Miss Hokusai

MissHokusai-1-covMiss Hokusai tenait de son père son talent et son obstination. C’était une femme libre qui fumait la pipe, buvait du saké et fréquentait les maisons de plaisir pour croquer les belles femmes sur le vif. Autour d’elle et de Hokusai se déploie la chronique fantasque d’une vie de bohème au début du XIXe siècle, où se côtoient peintres, poètes, courtisanes et acteurs du kabuki.

Sugiura Hinako (1958-2005) est une mangaka et une historienne spécialisée dans la vie et les coutumes du Japon de l’ère Edo. Elle travaillait beaucoup pour le cinéma et son manga a été adapté en film en 2015.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Miss Hokusai (百日紅 (さるすべり) / Sarusuberi / lit. “Cent Cramoisi” qui est le nom que les Japonais donnent au Lagerstroemia [lilas des Indes ou crape myrtle en anglais] un groupe d’espèces d’arbres et arbustes indigènes du sous-continent indien) a d’abord été publié en feuilleton entre 1983 et 1987 dans le magazine hebdomadaire Manga Sunday avant d’être compilé en trois volumes par l’éditeur Jitsugyou no Nihonsha en 1987, puis en deux volumes par Chikuma Shobō (format bunko) en 1996. Il a été traduit en espagnol chez Ponent Mon et en français chez Philippe Picquier. Ce manga seinen historique, écrit et illustré par Sugiura Hinako, nous raconte des épisodes de la vie de Hokusai, le célèbre artiste d’ukiyo-e de l’ère Edo, et de O-ei, sa troisième fille qui l’assiste dans son travail. Il a été adapté en dessin animé en 2015 par Production I.G. sous la direction de Keiichi Hara.

Ce qui rend l’oeuvre de Sugiura Hinako intéressante, c’est qu’elle est probablement la seule mangaka a s’être autant inspiré de la tradition japonaise tant pour ses sujets que pour son style de dessins. Née dans une famille de fabriquant de kimonos, elle a grandit avec un grand sens de la tradition. Alors qu’elle devient de plus en plus fascinée par le Japon féodal, elle abandonne des études universitaire en arts graphiques et designs pour étudier avec Shisei Inagaki, écrivain et spécialiste de l’époque d’Edo, et être assistante pour la mangaka Murasaki Yamada.

Elle fait ses débuts en 1980 dans le magazine Garo, consacré au manga expérimental, et dès ce moment elle s’établit comme chroniqueuse de la vie quotidienne du vieux Tokyo (Edo), et particulièrement du quartier des plaisirs de Yoshiwara, en portant une telle attention aux détails (les coutumes, les vêtements, etc.) qu’elle redonne littéralement vie au passé. De plus, elle innove en poussant l’authenticité jusqu’à adopter un style graphique qui, quoique un peu frustre, s’inspire beaucoup—et même parfois imite carrément—les traditions artistiques de l’époque Edo comme l’ukiyo-e (estampes japonaises) et le kibyōshi (romans illustrés qui sont en quelques sortes l’ancêtre des mangas). Comme nous le dit Frederik L. Schodt dans Dreamland Japan (p. 139), sa principale concession à la modernité est d’adapter le language, car les Japonais d’aujourd’hui ne sauraient lire la langue de l’époque sans dictionnaire!

Malheureusement, insatisfaite de la qualité artistique de son travail et peu disposée à s’imposer le rythme de travail de la publication commerciale du manga, elle prends sa retraite en 1993 pour se consacrer à la recherche et à faire mieux connaître l’époque Edo (en étant consultante pour les média et en écrivant des ouvrages sur le sujet). Elle meurt du cancer de la gorge en 2005. Elle est récipiendaire du Nihon Mangaka Kyōkai Shō (Prix de l’Association des auteurs de bande dessinée japonais) en 1984 pour Gassoh (合葬 / “Enterrement commun”, qui a été adapté au cinéma par Tatsuo Kobayashi) et du Bungeishunjū Manga Shō (prix Bungei shunjū) en 1988 pour Fūryū Edo Suzume (風流江戸雀 / “Élégance du moineau d’Edo”). Le seule autre manga de Sugiura à avoir été traduit en français est Oreillers de laque (二つ枕 / Futatsu makura / Lit. “Deux oreillers”) qui est disponible en deux tomes (1. Du vent sur les fleurs et 2. Promis, c’est promis) aux Éditions Philippe Picquier — ceux-ci offrent d’ailleurs une intéressante collection de manga alternatif ou qui adaptent des classiques de la littérature (voir mes commentaires sur Je suis un chat et La porte).

Si le titre occidental du manga est “Miss Hokusai” et que la présence de O-ei fait le lien entre les différents anecdotes, celui-ci n’est pas à proprement parler l’histoire de la fille de Hokusai comme ce titre le suggère, mais fait plutôt le récit des dernières années de la vie du célèbre artiste et de son entourage (principalement O-ei, Ikeda Zenjirô [qui prendra le nom d’artiste Keisai Eisen] et Kuninao Utagawa, mais aussi Iwakubo Hatsugorô [aka Totoya Hokkei], Kawamura Kotome [seconde épouse de Hokusai et mère de O-Ei], Inoué Masa [aka Hokumei, disciple de Hokusai], et Takachirô [jeune frère d’O-ei et deuxième fils de Hokusai]). Avec ce manga Sugiura nous présente en quelques sorte une vision féministe de l’époque Edo, en faisant ressortir le rôle central que O-ei jouait pour Hokusai (dont elle était un peu la gérante), le fait qu’elle entreprend une carrière qui lui est propre (mais qui n’aura jamais la renommé de son père) et en levant un peu le voile sur la vie quotidienne des geisha de Yoshiwara. Le manga est cependant trop anecdotique pour constituer un bon récit biographique sur Hokusai — sur ce sujet le manga de Shotaro Ishinomori constitue probablement une meilleure lecture (voir mon commentaire sur cet ouvrage).

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Miss Hokusai: le dessin animé

D’une certaine façon l’adaptation animée est plus intéressante que le manga car elle organise un peu mieux le récit anecdotique du manga, le restreint un peu plus autour du travail de O-ei et offre un superbe style graphique qui n’a plus rien a voir avec les dessins frustre de Sugiura. Le dessin animé mérite définitivement d’être vu. Toutefois, si le manga est fascinant pour son aspect historique authentique, le plaisir de la lecture en est un peu tempéré par le style graphique plutôt grossier et peu attrayant — quoique les allusions au style des ukiyo-e sont tout à fait charmantes. C’est donc à lire mais surtout pour les amateurs d’histoire nippone. Je réserve néanmoins mon jugement final tant que je n’ai pas lu le tome deux (d’abord annoncé pour avril 2019, il paraîtra en août 2019…)

Miss Hokusai, tome 1 par SUGIURA Hinako. Arles: Éditions Philippe Picquier (Coll. Picquier Manga / BD ), février 2019. 360 p., 15 x 22 cm, 19,00 €  / C$ 27.95. ISBN 978-2-8097-1392-3. Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Masaya Suzuki • Hiroko Suzuki 1996. Tous droits réservés. © Éditions Philippe Picquier 2019 pour la traduction française.

Dreamland-JapanSources sur Sugiura Hinako: Manga-Update, Wikipedia et surtout Dreamland Japan: Writings On Modern Manga, par Frederik L. Schodt. Berkeley: Stone Bridge Press, 1996. 360 pages (pp. 136-140), 6 x 9”, U$ 29.95 / $C 44.95, ISBN: 9781933330952. Cet ouvrage est presqu’aussi essentiel que son Manga! Manga! The World of Japanese Comics. stars-4-0 [ AmazonGoodreadsGoogle booksWikipediaWorldCat ]

Miss_Hokusai_Blu-Ray_DVD_CoverMiss Hokusai (百日紅 / Sarusuberi / Lit. “crape myrtle”): Japan, 2015, 90 min.; Dir.: Keiichi Hara; Scr.: Miho Maruo; Char. Des.: Yoshimi Itazu; Art Dir.: Hiroshi Ohno; Anim. Dir.: Yoshimi Itazu; Mus.: Harumi Fuki, Yo Tsuji; Prod.: Production I.G; Jap. Voice Cast: Anne Watanabe (Oei), Yutaka Matsushige (Hokusai), Gaku Hamada (Zenjiro Ikeda), Kengo Kora (Kuninao Utagawa), Jun Miho (Koto), Miyu Irino (Kagema). Rated PG-13. Intéressante histoire et surtout superbe animation! stars-4-0 [ ANN / Gkids Official website / IMdB / Stream on Demand ]

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La Porte

La_Porte-covSôsuke et O-Yone vivent avec le poids d’un secret qui ombre de mélancolie leur amour tendre et leur jeunesse. L’heure est-elle venue de payer leur dette ? Pour savoir ce qu’il en est vraiment, Sôsuke se retrouve devant la porte d’un temple zen.

Un grand roman de Sōseki magistralement adapté en manga, dans le décor attachant du Japon d’il y a cent ans.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Les Éditions Philippe Picquier se spécialisent dans la publication d’auteur japonais. Récemment ils ont commencé à inclure dans leur catalogue des adaptations en manga de classique de la littérature japonaise. En général, le style graphique de ces adaptations est très simple, alors que l’effort est surtout mis sur l’adaptation du texte (de façon assez similaire à la fameuse collection “Classiques” chez Soleil). Toutefois, même si ces mangas ne paie pas trop de mine visuellement, ils sont plutôt intéressant à lire car il nous font (re-)découvrir des classiques.

La Porte (門 / Mon) est une adaptation du roman éponyme de Natsume Sōseki par INOUE Daisuke (un ancien élève de Tezuka). Le roman original a été publié au Japon en 1910 — c’est le dixième roman de Sōseki, qui est surtout connu pour Je suis un chat (1905) et Botchan (1906). L’adaptation a été sérialisé dans Garaku no Mori et publié au Japon par Homesha en 2010.

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Nonaka Sōsuke est un jeune fonctionnaire mélancolique et indécis (un grand flanc mou comme on dirait ici) qui mène une vie ennuyeuse avec son épouse O-Yone. On découvre leur parcours, leur vie quotidienne: O-Yone tombe malade, Koroku — le jeune frère de Sōsuke — leur rend visite, ils apprennent que leur oncle a dilapidé leur héritage et, surtout, le secret qui les ronge nous est révélé. O-Yone était la fiancé de Yasui, un ami de Sōsuke, mais ils tombèrent amoureux l’un de l’autre et s’enfuir ensemble. Cette union répréhensible les mis au banc de la société et la culpabilité garda leur mariage infécond. L’angoisse de sa situation étant devenue intolérable, Sōsuke veut changer sa vie et décide d’aller méditer dans un temple zen. Mais il doit réaliser que c’est au-delà de ses capacités et que la porte de l’éveil lui restera fermé.

L’histoire, qui ne semble pas progresser ni apporter de résolution aux personnages, nous apparait comme incomplète. Mais peut-être était-ce là le sujet dont Sōseki voulait traiter: Sōsuke découvrant ses limites et ses responsabilités… même si il lui est impossible de changer son destin. Cela constitue sans doute une intéressante réflection philosophique mais demeure peu divertissant. En effet, le style sobre et épuré (un peu trop simple à mon goût) de INOUE et le récit lent et contemplatif de SÔSEKI en fait une lecture un peu morne. Toutefois, La Porte nous permet de découvrir l’oeuvre de Sōseki et d’avoir un aperçu de la vie quotidienne à l’ère Meiji. C’est donc décevant mais quand même intéressant.

La porte par INOUE Daisuke (dessin) et SÔSEKI (texte). Arles: Éditions Philippe Picquier, février 2018. 224 p., 15 x 22 cm, 15,50€  / C$ 27.95. ISBN 978-2-8097-1275-9. Extrait disponible sur le site de l’éditeur. Pour lectorat adolescent (14+). stars-2-5

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© Inoue Daisuke / HomeSha, 2010. © Éditions Philippe Picquier pour la traduction française – Tous droits réservés.

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Capsules

Blue Corner

bluecorner-covBlue Corner nous dépeint le destin d’un challenger de boxe pas comme les autres. Il s’appelle Reggae, il boxe en poids léger. Son palmarès : 12 victoires par KO pour 20 défaites par autant de KO. Pourtant, les connaisseurs savent apprécier le coup de poing dévastateur de ce combattant enfermé dans un mutisme qui ne fait que contribuer à son mythe. Et quand il croise le chemin d’un promoteur qui voit en lui un roi sans couronne, la vie de ce boxeur va dévier vers le tortueux chemin de la ceinture de champion, là où il n’y a pas de place pour le scrupule.

[Texte de la couverture arrière]

J’ai découvert ce manga il y a plus d’un an et il m’a fallut du temps avant d’en arriver à le lire… Le récit est très ordinaire mais cela demeure tout de même un lecture assez intéressante car il nous fait voir le Taniguchi des années ’80, celui qui racontait des histoires d’action. Très peu d’oeuvres de cette période ont été traduite jusqu’à maintenant.

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Publié au Japon sous le titre Combattant Bleu (青の戦士 / Ao no Senshi / Blue Fighter) par Futabasha en mars 1982, Blue Corner est illustré par Jiro Taniguchi et écrit par Caribu Marley (pseudonyme de Tsuchiya Garon surtout connu pour avoir scénarisé Old Boy, illustré par Nobuaki Minegishi). Cette oeuvre de jeunesse de Taniguchi nous offre un manga seinen de sport, bien documenté et dédié au monde de la boxe — un sujet un peu similaire à Garôden qu’il publiera dix ans plus tard et qui était, lui, consacré à la lutte. Car bien avant de produire ses manga consacrés à la nature (Blanco, Le Sommet des dieux, L’Homme de la Toundra, Seton) ou encore à la réminescence et à la déambulation introspective (Le journal de mon père, Le Gourmet solitaire, Quartier lointain, Le promeneur), Taniguchi a eut une période où il a dessiné des manga d’action, empreint de violence (Trouble is my business [1980], Enemigo [1985], Tokyo Killers [1986, publié en anglais par Viz sous le titre Hotel Harbour View], Garôden [1989-90]). Sa mort en février 2017 nous prive de nouvelles oeuvres, mais heureusement des éditeurs comme Pika continuent de traduire ses vieilles productions. 

Dans ce manga, Taniguchi dépeint les coulisses de la boxe à travers l’histoire de Reggae, un combattant taciturne (si on ne tient pas compte des onomatopées, il dit à peine dix mots de tout le manga!) et mystérieux qui connait peu de succès jusqu’à ce que le hasard mette sur sa route un promoteur qui voit en lui un nouveau champion. Le récit nous fait découvrir la monté fulgurante du boxeur mais, à part les allusions au passé mystérieux du personnage, il n’offre que peu d’intérêt. Le véritable sujet de Taniguchi est de nous montrer le coulisses sombres du monde de la boxe où les combats de décident comme des transactions louches et maffieuses…

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Comme toutes les oeuvres de jeunesse de Taniguchi, il n’a pas encore développé le beau style graphique et narratif qui le caractérise et l’a rendu populaire. Non, s’il montre déjà un grand talent pour dépeindre efficacement les scènes d’action (à grand renfort de ligne de vitesse), son style demeure encore plutôt frustre. Il utilise beaucoup de traits pour dépeindre ses scènes ce qui fait que ses planches sont souvent sombre, comme si il y avait trop d’encre — on est donc assez est loin du style clair et précis de ses oeuvres plus récentes. Pour plus de détails sur la mise en contexte de cette période dans l’ensemble de  son oeuvre, je vous réfère à mon commentaire sur Garôden.

Blue Corner mérite certainement d’être lu, mais surtout si vous êtes un amateur inconditionnel de Taniguchi.

Blue Corner, par Jiro Taniguchi (dessin) et Caribu Marley (scénario). Paris: Pika (Coll. Pika Graphic, série Action), mai 2018. 288 pages, 172 x 242 mm, 18.00 € / $C 29.95, ISBN 978-2-8116-3830-6. Pour un lectorat jeune adulte (15+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Pika Édition 2018 Marley, Caribu/Taniguchi

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Capsules

Fantasia 2019

Fantasia-2019-bannerThe 23rd edition of the Fantasia International Film Festival, the top genre film festival in North America, will be held (mostly) at the Concordia Théâtre Hall from July 11 to August 1st 2019. The festival will open with Hideo Nakata latest movie, Sadako. It will also showcase over an hundred feature films & shorts in horror, sci-fi or fantasy genres and many filmmakers and actors will be attending to introduce their production — including Yamamoto Kiyoshi (Director of Brave Father Online – Our Story of Final Fantasy XIV), Yaguchi Shinobu & Kanekoa Ryon (director and producer of Dance with me), Makoto Tezuka (dir. of The Legend of the Stardust Brothers), Takahiro Umehara (dir. & writer for Moon in the hidden woods), Nao Yoshighai (retrospective), Oshiyama Kiyotaka (dir. of the short Shishigari) and Keita Amemiya (dir. of Garo and speaker of the Master Class on Wed July 31, 2019 7:00 PM at the York Amphitheatre). Tickets will be available at Concordia’s box office and online starting July 6th.

Movies from all over the world will be presented (including five from China, five from Hong Kong, twenty-four from South Korea and two from Taiwan), but here we are interested mostly in the forty-five production from Japan:

Anime

Live-Action

This year there’s lots of horror and lots of shorts, many anime and a few titles to watch closely (like Human Lost, The Relative worlds, Garo, Gintama 2, and The island of cats).

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Haikara-San: Here Comes Miss Modern

My wife read an interview of Waki Yamato in Fujin Kōron (a Japanese women’s public opinion magazine) where she was talking about a recent anime adaption of her manga Haikara-san. My wife, who enjoyed the manga when she was a teenager, told me she would like to see this animation. Therefore I obliged.

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Excerpt from the manga (from Frederik L. Schodt Manga! Manga! The World of Japanese Comics, p. 90).

Haikara-San: Here Comes Miss Modern (はいからさんが通る / Haikara-san ga tōru) is one of those shōjo manga published in the 70s that I wish would be one day translated either in French or English so I could read them. This traditional shōjo style might not be very popular amongst today’s manga reader, but it was beautiful in many ways and their stories were always quite compelling. The manga was serialized in Shōjo Friend between 1975 and 1977 and compiled into 8 volumes by Kodansha. The manga was first adapted into an animated TV series (TV Asahi, 42 eps, 1978-1979), then into several live-action TV movies (on KTV in 1979, on Fuji TV in 1985, by Toei in 1987, and on TBS in 2002) and was even the subject of a Takarazuka revue in 2017. Finally, it was adapted into two anime movies: Gekijōban Haikara-san ga Tōru Zenpen – Benio, Hana no 17-sai  [劇場版 はいからさんが通る 前編 ~紅緒、花の17歳~ / lit. “Theatrical version, Here comes miss modern, first part: Benio, 17 years’ flower”] (November 2017, 97 mins, already available on Blu-ray from The Right Stuf) and Gekijōban Haikara-san ga Tōru Kōhen – Tokyo Dai Roman [劇場版 はいからさんが通る 後編 ~花の東京大ロマン~ / lit. “Theatrical version, Here comes miss modern, second part: Tokyo great romance of flower”] (October 2018, 105 mins). 

[ ¡ WARNING: The following MAY contain traces of spoilers! People allergic to the discussion of any plot’s elements before seeing/reading the story themselves are strongly advised to take the necessary precautions for their safety and should avoid reading further ! ]

Haikara-San-Movie1-bluRayIn the first movie, we follow the life of 17-year-old Benio Hanamura who was raised by her military father. She is a tomboy who likes to practise kendo with the girly neighbour Ranmaru (who was raised to become a kabuki actor). The story is set in the Taishō era, when Japan is trying to “occidentalize” itself. She wants to be “modern” and believes in a woman’s right to have a career and to marry for love. Unfortunately, her father want to arrange a marriage with one of his young subordinate, lieutenant Shinobu Ijuin, because their grand-parents were in love but could never marry and made the pact that the Hanamura and Ijuin families would be one day reunited. Benio refuses and tries to elope with Ranmaru, who is secretly in love with her. She also discovers that her best friend Tamaki is in love with Shinobu. She is nevertheless sent to Shinobu’s household to help and learn the domestic duties of a wife. As she is finally falling in love with him, she infuriates her father’s superior and Shinobu is sent to the front in Siberia. Not long after, he is reported missing in action or maybe dead…

The movie was written and directed by Kazuhiro Furuhashi, with character designs by Terumi Nishii, art direction by Kentaro Akiyama and music by Michiru Oshima. The cast includes Mamoru Miyano as Shinobu, Saori Hayami as Benio, Asami Seto as Tamaki, Yuuki Kaji as Ranmaru, and Unshō Ishizuka as Major Hanamura.

In the second movie, Benio tries to go on with her life and hopes that Shinobu might come back one day. In the meantime, she keeps taking care of his grandparents household and tries to find a job. After many unsuccessful attempts she is finally hired as reporter by a small newspaper headed by Tosei, a handsome but misogynistic editor (he’s literally allergic to women due to issues with his mother). She goes to Manchuria to investigate a band of rebels supposedly headed by a Japanese deserter. She meets with him and discovers he is Onijima, a friend of Shinobu in the army, who tells her how Shinobu got missing after saving his life. Later, back in Tokyo, she is covering the visit of a Russian noble couple in exile, Count Michaellov and countess Larisa. Benio is shocked to see that the count looks exactly like Shinobu. Actually, it’s him but he suffers from amnesia. Larisa saved and nursed him to replace her dead husband Sasha (who was in fact Shinobu’s younger half-brother, because Shinobu’s German mother left to marry a Russian noble—yes, I know, it’s complicated). When Shinobu eventually recovers his memory, he cannot marry Benio because he is now married to Larisa and feels indebted to her as she is dying of tuberculosis. Heartbroken, Benio decides to marry Tosei instead (who has discovered that he actually loves her). But on their wedding day the great Kanto earthquake occurs and Larisa finally dies of her disease. Benio and Shinobu can finally be reunited…

The second movie was directed by Toshiaki Kidokoro, with a script by Kazuhiro Furuhashi, character designs by Terumi Nishii, art direction by Kentaro Akiyama and music by Michiru Oshima. The cast includes, besides the cast from the first movie, Kazuya Nakai as Shingo Onijima, Maaya Sakamoto as Larisa, and Takahiro Sakurai as Tōsei Aoe. 

[ ¡ END of possible spoilers warning ! ]

Haikara-San movies are beautifully animated, with crisp, up-to-date quality animation (quite different from the style of late-70s anime, which tend not to age very well—although the TV series is now also available on blu-ray in Japan). The story offers typical Japanese romantic drama filled with lots of comedy. However, despite the funny antics of the characters, the story tackles very serious subjects like feminism and war. I enjoyed it a lot and I highly recommend you to, at least, have a look. If only someone would translated the manga… stars-3-5

For more information you can consult the following web sites:

[ ANNGoogleIMDbOfficialRight StufWikipediaYoutube ]

 

© 2017 Waki Yamato, Kodansha / “Haikara-san” Partners.

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A new beautiful era of harmony

ReiwaThe Japanese government has announced last night that the name of the new Japanese era will be Reiwa (令和).

Each time that there is a new emperor, Japan’s calendar start a new era (時代 / jidai) or period (元年 / gannen). The era name (年号 / nengō or 元号 / gengō) is always selected carefully and has a great cultural significance. However, today it is mainly used only on government official paperwork (driving licenses, official calendar, etc.). Everyday use generally follows the Gregorian calendar. The previous era of modern Japan are Meiji (Prince Mutsuhito, 1868-1912), Taishō (Prince Yoshihito, 1912-1926), Shōwa (Hirohito, 1926-1989) and Heisei (Akihito, 1989-2019). Reiwa will be the 248th era name of Japanese history.

This change usually happens upon the death of the emperor, as his son ascend to the Chrysanthemum Throne. However, this time, the emperor Akihito chose to abdicate for health reason on April 30th and he will be succeeded by his elder son, Naruhito, on May 1st. Another departure from tradition is the fact that, in the past, the name was inspired by Chinese literature. This time, the panel of experts selected to choose the name took the idea from Japanese classical literature, as it is derived from the ancient poem anthology Man’yōshū. 

The first character of the name, Rei [], means good fortune (the “auspicious wave of energy of the plum blossoms carried by the wind”) and the second character, Wa [], means   gentle, harmonious or peace and tranquility.  It could therefore be translated as “fortunate harmony” or “auspicious harmony” (although some seems to translate it as “redolent harmony”).

The announcement was well received by the Japanese as they expect the name to embody their hope for a better future

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On the frontier

9782505069812_cg“Avec ses histoires « tranches de vie », qui vous feront voyager de la douce innocence de l’enfance aux désillusions de la vieillesse avec des personnages hauts en couleur, ce titre émouvant se doit de finir entre vos mains. Un recueil d’histoires courtes poignantes, remplies d’émotions et de poésie.”

On the frontier (辺境で 伊図透作品集 / Henkyo de – izu toru sakuhin-shu / lit. “At the frontier: Izu Toru Work Collection”) est un recueil rassemblant huit courtes premières oeuvres de Tôru Izu pré-publié entre 2007 et 2015 dans différents magazines. Il a été publié en 2016 chez Enterbrain (éditeur de Comic Beam). C’est le cinquième manga de Tôru Izu à être publié au Japon (après Mitsubachi no Kiss [ミツバチのキス / lit. “Kiss of the Killer Bee”, Futabasha, 2 vol., 2008], Onsa no Hibiki [おんさのひびき / lit. “Echo of the ancient time”, Futabasha, 3 vol., 2009], Ace [エイス, Kodansha, 3 vol., 2012], et Juuza no Uruna [銃座のウルナ / lit. “Urna of the gun turret”, Enterbrain, 6 vol. +, 2015]) mais le premier à être traduit en français.

Screen Shot 2019-02-24 at 19.39.22Dans “Steel Blue” (Steel Blue, 30 pages), une jeune étudiante en arts graphique, Kako Amakasu, choisie de faire une sculpture comme projet de fin d’étude au lieu d’un dessin comme ses collègues. Elle prends comme matériaux un rail de chemin de fer et des boulons qu’elle soude ensemble. Malgré les difficultés et son inexpérience avec la technique, elle est assez satisfaite du résultat même s’il laisse les professeurs un peu perplexes. Pré-publié chez Futabasha dans le magazine Manga Action (Avril 2008). Lauréat du 5e prix de Manga Action récompensant les débutants. C’est mon histoire favorite du lot. stars-4-0

 

Dans “Lace tes chaussures!” (靴ひもを結べ!/ Kutsu himo o musube!, 30 pages), on retrouve une Kanako Amakasu plus jeune (en dernière année de secondaire, juste avant d’entrer au collège) qui s’inquiète de sa carrière et du fait qu’être une femme est limitatif. Elle trouve les garçon idiots. Pourtant, elle se lie d’amitié avec Eto et Sakai qui aiment jouer à chat perché sur les hauteurs. Elle admire leur insouciance mais les incite tout de même à penser à leur avenir… Cette histoire a été pré-publié dans Manga Action (Septembre 2008) et constitue la première apparition (sous des noms différents) des personnages de sa série Onsa no Hibiki. stars-3-0

Dans “Lace tes chaussures! Épisode hivernal” (靴ひもを結べ!・冬 / Kutsu himo o musube! Fuyu, 24 pages), Kô Mizuura (qui que n’a que quatre orteilles aux pieds) vit à l’orphelinat “La maison de Hibikigaoka” avec Satomi, Daisuke, et Takashi. Il a un petit boulot de distributeur de journaux mais n’aime pas le faire en hiver car il a froid au pieds. Il est amateur de chaussures et admire les bottes d’une serveuse de café mais ne croit pas pouvoir se les payer. Pré-publié dans Gekkan Comic Beam (septembre 2015). stars-3-0

Dans “On the frontier” (辺境で / Henkyō de, 42 pages), des hommes travaillent dure à la construction d’un chemin de fer dans un pays désertique mais froid qui n’est pas nommé (possiblement en Amérique du Sud?). Il s’agit d’une dictature où la guérilla fait rage. Les accidents de construction ne sont pas rares et souvent ils sont mortels. Un jeune se joint à l’équipe. C’est en fait un journaliste incognito mais il est découvert et exécuté… Toutefois, le contre-maître voit à le venger. Pré-publié dans Big Comic Spirits Casual (mai 2007) et lauréat du 59e prix Shinjin Komikku Taishô de Shōgakukan (débutant, catégorie seinen). J’aime bien. stars-3-5

Dans “”Laisse-moi” (ほっとけ / Hottoke, 16 pages), Mako s’inquiète pour Junki qui est dehors tard le soir à jouer seul car ses parents travaillent et ne sont jamais là. Elle s’inquiète aussi pour Eto que personne n’a vue depuis plusieurs jours. Elle trouve une excuse pour passer voir Junki, pensant qu’il s’ennui mais il s’amuse dans son imaginaire… Dans “Cerisier” (さくら / Sakura, 11 pages), des policiers visionnent une video où un jeune garçon se fait battre par un sadique. S’agit-il d’Eto? Dans “La pierre d’Union Soviétique” (ソ連の石 / Soren no ishi, 27 pages), Mako croise Eto dans le train. Il est plus sale et défraîchi qu’à l’habitude. Ils parlent de leur avenir. Eto lui remet une pierre qu’il dit avoir trouvé en Union Soviétique où il serait allé plusieurs fois comme passager clandestin. Il veut voyager autour du monde et découvrir les merveilles qui se font à l’étranger. Elle boude car elle ne veut pas qu’il reparte sans lui dire à elle et à Junki. Ces trois récits ont été publié à compte d’auteur (doujinshi?) dans le recueil Récits qui ont débordé puis sombré (あふれてしずんだお話たち / Afurete shizunda ohanashi-tachi, publié en décembre 2014 chez l’éditeur クリーク・アンド・リバー社 / Kurīku Ando ribā-sha / lit. “Ruisseau et rivière”). Le second est pratiquement incompréhensible et le plus intéressant du lot est le troisième. stars-2-5

Dans “Sans titre” (No Title, 40 pages), un gamin qui aime se balader sur les trains clandestinement et dit vouloir faire le tour du monde sans payer (Eto?) passe du temps avec les cheminots. Le vieux Duka lui montre les rudiment du métier. Mais celui est mis à la retraite et met fin à ses jours. Le jeune continue à se tenir avec le cheminots et McLintock s’occupe de lui un peu. C’est une histoire que Izu a créée avant de devenir mangaka. stars-3-0

Le style graphique de Tôru Izu, qui me semble influencé par celui de Leiji Matsumoto, est assez uniforme tout au long du volume. Par contre, les différentes histoires courtes sont de qualité et d’intérêt assez variable. Dans l’ensemble, le récit manque parfois de fluidité à un point où, dans certaine occasions, on se demande un peu ce qui se passe dans l’histoire. On the frontier demeure une bonne lecture et j’aimerais bien voir la traduction d’autres titres de cet auteur (comme Onsa no Hibiki, dont plusieurs histoires de ce livre semblent être la genèse, ou Juuza no Uruna qui a déjà été traduit en espagnol). La collection “Made In” de Kana semble offrir de nombreux auteurs peu connus mais intéressants et qui méritent probablement un coup d’oeil…

On the frontier : Recueil d’histoires courtes, par Tôru Izu (traduction par Pascale Simon). Bruxelles: Kana (Coll. Made In), mars 2018. 240 p., 14.8 x 21.0 cm, 15,00 € / $C 26.95. ISBN 978-2-5050-6981-2. Manga seinen pour public jeune adulte (14+). Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. Aussi disponible en format électronique sur iTunes. (Voir couverture arrière) stars-3-0

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© 2016 IZU Toru. All rights reserved. Édition française © Kana (Dargaud-Lombard s.a.) 2018.

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