37e Salon du Livre Ancien de Montreal

Je rappelle aux amateurs de livres anciens, rares et d’art que le 37e Salon du Livre Ancien de Montreal se tiendra cette fin de semaine au pavillon McConnell de l’Université Concordia (1400, boul. de Maisonneuve ouest). Pour plus d’informations consultez la page internet ou la page Facebook de la Confrérie de la Librairie Ancienne du Québec (CLAQ). Cette année le salon met en vedette des livres consacrés à la poésie. 

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Yawara! #5

Yawara-5-cov“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publiée en français chez Big Kana. Il y a neuf volumes de paru jusqu’à maintenant et le dixième est annoncé pour octobre 2022. J’ai déjà commenté le premier, le second, le troisième et le quatrième volumes.  

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Vol. 5, page 4

Yawara est accepté à l’université pour fille de Mitsuba. Son grand-père concède finalement qu’elle y étudie malgré que cette université n’ait pas de club de judo à condition qu’elle respecte un couvre-feu et suive un entraînement très stricte. Faute de club de judo elle s’inscrit au club de golf et s’y fait une amie, Fujiko Itô. Celle-ci a eut un parcours un peu similaire à celui de Yawara: elle s’est entraînée très fort toute sa jeunesse au sein de la troupe des Bolchoï pour devenir une ballerine de haut niveau mais elle a dû abandonner car une fois adulte, à 1m80, elle était trop grande! Elle encourage donc Yawara à participer au championnat national qui déterminera la sélection des candidats pour les jeux olympiques de Séoul. Toutefois aux olympiques il n’y aura pas de compétitions “toutes catégories” alors Yawara ne pourra compétitioner que dans la catégorie des moins de 48 kg. La sélection se fera entre elle et Sayaka! Jigorô tente de convaincre le président du comité olympique de revenir sur sa décision d’exclure les compétitions “toutes catégories”…

Ce volume est moins axé sur la compétition et plus sur la vie étudiante de Yawara qui est toujours réticente à faire de la compétition mais finie toujours par succomber aux manigances de son grand-père. La compétition entre Matsuda et Kazamatsuri pour le coeur de Yawara reprend de plus belle, compliquée par un double triangle amoureux (la photographe Kuniko se pâmant pour Matsuda et Sayaka étant fiancée à Kazamatsuri). Naoki Urasawa étant un champion pour mélanger les genres on retrouve dans ce récit à la fois des scènes d’action typiquement shōnen et des imbroglios cocasses ou des mésaventures de la vie d’adolescent typiquement shōjo, sans compter les inévitables scènes de “fan-service.”

Yarawa! est donc une comédie romantique de sport qui offre un beau style de manga classique et un récit à la fois captivant et amusant, parsemé de (controversés) clins-d’oeil coquins. Cela en fait une lecture agréable et distrayante. Vivement la suite!

Yawara t. 5, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), juillet 2021. 298 pages, B&W (26 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8651-2, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2013 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2021 pour l’édition française.  

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Monnaies anciennes 107

— EN BONUS —

Sesterce (et autres pièces) de Trajan

J’ai récemment parlé d’un livre qui racontait un voyage aux quatre coins de l’Empire Romain où l’on suit un sesterce frappé à l’effigie de Trajan qui passe de main en main. Cela m’a rappelé que j’avais dans ma collection non seulement un sesterce de Trajan (certes en piètre condition) mais aussi un as et un dupondius — car jusqu’à maintenant, quand j’ai présenté le règne de Trajan, je n’ai parlé que de ma plus belle pièce à son effigie: un denier.

IMG_2974-2975La première de ces pièces est un bel as de Trajan (VG [Very Good], Cu [Cuivre], 27 mm, 10.728 g, payé environ $20 le 1985/01/25, caractérisée par une patine brune sur l’avers et une importante concrétion de vert-de-gris sur le revers; axe: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur lauré et drapé (sur l’épaule gauche) à droite avec l’inscription latine IMP[erator] CAES[ar] NERVAE TRAIANO AVG[vstvs] GER[manicvs] DAC[icvs] P[ontifex] M[aximvs] TR[ibunicia] P[otestate] CO[n]S[vl] VI [Sextvm] P[ater] P[atriae] (Imperator [commandant suprême des armées], César de Nerva, Trajan, Vainqueur des Germains et des Daces, Grand Prêtre, [détenteur du] Pouvoir Tribunicien, Consul pour la sixième fois, Père de la Patrie). Le revers illustre une Félicité, drapée, debout à gauche, tenant un caducée (caduceus) ailé dans la main droite levée et une corne d’abondance (cornucopia) dans la gauche, entourée d’un large S C (Senatus Consultum / “Décret du sénat”) dans le champs de part et d’autre, avec l’inscription latine FELICITAS AVGVST[i] (“Pour la bonne fortune de l’Empereur”).

L’as est la dénomination de base de la monnaie romaine durant l’Empire. Il vaut un demi dupondius, un quart de sesterce et un seizième de denier. Trajan a été empereur entre le 28 janvier 98 et le 9 août 117 EC. Son règne est l’un des plus hauts points de Rome alors que ses conquêtes militaires amène l’Empire au maximum de son expansion. À cette époque toutes les pièces de monnaie étaient frappées à Rome. La dimension et le poids de la pièce, le fait qu’elle est en cuivre et que l’empereur porte une couronne de laurier nous indique qu’il s’agit d’un as. La partie clairement lisible de la nomenclature et de la titulature de l’empereur (IMP CAES … TRAIANO AVG GERM DAC …) nous confirme qu’il s’agit bien de Trajan. Il a reçu la puissance tribunicienne et le titre de Germanicus lors de son adoption par Nerva en 97, et la plupart de ses autres titres (IMP, PM, PP) lors de son accession au pouvoir en janvier 98. Le titre de Dacicus lui est décerné en 102. Comme la fin de la titulature a été oblitéré par l’usure la titulature incomplète ne nous permet pas de dater la pièce plus précisément que entre 102 et sa mort en 117. Toutefois, le titre de Optimus (décerné par le sénat en 114) n’apparait pas encore dans la titulature ce qui nous permet de réduire la datation à 102-114. Aussi, l’utilisation de l’accord TRAIANO ne se retrouve que sous son cinquième (en 103) et sixième consulat (en 112). Finalement, le revers avec une Felicitas n’est utilisé que durant son sixième consulat (à partir de 112). Nous pouvons donc conclure qu’il s’agit ici d’un as de Trajan, frappé à Rome entre 112 et 114 EC.

Sources: Wikipedia, Google, acsearch, numismatics, numista, WildWinds (text, image). RIC v.2: 625. Voir aussi ma fiche.

IMG_2970-2972La seconde pièce est un assez beau dupondius de Trajan (G [Good], Ae [Bronze], 25 mm, 11.875 g, payé environ $7, caractérisé par une patine uniforme verte; axe: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur radié et drapé (sur l’épaule gauche) à droite, avec l’inscription latine  IMP[erator] CAES[ar] NERVAE TRAIANO AVG[vstvs] GER[manicvs] DAC[icvs] P[ontifex] M[aximvs] TR[ibunicia] P[otestate] CO[n]S[vl] V [quintum] P[ater] P[atriae] (Imperator [commandant suprême des armées], César de Nerva, Trajan, Vainqueur des Germains et des Daces, Grand Prêtre, [détenteur du] Pouvoir Tribunicien, Consul pour la cinquième fois, Père de la Patrie). Le revers illustre une Salus (Santé) drapée, assise à gauche sur un trône, nourrissant de sa patère (dans la main droite) un serpent enroulé autour d’un autel, le bras gauche reposant sur l’appui-bras du trône, avec l’inscription latine S·P·Q·R· (Senatus Populusque Romanus / “Le sénat et le peuple romain”) OPTIMO PRINCIPI  (“pour le meilleur des princes”) et un S C (Senatus Consultum / “Décret du sénat”) en exergue. 

Le dupondius est une dénomination intermédiaire de bronze ou d’orichalque (laiton), d’un poids assez lourd (son nom, duo pondus, signifie “deux livres” mais elle n’a jamais pesé autant, son poids se situant entre douze et quatorze grammes) et qui, depuis Vespasien, représente toujours l’empereur avec une couronne radiée (ce qui est bien le cas avec cette pièce). Elle vaut deux as, un demi-sesterce ou un huitième de denier. Le portrait et la partie lisible de l’inscription de l’avers nous confirme qu’il s’agit bien d’une pièce de Trajan (98-117). Comme nous l’avons vu avec la pièce précédente, l’orthographe TRAIANO n’apparait que sous les cinquième (103-111) et sixième (112-117) consulats. Toutefois, le type de revers avec une Salus et l’inscription SPQR Optimo Principi, lui n’apparait que sous le cinquième consulat. Cela nous permet donc de conclure que ce dupondius de Trajan a été frappé à Rome entre 103 et 111 EC.

Sources: Wikipedia, Google, CoinArchives, numismatics, WildWinds (text, image). RIC v.2: 516. Voir aussi ma fiche.

IMG_2978-2985La troisième est un sesterce de Trajan dans un état de conservation plutôt médiocre (P [Poor], Orich. [Orichalque/laiton], 31 mm, 17 g, payé environ $5 le 1986/09/21, caractérisé par une grande usure, de la corrosion et des traces de vert-de-gris; axe: ↑↓). L’avers semble présenter une buste de l’empereur lauré et drapé à droite avec une inscription probablement similaire au deux pièces ci-haut (COS V ou COS VI, toujours sans le titre d’Optimus décerné en 114). Les quelques indices que nous fournit le revers sembleraient indiquer qu’il illustre une Arabia, debout de face, la tête tournée à gauche, tenant une branche de la main droite et un objet indistinct (un fagot de cannes ou de bâtons de cannelle?) dans la gauche, avec à ses pieds un chameau, entouré de l’inscription SPQR OPTIMO PRINCIPI, un S C dans le champs de part et d’autre, et ARAB[ia] ADQ[vis] (“Annexation de l’Arabie”) en exergue.

Le spécimen frappé durant le COS V comporte en l’exergue l’inscription longue (ARAB ADQVIS) alors que pour celui frappé durant le COS VI l’inscription est abrégée (ARAB ADQ). L’espacement laisse supposer qu’il s’agit ici de cette dernière. Ce sesterce de Trajan aurait donc été frappé à Rome entre 112 et 114 EC pour célébrer l’annexion de la province d’Arabie à l’Empire (en 106 EC).

Sources: Wikipedia, Google, acsearch, CoinArchives, CoinTalk, FAC, numismatics, WildWinds (COS V [RIC 466]: text, image; COS VI [RIC 610]: text, image). RIC v. 2: 610. Voir aussi ma fiche.

IMG_8602-8604J’ai déjà parlé de mon denier de Trajan mais je vous le présente à nouveau brièvement. Il s’agit d’une très belle pièce de Trajan (F [Fine], Ar [Argent], 17 x 18 mm, 2.0 g, payé environ $35 le 1987/09/21; axe: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur lauré et partiellement drapé (sur l’épaule gauche), à droite, avec l’Iinscription latine IMP[erator] TRAIANO AVG[vstvs] GER[manicvs] DAC[icvs] P[ontifex] M[aximvs] TR[ibvnica] P[otestate]. Le revers illustre une Aequitas (Équité) assise à gauche, tenant une balance dans la main droite et une cornucopia dans la gauche, avec l’inscription latine CO[n]S[vl] V [quintum] P[ater] P[atriae] S[enatus] P[opvlvs] Q[ve] R[omanvs] OPTIMO PRINC[ipi] (“Consul pour la cinquième fois, Père de la Patrie, [proclamé par] le sénat et le peuple de Rome meilleur des princes”).

Le consulat nous offre la meilleur datation possible. Trajan a été nommé consul une cinquième fois en 103 et nommé une sixième fois en 112. Ce denier de Trajan a donc été frappé à Rome entre 103 et 111 EC.

Sources: Wikipedia, Google, acsearch, CoinArchives, CoinProject, FAC (Optimus), numismatics, Wildwinds. RIC v.2: 119. Voir aussi ma fiche.

Trajan est considéré comme l’un des meilleurs empereurs romains. Bon administrateur et grand militaire, ses conquêtes (notamment en Dacie et les territoires Parthes) ont non seulement considérablement étendu les frontières de l’Empire mais ont aussi renfloué ses coffres, ce qui a permis de payer pour un imposant programme de constructions publiques (aqueducs, routes, thermes, temples, forum, marchés, et monuments — dont la fameuse colonne Trajane). Il institue également une aide alimentaire pour les citoyens les plus pauvres. Il adopte son petit-neveu Publius Aelius Hadrianus qui lui succède lorsqu’il meurt le 8 ou 9 août 117 à Selinus (Turquie) des suites d’un accident vasculaire cérébral (possiblement lié à une crise de paludisme) sur le chemin de retour d’une campagne contre la révolte judéo-parthe.

Bon, après cent-sept entrées et un peu plus de deux ans de chroniques hebdromadaires (ça c’est quand on boss dur toute les semaines!), là je le jure c’est la dernière entrée de cette chronique! 😅

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Blue Period Vol. 4-6

BluePeriod-4-covVol. 4

“À un mois de l’examen d’admission de Geidai, Mme Ooba, la professeure à la prépa d’Art, pointe du doigt les faiblesses de Yatora. Un coup dur pour le jeune garçon qui se donne corps et âme pour réussir. À quelques semaines d’affronter la première épreuve du concours tant redouté, il perd complètement pied. La douleur et la peur le paralysent. Mais il est encore temps de tirer les enseignements de ce passage à vide et de résister au renoncement…”

[Texte du site de l’éditeur]

Blue period vol. 4, par Tsubasa Yamaguchi (traduction: Nathalie Lejeune). Vanves: Pika (Coll. Seinen), juillet 2021. 192 pages, 13 x 18 cm, 7 € 50 / $12.95 Can, ISBN 9782811660987, Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

BluePeriod-5-covVol. 5

“À la première épreuve du concours, Yatora réussit tant bien que mal à terminer son œuvre, malgré l’incident du miroir cassé. À peine remis de leurs émotions, les candidats doivent déjà se remettre au travail dans l’espoir d’être admissibles pour la deuxième épreuve qui sera centrée sur la peinture à l’huile. Alors, pour détendre et stimuler ses élèves, l’extravagante Mme Ooba organise une excursion un peu spéciale. Cette sortie décoincera-t-elle Yatora qui redoute la discipline qu’il va devoir aborder dans trois jours ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Blue period vol. 5, par Tsubasa Yamaguchi (traduction: Nathalie Lejeune). Vanves: Pika (Coll. Seinen), octobre 2021. 192 pages, 13 x 18 cm, 7 € 50 /  $12.95 Can, ISBN 9782811660994, Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

BluePeriod-6-covVol. 6

“Grâce à son autoportrait, Yatora est parvenu à passer la première épreuve de Geidai. Curieusement, il affronte la suite avec sérénité… Mais, le jour J, il est pris d’un mal de tête qui le terrasse, et son éruption cutanée s’intensifie. Incapable de se concentrer, il finit par s’endormir en pleine épreuve ! Réussira-t-il à terminer son œuvre à temps ? Et surtout, sera-t-il admis à la prestigieuse université des Arts de Tokyo ?!”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Blue period vol. 6, par Tsubasa Yamaguchi. Vanves: Pika (Coll. Seinen), novembre 2021. 192 pages, 13 x 18 cm, 7 € 50 /  $12.95 Can, ISBN 9782811661007, Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Vol. 6, pages 28-29

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Blue period (ブルーピリオド / Burū Piriodo) est un manga Seinen sur la peinture écrit et illustré par Tsubasa Yamaguchi qui est sérialisé depuis juin 2017 dans Monthly Afternoon et a été compilé jusqu’à maintenant en douze volumes chez Kōdansha. La version anglaise est publiée aux USA par Kodansha (neuf volumes de disponible, les suivants sortiront en novembre 2022, janvier et mai 2023) et la version française est disponible chez Pika (dix volumes de paru en France mais les onzième et douzième volumes sortiront respectivement en septembre et novembre 2022). Il a remporté plusieurs prix en 2020 (le Manga Taishō et le Kōdansha manga shō; nominé aussi pour le Tezuka Osamu bunka shō) et a été adapté en une série télévisée d’animation en 2021 (douze épisodes animé par le studio Seven Arcs sous la direction de Koji Masunari et Katsuya Asano, sur un scénario de Reiko Yoshida; diffusée sur MBS, TBS, AT-X et sur Netflix). J’ai déjà commenté le trois premiers volumes.

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Vol. 6, page 47

Après avoir décidé sur un coup de tête de s’orienter en arts, Yatora Yaguchi (du genre un peu voyou mais qui réussi très bien en classe) a fait la découverte du dessin en participant au club d’art de son lycée. La seule université qu’il peut se permette est Geidai. Il se prépare au difficile concours d’admission en prenant des cours du soir avec Mme Ooba. Il ne peut pas se permettre d’échouer et cela le stress beaucoup. Étrangement, passer une journée et une nuit au bord de la mer avec son ami Yuka (le travesti) lui permet de relaxer et de se découvrir un peu. Cela lui sera utile à la première épreuve du concours où il doit dessiner un auto-portrait. Il se retrouve d’abord dans une impasse mais un accident fortuit lui fournira l’inspiration nécessaire pour produire une oeuvre satisfaisante. La deuxième épreuve, où il doit produire une toile à l’huile en trois jours, s’avère plus difficile. Il est tellement stressé qu’il en ressent des effets physiques sous la forme d’éruption cutanée, de maux de tête et de douleurs aux yeux. Il arrive à peine à travailler la première journée. La seconde journée se déroule beaucoup mieux grâce aux conseils de Mme Ooba. Mais cela sera-t-il suffisent pour remporter l’épreuve et être admis à Geidai? La suite dans la prochaine arc du récit…

Le style de Tsubasa Yamaguchi est plutôt moyen mais il supporte tout de même bien le récit. L’utilisation judicieuse de tableaux existants (réalisé par des assistants, des collègues artistes ou des maîtres classiques) pour illustrer les travaux des personnages est assez intéressant. Le récit, qui suit un peu les codes du manga shōnen mais en remplaçant les combats par des défis artistiques où le personnage principal apprend à se surpasser, est excellent et nous fait du même coup découvrir le monde et les techniques de l’art. C’est un très bon manga qui est agréable à lire et qui intéressera tous les amateurs d’art et de manga.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2019 Tsubasa Yamaguchi.

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Monnaies anciennes 106

Pièces modernes d’autres pays (4)

La Russie

Comme tous les pays d’Europe, la Russie a une histoire riche et complexe. Cette pièce de monnaie va toutefois nous permettre d’ouvrir une toute petite fenêtre sur le passé de cette grande nation (avec plus de vingt millions de kilomètre-carrés, c’est déjà à cette époque la plus grande nation du globe [même aujourd’hui avec seulement 17 M km2], devant le Canada [9.9 M km2], les États-Unis [9.63 M km2] et la Chine [9.6 M km2] — elle est même plus grande que l’Union Européenne [4.2 M km2] ou l’Empire Romain à son apogée en 117 E.C. [5 M km2]!).

Le rouble (рубль, ₽) a toujours été l’unité monétaire de la Russie, quoi qu’au XIIIe siècle (au temps de la République de Novgorod) il n’était pas une monnaie mais simplement un petit lingot d’argent que l’on découpait en morceaux en échange de marchandises (son nom vient d’ailleurs du verbe russe рубить [roubit] qui signifie découper). Au Moyen-Âge, la “Russie” (qui a prit naissance avec l’état Rous de Kiev) est composée de plusieurs petits royaumes dont les plus importants sont la République de Novgorod et la Principauté de Moscou. Avec le mariage de Ivan III et de Sophie Paléologue (fille du dernier empereur Byzantin) en 1472, le Tsarat de Moscou s’impose comme le successeur de Byzance et devient la “Troisième Rome.” Mais ce n’est qu’avec l’unification du territoire, sous Ivan IV Le Terrible (1533-1584), qu’apparaissent les premières pièces de monnaie grossièrement frappées. Elle devient une véritable monnaie avec l’Empire Russe fondé par Pierre 1er le Grand (1682-1725, cinquième tsar de la dynastie des Romanov).  S’inspirant des états européens il déplace la capital à Saint-Petersbourg et entreprend plusieurs réformes pour moderniser la Russie, dont une réforme monétaire qui fait du rouble une monnaie basé sur l’argent (thaler) et décimale (qui se divise en cent kopecks) ce qui lui permet d’intégrer les échanges internationaux et de faire commerce avec l’Europe.

La modernisation et l’expansion de l’Empire se poursuivra avec ses successeurs (notamment Catherine II la Grande, 1762-1796) mais au XIXe siècle, la surextension du territoire, de nombreuses guerres et une industrialisation tardive appauvrissent l’Empire, amènent une instabilité monétaire et causent un mécontentement populaire. Le Tsar Nicolas II (dix-neuvième monarque Romanov, 1894-1917) tente quelques réformes (dont une réforme monétaire qui ajuste le rouble sur l’étalon-or) mais c’est trop peu, trop tard. Après une première révolution en 1905, il doit abdiquer en mars 1917 puis est assassiné l’année suivante, mettant ainsi fin à l’Empire et à la dynastie des Romanovs. De la Révolution Russe de 1917 nait d’abord la République Russe, puis l’URSS en 1922 et finalement, depuis 1992, la Fédération de Russie. Durant toutes ces périodes plutôt troubles, le rouble est resté l’unité monétaire russe.

IMG_3047-3050Ma seule pièce de monnaie russe est une très belle pièce de trois Kopecks de 1903 (F [Fine], Cu [Cuivre], 28 mm, 9 g, axe: ↑↑). L’avers illustre un aigle impérial bicéphale couronné, entouré (dans une cartouche d’entrelacs carrés) de l’inscription cyrillique МѢДНАЯ РОССІЙСКАЯ МОНЕТА (MEDNAYA ROSSÍYSKAYA MONETA / “monnaie russe en cuivre”) en haut et ТРИ КОПѢЙКИ (TRI KOPEYKI / “trois Kopecks”) en bas. Le revers présente simplement la valeur nominale de la pièce en cyrillique flanquée de deux étoiles à l’intérieure d’un cercle perlé (★ 3КОПѢЙКИ / 3 KOPEYKI / “3 Kopecks” avec, en dessous d’une bordure décorative, l’inscription С.П.Б. — S.P.B., abréviation pour St.Petersburg), entourée d’une couronne ouverte formée de deux branches (de laurier?) attachées par un ruban, et, au-dessus, l’inscription cyrillique 1903 ГОДА (1903 GODA / “An 1903”). C’est donc une pièce en cuivre russe d’une valeur de trois kopecks frappée à Saint-Petersbourg en 1903.

Il est a noter que ce type de pièce n’offre aucun portrait d’empereurs mais plutôt un symbole de l’Empire. L’aigle bicéphale n’est que l’évolution de l’Aigle Impériale romaine qui acquiert deux têtes dans l’héraldique byzantine de la dynastie des empereurs Paléologue (pour représenter la division de l’Empire Romain). Il est transmis, par la dot de son épouse, au Tsar Ivan III (de la dynastie ruthène, puis moscovite, des Riourikides), et devient un symbole de l’Empire Russe, de plusieurs nations slaves et même du Saint-Empire-Germanique. Ici ce sont les petites armoiries de l’Empire Russe qui sont représenté: l’aigle à deux tête (dont chacune est couronnée) est surmonté d’une grande couronne d’où descendent deux rubans; il est couvert par neuf boucliers (au centre: l’écu de saint Georges, entouré de la chaîne de l’ordre de Saint-André, avec de part et d’autre les armoiries d’Astrakhan, de Sibérie, de Géorgie, de Finlande, de KievVladimirNovgorod, de Tauride, de Pologne et de Kazan) et tient dans ses serres un sceptre (patte dextre) et une orbe crucigère cerclée (patte sénestre).

Ce type de pièce a été frappé tel quel entre 1867 et 1914 durant les règnes d’Alexandre II (1855-1881), Alexandre III (1881-1894) et Nicolas II (1894-1917). À cette époque on a frappé, en argent, des pièces de un rouble, de cinquante, vingt-cinq, vingt, quinze, dix et cinq kopecks, et, en cuivre, des pièces de cinq, trois, deux, un, un-demi et un-quart de kopecks. Un rouble valait alors deux francs et soixante-sept centimes ou deux shilling et un pence et quart. De nos jours, le rouble ne vaut guère mieux, soit environ deux cents canadiens (2¢ soit €0.062 ou US$0.016). Autant dire que le kopeck (un centième de rouble) ne vaut pas grand chose, d’où l’expression “ça ne vaut même pas un kopecks”! Ou encore, un anglais pourrait dire “Ruble, is that your currency or the state of your economy?” (Le rouble c’est votre monnaie ou l’état de votre économie? [rubble = décombres, gravats])! Cette pièce de trois kopecks vaut donc trois fois rien. Quoiqu’il en soit, elle a tout de même pour moi un intérêt historique puisqu’elle a été frappé sous le dernier des tsars, juste deux ans avant la première révolution russe.

Sources: Wikipedia (Kopeck [FR/EN], Rouble [FR/EN], Rouble Impérial [FR/EN], Empire Russe [FR/EN], Nicolas II [FR/EN]), Google, CGB, CoinsBook, eBay, ngccoin, numista, ucoin, vcoins.

C’est déjà la fin de cette aventure monétaire… Un jour peut-être, lorsque je serai à la retraite, je prendrai le temps de cataloguer la collection de mon père et je vous en présenterai les plus belles pièces… Toutefois, dans un premier temps je vais d’abord prendre une pause (car une chronique hebdomadaire assidue demande beaucoup de temps et d’énergie et, avec un nouveau travail, je reprend un horaire sur cinq jours ce qui va me laisser moins de temps pour faire des recherches et écrire). Cela va me permettre de me reposer mais aussi de me consacrer un peu à mes lectures. Par la suite, je vais probablement me lancer dans un projet un peu plus littéraire et traiter de la littérature romaine: les ouvrages écrits par des empereurs mais aussi des thèmes particuliers (comme l’humour à Rome) et quelques-uns de mes auteurs favoris dont Lucien de Samosate — et peut-être aussi quelques romans historiques ayant pour sujet la Rome antique. Ce ne sera cependant pas une chronique régulière mais qui viendra plutôt au gré du temps disponible… À bientôt!

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 105

Pièces modernes d’autres pays (3)

La France

La France a une histoire nationale assez complexe que nous ne ferons qu’effleurer en abordant sa monnaie. Comme nous l’avons vu en discutant les pièces médiévales et de la “Renaissance”, l’unité monétaire utilisée en France sous l’Ancien Régime était la livre (un système complexe qui a évolué de la livre Parisi à la livre tournois et qui se divisait en sous [1/20e] et en deniers [1/240e]). Au Moyen-Âge, entre 1361 et 1364, le franc fait une première apparition sous le règne de Charles V pour désigner un écu d’or (appelé le franc à cheval car le roi y était représenté sur un destrier). Quelques années plus tard, entre 1365 et 1575, il fait frapper un autre franc d’or, le franc à pied (où le roi est représenté à pied sous un dais), qui équivaut plus ou moins à un florin. Dans les régimes subséquents, de 1575 à 1643, on frappe une nouvelle pièce, le franc d’argent (il remplace le teston et se subdivise en demi et quart de franc), qui deviendra, avec la réforme monétaire de Louis XIII, le Louis d’argent (aussi appelé écu blanc). Toutefois, ces différentes incarnations du francs ne sont jamais plus que la livre sous un autre nom.

Le franc ne devient l’unité monétaire officielle de la France (franc français, FF) qu’avec la Révolution alors que le pays adopte le système décimale (loi du 18 germinal an III) en 1795. Le franc se divise maintenant en cent centimes mais il reste l’équivalant de la livre tournois. Ce n’est qu’en 1800, avec la création de la Banque de France, que le franc prend vraiment une identité propre: le Franc Germinal ou Franc-or (1803-1928). On démonétise les vieilles dénominations, renoue avec le bimétallisme et imprime des billets de banque. Le XXe siècle amène son lot de crises qui déstabilisent la monnaie. Suite à la Première Guerre mondiale et à une importante inflation, le franc ne peut plus être basé sur l’or et on adopte des taux de change flottant avec le “Franc Poincaré” (dit l’ancien franc) en 1928. Toutefois, sous la Cinquième République, plusieurs dévaluations subséquentes (dues à la Dépression et la seconde guerre mondiale) imposent une nouvelle réforme monétaire en 1959 avec le “Franc Pinay” (dit “Franc lourd”). Un “Nouveau Franc” (NF) équivaut à cent anciens francs. Cette nouvelle monnaie aura cours jusqu’en 2002, alors qu’elle sera remplacée par l’Euro.

Je vous présente ici mes deux plus anciennes pièces de monnaie de la France moderne…

IMG_3029-3034Le premier spécimen est une assez belle pièce de cinq centimes frappée en 1863 sous Napoléon III (G [Good], Ae [Bronze], 25 mm, 5 g, axe: ↑↓). L’avers présente une tête de l’Empereur à gauche, laurée et barbue, dans une cercle de pointillés, entourée de l’inscription française NAPOLÉON III EMPEREUR (encadrée par une ancre couchée sur le côté [⚓︎] à gauche et d’une croix [✠] à droite — ces pictogrammes semblent avoir de nombreuses variantes) et 1863 en exergue. Sous la tête on note l’inscription BARRE qui est la signature du graveur Désiré-Albert Barre. Le revers illustre une aigle impériale (ailes déployées, la tête tournée à droite, tenant dans ses serres un foudre) dans un cercle de pointillés, entouré de l’inscription française EMPIRE FRANÇAIS (en haut) et ★ CINQ CENTIMES   (en bas). On note en-dessous de l’aigle un double B (en partie superposé) qui est une marque d’atelier pour Strasbourg.

Il est intéressant de constater que le pictogramme à gauche de l’inscription de l’avers semble associé au graveur (soit Jacques-Jean Barre [un chien] de 1843 à 1855, soit son fils Désiré-Albert Barre [une ancre] de 1855 à 1878), alors que celui de droite serait associé à l’atelier monétaire (les portraits à tête nue ont été frappé à Paris [A / une main pointant de l’index], Rouen [B / un pic et un marteau croisés], Strasbourg [BB / une abeille], Lyon [D / un lion], Bordeaux [K / une feuille de vigne], Marseille [MA / un coquillage] et Lille [W / une lampe], alors que les portraits laurés ont été frappé seulement à Paris [A / une abeille], Strasbourg [BB / une croix] et Bordeaux [K / un marteau]). 

Napoléon III est, quant à lui, un personnage assez intéressant. Né Louis-Napoléon Bonaparte en avril 1808, il est le fils du roi de Hollande Louis Bonaparte (frère de Napoléon Bonaparte) et de Hortense de Beauharnais (fille de Joséphine de Beauharnais et de son premier mari, le vicomte Alexandre de Beauharnais) ce qui en fait à la fois le neveu de Napoléon et le petit-fils de l’Impératrice Joséphine! Il n’est donc pas surprenant qu’il ait voulu faire valoir cette double ascendance impériale. Toutefois, après deux tentatives de coup d’état avortées (à Strasbourg en 1836 et à Boulogne-sur-Mer en 1840), il choisit une voie vers le pouvoir plus légitime. Emprisonné six ans, il s’évade en 1846 vers Londres mais, profitant de la révolution de 1848 (la troisième!), il se fait élire à l’Assemblée nationale constituante dans quatre départements et présente sa candidature aux présidentielles. Ses adversaires sont, entre autres, Cavaignac, Lamartine et Raspail. Grâce à un support paysan et à une opposition divisée, il reçoit 74% des voix et est élu le premier président de la Seconde République. Il tente des réformes constitutionnelles (notamment pour se permettre un deuxième mandat) mais se retrouve constamment en confrontation avec les députés de l’Assemblée nationale. Ainsi, le 2 décembre 1851 (anniversaire du Sacre de Napoléon et de la victoire d’Austerlitz), il réalise un coup d’état et se proclame Empereur des Français! Le Second Empire dure dix-sept ans. Il prend fin durant la guerre Franco-Allemande avec la défaite de Sedan (1er septembre 1870) où Napoléon III est capturé. En septembre 1870 un gouvernement provisoire est formé et ce sera le début de la Troisième République. Napoléon III s’exile en Angleterre mais meurt en janvier 1873 des suites d’une lithiase vésicale.

Sources: Wikipedia (Franc [FR/EN], Franc français [FR/EN], le Franc sous le Second Empire, Napoléon III [FR/EN]), Google, CGB, CoinArchives, coinect, numista, vcoins.

IMG_3037-3041Le deuxième spécimen est une très belle pièce de cinq centimes de la IIIe République (VF/G [Very Fine / Good], Ae [Bronze: 95% Cu, 4% Sn, 1% Zn], 25 mm, 5 g, axe: ↑↓). L’avers présente une tête de la République à gauche en Cérès, déesse des moissons, portant un collier de perles, un double chignon et une couronne composite de blé, fleurs, olivier et olives, chêne et glands, nouée par un ruban descendant sur le cou et passant sur le front où est inscrit le mot CONCOR; sous la tranche du cou l’inscription OUDINÉ (signature du graveur Eugène-André Oudiné), le tout dans un grènetis (cercle de pointillés), entouré de l’inscription française ★ RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ★ avec 1872 en exergue. Le revers illustre une couronne ouverte nouée par un ruban à sa base, formée de deux branches d’olivier, entouré de l’inscription française ★ LIBERTÉÉGALITÉFRATERNITÉ (la devise de la République Française), ayant en son centre l’inscription (sur deux lignes) 5 / CENTIMES avec, en-dessous, un petit A (marque d’atelier de Paris) flanqué de deux pictogrammes (les “différents” qui sont des marques de séquences liées au graveur et/ou à l’atelier): une abeille à gauche et une ancre couchée sur le côté à droite.

Malheureusement, si l’avers est en très bonne condition (à part une petite tache de vert-de-gris sur le haut et le manque de détails de la couronne d’épis et du bandeau), le revers comporte beaucoup plus d’usure qui oblitère complètement la valeur de la pièce. Par contre, nous savons que la pièce de cinq centimes a un diamètre de 25 mm et pèse 5 g alors que la pièce de dix centimes, elle, a une diamètre de 30 mm et un poids de 10 g. Il s’agit donc ici clairement d’une pièce de cinq centimes. Les “différents” sont également difficiles à distinguer mais en sachant que les exemples observés de “A” du début des années 1870 comportent une abeille (possiblement en association avec l’atelier de Paris) et une ancre (le pictogramme du graveur Désiré-Albert Barre qui aurait donc été le graveur du revers?), les formes floues qui entoure le “A” prennent du sens. Pour le “A” il existe deux variantes: le grand “A” (plus grand que les “différents”) et le petit “A” (même taille que les “différents”) — ici il s’agit d’un petit “A”. Les petites dénominations avec le type “Cérès” ont été frappé en pièces de un, deux, cinq, dix, cinquante centimes, un et deux francs entre 1870 et 1898 (quoi que le cinq centimes n’a pas eut d’émission en 1870 et en 1895). La pièce de cinq centimes a surtout été frappé à Paris (A) sauf entre 1871 et 1878 où elle a également été frappé à Bordeaux (K).

La IIIe République est proclamée le 4 septembre 1870. Elle débute avec un gouvernement de la Défense nationale dirigé par le général Trochu mais dès février 1871 une nouvelle Assemblée Nationale est élue et Adolphe Thiers est choisi comme chef du pouvoir exécutif (Président) — il démissionnera en mai 1873 pour être remplacé par Patrice de Mac Mahon. La priorité est d’abord de conclure un accord de paix avec l’Allemagne (dont le chancelier est Otto von Bismarck). Comme l’Assemblée Nationale est composé d’une majorité de Monarchistes (62% — dont 214 orléanistes et 182 légitimistes — contre 35% de Républicains [112 de Gauche, 72 de Centre-Gauche/Libéraux et 38 radicaux de l’Union Républicaine] et 3% de bonapartistes) la tendance est d’abord vers une nouvelle Restauration. Toutefois, aux Législatives suivantes, les Républicains sont majoritaires et la République est de nouveau sur le droit chemin. Malgré quelques problèmes (les communes insurrectionnelles de 1870-71, la crise Institutionnelle de 1877, et l’affaire Dreyfus), la IIIe Républiques est marquée par une nouvelle expansion coloniale ainsi que plusieurs réformes constitutionnelles (lois de 1875) et sociales (liberté de presse en 1881, légalisation des syndicats en 1884, laïcité en 1905 et instauration de l’impôt sur le revenu en 1914). Elle prendra fin en juillet 1940 avec le régime de Vichy dirigé par le maréchal Philippe Pétain. 

Sources: Wikipedia (Franc [FR/EN], Franc français [FR/EN], le Franc sous les IIIe et IVe Républiques, la IIIe République [FR/EN]), Google, acbon, AllYourCoins, BourseDuCollectionneur, CoinArchives, CollecOnline, eBay, NumisCorner, numista.

La semaine prochaine je vous présente une pièce de monnaie moderne Russe !

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Monnaies anciennes 104

Pièces modernes d’autres pays (2)

La Belgique

La Belgique en tant que territoire distinct a pris forme avec la province romaine de Gaule Belgique, située entre la Germanie Inférieure à l’est et la Gaule lyonnaise à l’ouest, qui incluait plus ou moins ce qui est aujourd’hui le Bénélux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg). À l’époque carolingienne, après que l’Empire de Charlemagne ait été divisé entre ses trois petits-fils en 843 EC, elle fait partie de la Lotharingie (qui incluait également l’Italie). Au Moyen-Âge, sous les ducs de Bourgogne, elle fait partie des Dix-sept Provinces mais ces dernières passent sous l’égide espagnole avec Charles Quint, pour être finalement scindées en deux suite à la guerre de Quatre-Vingts Ans et au traité d’Anvers de 1609 pour former les Provinces-Unies au nord (Belgica Foederata, les Pays-Bas indépendants) et les Pays-Bas méridionaux au sud (Belgica Regia, la Belgique, qui demeure un territoire du Saint-Empire romain germanique).

Toutefois, après la chute de l’Empire napoléonien, elles sont réunies à nouveau en 1815 par le traité de Vienne pour reformer l’ancien Leo Belgicus (nommé ainsi car le territoire sur une carte géographique représente plus ou moins la silhouette d’un lion) sous le nom de Royaume uni des Pays-Bas. Cette fois ce sont les différentes factions dopposition Belges qui s’unissent (d’où la devise “L’Union fait la Force”) et se révoltent contre cette imposition en 1830. La Belgique acquiert donc son indépendance l’année suivante mais se dote néanmoins d’une monarchie constitutionnelle: le Royaume de Belgique. Comme monarque on choisit Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha (un oncle de la reine Victoria) qui règnera sous le nom de Léopold Ier, roi des Belges. Dès lors, la Belgique peut frapper sa propre monnaie: le Franc belge (qui aura cours jusqu’à l’introduction de l’Euro en 2002). Celui-ci se divise en cent centimes avec des pièces de monnaie de un, deux, cinq, dix, vingt, vingt-cinq et cinquante centimes. Je vous en présente ici deux exemples.

IMG_2991-2994Le premier exemple est une très belle pièce de cinq centimes de Léopold 1er datant de 1862 (F [Fine], Cupronickel [75 % Cu et 25 % Ni], 19 mm, 3 g, axe: ↑↓). J’ai peine à distinguer l’avers du revers sur cette pièce. Normalement, l’avers (face) offre le portrait du monarque avec sa titulature, alors que le revers (pile) offre une représentation allégorique ou une devise avec la dénomination (valeur nominale) et la date d’émission. Or, ici tout est mélangé alors que la valeur se retrouve avec la nomenclature et l’attribution de l’avers change selon les experts. L’ “avers” présente la valeur nominale de la pièce sur deux lignes (5  / CENTIMES — centimes étant inscrit dans une cartouche pointé — dans un cercle rempli de pointillés) au-dessus d’une étoile (☆) avec l’inscription française (débutant par un fleuron) ❁ LEOPOLD PREMIER ROI DES BELGES. Le “revers” illustre un lion rampant héraldique vers la gauche (également dans un cercle rempli de pointillés) avec l’inscription française (encadrée par deux étoiles) ★ L’UNION FAIT LA FORCE ★ et 1862 en exergue. On note sous le lion une petite cartouche inscrite BRAEMT, qui est la signature du graveur Joseph-Pierre Braemt. 

Sources: Wikipedia, Google, CGB, numista.

IMG_2987-2988Le deuxième exemple est une belle pièce de deux centimes de Léopold II datant de 1873 (VG [Very Good], Cu [Cuivre 100%], 21.5 mm, 4 g, axe: ↑↓). L’avers présente le monogramme du roi (un grand “L” en cursive chargé de fioritures et surmonté d’une couronne héraldique d’où pendent des rubans de part et d’autre) entouré de l’inscription française LEOPOLD II ROI DES BELGES (suivie d’une étoile) ★ et 1873 en exergue. Le revers illustre un lion belge assis à gauche, la tête tournée à droite, posant la patte avant droite sur une double tablette inscrite (sur quatre lignes) “CONSTITUTION / BELGE / 1831 / ★”, entouré de l’inscription française L’UNION FAIT LA FORCE et 2 CENT.s (abréviation de “centimes”; le point et le “s” sont superposés) en exergue. Dessous la valeur nominale, on retrouve l’inscription BRAEMT F[ecit] (latin pour “fait par Braemt”) qui est la signature du graveur Joseph-Pierre Braemt. 

À partir de 1902, le néerlandais étant maintenant reconnu comme langue officielle, cette pièce sera frappée en deux versions: l’une en français (comme ci-haut) et l’autre en néerlandais (LEOPOLD II KONING DER BELGEN ★★ sur l’avers et EENDRACHT MAAKT MACHT sur le revers).

Sources: Wikipedia, Google, CGB, CoinBrothers, numista.

La semaine prochaine je vous présente quelques pièces de monnaie moderne de la France…

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Monnaies anciennes 103

Pièces modernes d’autres pays (1)

Le Royaume-Unis (UK)

Je ne connais pas grand chose des pièces de monnaie du Royaume-Unis. L’unité de base du système monétaire Britannique est la Livre Sterling (Pound, £) qui correspondait à l’origine à la valeur d’une livre d’argent. Le terme sterling proviendrait d’une mesure de poids carolingienne, l’esterlin, qui aurait été amené en Angleterre par les invasions normandes sous Guillaume le Conquérant. La Livre est utilisée surtout en monnaie papier et les pièces de monnaie se subdivisent en une grande variété de dénominations: le Souverain (Sovereign, en or, équivalant à une Livre ou 20 Shilling), la Couronne (Crown, en argent, équivalant à un quart de livre ou 5 shilling), le Florin (en argent, équivalant à 2 shilling), le Shilling (en argent, il est le descendant du sesterce romain et équivaut à un vingtième de Livre), le Penny (en cuivre, il est le descendant du denier romain et équivaut à un douzième de shilling) et le Farthing (en cuivre, équivaut à un quart de penny). La plupart de ces dénominations existent également en fraction (demi-souverain, demi-couronne, six pence [pluriel de penny], trois pence et demi-penny). En février 1971, le Royaume-Unis a adopté la décimalisation et le système s’est simplifié: le livre se divise maintenant en cent pence et les autres dénominations ont disparu. Je vous présente ici mes cinq plus anciennes pièces britanniques.

IMG_2880-2886La première pièce est une assez beau demi-penny de George III datant de 1775 (G [Good], Cu/Ae [Cuivre / Bronze ?], 29 mm, 7.5 g, axe: ↑↓). L’avers présente un buste lauré et cuirassé du roi George III, à droite, avec l’inscription latine GEORGIVS• – III• REX• (“George III, roi”). Le revers illustre une représentation allégorique de Britannia assise sur un globe, tournée vers la gauche, tenant un rameau d’olivier dans la main droite et une lance (ou un long sceptre) dans la gauche, un bouclier avec le drapeau de l’Union (Union Jack) reposant sur le côté gauche, avec l’inscription BRITAN-NIA. et 1775 en exergue. Il n’y a aucune mention de la dénomination et ce type semble avoir été frappé en plusieurs d’entre elles. Toutefois le Farthing est plus petit (4.9 g, 23 mm) alors que le demi-penny est plus large (9.9 g, 28.5 – 30 mm). Ma pièce est plus légère (7.5 g) que l’habituel 10 g pour ce type ce qui pourrait suggérer qu’elle est une contrefaçon contemporaine — ce qui, apparemment, était assez commun à l’époque. Toutefois, qui produirait un faux dans cet état là? La perte de poids pourrait aussi être attribuable à l’usure importante de la pièce…

Sources: Google, AllCoinValues, CoinArchives, CoinsCatalog, CoinsNd, collectonline, numista, WildWinds.

IMG_2890-2893La deuxième pièce est un très beau demi-penny de Victoria datant de 1866 (F [Fine], Ae [Bronze : 95%  Cu, 4% Sn, 1% Zn], 25 mm, 6 g, axe: ↑↑). L’avers présente le buste d’une jeune reine Victoria tournée vers la gauche, vêtue d’un corsage et d’un manteau décorés de rose, de chardon et de trèfle, coiffée d’une couronne de laurier et de petits fruits attachée à l’arrière avec un ruban, les cheveux remontés en un chignon, avec l’inscription latine VICTORIA D:G: BRITT:REG:F:D: (notez le double T de BRITT qui dénote un pluriel; “Victoria, by the Grace of God, Queen of the Britains, Defender of the Faith“ / “Victoria, par la grâce de Dieu, reine des Bretagnes, défenseur de la Foi”). Le revers illustre une Britannia assise sur un rocher à droite, coiffée d’un casque corinthien remonté, la main droite reposant sur un bouclier orné des croix combinées du drapeau de l’Union et tenant un trident dans la main gauche, flanquée à gauche d’un phare et à droite d’un navire le vent dans les voiles, avec l’inscription anglaise HALF PENNY et 1866 en exergue. Ce type de pièce a eut de nombreuses variations et aurait été en circulation jusqu’en 1969! C’est une pièce relativement rare.

Sources: Google, AllCoinValues, OnlineCoinClub, numista, SovereignRarities.

IMG_2898-2923La troisième pièce est un beau shilling de Victoria datant de 1868 (VG [Very Good], Ar [Argent; 92.5% Ag], 23 mm, 5.5 g, axe: ↑↓). L’avers présente une tête de la jeune reine Victoria, à gauche, sans couronne, les cheveux remontés et attachés derrière la tête avec un double ruban, entourée de l’inscription latine VICTORIA DEI GRATIA BRITANNIAR: REG: F: D: (i.e. VICTORIA DEI GRATIA BRITANNIARUM REGINA FIDEI DEFENSATRIX; “Victoria, by the Grace of God, Queen of the Britains, Defender of the Faith” / “Victoria, par la grâce de Dieu, reine des Bretagnes, défenseur de la Foi”). Le revers illustre une couronne ouverte constituée d’une branche d’olivier (à gauche) et d’une branche de chênes (à droite) attachées à la base par une ruban et surmontée d’une couronne de saint Édouard, avec au centre l’inscription anglaise, sur deux lignes, qui indique la valeur et la dénomination de la pièce (ONE SHILLING) et dessous la date d’émission en exergue (1868). Cette combinaison d’avers et de revers a été utilisée pour plusieurs dénominations. Chose intéressante, il y a au-dessus de la date un petit numéro de matrice [die number] qui est malheureusement ici illisible (possiblement 19, 21 à 38, 40 à 42, 44, 47 à 51, ou 54) qui indique une séquence de frappe particulière. Ce type de shilling a eut cours légal jusqu’en 1990 (il équivalait à cinq pence après la décimalisation)!

Sources: Google, AllCoinValues, BullionByPost, CoinOfTheUK, numista, OnlineCoinClub. 

IMG_2903-2907La quatrième pièce est un très très beau penny de Victoria datant de 1871  (VF [Very Fine], Ae [Bronze], 30 mm, 9 g, axe: ↑↑). L’avers présente le buste de la reine Victoria, à gauche, vêtue d’un corsage décoré d’un broche circulaire et d’un manteau décorés de rose, de chardon et de trèfle (les symboles floraux des différentes parties du Royaume-Uni: l’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande), coiffée d’une couronne de laurier et de petits fruits attachée à l’arrière avec un ruban, les cheveux remontés en un chignon, avec l’inscription latine VICTORIA D.G: BRITT: REG: F: D: (“Victoria, by the Grace of God, Queen of the Britains, Defender of the Faith“ / “Victoria, par la grâce de Dieu, reine des Bretagnes, défenseur de la Foi”). Le revers illustre une Britannia assise sur un rocher à droite, coiffée d’un casque corinthien remonté, la main droite reposant sur un bouclier orné des croix combinées du drapeau de l’Union et tenant un trident dans la main gauche, flanquée à gauche d’un phare et à droite d’un navire le vent dans les voiles, avec l’inscription anglaise ONE PENNY et 1871 en exergue. 

Sources: Google, AllCoinValues, numista, OnlineCoinClub.

IMG_2913-2920La cinquième et dernière pièce est un beau farthing de Victoria datant de 1891 (VG [Very Good], Ae [Bronze], 20 mm, 2 g, axe: ↑↑). L’avers présente le buste plus âgé de la reine Victoria, à gauche, vêtue d’un corsage décoré d’un broche circulaire et d’un manteau décorés de rose, de chardon et de trèfle, coiffée d’une couronne de laurier attachée à l’arrière avec un ruban, les cheveux remontés en un chignon, avec l’inscription latine VICTORIA D: G: BRITT: REG: F: D: (“Victoria, by the Grace of God, Queen of the Britains, Defender of the Faith“ / “Victoria, par la grâce de Dieu, reine des Bretagnes, défenseur de la Foi”). Le revers illustre une Britannia assise sur un rocher à droite, coiffée d’un casque corinthien remonté, la main droite reposant sur un bouclier orné des croix combinées du drapeau de l’Union et tenant un trident dans la main gauche, flanquée à gauche d’un phare et à droite d’un navire le vent dans les voiles, avec l’inscription anglaise FAR-THING sur le pourtour et 1891 en exergue.

Sources: Google, AllCoinValues, numista, OnlineCoinClub, vcoins.

La semaine prochaine je vous présente quelques pièces de monnaie moderne de la Belgique…

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Debout l’humanité !

DeboutlHumanite-cov“Le déser­teur Tenka Taihei est enrôlé de force par un labo­ra­toire de l’ar­mée qui cherche à produire une nouvelle géné­ra­tion de guer­riers. Commence pour ce petit homme, bonne pâte mais faci­le­ment mani­pu­lable, un long périple qui pour­rait bien conduire l’hu­ma­nité à sa perte.

Publié au Japon pendant la guerre du Viet­nam, Debout l’hu­ma­nité ! est l’oc­ca­sion de décou­vrir une facette inha­bi­tuelle d’Osamu Tezuka. Dans un style dyna­mique, proche du dessin de presse, cette œuvre anti­mi­li­ta­riste aborde avec acuité les ques­tions de sexe, de genre, de racisme, sans oublier de taper allè­gre­ment sur les médias et les indus­tries cultu­relles.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

DeboutlHumanite-p036

Page 36

Tenka Taihei est un soldat japonais envoyé faire la guerre en Asie du Sud-Est dans le pays (fictif) de Paipania. Il échappe à la mort en désertant mais seulement pour être condamné à devenir cobaye dans un laboratoire médical de l’armée sous la supervision du capitaine Reach. On découvre alors que ses spermatozoïdes mutants ont deux flagelles et qu’en conséquence sa progéniture est asexuée (ni homme, ni femme, ils forment une sorte de troisième sexe). Naïf, il est successivement manipulé et utilisé dans les expériences eugéniques du Dr Clamp, puis de Otomo Kurosumi et enfin par le promoteur Akira Kizagami. Ce dernier, avec l’aide de Reach, crée un royaume dans le Pacifique, le Taiheitengoku, pour capitaliser sur cette découverte. Le but est d’utiliser le sperme de Tenka pour créer une armée de soldats asexués, dociles et persistants comme le sont les fourmis ouvrières ou les abeilles, et de les vendre à gros profit aux plus offrants. Ils ne sont pas considéré comme des humains mais plutôt de simple drones utilisés soit comme chaire à canon (évitant ainsi aux populations humaines les horreurs de la guerre) soit comme esclave ou, même, dans des jeux pervers. 

Avec l’aide de son épouse, la guérilleros Lila, Tenka tente à plusieurs reprises d’échapper à cette entreprise et de sauver ceux qu’il considère comme ses enfants. Toutefois, Kizagami fait assassiner Lila, et Tanka retombe entre ses mains. Ses plans déjoués, Kizagami décide de promouvoir son entreprise avec un grand spectacle de guerre (kriegspiel) où s’affronteront pas moins de quarante mille soldats asexués. Cependant, Tenka s’échappe à nouveau et complote avec un nouvel allié. Au même moment son premier “fils”, Miki, travaille dans l’ombre pour venger sa mère et initier une révolution qui bientôt inversera les rôles d’oppresseurs et d’opprimés!

 

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Page 194

Debout L’Humanité ! (人間ども集まれ! / Ningen-domo Atsumare ! / lit. “Les humains se rassemblent !”) est un manga seinen par Osamu TEZUKA qui a d’abord été publié en feuilletons au Japon dans Weekly Manga Sunday entre le 25 janvier 1967 et le 24 janvier 1968 avant d’être publié en deux volumes (tankōbon) chez l’éditeur Jitsugyo no Nihonsha, puis en un seul volume (Kanzenban) en 1999. Il a également été publié en deux volumes dans la collection des Oeuvres Complète de Tezuka chez Kōdansha, qui l’a ensuite réédité en un seul volume (format bunko) en mars 2010. Il a été publié en français, en un seul volume, aux éditions FLBLB en avril 2011, puis réédité en septembre 2022 avec une nouvelle couverture. 

Tezuka aborde avec ce manga touts les grands débats du XXe siècle sur les droits et libertés (sexisme, homosexualité, transexualité, racisme, eugénisme, etc.) et il critique également tant le bellicisme que le capitalisme de nos sociétés modernes, surtout la façon que ce dernier exploite la guerre perpétuelle pour s’enrichir sur le dos des plus démuni. Malheureusement, sans doute à cause du format de publication épisodique et au fait qu’il travaillait simultanément sur une dizaine de titres! (principalement Ambassador Magma, Astro Boy, Dororo (voir mon commentaire), Flying Ben, Gumgum Punch, Phénix, Vampires), le récit est plutôt désorganisé et assez inégale. Il y a quelques longueurs et on se demande parfois où l’auteur veut en venir. Comme dans le cas de Avaler la Terre (que j’ai récemment commenté), c’est une histoire de vengeance qui se révèle (comme toujours) insatisfaisante et qui finie mal. 

Le site officiel de Tezuka nous apprends que le mangaka a intentionnellement changé son style de dessin pour ce manga afin de lui donner un ton absurde. Son style est déjà à la base plutôt caricatural, utilisant des traits assez simples (et de grands yeux), mais ici il lui donne un aspect encore plus brouillon sans doute dans le but de se rapprocher du style “dessin de presse.” Toutefois, les lecteurs de l’époque, peut-être déjà mal à l’aise à cause des thématiques sociologiques et politiques, ont durement critiqué l’ouvrage pour son manque de raffinement. 

Comme dans tous ses ouvrages, Tezuka nous offre ici un manga très intéressant avec une histoire pleine de rebondissements qui, malgré son style caricatural, exprime des préoccupations très sérieuses sans toutefois être dénuée d’humour — ou, comme dans ce cas-ci, de satire mordante. C’est donc une lecture agréable qui sait nous divertir tout en nous faisant réfléchir.

Encore une fois je remercie profondément les petits éditeurs comme FLBLB qui ont le courage de publier ce genre de manga tout en sachant très bien qu’ils ne seront pas populaire mais qu’il faut néanmoins les rendre accessibles à un public aussi large que possible pour faire valoir l’importance qu’ils occupent dans l’histoire de la bande dessinée. À lire pour tout amateurs de mangas et/ou de Tezuka.

Débout l’Humanité ! (Intégrale), par Osamu Tezuka (Traduit du japo­­nais par Jacques Lalloz et Rodolphe Massé). Poitiers: Éditions FLBLB, septembre 2021. 432 pages, 15,5 × 22 cm, 20€ / $36.95, ISBN 978-2-35761-308-9. Pour lectorat adolescent (14+ / sexualité, violence). stars-3-5

Autres titres de Osamu Tezuka disponible chez FLBLB: Alabas­ter (épuisé), Avaler la terre (que j’ai déjà commenté), La Femme insecte (sortie prévue en septembre 2022), La grande pagaille du Diletta, L’homme qui aimait les fesses (épuisé), et NéoFaust (épuisé, réédition prévue en septembre 2022).

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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Monnaies anciennes 102

Pièce canadienne moderne (3)

Post-confédération: la petite monnaie

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La monnaie de 1912: 5¢, 10¢, 25¢ et 50¢ (plus 1$ de 1939)
Respectivement 15 mm, 18 mm, 23 mm, 29 mm et 36 mm !

Je vous présente ici brièvement les différentes petites dénominations (autre que le un cent que j’ai traité dans l’entrée précédente) de la monnaie Canadienne moderne. Pour chacune d’entre elles, je décrirai d’abord ma pièce la plus ancienne et (pour une comparaison uniforme) une pièce de 1912 (date choisie au hasard selon la disponibilité des pièces). Avant de se joindre à la “Confédération”, la plupart des provinces canadiennes ont frappé leur propre monnaie. J’ai déjà donné des exemples des jetons utilisés au Haut et Bas Canada, et j’ajoute ici celui d’un cent frappé pour Terre-Neuve (c’est le seul spécimen que j’ai des autres provinces, je crois). J’ai très peu d’exemplaires des plus larges dénominations (50¢ et 1$) car apparemment quelqu’un se serait servi dans la collection pour acheter des bonbons… Et je ne mentionne pas le $2 car son introduction (en 1999) est trop récente.

Le cinq cents

La pièce de cinq cents a été frappé en argent de 1858 à 1921, en tombac en 1942-43 puis en acier plaqué de nickel et chrome en 1944-45 [due au rationnement de la 2e guerre mondiale], en nickel de 1922 à 1941 et de 1946 à 1981 (sauf en 1951-54 [guerre de Corée] où il était de nouveau en acier plaqué de nickel et chrome), en cupro-nickel [75% Cu et 25% Ni] de 1982 à 2006 et en acier plaqué cuivre et nickel [94.5% acier, 3.5% Cu et 2% Ni] de 1999 à nos jours. L’avers a bien sûr connu des changement selon le portrait et la titulature du monarque sous lequel la pièce était frappée et mais le revers n’a connu que trois variations principales: 1. 1858-1921: deux branches d’érable croisées, attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale (initialement conçu par Leonard C. Wyon); 2. 1922-1936: deux larges feuilles d’érable de par et d’autre (conçu par W.H.J. Blackmore); et 3. 1937 à nos jours: un castor sur un billot de bois (conçu par George Edward Kruger-Gray). Il y a eut bien sûr des exceptions avec des pièces commémoratives (le “V” de la victoire superposé d’une torche en 1943-45 et 2005, une usine pour le 200e anniversaire du nickel en 1951, un lapin pour le centenaire de la “Confédération” en 1967 et un castor dans un style autochtone, conçu par l’artiste Mi’kmaw Gerald Gloade, pour le 150e anniversaire de la “Confédération” en 2017) et les variations de menus détails (taille et forme du feuillage, des caractères de l’inscription, etc., sur lesquelles je ne m’étendrais pas). Dès 1922 il prend son apparence actuelle: une pièce ronde (sauf entre 1942 et 1952 où il prit la forme d’un dodécagone) de 21.2 mm (4.5 g) avec une bordure de pointillés (sauf en 1922-1936 et 1942-45).

IMG_2798-2799Ma pièce de cinq cents la plus ancienne date de 1893 (G [Good; un flan très mince en argent ternis, plusieurs cavités et égratignures mais relief et inscription bien lisibles], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 15.5 mm, 1.16 g, axe: ↑↓). L’avers présente une tête de Victoria (tournée) à gauche, coiffée d’une couronne de laurier et un chignon, avec l’inscription latine VICTORIA DEI GRATIA REGINA. (“Victoria, reine à la grâce de dieu” — on note le point terminal) et CANADA (en exergue). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles à gauche et dix à droite), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur trois lignes) 5 / CENTS / 1893. 

IMG_2804-2807Mon cinq cents de 1912 est assez beau (G- [Good; argent très ternis, une concrétion obscurcie une bonne partie du portrait mais l’inscription demeure bien lisible], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 15.5 mm, 1.17 g, axe: ↑↑). L’avers présente un buste de George V à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur quatre lignes) 5 / CENTS / CANADA / 1912. 

Le dix cents

La pièce de dix cents a été frappé en argent de 1858 à 1968 (92.5 % Ag et 7.5 % Cu, le titrage a diminué au ratio 80/20 en 1920, puis 50/50 en 1967-68), en nickel de 1968 à 1999 (99.9% Ni) et en acier plaqué cuivre et nickel depuis l’an 2000 (92% acier, 5.5% Cu et 2.5% Ni). L’avers a connu les habituelles variations dues aux changements de monarque mais le revers n’a connu que deux variations principales: un dessin très similaire au cinq cents illustrant deux branches d’érable croisées, attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale de 1858 à 1936 et l’emblématique représentation de la goélette de course Bluenose depuis 1937 (conçu par Emanuel Otto Hahn). Il est a noter qu’aucune pièce de dix cents ne furent produites entre 1922 et 1927. Il y a eut encore une fois des émissions commémoratives (un maquereau pour le centenaire de la “Confédération” en 1967 [conception de Alex Colville], trois profil de visages pour l’Année Internationale des bénévoles en 2001 [par Stan Witten], une feuille d’érable stylisée formant “les ailes de la Paix”, conçu par Amy Choi, pour le 150e anniversaire de la “Confédération” en 2017 et un Bluenose toutes voiles dehors conçu par Yves Bérubé, et dont une partie de l’émission était coloré bleue, en 2021 pour le centenaire du Bluenose) et quelques variations de détails sur lesquelles je ne m’étendrais pas.

IMG_2808-2811Ma plus ancienne pièce de dix cents date de la dernière année du règne de Victoria, soit 1901 (G [Good; un flan mince en argent ternis, le revers a connu beaucoup d’usure mais la dénomination et la date restent lisible], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 18 mm, 2.3 g, axe: ↑↓). Très similaire au cinq cents, l’avers présente une tête de Victoria (tournée) à gauche, coiffée d’une couronne de laurier et un chignon, avec l’inscription latine VICTORIA DEI GRACIA REGINA. (“Victoria, reine à la grâce de dieu” — on note le point terminal) et CANADA (en exergue). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur trois lignes) 10 / CENTS / 1901. 

IMG_2813-2815Mon dix cents de 1912 est assez beau (G+ [Good; argent ternis], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 18 mm, 2.3 g, axe: ↑↑). Encore une fois, très similaire au cinq cents, l’avers présente un buste de George V à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur quatre lignes) 10 / CENTS / CANADA / 1912. 

Le vingt-cinq cents

La pièce de vingt-cinq cents a été frappé en argent de 1858 à 1968 (92.5 % Ag et 7.5 % Cu, le titrage a diminué au ratio 80/20 en 1920, puis 50/50 en 1967-68), en nickel de 1968 à 1999 (99.9% Ni) et en acier plaqué cuivre et nickel depuis l’an 2000 (94% acier, 3.8% Cu et 2.2% Ni).  L’avers a connu les habituelles variations dues aux changements de monarque mais le revers n’a connu que deux variations principales: d’abord le même concept que les plus petites dénominations, initialement dessiné par Leonard C. Wyon, représentant deux branches d’érable croisées, attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale de 1858 à 1936 et puis l’emblématique image du caribou depuis 1937 (conçu par Emanuel Hahn). Le vingt-cinq cent a connu beaucoup trop d’émissions commémoratives, dont plusieurs séries, pour s’y attarder (mais je mentionnerais le lynx pour le centenaire de la “Confédération” en 1967 [conception de Alex Colville], la Police Montée à cheval pour le centenaire de la GRC en 1973 [par Paul Cederberg], la feuille d’érable frappée d’un coquelicot rouge pour le Jour du Souvenir en 2004 et 2008 [90e anniversaire] conçu par Cosme Saffioti et Stan Witten, la série du 125e anniversaire de la “Confédération” en 1992, celles du Millénaires en 1999 & 2000, et celles des jeux olympiques de Vancouver en 2007-2008) sans compter les multiple variations de détails. À partir de 1967, le vingt-cinq cents est légèrement plus grand (23.88 mm) mais devient aussi un petit peu plus léger (5.05 g avec la composition de nickel en 1968 et 4.4 g avec l’acier plaqué depuis 2000).

IMG_2816-2818Ma plus ancienne pièce de vingt-cinq cents date de 1874 et est dans un bel état de conservation (VG [Very Good], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 23.6 mm, 5.8 g, axe: ↑↓). De façon similaire aux plus petites dénominations, l’avers présente une tête de Victoria à gauche, mais cette fois coiffée d’une couronne et les cheveux sont remontés et attachés à l’arrière avec un ruban, avec l’inscription latine VICTORIA DEI GRACIA REGINA (“Victoria, reine à la grâce de dieu” — on note qu’il n’y a pas de point après la titulature) et CANADA (en exergue). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur trois lignes) 25 / CENTS / 1874. On remarque, sous la boucle qui attache les deux branches, la marque d’atelier “H” qui indique que cette pièce a été frappé à la Heaton Mint (petit rappel: avant 1908 la monnaie canadienne est toujours fabriquée en Angleterre, soit à la Royal Mint à Londres, sans marque, soit à la Heaton Mint à Birmingham, avec une marque).

IMG_2821-2823Ma pièce de vingt-cinq cents de 1912 est assez belle (G [Good; usure des reliefs], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 23.6 mm, 5.8 g, axe: ↑↑). L’avers  présente un buste de George V à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers, redessiné par W.H.J. Blakemore, illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale (légèrement plus grande) entourant l’inscription anglaise (sur quatre lignes) 25 / CENTS / CANADA / 1912.

Le cinquante cents

La pièce de cinquante cents présente des spécifications similaires à celle de vingt-cinq cent mais elle a été introduite un peu plus tard que les autres dénominations. Elle a été frappé en argent de 1870 à 1968 (92.5 % Ag et 7.5 % Cu, mais le titrage a diminué au ratio 80/20 en 1920), en nickel de 1968 à 1999 (99.9% Ni) et en acier plaqué cuivre et nickel depuis l’an 2000 (93.15% acier, 4.75% Cu et 2.1% Ni). L’avers a connu les habituelles variations dues aux changements de monarque mais le revers n’a connu que deux variations principales (avec des variations supplémentaires dans le détail): les traditionnelles branches d’érable croisées (que l’on peut diviser en feuillage victorien et feuillage edouardien), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale de 1870 à 1936 et une représentation des armoiries du Canada (que l’on peu diviser en versions simplifiée [1937-54], révisée [1955-58], modifiée [1959-96] et redessinée) à partir de 1937. Comme toujours il y a eut quelques émissions commémoratives (le loup qui hurle pour le centenaire de la “Confédération” en 1967 [conception de Alex Colville], avec les dates “1867 1992” pour le 125e anniversaire du Canada, avec les dates “1952-2002” pour le Jubilée d’Or de la reine, une feuille d’érable stylisée pour le 150e anniversaire de la “Confédération” en 2017 et les armoiries simplifiés pour leur centenaire en 2021). La pièce de cinquante cents a vue sa taille légèrement réduite en 1968 (passant de 29.72 mm à 27.13 mm, et son poids diminuant à 8.10 g avec la composition de nickel, puis à 6.90 g avec l’acier plaqué).

IMG_2826-2828Mon exemplaire le plus ancien est une belle pièce de 1912 (VG [Very Good], Ar [Argent; un titrage de 92.5% Ag et 7.5% Cu], 29.7 mm (épaisseur de 2 mm), 11.6 g, axe: ↑↑). L’avers présente un buste de George V à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers, redessiné par W.H.J. Blakemore, illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur quatre lignes) 50 / CENTS / CANADA / 1912.

Le dollar

La dénomination de un dollar a d’abord été imprimée sur papier. Les premiers billets canadiens sont apparu avec la “Confédération” et les édits du Currency Act et du Dominion Notes Act en 1868 (sous le nom de Dominion of Canada). Jusqu’alors les billets étaient émis par les différentes banques mais après le Uniform Currency Act celles-ci ne pouvaient imprimer que des billets de plus de cinq dollars. Toutefois, les premiers véritables billets canadiens sont apparu avec la création de la Banque du Canada (en 1934) qui a émit ses premiers billets en 1935. Étant donné qu’il existait un dollar-papier, la pièce de monnaie de un dollar a d’abord surtout été une pièce commémorative et cela dès ses débuts en 1935. Ce n’est qu’après le retrait du dollar-papier en 1987 que la pièce de un dollar (“le huard” ou “loonie” en anglais) devient une véritable monnaie de circulation.

Comme toutes les autres pièces le dollar a d’abord été frappé en argent (80% Ag et 20% Cu; 23.33 g, 36 mm) de 1935 à 1967, puis en nickel (99% Ni, 15.62 g, 32.13 mm) de 1968 à 1986, puis en nickel plaqué bronze (91.5% Ni et 8.5% bronze, 7 g, 26.72 mm mais 26.5 mm depuis 1988) de 1987 à 2012, et finalement en acier plaqué de laiton (6.27 g et 26.5 mm) depuis 2012. L’avers a connu les habituelles variations dues aux changements de monarque. Le revers le plus commun représente un voyageur et son compagnon autochtone dans canot remplit de marchandises, avec en arrière-plan une aurore boréale et deux sapins, mais il y a eut de nombreux autres types: l’édifice parlementaire pour la visite royale en 1939, le vaisseau de John Cabot pour l’accession de Terre-Neuve à la “Confédération” en 1949, un totem sur un arrière-plan des Rocheuses pour le centenaire de la Ruée vers l’or et de la Colombie-Britannique en 1958, un fleur de lys avec trèfle, chardon et rose pour le centenaire des conférences de Charlottetown et de Québec en 1964, une bernache du Canada pour le centenaire du Canada en 1967, etc. En 1987, le revers principal devient le huard qui connait lui aussi de très nombreuses variations commémoratives.

IMG_2830-2834Mon exemplaire le plus ancien est une belle pièce de 1939 (VG [Very Good], Ar [Argent; un titrage de 80% Ag et 20% Cu], 36 mm (épaisseur de 2.84 mm), 23.3 g, axe: ↑↑). L’avers (conçu par T.H. Paget) présente une tête nue de George VI, à gauche, avec l’inscription latine GEORGIVS VI D: G: REX ET IND: IMP: (“George VI, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes“). Le revers (conçu par Emanuel Hahn) illustre la partie centrale de l’édifice parlementaire à Ottawa avec, au-dessus, l’inscription latine FIDE SVORVM REGINAT (“Il règne par la foi [de son peuple]”) et, au-dessous (sur trois lignes), CANADA / 1939 / 1 DOLLAR. Cette pièce commémore la visite royale de George VI et de la reine consort Elizabeth en 1939. Elle était disponible par commande à la Banque du Canada et dans les bureaux de poste mais elle a été produite en tellement d’exemplaires (1.36 million) que plus de cent-cinquante mille d’entre eux durent être refondue entre 1939 et 1945…

Le un cent de Terre-Neuve

Terre-Neuve (et Labrador) est resté une colonie Britannique jusqu’en 1949, moment où elle devint membre de la “Confédération” canadienne. En tant que Dominion britannique elle pouvait émettre sa propre monnaie et produisit donc des pièces relativement similaires à celles produites chez ses voisins canadiens (1¢, 5¢, 10¢, 20¢, 25¢ (à partir de 1917), 50¢ et $2). Toutefois, les pièces étaient encore frappées en Angleterre. La pièce de un cent a eut un grand format (25.5 mm, 5.67 g) jusqu’en 1937, lorsqu’ils ont adopté un format plus petit et plus économique à produire (19.05 mm, 3.24 g). Durant la seconde guerre mondiale, pour éviter les risques causés par une traversé de l’Atlantique, les pièces de monnaie étaient frappées par la Monnaie Royale Canadienne et comportait un petit “c” sur le revers comme marque d’atelier.

IMG_2836-2840Ma pièce de un cent de Terre-Neuve est dans un bel état et date de 1943 (VG [Very Good], Ae [Bronze; avec un titrage de 95.5% Cu, 3% Sn et 1.5% Zn], 19.05 mm, 3.24 g, axe: ↑↑). L’avers présente une tête de George VI, à gauche, coiffée d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS VI DEI GRA. REX ET IND. IMP. (“George VI, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers illustre une Sarracénie pourpre en fleur (Sarracenia purpurea), une plante carnivore qui est l’emblème floral de Terre-Neuve, avec l’inscription anglaise • NEWFOUNDLAND • au-dessus, ONE CENT (avec un petit “c” à droite comme marque d’atelier) en bas et 1943 de part et d’autre. 

Sources: Wikipedia (Dollar canadien [FR/EN], Pièces de monnaie canadienne [FR/EN], 5¢ [FR/EN], 10¢ [FR/EN], 25¢ [FR/EN], 50¢ [FR/EN], $1 [FR/EN], $2 [FR/EN], History of the Canadian dollar), Anatomy of a Canadian Coin (Infographics), Evolution of Canadian Coin Physical Specifications, Evolution in obverse and reverse designs of Canadian coins; 5¢ (1893): Google, Coins & Canada, ngcoins, numista; (1912): Google, numista; 10¢ (1901): Google, CoinsCatalog, numista; (1912): Google, numista, CoinBrothers; 25¢ (1874): Google, numista; (1912): Google, coinbrothers, numista, vcoins; 50¢ (1912): Google, CoinArchives, coinbrothers, coinshome, numista; $1 (1939): Google, coinsunlimited, numista;  1¢ TN (1943): Google, coinsunlimited, numista. (Pas de fiches cette fois aussi).

Bibliographie:

  • Cross, W.K. A Charlton Standard Catalogue: Canadian Coins, vol. 1: Numismatic Issues (69th Edition). Toronto: The Charlton Press, 2015. 356 pages. [ AmazonNelliganPublisher ]
  • Taylor, H.C. & James, Summer. The Guide Book of Canadian Coins, Paper Currency and Tokens (Second Edition). Winnipeg: Canadian Numismatic Publishing Institute, MCMLX (1960). 232 pages.

J’ai pris la peine de faire cette série d’articles sur la monnaie ancienne (et certaine plus modernes) car je trouve que ces pièces de monnaie offrent une lesson d’histoire qui mérite d’être partagée. C’est aussi pour moi un intéressant exercice d’écriture descriptive qui me permet (j’espère) de garder l’esprit (enfin, le cerveau) actif et alerte. J’espère que vous avez apprécié. Il ne reste plus que quatre entrées avant la fin de cette chronique.

La semaine prochaine je vous présente quelques pièces de monnaie moderne du Royaume-Unis…

Voir l’index des articles de cette chronique.

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