Monnaies anciennes 8

As de Titus (césar)

Je vous présente maintenant des pièces de monnaie de l’Empire Romain proprement dit, où les pièces étaient généralement frappées à l’effigie de l’empereur au pouvoir. Je n’ai que très peu de pièces frappées sous la dynastie des Julio-Claudiens (d’Auguste à Néron) parce qu’elles sont plus en demande et donc plus chère, ce qui fait que les miennes ne sont pas en très bon état (mais j’y reviendrais possiblement plus tard). Je passe donc à la dynastie suivante: les Flaviens (Vespasien, Titus et Domitien). Ici, il s’agit de Titus alors qu’il était césar (second et successeur présumé) sous son père Vespasien qui a été empereur du 22 décembre 69 au 23 juin 79 EC.

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Type:

Empire Romain

Époque:

Vespasien (69-79 EC)

Figure: 

Titus (caesar)

Règne: 

24 juin 79 – 13 sept 81

Frappe: 

Rome

Datation: 

1 janvier – 1 juillet 72

Nature: 

As

Métal: Ae (bronze) ? Laiton ?

Qualité: G

Taille: 

26 mm

Poids: 

10.072 g

Avers

     

Inscription:

T CAES VESPASIAN IMP P TR P COS II

Description:

Tête laurée, à droite

Revers

     

Inscription:

AE-QVITAS-AVGVSTI / S.C. [dans le champs]

Description:

Aequitas debout à gauche, tenant une balance et un long sceptre

Notes:

Payé ±$10.75 (1985/11/18)

 

Voir fiche

Réf.: 

C-6, RIC 618, BMC 825d

RIC II: 415

Sear RCV (83): 737

Pour cette pièce, toute l’information pertinente se retrouve dans la nomenclature et la titulature de l’avers qui sont heureusement bien lisible: T[ITVS] CÆS[AR] VESPASIAN[VS] IMP[ERATOR] P[ONTIFEX] TR[IBVNICIÆ] P[OTESTATIS] CO[N]S[VL] II.

Pour la nomenclature il faut faire attention car elle ressemble beaucoup à celle de son père [IMPERATOR TITVS FLAVIVS VESPASIANVS AVGVSTVS]. La subtilité est dans l’ordre où il reçoit ses titres: ils n’ont pas eut les même titre en même temps (la titulature de Vespasien commence avec le IMP) alors l’identification de la pièce se fait par la concordance entre les titres et la datation…

Titus a reçu le titre de caesar lorsque son père est devenu empereur en 69 EC. Puis il reçoit le titre d’Imperator après avoir reconquit Jérusalem en 70. Il reçoit la puissance tribunicienne pour la première fois en 71 (renouvelable le 1er juillet) et le titre de Consul pour la seconde fois en janvier 72. La pièce a été frappée avant qu’il reçoive la puissance tribunicienne pour la seconde fois au début juillet 72, donc elle date entre le 1er janvier et le 1er juillet 72. À noter que le titre de pontifex (“qui fait le pont” en latin — littéralement, puisque les pontifes entretiennent le pont Sublicius à Rome, mais aussi figurativement, car ils sont intermédiaires entre le profane et le sacré) est une fonction religieuse (c’est une une sorte de prêtre et de jurisconsulte).

Le revers illustre une Aequitas, déesse de l’équité (par extension aussi du commerce). Elle tient une balance (symbole de justice) et une hasta pura (lance sans fer ou pointe décernée à un soldat en signe de valeur). L’inscription Aequitas Avgvsti (“équité des empereurs”) fait référence à la vertu (équité, avoir le courage d’être juste) dont font preuve l’empereur et son successeur. Dans le champs, de par et d’autre, on retrouve les initiales S.C. pour Senatus Consulto, “avec la permission du Sénat.”

La dénomination de cette pièce est un As (de “æs” qui veut simplement dire métal non-précieux en latin, c’est-à-dire le cuivre ou le bronze). L’as valait un seizième de denier (en argent), un quart de sesterce (en orichalquelaiton, avec un poids de 25 g), et un demi dupondius (en laiton, environ 12.5 g). L’as était lui généralement frappé en bronze (mais aussi parfois en cuivre ou en laiton) et pesait environ 11 g. Si on ne fait pas attention on peut le confondre parfois avec le dupondius car les deux ont à peu près la même taille (26-28 mm) mais le dupondius est légèrement plus épais et donc plus lourd. Aussi la tête de l’empereur est radiée (portant une couronne radiée) sur le dupondius et laurée (portant une couronne de lauriers) sur l’as. L’as cesse d’être produit sous la dynastie des Antonins (au IIe siècle EC).

C’est une pièce qui n’a pas beaucoup d’intérêt en soi mais qui a une valeur sentimentale pour moi car j’aime bien Titus. Je l’ai étudié à l’université (“Pouvoir et religion sous le principat de Titus”) et son court règne est riche en événements. En effet, avec son père il a construit l’amphithéâtre Flavien (ou Colosseum) sur le site de la domus aurea de Néron et il en organise les très fastes jeux inauguraux en 80. Il mène aussi campagne durant la première guerre judéo-romaine pour mettre fin à la révolte en Judée (il fait le siège de Jérusalem en 70, de Massada, détruit le temple d’Hérode et revient triomphant à Rome avec un riche butin). Finalement, c’est durant son règne en août 79 que le Vésuve fait éruption et ensevelie les villes de Pompéi et d’Herculanum. Il a été éduqué à la cour de Claude, auprès de Britannicus, et a suivit le cursus honorum: il est tribun militaire en 57, puis légat de la Legio XV Apollinaris auprès de son père en 67. Durant son principat (caesar), il avait la réputation d’être débauché et cruel, mais tout cela est oublié lorsqu’il devient empereur en 79 et il est perçu par l’Histoire comme un bon administrateur, respectueux des traditions. Il meurt de la peste en septembre 81. C’est ma seule pièce de Titus.

Description en anglais:

Obv: Head of Titus, laureate, right

Rev: Aequitas, draped, standing left, holding scales in right hand and long vertical rod (pertica) or sceptre (hasta pura) in left

Sources: 

Forum Ancient Coins, numismatics, wildwinds, coinproject (Dup), coinproject (As), acsearch

Forum Ancient Coins: Aequitas Augusti, Aequitas, Hasta Pura, Senatus Consulto

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Monnaies anciennes 7

Pièce Grecque impériale de Quadratus

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Type: 

Monnaie provinciale (Grecque Impériale)

Époque: 

Sous le règne de Néron (54-68 EC) et la  gouvernance de Quadratus (50-60 EC)

Frappe: 

Antioche

Datation: 

55-56 EC

Nature: 

AE 18

Métal: AE (bronze)

Qualité: F

Taille: 

19 x 21 mm

Poids: 

5.577 g

Obverse

     

Inscription:

𝝖𝝢𝝩𝝞𝝤𝝬𝝚𝝮𝝢 (par devant)

Description:

Tête de la ville-déesse d’Antioche (Tyche), voilée et couronnée d’une tourelle, à droite

Reverse

     

Inscription:

𝝚𝝥𝝞.𝞙𝞞𝞤𝞐𝝙𝝦𝝖𝝩𝝤𝝪 / 𝝚𝝩.𝝙𝝦 (en exergue)

Description:

Bélier sautant à droite, regardant en arrière, avec une étoile dans un croissant au-dessus

Notes:

Payé ± $10.75 (1985/11/18)

 

Voir fiche

Réf.: 

BMC 20, 160, 70

 

Sear GICV 5187

Je vous présente ici un intéressant exemple de monnaie romaine provinciale — celles des provinces grecques sont connues comme des pièces “grecques impériales.” Cette pièce-ci porte des inscriptions très claires, en grec, qui en facilitent d’autant l’identification et la datation. Sur l’avers on retrouve le nom de la ville d’Antioche (𝝖𝝢𝝩𝝞𝝤𝝬𝝚𝝮𝝢 = Antiochia ad Orontem  / Antioche-sur-l’Oronte), capitale de la province de Syrie, ce qui nous indique le lieu où la pièce a été frappé. Les inscriptions sur le revers nous indiquent qu’elle a été frappé par  G. Ummidius Durmius Quadratus (𝝚𝝥𝝞.𝞙𝞞𝞤𝞐𝝙𝝦𝝖𝝩𝝤𝝪 / Επι κουαδρατου / Epi kouadratou / “sous Qvadratvs”) qui a été légat et gouverneur de Syrie en 51-60 EC, durant le règne de Néron (54-68 EC). En exergue, la pièce comporte également une datation très précise.

David Sear (Sear GICV, p. xxv) nous apprends que “La pratique consistant à placer la date sur les pièces de monnaie n’est devenue courante qu’à l’époque hellénistique. (…) L’essentiel des pièces datées (…) de la série grecque impériale est selon une époque (…). Les chiffres de date sont parfois précédés du mot ETOYΣ qui peut être abrégé en ET (…).” ETOYΣ (έτος) veut simplement dire “année”. Antioche utilisait un système de datation selon l’ère Césarienne. Tom Buijtendorp nous explique que celle-ci “se référait au moment où Antioche a été faite une ville autonome par Jules César après avoir vaincu Pompée lors de la bataille de Pharsale à l’été 48  [fin juin ou début août] avant notre ère.” Dans ce système, chaque lettre grecque se voit assignée une valeur. 

Ainsi 𝝚𝝩.𝝙𝝦 se traduit par “ETOYΣ (année) 104” (où 𝝙 = 4 et 𝝦 = 100). Si l’on fait le calcul (104 + -48 [début de l’ère Césarienne] = 56), cette pièce a donc été frappé en 55 ou 56  EC (l’ère Césarienne ayant commencée au milieu de l’année, en juin ou en août, elle s’étends donc partiellement sur deux ans de calendrier).

Alors que SEAR classe cette pièce simplement dans les petites dénominations (AE 18, i.e. une pièce de métal non-précieux [aes, alliage de cuivre, généralement du bronze] d’environ 18 mm), l’une des sources l’identifie plutôt comme un Trichalkon (valant trois chalques ou 3/8 d’obole). 

Ce qui rend cette pièce fascinante ce n’est pas seulement sa datation précise mais surtout le fait que l’avers semble illustrer un événement astronomique très précis. Une étoile (ou une planète) aurait été occulté par le passage de la lune alors qu’elle transitait dans la constellation du bélier ! L’astronome Michael Molnar est persuadé que cette illustration représente l’occultation de Jupiter dans le Bélier en l’an 6 AEC, un événement astronomique et astrologique qui aurait fort probablement constitué selon lui la fameuse “Étoile de Bethléem” à laquelle la Bible fait référence dans l’Évangile selon Matthieu alors qu’une “étoile” aurait guidé des mages vers le lieu de naissance de Jésus (Bethléem). 

J’ai déjà identifié mes monnaies il y a longtemps et compilé les informations sur mes fameuses fiches, mais je trouve très intéressant (et amusant!) de vérifier ces informations à l’aide de l’internet et surtout de vous les expliquer le plus clairement possible. J’espère un peu vous intéresser non seulement aux monnaies mais surtout à l’histoire de l’antiquité… Comme je l’ai déjà dit, l’étude de chaque pièce est une occasion d’acquérir un nouveau savoir…

Description en anglais:

Obv: 𝝖𝝢𝝩𝝞𝝤𝝬𝝚𝝮𝝢 before veiled and turreted head of city-goddess, r.

Rev: Ram leaping to right, head turned to look back; above, star within crescent

Sources: 

BUIJTENDORP, Tom. “Coin evidence concerning the Caesarean and Actian Eras” on Forum for Ancient Coins.

SEAR, David R. Greek Imperial Coins and their Values; The local Coinages of the Roman Empire. London: Seaby, 1982. 634 p. ISBN 0-900652-59-4. [Sear GICV] [AmazonGoodreads • WorldCat]

CoinArchive, BeastCoins, Roman Provincial Coinage online.

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Monnaies anciennes 6

Denarius Impératorial de Marc Antoine

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Type: 

Impératoriale (Triumvirat)

Époque: 

43-31 AEC

Frappe: 

Officine orientale

Datation: 

Automne 32 – printemps 31 AEC

Nature: 

Denarius légionnaire

Métal: AR (Argent)

Qualité: F

Taille: 

16-17 mm

Poids: 

3.20 g

Obverse

     

Inscription:

ANT AVG / III VIR RPC

Description:

Galère prétorienne, à dr.

Reverse

     

Inscription:

LEG V

Description:

Aigle, à dr., entre deux enseignes

Notes:

Payé 650 FF (±$130)

 

Voir fiche

Réf.: 

RRC 544/18, CRR 1221, 

CRI 354, RSC 32

RCV (83): 343-346; RCV (2004): 414-415

On retrouve ici une autre pièce de monnaie de la République Romaine mais cette fois de l’époque dite “Impératoriale”, c’est-à-dire sous les triumvirats et durant les guerres civiles. Le denier légionnaire était un monnayage de guerre frappée en grande quantité (entre 25 et 35 millions de pièces !) — et contenant souvent un alliage d’argent plus pauvre qu’à l’habitude — pour payer les légions. Dans ce cas particulier, celle de Marc Antoine qui se sont battues à Actium (Grèce) où Octave a vaincu Antoine et Cléopâtre VII en 31 AEC. On croit que l’atelier monétaire était soit établit à Patras (en Achaïe) ou soit voyageait avec l’armée de Marc Antoine en Grèce. Les inscriptions nous montrent un Marc Antoine investit de l’Imperium (pouvoir de commandement) et Triumvir (il s’agit bien sûr du second triumvirat qui incluait Marc Antoine, Lépide et Octave — le premier triumvirat avait inclus César, Crassus et Pompée).

L’inscription Ant(onius) Aug(urus) démontre que Marc Antoine désirait souligner son association avec César qui avait été augure — une sorte de prêtre.

L’inscription Tresvir(i) R(ei) P(ublicae) C(onstituendae) [Triumvir pour la réorganisation de la République] souligne son appartenance légitime au triumvirat, qui avait été constitué par la Lex Titia en 43 pour diriger l’état de façon collégiale.

Sur l’avers, on retrouve la représentation d’une galère romaine, ce qui est fort approprié puisque plusieurs des batailles de la dernière guerre civile de la République romaine, opposant Antoine et Octave, furent des batailles navales.

L’inscription “LEG V” indique que cette pièce a été frappée pour payer la cinquième légion appelée Legio V Alaudae (alouette en gaulois). Cette légion a été créée en Gaule Cisalpine par Jules César en 52 AEC. Son nom fait référence aux ailes d’alouettes qui paraient les casques gaulois. Elle est entrée en action pour la première fois au siège d’Alesia, contre Vercingetorix. Après la mort de César et le début des guerres civiles, la légion prit le parti de Marc Antoine.

Sur le revers, on retrouve la représentation de l’aigle romaine (aquila) qui est l’emblème des légions romaines. C’était un symbole important et très respecté. Cette dernière est flanquée par deux étendards romains (signum manipuli) qui représentaient chacune des unités de la légion (manipule ou, plus tard, centurie) et jouait un rôle important dans l’organisation de la légion. Wikipedia les décrit ainsi: “Il se composait d’un poteau surmonté soit d’une paume ouverte de main humaine, soit d’une tête de lance. La paume ouverte, a-t-on suggéré, était à l’origine un symbole de la manipule (manipulus = “une poignée“), la plus petite unité tactique de l’armée romaine de la mi-République. Les mâts étaient ornés de deux à six disques en argent (dont la signification est incertaine). De plus, le mât serait orné d’une variété de traverses (y compris, en bas, un symbole de croissant de lune et un pompon). Il  porterait également normalement une barre transversale avec des pompons.” 

C’est une pièce relativement commune mais que j’adore de par son association avec Marc Antoine et l’événement particulier de la bataille d’Actium. Elle est superbe et fascinante !

Description en anglais:

Obv: war galley under twelve oars right with triple ram prow and scepter tied with fillet

Rev: aquila (legionary eagle) right between two signa (legionary standards)

Sources: 

“The Legionary Denarius of Mark Antony”, vcoins, vcoins, CoinArchives, coinproject, Wildwinds, acsearch, Imperial Roman NZ, RCV (83): 343-346, RCV (2004): 414-415.

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Monnaies anciennes 5

Denarius républicain de P. CLODIVS

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Type: 

République Romaine

Époque: 

509 – 27 AEC

Frappe: 

Rome

Datation: 

c. 42-41 AEC

Nature: 

Denarius

Métal: AR (Argent)

Qualité: VG / F

Taille: 

18-19 mm

Poids: 

3.794 g

Obverse

     

Inscription:

Aucune

Description:

Tête laurée d’Apollon à droite, une lyre derrière

Reverse

     

Inscription:

À d.: P CLODIVS (descendant), à g.: M. F. (descendant)

Description:

Diane Lucifer debout de face, avec un arc et un carquois sur l’épaule, tenant deux longues torches allumées dans chaque main

Notes:

Payé $45

Voir fiche

 

Réf.: 

RRC 494/23; Syd. CRR 1117

 

RCV(83) 294; RCV(2004) 328

Comme pour les pièces de M. CIPI et de L LVCRETIVS TRIO, celle-ci est également une pièce républicaine cette fois frappée par le magistrat monnayeur (triumvir monétaire — d’où la titulature “M.F.” ?) P CLODIVS qui nous est inconnu sinon qu’il a tenu cet office en 42 AEC (une source le cite comme étant P. Clodius M.f. Turrinus). Comme pour les pièces précédentes, la datation a changée avec les années puisque SEAR date la pièce en 41 AEC dans son édition de 1983, puis en 42 AEC dans les éditions plus récentes.

Description en anglais:

Obv: Laureate head of Apollo, r.; lyre behind

Rev: Diana Lucifera std facing, with bow and quiver over shoulder, holding two long lit torches in each hand. On r., P CLODIVS (downward); on l., M.F. (downward)

Sources: 

En plus des même références citées pour la pièce de M CIPI, j’ai aussi consulté les liens suivants: vcoins, vcoins, MFA Boston, CoinArchive, Littletoncoin.

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Monnaies anciennes 4

Denarius fourré de L. Lucretius Trio

Surprise ! Je vous présente une autre pièce de monnaie romaine cette semaine !

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Type: 

République Romaine

Époque: 

509 – 27 AEC

Frappe: 

Rome

Datation: 

c. 76 AEC

Nature: 

Denarius fourrée

Métal: coeur de bronze (Ae) recouvert d’argent (Ar)

Qualité: G

Taille: 

18 mm

Poids: 

2.837 g

Obverse

     

Inscription:

(Aucune apparente mais devrait comporter un chiffre) 

Description:

Tête de Neptune laurée, à droite (avec un trident derrière la tête, à peine visible)

Reverse

     

Inscription:

L LVCRETI / TRIO (en dessous)

Description:

Génie ailé (Palæmon ?; Cupidon ?), sur un dauphin, à droite

Notes:

Acheté à Londres 5 £ (1986/02/05)

 

Pièce d’argent fourrée, avec noyau apparent sur l’avers; entaille verticale sur revers.

Réf.: 

Syd. CRR: 784; RCC: 390/2; RSC Lucretia 3

Sear RCV (83): 251; Sear RCV (M): 322

Voir fiche originale

Comme l’autre pièce que je vous est présenté plus tôt, il s’agit ici d’une pièce de la république romaine, et donc le nom qui y apparait est celui du magistrat monnayeur (triumvir monétaire). Dans ce cas-ci, c’est Lucius Lucretius (de la gens Lucretii) dont nous connaissons peu de chose sinon qu’il a tenu cet office en 76 AEC. 

Cette pièce est endommagée et une partie des inscriptions est donc illisible. Par contre, en comparant à d’autres pièces similaires, on peut les deviner. Sur l’avers, derrière la tête de Neptune, on peut deviner le manche d’un trident. Aucune inscription n’est apparente mais le champs derrière la tête devrait comporter un chiffre dénotant la valeur de la pièce ou un numéro de contrôle de cette série de frappe. Sur d’autres pièces similaires, on retrouve X, XVI mais aussi des chiffres allant de I à LXXIV (où le L est remplacé par un L ou un T inversé). Sur le revers on peut lire distinctement “LVCRETI” mais on devine à peine le L qui précède, le I qui suit, et le TRIO en dessous. Toutefois, tous les indices sont là pour nous permettre d’identifier et de dater la pièce sans le moindre doute. Par contre, comme pour la pièce précédente, SEAR date la pièce en 74 AEC dans son édition de 1983 (RCV (83): 251) mais l’édition de 2000 (Sear RCV (M)) situe la date en 76 AEC et les autres sources concordent avec cette dernière datation.

Évidemment, la caractéristique la plus visible de cette pièce est le fait qu’elle est fourrée (le terme est le même en anglais). C’est un terme technique qui veut essentiellement dire qu’elle est plaquée. Son flan (le coeur, noyau de la pièce ou son “âme”) est fait d’un métal non-précieux (généralement le bronze mais parfois le cuivre, le fer ou un alliage) recouvert d’or ou d’argent. Toutefois, ce n’est pas toujours l’oeuvre de faussaires car cette technique frauduleuse était déjà pratiquée dans l’antiquité. La technique facile généralement utilisée par les faux-monnayeurs était de couler la pièce directement dans un moule mais les détails de la pièce coulée étaient parfois flous. Dans le cas des pièces fourrées, elles sont pas coulées mais frappées et nécessite généralement des coins authentiques. Cette technique doit donc avoir été pratiquée par des faussaires avec des contacts au sein des ateliers monétaires ou, plus vraisemblablement, par des officiers monétaires qui voulaient “tricher” sur la valeur de la monnaie sans la dévaluer. C’était une pratique relativement commune durant la République et le début de l’Empire. Lorsque l’usure n’a pas révélé la supercherie (comme c’est le cas ici), la meilleure façon d’identifier une pièce fourrée est son poids: cette pièce pèse normalement en moyenne 3.75 g (entre 3.25 et 4.25 g) alors que la mienne n’en pèse que 2.8 g. Par contre, l’usure et la patine de ma pièce indique clairement que c’est une pièce antique et non un faux plus moderne. Je la considère donc comme “authentique”.

En conclusion, c’est une autre pièce digne d’intérêt. En fait, chaque nouvelle pièce est une opportunité d’en apprendre plus sur la Rome antique, sur son système monétaire et même sur la vie quotidienne de ses citoyens. Avoir de l’intérêt pour ce genre de sujet est toujours une source de nouveau savoir. Et c’est justement pour cela que j’ai choisi de vous parler de ma collection.

Sources: 

En plus des même références citées pour la pièce de M CIPI, j’ai aussi consulté les liens suivants: VCoins, VCoins, National Museum of Scotland, Catawiki, Wildwinds, ACsearch, coinArchive, numista, Shanna Schmidt numismatics, Les Dioscures, Ancient coins forum — juste pour n’en citer que quelques uns.

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Monnaies anciennes 3

Denarius de M CIPI

Depuis deux semaines, j’ai commencé à vous présenter ma collection de pièces de monnaies anciennes. Ici, je continue avec un autre bel exemple, une pièce de la République Romaine. À l’époque où je collectionnais ces pièces, dans les années ’80, je les identifiais à l’aide de bouquins de la bibliothèque de l’Université et j’inscrivais toutes les informations sur de petites fiches en cartons. Toutefois, pour vous les présenter, je m’efforce de confirmer l’identification et la datation, cette fois-ci à l’aide de l’internet. C’est encore un peu laborieux mais maintenant on trouve tout de même beaucoup d’information en ligne…

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Type: 

République Romaine

Époque: 

509 – 27 AEC

Frappe: 

Rome

Datation: 

115-114 AEC

Nature: 

AR Denarius

Métal: Argent

Qualité: F/ VF

Taille: 

15 mm

Poids: 

3.888 g

Obverse

     

Inscription:

X – MCIPI MF

Description: 

Tête de Rome casquée à d.

Reverse

     

Inscription:

ROMA (en exergue)

Description: 

Victoire conduisant une bige galopante à droite, tenant les rênes et une branche de palmier; gouvernail au-dessous

Notes:

Payé $8 (1985/12/17)

   

Réf.: 

Sear RCV (M): 166

Pink TM: 29

Syd. CRR: 546; Sear RCV (’83): 184; RRC: 289/1; RSC: Cipia 1

Sous la République Romaine, la monnaie était frappée sous la responsabilité de trois magistrats (les triumvir aere argento auro flando feriundo  [trois hommes en charge de couler et frapper la monnaie (de bronze, d’argent et d’or)] ou triumviri monetales), les triumvir monétaire, eux-même sous la direction des questeurs. Ils faisaient partie du collège des vingt-six magistrats mineurs (vigintisexvirat). Comme il n’y avait pas encore de chef d’état (caesar ou empereur — la cité étant dirigé collégialement par le sénat) c’est le nom (ou le monogramme) de l’un de ces magistrats qui apparaissait sur la monnaie. Comme ceux-ci était nommé annuellement, il est relativement facile de dater les pièces. Ici, il s’agit de M CIPI (famille Cipia) qui a été en poste en 115 – 114 AEC mais dont on ne connait rien. Je crois que la titulature M.F. pourrait référer à son poste (monetales feriundum), à la frappe de la monnaie… 

Dans la première moitié du IIe siècle AEC, le denier d’argent a une valeur de dix as (denarius veut justement dire “dizaine” et aes veut simplement dire “bronze”), d’où le symbole “X” (chiffre romain 10) qui apparait à gauche du champs de l’avers et qui dénote la valeur de la pièce. Dans la deuxième moitié du IIe siècle (vers 140 AEC) et au 1er siècle AEC, le denier sera dévalué à seize as (indiqué par le symbole “XVI” ou “X”) mais, selon PINK, il semble que le symbole “X” a continué à être utilisé pour une certain temps. Il nous apprend aussi que le magistrat principal supervisait la frappe des pièces de bronze et que ses deux collègues s’occupaient des pièces d’argent.

PINK ne fournit aucune datation et SEAR, dans son édition de 1983, date les pièces Cipia à 107 AEC. Par contre, dans l’édition de 2000, la datation est corrigé à 115-114 AEC et toutes les références plus récentes concordent avec lui.

Une belle pièce plutôt intéressante.

Sources:

Titulature et description en anglais:

Obv.: Helmeted head of Roma right; M•CIPI•M•F before, X (mark of value) behind
Rev.: Victory driving galloping biga right, holding reins and palm branch; rudder below, ROMA in exergue

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Ancient coins 2

Athenian Tetradrachm

Last week I started introducing to you my collection of ancient coins. Here I continue with another fine example: the Athenian Tetradrachm also known as the “Athenian owl”. 

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Type: 

Classical Aegean city-states

Era: 

5th century BC

Mint: 

Attica, Athens

Date:

454-404 BC

Nature: 

AR Tetradrachm

Metal: silver

Quality: F

Size: 

24 x 22 mm

Weight: 

17.425 g

Obverse

     

Inscription:

None

Description:

Head of Athena to right, with archaic smile and a frontal almond-shaped eye, wearing earring, and Attic helmet, decorated with three olive leaves and a spiral palmette on the bowl

Reverse

     

Inscription:

AΘE 

Description:

Owl standing to right, head facing, two-leafed olive sprig and crescent to top left, AΘE to right (abbreviation of  ΑΘΗΝΑΙΩΝ [ATHENAION], “of the Athenians”)

Notes:

 Paid $220 US

   

Ref.: 

Google

Wikipedia, CoinWeek

Sear GCV I: 2526 (pp. xi-xii, 235-238). [Goodreads]

This type of coin was struck by most Greek city-states of the Aegean Sea during the classical era (5th & 4th century BC). It is probably one of the best known examples of Greek Coinage because they were produced in large quantity and widely used throughout the Mediterranean. The city-state of Athens dominated the area from its victory over the Persian (in 479 BC) to the end of the Peloponnesian War (in 404 BC) when it was itself defeated by the Spartans. Also a great quantity of coins were struck after Pericles took over and moved the treasury of the Delian league to Athens (in 454 BC). During that period, the Athenian Tetradrachm (i.e. of the value of four drachmae) was the most common coinage and characterized by the head of the goddess Athena on the obverse and a representation of the owl of Athena on the reverse. Funnily, we can still find similar representations on modern greek drachma or even on greek euro coins !

It is definitely one of my favourite coins because it is one of the oldest, it is in a fine condition and I really like the iconic image of the owl, which represents knowledge and wisdom. 

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Monnaie ancienne 1

Denarius de Lucius Verus

Je vous ai déjà parlé de mon intérêt pour les choses anciennes, particulièrement les livres. Toutefois je m’intéresse aussi aux pièces de monnaies, particulièrement la monnaie romaine. Tout cela a commencé lorsque j’étudiais la Rome antique à l’université. Pour la maîtrise, je travaillais sur l’empereur Lucius Verus. Pour ce faire je devais, entre autre, étudier l’iconographie de l’empereur (statuaire, monument, monnaie) qui est un mode important d’expression de la propagande impériale. À force d’étudier les monnaies sur papier, cela donne le goût de les avoir entre les mains. Alors, avec un collègue d’université, on a commencé à les collectionner. Des pièces de nos empereurs d’abord, puis tout ce que l’on pouvait trouver d’intéressant à bon prix… Ce qui fait que j’ai maintenant une petite collection de près de cent-soixante-quinze monnaies…

Récemment, un collègue de travail me parlait de ses pièces anciennes et je lui ait offert de les identifier, ce qui a ravivé ma passion pour les monnaies anciennes. Une passion que j’aimerais maintenant partager avec vous en vous présentant, une à une, au fil des semaines, les pièces les plus intéressantes de ma collection. Voici la première :

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Empereur: 

Lucius Verus

Date vie / règne: 

130-169 / 161-169

Frappe: 

Rome

Datation:

Déc. 167 – Fév. 168

Nature: 

Denier

Métal: Argent Qualité: F
Taille: 

18 mm

Poids: 

3.380 g

Obverse      
Inscription:

L VERVS AVG ARM – PARTH MAX

Description:

Tête lauré, à droite

Reverse      
Inscription:

TR P VII IMP IIII COS III

Description:

Aequitas debout à gauche, tenant une balance et une cornucopia

Notes:      
Réf.: 

RIC III : 578

Sears : 1444

numismatics.org

Celle-ci est définitivement l’une de mes favorites. C’est un denier d’argent de Lucius Verus, co-empereur avec Marcus Aurelius. L’identification est facile grâce à la nomenclature (L VERVS AVG) et la titulature (ARM PARTH MAX d’une part, et TR P VII IMP IIII COS III d’autre part) nous permet une datation assez précise. On y apprend que Verus est le grand vainqueur des Arméniens et des Parthes, qu’il a reçu pour une septième fois (en Déc. 167) le pouvoir tribunaire (Tribunitia Potestas), pour une quatrième fois (en 166) le titre d’Imperator et celui de consul pour une troisième fois (en 167). Comme il reçoit le pouvoir tribunaire une huitième fois en décembre 168 et qu’il est acclamé Imperator une cinquième fois fin 167 ou début 168, on peut dater la pièce entre décembre 167 et février 168. Fascinant, n’est-ce pas?

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RIP John Lewis

March-Lewis-covSadly, Congressman John Lewis died yesterday [BBCCNNGoogle  NYTUSA Today]. He was a hero of the American Civil Right Movement, one of the “Big Six”. In March 1965, he received a severe head injury during the “Bloody Sunday” as he led protesters across the Edmund Pettus Bridge while attempting to march from Selma to Montgomery. Since 1988 he has held a seat at the U.S. House of Representatives for Georgia’s 5th congressional district. He must be remembered for his accomplishments which are even more important in the midst of the Black Lives Matter movement.

I also want to remind everybody that John Lewis (in collaboration with Andrew Aydin and Nate Powell) wrote a biographical comic book retelling his struggle. More than ever it is worth a look…

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Blueberry, Intégrale t.1

Les Chroniques de la Lune noire Intégrale - tome 2“Le 10 mars 2012, Jean Giraud disparaissait. Cet immense auteur, considéré comme le plus grand par plusieurs de ses pairs, a laissé derrière lui une oeuvre considérable dont Blueberry est la véritable pierre angulaire. Les éditions Dargaud lui rendent ainsi un hommage en proposant une réédition de cette saga sous forme d’intégrales qui réuniront les nombreux épisodes dessinés par Giraud et scénarisés par Charlier avec plusieurs documents rares ou inédits. Une façon évidente de redécouvrir ce monument de la bande dessinée apparu dans le magazine en 1963.”

[Texte du site de l’éditeur ; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 17

Ce premier tome de l’Intégrale Blueberry (qui comprend neuf volumes au total) inclue les trois premier album de la série: Fort Navajo (46 pages, prépublié dans Pilote #210-232 [du 31 octobre 1963 au 2 avril 1964] et édité en album en 1965), Tonnerre à l’Ouest (46 pages, prépublié dans Pilote #236-258 [du 30 avril au 1er octobre 1964] et édité en album en 1966) et L’Aigle solitaire (46 pages, prépublié dans Pilote #261-285 [du 22 octobre 1964 au 8 avril 1965] et édité en album en 1967). Ce tome offre également en préface un dossier de douze pages par José-Louis Bocquet qui explique la genèse de la série et qui complète bien les informations présentées dans De Gir à Moebius (commenté précédemment). On y trouve également les sept premières pages du “tapuscrit” original de Jean-Michel Charlier.

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Page 26

Le premier album de cette édition intégrale nous introduit aux lieutenants Mike S. Blueberry et Steve J. Craig. Ce dernier est un fils de général, tout frais sorti de West-Point. Il est inexpérimenté et un peu rigide. À son opposé, Blueberry est un sudiste conquis aux idées de Lincoln, vétéran de la Guerre de Sécession mais exilé à la frontière pour son indiscipline, devenu cynique, joueur, bagarreur et un peu ivrogne. Tous deux se rendent à Fort Navajo pour une nouvelle assignation de poste. En chemin, ils trouvent un ranch qui a été incendié et pillé par les indiens. Les habitants ont tous été tué, sauf le jeune fils de la famille Stanton, Jim, qui a été kidnappé. Alors que la diligence poursuit son chemin vers le fort pour demander des renforts, les deux officiers se lancent à la poursuite des pillards mais tombent dans une ambuscade. Les renforts arrivent juste à temps mais le Major Bascom, commandant en second du fort qui est ambitieux et déteste les indiens, ne perd pas de temps pour rechercher revenge sur une autres troupes d’indiens Apaches. La tricherie répétée des tuniques bleues met fin à une longue période de paix…

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Page 74

Dans Tonnerre à l’Ouest, le commandant Dickson étant mourant suite à une morsure de serpent, Bascom a prit le commandement et, en prétextant des négociations, a capturé les chefs Apache — sauf Cochise qui a réussi à s’enfuir mais qui reviendra sans aucun doute avec sa troupe de guerriers. Grâce à un subterfuge, Blueberry réussi à quitter le fort pour se rendre à Tucson afin de trouver de l’antivenin et rallier du renfort. Toutefois la ville est déjà occupée par les Apaches. Lorsqu’il retourne à Fort Navajo, il n’y trouve que Crowe, le pisteur Métis de la garnison. Le fort a été évacué suite à un assaut terrible durant lequel Bascom a été tué. Blueberry décide de poursuivre les indiens qui ont kidnappé le jeune Stanton. Passé la frontière Mexicaine, il rejoint leur camp et délivre le garçon. 

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Page 122

Dans  L’Aigle solitaire, Blueberry rejoint Fort Quitman au Texas. Il fait son rapport au Colonel Birdling, lui révélant que l’armée a déclanché la guerre sous de faux prétextes en accusant injustement et en attaquant les Apaches. Malheureusement, avec le Nouveau-Mexique et le Texas à feux et à sang, la situation a trop dégénéré pour qu’il soit probable de rétablir la paix facilement. Toutefois, Blueberry profite qu’on l’ait mis en charge d’escorter un convoi d’armes et de munitions vers Camp Bowie, pour essayer d’y rencontrer le Général Crook et le convaincre de négocier la paix. Mais le trajet est long et difficile. Malgré sa grande expérience, les plans de Blueberry sont contrecarré tantôt par le mauvais jugement d’un subordonné alcoolique, tantôt par la traitrise d’un éclaireur indien, et le convoi ne parvient à Camp Bowie que de justesse et avec de lourdes pertes. Blueberry y retrouve Craig. Il fait son rapport au général mais celui-ci ne peut prendre la décision de négocier seul et Craig est envoyé à Washington avec un message pour le président…

Je ne suis pas un amateur de western et j’avoue que je n’aurais jamais lu cet ouvrage s’il n’avait pas été dessiné par Giraud. Et pourtant j’ai trouvé le récit tout à fait captivant. Blueberry n’est pas une série légendaire sans raison. L’excellent scénario de Charlier y est pour beaucoup. Toutefois le style graphique est encore maladroit et l’on voit bien que Giraud a encore de la difficulté avec les couleurs (particulièrement dans la première histoire). Il n’y a rien dans ce style qui évoque ce que Gir ou Moebius sera plusieurs années plus tard et c’est justement ce que j’ai trouvé intéressant avec cette lecture. Le dossier en préface est très utile pour nous aider à remettre ce travail dans le context de l’oeuvre de Giraud et à comprendre son cheminement. 

J’ai donc trouvé cette bande dessinée surprenamment bonne et je n’exclus pas la possibilité de continuer à lire les aventures de Blueberry — que j’aurais dû lire jadis dans Pilote et regrette de ne pas l’avoir fait… Si vous ne connaissez pas Blueberry, même si le genre western vous laisse indifférent, je vous en conjure d’en lire au moins quelques albums…

Blueberry, l’intégrale tome 1, par Jean-Michel Charlier (Scénario) et Jean Giraud (Dessin)). Paris, Dargaud, décembre 2012. 24 x 31.7, 168 pg., 29,99 € / $49.95 Can. ISBN: 9782205071238. Recommandé pour public adolescents (12+). stars-3-0

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 © Dargaud 2012

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