La nuit des temps

LaNuitDesTemps-cov“L’Antarctique. À la tête d’une mission scientifique française, le professeur Simon fore la glace depuis ce qui semble une éternité. Dans le grand désert blanc, il n’y a rien, juste le froid, le vent, le silence. Jusqu’à ce son, très faible. À plus de 900 mètres sous la glace, quelque chose appelle. Dans l’euphorie générale, une expédition vers le centre de la Terre se met en place.

Un roman universel devenu un classique de la littérature mêlant aventure, histoire d’amour et chronique scientifique.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Une expédition scientifique en Antarctique qui découvre sous la glace des ruines et un artefact remontant à la nuit des temps — ce qui semble une impossibilité (une civilisation humaine avancée datant de 900,000 ans!) —pourrait constituer les prémices d’une nouvelle de H.P. Lovecraft. Et pourtant, Barjavel en a fait une double histoire d’amour au-delà du temps. Une sorte de drame shakespearien, à la Roméo et Juliette, ou similaire au mythe médiéval de Tristan et Iseut. Une histoire d’amour qui ultimement exprime un esprit de révolte bien de son époque, puisque le livre a été écrit en 1968 — mais bien avant que les manifestations étudiantes ne commencent, ce qui en fait un peu un ouvrage prophétique…

>> Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs <<

Le roman fait le récit d’une mission de relevé géologique française en Antarctique qui sonde le sol sous-glacière à l’aide de radar et qui découvre une anomalie qui s’apparente à des ruines. Sous 980 mètres de glace, il y avait là quelques choses qui dormait depuis 900,000 ans et qui émettait un signal en ultra-son! L’histoire nous est racontée du point de vue de Simon, le docteur et le chef de mission. Il se rend à Paris pour faire son rapport au chef des Expéditions Polaires Françaises. On décide de révéler la découverte et l’UNESCO organise une Expéditions Polaire Internationale qui construit une base sur le site (doté d’un ordinateur qui traduit toutes les conversations en dix-sept langues) et entreprend de forer un puit dans la glace vers le sol antarctique d’où provenait le signal. 

À dix-sept mètres sous-terre, on découvre une sphère en or de presque trente mètres de diamètre! Celle-ci s’avère creuse et contient une construction ovoïde où l’on découvre, allongé sur deux socles d’or, les corps nus d’un homme et d’une femme, congelés dans le zéro absolu. La femme est d’une extraordinaire beauté. On décide de tenter de la réanimer en premier. Avec succès. Il faut cependant beaucoup de temps avant que la machine-traductrice réussisse à percer le mystère de la langue de la jeune femme et que l’on puisse finalement communiquer avec elle. Son nom est Eléa. Elle leur raconte et leur montre (à l’aide d’un appareil qui lui permet de projeter ses pensées et souvenirs) son histoire. Elle vient d’un monde très avancé technologiquement mais déchiré par la guerre. Une guerre sans merci qui oppose le peuple de Gondawa (l’Antarctique) et de Enisoraï (les deux Amériques incluant un vaste continent disparu qui occupait la majorité de l’océan Atlantique). La sphère contient le secret de toute la science et la technologie Gondawa: de quoi créer de l’énergie à l’infini, de la nourriture à partir de rien (de simple atomes), de quoi mettre fin à la pauvreté, à la famine, à toute les iniquités sur la planète…

Eléa leur décrit sa société, son amour pour son conjoint Païkan, et le fait qu’elle a été choisi pour accompagner le savant Coban dans l’Abris, la sphère, conçu pour résister à tout, même à la fin du monde, dans le cas où Gondawa utiliserait en dernier recourt l’Arme Solaire, une sorte de bombe à fusion… Apparement ce fut le cas: Enisoraï a été anéanti dans un choc si violent que la planète entière a été secoué et a pivoté sur son axe, détruisant les deux civilisations, et presque toute vie sur terre. Et Eléa se réveille, presqu’un million d’années plus tard, alors que tout ce qu’elle a connu — et aimé — n’est plus… Mais Simon l’aime. Toutefois ce n’est pas assez pour empêcher la tragédie…

>> Fin de l’avertissement <<

J’ai lu ce roman pour la première fois quand j’étais adolescent ou jeune adulte (je ne me souviens plus). Je l’avais dans ma bibliothèque mais ne le trouve plus (j’ai dû le prêter à quelqu’un et en perdre la trace) alors il a fallut l’emprunter à la bibliothèque pour le relire. J’ai longtemps considéré que c’était le meilleurs roman de science-fiction française que j’ai lu. Évidemment, avec le recul des années, je me rends compte de ce n’est pas si génial que cela mais c’est tout de même une très bonne lecture. Ce roman nous offre une belle histoire, pas trop compliquée — mais tout de même avec ses surprises et rebondissements — et une narration plutôt simple, qui fait que le roman se lit très bien.

Quand on s’arrête pour y penser, La nuit des temps a de nombreux défauts. Le narrateur (et par extension, j’imagine, l’auteur) a une attitude très sexiste (les femmes sont belles et les hommes intelligents) et raciste (les savants asiatiques sont des “jaunes” et les gens à la peau noire sont les descendants des martiens!). Et même si le roman est maintenant considéré comme un classique de la littérature d’anticipation, il faut avouer que plusieurs éléments de l’histoire nous apparaissent comme plutôt cliché. Pire que cela, Barjavel a été accusé de plagiat car son roman comporte des similitudes embarrassantes avec celui de l’Australien Erle Cox, Out of the Silence (tr. La Sphère d’or), qui a été publié en feuilletons en 1919, puis éditer en 1925. (J’ai l’intension de faire moi-même la comparaison entre les deux romans éventuellement).

Malgré ses défauts, La nuit des temps reste un très bon roman qui m’a fortement marqué et que je recommande chaudement à tous.

La nuit des temps, par René Barjavel. Paris: Presse de la Cité (Coll. Pocket, #812), avril 2018. 416 pages, 10.8 x 17.7 cm, 7.50 € / $C 13.95. ISBN 978-2-266-23091-9. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Presse de la Cité, 1968.

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Entrevue capsule: Jonathan Reynolds

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Voici la seconde des trois entrevues-capsules que j’ai réalisé avec des auteurs de SFFQ au Salon du Livre de Montréal en novembre 2019. 

Les entrevues-capsules sont de mini-entrevues avec des auteurs (surtout de science-fiction) de chez nous. Le principe de ces entrevue est de s’en tenir à deux ou trois questions de base (qui êtes-vous, que faites-vous, etc.) et que l’entrevue ne dure pas plus que deux à cinq minutes. Cela doit être compacte et bien se digérer!

Jonathan Reynolds est un prolifique jeune auteur qui se spécialise surtout dans la littérature d’horreur québécoise. Il a co-fondé la maison d’édition Les Six Brumes en 2001, a publié de nombreux livres (particulièrement aux Éditions Z’ailées) et est coordonateur de la revue Solaris depuis le numéro 195 en 2015 (j’ai déjà commenté par le passé sur ce magazine fondamental de la SFFQ). Les Éditions Alire publierons son roman fantastique Abîmes au printemps 2020. Vous pouvez en apprendre plus sur lui en consultant son blogue ou son site d’auteur

( video aussi disponible sur Vimeo )

Entrevues à venir: avec Yves Meynard (Chrysanthe 2. Le Prince rebelle).

Autres entrevues-capsules disponibles: Catherine Sylvestre/Francine Pelletier et Sébastien Chartrand.

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Capsules

Dans l’abîme du temps

PdF5-juin76“Les quatre récits qui composent ce recueil sont moins des nouvelles au sens du terme que de nouvelles vues sur le monde extraordinaire et terrifiant créé par Lovecraft. L’Humanité y est aux prises avec les êtres surnaturels, maîtres de la terre avant l’arrivée des hommes, qui tendent de recouvrer leur suprématie perdue. Faisant appel aux images, aux mythes, aux récits de toutes les traditions, Lovecraft compose des philtres qui n’ont pas cessé depuis trente-cinq ans de bouleverser les esprits.”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

En quatre nouvelles, ce recueil nous offre la quintessence du mythe des Grands Anciens de H.P. Lovecraft.

Dans l’abîme du temps” (The shadow out of time, 66 pages, publié en juin 1936 dans Astounding Stories) raconte l’étrange expérience d’un professeur d’économie politique à l’université Miskatonic, Nathaniel Peaslee, qui après un malaise lors d’un cours se réveille cinq ans plus tard avec aucun souvenirs de ce qu’il a fait durant cette période. Pendant près de quinze ans il tente de retracer ce qui lui est arrivé en interrogeant ses proches sur son comportement. Il apprend qu’il a voyagé autour du monde et fait de nombreuses recherches dans des bibliothèques et des universités. Aussi, toutes les nuits, il fait des rêves étranges qui semble être des bribes de mémoires qui lui permettent avec le temps de reconstituer ce qui lui est arrivé. Son esprit aurait été substitué avec celui d’un être venu d’un passé pré-humain. La Grande Race des Yith utilise ainsi ce subterfuge pour voyager dans le temps et collecter de l’information sur toutes les civilisations tant du passé que du futur. Pendant qu’un Yith était dans son corps à collecter de l’information sur notre civilisation, Peaslee était dans le corps du Yith à leur enseigner ce qu’il savait et à apprendre sur les civilisations ayant habitées ou envahis la Terre à un moment ou l’autre (les fameux Grands Anciens). 

Cette explication est toutefois trop extraordinaire pour être vraisemblable. En étudiant la psychologie, il se convainc que les mythes qu’il a étudié durant son amnésie refont surface au travers de ses rêves alors que son cerveau tente de colmater les lacunes de sa mémoire. Quelques années plus tard, un prospecteur Australien qui a entendu parlé de ses recherches, lui fait part d’une découverte dans le désert. Une expédition est rapidement organisé pour fouiller un site qui semble être la cité où il a vécu dans ses rêves. Il y fait une découverte qui le terrifie et tente de convaincre les membres de l’expédition d’arrêter les fouilles car il ne faut pas réveiller l’horreur qui dors dans les profondeurs… 

Un récit fort intéressant qui a été adapté en bande dessinée par I.N.J. Culbard chez Akileos (voir mon commentaire) et en manga par Gou Tanabe chez Ki-oon (commentaire à venir imminament). stars-3-0

La maison de la sorcière” (The dreams of the witch-house, 36 pages, publié en juin 1933 dans Weird Tales) nous raconte le sort tragique de Walter Gilman, de l’université d’Arkham, qui étudie le lien possible entre les mathématiques et le folklore, particulièrement en relation avec une sorcière de Salem, Keziah Mason. Elle aurait eut l’habilité de se déplacer à travers les dimensions (le phénomène décrit s’apparente étrangement à un “wormhole”). Il s’installe donc dans la maison multi-centenaire de la sorcière à la recherche d’indices et d’inspiration. Chaque nuit il fait des rêves étranges, où il aperçoit la sorcière et son familier, et il lui semble qu’il se rapproche peu à peu de son objectif. Il réalisera trop tard qu’il s’est impliqué dans un culte démoniaque voué à Nyarlathotep. Avec ce récit, Lovecraft crée un lien intéressant entre les cultes sataniques et sa propre mythologie. Cette nouvelle a été adapté pour la télévision dans un épisode (S01E02) de la série Master of Horror. stars-2-5

L’appel de Cthulhu” (The call of Cthulhu, 32 pages, publié en février 1928 dans Weird Tales) retrace l’enquête menée par l’anthropologue Francis Wayland Thurston après avoir découvert dans les affaires de son grand-oncle George Gammell Angell, un professeur de langues sémitiques, un étrange bas-relief et un manuscrit relatant différents événements étranges s’étant tous déroulés entre le 28 février et le 2 avril 1925. Dans un premier cas, un jeune sculpteur de Providence nommé Henry Wilcox fut épris d’une fièvre et d’un délire durant lequel il créa un bas-relief représentant des hiéroglyphes mystérieux et une figure humanoïde dont “la tête pulpeuse entourée de tentacules surmontait un corps écailleux et grotesque muni d’ailes rudimentaires.” Wilcox vint voir Angell dans l’espoir qu’il puisse identifier l’origine de sa vision mais sans succès. 

Toutefois le récit du sculpteur rappela à Angell un événement similaire dont il prit connaissance lorsqu’un inspecteur de police de la Nouvelle-Orléans, John Legrasse, se présenta en 1908 à une réunion de la Société américaine d’archéologie tenue à Saint-Louis (MO) afin de faire identifier une idole mystérieuse. Elle représentait un monstre anthropoïde accroupie sur un piédestal, sa tête était couverte de tentacules, le corps évoquait celui d’un phoque, les quatre membres étaient pourvues de griffes formidables et il possédait de longues ailes minces sur le dos. L’idole avait été confisqué à une secte vaudou pratiquant des rituels sacrificiels dans des marécages au sud de la Nouvelle-Orléans. Le professeur Webb se rappela avoir entendu parlé d’un culte similaire au Groenland. Ce culte adorait Cthulhu et les Grands Anciens, venus des étoiles, qui ne mourraient jamais mais dormaient dans la cité engloutie de R’lyeh. Ils communiquaient avec les hommes dans leurs rêves en attendant le jour où, lorsque les étoiles seraient propices, ils s’éveilleraient de leur tombeau de pierre et règneraient à nouveau sur la terre.

Alors qu’il tente de confirmer les recherches de son grand-oncle, Thurston tombe sur un article de journal australien mentionnant une idole bizarre découverte sur l’épave d’un yacht en Nouvelle-Zélande en avril 1925! Thurston se rends à Auckland, puis à Sydney et finalement Oslo pour retracer le marin norvégien, Johanson, seul survivant. Il apprends que celui-ci est décédé mais réussi à prendre possession du manuscrit où Johanson relate son aventure et qui s’avère la clé de tout le mystère. Un tremblement de terre avait fait ressurgir la cité de R’lyeh, permettant à Cthulhu d’envahir les rêves à nouveau. Les matelots abordèrent l’île et libérèrent l’abomination. Toutefois, heureusement, la vivacité d’esprit de Johanson avait permis de le replonger dans son sommeil. Mais pour combien de temps encore?

Ce récit court, est plutôt intéressant mais est surtout très emblématique du mythe de Cthulhu. stars-3-5

Les montagnes hallucinées” (At the mountains of madness, 79 pages, a été publié dans les numéros de février, mars et avril  1936 de Astounding Stories) relate une expédition scientifique en Antarctique. Dans une caverne on découvre les restes de créatures incomparables — qui leur rappel un peu la description que le Necronomicon faisait des Grands Anciens! Mais pendant une tempête, un des camps est anéanti, les échantillons de créatures ont disparu et toutes l’équipe est massacré, sauf un membre, qui semble avoir fuit en traineau à chien. Le reste de l’expédition organise un groupe pour partir à sa recherche, avec espoir d’élucider le mystère. Loin à l’intérieur du continent, au-delà d’une chaine de montagne noire, ils découvrent et explorent une cité fantastique et antédiluvienne. C’est la cité des Grands Anciens, bâtie puis détruite par leurs esclaves révoltés, les “Shoggoths”. Rendue presque fou par l’horreur qui dors dans l’obscurité, ils décident de garder leur découverte secrète afin que l’humanité ne remette plus jamais les pieds dans ces lieux maudits. 

C’est sans aucun doute le plus captivant et le plus marquant des quatre récits. Il a lui aussi été adapté en bande dessiné par Culbard chez Akileos (voir mon commentaire) et en manga par Gou Tanabe chez Ki-oon (voir le commentaire des tomes premier et second). stars-4-0

Comme la plupart, j’ai lu Lovecraft quand j’étais adolescent ou jeune adulte. En général, ses textes constituent d’excellents examples du fantastique selon Todorov, où les événements peuvent avoir une explication tant rationnelle que surnaturelle… Si les récits de Lovecraft sont considérés comme des chef-d’oeuvres de la littérature je me rend compte, en les relisant maintenant, que ce n’est pas si bien écrit que ça. Lovecraft est le maître de la description vague, son point culminant étant le qualificatif “indicible”! Toutefois le texte véhicule un imaginaire si puissant qu’il a laissé sa marque indélébile dans les esprits de tout ses lecteurs et a eut une influence considérable sur les genres du fantastique et de l’horreur. C’est certes une lecture indispensable pour sa culture générale mais, si vous manquez de temps, je recommande plutôt de lire les excellentes adaptations en bande dessinées ou en manga dont j’ai déjà parlé.

Dans l’abîme du temps, par H.P. Lovecraft (Traduction de Jacques PAPY). Paris: Denoël (Coll. Présence du Futur, #5), juin 1976. 224 pages. [pas de ISBN] Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Denoël & Agence APIA, Paris, 1954 • Arkham House.

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Entrevue capsule: Sébastien Chartrand

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Tel que promis, voici la première des trois entrevues-capsules que j’ai réalisé avec des auteurs de SFFQ au Salon du Livre de Montréal en novembre 2019. 

Sébastien Chartrand est un jeune auteur à surveiller. Après sa trilogie du “Crépuscule des Arcanes” (L’Ensorceleuse de Pointe-Lévy, La Voyante des Trois-Rivières, et Le Sorcier de l’île d’Orléans), il passe de la fantasy historique à de la SF (une SF qui fait dans l’uchronie et le steampunk — ou plutôt de l’électropunk!) avec Geist: Les héritiers de Nikola Tesla, une des parutions de l’automne chez les Éditions Alire. (Sur son blogue vous pouvez faire une visite virtuelle de son bureau / cabinet de curiosité !)

( cette video est aussi disponible sur Vimeo )

Entrevues à venir: avec Jonathan Reynolds (auteur et coordonateur de la revue Solaris) et Yves Meynard (Chrysanthe 2. Le Prince rebelle).

Autres entrevues-capsules disponibles: Catherine Sylvestre / Francine Pelletier

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Capsules

SDL: Entrevue capsule avec Francine Pelletier

entete-communique-02-300x148Dans le cadre du Salon du livre de Montreal 2018, je voulais faire une série de mini (capsules) entrevues avec des auteurs (surtout de science-fiction) de chez nous. Malheureusement, l’ambiance sonore du salon n’était pas adéquate pour des entrevues, alors celles-ci ont été faite hors-site. Le principe de l’entrevue capsule est de s’en tenir à deux ou trois questions de base et que l’entrevue ne dure pas plus que trois à cinq minutes. Cela doit être compacte et bien se digérer!

Voici donc la première de ces entrevues capsules, réalisée avec Francine Pelletier. Pour en savoir plus sur cette auteure de science-fiction — à ne pas confondre avec la journaliste homonyme — et de polar (sous le pseudonyme de Catherine Sylvestre) vous pouvez consulter sa bio/bibliographie sur le site des Éditions Alire ou sur Wikipedia.

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Capsules

Ross Poldark

RossPoldark-cov“Returning home from a grim war in America, Ross Poldark is reunited with his beloved Cornwall and family. But the joyful homecoming he had anticipated turns sour; his father is dead, his estate in derelict,  and the girl he loves has become engaged to his cousin. However, his sympathy for the destitute miners and farmers of the district leads him to rescue a half-starved urchin girl from a fairground brawl and take her home — an act that will change the entire course of his life.”

“Ross Poldark is the first novel in Winston Graham’s sweeping saga of Cornish life in the eighteenth century. First published in 1945, the Poldark series has enthralled readers for over seventy years.”

I first discovered this story through the TV series (the 2015 BBC adaptation with Aidan Turner and Eleanor Tomlinson, not the previous 1975 adaptation with Robin Ellis and Angharad Rees) which aired on PBS as part of the Masterpiece show. It is an excellent and beautiful historical drama, very well written and with great actors. It really shows all the aspects of the Georgian era’s society in Cornwall (the westernmost county of England): mostly the sentimental struggle of the main characters, of course, but how they manage to survive at a time when the local mining industry is starting to fail, and how the living conditions of the common people (miners, farmers, fishermen) could be so starkly contrasted with those of the nobility. It also subtlety talks about the political, moral or religious issues of the era. It was all fascinating and I couldn’t resist wanting to see what the books looked like (or at least the first volume).

The book series was written by Winston Graham, who based the story on many aspects of his own life. He was born in Manchester in 1908 but lived in Perranporth, Cornwall, for thirty years (1925-1960). He first met his wife when she was thirteen year-old and the character of Demelza is partly based on her. The series includes twelve volumes which were written in two periods. The first four volumes (Vol. 1: Ross Poldark, Vol. 2: Demelza, Vol. 3: Jeremy Poldark, Vol. 4: Warleggan) were written between 1945 and 1953. In 1973, after a long hiatus, he resumed the series and wrote eight more volumes (Vol. 5: Black Moon, Vol. 6: The Four Swan, Vol. 7: The Angry Tide, Vol. 8: The Stranger From The Sea, Vol. 9: The Miller’s Dance, Vol. 10: The Loving Cup, Vol. 11: The Twisted Sword, Vol. 12: Bella Poldark), the last one being published in 2002, just a year before his death. The first seven volumes are set in the eighteenth century (1783-1799) and depict the life of Ross and Demelza, while the last five volumes, set in the nineteenth century (1810-1820), are centred around their children.

[ WARNING: The following MAY contain traces of spoilers! People allergic to the discussion of any plot’s elements before seeing/reading the story themselves are strongly advised to take the necessary precautions for their safety and should avoid reading further. ]

The first volume starts as Ross Poldark (a young British army officer, member of the low and rural English nobility) comes back from fighting on the losing side of the American War of Independence. He has been wounded in the leg and his face is scarred. Unfortunately, he quickly learn that, during his two years absence, his dissolute father has died, their mine has been closed, his two lazy domestic have let his house and domain (Nampara, located near Truro) go into disrepair, and — worse of all — his young fiancé, Elizabeth, believing he had been killed, is now engaged with his cousin Francis! However, he has a strong character and doesn’t despair: he simply roll-up his sleeves, repair the house, plow the land and makes plans to get financing in order to re-open the mine. He is certainly not perfect and has a quick temper but he is a good man, and, seeing the plight of the local villagers, will do his best to help them and always fight for justice. His exceptional social position (privileged but still a gentleman farmer) allows him the move around flawlessly between the social classes, in both the peasantry, the mine workers on one side and the nobility on the other. 

Ross struggles to forget Elizabeth, his first love, and avoids meeting her. He helps his cousin, Verity, in her amorous affair with the captain Andrew Blamey, but it puts him at odds with his family, and deepen the rift with Francis. After the birth of their child, Geoffrey Charles, Francis is gambling too much at the instigation of George Warleggan and Elizabeth is seeking Ross’ help. The family more or less reconciles on Christmas 1787. His choice of Pascoe’s Bank to finance his business (and eventually some personnal enmities) will put Ross on a collision course with George Warleggan, the son of a blacksmith who became a banker and industrialist.

However, the most life-changing event will occur when Ross saves a thirteen year-old girl from a fairground brawl (started over the abuse of her puppy dog, Garrick). He takes her into his household as a kitchen maid and she grows up admiring Ross. But, at seventeen year-old, fearing that Ross could send her back to her abusive father, she seduces him. They will soon after marry despite all the gossips. Ross will slowly learn to love her. She is a coarse young woman but beautiful and, with the help of Verity, will quickly learn the manners of the nobility. She will always see Elizabeth as a rival, but, despite their tumultuous relationship, Ross will somehow be happy. This is as much her story as his.

Winston Graham’s writing is beautiful and easy to read. The story is not only captivating because of its drama, but also because of its description the Georgian society. However, there are substantial differences between the book and the TV series. For examples: Demelza has black hair and not a beautiful red mane like on TV; she boldly seduces Ross in the book while they simply “fall in love” in the adaptation. The book tend to be more realistic in its description, showing more violence and grit, while the TV series is more reserved. But that’s to be expected. On the other side, the TV adaptation shows more easily the beauty of the Cornish countryside. 

I greatly enjoyed reading this first volume (even if I already knew the story), but I am not ready to engaged in the long commitment required by such a large series. However, I strongly recommend it. Also, take note that I read the edition from the superb MacMillan Collector’s Library but there is another edition, the Pan Macmillan media tie-in edition [ Amazon / Goodreads ], which is probably more widely available.

Ross Poldark – A Novel of Cornwall, 1783-1787, by Winston Graham. London: Pan MacMillan (MacMillan Collector’s Library), 2016. 460 pg. £9.99 / $10.00 US. ISBN 978-1-909621-51-0. For readers fourteen year-old and above. stars-3-5

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoggleWikipediaWorldCat ]

© Winston Graham 1945.

[ Traduire ]

Nous rêvions de robots

NousRevionsDeRobots-cov“De la terre fertile et tangible d’une enfance agricole ardue, rêveuse et sensuelle, à l’enfermement d’un futur dématérialisé à la suite de la Grande Captation numérique, une femme raconte ses transformations physiques et amoureuses, la persistance de sa nature humaine. Comment conserver la mémoire de l’être et des sensations sur le chemin de la post-humanité ? Comment résister à l’entreprise totalisante à l’œuvre derrière les machines ? Avec Nous rêvions de robots, quelque part entre Asimov et Volodine, Isabelle Gaudet-Labine propose un récit de science-fiction décliné en poèmes, duquel n’est conservé que le plus précieux, le frisson, la beauté et le secret, pour affirmer l’humain.

À l’envers de toi / Philéa-2 zéro-2 / je suis / ce que je ne sais pas…”

[Texte du site de l’éditeur et du rabat intérieur]

Un collègue avait suggéré hier de profiter de l’heure gagnée par le retour à l’heure normale pour lire un court roman. Je me suis dit que ce serait l’occasion idéale pour m’attaquer à ce court recueil de poésie dont j’appréhendais la lecture depuis l’été…

D’emblée je dois avouer que je préfère écrire de la poésie qu’en lire. Toutefois, lorsque j’en lis, je l’approche un peu comme j’approche l’art : je préfère de beaucoup l’art figuratif à l’art abstrait. J’aime comprendre ce que je vois/lis sans devoir constamment l’analyser comme un puzzle. Je préfère donc des poètes lyrique comme Beaudelaire ou Nelligan, dont la lecture évoque des sentiments, des impressions, des souvenirs, des rythmes, auxquels je peux facilement m’identifier, sans nécessairement avoir une trame narrative. Il s’agit d’évoquer des sentiments par allégorie, bien sûr, mais ce que l’auteur veux exprimer demeure tout de même relativement clair même si l’expérience personnelle de l’auteur qui génère ce sentiment ne l’est pas toujours. 

De nos jours, chez les poètes modernes, cette clarté est rarement présente, ce qui fait que j’évite d’en lire. Toutefois, la promesse d’une poésie de science-fiction était irrésistible pour moi et, envahit par la curiosité (et ayant rencontré l’auteure à Boréal l’été dernier), j’ai décidé de tenter l’aventure avec Nous rêvions de robots, par Isabelle Gaudet-Labine.

Malheureusement, malgré tout mes efforts, cette lecture fut ressenti comme une corvée. Les mots n’évoquaient pas de sentiments, et les images ne se formaient dans mon esprit qu’avec difficulté. Mais que veut-elle donc exprimer?

Le recueil est divisé en trois parties. J’ai réussi à apprécier un peu la première, où l’auteure relate son passé agricole, car je pouvais assez bien suivre ce qu’elle tentait d’exprimer. Le présent, envahit par l’informatique, était lui beaucoup plus difficile à déchiffrer et la lecture en était donc dépourvue de plaisir. Le futur robotisé quant à lui était plutôt amusant puisque l’auteure ici tente, non pas d’exprimer des sentiments, mais plutôt de raconter une histoire fictive, à l’aide de ses strophes et de ses rythmes brisées. “Qu’une fiction m’efface / de la Grande Capture / Je deviens fée / dans la forêt des machines

Je ne regrette pas d’avoir assouvie ma curiosité même si l’expérience n’a pas été aussi agréable que j’aurais voulu. Ce ne fut pas une heure perdue mais cela a confirmé ma méfiance envers la poésie moderne. Toutefois si, contrairement à moi, vous savez l’apprécier je suis sûr que vous passerez de bons moments avec Nous rêvions de robots

Nous rêvions de robots, par Isabelle Gaudet-Labine. Chicoutimi: Éditions La Peuplade, septembre 2017. 108 pg. $19.95. ISBN 978-2-924519-57-8. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-2-0

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBAnQBiblioGoodreadsGoggleWorldCat ]

© 2017 Isabelle Gaudet-Labine • Éditions La Peuplade.

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