They called us enemy

They-Called-Us-EnemyGeorge Takei has captured hearts and minds worldwide with his captivating stage presence and outspoken commitment to equal rights. But long before he braved new frontiers in Star Trek, he woke up as a four-year-old boy to find his own birth country at war with his father’s—and their entire family forced from their home into an uncertain future.

In a stunning graphic memoir, Takei revisits his haunting childhood in American concentration camps, as one of over 100,000 Japanese Americans imprisoned by the U.S. government during World War II. Experience the forces that shaped an American icon—and America itself—in this gripping tale of courage, country, loyalty, and love.

[Text from the publisher’s site; see also the backcover]

The second season of the TV series The Terror, subtitled Infamy, was set in a Japanese-American internment camp around old Japanese ghost stories. It was quite interesting (stars-3-5). George Takei, of Star Trek fame, who had experienced the camps in his childhood, was asked to be a consultant and, since he is also an actor, to be a member of the cast. He incorporated a lot of his own experience into the TV series. This comic memoir, where Takei recounts the whole traumatic experience of the internment camps, could be a good companion book to the TV series.

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The storytelling is excellent as it not only chronicles the daily life of his family inside the camp, how he felt as a four-year-old and what was the impact on his later life, but it also tells us of the journey that brought him to want to share this story. However, if it is presented has a book for all ages, it should probably more appropriately targets a teenage readership as the story is very serious, with references to policies and politics that kids would probably not understand.

The artwork is generally nice but often a little crude and simplistic with an overuse of screentone to add shades and textures. The story would have been better served by a more professional graphic style. However, this look was probably chosen to make the book feel more accessible.

Overall, it is a very interesting comics about an important (but little known) part of American history that should be a mandatory reading in civics or history classes all over America. A must (particularly now).

They called us enemy, co-written by George Takei, Justin Eisinger, Steven Scott, and illustrated by Harmony Becker. Marietta: Top Shelf Comics (imprint of IDW Publishing), July 2019. 208 pages, 6.5 x 19 in, $US 19.99 / $C 25.99. ISBN 978-1-60309-450-4. For teenage readers (12+). stars-3-5

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© 2019 George Takei

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Capsules

Jour du souvenir

Souvenons-nous de quoi, au juste ?
Que de chair à cannon il a fallut servir…
Pour les intérêts d’un empire mourant ?

Qu’on nous avait promis que ce serait…
Une guerre pour qu’il n’y en ait plus jamais ?
Que pour les autres on meure vaillamment…
Mais refusons d’agir pour assurer l’avenir ?

Moi, j’oublierais volontiers ces temps injuste !

Morwajal
2019/11/11

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Isabella Bird 5

IsabellaBird-v5-cov“En quittant Niigata, Isabella a entamé la deuxième partie de son périple vers l’île d’Ezo… Un chemin semé d’embûches, mais également riche en belles rencontres ! À Yamagata, c’est un Japon déchiré entre occidentalisation galopante et respect des anciennes traditions que l’aventurière découvre avec des sentiments partagés…

Déchiré, Ito l’est tout autant, lui qui a reçu une nouvelle lettre de Charles Maries : l’éminent chasseur de plantes passe à l’offensive et menace à présent de le traîner en justice ! À mesure que les problèmes de santé de son employeuse s’aggravent, l’interprète doute de plus en plus. Et s’il était en train de la mener à sa perte ?

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, Femme exploratrice est un récit passionnant sur les rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, un nouveau talent prometteur !”

[ Texte de la couverture arrière ]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le sixième, est paru au Japon en juillet 2019 (toutefois aucune date de parution n’a encore été annoncé pour la France).

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Le cinquième volume débute le 16 juillet 1878 (an 11 de l’Ère Meiji) alors que Ito, guide et interprète d’Isabella Bird, poste une lettre pour le légat britannique Harry Parkes. Le lendemain, ils quittent Yamagata dans des conditions pluvieuses difficiles. Le guide se perd dans les montagnes mais la carte et la boussole d’Isabella leur permet de garder le cap et ils parviennent à Kaneyama. Toutefois, Isabella fait une sévère réaction à une piqûre de guêpe.

S’ensuit un long flashback d’une centaine de pages qui nous révèle enfin l’origine du personnage principal. Depuis son enfance, Isabella est atteint d’une déviation de la colonne vertébrale qu’une chirurgie n’a pas réussi à corriger. Elle souffre de douleurs chroniques et de dépression (la mélancolie accentuant ses névralgies). Après l’avoir examiné, John Bishop—un jeune docteur qui remplace son médecin traitant maintenant retraité—recommande qu’elle abandonne corset et médications. Il propose qu’elle voyage plutôt à l’étranger pour assouvir sa curiosité naturelle et ainsi combattre l’ennui et la dépression. Elle promet d’écrire à sa soeur Henrietta tout les jours. 

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Toutefois, après un premier voyage en Australie et en Nouvelle-Zélande en 1872, elle songe à revenir en Angleterre. Sur le bateau, elle fait le rencontre de Lady Dexter et de son fils Matthew, qui est gravement malade. Alors que le jeune garçon est en pleine crise et crache le sang, le rafiot est endommagé dans un ouragan. Isabella réagit rapidement et avec calme pour sauver l’enfant — et découvre que l’action (et l’adrénaline) est le remède qu’il lui faut. Elle fait donc escale aux Îles Sandwich (Hawaï) avec les Dexter. Elle y rencontre Mary Carp (et sa guide Deborah) et, avec elles, découvre les coutumes locales. Ils escaladent le mont Kilauea à dos de cheval afin d’en observer le cratère en éruption. C’est là qu’elle décide de devenir une aventurière! [Elle y écrit, entre autre, le livre Six Months in the Sandwich Islands — cf. Amazon or Google Books]

Un médecin japonais examine Isabella et lui prépare un médicament fait de plantes médicinales. Il note ses problèmes de dos et suggère à Ito de la dissuader de continuer son voyage. Ito fait part à Isabella de ses réservations mais celle-ci plaide qu’elle se sent vivre seulement si il y a du danger et que si elle voyageait confortablement elle n’aurait pas l’occasion d’observer la vie quotidienne et les coutumes des contrées reculées. Ito lui annonce alors que Charles Maries insiste pour qu’il revienne à son service et offre de le payer mieux. Il la quittera donc à la prochaine étape, après avoir descendu le fleuve Omono jusqu’au port de Akita !

Avec ce cinquième volume, le récit progresse rapidement. Isabella fait des découvertes sur la place des insectes dans la culture Japonaise et sur la médecine traditionnelle. Toutefois, ce volume est surtout riche en révélation sur la vie d’Isabelle Bird elle-même. C’est donc une histoire captivante qui est merveilleusement illustrée par le style riche et détaillé de Sassa—quoique le graphisme est inégale : si certaines cases sont parfois maladroites, d’autres sont aussi superbes!  

Cependant, ayant commencé à lire en parallèle le récit original d’Isabella Bird, Unbeaten Tracks in Japan (disponible gratuitement sur le  Project Gutenberg, Google Books ou Kindle), je me rend compte que, si les anecdotes et les faits racontés semblent assez fidèles, l’attitude ouverte et compréhensive du personnage n’est pas tout à fait véridique. Dans son ouvrage, Isabella Bird semble avoir envers les Japonais l’attitude condescendante, et même parfois méprisante, qu’on s’attendrait à trouver chez toute aristocrate britannique de l’époque. Ito y est a peine mentionné… Mais je reviendrai sur ce sujet plus tard.  

Malgré tout, Isabella Bird est un excellent manga historique que je recommande chaudement.

Isabella Bird, femme exploratrice T05 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), décembre 2018. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0339-7. Pour lectorat jeune (7+). stars-4-0

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© 2018 Taiga Sassa. All Rights reserved.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

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Capsules

Acquisition au SLAM

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SLAM 2019

Comme je l’ai récemment mentionné, la 36ème édition du Salon du livre ancien de Montréal (SLAM) se tenait ce week-end au Pavillon McConnell de l’Université Concordia. L’événement est organisé par la Confrérie de la Libraries Anciennes du Québec. Je n’ai malheureusement pas pu résister à aller y faire un tour et j’ai acquis deux nouveaux titres pour s’ajouter à celui que j’avais acheté en mars et ainsi accroître ma collection de livres anciens.

Le choix a été difficile car les titres vraiment intéressants étaient trop onéreux pour moi — je recherchais surtout des auteurs classiques ou des sujets d’histoire, de belles reliures mais seulement des éditions datant du XVIe ou XVIIe siècle et avec un budget de moins de deux-cent dollars. J’ai donc dû me résoudre à acquérir des titres traitant de sujets moins intéressants mais tout de même anciens (XVIIe). 

IMG_6391Ce salon était toutefois un vrai régal pour les yeux. Parmi les titres qui ont attisé ma convoitise je peux nommer (sans ordre précis): Johannis secondi opera [l’oeuvre du poète néerlandais Jean Second, aka Jan Everaerts] (in-12?, 1651, $350), Histoire des guerres de Flandre par Guido Bentivoglio (4 vols, in-16?, 1769, $150), Stratagematum satanae, libri octo par Iacopo Aconcio (1652, $650), Mythologie, c’est a dire, Explication des fables par Natale Conti (8vo, énorme bouquin de plus de mille pages!, 1612, $5000 !!!), l’oeuvre de Flavius Joseph [Flavii Josephi viri inter Judaeos clarissimi Opera omnia] (2 vols. In-folio, 1611, $500), Disputationes de argumentis, quibus efficitur Christum prius fuisse, quam in utero Beatae Virginis secundum carnem conciperetur [questionnement théologique sur la Vierge Marie], par Josua Placeus (in-4, 1660, $125), l’oeuvre de Tite-Live en allemand [Romainsche historiën van Titus Livius] (in-folio, 1646, $650), Historia Inquisitionis: Cui subjungitur Liber sententiarum Inquisitionis Thololosanae ab anno Christi MCCCVII ad annum MCCCXXIII [histoire de l’Inquisition, suivi du livre des sentences de l’Inquisition de Toulouse, entre 1307 et 1322], par Philipp van Limborch (in-folio, 1692, $2000 !!), Rerum Romanarum [abrégé de l’histoire romaine], par Lucius Annaeus Florus (1683, $325), et Controversiae viginti quinque super regulam fratrum minorum [un commentaire des controverses sur les vingt-cinq règles de l’ordre des Franciscains], par Francisco Luengo de San Bernardino (1642, $300). Que de trésors! Mais tous trop cher pour mon maigre budget. Je me suis rabattu sur deux petits ouvrages moins intéressants mais pas trop dispendieux…

IMG_6393Histoire de Ferdinand-Alvarez de Tolède (…) Tome Premier, [par Antonio Osorio] À Paris, chez Jean Guignard, 1698. Biographie du troisième duc d’Albe, vice-roi de Naples et gouverneur des Pays.Bas. Ce n’est pas la reliure typique pour un livre du XVIIe (normalement en peau de porc) mais ressemble plus aux reliures cartonnées du XVIIIe. Soit que la reliure a été refaite ou alors, comme ce livre date de la toute fin du XVIIe, l’éditeur avait déjà adopté ce style de reliure… Beau in-12 mais ce n’est que le premier tome. Toutefois, celui-ci je l’ai acquis spécifiquement pour en faire cadeau à mon “neveu”, amateur de curiosités et d’histoire…

IMG_6394Instructio Sacerdotum, ac Poenitentium (…) [Instruction des prêtres sur le repentir], par Francisco de Toledo; Sacramento Ordinis, par Martino Fornario; Tractatus de origine et clausura sanctimonialium, par Andrea Victorello;  Institutio confessariorum, par Martino Fornario. Venetia, Caroli Conzatti, 1667. In-quarto, quatre ouvrages en un. Sujet peu intéressant, en condition plutôt moyenne (gondolé, tâché, trace de mouillures) mais c’est mon premier in-4 (et premier éditeur italien), obtenu à très bon prix.

Ma collection (XVIe et XVIIe s.):

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De g. à d.: Summa Toleti (1667), Svmma Omnivm Conciliorvm et Pontificvm (1633), Lucien (1664), Valere Maxime (1659), Qvinti Horatii Flacci Poemata (1643), Aesopi Fabulae (1593), [Iustiniani] Digestorum sev pandectarum (1581)

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Pline, vol. 7

pline-v7-covDans le tome précédent: À Rome l’entourage de Néron, Tigellin et Poppée en tête, manipule l’empereur afin d’avancer ses pions. Pline et ses compagnons, de leur côté, quittent Carthage et découvrent les mystères et les dangers du désert.

L’Histoire a retenu son nom.
Mais que savons-nous du plus grand savant de l’Antiquité ?

[textes du rabat de jaquette intérieure et du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Pline (titre original: プリニウス / Plinius ) est une biographie du naturaliste romain Pline l’Ancien par Mari Yamazaki (Thermae Romae) et Miki Tori. Prépublié au Japon par Shinchôsa dans le périodique Shinchô 45, ce manga seinen est traduit en français chez Casterman (Collection Sakka) et en est maintenant au septième volume. Le huitième tome, intitulé “Le goût de la ciguë” devrait paraître le 2019/10/23 en Europe.

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L’attention de ce volume se concentre surtout sur Néron et les intrigues de son entourage. En juillet 64, un terrible incendie fait rage à Rome et détruit une bonne partie de la ville. Il devient rapidement apparent que c’est un incendie criminel car des témoins on aperçu un homme mettre le feu. Mais qui peut bien être derrière cet acte infâme? Le peuple blâme Néron qui aurait invoqué Jupiter pour que Rome brûle et qu’une nouvelle Rome puisse voir le jour — mais ce dernier n’était probablement pas aussi fou que l’Histoire le prétend. Peut-être était-ce Poppée qui complotait pour assurer sa position ou Tigellin qui misait beaucoup d’argent sur un grand développement immobilier? Au bout du compte, les responsables ne seraient pas les membres de cette secte de juifs, les chrétiens? Au même moment, un médecin grec qui connait Pline tente de soigner les blessés et Pison complote avec un petit groupe (Lateranus, Scévinus, Sénèque, etc.) pour donner à Néron le même sort que César. Mais ils sont trahis par un serviteur…

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Toutefois, ce n’est pas un manga sur Néron et donc il faut bien que l’on suive un peu (mais seulement sur cinquante-six pages!) le périple de Pline et des ses compagnons — le scribe grec Euclès, le serviteur Félix et un jeune phénicien (sans oublié la corneille Ftera, le chat Gaia et l’âne!) — qui arrivent maintenant en Égypte. Félix, à l’annonce de la catastrophe qui a frappé Rome, est inquiet pour sa famille et tente d’y retourner. Mais il est pris dans une tempête de sable et est sauvé d’une mort certaine par Ftera. Dans le Fayoum, Pline désire explorer l’une de ces pyramides décritent par Hérodote mais ils sont prit pour des pilleurs de tombes par des adorateurs de Sobek et, grâce à Gaia, échappent de peu à l’exécution! Après ce petit détour, ils prennent la route d’Alexandrie

 

Ce manga nous raconte comment le naturaliste romain, a parcouru l’Empire pour ramasser toutes les connaissances qu’il a par la suite compilé dans sa fameuse Histoire Naturelle. C’est un sujet passionnant pour ceux que les mangas historiques intéressent, particulièrement si vous êtes curieux de découvrir qui était Pline et surtout si vous désirez en savoir plus sur la vie quotidienne des romains (c’est-à-dire les habitants des différentes provinces romaines et pas seulement ceux de la ville elle-même).

Le récit se développe lentement mais on y retrouve tout de même un peu d’action. Ainsi, de volume en volume, l’histoire a acquit un bon rythme et le récit des péripéties des personnages (et pas seulement l’aspect historique) réussi à captiver sans problème l’intérêt du lecteur. C’est un manga très bien documenté mais, bien sûr, de nombreux éléments du récit ne peuvent qu’être spéculatifs. Il faut aussi mentionner la superbe qualité artistique qui ne cesse de s’améliorer et de nous étonner par la finesse du trait, la précision et la richesse des détails. C’est un manga très beau et intéressant — donc à lire absolument!

Pline, vol. 7: L’antre du dieu crocodile, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), janvier 2019. 192 pg [4 en couleurs], 13.2 x 18 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-203-18381-0. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-5

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

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Pline © 2018 Mari Yamazaki, Tori Miki • 2019 Casterman pour la traduction française.

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Capsules

The Epic of Gilgamesh

EpicOfGilgamesh-covGilgamesh, King of Uruk, and his companion Enkidu are the only heroes to have survived from the ancient literature of Babylon, immortalized in this epic poem that dates back to the third millennium BC. Together they journey to the Spring of Youth, defeat the Bull of Heaven and slay the monster Humbaba. When Enkidu dies, Gilgamesh’s grief and fear of death are such that they lead him to undertake a quest for eternal life. A timeless tale of morality, tragedy and pure adventure, The Epic of Gilgamesh is a landmark literary exploration of man’s search for immortality.

N. K. Sandars’s lucid, accessible translation is prefaced by a detailed introduction that examines the narrative and historical context of the work. In addition, there is a glossary of names and a map of the Ancient Orient.

[Text from the publisher’s website; see also the back cover]

I first read this book in 1985 (after purchasing it during a research trip to Boston for my master degree). I read it again recently after reading a comic adaptation by Jens Harder as I wanted to compare the two versions.

The Epic itself is very short (fifty-nine pages) but the text is preceded by a sizeable introduction by Nancy K. Sandars, the translator. Beside discussing the various versions of the text and her choices for the translation, she puts the work in perspective by talking about the discovery of the tablets, their historical and literary backgrounds as well as the significance of the story. It is very interesting. 

The Epic of Gilgamesh is a tragic tale of adventure and morality. It is the oldest epic poem to have survived so we could read it four millennia later. It started around 2100 BCE as independent Sumerian poems that were compiled into an epic, in the Akkadian language, in the 18th century BCE under the title Shūtur eli sharrī (“Surpassing All Other Kings”) —but only a few fragments remain of that version. The definitive and more complete version of the Epic, titled Sha naqba īmuru (“He who Saw the Abyss”), was compiled around the 13th to the 10th century BCE by a scribe named Sîn-lēqi-unninni. The best preserved version was found on twelve clay tablets written in cuneiform and comes from the ruins of Ashurbanipal’s library in 7th-century Nineveh. The Epic is a “poem in twelve songs (…) of about three hundred lines each (…) written in loose rhythmic verse with four beats to a line”.

To make the text more intelligible, Nancy K. Sandars chose not to present it in verse and not divide it into tablets. She compiled the story from all sources: the old Sumerian, the Akkadian (from the Assyrian tablets of Nineveh) as well as the Hittite (from Boghazköy).

The story begins with a prologue that introduces Gilgamesh (“I will proclaim to the world the deeds of Gilgamesh”). He was created by the gods with a “perfect body” that is two-third god and one-third man. He is praised for having built the walls of Uruk and a temple for Anu and Ishtar.

Chapter 1: The coming of Enkidu. Gilgamesh is an arrogant despot who oppresses his people to such an extent that the gods decide to create a rival for him, Enkidu, the wild man. Gilgamesh sends him a courtesan to civilize him (as wisdom weakened him). Their duel ended in mutual respect and it’s the beginning of a long “bromance” (male bonding). [tablets I-II]

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Tablet V

Chapter 2: The Forest Journey. Gilgamesh decides that he will go to the Cedar Forest to cut down trees and make a name for himself by destroying the evil. Together, Gilgamesh and Enkidu, defeat and kill the giant Humbaba. [tablets III-V] The forest (which is either located in the east in Elam or in the west in Amanus, north Syria, or Lebanon) represents real historical timber expeditions needed to bring raw materials to the cities. The forest is also full of “enchantments” that could represent the dangers of the mountains (earthquake, volcano, etc.).

Chapter 3: Ishtar and Gilgamesh, and the death of Enkidu. The goddess Ishtar (Inanna) tries to seduce Gilgamesh but he refuses her. She complains to her father, Anu, who sends the Bull of Heaven to devastate Uruk, but Gilgamesh and Enkidu kill him, redoubling the affront. To avenge themselves, the gods cause Enkidu to die of sickness. [tablets VII-VIII]

Chapter 4: The Search for Everlasting Life. Inconsolable, Gilgamesh wandered in the wilderness in search of ancestral wisdom, to question Utnapishtim about the meaning of death and life. Losing his companion made him terrified of death and he is wondering if there is a remedy. After meeting the scorpion-men, Siduri the wine-maker in the Garden of the gods, and finally the ferryman Ur-Shanabi, who carries him beyond the waters of death, he arrives at the end of the world to meet Utnapishtim. Like Siduri, who told Gilgamesh that he would never find immortality because death is the destiny that the gods allotted to all men—masters and servants, Utnapishtim tells him that there is no permanence in the world, and accordingly men should not expect to live forever. However, Gilgamesh asks him, “how was it that you came to enter the company of the gods and to possess everlasting life?”. Utnapishtim agrees to tell him a secret of the gods. [tablets IX-XI] Sandars notes many similarities with the homeric epics, which might have been inspired by the Epic of Gilgamesh — one of them is that Circe bears some likeness with Siduri.

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Tablet XI

Chapter 5: The Story of the Flood. As a lesson to Gilgamesh, Utnapishtim tells him how he survived the flood and became immortal. People having multiplied so much that they had become too noisy (“The uproar of mankind is intolerable and sleep is no longer possible by reason of the babel”), Enlil decided to exterminate mankind. However, Ea warns Utnapishtim in his dream and tells him to build an ark. He loads it with all his gold “and living things, my family, my kin, the beast of the field both wild and tame, and all the craftsmen.” The story is quite similar to the Great Flood as told in the Bible, save that it lasted only seven days. The gods are angry at Enlil for having acted alone and they reward Utnapishtim and his wife with everlasting life and make them “live in the distance at the mouth of the rivers” (a way of saying “sorry for the trouble” while making sure he would not tell this secret to anyone!). [tablet XI cont.]

Chapter 6: The Return. Utnapishtim nevertheless tells Gilgamesh how to get a plant that “restores his lost youth to a man (…) [and] all his former strength” — however, as Gilgamesh bathes, a serpent snatched it away. He returns to Uruk, the strong-walled city, empty-handed but wiser. “Gilgamesh, the king who knew the countries of the world (…) was wise, he saw mysteries and knew secret things, he brought us the tale of the days before the flood. He went a long journey, was weary, worn out with labour, and returning engraved on a stone the whole story”. [tablet XI cont.] Another possible influence on the Bible is the story where Gilgamesh, after arriving to the Garden of the gods, some sort of paradise, and finding the flower of youth, is sent back by Utnapishtim only to have his prize stolen by a serpent — which is somewhat reminiscent of the fall of man.

Chapter 7: The Death of Gilgamesh. “Gilgamesh, the son of Ninsun, lies in the tomb.” His destiny was fulfilled: it was not to have everlasting life, but his fate was to die. “None will leave a monument for generation to come to compare with his.” However heroes have both bright and dark sides. He was “given the kingship, (…) power to bind and to loose, to be the darkness and the light of mankind. He was given unexampled supremacy over the people (…) but do not abuse this power, deal justly with your servants in the palace, deal justly before the face of the Sun.” The people of the city chant, they lift up the lament, they weighed out their offerings. “O Gilgamesh, lord of Kullab, great is thy praise.”

Here Sandars chose not to include the text of tablet XII, “Enkidu and the Netherworld”, where Enkidu (despite having previously died on tablet VII) “goes down alive into the Underworld in order to bring back (…) [the] drum and drumstick that Gilgamesh has let fall into it”. Having broken the rules, Enkidu must remain in the Underworld but is allowed to briefly come back and tell Gilgamesh all about it. As it feels incompatible with the rest of the story, Sandars includes instead the “death of Gilgamesh”, which only appears in the Sumerian version, because “it makes a more satisfactory end”.

The Epic of Gilgamesh offers a simple text, easy to read and there’s no need to be an assyriologist to understand and enjoy it. It offers a glimpse into a very ancient and fascinating time of our civilisation about which we still have so much to learn. It is a shame that, in the last twenty years, instead of uncovering new information, we have been destroying those buried secrets because of the upheaval caused by the Irak war, the Syrian civil war and the madness of Daesh (ISIS).

Reading very old classics like The Epic of Gilgamesh or the Homeric epics (the Iliad and the Odyssey) remind us of how little the human mind has changed over the millennia (at least since the agricultural revolution during the Neolithic, 12,000 years ago). It is an interesting story that everyone should read at least once (or twice) in their life. Have you?

The Epic of Gilgamesh (by Anonymous, translated by Nancy K. Sandars). Harmondsworth: Penguin Books (Penguin Classics), 1972. 128 pages, $US 2.50 / $C 2.95, ISBN 014044100X. stars-3-0

The translated version by N.K. Sandars seems to be more difficult to find lately, and the new translation by Andrew Georges (2003) seems more easily available.

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© N.K. Sandars, 1960, 1964, 1972. All rights reserved.

[ Traduire ]

Gilgamesh (Jens Harder)

Gilgamesh-Harder-covL’Épopée de Gilgamesh est le plus ancien récit de l’histoire de l’humanité. Il nous est parvenu sous la forme de tablettes d’argile lacunaires, rédigées en sumérien, datées de la fin du IIIe millénaire avant JC.

Personnage hors du commun de la Mésopotamie antique, roi de la cité d’Uruk, Gilgamesh est un tyran mais il accomplit, avec l’aide de son ami Enkidu, des exploits qui permettent aussi de voir en lui le premier super-héros.

Avec le sens de la démesure qu’on lui connaît, Jens Harder a pris ce texte mythique à bras-le-corps. Tout en restant fidèle à l’esthétique des bas-reliefs témoins de ce lointain passé, il en fait une vraie bande dessinée, avec des décors grandioses, des monstres, des combats, des rêves, des dieux, de l’amour aussi.

Avec Jens Harder pour guide, suivez Gilgamesh et Enkidu dans la forêt de cèdres d’Humbahba, sur les rives de la Mer morte et jusqu’aux enfers. Une expérience de lecture unique, et une formidable porte d’entrée pour découvrir la civilisation mésopotamienne.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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C’est tout un accomplissement que d’adapter en bande dessinée l’Épopée de Gilgamesh, la plus vieille histoire d’aventure à nous être parvenue — plus vieux que Le dit du Genji [premier roman datant du XIe siècle de notre ère] ou que Les Mille et Une Nuits [contes aux source indo-persanes datant des IIIe-VIIe siècles mais compilés dans le monde musulman du IXe siècle], plus vieux que la Bible [l’Ancien Testament aurait été écrit entre le VIIIe et le IIe siècle avant notre ère (AEC)], au moins 1,500 ans plus vieux que les récits Homériques [une tradition orale du XIIe siècle mais écrite au VIIIe siècle AEC], ou possiblement même plus vieux que les épopées sanskrites indo-européennes qui auraient inspiré ces derniers (Mahabharata et Ramayana — tradition orale du XXIe siècle AEC mais transcrite au IVe siècle AEC). L’Épopée aurait été composé en sumérien vers la fin du IIIe millénaire (XXIIe-XXIe siècle AEC) mais n’a eut une forme écrite que vers les XVIIIe-XVIIe siècle AEC. La version définitive et la plus complète de l’Épopée a été retrouvé à Ninive et est écrite sur douze tablettes d’argile en akkadien cunéiforme et date du VIIe siècle AEC.

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Le récit se présente comme suit. Tablette I: Gilgamesh est le roi de la cité d’Uruk. C’est un despote arrogant qui oppresse son peuple, à un tel point que les dieux décident de lui créer un rival, Enkidu, l’homme sauvage. Tablette II: Gilgamesh lui envoie une courtisane pour le civiliser. Leur duel se solde par un respect mutuel, et c’est le début d’une longue “bromance” (amitié virile). Tablettes III-V: Ensemble, ils vont terrasser le géant Humbaba, dans la Forêt de Cèdre (Liban?). Tablette VI: La déesse Ishtar (Inanna) tente de séduire Gilgamesh mais celui-ci l’éconduit. Elle se plaint à son père, Anu, qui envoie le Taureau céleste pour dévaster Uruk, mais Gilgamesh et Enkidu le tue, redoublant l’affront. Tablettes VII-VIII: Pour se venger, les dieux font mourir Enkidu de maladie. Tablette IX-X: Inconsolable, Gilgamesh erre dans le désert à la recherche de son ancêtre Uta-napishti pour l’interroger sur le sens de la mort et de la vie. Après avoir rencontré les hommes-scorpions, la tavernière Siduri, et finalement le batelier Ur-Shanabi, qui l’emporte au-delà de l’océan de la mort, il arrive au bout du monde. Tablette XI: Uta-napishti lui raconte comment il a survécut au déluge et est devenu immortel. Il avertit Gilgamesh qu’il n’aura jamais l’immortalité mais lui indique néanmoins comment obtenir une plante qui redonne la jeunesse — toutefois Gilgamesh se la fait voler par un serpent. Il revient à Uruk bredouille mais plus sage. Tablette XII (fragment probablement ajouté ultérieurement): Gilgamesh échappe ses instruments de pouvoir dans les Enfers et Enkidu décide de les lui rapporter mais s’y retrouve prisonnier. Gilgamesh obtient de revoir brièvement son compagnon qui lui raconte son expérience aux Enfers.

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Gilgamesh a été adapté et illustré par Jens Harder, un artiste allemand qui a entreprit déjà plusieurs récit historiques ou journalistiques (Leviathan, La Cité de dieu, Alpha… directions, Beta… civilisations vol. 1, Cités: Lieux vides, rues passantes — presque tous primés et publiés en français chez Actes Sud – L’An 2). Comme il nous le fait remarquer dans sa postface, c’est une histoire qui a beaucoup influencé les mythes (Herakles) et les récits épiques subséquents (la Bible, le cycle troyen, les Milles et Une Nuits, etc.) et qui a encore des échos même aujourd’hui. Il souligne d’ailleurs les dimensions politiques de l’Épopée, qui est d’abord ancrée dans des faits géo-économiques réels (la nécessité d’abattre des cèdres pour répondre à la pénurie de bois en Mésopotamie et de se protéger du risque constant d’inondations (déluges), puisque le territoire est situé entre deux grands fleuves: le Tigre et l’Euphrate). Puis il y a un aspect socio-politique, où le peuple oppressé par un tyran implore les dieux, qui l’envoient dans une quête de gloire qui finira par l’assagir (étrangement, le fait que celui-ci soit arrogant, vaniteux, débauché — il invoque le droit de cuissage — braillard et reconnu pour avoir construit un mur de protection autour de la ville évoque une similitude amusante avec le quarante-cinquième président américain, l’héroïsme en moins!).

Le concept de cette BD est superbe. Elle nous offre un intéressant récit qui est très fidèle au texte original de l’Épopée. Toutefois, comme tout texte ancien, c’est plutôt formel et donc un peu laborieux à lire. Et l’auteur a du faire certains choix, narratifs d’abord (comme de ne pas inclure dans son adaptation la mort de Gilgamesh, qui n’apparait que dans la version Sumérienne de l’Épopée) et aussi visuels. En effet, l’adaptation est aussi un peu difficile à lire du point de vue graphique, car Harder ne suit pas la forme traditionnelle de la bande dessinée mais s’inspire plutôt de l’art mésopotamien. Il représente l’action en bichromie et aussi comme si c’était une fresque bidimentionnelle (les personnages étant vus exclusivement de face ou de profil!), faisant toutefois quelques concessions à la perspective afin de rendre le sujet visuellement compréhensible. C’est tout de même beau (dans son genre) et visuellement fascinant.

Somme toute c’est très intéressant si vous êtes curieux de connaître l’Épopée de Gilgamesh et surtout si vous êtes amateur d’Histoire. 

Gilgamesh, par Jens Harder (traduit de l’allemand par Stéphanie Lux). Mouthiers-sur-Boëme: Actes Sud – L’An 2, janvier 2018. 144 pages, cartonné, 19,5 x 30,5 cm, 19,80 € / $C 43.95, ISBN 978-2-330-09248-1. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Jens Harder, 2018 pour le texte et les dessins. © Actes Sud 2018 pour la traduction française.

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