Miss Hokusai

MissHokusai-1-covMiss Hokusai tenait de son père son talent et son obstination. C’était une femme libre qui fumait la pipe, buvait du saké et fréquentait les maisons de plaisir pour croquer les belles femmes sur le vif. Autour d’elle et de Hokusai se déploie la chronique fantasque d’une vie de bohème au début du XIXe siècle, où se côtoient peintres, poètes, courtisanes et acteurs du kabuki.

Sugiura Hinako (1958-2005) est une mangaka et une historienne spécialisée dans la vie et les coutumes du Japon de l’ère Edo. Elle travaillait beaucoup pour le cinéma et son manga a été adapté en film en 2015.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Miss Hokusai (百日紅 (さるすべり) / Sarusuberi / lit. “Cent Cramoisi” qui est le nom que les Japonais donnent au Lagerstroemia [lilas des Indes ou crape myrtle en anglais] un groupe d’espèces d’arbres et arbustes indigènes du sous-continent indien) a d’abord été publié en feuilleton entre 1983 et 1987 dans le magazine hebdomadaire Manga Sunday avant d’être compilé en trois volumes par l’éditeur Jitsugyou no Nihonsha en 1987, puis en deux volumes par Chikuma Shobō (format bunko) en 1996. Il a été traduit en espagnol chez Ponent Mon et en français chez Philippe Picquier. Ce manga seinen historique, écrit et illustré par Sugiura Hinako, nous raconte des épisodes de la vie de Hokusai, le célèbre artiste d’ukiyo-e de l’ère Edo, et de O-ei, sa troisième fille qui l’assiste dans son travail. Il a été adapté en dessin animé en 2015 par Production I.G. sous la direction de Keiichi Hara.

Ce qui rend l’oeuvre de Sugiura Hinako intéressante, c’est qu’elle est probablement la seule mangaka a s’être autant inspiré de la tradition japonaise tant pour ses sujets que pour son style de dessins. Née dans une famille de fabriquant de kimonos, elle a grandit avec un grand sens de la tradition. Alors qu’elle devient de plus en plus fascinée par le Japon féodal, elle abandonne des études universitaire en arts graphiques et designs pour étudier avec Shisei Inagaki, écrivain et spécialiste de l’époque d’Edo, et être assistante pour la mangaka Murasaki Yamada.

Elle fait ses débuts en 1980 dans le magazine Garo, consacré au manga expérimental, et dès ce moment elle s’établit comme chroniqueuse de la vie quotidienne du vieux Tokyo (Edo), et particulièrement du quartier des plaisirs de Yoshiwara, en portant une telle attention aux détails (les coutumes, les vêtements, etc.) qu’elle redonne littéralement vie au passé. De plus, elle innove en poussant l’authenticité jusqu’à adopter un style graphique qui, quoique un peu frustre, s’inspire beaucoup—et même parfois imite carrément—les traditions artistiques de l’époque Edo comme l’ukiyo-e (estampes japonaises) et le kibyōshi (romans illustrés qui sont en quelques sortes l’ancêtre des mangas). Comme nous le dit Frederik L. Schodt dans Dreamland Japan (p. 139), sa principale concession à la modernité est d’adapter le language, car les Japonais d’aujourd’hui ne sauraient lire la langue de l’époque sans dictionnaire!

Malheureusement, insatisfaite de la qualité artistique de son travail et peu disposée à s’imposer le rythme de travail de la publication commerciale du manga, elle prends sa retraite en 1993 pour se consacrer à la recherche et à faire mieux connaître l’époque Edo (en étant consultante pour les média et en écrivant des ouvrages sur le sujet). Elle meurt du cancer de la gorge en 2005. Elle est récipiendaire du Nihon Mangaka Kyōkai Shō (Prix de l’Association des auteurs de bande dessinée japonais) en 1984 pour Gassoh (合葬 / “Enterrement commun”, qui a été adapté au cinéma par Tatsuo Kobayashi) et du Bungeishunjū Manga Shō (prix Bungei shunjū) en 1988 pour Fūryū Edo Suzume (風流江戸雀 / “Élégance du moineau d’Edo”). Le seule autre manga de Sugiura à avoir été traduit en français est Oreillers de laque (二つ枕 / Futatsu makura / Lit. “Deux oreillers”) qui est disponible en deux tomes (1. Du vent sur les fleurs et 2. Promis, c’est promis) aux Éditions Philippe Picquier — ceux-ci offrent d’ailleurs une intéressante collection de manga alternatif ou qui adaptent des classiques de la littérature (voir mes commentaires sur Je suis un chat et La porte).

Si le titre occidental du manga est “Miss Hokusai” et que la présence de O-ei fait le lien entre les différents anecdotes, celui-ci n’est pas à proprement parler l’histoire de la fille de Hokusai comme ce titre le suggère, mais fait plutôt le récit des dernières années de la vie du célèbre artiste et de son entourage (principalement O-ei, Ikeda Zenjirô [qui prendra le nom d’artiste Keisai Eisen] et Kuninao Utagawa, mais aussi Iwakubo Hatsugorô [aka Totoya Hokkei], Kawamura Kotome [seconde épouse de Hokusai et mère de O-Ei], Inoué Masa [aka Hokumei, disciple de Hokusai], et Takachirô [jeune frère d’O-ei et deuxième fils de Hokusai]). Avec ce manga Sugiura nous présente en quelques sorte une vision féministe de l’époque Edo, en faisant ressortir le rôle central que O-ei jouait pour Hokusai (dont elle était un peu la gérante), le fait qu’elle entreprend une carrière qui lui est propre (mais qui n’aura jamais la renommé de son père) et en levant un peu le voile sur la vie quotidienne des geisha de Yoshiwara. Le manga est cependant trop anecdotique pour constituer un bon récit biographique sur Hokusai — sur ce sujet le manga de Shotaro Ishinomori constitue probablement une meilleure lecture (voir mon commentaire sur cet ouvrage).

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Miss Hokusai: le dessin animé

D’une certaine façon l’adaptation animée est plus intéressante que le manga car elle organise un peu mieux le récit anecdotique du manga, le restreint un peu plus autour du travail de O-ei et offre un superbe style graphique qui n’a plus rien a voir avec les dessins frustre de Sugiura. Le dessin animé mérite définitivement d’être vu. Toutefois, si le manga est fascinant pour son aspect historique authentique, le plaisir de la lecture en est un peu tempéré par le style graphique plutôt grossier et peu attrayant — quoique les allusions au style des ukiyo-e sont tout à fait charmantes. C’est donc à lire mais surtout pour les amateurs d’histoire nippone. Je réserve néanmoins mon jugement final tant que je n’ai pas lu le tome deux (d’abord annoncé pour avril 2019, il paraîtra en août 2019…)

Miss Hokusai, tome 1 par SUGIURA Hinako. Arles: Éditions Philippe Picquier (Coll. Picquier Manga / BD ), février 2019. 360 p., 15 x 22 cm, 19,00 €  / C$ 27.95. ISBN 978-2-8097-1392-3. Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Masaya Suzuki • Hiroko Suzuki 1996. Tous droits réservés. © Éditions Philippe Picquier 2019 pour la traduction française.

Dreamland-JapanSources sur Sugiura Hinako: Manga-Update, Wikipedia et surtout Dreamland Japan: Writings On Modern Manga, par Frederik L. Schodt. Berkeley: Stone Bridge Press, 1996. 360 pages (pp. 136-140), 6 x 9”, U$ 29.95 / $C 44.95, ISBN: 9781933330952. Cet ouvrage est presqu’aussi essentiel que son Manga! Manga! The World of Japanese Comics. stars-4-0 [ AmazonGoodreadsGoogle booksWikipediaWorldCat ]

Miss_Hokusai_Blu-Ray_DVD_CoverMiss Hokusai (百日紅 / Sarusuberi / Lit. “crape myrtle”): Japan, 2015, 90 min.; Dir.: Keiichi Hara; Scr.: Miho Maruo; Char. Des.: Yoshimi Itazu; Art Dir.: Hiroshi Ohno; Anim. Dir.: Yoshimi Itazu; Mus.: Harumi Fuki, Yo Tsuji; Prod.: Production I.G; Jap. Voice Cast: Anne Watanabe (Oei), Yutaka Matsushige (Hokusai), Gaku Hamada (Zenjiro Ikeda), Kengo Kora (Kuninao Utagawa), Jun Miho (Koto), Miyu Irino (Kagema). Rated PG-13. Intéressante histoire et surtout superbe animation! stars-4-0 [ ANN / Gkids Official website / IMdB / Stream on Demand ]

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La Porte

La_Porte-covSôsuke et O-Yone vivent avec le poids d’un secret qui ombre de mélancolie leur amour tendre et leur jeunesse. L’heure est-elle venue de payer leur dette ? Pour savoir ce qu’il en est vraiment, Sôsuke se retrouve devant la porte d’un temple zen.

Un grand roman de Sōseki magistralement adapté en manga, dans le décor attachant du Japon d’il y a cent ans.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Les Éditions Philippe Picquier se spécialisent dans la publication d’auteur japonais. Récemment ils ont commencé à inclure dans leur catalogue des adaptations en manga de classique de la littérature japonaise. En général, le style graphique de ces adaptations est très simple, alors que l’effort est surtout mis sur l’adaptation du texte (de façon assez similaire à la fameuse collection “Classiques” chez Soleil). Toutefois, même si ces mangas ne paie pas trop de mine visuellement, ils sont plutôt intéressant à lire car il nous font (re-)découvrir des classiques.

La Porte (門 / Mon) est une adaptation du roman éponyme de Natsume Sōseki par INOUE Daisuke (un ancien élève de Tezuka). Le roman original a été publié au Japon en 1910 — c’est le dixième roman de Sōseki, qui est surtout connu pour Je suis un chat (1905) et Botchan (1906). L’adaptation a été sérialisé dans Garaku no Mori et publié au Japon par Homesha en 2010.

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Nonaka Sōsuke est un jeune fonctionnaire mélancolique et indécis (un grand flanc mou comme on dirait ici) qui mène une vie ennuyeuse avec son épouse O-Yone. On découvre leur parcours, leur vie quotidienne: O-Yone tombe malade, Koroku — le jeune frère de Sōsuke — leur rend visite, ils apprennent que leur oncle a dilapidé leur héritage et, surtout, le secret qui les ronge nous est révélé. O-Yone était la fiancé de Yasui, un ami de Sōsuke, mais ils tombèrent amoureux l’un de l’autre et s’enfuir ensemble. Cette union répréhensible les mis au banc de la société et la culpabilité garda leur mariage infécond. L’angoisse de sa situation étant devenue intolérable, Sōsuke veut changer sa vie et décide d’aller méditer dans un temple zen. Mais il doit réaliser que c’est au-delà de ses capacités et que la porte de l’éveil lui restera fermé.

L’histoire, qui ne semble pas progresser ni apporter de résolution aux personnages, nous apparait comme incomplète. Mais peut-être était-ce là le sujet dont Sōseki voulait traiter: Sōsuke découvrant ses limites et ses responsabilités… même si il lui est impossible de changer son destin. Cela constitue sans doute une intéressante réflection philosophique mais demeure peu divertissant. En effet, le style sobre et épuré (un peu trop simple à mon goût) de INOUE et le récit lent et contemplatif de SÔSEKI en fait une lecture un peu morne. Toutefois, La Porte nous permet de découvrir l’oeuvre de Sōseki et d’avoir un aperçu de la vie quotidienne à l’ère Meiji. C’est donc décevant mais quand même intéressant.

La porte par INOUE Daisuke (dessin) et SÔSEKI (texte). Arles: Éditions Philippe Picquier, février 2018. 224 p., 15 x 22 cm, 15,50€  / C$ 27.95. ISBN 978-2-8097-1275-9. Extrait disponible sur le site de l’éditeur. Pour lectorat adolescent (14+). stars-2-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Inoue Daisuke / HomeSha, 2010. © Éditions Philippe Picquier pour la traduction française – Tous droits réservés.

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Capsules

Fête Nationale

Bonne Saint-Jean à tous!

Saint-Jean-Baptiste_et_l'Agneau_de_DieuNe trouvez-vous pas étrange qu’un état qui viens de passer une loi pour forcer la laïcité célèbre l’anniversaire d’un saint catholique comme fête nationale? N’est-ce pas absurde, voir hypocrite? Comprenez-moi bien: j’ai toujours été en faveur de la laïcité mais une laïcité pour tous et pratiquée dans le libre choix.

De toute façon, je crois qu’il est malgré tout plus approprié de se baptiser dans la bière au nom du solstice (fête de la musique, midsummer, etc.) que pour célébrer Saint Jean le baptiste

Vive l’été !

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[ Illustration: “Saint-Jean-Baptiste et l’Agneau de Dieu”, par Liénard de Lachieze (enlumineur français du XVe s.), Missel romain copié en 1492 pour l’évêque de Comminges Jean de Foix, feuillet 252r. (Sources: Wikimedia; BnF – Gallica, ms. latin 16827).]

Gentleman Jack

GentlemanJack-posterThis is another fascinating TV series that I am compelled to introduce to my readership. HBO has finally realized what PBS knew for a long time: well produced costume drama British TV series can be very popular in America too! They are now starting to co-produced Brit TV series in order to bring them over this side of the Atlantic, but their choice of titles is more edgy or controversial than what PBS is doing. And I am very grateful for that.

Gentleman Jack tells the story of Anne Lister, a landowner and industrialist from Halifax, West Yorkshire. She is known for being the first well-documented “modern lesbian”, as she left coded diaries chronicling in details her daily life, including her romantic relationships and the workings of her Shibden Hall estate and business. Set in 1832, the series mostly tells about her venture in coal mining and her relationship with Ann Walker. It started mainly for the challenge of the conquest and partly for financial interest, but she quickly becomes quite fond of the wealthy heiress. First, I was shocked by how she was planning to win her affection, but I quickly realized that if a man would have been doing the same thing it would have appeared totally normal! 

The acting is excellent (Lister is played by Suranne Jones and Walker by Sophie Rundle) and the story (created by Sally Wainwright) is well written and quite funny. The series is interesting not only because it displays the beautiful English countryside and makes us discover the eccentricity, boldness and modernity of Anne Lister, but above all because it opens a window on the way of life of the English country folks and small nobility at a time when everything is about the change. 

Gentleman Jack is an excellent historical drama that deserves your attention. It was well received by the critics (with ratings of 8.0 on IMDb and of 87% / 93% on Rotten Tomatoes). The first eight-episode season just ended, but it is still streaming on HBO. A second season has already been announced. I can’t wait to hear again the ending credits’ catchy tune by O’Hooley & Tidow!stars-4-0

To learn more about this title you can consult the following web sites:

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Capsules

Chernobyl

Chernobyl_2019_MiniseriesI really must bring this TV mini-series to your attention. Chernobyl is a superb five-part historical TV drama co-produced by HBO and Sky UK. It is about the events that led to and the aftermath of the nuclear reactor disaster that occurred in north Ukraine on April 26th 1986. The story focuses mostly on the scientist Valery Legasov (played by Jared Harris) who is sent to the site of the disaster, along with the Council of Ministers’ deputy chairman Boris Shcherbina (played by Stellan Skarsgård), to assess the damage and oversee the cleanup effort. Legasov also ask his colleague Ulana Khomyuk to investigate the cause of the reactor explosion. 

The storytelling is surprisingly accurate (although a few facts were tweeked for dramatization purpose). It tells a dark, somber story but, on top of that, the ambiance of the show itself (the sets that look like you were really in the 80s soviet era, the solemn music, the slow pace of the show) create a dark, oppressive (almost horrific) feeling that is quite depressive. However, that’s what makes the show so spot on. 

The accuracy is such that even the selected actors looks like the part (although they are — and speak — mostly British English, but the acting is so good that you don’t really care). The only character that didn’t historically exist was Ulana Khomyuk (played by Emily Watson) which was created as a composite character representing all the scientists that worked along Valery Legasov. They even shot in Ukraine and Lithuania to get the soviet vibe of the location. The last episode concludes with a “where are they now”-style epilogue that explains what happened after and shows real footage of the characters and events (on a backdrop of gloomy Russian chorus). It is really chilling!

It is an incredible miniseries, very well crafted, visually stunning in how everything look so drab and grey, quite compelling and that rings so true. It shows the extent of the human stupidity and the deep flaws of the USSR society and political system. However, the message is also extremely pertinent for today as it poses the question “What is the cost of lies?” (in an obvious reference to the Trump White House)… A must see.

I am not the only one who greatly appreciated this series as it was very well received by the critics (ratings of 9.6 on IMDb and of 96% on Rotten Tomatoes). To learn more about this series you can check the accompanying podcast where screenwriter Craig Mazin discuss the production (available on Youtube, Spotify or Apple) and the series is still available for streaming on HBO.stars-4-5

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ GoogleHBOIMDbWikipedia ]

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Capsules

Cabinets of curiosities

My nephew, Sébastien, has just started a blog (in French) about how he is building and assembling his own cabinet of curiosities. It is very interesting. He is suggesting lots of crafty and thrifty ways to create such cabinet. I particularly like his entry about old books. He is very creative (he is a writer after all) and has a very strong background in science (molecular biology); he really succeeds to combine both aspects with great ingenuity. With this blog he is sharing his passion for the scientific wonders and natural oddities of the past. I am quite impressed. It is fascinating and I recommend to have a look.

My nephew also reminds us that my great friend Mario Tessier, the venerable and learned scholar known as the “Futurible”, had introduced us to the history of the cabinet of curiosities in one of his famous “Carnets” published in Solaris #191 (p. 111-125). It is quite an edifying article that I encourage you to read if you want to push further your knowledge on this subject.

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Athenian Tetradrachma (5th c. BCE)

I have myself been collecting such curiosities since I am a child. When I settled in my home I placed a glass case in the center of the library room where I gathered a few of those items collected over the years. Unfortunately, for lack of space, it is a small display and most of my collection is still in boxes, spread around the house on top of bookshelves or even (for my most precious items like my Athenian tetradrachma, my Marc Antony or Lucius Verus denarii or my Leo I the Thracian solidus) in a safe. I have already introduced my collection in an entry about old books. However, inspired by my nephew, let me now elaborate a little more about my own cabinet of curiosities.

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Aesope’s Fables [1593]

Of course, most of my collection is articulated around books — mostly old ones. However, as a kid, I started collecting stones, minerals, fossils and coins (very few of those are displayed). At some point, because I was studying the origin of metallurgy in ancient Mesopotamia, I started collecting metal cups (mostly in silver and tin — choose wisely your graal!) and my roman studies prompted me to acquire many greek, roman and byzantine coins. Whenever I can I try to add some antiquities (pseudo or authentic) or pieces of old technology (but those are rare and expensive, so I’ve acquired them so far from family or friends). But I am mostly into old books and metal stuff… Here is the core of my cabinet of curiosities:

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Left side

Top: my collection of cups and (plated) silver plates; note the authentic 4th c. roman terracotta on the left. Bottom: my oldest books (16th-17th c.), some fossils, amethyst and native copper samples, a few coins, more metal cups and some Japanese-style tea cups (on top of a portable Go board).

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My oldest books

Detail of the fossils and old books (Svmma Omnivm Conciliorvm et Pontificvm [1633], Lucien [of Samosata] [1664], Valerius Maximus Factotum ac dictorum memorabilium libri IX [1659], Qvinti Horatii Flacci Poemata [1643], Aesopi Phrygis: Fabulae [1593], and [Iustiniani Augusti] Digestorum sev pandectarum (Pars quarto [liber XX-XXVII]), De Pignoribvs et hypothecis [1581]).

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Right side

More old books (18th-19th c.), metallic gobelets, non-metallic cups (the smallest is in walrus ivory), a pair of small wooden masks of unknown origins (Balinese? Malaysian?), an (half-hidden) incised Malian knife with leather scabbard, some Inuit art, a false skull (an ashtray in pottery) and various mementos.

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On top of the shelves: a metronome, my grandpa’s French horn, an 18th c. tradesman’s balance scale, Chinese art reproductions, fake katanas, an original Rubik’s Cube and an authentic (undated) Chinese ding (ritual bronzes).

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On top of the shelves: a 70s helicopter’s pilot helmet, an (African? Undated) bronze mortar & pestle, a transportable Lumex microscope, an old 1-A Kodak Jr folding camera [1912] and a terrestrial globe (60s or 70s).

I have many more interesting items that I could display. Following my nephew’s example, I will do my best in the future to find clever ways to share them with visitors (and seek to acquire — or make — new ones; although I am far less creative than Sébastien). And you, do you have a cabinet of curiosities?

To be continued?

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Ad Astra VI

AdAstra-v06-covMalgré les réserves d’Aemilus, Varron reste fidèle à son plan. Il lance son immense armée contre les troupes carthaginoises, persuadé d’avoir identifié la stratégie de l’ennemi : profiter du terrain pour prendre l’adversaire au piège.

Mais rien ne se passe comme prévu et, dès le début des combats, la cavalerie romaine se fait décimer ! Tandis qu’Aemilius, blessé, cherche à préserver Scipion du carnage, le second consul prend lâchement la fuite. Si l’infanterie de Rome domine encore, la bataille ne fait que commencer…

Bravoure, complots et stratégie… Plongez au cœur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion !” (Texte de la couverture arrière)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO (dont c’est le premier titre) qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa Rome et Carthage. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française paraît chez Ki-oon.

AdAstra-v06-p21Le sixième volume est entièrement consacré à la bataille de Cannae et à ses suites immédiates. Encore une fois, les romains sont victimes de la brillante stratégie d’Hannibal. Toutes les batailles précédentes n’ont servi qu’à convaincre les romains qu’ils commençaient à comprendre sa stratégie afin qu’il puisse à nouveau les surprendre. Il commence par rassurer ses alliés gaulois en affirmant qu’ils vaincront malgré leur infériorité numérique (80,000 romains contre 50,000 alliés Carthaginois) et de lourdes pertes mais que cela en vaut la peine pour se venger du joug romains et pour l’honneur de la Gaule! Après avoir feint la retraite, les Carthaginois encerclent les romains et les massacrent. Minucius et Aemilius sont tué par Giscon. Scipion, qui avait reçu l’ordre de rester en retrait avec la cavalerie, décide de mobiliser les 10,000 hommes restés au camp en renfort mais ceux-ci refusent. Leur dernier ordre était de garder leur position et, Aemilius étant mort et Varron ayant “retraité” (fuit), il n’y a plus de généraux pour donner de nouveaux ordres.

Les pertes romaines sont lourdes: 60,000 morts (dix fois plus que les Carthaginois!) et 10,000 prisonniers (dont Rome refusera de racheter la liberté)! Maharbal est d’avis que les Carthaginois devraient profiter de la victoire et marcher sur Rome mais Hannibal refuse, ne voulant pas prendre de front un ville défendu par une muraille. Maharbal réponds “Tu sais vaincre, Hannibal, mais tu ne sais pas profiter de la victoire!” Par dépit, il massacre les villages environnants (Caius qui a survécu à la bataille mais a perdu un oeil, en est témoin). Hannibal envoi son frère Magon à Carthage pour réclamer des renforts. À Rome, Fabius reprends le pouvoir et envoi les soldats survivants en Sicile, sous le commandement de Marcellus. Scipion décide de suivre le cursus honorum et de briguer office pour éventuellement devenir consul même si la tâche se révèle ardue (“Per aspera ad astra” d’où le titre du manga). Il défit Marcellus pour obtenir son soutien à l’édilité mais celui-ci le punis. Lorsque Marcellus est rappelé en Italie pour défendre la Campanie contre Hannibal, Scipion demande à l’accompagner…

Ad Astra est un manga très bien dessiné — le style en est clair et précis. Le récit est fluide, intéressant et très instructif pour ceux qui s’intéresse à l’histoire et à la civilisation romaine. Cependant, malgré que le récit laisse de côté de nombreux détails historiques (si l’on compare à Tite-Live), ce manga s’étire sur treize volumes. Nous n’en sommes donc qu’à la moitié de l’histoire! Cela reste quand même, avec Pline, le manga historique idéal pour les amateurs d’histoire romaine.

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. VI, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, juin 2015. 210 pages, 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 978-2-35592-829-1. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

ad_astra-v01 ad_astra-v02 ad_astra-v03 AdAstra-v04-cov AdAstra-v05-cov

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