Le goût d’Emma

LeGoutdEmma-covEmma a un don, celui du goût. Grâce à la finesse de ses papilles, elle réussit à devenir inspectrice au prestigieux Guide Michelin. Elle réalise son rêve : découvrir les secrets des chefs.

Sa mission est semée d’embûches. On l’envoie sillonner seule les routes de France pour visiter hôtels et restaurants. Elle mange trop, parfois mal, et se heurte au machisme du milieu. Mais guidée par sa passion pour la cuisine et son indépendance farouche, elle vivra une extraordinaire aventure sensuelle et humaine. Cette quête initiatique la conduira même jusqu’au Japon.

Inspiré de la véritable histoire d’une des premières femmes inspectrices au Guide Michelin, Le Goût d’Emma dévoile les coulisses de la gastronomie.

Ce roman graphique est le fruit du travail de trois femmes : deux auteures françaises, Emmanuelle Maisonneuve et Julia Pavlowitch, et une dessinatrice japonaise, Kan Takahama.

Le Goût d’Emma a fait l’objet d’une publication inédite au Japon dans le prestigieux hebdomadaire Morning puis chez l’éditeur tokyoïte Kodansha, sous forme de manga.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Le goût d’Emma (エマは星の夢を見る / Emma wa Hoshi no Yume wo Miru / lit. “Emma rêve d’une étoile”) est un manga seinen dessiné par Kan Takahama sur un scénario de Emanuelle Maisonneuve et Julia Pavlowitch. Il a été prépublié dans l’hebdomadaire Morning (#18-27) avant d’être compilé en un volume par Kodansha en juin 2017. La version française a été publié chez Les Arènes l’année suivante. Même si il a d’abord été publié au Japon, ce manga est une commande d’un éditeur français, produit en collaboration avec des auteurs français avec le marché de la bande dessinée franco-belge à l’esprit (d’où le fait que ce manga est en couleurs). Ce n’est d’ailleurs pas la première collaboration de ce genre pour Kan Takahama (il y a aussi Mariko Parade écrit avec Frédéric Boilet et L’Amant qui adapte le roman de Marguerite Duras). Cela n’a rien d’exceptionnel, d’autres mangaka comme Jirō Taniguchi (La montagne magique, Mon année, Les gardiens du Louvre, La forêt millénaire, Venise) ont fait des collaborations similaires.

Ce manga est un récit biographique inspiré de la vie d’Emmanuelle Maisonneuve. Elle a toujours aimé la cuisine et les voyage mais s’est finalement retrouvé à étudier en droit et à faire une carrière de journaliste. Un jour, sur un coup de tête, elle applique pour un poste au fameux Guide Michelin. Surprise! Elle est engagé mais cela l’amène loin des restaurants prestigieux de ses rêves. Pendant quatre ans elle doit se battre dans un milieu chauvin, où elle est la seule femme inspectrice, à parcourir les routes de province pour visiter de petits hôtels et restaurants où elle découvre le dure réalité de la restoration. C’est un travail ardu, où elle fait de nombreuses gaffes mais découvre aussi des perles rares.

Le goût d’Emma nous offre non seulement une histoire qui peut nous motiver à poursuivre nos rêves, mais aussi un intéressant récit qui lève le voile sur la façon dont les fameuses étoiles du Guide Michelin sont attribuée. Le récit coule bien et nous fait découvrir de nombreux plats des régions de France. On suit avec attention les tribulations d’Emma tant au travail que dans sa vie personnelle. Au début, je trouvais le style de Takahama un peu bizarre (particulièrement la façon qu’elle dessine les visages) mais je m’y suis habitué et je trouve ça même plutôt cool maintenant. Ce genre de récit me rappel un peu, avec nostalgie, les déambulations gastronomiques de Taniguchi (Le Gourmet solitaire, Rêveries d’un gourmet solitaire). Un manga appétissant qui nous offre une excellente lecture !

Le goût d’Emma, par Kan Takahama (dessin et couleur), Emanuelle Maisonneuve et Julia Pavlowitch (scénario). Paris: Les Arènes (Coll. BD), février 2018. 200 p., 17 x 24 cm, 18 € / $C 34.95. ISBN 978-2-35204-590-8. Pour lectorat adolescent (14+). stars-4-0

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© Les Arènes 2018 

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La couleur tombée du ciel (Gou Tanabe)

CouleurTombeeDuCiel-cov“Un projet de barrage promet d’engloutir toute une vallée reculée de la campagne américaine. Bizarrement, son dernier habitant se réjouit de voir le lieu disparaître sous les flots, en particulier la parcelle de terrain voisine… Les Gardner y ont vécu paisiblement pendant des années, jusqu’à ce que la chute d’une météorite juste devant leur maison fasse basculer leur quotidien.

Des scientifiques ont tenté d’étudier ce roc venu de l’espace, sans succès. La matière ne ressemblait à rien de connu et se distinguait par sa couleur inexistante sur Terre… Après cet événement, la faune et la flore ont commencé à s’altérer, les phénomènes étranges se sont multipliés, entraînant la famille Gardner dans une spirale de malheurs…

Avec un trait sombre et réaliste, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H. P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Que peut faire l’homme quand les forces issues des confins de l’univers s’abattent sur lui sans crier gare ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La couleur tombée du ciel (異世界の色彩 ラヴクラフト傑作集 / I sekai no shikisai – ravukurafuto kessaku-shū / lit. “Couleurs de différents mondes – Chefs-d’œuvre de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans Comic Beam (mai à novembre 2019), un magazine mensuel de Enterbrain (Kadokawa), avant d’être compilé en un volume. Ce manga seinen par Gou Tanabe adapte la nouvelle The Colour Out of Space, écrite par H.P. Lovecraft en mars 1927 et publié dans Amazing Stories en septembre de la même année. La traduction française est paru chez Ki-oon. Ce récit a d’ailleurs reçu deux adaptation cinématographique dans la dernière décennie: Die Farbe (2010) dirigé par Huan Vu et Color Out of Space (2020) par Richard Stanley (mettant en vedette Nicolas Cage).

Gou TANABE a adapté en manga de nombreux récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse et qui inclus “The Hound,” “The Temple,” et “The Nameless City”), The Colour Out of Space (2015, traduit en français chez Ki-oon), The Haunter of the Dark (2016, à paraître en français chez Ki-oon en mars 2021), At the mountain of madness (2016-17, publié en anglais chez Dark Horse et en français chez Ki-oon, et dont j’ai déjà commenté le volume 1 et le volume 2), The Shadow Out of Time (2018, publié en français chez Ki-oon et que j’ai récemment commenté), The Call of Cthulhu (2019, publié en français chez Ki-oon en septembre 2020). Sa plus récente adaptation est The Shadow Over Innsmouth (インスマウスの影 / Innsmouth no Kage) qui a débuté dans le numéro de juin 2020 de Monthly Comic Beam. 

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Des trois adaptations françaises paru jusqu’à maintenant chez Ki-oon, La couleur tombée du ciel est celle que j’aime le moins. Il faut dire que cette nouvelle n’est pas non plus mon texte préféré de Lovecraft — quoique je l’ai lu il y a très longtemps, je n’en garde pas une impression très positive… Toutefois, malgré ma mémoire embrumée, l’adaptation de Tanabe me semble assez fidèle. 

Le récit est fluide, le rythme est lent mais il y a trop d’invraisemblances dans le comportement des personnages, ce qui fait que je n’arrive pas à embarquer dans l’histoire. Il faut dire que ce genre littéraire me laisse généralement imperturbable et ne suscite aucune horreur (ni même peur ou crainte) chez moi. C’est aussi un peu court, mais cela reste tout de même un bon récit lovecraftien. Ce qui rachète l’ouvrage c’est sans aucun doute le sublime graphisme de Tanabe: c’est très beau, sombre et très détaillé (quoi que les expressions faciales des personnages sont parfois un peu statiques). Cette grande qualité graphique est complétée par le fait que Ki-oon nous offre encore une fois un superbe livre avec une couverture en simili cuir (bleue, cette fois), imitant les livres anciens. 

À lire, surtout si vous voulez connaître Lovecraft sans trop d’effort. Mais je suis surtout impatient de lire l’adaptation de L’appel de Cthulhu (relue et commentée l’an dernier) qui vient de paraître chez Ki-oon.

La Couleur tombée du ciel (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 4), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), mars 2020. 192 p. 15 x 21 cm, 15 € / $C 31.95. ISBN 979-10-327-0594-0. Pour lectorat jeune adulte (16+). Extrait disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-0

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© Tanabe Gou 2015

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Ad Astra XIII

AdAstraXIII-covLes ruses de Scipion ont mis Carthage en mauvaise posture… Hannibal accepte alors de parlementer avec son ennemi. Malheureusement, le Romain ne veut pas d’un statu quo… Ce sera la victoire ou rien ! Les deux chefs se séparent donc sans être arrivés à un accord. 

Mais les apparences sont parfois trompeuses et, pour le Carthaginois, cette discussion aura au moins servi un objectif : celui de mettre en place ses pions… ou, en l’occurrence, ses éléphants de guerre ! Si Rome a maintenant l’avantage, ses adversaires sont loin de s’avouer vaincus… 

Bravoure, complots et stratégie… Les légendaires Hannibal et Scipion s’affrontent une dernière fois. Plongez au cœur de cette ultime bataille !

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa non seulement Rome et Carthage mais aussi leurs stratèges respectifs: Scipion l’Africain et Hannibal Barca. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française est parue chez Ki-oon.

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Ce dernier volume de la série est entièrement consacré à la Bataille de Zama. Seize ans après qu’Hannibal ait traversé les Alpes, à l’automne 202 AEC, les deux généraux s’apprêtent à avoir une confrontation finale sur une plaine au sud de Carthage. L’armée d’Hannibal est composée de 80 éléphants de guerre qui forment l’avant-garde, 4000 cavaliers qui forment les ailes de chaque côtés de la formation d’attaque [l’aile gauche, est formée de cavaliers Numides] et 36 000 fantassins (une première ligne de frondeurs Baléares, une deuxième ligne de soldats Libyens et Carthaginois [commandé par Silenos] et une troisième ligne de soldat Ibères et Gaulois plus expérimentés [sous le commandement d’Hannibal]). L’armée de Scipion est composée de 6000 cavaliers (qui forment les ailes, des Numides [à droite, 4000] sous le commandement de Massinissa, et des romains [à gauche, 2000] sous le commandement de Caius) et de 29,000 fantassins (une première ligne intercalant des fantassins Légers Vélites [sous Appius] et des fantassins lourds Hastati [sous Bandius], une deuxième ligne de fantassins lourds principes [sous Marcus], et une troisième ligne de fantassins lourds triarii [sous Scipion]).

La charge des éléphants d’Hannibal (trop jeunes et inexpérimentés) reste sans effet. Scipion, qui a étudié les tactiques de l’ennemi, réussi à les retourner contre lui. Il évite les feintes et réussi à encercler l’armée carthaginoise. C’est la victoire mais Hannibal survit et fuit vers Carthage où il s’adresse au sénat pour obtenir du renfort, sans succès. Pour épargner sa cité, il décide donc de se rendre à Scipion. Il se rend à Tunis pour négocier la paix. Carthage devra payer une lourde indemnité à Rome, abandonner ses colonies et renoncer à son armée. Scipion triomphe à Rome mais il est politiquement affaibli par l’inimitié de Caton et des accusations de corruption. Il mourra en 183 AEC, amère, pestant contre l’ingratitude romaine. Hannibal est exilé et, après une longue errance, trouve refuge au royaume de Bithynie, où il est traqué par les troupes romaines mais il choisit de se donner la mort par poison plutôt que d’être capturé ou tué par les romains… Il meurt la même année que Scipion… Les deux héros eurent donc une fin tragique, sans gloire… Rome règlera définitivement son compte à Carthage avec la troisième guerre punique (149-146 AEC).

Cette série de manga prends fin d’une façon un peu décevante. Toutefois, elle a offert ce qui était promis, c’est-à-dire une histoire un peu romancée de la deuxième guerre punique, axé sur les caractères des deux généraux opposés. Elle a suivi le fil de l’Histoire, sans plus. Si le récit est bon, voir captivant (si vous aimé les détails de tactiques militaires, bien sûr), c’est surtout son superbe dessin, très constant dans sa qualité, qui vole la vedette dans cette série. Il est clair et très précis, juste suffisamment efficace pour bien décrire les scènes de combats. 

Un manga fort intéressant, à lire surtout si vous êtes amateur de manga historique et de la Rome Antique.

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. XIII, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, novembre 2018. 210 pages (208 pl), 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 979-10-327-0335-9. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-0

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Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

ad_astra-v01 ad_astra-v02 ad_astra-v03 AdAstra-v04-cov
AdAstra-v05-cov AdAstra-v06-cov AdAstra7-cov AdAstra8-cov
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Le monde selon Setchan

MondeSelonSetchan-cov“Dans un monde alternatif, la société tokyoïte est secouée par des mouvements étudiants. Sur fond de terrorisme et de préoccupations nucléaires post-Fukushima, Setsuko, étudiante, fait figure d’exception: Apolitique, détachée de cette réalité, elle n’a d’attrait que pour le sexe sans lendemain. Son destin  croise celui d’Atsushi, un étudiant sans histoires. Setchan et Akkun, deux êtres que tout oppose. Deux êtres que l’absurdité tragique de la vie va rapprocher pour mieux les séparer.”

[textes du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le monde selon Setchan (セッちゃん / Secchan) est un manga Seinen par Tomoko Oshima qui a d’abord été sérialisé dans Ura Sunday avant d’être publié en un volume unique par Shôgakukan en novembre 2018. Tomoko Oshima est surtout connu au Japon pour ses courts video clip d’animation. C’est son premier manga.

MondeSelonSetchan-p005C’est l’histoire d’une collégienne un peu perdue et qui couche avec beaucoup de garçon, sur une trame de fonds de troubles socio-politiques fictifs — une révolte étudiante comme le Japon en a connu à la fin des années soixante ou similaire aux récentes protestation de BLM. Elle rencontre un garçon avec qui elle ne couche pas et se laisse porter par le courant jusqu’à ce qu’elle meurt dans un attentat…

Le récit est anecdotique et, comme la vie de Setchan, sans véritable direction. Toutefois il est empreint d’une belle nostalgie. Le dessin est minimaliste et plutôt brouillon mais offre l’essentiel pour soutenir le récit tout en étant même charmant. Il s’agit d’une lecture choisie au hasard pour tuer le temps, parce que c’était un volume unique, mais qui en fin de compte ne déçoit pas et offre une bonne distraction. Intéressant.

Le monde selon Setchan, par Tomoko Oshima. Poitiers: Le Lézard Noir, mai 2020. 180 pg , 15 x 21 cm, 11,00 € / $21.95 Can, ISBN: 978-2-353-48179-8. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

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SECCHAN © 2018 Tomoko OSHIMA.

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Le Mahâbhârata

Mahabharata-covLongtemps méconnu en Occident, le Mahâbhârata est le plus long poème composé au monde. Écrit en sanskrit et initié au IVe siècle avant notre ère, enrichi pendant 700 ans, il est quinze fois plus long que la Bible et il défie l’imagination par sa complexité.

Cette épopée foisonnante et démesurée est à l’origine de mille croyances et légendes qui irriguent l’âme indienne et inscrivent le Dharma, la loi qui régit le monde, au cœur des hommes. Ce « grand poème du monde » raconte la longue et furieuse querelle dynastique qui opposa deux clans de cousins à 5 contre 100. Il compte seize personnages centraux dont Krishna, avatar divin descendu sur terre, qui apparaît là pour la première fois dans la mythologie indienne.

La guerre racontée dans le Mahâbhârata se situe à l’aube du Kali Yuga, “l’âge sombre” dabs lequel nous vivons encore, qui aurait débuté, selon les hindous, trois milles ans avant notre ère. L’inépuisable poème épique faite de religion, de politique, de sociologie, de loi, de morale, de cosmologie tout autant que de délivrance, but ultime de la condition humaine selon la tradition indienne.

Tout en restant fidèle à l’esprit originel, le romancier et scénariste Jean-Claude Carrière a écrit le “roman du Mahâbhârata” en aménageant le conte traditionnel pour le rendre accessible, et le dessinateur Jean-Marie Michaud s’est saisi de ce récit fantastique pour en faire une extraordinaire adaptation graphique.

(Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

Jean-Claude Carrière a longtemps été fasciné par ce poème épique hindou — le plus long jamais composé. Et pour cause, le Mahâbhârata (महाभारत / lit. “La Grande Guerre des Bhārata [descendants de l’empereur légendaire Bharat”]) est, avec le Ramayana, l’un des grands livres sacrés de l’Inde, texte fondateur de l’hindouisme. C’est un récit long et complexe (dix-huit livres composé de plus de quatre-vingt-mil strophes!). Carrière n’en a conservé que la trame principale (en éliminant les très nombreuses histoires secondaires) pour former une première adaption pour le metteur en scène Peter Brook. Le résultat fut une pièce de théâtre de neuf heures qui fut d’abord présentée au Festival d’Avignon de 1985 avant de partir en tourné pour trois ans. La pièce fut elle-même adaptée en mini-série pour la télévision puis en film. Mais Carrière n’en resta pas là. Il a raffiné son adaptation pour la rendre plus accessible au public et l’a publié sous forme de roman en 1989. Jean-Marie Michaud en a repris le texte et, après trois ans de travail, nous offre cette merveilleuse adaptation graphique.

Je ne m’attarderai pas trop sur le récit qui est, comme je l’ai dit, fort complexe. C’est difficile à suivre avec tous ces retournements de situations et ces noms hindous difficiles à prononcer. En gros, il s’agit d’abord du mythe d’origine de l’hindouisme, suivi du récit d’une querelle de succession pour le trône du royaume de Hastinapura. Diverses aventures amoureuses ont crées deux branches familiales qui se disputent: les Pandava (au nombre de cinq: les jumeau Nakula & Sahadeva, Yudhishthira, Bhima et Arjuna) et les Kaurava (au nombre de cent, mais les acteurs principaux sont Duryodhana et Dushassana). Le conflit culmine avec la bataille de Kurukshetra. Le récit est bien mené et, malgré la difficulté, demeure divertissant, intéressant et agréable à lire.

Toutefois, ce qui m’a vraiment accroché c’est le superbe dessin de Jean-Marie Michaud. Je ne connais pas grand chose à la culture indienne / hindoue, mais cette adaptation graphique (costumes, arrières plans, etc.) représente bien ce que j’imagine devait être l’apparence de ces héros épiques. La technique et les tons de couleurs utilisés me rappel beaucoup le style de Bilal. J’ai trouvé tout cela très beau et j’ai adoré. Je recommande chaleureusement cette bande dessinée, surtout si vous êtes curieux de découvrir (avec une certaine aisance) la culture hindoue ainsi que ce texte mythique qu’est le Mahâbhârata.

Le Mahâbhârata, par Jean-Claude Carrière (adaptation) et Jean-Marie Michaud (dessin). Lachapelle-sous-Aubenas: Editions Hozhoni , octobre 2019. 444 pages, 19.5 x 27.5 cm, 35,00 € / $C 66.95, ISBN 978-2-37241-049-6. Pour lectorat adolescent (12+). Un extrait de vingt-neuf pages est disponible sur le site de BDgest. stars-4-0

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© 2019, Editions Hozhoni

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Le vieil homme et son chat vol. 2-4

Comment prendre le temps de vivre et de vieillir en faisant de chaque moment un trésor d’humour, de tendresse et de nostalgie? Le vieil homme et son chat pourrait bien connaître le secret du bonheur.

Dans une petite ville côtière du Japon, loin des mégalopoles, Daikichi, instituteur à la retraite et veuf, vit avec Tama, un chat âgé de 10 ans. Ou alors est-ce le matou qui veille sur son maître pour honorer une promesse faite à son épouse disparue ? Difficile à dire, tant les deux compères sont inséparables.

Vol. 2: Le vieil homme et son chat se font les griffes

VieilHommeEtSonChat-2-covCueillette de fruits de gingko, enquête sur l’apparition d’un fantôme, séjour à Tokyo… Un retraité affairé, Daikichi ? Accompagné d’un Tama fidèle au poste, il sait aussi chérir ces instants quotidiens d’autant plus précieux qu’ils sont fugaces, et goûter avec ses voisins les évocations du riche passé de l’île où l’on vit avec les chat.

(Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

Le vieil homme et son chat se font les griffes (t. 2), par Nekomaki. Paris: Casterman, juin 2019. 176 pages, 15.1 x 20.9 cm, 15,00 € / $C 28.95, ISBN 978-2-203-15567-1. Pour lectorat adolescent (12+).

Vol. 3: Le vieil homme et son chat se frisent les moustaches

VieilHommeEtSonChat-3-covCoup de tonnerre sur l’île : alors que Daikichi jardine, que ses voisines se querellent et que le gourmand Tama chipe de la nourriture, les habitudes de chacun sont égayées par l’arrivée d’un jeune et charmant médecin venu de la ville. Le citadin pourra compter sur la bienveillance des humains et des chats, parfois à son corps défendant…

(Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

Le vieil homme et son chat se frisent les moustaches (t. 3), par Nekomaki. Paris: Casterman, octobre 2019. 176 pages, 15.3 x 20.9 cm, 15,00 € / $C 28.95, ISBN 978-2-203-15568-8. Pour lectorat adolescent (12+).

Vol. 4: Le vieil homme et son chat boivent du petit lait

VieilHommeEtSonChat-4-covLes saisons se suivent sur l’île aux chats mais elles ne se ressemblent pas ! L’épicerie ferme, obligeant la population à organiser des missions de ravitaillement sur l’île voisine… Et voici Daikichi en charge du colis des vieux ! Au café, en revanche, on embauche. Et quelle nouvelle recrue : une jeune femme qui fait chavirer bien des coeurs et donne envie aux anciens de jouer les entremetteurs avisés…

(Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

Le vieil homme et son chat boivent du petit lait (t. 4), par Nekomaki. Paris: Casterman, juillet 2020. 176 pages, 15.2 x 21.1 cm, 15,00 € / $C 28.95, ISBN 978-2-203-17924-0. Pour lectorat adolescent (12+).

J’ai déjà parlé du premier tome de cette série. Le vieil homme et son chat (ねことじいちゃん / Neko to Jii-chan) est un manga seinen publié en feuilletons dans Comic Essay Gekijou (Media Factory) et qui a été compilé en volume chez Kadokawa depuis septembre 2015. La série est toujours en cours au Japon (la version française du vol. 5 est paru en octobre 2020 et un sixième volume est paru au Japon en janvier 2020).

Je rappel d’ailleurs que le manga a été adapté au cinéma sous le titre The Island of cats, qui est sortie en salle au Japon en février 2019 (le film de 103 min. est réalisé par IWAGŌ Mitsuaki sur un scénario de TSUBOTA Fumi et met en vedette TATEKAWA Shinosuke, SHIBASAKI Kō, EMOTO Tasuku, YAMANAKA Takashi, HAYAMA Shōno, TANAKA Yūko et KOBAYASHI Kaoru; pour plus d’information voir le site officiel ainsi que les sites suivants: ANNAsianWikiIMDbYoutube).

Ce manga nous raconte la vie quotidienne de Daikichi, un vieil instituteur à la retraite, de son chat, Tama, mais aussi de tous les autres habitants d’un petit village côtier japonais situé sur l’île aux chats. Chaque volume nous offre seize histoires courtes divisés selon les quatre saisons. Le récit est entrecoupé de quelques flashback qui développent un peu l’histoire des personnages. Chose amusante, les auteurs (car ce pseudonyme cache deux auteurs) ajoutent de temps en temps quelques recettes de cuisine locale. 

C’est un manga plein d’humour et de tendresse, au rythme lent, paisible et d’une atmosphère nostalgique qui me rappelle un peu les récits du regretté Jiro Taniguchi. Toutefois, ce qui caractérise le plus ce manga c’est son style un peu inhabituel au crayonné et à l’aquarelle. C’est vraiment très beau et visuellement agréable.

Le vieil homme et son chat offre donc une lecture enrichissante et chaleureuse que je recommande à tous mais surtout aux amateurs de chats et de culture japonaise. stars-4-0

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© Nekomaki / ms-work 2015-2016.

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Revue de zines… [002.020.305]

Un survol de quelques zines en tous genres… J’en épluche le contenu pour vous.

Animeland #231 (Juillet-Août 2020)

Animeland-231Avec ce numéro Animeland termine sa transformation en mook avec l’adoption d’un format légèrement plus petit (19.2 x 27 cm) et nous offre un super-dossier sur Ghost in the shell (quarante-deux pages)! On remarque en premier lieu des changements au niveau de la rédaction: jusqu’au début de 2019 Émilie Jollois était directrice de publication avec Christopher Macdonald comme Rédacteur en chef, puis Cédric Littardi la remplace avec Steve Naumann comme directeur éditorial. Avec ce numéro, Christopher Macdonald n’est plus mentionné et on retrouve deux directeurs éditorial: Sébastien Post (pour Ynnis) et Sébastien Célimon (pour Animeland). AM Media Network en est toujours l’éditeur et Anime News Network y est toujours un actionnaire mais la relation semble en être maintenant plus une de collaboration et d’entre-aide…

Le dossier de couverture commence avec un portrait du créateur de Ghost in the Shell, Masamune Shirow, puis on en décrit l’univers, les personnages, et les différents titres (série TV, OVA, films) avant d’aborder la plus récente série: GitS SAC_2045. On en fait le portrait des réalisateurs (Kenji Kamiyama et Shinji Aramaki), on poursuit sur des portraits et entrevues avec le producteur (Taiki Sakurai) et la conceptrice russe (character design, Ilya Kuvshinov). Finalement on traite de la musique, de la fascination de Shirow pour les armes et puis des figurines consacrées à la série.

En plus de la une, le numéro est divisé en cinq grandes sections: “On a vu” introduit quelques animation notoires (Altered Carbon: REsleeved, Sing Yesterday for me, Gleipnir, Appare-Ranman,  BNA, Tower of God, Carole & Tuesday S2, La famille Willoughby), un dossier (20 pages) sur comment l’industrie de l’animation s’en tire (ou pas) face au confinement de la COVID-19, et “Focus” qui met en lumière divers sujet d’actualité (l’animation Ailleurs de Gints Zilbqlodis, la plateforme de BD numérique Webtoon, l’anime Castlevania, et le festival virtuel de Annecy 2020). Après un dernier dossier (22 pages) qui fait le tour des plateformes de Video À Demandes (VÀD ou streaming) d’anime en France (Crunchyroll, ADN, Wakanim, Netflix, Amazon Prime, Okoo, France 4, Disney+), le numéro se conclut sur une série de chroniques (Jeu vidéo, Trouvaille, Musiques et Humeur).

Le format et la présentation sont agréables et aérés. Le contenu est varié et riche mais (comme je l’ai souvent dit) parfois un peu vague. J’apprécierais plus d’informations détaillées comme une fiche en encart qui donne toutes les informations de production sur un titre. Finalement, grave erreur, pas un mot sur les mangas dans ce numéros ! WTF?! L’industrie du manga est très liée à celle de l’anime et en est pour moi INDISSOCIABLE. Cette absence est impardonnable et sera corrigée j’espère dans les prochains numéros. (Je sais il s’agit ici d’ANIMEland mais je m’attend tout de même à une balance 50/50 ou tout au moins 60/40 entre les deux sujets). Finalement, l’ultime question demeure: ces changements réussiront-ils à permettre au magazine de survivre en ces temps difficiles ? (Le temps nous le dira… Pour l’instant je dois attendre que le numéro 232, qui vient tout juste de paraître, traverse l’Atlantique…)

Intéressant mais aussi un peu décevant. stars-3-0

dBD #144 (Juillet 2020)

dBD-144À la une ce numéro dBD nous offre une entrevue avec Jim, qui nous parle de sa série Une nuit à Rome à l’occasion de la sortie du tome quatre (chez Grand Angle). Le numéro se poursuit sur des entrevues avec Joël Alessandra (Les Voyages d’Ibn Battûta, avec Akalay, chez Dupuis, coll. Aire Libre), Romain Hugault (Pin-up Wings, t. 5 chez Paquet Coll. Cockpit), Zep (sur sa série Titeuf et la participation à une campagne Covid-19), Pascal Pierrey (rédacteur en chef de Picsou de 1990 à 2020) et James & Daniel Clarke (Kariba, chez Glénat).

On retrouve également des articles sur le dessinateur des petits Mickey Floyd Gottfredson, sur l’éditeur de manga Pika à l’occasion de son vingtième anniversaire, et sur l’intersection entre disques et BD (“Les disques d’aventures”). L’article sur Pika Éditions est tout particulièrement intéressant. Fondée en janvier 2000, cette maison d’édition spécialisée dans le manga s’adapte sans cesse pour rester compétitive: en 2007 elle intègre le groupe Hachette, puis adopte le Digital first (publiant ses titres d’abord en ligne), en 2015 elle se lance dans le “Simultrad” (parution de chapitre traduit en français en même temps que la version japonaise), en 2016 elle lance la collection Pika Graphik pour les titres plus sérieux, puis acquiert Nobi Nobi pour avoir une collection jeunesse, en 2018 elle y ajoute le “manfra” (manga de création française!). Ce qui fait qu’elle est maintenant le 2e éditeur de manga en France (avec 1800 titres, 64 séries en cours, 350 nouveautés par an et 40 millions d’exemplaires vendus au total) !

Dans le Cahier Critique je note La couleur tombée du ciel par Gou Tanabe chez Ki-oon (Super: “toujours le même soin apporté à la fabrication du livre (…) le trait sombre et détaillé de l’auteur japonais fait une nouvelle fois mouche, plongeant le lecteur dans l’émoi et la crainte”), Anonyme ! t. 1 par Kimizuka & Hioka chez Soleil/Manga (Super: ”une série qui se révèle plus fine qu’il n’y paraît“), Peuple Invisible par Shohei Kusunoki chez Cornélius (Super: “recueil de récits courts (…) paru dans le fameux magazine Garo entre 1970 et 1972. (…) Le résultat est surprenant, plein d’emphase pour un petit peuple souterrain, dont les tranches de vie questionnent en permanence la validité de leur propre existence. (…) excellent raconteur et très bon dialoguiste.”), Orient – Samurai Quest t. 1 par Shinobu Ohtaka chez Pika (Bien: “Si ce premier tome est globalement maîtrisé, il se révèle en revanche assez répétitif”) et Ad Romam t.1 & t.2 un collectif aux Éditions du Rocher (Bien: “Avec cette trame fantastico-historique, la série peut présenter de façon didactique et plutôt vivante l’histoire antique (…). Le tout est de bonne facture (…) malgré les dessins assez maladroits (…).”).

Comme toujours, dBD nous offre une lecture riche en informations et en découvertes… stars-4-0

dBD #145 (Août 2020)

dBD-145Un numéro spécial Été qui nous offre simplement les coups de coeur de la rentrée (neuf albums tout public et trois albums jeunesse) — mais pas d’actualités ou de Cahier Critique. Pour chaque titre, on retrouve une entrevue avec l’/les auteur(s) et un bref extrait d’environ trois à cinq pages. 

Du côté tout public on retrouve Radium Girls par Cy chez Glénat (Coll. Karma), Tanz ! Par Maurane Mazars chez Le Lombard, Les croix de bois par JD Morvan & Percio (d’après Dorgelès) chez Albin Michel, Mademoiselle J t.2 par Yves Sente & Laurent Verron chez Dupuis, Stern t.4: Tout n’est qu’illusion par Frédéric & Julien Maffre chez Dargaud, L’Alcazar par Simon Lamouret chez Sarbacane, Journaux troublés par Sébastien Perez & Marco Mazzoni chez Soleil (Coll. Métamorphose), Les frères Rubinstein t.1 par Luc Brunschwig, Leroux & Chevallier chez Delcourt, ainsi que Terre t.1 par Christophe Dubois & Rodolphe chez Daniel Maghen.

Du côté jeunesse on retrouve Le roi des oiseaux par Alexander Utkin chez Gallimard, L’Homme qui courait après sa chance par Pozla chez Delcourt et Les géants t.1: Erin par Lylian, Paul Drouin & Lorien Aureyre chez Glénat.

Rien de bien excitant dans ce numéro. stars-3-0

Nouveau Magazine Littéraire #29 (Mai 2020)

lnml-298Je ne lis pratiquement jamais de magazine sur la littérature générale mais ce Spécial Science-Fiction par Le Nouveau Magazine Littéraire (récemment racheté par son concurrent Lire) me semblait intéressant. En effet, outre les habituelles chroniques (Idées, Portrait, Critiques essais et fiction) que j’ai a peine survolées, ce numéro offre deux dossiers qui vont bien ensemble: un sur “Où est le progrès ?” et un autre sur la Science-Fiction.

Le dossier de couverture (vingt pages) se demande si notre société / civilisation fait encore des progrès (d’un point de vue littéraire, philosophique, économique et, bien sûr, scientifique). Doit-on remettre en cause la notion de progrès? Intéressante question. Les articles nous propose, évidemment, plusieurs suggestions de lecture pour poursuivre la réflexion…

Le dossier SF (en trente-deux pages) nous propose un dizaine d’articles. Dans “Prenez les issues de secours!”, Alexis Brocas nous présente différents scénarios où les auteurs de SF traitent de la survie de l’Humanité. Selon René Barjavel, dans La Faim du Tigre, cela se résume à une alternative: soit l’autodestruction apocalyptique, soit la fuite dans les étoiles…

Dans “Avis de réapparitions”, le magazine fait un retour sur les oeuvres fondamentales de trois auteurs dont on fête le centenaire: Frank Herbert (Dune), Isaac Asimov (Les Robots, Fondation, La Fin de l’Éternité) et Ray Bradbury (Fahrenheit 451, Chroniques Martiennes).

Dans “Narrés au décollage” on explore deux thèmes essentiels du genre: les voyages interstellaires et la terraformation de planètes. Dans la même ligne, “Panorama: Huit Planètes” nous présente les voyages galactiques au travers de huit monde différents: Luna (de Ian McDonald), L’archipel du rêve (de Christopher Priest), Trantor (dans Fondation de Isaac Asimov), Omale (de Laurent Genefort), Hypérion (de Dan Simmons), Trisolaris (dans Le Problème à Trois corps de Liu Cixin), Oasis (dans Le Livre des choses étranges de Michel Faber) et Vermillon Sands (de J.G. Ballard).

Dans ”Do you speak globish?”, Frédéric Landragin offre une réflexion sur les différentes manières dont la littérature de SF approche le problème principal du premier contact: l’aspect linguistique.

Dans “La main sur le tracker”, Marie Fouquet compare la surveillance accrue de l’état (drone, application de traçage, reconnaissance faciale) au temps de la crise COVID non pas avec le classique 1984 d’Orwell mais avec Les Furtifs d’Alain Damasio.

Dans “Ils nous l’avaient bien dit !”, Jean-François Paillard présente une SF, non pas postapocalyptique, mais celle qui annonce les lendemains qui chantent, les mondes meilleurs. Au delà du classique Meilleurs des Mondes (Aldous Huxley), il cite Ecotopia (Ernest Callenbach), Les dépossédés (Ursula Le Guin), Simon Du Fleuve 1: Le Clan des centaures (Claude Auclair), Après le monde (Antoinette Rychner), Gandahar (Jean-Pierre Andrevon), Semiosis (Sue Burke) ou Sa majesté des clones (Jean-Pierre Hubert).

Dans ”Galaxies africaines”, Hubert Prolongeau nos introduit à l’afrofuturisme avec des titres comme Nova (Samuel R. Delany), Kirinyaga (Mike Resnick), Qui a peur de la mort ? (Nnedi Okorafor), La Trilogie de l’héritage (Nora Keita Jemisin), L’Incivilité des fantômes (Rivers Solomon) et Rouge Impératrice (Léonora Miano).

Dans “L’invention de nouveaux genres”, Sandrine Samii nous parle de la SF déclinée au féminin qui s’interroge sur la sexualité: La Main gauche de la nuit (Ursula K. LeGuin), La Servante écarlate (Margaret Atwood), Chronique du pays des Mères (Élisabeth Vonarburg), Dawn (Octavia Butler) et Libère-toi Cyborg! (Ian Larue).

Dans “Humains, plus trop humains”, Alexis Brocas nous parle de notre extinction avec des romans apocalyptiques comme Je suis une légende (Richard Matheson), Le Fléau (Stephen King), La Route (Cormac McCarthy), Un Cantique pour Leibowitz (Walter M. Miller), Niourk (Stefan Wul), ou même World War Z (Max Brooks).

Un dossier SF ne serait pas complet sans un article sur les adaptations cinématographiques, ce que nous offre Hervé Aubron avec “Au cinéma, l’odyssée de l’impasse”. Le tout se termine sur une bibliographie qui nous suggère une sélection d’auteurs cultes: Philip K. Dick (Le dieu venu du centaure), Robert A. Heinlein (Étoiles, garde à vous!), Robert Silverberg (Les profondeurs de la Terrre), Jack Vance (Cycle de Tschaï), William Gibson (Neuromancien), A.E. Van Vogt (Le cycle du Non-A), Stefan Wul (Niourk), Stanislas Lem (Solaris), Ursula K. LeGuin (La main gauche de la nuit), Ayerdale (Mytale), Dan Simmons (Hypérion), Ann Leckie (La justice de l’ancillaire) et Pierre Bordage (Les guerriers du silence). On y ajoute aussi un essai: L’autre-mental: Figures de. l’anthropologue en écrivain de science-fiction (Pierre Déléage). stars-3-5

Solaris #214 (Printemps 2020)

Solaris-214Ce numéro spécial de Solaris est consacré aux Univers de Joël Champetier. Cinq ans après le décès de ce talentueux écrivain québécois, dix auteurs revisitent ses univers en nous offrant des textes qui s’inspirent et se situent dans l’oeuvre de Joël.

  • “Le passeur de livres” par Geniève Blouin se situe dans l’univers du Mystère des Sylvaneaux
  • “Comment le shiba aux pattes silencieuses décida l’avenir du monde” par Philippe-Aubert Côté se situe dans l’univers de “Visite au comptoir dénébolien” originalement publié dans Sourires
  • “Petite Poule rousse” par Jonathan Reynolds se situe dans l’univers de La Peau Blanche
  • “Celui qui crie” par Ariane Gélinas se situe dans l’univers de La mémoire du lac
  • “La mémoire du papillon” par Pascal Raud se situe dans l’univers de L’aile du papillon
  • “La mort au fond du monde” par Sébastien Chartrand se situe dans l’univers de La mer au fond du monde
  • “L’Amour en l’absence” par Jean-Louis Trudel se situe dans l’univers de La taupe et le dragon
  • “La voie du maître” par Éric Gauthier se situe dans l’univers des Sources de la magie 
  • “Le Rouge” par Élisabeth Vonarburg se situe dans l’univers de “Poisson-soluble” originalement publié dans Solaris #59
  • “Concerto pour extraterrestres ou mathématiciens” par Hugues Morin et Joël Champetier se situe dans l’univers de “Luckenbach, les mathématiques, et les autres dangers de Montréal” originalement publié dans Solaris #100

Le numéro se termine avec un autre épisode des “Carnets du Futurible”, par Mario Tessier: “Joël Champetier et la science dans ses oeuvres de fiction”. Le Futurible nous présente d’abord une courte biographie de l’auteur, puis commente quatre nouvelles (“Survie sur Mars” in ASFFQ 1987, “Coeur de fer” in Solaris 93, “Dieu, un, zéro” in ASFFQ 1990 et “Luckenbach, les mathématiques, et les autres dangers de Montréal” in Solaris 100) et deux romans (La Mer au fond du monde et La Taupe et le dragon) qui comportent des références explicites à la science.

Un fascinant numéro de Solaris qui se veut en quelques sortes un compagnon pour Tous mes univers, un recueil qui offre l’intégrale des nouvelles de Joël Champetier (trente-deux textes, 570 pages!, publié chez Alire), incluant même un inédit: le premier chapitre du roman inachevé Le Carrousel martien. stars-4-0

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Revue de zines… [002.020.209]

Un survol de quelques zines en tous genres… J’en épluche le contenu pour vous.

Animeland #230 (Avril-Juin 2020)

Animeland-230Après des délais de parution, des problèmes de distribution et finalement la COVID-19, je commençais à craindre pour la santé d’Animeland… Mais non, le magazine français de l’anime et du manga nous reviens avec une nouvelle formule qui tiens plus du mook que du magazine. C’est un superbe numéro de 144 pages, plein à craquer de dossiers richement illustrés et d’information de toutes sortes (mais il n’y a plus de section sur les actualités car il est beaucoup plus pertinent et opportun de les retrouver sur le site internet). Ce que AL aurait toujours dû être…

À la une on retrouve un énorme dossier de cinquante pages (!) sur City Hunter : la série télé, les épisodes essentiels, les films, OVAs et dérivés, la musique, portraits du créateur (Tsukasa Hojo) et de son personnage (Ryô Saeba), un article sur Family Compo (un autre manga de Hojo) et finalement des interviews avec Kenji Kodama (réalisateur de l’anime), Akira Kamiya (voix japonaise de Ryô Saeba), Vincent Ropion (voix française de Ryô Saeba), Momoko Suzuki (interprète des chansons de l’anime) ainsi que Philippe et Pierre Lacheau (scénariste et réalisateur de l’adaptation cinématographique Nicky Larson et le Parfum de Cupidon).

Le numéro se poursuit avec une trentaine de pages d’interviews avec Rumiko Takahashi (12 p.), Yukito Kishiro (6 p.), Hisashi Eguchi (6 p.), Makoto Aizawa (3 p., sur Quand la neige m’appelle chez ChattoChatto),  Di Nianmiao (4 p., sur UltraMarine Magmell chez Ototo), Hiroki Goto (2 p., sur Jump: L’âge d’or du manga chez Kurokawa), et Olivier Cuvellier (3 p.)

Puis on retrouve une section de chroniques sur l’anime (12 p.: fiches sur les parutions récentes, liste des titres de la saison d’Hiver 2020 et des parutions à venir), sur les films (6 p.), sur les mangas (16 p., articles sur Chainsaw Man, Lovecraft et le manga, Kôji Seo, ainsi que des fiches sur les parutions récentes et la liste des titres à venir — où je note que le tout dernier Mari Yamazaki, Olympia Kyklos, devait paraitre chez Casterman en juin!), et sur les “goodies” (12 p.).

Un très beau numéro, riche en informations. À lire absolument pour les amateurs d’anime et de manga. stars-4-0

Voir aussi mes commentaires sur les numéros précédents: #228-229, #227, #226, #225, #224, #217-218-219, #216, #214-215, #209.

Capsules

dBD #142 (Avril 2020)

dBD-142Dans les actualités de ce numéro on retrouve un article sur Claire Bretécher (décédée en février), sur la reprise de la série (par Van Liemt et Zidrou) et une exposition à la cité du livre d’Aix-en-Provence de Ric Hochet, et sur la nouvelle collection manga “Moonlight” de Delcourt/Tonkam qui offre trois titres: Parasites amoureux (Miaki / Hotate), Le prix du reste de ma vie (Miaki / Tagushi) et Derrière le ciel gris (Miaki / Loundraw). On mentionne également la nouvelle collection KuroTsume consacrée aux “mangas” français et le décès de André Chéret, créateur de Rahan.

À la une, on retrouve un interview avec Mathieu Lauffrey (Raven, t.1 Nemesis chez Dargaud). S’enchaîne ensuite des interviews avec Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier (La bombe chez Glénat), avec Fabien Toulmé (sur L’Odyssée d’Hakim t.3 De la Macédoine à la France, chez Delcourt), avec Cécile Becq (sur l’intéressant Ama, Le souffle des femmes en collaboration avec Franck Manguin, chez Sarbacane) et avec Dugomier (sur Les Omnicients t.1 Phénomènes, chez Le Lombard). On retrouve aussi des articles sur les adaptations BD de Boris Vian (à l’occasion du centenaire de sa naissance), sur travaux préparatoires de Brüno pour L’Homme qui tue Chris Kyle (en collaboration avec Fabien Nury, chez Dargaud), et sur le scénariste Hubert (qui s’est suicidé en février).

Dans le Cahier Critique je note seulement deux mangas: Un monde formidable par Inio Asano chez Kana (Top!, des histoires courtes plutôt noire qui “propose une image déprimante du Japon”) et Shibuya Hell t.1 par Hiroumi Aoi chez Pika (Bien, “une fois accepté le ridicule de la situation, ce survival-horror (…) est plutôt rondement mené, notamment grâce à un dessin des plus expressifs”).

Une fenêtre sur l’univers complexe de la bande dessinée… stars-3-0

Capsules

dBD #143 (Mai-Juin 2020)

dBD-143À cause du confinement dû au COVID-19, dBD à sauté son numéro de Mai mais nous offre à la place un numéro double (128 pages au lieu de 96) pour Mai-Juin. À la une on retrouve d’abord une série d’articles-hommages (30 pages) sur les grands disparus de l’année : Juan Gimènez, Albert Uderzo, André Chéret, René Follet, et François Dermaut. Dans l’actualité, je note note un article sur la création d’une nouvelle collection de manga, Life, dans le cadre de Big Kana, qui se consacrera au lectorat mûrissant des jeunes adultes (20 à 30 ans) et dont les premiers titres sont d’abord Just Not Married par Kinoko Higurashi (en mai), First Job, New Life! par Yoko Nemu (en juillet), Cigarette and Cherry par Daishiro Kawakami (en septembre), et au second semestre, Corps solitaire par Haru Haruno (en octobre), Chacun ses goût par Machita (en novembre), et & -And par Mari Okazaki (en décembre — c’est quoi tout ces titre en anglais!!).

Le numéro se poursuit sur des interviews avec Zanzim (sur Peau d’homme, en collaboration avec Hubert, chez Glénat), avec Zabus & Hippolyte (sur Incroyable! chez Dargaud), avec Dimitri Armand et Tristan Roulot (sur Le convoyeur t.1 Nymphe, chez Le Lombard), avec Alex W. Inker (sur Un travail comme un autre, d’après le roman de Virginia Reeves, chez Sarbacane), avec Laurent Lerner (sur les éditions Delirium), et avec Dawid (sur SuperS t.5 avec Frédéric Maupomé et À l’unisson avec Delphine Cuveele, tous deux chez La Gouttière). On note également un article sur les chansons de bande dessinées.

Dans le Cahier Critique je remarque Hero Skill t.1 par Akagishi, Eguchi & Masa chez Delcourt/Tonkam (Bien, “prometteur”), San Antonio t.2 par Michaël Sanlaville chez Casterman (Bien, “atmosphères foldingues (…), coquin àa souhait, violent juste ce qu’il faut, rigolo comme pas deux”), Chainsaw Man t.1 par Tatsuki Fujimoto chez Kazé (Super, “si le scénario est pour l’instant assez léger, le traitement graphique est lui époustouflant”) et Néo Parasite par Hitoshi Iwaaki chez Glénat (Super, le commentaire de lecture ne correspond pas du tout à ce qu’est ce bouquin: il commente la réédition de Parasite alors que Néo Parasite est une anthologie d’histoires courtes qui rendent hommage à l’univers créé par Hitoshi Iwaaki !). Dans la section jeunesse, je note deux manga: Jizo par Mr Tan & Mato chez Glénat (Top! “Un ouvrage magnifique, dont la poésie n’a d’égale que la puissance évocatrice”) et Snack World t.1 par Sho.T chez Nobi-Nobi (Bien, “adapté d’un jeu vidéo à succès (…) agacé par les références répétitives aux smartphones (…), le dessin est lui d’un très haut niveau”).

Informatif et essentiel pour se tenir à jour sur la pléthore de parutions en BD. stars-3-5

Voir aussi mes commentaires sur les numéros précédents: #141, #140, #138-139, #136-137, #135, #133-134, #132, #130, #121, et #115.

Capsules

Solaris #212 (Vol. 45, #2 / Automne 2019)

Solaris-212Comme je l’ai déjà dit, Solaris est un périodique québécois de science-fiction et de fantastique qui nous offre en deux volets (fiction / documentaire et critique) une fenêtre privilégiée sur la SF&F francophone et plus particulièrement la SFFQ. Elle se réclame d’être “l’Anthologie permanente des littératures de l’imaginaire”. C’est un outil indispensable à tout amateur de SF et de fantastique. (Les citations descriptives proviennent de la présentation par Jean Pettigrew).

Dans le volet fiction de ce numéro, on retrouve cinq textes : “Manifeste 2113” par Frédéric Parrot (où le lecteur doit “prendre une terrible décision qui engagera l’avenir de la race humaine”), “Le Vieillard, l’enfant et la cuillère pensante” par Denis Roditi (où l’auteur “explore les confins extrêmes de l’éthique”), “Mémoire vive” par Étienne-Janosik Desforges (“une étonnante histoire dans laquelle les horreurs de la première Grande Guerre, le fantastique et la science-fiction s’entremêlent dans une intrigue à glacer le sang”), “Écho perdu” par Geneviève Blouin (où l’auteure “raconte (…) l’improbable rencontre de deux femmes que tout — mais vraiment tout ! — sépare…”) et “Eau et Diamant” par Derek Künsken (“un fascinant voyage dans un futur habité-contrôlé-maîtrisé par les IAs et la culture chinoise”).

Dans le volet documentaire on retrouve deux articles : Albert Robida : de la satire de la science à la science-fiction” par Julien Chauffour (où on “analyse (…) l’oeuvre de ce dessinateur humoriste et écrivain de grand talent, hélas un peu oublié bien qu’il eut été une figure tout aussi importante que Jules Verne en son temps”) et  “Les Carnets du Futurible : À nous l’infini, ou les visages de la philosophie cosmiste” par Mario Tessier (“qui souligne dignement le cinquantième anniversaire du premier pas de l’Homme sur la Lune”).

Dans le volet critique nous retrouvons les habituels “Littéranautes” (pour les ouvrages locaux) et “Lectures” (pour les ouvrages étrangers) — vous pouvez vous référer au sommaire en ligne pour la liste des titres commentés.

Une bonne et informative lecture. stars-3-0

Voir aussi mes commentaires sur les numéros précédents: #213 et #198.

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Capsules

Pline, vol. 8

Le goût de la ciguë

Pline_8-covL’Histoire a retenu son nom. Mais que savons nous du plus grand savant de l’Antiquité ?

“Pline découvre les merveilles d’Alexandrie : son phare, sa bibliothèque… mais une lettre de Sénèque le pousse à reprendre ses voyages. Un nouveau périple qui le fera tomber nez à nez avec le minotaure, ainsi que le colosse de Rhodes ! Néron, quant à lui, est toujours sous le choc suite à l’incendie de Rome. Livré à lui-même, il va devoir se résigner à faire appel à Pline…

[texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Pline (titre original: プリニウス / Plinius ) est une biographie du naturaliste romain Pline l’Ancien par Mari Yamazaki (Thermae Romae) et Miki Tori. Prépublié au Japon par Shinchôsa dans le périodique Shinchô 45 et dans la magazine littéraire Shinchô depuis le chapitre 54, ce manga seinen est traduit en français chez Casterman (Collection Sakka) et en est maintenant au huitième volume. Le neuvième tome devrait paraître en octobre 2020.

Cette série de manga continue de nous raconter deux récits qui s’entremèlent: d’une part, le voyage de Pline autour de la Méditerranée afin de receuillir toutes sortes d’informations pour l’écriture de son Histoire Naturelle, et d’autre part la vie politique à Rome sous Néron.

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Page 32

À Rome on ressent encore les répercussion de la conspiration de Pison pour assassiner l’empereur et du grand incendie qui a complètement détruit trois quartiers de la ville. Poppée, qui est enceinte, cherche à défendre la réputation de l’empereur (qui est blâmé pour l’incendie) et enquête sur les causes du sinistre. Elle découvre que c’est Tigellin qui a provoqué l’incendie et, par l’intermédiaire du juif Lévite, a utilisé des conspirateurs chrétiens pour répendre le feu en leur faisant croire que c’était sous les ordres de l’empereur et que celui-ci favoriserait leur secte en échange. Peu de temps plus tard, Poppée meurt empoisonnée — mais c’est encore Néron, qui l’avait frappé dans un geste de colère, qui est blâmé pour sa mort… Éperdu de chagrin, Néron cherche l’oubli dans la construction de son nouveau palais, la Domus Aurea. Son obsession ruine la ville mais Tigellin profite de la situation pour faire d’une pierre deux coups: il continue à tourner le peuple contre l’empereur en finançant les travaux grâce à la confiscation des biens de nobles qu’il a préalablement accusé d’avoir supporté la conspiration de Pison… Vespasien est de retour à Rome mais Néron lui demande de l’accompagner en Grèce où il entend participer aux jeux olympiques. Néron cherche à faire revenir Pline à Rome pour qu’il organize la bibliothèque de son palais.

À peine arrivé à Alexandrie, Pline apprends que Sénèque, qui était accusé d’avoir comploté contre Néron, s’est donné la mort avec une infusion de ciguë (imitant ainsi Socrate, mais Tacite raconte qu’il s’était aussi ouvert les veines). Il visite la fameuse bibliothèque d’Alexandrie (dont rien n’a été conservé mais les auteurs se sont inspiré de la bibliothèque de Celsus à Éphèse pour en établir le visuel), puis se rends en Crète et finalement à Rhodes.

Extraits des pages 5 à 9

Dans ce volume on retrouve plusieurs des Sept Merveilles du monde antique: la pyramide de Gizeh, la phare d’Alexandrie et le colosse de Rhodes. Étant donné que le voyage que Pline et ses compagnons font en Afrique et en Grèce relève de la pure fiction, les auteurs laissent libre cours à leur imagination et ajoutent au récit des éléments fantastiques. Ainsi ils mélangent le mythe du Minotaure à celui du géant de bronze Talos pour créer un automate monstrueux mi-humain, mi-taureau que Félix et Euclès doivent affronter dans le dédales du palais en ruine de Cnossos. Le monstre a sans doute été créé par cet inventeur mécanicien originaire de Rhodes (qui n’est d’ailleurs pas nommé) à qui Pline viens rendre visite en Crète et qui lui montre la machine d’Hypérion. Celle-ci a d’ailleurs réellement existé: c’est la machine d’Anticythère, découverte dans une épave romaine sur les côtes d’une île près de la Crète.

Pline est un excellent manga dont le récit est à la fois captivant et instructif. Tout en suivant les péripéties des personnages, nous découvrons non seulement les intrigues politiques à la cour de Néron, mais aussi plusieurs aspects de la vie quotidienne sous l’empire romain. La sujet est fort bien documenté et la narration est fluide et agréable. Toutefois, plus que tout, c’est le dessin précis et détaillé de Mari Yamazaki et Tori Miki qui donne à ce manga sa superbe qualité artistique. Beau et intéressant, Pline offre une lecture passionnante pour tout amateur de manga historique et de la Rome antique. Vivement recommandé!

Pline, vol. 8: Le goût de la ciguë, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), octobre 2019. 200 pg (180 planches), 13.2 x 18 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-203-18382-7. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. stars-4-0

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldcat ]

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

Pline_1-cov Pline-2-cov Pline-v3-cov Pline-v4-cov Pline-v5-cov pline-v6-cov pline-v7-cov

Pline © 2019 Mari Yamazaki, Tori Miki • 2019 Casterman pour la traduction française.

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Capsules

L’Histoire en manga (6)

La renaissance et les grandes découvertes

Histoire_en_manga-6-cov“Une collection pour découvrir l’histoire en image. Des expéditions de Christophe Colomb au tour du monde de Magellan… De la chute de l’Empire bysantin à la fondation de la dynastie Qing… De Michel-Ange à Léonard de Vinci, ce manga raconte l’histoire du monde pendant… la renaissance et les grandes découvertes !”

[Texte de la couverture arrière]

“Au sommaire de ce tome, une période riche traitée sous ses multiples aspects avec toujours 5 chapitres mangas et 30 pages documentaires.

– L’essor de l’Empire ottoman : La formation de l’Empire ottoman; Bajazet 1er et la bataille de Nicopolis ; Tamerlan et Mehmed II la chute de l’Empire byzantin; Soliman le Magnifique et le siège de Vienne ; L’essor de l’Empire moghol.

– La Renaissance et trois grands maîtres de la peinture : Florence et la Renaissance; Léonard de Vinci ; Le David de Michel-Ange ; La rivalité entre Léonard de Vinci et Michel-Ange; Raphaël et Michel-Ange; Léonard de Vinci et la mort de Raphaël.

– Luther et la Réforme : Léon X et la vente d’indulgences; Les 95 thèses de Luther; Luther devant la diète de Worms; La diète de Spire et les protestants; Jean Calvin; La fondation de l’Église d’Angleterre.

– Christophe Colomb et les grandes découvertes : Le Portugal ouvre une nouvelle route maritime; La découverte du cap de Bonne-Espérance; Christophe Colomb et Isabelle la Catholique; Christophe Colomb et la découverte de l’Amérique; Les voyages de Vasco de Gama et de Magellan; Cortés et Pizarro.

– La Chine sous le règne des dynasties Ming et Qing : La révolte des Turbans rouges; La fondation de la dynastie Ming; Le règne de Ming Yongle; Le missionnaire jésuite Matteo Ricci; La fondation de la dynastie Qing; L’empereur Kangxi et le missionnaire jésuite Giuseppe Castiglione.“

[Texte du site de l’éditeur ]

Cette série de manga éducatif (Gakushū manga) se poursuit avec ce sixième volume qui était originalement intitulé Gakken Manga — Nouveau Manga d’apprentissage de l’Histoire du Monde, 6: La Renaissance et l’âge de la découverte  [ 学研まんが NEW世界の歴史 6 学習まんが 6 ルネサンスと大航海時代 / Gakken manga nyū sekai no rekishi – gakushū manga 6kan runesansu to daikōkaijidai ].

Après avoir vu des séries télévisées comme Les Borgias ou Les Médicis: Maîtres de Florence et avoir lu l’excellent manga de Fuyumi Soryo, Cesare, j’ai trouvé pertinent de lire ce manga documentaire traitant d’une autre période historique qui m’intéresse beaucoup: la Renaissance.

Histoire_en_manga-6-p72-73

Page 72-73

L’artiste a encore changé (Shirotsumekusa est de toute évidence un pseudonyme ou le nom d’un groupe d’artistes puisque シロツメクサ veut simplement dire “Trèfle Blanc”) et pour le mieux puisque le dessin est très bon (particulièrement le travail des dégradés couleurs, bien sûr réalisé à l’ordinateur) et agréable à l’oeil. Comme tout les ouvrages de cette série la narration et le découpage du récit est conçu pour son effet dramatique afin de préserver l’intérêt du lecteur malgré le sujet un peu trop académique. Le principal défaut de ce genre d’ouvrage réside dans le fait que c’est un récit très condensé où on ne présente que les faits saillants d’une histoire pourtant riche en détails. 

C’est néanmoins un bon manga éducatif qui peut servir à introduire le lecteur (jeune ou adulte) à l’histoire du monde d’une façon intéressante et divertissante.

L’Histoire en Manga: T. 6, La renaissance et les grandes découvertes, par Shirotsumekusa (dessin) et Hidehisa Nanbô (texte) (Traduction par Aurélien Estager, Aude Boyer et Yohan Leclerc). Montrouge: Bayard Jeunesse, juin 2019. 192 pages, 16 x 23.5 cm, 12,90 € / $C 24.95. ISBN 979-1-0363-0865-9. Pour lectorat adolescent (12+ ans). stars-3-0

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© Gakken 2016. © Bayard Édition, 2019 pour la traduction française.

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