SDL: Jour 1, mercredi

SDL2018

SDL-2018

Mercredi, 14 novembre, le salon du livre (SDL) était ouvert gratuitement au grand public. Tel que promis, j’y étais. J’avais peur qu’il y ait une foule monstre mais finalement il n’y avait pas tant de monde que ça. La journée des bibliothèques (où l’on peut entrer gratuitement avec une carte de membre des bibliothèques de Montréal ou de la BAnQ) est maintenant le jeudi! Il est clair que le salon fait de grands efforts pour être accessible à un plus grand public.

Cette année, les invités d’honneur sont Joséphine Bacon, Samuel Champagne, Martine Devaux, Marianne Ferrer, Dany Laferrière, Heather O’Neill, Alain Vadeboncoeur et Bernard Werber. On note quelques innovations dont une zone SDL ADO (c’est tout un engagement de tenter de dynamiser les visites des adolescents au salon. Bonne chance!) et une présence accrue d’éditeurs et d’écrivains anglophones, entre autre avec la présence de l’Association of English Language Publishers of Quebec et la Quebec Writer’s Federation, ainsi que des librairies anglophones (Drawn & Quarterly et Paragraphe).

IMG_3895Comme à mon habitude, j’en ai fait le tour dans tout les sens, afin de prendre le pouls de l’édition cette année. Mais il y a tellement de chose à voir (des BD, des romans, des tonnes de documentaires, des livres pour enfants, des livres audio, et j’en passe) que s’en est accablant. La tête me tourne juste à y penser…

Je note d’abord l’absence du cahier-guide habituel qui a été remplacé cette année par une charmante carte beaucoup plus pratique et, surtout, écologique. On a pas vraiment besoin des articles qu’offrait auparavant le cahier. C’était la carte qui était le plus utile. Bon choix.

Chrysanthe1GFCette année, je n’ai rien vu dans les nouveautés qui ait particulièrement éveillé mon désir. Un livre m’a intrigué: Shinrin Yoku; Les bains de forêt, le secret de santé naturelle des Japonais par Pr. Yoshifumi Miyazaki [Biblio-Mtl]. Et il y a bien sûr les plus récentes parutions chez Alire: Les Pierres et les Roses 2: La voie des roses et Les Pierres et les Roses 3: La Balance et le Sablier par Élisabeth Vonarburg, Radio Vérité: la radio du vrai monde par Jean-Jacques Pelletier, Neiges Rouges par François Lévesque, Chrysanthe 1: La Princess perdue  par Yves Meynard, et Les Traitres du Camp 133 par Wayne Arthurson. Ne manquez pas de mettre la main sur leur Catalogue 2018-2019!

J’ai profité du salon pour prendre contact auprès des distributeurs de BD et de manga pour quêter quelques services de presse. Je n’ai pas eu recours à des services de presse pour faire des commentaires de lecture depuis très longtemps (pendant plus de vingt ans j’ai écris sur la SF francophone quand je faisais Samizdat et sur les mangas en anglais quand je faisais Protoculture Addicts). Mais je fais ce blogue depuis plus d’une dizaine d’années alors il serait temps que commente un peu plus de nouveautés… Et pour ça, je vais avoir besoin de recevoir des services de presse. On verra ce que ça donne.

IMG_3900J’ai aussi assisté sur l’Espace TD à une intéressante conférence sur la “Philosophie fiction” avec Karoline Georges, Elisabeth Vonarburg, Esther Rochon et Bernard Werber. Mais n’est-ce justement pas l’attribut de la science-fiction (et des littératures de l’imaginaire) de raconter des histoires qui se déroulent hors de notre quotidien ou de notre réalité pour se questionner sur la nature humaine et ses possibles devenir? Des extraits video de la conférence seront ajouté au blogue dans les jours qui suivent.

 

 

Je remarque qu’il n’y toujours pas de présence des bibliothèques de Montréal au SDL (en fait, cette année, je crois que même la BAnQ n’avait aucun kiosque). Cela est très décevant car le SDL est pourtant l’endroit idéal pour rejoindre des lecteurs. Étrangement, beaucoup de citoyens de Montréal ignorent qu’ils ont accès à un vaste réseau de bibliothèques où ils peuvent emprunter gratuitement tout les livres qu’ils désirent (ou presque)!

En fait, plus je fréquente les bibliothèques et plus je me rends comptes que je n’ai plus (et ne ressent plus) le besoin d’acheter des livres, puisque je trouve tout ce que je veux dans les bibliothèques (même les nouveautés — avec un léger délai). Je n’achète donc plus de livres — à moins, bien sûr, d’un énorme coup de coeur (ça arrive). Et puis, il faut tout de même en acheter quelques uns pour faire vivre les libraires, les éditeurs et, surtout, les auteurs!

IMG_3898Le SDL est donc à voir absolument. C’est l’endroit idéal pour avoir une vue d’ensemble de l’édition francophone, pour découvrir les dernières nouveautés et pour faire ses emplettes des fêtes!

Moi, j’y retourne samedi pour le lancement du numéro 208 de la revue Solaris (au kiosque d’Alire). Au plaisir de vous y voir!

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Books of Ours

MBAMOn October 16th, after a lengthy trek in the Mount Royal Park to admire the autumn foliage, we went to the Museum of Fine Arts to have a look at a small exhibition about books of hours. Titled “Resplendent Illuminations” the exhibit displays Books of Hours from the medieval and Renaissance eras (13th to the 16th Century) but the interesting part is that they are all from Quebec (seven private and public collections). The exhibit, born from in-depth academic research, offers more than 50 artifacts (leaves, complete manuscripts, prints) and is held at the MMFA (pavillon Jean-Noël Desmarais – niveau S2) from September 5, 2018 to January 6, 2019.

Created for the Christian faithfuls (not for men of the cloth but for lay people), Books of Hours offered a collection of calendar of holy and religious feasts as well as passages from the gospels and prayers. They were used for devotion but also to learn reading. What’s characterize them however is that they were personalized with family information (births and weddings) and illuminated with miniature paintings (illuminations) illustrating the life of Christ, the saints or the Virgin Mary. Very minute and beautiful art.

It is really amazing that the faithfuls of New France would bring such beautiful manuscripts with them (or order them abroad) to express their devotion and that those books ended up being so well preserved. Unfortunately, to satisfy the thirst of modern collectors, such beautiful manuscripts were often cut open and sold by the pages (to maximize profits). That’s why many of the artifacts displayed are simple folio. I am quite surprise to see that most Books of Hours are so small, usually in duodecimo book format (each folio has been folded four times to make twelve leaves or twenty-four pages). A detail that I didn’t know: some books of hours were produced AFTER the invention of the printing press (c1450)… The exhibit display seven of those, where wood- and metal cuts replaced illuminations.

Catalogue_raisonné_des_livres_dHeuresThe catalog of this magnificent exhibit (and more) has been published (in French): Catalogue raisonné des livres d’Heures conservés au Québec, edited by Brenda Dunn-Lardeau. Québec, Presses de l’Université du Québec, 2018. 468 pages. $48 (softcover)/$55 (hardcover), ISBN 978-2-7605-4975-3. [ Amazon / BAnQ / Biblio / WorldCat ]

It is a small exhibit (only two rooms) but it is quite enlightening and well-worth seeing for all (ancient) books lovers. You really should take the time to go see it.

Here are some pictures that I took as a memento:

First room

Second room

More pictures are available on my Flickr album. View the legends for all pictures after the jump

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FFM 2018 Day 1

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Red carpet and Opening ceremony

This year the Festival des Films du Monde (FFM or MWFF, Montreal World Film Festival) strangely seems slightly more organized (at least for the accreditation) than the previous couples of years. They are probably getting used to extreme austerity and benefits from plenty of movie aficionado volunteers. Also, there’s more Japanese movies than last year (but still less than the usual dozen). Unfortunately, since there are only four screens (Cinéma Impérial and Quartier Latin 10, 12 & 13) to show ALL movies, they are shown only once (twice for the titles in competition) and mostly in the afternoon — which is not compatible with my own schedule, so I’ll probably end up viewing only half of the Japanese movies. Too bad, but that’s better than nothing!

However, I was happy that the title selected as opening film was one of the Japanese movies: Samurai’s Promise. No one from the cast or crew was present for the opening ceremony, although there was plenty of actors & actresses from other Japanese and Chinese movies (as well as local dignitaries) parading on the red carpet.

Red carpet photo gallery

 

The only speech was given by the president of the festival, Serge Losique. He seemed tired, but still defiant (although slightly apologetic):

“The festival is a great cathedral open to all. Our role was not to imitate whoever but to be ourselves, to be authentic. (…) Our role was also to helped small unknown countries, like Cape Verde or Sri Lanka [to promote their films]. All we want is for the public, and the journalists, to appreciate the films.”

He continues saying he doesn’t want the glamour of the other festivals but only to showcase the diversity of the world cinema. That’s why it is the “Festival des Films du Monde” [also a word-play in French meaning the festival of the people]. People are asking for stars, he says, but the stars here are the films. He also argues that the directors and actors who come to Montreal are stars in their own countries, and many more have been discovered here, at the festival, and are now stars! [I might add that I’ve seen plenty of great stars at the FFM over the years: Catherine Deneuve, Sofia Loren, Jackie Chan, Robert de Niro, Tony Curtis, Mamoru Oshii, etc.]

He also announces the new policy for the festival to chose as president of the jury a director that has previously won the Grand Prix of the Americas. Also the jury members will not necessarily be present at the festival but will screen the titles in competition via video link (although the president of the jury will always be present in Montreal). He introduces the members of this year’s jury (critic Élie Castiel, Pierre-Henri Deleau, an executive from China Film Group Corporation and another jury whose name will be revealed at the end of the festival) as well as its president, Silvio Caiozzi [Chilean director, winner of last year’s Grand Prix des Amériques], who also said a few words:

“From the beginning this festival always chose nothing but films of cinematographic excellence. Nowadays, I can feel that around the world somehow (…) [in the movie industry] the true quality of films is not looked upon, really. What they look upon is (…) what film has the big budget (…) or the politics (…) but not really the quality of the films. So, really, honestly, (…) in my opinion this is perhaps the only festival that still remains absolutely independant.”

Opening ceremony video

(I understand what Serge Losique is saying here. He is trying to explain and justify his position. The festival is his life-work, his baby, and he doesn’t want to relinquish its control. Indeed, if you accept public money you have to show transparency and do things the way the government wants them to be done… Unfortunately, if he doesn’t step down, pass the mantle to someone else soon (while maybe remaining on board as advisor), the festival will die with him…)

The theatre was not full, like we’ve seen for previous years, but considering the situation, it was full enough (maybe half?). Surprisingly, there was not that many people from the local Japanese community.

It was a short ceremony, a good movie (see my separate comment), the weather was nice, Radio-Canada / CBC was there to report on the event so, all in all, it was a good day for the festival.

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Italian week 2018

SettimanaItalianaDiMontrealLike last year, we have visited the Settimana Italiana di Montreal (the Italian Week), festival held all over Montreal (but mostly in Little Italy, on St-Laurent street between St-Zotique and Jean-Talon streets) from August 3rd to 12th.

This year the festival celebrated its 25th Anniversary with many activities: an exhibition of all its promotional posters, a Fiat 500 car exposition, guided tours, a film festival, an opera presentation of Puccini’s “La Bohème”, a parade of the Sbandieratori Borghi e Sestieri Fiorentini (a group of Italian flag-throwers keeping alive the old military flag-waving tradition), and lots of food, musical displays and entertainments. Each local Italian association has a booth to inform about their activities. It was very interesting.

Here is a photo album and a short video (15 mins) as a memento of this year’s festival:

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Boréal 2018 — Jour 3

Dernière journée de Boréal (dimanche, 6 mai), le congrès québécois des littératures de l’imaginaire (science-fiction, fantastique et fantasy)! [ Voir aussi mes commentaires sur la première et seconde journée du congrès ! ]

J’arrive trop tard pour voir le “documentaire hommage à Joël Champetier” (mais il sera mis disponible sur Youtube plus tard). Malheureusement le panel sur “L’héritage d’Ursula Le Guin” est en concurrence avec mon premier panel…

IMG_2270Le premier événement de la journée est “Le club de lecture de la République”, animé par Geneviève Blouin, avec Caroline-Isabelle Caron, Yves Meynard, Jean-Louis Trudel et Élisabeth Vonarburg. Les panelists nous parlent de livres traduits en français qu’ils recommandent comme porte d’entrée à la SF (ils ont fait ces recommendations sur le webzine de la République du Centaure: Jean-Louis, Yves, Élisabeth, Caroline-Isabelle). Élisabeth propose l’oeuvre de Cordwainer Smith, ou de Jean-Claude Dunyach, Yves propose Les Enfermés de John Scalzi mais également l’oeuvre de Robert Reed. Jean-Louis propose principalement Rivage des intouchables de Francis Berthelot. On propose aussi la trilogie climatique de Kim Stanley Robinson (et sa suite, pas encore traduite en français: 2140 New York). Il est aussi question de Solarpunk! J’ai été tout particulièrement intéressé par les suggestion de Caroline-Isabelle. Elle nous fait découvrir l’Afro-futurisme à travers l’oeuvre de l’auteure africaine Nnedi Okorafor, Qui a peur de la mort ? Elle propose également Angelica Gorodischer (SF brésilienne). Encore plus de titre à ajouter à ma liste de lecture!

IMG_2271Mon second panel (et celui qui m’intéressait le plus de tout le congrès) est “Booktubeurs, blogueurs et réseaux sociaux”, animé par Raphaëlle B. Adam (coordonnatrice à l’Association des auteures et auteurs de l’Estrie, contributrices sur Brins d’Éternité et Le Fil Rouge), avec Catherine Girard Ratté (bibliothécaire jeunesse et La Biblio Geek sur Youtube et Facebook; elle parle surtout de BD), Pascale Laplante-Dubé (contributrice sur Les Amazones, émission radio et podcast qui donne voix aux femmes et aux minorités geeks, et à la République du Centaure), Joëlle Rivard (contributrices sur Le Fil Rouge et sur Instagram) et Stéphanie Sylvain (elle co-produit Les Filles de Joual, un blogue sur la littérature québécoise, et elle est sur Facebook et Youtube). Ici on s’interroge sur la part qu’occupe les média sociaux dans l’écosystème du livre au Québec et comment cela influence-t-il la critique littéraire. Dans la plupart des cas, il n’est pas vraiment question de critique mais plutôt de suggestions littéraires. On lit ce qu’on a envie de partager ou on partage ce qu’on envie de lire (ses coups de coeur, et, bien sûr, les services de presse que l’on reçoit). C’est plus facile avec les média sociaux car on a un feed-back immédiat. Évidemment, si tu parle seulement de ce que tu aimes, c’est plus plaisant mais c’est moins populaire. Il faut donc être à l’écoute de ce les gens veulent savoir. Le hic est de savoir rejoindre ses lecteurs: en utilisant des mots-clés (comme bookstagram ou livrestagram), en étant constant dans sa diffusion et en publiant préférablement aux heures de plus grand achalandage, en utilisant plusieurs autres plate-formes de diffusion (i.e. Facebook, Youtube, Instagram, etc.) en plus de son blogue, et en utilisant le réseautage (se faire des contacts). Il y a aussi le “Book Haul”, où l’on présente les livres achetés (ou reçu en service de presse) durant le mois courant. Très intéressant tout ça. Et ça fait plaisir de rencontrer d’autres blogueurs (parce que, paradoxalement, malgré que l’on utilise les média dit sociaux, cela ne fait souvent pas de nous de créatures très “sociales”).

IMG_2275Ma troisième activité de la journée (je dit “activité” parce que c’est plus un jeu qu’un panel) est le “Maltraitement de texte”, animé par Yves Meynard. Une autre événement incontournable du congrès Boréal! Cette année les concurrents sont Dave Côté, Alain Ducharme (qui défend son titre de champion pour une troisième année!), Éric Gauhtier et Isabelle Lauzon. On lit des extraits (plutôt mauvais) de romans ainsi que les suites possibles écrites par chacun des participants. Le public doit alors voter sur lequel des textes constitue la véritable suite! Les participants qui réussissent à berner le public en faisant passer leur texte pour la véritable suite, gagnent des points. Le public gagne aussi des points lorsqu’une majorité vote pour la suite légitime. Tout à fait hilarant! Alain Ducharme demeure le champion mais a annoncé qu’il se retirait de la compétition l’an prochain…

IMG_2277Mon quatrième et dernier panel est “Je veux écrire, par où est-ce que je commence? Comment ont-ils commencé?”, animé par Isabelle Lauzon, avec Jonathan Brassard, Talhi Briones, Ariane Gélinas et Patrick Senécal. Les participants parlent du parcours qui les a amené à être publié et offrent des conseils aux auteurs débutants. Il faut juste se lancer dans l’aventure, travailler fort (écrire tout les jours) et être persévérant. Il n’y a pas de recette magique pour être publié. Chaque auteur suit un parcours différent. Les anecdotes de Patrick Senécal sont toujours succulents!

Le congrès Boréal 2018 se termine avec la cérémonie de clôture et la remise des différents prix: les prix des concours d’écriture: Étudiant (“Le royaume de glace” par Kassandra Del Dotto), Concours d’écriture sur place Catégorie Relève (ex aequo Mariane Cayer avec “Le régal gelé” et Clémence Meunier avec “Tombe la neige”) et Catégorie Pro (Hugues Morin avec “Frill, l’avatar au long museau”), le prix Solaris ( Luc Dagenais pour sa nouvelle “La Déferlante des mères” [sources: Solaris, République du Centaure]), et finalement les prix Aurora-Boréal (Roman: De synthèse par Karoline Georges, Nouvelle: “La nuit aux trois démons” par Philippe-Aubert Côté, BD: Le Seigneur de Saint-Rock par Francis Desharnais & Val Mo, Ouvrage connexe: Petit Guide de la science-fiction au Québec par Jean-Louis Trudel, Création artistique visuelle et audiovisuelle: le film Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve, Fanédition: le blogue Horizons imaginaires [sources: Boréal, République du Centaure]).

cloture

Post-scriptum: durant le congrès j’avais le projet de demander aux auteurs participants quel genre de bestioles de compagnie qu’ils avaient. J’aurais compilé ça et écrit l’article pour le fanzine des chats du futur, Chatmizdat. Malheureusement, j’ai manqué de temps (les panels, c’est bien plus intéressant — et puis je suis d’une nature gênée…). Mais bon, on sait tous que Catherine Sylvestre a un cockatiel, Esther Rochon un chat, Julie Martel a un chien et deux rats, Élisabeth Vonarburg a (avait?) des chats, et que Valérie Bédard a un chow-chow et un chat. C’est déjà un début…

À la prochaine (peut-être, parce que, en 2019, le congrès Boréal est à Sherbrooke, alors on verra…)

Voir aussi mes commentaires sur le Jour 1, le Jour 2, et l’album “Visages de la SFFQ”.

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Boréal 2018 — Jour 2

Après une première soirée plutôt tranquille, l’action commence vraiment à Boréal, le congrès québécois des littératures de l’imaginaire (science-fiction, fantastique et fantasy)!

Aujourd’hui (Samedi, 5 mai) j’ai assisté à une enfilade de panels qui m’apparaissaient au départ plus ou moins intéressants, mais qui offraient malgré tout toujours des aspects fascinants qui font de l’événement une occasion incontournable pour en apprendre plus sur la nature du genre ou sur la faune colorée formée par les auteurs et autres intervenants du milieu. J’y ai appris, par exemple, que l’éditeur Rivière Blanche (filiale francophone de l’éditeur américain Black Coat Press) avait été créé pour prendre la suite et rendre hommage à Fleuve Noir (non seulement en publiant des textes nostalgiques des années ’70, en pastichant ses couvertures mais aussi en poursuivant la numérotation de ses volumes là où Fleuve Noir s’était arrêté!); que Jo Walton écrivait de l’ “uchnonie discrète”; ou que l’on pouvait faire de la poésie de science-fiction (c’est le cas avec Nous rêvions de robots de Isabelle Gaudet-Labine)… Et le lieu où se déroulait les panels (le Temple Maçonnique de Montréal!) était vraiment fascinant…

Atelier de Belta LangPremier panel de la journée: “Atelier de Belta Lang” avec Hanne Madeleine Gates Paine qui nous introduit au langage parlé par les Belters (habitants de la ceinture d’astéroïdes, regroupés sous la bannière de l’OPA, the Outer Planets Alliance) dans l’excellente série télé The Expanse. J’ai été plutôt déçu car je m’attendais à ce qu’on discute de la génèse de la langue et non à un cours de langue! Amusant tout de même.

La chaîne du livreJe passe donc à l’autre panel : “La chaîne du livre, écosystème du domaine littéraire”, animé par la libraire Josée Lepire (Coop ETS), avec les éditeurs Séléna Bernard (Bragelonne), Jean Pettigrew (Alire) et Guillaume Voisine (Brins d’Éternité). Il est intéressant de voir comment la trajectoire d’un livre peut être complexe, de l’éditeur au distributeur, puis au libraire et au lecteur! Une chaîne du livre en constant changements, ce qui explique la grandes difficultés qu’éprouvent tant les éditeurs que les libraires…

Rétro-futur: steampunk, pulp et autres emprunts au passéDeuxième panel de la journée : “Rétro-futur: steampunk, pulp et autres emprunts au passé”, animé par la libraire Josée Lepire (Coop ETS), avec Frédérick Durand, Cédric Ferrand, Claude Lalumière et Christian Sauvé. En tant qu’historien et amateur de SF, les uchronies m’ont toujours intéressé. Il en est ressorti cet intéressant concept que, lorsque le futur des lendemains qui chantent est mort avec le XXIe siècle (où sont les pistolasers et les voitures volantes que l’on m’avait promis?!), l’imaginaire s’est réfugié dans le passé pour réinventer un futur à la hauteur de nos aspirations. Une discussion vraiment cool!

L’imaginaire a-t-il une langue ?Troisième panel de la journée : “L’imaginaire a-t-il une langue” animé par Alain Ducharme, avec Marie Bilodeau, Derek Künsken, Sylvain Neuvel, Olivier Paquet et Patrick Senécal. Il y a-t-il des différences culturelles dans l’imaginaire anglophone et francophone? Certainement, puisque chacun perçoit son univers au travers de sa propre culture… Étrangement, les trois premiers auteurs mentionnés ci-haut sont francophone mais écrivent en anglais. Mais c’est pas juste une question de marché: j’ai moi-même beaucoup de difficulté à lire de la SF en français. Je ne sais pourquoi, en anglais cela me parait plus sérieux. Alors je comprend que certains préfèrent l’écrire en anglais…

Cyborg et réalités virtuellesQuatrième panel: “Cyborg et réalités virtuelles: corps et l’image en SF”, animé par Mathieu Lauzon-Dicso (Prof au College Marianopolis et instigateur d’Horizons Imaginaires), avec Sabrina Calvo, Isabelle Gaudet-Labine et Karoline Georges. L’identité et la perception de soi sont des thèmes cruciaux de la SF. Et ces auteures ont des imaginaires (ou des processus d’écriture) particulièrement étranges… 

le personnage dans la littérature de genreCinquième panel : “Rétro ou futuriste, humain ou pas: le personnage dans la littérature de genre”, animé par Natasha Beaulieu, avec Sabrina Calvo, Esther Rochon, Patrick Senécal et Élisabeth Vonarburg. Natasha demande à ces auteurs quels sont leur personnage préféré, qui les a inspiré et pourrait-il exister dans un autre contexte, un autre genre? Le personnage préféré d’Élisabeth (réticente à répondre à ce genre de question) est Gilles dans Reine de mémoire. Pour Esther, c’est le prince dans la série Chroniques Infernales. Pour Patrick, c’est Maxime Lavoie dans Le Vide (et il nous révèle que le prof le plus débile de Malphas est actuellement son seul personnage inspiré d’une personne réelle). Pour Sabrina, il s’agit de Colline dans Sous la colline.

Après un bon souper, on termine la journée avec “Visionnement par la bande-annonce”, présenté par Christian Sauvé. C’est un événement incontournable de tout congrès Boréal, où Christian nous propose de nombreuse bandes-annonces de films (SF, étonnants, poches, super-héros, animations de Disney), histoire de rigoler. Il inclus souvent quelques videos édifiants (cette fois-ci un video mexicain anti-Trump et un video utilisant la technologie d’édition de visages où l’on voit Trump et ses acolytes se faire arrêter). On s’est bien amusé! Merci Christian!

Voir aussi mes commentaires sur le Jour 1, le Jour 3, et l’album “Visages de la SFFQ”.

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Boréal 2018 – Jour 1

Tel qu’annoncé en janvier, c’était ce week-end le moment de mon immersion annuel dans l’univers étrange de la SFFQ. Un univers auquel j’ai jadis appartenu et dans lequel j’ai maintenant l’impression d’être une épave impuissante. Mais je persiste à y revenir périodiquement, en observateur impassible, témoin silencieux de l’évolution des littératures de l’imaginaire d’ici (et d’ailleurs). Comme chaque année, cet événement me rappel Ô combien dépassé et inadéquat je suis devenu. Je ne lis plus que très peu de SFFQ (ou même de SFF tout court) et maintenant la grande majorité des visages (ou des noms) me sont inconnu. Il me semble qu’il y a pas si longtemps il y a eut une nouvelle vague de “jeunes” qui ont formé les Six Brumes ou Brins d’Éternité, qui maintenant sont devenu des vétérans, et là maintenant j’y vois plein de jeune collégiens (venus d’Horizons Imaginaires) en mal de savoir et sans doute aspirant à devenir la nouvelle génération d’auteurs et d’éditeurs de demain… 

La première journée au Congrès Boréal (vendredi, 4 mai) s’est déroulée à la Maison des Écrivains (UNEQ).  René Gagnon a fait le maître de cérémonie pour la remise du Prix Jacques-Brossard. Pierre Filion, l’éditeur de Jacques Brossard, nous a parlé de sa relation avec l’auteur et a présenté le prix, qui a été décerné à Karoline Georges pour son roman De Synthèse, publié chez Alto (les deux autres finalistes était Philippe Meilleur et Pascal Raud). [Radio-Canada, Le Devoir]

Le deuxième volet de la soirée était consacré aux lancements de Bragelonne Québec, Brins d’Éternité et des Six Brumes. Cette fois, c’est Alain Ducharme qui officie.  Séléna Bernard, de Bragelonne Québec, nous présente Blackwing #1: La marque du corbeau de Ed McDonald. Puis, Dave Côté des Six Brumes, nous parle de la prévente 2018 et nous incite à faire un don de $10 à la République du Centaure pour l’appuyer. Finalement, Guillaume Voisine nous a présenté le #50 de Brins d’Éternité qui offre, en plus de 200 pages, des nouvelles de quinze auteurs! Cela a été suivi par les lectures de quelques uns de ces auteurs: Geneviève Blouin, Michèle Laframboise, Dave Côté et Jean-Louis Trudel.

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Voir aussi mes commentaires sur le Jour 2, le Jour 3, et l’album “Visages de la SFFQ”.