Yawara ! #7-8  

“L’oeuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi les couvertures arrières]

Yawara t. 7, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), janvier 2022. 298 pages, B&W (18 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8653-6, Pour un lectorat adolescent (12+).

Yawara t. 8, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), avril 2022. 306 pages, B&W (30 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8654-3, Pour un lectorat adolescent (12+).

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publiée en français chez Big Kana. Il y a dix volumes de paru jusqu’à maintenant, les suivants étant annoncé pour février, avril et juillet 2023. J’ai déjà commenté le premier, le second, le troisième, le quatrième, le cinquième et le sixième volumes.  

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Vol. 7, p. 3

Le septième volume nous présente la conclusion et les conséquences de la compétition de judo féminin “toute catégorie” aux Olympiques de Séoul. Yawara affronte d’abord la Belge Berckens qui décide de prendre sa retraite suite au combat. Puis, la Canadienne Jody Rockwell se mesure à la puissante Russe Tereshkova mais se blesse à nouveau et ne peut donc plus tenir sa promesse à Yawara d’être son adversaire aux Olympiques. En finale, ce sera donc Yawara contre Tereshkova. Mais cette dernière a conservé secret ses meilleurs coups et Yawara est distraite par l’idée de vouloir venger la blessure de Jody. Pendant ce temps, Matsuda remarque Kojiro Inokuma, le père de Yawara, dans la foule et le rejoins. Kojiro lui révèle la véritable raison de sa disparition. De retour au Japon, Yawara annonce qu’elle arrête le judo. 

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Vol. 8, p. 11

Dans le huitième volume, les amis de Yawara sont consternés par sa décision et complotent pour lui faire changer d’avis. Yawara se rends au Canada pour le mariage de Jody et se retrouve à devoir y faire un match d’exhibition (J’ignorais que l’on pouvait voir les Rocheuses à partir de Toronto !). Pendant ce temps, Fujiko se mets au judo et organise un club de judo à l’Université pour filles de Mitsuba. Kojiro, le père de Yawara, est engagé comme l’entraîneur de Sayaka qui veut prendre sa revenge sur Yawara aux jeux de Barcelone. N’ayant pu trouver que des candidates débutantes pour son club de judo, Fujiko demande l’aide de Jigoro, le grand-père de Yawara, qui décide d’organiser un match d’entraînement contre le club de l’Université de Tsukushi, qui est la meilleur équipe du Japon! Jigoro réussira-t-il en un mois à faire de ces débutantes des judokas aptes à affronter des championnes? Et Yawara décidera-t-elle d’y participer?

Yarawa! est  une comédie romantique de sport qui offre un beau style de manga classique et un récit à la fois captivant et amusant, parsemé de (controversés) clins-d’oeil coquins. Ces deux volumes sont rempli d’action que la narration et le dessin de Urasawa sait rendre efficacement. Cela en fait une lecture particulièrement agréable et distrayante. Vivement la suite! stars-3-5

Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2014 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2022 pour l’édition française.  

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Olympia Kyklos vol. 4

Après Thermae Romae, la nouvelle comédie sportive de Mari Yamazaki !

Projeté une nouvelle fois depuis sa Grèce antique natale jusque dans le Japon contemporain, Démétrios se retrouve mêlé au conflit qui secoue les différentes générations de la famille Iwaya. Du catch ou de la lutte gréco-romaine, quelle discipline est la plus noble ? Quand votre père a été l’espoir olympique de toute une nation, difficile de faire entendre sa propre voix. Pour régler ce différend, il faudra l’intervention d’une vieille gloire du catch japonais, que Démétrios a croisé il y a bien longtemps…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Olympia kyklos (オリンピア・キュクロス / lit. “Cercles Olympique”) est un manga seinen par Mari Yamazaki qui est sérialisé au Japon dans le magazine bimensuel Grand Jump depuis mars 2018 et a été jusqu’à maintenant compilé en sept volumes chez Shueisha. Il a été traduit en français chez Casterman (six volumes de disponibles). C’est une comédie du style de Thermae Romae (voir aussi mon commentaire sur cette série) mais qui se situe dans l’antiquité grecque cette fois et traite de sujets autour du thème des jeux olympiques. Le manga a sans aucun doute été créé en anticipation des jeux olympiques de Tokyo de 2020 (mais qui furent reportés à l’année suivante à cause de la pandémie de Covid-19). J’ai déjà commenté le trois premiers volumes.

Page 3

Mari Yamazaki n’a as son pareil pour utiliser des artifices loufoques comme le voyage dans le temps pour nous faire réfléchir sur des sujets sérieux et comparer les cultures de l’antiquité et du Japon — cette fois grâce à la foudre de Zeus! Elle nous raconte les mésaventures de Démétrios, un jeune homme athlétique mais qui n’est pas du tout intéressé aux sports car il a l’âme d’un artiste (il peint des vases). Toutefois les circonstances le forcent toujours à faire de la compétition sportive. Pour l’édifier, les dieux l’envoient à tout bout de champs (et sans avertissement) dans le Japon moderne pour découvrir des aspects différents des disciplines olympiques. Dans ce volume, il découvre le catch (lutte professionnelle) et le compare à la lutte classique. Exceptionnellement, cette fois c’est le jeune Takuji qui est transporté à Athènes pour prendre quelques leçons auprès de l’entraîneur Platon qui allie discipline sportive et philosophie pour élever la conscience: “Toute pensée fausse qui traverse votre esprit entrave les mouvements de votre corps” !

Encore une fois Mari Yamazaki nous offre un récit qui non seulement nous diverti par sa mise en situation humoristique mais nous fait également réfléchir sur l’état de notre société. Son style est fort agréable car il est clair, détaillé et précis. Et, malgré les sauts dans le temps, la narration est fluide et facile à suivre. C’est donc une lecture tout à la fois plaisante, intéressante et même amusante. Comme toutes les oeuvres de Yamazaki, je recommande fortement ce manga. 

Olympia Kyklos, 4, par Mari Yamazaki. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), août 2022. 200 pages, 13.2 x 18 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-22866-5. Pour lectorat adolescent (14+).

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© 2018 Mari Yamazaki. All Right Reserved.

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La nuit des temps (De Metter)

NuitDesTemps-DeMetter-covÀ la veille d’un conflit mondial, dans les profondeurs de l’Antartique, une expédition scientifique internationale découvre un couple cryogénisé, survivant d’une civilisation disparue il y a 900 000 ans. L’héritage de cette population miraculeusement tirée de son sommeil pourrait être le salut de notre monde, fragile entre amours et trahisons…

Les Expéditions Polaires françaises enregistrent le signal d’un émetteur sous la glace de l’Antarctique… L’expédition internationale découvre les ruines d’une civilisation disparue depuis 900 000 ans et les scientifiques du monde entier affluent vers le site pour aider à explorer et comprendre. Ils découvrent un objet ovoïde en or de trois mètres de diamètre dans lequel se trouvent en état de biostase un homme et une femme dont les têtes sont recouvertes de casques d’or. Simon, médecin de l’expédition, décide de procéder au réveil des corps en commençant par celui de la femme, le corps de l’homme montrant des traces de brûlures sur le torse…

La Nuit des temps est un roman pacifiste et assez anarchisant. Russes et Américains, renvoyés dos à dos, travaillent malgré tout ensemble, à l’image de l’effort de dépassement des oppositions nationales, assez répandu dans le milieu des sciences de l’époque. Les savants court-circuitent les décisions des gouvernants. Notre civilisation paraît barbare face au raffinement et à la sagesse des savants des temps anciens, leur savoir immense risquant d’être perdu par la bêtise humaine. ”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai été fortement impressionné par la lecture du roman La nuit des temps lorsque j’étais adolescent (voir mon commentaire). Puis j’ai découvert que René Barjavel s’était fortement inspiré du roman de l’australien Erle Cox, alors je l’ai lu aussi. Et quelle ne fut pas ma joie de découvrir qu’un artiste que j’admirais beaucoup, Philippe Gauckler, avait adapté ce(s) roman(s) en bande dessinée: Kébek t.1: L’Éternité et t.2: Adamante. Le dessin est superbe mais il s’agit bien d’une “adaptation” puisqu’il déplace le récit dans le nord du Québec et le place dans un contexte socio-politique futur fictif. Il serait plus juste de dire que la bande dessinée est “inspirée” du roman de Barjavel. Finalement, je découvre récemment qu’un autre artiste a adapté le roman graphiquement. Je ne pouvais évidemment pas résister à la tentation de lire cette nouvelle interprétation par Christian de Metter et de vous en partager mes impressions. Toutefois, comme j’ai déjà amplement parlé du le récit de Barjavel alors je ne m’attarderai pas trop sur l’histoire…

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Page 16

Cette bande dessinée est presque l’opposée de celle de Gauckler. Le style de dessin de De Metter, en couleur directe à l’aquarelle dans des tons plutôt glauques, ne m’enthousiasme pas vraiment. Je trouve que cela fait un peu brouillon (stars-2-0). Par contre, si quelques aspects du récit sont éclipsés ou peu développés, cette bande dessinée est une excellente adaptation du roman (stars-4-0). Le récit reste très proche de l’histoire originale et la visualisation du monde de Gondawa que fait De Metter correspond bien à l’image que je m’en faisait à la (re)lecture du roman. Toutefois, pour rendre son récit plus pertinent auprès de son lectorat, De Metter n’a pas vraiment eut le choix, lui non plus, de l’adapter en le situant dans le contexte socio-politique actuel. Barjavel situe son roman à l’époque où il a été écrit c’est-à-dire dans un contexte de guerre froide tendue, de menace nucléaire et de la révolution sociale de Mai ’68 dans le monde et particulièrement en France. Il était donc tout à fait naturel de transposer le récit dans le contexte actuel de nouvelle guerre froide (exacerbé par le conflit russo-ukrainien) et de crise climatique. Mais ce n’est qu’un tout petit aspect du récit qui n’apparaît vraiment que dans les dernières pages (tant du roman que de la bande dessinée).

Dans l’ensemble, cette adaptation graphique du roman de Barjavel offre une bonne lecture, divertissante et intelligente, qui plaira sans aucun doute tant aux amateurs nostalgiques de Barjavel qu’à ceux qui apprécient la science-fiction à son meilleure.

La nuit des temps, par Christian De Metter (d’après le roman de René Barjavel). Paris: Éditions Philéas, décembre 2021. 184 pages (170 planches), 21.5 x 28 cm, 25.00 € / $45.95 Can, ISBN 978-2-491-46713-5. Pour un lectorat adolescent (14+, nudité, violence). stars-3-0

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Roman © Presses de la Cité. Adaptation © 2021, Éditions Philéas.

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Marie-Antoinette

Marie-Antoinette-1-covSa véritable Histoire, pour la première fois en manga !

Marie-Antoinette est l’une des personnalités historiques les plus adaptées en fiction. Sophia Coppola, Chantal Thomas ou Riyoko Ikeda… de nombreux créateurs ont donné naissance à un personnage en adéquation avec leurs idéaux.

Cependant, quand Fuyumi Soryo s’attaque au mythe, ce n’est pas pour reproduire une énième icône malmenée par la vision trop partiale de Stephan Zweig, mais pour restituer dans la réalité historique une jeune fille dénuée de tout artifice. 

Avec la précision qu’on lui connaît déjà sur Cesare et grâce au soutien du Château de Versailles, ce n’est plus un simple manga, mais une plongée virtuelle au cœur de la cour au XVIIIe siècle que l’auteur vous offre. Que vous soyez adepte des fresques historiques, lecteur de manga ou tout simplement curieux de nouveauté, ne passez pas à côté de cette création ! D’autant plus que les Éditions Glénat, co-éditeur dans ce projet, auront la chance de publier ce titre en avant-première de sa sortie japonaise !!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Marie-Antoinette (マリー・アントワネット) est un manga historique seinen par Fuyumi Sōryō qui a d’abord été pré-publié en feuilleton dans Morning (et son pendant digital: D Morning), un magazine hebdomadaire de Kōdansha. Il a débuté dans le numéro 38 (18 août 2016) et s’est étalé sur quatre publications (se terminant dans le numéro 41). Chose rare, la publication en volume (tankōbon) s’est faite au Japon en septembre 2016, soit quelques jours après la parution du volume en français!

La vie de la reine Marie-Antoinette a déjà fait l’objet de plusieurs adaptations en mangas (notamment par Mamoru KURIHARA & Natsuko WADA, KOMAGATA & Mayuho HASEGAWA, et sans oublier Riyoko IKEDA) mais il n’est pas surprenant de voir Fuyumi Sōryō y consacrer un ouvrage puisqu’elle avait déjà touché à la biographie avec son superbe manga traitant de la jeunesse de Cesare Borgia (que j’admire beaucoup — voir mes commentaires sur ce manga. J’ai d’ailleurs récemment découvert qu’un treizième, et semble-t-il, dernier volume est paru au Japon en janvier 2022. J’ai bien hâte qu’il paraisse en France mais aucune date n’a encore été annoncée). Je avais déjà lu Marie-Antoinette en 2017 mais j’avais omis d’en parler sur le blog (j’en avais toutefois touché quelques mots lors de la découverte de son existence). Le visionnement d’un épisode de la récente sérié télévisée franco-britannique Marie-Antoinette (par les créateurs de la série Versailles) m’a donné le goût de le relire et d’en parler. J’ai vu beaucoup de similitudes entre le premier épisode de la série et le manga de Sōryō.

Ce que j’admire le plus dans le travail de Fuyumi Sōryō c’est la qualité extraordinaire de son dessin. Les traits sont fins, clairs et précis, les personnages sont beaux et, surtout, les décors et les arrières-plans sont incroyablement détaillés (probablement grâce à la contributions d’assistants). C’est tout simplement superbe. C’est ce que je croyais avec Cesare mais avec Marie-Antoinette Sōryō se surpasse encore une fois. Malheureusement, le récit est très décevant. D’une part il ne s’y passe pas grand chose et c’est même un peu ennuyant. Il n’offre qu’une tranche de vie très brève: suite à un mariage arrangé la jeune archiduchesse Maria-Antonia doit quitter avec appréhension son Autriche natale pour se rendre à Versailles, y découvrir la complexité et l’absurdité des rituels de la cour, et peu à peu apprivoiser l’affection du jeune prince Louis-Auguste, futur Louis XVI. En France, on a beaucoup reproché à ce manga son inexactitude historique et le fait que l’histoire est romancée. Cela me surprend car Sōryō est reconnue pour ses recherches rigoureuses et elle a d’ailleurs travaillé étroitement avec le château de Versailles lors de sa création. C’est justement là, selon moi, qu’est le problème: ce manga, malgré son réalisme, est de toute évidence une “commande” de Versailles et c’est pourquoi tant la future reine que la famille royale sont présenté sous un jour un peu trop positif et rose à mon goût. Cela reste une bonne lecture, divertissante et intéressante. À lire surtout par les amateurs de beaux mangas et d’histoire.

Marie-Antoinette: La jeunesse d’une reine, par Fuyumi Sōryō. Paris: Château de Versailles / Glénat (Coll. Seinen), septembre 2016. 180 pg., 9.50 € / $14.95 Can. ISBN: 978-2-344-01238-3. Recommandé pour public adolescent (12+). stars-3-0

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© 2016 Fuyumi Soryo. All rights reserved.

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Sous le ciel de Tokyo 1

SousLeCielDeTokyo-1-cov“Tout comme le film Le vent se lève de Hayao Miyazaki, Sous le ciel de Tokyo… suit le quotidien d’un couple en pleine Seconde Guerre mondiale.

Fin 1943. Shirakawa, un pilote de chasse ayant combattu dans diverses régions du monde, rentre enfin à Tokyo. Il vient d’être muté au Centre d’essais aériens de l’armée impériale. Après une longue absence, Shirakawa essaie de reprendre sa vie de famille auprès de sa femme Mariko. 

Sous le ciel de Tokyo… raconte le quotidien ordinaire d’un couple à une époque où la vie et la mort se côtoient chaque jour.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Sous le ciel de Tokyo (東京物語 / Tōkyō monogatari / litt. “Histoire de Tokyo”) est un manga seinen par Seiho Takizawa qui a d’abord été publié en feuilletons dans Comic Taiga en 2010 avant d’être compilé en deux volumes chez Dai Nihon Kaiga (juin 2012 et mars 2013). Il a ensuite été republié chez Futabasha en août 2015 (c’est cette édition qui a été traduite en français par Delcourt / Tonkam en 2017). Seiho Takizawa a débuté comme illustrateur dans le magazine Model Graphix et se spécialise dans les récits aéronautiques qui se déroulent durant la Guerre du Pacifique. Un seul de ses mangas a été traduit en anglais (Who Fighter with Heart of Darkness publié chez Dark Horse en 2006) mais une demi-douzaine de ses titres (sur la vingtaine de publiée au Japon) ont été traduit en français, principalement dans la collection “Cockpit” des Éditions Paquet.

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T. 1, p. 34

Sous le ciel de Tokyo nous raconte la vie quotidienne d’un officier de l’aviation de l’armée vivant avec son épouse à Tokyo pendant la Guerre du Pacifique. Le récit suit en parallèle les missions d’entrainement et d’essai du pilote, le capitaine Shirakawa, et les difficultés journalières rencontrées par sa femme, Mariko, à cause de la militarisation de la société et du rationnement. On retrouve donc un mélange de scènes de combat et de scènes de la routine de tout les jours. C’est un récit plutôt simple et épisodique mais qui reste intéressant et même touchant. L’auteur semble faire un effort pour ne pas glorifier la guerre et démontrer que la population japonaise était elle-même victime d’un gouvernement militariste. Le style de dessin est beau et simple (un peu inspiré de celui de Katsuhiro Otomo) avec des traits fins et précis. L’utilisation de trames fines et de peu de détails d’arrière-plan laisse les cases assez aérées sauf pour les illustrations d’avions qui sont très riches en détails avec des explications sur la capacité des appareils et ce qui distingue les différents modèles. L’auteur rajoute également des cartes et de nombreux détails historiques sur le déroulement de la guerre et la débâcle de l’armée japonaise. C’est un bon manga qui offre une lecture agréable qui sera surtout apprécié des amateurs de mangas historiques, d’aviation et de la deuxième guerre mondiale.

Sous le ciel de Tokyo…, t.1, par Seiho Takizawa. Paris: Delcourt / Tonkam (Coll. Seinen), novembre 2017. 208 pages, 12.8 x 18.2 cm, 7.99 € / $13.95 Can, ISBN 978-2-413-00085-3. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© Seiho Takizawa 2015. Édition française © 2017 Éditions Delcourt.

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Blue Period #9

BluePeriod-9-cov“Afin de fabriquer le mikoshi du festival culturel de Geidai, Yatora et ses camarades travaillent d’arrache-pied pendant plusieurs semaines. Mais n’en voyant pas le bout et croulant sous la chaleur de l’été, les étudiants atteignent leurs limites. Heureusement, les renforts arrivent, mais suffiront-ils pour finaliser le projet ? Plus inquiétant encore, Yatora n’a pas peint de toutes les vacances et n’arrive plus à retrouver la joie de dessiner…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Blue period (ブルーピリオド / Burū Piriodo) est un manga Seinen sur la peinture écrit et illustré par Tsubasa Yamaguchi qui est sérialisé depuis juin 2017 dans Monthly Afternoon et a été compilé jusqu’à maintenant en treize volumes chez Kōdansha. La version anglaise est publiée aux USA par Kodansha (onze volumes de disponibles, les suivants sont à paraître fin janvier et mai 2023) et la version française est publiée chez Pika (douze tomes de disponibles). Il a remporté plusieurs prix en 2020 (le Manga Taishō et le Kōdansha manga shō; nominé aussi pour le Tezuka Osamu bunka shō) et a été adapté en une série télévisée d’animation en 2021 (douze épisodes animé par le studio Seven Arcs sous la direction de Koji Masunari et Katsuya Asano, sur un scénario de Reiko Yoshida; diffusée sur MBS, TBS, AT-X et sur Netflix). J’ai déjà commenté les trois premiers volumes, les trois suivants et les volumes sept et huit.

Le projet de mikoshi pour le festival était probablement un peu trop ambitieux mais heureusement le reste de la classe vient donner un coup de main au groupe de Yatora et le festival est une réussite (même s’ils ne gagnent pas le prix du meilleur mikoshi). Yatora profite du reste de l’été en allant à la pêche, en lisant et visitant une exposition sur Velasquez mais il ne peint qu’une seule toile. De retour en classe, les étudiants doivent s’attaquer à deux nouveau projets: peindre une fresque et faire une mosaïque. En faisant son bilan, Yosuke trouve que l’année a été plutôt difficile pour lui et il se demande si il est a la hauteur. Il n’a pas le talent de Yotasuke, avec qui il ‘arrête pas de se comparer, mais tente de compenser en travaillant fort. Et même si certains pensent que l’ardeur au travail est un talent en soi, il manque de confiance…

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Pages 54-55

Le style de ce manga est très ordinaire mais cela demeure une bonne lecture car les personnages sont attachants et le récit est entrainant. Toutefois, ce qui rend ce manga vraiment intéressant c’est qu’il nous ouvre une fenêtre sur le monde et les techniques de l’art d’une façon plutôt inhabituelle. En effet, l’auteur utilise le style narratif du manga shōnen en présentant une suite de défis et de compétitions comme moteur du récit ce qui a pour résultat de captiver l’attention du lecteur tout en lui enseignant les bases de l’art. Un bon manga mais surtout pour les amateurs d’art.

Blue period vol. 9, par Tsubasa Yamaguchi. Vanves: Pika (Coll. Seinen), mai 2022. 192 pages, 13.4 x 18.0 cm, 7 € 50 /  $12.95 Can, ISBN 978-2-8116-6977-5, Pour lectorat adolescent (12+).stars-3-0

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© 2021 Tsubasa Yamaguchi. All rights reserved.

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A Drunken Dream and other stories

DrunkenDreamAndOtherStories-Cov10 stories of the human heart.

Forty years ago, the legendary manga artist Moto Hagio reinvented the shōjo (girl’s comics) genre with an ongoing series of whip-smart, psychologically complex, and tenderly poetic stories. Here now, in English for the very first time, as the debut release in Fantagraphics Books’ ambitious manga line of graphic novels, are ten of the very best of these tales.

The work in A Drunken Dream and Other Stories spans Hagio’s entire career, from 1970’s “Bianca” to 2007’s “The Willow Tree,” and includes the mind-bending, full-color title story; the famously heartbreaking “Iguana Girl”; and the haunting “The Child Who Comes Home” — as well as “Autumn Journey,” “Girl on Porch With Puppy,” the eerie conjoined-twins shocker “Hanshin: Half-God,” “Angel Mimic,” and one of the saddest of all romance stories, “Marié, Ten Years Later.” 

A Drunken Dream and Other Stories is supplemented with a feature-length interview with Hagio, where she discusses her art, her career, and her life with the same combination of wit, candor, and warmth that radiates from every panel of her comics.” 

[Text from the backcover; see also the publisher’s website]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

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Bianca, p. 16

For an introduction on Moto Hagio (her membership of the Year 24 Group and contribution to the development of the modern shōjo manga as well as a selected bibliography) I refer you to my commentary on The Heart of Thomas (it is in French but you can read an auto-translated English version). 

A Drunken Dream and Other Stories is a compilation of ten short stories selected and translated by Rachel (formerly Matt) Thorn. It also includes a very interesting introduction to “The Magnificent Forty-Niners” (Year-24 Group) and a fascinating interview with Moto Hagio (both originally published in The Comics Journal #269 [July, 2005]). 

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Bianca, p. 13

The anthology starts with a short story titled “Bianca” (ビアンカ, 16 p., first published in Shoujo FriendSignature is V” special issue in 1970). Bianca comes to live with Clara’s family for a week because her parents are away for work (actually they are going through a divorce). She is shy but free spirited: she talks to herself in the mirror and dances barefoot in the forest. Clara finds her strange and laugh at her. When Bianca learns what her parents are up to she runs into the forest. Later that night she is found dead. Now an old woman and a painter, Clara has not forgotten her and keep drawing her into her sylvan paintings… stars-3-0

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Girl on Porch, p. 23

“Girl on Porch With Puppy” (ポーチで少女が小犬と / Pōchi de shōjo ga koinu to, 12 p., first published in COM in January 1971) offers a similar story. A little girl doesn’t behave has it is expected of her: she talks to and kisses her little dog, enjoys the beauty of nature and walking in the rain. She’s told she is too old for such child play. In the end, all the disapproving adults are pointing their index finger at her and she disappears! I guess this story refers to the fact that in Japanese society where conformity is the norm, if you diverge one way or another, you are ostracized and you become invisible to them (if they could they would make you disappeared!). stars-3-5

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Autumn journey, p. 46

In “Autumn Journey” (秋の旅 / Aki no tabi, 24 p., first published in Bessatsu Shoujo Comic in October 1971), a boy takes a trip to meet with his favourite author. He is unfortunately out on a horse ride but the boy meet his daughter instead. She discovers that her father is also his and that he abandoned the boy and his mother to start a new family. As he comes back from his ride, the father runs after the boy, but he has already boarded the train in tears, thankful that his father remembers him… stars-3-0

“Marié, Ten Years Later” (十年目の毬絵 / Jūnenme no Marie, 16 p., first published in Big Comic Original in March 1977), tells the story of Shima Taichi who nostalgically remembers his college years with his two best friends, Marié and Tsugawa. They were all aspiring artists. He was in love with Marié, but out of the blue she married Tsugawa who was a better artist and both left. He hasn’t seen them since. Shima always felt he was a loser, a geek, an average artist. Ten years later, Tsugawa calls him to let him know that Marié died and left a letter for him. Marié was missing the time when the three of them were together in perfect harmony. Tsugawa ended up not such a good artist after all and couldn’t produce anything for years making Marié unhappy. Shima decides to organize his first gallery show and invites Tsugawa… stars-3-0

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A Drunken dream, p. 79

In “A Drunken Dream” (酔夢 / Suimu, 20 p., first published in the illustrations collection 金銀砂岸 [kingin suna-gan / lit. “Golden sand coast”] in 1980), Lem Palomino works on a research station on Io and always has the same dream: he is a girl (in fact he is an hermaphrodite) and meets a beautiful stranger, but before they can consummate their love one of them dies. One day, she meets a newcomer on the station, Dr Gadan Safaash, who is the man of the dream! He also has the same dream. It seems the dreams are in fact past life memories. They are both stuck in a space-time gap and constantly relive the same tragedy… stars-3-5

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Hanshin, p. 98

“Hanshin: Half-God” (半神, 16 p., first published in Petit Flower in January 1984) is about two conjoined twin sisters, Yucy and Yudy. Yucy looks like and angel but she’s simpleminded and cannot process well the nutriments, so she’s slowly sucking the life out of Yudy, who is very intelligent but looks ugly because of her bad health. The doctors decides to separate the twins to save Yudy. After the operation, Yucy withers and starts looking ugly like Yudy used to be. After her death, Yudy has recovered and, when she looks in the mirror, she sees only the sister that she hated (or has she become her sister?). But she also loved her. She has an identity crisis and it makes her depressed… stars-3-0

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Angel mimic, p. 145

In “Angel Mimic” (天使の擬態 / Tenshi no gitai, 50 p., first published in Petit Flower in November 1984), Tsugiko “Alice” Arisugawa tries to kill herself. She wanted to become an angel. She is rescued by father Joseph and Shiroh who was walking the dog (Jiroh). At school, Tsugiko and Shiroh meet again as he is the new biology teacher. As they learn to know each other, he tries to cheer her up and figure up what’s wrong with her. At first he thinks that she’s depressed because she was dumped by her boyfriend, but then she confesses having had an abortion. She felt she was not good enough to raise a child by herself. He tells her “it was the child who became an angel. You want wings for the child.” She thinks, until human evolve into winged angels, she can at least pretend to be one… A touching story. stars-3-5

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Iguana girl, p. 174

In “Iguana Girl” (イグアナの娘 / Iguana no Musume, 50 p., first published in Petit Flower in 1991), because she’s “different”, a mother sees her baby girl as an iguana (at first I thought it was an allegory for a handicap baby but it seems that it’s simply because the girl was bigger and tomboyish). Rika will grow up complexed. Even if she is very intelligent and beautiful she will see herself as an iguana. However, she realizes that some other people look like animals too and she meets a nice guy that looks like a bull (he’s big and clumsy). When her mother dies, she sees her on her dead bed as an iguana too and imagines the fantasy of her mother being an iguana princess who fell in love with a human and asked a sorceress to transform her into a human. Maybe her mother felt also “different” and transposed her fear into her child? Rika then comes to term with her relationship with her mother. She’s able to move on in her life, marry and have a family of her own… Moto Hagio has confessed that this story is inspired by her own difficult relationship with her mother. stars-4-0

“The Child Who Comes Home” (帰ってくる子 / Kaette kuru ko, 24 p., first published in チャイルド 異形コレクション7 [Chairudo igyō korekushon 7 / lit. “Child Heteromorphic Collection 7”] in 1998) is a ghost story. After her youngest son dies in a traffic accident, a women pretend he is still there and even “sees” him. When she injures herself and is hospitalized, her older son (who’s in trouble at school for cheating and bullying) runs away to the grand-parents. On his way back, he sees his brother. The mother realizes she had been neglecting her other child (she also learns that she’s pregnant again) and stop pretending… stars-3-0

“The Willow Tree” (柳の木 / Yanagi no ki , 20 p., first published in Flowers in 2007) is another ghost story with the first sixteen pages containing only two panels each without any dialogue! A woman with an umbrella is waiting under a willow tree through several seasons to show the passage of the years. Finally, a man go see her and tells her that he was resentful and felt abandoned when she disappeared from his life suddenly. “You’ve been watching me all along (…) I am all right now, mother…” and he hugs the tree… stars-3-0

This superb anthology offers an excellent introduction to the work of Moto Hagio. With narratives imbued with broken families or the burden of non conformity, and their simple but effective art, they are very good examples of the shōjo and josei manga with great depth and complexity despite the fact that they are short stories — although the best stories are the two longest. It is a very good reading that will entertain you but also touch your heart…

A drunken dream and other stories, by Moto Hagio (translated by Matt Thorn). Fantagraphics Books, September 2010, 288 p., 7.3“ x 10.1“, $29.99 US, ISBN 978-1-60699-377-4. For young adult readership (16+). stars-3-5

For more information you can check the following websites:

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Original stories © 1977, 1985, 2007, 2008 Shogakukan Inc. English edition © 2010 Fantagraphics Books. Interviews © 2010 Matt Thorn.

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Astérix #39 – Astérix et le griffon

AsterixEtLeGriffon-cov“Astérix, Obélix et Idéfix sont de retour pour une 39e aventure. Accompagnés du plus célèbre des druides, ils s’apprêtent à partir pour un long voyage en quête d’une créature étrange et terrifiante. Mi-aigle, mi-lion, énigmatique à souhait, le Griffon sera l’objet de ce grand voyage ! Toujours réalisée par le talentueux duo formé par Jean-Yves Ferri au scénario et Didier Conrad au dessin, nul doute que cette nouvelle aventure proposera une quête épique et semée d’embûches à nos héros à la recherche de cet animal fantastique ! Le duo, toujours à pied d’oeuvre pour imaginer de nouvelles aventures, s’inscrit dans le fabuleux univers créé par René Goscinny et Albert Uderzo.”

“Un totem de Griffon planté dans un paysage enneigé, sauvage et apparemment désertique, Astérix aux aguets sur son cheval affichant lui-même un regard inquiet, Idéfix dans tous ses états, appelé par un Obélix troublé… Par Toutatis, où sont donc nos héros ?!?

Promesse d’aventure aux confins du Monde Connu, au pays des Sarmates, l’illustration de la couverture laisse augurer d’un Western transposé dans le grand froid… Didier Conrad, auteur du dessin, nous en dit plus : « C’est un Eastern ! Vous retrouverez dans l’album tous les codes classiques du Western : de grands espaces, des héros venus de loin aider des innocents, des « sauvages » qui subissent l’arrivée conquérante d’une armée… mais à l’Est ! »”

[Texte promo et du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Les voyages d’Astérix. © Éditions Albert-René

Au delà des frontières de l’Empire Romain c’est le Barbaricum, le territoire des barbares. Astérix, Obélix, Idéfix et Panoramix s’y aventurent en plein hiver pour aider un ami chaman du druide, Cékankondine. Les troupes de César ont envahi le territoire Sarmate à la recherche de leur animal sacré, le griffon, que César aimerait exhiber au cirque. Car le géographe Terrinconus lui assure que le grand explorateur grec Trodéxès de Collagène y en a vu. La nièce de Cékankondine, l’amazone Kalachnikovna, est prise en otage par les romains. Après moult péripéties, l’expédition des romains est déjouée. Le géographe cherchait plutôt de l’or et le fameux griffon n’est en fait qu’un cératopsidé (un styracosaure) prisonnier d’un lac gelé. César doit se contenter d’une girafe et le périple des gaulois se termine avec un banquet.

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Page 23

Bon, il faut se rendre à l’évidence: Goscinny et Uderzo sont bel et bien morts et leur héritiers ne sont pas à la hauteur. Toutefois, cet album n’est pas si pire et semble offrir un légère amélioration par rapport aux précédents. On y trouve quelques bon gags (à par les habituels noms humoristiques j’ai bien aimé la yourte nature du chaman ou la livraison gratuite d’amazone). Le dessin est excellent et le récit est plutôt intéressant. J’aime bien l’idée de faire voyager nos héros au-delà de l’Empire jusque dans les steppes pontiques où l’on retrouve les Sarmates et les Scythes. Et il est bien vrai que les romains croyaient à l’existence d’un bestiaire aussi fabuleux qu’improbable (César mentionne dans la Guerre des Gaules l’existence de licornes en Germanie et Pline l’Ancien mentionne plusieurs créatures du même genre dans son Histoire Naturelle). Malheureusement, l’action du récit est un peu platte et je trouve irritant le fait d’attribuer aux peuples du passé nos propres excès de rectitude politique. Cela reste une bonne lecture assez divertissante.

Astérix #39: Astérix et le griffon, écrit par Jean-Yves Ferri et illustré par Didier Conrad. Vannes: Éditions Albert René, octobre 2021. 48 p., 22.8 x 29.4 cm.  ISBN 978-2-86497-349-2. 10.50 € / $14.95 Can. stars-3-0

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© 2021 Les Éditions Albert René / Goscinny – Uderzo.

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Les futurs de Liu Cixin #4-5

Quinze récits de Liu Cixin adaptés en BD par des auteurs de tous pays. Quinze voyages d’un espace-temps où croisent les dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, tissant les possibles devenirs de l’humanité.

Les Futurs de Liu Cixin réunit quinze nouvelles, adaptées en bande dessinée, du plus grand écrivain contemporain [chinois] de science-fiction. Son oeuvre, qui explore les devenirs possibles de notre civilisation en conjuguant des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, a été couronnée d’innombrables prix (dont le prestigieux Hugo Award [en 2015]) et s’est vendue à des millions d’exemplaires dans le monde entier. Sa nouvelle “The Wandering Earth” (La Terre Vagabonde) a fait l’objet d’une adaptation cinématographique qui a battu tous les records, et une ambitieuse série télévisée tirée de sa trilogie Le problème à trois corps est en cours de production.

4. Nourrir l’Humanité

NourrirlHumanite-cov“Treize des plus riches personnalités du monde engagent un tueur à gages pour éliminer trois personnes parmi les plus pauvres. Hua Tang accepte le contrat mais s’interroge sur leur dangerosité. Est-ce lié aux étranges distributions populaires de sacs remplis de millions ? Ou bien aux extraterrestres qui se font appeler les Dieux et survolent inlassablement notre Terre depuis cinq ans ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Nourrir l’Humanité (Les Futurs de Liu Cixin, #4), par Sylvain Runberg (scénario, d’après une nouvelle de Liu Cixin) et Miki Montllò (dessin et couleur). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), juin 2022. 126 pages, 21.7 x 29.8 cm, 21.90 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03801-6. Pour un lectorat adolescent (12+). 

5. La Perfection du Cercle

PerfectionDuCercle-cov“227 avant JC, époque des Royaumes combattants. Ying Zheng, roi de la dynastie Qin, veut unifier la Chine. S’il prouve qu’il connaît le langage du Ciel et en comprend les desseins, il les mènera tous vers un avenir meilleur. Grâce à un tout nouveau mode de calcul de données à grande échelle, le savant Jing Ke va lui enseigner ce langage qui réside dans la forme la plus parfaite au monde, le cercle.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La Perfection du Cercle (Les Futurs de Liu Cixin, #5), par Xavier Besse (d’après une nouvelle de Liu Cixin). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), août 2022. 74 pages, 21.8 x 30 cm, 17.95 € / $29.95 Can, ISBN 978-2-413-03806-1. Pour un lectorat adolescent (12+). 

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD de nouvelles de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin”. L’édition française se fait dans un ordre légèrement différent et à ce qui semble être un rythme effréné (à peu près un album par mois!): 1. Terre Vagabonde (mars 2022, par Christophe Bec, Stefano Raffaele et Marcelo Maiolo), 2. Pour que respire le désert (mai 2022, par Valérie Mangin, Steven Dupré et Cyril Saint-Blancat), 3. Les trois lois du monde (mai 2022, par Xiaoyu Zhang et Pan Zhiming), 4. Nourrir l’Humanité (juin 2022, par Sylvain Runberg et Miki Montllò) et 5. La perfection du cercle (août 2022, par Xavier Besse). La série se poursuit ensuite avec les titres suivants: 6. Proies et Prédateurs (octobre 2022, par Jd Morvan, Yang Weilin et Hiroyuki Ooshima), 7. L’Attraction de la foudre (novembre 2022, un imposant album de 272 pages! Par Thierry Robin et Cyril Saint-Blancat), 8. Brouillage intégral (janvier 2023, par Marko Stojanovic, Maza et Desko), 9. La Terre transpercée (février 2023, par Wu Qingsong), 10. L’Ère des anges (mars 2023, par Sylvain Runberg et Ma Yi), 11. Au-delà des montagnes (avril 2023, par Eduard Torrents et Ruben Pellejero), 12. Le calcul du papillon (par Dan Panosian), 13. L’Humanité invisible (par Liu Wei), 14. L’Océan des rêves (par Rodolfo Santullo et JOK), et 15. Les Migrants du temps (par Sylvain Runberg et Serge Pellé). 

Cette série est un impressionnant projet d’envergure internationale puisqu’il mets en oeuvre trente-deux auteurs et artistes venus de onze pays (Chine, France, États-Unis, Argentine, Uruguay, Espagne, Belgique, Japon, Serbie, Italie et Bosnie Herzégovine) et sera publié dans au moins huit pays. Il a été conçu par le fondateur de la maison d’édition chinoise FT Culture, Li Yun (qui détient les droits internationaux sur les nouvelles de Liu Cixin), en collaboration avec la française Corinne Bertrand, qui a dirigé et édité la série. 

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Nourrir l’Humanité, p. 3

Nourrir l’Humanité (赡养人类 / Shànyǎng rénlèi / litt. “Soutenir les êtres humains” — le titre anglais est The Wages of Humanity) est adapté d’une nouvelle du même titre de Liu Cixin publiée en 2005 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kehuan shijie / litt. “Le monde de [la] science-fiction“ ou Science Fiction World). C’est le récit de Hua Tang, tueur à gage professionnel, qui reçoit le contrat d’éliminer trois personnes très pauvres: un artiste démuni, un musicien de rue et une jeune femme qui ramasse les déchets dans une décharge. Il s’interroge sur les raisons d’une telle commande et découvre que des envahisseurs venant coloniser la Terre ont offert de payer en compensation un salaire à tous les Humains, équivalent au revenu de la personne la plus pauvre. Pour ne pas trop diminuer leur train de vie, les plus riches décident de partager leur fortune avec le reste de la population en donnant à chacun un million de dollars. Toutefois, trois individu parmi les plus pauvres refusent l’argent, mettant ainsi en péril le revenu des riches. Le récit est entrecoupé de flashbacks qui raconte la jeunesse de Hua Tang, montrant comment il est devenu assassin. En parallèle, nous suivons l’histoire d’une autre Terre. Une civilisation très avancée, qui se fait appeler les “Dieux”, a créé trois planètes similaires à la Terre habitées par des Humains. Sur l’une d’entre elles, un riche industriel est devenu, à force d’acquisitions, l’unique propriétaire de la planète qu’il transforme en jardin personnel où tout est automatisé par une intelligence artificielle. Il règne sur une cour d’Humains cyber-augmentés et la plèbe d’Humains inférieurs est reléguée sous terre et vit dans des conditions difficiles due à la pénurie de ressources (ils doivent payer même l’oxygène qu’il respire). Lorsqu’ils osent demander une meilleure condition de vie, le propriétaire les expulse dans l’espace et leur disant de venir coloniser notre Terre… 

Le récit est bien mené, fluide malgré sa complexité, et présente d’intéressants éléments socio-politiques qui font une sorte de mise en garde sur des possibles avenirs dystopiques de notre planète. Le dessin est excellent, agréable et contribue bien à la fluidité du récit. Chose intéressante, cette histoire contient plusieurs éléments précurseurs ou similaires au roman Le problème à trois corps (d’abord paru en feuilletons en 2006 dans Science Fiction World — et dont j’ai déjà commenté le premier volume). C’est donc une excellente lecture. stars-4-0

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La perfection du cercle, p. 5

La Perfection du Cercle (圆 / Yuán / Litt. “Rond” — le titre anglais est The Circle) est adapté d’une nouvelle du même titre de Liu Cixin publiée d’abord en anglais en 2014 dans l’anthologie de “hard” science-fiction Carbide Tipped Pens: Seventeen Tales of Hard Science Fiction compilée par Ben Bova et Eric Choi et publiée par Tor Books (où l’on retrouve d’ailleurs la nouvelle “Snows of yesteryear” par Jean-Louis Trudel!). Il s’agit ici non pas de science-fiction mais d’une uchronie se déroulant au IIIe siècle AEC, à la toute fin de l’époque chinoise des Royaumes Combattants, alors que la dynastie Qin a finalement unifié les différents royaumes. Après avoir tenté d’assassiner le roi Ying Zheng (le futur empereur Qin Shi Huangdi) avec une épée dissimulée dans une carte enroulée, le mathématicien Jing Ke (qui dans ce récit survit à sa tentative) le convainc qu’il peut déchiffrer les mystères de l’univers grâce à la perfection du cercle. En effet, “le ratio entre la circonférence du cercle et son diamètre est une série de chiffres qui commence par 3.1415926 [pi] et continue à l’infini sans jamais se répéter.” Si l’on calcul ce ratio jusqu’à au moins cent mille décimales, la série de chiffres, une fois traduite en formes et en images, contiendra un message dévoilant le plus profond mystère de l’univers! Pour effectuer le calcul, il crée un véritable calculateur en utilisant les trois millions de soldats de l’armée de l’empereur, regroupé par équipes de trois (une sorte de transistor humain formé de deux entrées et une sortie), chacun portant un drapeau blanc (représentant le 0) et un drapeau noir (représentant le 1) pour former un opérateur  de fonction logique appelé “porte”. Malheureusement, la calcul est interrompu à mi-chemin car l’empereur est devenu mentalement instable à cause de la potion de mercure qui devait le rendre immortel, ce qui suscite un complot de la part de la Reine-Mère et du faux eunuque Lao Ai ainsi que des révoltes qui menèrent à l’exécution du roi et de son mathématicien…

Le récit est un peu moins intéressant que le précédant mais demeure tout de même fascinant par sa complexité et le processus mathématique  astucieux qu’il présente. Le dessin est encore une fois excellent. Le récit reprend également une idée présentée dans le premier volume du roman Le Problème à trois corps. Comme il s’agit d’une uchronie, on peut se demander sur laquelle des trois Terres se déroule cette fresque historique… Cela demeure divertissant et une très bonne lecture. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © Éditions Delcourt pour la présente édition.

 

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Le DALIAF en ligne !

daliaf-cover-montage-091147a551fd120c77fdef9936a138150b4755cbed2f3074b579eebbf4bd59d0Les Éditions Alire ont récemment annoncé que le Dictionnaire des auteurs des littératures de l’imaginaire en Amérique française (publié chez Alire en 2011 — voir mon commentaire sur le sujet) était maintenant disponible en ligne sur le site Daliaf.com. Il faut bien se l’avouer: ce genre d’ouvrage de référence suscite un intérêt limité dans les librairies et il est donc difficile (et très coûteux) de le maintenir à jour en publiant périodiquement de nouvelles éditions augmentées. La meilleure solution est donc de le mettre disponible en ligne et de cette façon l’information qu’il contient peut être régulièrement mise à jour avec de nouvelles entrées sur les publications récentes et les découvertes d’ouvrages et d’auteurs plus anciens mais jusqu’alors non recensés. Cela nous fait donc un très beau cadeau de noël de la part des instigateurs du projet, c’est-à-dire Claude Janelle et Jean Pettigrew. Merci infiniment messieurs!

Le DALIAF en soit présente déjà un énorme “travail de recherche, d’analyse et de compilation (commencé en 1984)“ mais le site Daliaf.com représente plus qu’une simple mise à jour de ce répertoire de la “production francophone canadienne dans les genres de l’imaginaire (science-fiction, fantastique, fantasy [principalement la SFFQ]) de 1835 à nos jours”. Car il y combine également “le contenu rédactionnel de plusieurs tomes de L’Année de la science-fiction et du fantastique québécois (L’ASFFQ)”. Je vous invite à la consulter et ainsi découvrir dans toute sa beauté l’étendu de l’imaginaire en Amérique française (vous pouvez en profiter pour consulter la notice sur l’auteur de ce blogue!).

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