Monnaies anciennes 73

Les Valentiniens (2)

Valens (364-378)

Flavius Iulius Valens est né vers 328 à Cibalae (Pannonie). Il est le fils de Gratianus Funarius, un simple commerçant (vendeur de corde) qui, devenu soldat, a rapidement gravit les échelons jusqu’à devenir général (Comes Britanniarum). Il a grandit sur le domaine familiale au côté de son frère aîné, Valentinianus. Il a servit comme officier (protector domesticus ?) au palais de l’empereur Julianus. À la mort de Jovianus, alors que son frère est nommé empereur, ce dernier le nomme co-empereur (le 26 mars 264) et il reçoit la charge d’administrer la partie orientale de l’Empire à partir de Constantinople (où il s’installe dès décembre 264). Il n’a pas l’habilité militaire, ni administrative, de son frère mais il semble bien gérer l’économie (avec une baisse des impôts et une réforme monétaire). Du côté religieux, il reprends les persécutions contre les païens et favorise l’arianisme. En 365, il tente d’abord de reconquérir les territoires perdus (Mésopotamie et Arménie) lors de la paix de Jovianus avec les Sassanides mais il doit revenir à Constantinople lorsque l’usurpateur Procopius prend le contrôle de la ville en septembre. En 366, ce dernier est rapidement capturé et exécuté mais Valens doit par la suite rétablir l’ordre en Thrace et d’Asie Mineure. Puis, pendant plusieurs années (367-369), il doit affronter les Wisigoths qui, sous l’autorité de Athanaric, avaient soutenu Procopius. 

Lorsque Valentinianus meurt en Pannonie le 17 novembre 375, son fils Gratianus (qui était déjà Auguste depuis août 367) lui succède comme empereur d’Occident. Toutefois, les soldats ont également acclamé empereur son jeune frère de quatre ans, Valentinianus II. Gratianus partage donc le pouvoir avec lui, en lui octroyant l’Illyrie, alors que lui-même règne sur l’Italie, les Gaules, la Bretagne, l’Hispanie et l’Afrique. Alors qu’il doit défendre ses frontières contre les Alamans, son oncle Valens (toujours empereur d’Orient) doit lui affronter les Ostrogoths dès 375. Ceux-ci, sous la pression des Huns et des Wisigoths (sous le commandement du chef Fritigern), traversent la frontière romaine par la Thrace en 377. Il tente de les contenir lors de la bataille d’Andrinople le 9 août 378 mais cela sera l’une des pires défaites qu’a connu l’armée romaine et Valens lui-même y trouve la mort. Cet événement marque le point tournant où l’Empire d’Occident a de plus en plus de difficulté à contenir ces invasion barbares et ainsi amorce son inexorable déclin

Gratianus nomme Auguste son général Theodosius (fils du général Theodosius Major) qui prends en charge l’Empire d’Orient. Ensemble ils mettront un frein momentané à l’avance des Goths en 381. Gratianus travaillera à supprimer les derniers éléments païens à Rome (il refuse le titre de pontifex maximus, enlève leur privilèges aux prêtres païens et aux vestales, retire la statue de la Victoire du sénat, etc.). Toutefois, au printemps 383 il doit faire face à un nouvel usurpateur, Magnus Maximus, qui le défait à Lutetia. Gratianus prends la fuite mais est assassiné à Lugdunum le 25 août. Theodosius, accaparé par la menace Goth, est bien obligé de reconnaitre Maximus comme empereur d’Occident. Valentinianus II (âgé d’une douzaine d’années et toujours sous la tutelle de sa mère Justina) garde le contrôle de l’Italie. Toutefois, Maximus réussi à prendre Rome en 387 et à le chasser d’Italie. Il se réfugie à Thessalonique et demande l’aide de Theodosius (qui est son beau-frère puisqu’il a épousé sa soeur Aelia Galla) qui alors défait et tue l’usurpateur. Theodosius reste à Mediolanum, en Italie, jusqu’en 391 pour rétablir Valentinianus II au pouvoir, puis retourne en Orient, laissant le jeune empereur sous la garde de Arbogast, l’un de ses officiers. Cependant, suite à un différent sur la stratégie militaire à adopter, Valentinianus tente de retirer son commandement à Arbogast, mais est retrouvé mort le lendemain (15 mai 392). Ainsi prends fin la dynastie des Valentiniens

J’ai trois pièces de monnaie de Valens et ce sont toutes des pièces avec le type de Securitas Reipublicae.

IMG_1488-1491La première pièce est un très beau follis / nummus (F [Fine], AE3, AE [Bronze], 17 mm, 2.306 g, payé environ $5 le 1985/01/06, caractérisé par une patine brunâtre et un important dépôt de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, portant un diadème perlé, avec l’inscription latine D[ominvs] N[oster] VALEN-S P[ivs] F[elix] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Valens, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine SECVRITAS – REIPVBLICAE (“la sécurité de la République”), un PCON en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Arelate [CON = Constantina]). On remarque qu’il n’y a aucune marque dans le champs.

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 59, 66), cette pièce aurait été frappé par première officine de Arelatum (Arles) soit entre le 24 août 367 et le 17 novembre 375, soit entre le 17 novembre 375 et le 9 août 378.

IMG_1501-1508La seconde pièce est un assez beau follis / nummus (G [Good], AE4, AE [Bronze], 15 mm, 2 g, caractérisé par un important dépôt de jaune; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, portant un diadème perlé, avec l’inscription latine D[ominvs] N[oster] VALENS – P[ivs] F[elix] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Valens, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine SECVRITAS – REIPVBLICAE (“la sécurité de la République”), un ANT𝝧 en exergue (marque de la neuvième officine [theta] de l’atelier de Antioche [ANT]).

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 264, 275), cette pièce aurait été frappé par la neuvième officine de l’atelier d’Antioche entre le 28 mars 364 et le 24 août 367.

IMG_1510-1518La troisième pièce est un assez beau follis / nummus (G / F [Good / Fine], AE4, AE [Bronze], 15 mm, 1 g, caractérisé par une patine noire avec quelques incrustations jaunâtres, une importante rognure et deux cassures à 120º et 300º de l’avers qui ont fait disparaître une partie des inscriptions; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, portant un diadème perlé, avec l’inscription latine D N VA…. – .. AVG (présumément pour Dominvs Noster Valens Pivs Felix AVGustus, soit “Notre Seigneur Valens, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine ……TAS – REIP….CAE (présumément pour Securitas Reipvblicae, soit “la sécurité de la République”), ainsi qu’une marque d’atelier en exergue qui n’est que partiellement lisible (trois ou quatre caractères avec un “T” au milieu, ??T?, possiblement ANTZ pour la septième officine [Zeta] de l’atelier de Antioche [ANT]). On remarque que l’illustration du revers est particulièrement bien conservée et que le détail du drapé de la toge de la Victoire apparait très dynamique — on pourrait presque la voir bouger!

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 264, 275), cette pièce aurait été frappé par la septième officine de l’atelier d’Antioche entre le 28 mars 364 et le 24 août 367.

Sources: Wikipedia (Valens [FR/EN]), FAC (Valens, Constantina, palm, Securitas Reipublicae, Victory, wreath), ERIC (Valens); RIC v. IX, Arelate: 17b (xiv a) / 19a (xv a); v. IX, Antioch: 12b; Online Ref. 1: Google, acsearch, CGBFR, CoinArchives, CoinProject (SCON) numismatics, numista, WildWinds (text, image). Online Ref. 2 & 3: Google, CoinArchives, CoinProject (ANTS, ANTS, ANTЄ), numismatics,  numista, WildWinds (Δ: text, image; Є: text, image). Voir aussi mes fiches (01, 02, 03).

La semaine prochaine nous abordons la dynastie des Théodosiens avec une pièce de monnaie de l’empereur Theodosius I.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.012]

Primula japonica (2)

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/03 ]

La semaine dernière je vous ai présenté des images de Primula japonica “Alba” dont les fleurs sont blanches. Aujourd’hui je vous en montre une autre variété aux fleurs rouges. Comme je l’ai déjà mentionné, la Primevère du Japon (aussi appelée Japanese primrose en anglais ou クリンソウ [Kurinsō] en japonais) est une espèce de plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Primulales (ou les Ericales en classification phylogénétique APG), à la famille des Primulaceae et au genre Primula (qui comprend plus de cinq cent espèces). (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

Ici il s’agit probablement du cultivar “Miller’s Crimson”. 

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Monnaies anciennes 72

Les Valentiniens (1)

Valentinianus

La dynastie des Valentiniens débute avec Flavius Valentinianus qui est né en 321 à Cibalae (en Pannonie) et est le fils de Gratianus Funarius, un simple commerçant (vendeur de corde) qui rejoint l’armée sous Constantinus pour devenir protector domesticus, puis tribun et finalement comes (en Afrique et en Bretagne). Il a grandit sur le domaine familiale avec son frère Valens et a reçu un bonne éducation (incluant la littérature et les arts). Il accompagne son père lors de son commandement en Afrique et s’engage dans l’armée à son tour vers la fin des années 330. Il sert sous Constantius II et devient, comme son père, protector domesticus. En 355, il est tribun en Gaule sous les ordres de Julianus et Barbatio mais, blâmé pour une défaite contre les Alamans, il s’installe à Sirmium. C’est là que son épouse Marina Severa lui donne un premier fils, Gratianus, en 359. En 357, il continue son ascension dans l’armée alors qu’il est tribun de cavalerie en Gaule. Sous Julianus, en 362, il est comes et tribun des Cornuti, une unité auxiliaire d’infanterie (Auxilia palatina) et il sert en Mésopotamie durant la campagne contre les Perses Sassanides. Sous Jovianus, il est nommé tribun d’une unité d’élite de la garde palatine, la scholae secundae scutariorum, puis tribun d’un régiment d’infanterie d’élite (Scutarii). 

À la mort de Jovianus, le 17 février 364, un comité de hauts fonctionnaires et d’officiers militaires siégeant à Nicée est chargé de lui désigner un successeur. Après avoir hésité entre plusieurs candidats (dont Salustius qui refusa), leur choix s’arrêta sur Valentinianus, qui avait établi son camps à Ancyra (Ankara). Il est acclamé empereur le 26 février 364 et en mars il nomme son frère Valens comme co-empereur. Comme c’est la tradition, ils se partagent l’empire: Valens veillera sur l’Orient avec Constantinople comme capitale et Valentinianus sera en charge de l’Occident et établira sa capitale à Mediolanum (Milan). 

Malheureusement, comme ce fut souvent le cas à cette époque, son règne n’a été qu’une succession de campagnes militaires défensives. En 367, il déplace sa capitale à Treveris pour se rapprocher de la frontière du Rhin. À l’aide de son général Theodosius Major, il doit défendre successivement la Gaule contre les Alamans (367-372) et les Saxons (370), la Bretagne contre la barbarica conspiratio (une coalition de Pictes, de Scots, de Attacotti et de Saxons) en 368, l’Afrique contre la révolte de Firmus (373-375) et la Pannonie contre les Quades et les Sarmates (375). Suite à une maladie et pour assurer sa succession, en août 367 il proclame son fils Gratianus directement Auguste à Samarobriva (Amiens). En 368, il prends Justina comme seconde épouse et celle-ci lui donnera un autre fils, Valentinianus II, en 371, et trois filles (Aelia Galla, Justa et Grata). Il rétablit la foi chrétienne comme religion officielle mais reste tolérant face au paganisme. Il a été un bon administrateur tant civil que militaire et s’est efforcé d’améliorer la condition des classes les plus pauvres, se rappellant les origines humbles de sa famille. Il aurait toutefois été très cruel dans l’exécution de la discipline et de la justice. Il est mort à Brigetio le 17 novembre 375 d’une crise d’apoplexie durant une séance de négociation avec les envoyés Quades dont ils trouvaient les exigences déraisonnables et enrageantes. Sa succession fut assurée par son frère Valens et ses fils Gratianus et Valentinianus II.

IMG_1475-1478Je n’ai qu’une seule pièce de Valentinianus. C’est un superbe follis / nummus (XF / VF [Extra Fine / Very Fine], AE3, AE [Bronze], 17.5 mm, 1.801 g, payé environ $7, caractérisé par très peu d’usure, une patine brunâtre et quelques petites tâches de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers présente un buste de l’empereur portant un diadème perlé, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine D[ominvs] N[oster] VALENTINI-ANVS P[ivs] F[elix] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Valentinianus, Pieux et heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine SECVRITAS – REIPVBLICAE (“la sécurité de la République”), un 𝝘SISCS en exergue (marque de la troisième officine [gamma = trois] de l’atelier de Siscia [SISCS]) avec les lettres D P (superposées) et F dans le champs de part et d’autre (marques de séquences?).

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 144, 147), cette pièce aurait été frappé par la troisième officine de l’atelier de Siscia entre le 24 août 367 EC et le 17 novembre 375 EC.

Sources: Wikipedia (Valentinianus [FR/EN]), FAC (Valentinianus, palm, Securitas Reipublicae, Victory, wreath), ERIC (Valentinianus); RIC v. IX: 15a (xliv); Online ref.: Google, CoinArchives, CoinArchives, numismatics, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Ce type de revers exprime encore une fois la volonté de la propagande impériale de se faire rassurante. Ainsi, alors que le danger aux frontières devient plus menaçant, on note une tendance croissante à la vantardise dans la légende des revers de monnaie. Valentinianus utilise deux types de revers en particulier, les Gloria Romanorum (“la Gloire des Romains”) et Securitas Reipublicae (“la Sécurité de l’État”), pour assurer à ses sujets que la gloire des armées romaines enlevait toute cause de peur. Toutefois, malgré les nombreuses victoires que cette pièce peut commémorer (comme la bataille de Solicinium en 368), l’avenir allait démontrer que les frontières étaient encore loin d’être sécuritaires… (RIC, op. cit., p. xl)

La semaine prochaine je vous présente trois autres pièces du type Securitas Reipublicae mais cette fois du co-empereur et frère de Valentinianus, Valens.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.005]

Primula japonica  

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/03 ]

La Primevère du Japon (aussi appelée Japanese primrose en anglais ou クリンソウ [Kurinsō] en japonais) est une espèce de plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Primulales (ou les Ericales en classification phylogénétique APG), à la famille des Primulaceae et au genre Primula (qui comprend plus de cinq cent espèces). Le nom scientifique provient de primulus (un diminutif latin de primus ou premier) et le nom vernaculaire (primevère) a une origine similaire alors qu’il dérive du latin prima vera (“premier” et “printemps”) ce qui fait allusion au fait que la plante pousse très tôt au printemps.

Comme son nom l’indique, cette espèce est originaire du Japon mais elle est maintenant cultivée sur tout les continents. Elle est caractérisée par de larges feuilles d’une apparence un peu froissée, pouvant atteindre jusqu’à vingt-cinq centimètres de long, qui poussent en une rosette au centre de laquelle émerge une tige dressée de cinquante centimètres dont le sommet arbore des grappes de fleurs violettes ou blanches. Dans ce cas-ci il s’agit probablement du cultivar “Alba.” (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Voeux de saison

NouvelAn-IMG_1417

Mes chers collègues, amis et lecteurs,

Je tiens à vous souhaiter à tous et toutes un joyeux solstice (en retard) ainsi qu’une bonne et heureuse nouvelle année qui sera pour vous, j’espère, remplie de santé, de paix et de prospérité. Souhaitons également qu’elle verra la fin de cette pestilence qui nous accable tous.

Prenez soin de vous et ne cessez jamais d’apprendre !

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