Terre errante (Liu Cixin)

TerreErrante-cov“Je n’avais jamais vu la nuit. Je n’avais jamais vu les étoiles. Je n’avais jamais vu le printemps, ni l’automne, ni l’hiver. Je suis né à la fin de l’Ère du freinage. La Terre venait tout juste d’arrêter de tourner.”

Lorsque les astrophysiciens découvrent que la conversion de l’hydrogène en hélium s’est accélérée à l’intérieur du Soleil, ils comprennent que notre étoile est sur le point de se transformer en une géante rouge qui absorbera de manière inéluctable la Terre. Pour contrer cette extinction programmée de l’humanité, les nations se regroupent pour mettre en branle un projet d’une ambition folle : élaborer des moteurs gigantesques afin de transformer la planète bleue en véritable vaisseau spatial et de l’emmener à la recherche d’une nouvelle étoile…

Dans cette novella écrite en 2000, Liu Cixin manifeste déjà tout le talent que l’on retrouvera à l’œuvre dans la trilogie du Problème à trois corps. Disponible sur Netflix sous le titre The Wandering Earth, l’adaptation cinématographique qui en fut tirée en 2019 se hissa au troisième rang du box-office mondial.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

>> Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs <<

Vers la moitié du vingtième siècle les scientifiques découvrent que le soleil va se transformer beaucoup plus tôt que prévu en géante rouge, ce qui anéantira la Terre. Deux solutions s’opposent: le clan des Vaisseaux (qui propose de construire une armada de vaisseaux pour que l’humanité quitte le système solaire en laissant le Terre derrière elle) et le clan de la Terre (qui propose de transformer la planète en un énorme vaisseau). C’est ce dernier qui l’a emporté. Une coalition planétaire a été créée afin de coordonner les efforts de cette entreprise gigantesque. Il a fallut près de quatre-cent ans pour se préparer: construire douze mille propulseurs géants en Amérique du Nord et en Asie, puis éloigner la Lune de son orbite. L’opération devait se réaliser en cinq étapes. D’abord l’ère du freinage: les propulseurs ont été actionné en angle pour arrêter la rotation de la Terre, ce qui a pris quarante-deux ans. Cela a eut des conséquences dévastatrices puisque la chaleur des propulseurs changea les climats, causant des tempêtes, et l’arrêt de la rotation causa des raz de marée qui força l’humanité à habiter des cités souterraines — de toute façon l’éloignement du soleil transformerait la planète en un désert de glace. 

Puis vain l’ère de la fuite: la Terre ferait une quinzaines d’orbites, de plus en plus elliptiques, puis utiliserait la gravité de Jupiter pour accélérer jusqu’à atteindre la vitesse de libération qui lui permettrait de quitter le système solaire. C’est le moment le plus dangereux de l’opération particulièrement quand la planète passait en périhélie (au plus proche du soleil), lorsqu’elle traversait la ceinture d’astéroïdes, puis devait manœuvrer précisément pour échapper à la gravité de Jupiter. La crainte était surtout que le soleil n’explose avant que la Terre se soit suffisamment éloignée… Puis viendrait la Première ère de l’errance alors que la Terre sortirait du système solaire et accélèrerait pendant cinq-cent ans, atteignant une vitesse de 0.5% de la vitesse de la lumière, pour ensuite voguer en direction de son objectif pendant mille-trois cents ans. Puis ce serait la Seconde ère de l’errance, où la Terre se retournerait pour décélérer pendant cinq cents ans. Finalement, ce serait l’ère néosolaire, lorsque la Terre s’insèrerait dans l’orbite de Proxima Centauri. L’opération durerait une centaine de générations, soit deux mille cinq cents ans… Toutefois, alors que la Terre commençait à peine à accélérer, le soleil n’avait toujours pas explosé et la populace crue avoir été dupée et se révolta. Heureusement, l’explosion se produisit juste à temps pour empêcher l’irréparable…

La narration se fait au travers d’un seul personnage, un jeune chinois né à la fin de l’ère du freinage et qui est donc déjà assez âgé à la fin du récit alors que débute l’ère de l’errance. Le récit est fluide et captivant, les explications scientifiques étant claires mais suffisamment simple pour ne pas embêter le lecteur. Toutefois, c’est le genre de récit qui demande un sérieux effort de suspension de l’incrédulité car, si tout cela est scientifiquement possible, c’est tout de même assez invraisemblable… La seule chose qui m’a réellement agacé dans cette histoire c’est que, si l’auteur prend la peine d’expliquer que les propulseurs sont “nourrit” des rochers extraits des montagnes environnantes et que les humains se réfugient dans des cités souterraines, il n’explique aucunement ce qui est fait pour préserver la faune et la flore afin de repeupler la planète à la fin de son errance. C’est une grosse lacune.

Terre errante (流浪地球 / liúlàng dìqiú — originalement publié en mai 2019 dans le magazine Monde de la Science Fiction [科幻世界]) nous offre une courte lecture (c’est une novella) qui se lit fort bien. C’est aussi un excellent exemple de la littérature de science-fiction chinoise — quoique Liu Cixin reste encore l’un des rares auteurs chinois de SF a être traduit en anglais et en français [sur ce sujet voir La Presse, Slate, Res Futurae, Open Edition, Le petit journal]. Terre errante a reçu un “Galaxy”( prix chinois de la SF) en 2000. Liu Cixin a reçu le prix Hugo du meilleur roman en 2015, pour Le Problème à trois corps.

Terre errante, par Liu Cixin (traduction par Gwennaël GAFFRIC). Arles: Actes Sud, janvier 2020. 80 p., 10 x 19 cm, 9.00 € / $C 10.99. ISBN 978-2-330-13053-4. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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© Liu Cixin (Ltd), 2000. © Actes Sud / FT Culture (Pékin) Co. & Chongqing Publishing & Media Co., Ltd, 2020 pour la traduction française.

WanderingEarth-movieCe court roman a également été adapté en un film chinois à grand déploiement que je me dois de mentionner ici. Malheureusement, le film s’est surtout inspiré de l’idée de base (à cause de l’explosion imminente du soleil, la Terre est transformée en vaisseau spatial) et offre un récit très différent de la novella. Ce n’est pas le même narrateur et l’aspect dramatique du récit tourne autour du fait que les scientifiques se sont trompé et que le Terre est capturée par la gravité de Jupiter, la mettant sur une trajectoire de collision destructrice. Les effets de la gravité causent l’arrêt des propulseurs et le jeune héros malgré lui doit aider un groupe disparate de militaires et de scientifiques à les repartir. Ce sera toutefois insuffisant et seulement un acte désespéré tout à fait invraisemblable sauvera la planète ! Sans être bien original, cela reste un film très divertissant mais qui est intéressant surtout parce qu’il démontre tout le progrès que le cinéma chinois a accompli ces dernières années.

The Wandering Earth (流浪地球 / liúlàng dìqiú / Terre errante): Chine, 2019, 125 min.; Dir.: Frant Gwo; Scr.: Gong Ge’er, Yan Dongxu, Frant Gwo, Ye Junce, Yang Zhixue, Wu Yi et Ye Ruchang; Phot.: Michael Liu; Ed.: Cheung Ka-fai; Mus.: Roc Chen, Liu Tao; Prod.: Gong Ge’er; Cast: Wu Jing, Qu Chuxiao, Li Guangjie, Ng Man-tat, Zhao Jinmai. Disponible sur Netflix. stars-2-5

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La librairie de tous les possibles

LibrairieDeTousLesPossibles-cov“Tout un tas de clients fréquentent la « Librairie de tous les possibles », où l’on trouve tout autant les livres dont on rêve que des accessoires de lecture rêvés, ou encore des livres sur des métiers incroyables liés au livre.

Un livre pour tous les amoureux du livre, qu’ils soient jeunes ou plus vieux : Yoshitake propose de petites histoires pour répondre à chaque demande de client. Des histoires tour à tour drôles, poétiques ou plus sensibles.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

La librairie de tous les possibles (あるかしら書店 / Arukashira shoten / lit. “La librairie “Je me demande si vous avez ceci ””) par Shinsuke Yoshitake est plus un album pour enfant qu’un manga. Il a été publié aux éditions Poplar (ポプラ社 / Popurasha) en juin 2017. Il également été traduit en anglais chez Chronicle Books sous le titre I Wonder Bookstore (December 2019, ISBN 9781452176512, $US 16.95).

LibrairieDeTousLesPossibles-p002-003Avec des dessins simples, Yoshitake nous raconte une trentaine d’histoires fantaisistes de deux ou trois pages chacune sur un libraire qui peut vous offrir tous les titres imaginables. Il se spécialise surtout sur les livres sur les livres. Un client entre dans la librairie et lui demande “Avez-vous un livre sur tel sujet”. Il disparait alors dans l’arrière-boutique et en revient avec une pile d’ouvrages à proposer. 

LibrairieDeTousLesPossibles-p004-005La table des matières est très astucieuse car c’est le dessin d’une étagère de livres. Elle se divise en sept sections: Livres un peu rares (L’arbre des écrivains, Les Albums-surprises du monde entier, Les livres à lire à deux, Le livre au clair de Lune), Accessoires de Lecture (Le robot assistant de lecture, L’appareil à couverture), Métiers de l’Édition (Le Biblio-Enquêteur, L’École des libraires de choc, L’art de bien présenter les livres, L’art d’emballer les livres, Le chien bouquiniste, Le spécialiste de l’adieu aux livres), Livres en fête (Les fêtes des livres, Le mariage en lecture, La lecture créative, Le tour du monde en lecture), Lieux célèbres pour leur livres (Le village où il pleut des livres, L’herbe aux livres, La bibliothèque d’outre-tombe, La bibliothèque sous l’eau), Livres sur les livres (Pourquoi les livres sont rectangulaires, Comment fabrique-t-on les livres?, La dixième vie des livres, Les amoureux des livres, Le livre à feuilleter lentement, Un livre rien qu’à soi, Comme des livres) et Livres sur les bibliothèques ou les librairies (Bibli-biblio Bibliothèque, C’est quoi une librairie?, Et si c’était un best-seller?).

Comme je travaille avec les livres, je n’ai pas pu m’empêcher de le feuilleté quand celui-ci m’est tombé entre les mains. Je l’ai trouvé super mignon et amusant. Je suis sûr que vous l’aimerez aussi. Et vous quel genre de livres voudriez-vous lire?

La librairie de tous les possibles, par Shinsuke Yoshitake. Toulouse: Éditions Milan, septembre 2018. 104 p., 15 x 21 cm, 13.90 € / $C 24.95. ISBN 978-2-4080-0625-9. Pour lectorat jeune (10+). stars-4-0

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© Yoshitake Shinsuke 2017

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Histoires courtes d’Aoi Makino

HistoiresCourtes-covSi l’adolescence est l’une des plus belles périodes de la vie, elle est aussi source de bien des souffrances…

Au travers de petites histoires courtes sur la vie d’adolescentes, Aoi Makino nous plonge dans leurs quotidien, leurs tracas, mais aussi leurs joies et leurs émotions. Tour à tour mélancoliques, engagées ou discrètes, chacune de ces héroïnes vivent des moments qui marqueront par la suite leur prochaine vie d’adulte.

Depuis ce jour, je n’ai cessé de te filmer. Chaque jour… chaque jour… Jusqu’à ce que tu disparaisses.

À travers sa caméra, Minami apprend pour la première fois à aimer quelqu’un. Mais cette personne dissimule un lourd secret…  (Rec – le jour des larmes -)

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Histoires courtes (たったひとりの君へ―牧野あおい作品集― / Tatta Hitori no Kimi e makino aoi sakuhin-shū / lit. “À un seul toi — Oeuvre de Aoi Makino”) est un manga shōjo par Aoi Makino prépublié dans le magazine mensuel Ribon et compilé en un seul volume chez Shueisha en novembre 2018. La version française est parue chez Soleil Manga. Aoi Makino est une mangaka relativement nouvelle mais qui commence à être connu grâce à des titres comme Sekai no hate – The end of the world (セカイの果て) chez Panini et Sayonara Mini skirt (さよならミニスカート) chez Soleil et publié en anglais chez Viz sous le titre Not Your Idol.

Ce manga est une anthologie qui nous offre quatre histoires courtes.

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Page 14

“REC — Le jour des larmes —” (REC-君が泣いた日- / Rec – Kimi ga naita hi / lit. “REC-Le jour où tu as pleuré”) est une histoire de 142 pages prépubliée dans Ribon entre décembre 2010 et mars 2011. Un jeune acteur de cinéma décide quitter sa carrière pour revenir à l’école pour retrouver une vie normale d’adolescent. Autour d’un chat abandonné, il se lie d’amitié avec une jeune fille que ses camarades jugent froide et cruelle (elle n’a jamais pleuré) mais qui est simplement misanthrope, ayant de la difficulté à s’ouvrir aux autres. Elle filme tout le temps en vidéo, mais jamais les humains — sauf lui. L’idole est poursuivi par les paparazzi qui veulent découvrir la vrai raison qui l’a poussé à mettre fin à sa carrière. Ils trouvent le réconfort l’un auprès de l’autre…

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Page 145

“Les malheurs de l’uniforme” (制服なんて好きじゃない。/ Seifuku nante suki janai / Lit. “Je n’aime pas les uniformes”) est une histoire de 48 pages prépubliée en avril 2018 dans Ribon. Rinka débute le collège, ce qui veut dire une nouvelle école, un nouvel uniforme, de nouveaux camarades. Elle a peur de se retrouver seule. Toutefois, elle découvre que son amie d’enfance Izumi, avec qui elle a passé tout le primaire, est au même collège. Toutefois ils se retrouvent dans des classes et des clubs d’activités différents: Izumi a choisi le club de danse et devient très populaire, alors que Rinka a choisi le club de photographie. Une rivalité inattendue se développe et elle en vient à détester ce nouvel uniforme. La réconciliation est-elle possible?

“Fin de cycle” (最終ループ / Saishū rūpu / lit. “Boucle finale”) est une histoire de 80 pages prépubliée en août 2010 dans Ribon Special Lemon spécial Été. Sa grande soeur demande à Miki de séduire Riku, le commis de la bibliothèque, pour se venger de lui mais Miki en tombe amoureux. Riku est rongé par le remord des choses mal qui a fait dans son passé. Miki est victime d’intimidation à l’école.  Les destins de ces trois personnes sont liés: vont-elles se blesser mutuellement? Une histoire sur le pardon…

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Page 273

“HAL” (HAL-ハルー / Haru) est une histoire de 50 pages prépubliée en novembre 2009 dans Ribon Fantasy numéro spécial. Shizuku a l’habitude d’être première de classe mais une nouvelle venue à l’école la déclasse. Alors qu’elle commence à avoir de la haine pour sa rivale, un dieu de la mort lui apparait et lui offre trois souhait qui lui permettrait de faire disparaître les gens qu’elle veut. Succombera-t-elle à ses pulsion ? En comprendra-t-elle les conséquences? Une variante shōjo sur Death Note.

Ce manga nous offre des histoires un peu clichées mais tout de même agréable à lire. Le style de dessin est du shōjo typique et donc plutôt charmant. Pour un livre choisi au hasard (pcq c’était un one-shot volumineux) pour passer le temps, j’ai été bien diverti et je n’ai donc pas été déçu. Une lecture facile et amusante qui plaira surtout aux jeunes filles dans le groupe d’âge ciblé.

Histoires Courtes, par Aoi Makino. Paris: Soleil Manga, mars 2020. 336 p., 11.9 x 17.6 x 2.2 cm, 8.99 € / $C 14.95. ISBN 978-2-302-08187-1. Pour lectorat jeune adolescent (12+) — quoiqu’au Japon le public cible est plus les 8-12 ans. stars-3-0

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© 2018 by Aoi Makino. Version française © 2020 Éditions Soleil.

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Quelques lectures à venir

J’ai récemment fait la découverte de quelques titres que je vais m’empresser de me procurer à la bibliothèque afin de les lire (et possiblement commenter) le plus rapidement possible.

Kebek-2-covD’abord, j’ai découvert que le tome deux de Kébek par Philippe Gauckler allait finalement paraître le 14 janvier 2021. J’ai déjà commenté le premier tome et j’ignore si l’histoire se terminera avec le deuxième ou si elle nécessitera un troisième (ce qui aiderait à ne pas trop précipiter le récit). Le titre de ce deuxième tome sera “Adamante” mais aucun descriptif n’est disponible pour l’instant. J’espère qu’il ne tardera pas trop à traverser l’Atlantique car j’ai très hâte de le lire…

Kebek: t. 2: Adamante, par Philippe Gauckler. Ed. Daniel Maghen, 96 pages. 19,00 € / $C 39.95. ISBN 978-2-35674-084-7. À paraître le 14 janvier 2021. [ Google ]

Je viens à peine de finalement mettre la main sur le volume six de Isabella Bird que je découvre que le sept est déjà paru en Europe depuis le début décembre ! Celui-là va certainement prendre quelques mois avant de nous parvenir…

J’attend également avec impatience le Pline #9: L’Opium d’Andromaque, qui est paru fin Octobre, et qui devrait atteindre nos rivages d’ici la mi-janvier (selon Les Libraires) — en espérant qu’il n’y ai pas trop de délais avant qu’il soit disponible en bibliothèque…

J’aimerais bien aussi lire le Cesare #13. L’auteur avait fait une longue pause en 2014 et avait reprit la production en 2018 pour le volume 12 (paru en France en janvier 2020 et déjà commenté). Fuyumi Soryo a par la suite remit le manga sur pause à nouveau… et aurait reprit le travail à l’automne 2019 mais le volume treize n’est toujours pas paru…

Bambi-covJ’ai récemment découvert que l’histoire originale de Bambi a été republiée avec des illustrations du célèbre dessinateur de livre pour enfants Benjamin Lacombe. Considéré comme un conte pour enfant (9 à 12 ans) à cause du film de Disney ce livre est actuellement un roman animalier pour adulte écrit par Félix Salten, un auteur autrichien, en 1923 mais qui “fut interdit et brûlé par les nazis qui y décelaient “une allégorie politique sur le traitement des juifs en Europe”. Les éléments symboliques sont nombreux tout en restant discrets (…)” [Paris-Match #3733, p. 33]. Je suis donc curieux de revisiter cette histoire…

Bambi, par Félix Salten, illustré par Benjamin Lacombe. Paris: Albin Michel, novembre 2020. 176 pgs. 22.7 x 30.7 cm, 29.90 € / $C 44.95. ISBN 9782226450210. [ AmazonGoogleBeDethèqueGoodreadsWorldCat ]

Les superbes adaptions de Lovecraft par Gou Watanabe se poursuivent chez Ki-oon avec L’Appel de Cthulhu (qui est paru en Septembre, cette fois avec une couverture rouge). Je l’ai réservé à la bibliothèque et m’y attèlerai dès que je le reçois ! Mais cela ne s’arrête pas là, puisque Ki-oon annonce déjà Celui qui hantait les ténèbres pour mars 2021 (avec une couverture verte) !

J’attend toujours aussi Olympia Kyklos par Mari Yamazaki (Casterman, vol. 1/4, 15,95 $, 200 pages, ISBN 9782203202986) qui devait paraître en juin 2020 mais qui semble avoir été retardé à cause de la COVID et paraîtra plutôt en mars 2021. C’est une comédie du style de Thermae Romae mais avec des grecs. [ MangaNewsGoogleAmazon ]

Même si j’ai été plutôt déçu par le premier volume de Ad Romam (commenté récemment), j’ai tout de même l’intention de lire le tome deux que j’ai déjà réservé à la bibliothèque… Par simple curiosité…

J’ai déjà sur ma table de chevet Aliss de Patrick Sénécal / Jerk Dion publié chez Alire (en collaboration avec Studio Lounak). Mais cela m’apparait un peu heavy donc je vais probablement attendre un peu avoir de le lire…

J’ai aussi réservé pour ma femme à la bibliothèque la BD biographique Les Étoiles de l’Histoire t.3: Brigitte Bardot (Dupuis, mai 2020, 136 pages, ISBN 9791034749133, 12+). Comme BB était l’une des idoles de mon adolescence (je me demande bien pourquoi) je vais probablement en profiter pour la lire aussi…

Voici encore quelques titres que j’ai l’intention de lire dans les prochains mois (dès que disponibles):

DernierEnvolDuPapillon-COvEt j’en passe… Il y a plusieurs titre en cours / en attente de lecture sur ma table de chevet (Justine par Laurence Durrell, La lanterne de Nyx vol. 1-2 par Kan Takahama, Le dernier envol du papillon aussi par Kan Takahama, The Hound and other stories par Gou Tanabe chez Dark Horse ainsi que plusieurs périodiques — Solaris, dBD, Animeland) et plusieurs autres déjà lus qui attendent d’être commenté (Histoires Courtes d’Aoi Makino, Les frères Karamazov chez Kuro-Savoir, Les fleurs de la Mer Égée par Akame Hinoshita, Isabella Bird #6, Mariko Parade par Boilet et Takahama, Terre Errante par Liu Cixin — tiens, un roman!, La librairie de tous les possibles par Shinsuke Yoshitake, Tokyo, amour et libertés par Kan Takahama, et Nos compagnons par Jiro Taniguchi).

Cela me fera beaucoup de lectures et beaucoup de pain sur la planche! Il va me falloir essayer de regarder moins de télé, ce qui sera sans doute difficile car beaucoup de nouvelles séries intéressantes devraient se pointer en 2021. Sur ce sujet d’ailleurs j’ai aussi découvert que l’une de mes série anime fétiche, Kimagure Orange Road, est maintenant disponible sur RetroCrush ! J’ai aussi débuté le visionnement de la cinquième saison de la sublime série The Expense ainsi que de la nouvelle série Raised by Wolves — dont le sujet est une guerre de religion entre les Athées et les adeptes de Mithra qui se poursuit sur une planète désolée après que les derniers survivants de l’humanité y ait trouvé refuge. Pour épargner la sensibilité des croyants, il semble que le récit ait été placé dans le futur d’un monde alternatif où le culte de Mithra a prédominé sur les autres (dans NOTRE réalité il a éventuellement été absorbé par le culte de Sol Invictus au IIIe siècle avant d’être définitivement supplanté par le christianisme au IVe siècle mais a en quelque sorte survécu à travers le manichéisme et le zoroastrisme). 

Aussi Doctor Who (série 13) devrait reprendre le 1er janvier, A Discovery of Witches (S2) le 9 janvier, Real Time with Bill Maher (S19) le 15 janvier, Batwoman (S2) le 17 janvier, Euphoria (spécial #2) le 24 janvier, For All mankind (S2) le 19 février, When calls the Heart le 21 février, The Walking Dead (S10) le 28 février, sans compter le film Dune annoncé pour le 1er octobre, The Mandalorian (S3) pour le 25 décembre, un quatrième film de The Matrix (pour décembre également) ou encore les séries télé de Foundation, Lords of the rings, McMafia (S2), His Dark Materials (S3), Gentleman Jack (S2), Star Trek Discovery (S4), Outlander (S6), Westworld (S4), Call the Midwife (S10), Lost in Space (S3), The Morning Show (S2), Carnival Row (S2), Emily in Paris (S2), Star Trek: Picard (S2), un remake de Shōgun (!) et les multiples spin-off de Star Wars qui n’ont pas encore de dates annoncées! Wow! Où vais-je trouver le temps de lire ?

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Lovecraft country

LovecraftCountry-covThe critically acclaimed cult novelist makes visceral the terrors of life in Jim Crow America and its lingering effects in this brilliant and wondrous work of the imagination that melds historical fiction, pulp noir, and Lovecraftian horror and fantasy.

Chicago, 1954. When his father Montrose goes missing, 22-year-old Army veteran Atticus Turner embarks on a road trip to New England to find him, accompanied by his Uncle George—publisher of The Safe Negro Travel Guide—and his childhood friend Letitia. On their journey to the manor of Mr. Braithwhite—heir to the estate that owned one of Atticus’s ancestors—they encounter both mundane terrors of white America and malevolent spirits that seem straight out of the weird tales George devours.

At the manor, Atticus discovers his father in chains, held prisoner by a secret cabal named the Order of the Ancient Dawn—led by Samuel Braithwhite and his son Caleb—which has gathered to orchestrate a ritual that shockingly centers on Atticus. And his one hope of salvation may be the seed of his—and the whole Turner clan’s—destruction.

A chimerical blend of magic, power, hope, and freedom that stretches across time, touching diverse members of two black families, Lovecraft Country is a devastating kaleidoscopic portrait of racism—the terrifying specter that continues to haunt us today.

[Text from publisher’s website ; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

This is a tale of two horrors. First, it is the story of an extended black-american family that has to deal with a covenant of powerful and ruthless warlocks trying to bring back Adam’s paradise on Earth and, in order to do so, are in search of lost knowledge. Above all, it is the terrifying story of what it is for black-americans to live through the 1950s Jim Crow America. It is told through eight short stories that are interlinked, each focusing on one member of the family and using a different sub-genre of horror for its storytelling.

In “Lovecraft country”, Atticus Turner receives a letter from his father, Montrose (with whom he always had a difficult relationship), telling him that he found some genealogical information about his deceased mother and that they should go together to Arkham — well, he misread the letter and it is actually Ardham, Massachusetts, but it is still in the middle of what he calls “Lovecraft country”. He comes back to Chicago but his father has disappeared. Along with his uncle George Berry and childhood friend Letitia Dandridge, he goes on a road-trip — dodging all sorts of racist dangers — to reach the Ardham Lodge, owned by Samuel Braithwhite. There, Atticus discovers that he is the descendant of the Braithwhite ancestor, Titus, and that his father was kidnapped in order to set a trap for Atticus who is needed for a nefarious ceremony of witchcraft. With the help of Samuel’s son, Caleb, Atticus frees is father, foils the plan of the elder Braithwhite (killing him and all the members of “The Order of the Ancient Dawn” in the process) and escapes (mostly) unhurt.

In “Dreams of the which house”, Letitia inherits some money and she uses it to purchase a huge house in the middle of a white neighbourhood, which causes her many pains and harassment. On top of that, she discovers that the Winthrop House is haunted by his previous owner, Hiram Winthrop. After many troubles, she succeeds to strike a deal with the ghost. However, it is revealed that Caleb Braithwhite is behind the sale of the house to Letitia, as Hiram was a friend-turned-rival of his father and in possession of a precious item that he covets. 

In “Abdullah’s book”, Caleb steals a family heirloom from George and Montrose and, in exchange for its return, asks them to break in the natural history museum to retrieve a book from a secret room. Helped by the members of their Freemason lodge, the brothers will undergo a dangerous Indiana Jones-style expedition through tunnels and riddles, to recover Hiram’s “Book of Names”.

In “Hippolyta disturbs the universe”, George’s wife discovers a secret compartment in an orrery (the mechanical model of an unknown solar system) of the Winthrop House, containing a book and a pair of keys. If George and his nephew have always been fans of pulp-style science-fiction and horror stories, Hippolyta had always been fascinated by physics and astronomy. The book brings her to an observatory in Wisconsin but, instead of a telescope, she finds a machine that open doors through time and space! She finds herself on a sandy beach on an alien planet from a distant solar system inhabited only by Ida. She had been exiled there by Hiram Winthrop two decades ago, along with all the domestic staff of the house, to scare them into telling him where his son Henry went. He had run off with one of the maids. But Hiram died before he could free them and all the other had perished, killed by the alien flora and fauna of the planet. 

In “Jekyll in Hyde Park”, Ruby — Letitia’s sister — in contacted by Caleb who want to use her to gain information on Atticus and Letitia, and to spy on members of other warlock lodges. In exchange, he offers her a potion that can transform her into a white woman! She discovers what real freedom is, but also that it comes with a price…

In “The narrow house”, Atticus and Montrose are trying to locate Henry Winthrop, who ran off from his father’s house with a black maids and some of his father’s precious notebooks. Tasked by Caled, they follow his trail to Illinois but find out that his entire family was killed when their house was burned down by a racist mob. However, due to a protection spell gone awry, Montrose is able to get information (and the notebooks) from his ghost. However, Atticus and his father decide not to share the books with Caleb.

In “Horace and the devil doll”, the head of the Chicago lodge, police Captain Lancaster, is suspecting that Caleb want to renege on their deal and betray him. He also knows that Hippolyta visited the Warlock Hill observatory, but doesn’t know her exact involvement. He therefore decides to use George and Hippolyta’s talented son, Horace, to spy on her. As the boy refuses, Lancaster curses him with a powerful spell that makes him being pursued by some sort of voodoo doll (revenge of Chucky style !). Being unable to speak, Horace is able to alert Ruby to his ordeal by using Scrabble tiles, and she then enlist Caleb to help break the spell.

In “The mark of Cain”, all the members of the Turner/Berry/Dandridge families finally share each other stories and decide, while feigning to help Caleb take over all the lodges, to prevent him to accomplish his plan. With the help of Hiram’s ghost, they find his weakness and strip him of his powers. In an “Epilogue”, we see that, in the aftermath, all the family members goes on happily ever after.

If the book is not horrific in the way Lovecraft’s stories are, it nevertheless offers an interesting twist on Lovecraft universe and influence. However, Lovecraft Country has been adapted into a TV series that add elements (a few monsters) that are closer to Lovecraft’s stories. The TV series change several details of the book’s story (mostly Caleb is a woman named Christina and Horace is a girl named Diana) and add several side stories (adding some Asian horror with the character of Ji-Ah, a Korean friend of Atticus whose also a demon) that make it more captivating and complete. In comparison, and looking back at it, I would say that the book’s storytelling seems a little disappointing. 

Lovecraft Country is nevertheless a very interesting book that offers a great read. However, you can always save time by watching the excellent TV series.

Lovecraft country, by Matt Ruff. New York: Harper Collins, February 2016. 376 pg., Hardcover, 6 x 9 in., $26.99 US / $33.50 Can. ISBN: 978-0-06-229206-3. stars-3-5

For more information you can check the following websites:

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© 2016 by Matt Ruff

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On Tyranny (Tim Snyder)

On-Tyranny-cov“The Founding Fathers tried to protect us from the threat they knew, the tyranny that overcame ancient democracy. Today, our political order faces new threats, not unlike the totalitarianism of the twentieth century. We are no wiser than the Europeans who saw democracy yield to fascism, Nazism, or communism. Our one advantage is that we might learn from their experience.

On Tyranny is a call to arms and a guide to resistance, with invaluable ideas for how we can preserve our freedoms in the uncertain years to come.”

[Text from publisher’s website ; see also the backcover]

This is a tinny and short book (almost a pamphlet) that warns democracy in America is in danger, compares the current situation with how democracy died in Europe and, through twenty lessons of history, teaches us how to fight to protect it. The book opens with a quote by Leszek Kolakowski: “In politics, being deceived is no excuse.”

After a brief introduction about “History and Tyranny”, Snyder offers us twenty lessons: 1. Do no obey in advance: “most of the power of authoritarianism is freely given (…) a citizen who adapts in this way is teaching power what it can do”; 2. Defend institutions: “It is institutions that help us to preserve decency (…) choose an institution (…) an take its side”; 3. Beware of the one-party state: “The parties that (…) suppressed rivals (…) exploited a historic moment to make political life impossible for their opponent. So (…) support (…) the rules of democratic elections”; 4. Take responsibility for the face of the world: “Notice the swastikas and the other signs of hate”; 5. Remember professional ethics: “When political leaders set a negative example, professional commitments to just practice become more important. (…)authoritarians need obedient civil servants”; 6. Be wary of paramilitaries: “When the men with guns who have always claimed to be against the system start wearing uniforms and marching with torches (…), the end is nigh. When the pro-leader paramilitary and the official police and military intermingle, the end has come”; 7. Be reflective if you must be armed: “If you carry a weapon in public service (…) be ready to say no”; 8. Stand out: “The moment you set an example (…) others will follow”; 9. Be kind to our language: “Think up your own way of speaking (…) separate yourself from the internet. Read books”; 10. Believe in truth: “To abandon the facts is to abandon freedom”; 11. Investigate: “Figure things out for yourself (…) subscrib[e] to print media”; 12. Make eye contact and small talk: “stay in touch with your surroundings, break down social barriers, and understand whom you should and should not trust”; 13. Practice corporeal politics: “Get outside (…) Make new friends and march with them”; 14. Establish a private life: “Consider using alternative forms of the internet (…) Tyrants set the hook on which to hang you”; 15. Contribute to good causes: “Be active in organizations (…) pick a charity or two (…) you will have made a free choice that supports civil society and helps other to do good”; 16. Learn from peers in other countries: “no country is going to find a solution by itself”; 17. Listen for dangerous words: “extremism, terrorism, emergency, exception (…) the treacherous use of patriotic vocabulary”; 18. Be calm when the unthinkable arrives: “Modern tyranny is terror management (…) terrorist attacks (…), disaster, (…) suspension of freedom of expression, (…) right to a fair trail”; 19. Be a patriot: “set a good exemple (…) for the generations to come”; 20. Be as courageous as you can: “If none of us is prepared to die for freedom, then all of us will die under tyranny.” He concludes with an epilogue about “History and Liberty.”

In other words: Complacency is the death of democracy. Hear that republicans? Wow. Everything in this book is so true. It should be read by everyone because the fight for our life is not over yet… It is a short but quite interesting reading. Well worth the time. 

On Tyranny; Twenty Lessons From The Twentieth Century, by Timothy Snyder. New York: Tim Duggan Books (an imprint of Crown Publishing, a division of Penguin Random House), February 2017. 128 pg., Softcover, 4-3/8 x 6-1/4, 9.99 US / $13.50 Can. ISBN: 978-0-8041-9011-4. stars-3-0

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© 2017 by Timothy Snyder

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Ad Astra XIII

AdAstraXIII-covLes ruses de Scipion ont mis Carthage en mauvaise posture… Hannibal accepte alors de parlementer avec son ennemi. Malheureusement, le Romain ne veut pas d’un statu quo… Ce sera la victoire ou rien ! Les deux chefs se séparent donc sans être arrivés à un accord. 

Mais les apparences sont parfois trompeuses et, pour le Carthaginois, cette discussion aura au moins servi un objectif : celui de mettre en place ses pions… ou, en l’occurrence, ses éléphants de guerre ! Si Rome a maintenant l’avantage, ses adversaires sont loin de s’avouer vaincus… 

Bravoure, complots et stratégie… Les légendaires Hannibal et Scipion s’affrontent une dernière fois. Plongez au cœur de cette ultime bataille !

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa non seulement Rome et Carthage mais aussi leurs stratèges respectifs: Scipion l’Africain et Hannibal Barca. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française est parue chez Ki-oon.

AdAstraXIII-p010

Page 10

Ce dernier volume de la série est entièrement consacré à la Bataille de Zama. Seize ans après qu’Hannibal ait traversé les Alpes, à l’automne 202 AEC, les deux généraux s’apprêtent à avoir une confrontation finale sur une plaine au sud de Carthage. L’armée d’Hannibal est composée de 80 éléphants de guerre qui forment l’avant-garde, 4000 cavaliers qui forment les ailes de chaque côtés de la formation d’attaque [l’aile gauche, est formée de cavaliers Numides] et 36 000 fantassins (une première ligne de frondeurs Baléares, une deuxième ligne de soldats Libyens et Carthaginois [commandé par Silenos] et une troisième ligne de soldat Ibères et Gaulois plus expérimentés [sous le commandement d’Hannibal]). L’armée de Scipion est composée de 6000 cavaliers (qui forment les ailes, des Numides [à droite, 4000] sous le commandement de Massinissa, et des romains [à gauche, 2000] sous le commandement de Caius) et de 29,000 fantassins (une première ligne intercalant des fantassins Légers Vélites [sous Appius] et des fantassins lourds Hastati [sous Bandius], une deuxième ligne de fantassins lourds principes [sous Marcus], et une troisième ligne de fantassins lourds triarii [sous Scipion]).

La charge des éléphants d’Hannibal (trop jeunes et inexpérimentés) reste sans effet. Scipion, qui a étudié les tactiques de l’ennemi, réussi à les retourner contre lui. Il évite les feintes et réussi à encercler l’armée carthaginoise. C’est la victoire mais Hannibal survit et fuit vers Carthage où il s’adresse au sénat pour obtenir du renfort, sans succès. Pour épargner sa cité, il décide donc de se rendre à Scipion. Il se rend à Tunis pour négocier la paix. Carthage devra payer une lourde indemnité à Rome, abandonner ses colonies et renoncer à son armée. Scipion triomphe à Rome mais il est politiquement affaibli par l’inimitié de Caton et des accusations de corruption. Il mourra en 183 AEC, amère, pestant contre l’ingratitude romaine. Hannibal est exilé et, après une longue errance, trouve refuge au royaume de Bithynie, où il est traqué par les troupes romaines mais il choisit de se donner la mort par poison plutôt que d’être capturé ou tué par les romains… Il meurt la même année que Scipion… Les deux héros eurent donc une fin tragique, sans gloire… Rome règlera définitivement son compte à Carthage avec la troisième guerre punique (149-146 AEC).

Cette série de manga prends fin d’une façon un peu décevante. Toutefois, elle a offert ce qui était promis, c’est-à-dire une histoire un peu romancée de la deuxième guerre punique, axé sur les caractères des deux généraux opposés. Elle a suivi le fil de l’Histoire, sans plus. Si le récit est bon, voir captivant (si vous aimé les détails de tactiques militaires, bien sûr), c’est surtout son superbe dessin, très constant dans sa qualité, qui vole la vedette dans cette série. Il est clair et très précis, juste suffisamment efficace pour bien décrire les scènes de combats. 

Un manga fort intéressant, à lire surtout si vous êtes amateur de manga historique et de la Rome Antique.

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. XIII, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, novembre 2018. 210 pages (208 pl), 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 979-10-327-0335-9. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

ad_astra-v01 ad_astra-v02 ad_astra-v03 AdAstra-v04-cov
AdAstra-v05-cov AdAstra-v06-cov AdAstra7-cov AdAstra8-cov
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Le monde selon Setchan

MondeSelonSetchan-cov“Dans un monde alternatif, la société tokyoïte est secouée par des mouvements étudiants. Sur fond de terrorisme et de préoccupations nucléaires post-Fukushima, Setsuko, étudiante, fait figure d’exception: Apolitique, détachée de cette réalité, elle n’a d’attrait que pour le sexe sans lendemain. Son destin  croise celui d’Atsushi, un étudiant sans histoires. Setchan et Akkun, deux êtres que tout oppose. Deux êtres que l’absurdité tragique de la vie va rapprocher pour mieux les séparer.”

[textes du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le monde selon Setchan (セッちゃん / Secchan) est un manga Seinen par Tomoko Oshima qui a d’abord été sérialisé dans Ura Sunday avant d’être publié en un volume unique par Shôgakukan en novembre 2018. Tomoko Oshima est surtout connu au Japon pour ses courts video clip d’animation. C’est son premier manga.

MondeSelonSetchan-p005C’est l’histoire d’une collégienne un peu perdue et qui couche avec beaucoup de garçon, sur une trame de fonds de troubles socio-politiques fictifs — une révolte étudiante comme le Japon en a connu à la fin des années soixante ou similaire aux récentes protestation de BLM. Elle rencontre un garçon avec qui elle ne couche pas et se laisse porter par le courant jusqu’à ce qu’elle meurt dans un attentat…

Le récit est anecdotique et, comme la vie de Setchan, sans véritable direction. Toutefois il est empreint d’une belle nostalgie. Le dessin est minimaliste et plutôt brouillon mais offre l’essentiel pour soutenir le récit tout en étant même charmant. Il s’agit d’une lecture choisie au hasard pour tuer le temps, parce que c’était un volume unique, mais qui en fin de compte ne déçoit pas et offre une bonne distraction. Intéressant.

Le monde selon Setchan, par Tomoko Oshima. Poitiers: Le Lézard Noir, mai 2020. 180 pg , 15 x 21 cm, 11,00 € / $21.95 Can, ISBN: 978-2-353-48179-8. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

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SECCHAN © 2018 Tomoko OSHIMA.

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Tsundoku

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Ma pile de tsundoku (積ん読 – accumulation de livres que l’on tarde à lire) est revenue au niveau d’avant le confinement ! C’est quoi cette idée de réouvrir les bibliothèques… (ça me donne moins de temps pour lire et crée la tentation d’en emprunter encore plus !). Mais, bon, j’en viendrai bien à bout…

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March, vol. 2-3

Three years ago, in order to celebrate the Black History Month, I commented on the first volume of this biographical comics by John Lewis. And last month, as I was talking about the Congressman death, I urged people to read this series. Then it occurred to me that I should follow my own advice and read volume two and three…

Book Two

March-Book-Two-cov“After the success of the Nashville sit-in campaign, John Lewis is more committed than ever to changing the world through nonviolence — but as he and his fellow Freedom Riders board a bus into the vicious heart of the deep south, they will be tested like never before. Faced with beatings, police brutality, imprisonment, arson, and even murder, the movement’s young activists place their lives on the line while internal conflicts threaten to tear them apart.

But their courage will attract the notice of powerful allies, from Martin Luther King, Jr. to Attorney General Robert F. Kennedy… and once Lewis is elected chairman of the Student Nonviolent Coordinating Committee, this 23-year-old will be thrust into the national spotlight, becoming one of the “Big Six” leaders of the civil rights movement and a central figure in the landmark 1963 March on Washington for Jobs and Freedom.”

[Text from publisher’s website and the inside flap; see also the back cover]

March: Book Two, by Congressman John Lewis, Andrew Aydin, and Nate Powell. Marietta GA: Top Shelf Productions, January 2015. 192 pg., Softcover, 6.5″ x 9.5″, 19.95 US / $25.95 Can. ISBN: 978-1-60309-400-9.

Book Three

March-Book-Three-cov“By the fall of 1963, the Civil Rights Movement has penetrated deep into the American consciousness, and as chairman of the Student Nonviolent Coordinating Committee, John Lewis is guiding the tip of the spear. Through relentless direct action, SNCC continues to force the nation to confront its own blatant injustice, but for every step forward, the danger grows more intense: Jim Crow strikes back through legal tricks, intimidation, violence, and death. The only hope for lasting change is to give voice to the millions of Americans silenced by voter suppression: “One Man, One Vote.”

To carry out their nonviolent revolution, Lewis and an army of young activists launch a series of innovative campaigns, including the Freedom Vote, Mississippi Freedom Summer, and an all-out battle for the soul of the Democratic Party waged live on national television. With these new struggles come new allies, new opponents, and an unpredictable new president who might be both at once. But fractures within the movement are deepening … even as 25-year-old John Lewis prepares to risk everything in a historic showdown high above the Alabama river, in a town called Selma.”

[Text from publisher’s website and the inside flap; see also the back cover]

March: Book Three, by Congressman John Lewis, Andrew Aydin, and Nate Powell. Marietta GA: Top Shelf Productions, August 2016. 256 pg., Softcover, 6.5″ x 9.5″, 19.99 US / $25.95 Can. ISBN: 978-1-60309-402-3.

After introducing John Lewis in Book One and explaining how he cames to be involved in the civil rights movement by joining the Nashville students nonviolent protests against segregation, we see him pushing forward, in Book Two, by participating in the Freedom Riders actions. His determination, despite the increasingly violent response to the movement, bring him to a leadership position as the chairman of the SNCC and to a speaking spot at the landmark March on Washington.

Book Two, pages 47 & 150

In Book Three, Lewis is involved with the organization of the Mississippi Freedom Summer. College students flock to the South to register as many as possible Black voters. Despite the fact that the Fifteenth Amendment gave the African-Americans the right to vote, they were facing unjust registration suppression (poll taxes and literacy tests). The project goal was to publicize and counteract this injustice, but it was met with great terror and intimidation (including the tragic events recalled in the movie Mississipi Burning). They also created the Mississippi Freedom Democratic Party in order to put delegates at the Democratic National Convention with great controversy. It failed but prompted Lyndon B. Johnson to pass the Civil Rights Act of 1964. The protests, and the violent response from the South authorities, continue to escalate up to the march from Selma to Montgomery (on March 7, 1965) where Lewis led six-hundred marchers across the Edmund Pettus Bridge and was gravely wounded. This event was a turning point that brought national and international attention to the question and prompted Johnson to pass the Voting Rights Act of 1965. Interestingly, through the recounting of his involvement, Lewis doesn’t shy from talking about the dissent within the various civil rights organizations (mainly the SNCC, CORE, NAACP, and SCLC) and even to sometimes criticize the positions of Martin Luther King or Malcom X.

Book Three, pages 30 & 86

The storytelling of March is excellent and compelling. It is well supported and illustrated by the pretty good black and white art of Nate Powell. However it is sometime quite dark (lots of ink!) and the text in some speech balloons is way too small for my eyes — I guess the artist wanted to express the sound level of distant speech. This book is a real history lesson, and the perfect way to learn about the Civil Right Movement.

Strangely, everything I read in this comics sounds familiar. It seems that what’s happening right nowBlack Lives Matter, the increasing violence against minorities and even from the government itself — is eerily similar to the situation during the civil rights movement. We all thought that our society had made great progress since then, but sixty years later we realize that we find ourselves at the same point! The disease is apparently running deeper. It laid more or less dormant for a while but seems to have been awaken by the “insult” of having a black president, creating a slow resentment. Now, with the strong encouragement and even its institutionalization by President Trump,  there’s an increasingly strong push back against all civil rights (of the ethnic origin, sexual orientation, gender or all sort of minorities) by the conservative Republicans (mostly the religious right). The United States are really in need of strong and comprehensive reforms to address this pervasive problem…

History is repeating itself (to quote Battlestar Galactica, “All this has happened before, and all this will happen again” — which seems inspired by the Bible, Ecclesiastes 1:9) but it shouldn’t ! That’s why reading this comic is extremely important. If you understand the problem of the civil rights in the fifties and sixties — the what, why, who, where and how of it — you will understand what’s happening now: what it means, why it is so important. And maybe we will start to see how all this pervasive ethno-socio-economic inequity could be solved. 

Reading this book is an absolute must. It is an easy way to understand a complex problem that affects all our lives — but mostly the black lives. It really matter. Read it. Now. stars-4-0

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© 2015-2016 John Lewis and Andrew Aydin.

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