Monnaies anciennes 37

La crise du IIIe siècle (2): Les Trente Tyrans 

Gallienus (253-268 EC) (1)

Cette période nous offre sans aucun doute l’un des principats les plus intéressants du IIIe siècle. Publius Licinius Egnatius Gallienus est né vers 218. Il épouse Cornelia Salonina vers 240 (dont j’ai déjà parlé un peu plus tôt dans cette chronique) qui lui donne trois enfants: Valerianus II (c. 240-258), Saloninus (c. 242-260) et Marinianus (c. 249 – 268). Lorsque son père, Publius Licinius Valerianus, accède au pouvoir en septembre 253, il est nommé caesar et augustus, reçoit la puissance tribunicienne et devient le co-empereur de son père. Il est nommé consul pour une première fois en 254. Pour faire face aux nombreux périls qui menacent leur vaste empire (les habituelles révoltes, usurpations et invasions), Gallienus et son père se divisent le territoire d’une façon qui rappel ce qui deviendra plus tard la tétrarchie: Gallienus demeure en Italie pour contrer les invasions des tribus germaniques sur le Rhin et le Danube, alors que Valerianus se rend en Orient pour affronter les Perses sassanides. De 254 à 260, Gallienus passe la majorité de son temps dans les provinces romaines du nord (Germanie Inférieure et Supérieure, Rhétie, Norique, Pannonie, Dacie, Illyrie) pour repousser des invasions de Francs, d’Alamans et de Juthunges tout en écrasant la révolte du gouverneur de Pannonie Ingenuus ainsi que celle de Regalianus dans les Balkans. Son fils Valerianus II meurt en 258 (possiblement aux mains de Ingenuus). En 260, lors de la bataille d’Édesse, son père est capturé par les troupes du roi Sassanide Sapor I et il meurt subséquemment en captivité. Dès lors, Gallienus règnera seul sur l’Empire. À suivre…

J’ai neuf pièces de monnaie de Gallienus mais cette semaine je n’en présenterai que trois. Les deux premières pièces sont très similaires — en fait, à quelques détails près, elles sont identiques. Ce sont de beau ou même très beau antoniniani qui portent tous deux les même illustrations et inscriptions tant sur l’avers que sur le revers. Les avers nous offrent un buste de l’empereur radié et cuirassé à droite avec l’inscription latine GALLIENVSP[IVS] • F[FELIX] (pieux et heureux) • AVG[VSTVS] — notez les points avant, au milieu et après le “• P • F •”. Les revers illustrent deux captifs germains liés et assis au pied d’un tropæum (trophée militaire) avec l’inscription latine GERMANICVS MAX[IMVS] V [Quintum] (vainqueur des Germains pour la cinquième fois).

IMG_9140-9143La première de ces pièces est caractérisée par une couleur argenté plus terne (presque grisâtre) qui indique que le flan est composé d’un alliage faible en argent appelé billon (G [Good] / VG [Very Good], 20 x 21 mm, 3 g, payé $15 le 1987/09/21; die-axis: ↑↑). Le tropæum, un monument destiné à commémorer une victoire militaire, est composé d’une croix de bois à laquelle est accrochée une cuirasse, un casque, des boucliers et des armes (lances, épées, etc.) prisent à l’ennemi vaincu. Ici, on note que la deuxième rangée de boucliers pointe vers le bas.

IMG_9144-9147La deuxième de ces antoniniani avec un GERMANICVS MAX V (VG [Very Good] / F [Fine], AR [argent], 23 x 20 mm, 3.6265 g, payé environ $14 [70 FF], die-axis:  ↑↑) est caractérisée par une couleur argenté brillante (ce qui dénote un alliage avec un titre d’argent plus élevé ou une pièce “saucée” encore en bon état — i.e. le flan de billon a été plaqué ou trempé dans l’argent pour lui donner une apparence de meilleure qualité; souvent la couche d’argent disparait avec l’usure ce qui ne serait pas le cas avec cette pièce) et le fait que le lettrage de la nomenclature sur l’avers à l’air légèrement étiré et est un peu flou (conséquence d’un frappe de mauvaise qualité ou d’une trempe qui a laissé des coulisses?). On note que la deuxième rangée de boucliers du tropæum pointe vers le haut. Ce détail du trophée est la seule différence entre les pièces — elles ont donc probablement été frappé à des moments différents ou par des officines différentes et avec des coins différents.

Sans donner beaucoup de détails, le RIC [Webb, P.H., ed. by Mattingly, H. & Sydenham, E.A. Roman Imperial Coinage, vol. V, part I, London: Spink & Son, 1972, pp. 16-36] indique que la nomenclature GALLIENVS P•F• AVG a été utilisé par les ateliers de Lugdunum (entre 256 et 259), de Mediolanum (257-59), de Rome et d’Asie (à partir de 260). Toutefois, le revers avec le GERMANICVS MAX V n’est recensé que pour l’atelier de Lugdunum dès 258 et jusqu’à ce que l’atelier tombe sous le contrôle de l’Empire Gaulois de Postumus en 260. Ces pièces auraient donc été frappé à Lugdunum (Lyons) en 258-259. Certaines sources en ligne indiquent ces pièces comme ayant été frappé à Colonia Agrippinensis (Cologne), où l’atelier de Lugdunum aurait été transféré pendant un certain temps. 

Ces pièces commémorent une des nombreuses victoires de Gallienus contre les Germains durant le règne conjoint avec son père (253-260) — il s’agit probablement soit des Francs qui envahirent la Gaule par le Rhin Inférieur en 258 ou des Alamans et des Juthunges qui envahirent l’Italie par les champs Décumates. Il vainc les Alamans à la bataille de Mediolanum (Milan) en 259.

Sources: Wikipedia (Gallienus [FR/EN], tropæum [FR/EN]), Google, FAC (Gallienus), ERIC (Gallienus); RIC vol V, pt 1: 18j, Sear RCV (1983): 2861; CoinArchives, WildWinds (1: text/image, 2: text/image, 3: text/image, 4: text/image, 5: text/image), CoinTalk, BeastCoins, acsearch, vcoins, vcoins, numista, arc, numismatics, CoinProject, ancientcoins. Voir aussi mes fiches (fiche 1 et fiche 2).

IMG_9177-9181La dernière pièce est un bon antoninianus de bronze (G [Good], Ae [bronze], 19 x 20 mm, 2.635 g, payé environ $6 le 1985/06/16, la patine est d’un brun très foncé, presque noir, alors que le relief est d’un brun clair, consistant avec une pièce de bronze; die-axis: ↑↓). L’avers nous offre un buste de l’empereur radié et drapé à droite avec l’inscription latine (à peine lisible) GALLIENVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre un Sol drapé, debout, à demi tournée vers la gauche, la main droite levé et tenant un globe dans la main gauche, avec l’inscription latine (à peine lisible) AETERNITAS AVG[VSTI] (l’éternité de l’Empereur) et un 𝚪 (gamma)dans le champs gauche. 

Rien ne permet de dater précisément cette pièce. Toutefois, cette nomenclature (GALLIENVS AVG) semble avoir été utilisé surtout durant le règne seul de Gallienus (260-268) [voir le RIC vol. V, pt I: 34]. De plus, les marque d’officines en grec (gamma = troisième officine) ne semblent avoir été utilisé qu’aux ateliers de Rome. Cette pièce aurait donc été frappée à Rome, entre 260 et 268, sans doute pour souhaiter à l’empereur un long règne.

Sources: Wikipedia (Gallienus, Sol), Google, FAC (Gallienus, Aeternitas, Aeternitas Aug, Sol, catalog), ERIC (Gallienus); RIC vol V, pt 1: 160; numista, CoinProject (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8), WildWinds (1: text/image, 2: text/image, 3: text/image), vcoins, coinstree, CoinTalk, MA-Shops, numismatics. Voir aussi ma fiche.

Ce que l’on remarque avec ces pièces, c’est qu’elles démontrent bien la dévaluation monétaire qui eut lieu sous le règne de Gallienus — la quantité d’argent utilisé dans les pièces diminue drastiquement vers la fin du règne [voir le RIC vol. V, pt I: 7-8]. Toutefois, nous reviendrons sur ce sujet bientôt… La semaine prochaine, je vous présente trois autres pièces de monnaie de Gallienus.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 36

La crise du IIIe siècle (1): Les usurpateurs (4)

Volusianus (251-253 EC)

Caius Vibius Afinius Gallus Veldumnianus Volusianus est né vers 230 et ses parents sont Trebonianus Gallus et Afinia Gemina Baebiana. Lorsque son père (qui est alors gouverneur de Mésie) est proclamé empereur en juin 251 suite à la mort de Decius durant une campagne contre les Goths, il adopte le fils de ce dernier, Hostilianus, pour légitimer son pouvoir et le fait auguste et co-empereur. Il ne donne à son propre fils, Volusianus, que le titre de César mais le marie à la soeur de Hostilianus. Toutefois, à la mort de celui-ci en novembre 251 (soit de la peste [selon Aurelius Victor], soit assassiné [Selon Zozime]), Volusianus le remplace comme auguste et co-empereur. Il est fait consul en 252 et 253. L’Empire est lourdement affecté par la peste et, si Trebonianus Gallus avait acheté la paix avec les Goths, cela ne les a pas empêcher de continuer leur incursion en Mésie. À la même époque, les Sassanides envahissent la Mésopotamie et même capturent Antioche! Compte-tenu du sort de leur prédécesseur, les empereurs décident d’éviter la confrontation et restent à Rome. C’est sans doute ce fait qui incita le commandant de l’armée de Mésie, Aemilianus, à se rebeller et à usurper le pouvoir. Trebonianus Gallus et Volusianus furent assassiné par leur propre soldats en août 253, ceux-ci décidant de se soumettre aux forces supérieures de l’usurpateur qui marchait sur Rome. Ils n’auront régné que deux ans.

IMG_9125-9131Je n’ai qu’une seule pièce de Volusianus et c’est un relativement beau antoninianus (F [Fine] / G [Good], Ar [argent, à faible titre probablement autour de 30-35%], 20 x 22 mm, 3.5736 g, payé environ $5, caractérisé par un dépôt verdâtre [bleu saphir et sarcelle/teal pour être plus précis] plus important sur le revers, die-axis: ↑↑). Sur l’avers on retrouve un buste de l’empereur radié, drapé et cuirassé à droite avec l’inscription latine IMP[ERTOR] CAE[SAR] C[AIVS] VIB[IVS] VOLVSIANO AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Pax debout à gauche tenant une branche d’olivier dans la main droite et un long sceptre transversal dans la main gauche, avec une étoile dans le champs droit et l’inscription latine (peu visible) PAX AVGG[VSTI] (“la paix des empereurs” — le double “G” dénote un pluriel).

Selon le RIC (Mattingly, H., Sydenham, E.A. & Sutherland C.H.V.. Roman Imperial Coinage, vol. IV, part III, London: Spink & Son, 1949, pp. 153-157, 178), “La 3e émission [avec les CONCORDIA AVGG (assise), PAX AVGG et VIRTVS AVGG] couvre probablement l’année 252. L’étoile dans le champs qui accompagne un tiers des émissions devrait marquer une occasion spéciale de bon augure — le consulat conjoint des empereurs le 1er janvier (?) ou l’anniversaire de leur accession (?). (…) On notera que la composition de la 3e émission est certaine. Le seul doute est de savoir si l’émission avec «l’étoile» précède, suit ou est enchâssée dans l’autre. Notez les nombres élevés pour les PIETAS AVGG et PAX AVGG, le nombre bas pour la VIRTVS AVGG. [p. 154] (…) L’émission avec une étoile ne couvre qu’environ un tiers de l’année. En tant que symbole solaire, l’étoile avait été utilisée par l’empereur Elagabalus, prêtre du dieu-soleil Elagabalus. L’occasion exacte n’a pas été déterminée. [p. 157]” Cette pièce aurait donc été frappée à Rome durant l’année 252.

Après la mort de Decius aux mains des Goths en juin 251, Trebonianus Gallus leur achète la paix. Cela accorde à l’Empire un bref répit — qui est probablement célébré par cette pièce de monnaie. Toutefois, la paix prend fin en 252 alors que le roi Sassanide Shapur I et son fils Ardashir I traversent l’Euphrate avec leur troupes pour envahir la Mésopotamie lors de la bataille de Barbalissos. Et, en 253, le gouverneur Aemilianus refusant de leur payer un tribut, les Goths envahissent à nouveau la Mésie.

Sources: Wikipedia (Volusianus [FR/EN], antoninianus [FR/EN], Couronne radiée [FR/EN], Pax [FR/EN]), Google, FAC (Volusian, Catalog, Catalog, Catalog), ERIC (Volusian); RIC 4.3: 180; CoinProject, Numismatics, CoinArchives, WildWinds (text, image), acsearch, acsearch. Voir aussi ma fiche.

Marcus Aemilius Aemilianus (originaire de Maurétanie) est gouverneur de Mésie lorsque les Goths transgressent à nouveau la frontière romaine. Il réussi à les repousser au-delà du Danube. Fort de ce succès, il est proclamé empereur par ses troupes le 24 juillet 253. Trebonianus Gallus charge alors le commandant des armées du Rhin et du Haut-Danube, Valerianus, de mettre fin à cette révolte mais ce dernier est lui-même acclamé empereur par ses troupes! Les deux armés marchent sur Rome et, après la mort de Trebonianus Gallus et Volusianus en août 253, Aemilianus est reconnu comme leur successeur par le sénat. Malheureusement, son armée décide de se rallier plutôt à Valerianus et il est assassiné ! 

Cette constante lutte pour le pouvoir entre les militaires provoque une longue période d’anarchie qui plongea l’Empire Romain dans une grave crise socio-économique. À cette époque, il y a tellement d’usurpateurs du pouvoir que l’Histoire Auguste parle des Trente tyrans (quoique les autres sources historiques et numismatiques ne permettent d’en confirmer que dix-sept). Malgré cela (et en plus de la constante pression sur les frontières notamment en Gaule et en Orient), les règnes de Publius Licinius Valerianus (qui dura sept ans) et de son fils Publius Licinius Egnatius Gallienus (15 ans) offriront un peu de stabilité. Lorsque Valerianus est capturé par les Sassanides en 260, lors de la bataille d’Édesse (pour subséquemment mourir en captivité), Gallienus — jusqu’alors co-empereur avec son père — règnera seul sur l’empire. Dès la semaine prochaine, nous traiterons de son règne (probablement en deux ou trois parties car je n’ai pas moins de neuf pièces de monnaies de Gallienus!).

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Monnaies anciennes 35

La crise du IIIe siècle (1): Les usurpateurs (3)

Philippus II (247-249 EC)

Marcus Iulius Severus Philippus est né en 237. Ses parents sont Philippus Arabus et Otacilia Severa. Lorsque son père devient empereur en février 244, il est fait Caesar alors qu’il n’est âgé que de sept ans. Trois ans plus tard, en 247, il est fait consul. À son retour triomphal, suite à une campagne militaire victorieuse sur le Danube, son père le fait Auguste et co-empereur en août 247. L’année suivante, il est fait consul pour une seconde fois et, en avril 248, Rome célèbre un millénaire depuis sa fondation avec des jeux séculaires. Toutefois, l’Empire connait une grave crise socio-économique qui cause beaucoup de mécontentement au sein de la population et de l’armée, ce qui encourage l’apparition de plusieurs usurpateurs du pouvoir impérial. Son père meurt à l’automne 249 alors qu’il affronte l’un d’eux, Traianus Decius, durant la bataille de Vérone. Les sources antiques semblent indiquer que Severus Philippus soit mort avec son père, mais les historiens modernes croient plutôt qu’il lui a survécu et a brièvement régné seul sur l’empire, avant d’être assassiné par les prétoriens qui favorisaient Decius. Il n’avait que douze ans.

IMG_8278-8279Je n’ai qu’une seule pièce de monnaie de Philippus II. C’est un très beau sesterce (F [Fine], Ae? [bronze] ou Orich.? [orichalque / laiton], 28 mm, 17.146 g, payé environ $35 le 1985/12/17; d’une couleur jaunâtre; die-axis: ↑↑) qui nous offre sur l’avers un buste de l’empereur lauré, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] PHILIPPVS AVG[VSTVS]. Le portrait juvénile nous confirme qu’il s’agit bien de Philippus II et non de son père, qui avait frappé des pièces similaires. Le revers illustre une Pax debout à gauche tenant une branche d’olivier et un sceptre transversal, avec l’inscription latine PAX AETERNA (“paix éternelle”) et un S[ENATVS] C[ONSVLTVM] (“par décret du sénat”) dans le champs de part et d’autre. 

Cette pièce date donc de l’époque où Philippus II était Augustus (247-249) et probablement au tout début du principat, alors que la victoire de la campagne danubienne était suffisamment fraîche pour laisser encore un espoir de paix durable (sinon éternelle), c’est-à-dire en 247. Cette datation est d’ailleurs confirmée par le RIC (Roman Imperial Coinage, vol. IV, part III, pp. 58, 61-62, 103).

Sources: Wikipedia (Philippe II [FR/EN], Pax [FR/EN]); FAC (Philip II, Pax, Pax Aeterna, scepter), ERIC (Philip II); S-RCV (1983): 2572, RIC 4.3: 268c; Numismatics, Wildwinds, CoinArchives, MA-Shops, sixbid. Voir aussi ma fiche.

Je n’ai pas de pièces du successeur de Philippus, Decius (mais j’en ai une de son épouse, Herennia Etruscilla, dont j’ai déjà parlé un peu plus tôt, dans le vingtième épisode de cette série). Caius Messius Quintus Decius est né en 201 dans la province de Pannonie inférieure. Sénateur, il aurait été gouverneur de Mésie inférieure dans les années 230, puis préfet de Rome en 245. En 248, alors que les Goths font des incursions sur la frontière du nord et que des usurpateurs fomentent la rébellion, Philippus l’envoie (en compagnie de son fils Herennius Etruscus) pour mater la révolte de Pacatianus en Mésie. Ayant aisément accompli cette tâche, Decius devient lui-même usurpateur et est acclamé empereur par ses troupes. Il défait Philippus à Vérone, puis il entre à Rome où le sénat confirme ses pouvoirs. Il prend alors le nom de Traianus Decius. Son bref règne est affligé des même problèmes que son prédécesseur: des usurpateurs (Lucius Priscus et Valens Licinianus) et des invasions de Goths. Il meurt, au côtés de son fils Herennius, en combattant les Goths lors de la Bataille d’Abrittus. Le gouverneur de Mésie, Trebonianus Gallus (dont je n’ai pas de pièces non plus), est aussitôt acclamé empereur par les troupes survivantes. Il adopte l’autre fils de Decius, Hostilianus, pour légitimer son pouvoir et fait un caesar de son propre fils, Volusianus. Nous discuterons de ce dernier la semaine prochaine !

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Monnaies anciennes 34

La crise du IIIe siècle (1): Les usurpateurs (2)

Philippus Arabus (244-249 EC)

Marcus Julius Philippus est né dans la province d’Arabie vers 204. En 234, il marie la fille d’un gouverneur, Otacilia Severa, qui lui donne un fils en 237, Marcus Julius Philippus Severus. On sait peu de choses de lui avant qu’il ne remplace Timesitheus comme préfet du prétoire à l’hiver 243. Lorsque Gordianus meurt durant sa campagne contre les Perses sassanides en février 244, Philippus est acclamé empereur par les troupes. Il s’empresse de conclure la paix avec Shapur Ier et lui paie un lourd tribut d’un demi-million de sesterces pour la libération des prisonniers romains. Avant de revenir à Rome, il fait construire des monuments dans sa province natale à Bostra et Héliopolis, ainsi que la ville de Philippopolis. À Rome, le sénat confirme sa position mais dès 245 il doit repartir en campagne militaire contre les Carpes sur la frontière Danubienne, puis contre les Arsacides en Arménie qui refusent de reconnaitre le traité de paix avec les Sassanides. Il revient toutefois à Rome en août 247, juste à temps pour célébrer le millénaire de la fondation de Rome avec l’organisation de Jeux séculaires en avril 248. Il profite de l’occasion pour faire de son fils, Philippus II, son second (caesar) et son héritier. 

La dévaluation de la monnaie et des troubles sociaux (notamment en Égypte, ce qui perturbe l’approvisionnement en blé) causent beaucoup de mécontentements (particulièrement au sein de l’armée), ce qui suscite l’apparition de nombreux usurpateurs: Pacatianus sur le Danube, Jotapianus en Orient, Silbannacus, Sponsianus et même Traianus Decius (préfet de Rome et commandant exceptionnel des troupes en Pannonie et Mésie) qui est acclamé empereur par ses troupes et marche sur Rome. À l’automne 249, Philippus et son fils doivent l’affronter à Vérone avec des effectifs moins nombreux et moins expérimentés. Ils sont vaincus et assassinés. C’est au tour de Decius de prendre le pouvoir… 

Anecdote intéressant, le surnom de Philippus Arabus (Philippe l’Arabe, étant donné qu’il est originaire de la province d’Arabie) lui a été attribué tardivement puisqu’il apparaît pour la première fois dans un ouvrage de la fin du IVe siècle, l’Épitomé de Caesaribus. C’est également une tradition tardive qui présente Philippus comme le premier empereur chrétien: Eusèbe de Césarée en fait d’abord mention au IVe siècle dans son Historia Ecclesiastica (VI, 34) et l’idée sera ensuite reprise par Jean Chrisostome (de S. Babylas 1), Hieronymus de Stridon (Chronicon), Orosius (Historia Adversus Paganos 7, 28) au Ve siècle, et Jordanis (Getica XVI) au VIe siècle. Après avoir longuement débattu sur ce sujet, le modernes s’entendent qu’il est peu probable que Philippus ait été chrétien puisqu’il était le grand pontif de la religion romaine. Il en connaissait certainement les préceptes, auxquels il était sans doute réceptif, et il en tolérait la pratique. Toutefois, il n’y a aucune preuve numismatique ou épigraphique qu’il y ait été convertie.

IMG_9052-9059Je n’ai qu’une seule pièce de monnaie de Philippus. C’est un très beau sesterce (F [Fine], Ae [bronze], 25 x 28 x 28.5 mm, 15.131 g, payé environ $20 le 1985/01/25; caractérisé par une couleur gris foncée, une encavure au centre de l’avers [sur l’oreille], une rognure pour lui donner une forme plus carrée et par de petits trous sur la bordure qui ont probablement servi à porter la pièce comme un médaillon; die-axis: ↑↑). Cette pièce présente sur l’avers un buste de l’empereur barbu, lauré, drapé et cuirassé à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] PHILIPPVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Felicitas debout de face, la tête tournée à gauche, tenant un caducée dans la main droite et une corne d’abondance dans la gauche, avec l’inscription latine P[ONTIFEX] M[AXIMVS] TR[IBVNICIA] P[OTESTATE] IIII CO[N]S[VL] II P[ATER] P[PATRIAE] et un S[ENATVS] C[ONSVLTVM] dans le champs de part et d’autre. 

Deux remarques viennent à l’esprit au cours de l’identification de cette pièce. Il y a d’abord deux types d’inscription possibles sur l’avers: IMP M IVL PHILIPPVS AVG (RIC 150a) et IMP PHILIPPVS AVG (RIC 150c). Compte tenu de la grosseur, de l’espacement et de la disposition du lettrage de l’inscription, cette pièce appartient clairement au deuxième type. Ensuite, la titulature du revers nous permet une datation précise. Philippus reçoit les titres d’Augustus, Imperator, Pontifex Maximus et Pater Patriae lors de son accession au pouvoir en 244 mais ne reçoit la puissance tribunicienne (renouvelée annuellement au 1er janvier) pour la quatrième fois (TR P IIII) et le consulat pour une seconde fois (COS II) seulement en 247. La pièce ne peut donc dater que de cette année là.

La représentation de la Felicitas est sans doute une façon de souhaiter “bonne chance” à l’empereur ou de souligner ses succès alors qu’il conclut une campagne militaire et qu’il s’apprête à célébrer, l’année suivante, le millième anniversaire de la ville éternelle.

Sources: Wikipedia (Philippe l’Arabe [FR/EN], Felicitas [FR/EN], caduceus [FR/EN], cornucopiae [FR/EN]), FAC (Philip I, Felicitas), ERIC (Philip I); S-RCV (1983): 2498, RIC 4.3: 150c; Wildwinds, Wildwinds (text, image), CoinArchives, CoinArchives, CoinProject, Numismatics, British Museum, acsearch, acsearch, acsearch. Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine je vous présente une pièce de Philippus II.

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Monnaies anciennes 33

La crise du IIIe siècle (1): Les usurpateurs (1)

La mort de Severus Alexander précipite l’Empire Romain dans une période d’anarchie militaire où se succèdent de nombreux “empereurs-soldats.” Déstabilisé dans tous ses aspects, l’empire connaitra au IIIe siècle une grave crise qui débute avec la période dite des “usurpateurs”. Le 20 mars 235 Maximinus Thrax est proclamé empereur par les légions de Germanie. Plusieurs usurpateurs lui contestent le pouvoir (Magnus, Quartinus, Gordianus et son fils Gordianus II) et le sénat proclame de son côté Pupienus Maximus et Balbinus, mais c’est le petit-fils de Gordianus (l’enfant de sa fille Antonia Gordiana), qui avait été brièvement co-empereurs avec Pupienus et Balbinus, qui finit par prendre les rênes de l’Empire.

Gordianus III (238-244 EC)

Marcus Antonius Gordianus nait le 20 janvier 225 dans une famille sénatoriale originaire d’Asie Mineure. Après que Maximinus Thrax ait été assassiné par ses propres troupes, il est fait Cæsar le 22 avril 238 (alors qu’il n’a que treize ans) à la demande du peuple. Toutefois, les prétoriens éliminent Pupienus et Balbinus, et dès le 29 juillet 238 il devient le seul empereur. Il prends alors le titre de Imperator Cæsar Marcus Antonius Gordianus Pius Felix Augustus. Due à son jeune âge, l’administration de l’Empire revient surtout à sa famille et à son conseillé, Timesitheus — dont il épouse la fille (Furia Sabina Tranquillina) à l’été 241. Son bref règne est consacré a apaiser de nombreux troubles: en 240 le proconsul d’Afrique Sabinianus tente une révolte, il conclut un traité avec les Goths en Mésie inférieure, en 241 le peuple de Rome s’agite à cause de l’inflation, puis les Perses sassanide menacent la frontière de Mésopotamie et de Syrie. Le 11 février 244, Gordianus III est mortellement blessé dans une bataille près de Falludja. Le préfet du prétoire Marcus Julius Philippus lui succède. Il est déifié et on lui consacre un mausolée.

IMG_8276-8277J’ai deux pièces de monnaie de Gordianus III. La première est un sesterce très beau mais assez ordinaire (F [Fine], Ae [bronze], 29-30 mm, 17.799 g, payé environ $35 le 1985/12/17; die-axis: ↑↑) qui nous offre en avers un buste drapé et lauré de l’empereur, à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] GORDIANVS PIVS FEL[IX] AVG[VSTVS]. Le revers représente une Felicitas debout de face, la tête tournée à gauche, tenant un caducée dans la main droite et une corne d’abondance dans la gauche, avec l’inscription latine FELICITAS AVG[VSTI] et un S[ENATVS] C[ONSVLTVM] dans le champs de part et d’autre (La bonne fortune de l’empereur, par décret du sénat). Rien ne permet de dater cette pièce avec précision mais le RIC indique que la titulature de l’avers daterait de la fin du règne, du printemps 240 à février 244. L’ajout du Pius Felix indiquerait sa piété envers ses prédécesseurs, Gordianus I & II, et référerait à sa chance d’avoir supprimée la révolte en Afrique. La représentation de la Felicitas ferait possiblement allusion à son départ pour l’Orient ou, plus probablement, à son mariage avec Tranquillina en 241. Sources: Wikipedia (Gordianus III [FR/EN]); Sear RCV (1988): 2384, RIC 4.3: 310a, C 76; CoinArchives. Voir aussi ma fiche.

IMG_8950-8953La seconde pièce, une petite dénomination de bronze (AE22) grecque impériale, est en moins bonne condition (quoique encore assez belle) mais est beaucoup plus intéressante (G [Good], Ae [bronze], 22 mm, 10.821 g, payé environ $7; die-axis: ↑↖︎). L’avers représente un buste de l’empereur lauré, cuirassé et drapé d’un paludamentum, une étoile dans le champs droit, avec l’inscription grecque (illisible) AVTOK K M ANT ΓOPΔIANOC CEB (Autokratos Kaisar Marcos Antoninos Gardianos Cebastos = Imperator Caesar Marcus Antoninus Gordianus Augustus). Le revers représente un buste, à droite, du roi d’Edessa (Osroène, Mésopotamie), Abgar X Phraates, barbu, portant une tiare diadèmée, un collier et une robe, une étoile dans le champs gauche, avec l’inscription grecque ABΓAPOC BACIΛEYC (Abgaros Basileus = roi Abgar). 

Le royaume d’Edessa était un petit état d’origine nabatéenne qui avait réussi à acquérir son indépendance des Parthes puis des Sassanides. Caracalla en fit une province romaine en 216, mais il était apparemment redevenu un état satellite de Rome du temps de Gordianus III, qui en fit son allié dans sa campagne contre Sapor Ier. Cette pièce conjointe frappée à Edessa commémore cette alliance et daterait de 242-244 (du début de la campagne contre les Sassanides jusqu’à la mort de Gordianus III).

Sources: Wikipedia (Gordianus III [FR/EN], Abgar d’Édesse, Edessa [FR/EN], Osroène [FR/EN]), Iranica online; BMCG (XXVII) #144-158; acsearch, acsearch, coincommunity, vcoins, vcoins, coinarchives, wildwinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

Hill, G.F. Catalogue of the Greek Coins in the British Museum Vol. 27: Arabia Mesopotamia, and Persia. London: BM, 1922. pp. 114-116.

On poursuit la semaine prochaine avec une pièce de Marcus Julius Philippus dit “Philippus Arabus.”

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Images du mer-fleuri [002.021.097]

Rhododendron

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/093 ]

L’Azalée de Gand (Ghent Azalea) est un arbuste à fleurs de la division des Magnoliophyta (Angiospermae), de la classe des Eudicotylédones (Magnoliopsida), de la sous-classe des Asteridae, de l’ordre des Ericales, de la famille des Ericaceae et du genre Rhododendron (qui contient plus de mille espèces). C’est un hybride horticole (Rhododendron x gandavense) qui a été développé à Gand en Belgique et qui est maintenant majoritairement produit en Flandre. Il est d’ailleurs le premier produit horticole européen à avoir bénéficier d’une Indication Géographique Protégée. L’azalée se distingue du Rhododendron par le fait qu’il est généralement de plus petite taille, qu’il a un feuillage caduque et que ses fleurs n’ont que cinq anthères (étamines). Le nom “Rhododendron” provient du grec (ῥόδον / rhodon qui signifie “rose” et δένδρον / dendron qui signifies “arbre”; ῥoδόδενδρον veut donc dire “arbre à roses”) et fait allusion aux superbes fleurs de l’arbuste. Leur beauté cache cependant un haut niveau de toxicité due à la neurotoxine qu’elles contiennent (andromedotoxine ou grayanotoxines). Celle-ci se retrouve également dans le pollen et le nectar des fleurs, ce qui fait que, si des abeilles butinent sur ses fleurs, le miel ainsi produit sera également toxique! Dans certaines régions (Népal mais surtout en Turquie dans la région du Pont) on produit délibérément ce “miel qui rend fou” pour l’utiliser comme drogue récréative ou en médecine traditionnelle (anti-inflammatoire, antioxydant ou même aphrodisiaque). Xénophon mentionne dans l’Anabase des soldats grecs intoxiqués au miel durant la marche des Dix-Mille (Livre IV, chap. VIII, 20) et Pline (Histoire naturelle, XXI: 45 & XLVI) relate qu’une anecdote similaire est arrivé aux soldats de Pompée durant la troisième guerre mithridatique (voir aussi Strabon, Géographie, 12.3.18). Ici il s’agit du cultivar “Beauté Céleste”. (Sources: Wikipedia)

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Monnaies anciennes 32

Les Sévères (4)

Severus Alexander (222-235 EC)

Gessius Bassianus Alexianus est né à Arca (Phénicie syrienne) en 208. Son père est Gessius Marcianus et sa mère est Julia Mamæa (fille de Julia Mæsa et nièce de Julia Domna). Petit-neveu de Septimius Severus, il est fait césar par son cousin Elagabalus en 221 et lui succède lorsqu’il est assassiné en mars 222. Il prends alors le nom de Marcus Aurelius Severus Alexander et n’a que quatorze ans. Sous l’auspice de sa grand-mère il reçoit une excellente éducation mais n’est guère doué pour les affaires militaires (ce qui fait qu’il n’est pas très aimé de l’armée). Son règne, qui dura treize ans, est relativement paisible et prospère. Il est considéré comme un empereur simple, sage, juste et pieux. Il réforme la morale, redonne du pouvoir au sénat, fait des réformes économiques favorisant les pauvres et bâtit de nombreux monuments. Même si il est pacifique, il doit néanmoins défendre les frontières d’abord contre les Perses sassanides (qui ont renversés et assimilés l’empire Parthe) sur le front orientale en 231, puis contre les Alamans et les Sarmates en Germanie en 234. Les troupes, devenues insubordonnées, lui reprochaient d’être faible et de favoriser une paix négociée plutôt que le combat. Le 19 mars 235 la Legio XXII Primigenia se mutine à Moguntiacum et assassine Alexander, ainsi que sa mère, et acclame l’un des leur comme empereur, Gaius Julius Verus Maximinus dit “Le Thrace”. Ainsi prends fin la dynastie des Sévères, précipitant l’Empire Romain dans une période d’anarchie militaire qui durera cinquante ans!

IMG_8944-8947Je n’ai qu’une seule pièce de Severus Alexander. Il s’agit d’une très belle pièce grecque impériale (F [Fine]/VG [Very Good], petite dénomination [ae26] de bronze [ae], 25 x 26 mm, 9.400 g, payé environ $6 le 1985/06/16, caractérisée par des égratignures sur l’avers [sur le buste] et par une étrange patine d’un vert foncé brillant, comme si la pièce était recouverte d’un glacis; die-axis: ↑↑) qui nous offre sur l’avers un buste de l’empereur lauré, cuirassé et drapé à droite avec l’inscription grecque AVT K M AVR CEV – AΛEXANΔΡOC (Autokrator Kaisar Marcos Aurelios Severos Alexandros = Imperator Caesar Marcus Aurelius Severus Alexander). 

Le revers illustre une Homonoia (Ὁμόνοια — divinité grecque allégorique personnifiant la concorde, l’unanimité et l’unité d’esprit, parfois simplement appelée “Concordia”, son équivalent latin, par les sources) debout à gauche avec un modius sur la tête, et tenant une corne d’abondance (cornucopia) dans la main gauche et une patère dans la main droite. La représentation de la Concorde fait sans aucun doute allusion à la politique pacifiste de Severus Alexander. On retrouve également sur le revers l’inscription grecque YΠ ΦIΡ ΦIΛOΠAΠΠO – Y MAΡKIANOΠOΛITΩN (VP Fir. Philopappus Marcianopolis — il faut noter la particularité que le double “P” de Philopappoy (ΠΠ) et les deux derniers caractères de Markianopoliton (ΩN) sont attachés pour ne former qu’une seule lettre).

Cette inscription nous indique que la pièce a été frappée à Marcianopolis (une ville de Mésie inférieure, un peu à l’ouest d’Odessus (Varna), qui a été fondé par Trajan en 106 et qu’il a nommé en honneur de sa soeur Marciana). Cette cité a frappé sa propre monnaie (tant grecque impériale que quasi-autonome) entre le règne de Commode et de Philippe II (180-249) et à partir de Septimius Severus (193) les pièces comportaient le nom du légat romain (gouverneur de la province) précédé de l’abréviation VP (VΠ. pour υπατευοντος / ypatevontos / lit. “subalterne” mais ici signifiant plutôt legatus consularis ou “gouverneur consulaire“). Dans ce cas-ci il s’agit de Fir[mius?] Philopappus, dont on ne connait pas grand chose sinon qu’il a été gouverneur de Mésie inférieure vers 225-226. La pièce a donc été frappée durant cette période.

L’étrange patine de la pièce m’a suscité un léger doute sur son authenticité mais, après réflexion, je crois qu’il est peu probable que des faussaires se donnent autant de peine pour reproduire de petites dénominations qu’ils ne revendraient par la suite que quelques dollars. La pièce est donc fort probablement authentique.

Sources: AMNG 1043, BMCG 3: 68/74; GICV 3266/3269 (avec diff. gouv.); Wikipedia (Severus Alexander [FR/EN], Concordia [FR/EN] , Divinités grecques [FR/EN], Homonoia, modius, cornucopia [FR/EN], patère [FR/EN], Mésie [FR/EN], Marcianopolis [FR/EN], Governors of Lower Moesia); FAC (Severus Alexander, Severus Alexander, Greek Imperials, AMNG, Homonoia, Concordia, cornucopiae, patera, VP), ERIC (Severus Alexander), Digital Historia Numorum (Markianopolis); WildWinds (Text, image), Wildwinds (text, image), Biddr. Voir aussi ma fiche (mise à jour).

Bibliographie: 

Je suis très content car j’ai aujourd’hui découvert beaucoup plus d’information sur cette pièce que j’en avais trouvé initialement lors de son acquisition. Ce n’est jamais facile d’identifier une pièce avec des inscriptions grecques, surtout quand une partie des sources d’information est en allemand (ou même en Bulgare!) mais l’internet se révèle très utile pour ce genre de situation. En effet, il y a vraiment infiniment plus d’information de disponible en ligne maintenant que j’en avais dans les années ’80 avec la bibliothèque de l’université… 

La semaine prochaine nous poursuivons notre histoire des empereurs romain au travers de leurs monnaies en abordant la crise du IIIe siècle provoquée par l’anarchie militaire. La première période de la crise est celle des “usurpateurs” et, comme je n’ai pas de pièces de Maximinus Thrax ni des deux premiers Gordianus, je saute directement à Gordianus III !

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Monnaies anciennes 31

Les Sévères (3)

Elagabalus (218-222 EC)

Après une brève interruption (le règne de Macrinus et de son fils Diadumenianus), la dynastie des Sévères se poursuit avec Varius Avitus Bassianus. Ce dernier est né à Émèse (Syrie) en 203. Dès l’âge de treize ans il est grand-prêtre du culte du dieu solaire Élagabal (d’où le surnom, parfois orthographié Heliogabalus, qu’on lui donnera surtout de façon posthume). Sa grand-mère Julia Maesa (qui était la soeur de Julia Domna et donc la belle-soeur de Septimius Severus et la tante de Caracalla) obtient le soutien de la légion romaine postée en Syrie (la Legio III Gallica) pour mettre au pouvoir Varius, qui est l’enfant de sa fille Julia Soæmias. Macrinus est assassiné et le jeune Varius, à peine âgé de quatorze ans, devient empereur en juin 218. Comme il ressemble physiquement à Caracalla et que l’on veut poursuivre l’association fictive avec la dynastie des Antonins, il prends alors le nom de Marcus Aurelius Antoninus.

Elagabalus est un empereur faible qui laisse l’administration de l’Empire à sa mère et à sa grand-mère pour se consacrer à la débauche (de fastes banquets et des orgies homosexuelles) et surtout à sa fascination pour le culte solaire. Il fait construire un temple où toutes les divinités romaines, orientales et même chrétiennes peuvent être vénérées sous la bienveillance d’Élagabalus. Il fait même venir d’Émèse (Homs) la pierre sacrée du dieu solaire (une bétyle, ou pierre météorique, qui ont souvent été vénérées comme c’est le cas de la pierre noire de la Kaaba à La Mecque). Tout comme Akhénaton l’avait fait en Égypte avant lui avec le culte de Aton (ou Aurelianus le fera plus tard avec Sol Invictus), il tente sans succès d’imposer une forme de monothéisme solaire. Pressentant que l’excentricité et la débauche de son petit-fils causeraient sa perte, Julia Maesa le convainc d’adopter et de prendre comme césar son cousin Alexianus Bassianus (enfant de son autre fille, Julia Mamæa). Lorsqu’en mars 222 Elagabalus perds le soutien de l’armée et est tué par le peuple en colère, Alexianus lui succède sous le nom de Severus Alexander. 

IMG_8936-8940Ma seule pièce d’Elagabalus est une petite dénomination de bronze (AE 18) dans un assez bel état (G [Good], Ae [bronze], 18 mm, 2.446 g, payé environ $7, caractérisée par sa couleur noire; die-axis: ↑↓) dont l’avers nous offre une tête laurée de l’empereur, à droite, avec l’inscription grecque AVT KAI MA ANT𝜴NEINOC (Autokrator Kaisar Marcos Aurelios Antoneinos = Imperator Caesar Marcus Aurelius Antoninus). Le revers ne représente qu’un grand S – C (Senatus Consulto, “par décret du sénat”), surmonté des lettres grecques “Δ Є” et avec un petit aigle en dessous, le tout dans une couronne de laurier agrémentée en haut d’une étoile.

Il s’agit d’une pièce provinciale (aussi appelé grecque impériale) frappé à Antioche. Rien ne nous permet malheureusement de dater la pièce avec précision et l’on doit se contenter des dates de règne de l’empereur comme datation: 218-222. La signification du “Delta-Epsilon” qui apparait fréquemment sur les pièces de Elagabalus et de son cousin Severus Alexander est incertaine. Est-ce une datation ou une marque d’officine? Les deux hypothèses les plus retenues par les spécialistes est qu’il s’agit d’une abréviation soit pour Δ[𝚮𝚳𝚨𝚸𝚾𝚰𝚱𝚮𝚺] Є[𝚵𝚶𝚼𝚺𝚰𝚨𝚺] (l’équivalent grec de Tribuniciae Potestatis), ou soit Δ Є[𝚷𝚨𝚸𝚾𝚬𝚰𝛀𝚴] (une “des quatre éparchies” [circonscription ou diocèse] de Syrie).

Sources: (Elagabalus [FR/EN], sénatus-consulte); BMCG 20: 434 (p. 203 + pl. XXIV 9); FAC (Elagabalus, S CGreek Imperials), ERIC (Elagabalus); WildWinds (text, image), WildWinds (text, image), Numista, CoinProject, CoinArchives, acsearch, Provincial Romans. Voir aussi ma fiche.

Bibliography: 

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Monnaies anciennes 30

Les Sévères (2)

Caracalla (211-217 EC)

La dynastie des Sévères se poursuit avec Lucius Septimius Bassianus. Il est né le 4 avril 188 à Lugdunum (Lyon) alors que son père était gouverneur de la Gaule lyonnaise. Il est toutefois d’origine berbère-punique par son père (l’empereur Septimius Severus) et syrienne par sa mère, Julia Domna. Dès l’âge de huit ans il est fait césar par son père et prends alors le nom de Marcus Aurelius Antoninus (car son père voulait légitimer son pouvoir en s’associant à la dynastie Antonine) — mais on le surnomme “Caracalla” car enfant il aimait porter ce vêtement gaulois à capuchon et manches longues. L’année suivante, il est nommé pontife, puis, en 198, Augustus. En 202, il épouse Fulvia Plautilla (fille de Gaius Fulvius Plautianus, un ami de Severus et préfet du prétoire). À la mort de son père en 211, pour respecter ses volontés, Caracalla accède au pouvoir conjointement avec son jeune frère Publius Septimius Geta. Toutefois, dès l’année suivante, pour sécuriser sa position, il fait assassiner ce dernier ainsi que tous opposants ou possibles compétiteurs (incluant sa propre épouse!). Cela annonce déjà comment son bref règne sera sanglant (même ses portraits officiels lui donne un air de brute cruelle). 

Ayant fait campagne auprès de son père (entre autres en Bretagne contre les Calédoniens), il se voit comme un grand général et s’identifie à Alexandre le Grand. Sans raison évidente (sinon l’arrogance des Alexandrins), il commet une série de massacres à Alexandrie en 215-216 qui déciment l’intelligentsia grecque de la ville. Comme son père, il passe la majorité de son règne en coûteuses campagnes militaires, principalement contre les Alamans (213) et les Parthes (216), utilisant des techniques qui tiennent plus de la fourberie et du massacre que de la tactique militaire. On se souvient de lui surtout pour ses énormes et luxueux thermes (bains publics inaugurés en 216) et pour l’Édit de Caracalla (Constitutio antoniniana) qui accorde en 212 la citoyenneté romaine (héréditaire) à tout homme libre de l’Empire. Cela a pour but d’uniformiser l’Empire et d’en accroître le revenu des impôts mais aura aussi pour effet de diminuer le recrutement de l’armée (jusqu’alors le service militaire était la seule façon d’obtenir la citoyenneté pour les provinciaux) et d’accroître la persécution des Chrétiens (tout citoyen se devant de faire des sacrifices aux dieux romains, les Chrétiens s’y refusent car ils sont monothéistes). Il a aussi introduit une nouvelle monnaie d’argent en 215, l’antoninianus, qui valait deux denarius. Considéré comme un tyrant impopulaire, Caracalla est assassiné le 8 avril 217 par Iulius Martialis, un officier de la garde Prétorienne, alors qu’il est au front Parthe. Le préfet du prétoire Macrinus (originaire de Maurétanie Césarienne) lui succède avec son fils Diadumenianus. Ils ne règneront toutefois que deux ans, puisque la syrienne Julia Maesa (soeur de Julia Domna, donc belle-soeur de Septimius Severus et tante de Caracalla) incite l’armée (la Legio III Gallica) encampée en Syrie à se rebeller pour restaurer les Sévères au pouvoir. Ils acclament empereur son petit-fils, Varius Avitus Bassianus (surnommé Elagabalus).

IMG_8562-8563Je n’ai qu’une seule pièce de monnaie de Caracalla: un très bel As (VG [very good], Ae [bronze], 23 mm, 6.136 g, payé $20 le 1985/01/25, die-axis: ↑↑) qui nous offre sur l’avers un buste de l’empereur lauré, drapé et cuirassé, à droite, avec l’inscription ANTONINVS PIVS AVG[VSTVS] – PONT[IFEX] TR[IBVNICIA] P[OTESTATE] VI [SEXTA]. Le revers illustre une Dea Caelestis (Déesse céleste), tenant un tambour (tympanum — quoique sur certaines pièces elle tient un fulmen, éclair, et on ne distingue pas sur ma pièce lequel de ses attributs elle tient dans sa main) et un sceptre (ou une branche?), assis, à droite, de face, sur un lion galopant au-dessus d’eaux tumultueuses sortant d’un rocher, avec l’inscription INDVLGENTIA[E] – AVG-G[VSTORVM] puis IN CARTH[AGINA] en exergue et S[ENATVS] C[ONSVLTVM] dans le champs droit (sous le lion) — ce qui se traduit par “A l’indulgence des empereurs (Augusti) à Carthage, avec la permission du Sénat”. Comme Caracalla reçoit la puissance tribunicienne pour la sixième fois en 203, on peut donc en déduire que la pièce a été frappé cette année là, alors qu’il était encore co-empereur avec son père.

On peut, bien sûr, s’interroger sur la signification symbolique du revers. Le lion est souvent utilisé pour représenter l’Afrique. De plus, l’épithète de “céleste” était attribué à de nombreuses divinités (Isis, Venus, Artemis ou Juno) mais, dans le cas de cette dernière, il s’agirait d’une forme romanisée de la déesse Carthaginoise Tanit. Par contre, certains identifient plutôt la divinité représenté à la déesse-mère Cybèle (dont les attributs étaient le tympanum et le lion), d’origine phrygienne mais qui était très populaire aussi dans le nord de l’Afrique (Cyrénaïque) et qui était elle aussi associée à Tanit. On peut donc en conclure que cette représentation vise donc probablement à rappeler les origines africaines de l’empereur.

Toutefois, l’inscription du revers (qui apparait aussi sur des pièces de Septimius Severus) semble faire référence à un événement précis, une indulgence accordée à Carthage par les empereurs (le double “G” de AVGG dénote un pluriel). En effet, Indulgentia était utilisé sur les pièces de monnaie romaines pour désigner soit une permission donnée, un privilège accordé ou un hommage remis. Severus (probablement en 202), pour honorer ses origines, aurait accordé certains bénéfices (dont la ius Italicum) aux villes de Carthage et de Utica, donnant à leur habitants les même droits juridiques romains (incluant la citoyenneté) que si ils étaient en sol italien — devançant ainsi pour ces cités les droits que Caracalla accordera à tout l’Empire dix ans plus tard.

Sources: Wikipedia (Caracalla [FR/EN]); RIC IV-1: 415c; WildWinds, Numista, CoinArchives, Numismatics, vcoins, FAC (INDVLGENTIA AVGG IN CARTH, Caracalla, Indulgentia,  AVGG, Indulgentia Augg In Carth, Cybele, Tympanum, Ius Italicum), ERIC (Caracalla). Voir aussi ma fiche

Comme je l’ai maintes fois répété, ces pièces de monnaie ne sont pas seulement des objets anciens qu’il est excitant de tenir entre ses mains, mais elle sont aussi des occasions fascinantes d’en apprendre plus sur les mœurs, la culture, les politiques socio-économiques des romains. La semaine prochaine nous nous intéresserons au règne de Elagabalus! 

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Monnaies anciennes 29

Les Sévères (1)

La mort de Commodus en décembre 192 amène une brève guerre civile où, encore une fois, plusieurs empereurs se succèderont en une courte période. Le sénat choisit Pertinax comme successeur en janvier 193, mais dès avril il est assassiné par des prétoriens, qui vendent alors le poste au plus offrant, en l’occurence Didius Julianus. Toutefois, les armées simultanément proclament empereurs Septimius Severus en Pannonie, Pescennius Niger en Syrie, et Clodius Albinus en Bretagne ! Septimius Severus se révèle le plus fort des candidats: il marche sur Rome où il décapite Julianus en juin, puis il s’allie avec Albinus contre Niger qu’il défait à la bataille d’Issos en 194, et finalement se retourne contre Albinus qu’il vainc à la bataille de Lugdunum en 196. Ce sera la début de la dynastie des Sévères.

Septimius Severus (193-211 EC)

Lucius Septimius Severus est né le 11 avril 146 à Leptis Magna (dans la province d’Afrique, l’actuelle Khoms en Libye). Sa mère, Fulvia Pia, était d’origine romaine (descendante d’immigrant) et son père, Publius Septimius Geta, était d’origine locale (descendance berbère-punique). Il se rend à Rome pour entreprendre son cursus honorum sous Marcus Aurelius, Commodus et Pertinax. Il sera consul en 190 et légat (gouverneur) de Pannonie supérieure en 191. Après la guerre civile, il se révèle un bon juriste et un brillant administrateur. Dès qu’il est empereur il établit la légitimité de son pouvoir en créant un lien filial fictif avec Marcus Aurelius et il se dit le vengeur de Pertinax. Il renforce aussi l’idée de la nature dynastique du pouvoir en associant très tôt à son règne ses deux fils, Caracalla et Geta — nés en 188 et 189 de sa seconde épouse, Julia Domna, d’origine Syrienne. Son règne a été relativement sans histoires. Il a fait des réformes administratives (de la gestion de l’armée, des provinces, réduction des pouvoirs du sénat, etc.) mais ses accomplissements ont surtout été militaires: il combat les Parthes (étendant la frontière orientale) en 197, agrandit les provinces d’Afrique et de Numidie en 202, et tente de repousser les Calédoniens au nord de la Bretagne en 208. Toutefois, ses campagnes militaires ont coûté si chères à l’Empire qu’il lui a fallut dévaluer la monnaie. Il meurt (de maladie ou d’empoisonnement?) le 4 février 211 à Eboracum (York en Angleterre) durant sa campagne contre les Calédoniens et est succédé (non sans quelques conspirations) par son fils Caracalla. Ses (célèbres) dernières paroles auraient été, selon Dion Cassius (LXXVI, 15, 2), “ὁμονοεῖτε, τοὺς στρατιώτας πλουτίζετε, τῶν ἄλλων πάντων καταφρονεῖτε” [omonoeíte, toús stratiótas ploutízete, tón állon pánton katafroneíte / “Maintenez la concorde, enrichissez les soldats et moquez-vous du reste”]. Il aura régné presque dix-huit ans.

IMG_8305-8306Je n’ai qu’une seule pièce de monnaie de Septimius Severus: un très beau denarius (F [Fine], Ar [argent], 16-17 mm, 2.693 g, payé $20, die-axis: ↑↓) qui nous présente sur l’avers la tête de l’empereur lauré, à droite, avec l’inscription L[VCIVS] SEPT[IMIVS] SEV[EVERVS] PERT[INAX] – AVG[VSTVS] IMP[ERATOR] VIIII. Le revers illustre Severus en armure avançant à dos de cheval, à droite, et tenant une lance de travers, avec l’inscription PROFECTIO[NES] AVG[VSTI] (le départ de l’empereur).

Septimius Severus prit le titre de Augustus et aussi le nom de Pertinax lors de son accession au pouvoir en juin 193. Il reçoit le titre de Imperator pour la neuvième fois (VIIII) en 197. Le “Profectio“ fait référence au départ cérémonial de l’empereur pour le limes Orientis au début de 197 pour répondre à l’invasion de la Mésopotamie par les Parthes. Il voyage par mer de Brundisium jusqu’à Aegeae en Cilicie, puis par terre jusqu’en Syrie, où il traverse l’Euphrate jusqu’à Nisibis. L’année suivante, il occupe Séleucie et Babylone, puis pille Ctésiphon. Il acquiert ainsi tout le nord de la Mésopotamie, jusqu’aux régions autour de Nisibis et Singara. lI a également étendu le Limes Arabicus et construit de nouvelles fortifications dans le Désert d’Arabie. Ce denarius, frappé à Rome ou à Laodicea (en Syrie) en 197 EC, commémore donc le début de cette campagne militaire.

Sources: Wikipedia (Septimius Severus [FR/EN], profectio), Google; RIC IV-I: 106 ou 494, Sear RCV: 1682; FAC (Septimius Severus, PROFECTIO AVG), ERIC (Septimius Severus), acsearch, coinproject, Wildwinds (text, image), Wildwinds, CoinArchives, numismatics, vcoins. Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

Il est important de comprendre que tout les empereurs romains n’étaient pas originaire de Rome. En effet, Claudius est né à Lugdunum (en Gaule), Triaianus et Hadrianus sont né à Italica (dans la province de Bétique, en Espagne). Dans le cas du premier, il est né à l’extérieur de Rome simplement parce que son père était en campagne militaire en Germanie. Le deux autres sont les descendants de colons romains car leurs ancêtres étaient des soldats blessés de la Deuxième guerre punique que Scipio l’aîné avait laissé derrière lui pour fonder la ville d’Italica. Toutefois les choses changent avec Septimius Severus: sa mère appartenait à une famille d’immigrés romains mais son père était d’origine libyenne. À partir de cette époque (début du IIIe siècle), la plupart des empereurs romains seront d’origine provinciales: Caracalla est né en Gaule, Macrinus en Maurétanie, Heliogabalus en Syrie, Severus Alexander en Judée, etc. L’Empire est de moins en moins centré sur Rome…

La semaine prochaine nous nous intéressons à une pièce de Caracalla !

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