Kébek t.1: L’Éternité

Kebek-t1-lEternite-covUn récit de science-fiction situé dans la province [sic] de Eeyou Istchee Baie-James, région des Monts Otish, au Québec.

Mine de diamant de « La grande Ourse ». Fin d’été. Une secousse fait trembler la terre, suivie d’un effondrement de terrain dans un secteur proche de l’exploitation. Roy Koks, le responsable de la prospection et la géologue Natane se précipitent pour examiner la nature des dégâts. Une grande partie de la colline s’est effondrée dans un glissement de terrain sans doute dû aux pluies incessantes qui se sont abattues sur la région depuis des semaines. En recherchant les causes de l’accident, les prospecteurs vont découvrir une faille qui donne accès à une cavité souterraine. Au centre de cette cavité, un gigantesque bloc de rocher parfaitement sphérique…

[Texte du site de l’éditeur; voir la couverture arrière]

J’ai souvent parlé de Philippe Gauckler, qui est un auteur que je lis depuis pas mal de temps. J’ai d’abord fait un topo sur le début de sa carrière et commenté sa série Karen Springwell (Convoi). J’ai plus récemment renoué avec son oeuvre en lisant les quatre tomes de Prince Lao et les trois tomes de Koralovski. J’avais lu sur Facebook qu’il travaillait à un nouvel album et j’espérais une suite à Koralovski mais j’ai découvert en juillet, dans le #135 de dBD, qu’il avait plutôt choisi de s’attaquer à son vieux projet d’adaptation en bande dessinée du roman de René Barjavel, La nuit des temps. 

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Je me souviens d’avoir lu dans l’introduction de Blue (Métal Hurlant #107 (jan. 1985): p. 42) que la première fois qu’il aborda Moebius et Jean-Pierre Dionnet, il leur avait montré quatorze planches de son adaptation du roman de Barjavel. “Trop long”, s’était exclamé Dionnet, “travaille sur une histoire courte, et passe me voir à Paris.” Assez rapidement par la suite, MH le mis en contact avec Charles Imbert (avec lequel Gauckler produira Suicide Commando [1983] et Duel [1984]) puis avec Joël Houssin (pour Blue [1985] et Phantom [1987], que je commenterai d’ailleurs prochainement). Il collaborera une fois encore avec un scénariste, Thierry Smolderen (pour Convoi en 1990-95), avant de se mettre à écrire ses propres histoires (Prince Lao en 2006-09 et Koralovski en 2015-16). Tout ce temps-là, l’idée d’adapter La nuit des temps est resté dans un tiroir. Je suis fort heureux qu’il ait finalement trouvé un éditeur intéressé au projet, car j’ai toujours beaucoup aimé ce roman de Barjavel que j’avais lu adolescent. 

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C’est donc un Philippe Gauckler beaucoup plus expérimenté et maître de son art qui se remet sur l’adaptation. J’imagine que le scénario actuel est probablement assez différent du concept que Gauckler avait développé dans sa jeunesse. Dans une interview avec le magazine dBD (dans le #135), il admet volontiers que c’est une adaptation libre (et non textuelle) du roman de Barjavel. Il s’est même aussi inspiré du roman La sphère d’or de Erle Cox (qui avait lui-même probablement influencé Barjavel). De plus, il adopte une nouvelle technique en dessinant en couleurs directes sur papier (par opposition à travailler d’abord à l’encre et de mettre en couleurs dans un second temps) — ce qui fait sans doute de plus belles planches à exposer et vendre à la galerie Daniel Maghen…). Il semble que le récit ne sera constitué que de deux tomes, dont le second paraîtra en 2020. Le bon côté de cette nouvelle est que les lecteurs n’auront pas trop à attendre avant de lire la suite de cet album. Par contre, comme le récit jusqu’à maintenant n’a fait qu’introduire l’histoire (le premier tier du roman), je me demande bien comment Gauckler réussira à nous raconter la suite en seulement un autre tome (même de quatre-vingt pages)…

> Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs <<

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Roy Koks, ex-hockeyeur professionnel autrefois surnommé “Kébek” et maintenant responsable de la prospection à la mine de diamant “La Grande Ourse” dans la région Eeyou Istchee Baie-James dans le Nord-du-Québec, fait sa déposition à son avocat alors que leur véhicule se dirige avec empressement vers l’aéroport. Il relate les événements qui entourent la découverte. Un tremblement de terre dans le “claim” des Trois Castors a causé un effondrement et une crevasse qui mena les prospecteurs à l’artefact: une sphère parfaite en carbonado (diamant noir). Les études préliminaires démontrent que ce type de matériau ne peut s’être formé que dans l’espace et que la sphère est creuse, contenant une autre sphère, séparée de la première par un liquide ou un gaz. La compagnie minière décide donc de rendre la découverte publique. Un comité scientifique international est alors créé pour étudier et analyser la sphère. 

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Roy s’inquiète de la réaction de la communauté autochtone, membre de la Première Nation des Cris, qui considère que la terre (tant le sol que le sous-sol) est un bien commun qui doit être préservé. Sa copine, la géologue Natane (elle même une Crie), découvre dans une caverne adjacentes des pétroglyphes anciens représentant la sphère et qui dateraient de 400,000 ans! Roy fait des rêves étranges: une femme sans visage qui flotte dans l’eau. Un premier forage permet de confirmer que l’espace intercalaire de la sphère contient de l’eau — mais qui a des propriétés physiques bizarres. Quatre mois plus tard, on termine la découpe d’une ouverture sur le dessus de la sphère et Roy peut tenter d’y descendre en scaphandre. Un incident met sa vie en danger mais il réussi tout de même à apercevoir une sorte de sas et deux cocons. Il devient évident que la sphère tente de communiquer. Puis, subitement, la sphère expulse l’eau et les cocons. L’un d’eux semble endommagé et l’on tente de l’ouvrir, révélant un secret qui remet en question toute notre vision du Monde… 

Tout au long de l’album, Roy continue son récit à l’avocat. Toutefois la mauvaise météo les oblige à rediriger leur convoi de l’aéroport vers la prison de Bordeaux. La ville semble être la proie de violentes confrontations. “Des gangs” auraient pris le contrôle mais la nature du conflit reste (pour le lecteur) mystérieuse: il y a des snipers et des protestants lancent des cocktails molotov qui font du feu bleu! Un des véhicules du convoi saute sur une mine et Roy, alors qu’il tente de sauver les occupants, est gravement brûlé par les étranges flammes…

>> Fin de l’avertissement <<

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Une expédition scientifique qui découvre un artefact remontant à la nuit des temps et qui semble une impossibilité pourrait constituer les prémices d’une nouvelle de Lovecraft. Et pourtant, Barjavel en a fait une double histoire d’amour au-delà du temps. Dans les grandes lignes, Gauckler respecte assez bien le récit de Barjavel: les deux ouvrages débutent même de façon très similaire, avec une lettre d’amour. Il y a quelques différences mineures: Simon est médecin et Roy est prospecteur; Simon est célibataire alors que Roy a une relation avec Natane, etc. Par contre, on retrouve deux différences importantes: d’une part, la sphère n’est pas en or mais en diamant; d’autre part, Gauckler déplace le cadre du récit de l’Antarctique vers le nord du Québec. Cela fait beaucoup de sens puisque l’Antarctique est un milieu un peu stérile pour développer un récit moderne, riche en intrigues socio-politiques (quoi que le récit de Barjavel se tramait tout de même sur un fond de guerre froide et de conflit nord/sud). L’idée d’y inclure les revendications autochtones est fort intéressante. Finalement, il n’y a pas tant de différences que cela et celles qu’on y retrouve étaient attendues (comme des éléments scientifiques plus à jour) ou nécessaires. Ce sont là, après tout, les prérogatives d’une adaptation… qui est somme toute assez bien réussie.

On devine derrière le travail de Gauckler beaucoup de recherches et de repérages, ce qui donne au récit un aspect véridique ou tout au moins vraisemblable: le décor montréalais, la géographie et le patois local, les moeurs autochtones, la rigueur scientifique, etc. Si la région de Eeyou Istchee est surtout connue pour ses gisements d’uranium, on retrouve en effet des mines de diamants dans le nord du Québec (dont la Mine Renard (Stornoway Diamonds) dans les monts Otish près du lac Kaakus Kaanipaahaapisk, 250 km au nord de la communauté crie de Mistissini; d’autre cheminées [dykes] de kimberlite ont également été découvertes au complexe Lynx-Hibou — malheureusement ces projets sont pour l’instant déficitaires). Le nom de la mine “La Grande Ourse” est sans doute inspiré par la rivière La Grande (et possiblement aussi la constellation) mais ne peut manquer d’évoquer pour moi le nom de la série télévisée du même nom ! Le seul élément qui m’embête et que je trouve peu vraisemblable est le fait que les protestations aient dégénéré au point que les rue de Montréal ressemble à la Syrie de Bachar el-Assad ou à Beyrouth pendant la guerre civile ! L’armement nécessaire pour créer ce type de dégâts n’y est simplement pas disponible — mais, bon, la suite du récit offrira peut-être des explications satisfaisantes…

Je n’ai vraiment pas trop à me plaindre puisque cette bande dessinée offre un de mes romans préférés adapté par un artiste que j’admire beaucoup! Le récit est complexe, captivant et bien rythmé alors que la qualité du dessin est tout simplement superbe (on a même droit à trois illustrations double-page!). Le style réaliste de Gauckler a définitivement mûri — l’utilisation de la couleur bleue pour inspirer une atmosphère froide et mystérieuse est bien réussie. Toutefois, si je voulais être tatillon, je dirais que le lettrage script adopté pour la narration de Roy est un peu difficile à lire, mais c’est un détail insignifiant. Pour le reste, c’est beau, c’est très bon et intelligent tout en restant divertissant, alors que demander de plus sinon que de pouvoir lire la suite très bientôt! Kébek t.1: L’Éternité est donc un très bon thriller d’anticipation (et j’oserais peut-être même dire excellent — mais je réserve mon jugement final tant que je n’ai pas lu la conclusion). Néanmoins, à lire absolument ! 

Kebek T.1: L’Éternité par Philippe Gauckler. Paris: Éditions Daniel Maghen, août 2019. 96 pages couleurs (84 planches), 24.5  x 32.5 cm, 19€ / $C 37.95, ISBN 978-2-35674-074-8.  Inclus huit pages de croquis et dessins préparatoires. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5 ou stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2019 DM.

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Revue de ‘zines [002.019.364]

Bon, c’est de temps de passer en revue, encore une fois, quelques périodiques consacrés à la BD et aux manga pour voir ce qui ce fait d’intéressant…

Animeland #228 (Sept.-Nov. 2019)

AL228Dans la section “Anime” de ce numéro, on note d’abord un dossier sur la SF dans l’anime (en six impacts: Astro Boy, Mazinger Z, Yamato, Gundam [avec un entretien avec Yoshiyuki Tomino], Evangelion et Haruhi Suzumiya), puis un article sur le dernier Makoto Shinkai: Tenki no ko / Weathering with you, sur les séries Demon Slayer, Vinland Saga, Given, Dr. Stone, Arifureta shogokyô de Sekai Saikyô, Kanata no Astra, et Ensemble Stars! On retrouve aussi des interviews avec Kiyotaka Oshiyama (Dennô Coil, Flip Flappers, Space Dandy) et Nobuyoshi Habara (co-créateur du studio Xebec), ainsi qu’un reportage sur Kyoto Animation.

Dans la section “Manga”, je remarque, entre autre, un dossier sur les trente ans de Glénat manga, le reportage sur “Comment éditer un manga 4: Communication, Presse et Marketing”, des chroniques sur Demon Slayer, Himizu, Valkyrie Apocalypse, Gigant, Chiisako Garden, Quand Takagi me taquine, un portrait de Junichi Nôjô (L’Empereur du Japon), des interviews avec Tsuyoshi Takaki (Black Torch, Heart Gear), Ryo Sumiyoshi (Centaures, MADK), Daiki Kobayashi (Ragna Crimson), Inio Asano (Bonne nuit punpun, Errance), Rie Aruga (Perfect World), et Suehiro Maruo (Dr Inugami, Vampyre, La chenille).

Comme d’habitude, un numéro riche en information. stars-3-0

dBD #138 (Novembre 2019)

dBD138Dans les actualités nous découvrons que Kurokawa lance la collection Kuro Savoir consacrés à l’adaptation pour adolescents (16+) de classiques littéraires. Cela rappel beaucoup ce que faisait Soleil Classique. La collection débute entre autre avec Le Capital de Karl Marx (par Iwashita Hiromi), Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche (par Ichiro et Aki) et Psychologie des foules de Gustave Le Bon (par Team Banmikas). On mentionne également que les éditions Ynnis ont publié un autre ouvrage de référence thématique: Hommage à Akira: Héritage de l’apocalypse par Stéphanie Chaptal.

À la une on retrouve une interview avec Jérôme Félix et Paul Gastine sur leur western Jusqu’au dernier (Éditions Bamboo, Coll. Grand Angle). Le magazine poursuit avec des interviews de Mathieu Kassovitz (cinéaste et acteur connu pour son adaptation de Cauchemar blanc de Moebius) sur l’influence qu’a eut Métal Hurlant sur son travail, avec Matz au sujet de son prequel à Transperceneige: Extinctions t.1 (avec Rochette chez Casterman) et sur le volume trois de Tango: À l’ombre du panama (avec Xavier chez Le Lombard), avec Jean-Claude Carrière et Jean-Marie Michaud sur leur volumineuse adaptation Le Mahâbhârata (chez les Éditions Hozhoni, 440 pages), avec Riff Reb’s pour l’adaptation de Jack London Le Vagabond des étoiles t.1 (chez Soleil, coll. Noctambule), avec Antoine Ozanam sur Klaw t.11: Coma (avec Jurion chez Le Lombard), et avec Flix sur Spirou à Berlin (chez Dupuis).

Dans le Cahier Critique je note Le Mahâbhârata par Carrière & Michaud chez Hozhoni (Top! “Après trois ans de travail acharné (…) le résultat est prodigieux”), la réédition de Kirihito par Osamu Tezuka chez Delcourt (Top! “Graphiquement (…) c’est plein d’expérimentation, tant dans l’expression des émotions que dans le découpages. Cela se lit d’une traite”), une BD sur Mishima, Ma mort est mon chef-d’oeuvre, par Li-An & Weber chez Vents d’Ouest (Super), Dans l’abîme du temps une autre superbe adaptation de Lovecraft par Gou Tanabe chez Ki-oon (Super, “Quelle ambiance oppressante (…) Ki-oon (…) a une nouvelle fois soigné à l’extrême la fabrication de son album”), L’Empereur du Japon t.1 par Eifuku, Hando, Shiba & Nojo chez Delcourt (Super, “Superbement dessiné”) et Une femme et la guerre où Yoko Kondô adapte deux nouvelles par Ango Sakaguchi chez Picquier (Top! “Une belle lecture à la gloire de la complexité humaine”). 

Un numéro riche en découvertes. stars-3-5

dBD #139 (Déc.-Janv. 2019/20)

dBD139Un numéro “double” (128 pages) où les actualités annoncent un manga de Persona 5 par Hisato Murasaki chez Mana Books et où la une nous offre un interview avec Philippe Druillet, Dimitri Avramoglou et Xavier Czaux-Zago sur Babel, un ambitieux remake de Lone Sloane chez Glénat. Ce numéro se poursuit avec des interviews de Christophe Blain au sujet de Blueberry t.1: Amertume apache (chez Dargaud, en collaboration avec Sfar), avec Balak et Bastien Vivès sur Lastman t.12 (chez Casterman), avec Juan Giménez sur sa série de La Caste des Méta-Barons (aux Humanoïdes Associés), avec Stéphane Levallois sur Léonard 2 Vinci (chez Le Louvre/Futuropolis), avec Minaverry sur Dora t.4: Amsel, Vogel, Hahn (chez L’Agrume) et Rebecca Rosen pour Morveuse (chez L’Employé du moi).

Au coeur de ce numéro on retrouve un spécial sur les cinq coups de coeur de fin de l’année qui offre des interviews avec des artistes dont l’oeuvre a été négligé par la rédaction: Jérémie Moreau pour Penss et les plis du monde (chez Delcourt), Alfred pour Senso (chez Delcourt), Georges Bess pour Dracula (chez Glénat), David Lopez pour Black Hand & Iron Head (chez Urban Comics), et Marc-Antoine Boidin & Jean-André Yerlès pour Legio Patria Nostra t.1: Le tambour (chez Glénat). Le numéro se conclu sur un article commémorant le soixantième anniversaire de la série Tanguy et Laverdure, qui avait débuté dans le premier numéro du magazine Pilote en 1959 sous la plume de Charlier et Uderzo et qui se poursuit avec un trente-troisième album, Retour aux Cigognes, par Zumbiehl, Buendia & Philippe (chez Dargaud).

Dans le Cahier Critique je note La fille de Vercingétorix par Ferri & Conrad chez Albert René (Super; cet album réponds à tous les critères qui font un bon Astérix mais les aventures des héros “n’ont plus la même saveur que quand nous étions adolescents. Pire nous ne sommes pas sûrs qu’après avoir refermé ce livre, nous penserons à le relire, contrairement aux premiers albums de la série”), Samurai 8 t.1 par Masashi Kishimoto & Akira Okubo chez Kana (Bien, “un air retrofuturiste inédit (…) mais la mise en scène ne suit pas (…) tout va trop vite (…) trop de digressions, trop de nouvelles intrigues parallèles (…) dommage car (…) l’univers créé par Kishimoto est, lui, vraiment intéressant”), Mon cancer couillon par Kazuyoshi Takeda chez Pika (Bien, manga autobiographique [Sayonara Tama-chan / lit. “Adieu mon petit testicule”] où l’ancien assistant de Hiroya Oku [Gantz] raconte sa lutte contre le cancer), ainsi que Natsuko no sake t.1 par Akira Oze chez Vega (Super, une histoire sur les coulisses du monde de la production de sake originalement publié en 1988, “belle histoire à l’ancienne (…) la narration est douce, le dessin de bonne facture”).

Des tonnes de suggestions de lectures pour les vacances et l’année à venir… stars-3-5

Animeland #229 (Déc. 2019 – Fév. 2020)

AL229Dans la section “Anime” de ce numéro, on note d’abord un dossier sur la tendance des éditeurs de manga à créer des nouvelles collections pour adultes qui traitent de sujets plus réfléchi et sérieux: comme la collection “Moonlight” chez Delcourt/Tonkam et la collection “Life” chez Kana. Puis on retrouve un autre dossier sur la série Chihayafuru (incluant un interview avec son directeur, Morio Asaka). S’ajoute des chroniques, entre autre, sur Weathering with You, Violet Evergarden, L’Habitant de l’infini, Beastars, No Guns Life, Hoshiai no Sora, Babylon, Cobra et un interview avec Tadayoshi Yamamuro (Dragon Ball).

Côté manga, on note dans les nouvelles parutions le premier volume de l’édition intégrale (pour le 90e anniversaire!) de Phénix: L’Oiseau de feu de Osamu Tezuka chez Delcourt/Tonkam dès le 8 janvier, Sengo [Areyo Hoshizuku] par Sansuke Yamada chez Casterman dès le 22 janvier (un manga gay situé dans l’après-guerre), L’Amant (d’après le roman de Marguerite Duras) par Kan Takahama chez Rue de Sèvre aussi le 22 janvier, ainsi que La couleur tombée du ciel une adaptation de Lovecraft par Gou Tanabe chez Ki-oon dès le 5 mars. On retrouve également un dossier sur les quinze ans de Ki-oon, de nombreuses chroniques sur Jujutsu Kaisen (Ki-oon), Shaman King (Kana), Asadora ! (de Naoki Urasawa!, chez Kana), Samurai 8 (Kana), Doppelgänger (Kazé), Aria (Ki-oon), The Quintessential Quintuplets (Pika), Elle ne rentre pas celle de mon mari (Lézard Noir), Zenkamono (Lézard Noir), En proie au silence (Akata), Libraire jusqu’à l’os (Soleil), Parasite / Neo-Parasite (Glénat), Un monde formidable (Kana), Inio Asano Anthology (Kana), La petite faiseuse de livres (Komikku), Dans le sens du vent (Soleil), Les liens du sang (Ki-oon), et My Pretty Policeman (Boys Love IDP). La section se conclue sur des interviews avec Takeshi Obata (Hikaru no go, Death Note, Bakuman, Platinum End), Taiyô Matsumoto (Amer Béton, Sunny), Ken Wakui (Tokyo Revengers) et Laura Negro (assistante d’édition chez Akata) ainsi que l’article “Comment éditer un manga 5 (dernière partie): Diffusion, Librairie et lecteurs…”

Comme toujours, un numéro riche en information et en découverte. stars-3-5

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Capsules

Yoko Tsuno #29: Anges et faucons

YokoTsuno29-AngesEtFaucons-cov“Nous sommes à l’ombre de l’église de Cornstone, près d’Édimbourg, où Émilia et Bonnie viennent fleurir la tombe de la tante Gloria. Le Pasteur Macduff leur raconte la triste histoire de ces deux jeunes orphelins tués dans un accident de train alors que la voiture qui les transportait était immobilisée sur un passage à niveaux. Ils reposent dans “l’enclos des anges”, un lieu à l’écart et à l’abandon, où un ange veille sur eux. 

Étrangement, la statue, don d’un bienfaiteur anonyme, date de 1934, un an avant l’accident funeste. Bouleversée par cette tragédie, Émilia décide de demander à son arrière-grand-père (qui était vivant en 1935) de sauver la vie des deux enfants. Pour ce faire, une solution : utiliser la machine temporelle qui dort dans l’annexe. C’est ainsi qu’Émilia part pour 1935, laissant Bonnie désemparée. Cette dernière alerte Yoko qui part sur les traces de l’adolescente et qui tentera d’éviter la catastrophe ferroviaire…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Ce vingt-neuvième album de la série Yoko Tsuno a d’abord été prépublié dans le magazine hebdomadaire Spirou (du no 4239 [10 juillet 2019] au no 4246  [28 août 2019]) à raison de huit planches par numéro. Cet album nous offre deux récits distincts. Roger Leloup raconte dans son introduction à la prépublication (Spirou #4239: p. 4) qu’à quatre-vingt-six ans il n’est pas à l’abris de problème de santé et c’est pourquoi il a décider de “faire une histoire courte de façon que, s’il m’arrivait quelque chose, je puisse peut-être au moins finir le scénario…”

Dans le premier récit (de vingt-sept planches), Bonnie et Émilia vont au cimetière pour fleurir la tombe de leur tante Gloria. Le pasteur McDuff leur parle alors de l’enclos des anges, où deux jeunes enfants sont enterrés. L’histoire de ce jeune garçon et d’une fillette qui sont mort happé par un train à un passage à niveau en 1935 les intrigue. Grâce à la machine temporelle de Sir Archibald (l’arrière-grand-père d’Émilia), et avec l’aide de Yoko, ils vont tenter de sauver les enfants en remontant dans le temps!

Le deuxième récit (de trente-cinq planches) s’enchaîne sans heurt. Leloup raconte que “Yoko, à peine sortie du cimetière, reçoit un message du chef des services secrets britanniques pour lui proposer de raccompagner une princesse égyptienne dans sa tombe qui avait été pillée.” Évidemment tout cela cache un mystère plus tragique qui se décline comme une aventure “à la Agatha Christie.” Yoko et son équipe arrive à la Scottish Aircraft Company (SAC) où elle fait la rencontre de Sir Harold (mécène et propriétaire des lieux) et de sa pupille, Miss Dinah, pour qui elle effectuera la mission de rapatriement des momies (la princesse et sa servante) à bord du H.P. 42 Horus. Yoko et son entourage devront survivre à la mission tout en dénouant le mystère du meurtre de l’épouse de Sir Harold (dont le cadavre, selon Dinah, serait l’une des deux momies) et le complot d’une secte fantôme!

Dans son introduction, Roger Leloup révèle que si il a choisi d’installer le quartier général de Yoko au château de son amie Cécilia en Écosse, c’est que le lieu est très isolé ce qui permet à Yoko d’opérer en secret ses engins à la technologie très avancée. Il annonce également qu’il travaille déjà à la prochaine aventure de Yoko, qui devra faire face à un dilemme alors qu’elle se retrouve devant des humains robotisés!

Pour une fois, le récit est assez fluide (alors que souvent les aventures de Yoko me semblent un peu précipitées car Leloup tente de raconter son récit en trop peu de pages — on note que cet album est d’ailleurs plus long avec soixante-deux pages au lieu des quarante-six habituelles). Le fait qu’il y ait deux récit dans l’album est une bonne idée et nous offre une lecture plus satisfaisante. Toutefois, je note quelques maladresses ici et là: des tournures de phrases un peu bizarres et le fait que le dessin des personnages secondaires me semble parfois un peu bâclé (toutefois les arrière-plan — décors et équipements mécaniques — sont toujours impeccablement dessinés). Le style de Leloup a, bien sûr, beaucoup évolué depuis les premières aventures de Yoko, et il demeure très beau (pour un album jeunesse — et surtout pour l’oeuvre d’un artiste de quatre-vingt-six ans !).

Dans l’ensemble, Anges et Faucons, nous offre donc une bonne lecture, agréable et divertissante.

Yoko Tsuno 29: Anges et Faucons, scénario et dessin par Roger Leloup (mise en couleur par Studio Léonardo). Paris: Dupuis, septembre 2019. 64 pages (62 planches), 21.8 x 30 cm, 10.95 € / C$17.95 , ISBN: 979-1-0347-3803-8. Recommandé pour public jeune (9+). Un extrait peut être consulté sur le site de l’éditeur. stars-3-0

Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

Anges et Faucons © Dupuis, 2019.

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents:

YokoTsuno-Integrales2-AventuresAllemandes-cov yoko26fr Yoko_Tsuno_27-Le_secret_de_Khâny-cov YokoTsuno-28_temple_des_immortels-cov

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Capsules

Paul à la maison

Paul-a-la-maison-cov“Paul à la maison est le 9e tome de la série. Cette fois-ci, l’action de déroule en 2012, Paul est auteur de bande dessinée à temps plein et lance un nouvel ouvrage au Salon du livre de Montréal. Entretemps, sa fille part travailler en Angleterre, Lucie n’habite plus avec lui et sa mère ne va pas bien… 

Paul à a maison traite du deuil, sous de multiples formes. Un album émouvant.”

[Texte du site de l’éditeur]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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J’adore cette série mais malheureusement je n’en ai que très peu parlé (voir mon commentaire sur Paul dans le nord). Dans ce neuvième tome de la série nous faisons un saut dans le temps. En effet, Paul à Québec se déroulait en 1999 et les deux albums suivant, Paul au Parc et Paul dans le nord, étaient des flash-back dans la jeunesse de Paul (respectivement situé en 1970 et 1976). À l’automne 2012, Paul Rifiorati est maintenant dans la cinquantaine et dessine de la BD à temps plein, ce qui l’amène à faire des rencontres d’auteur dans les écoles et à faire des séances de signature au salon du livre. Il doit non seulement dire adieu à sa tendre jeunesse (il a toutes sortes de petits troubles de santé), mais aussi à son marriage (il est séparé de sa femme Lucie), à sa mère Aline (qui a été diagnostiquée d’un cancer et décide de ne plus combattre) et à sa fille (qui a maintenant dix-neuf ans et décide de déménager à Londres). Il doit faire face à ce deuil généralisé mais aussi à la solitude et au harcèlement de son voisin anglo-italien. Il a de la difficulté à gérer tout cela et se laisse aller un peu. Tout semble à l’abandon autour de lui: son apparence, sa cour arrière, son pommier, sa piscine… Le printemps amènera peut-être un renouveau…

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C’est un très bon album de bande dessinée qui nous ouvre une fenêtre sur la vie quotidienne d’un artiste de BD (Paul est de toute évidence l’alter égo de Michel Rabagliati et le récit est probablement très auto-biographique) et nous offre en bonus une introduction amusante à la typographie et à des techniques d’encrage. Ce qui est fascinant, c’est que Rabagliati réussisse avec un récit un peu triste, mais sincère et sans prétention, un style graphique simple mais très expressif, à toucher beaucoup de gens de ma génération. Comme beaucoup je me reconnais un peu dans le personnage de Paul: j’ai été chez les Scouts, ado j’ai voulu faire un voyage sur le pouce avec un copain, j’ai été en vacance sur les plages de la Nouvelle-Angleterre, J’ai fait du graphisme, j’ai travaillé dans le milieu de l’édition, ma mère est décédée du cancer, etc. C’est aussi un bel hommage à sa ville, car beaucoup de montréalais reconnaitrons leur quartier dans les décors de cet album: la rue Fleury dans Ahuntsic, la rue Masson dans Rosemont, le Parc de l’Île de la Visitation, le boulevard des Laurentides à Laval, le métro, la Place Bonaventure, etc.

Paul à la maison, comme toute l’oeuvre de Rabagliati, est un ode à la vie. C’est une très bonne lecture qui mérite d’être savourée. À lire.

Paul à la maison, écrit et illustré par Michel Rabagliati. Montréal, Les Éditions de la Pastèque, novembre 2019. 208 pages, 19,1 x 20,3 cm, 31,95$, ISBN 978-2-89777-072-3. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

© Michel Rabagliati. Tout droit réservé. 2019 • © Les Éditions de la Pastèque.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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Astérix: la fille de Vercingetorix

Asterix-LeFilledeVercingetorixAprès Astérix chez les Pictes (2013), Le Papyrus de César (2015) et Astérix et la Transitalique (2017), les personnages créés par René Goscinny et Albert Uderzo reviennent pour une nouvelle aventure dans La Fille de Vercingétorix, le nouvel album signé Jean-Yves Ferri et Didier Conrad.

C’est cette fois au Village que nous retrouvons nos héros préférés, qui nous prouvent une fois de plus qu’il n’est nul besoin de traverser le monde pour vivre de palpitantes péripéties. Effervescence et chamboulements en perspective ! La fille du célèbre chef gaulois Vercingétorix, traquée par les Romains, trouve refuge dans le Village des irréductibles Gaulois… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la présence de cette ado pas comme les autres va provoquer moults bouleversements intergénérationnels…” [Texte du site de l’éditeur]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Astérix et Obélix affrontent dans cet album ce qui est probablement leur plus terrifiant adversaires jusqu’à maintenant: une bande d’ados! En effet, peu avant de se rendre à César après la défaite d’Alésia, Vercingétorix confit la protection de sa fille à deux subordonnés de confiance, les chefs Arvernes Monolitix et Ipocalorix (d’où leur accent auvergnat!). Mais le traître Adictosérix les piste. Ils demandent donc au village gaulois de protéger Adrénaline le temps qu’ils organisent les préparatifs d’un voyage en Bretagne. Mais attention, elle fugue! En fait, ce n’est pas tant la fille elle-même que les romains redoutent, mais plutôt le torque de Vercingétorix qu’elle porte et qui est un symbole de pouvoir…

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adrenalineLa jeune fille rebelle, qui s’habille gothique, se lie rapidement d’amitié avec les ados du coin: Blinix et Surimix (les fils du poissonnier Ordralafabetix) et Selfix (le fils du forgeron Cétautomatix). Ils flânent sous le regard protecteur d’Astérix et d’Obélix, mais Adrénaline (que la rumeur veut être inspiré par Greta Thunberg, ce que les auteurs ont nié) rêve de fuir sur une île lointaine couverte de fleurs. L’aventure et les péripéties habituelles s’en suivent, impliquant légionnaires romains, pirates, caméos humoristiques (dont un hommage à Aznavour) et un banquet à la fin. La jeune fille poursuivra son rêve d’îles paradisiaques avec le jeune marin Letitbix…

Ce trente-huitième album de la série Astérix (qui en marque d’ailleurs le soixantième anniversaire!) est très fidèle aux dessins originaux, conserve assez bien l’esprit de l’humour de Goscinny et Uderzo (il y a bien quelques excellents gags mais toutefois la plupart sont plutôt plat) et nous offre un récit amusant, dans l’air du temps (pacifisme, libertarianisme). Même si ce n’est certes pas aussi fort que les Astérix de l’âge d’or de la série (disons les vingt ou vingt-cinq premiers albums) et que la critique est plutôt mitigée, l’album se lit tout de même fort bien. À lire pour se distraire et par tradition.

Astérix #38: La fille de Vercingétorix, écrit par Jean-Yves Ferri et illustré par Didier Conrad. Vannes: Éditions Albert René, octobre 2019. 48 p., 22.8 x 29.4 cm.  ISBN 978-2-86497-342-3. 9.99 € / $14.95 Can. stars-3-0

© 2019 Les Éditions Albert René / Goscinny – Uderzo.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents:

Asterix_chez_les_Pictes-cov Asterix-Papyrus_de_Cesar-cov Asterix_et_la_transitalique-cov

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Capsules

SDL 2019 : Jour 1

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Mercredi, à la découverte du salon

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Plan du salon

Comme toute les années depuis que j’ai l’âge de raison, je suis aller faire mon tour au salon du livre de Montréal mercredi soir. C’était gratuit pour tous alors il y avait foule (mais c’était tout de même beaucoup plus calme que dans l’après-midi). Comme à mon habitude j’ai déambulé dans un sens puis dans l’autre afin de pouvoir jeter un œil sur un maximum de nouveautés. Bien sûr il y trop de beaux livres pour tout voir alors j’ai surtout porté attention aux kiosques des diffuseurs de BDs et de mangas (Interforum, Flammarion, Hachette et La Boîte). Par le passé le salon était surtout composé de rangées de petits kiosques où chaque éditeurs présentait ses produits mais avec le temps, les éditeurs se sont rassemblés dans l’espace des diffuseurs / distributeurs qui devenaient de plus en plus gros chaque années. A un point ou s’était difficile de déambuler dans le salon en suivant le quadrillage des allées car ces gros kiosques obstruaient la circulation. Je dois dire que cette année le plan du salon a grandement été amélioré et la circulation en était grandement facilitée.

[ SDL, mercredi soir, 2019/11/20, vers 17h44 ]
>> Voir l’avertissement concernant les photos/vidéos <<

Comme le mentionne le communiqué de presse, “la mission première du Salon est de promouvoir le livre et le plaisir de la lecture comme biens culturels dans la société québécoise.” La thématique annuelle est “se raconter” et elle se décline autour de la poésie, du conte, des littératures de l’imaginaire, du polar et de sous-thématiques comme l’environnement, la parentalité, la diversité, la technologie, etc. De nombreuses initiatives et évènements étaient organisés dans le cadre du salon. De plus, le salon innovait avec la présence de deux kiosques thématiques: l’un sur un quartier de la ville (St-Michel) et un sur un pays invité (l’Ukraine). Finalement, cette année, les invité(e)s d’honneur étaient Enki Bilal, Fanny Britt, Jean-Paul Daoust, Tristan Demers, Antonine Maillet, Andrée Poulin, Sheila Watt-Cloutier et Webster.

D’abord, je note encore l’absence des bibliothèques de Montréal au salon, qui ratent l’occasion idéale de promouvoir la lecture dans les bibliothèques. La bibliothèque de St-Michel a bien sûr fait quelques animations dans la cadre du “quartier invité” mais les bibliothèques auraient pu faire tellement plus que cela. C’est très décevant…

IMG_6660J’avais deux grands objectifs au salon cette année. D’abord, rencontrer Enki Bilal. Malheureusement, toutes ses apparitions au salon (séances de signature, conférences, etc.) se sont retrouvées en conflit d’horaire avec d’autres engagements et je n’ai pu voir que son espace de signature vide… Très frustrant. 

9782356740748_largeAussi, je désirais mettre la main sur la dernière bande dessinée de Philippe Gauckler, Kébek, t. 1: L’éternité publié aux Éditions Daniel Maghen. Il s’agit d’une adaptation du roman La nuit des Temps de René Barjavel, que j’ai lu et adoré étant ado. J’ai envoyé un courriel à l’éditeur pour connaître qui était leur diffuseur au Québec et si leurs titres seraient présent au salon. Je n’ai reçu aucune réponse, alors j’ai dû faire ma petite enquête… Je suis d’abord allé voir l’un des plus gros diffuseurs de BDs et j’ai demandé s’ils distribuaient les Éditions Daniel Maghen. On me réponds “C’est pas nous mais je crois que c’est Dimedia.” Je vais donc voir Dimedia et on me réponds “C’est plus nous mais je ne me souviens pas qui est le nouveau diffuseur…” (Hum, oui, bien sûr…). J’essai encore deux autres diffuseurs avant de finalement découvrir que c’est Interforum qui distribue les Éditions Daniel Maghen. Malheureusement, le changement de diffuseur s’est fait trop récemment et ils n’ont pas encore reçu de stock. Donc aucun exemplaires au salon. Grosse déception. C’est tout de même étonnant qu’un livre sortie à la fin août en Europe ne soit toujours pas disponible au salon !! Heureusement, on me dit que le Gauckler devrait être disponible en librairie imminemment (en fait, il semble déjà l’être chez Renaud Bray, Archambault). En ligne, il n’est pas disponible chez Amazon.ca mais on le retrouve chez Les Libraires (qui dessert les ventes en ligne des librairies Raffin, Planète BD et Monet; on l’indique disponible depuis le 1er novembre !). À ce prix là ($37.95, mais tout de même pour 88 pages), je vais probablement le lire en bibliothèque

Dans mes déambulations au salon (et en périphérie), j’ai fait quelques découvertes. D’abord La Pastèque a publié un nouveau “Paul” de Michel Rabagliati (le neuvième de la série): Paul à la maison. Aussi, les Éditions Albert René nous offrent un trente-huitième album pour les soixante ans d’Astérix: La fille de Vercingétorix. Pour l’occasion on retrouve également toute une ligne de sous-produits livresques dont les plus intéressants sont: Les citations latines expliquées et Les vérités historiques expliqués (tous les deux chez EPA et écrits par Bernard-Pierre Molin) ainsi que Les banquets d’Astérix par Thibaud Villanova et Nicolas Lobbestael (chez Hachette, collection Gastronogeek). Glénat a sorti un album commémorant ses cinquante ans d’édition. J’ai également remarqué un nouveau roman par Claude R. Blouin (aussi un spécialiste du cinéma japonais) aux Éditions Mots en toile: Irina Hrabal. Je note également la sortie d’un nouveau Chat du Rabbin (#9: La Reine de Shabbat) et d’un nouveau Yoko Tsuno (#29: Anges et Faucons) !

Finalement, côté manga, j’ai découvert deux titres qui méritent notre attention. D’une part, Ki-oon publie une autre adaptation d’un chef d’oeuvre de Lovecraft par Gou Tanabe, c’est fois il s’agit de Dans l’abîme du temps (un seul volume de 368 pages). D’autre part, j’ai découvert chez Bayard Jeunesse une collection qui nous raconte L’Histoire en manga (mes deux sujets favoris!): v.1 Les débuts de l’humanité, v.2 L’antiquité grecque et romaine, v.3 L’Inde et la Chine antiques, v.4 D’Attila à Guillaume le Conquérant, v.5 De l’empire mongol à la Guerre de Cent ans, v.6 La Renaissance et les grandes découvertes, v.7 L’Histoire en Europe de la Reine Elisabeth à Napoléon. J’ai bien hâte de lire tous cela.

J’essaierai de commenter la plupart de ces titres dans les prochaines semaines (ou mois). Je ferai aussi une autre visite au salon samedi pour le lancement du numéro 212 de Solaris au kiosque d’Alire. J’ai l’intention d’y prendre de nombreuses photos et de faire quelques entrevues. Gardez un oeil sur cette page (Watch this space, comme ils disent en anglais!).

Le salon du livre de Montréal s’est donc tenu à la Place Bonaventure du 20 au 25 novembre, 2019. L’année dernière, le salon avait annoncé qu’il déménageait au Palais des Congrès mais, n’ayant pas réussi à obtenir les dates désirées, le SDL est demeuré à la Place Bonaventure pour 2019. Toutefois, il faut dire adieu à la Place Bonaventure, car cette fois c’est bien vrai, le salon aura lieu au Palais des Congrès l’an prochain. La raison de ce déménagement n’est pas très claire (manque d’espace? travaux de rénovations à la Place Bonaventure?), mais, bon, on verra bien de quoi cela a l’air l’an prochain…

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Revue de Zines [02.019.302]

Une revue de quelques périodiques récents consacrés à la BD et au manga…

Animeland #227 (Juillet-Août 2019)

AL227Un numéro très volumineux (148 pages!) et riche en information mais où je n’ai malheureusement pas trouvé beaucoup de sujets qui m’intéressaient personnellement. Du côté anime, on note un article sur Carole & Tuesday (diffusé sur Netflix). Du côté manga, on note un volumineux dossier (14 pages!) sur les soixante ans de Shônen Magazine (Kōdansha) et Shônen Sunday (Shōgakukan), la partie 3 de la série “Comment éditer un manga: Édito, commercial et fabrication”. Pour le reste du contenu vous pouvez consulter le sommaire du numéro en lignestars-2-5

Animeland HS Été (Juillet-Septembre 2019)

AL-HS-Ete19Un numéro double estival (148 pg) toujours aussi riche en information mais aussi un peu plus ludique. Du côté anime, on y va de palmarès avec les top des persos féminins et masculins, un rapport sur le festival d’Annecy, un petit guide touristique du Japon de l’anime Yuru Camp additionné d’un interview avec le réalisateur Yoshiaki Kyôgoku, ainsi qu’un dossier sur les adaptations live de mangas et anime. Le cahier jeux inclus de nombreux mots mêlés, croisés et codés, ainsi que plusieurs quiz et tests de personnalité, des charades et même un horoscope! De longues heures de plaisirs… Côté manga, ce numéro offre une sélection de manga qui font de bonnes lectures estivales, ainsi que quelques articles sur la mode dans les mangas, sur GastronoGeek et sur des cours de Japonais sur Youtube. Donc, un numéro informatif et divertissant. stars-3-0

dBD #136 (Septembre 2019)

dBD136À la une on retrouve un interview avec Charles Berberian sur la BD de SF Nathanaëlle qui a créé pour son ami dessinateur Fred Beltran (chez Glénat). Il y a aussi des interviews avec Nicolas de Crécy pour Visa Transit 1 (Gallimard), avec Alain Ayroles & Juanjo Guarnido pour Les Indes fourbes (Delcourt), avec Régis & Clément Loisel au sujet de leur exposition au bastille Design Center, avec Tom Tirabosco sur Femme sauvage (Futuropolis), avec Jean-Pierre Dionnet au sujet de ses mémoires Mes Moires: un pont vers les étoiles (Hors Collection) et avec Waxx pour Silencio: l’intégrale (Glénat). 

Dans la cahier critique on note Lone Sloane: Babel une réimagination du personnage de Druillet par Avramoglou & Cazaux-Zago chez Glénat (Super!), l’adaptation de La nuit des temps de Barjavel par Philippe Gauckler: Kebek 1 chez Daniel Maghen (Top! “Un formidable conte d’anticipation”), Candy & Cigarette 2 par Tomonori Inoue chez Casterman (Super! “On prend un plaisir fou à dévorer les pages de ce manga”), et Hi Score Girl T.2 par Rensuke Oshikiri chez Mana Books (Bien. “Un must pour le fans de rétrogaming)”. stars-3-0

dBD #137 (Octobre 2019)

dBD137Dans l’actualité de ce numéro on retrouve la mention d’une vente aux enchères d’originaux de BD organisée par l’expert et galeriste Daniel Maghen (exposition du 9/24 au 10/11 à la galerie Daniel Maghen, l’événement était le 10/11 à la Maison de l’Amérique Latine), la parution de Histoire(s) du manga Moderne (édition augmenté de 1952-2020) par Pinon, Lefebvre & Valente (Ynnis), le manga fantastique Chiisako Garden par Yuki Kodama (Véga), Les recettes légendaires de Dragonball par Thibaud Villanova (Glénat), Génération Astérix un ouvrage collectif qui célèbre les soixante ans de la série (Éd. Albert-René), et Ici ou Ailleurs où Guy Delisle illustre des extraits de textes de Jean Echenoz (L’Association).

À la une on retrouve un interview avec Xavier Dorison autour de Le château des animaux t.1 (Casterman), Undertaker t.5 (Dargaud) et Aristophania t.2 (Dargaud). Le numéro se poursuit avec des interviews de Thierry Smolderen autour de Souvenirs de l’Empire de l’Atome, L’Été Diabolik, et Une année sans Cthulhu (tous avec Alexandre Clérisse chez Dargaud), avec  Laurent-Frédéric Bollée autour de Les Nouvelles Aventures de Bruno Brazil (Le Lombard), et avec Ugo Bienvenu sur Préférence système (Denoël Graphic). 

Dans le cahier critique on note Valkyrie Apocalypse t.1 par Umemura & Ajichika chez Ki-oon (bien) et Gigant t.1 par Hiroya Oku chez Ki-oon (Super). Pas de découverte extraordinaire mais un numéro tout de même riche en information. stars-3-5

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