? Deux courants bleus semblent lutter en lui. Il perd le contrôle du Sukhoi et il se retrouve avec Junia sur une plage de Lampedusa en Libye. Il a de la fièvre, tombe dans le coma. Il se réveil amnésique! 

Bilal demeure encore et toujours un incontournable. Surtout à cause de son superbe dessin. Un style qui mélange brillamment crayonné et peinture, tons sombres et vifs, détails et flous. Dans cette nouvelle série (en cinq tomes), Bilal critique notre sur-dépendance de la technologie et se moque grandement de la radicalisation idéologique du XXIe siècle. Le récit est bien mené, captivant mais semble piétiner un peu. Toutefois, ce tome se termine sur un point tournant et le prochaine volume nous apportera sans doute des réponses. Vivement la suite!

Bug, livre 3, par Enki Bilal. Bruxelles: Casterman, mars 2022. 82 pages, 19.1 x 26.9 cm, 18,00 € (ePub/PDF: 12,99 €) / $34.60 Can. ISBN 978-2-203-20228-3. Pour lectorat jeune adulte (14+). stars-3-0

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© Casterman 2022

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Suite Française: Tempête en Juin

SuiteFrancaise-cov“Une décennie après le triomphe mondial de Suite française, roman miraculeusement réchappé de l’oubli, prix Renaudot 2004, Emmanuel Moynot s’empare du premier volet du diptyque, Tempête en juin. Sous sa plume acérée, le classique d’Irène Némirovsky trouve sa dimension visuelle. Comme dans un film de Renoir ou d’Altman, les personnages, les trajectoires, les destinées se heurtent et s’emmêlent sur les routes de l’Exode de juin 1940, traçant le portrait de ces heures noires où il a semblé que la donne sociale, morale, nationale se rebattait intégralement. Les figures inoubliables qui peuplent les pages de Némirovsky prennent corps. On retrouve comme si on les avait toujours connus le banquier Corbin, le gentil couple Michaud, la tribu des Péricand, l’infortuné abbé Philippe, la frivole Arlette Corail, le sinistre Corte et sa maîtresse écervelée, tous les autres, les perdants, les affreux, les purs et les morts de cette débâcle française. Et l’on découvre au passage que l’auteur de David Golder – dont on connait la passion pour la narration cinématographique – aurait fait une grande scénariste.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Suite à l’invasion de la Pologne, le Royaume-Unie et la France déclarent la guerre à l’Allemagne nazie le 3 septembre 1939 mais ce n’est que le 10 mai 1940, après ce qu’on a appelé une “drôle de guerre”, que les Allemands se lancent à la conquête de l’ouest en une “guerre-éclair”: ils traversent les Ardennes au Luxembourg et en Belgique, font une percée à Sedan, si rapidement que c’est la débâcle chez les alliés. Les Britanniques, acculés à Dunkerque, doivent évacuer dès le 26 mai. La bataille de France se transforme en une “étrange défaite” alors que les Allemands marchent dans Paris le 14 juin et que la France doit accepter un humiliant Armistice signé le 22 juin 1940. Sous le gouvernement de Pétain, puis celui de Laval (Régime de Vichy), la France est alors divisée par une ligne de démarcation entre une “Zone Occupée” au nord et une “Zone Libre” au sud. C’est dans ce contexte que se déroule le récit…

La nouvelle de la débâcle de Dunkerque et de l’approche allemande pousse de nombreux Parisiens à l’exode vers le sud afin de fuir les combats et l’inévitable occupation. Nous suivons ainsi une vingtaine de personages qui tentent de fuir Paris puis, pour la plupart, qui y reviennent lorsqu’ils apprennent que la ville a été épargnée de la destruction. Le récit trace un intéressant portrait de la société française de l’époque mais le fait de constamment alterner d’un groupe de personnages à l’autre rend le tout un peu confus. Toutefois, avec son style sombre mais réaliste — un dessin un peu brouillon et en tons de gris, très populaire ces temps-ci mais qui m’agace beaucoup — Moynot (surtout connu pour avoir reprit Nestor Burma après Tardi) fait un excellent travail pour illustrer les petits drames de chacun exacerbés par la guerre. C’est une intéressante bande-dessinée pour l’amateur d’histoire que je suis, avec un bon récit (mais sans plus). Toutefois, ce qui rend ce titre fascinant c’est l’oeuvre dans laquelle il s’inscrit.

Irène Némirovsky est une émigrée Ukrainienne qui s’installe à Paris au début du siècle. Elle y entreprend une carrière littéraire (en publiant une quinzaine de courts romans dont David Golder est le plus connu). En juin 1940, comme beaucoup de français, elle fuit Paris avec son mari Michel Epstein et leur deux filles pour s’installler à Issy-l’Évêque (dans le Morvan) qui se retrouvera en territoire occupé après l’armistice. Elle continue d’écrire, débutant entre autre un projet de cinq romans s’inspirant de ce qu’elle a vécu et observé au cours de l’exode de juin et de l’occupation allemande. Elle termine la première partie, Tempête en juin (traitant de l’exode), en avril 1941. Puis la seconde partie, Dolce (racontant l’idylle d’une jeune française avec un officier allemand mélomane), est complétée en juin 1942. Elle planifie trois autres romans, Captivité, Batailles et La Paix, qui formeront son magnum opus et qui, pour l’instant, lui permettent pour le moins d’endurer le stress de l’occupation en se gardant l’esprit occupé. Elle n’aura cependant jamais l’occasion de terminer son oeuvre car elle est dénoncé comme juive puis arrêté le 13 juillet 1942. Elle est d’abord envoyé au camps de Pithiviers, puis elle prend le convoi no 6 pour Auschwitz-Birkenau le 17 juillet, où elle meurt du typhus le 19 août. Ce n’est que durant les années cinquante que le manuscrit des deux romans est redécouvert dans une malle par ses filles, Denise et Élisabeth. Après avoir donné les archives de leur mère à l’IMEC au début des années ’90, Élisabeth décide de retranscrire le manuscrit qui n’est publié qu’après de nombreuses tergiversations en 2004 sous le titre Suite Française. L’ouvrage connait une grand succès et est traduit dans de nombreuses langues. Il reçoit également le prix Renaudot.

Le roman reçoit de nombreuses adaptations: il inspire un Concerto de chambre d’Aulis Sallinen en 2005, puis la deuxième partie est adapté avec le film de Saul Dibb en 2014, la première partie est retranscrite en bande-dessinée par Emmanuel Moynot en 2015, puis le récit est joué au théâtre en 2018 et 2019. Le roman a également fortement inspiré l’excellente série télévisée de France 3 Un Village Français qui a été diffusé en sept saisons entre juin 2009 et novembre 2017. Je n’ai malheureusement pas lu le roman (je l’ai juste feuilleté en lisant des passages ici et là) mais tant l’adaptation BD que cinématographique semblent assez respectueuse. Ils peuvent donc servir de raccourcis pour prendre connaissance de l’oeuvre de Némirovsky.

Suite Française: Tempête en Juin, par Emmanuel Moynot (d’après le roman d’Irène Némirovsky; mise au gris de Chantal Quillec). Paris: Denoël (Coll. Denoël Graphic), janvier 2015. 224 pages, 16.0 x 23.0 cm, 23,50 € / $42.95, ISBN 978-2-207-11817-7. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© 2015 Éditions Denoël.

SuiteFrancaise-movieSuite française: France / UK / Belgique, 2015, 107 min.; Dir./Scr.: Saul Dibb; Phot.: Eduard Grau; Ed.: Chris Dickens; Mus.: Rael Jones; Cast.: Michelle Williams (Lucile), Matthias Schoenaerts (Bruno), Kristin Scott Thomas (Madame Angellier), Margot Robbie (Céline), Sam Riley (Benoît), Ruth Wilson (Madeleine), Tom Schilling (Kurt), Lambert Wilson (Vicomte de Montmort), Harriet Walter (Vicomtesse de Montmort), et Alexandra Maria Lara (Léa).

Ce film est basé sur le même roman qui a inspiré la série télé Un Village Français. Une jeune française établie une relation romantique avec un officier allemand qui occupe le village de Bessier. Il écrit une pièce musicale qu’il lui laisse lorsqu’il repart pour le front. C’est un très bon film avec d’excellent acteurs et une bonne cinématographie. stars-3-5

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SuiteFrancaiseRoman-covSuite française, par Irène Némirovsky (préface de Myriam Anissimov). Paris: Gallimard (Coll. Folio #4346), mars 2006. 576 pages, 10.8 x 17.8 cm, 10,60 € / $19.95, ISBN 978-2-07-033676-0. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Revue de ‘zines [002.022.177]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage perpétuel sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD #161 (mars 2022)

dBD-161Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Métal Hurlant #2 (1975-1984): Le Nouveau Visage de l’imaginaire qui réédite des pages qui ont fait la gloire du titre et De Blueberry à L’Incal: lire Giraud/Moebius par Jean-Clet Martin (chez Les Impressions nouvelles) qui propose une réflexion intéressante à travers de deux créations emblématiques du dessinateur. On y trouve également un hommage (par Pierre Christin!) à Jean-Claude Mézières, qui est décédé le 23 janvier dernier (ainsi qu’une BD-caricature de Christophe Blain) et un article sur la création d’une collection BD aux éditions Rivages (Payot) intitulée Virages Graphiques.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Asaf Hanuka au sujet de Je suis toujours vivant (avec Roberto Saviano, chez Gallimard-Steinkis). Les entrevues se poursuivent avec le scénariste Pat Mills (sur La Grande Guerre de Charlie, La Bataille de la Somme, Édition Intégrale, avec Joe Colquhoun chez Delirium, et Be Pure! Be Vigilant! Behave! 2000 AD & Judge Dredd: The Secret History, chez Millsverse Books), David Sala (sur Le poids des héros chez Casterman), Gérard Mordillat & Sébastien Gnaedig (sur Ulysse Nobody chez Futuropolis), Teresa Radice & Stefano Turconi (sur La Terre, le ciel, les corbeaux chez Glénat/Treize Étrange), Agnès Naudin (sur Enfances perdues: Premières enquêtes (avec Jean-Claude Bartoll & Éric Nosal, chez Robinson), Célina Salvador & Moïse Dissous (sur les dix ans des Éditions Steinkis) et Théa Rojzman & Steve Baker (sur Billie Bang Bang t.1 chez Le Lombard).

Dans le Cahier Critique je note Shadow Life par Ann Xu & Hiromi Goto chez Ankama (Super!; un manga sur le sort du troisième âge et les camps d’internement canadiens pour Japonais durant la Seconde Guerre Mondiale). Il y a également une double-page consacrée aux nouveautés mangas où je remarque un nouveau Leiji Matsumoto (V2 Panzer chez Kana) et découvre que la Collection Classique de Soleil Manga n’est finalement pas morte puisqu’on y publie trois nouveaux titres du studio Variety Artwork: L’Iliade et l’Odyssée d’Homère, La Divine Comédie de Dante et Ulysse de James Joyce!!

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #162 (avril 2022)

dBD-162À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Werner Goelen dit Griffo (sur Iruene, avec Rodolphe, chez Daniel Maghen). Les entrevues se poursuivent avec François Desagnat & Jean-Paul Rouve (sur l’adaptation cinématographique de la BD Zaï Zaï Zaï Zaï), Pierre Christin & Jean-Michel Arroyo (sur Pigalle, 1950 chez Dupuis/Aire Libre), RUN (sur la collection Label 619, qui vient de s’associer avec Rue de Sèvres), Pierre Tranchant / Pica (sur la réédition de Bastos et Zakousky, avec François Corteggiani chez Glénat), Louise Laborie (sur Morgane Fox chez Sarbacane), et l’autrice sud-coréenne Bokyoung Yun / YunBo (sur Seizième Printemps chez Delcourt).

On y trouve également un dossier d’enquête sur la BD & la Politique par Philippe Peter, incluant une entrevue avec Gérard Davet & Fabrice Lhomme (sur L’Obsession du pouvoir chez Delcourt). Puis un article de Cathia Engelbach sur les vingt ans des Éditions Flblb, qui se consacre surtout au roman-photo, incluant un entretien avec Julie Chapallaz (sur La déflagration des buissons chez Flblb).

Dans le Cahier Critique je note Criminelles Fiançailles t.1 de Asuka Konishi chez Pika (Super!) et Appare Ranman t.1 par Apperracing & Ahndongshik chez Doki-Doki (Super!; “Intéressant mélange entre deux genre très proches, le steampunk et le dieselpunk”). On nous introduit aussi les nouveautés mangas: Sakamoto Days t.1 & 2 (Yuto Suzuki, chez Glénat), Bizarre Adventure (Hirohiko Araki, chez Delcourt/Tonkam), A Couple of Cuckoos t.1 (Miki Yoshikawa, chez Pika), Kiruru Kill Me t.1 & 2 (Yasuhiro Kano, chez Kurokawa), BEM 1 (Mosae Nohara, chez Panini), Excuse me, Dentist, It’s Touching Me! (Sho Yamazaki, chez Soleil), Dimensional Mercenary (Kim Jae-Hwan & Gmho, chez Delcourt/Kbooks), Ningyo (Mato & Mr Tan, chez Glénat), Enfants des Abysses t.1 (Eruthoth, chez H2T), Our Green Birdcage t.1 (Chia Teshima, chez Soleil), Hello, Hello and Hello t.1 (Aya Hazuki & Teruya, chez Moonlight) et Ghost Girl t.1 (Ikeda Akihisa, chez Delcourt/Tonkam).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

dBD #163 (mai 2022)

dBD-163Dans le cahier actualités je note une autre adaptation de l’Épopée de Gilgamesh en BD: Gilgamesh par Taranzano, Didier Poli, Clothilde Bruneau et Luc Ferry dont le t.3: La Quête de l’immortalité vient de paraître chez Glénat (Coll. La Sagesse des mythes). On souligne également la sortie en vidéo chez Wild Side de l’adaptation en animation par Patrick Imbert du manga Le Sommet des dieux de Taniguchi qui a remporté le César du meilleur film d’animation 2022 (voir mes commentaires sur le manga et l’animation). Finalement on retrouve une intéressante entrevue avec Sylvain Runberg sur les trois adaptations BD qu’il a réalisé pour la collection “Les Futurs de Liu Cixin” chez Delcourt: Nourrir l’Humanité (paru en juin 2022), L’Ère des anges et Les Migrants du temps (tous deux à paraître en 2023). Quatre titres sont déjà disponible dans cette collection: La Terre vagabonde (The Wandering Earth) par Christophe Bec & Stefano Raffaele, Pour que respire le désert (Yuanyuan’s Bubbles) par Valérie Mangin & Steven Dupré, Les Trois Lois du monde (The Village Teacher) par Zhang Xiaoyu et Nourrir l’humanité (The Wages of Humanity) par Sylvain Runberg & Miki Montillo. Trois autres titres restent à paraître en 2022: La Perfection du cercle (par Xavier Besse, en août), Proies et Prédateurs (par Jd Morvan & Yang Weilin, en octobre) et L’Attraction de la foudre (par Thierry Robin, en novembre) — j’ai déjà commenté l’édition anglaise de quelques uns de ces titres.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Joann Sfar à l’occasion des vingt ans du Chat du rabbin et de la parution chez Dargaud de quatre intégrales. Les entrevues se poursuivent avec Marcello Quintanilha (sur Écoute, jolie Marcia chez Ça et Là), Vincent Brugeas, Ronan Toulhoat & Yoann Guillo (sur Cosaques t.1, chez Le Lombard), Jaume Pallardo (sur La mort rose, chez La Cafetière), Séverine Vidal (sur Naduah avec Vincent Sorel chez Glénat, et George Sand, fille du siècle avec Kim Consigny chez Delcourt), le journaliste Daniel Couvreur (sur Le Faux Soir avec Denis Lapière & Christian Durieux chez Futuropolis) et Fred Duval (sur Cinq Avril t.1 avec Michel Bussi & Noë Monin chez Dupuis). On y trouve également un article sur les soixante ans de Spider-Man.

Dans le Cahier Critique je note d’abord Bug t.3 d’Enki Bilal chez Casterman (Super!; “Bilal poursuit le développement de sa nouvelle grande saga (…). Bilal s’éclate à mettre en scène une chasse à l’homme (…) scènes d’action formant dès lors un pendant spectaculaire à la réflexion plus profonde (…) qui est distillé tout au long du récit. (…) un certain lyrisme (…) l’auteur, qui n’a jamais été aussi bon (…) est toutefois parvenu à épurer sa pensée (…). Saga prévu en cinq volumes.”). Il y a aussi Blissful Land t.2 par Ichimon Izumi chez Nobi-Nobi (Super!). On nous présente finalement, sur deux pages, les récentes parutions de manga: Adabana t.1 par Non & Dei Tezuka chez Kana, 86, Eighty Six t.1 par Asato Asato & Motoki Yoshihara chez Delcourt/Tonkam, Le livre des sorcières t.2 par Ebishi Maki chez Glénat, Le chat qui rendait l’homme heureux t.3 par Umi Sakurai chez Soleil, L’oiseau d’or de Kainis t.1 par Kazuki Hata chez Glénat, L’Extraordinaire apothicaire t.1 par Yuka Tachibana, Asuka Fuji & Yasuyuki Syuri chez Delcourt/Tonkam, Une sacrée mamie par Yoshichi Shimada & Saburo Ishikawa chez Delcourt/Tonkam, Star Wars: La haute république, un équilibre fragile t.1 par Shina Shinya, Justina Ireland & Mizuki Sakakibara et Star Wars: Étoiles perdues t.1 par Yusaku Komiyama d’après Claudia Grey chez Nobi-Nobi. On y ajoute Le guide du Geek-trotteur au Japon par Marie Carbonnier & Anne Chein chez Glénat.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

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Le chat du rabbin 11. La Bible pour les chats

ChatDuRabbin-11-cov“Le Chat tombe par hasard sur le numéro de téléphone de Dieu. Persuadé d’être le nouvel Elie, il s’en va prêcher la bonne parole à qui veut bien l’entendre (et l’écouter) en délivrant une interprétation toute personnelle des saints textes. La discussion entre le Chat et le Rabbin, et bien sûr, Zlabya est passionnante, instructive, et bien entendu, hilarante et tendre.”

 

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

ChatDuRabbin-11-p005Le chat trouve un bout de papier avec le numéro de téléphone de “D…” Cela ne peut être que “Dieu.” Elysée 613. Il veut en discuter avec Zlabya mais celle-ci est préoccupée car la soeur de sa meilleur amie, Knidelette, a une grossesse difficile et risque de perdre l’enfant. Le chat entreprend donc d’expliquer son interprétation de la Torah, plus précisément l’histoire du prophète Élie. Le message de celui-ci, qui aurait été un chat, est “qu’il faut croire en dieu parce qu’il fait des miracles. Or dans la vraie vie, les miracles, y en a pas.” Le rabbin argumente que c’est l’inverse. Comme preuve il raconte l’histoire du sacrifice d’Isaac. Puis il explique la fin de l’histoire d’Élie. “C’est dans le silence que réside Dieu.” Pour avoir le dernier mot, le chat cherche un téléphone pour faire le numéro. Il se fait donner un rendez-vous dans une ruelle. Là il rencontre le prophète Élie qui lui dit, qu’en fait, le numéro c’est celui du plombier! L’histoire se termine bien, avec la naissance du bébé, sa circoncision et une anecdote sur Abraham… C’est le rabbin qui a le dernier mot!                                                                                            

Avec son style brouillon et ondulant, ses couleurs criardes et ses planches à six cases, Sfar pointe avec beaucoup d’humour les contradictions du judaïsme et nous fait réfléchir sur la Torah. C’est une très belle histoire qui nous éduque, nous divertit et nous amuse. Une très bonne lecture, donc, que je recommande mais surtout aux amateurs de chats et de métaphysique! 

Cette fois-ci aucune annonce en fin d’album du prochain titre… Par contre, avec ce onzième tome, le chat du rabbin a déjà vingt ans, que Dargaud célèbre avec la sortie d’une série d’intégral qui compilent plusieurs tomes. 

Le chat du rabbin, 11: La Bible pour les chats, par Joann Sfar. Paris: Dargaud (Coll. Poisson Pilote), novembre 2021. 80 pages, 22.5 x 29.8 cm, 15,00€ / $C 27.95, ISBN 978-2-2205-8911-0. Pour lectorat de tout âge (8+). stars-3-5

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Voir aussi mes commentaires sur les autres volumes du Chat du Rabbin.

© Dargaud 2021.

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Le clan des Otori t.2

ClandesOtori2-covL’adaptation en bande dessinée du roman de Lian Hearn. 

Takeo, sauvé du massacre des siens par Otori Shigeru, est maintenant au coeur des luttes entre les seigneurs de la guerre. Kaede, otage des Tohan, est promise à sire Otori pour sceller une réconciliation politique. Pièges, trahisons, combats sanglants… Takeo et Kaede doivent parer les coups mortels pour accomplir leur destin.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

ClandesOtori2-p008

T. 2, Page 8


Maintenant que le cadre de l’histoire est en place et que les personnages nous ont été présenté (voir mon commentaire sur le premier tome), le récit peut vraiment se mettre en mouvement. Kaede, otage des Tohan promise à Otori Shigeru (officiellement pour établir une alliance mais en fait pour l’attirer dans un piège), prends la route de Tsuwano. Shizuka, sa servante, a en fait été placé à ses côtés par Araï pour la protéger et lui apprendre le maniement des armes. Elles arrivent à Tsuwano une semaine avant les Otori et cette période est utilisée pour son entrainement. Lors des présentations officielles des futurs époux, elle est un peu déçu par sire Otori mais elle est irrésistiblement attiré par Takeo. L’attraction est mutuelle… Ils reprennent tous ensemble la route vers Yamagata pour une halte avant la destination finale: Inuyama. Les entrainements continuent et, pour Takeo, il s’agit d’aiguiser ses sens dans l’art de la Tribu. Mais sa compassion d’Invisible l’amène à prendre des risques. Arrivé à Inuyama, ils rencontrent le maître des lieux, sire Iida — leur ennemi! La nuit venu, Takeo se prépare à accomplir sa mission mais, avec la complicité de Kenji, la Tribu s’empare de lui avant qu’il ne puisse agir!

Le récit est un noeud d’intrigues et de complots mais qui se déroule avec brio et fluidité ce qui le rend captivant. On continue à en apprendre beaucoup sur chacun des principaux personnages. Le dessin, toujours dans un style brouillon et angulaire, m’agace encore un peu mais on s’y habitue vite et on finit même par le trouver charmant. J’aime bien la palette de couleurs. C’est une bonne lecture qui, en plus de nous divertir agréablement, nous introduit en douceur à l’univers créé par Lian Hearn. 

Le clan des Otori : Le silence du rossignol, t. 2, par Stéphane Melchior (texte, d’après l’oeuvre de Lian Hearn) et Benjamin Bachelier (dessin). Paris: Gallimard BD, octobre 2021. 80 pages, 23.7 x 31.7 cm, 17.80 € / $C 22.99, ISBN 9782075123389. Pour lectorat adolescent (12+). Extraits disponibles. stars-3-5

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© Liam Hearn, 2002. © Gallimard 2021 pour la présente édition.

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Revue de ‘zines [002.022.080]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD #159 (Décembre 2021 – Janvier 2022)

dBD-159Dans le cahier actualités, je remarque un documentaire sur les chats en BD (Chats en cases: Entre Histoire de la BD et Histoire de l’Animal par Philippe Delisle aux Éditions Karthala) et un sur Jacques Martin (Alix) qui aurait eut cent ans (Jacques Martin: le voyageur du temps par Patrick Gaumer chez Casterman). On trouve encore une pleine page de nouveautés mangas: One Piece t.100 (par Eiichiro Oda, chez Glénat), Les architecte de Babel (par Akira Ashimo, chez Glénat), Kirby Fantasy T.1: Gloutonnerie à Dreamland (par Ibuki Takeuchi, chez Soleil), Is it love? Blue Swan Hospital: À Coeur Ouvert (par Rossela Sergi, chez H2T), Alice in Borderland Retry T1 (par Haro Aso, chez Delcourt/Tonkam), Mermaid Saga T1: Mermaid Forest (par Rumiko Takahashi, chez Glénat), One-Punch Man: Le Guide Officiel (par Yusuke Murata & One, chez Kurokawa), Un Assassin à New York (par Jinpachi Mori & Jiro Taniguchi, chez Pika), Mars Red (par Kemuri Karakara, chez Panini) et Hellbound T1: L’Enfer (par Yeon Sangho & Choi Gyuseok) [ndlr: ils ont une définition plutôt large de ce qui compte comme manga chez dBD!].

On y trouve également un article qui fait le bilan de la BD en France pour la décennie 2010-2020. La diminution des ventes de BD Franco-Belge et les mutations du marché affectent grandement les conditions de vie et de travail de auteurs et artistes, se traduisant par leur paupérisation croissante ce qui exige un plus grand effort pour obtenir la reconnaissance et la revalorisation de leur métier. La relation entre l’éditeur et l’auteur doit changer (avec par exemple un contract-type) ou alors les auteurs doivent s’orienter vers l’autoédition et le financement participatif.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Dominique Grange et Jacques Tardi un sujet de Élise et les Nouveaux Partisans chez Delcourt.  Les entrevues se poursuivent avec Christophe Blain (sur Le Monde sans fin, avec Jancovici, chez Dargaud), Wilfrid Lupano (sur La Bibliomule de Cordoue, avec Léonard Chemineau, chez Dargaud), Cyril Lieron et Benoit Dahan (sur Dans la tête de Sherlock Holes t.2: L’Affaire du ticket scandaleux, chez Ankama), Pascal Rabaté (sur Sous les galets, la plage, chez Rue de Sèvres), Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg (sur Sousbrouillard chez Dargaud, Le Don de Rachel et Enferme-moi si tu peux chez Casterman), Ugo Bienvenu (sur Total, chez Denoël Graphic), Timothé Le Boucher (sur 47 Cordes: 1ere partie, chez Glénat), Lucas Méthé (sur Scènes de la vie de Papa Maman Fiston, Maman amoureuse de tous les enfants, Papa Maman Fiston, chez Actes Sud BD), Olivier Ledroit (sur Le Troisième Oeil Acte 1: La Ville Lumière, chez Glénat), Pascal Croci (sur Anorexie, chez Éditions Paquet), ainsi que Corbeyran et David De Thuin (sur Zélie & Compagnie: Einstein et les Robots, chez Des Ronds dans l’O). On retrouvèrent également un article sur Street Cop (par Art Spiegelman et Robert Coover, chez Flammarion).

Dans le Cahier Critique je note Astérix et le Griffon par Conrad & Ferri d’après Uderzo & Goscinny (Top!; “leur meilleur album”) et Goldorak par Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac & Guillo chez Kana (Top!; “fan art ultime (…) une véritable pépite, qui rend hommage au modèle, tout en proposant un récit original, palpitant, formidablement écrit, et brillamment mis en images”).  [ndlr: ils en beurrent épais chez dBD!]

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

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dBD #160 (Février 2022)

dBD-160Dans le cahier actualités, je remarque la parution de deux nouvelles intégrales de classiques de la BD Franco-Belge: Tif et Tondu, nouvelle intégrale t.5 (par Maurice Rosy & Will) et Lucky Luke, nouvelle intégrale t.4 (par Goscinny & Morris) tous deux chez Dupuis. On note également la parution de Les Pharaons d’Alexandrie, une BD historique par Rafael Moralès (chez Glénat) qui compile le trois volumes de la série Hotep, une autre adaptation BD de La nuit des temps de René Barjavel par Christian de Metter (chez Philéas), le premier tome de l’intégrale de Lone Wolf & Cub par Goseki Kojima et Kazuo Koike chez Panini, Demain les Oiseaux par Osamu Tezuka chez Delcourt/Tonkam, et Les trésors cachés de la BD érotique par Bernard Joubert chez Revival. Avec “Le territoire des Mangas” on trouve finalement un deux pages de nouveautés mangas: Mon Coloc’ est une Gameuse t.1 (par Renjuro Kindaichi, chez Delcourt/Tonkam), Le Livre des sorcières v.1 (par Ebishi Maki, chez Glénat), Oshi no Ko t.1-2 (par Aka Akasaka & Mengo Yokoyari, chez Kurokawa), Crush of a Lifetime (par Jeon Ha-lim & Kim Yeonwoo, chez Kbooks Verytoon), Le Secret des Écailles Bleues t.1 (par Yoko Komori, chez Delcourt), Pilote Sacrifié t.1 (par Shoji Kokami & Naoki Azuma, chez Delcourt/Tonkam) et Sans Préambule (par Akane Torikai, chez Akata).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec François Boucq et Nicolas Juncker sur Un Général, Des Généraux chez Le Lombard. Les entrevues se poursuivent avec Yves Bigot (sur son roman Katrijn chez Encre de Nuit), Anlor (sur Ladies with guns, avec Olivier Bocquet, chez Dargaud), avec Patrick Gaumer (sur Jacques Martin: Le voyageur du temps chez Casterman) — cette entrevue est complétée par un article sur l’expansion de l’univers d’Alix avec deux nouvelles séries: Alix Senator (le dernier paru étant t.12: Le Disque d’Osiris chez Casterman) et Alix Origines (t.1: L’Enfance d’un Gaulois et t.2 Le Peuple de feu), Tony Sandoval (sur Volage, Chronique des Enfers, avec Stephen Desberg, chez Daniel Maghen), Bruno Bessadi (sur L’Ogre Lion t.1: Le Lion barbare, chez Drakoo), Vincent Turhan (sur Les étoiles s’éteignent à l’aube, d’après Richard Waganese, chez Sarbacane), Marc Pichelin (sur les trente ans de l’éditeur Les Requins Marteaux) et Dav (sur Sous les arbres t.4: Le Premier printemps, chez La Gouttière).

Dans le Cahier Critique je note Blue World t.1 par Yukinobu Hoshino, chez Pika (Super!; suite de “Blue Hole”, “hommage appuyé à Voyage au Centre de la Terre, de Jules Verne (…) va beaucoup plus loin dans l’explication scientifique”), De nous il ne restera que des cendres par Akira Kasugai chez Kana (Super!; “personnage non-binaire (…) l’action est également au rendez-vous de cette série en quatre tomes qui, sans casser la baraque, tente et parvient à renouveler un genre largement éculé”), Opérations dans le Pacifique par Seiho Takizawa chez Paquet (Super!; “recueil d’histoires courtes qui (…) décrit le quotidien des pilotes de l’aéronavale nippone (…) à la fois précis, rythmé, poignant et toujours d’une justesse épatante”) et Manchuria Opium Squad t.1 par Monma & Shikako chez Dupuis/Vega (Super!; “évoque cette période mal connue è travers un point de vue original, celui d’un paysan situé tout en bas de l’échelle”). 

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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Cамовар C-19 (2021)

Samovar-c19Selon la tradition Yves Meynard sort un numéro de Samovar annuellement pour le congrès Boréal. Comme ces dernières années le congrès a été virtuel, alors le Samovar se distribue aussi de façon digitale (en format PDF). Le titre est un clin d’oeil au fanzine que j’ai publié avec Philippe Gauthier et auquel Yves s’est éventuellement joint en avril 1988 (#11-12): самиздат (Samizdat, 1986-1993). Le sous-titre du fanzine est “Science • Thé • Fiction”, un clin d’oeil génial à la fonctionnalité véritable du samovar. Le fanzine nous offre une collection de calembours, jeux de mots, fausses nouvelles, critiques bidons, photos hilarantes et autres “inside jokes” tournant autour des membres (auteurs, éditeurs, amateurs) du milieu de la science-fiction (principalement SFQ, SFCF ou même SFFFEOEF). Humour, donc, pour les gens du milieu… stars-3-0

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Solaris #221 (Hiver 2022)

Solaris-221Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre (dites de l’imaginaire, spéculative ou “paralittérature”) au Québec et parfois d’ailleurs. Celle-ci s’ouvre à nous en trois volets: le volet fiction comprend quelques nouvelles qui nous offrent l’occasion de se divertir tout en échantillonnant ses différentes saveurs actuelles. Le volet documentaire nous offre des articles pour découvrir et mieux comprendre ses différents aspects. Finalement, le volet critique se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste.

Dans le volet fiction ce numéro nous offre six courts récits:

  • “Les Yeuses de Noire-Épine” par Anne Wattel. Lauréat du Prix Joël-Champetier 2022 (s’adressant aux auteurs non canadiens), ce texte est décrit par les membre du jury comme “une exploration audacieuse des limites du langage, des structures narratives et de l’imaginaire mythique.” Personnellement, je trouve que c’est écrit par quelqu’un qui aime trop les mots. C’est beau, poétique, certes, mais pas vraiment divertissant — pénible même… stars-2-0
  • “Focus” par Gautier Langevin. Un jeune garçon rencontre une conseillère en orientation bien particulière. Ce texte, décrit par Jean Pettigrew dans la présentation du numéro comme “anxiogène, bien que toute en nuances et subtilités”, me semble bien intriguant… stars-3-0
  • “Sciété” par Alain Ducharme. Décrit par la présentation comme “un texte déjanté qui nous rapelle que le future ne sera pas de tout repos” c’est une histoire cyberpunk où AJA et Joya tente de retracer la cyber-identité de leur ami Tom-Tom kidnappé par des serveurs en quête d’émotions… stars-3-5
  • “Point amphidromique” par Ariane Gélinas et Loïc Henry. Ce récit “nous propose un double parcours qui culmine avec une rencontre fantastique, qui souligne d’une certaine façon la symbiose littéraire pan-Atlantique à la naissance de ce texte.” Au milieu de l’océan, une porte s’ouvre permettant la rencontre de deux-monde… stars-3-0
  • “Rivière-Morte” par Michel Lamontagne. “Une vignette fantastique toute en finesse.” stars-2-5
  • “L’Art de la création” par Frédéric Parrot. “Un texte avec une forte charge émotive et qui propose une réflexion peu commune sur ce qu’est (ou pourrait être) la réalité.” Par la méditation Zoé réussit a affecter la trame du temps et son environnement (à la Matrix?). Et si la réalité était en fait une simulation? stars-3-0

Le volet documentaire offre un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui s’intéresse cette fois aux “Tours de Babel modernes: visions, constructions, anticipations” s’attardant sur l’histoire du gratte-ciel et sa place dans la littérature. On retrouve également une nouvelle chronique, “Le DALIAF présente…”, qui se veut une sorte de mise à jour du Dictionnaire des Auteurs de Littératures de l’Imaginaire en Amérique Française, introduisant cette fois Rodolphe Lasnes et son roman Pinsonia (1500-2011). Pour finir, le volet critique nous offre un impressionnant trente-deux pages de commentaires couvrant vingt-et-un titres! (pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne)

Solaris, qui se veut “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire”, nous offre comme toujours un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur… stars-3-5

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Revue de ‘zines [002.022.057]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #236 (Octobre-Décembre 2021) 

Animeland-236Ce numéro de 144 pages nous offre deux dossiers: un sur Demon Slayer (présentation de l’oeuvre, Qui est qui?, l’art de Koyaharu Gotouge, l’art de l’anime, analyse de la mythologie, un succès mondial, entretien avec Haruo Sotozaki et Akira Matshima) et un sur le Festival d’Annecy (ambiance festive en petit comité, panorama du cinéma d’animation africain, panorama des régions exposantes à Annecy, ainsi qu’une présentation des titres notoires présents au festival: Jiang Ziya: The Legend of Deification, Flee (Cristal du long Métrage), La Traversée, Gyoko no Nikuko-chan, Rotzbub (Snotty Boy)).

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Batman: The Long Halloween, Nos mots comme des bulles, Satoshi Kon l’illusionniste, Jeune dragon cherche appartement ou donjon, Joran: The princess of snow and blood, Le Dragon Génie, Le Sommet des dieux, Même les souris vont au paradis, Sonny Boy, Le Roi Cerf, What if…?, Otherside Picnic, et Godzilla: l’origine de l’invasion.

Dans “Ça ferait un bon anime” on nous introduit à quelques bons mangas comme Autour d’elles (Akata), Analog Drop (Akata), Les liens du sang (Ki-oon), Mon bourreau de père est enfin mort (Meian), Le lien du destin (Komikku), Sensor (Mangetsu), Teenage Renaissance (Akata), 50 nuances de gras (Doki Doki), Le Couvent des damnés (Glénat), Search and Destroy (Delcourt/Tonkam), Summer of lave (Lézard Noir), et Dans la prison (Lézard Noir).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Shingo Natsume, Kazuo Nakazawa, Jean-Charles Osterero et Patrick Imbert), Focus (Star Wars Vision, Coin lecture: Anime Architecture), Fermez les Yeux (Hommage au compositeur Shunsuke Kikuchi), Jeu vidéo (les trailers de l’E3), Séance Studio (Studio 4’C), Figure de Pro (Aton Soumache), Trouvaille (Trese), Hommage (Masami Suda, Interstella 5555), Il était une Pub (Taco Bell), Pourquoi (…le terme manga doit encore être nuancé ?), Crowdfunding (Nazca Éditions), et Humeur.

L’incontournable magazine francophone de l’anime nous offre encore un numéro très riche en information. À lire pour tous les amateurs d’anime… stars-3-5

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dBD #158 (Novembre 2021)

dBD-158Dans le cahier actualités, on nous parle de trois adaptations cinématographiques de BD: l’animation Le sommet des dieux réalisé par Patrick Imbert d’après le manga de Jiro Taniguchi, Le trésor du petit Nicolas réalisée par Julien Rappeneau d’après Gosciny et Sempé ainsi que Les Olympiades réalisé par Jacques Audiard d’après Les Intrus de Adrian Tomine. Je note également la parution du 3e tome de Ad Romam: Le camp du Légionnaire (par Allali, Bertorello, Espinoza & Stoffel chez Plein Vent). Finalement, on nous présente une pleine page de nouveautés mangas: Lone Wolf & Cub Édition Prestige t.1 (par Kazuo Koike & Goseki Kojima chez Panini), Suidoken III Complete Edition (par Aki Shimizu chez Soleil), Mon Coloc’ est une gameuse (par Renjuro Kindaichi chez Delcourt/Tonkam), Room (par 61chi, chez Éditions H) et Kaiju No 8 t.1 (par Naoya Matsumoto chez Kazé).

On retrouve aussi un article qui trace le bilan de la BD en France dans la décennie 2010-2020. Statistiquement, en chiffre de vente, on note la “santé insolente” de la BD en comparaison au déclin constant de l’ensemble du marché du livre. Toutefois, cette hausse est surtout portée par le manga (+59% en volume, +72% en valeur, 42.5% de ventes totales de BD — hausse de tous les sous-genres de mangas sauf le shojo), mais aussi par la BD jeunesse (+58%) et les comics (+127.7% due à l’impact de Walking Dead et des films de Marvel et DC). La BD de genre (i.e la BD Franco-Belge traditionnelle) est en baisse de 9.2% ! On retrouve aussi un article sur les dix ans de la collection BD Kids (fruit de la collaboration des Éditions Bayard et Milan).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Cosey sur le dénouement de la série Jonathan avec le t. 17: La Piste de Yéshé (chez Le Lombard) et le livre d’art À l’heure où les Dieux dorment encore (chez Daniel Maghen).  Les entrevues se poursuivent avec Philippe Francq (sur Largo Winch t.23: La frontière de la nuit, avec Éric Giacometti chez Dupuis), Sara Colaone (sur Georgia O’Keeffe, amazone de l’art moderne, avec Luca de Santis chez Éditions Steinkis), Jean Van Hamme (sur Blake et Mortimer t.28: Le Dernier Espadon (avec Teun Berserik & Peter van Dongen chez Éditions Blake & Mortimer), Riad Sattouf (sur Le Jeune Acteur 1: aventure de Vincent Lacoste au cinéma chez Éditions Les Livres du Futur), Olivia Ruiz (sur La Commode aux tiroirs de couleurs (avec Winoc, Amélie Causse & Véronique Grisseaux chez Éditions JC Lattès/Grand Angle et basé sur le roman éponyme de Olivia Ruiz) ainsi que Amélie Fléchais et Jonathan Garnier (sur Bergères guerrières T.4 (chez Glénat).

Dans le Cahier Critique (section “Ça vaut le détour”) je note Saisi par la nuit de Yoshiharu Tsuge chez Cornélius (rassemble “douze récit parus entre 1975 et 1981. Le contenu est inégal, mais (…) impose le respect général, aussi bien par l’originalité de ses sujets qu’en terme de narration”) et deux titres mineurs de Osamu Tezuka: Debout l’Humanité et Avaler la Terre chez Flblb (“oeuvres (…) assez savoureuses (…) impossible à résumer (…) des passages franchement marrants et d’autres carrément sordides“).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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Solaris #220 (Automne 2021)

Comme toujours, Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre au Québec et ailleurs. Celle-ci  s’ouvre à nous en trois volets. Le volet fiction comprend cinq nouvelles qui nous permettent d’échantillonner les différentes saveurs de la littérature de genre actuelle. 

  • “Le Matin, les arbres et leurs cadeaux“ par Jean-Louis Trudel. La présentation du numéro, par Pascal Raud, nous indique que ce récit “nous entraîne en sol chilien à la suite d’Anghia Chaudhry, une envoyée de la Mère des Arbres chargée du recouvrement de sommes impayées.“ Mais le voyage de Chaudhry à aussi un objectif très personnel… “Une nouvelle dans la veine solarpunk, un genre qui présente un futur où l’humanité a trouvé certains moyens pour contrecarrer, entre autres, les changements climatiques.” C’est un bon récit où l’action est bien rythmée et l’univers décrit est vraiment très intéressant mais malheureusement parfois un peu difficile à suivre. stars-3-0
  • “L’Artisan du déluge“ par Dave Côté. Le protagoniste de ce récit, Aurel, est aveugle. Il “a besoin de la réalité augmentée pour voir, travailler, enfin vivre tout simplement. Lorsqu’un hacker vide son compte bancaire et détruit son interface RA, Aurel fait appel à une amie pour lui reconstruire une interface à partir d’une vieille RA rudimentaire presque gratuite.” Évidemment il y a une malfonction… Encore une fois un concept super intéressant et un texte bien écrit. J’ai bien aimé. stars-3-5
  • “L’Autre Trame du temps“ par Hugues Lictevout. Dans cette histoire “au lieu de prendre des vacances avec sa femme et ses enfants dans une Zone Atemporelle, Louise, une flic du temps, attend son indic en Australie en 1998. Celui-ci prétend avoir des informations qui pourraient bien faire douter Louise…” Si l’on peut manipuler le temps comment savoir quelle version de l’Histoire est la “bonne”? Très bon texte, sur un sujet fascinant. stars-3-5
  • “Le Carrousel“ par Orson Scott Card. Dans ce récit “les morts ne restent pas morts bien longtemps. Cyril s’aperçoit vite que sa relation avec son épouse ressuscitée ne sera plus du tout la même. Un texte fantastique intimiste, traduit par Pierre-Alexandre Sicart.” Dans un monde où les morts nous reviennent mais dépourvu d’émotions, le monde est surpeuplé et cela crée une étrange vie de couple qui trouble le protagoniste jusqu’à ce qu’un tour de carrousel lui permette de rencontrer Dieu… Intéressant concept et superbement écrit. stars-4-0
  • “Les Cosmos invisibles“ par Mario Tessier. Ce récit nous invite “à prendre le café et écouter un «explorateur du multivers, un prospecteur de l’ensemble des mondes possibles» nous narrer des univers fabuleux, étranges, renversants.” Un bon texte qui a malheureusement trop de descriptions et pas assez d’action. Toutefois, il explique très bien la plus récente théorie sur la création de l’univers et offre une parfaite introduction à l’article du Futurible qui suit… stars-3-0

Solaris-220Le volet documentaire n’offre qu’un seul article, un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui nous parle des “Cartes de Tendre, ou la géographie imaginaire.” Il nous explique ce qu’est la géographie imaginaire dans toute ses différentes incarnations, en trace un historique et nous décrit son utilisation dans la littérature. C’est comme toujours passionnant et superbement documenté. Je dois avouer que ce genre d’article est la raison principale pour laquelle je lis Solarisstars-4-0

Finalement, le volet critique (23 p.) se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne.

“L’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire” nous offre un numéro très riche avec, cette fois, une sélection particulièrement intéressante de fictions. C’est donc une lecture incontournable pour tout amateur de littératures spéculatives qui cherche à se divertir et à en apprendre plus sur le sujet… stars-3-5

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Kebek 2: Adamante

“Un récit de science-fiction situé dans la province de Eeyou Istchee Baie-James, région des Monts Otish, au Québec. Roy, gravement brûlé à la fin du tome 1, guérit de ses blessures à une vitesse que les médecins ne peuvent expliquer. La découverte de la femme à l’intérieur du sarcophage a enflammé les réseaux sociaux et le monde entier suit cette découverte humaine et scientifique. Qui est-elle, d’où vient-elle et surtout de quelle époque ? Les fresques murales découvertes à proximité de la sphère dateraient de 400.000 ans, bien avant homo-sapiens. Et pourtant la sphère semble issue d’une technologie encore inaccessible à la science actuelle. «Elle» est vivante, et va bientôt pouvoir répondre à ces questions…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Page 11

Pour en savoir plus sur le début de l’histoire, voir mon commentaire sur le premier tome. Roy récupère très vite des blessures infligé par le feu bleu et continue son récit des événements à l’avocat qui enquête sur la situation. L’annonce que le sarcophage de diamant noir contenait une femme — et qu’elle est vivante! — bouleverse la planète au point de générer des désordres sociaux qui atteignent la révolte armée dans certains endroit. La météo et les barrages routiers leur ayant coupé la route de l’aéroport, le convoi qui amène Roy se réfugie à la prison de Bordeaux. “Elle” est vivante mais faible. Elle s’appelle Adamante. Le liquide de le sphère lui permet de restaurer — la technologie de sa civilisation semble d’ailleurs beaucoup utiliser cette “eau morphogénique interfaciale”. Elle a apprise notre langue très rapidement et se raconte en images. Elle est humaine mais d’un temps lointain. Un cataclysme cosmique menaçait la planète et la sphère était une sorte de capsule temporelle qui devait préserver le savoir de la civilisation ainsi qu’un mâle et une femelle humaine pour pouvoir tout recommencer. Mais son récit est interrompu par l’arrivé des militaires qui se saisissent d’Adamante. 

Roy, avec l’aide d’une coalition d’autochtones et d’employés de la mine, bloque l’avion cargo militaire qui emportait Adamante mais dans les combats Roy est gravement blessé d’une flèche en pleine poitrine (un incident de “friendly fire”). Il est sauvé par Adamante grâce à sa technologie et à une transfusion de son sang. Mais à son réveille, elle a disparue. Il la cherche près du site de la sphère noire, mais celle-ci s’est transformé en une forêt de cristaux qui contamine tout autour d’elle. Roy trouve Adamante sans vie près de l’entrée de la grotte. Télépathiquement elle lui dit qu’elle sera toujours en lui… Dans les grottes les scientifiques détectent l’émission d’un puissant rayonnement électromagnétique qui supprimes la couleur rouge (c’est pour ça que tout est bleu!) et la sphère pulse comme si elle était vivante. Le processus de métamorphose de la matière s’accélère et la contamination croît sans cesse. Les militaires ont découvert une contamination similaire quand ils ont ouvert le deuxième sarcophage. Ils en concluent que la sphère ne peut apporter rien de bon et décide de détruire la zone contaminée avec des bombes nucléaires! Roy a à peine une minute pour fuir le plus loin possible mais l’explosion le laisse congelé et transpercé de glaçons! Il passe deux mois dans le coma mais la transfusion d’Adamante a transformé sa nature et, contre tout bon sens, il survit. 

Roy et l’avocat quitte Bordeaux pour l’aéroport de Mirabel pour prendre un vol qui les ramène dans le nord. Pendant le vol Roy rêves aux souvenirs d’Adamante. Le récit de celle-ci semble avoir tracé un portrait de sa civilisation plus beau que la réalité: il semble y avoir eut des guerres car les sphères noires sont attaquées par une armées en scaphandres noires, les Krankens, qui réussissent à faire pénétrer une de leur arme (un bâton-venin) dans la sphère juste avant qu’elle se referme. Cela a contaminé sa programmation (c’est pour ça que la sphère ne s’est jamais réactivée, du moins pas avant d’être découverte par les mineurs) ainsi que le compagnon mâle d’Adamante. Arrivé à la base de Polarion, sur Bakon Island dans l’archipel arctique, Roy apprend que le second sarcophage a émis un intense rayonnement qui a tué ou “altéré” ceux qui l’on ouvert. Il découvre alors que l’occupant du sarcophage est son sosie avec qui il partage une sorte de singularité génétique et… le coeur d’Adamante!

[ fin du spoiler, euh, je veux dire divulgacheur ]

Le graphisme de cette BD est tout simplement superbe mais le récit est un peu décevant — surtout la fin… qui m’apparait un peu précipitée. Beaucoup de détails de l’histoire restent non résolu ou inexpliqués  (par exemple: la transformation de la sphère est-elle un processus de terraformation programmé ou simplement le résultat de la contamination par les Krankens?). Il aurait sans doute fallu un troisième tome pour permettre à l’histoire de se développer un peu plus (comme nous montrer un peu plus du quotidien d’Adamante à son époque, son histoire d’amour, comme le faisait Barjavel dans le roman). Par moment, le récit est aussi un peu confus et il est difficile de distinguer ce qui fait partie du flashback narratif et ce qui est le récit principal (la présence de l’avocat aide sur ce point).

La BD remplie tout de même sa promesse d’adapter (librement et en la ré-actualisant) l’histoire de La nuit des temps de Barjavel (en y ajoutant des éléments de La sphère d’or de Cox— comme le fait que les intentions de la sphère ne sont pas nécessairement bienveillantes). L’adaptation est d’ailleurs excellente et l’on peut aisément avoir une idée de tout les détails non expliqués si on a lu les histoires originales (cela nous permet de “lire entre les lignes” en quelque sorte). Malgré ses quelques faiblesses, cette BD est donc très belle, plutôt divertissante et agréable à lire. C’est donc, somme toute, une excellent lecture que je ne peux que recommander (comme la plupart des ouvrages de Philippe Gauckler). 

Kebek: t. 2: Adamante, par Philippe Gauckler. Paris: Ed. Daniel Maghen, avril 2021. 96 pages. 25 x 33 cm. 19.00 € / $C 39.95. ISBN 978-2-35674-084-7. Pour lectorat adolescent (14+). 

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© DM

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Revue de ‘zines [002.022.023]

Revue de ‘zines

Oula!, ma dernière chroniques remonte a de nombreux mois déjà. Il me faut donc faire un peu de rattrapage considérant qu’il y a toujours un flot constant de magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #235 (Janvier-Mars 2021)

Animeland-235Une autre volumineux numéro (144 pages) qui, dans le contexte des jeux olympiques de Tokyo, nous offre un dossier sur la thématique du sport: Pop culture et J.O., lieux emblématiques des J.O., anime de sport (Slam Dunk, Jeanne et Serge, Ippo le Challenger, Touch: Le batte de la victoire, Yuri! On Ice), le sport à la Japonaise (Sumo: Hinomaru Sumo, Judo: Yawara!, Kendo: Kenshin le Vagabond, Kyûdô: Tsurune, Karuta: Chihayafuru), Captain Tsubasa, handisports dans l’anime et le manga (NHK Paralympic Programme, The Breakers, Running Girl, Real), Expo Sport x Manga à Lausanne, les sports WTF (Metal Fighter Miku, Gunnm), autres anime de sport (Sport Billy, Les fous du volant, Foot 2 Rue), les sites de J.O. à Tokyo, sportifs fans de mangas, etc.

Dans “Ça ferait un bon anime” on nous introduit à quelques bons mangas comme Blue Lock, Comet Girl, La Gameuse et son chat, Dédale, Insomniaques, The Elf and the Hunter, L’Homme qui au Nobunaga, Le Tigre des neiges, Les Carnets de l’apothicaire, Les Racailles de l’autre monde, Death Note: Short Stories, et Quand sonne la tempête.

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Demon Slayers Le Train de l’infini, Ex-Arm, Détective Conan The Silent Bullet, Kemono Incidents, La Voie du tablier, My Hero Academia S5, Love Death + Robots v. 2, Ride Your Wave, Invincible, To Your Eternity, Les Mitchell contre les machines, D’Artagnan et les trois mousquetaires, Luca, Spirit: l’Indomptable, et Yasuke.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Bounthavy Suvilay, Kazuki Mukaitoge, Shouta Umehara), Focus (Bilan du marché manga 2), Fermez les Yeux (Tout pour la musique), Hommage (Kintaro Miura, Yasuo Otsuka, Osamu Kobayashi, Shunsuke Kikuchi), Séance Studio (Science Saru), Jeu vidéo (Nier Replicant, Resident Evil VIllage, Scarlet Nexus), l’animation dans la Pub (Wizz pour Head & Shoulders), Figure de Pro (Nathalie Altamann), Pourquoi (tant de différence dans les traductions de titres?), Trouvaille (Shadowz), et Humeur.

L’incontournable magazine francophone de l’anime nous offre encore un numéro très riche en information pour prouver à tous qu’il est toujours pertinent. À lire pour tous les amateurs d’anime… stars-3-5

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Animeland  HS Studio Ghibli  (Juillet-Septembre 2021)

Animeland-HS-ghibliCe volumineux (144 pages) numéro Hors-Série est entièrement dédié au Studio Ghibli. Un dossier nous présente d’abord les 28 visages et facettes de Ghibli: Ghibli avant Ghibli, fonctionnement atypique, Musée, Parc, Donguri: les magasins officiels, Portraits (Hayao Miyazaki, Isao Takahata, Toshio Suzuki, Goro Miyazaki, Joe Hisaishi, Hiromasa Yonebayashi), Hommage (Michiyo Yasuda, Yazuo Ôtsuka, Yushifumi Kondo), et les autres talents de Ghibli.

Dans le segment Focus on aborde les tapisserie d’Aubusson, l’analyse des spécificités, l’importance de la musique, les femmes chez Ghibli et Ghibli au Musée Art Ludique. On retrouve également une série d’entretiens avec Toshio Suzuki, Goro Miyazaki, Philippe Vallotti et Steve Alpert. Finalement, avec Ghibli par l’écran, on présente en une ou deux pages chacune des productions du Studio Ghibli (en vingt-six topos). Le numéro se conclut avec une bonne bibliographie sur le sujet…

Si vous voulez tout savoir sur le Studio Ghibli ce numéro vous sera indispensable ! C’est la ressource ultime. stars-4-0

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dBD #156 (Juillet-Août 2021)

dBD-156Dans le cahier actualités, je remarque Moebius métamorphe aux Humanos qui compile de nombreux textes et recherches de Daniel Pizzoli, Florent Chastel et Claude Ecken qui avaient été précédemment inclus dans des anthologies. On retrouve également L’art de Mézières par Mézières et Quillien chez Dargaud. Finalement, on nous présente en deux pages les nouveautés mangas, dont je ne retiendrais que Le chat qui rendait l’homme heureux (Umi Sakurai chez Soleil).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Sylvain Vallée au sujet de Tananarive (avec Mark Eacersall chez Glénat). Les entrevues se poursuivent avec Dominique Bertail (sur Cahiers Madeleine), Jean Dufaux et Jacques Terpant (sur Un roi sans divertissement chez Futuropolis),  Marc Lévy (sur L’Agence des invisibles 1 chez Philéas), Gaétan Nocq (sur Les Grands Cerfs chez Daniel Maghen) et Jean-Michel Dalot et Johan Pilet (sur Ninn t.5: Magic City chez Éditions Kennes).

Dans le Cahier Critique je note Bob Morane t.1: Les  100 Démons de l’Ombre Jaune par Corbeyran, Christophe Bec et Paolo Grella chez Delcourt (Bien), I’m standing on a million lives t.1 par Naoki Yamakawa & Nao chez Pika (Bien), Elle et son chat par Makoto Shinkai & Tsubasa Yamaguchi chez Pika Seinen (Super!), L’Attaque des Titans t.34 [final] par Hajime Isayama chez Pika (Super!), Tetsu & Doberman t.3 par Tsutomu Ohno chez Doki-Doki (Super!), Lonely Worlds t.2 par Iwatobineko chez Ki-oon (Super!), et Undead Unluck t.1 par Yoshifumi Tozuka chez Kana (Super!).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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dBD #157 (Octobre 2021)

dBD-157Dans le cahier actualités, je remarque le retour du magazine mythique Métal Hurlant grâce à une campagne de crowdfunding. Le premier numéro est consacré au thème du futur: cinquante intervenants traiterons du sujet à leur façon. Un numéro sur deux sera consacré à la réédition de BD publiées dans les anciens numéros. Cette réincarnation du magazine est trimestrielle et comporte 288 pages couleurs. Wow! On nous présente également une pleine page de nouveautés mangas: One Piece t.99 (Eiichiro Oda, chez Glénat), Coffrets Attaque des Titans (Hajime Isayama, chez Pika), Yakuza Réincarnation t.1 (Hiroki Miyashita, chez Kazé), Yokai Manga (Wilson & Takita d’après Hearn, chez Graf Zeppelin), The Vampire and the Rose (Noriko Asaka, chez Soleil) et My Capricorn Friend (Otsuishi & Masaru Miyokawa, chez Moonlight).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Xavier Dorison, Denis Bajram, Alexis Sentenac, Brice Cossu et Yoann Guillo sur leur interprétation de Goldorak (chez Kana). Les entrevues se poursuivent avec Nicolas de Crécy (sur Villa Transit t. 3 chez Gallimard), Florent Ruppert  et Jérôme Mulot (sur La Part merveilleuse t.1: Les Mains d’Orsay chez Dargaud), Léo Heitz (sur Satchmo chez Jungle-Ramdam), Catel Muller et José-Louis Bocquet (sur Alice Guy chez Casterman), Alex Baladi (sur Revanche chez The Hoochie Coochie), Noah Van Sciver (sur Fante Bukowski, l’oeuvre complète chez L’Employé du Moi) et Konami Kanata (sur Les chaventures de Taï et Mamie Sue t.3 chez nobi nobi!). On retrouve également un hommage à Raoul Cauvin (père des Tuniques Bleues, de Sammy et de Pierre Tombal) décédé en août 2021.

Dans le Cahier Critique je note Mars Red t. 1 de Kemuri Karakara chez Panini (Bien; “adapté d’une pièce de théâtre de Bun-O Fujisawa (…) revisite le thème du vampire dans le contexte de l’ère Taishô”), Un Assassin à New York de Jinpachi Môri et Jiro Taniguchi chez Pika Graphic (Top!; “un très beau livre qui rappelle (…) que Taniguchi (…) avait de multiple cordes à son arc”), ainsi que  Elle et son chat de Makoto Shinkai et Tsubasa Yamaguchi chez Pike Seinen (Super!; “un récit intimiste, touchant et délicat, à l’humeur souvent morose et cafardeuse (…), une jolie histoire donc aussi, au dessin fin et expressif”).

Comme toujours dBD constitue une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

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Le chat du rabbin #10: Rentrez chez vous!

ChatDuRabbin-10-cov“Zlabya et son père, le rabbin, mais aussi le rabbin du rabbin, aidés et interrompus par le Chat, bien sûr, racontent. Ils disent, à travers leurs voyages au Proche Orient de 1870 à 1973, leur quête d’une Terre Promise, d’un endroit où ne pas être en danger. Ils racontent un destin français, celui d’une famille ballotée par l’histoire, le racisme, la volonté de trouver sa place, d’Alger à Nice, en passant par Jérusalem ou la Galilée.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 9

Sur le bord de la mer, au début de l’année, le rabbin, sa famille et ses ouailles, font la cérémonie du Tashlih, où ils secouent les pans de leur vêtement comme pour en chasser le mal. Le chat commente que ”Croire en Dieu, c’est accepter de faire des trucs ridicules en son nom.” Le rabbin acquiesce que c’est absurde et ridicule… mais il est interrompu par des hommes sur la plage qui leur crient “Sales juifs. Retournez chez vous!” S’ensuit une échauffourée dans la mer… Suite à cet événement, le mari de Zlabya veut déménager en Israel. Alors le rabbin du rabbin raconte que quand il était petit il est allé à Jérusalem et ce ne fut pas une bonne expérience. Même Zlabya raconte que quand elle a fait une fugue elle s’est retrouvé dans un kibboutz en Galilée mais elle en est revenue. Le rabbin aussi a essayé d’aller en Israel pour accomplir le souhait d’une ouaille qui voulait y être enterré mais les anglais limitaient l’immigration (même des morts) alors il l’a enterré en Égypte! Mais le mari de Zlabya veut toujours y aller. Et il ira… quand ils seront vieux, en 1973. Zlabya est vieille et grosse (et le chat toujours vivant!!). Mais les gens le prennent pour un arabe et Zlabya ne peut pas supporter la climatisation. Alors ils trouveront le terre promise à… Nice! En fait, l’histoire des Juifs c’est l’histoire du monde… et de la famille de Joann Sfar.

Le style de Sfar m’agace toujours avec ses planches à six cases, son dessin brouillon et ondulant, ou ses couleurs criardes, mais c’est Sfar et on finit toujours tout même par trouver ça beau. C’est un long album avec un récit fort et riche qui diverti, amuse même, et fait réfléchir sur le racisme. Une très bonne lecture que je recommande — surtout pour les amateurs d’histoire, de chats et de métaphysique! Et comme toujours, dans le bas de la dernière page, Sfar nous annonce que le prochain album s’intitulera “Alleluia dans l’autobus!” En fait le tome 11, paru en novembre 2021, s’intitule La Bible pour les chats

Le chat du rabbin. 10, Rentrez chez vous!, par Joann Sfar. Paris: Dargaud (Coll. Poisson Pilote), octobre 2020. 96 pages, 22.5 x 29.5 cm, 16,00€ / $C 27.95, ISBN 978-2205-08003-2. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Dargaud 2020.

Voir aussi mes commentaires sur les autres volumes du Chat du Rabbin.

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