Monnaies anciennes 73

Les Valentiniens (2)

Valens (364-378)

Flavius Iulius Valens est né vers 328 à Cibalae (Pannonie). Il est le fils de Gratianus Funarius, un simple commerçant (vendeur de corde) qui, devenu soldat, a rapidement gravit les échelons jusqu’à devenir général (Comes Britanniarum). Il a grandit sur le domaine familiale au côté de son frère aîné, Valentinianus. Il a servit comme officier (protector domesticus ?) au palais de l’empereur Julianus. À la mort de Jovianus, alors que son frère est nommé empereur, ce dernier le nomme co-empereur (le 26 mars 264) et il reçoit la charge d’administrer la partie orientale de l’Empire à partir de Constantinople (où il s’installe dès décembre 264). Il n’a pas l’habilité militaire, ni administrative, de son frère mais il semble bien gérer l’économie (avec une baisse des impôts et une réforme monétaire). Du côté religieux, il reprends les persécutions contre les païens et favorise l’arianisme. En 365, il tente d’abord de reconquérir les territoires perdus (Mésopotamie et Arménie) lors de la paix de Jovianus avec les Sassanides mais il doit revenir à Constantinople lorsque l’usurpateur Procopius prend le contrôle de la ville en septembre. En 366, ce dernier est rapidement capturé et exécuté mais Valens doit par la suite rétablir l’ordre en Thrace et d’Asie Mineure. Puis, pendant plusieurs années (367-369), il doit affronter les Wisigoths qui, sous l’autorité de Athanaric, avaient soutenu Procopius. 

Lorsque Valentinianus meurt en Pannonie le 17 novembre 375, son fils Gratianus (qui était déjà Auguste depuis août 367) lui succède comme empereur d’Occident. Toutefois, les soldats ont également acclamé empereur son jeune frère de quatre ans, Valentinianus II. Gratianus partage donc le pouvoir avec lui, en lui octroyant l’Illyrie, alors que lui-même règne sur l’Italie, les Gaules, la Bretagne, l’Hispanie et l’Afrique. Alors qu’il doit défendre ses frontières contre les Alamans, son oncle Valens (toujours empereur d’Orient) doit lui affronter les Ostrogoths dès 375. Ceux-ci, sous la pression des Huns et des Wisigoths (sous le commandement du chef Fritigern), traversent la frontière romaine par la Thrace en 377. Il tente de les contenir lors de la bataille d’Andrinople le 9 août 378 mais cela sera l’une des pires défaites qu’a connu l’armée romaine et Valens lui-même y trouve la mort. Cet événement marque le point tournant où l’Empire d’Occident a de plus en plus de difficulté à contenir ces invasion barbares et ainsi amorce son inexorable déclin

Gratianus nomme Auguste son général Theodosius (fils du général Theodosius Major) qui prends en charge l’Empire d’Orient. Ensemble ils mettront un frein momentané à l’avance des Goths en 381. Gratianus travaillera à supprimer les derniers éléments païens à Rome (il refuse le titre de pontifex maximus, enlève leur privilèges aux prêtres païens et aux vestales, retire la statue de la Victoire du sénat, etc.). Toutefois, au printemps 383 il doit faire face à un nouvel usurpateur, Magnus Maximus, qui le défait à Lutetia. Gratianus prends la fuite mais est assassiné à Lugdunum le 25 août. Theodosius, accaparé par la menace Goth, est bien obligé de reconnaitre Maximus comme empereur d’Occident. Valentinianus II (âgé d’une douzaine d’années et toujours sous la tutelle de sa mère Justina) garde le contrôle de l’Italie. Toutefois, Maximus réussi à prendre Rome en 387 et à le chasser d’Italie. Il se réfugie à Thessalonique et demande l’aide de Theodosius (qui est son beau-frère puisqu’il a épousé sa soeur Aelia Galla) qui alors défait et tue l’usurpateur. Theodosius reste à Mediolanum, en Italie, jusqu’en 391 pour rétablir Valentinianus II au pouvoir, puis retourne en Orient, laissant le jeune empereur sous la garde de Arbogast, l’un de ses officiers. Cependant, suite à un différent sur la stratégie militaire à adopter, Valentinianus tente de retirer son commandement à Arbogast, mais est retrouvé mort le lendemain (15 mai 392). Ainsi prends fin la dynastie des Valentiniens

J’ai trois pièces de monnaie de Valens et ce sont toutes des pièces avec le type de Securitas Reipublicae.

IMG_1488-1491La première pièce est un très beau follis / nummus (F [Fine], AE3, AE [Bronze], 17 mm, 2.306 g, payé environ $5 le 1985/01/06, caractérisé par une patine brunâtre et un important dépôt de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, portant un diadème perlé, avec l’inscription latine D[ominvs] N[oster] VALEN-S P[ivs] F[elix] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Valens, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine SECVRITAS – REIPVBLICAE (“la sécurité de la République”), un PCON en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Arelate [CON = Constantina]). On remarque qu’il n’y a aucune marque dans le champs.

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 59, 66), cette pièce aurait été frappé par première officine de Arelatum (Arles) soit entre le 24 août 367 et le 17 novembre 375, soit entre le 17 novembre 375 et le 9 août 378.

IMG_1501-1508La seconde pièce est un assez beau follis / nummus (G [Good], AE4, AE [Bronze], 15 mm, 2 g, caractérisé par un important dépôt de jaune; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, portant un diadème perlé, avec l’inscription latine D[ominvs] N[oster] VALENS – P[ivs] F[elix] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Valens, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine SECVRITAS – REIPVBLICAE (“la sécurité de la République”), un ANT𝝧 en exergue (marque de la neuvième officine [theta] de l’atelier de Antioche [ANT]).

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 264, 275), cette pièce aurait été frappé par la neuvième officine de l’atelier d’Antioche entre le 28 mars 364 et le 24 août 367.

IMG_1510-1518La troisième pièce est un assez beau follis / nummus (G / F [Good / Fine], AE4, AE [Bronze], 15 mm, 1 g, caractérisé par une patine noire avec quelques incrustations jaunâtres, une importante rognure et deux cassures à 120º et 300º de l’avers qui ont fait disparaître une partie des inscriptions; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, portant un diadème perlé, avec l’inscription latine D N VA…. – .. AVG (présumément pour Dominvs Noster Valens Pivs Felix AVGustus, soit “Notre Seigneur Valens, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine ……TAS – REIP….CAE (présumément pour Securitas Reipvblicae, soit “la sécurité de la République”), ainsi qu’une marque d’atelier en exergue qui n’est que partiellement lisible (trois ou quatre caractères avec un “T” au milieu, ??T?, possiblement ANTZ pour la septième officine [Zeta] de l’atelier de Antioche [ANT]). On remarque que l’illustration du revers est particulièrement bien conservée et que le détail du drapé de la toge de la Victoire apparait très dynamique — on pourrait presque la voir bouger!

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 264, 275), cette pièce aurait été frappé par la septième officine de l’atelier d’Antioche entre le 28 mars 364 et le 24 août 367.

Sources: Wikipedia (Valens [FR/EN]), FAC (Valens, Constantina, palm, Securitas Reipublicae, Victory, wreath), ERIC (Valens); RIC v. IX, Arelate: 17b (xiv a) / 19a (xv a); v. IX, Antioch: 12b; Online Ref. 1: Google, acsearch, CGBFR, CoinArchives, CoinProject (SCON) numismatics, numista, WildWinds (text, image). Online Ref. 2 & 3: Google, CoinArchives, CoinProject (ANTS, ANTS, ANTЄ), numismatics,  numista, WildWinds (Δ: text, image; Є: text, image). Voir aussi mes fiches (01, 02, 03).

La semaine prochaine nous abordons la dynastie des Théodosiens avec une pièce de monnaie de l’empereur Theodosius I.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 72

Les Valentiniens (1)

Valentinianus

La dynastie des Valentiniens débute avec Flavius Valentinianus qui est né en 321 à Cibalae (en Pannonie) et est le fils de Gratianus Funarius, un simple commerçant (vendeur de corde) qui rejoint l’armée sous Constantinus pour devenir protector domesticus, puis tribun et finalement comes (en Afrique et en Bretagne). Il a grandit sur le domaine familiale avec son frère Valens et a reçu un bonne éducation (incluant la littérature et les arts). Il accompagne son père lors de son commandement en Afrique et s’engage dans l’armée à son tour vers la fin des années 330. Il sert sous Constantius II et devient, comme son père, protector domesticus. En 355, il est tribun en Gaule sous les ordres de Julianus et Barbatio mais, blâmé pour une défaite contre les Alamans, il s’installe à Sirmium. C’est là que son épouse Marina Severa lui donne un premier fils, Gratianus, en 359. En 357, il continue son ascension dans l’armée alors qu’il est tribun de cavalerie en Gaule. Sous Julianus, en 362, il est comes et tribun des Cornuti, une unité auxiliaire d’infanterie (Auxilia palatina) et il sert en Mésopotamie durant la campagne contre les Perses Sassanides. Sous Jovianus, il est nommé tribun d’une unité d’élite de la garde palatine, la scholae secundae scutariorum, puis tribun d’un régiment d’infanterie d’élite (Scutarii). 

À la mort de Jovianus, le 17 février 364, un comité de hauts fonctionnaires et d’officiers militaires siégeant à Nicée est chargé de lui désigner un successeur. Après avoir hésité entre plusieurs candidats (dont Salustius qui refusa), leur choix s’arrêta sur Valentinianus, qui avait établi son camps à Ancyra (Ankara). Il est acclamé empereur le 26 février 364 et en mars il nomme son frère Valens comme co-empereur. Comme c’est la tradition, ils se partagent l’empire: Valens veillera sur l’Orient avec Constantinople comme capitale et Valentinianus sera en charge de l’Occident et établira sa capitale à Mediolanum (Milan). 

Malheureusement, comme ce fut souvent le cas à cette époque, son règne n’a été qu’une succession de campagnes militaires défensives. En 367, il déplace sa capitale à Treveris pour se rapprocher de la frontière du Rhin. À l’aide de son général Theodosius Major, il doit défendre successivement la Gaule contre les Alamans (367-372) et les Saxons (370), la Bretagne contre la barbarica conspiratio (une coalition de Pictes, de Scots, de Attacotti et de Saxons) en 368, l’Afrique contre la révolte de Firmus (373-375) et la Pannonie contre les Quades et les Sarmates (375). Suite à une maladie et pour assurer sa succession, en août 367 il proclame son fils Gratianus directement Auguste à Samarobriva (Amiens). En 368, il prends Justina comme seconde épouse et celle-ci lui donnera un autre fils, Valentinianus II, en 371, et trois filles (Aelia Galla, Justa et Grata). Il rétablit la foi chrétienne comme religion officielle mais reste tolérant face au paganisme. Il a été un bon administrateur tant civil que militaire et s’est efforcé d’améliorer la condition des classes les plus pauvres, se rappellant les origines humbles de sa famille. Il aurait toutefois été très cruel dans l’exécution de la discipline et de la justice. Il est mort à Brigetio le 17 novembre 375 d’une crise d’apoplexie durant une séance de négociation avec les envoyés Quades dont ils trouvaient les exigences déraisonnables et enrageantes. Sa succession fut assurée par son frère Valens et ses fils Gratianus et Valentinianus II.

IMG_1475-1478Je n’ai qu’une seule pièce de Valentinianus. C’est un superbe follis / nummus (XF / VF [Extra Fine / Very Fine], AE3, AE [Bronze], 17.5 mm, 1.801 g, payé environ $7, caractérisé par très peu d’usure, une patine brunâtre et quelques petites tâches de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers présente un buste de l’empereur portant un diadème perlé, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine D[ominvs] N[oster] VALENTINI-ANVS P[ivs] F[elix] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Valentinianus, Pieux et heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine SECVRITAS – REIPVBLICAE (“la sécurité de la République”), un 𝝘SISCS en exergue (marque de la troisième officine [gamma = trois] de l’atelier de Siscia [SISCS]) avec les lettres D P (superposées) et F dans le champs de part et d’autre (marques de séquences?).

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 144, 147), cette pièce aurait été frappé par la troisième officine de l’atelier de Siscia entre le 24 août 367 EC et le 17 novembre 375 EC.

Sources: Wikipedia (Valentinianus [FR/EN]), FAC (Valentinianus, palm, Securitas Reipublicae, Victory, wreath), ERIC (Valentinianus); RIC v. IX: 15a (xliv); Online ref.: Google, CoinArchives, CoinArchives, numismatics, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Ce type de revers exprime encore une fois la volonté de la propagande impériale de se faire rassurante. Ainsi, alors que le danger aux frontières devient plus menaçant, on note une tendance croissante à la vantardise dans la légende des revers de monnaie. Valentinianus utilise deux types de revers en particulier, les Gloria Romanorum (“la Gloire des Romains”) et Securitas Reipublicae (“la Sécurité de l’État”), pour assurer à ses sujets que la gloire des armées romaines enlevait toute cause de peur. Toutefois, malgré les nombreuses victoires que cette pièce peut commémorer (comme la bataille de Solicinium en 368), l’avenir allait démontrer que les frontières étaient encore loin d’être sécuritaires… (RIC, op. cit., p. xl)

La semaine prochaine je vous présente trois autres pièces du type Securitas Reipublicae mais cette fois du co-empereur et frère de Valentinianus, Valens.

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Monnaies anciennes 71

Les Constantiniens (7)

Pièces Commémoratives des cités

Lorsque Constantinus fonde la ville de Constantinople au printemps 330 EC, il commémore l’événement par l’émission d’une monnaie. Pour bien indiquer que les deux capitale de l’Empire sont d’égale importance, il émet en même temps une monnaie commémorative pour la ville de Rome. Ces monnaies ont été frappé dans presque tous les ateliers l’Empire (treize ateliers: Alexandrie, Antioche, Aquileia, Arelate, Constantinople, Cyzicus, Heraclea, Lugdunum, Nicomedia, Rome, Siscia, Thessalonica, et Treveris) pendant une quinzaine d’années (ses fils ont poursuivi les émissions après sa mort en 337). J’ai la chance de posséder un exemplaire de chacune de ces pièces commémoratives.

IMG_1420-1424Le premier specimen est une pièce commémorative de la ville de Constantinople. C’est un très très beau nummus ou demi-centenionalis (VF [Very Fine], AE3, AE [Bronze], 17 mm, 2.584 g, payé environ $7, patine brun foncé avec quelques petites tâches de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de Constantinople à gauche, cuirassé et drapé d’un manteau impérial, portant un casque à cimier lauré et tenant un sceptre sur l’épaule, avec l’inscription latine CONSTAN-TINOPOLIS. Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, drapée, le pied droit sur la proue d’un navire, tenant un sceptre de la main droite et reposant la gauche sur un bouclier, aucune inscription sinon un SMANI en exergue (marque de la dixième officine [Iota = dix] de l’atelier d’Antioche [Sacra Moneta ANtioch]).

La représentation d’une victoire sur un navire ferait allusion à la bataille navale de l’Hellespont où la flotte de Constantinus (dirigée par son fils Crispus) a vaincu Licinius en juillet 324. Cela a permis à Constantinus de vaincre définitivement Licinius à la bataille de Chrysopolis en septembre 324, tout près de la ville de Byzance. Il décida alors d’en faire sa nouvelle capitale qu’il renomma Constantinople en mai 330.

D’après le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, p. 693, 697), cette pièce aurait été frappée par la dixième officine de l’atelier d’Antioche. Il y a deux émission possible: l’une en 330-333, 335 EC (RIC 92) et l’autre en 335-337 EC. Toutefois, la comparaison des portraits de Constantinople (particulièrement les détails du casque) et le fait que la seconde émission est plus rare me porte à croire que ma pièce appartient probablement à la première émission.

IMG_1431-1437Le second specimen est une pièce commémorative de la ville de Rome. C’est un très beau nummus ou demi-centenionalis (F [Fine], AE3, AE [Bronze], 17 x 18 mm, 1.955 g, payé environ $6 le 1985/06/16, patine verdâtre le flan étant presqu’entièrement couvert de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de Roma à gauche, cuirassé et drapé d’un manteau impérial, portant un casque à cimier, avec l’inscription latine VRBS – ROMA (“Ville de Rome”). Le revers illustre une louve debout à gauche, la tête tournée en arrière vers la droite, allaitant les jumeaux Romulus et Remus enfants, avec au-dessus deux étoiles (représentant les Dioscures Castor et Pollux de la constellation des Gémeaux), avec un TR • P en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Treveris [TR]). Il semble parfois y avoir, comme marque de séquence, un dessin sur l’épaule de la louve (une main, une étoile, un double croissant, etc.) mais s’il y en a un ici il est impossible de le distinguer.

La représentation d’une louve qui allaite Romulus et Remus fait bien sûr référence au mythe fondateur de la ville de Rome. Les jumeaux qui avaient été abandonné et nourri par une louve, ont décidé au printemps 753 AEC de fonder une ville qui portera leur nom et cela sur le site même où ils furent abandonné.

D’après le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, p. 217), cette pièce aurait été frappée par la première officine de l’atelier de Treveris (Trèves) vers 332-333 EC.

Sources: Wikipedia (Constantinople [FR/EN], Rome [FR/EN]), FAC (Constantinopolis, Urbs Roma); RIC v. VII, Antioch: 92 / 114; Trier: 547; Online Ref. (Constantinopolis): Google, AC, AC, CGC, CoinArchives, MintageWorld, numismatics, vcoins, vcoins, WildWinds (RIC 92: text, image; RIC 114: text, image). Online Ref. (Roma): Google, acsearch, CGC, CoinArchives, CoinTalk, FAC, numismatics, numista, WildWinds (text, image). Voir aussi mes fiches (Constantinopolis, Roma).

Ceci conclu mes pièces de la dynastie Constantinienne. La semaine prochaine nous abordons la dynastie des Valentiniens !

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Cartoon tradition

It is the tradition for my Christmas vacations to read and watch lots of cartoons. Sometimes I read again the complete collection of Astérix or of Tintin. And, at this time of the year, there’s plenty of cartoon on TV. This year, since I am already reading plenty of manga, I decided to go in the documentary way. I’ve found and watched two interesting documentaries about famous cartoon artists (and I read a book of each for good mesure).

Who are you, Charlie Brown?

WhoAreYouCharlieBrown-posterThis documentary, narrated by Lupita Nyong’o, is covering three subjects. First, it brings us a new animated story where Charlie Brown agonize on the fact that he must write an essay about himself for school and he goes on a quest of self-discovery. Also, with the help of old interviews with Charles M Schulz (aka “Sparky”) and some of his close friends and family members we learn about who was the creator of Peanuts and about the genesis of the comics. Finally, fans, actors and other creators discuss the influence the comics had on them and on the global culture. 

The documentary is interesting and also very entertaining, but also a little short and somewhat superficial. We see some early drawings of the Peanuts’ gang (a comic strip called Lil’ Folks) but it never mentions his other comic series, like Young Pillars (which I commented in 2015) or It’s Only a Game. It also doesn’t mention the fact that Schulz’ house was burned down during the Santa Rosa’s fire in October 2017. Fortunately, the nearby Charles M. Schulz Museum and Research Center, where the original illustrations are stored, was spared.  Nevertheless, this documentary is a great way to celebrate the cultural icon that Charlie Brown is and introduce him to a new generation of comic readers.

Who are you, Charlie Brown? : USA, 2021, 54 min.; Dir.: Michael Bonfiglio; Scr.: Michael Bonfiglio & Marcella Steingart; Ed.: Tim K. Smith; Music: Jeff Morrow; Rated PG. It has received a score of 88% on Rotten Tomatoes (91% from the audience) and 7.2/10 on IMDb. stars-3-5

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AppleGoogleIMDbWikipedia ]

NiceShotSnoopy-covOf course, after viewing this documentary I was feeling like reading some old Charlie Brown comics. I chose a short one and got lost in nostalgia. When I was a kid, having outgrown the school library, I was making regular trips to one of the city’s libraries to borrow Peanuts’ compilations (the library was located on top of an old fire-station and it reeked of gaz and engine’ oil — for years after that the idea of a library was evoking in me a mix of awe and nauseous feelings!)

This book offers a selection of cartoons from the compilation The Way of the fussbudget is not easy, vol. III. Part of the Peanuts Coronet collection (#79), it was meant to provide a shorter and more affordable sampling of the Peanuts’ world. It present a single four-panel strip per page. The volume doesn’t have a particular thematic and I don’t know if the strips are in chronological order. It is simply a variety of stories involving all characters (Snoopy and Woodstock, Linus and Lucy, Peppermint Patty and Marcie, Schroeder, Pig-Pen, Spike, and, of course, Sally and Charlie Brown). It is a light reading that provides mindless vintage entertainment.

NiceShotSnoopy-p024-025

Page 24-25

Nice shot, Snoopy!, by Charles M Schulz. New York: Fawcett Crest (Ballantine Books/Random House), May 1988. 128 pages, 4.25 x 7 in., $US 2.95 / $C 3.95, ISBN 0-449-21404-4. For readership of all ages. stars-3-0

For more information you can check the following websites:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 1983, 1984 by United Feature Syndicate, Inc

Capsules

Dear Mr. Watterson

DearMrWatterson-posterThis is an older documentary but I just discovered it. It explores the phenomenon that is the comic strip Calvin and Hobbes, interview lots of people (fans, actor Seth Green, editor Lee Salem and other artists) who pay tribute to its popularity and talk about how it influenced them and the global culture. It also talks a little about its creator, Bill Watterson, who NEVER appears in the documentary (apparently he is a very shy and private person). 

It is a very interesting documentary and it reminded me of all the reasons why Calvin and Hobbes was my favourite comic strip. Unfortunately, I was quite disappointed that I couldn’t learn more about its creator (although I can understand why someone who’s such a purist about his art would shy away fame and a fortune in licensing). However, the documentary also talk about the cartoon world in general and, if I couldn’t see Mr. Watterson, I could hear from many of the artists who created other strips that I like a lot too: Berkeley Breathed (Bloom County), Stephan Pastis (Pearls Before Swine), Jan Eliot (Stone Soup), Bill Amend (FoxTrot), Wiley Miller (Non Sequitur), Dan Piraro (Bizarro), etc. It was definitively worth watching.

Dear Mr. Watterson : USA, 2013, 89 min.; Dir.: Joel Allen Schroeder; Phot.: Andrew Waruszewski; Ed.: Joel Allen Schroeder; Music: Mike Boggs; Prod.: Chris Browne & Matt McUsic; Rated PG. It has received a score of 62% on Rotten Tomatoes (51% from the audience), 54% on Metacritic and 6.4/10 on IMDb. stars-3-0

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ Apple TVGoogleIMDbOfficialPrime VideoWikipedia ]

EssentialCalvinAndHobbes-covAgain, watching this documentary made me want to read the comic again. I have a little less than a dozen compilations and I chose to read the one that I thought would be the most representative: The Essential Calvin and Hobbes, which includes all strips from the first two compilations (Calvin and Hobbes and Something Under the Bed Is Drooling). In this strip we enviously follow the (mis)adventures of an over-imaginative boy with his pet (stuffed?) tiger. It is superbly drawn in a simple, clean but descriptive style. The humour is brilliant. It is both entertaining and full of meaning. A must read.

The Essential Calvin and Hobbes, by Bill Watterson. Kansas City: Andrews & McMeel (Universal Press Syndicate), March 1989. 256 pages, 8.5 x 10.7 in., $US $18.99 / $C 37.99, ISBN 0-8362-1805-1. For teenage readership (12+). stars-4-0

For more information you can check the following websites:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 1988 by Universal Press Syndicate.

Capsules

 

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Replica (2)

I recently talked about ancient book replicas, but this time I would like to discuss museum replicas…

For fun my sister gave me for Christmas a key-chain made with a roman coin replica that she purchased when she visited the “Pompeii: The Immortal City” exhibit at the Quebec City Museum of Civilisation.

It is reproducing a dupondius of Nero which shows on the obverse the radiated head of the emperor, right, with the latin inscription NERO CLAVD CAESAR AVG GER P M TR P IMP P P (the last part is not very clear). The reverse illustrates a Roma helmeted and cuirrased, seated left, holding a winged victory in her right hand, and resting on Parazonium with a shield behind (although those details are not very clear either), with a ROMA in exergue and a S C on each side of the field. The original coin was struck in Rome in 65 CE (Sources: RIC 293, CoinArchives, Numismatics).

It is a nice reproduction, probably molded. It is engraved on both side “WRL” to clearly indicate that it is a reproduction. It comes with a small label saying “Roman Coin key-ring” that also tells us “WRL” stands for Westair Reproduction Ltd (MCMLXXII). It lists a website, Westair-reproductions.com, but this site is down because of COVID (they got a virus?) and is being blocked by Norton Life Lock. However, I found another website, westair.co.uk, dedicated for trade customers (whatever that means). It tells us that they are a UK company specialized in “supplying historical reproductions to Historic Houses, Castles and Museums not only in the UK but also to over 36 other countries around the world.”

There are one-hundred and thirty item listed in their roman section. They are the usual trinkets that you would find in a museum gift shop. They have a catalog available in PDF format. All stuff of little interest… The coin alone (without the key chain) is listed on their website and it come in pack of one-hundred (No price listed, order code RCDUPN). It is also listed with the key-chain (pack of 10, no price, order code RCKR).

There’s a lot of companies offering such replicas and often of much better quality:

One thing I am really looking for (a future birthday gift maybe?) is a fairly sized bust of the emperor Lucius Verus. It’s quite a minor emperor and yet there are a lot of possibilities on the market:

Etsy

eBay: Lucius Verus marble bust

1st Dibs: Lucius Verus bust (if you want something really expensive)

Unfortunately, I couldn’t find any reproduction with Verus in armor (Hermitage, Prado, Uffizi) or wearing a nice toga

Of course, the cheaper option is to find a 3D scan file of the object you want and print it yourself at a 3D print shop (some libraries offer that service, like the Benny Fab Lab). There is such a thing even for Verus:

Some places even take custom orders (like a bust of yourself!). If you like art but cannot afford the real thing this is definitely an option to consider. Now you know…

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Monnaies anciennes 70

Les Constantiniens (6)

Julianus (355-363) 

Flavius Claudius Julianus (généralement appelé Julien II ou Julien l’Apostat en français) est né vers 331 à Constantinople de Flavius Julius Constantius (lui-même fils de Constance Chlore et de Theodora) et de Basilina. À la mort de Constantinus, ses cousins consolident leur pouvoirs en purgeant tout les membres de la famille constantinienne sauf son demi-frère Gallus (qui était gravement malade) et lui-même (qui n’avait que six ans), qui sont épargné probablement à la demande de l’impératrice Eusebia. Il est confiné à sa résidence de Cappadoce et reçoit une éducation hellénisante où il a accès à tous les classiques de la littérature et de la philosophie grecque. Dès 347, il est autorisé à revenir à Constantinople, puis à Nicomédie en 351. En 355, il est à Athènes pour étudier la philosophie. Il se fait initier aux mystères de Mithra et d’Éleusis.

En 351, Constantius II, qui peine à maintenir l’ordre tant aux frontières que contre les usurpateurs, prend Gallus comme César. Mais ce dernier, plein de rancoeur quand au fait que l’empereur ait fait assassiner son père, se rebelle et il est exécuté en 354. Avec réticence Constantius rappel Julianus à ses côté et le fait César à Mediolanum le 6 novembre 355. Il lui donne également sa jeune soeur Helena en mariage. Dès décembre il est envoyé en Gaule pour protéger la frontière rhénane contre les avances des Alamans. Méfiant, Constantius le fait encadrer par ses généraux Marcellus et Ursicin. Même si il n’a aucune expérience militaire, Julianus se révèle un bon administrateur et un excellent stratège. Il se rend d’abord à Vienna, puis lève le siège de Augustodunum (Autun) et marche sur Rementium (Reims), puis Agrippina (Cologne). Il hiverne à Agedincum (Sens). En 357, il fait campagne à Tabernis (Saverne), à Augusta Raurica (Augst), à Lugdunum (Lyon) pour finalement obtenir la victoire à Argentoratum (Strasbourg). Dorénavant il hivernera à Lutetia car, située sur une île, elle est facile à défendre. En 358, il repousse une invasion de Francs. En 360, Constantius — qui a de la difficulté à contenir les Sassanides sur la frontière Orientale — demande à Julianus deux légions en renfort. Celles-ci, récalcitrantes à entreprendre un voyage en Orient, se rebellent et acclament Julianus empereur! Constantius envoi donc ses troupes pour intercepter l’usurpateur mais meurt de la fièvre en chemin le 3 novembre 361. Sur son lit de mort, afin de maintenir la stabilité de l’empire, il reconnait Julianus comme son successeur. En décembre, Julianus rentre à Constantinople où il entreprend de réformer la bureaucratie.

En bon néoplatonicien, Julianus s’oppose à l’exclusivité du christianisme et favorise un polythéisme plus inclusif où les hérésies chrétiennes, le judaïsme, les cultes solaires ou mystiques païens peuvent coexister. Il promulgue donc un édit de tolérance et écrit même un livre où il s’attaque aux chrétiens, Contre les Galiléens. Il favorise également un gouvernement moins autocratique et plus près des anciennes valeurs républicaines. Malheureusement, son règne durera moins de deux ans. Comme il doit compléter la protection de la frontière orientale entreprise par Constantius, il s’installe à Antioche en juillet 362 pour préparer une campagne militaire contre les Sassanides. En mars 363, il met son armée en marche vers la  capitale Perse de Ctesiphon qu’il attaque à la fin mai. Comme il n’est pas en mesure d’en faire le siège il poursuit vers Samarra où il rencontre le gros des forces Sassanide le 25 juin. La bataille continue le lendemain mais la cavalerie perse submerge les défenses romaines et Julianus est blessé mortellement dans l’abdomen par une lance (Libanios relate qu’il fut frappé par un de ses propres soldats, un chrétien, mais cela n’est pas corroboré par des auteurs contemporains comme Ammianus Marcellinus ou Eutropius qui ont pourtant participé à la campagne militaire). Toutefois, aucun des deux camps n’obtient de victoire décisive. Le général Jovianus est rapidement nommé empereur à la place de Julianus. L’armée romaine doit retraiter à Dura, puis à Nisibis. Jovianus signe alors un traité de paix qui fait d’énorme concessions aux Sassanides. Sur la route du retour, il s’arrête à Antioche mais il ne parviendra jamais à Constantinople car il meurt subitement à Dadastana le 17 février 364 après seulement sept mois de règne. Ainsi prit fin la dynastie des empereurs constantiniens…

Je n’ai qu’une seule pièce de monnaie de Julianus. Il s’agit d’une assez belle petite dénomination constantinienne de bronze (G [Good], AE4, AE / BI [Bronze / Billon], 16 mm, 1.929 g, patine verdâtre, payé environ $8 le 1985/12/17; die-axis: ↑↗︎). L’avers présente un buste du jeune César la tête nue, drapé et cuirassé à droite avec l’inscription latine D[OMINVS] N[OSTER] FL[AVIVS] CL[AVDIVS] IVLI-ANVS NOB[ILISSIMVS] C[AE]S[AR] (“Notre Seigneur Flavius Claudius Julianus, Très Noble César”). Le revers illustre un soldat casqué avançant à gauche, portant un bouclier au bras gauche, transperçant de sa lance une monture qui a chuté, son cavalier barbare (dont on ne distingue malheureusement pas les détails du visage mais il n’est probablement pas barbu et porte un bonnet phrygien) ayant la tête tourné vers le soldat et lui tendant le bras gauche en un geste de supplique, avec l’inscription latine FEL[ICIVM] TEMP[ORVM] – REPARATIO (“le retour des temps heureux”), une marque d’atelier difficilement lisible en exergue et une possible lettre dans le champs gauche.

L’inscription de l’avers qui a la particularité de débuter par “D N FL CL…” et de se terminer par “…NOB CS” est assez rare. On rencontre plus fréquemment l’inscription plus courte “D N IVLIANVS NOB C”. Toutefois, comme la fin de l’inscription est difficilement lisible j’avoue que cela pourrait bien être aussi l’inscription plus fréquente qui se termine par “…P F AVG” (notons la césure distinctive entre le “I” et le “A” de Ivlianvs). Cependant, celle-ci n’apparait que plus tardivement (363), est généralement accompagné d’un portrait plus âgé et barbu et ne semble jamais être présente conjointement avec un revers FEL TEMP REPARATIO. Le fait qu’il s’agisse d’un portrait juvenile semble confirmer que l’inscription se termine bien par “NOB CS”. 

Malheureusement les marques d’exergue et de champs sont également peu visible. J’avais d’abord cru lire dans l’exergue un “HT” pour la troisième officine d’Héraclée. Toutefois, la nomenclature très particulière “D N FL CL IVLI-ANVS NOB CS” est plutôt rare et semble n’avoir été utilisée que par la quatrième officine (Delta = 4) de Cyzique. L’inscription en exergue ne peut donc être que SMK𝚫 (Sacra Moneta Kyziki). Quand à la marque de séquence du champs gauche il n’y a que trois possibilités: aucune marque (il semble pourtant y en avoir une, quoique illisible), une étoile (✷) ou un •M•. En scrutant bien, je crois bien qu’il s’agit de la troisième possibilité. Selon certain cela pourrait être non pas une marque de séquence (pour distinguer les différentes émissions d’un même type) mais une marque de valuation (indiquant que cette dénomination vaut le millième d’un solidus d’or [M = 1000] — mais si c’était le cas qu’en serait-il des autres marques que l’on retrouve parfois avec ce type, comme ✷, 𝚪, •S• ?).

Selon ces indications, et d’après le RIC (Kent, J.P.C.; Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VIII: The Family Of Constantine I (337-364), London: Spink & Son, 1981, pp. 487-488, 498-499), cette pièce aurait donc été frappé par la quatrième officine de l’atelier de Cyzique entre le 6 novembre 355 et le 3 novembre 361 EC. C’est un type de pièce qui est peu abondant ([S = scarce, i.e. se situant entre “rare” et “commun”] de seize à vingt-et-une pièces connues à l’époque de la compilation du répertoire).

Sources: Wikipedia (Julianus [FR/EN]), FAC (Julianus, FEL TEMP REPARATIO), ERIC (Julianus); RIC v. VIII, Cyzicus: 116; Online Ref.: Google, CoinArchives, CoinTalk, FAC, Numista, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Pour en savoir plus sur le rôle du type avec FEL TEMP REPARATIO dans la propagande impériale, je vous réfère à mon entrée précédente. Dans ce cas-ci, ce type célèbre sans doute l’une (ou l’ensemble) de ses victoires en Germanie contre les Alamans (comme à Augustodunum en juin 356 ou Argentoratum en août 357).

La semaine prochaine je conclu mon survol des monnaies de la dynastie constantinienne par des pièces de monnaies commémoratives des cités de Rome et de Constantinople.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 69

Les Constantiniens (5)

Constantius (324-361) (3)

Flavius Julius Constantius (généralement appelé Constantius II ou Constance II en français) s’adjoint donc un nouveau César en novembre 355, son cousin Flavius Claudius Julianus (appelé Julien II ou Julien l’Apostat en français). Il reçoit tout de suite la charge de la partie Occidentale de l’empire (Bretagne, Hispanie, et les Gaules). Il n’a aucune expérience militaire mais est entouré d’hommes de confiance de Constantius comme Flavius Florentius ou Secundus Salutius. Pendant que son César rétablit l’ordre sur la frontière du Rhin, Constantius, après avoir soumis les Quades et les Sarmates sur le Danube, doit retourné en Orient en 358 car les Sassanides ont reprit les hostilités. Ceux-ci réussissent à reprendre Amida (ainsi que les six légions qui la défendaient) en octobre 359. Constantius réclame donc des renforts à Julianus, mais celui-ci se proclame Auguste en février 360 et marche sur la Mésopotamie, non pas pour venir en aide à son cousin, mais pour lui usurper le pouvoir. Constantius lance ses troupes à sa rencontre mais la confrontation n’aura pas lieu car l’empereur contracte la fièvre en octobre et meurt à Mopsueste (Cilicie) le 3 novembre 361. Il aura régné vingt-quatre ans, durant lesquels il aura fait de son mieux pour maintenir la paix aux frontières et poursuivre les réformes monétaires, administratives et religieuses de ses prédécesseurs. À sa mort, il a fait de Julianus son successeur légitime et celui-ci se retrouve seul à la tête de l’Empire…

Cette semaine nous terminons notre survol de mes pièces de monnaie de Constantius II avec trois pièces pratiquement identiques. Elles offrent le même type de revers représentant un légionnaire frappant de sa lance un cavalier barbare dont la monture est tombée (the “Fallen Horseman”) entouré de l’inscription FELicium TEMPorum REPARATIO (“le retour des temps heureux”).

Dans les trois cas l’avers présente un buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, la tête coiffée d’un diadème perlé, avec l’inscription latine D[OMINVS] N[OSTER] CONSTAN-TIVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS] (“Notre Seigneur Constantius, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre un soldat casqué avançant à gauche, portant un bouclier au bras gauche, transperçant de sa lance une monture qui a chuté, son cavalier barbare tombant vers l’avant sur le cou du cheval, son bouclier tombé sur la sol à droite, avec l’inscription latine FEL[ICIVM] TEMP[ORVM] RE-PARATIO (“le retour des temps heureux”) et une marque d’atelier en exergue et une lettre dans le champs gauche.

IMG_1323-1331La première pièce est un beau centenionalis (VG [Very Good], AE2, AE / BI [Bronze / Billon], 20 mm, 3.809 g, payé environ $7, patine foncée avec des incrustations presque orangées; die-axis: ↑↗︎). Les inscriptions ne sont pas complètement lisibles mais suffisamment pour identifier la pièce, d’autant plus que l’illustration du revers est très reconnaissable (sans que l’on puisse toutefois distinguer le type de coiffure du cavalier). La marque d’atelier en exergue semble être ANAI (ou possiblement un AN𝚫I — AN pour l’atelier d’Antioche avec la marque de la onzième ou quatorzième officine) avec un E dans le champs gauche (marque de séquence). 

IMG_1312-1316La seconde pièce est un assez beau centenionalis (G [Good], AE2, AE / BI [Bronze / Billon], 20 mm, ±4.5 g, patine foncée avec des incrustations de vert-de-gris; die-axis: ↑↗︎). Dans ce cas également, les inscriptions ne sont pas complètement lisibles mais elles sont, avec l’illustration du revers, assez claires pour facilement identifier la pièce. Toutefois la représentation du cavalier ici comporte une variante: le visage du cavalier (dont on ne distingue malheureusement ni les traits, ni la coiffure) serait tourné vers le soldat et il lui tend le bras gauche (pour implorer sa grâce?). La marque d’atelier en exergue semble être AN𝝘 (AN pour l’atelier d’Antioche avec la marque de la troisième officine [Gamma = trois]) avec un E dans le champs gauche (marque de séquence). 

IMG_1365-1371La troisième pièce est une petite dénomination de bronze constantinien avec un assez beau avers mais dont le revers est de qualité assez pauvre (G/P [Good / Poor], AE4, AE [Bronze], 15 mm, 2 g, patine verdâtre, pratiquement aucuns détails visibles sur le revers; die-axis: ↑↓ ?). L’inscription latine de l’avers est la plus lisible des trois pièces mais rien n’est lisible sur le revers. Par contre, les grandes lignes de l’illustration du revers semblent indiquer qu’il s’agit du type de FEL TEMP REPARATIO avec le cavalier abattu… Considérant que ces pièces proviennent probablement d’un même lot (mais je n’en suis pas sûr) et que je crois distinguer un “AN” en exergue, il fort possible qu’il s’agisse du même atelier que les deux autres pièces (quoi que ce type de revers était très fréquent à cette époque, qu’il comportait de nombreuses variantes et a été frappé dans à peu près tous les ateliers de l’Empire). Par contre, aucune lettre ne peut être distinguée dans le champs… Cela ne permet donc pas une identification précise.

Selon ces indications, et d’après le RIC (Kent, J.P.C.; Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VIII: The Family Of Constantine I (337-364), London: Spink & Son, 1981, pp. 506, 524, 528), les deux premières pièces auraient été frappée par l’atelier d’Antioche vers 350-355 EC. De plus petites dénominations, comme la troisième pièce (possiblement RIC VIII, Antioch: 188), auraient été produite dans le premier groupe des pièces de bronze de la période allant du 6 novembre 355 au 3 novembre 361 EC.

Sources: Wikipedia (Constantius II [FR/EN]), FAC (Constantius II, Ancient Coin Denominations, Antioch, Centenionalis, FEL TEMP REPARATIO), ERIC (Constantius II, Denominations); RIC v. VIII, Antioch: 144, 146 & 188; Online réferences : acsearch, CoinArchives, CoinTalk, FAC, Numismatics, Numista, WildWinds (ANB: text, image; ANZ: text, image). Bibliographie: Mattingly, Harold. “FEL. TEMP. REPARATIO,” in Numismatic Chronicle. 1933, pp. 182-201. Voir aussi mes fiches (fiche 1, fiche 2, fiche 3).

Le type de revers que l’on retrouve sur ces pièces est lourd de sens. La propagande impériale s’en sert, encore une fois, pour répandre un message rassurant sur l’unité et la sécurité de l’Empire. Il annonce le début d’un nouvel age d’or qui constituera ”le retour des temps heureux“. Il célèbre aussi le retour de la paix entre les deux co-empereurs (Constantius II et Constans) suite à la fin vers 346 de la querelle religieuse qui les opposait, ainsi que le onzième centenaire de Rome en 348. Surtout, il commémore la “victoire” contre les Perses de 350 (puisque le “barbare” est souvent représenté avec un bonnet phrygien le soldat frappant le cavalier représente clairement la victoire des légions romaines contre la cavalerie Sassanide). 

La semaine prochaine je conclu ma série d’articles sur les empereurs constantiniens et leur monnaie, avec une pièce de Julianus !

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 68

Les Constantiniens (5)

Constantius (324-361) (2)

Dès avril 340, Flavius Julius Constantius (généralement appelé Constantius II ou Constance II en français) se partage l’Empire avec son frère Constans. Malheureusement, cet équilibre du pouvoir ne pouvait durer éternellement. Constans, qui n’est pas très aimé ni du peuple, ni de l’armée, est renversé et tué par l’usurpateur Flavius Magnentius qui s’est déclaré empereur en janvier 350. Profitant de la mort du co-empereur d’Occident, un autre usurpateur se déclare en Italie, Nepotianus, mais il est rapidement éliminé par Marcellinus, un général de Magnentius. Profitant d’une accalmie sur le front Perse, Constantius II met son armée en marche vers l’Illyrie pour tenter d’empêcher Magnentius de prendre trop de pouvoir. Il tente d’abord de lui nuire par des manigances politiques mais Magnentius réussit malgré tout à prendre le contrôle de tout l’Occident. Les deux armées s’affrontent d’abord à Mursa en septembre 351, puis à Mons Seleucus en juillet 353. Magnentius, vaincu, se donnera la mort à Lugdunum (Lyon) le 11 août 353 et son césar Magnus Decentius fera de même à Sens le 18 août. 

Constantius II se retrouve donc à régner seul sur tout l’Empire Romain. Pour l’aider dans cette tâche, il s’adjoint donc comme César l’un de ses deux cousins survivants, Constantius Gallus, fils de Julius Constantius (lui-même fils de Constantius I, et donc demi-frère de Constantinus), lui offre sa soeur Constantia en mariage, et l’envoi aussitôt à Antioche pour poursuivre la campagne contre les Perses Sassanides. Pendant ce temps, Constantius II se rend sur la frontière rhénane pour repousser des incursions barbares au printemps 354. Malheureusement, Gallus se conduit en despote sanguinaire ce qui le rend plutôt impopulaire. Craignant une nouvelle usurpation, Constantius le fait donc arrêter et exécuter en septembre 354. Il confit la défense des Gaules au général Flavius Silvanus mais celui-ci tente d’usurper le pouvoir en août 355 et Constantius II envoi le général Ursicinus pour lui régler son compte dès septembre. La pression des barbares s’accentuant tant sur la frontière du Rhin (avec les Francs, Alamans et les Saxons) que sur celle du Danube (avec les Quades et les Sarmates), Constantius doit se trouver un nouveau César. Son choix se porte sur son autre cousin, frère de Gallus, Flavius Claudius Julianus. À contre-coeur, il l’investit des pouvoirs impériaux à Mediolanum (Milan) le 6 novembre 355 et lui donne son autre soeur, Helena, en mariage. À suivre la semaine prochaine…

Cette semaine je vous présente deux pièces de monnaie de Constantius avec un type de revers de Gloria Exercitus (“à la gloire de l’armée”).

IMG_1339-1340La première pièce est un assez beau follis réduit / nummus (G [Good], AE3, AE / BI [Bronze / Billon], 17 mm, 2.231 g, payé environ $6 le 1985/06/16, dont l’avers comporte un important dépôt rougeâtre; die-axis: ↑↓). L’avers représente un buste du César lauré et cuirassé à droite, avec l’inscription latine FL[AVIVS] IVL[IVS] CONSTANTIVS NOB[ILISSIMVS] C[AESAR] (“Flavius Julius Constantius, Très Noble César”). Le revers illustre deux soldats casqués et cuirassés, dos à dos mais se regardant l’un l’autre, tenant une lance (spiculum) renversée dans la main droite et la main gauche reposant sur un bouclier, entourants deux étendards (vexillum), avec l’inscription latine GLOR-IA EXERC-ITVS (“à la gloire de l’armée”) et un SMAN? en exergue (marque de la énième officine [cela ressemble plus à un “X” mais en fait ne peut être que soit un Epsilon (E, cinq), un Sigma (S, six), un Zêta (Z, sept) ou un Êta (H, huit)] de l’atelier d’Antioche [Sacra Moneta ANtiochia]).

D’après le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, p. 693), cette pièce aurait été frappée par l’atelier d’Antioche vers 330-333 ou 335 EC.

IMG_1348-1356La seconde pièce est un follis réduit / nummus passable (Fr [Fair], AE4, AE / BI [Bronze / Billon], 13 mm, 1.753 g, payé environ $5 le 1985/01/06, caractérisé par le fait que les contours du visage de l’empereur ont été accentué en les gravant avec une pointe; die-axis: ↑↓). L’avers représente un une tête de l’empereur laurée à droite, avec l’inscription latine présumée D[OMINVS] N[OSTER] CONSTAN-TIVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS] (“Notre Seigneur Constantius, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre deux soldats casqués et cuirassés, dos à dos mais se regardant l’un l’autre, tenant une lance (spiculum) renversée dans la main droite et la main gauche reposant sur un bouclier, entourants un étendard (vexillum), avec l’inscription latine illisible GLOR-IA EXERC-ITVS (“à la gloire de l’armée”) et ce qui semble être un SMK? en exergue (marque de la énième officine [six officines possibles: A, B, 𝚪, 𝚫, E, et S] de l’atelier de Cyzique [Sacra Moneta Kyzici]). 

D’après le RIC (Kent, J.P.C.; Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VIII: The Family Of Constantine I (337-364), London: Spink & Son, 1981, p. 486, 490-91), cette pièce aurait été frappée par l’atelier de Cyzique entre septembre 337 et avril 340 EC. 

Sources: Wikipedia (Constantius II [FR/EN]), FAC (Constantius II, Antioch, Gloria Exercitus, military ensigns, spiculum, vexillum), ERIC (Constantius II); RIC v. VII, Antioch: 88; RIC v. VIII, Cyzicus: 10, 16, 21, 23, 27 ou 32. Online references de la pièce 1: Google, CoinArchives, CoinTalk, Numismatics, WildWinds (text, image); online references de la pièce 2: Google, Numismatics, WildWinds (RIC 10: text, image; RIC 32: text, image). Voir aussi mes fiches (Antioche, Cyzique).

J’ai déjà amplement parlé de signification de ce type de Gloria Exercitus dans la propagande impériale alors je ne m’étendrai pas sur le sujet ici.

La semaine prochaine nous concluons notre survol de mes pièces de monnaie de Constantius II avec trois pièces d’un type de revers que je ne vous ai pas encore présenté: la représentation d’un légionnaire frappant de sa lance un cavalier barbare dont la monture est tombée (the “Fallen Horseman”) avec l’inscription FELicium TEMPorum REPARATIO (“le retour des temps heureux”).

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 67

Les Constantiniens (5)

Constantius II (324-361) (1)

Flavius Julius Constantius (généralement appelé Constantius II ou Constance II en français) est né à Sirmium le 7 août 317. Il est le troisième fils de l’empereur Constantinus (le second avec sa deuxième épouse, Fausta). Il reçoit une éducation auprès de précepteurs chrétiens et est fait César dès l’âge de sept ans, le 8 novembre 324. Dès 332, son père l’associe plus étroitement au pouvoir en l’envoyant en Gaule pour protéger la frontière rhénane mais, la santé déclinante de Constantinus ne lui permettant plus de faire campagne, il le rappelle en 335 pour l’envoyer plutôt en Syrie où les Perses Sassanides ont envahit l’Arménie. Par le temps qu’il arrive les Perses ont également repris la Mésopotamie, dont la ville clé d’Amida. Après quelques défaites initiales, le général Perses est tué et les troupes de Constantius reprennent la ville dont ils consolident les fortifications. Un accord de paix est conclu en 336. Il installe ses quartiers à Antioche mais, au début de 337, Constantius doit se rendre précipitamment à Constantinople pour être au chevet de son père qui est mourant. Après sa mort, le 22 mai 337, il organise de somptueux obsèques en juin et le fait enterrer dans l’église des Saints-Apôtres à Constantinople. Pour consolider leur pouvoir, les trois fils de Constantinus font assassiner leurs deux oncles et six cousins (mais trois seront épargné: Gallus, Julianus et Nepotianus). Ils se proclament alors Augustes et se rencontrent à Viminacium en Mésie le 9 septembre pour se partager l’Empire: Constantinus II prends le contrôle l’Occident (Bretagne, Gaules, Hispanie, Maurétanie), Constans (sous la tutelle de son aîné) devient responsable de l’Italie, l’Afrique du Nord, l’Illyricum, la Pannonie ainsi que la Macédoine, et Constantius II prends l’Orient (la Thrace, l’Asie Mineure, la Syrie, l’Égypte et le Cyrénaïque).

À la nouvelle de la mort de Constantinus, les Perses attaquent à nouveau et Constantius II est constamment occupé à les contenir. Pendant ce temps, ses deux frères se querellent pour le contrôle de leurs territoires résultant en la mort de Constantinus II en avril 340. L’Empire redevient donc une dyarchie mais sa stabilité reste menacée par une dispute entre les co-empereurs au sujet du contrôle du siège épiscopale d’Alexandrie et de l’hérésie arienne (pour laquelle Constantius II a des sympathie et qui questionne la nature de la Trinité, à savoir si la substance du Christ est différente de Dieu ou de la même essence). Toutefois, pour éviter de trop diviser l’Empire, Constantius II se montre conciliant en 346 et l’harmonie règne à nouveau entre les co-empereurs. Ils sont de toute façon bien trop occupé à défendre leurs frontières respectives. Constans doit affronter les Francs sur le Rhin en 342, puis les Sarmates et les Vandales sur le Danube. Constantius II continue à résister à la pression des Sassanides jusqu’à ce que ceux-ci, après treize ans de guerre sans véritable gains, se retirent à l’été 350 alors qu’ils doivent défendre leur propre frontière orientale contre des attaques de tribus nomades kidarites. À suivre la semaine prochaine…

J’ai six pièces de monnaie de Constantius II mais cette semaine je vais ne vous en présenter qu’une seule.

IMG_1301-1309Cette pièce est un beau follis réduit / nummus (VG [Very Good], AE4, AE / BI [Bronze / Billon], 17 x 16 mm, 1.983 g, payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisée par une patine brunâtre; die-axis: ↑↙︎). L’avers représente un buste de l’empereur portant un diadème de perles, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine D[OMINVS] N[OSTER] CONSTAN-TIVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS] (“Notre Seigneur Constantius, Pieux Heureux Auguste”). Le revers illustre l’empereur debout à gauche, casqué et cuirassé, tenant un globe dans la main droite et une lance (spiculum) renversée dans la gauche, avec l’inscription latine  SPES REI-PVBLIC[A]E (“l’Espoir de la République”), un [?]SIRM en exergue (marque de l’atelier de Sirmium [SIRM] précédée d’une marque d’officine illisible, mais les seules possibilités sont “A” ou “B”) et un S (ou un S frappé d’un trait?) dans le champs gauche (marque de séquence?).

D’après le RIC (Kent, J.P.C.; Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VIII: The Family Of Constantine I (337-364), London: Spink & Son, 1981, p. 390), cette pièce aurait été frappée par l’atelier de Sirmium vers 355-361 EC.

Sources: Wikipedia (Constantius II [FR/EN]), FAC (Constantius II, Sirmium, Spes, Spes Republicae, spiculum), ERIC (Constantius II); RIC v. VIII, Sirmium: 86; Sear RCV (1983): 3911; Online Réf.: Google, ac, acsearch, acsearch, CoinArchives, eBay, FAC, KevinCoins, Numismatics, Numista, Picckick, vcoins, WildWinds (image). Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine nous continuons notre survol du règne de Constantius II.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Salon du livre 2021

SLM_affiche-separee-24x36_03Cette année le Salon du livre de Montréal se tenait en ligne entre le 13 et le 28 novembre et sur place, au Palais des Congrès, du 25 au 28 novembre. 

C’est un premier salon du livre dans la (presque) post-pandémie. Cela demande beaucoup plus d’organisation: vérifier le passeport vaccinal, exiger le port de masque, favoriser l’achat de billet en ligne que l’on peut simplement scanner sur son téléphone intelligent, etc. La vente de billets pour des tranches horaires spécifiques permet de mieux contrôler le nombre de visiteurs. J’avais peur qu’il y ait une foule monstre de gens qui avaient hâte de participer à une activité culturelle après le confinement mais non c’est même mieux que les salons passés. Il y a donc peut être des leçons à tirer de cette expérience.

Vues d’ensemble du salon

Je n’ai  quand même pas pris de chance: J’ai  acheté mon billet en ligne quelques jours d’avance (moins cher que sur place) et j’avais mon passeport vaccinal dans l’appli VaxiCode (hélas je crois que la dernière mise à jour de mon téléphone a effacer l’information car mes informations n’y étaient plus ! Heureusement j’avais une photo dans mon téléphone de la version papier du passeport). 

Autre première, le salon a déménagé au Palais des congrès. En fait, ce déménagement devait avoir lieu l’an dernier mais la pandémie a fait que le salon avait été annulé alors c’est donc cette année que le salon inaugure son nouvel emplacement. Je ne sais pas si c’est à cause de ce nouveau lieu ou si pandémie oblige (en fait il parait que la vaccination covid prends beaucoup de place dans le Palais des Congrès alors le salon utilise ce qui reste) mais cette année le salon est beaucoup plus petit que par le passé. Et au lieu d’être carré, il prends la forme d’un long rectangle (voir le plan). Il y a moins d’éditeurs et les kiosques de chacun sont plus petit (il n’y a plus d’énormes espaces pour les distributeurs et Alire, par exemple, n’a que deux espaces au lieu des quatre habituels). Mais bon c’est mieux que rien… Ce sera sans doute mieux l’année prochaine.

SDL-2021-Plan

Autre première, pour la première fois en dix ans je n’ai pas obtenu de laisser-passer de média. J’ai dû payer mon entrée! Mais bon je ne suis plus éditeur de magazine, je ne travaille même plus en bibliothèque et je ne suis qu’un tout petit poisson dans le vaste océan de l’information nuagique et, même si le blogue s’est beaucoup amélioré ces dernières années, je comprends que je doive laisser ma place aux plus gros joueurs (on m’a dit que c’était à cause de la pandémie qu’ils devaient réduire les accès média — la pandémie a le dos large ! Ça ne fait pas moins de monde si je viens de toute façon; ça fait juste plus d’argent dans les poches du salon…). Mais bon il faut bien faire sa part…

Pour ce qui est du salon lui-même je crois qu’il prouve la résilience du milieu de l’édition. Il y a malgré tout plus de titres que le regard peut en voir. Cette grande variété est une bonne chose — quoiqu’il semble que  tout un chacun qui le veut peut écrire et publier un livre sans qu’il y ait de restriction sur la qualité du produit… Malgré cette pléthore je n’ai malheureusement pas vu de nouveautés excitantes cette année. Ça ne veut pas dire qu’il n’y en pas: elles peuvent avoir échappé à mon regard ou alors les éditeurs et distributeurs n’amènent au salon que les gros vendeurs et non pas les titres qui mériteraient d’être découvert (mais voilà que je me répète d’années en années).

J’ai tout de même noté quelques titres qui méritent d’être mentionnés: 

Je suis d’abord passé au kiosque des Éditions Alire où des auteurs comme Maxime Houde, Richard Ste-Marie et Jonathan Reynolds (voir l’entrevue-capsule réalisée avec lui au Salon du Livre de 2019) signaient leurs oeuvres et où l’on pouvait trouver les romans de ma frangine Catherine Sylvestre (voir l’entrevue-capsule réalisée avec elle au Salon du Livre 2018). Leur catalogue de parutions 2021-2022 est maintenant disponible et leur plus récent titres sont l’étude Les Années d’éclosion (1970-1978) sous la direction de Claude Janelle, le recueil Criminelles par Ariane Gélinas et Maureen Martineau,  Les étages ultérieurs par Éric Gauthier,  Il y aura des morts par Patrick Sénécal,  Stigmates par Richard Ste-Marie, L’Empire bleu sang par Vic Verdier, et les oeuvres de deux auteurs autochtones: Les meurtres du Red Power par Thomas King et L’automne de la disgrâce par Wayne Arthurson.

Je note également l’éditeur scolaire Chenelière qui offre des façons innovatrices d’utiliser la BD et la littérature jeunesse dans l’enseignement (La BD au primaire, La BD au secondaire, Lire et apprécier les romans en classe, ou encore Demain, j’enseigne avec la littérature jeunesse), l’éditeur de BD québécoise de haute qualité Moelle Graphik, la tendance aux omnibus avec les intégrales du Guide du Mauvais Père (par Guy Delisle chez Shampooing) et de l’Ostie d’chat (par Zviane et Iris chez Shampooing également), le dernier Guy Delisle (Chroniques de Jeunesse — voir mon commentaire) chez Pow Pow, la superbe collection d’adaptations de Lovecraft par Gou Tanabe chez Ki-oon (voir mes commentaires), et quelques BD de chez Gallimard et Futuropolis (dont l’adaptation du Clan des Otori).

Finalement, on retrouve un SEUL kiosque dédié à la littérature anglophone du Québec, Get Lit ! (tenu par la librairie Paragraphe), où j’ai vu la traduction du dernier Delisle (Factory Summer chez Drawn & Quarterly). C’est bien dommage qu’on y accorde si peu de place. Aussi, si il n’y avait de thème général au salon cette année, il y en avait peut-être un non-officiel car j’ai trouvé beaucoup des livre sur l’environnement et les Premières Nations, dont ce kiosque dédié à la littérature autochtone. 

Malgré sa petite taille, ce fut un bon salon du livre. Beaucoup des exposants à qui j’ai parlé l’on trouvé épuisant, plus qu’à l’habitude (dû à l’aspect plus compacte et au port du masque, sans doute). J’aurais aimé y voir plus de nouveautés (et pas seulement les meilleurs vendeurs) et peut-être même une petite section dédiée au livre ancien. Il y a toujours de la place pour s’améliorer. À l’an prochain !

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