Le Monde d’Edena 1: Sur l’Étoile

Sur-l-etoile-covUn classique de la SF selon Moebius.

Mécanicien vagabonds de l’espace, Stel et Atan ne se contentent pas de réparer les machines : ils apprennent à renaître pour réenchanter le monde.

Conte écologique et fable spirituelle, Le Monde d’Edena est le récit le plus personnel et autobiographique de Mœbius. Chef-d’oeuvre de la SF mondiale, Le Monde d’Edena est un cristal étincelant dans la bibliographie du créateur de L’Incal et du Garage hermétique.

[ texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Cet album nous offre deux récits. Dans “… Sur l’étoile… Une croisière Citroën” (37 planches) on découvre deux voyageurs (astronautes, forains de l’espace, amateurs de voitures et réparateurs) qui font escale sur une station spatiale à la recherche de carburant. Étrangement, celle-ci est complètement désertée. Alors qu’ils détectent un signal sur la planète géante autour de laquelle la station est en orbite, l’astéroïde qui abrite la station est mystérieusement attiré vers la surface. À l’aide de rétro-fusées, ils réussissent un écrasement controlé mais leur vaisseau, qui était dans le hangar de la station, est détruit. La nuit venue, ils aperçoivent une lumière très brillante à l’horizon, en direction du lieu où le signal avait été détecté. À l’aide d’un véhicule antique (un “engin de démonstration”) qu’ils transportaient dans leur vaisseau (une Citroën traction-avant modèle 15-six de 1938), ils décident d’aller y voir de plus près…

Sur-l-etoile-p017Tout au long du récit, nous découvrons peu à peu les deux personnages plutôt androgynes: Atan et Stel. Ce dernier est un pilote et mécanicien de génie. Au bout de leur périple, ils découvrent une pyramide bleue géantes, entourée de milliers de vaisseaux de tout genres et d’un campement où l’un retrouve un échantillonnage de toutes les races de la galaxie — certains étant là depuis des milliers d’années et n’ayant étrangement jamais vieilli — tous (incluant l’équipage disparue de la station) mystérieusement attiré par la pyramide. Mais personne n’a jamais réussi à pénétrer à l’intérieur, sauf Stel ! Le vaisseau-étoile attendait un pilote. Il peut maintenant embarquer tout le monde à destination d’Edena, la légendaire planète-paradis…

Sur-l-etoile-p007Le récit principal est précédée d’une histoire courte, “Réparations” (6 pl.), où Atan et Stel doivent réparer un “maître des voies” tombé en panne, son coeur étant au bord de la rupture faute d’entretien psychique. La clé du problème est une mémoire d’enfance du pilote… L’album est complété par un dossier explicatif (dans un style un peu confu) de quatre pages par Jean Annestay et cinq illustrations.

Chose surprenante, “Sur l’étoile” est une commande de Citroën qui désirait un portfolio à tirage limité (publié par Gentiane) “destiné à être offert aux concessionnaires comme cadeau de fin d’année.” Le directeur du Département Promotion de l’entreprise, Christian Baily, était de toute évidence un grand amateur de Moebius… Quelques mois plus tard, l’album a été republié aux Humanoïdes Associés (édition limitée, décembre 1983), puis chez Aedena en 1985 et finalement chez Casterman en 1990 et 2012. À noter que cette dernière édition omet le récit “La Planète Encore” (23 pl.) qui était présente dans la première édition. Aussi, ce premier tome de la série n’est plus en circulation mais peut quand même être lu dans l’édition intégrale publiée par Casterman en 2016.

L’histoire courte “Réparations” a été conçu à la demande de Jean Annestay (son partenaire chez l’éphémère Aedena) pour être incluse dans l’édition grand-publique de 1985. Cet épisode se déroule avant “Sur l’étoile” et en le relisant, Moebius se rend compte que la fin ouverte laisse beaucoup trop de questions en suspend… C’est en réfléchissant à cela qu’il a conçu toute la série du Monde d’Edena (qui sera publiée en feuilletons dans la magazine À Suivre entre 1988 et 1997), en se basant sur la remise en question personnelle (de son mode de vie, de sa spiritualité) qu’il éprouvait à cette époque. En effet, introduit à la métaphysique par Jodorowsky et ayant fait la rencontre du gourou nouvel-âge Jean-Paul Appel-Guery, il se met en quête d’un nouvel idéal de pureté. 

On retrouve dans cet album le style épuré du Moebius de l’Incal (qu’il venait à peine de commencer, en 1981, alors que Sur l’étoile a été publié en 1983). Il est caractérisé par un dessin simple — très propre, léché, avec juste ce qu’il faut de détails — et des couleurs vives, très planes (les dégradés sont assez subtils). Moebius explique dans la postface qu’il avait recherché “un style aussi dépouillé et pur que possible” afin d’éviter de se perdre dans la “luxuriance de détails” et de se forcer à donner à chaque trait toute son importance car dans “toute véritable représentation de l’anatomie, la matière et la forme ne peuvent s’exprimer qu’à travers des lignes simples.”

Comme toute les oeuvres de science-fiction de Moebius, ce premier tome de la série du Monde d’Edena nous offre un récit captivant, intriguant, empreint d’une touche d’onirisme et même mystique. C’est non seulement beau et agréable à lire, mais nous pose un certain questionnement philosophique… 

Le Monde d’Edena 1. Sur l’Étoile, par Moebius. [Tournai] : Casterman, Octobre 2012. 62 pages (43 pl.), 24 x 32 cm, ISBN 978-2-203-06317-4. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Casterman 2012

Upon-A-Star-covL’édition anglaise de Sur L’étoile, publié chez Epic/Marvel, inclus (en plus du récit principal “Upon a star” et du prequel “The repairmen”) deux autres histoires courtes. “Aedena” (6 planches, scénarisé par le gourou Appel-Guery lui-même et Paula Salomon, réalisé pour le magazine économique français L’Expension) raconte l’histoire de six chefs d’états terriens kidnappés par des êtres supérieurs. Ils sont amenés sur la Cité de Cristal  de la planète Aedena, formé de trois cercles concentriques: sur le premier, dédié aux activités matériel et physique, ils sont régénérés et reçoivent un nouveau corps sain, beau et jeune (qui ne sont pas sans me faire penser à l’apparence qu’avait le Major Grubert et Jerry Cornelius étant plus jeune); sur le second, dédié aux activités artistique et psychique, ils reçoivent un cristal qui leur permet de revivre l’âme de l’enfant qu’ils étaient; sur le troisième, dédié à la vie spirituelle, Ils rencontrent l’un des douze sages d’Aedena. Ce dernier leur donne un longue explication sur l’évolution qu’ils ont subite, que la suite devra venir de leur propres efforts et il les renvoie sur Terre pour qu’ils servent de guides au reste de l’Humanité vers une paix intérieure et une véritable spiritualité… Une histoire somme toute assez similaire à “Sur l’étoile” et qui véhicule sans honte les préceptes de Appel-Guery.

 

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Celestial Venice, pl. 5

Dans “Celestial Venice“ (9 pl.), une esquif Palloséenne accoste sur une île. La vierge Mana amène à Tridion, le gardien de la Venise, l’Âme Cristal qui devra faire revivre l’Île Cité, tel que prédit par les philosophes. Le Cristal est amené au Palais de la Mère Cosmique et déposé sur un réceptacle, entre les mains de la déesse. Alors que Mana et son pilote (qui ressemble un peu à Arzach) quittent l’île, celle-ci s’envole dans le ciel…

Les récits sont accompagnés de préfaces et postfaces (par Moebius et Jean-Marc & Randy L’Officier) qui sont beaucoup plus claires et explicatives que celle de Jean Annestay (quoi que certains paragraphes semblent être simplement la traduction de passages de l’album original). 

Upon a star est une très bonne lecture car cet album offre des récits captivants, superbement dessinés, qui sont un régal tant pour les yeux que pour l’esprit. 

Cette édition n’est plus disponible mais The World of Edena a été réédité en anglais par Dark Horse en 2016 (dans sa série Moebius Library) sous la forme d’un intégral deluxe cartonné qui rassemble les principaux récits du cycle (360 pages, $49.99). [WorldCat]

Moebius 1, The Collected Fantasies of Jean Giraud: Upon a star, by Moebius. New York: Epic/Marvel, September 1987. 72 p., 8.5 x 11 in.,  $US 9.95 / $C 13.95. ISBN 0-87135-278-8. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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© Starwatcher Graphics

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Arzak: L’arpenteur

Arzak-cov“L’histoire s’ouvre sur deux actions apparemment sans aucun lien entre elles. La première nous emmène dans l’espace profond où un vaisseau de la confédération Dessmez est attaqué par Kimorg Barbax, le redoutable pirate. La deuxième se déroule sur Tassili, la planète d’origine des Wergs. L’ancienne race dominante a été vaincue par l’avancée irrésistible de la confédération Dessmez dans sa conquête humaine de la galaxie. Tassili, ruinée, désertique et abandonnée de tous, peuplée d’une maigre colonie humaine, se meurt doucement. La mission d’Arzak consiste à arpenter sans fin ce territoire chaotique pour y traquer l’anomalie et assurer l’ordre humain. C’est dans l’accomplissement de cette mission qu’il découvre un odieux trafic perpétré à l’encontre des survivants Wergs. Arzak entame son enquête ; il traversera épreuves et dangers, découvrira les secrets de Tassili et plongera dans les abîmes des passions de l’âme humaine…”

[Texte sur Amazon; voir aussi la couverture arrière]

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Page 3

Le personnage d’Arzach a d’abord été créé par Moebius dans une série d’histoires courtes sans dialogues publiées dans Métal Hurlant dans les années 1975-76 avant d’être compilées en album en 1976 chez Les Humanoïdes Associés. C’est un album fascinant qui aura une grande influence et sera maintes fois réédité (dont dans le volume 2 de ses Oeuvres Complètes et en version anglaise). C’est un héros énigmatique, avec son chapeau haut et sa monture ptéroïde, qui parcours un univers désertique, peuplé d’étranges créatures et de vestiges de civilisations disparues.

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Page 4

Le mystère qu’était Arzach demandait à ’être développé, étoffé. En 2002, à la demande des Japonais, il ravive donc le personnage pour une série de dessin animé en quatorze courtes capsules: Arzach Rhapsody. Malgré un récit très décevant, il a finalement donné la parole à Arzach et le génie ne peut plus retourner dans la bouteille… Il fait donc une nouvelle apparition dans Inside Moebius (publié en français chez Stardom de 2004 à 2010 et en anglais chez Dark Horse en 2018) où Moebius se dessine lui-même rencontrant ses personnages préférés (Blueberry, Arzach, le major Grubert, etc.) afin de discuter de son processus artistique ainsi que des diverses problématiques qui le préoccupent.

En 2009, à l’occasion d’une d’exposition d’illustrations (aquarelles, peintures et fusains) intitulée “Arzach au Belvédère”, Moebius publie enfin une histoire qui reprend le personnage d’Arzach. Destination Tassili est un album grand format de 124 pages sans dialogues mais avec un texte en opposition. Sous le titre Arzak: L’Arpenteur l’album est aussi publié en collaboration avec Glénat, cette fois en couleurs et avec les textes intégrés dans des bulles. Arzach avait enfin une suite! Le récit devait comporter trois albums, mais malheureusement une seul fut publié avant le décès de l’auteur…

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Arzak nous offre une excellente histoire. Un récit captivant, intriguant qui nous fait découvrir enfin l’univers dans lequel le héros évolue. Le voile est aussi partiellement levé sur le mystère du personnage. On découvre son histoire, son rôle, mais pas trop. Avec Moebius on a toujours l’impression qu’il reste quelque chose d’inconnu derrière le décor, quelque chose de mystérieux, de mystique même, et, avec la construction d’un univers solide, c’est ce qui rend ses récits toujours aussi délicieux à lire.

Arzak-p013Toutefois, le plus extraordinaire de cet album c’est le trait précis, les dessins détaillés et les couleurs vives qui sont les caractéristiques du style de Moebius. Ici on le découvre au sommet de son art — qui reste encore parfois inégal mais néanmoins superbe — et le grand format des planches (24 x 35 cm) nous permet de l’apprécier encore plus. Étrangement le style de Moebius a changé au cours des ans et ici on ne retrouve ni les couleurs vives et uniformes du Moebius de l’Incal et ni les dessins détaillés avec beaucoup de textures du Blueberry de Giraud mais un style  qui fait la synthèse des deux. Arzak se termine sur quinze pages de bonus décrivant la génèse de l’album et reproduisant certains des dessins de l’exposition “Arzak au Belvédère”.

Arzak est donc un très bel album qu’il faut absolument lire mais malheureusement il se termine sur un suspense, un “À suivre” qui n’aura jamais de dénouement…

Arzak: L’Arpenteur, par Moebius. Paris: Moebius Production / Glénat, Septembre 2010. 80 p., 25 x 35.5 cm, 18.00€, ISBN 978-2-7234-6505-2 / 978-2-908766-58-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© Moebius.

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Capsules

Moebius: Oeuvres Complètes 2

moebiusoeuvrescompletes02couvIl n’y a aucune raison pour qu’une histoire soit comme une maison, avec une porte pour entrer, les fenêtres pour regarder les arbres et une cheminée pour la fumée… On peut très bine imaginer une histoire en forme d’éléphant, de champ de blé ou de flamme d’allumette souffrée.” — Moebius 1976

[ Texte de la couverture arrière ]

Cette compilation de 45 planches regroupe deux différents albums de Moebius.

Le premier album est Arzach qui nous offre quatre histoires sans dialogues et un peu plus d’une douzaine de planches (dont une avec dialogues, certaines en couleurs, d’autres en noir et blanc, certaines sur deux pages) qui semblent plus être des illustrations que des histoires et qui n’ont pas de lien apparent entre elles. Les titres sont des variations orthographiques de Arzach: Harzack, Harzak, Arzak, Harzakc, Harzach, Arrzak. 

Arzach-p023Dans une première histoire qui précède la préface (deux planches, en N&B), Harzack pisse derrière un building et se fait prendre, mais la flaque d’urine prends des allures tentaculaires et saisie le policier.

Dans une deuxième histoire (huit planches couleurs), Arzach espionne une femme nue qui s’habille mais est surprit le mari de celle-ci. Il capture celui-ci et le suspend à un squelette géant mais tout ça pour rien car, finalement, la beauté de la femme laisse à désirer…

Arzach-p032Dans une troisième histoire (huit planches couleurs), Harzak vole au-dessus de la plaine carnivore sur son fidèle Ptéroïde, son bagage étant sur le dos d’un deuxième ptérosaure bio-mécanique. Mais après un long vol, ce dernier fatigue et s’abime dans les herbes tueuses. Harzak doit reposer sa monture mais le seul havre possible est une sorte d’arche occupé par un primate géant, rouge et féroce. Plein de nonchalance, le héros triomphe. Celle-ci est mon histoire préférée grâce au superbe graphisme de Moebius. Dans ma jeunesse, j’avais fait un poster avec l’une de ces planches.

Dans la quatrième histoire (huit planches couleurs), un homme arrive en voiture près d’une sorte de temple en pierre. Il y entre, traverse une foule d’hommes verts passifs/agressifs, puis entre dans une pièce où il répare un équipement. Au loin, un Ptéroïde inanimé se réveille. Sa tâche accomplie, l’homme repart avec sa voiture…

Le deuxième album, L’Homme est-il bon?, nous offre onze histoires courtes: “Les clans de la lune alphane” (1 p.), “Le jeudi noir” (2 p.), “L’Homme est-il bon?” (10 p.), “Quelques books” (1 p.), “Le cerveau du Major (The Long Tomorrow, 16 p.)”, “Le café” (1 p.), “Science Fiction Chronicle” (1 p.), “Babel 17” (1 p.), “Une famille de nageur” (1 p.), “L’univers est bien petit” (8 p.) , et “Ballade” (9 p.). La plupart de ces histoires sont très courtes et souvent constituent une sorte de commentaires de lecture illustrés de romans de SF. Seulement quatre histoires méritent vraiment notre attention.

HommeEstIlBon--p078Dans l’histoire titre, un soldat est poursuivi par une troupe de créatures féroces et vertes. Ils le rattrapent, lui arrachent ses vêtements, puis leur chef lui arrache l’oreille gauche à l’aide d’un tentacule et la goûte. Il fait une grimace, et la recrache! La troupe poursuit son chemin laissant l’homme penaud et nue. On en déduit donc que la réponse à la question du titre est, non, l’homme n’est pas bon!

TheLongTomorrow-p094Dans de “The Long Tomorrow”, un détective privé est engagé par une riche dame pour récupérer un colis dans les bas fonds de la cité (dans un casier à bagage de la station de sub du 199e niveau). Il récupère la malle sans trop de mal, mais lorsqu’il revient au 12e niveau pour la remettre à la dame, le conapt de celle-ci est occupé par la police. La fille a été tué et torturé abominablement. On lui apprend qu’un espion arcturien rôde dans la ville à la recherche du cerveau du Major. Sur le chemin du retour, un assassin tente de le tuer mais il réussit à l’éliminer près de l’astroport. Chez lui, il ouvre la malle qui contient, bien sûr, le cerveau du Major. La fille lui rend visite inopinément, expliquant que la morte était un double androïde. Alors qu’il baise la fille, le lieutenant Fy l’appelle pour l’avertir que l’espion est en fait la fille. Le camouflage télépathique de celle-ci étant tombé, elle lui apparait comme une masse tentaculaire, qu’il élimine malgré ses suppliques. Le cerveau retrouve son propriétaire… affaire classée! Cette superbe histoire, ma favorite de l’album, créée sur un scénario de Dan O’Bannon, est en quelques sorte la genèse de l’Incal. 

Dans “L’univers est bien petit”, un couple en voyage interstellaire atterrit sur une planète et y découvre un naufragé qui s’avère être un vieil ennemi. Toute le monde s’entretue…

Ballade-p114Dans “Ballade”, un jeune explorateur traverse la bio-forêt en récitant du Rimbaud. Il rencontre une faunesse, qui le sauve de l’attaque d’un Euchinus et décide de se joindre à lui pour découvrir des villes humaines lointaines et pleines de merveilles. Mais dès leur première rencontre avec une troupe de ces citadins, ils sont massacrés sans questions. Moebius aime bien ces fins absurdes, subites et tragiques… Cette histoire nous montre un bel univers original et intriguant.

Cette compilation nous offre quelques uns des meilleurs exemples d’histoires de science fiction par Moebius. Très intéressant (et divertissant); à lire. 

Cette édition compilant les deux albums n’est plus disponible mais ils sont sans doute encore disponible séparément (comme dans l’édition couleur USA: Arzach [ AmazonBiblio ], L’Homme est-il bon? [ AmazonBiblio ])…

Moebius, Oeuvres Complètes tome 2: l’Homme est il bon ? / Arzach, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés, février 1981. 124 p. ISBN 2-7316-0098-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

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© Les Humanoïdes Associés 1981.

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Gilgamesh (Jens Harder)

Gilgamesh-Harder-covL’Épopée de Gilgamesh est le plus ancien récit de l’histoire de l’humanité. Il nous est parvenu sous la forme de tablettes d’argile lacunaires, rédigées en sumérien, datées de la fin du IIIe millénaire avant JC.

Personnage hors du commun de la Mésopotamie antique, roi de la cité d’Uruk, Gilgamesh est un tyran mais il accomplit, avec l’aide de son ami Enkidu, des exploits qui permettent aussi de voir en lui le premier super-héros.

Avec le sens de la démesure qu’on lui connaît, Jens Harder a pris ce texte mythique à bras-le-corps. Tout en restant fidèle à l’esthétique des bas-reliefs témoins de ce lointain passé, il en fait une vraie bande dessinée, avec des décors grandioses, des monstres, des combats, des rêves, des dieux, de l’amour aussi.

Avec Jens Harder pour guide, suivez Gilgamesh et Enkidu dans la forêt de cèdres d’Humbahba, sur les rives de la Mer morte et jusqu’aux enfers. Une expérience de lecture unique, et une formidable porte d’entrée pour découvrir la civilisation mésopotamienne.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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Page 9

C’est tout un accomplissement que d’adapter en bande dessinée l’Épopée de Gilgamesh, la plus vieille histoire d’aventure à nous être parvenue — plus vieux que Le dit du Genji [premier roman datant du XIe siècle de notre ère] ou que Les Mille et Une Nuits [contes aux source indo-persanes datant des IIIe-VIIe siècles mais compilés dans le monde musulman du IXe siècle], plus vieux que la Bible [l’Ancien Testament aurait été écrit entre le VIIIe et le IIe siècle avant notre ère (AEC)], au moins 1,500 ans plus vieux que les récits Homériques [une tradition orale du XIIe siècle mais écrite au VIIIe siècle AEC], ou possiblement même plus vieux que les épopées sanskrites indo-européennes qui auraient inspiré ces derniers (Mahabharata et Ramayana — tradition orale du XXIe siècle AEC mais transcrite au IVe siècle AEC). L’Épopée aurait été composé en sumérien vers la fin du IIIe millénaire (XXIIe-XXIe siècle AEC) mais n’a eut une forme écrite que vers les XVIIIe-XVIIe siècle AEC. La version définitive et la plus complète de l’Épopée a été retrouvé à Ninive et est écrite sur douze tablettes d’argile en akkadien cunéiforme et date du VIIe siècle AEC.

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Page 12

Le récit se présente comme suit. Tablette I: Gilgamesh est le roi de la cité d’Uruk. C’est un despote arrogant qui oppresse son peuple, à un tel point que les dieux décident de lui créer un rival, Enkidu, l’homme sauvage. Tablette II: Gilgamesh lui envoie une courtisane pour le civiliser. Leur duel se solde par un respect mutuel, et c’est le début d’une longue “bromance” (amitié virile). Tablettes III-V: Ensemble, ils vont terrasser le géant Humbaba, dans la Forêt de Cèdre (Liban?). Tablette VI: La déesse Ishtar (Inanna) tente de séduire Gilgamesh mais celui-ci l’éconduit. Elle se plaint à son père, Anu, qui envoie le Taureau céleste pour dévaster Uruk, mais Gilgamesh et Enkidu le tue, redoublant l’affront. Tablettes VII-VIII: Pour se venger, les dieux font mourir Enkidu de maladie. Tablette IX-X: Inconsolable, Gilgamesh erre dans le désert à la recherche de son ancêtre Uta-napishti pour l’interroger sur le sens de la mort et de la vie. Après avoir rencontré les hommes-scorpions, la tavernière Siduri, et finalement le batelier Ur-Shanabi, qui l’emporte au-delà de l’océan de la mort, il arrive au bout du monde. Tablette XI: Uta-napishti lui raconte comment il a survécut au déluge et est devenu immortel. Il avertit Gilgamesh qu’il n’aura jamais l’immortalité mais lui indique néanmoins comment obtenir une plante qui redonne la jeunesse — toutefois Gilgamesh se la fait voler par un serpent. Il revient à Uruk bredouille mais plus sage. Tablette XII (fragment probablement ajouté ultérieurement): Gilgamesh échappe ses instruments de pouvoir dans les Enfers et Enkidu décide de les lui rapporter mais s’y retrouve prisonnier. Gilgamesh obtient de revoir brièvement son compagnon qui lui raconte son expérience aux Enfers.

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Page 57

Gilgamesh a été adapté et illustré par Jens Harder, un artiste allemand qui a entreprit déjà plusieurs récit historiques ou journalistiques (Leviathan, La Cité de dieu, Alpha… directions, Beta… civilisations vol. 1, Cités: Lieux vides, rues passantes — presque tous primés et publiés en français chez Actes Sud – L’An 2). Comme il nous le fait remarquer dans sa postface, c’est une histoire qui a beaucoup influencé les mythes (Herakles) et les récits épiques subséquents (la Bible, le cycle troyen, les Milles et Une Nuits, etc.) et qui a encore des échos même aujourd’hui. Il souligne d’ailleurs les dimensions politiques de l’Épopée, qui est d’abord ancrée dans des faits géo-économiques réels (la nécessité d’abattre des cèdres pour répondre à la pénurie de bois en Mésopotamie et de se protéger du risque constant d’inondations (déluges), puisque le territoire est situé entre deux grands fleuves: le Tigre et l’Euphrate). Puis il y a un aspect socio-politique, où le peuple oppressé par un tyran implore les dieux, qui l’envoient dans une quête de gloire qui finira par l’assagir (étrangement, le fait que celui-ci soit arrogant, vaniteux, débauché — il invoque le droit de cuissage — braillard et reconnu pour avoir construit un mur de protection autour de la ville évoque une similitude amusante avec le quarante-cinquième président américain, l’héroïsme en moins!).

Le concept de cette BD est superbe. Elle nous offre un intéressant récit qui est très fidèle au texte original de l’Épopée. Toutefois, comme tout texte ancien, c’est plutôt formel et donc un peu laborieux à lire. Et l’auteur a du faire certains choix, narratifs d’abord (comme de ne pas inclure dans son adaptation la mort de Gilgamesh, qui n’apparait que dans la version Sumérienne de l’Épopée) et aussi visuels. En effet, l’adaptation est aussi un peu difficile à lire du point de vue graphique, car Harder ne suit pas la forme traditionnelle de la bande dessinée mais s’inspire plutôt de l’art mésopotamien. Il représente l’action en bichromie et aussi comme si c’était une fresque bidimentionnelle (les personnages étant vus exclusivement de face ou de profil!), faisant toutefois quelques concessions à la perspective afin de rendre le sujet visuellement compréhensible. C’est tout de même beau (dans son genre) et visuellement fascinant.

Somme toute c’est très intéressant si vous êtes curieux de connaître l’Épopée de Gilgamesh et surtout si vous êtes amateur d’Histoire. 

Gilgamesh, par Jens Harder (traduit de l’allemand par Stéphanie Lux). Mouthiers-sur-Boëme: Actes Sud – L’An 2, janvier 2018. 144 pages, cartonné, 19,5 x 30,5 cm, 19,80 € / $C 43.95, ISBN 978-2-330-09248-1. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Jens Harder, 2018 pour le texte et les dessins. © Actes Sud 2018 pour la traduction française.

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Revue de zines [02.19.203]

dBD #135 (juillet-août 2019)

dBD-135Enfin un numéro avec d’excellentes nouvelles! Ce numéro double — un peu plus volumineux (132 pages pour 10,00 € !) — nous offre à la une un interview avec le bédéiste gaspésien François Miville-Deschênes sur Zaroff qu’il dessine avec le scénariste Sylvain Runberg chez Lombard. On retrouve également des interviews avec François Schuiten (qui explique qu’il prends sa retraite de la BD parce qu’il en a marre des conditions difficiles que les éditeurs imposent aux créateurs), avec Gaétan Nocq sur Le Rapport W: Infiltré à Auschwitz aux Éditions Daniel Maghen, avec José Roosevelt sur CE T.13: Acrostiche aux Éditions du Canard, avec les québécois Émile Gauthier et Sébastien Lévesque sur Distorsion: 13 histoires étranges de l’ère numérique aux Éditions de l’Homme (des récits fantastiques tirés de leur podcast et illustrés par RUN), et avec KIM sur Un rêve d’ailleurs aux Éditions du Long Bec.

Dans les actualités, on retrouve notamment un article sur le 30e anniversaire du manga Akira par Katsuhiro Otomo, sur Les compagnons de la libération: Pierre Messmer  par Catherine Valenti & Philippe Tarral aux Éditions Grand Angle, et on mentionne la publication du manga Hi Score Girl par Rensuke Oshikiri chez Mana Books.

dBD nous propose également un dossier sur leur “7 coups de coeur de la rentrée” (avec extraits): Le roi des bourdons par David de Thuin chez Glénat, Les Deux Vies de Pénélope par Judith Vanistendael chez Le Lombard, La Boîte de petits pois par GiedRé & Holly R chez Delcourt, Le Boiseleur T.1 par Hubert & Hersent aux Éditions Soleil, Kebek T.1: Le puits du temps par Philippe Gauckler aux Éditions Daniel Maghen, Louisiana T.1 par Léa & Toussaint chez Dargaud, et Dans la forêt par Lomig d’après Hegland aux Éditions Sarbacane.

Dans le cahier critiques je remarque des commentaires sur Quenotte et le monde fantastique T.1 par Ryô Hirano chez Casterman (“Bien; On s’étonne de moins en moins de la surenchère surréaliste, on rit moins aussi. On est perdu, (…) dans ce qui semble (…) se limiter à une expérience narrative et graphique.”), Humanitas par Aki Yamamoto chez Glénat (“Super: trois belle réflexions sur l’humanité, servies par un graphisme incisif et efficace. À découvrir”), Mes voisins les esprits T.1 par Ushio Shirotori chez Doki-Doki (“Bien: bien fichue (…) dessin efficace, malgré un petit goût de déjà-vu”), Mermaid Prince par Kaori Ozaki chez Delcourt/Tonkam (“Bien; À découvrir”), BL Métamorphose T.1 par Kaori Tsurutani chez Ki-oon (“Super”), et Time Shadows T.1 par Tanaka Yasunori chez Kana (“Super: un premier tome très dense, qui ouvre beaucoup de piste, et qui rend cette série particulièrement prometteuse”).

kebek-t1-le-puit-du-tempsPour moi la meilleure nouvelle c’est l’annonce d’un nouveau Gauckler (voir ci-haut dans les coups de coeur de la rentrée). J’avais vu sur Facebook qu’il travaillait sur un nouvel album (j’espérais une suite à Koralovski mais cette révélation est encore mieux!). Il en parlait depuis longtemps mais là, c’est fait, il nous offre finalement son adaptation libre de La nuit des Temps, le chef-d’oeuvre de René Barjavel (il s’inspire également un peu du roman La sphère d’or de Erle Cox qui avait aussi probablement influencé Barjavel). Cette série d’au moins deux albums, dessinée en couleurs directes sur papier, prend cette fois pour décor (au lieu de l’Antarctique) le nord du Québec (et l’avocat qui apparait dans les premières pages est inspiré par un ami commun!). C’est très prometteur: un de mes romans préférés adapté par un artiste que j’admire beaucoup! J’ai bien hâte de lire ça!

Kebek T.1: Le puits du temps par Philippe Gauckler aux Éditions Daniel Maghen, 88 pages, 19€, ISBN 978-2-35674-074-8, disponible (en Europe) dès le 22 août. dBD nous présente un extrait de cinq pages!

Donc, un numéro plein de découvertes et de bonnes nouvelles. Une excellente lecture! stars-4-0

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Capsules

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Bug-2-covLe deuxième volet de la série évènement d’Enki Bilal

BUG définition :
En français : se dit d’un défaut affectant un programme informatique.
En anglais : se dit d’un insecte, d’une bestiole, d’un virus…

En 2041, la Terre est brutalement et simultanément confrontée aux deux. Un homme taché de bleu, et au corps squatté par un alien, se retrouve dans la tourmente, convoité par le reste du monde.

[ Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière ]

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Page 8

Le récit, entamé dans le premier volume, se poursuit… Seul survivant d’une expédition vers Mars, Kameron Obb revient sur terre contaminé par un organisme extra-terrestre et une tâche bleue qui semble contagieuse. Au même moment, toute la technologie humaine cesse de fonctionner et toutes les données informatiques disparaissent. Les deux événements semblent liés d’autant plus que Obb se retrouve être le détenteur, dans sa mémoire, des données disparues. Il devient donc un homme très convoité. Alors que tout les gouvernements de la planète tentent de se réorganiser dans ce chaos, Obb n’a pour objectif que de sauver sa fille, Gemma, qui a été kidnappé par un groupe mafieux vénitien qui se sert d’elle comme appât. Toutes les factions politiques de la planète tentent de lui mettre la main dessus: les Néo-Marxistes Progressifs, son ex-employeur, la mafia italienne, l’armée française, des agents chinois, la CIA, des agents du Califat de Gibraltar, les Yakusa Concept, les Israéliens, les Russes, les Groupes Islamistes Unifiés, etc. Gemma est sauve, mais une faction réussie à le capturer. Le monde, lui, peut-il encore être sauvé?

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Page 9

Les histoires post-apocalyptiques de Bilal me semblent un peu répétitives. Mais qu’importe. Il nous offre ici un scénario catastrophe tout à fait plausible avec un crash technologique qui a des conséquences affectant en cascade la géo-politique de la planète: un total chaos politique, économique, social et même médical. C’est une réflection intéressante. Dans une telle situation, que pourrait-on faire pour s’en sortir? Toutefois, c’est sur le plan artistique que Bilal se distingue, avec son superbe style graphique mélangeant crayonné et peinture, tons sombres et vifs, détails et flous. Bilal demeure encore et toujours un incontournable. J’ai bien hâte de lire la suite…

 

 

Bug, livre 2, par Enki Bilal. Paris: Casterman, avril 2019. 80 pages, 19.2 x 26.9 cm, 18,00 € (ePub/PDF: 12,99 €) / $34.60 Can. ISBN 978-2-203-16361-4. Pour lectorat jeune adulte (14+). Extraits disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Casterman 2019

Bilal sur la couleur Bleu dans son oeuvre:

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Revue de zines (02.19.167)

Encore une fois, je passe en revue quelques récents périodiques consacrés à la bande dessinée et au manga…

AnimeLand #226 (mars-mai 2019)

AL226Un autre superbe numéro de AnimeLand très riche en information. Comme le note l’éditorial, si l’on se fit aux récents titres, l’air est à la nostalgie. Ce numéro nous présente donc la couverture des films de Dragon Ball Super: Broly et de City Hunter: Shinjuku Private Eyes, de la nouvelle série de Saint Seiya: Saintia Shô, et souligne la consécration de Rumiko Takahashi à Angoulème avec un article qui analyse une scène de Maison Ikkuku! Tout cela ravive des souvenirs vieux de plusieurs décennies…

Ce qui rend ce numéro particulièrement intéressant c’est surtout l’interview avec Akemi Takada (character design de Urusei Yatsura et Kimagure Orange Road) et les articles sur le genre shôjo (“la vie quotidienne d’une héroïne de shôjo: du premier amour à la survie de l’humanité” un article de huit pages [rare dans AL] tout à fait fascinant!), sur “Comment éditer un manga part. 2: Édito, traduction et maquette” et sur le film “live” de Lady Oscar (pour souligner son quarantième anniversaire!).

Ce numéro m’a également permis de découvrir la série télé Révisions (12 eps, sur Netflix) ainsi que les mangas Félin Pour l’autre! (un shônen nekketsu par Wataru Nadatani chez Doki Doki où un garçon tente de sauver des chats errants) et Magus of the Library (par Mitsu Izumi chez Ki-oon où Shino est passionné par les livres et échappe à la réalité en se réfugiant dans leur pages!). stars-4-0

dBD #133 (mai 2019)

dBD-133En couverture, dBD nous offre un interview avec Olivier Dupont qui s’est associé au scénariste Régis Loisel pour Un putain de salopard (Rue de Sèvres), l’histoire d’un jeune homme qui part à la recherche de son père en Amazonie. On retrouve également des interviews avec Jean-Marc Rochette (Le loup, chez Casterman), François Boucq (Jérôme Moucherot t.6, chez Lombard), Philippe Richelle (Algérie, une guerre française t.1 chez Glénat), Oscar Martin & Alvaro Iglesias (Solo t.4 chez Delcourt, une histoire anthropomorphique qui met en scène des tribus de rats, chats, chiens, hyènes, etc.), et Julien Lambert (VilleVermine t.2 chez Sarbacane).

Côté manga, dans le cahier critiques, on y parle de The red rat in Hollywood t.1 (Osamu Yamamoto, chez Vega), Les liens du sang t.1 (Shuzo Oshimi chez Ki-oon), Buchimaru chaos t.1 (Tsutomu Ohno chez Doki Doki), Genocidal organ t.2 (Gatô Asô chez Pika), Le bateau de Thésée t.1 (Higashimoto Toshiya chez Vega, qui offre une sorte de Quartier lointain en thriller avec “un scénario solide à rebondissements multiples”), et Contamination t.3 (Ao Acato chez Kana, un seinen catastrophe qui “maintient le lecteur en haleine”). Intéressant mais rien de bien excitant… stars-3-0

dBD #134 (juin 2019)

dBD-134À la une, dBD nous offre une interview avec François Schuiten, Laurent Durieux, Jaco van Dormael & Thomas Gunzig qui proposent une aventure avec des Blake & Mortimer “vieillis, séparés par le temps et mis en péril” (Le dernier Pharaon, aux Éd. Blake & Mortimer). On en profite pour parler de l’exposition consacré à cette BD au musée des Arts et Métiers. On retrouve également des interviews avec Jean-Luc Istin (Mages t.1, avec K. Duarte chez Soleil), Tillie Walden (Spinning, Dans un rayon de soleil et J’adore ce passage, chez Gallimard), Inès Léraud (Algues vertes: l’histoire interdite, chez La revue dessinée/Delcourt), Gani Jakupi (Enquête sur El Comandante Yankee, chez La table ronde/Aire Libre). 

Dans les actualités, on mentionne brièvement le décès de Kazuo Koike en avril, l’adaptation cinématographique de La Quête de l’oiseau du temps (Le Tendre & Loisel) par le réalisateur Danois Anders Walter, et la tenu du 20e Japan Expo au Parc d’exposition Paris-Nord Villepinte du 4 au 7 juillet.

Côté manga, dans le cahier critiques, on y parle de Jusqu’à ce que nos os pourrissent t.7 (Yae Utsumi, chez Pika), Versailles of the dead t.1 (Rumiko Suekane, chez Kana — Marie-Antoinette contre les zombies, “tant d’incohérences et d’absurdités”), Echoes t.1 (Kei Sanbe, chez Ki-oon — “thriller plus sombre (…) l’horreur de la folie humaine”). Ce numéro m’offre peu de découvertes intéressantes mais demeure tout même assez informatif… stars-3-0

Étrangement, aucun de ces deux récents numéros de dBD ne mentionne le deuxième tome de Bug par Enki Bilal, paru chez Casterman en avril et que j’attendais avec impatience! dBD en a probablement parlé dans une numéro que je n’ai pas lu…

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