Natsuko no sake #5-6

NatsukoNoSake-5-covTome 5

“Les drames s’enchainent dans la petite communauté de Niigata. Un hélicoptère d’épandage aérien se crashe dans un champ. Le père de Saeko renonce et détruit ses plantations, accablé de solitude, il ne peut plus assurer son travail. Natsuko mobilise une fois de plus les habitants pour lui venir en aide et une violente tempête menace les récoltes. Mais Saeko, jadis méprisante du métier d’agricultrice, décide finalement de reprendre la plantation à son compte, alors que Natsuko sauvegarde le Dragon Merveilleux jusqu’au moment tant attendu de la récolte. La plantation est fauchée et le processus de production de sake peut s’enclencher. Le moment le plus important de la création artisanale repose désormais sur les épaules de Kusanabe et Natsuko, pourtant moins expérimentés que leurs aînés.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Natsuko no Sake t.5, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), septembre 2021. 464 pages, 18 x 13 cm, 11,00 € / $C 19.95, ISBN 9782379501159. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

NatsukoNoSake-6-covTome 6

“Natsuko jette ses dernières forces dans la fin du brassage du Dragon merveilleux. L’heure du verdict a ainsi sonné pour tous les habitants de la Kura, mais aussi pour chaque aventure humaine. Saeko aura trouvé son équilibre humain dans le travail de la terre, le village est en plein renouveau économique grâce à cette nouvelle agriculture biologique, Kusakabe s’affirme en nouveau chef de la production, Natsuko elle-même finit par trouver l’amour. Mais le papy Yamada, lui, aura laissé ses ultimes forces dans cette dernière saison, et la maladie finit par l’emporter dans la tombe. Le Dragon merveilleux aura bouleversé la vie de tous et la récompense sera à la hauteur du prix à payer.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Natsuko no Sake t.6, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), décembre 2021. 448 pages, 18 x 13 cm, 11,00 € / $C 19.95, ISBN 9782379501166. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Natsuko no Sake (夏子の酒 /  lit. “Le sake de Natsuko”) est un manga seinen par Akira OZE qui a été serialisé dans le magazine Morning en 1988-1991 puis compilé en douze volumes chez Kodansha. La traduction française est disponible chez Vega en six volumes doubles (paru entre septembre 2019 et décembre 2021). J’ai déjà commenté le premier volume de cette série ainsi que les volumes deux à quatre.

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t.5, page 8

Dans le cinquième tome, Saeko se lance à plein dans l’agriculture contre l’avis de son père et devient même l’apprentie de Goda, le gourou local de l’agriculture biologique. Natsuko continue son apprentissage en visitant d’autre kura (brasserie de saké) et en écoutant les conseils de Eiji Utsumi, brasseur du fameux junmai Bisen. Toutefois, elle est bouleversée par la dégustation du ginjô “N”, brassé il y a trois ans par son frère Yasuo et qui représentait pour lui le saké idéal. Natsuko devient alors très intransigeante sur ce qu’elle veut faire de son saké ce qui cause beaucoup de friction avec les autres membres de la brasserie… Natsuko récolte enfin le fruit de son labeur: le tatsu-nishiki est planté, cultivé, récolté, décortiqué, et poli. Il reste à choisir une levure dans un duel entre Natsuko et Yamada, le tôji de la kura. Le tatsu-nishiki est maintenant prêt pour le brassage!

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T.6, page 14

Dans le sixième et dernier tome, nous assistons à la naissance du saké de Natsuko. Le tatsu-nishiki est lavé, cuit, ensemencé de kôji, malaxé, fermenté en cuve, pressé, filtré, pasteurisé et finalement mis en bouteille. C’est un processus long et complexe. Pendant ce temps, Kasuko (la veuve de Yasuo) décide de rester dans la famille Saeki malgré la demande de son frère de revenir s’occuper de sa mère. Il y a assez de tatsu-nishiki pour faire trois cuvées. Malheureusement, la première a un très léger arrière-goût due à des sacs mal lavés — mais que seul Natsuko perçoit. Toutefois, la filtration devrait régler le problème. Maître Ueda visite la kura et est impressionné par leur travail; il offre quelques conseils. La seconde cuvée ne se déroule pas non plus sans incident car Yamada tombe à nouveau malade mais il se rétablit est le résultat du brassage est excellent. Toutefois, il demande pour la troisième cuvée que Kusakabe prenne la relève comme tôji (mais il le supervisera). Kusakabe s’y met corps et âme. Le résultat est encore meilleurs et satisfait finalement Natsuko. Par la suite, Saeko et Goda se marient. Natsuko décides d’assumer l’héritage de la brasserie Saeki et doit également choisir un nom pour le nouveau junmai daiginjô. Durant l’hiver, Yamada décède. Tout au long du récit, Natsuko a eut trois prétendants: Shingo (le fougueux héritier de la brasserie Kuroiwa), Eiji Utsumi (brasseur du fameux Bisen) et Wataru Kusakabe (ami de Yasuo à l’université qui a joint la brasserie Saeki comme kurabito et en est devenu le nouveau tôji). Lequel gagnera finalement son coeur?

Natsuko no sake est un très beau manga qui nous offre une bonne histoire tout à la fois captivante et touchante. Le style graphique classique, qui est plutôt simple mais efficace, est typique des mangas des années ’80 et ’90. Même si il prêche l’agriculture biologique et nous éduque sur l’art complexe du brassage du saké, ce manga constitue une lecture agréable et divertissante. C’est donc un bon vieux manga qui plaira surtout aux amateurs de culture japonaise et de saké. Moi, j’ai adoré.

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© 2016 Akira OZE. All rights reserved. © 2021 Éditions Vega pour l’édition française.

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Yawara t.3

Yawara3-cov“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo.

Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publié en français chez Big Kana. Il y a neuf volumes de paru jusqu’à maintenant et le dixième est annoncé pour octobre 2022. J’ai déjà commenté le premier et le second volume.  

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T.3, page 9

Yawara s’est laissé convaincre de participer à une compétition officielle. Pour ce faire elle doit être certifiée ceinture noire (ce qu’elle fait en un clin d’oeil). Toutefois, le club de judo de son lycée, dont elle est l’entraîneur, doit également participer à une compétition qui a lieu le même jour que le match au budokan! Pourront-ils faire bonne figure sans elle? Yawara leur enregistre quelques conseils et encouragements sur une cassette. Elle leur promet également qu’elle règlera sa compétition rapidement et qu’elle viendra les rejoindre dès que possible. Coup de malchance, Sudo se fait tabasser par son ancien gang (car il racollait les copines de ses amis). Sera-t-il assez en état pour participer à la compétition? Hanazono, qui a encore la jambe dans le plâtre, décide de prendre sa place. Yawara affronte d’abord la championne dans la catégorie des moins de 52 Kg, puis la championne universitaire, puis la championne du premier tour pour la demi-finale. Elle remporte ces trois match en quelques secondes chaque fois! En finale ce sera le combat tant attendu entre Sayaka et Yawara! Évidemment, Yawara remporte le championnat dès sa première projection d’épaule (Ippon-Seoi-Nage). Sans attendre la remise des trophées, elle s’empresse de quitter sur la moto de Matsuda pour rejoindre son club de judo à Setagaya. Elle arrive juste à temps pour voir Hanazono gagner son match. Yawara reçoit la visite d’une championne de judo canadienne. Elles deviennent amies et s’entraînent ensemble. Yawara, qui ne voulait rien savoir du judo, se découvre bien malgré elle une passion pour ce sport…

Yawara nous présente un récit qui, à travers les préoccupations adolescentes et une comédie romantique caractéristique du manga shōjo, présente toute l’action d’une histoire de compétition sportive typique du manga shōnen! Cela en fait une histoire à la fois drôle (avec une bonne dose de “fan service” coquin pour plaire au lecteurs masculins) et captivante mais qui ne néglige pas la sensibilité féminine de l’héroïne qui reste coquette (et au centre d’un imbroglio amoureux)! Le tout est superbement mise en scène par un style assez classique car à la fois simple, clair et précis. Dès ses débuts, Naoki Urasawa a fait preuve d’un grand talent.

C’est donc un très bon manga qui nous offre une lecture agréable et très divertissante! Vivement la suite !

Yawara t. 3, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana, février 2021. 306 pages, B&W (24 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.00 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8649-9, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© 2013 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2021 pour l’édition française.  

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La guerre des mondes t.2

GuerreDesMondes2-cov“Les Martiens se sont lancés à l’assaut de la Terre ! À cause de leur rayon ardent, rien ne semble pouvoir les arrêter, pas même l’armée anglaise… En effet, après le passage de ces étranges créatures, la ville de Maybury n’est plus qu’un gigantesque tas de ruines.

Le photographe témoin du terrible massacre se fait alors une promesse : si le genre humain doit s’éteindre, il lui faut au moins documenter cette guerre. C’est malheureusement à Weybridge, sur la route de Londres, que le jeune homme a de nouveau l’occasion de braquer son appareil sur les tripodes…

Avec son souci du détail scientifique et son sens inné du suspense, H. G. Wells a ancré depuis plus d’un siècle l’image de l’invasion martienne dans l’imaginaire populaire. La Guerre des mondes réveille l’angoisse qui sommeille au plus profond de nous face à l’inconnu… Et si, vu de l’espace, l’homme n’était qu’un insecte impuissant ?”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

La guerre des mondes (宇宙戦争 / Uchû Sensô / lit. “La Guerre de l’espace”) est un manga seinen par Sai Ihara (猪原 賽) et Hitotsu Yokoshima (横島 一) qui a été sérialisé dans le magazine Comic Beam 100 (Enterbrain) depuis octobre 2018 et dans Comic Beam entre mai 2019 et février 2021 avant d’être compilé en trois volumes chez Kadokawa Shoten. Il a été publié en français chez Ki-oon (le troisième et dernier volume est paru en mars 2022). J’ai déjà commenté le premier volume.

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Page 23

En 1901 le martiens débarquent à Maybury Hills et leur tripodes mettent la ville à feu et à sang… Un jeune photographe, séparé de sa femme alors qu’il retournait chercher sa caméra pour documenter l’invasion, tente de rejoindre celle-ci mais la route est coupée. L’armée britannique fait piètre figure face aux armes plus avancées de l’envahisseur. Elle réussit tout de même à abattre l’un des tripodes. Toutefois ceux-ci utilisent une nouvelle arme: une fumée noire toxique. Le photographe observe aussi qu’ils capturent des humains. Réfugié dans une maison en ruine, il peut les observer à son aise. Pendant ce temps, Londres est aussi attaquée. Le frère du photographe doit fuir. Il aide une jeune femme et sa domestique à rejoindre le port pour évacuer vers le contient…

Je dois avouer que ce deuxième tome est bien meilleur que le premier. Le récit est plus fluide et fait un peu plus sérieux. Même le dessin me semble plus travaillé quoique le style reste encore assez ordinaire. Certains personnages (comme les militaires) restent très caricaturaux. Par contre la description des martiens est assez intéressante. Ce manga est finalement une interprétation intrigante du roman de Wells qui mérite sans doute d’être lu si vous êtes curieux. Je vais donc donner sa chance au troisième tome dès qu’il sera disponible en bibliothèque…

La guerre des monde 2, par Sai Ihara (scénario, basé sur le roman de H.G. Wells) et Hitotsu Yokoshima (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), septembre 2021. 182 pages, 15 x 21 cm, 13,90 € / $C 25.95, ISBN 979-10-327-0825-5. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

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© Sai Ihara / Hitotsu Yokoshima 2020

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Un assassin à New York

AssassinAnewYork-cov“Benkei, mystérieux expatrié japonais à l’apparence débonnaire, s’est établi à New York en tant qu’artiste-peintre. Mais à l’ombre des gratte-ciels, il a aussi fait de la vengeance son fonds de commerce. Déterrant les secrets les plus sordides dissimulés par ses “clients”, ce personnage mutique n’a pas son pareil pour guérir les vieilles blessures, contrat après contrat… Froidement et définitivement.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 5

Un assassin à New York (N.Y.の弁慶 / N.Y. no Benkei / lit. “Benkei à New York”) est un manga seinen écrit par Jinpachi Mōri et illustré par Jirō Taniguchi. Il a d’abord été sérialisé dans le périodique de prépublication Big Comic Original Zôkan entre 1991 et 1996 avant d’être compilé en un volume chez Shōgakukan. Il a été traduit en anglais chez Via Media où il a d’abord été sérialisé dans le magazine Pulp en 2000, puis publié en un volume en 2001. Il a également été traduit en français chez Pika Édition. 

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Page 60

Le manga rassemble sept courts récits qui racontent la vie d’un artiste japonais spécialisé dans la reproduction de faux qui s’est établit à New York mais qui travaille secrètement comme tueur à gages. Dans “Haggis” Benkei se fait “l’entremetteur de vengeance” pour le fils d’une femme qui a été tué dans un accident de voiture provoqué par un homme qui chercher à fuir son service militaire au Vietnam. Dans “Hook” il exécute la vengeance d’une mère dont le fils a été tué sur un bateau de pêche. Dans “Throw Back” il affronte un tueur professionnel. Dans “The Cry” il se retrouve au milieu d’une guerre de gang qui tourne autour d’un faux de Munch. Dans “Sword Fish” il peint pour un parrain de la mafia sicilienne qui veut cacher son butin à ses successeurs. Dans “Neck Lace” il exécute la vengeance d’une homme qui a été rejeté par une femme. Dans “A Basement” il venge une architecte qui a été assassiné par son mari…

On a tendance à l’oublier mais, avant de faire des mangas sur la nature ou les déambulations zen, Taniguchi a aussi fait des mangas d’action. Son art à cette époque n’était pas aussi raffiné que durant ses dernières années mais son dessin demeure quand même très agréable et sait bien rendre les scènes de violence. De plus, Mōri n’a plus a prouver qu’il est un scénariste de talent (j’avais bien apprécié son 地の子 / Tsuchi no ko / Les fils de la Terre publié chez Delcourt) et Un assassin à New York ne fait pas exception car le récit est bien mené et captivant. Un très bon manga à lire pour découvrir une autre facette de Taniguchi…

Un assassin à New York, par Jinpachi Mōri (scénario) et Jirō Taniguchi (dessin). Vanves: Pika Edition (Coll. Pika Graphic), octobre 2021. 224 pages, 17.5 x 24.0 cm, 16.00 € / $27.95 CDN, ISBN 9782811662851. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 1996 Jinpachi Mori • Papier / Jiro Taniguchi. All Rights reserved.

 

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Le cauchemar d’Innsmouth T.01

CauchemarInnsmouth-covPénétrez dans la sinistre bourgade d’Innsmouth, théâtre de tous les cauchemars !

En 1927, le jeune Robert Olmstead débarque à Newburyport. En quête de ses origines, il n’a d’autre option, pour atteindre sa destination, que de prendre un bus qui passe par Innsmouth, ville voisine sur laquelle courent d’effroyables rumeurs : pacte avec les démons, habitants difformes, culte ésotérique d’un étrange dieu marin… La peur qu’elle inspire est telle que personne n’ose s’y rendre, et nul ne sait ce qui se cache derrière les façades de ses maisons délabrées…

Pourtant, les mises en garde des résidents de Newburyport, loin de décourager Robert, le poussent au contraire à s’intéresser à ce lieu pestiféré : il décide d’explorer les méandres de la cité maudite ! C’est le début d’une descente aux enfers qui le mènera aux portes de la folie…

Découvrez la majestueuse adaptation d’un des récits les plus complexes et haletants d’H. P. Lovecraft ! Mêlant polar, suspense et horreur, Le Cauchemar d’Innsmouth ancre les obsessions de Lovecraft dans le quotidien d’une ville sinistre dont personne ne sort indemne.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 20

Le cauchemar d’Innsmouth t.1 (インスマスの影 1 ラヴクラフト傑作集 / Insumasu no kage 1 — ravukurafuto kessaku-shū / lit. “L’Ombre sur Innsmouth 1 Chefs-d’œuvre de Lovecraft”) est l’une des nombreuses adaptations des oeuvres de H.P. Lovecraft en manga par Gou Tanabe. Ce manga seinen a d’abord été serialisé dans le mensuel Comic Beam (Enterbrain) entre mai 2020 et mars 2021, puis compilé en deux volumes en mai 2021 chez Kadokawa Shoten.  Il a été traduit en français chez Ki-oon: le premier volume est paru en octobre 2021 alors que le second n’est disponible que depuis mars 2022. La plus récente adaptation de Lovecraft par Tanabe est L’Abomination de Dunwich (ダニッチの怪 / The Dunwich Horror) qui est publié en feuilleton dans le mensuel Comic Beam (depuis octobre 2021).

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Page 21

Ce court roman de H.P. Lovecraft (The shadow over Innsmouth) a été écrit en 1931 et publié en 1936. Il raconte l’effroyable expérience que le jeune Robert Olmstead a vécu dans un village perdu de Nouvelle-Angleterre. Traumatisé par une indicible horreur, il s’apprête à se suicider mais pas avant d’avoir coucher sur papier le récit de ce qu’il a découvert à Innsmouth… Juillet 1927, le jeune Olmstead — un historien et généalogiste amateur — parcours la Nouvelle-Angleterre à la recherche de ses origines. À Newburyport (Massachusetts) il désire se rendre à Arkham d’où la famille de sa mère était originaire. N’ayant pas les moyens de prendre le train, il prends donc le bus mais celui-ci fait une escale à Innsmouth, une petite ville portuaire, maudite de tous, en partie abandonnée et dont les habitants semblent affecté par une étrange maladie qui leur donne des traits de poisson ou de grenouille… Une fois sur place, il doit attendre le bus qu’il le mènera à Arkham et décide de parcourir la ville pour passer le temps et, comme il est curieux de nature, d’en apprendre plus sur l’histoire de la région. Il questionne quelques personnes et apprend que vers le début du XIXe siècle le Capitaine Marsh aurait ramené des mers du sud un trésor et une épouse. On parle de pacte avec le diable, d’un récif qui est l’antre d’une légion de démons et d’une secte, l’Ordre Ésotérique de Dagon, un culte infâme qui se serait répandu parmi la population mais qui n’apporta à la ville que ruine et désolation… Il rencontre le vieux Zadok Allen et lui délit la langue avec une bouteille de whisky. Celui-ci lui raconte plus en détails la terrible histoire de la ville. Toutefois les adeptes de Dagon et “ceux des profondeurs” qu’ils côtoyaient s’apprêteraient à libérer une horreur encore plus grande… Maintenant qu’il connait le secret de la ville, pourra-t-il s’en échapper? Vivement la suite, dans le tome deux

Le cauchemar d’Innsmouth est sans aucun doute, avec Les Montagnes Hallucinées, l’un des récits les plus forts de Lovecraft et où il développe plus avant le “Mythe de Cthulhu”. L’adaptation est bien réussit et offre un récit fluide et captivant. Le style de Tanabe, à la fois sombre et détaillé, est toujours aussi superbe et illustre le récit de Lovecraft avec imagination. Et Ki-oon nous offre encore une fois une édition de qualité caractérisée par une couverture en simili-cuir de couleur (encore verte mais dans un ton plus clair que le précédent volume). Toutefois, les récits de Lovecraft sont un peu répétitifs et le style de Tanabe reste le même, ce qui fait que l’on a l’impression de toujours lire la même histoire… Le manga nous offre tout de même une très bonne et agréable lecture. Cette série d’adaptation a le très grand mérite de permettre à un nouveau lectorat de découvrir avec plus d’aisance l’oeuvre de Lovecraft ou d’offrir aux amateurs du maître de l’horreur fantastique d’en revisiter le récit avec une nouvelle perspective. 

Ne manquez pas de lire aussi mes commentaires sur les précédents mangas où Tanabe adapte les “Chefs-d’oeuvres de Lovecraft“…

Le cauchemar d’Innsmouth T.1 (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 7), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), octobre 2021. 206 p., 15 x 21 cm, 15 € / $C 28.95. ISBN 9-10-327-0824-8. Pour lectorat jeune adulte (14+). stars-3-5

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© Tanabe Gou 2021 

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Invincibles: Au pays du Dalaï-lama

Invincibles-AuPaysDuDalaiLama-covUn manga inspiré d’une histoire vraie. La jeune Maya fait partie des victimes d’un attentat terroriste à Paris. Son bilan est lourd : elle est amputée de la jambe gauche et doit désormais vivre avec une prothèse. Comment peut-elle encore trouver la force de se lever chaque matin ? Maya y parviendra grâce à Sofia, une enseignante de méditation qui l’initie au bouddhisme tibétain et lui fait découvrir le Dalaï-Lama.

Tibet, quelques mois plus tard. Lobsang Tenzin, un jeune moine, s’est immolé pour dénoncer l’oppression du régime chinois. Il a échappé à la mort de justesse mais il a perdu ses membres et subi de mauvais traitements. Sofia et Maya organisent l’évasion de Lobsang Tenzin… Les parcours de vies de ces jeunes se croisent dans une aventure bouleversante, qui nous plonge au coeur de l’histoire tibétaine, du bouddhisme et des violences subies par les peuples.

De Paris à Dharamsala, des temples tibétains aux prisons chinoises, on y croise des personnages forts et de courageuses héroïnes.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 25

Maya est une jeune femme de dix-neuf ans qui a perdu une jambe dans un attentat terroriste à Paris. Au début elle est découragée et penses que sa vie est finie. Elle tombe par hasard sur un video Youtube du Dalaï-lama qui parle de sa “révolution de la compassion”. Intrigué, elle contacte une certaine Sophia [Stril-Rever, biographe du quatorzième dalaï-lama] mentionné dans la video et cherche à en apprendre plus sur cette philosophie. Grâce à la méditation et à une nouvelle prothèse bionique elle est rapidement sur la voie de la guérison (elle utilise un genou intelligent [Total Knee] et une lame “Patte de guépard” [cheetah blade] — l’orthoprothésiste Chris semble faire référence au travail du biophysicien Hugh Herr, lui-même double amputé et qui a contribué à développer de meilleurs prothèses). Elle décide alors de créer une fondation pour aider les victimes d’amputation dans le monde. Elle voyage à Dharamsala pour rencontrer le Dalaï-lama, puis au Tibet pour aider un moine qui, ayant survécu à son immolation par le feu pour protester l’occupation chinoise, a été amputé des bras et des jambes. Elle l’aide à s’échapper d’une prison chinoise et à obtenir des prothèses. Elle finit même par pardonner l’auteur de l’attentat qui l’a estropié…

Ce manga est de toute évidence une “commande”, c’est-à-dire un manga produit sur un texte fournis dans un but de vulgarisation ou de propagande. Même Jiro Taniguchi s’était plié à cet exercice avec ses mangas Mon année (sur la trisomie) et Elle s’appelait Tomoji (sur la fondatrice du temple bouddhiste Shôjushin) qui ne connurent guère de succès. Invincibles offre néanmoins un récit intéressant qui traite du pouvoir de la volonté et de la cause tibétaine, mais que l’on sent un peu entravé par les contraintes du message qu’il contient (tout aussi méritoire que soit la cause). Le dessin de Takahama est bien, mais sans plus, alors qu’elle a fait preuve d’un plus grand talent dans ses ouvrages précédents. C’est un bon manga qui mérite toute de même d’être lu, surtout si le bouddhisme tibétain vous intéresse ou si vous êtes un grand amateur de Kan Takahama

Invincibles: Au pays du Dalaï-Lama, par Sofia Stril-Rever & Kan Takahama. Paris: Massot Editions, mars 2021. 158 pages, b&w (32 pages en couleurs), 14.8 x 21.0 cm, 16 € / $C 29.95,  ISBN 9782380352214. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

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© scénario de Sofia Stril-Rever et Kan Takahama / Massot Éditions, 2021. © dessin de Kan Takahama / Massot Éditions, 2021.

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Revue de ‘zines [002.022.080]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD #159 (Décembre 2021 – Janvier 2022)

dBD-159Dans le cahier actualités, je remarque un documentaire sur les chats en BD (Chats en cases: Entre Histoire de la BD et Histoire de l’Animal par Philippe Delisle aux Éditions Karthala) et un sur Jacques Martin (Alix) qui aurait eut cent ans (Jacques Martin: le voyageur du temps par Patrick Gaumer chez Casterman). On trouve encore une pleine page de nouveautés mangas: One Piece t.100 (par Eiichiro Oda, chez Glénat), Les architecte de Babel (par Akira Ashimo, chez Glénat), Kirby Fantasy T.1: Gloutonnerie à Dreamland (par Ibuki Takeuchi, chez Soleil), Is it love? Blue Swan Hospital: À Coeur Ouvert (par Rossela Sergi, chez H2T), Alice in Borderland Retry T1 (par Haro Aso, chez Delcourt/Tonkam), Mermaid Saga T1: Mermaid Forest (par Rumiko Takahashi, chez Glénat), One-Punch Man: Le Guide Officiel (par Yusuke Murata & One, chez Kurokawa), Un Assassin à New York (par Jinpachi Mori & Jiro Taniguchi, chez Pika), Mars Red (par Kemuri Karakara, chez Panini) et Hellbound T1: L’Enfer (par Yeon Sangho & Choi Gyuseok) [ndlr: ils ont une définition plutôt large de ce qui compte comme manga chez dBD!].

On y trouve également un article qui fait le bilan de la BD en France pour la décennie 2010-2020. La diminution des ventes de BD Franco-Belge et les mutations du marché affectent grandement les conditions de vie et de travail de auteurs et artistes, se traduisant par leur paupérisation croissante ce qui exige un plus grand effort pour obtenir la reconnaissance et la revalorisation de leur métier. La relation entre l’éditeur et l’auteur doit changer (avec par exemple un contract-type) ou alors les auteurs doivent s’orienter vers l’autoédition et le financement participatif.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Dominique Grange et Jacques Tardi un sujet de Élise et les Nouveaux Partisans chez Delcourt.  Les entrevues se poursuivent avec Christophe Blain (sur Le Monde sans fin, avec Jancovici, chez Dargaud), Wilfrid Lupano (sur La Bibliomule de Cordoue, avec Léonard Chemineau, chez Dargaud), Cyril Lieron et Benoit Dahan (sur Dans la tête de Sherlock Holes t.2: L’Affaire du ticket scandaleux, chez Ankama), Pascal Rabaté (sur Sous les galets, la plage, chez Rue de Sèvres), Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg (sur Sousbrouillard chez Dargaud, Le Don de Rachel et Enferme-moi si tu peux chez Casterman), Ugo Bienvenu (sur Total, chez Denoël Graphic), Timothé Le Boucher (sur 47 Cordes: 1ere partie, chez Glénat), Lucas Méthé (sur Scènes de la vie de Papa Maman Fiston, Maman amoureuse de tous les enfants, Papa Maman Fiston, chez Actes Sud BD), Olivier Ledroit (sur Le Troisième Oeil Acte 1: La Ville Lumière, chez Glénat), Pascal Croci (sur Anorexie, chez Éditions Paquet), ainsi que Corbeyran et David De Thuin (sur Zélie & Compagnie: Einstein et les Robots, chez Des Ronds dans l’O). On retrouvèrent également un article sur Street Cop (par Art Spiegelman et Robert Coover, chez Flammarion).

Dans le Cahier Critique je note Astérix et le Griffon par Conrad & Ferri d’après Uderzo & Goscinny (Top!; “leur meilleur album”) et Goldorak par Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac & Guillo chez Kana (Top!; “fan art ultime (…) une véritable pépite, qui rend hommage au modèle, tout en proposant un récit original, palpitant, formidablement écrit, et brillamment mis en images”).  [ndlr: ils en beurrent épais chez dBD!]

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

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dBD #160 (Février 2022)

dBD-160Dans le cahier actualités, je remarque la parution de deux nouvelles intégrales de classiques de la BD Franco-Belge: Tif et Tondu, nouvelle intégrale t.5 (par Maurice Rosy & Will) et Lucky Luke, nouvelle intégrale t.4 (par Goscinny & Morris) tous deux chez Dupuis. On note également la parution de Les Pharaons d’Alexandrie, une BD historique par Rafael Moralès (chez Glénat) qui compile le trois volumes de la série Hotep, une autre adaptation BD de La nuit des temps de René Barjavel par Christian de Metter (chez Philéas), le premier tome de l’intégrale de Lone Wolf & Cub par Goseki Kojima et Kazuo Koike chez Panini, Demain les Oiseaux par Osamu Tezuka chez Delcourt/Tonkam, et Les trésors cachés de la BD érotique par Bernard Joubert chez Revival. Avec “Le territoire des Mangas” on trouve finalement un deux pages de nouveautés mangas: Mon Coloc’ est une Gameuse t.1 (par Renjuro Kindaichi, chez Delcourt/Tonkam), Le Livre des sorcières v.1 (par Ebishi Maki, chez Glénat), Oshi no Ko t.1-2 (par Aka Akasaka & Mengo Yokoyari, chez Kurokawa), Crush of a Lifetime (par Jeon Ha-lim & Kim Yeonwoo, chez Kbooks Verytoon), Le Secret des Écailles Bleues t.1 (par Yoko Komori, chez Delcourt), Pilote Sacrifié t.1 (par Shoji Kokami & Naoki Azuma, chez Delcourt/Tonkam) et Sans Préambule (par Akane Torikai, chez Akata).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec François Boucq et Nicolas Juncker sur Un Général, Des Généraux chez Le Lombard. Les entrevues se poursuivent avec Yves Bigot (sur son roman Katrijn chez Encre de Nuit), Anlor (sur Ladies with guns, avec Olivier Bocquet, chez Dargaud), avec Patrick Gaumer (sur Jacques Martin: Le voyageur du temps chez Casterman) — cette entrevue est complétée par un article sur l’expansion de l’univers d’Alix avec deux nouvelles séries: Alix Senator (le dernier paru étant t.12: Le Disque d’Osiris chez Casterman) et Alix Origines (t.1: L’Enfance d’un Gaulois et t.2 Le Peuple de feu), Tony Sandoval (sur Volage, Chronique des Enfers, avec Stephen Desberg, chez Daniel Maghen), Bruno Bessadi (sur L’Ogre Lion t.1: Le Lion barbare, chez Drakoo), Vincent Turhan (sur Les étoiles s’éteignent à l’aube, d’après Richard Waganese, chez Sarbacane), Marc Pichelin (sur les trente ans de l’éditeur Les Requins Marteaux) et Dav (sur Sous les arbres t.4: Le Premier printemps, chez La Gouttière).

Dans le Cahier Critique je note Blue World t.1 par Yukinobu Hoshino, chez Pika (Super!; suite de “Blue Hole”, “hommage appuyé à Voyage au Centre de la Terre, de Jules Verne (…) va beaucoup plus loin dans l’explication scientifique”), De nous il ne restera que des cendres par Akira Kasugai chez Kana (Super!; “personnage non-binaire (…) l’action est également au rendez-vous de cette série en quatre tomes qui, sans casser la baraque, tente et parvient à renouveler un genre largement éculé”), Opérations dans le Pacifique par Seiho Takizawa chez Paquet (Super!; “recueil d’histoires courtes qui (…) décrit le quotidien des pilotes de l’aéronavale nippone (…) à la fois précis, rythmé, poignant et toujours d’une justesse épatante”) et Manchuria Opium Squad t.1 par Monma & Shikako chez Dupuis/Vega (Super!; “évoque cette période mal connue è travers un point de vue original, celui d’un paysan situé tout en bas de l’échelle”). 

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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Cамовар C-19 (2021)

Samovar-c19Selon la tradition Yves Meynard sort un numéro de Samovar annuellement pour le congrès Boréal. Comme ces dernières années le congrès a été virtuel, alors le Samovar se distribue aussi de façon digitale (en format PDF). Le titre est un clin d’oeil au fanzine que j’ai publié avec Philippe Gauthier et auquel Yves s’est éventuellement joint en avril 1988 (#11-12): самиздат (Samizdat, 1986-1993). Le sous-titre du fanzine est “Science • Thé • Fiction”, un clin d’oeil génial à la fonctionnalité véritable du samovar. Le fanzine nous offre une collection de calembours, jeux de mots, fausses nouvelles, critiques bidons, photos hilarantes et autres “inside jokes” tournant autour des membres (auteurs, éditeurs, amateurs) du milieu de la science-fiction (principalement SFQ, SFCF ou même SFFFEOEF). Humour, donc, pour les gens du milieu… stars-3-0

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Solaris #221 (Hiver 2022)

Solaris-221Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre (dites de l’imaginaire, spéculative ou “paralittérature”) au Québec et parfois d’ailleurs. Celle-ci s’ouvre à nous en trois volets: le volet fiction comprend quelques nouvelles qui nous offrent l’occasion de se divertir tout en échantillonnant ses différentes saveurs actuelles. Le volet documentaire nous offre des articles pour découvrir et mieux comprendre ses différents aspects. Finalement, le volet critique se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste.

Dans le volet fiction ce numéro nous offre six courts récits:

  • “Les Yeuses de Noire-Épine” par Anne Wattel. Lauréat du Prix Joël-Champetier 2022 (s’adressant aux auteurs non canadiens), ce texte est décrit par les membre du jury comme “une exploration audacieuse des limites du langage, des structures narratives et de l’imaginaire mythique.” Personnellement, je trouve que c’est écrit par quelqu’un qui aime trop les mots. C’est beau, poétique, certes, mais pas vraiment divertissant — pénible même… stars-2-0
  • “Focus” par Gautier Langevin. Un jeune garçon rencontre une conseillère en orientation bien particulière. Ce texte, décrit par Jean Pettigrew dans la présentation du numéro comme “anxiogène, bien que toute en nuances et subtilités”, me semble bien intriguant… stars-3-0
  • “Sciété” par Alain Ducharme. Décrit par la présentation comme “un texte déjanté qui nous rapelle que le future ne sera pas de tout repos” c’est une histoire cyberpunk où AJA et Joya tente de retracer la cyber-identité de leur ami Tom-Tom kidnappé par des serveurs en quête d’émotions… stars-3-5
  • “Point amphidromique” par Ariane Gélinas et Loïc Henry. Ce récit “nous propose un double parcours qui culmine avec une rencontre fantastique, qui souligne d’une certaine façon la symbiose littéraire pan-Atlantique à la naissance de ce texte.” Au milieu de l’océan, une porte s’ouvre permettant la rencontre de deux-monde… stars-3-0
  • “Rivière-Morte” par Michel Lamontagne. “Une vignette fantastique toute en finesse.” stars-2-5
  • “L’Art de la création” par Frédéric Parrot. “Un texte avec une forte charge émotive et qui propose une réflexion peu commune sur ce qu’est (ou pourrait être) la réalité.” Par la méditation Zoé réussit a affecter la trame du temps et son environnement (à la Matrix?). Et si la réalité était en fait une simulation? stars-3-0

Le volet documentaire offre un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui s’intéresse cette fois aux “Tours de Babel modernes: visions, constructions, anticipations” s’attardant sur l’histoire du gratte-ciel et sa place dans la littérature. On retrouve également une nouvelle chronique, “Le DALIAF présente…”, qui se veut une sorte de mise à jour du Dictionnaire des Auteurs de Littératures de l’Imaginaire en Amérique Française, introduisant cette fois Rodolphe Lasnes et son roman Pinsonia (1500-2011). Pour finir, le volet critique nous offre un impressionnant trente-deux pages de commentaires couvrant vingt-et-un titres! (pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne)

Solaris, qui se veut “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire”, nous offre comme toujours un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur… stars-3-5

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Le sommet des dieux

sommet-des-dieux1-covTome 1

Un manga à vous couper le souffle! Dans une petite boutique népalaise, Fukamachi tombe sur un appareil photo qui pourrait bien être celui de George Mallory, le célèbre alpiniste qui fut le premier à essayer de vaincre l’Everest. Mallory disparût avec Andrew Irvine, lors de cette ascension en 1924, sans que l’on puisse savoir s’ils sont parvenus au sommet. Et si c’était seulement lors du chemin du retour qu’ils avaient eu cet accident fatal? Cela changerait l’histoire de l’alpinisme! C’est sur cette passionnante question que s’ouvre le chemin initiatique de Fukamachi qui sera amené à faire la rencontre de figures hautes en couleurs. Le dépassement de soi, l’aventure, la passion de la montagne sont les leitmotivs de cette formidable aventure signée Jirô Taniguchi!” [Texte du site de l’éditeur; voir la couverture arrière]

Le sommet des dieux t. 1, par Baku Yumemakura (texte) et Jiro Taniguchi (dessin). Bruxelles: Kana/Dargaud (Coll. Made In), mars 2004. 326 pages, 17 x 24 cm, 18.00€ / $C 31.95, ISBN 2-87129-578-6. Pour un lectorat adolescent (14+).

sommet-des-dieux2-covTome 2

“Fukamachi cherche toujours à en apprendre plus sur le fameux alpiniste Habu Jôji qui aurait retrouvé l’appareil photo de George Mallory sur l’Everest. Il fait la rencontre de Kishi Ryôko, la soeur d’un jeune alpiniste qui a côtoyé Habu et celle-ci lui déclare être en possession du journal de Habu-san. Sa lecture va plonger Fukamachi, et le lecteur à sa suite, dans une aventure aux limites de l’extrême.”

[Texte du site de l’éditeur; voir la couverture arrière]

Le sommet des dieux t. 2, par Baku Yumemakura (texte) et Jiro Taniguchi (dessin). Bruxelles: Kana/Dargaud (Coll. Made In), septembre 2010 (édition originale en juin 2004). 338 pages, 17 x 24 cm, 18.00€ / $C 31.95, ISBN 978-2-505-00769-2. Pour un lectorat adolescent (14+).

sommet-des-dieux3-covTome 3

“Le tome 3 s’ouvre sur le 6 juin 1924, lorsque George Mallory et Andrew « Sandy » Irvine, bouteilles d’oxygène et vivres et appareil photo sur le dos, quittèrent le camp 4 accompagnés de huit porteurs pour tenter d’atteindre le sommet de l’Everest. On suit leurs traces jusqu’à l’altitude à laquelle ils ont disparu. Ont-ils atteint le sommet ?

On retrouva des années plus tard quelques effets personnels mais jamais leur appareil photo Kodak ne refit surface officiellement. Le fabricant assure pourtant que si le film est encore dans l’appareil, il est possible de le développer, même plus de cinquante ans après. L’énigme serait-elle donc sur le point d’être résolue…? C’est la question que se pose Fukamachi, à Katmandou, en essayant de pister l’appareil photo qui lui a été dérobé et Habu Jôji qu’il a vraisemblablement ramassé près du toit du monde.

« L’histoire de l’ascension des monts himalayens s’est poursuivie sans interruption depuis le 19e siècle. Mais elle est peut-être en train de se clore lentement, par l’intermédiaire de Habu. Et, par l’intermédiaire de l’appareil photo de Mallory, Fukamachi est là pour assister au tomber de rideau. »” [Texte du site de l’éditeur; voir la couverture arrière]

Le sommet des dieux t. 3, par Baku Yumemakura (texte) et Jiro Taniguchi (dessin). Bruxelles: Kana/Dargaud (Coll. Made In), octobre 2004. 338 pages, 17 x 24 cm, 18.00€ / $C 31.95, ISBN 2-87129-580-8. Pour un lectorat adolescent (14+).

sommet-des-dieux4-covTome 4

“Tandis que l’appareil photo qui aurait pu appartenir au célèbre alpiniste disparu George Mallory suscite toujours toutes les convoitises, Fukamachi entreprend de suivre en tant que photographe l’ascension clandestine de Habu Jôji sur la face Sud Ouest de l’Everest, en hiver et sans oxygène !! Habu accepte uniquement à la condition qu’ils n’aient plus de contacts une fois l’ascension commencée et que chacun se débrouille. Fukamachi rejoint alors Habu pour la période d’acclimatation à l’altitude où il va en apprendre un peu plus sur ce mystérieux et fascinant personnage et peut-être également sur lui-même !” [Texte du site de l’éditeur; voir la couverture arrière]

Le sommet des dieux t. 4, par Baku Yumemakura (texte) et Jiro Taniguchi (dessin). Bruxelles: Kana/Dargaud (Coll. Made In), mars 2005. 314 pages, 17 x 24 cm, 18.00€ / $C 31.95, ISBN 2-87129-721-5. Pour un lectorat adolescent (14+).

sommet-des-dieux5-covTome 5

“Habu, après avoir sauvé la vie de Fukamachi, continue son ascension clandestine de l’Everest. En levant les yeux, Fukamachi aperçoit la silhouette de Habu, minuscule, loin au-dessus de lui. Ses mouvements sont prodigieux…

Pourtant, Fukamachi sent que pour lui, l’aventure s’arrête là, il a frôlé la mort. Les hallucinations se sont calmées mais la migraine ne le lâche pas, Il est redescendu en dessous des 7000 mètres où l’air est plus dense et Habu et son formidable exploit ne quitte pas son esprit…

Voici l’épilogue de cette magnifique série qui atteint des sommets dans l’art du dessin et de la narration !” [Texte du site de l’éditeur; voir la couverture arrière]

Le sommet des dieux t. 5, par Baku Yumemakura (texte) et Jiro Taniguchi (dessin). Bruxelles: Kana/Dargaud (Coll. Made In), mai 2005. 306 pages, 17 x 24 cm, 18.00€ / $C 31.95, ISBN 2-87129-780-0. Pour un lectorat adolescent (14+).

Cela faisait longtemps que je voulais lire ce manga. On m’avait dit que c’était la meilleur oeuvre de Taniguchi alors je voulais le lire à un moment propice pour bien le savourer. Après avoir visionné l’adaptation en animation dirigé par Patrick Imbert, je me suis dit qu’il était temps de m’y attaquer. Une oeuvre avec une telle réputation c’est un peu comme l’himalaya des mangas…

Le sommet des dieux (神々の山嶺 / Kamigami no itadaki) est un manga seinen écrit par Baku Yumemakura (d’après son propre roman du même titre, qui fut sérialisé dans le magazine Shōsetsu Subaru entre juillet 1994 et juin 1997, avant d’être compilé en deux tomes en août 1997 chez Shûeisha et qui demeure non traduit) et illustré par Jiro Taniguchi. Le manga a été initialement serialisé dans le magazine mensuel Business Jump entre 2000 et 2003, puis compilé en cinq volumes chez Shûeisha. Il a été traduit en français chez Kana en 2004-2005, puis en anglais chez Ponent Mons en 2007 (sous le titre The summit of the gods). Le roman a également fait l’objet d’une adaptation cinématographique par Hideyuki Hirayama (エヴェレスト 神々の山嶺 / Everest: Le sommet des dieux).

Le manga nous offre une histoire beaucoup plus longue et plus complexe que l’adaptation en animation — et c’est normal puisque le format d’un film de quatre-vingt-dix minutes nécessite de s’en tenir qu’à une intrigue principale simple alors que le manga, avec un peu plus mille six cent pages, est libre de développer plus loin les différentes lignes du récit et de se permettre quelques apartés. Le manga nous offre donc quatre récits qui s’entremêlent. 

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Il y a d’abord l’histoire de Makoto Fukamachi, un photo-journaliste qui est dans une sorte de cul-de-sac existentiel: il a une relation amoureuse qui ne fonctionne plus et il semble insatisfait de sa carrière. Juin 1993, il est à Katmandou pour couvrir une ascension de l’Everest qui a échoué: l’expédition a due rebrousser chemin et deux de ses membres ont perdu la vie dans la redescente. Alors qu’il déambule sans but précis dans les rues de la ville, il découvre dans une boutique une vieille caméra du modèle Vest Pocket Autographic Kodak Special. Sur une intuition, il en fait l’acquisition pour cent-cinquante dollars. Ce serait le même modèle que le célèbre alpiniste britannique George Mallory avait avec lui lors de sa tentative d’escalader l’Everest en 1924. Se pourrait-il que quelqu’un ait retrouvé l’appareil de Mallory? Si c’était le cas (et si l’appareil contenait encore de la pellicule non-développée) cela pourrait grandement bouleverser l’histoire de l’alpinisme himalayen. Malheureusement l’appareil est volé le soir même dans sa chambre d’hôtel. Détenant peut-être le scoop du siècle, Fukamachi fait enquête pour découvrir l’origine de l’appareil photo. Cela le mène à l’alpiniste japonais Joji Habu (que les népalais surnomme Bikhalu Sanh). De retour au Japon, il tente d’en apprendre plus sur cet alpiniste, puis il retourne au Népal pour le retrouver…

La deuxième histoire, le coeur même du récit, est celle de Joji Habu. À travers l’enquête de Fukamachi, qui fait des interviews avec ceux qui le connaissaient, nous découvrons son caractère difficile, comment il a rejoint le club alpin Seifû à l’âge de seize ans, son acharnement et son manque d’attention pour ses co-équipiers, l’accident du jeune Kishi Buntarô qui le hantera toute sa vie, sa rivalité avec Hase Tsuneo, sa relation avec Ryôko, la soeur de Buntarô, qui remet à Fukamachi le carnet de note de Habu où il décrit son ascension de la face nord de l’éperon Walker, dans les Grandes Jorasses, en hivernale et en solitaire, et l’accident qui lui coûtera deux doigts et deux orteils. Puis il y a eut l’ascension manquée de la face sud-ouest de l’Everest en 1985, l’accident où Habu sauve la vie de son Sherpa Ang Tshering, et la mort de Tsuneo sur le K2. Habu n’est jamais revenu au Japon. Que fait-il encore au Népal si ce n’est se préparer pour une ultime expédition, peut-être une hivernale sur la face sud-ouest de l’Everest en solitaire et sans oxygène? 

La troisième histoire est bien évidemment celle de Mallory que l’on découvre tout au long du récit mais avec plus de détails au début du volume trois. Finalement, la dernière histoire est celle où les destins de Habu et de Fukamachi se croisent. Fukamachi retourne au Népal avec l’intention de retrouver l’appareil photo et Habu. Ryôko vient l’y rejoindre mais la politique locale et la convoitise que suscite l’appareil les met en difficulté et Ryôko est kidnappé. Avec l’aide de Habu, de Ang Tshering et de Naradar Rasendra, un commandant Gurkha, Fukamachi réussi à la sauver. Ryôko, qui aimait Habu, apprend qu’il a une femme et un enfant Népalais. Fukamachi confirme que Habu prépare une expédition mais ce dernier ne veut rien savoir de lui. Il apprend également que c’est dans une tentative précédente, en 1989, que Habu a découvert le corps de Mallory et l’appareil photo. Au village où vit la famille de Habu, un malfrat tente d’enlever son fils mais Fukamachi et Rasendra interviennent à temps. Déterminé de convaincre Habu de le laisser couvrir son expédition, Fukamachi va l’attendre à son camps de base. Lorsque Habu arrive enfin, il lui remet l’appareil photo et accepte qu’il fasse son reportage sur l’ascension. Toutefois, pour respecter les règles d’une ascension en solitaire Fukamachi doit garder ses distances et ne jamais intervenir, quoiqu’il arrive. 

Lorsque finalement la météo le permet, le 12 décembre 1993, ils se mettent en route. Malgré son entraînement, Fukamachi trouve l’ascension difficile et Habu prend beaucoup d’avance. Près des sept mille mètres, il s’attaque à une paroi de glace. Il est épuisé et hallucine, puis est blessé par une chute de pierres. Contre toute attente, Habu redescend pour lui venir en aide. Après un bivouac, Fukamachi retourne au camps de base et Habu continue vers le sommet. Fukamachi voit Habu gravir dans son téléobjectif mais le temps se gâte. Habu atteint le sommet mais ne revint jamais — exactement comme pour Mallory. Fukamachi et Ang Tshering l’attente plus d’une semaine, puis quitte le camp de base. De retour au Japon, l’histoire de l’alpiniste japonais perdu sur l’Everest est déjà célèbre. Fukamachi se retire quelques temps pour écrire son reportage mais il se sent vide. Il a attrapé la fièvre de l’Everest et n’aura de repos que lorsqu’il aura complété l’ascension là où il l’avait laissé. Il s’entraîne de plus bel et en novembre 1995… (surlignez pour révéler la fin) il atteint le sommet. Sur le chemin du retour, il tombe sur le corps de Habu assis à côté de celui de Mallory! Dans la poche de Habu il trouve son carnet de notes et dans le sac de Mallory il découvre un rouleau de pellicule! Il pourra enfin prouver que tant Habu que Mallory avaient vaincu l’Everest…

Le sommet des dieux est vraiment un manga exceptionnel. Il nous offre une excellente histoire d’aventure, captivante et poignante, illustrée par les traits de dessin précis et détaillé de Taniguchi. Ce dernier réussi littéralement à atteindre le sommet de son art car c’est un récit qui aborde ses deux thèmes préférés: la nature et la déambulation (cette fois à la verticale). Il y fait non seulement l’éloge d’un sport exceptionnel, l’alpinisme, mais nous présente aussi une réflexion sur la profondeur de la détermination humaine, qui nous pousse à nous découvrir en repoussant nos limites. Le récit est riche et fort car il est inspiré par des personnages réels (chose amusante, alors que le roman a été écrit au milieu des années ’90, le corps de Mallory n’a réellement été découvert qu’en 1999 — mais sa caméra, elle, n’a jamais été retrouvé!). Un manga incontournable qui nous offre une lecture à la fois zen et vivifiante! stars-4-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

[ ANNBedethequeKanaManga NewsManga Updates ]

© Baku Yumemakura / Jiro Taniguchi. All rights reserved.

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Revue de ‘zines [002.022.057]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #236 (Octobre-Décembre 2021) 

Animeland-236Ce numéro de 144 pages nous offre deux dossiers: un sur Demon Slayer (présentation de l’oeuvre, Qui est qui?, l’art de Koyaharu Gotouge, l’art de l’anime, analyse de la mythologie, un succès mondial, entretien avec Haruo Sotozaki et Akira Matshima) et un sur le Festival d’Annecy (ambiance festive en petit comité, panorama du cinéma d’animation africain, panorama des régions exposantes à Annecy, ainsi qu’une présentation des titres notoires présents au festival: Jiang Ziya: The Legend of Deification, Flee (Cristal du long Métrage), La Traversée, Gyoko no Nikuko-chan, Rotzbub (Snotty Boy)).

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Batman: The Long Halloween, Nos mots comme des bulles, Satoshi Kon l’illusionniste, Jeune dragon cherche appartement ou donjon, Joran: The princess of snow and blood, Le Dragon Génie, Le Sommet des dieux, Même les souris vont au paradis, Sonny Boy, Le Roi Cerf, What if…?, Otherside Picnic, et Godzilla: l’origine de l’invasion.

Dans “Ça ferait un bon anime” on nous introduit à quelques bons mangas comme Autour d’elles (Akata), Analog Drop (Akata), Les liens du sang (Ki-oon), Mon bourreau de père est enfin mort (Meian), Le lien du destin (Komikku), Sensor (Mangetsu), Teenage Renaissance (Akata), 50 nuances de gras (Doki Doki), Le Couvent des damnés (Glénat), Search and Destroy (Delcourt/Tonkam), Summer of lave (Lézard Noir), et Dans la prison (Lézard Noir).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Shingo Natsume, Kazuo Nakazawa, Jean-Charles Osterero et Patrick Imbert), Focus (Star Wars Vision, Coin lecture: Anime Architecture), Fermez les Yeux (Hommage au compositeur Shunsuke Kikuchi), Jeu vidéo (les trailers de l’E3), Séance Studio (Studio 4’C), Figure de Pro (Aton Soumache), Trouvaille (Trese), Hommage (Masami Suda, Interstella 5555), Il était une Pub (Taco Bell), Pourquoi (…le terme manga doit encore être nuancé ?), Crowdfunding (Nazca Éditions), et Humeur.

L’incontournable magazine francophone de l’anime nous offre encore un numéro très riche en information. À lire pour tous les amateurs d’anime… stars-3-5

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dBD #158 (Novembre 2021)

dBD-158Dans le cahier actualités, on nous parle de trois adaptations cinématographiques de BD: l’animation Le sommet des dieux réalisé par Patrick Imbert d’après le manga de Jiro Taniguchi, Le trésor du petit Nicolas réalisée par Julien Rappeneau d’après Gosciny et Sempé ainsi que Les Olympiades réalisé par Jacques Audiard d’après Les Intrus de Adrian Tomine. Je note également la parution du 3e tome de Ad Romam: Le camp du Légionnaire (par Allali, Bertorello, Espinoza & Stoffel chez Plein Vent). Finalement, on nous présente une pleine page de nouveautés mangas: Lone Wolf & Cub Édition Prestige t.1 (par Kazuo Koike & Goseki Kojima chez Panini), Suidoken III Complete Edition (par Aki Shimizu chez Soleil), Mon Coloc’ est une gameuse (par Renjuro Kindaichi chez Delcourt/Tonkam), Room (par 61chi, chez Éditions H) et Kaiju No 8 t.1 (par Naoya Matsumoto chez Kazé).

On retrouve aussi un article qui trace le bilan de la BD en France dans la décennie 2010-2020. Statistiquement, en chiffre de vente, on note la “santé insolente” de la BD en comparaison au déclin constant de l’ensemble du marché du livre. Toutefois, cette hausse est surtout portée par le manga (+59% en volume, +72% en valeur, 42.5% de ventes totales de BD — hausse de tous les sous-genres de mangas sauf le shojo), mais aussi par la BD jeunesse (+58%) et les comics (+127.7% due à l’impact de Walking Dead et des films de Marvel et DC). La BD de genre (i.e la BD Franco-Belge traditionnelle) est en baisse de 9.2% ! On retrouve aussi un article sur les dix ans de la collection BD Kids (fruit de la collaboration des Éditions Bayard et Milan).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Cosey sur le dénouement de la série Jonathan avec le t. 17: La Piste de Yéshé (chez Le Lombard) et le livre d’art À l’heure où les Dieux dorment encore (chez Daniel Maghen).  Les entrevues se poursuivent avec Philippe Francq (sur Largo Winch t.23: La frontière de la nuit, avec Éric Giacometti chez Dupuis), Sara Colaone (sur Georgia O’Keeffe, amazone de l’art moderne, avec Luca de Santis chez Éditions Steinkis), Jean Van Hamme (sur Blake et Mortimer t.28: Le Dernier Espadon (avec Teun Berserik & Peter van Dongen chez Éditions Blake & Mortimer), Riad Sattouf (sur Le Jeune Acteur 1: aventure de Vincent Lacoste au cinéma chez Éditions Les Livres du Futur), Olivia Ruiz (sur La Commode aux tiroirs de couleurs (avec Winoc, Amélie Causse & Véronique Grisseaux chez Éditions JC Lattès/Grand Angle et basé sur le roman éponyme de Olivia Ruiz) ainsi que Amélie Fléchais et Jonathan Garnier (sur Bergères guerrières T.4 (chez Glénat).

Dans le Cahier Critique (section “Ça vaut le détour”) je note Saisi par la nuit de Yoshiharu Tsuge chez Cornélius (rassemble “douze récit parus entre 1975 et 1981. Le contenu est inégal, mais (…) impose le respect général, aussi bien par l’originalité de ses sujets qu’en terme de narration”) et deux titres mineurs de Osamu Tezuka: Debout l’Humanité et Avaler la Terre chez Flblb (“oeuvres (…) assez savoureuses (…) impossible à résumer (…) des passages franchement marrants et d’autres carrément sordides“).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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Solaris #220 (Automne 2021)

Comme toujours, Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre au Québec et ailleurs. Celle-ci  s’ouvre à nous en trois volets. Le volet fiction comprend cinq nouvelles qui nous permettent d’échantillonner les différentes saveurs de la littérature de genre actuelle. 

  • “Le Matin, les arbres et leurs cadeaux“ par Jean-Louis Trudel. La présentation du numéro, par Pascal Raud, nous indique que ce récit “nous entraîne en sol chilien à la suite d’Anghia Chaudhry, une envoyée de la Mère des Arbres chargée du recouvrement de sommes impayées.“ Mais le voyage de Chaudhry à aussi un objectif très personnel… “Une nouvelle dans la veine solarpunk, un genre qui présente un futur où l’humanité a trouvé certains moyens pour contrecarrer, entre autres, les changements climatiques.” C’est un bon récit où l’action est bien rythmée et l’univers décrit est vraiment très intéressant mais malheureusement parfois un peu difficile à suivre. stars-3-0
  • “L’Artisan du déluge“ par Dave Côté. Le protagoniste de ce récit, Aurel, est aveugle. Il “a besoin de la réalité augmentée pour voir, travailler, enfin vivre tout simplement. Lorsqu’un hacker vide son compte bancaire et détruit son interface RA, Aurel fait appel à une amie pour lui reconstruire une interface à partir d’une vieille RA rudimentaire presque gratuite.” Évidemment il y a une malfonction… Encore une fois un concept super intéressant et un texte bien écrit. J’ai bien aimé. stars-3-5
  • “L’Autre Trame du temps“ par Hugues Lictevout. Dans cette histoire “au lieu de prendre des vacances avec sa femme et ses enfants dans une Zone Atemporelle, Louise, une flic du temps, attend son indic en Australie en 1998. Celui-ci prétend avoir des informations qui pourraient bien faire douter Louise…” Si l’on peut manipuler le temps comment savoir quelle version de l’Histoire est la “bonne”? Très bon texte, sur un sujet fascinant. stars-3-5
  • “Le Carrousel“ par Orson Scott Card. Dans ce récit “les morts ne restent pas morts bien longtemps. Cyril s’aperçoit vite que sa relation avec son épouse ressuscitée ne sera plus du tout la même. Un texte fantastique intimiste, traduit par Pierre-Alexandre Sicart.” Dans un monde où les morts nous reviennent mais dépourvu d’émotions, le monde est surpeuplé et cela crée une étrange vie de couple qui trouble le protagoniste jusqu’à ce qu’un tour de carrousel lui permette de rencontrer Dieu… Intéressant concept et superbement écrit. stars-4-0
  • “Les Cosmos invisibles“ par Mario Tessier. Ce récit nous invite “à prendre le café et écouter un «explorateur du multivers, un prospecteur de l’ensemble des mondes possibles» nous narrer des univers fabuleux, étranges, renversants.” Un bon texte qui a malheureusement trop de descriptions et pas assez d’action. Toutefois, il explique très bien la plus récente théorie sur la création de l’univers et offre une parfaite introduction à l’article du Futurible qui suit… stars-3-0

Solaris-220Le volet documentaire n’offre qu’un seul article, un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui nous parle des “Cartes de Tendre, ou la géographie imaginaire.” Il nous explique ce qu’est la géographie imaginaire dans toute ses différentes incarnations, en trace un historique et nous décrit son utilisation dans la littérature. C’est comme toujours passionnant et superbement documenté. Je dois avouer que ce genre d’article est la raison principale pour laquelle je lis Solarisstars-4-0

Finalement, le volet critique (23 p.) se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne.

“L’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire” nous offre un numéro très riche avec, cette fois, une sélection particulièrement intéressante de fictions. C’est donc une lecture incontournable pour tout amateur de littératures spéculatives qui cherche à se divertir et à en apprendre plus sur le sujet… stars-3-5

Capsules

 

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Pline, vol. 9

Pline-9-covL’Histoire a retenu son nom. Mais que savons-nous du plus grand savant de l’Antiquité ?

Néron a quitté Rome pour cette Grèce dont il est tant épris. Alors qu’il prend part aux Jeux olympiques et s’adonne au théâtre ou à la musique, une nouvelle conspiration menace. De leur côté, Pline et ses compagnons parviennent à Rhodes, pour être aussitôt emmenés vers Corinthe où les attend un Néron dont l’esprit sombre de plus en plus…

Cette fois, le naturaliste n’évitera pas les retrouvailles avec l’empereur.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi  la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Pline (titre original: プリニウス / Plinius ) est une biographie du naturaliste romain Pline l’Ancien par Mari Yamazaki (Thermae Romae) et Miki Tori. Prépublié au Japon par Shinchôsa dans le périodique Shinchô 45 et dans la magazine littéraire Shinchô depuis le chapitre 54, ce manga seinen est traduit en français chez Casterman (Collection Sakka). Jusqu’à maintenant il y a dix tome de disponible en français: le neuvième (“L’Opium d’Andromaque“, paru au Japon en novembre 2019) a été publié en octobre 2020 et le dixième (“Les fantômes de Néron”, sortie au Japon en septembre 2020) est paru en septembre 2021. Le onzième tome (“Une jeunesse romaine”, paru au Japon en juillet 2021) devrait paraître chez Casterman en mars 2022. Le douzième tome (à paraître au Japon au printemps 2022) devrait conclure la série. Le manga original est également disponible en ligne sur le site de Kurage Bunch.  Voir mes commentaires sur les volumes précédents.

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Dans ce volume (chapitre 57 à 63), à peine arrivé à Rhodes, Pline est accosté par des légionnaires qui doivent l’escorter à Corinthe où l’empereur se prépare à chanter pour les jeux isthmiques. Prenant à prétexte que Félix est malade, il convainc les soldats qu’il est contagieux et le groupe de voyageurs est mis en quarantaine dans une grotte qui servait pour des rituel dédiés à Mithra. Pendant ce temps à Rome, Néron reçoit en ambassade Tiridate, le roi d’Arménie, qui lui offre une représentation de Mithra. Cela donne à Néron l’idée de faire ériger une statue colossale le représentant en dieu solaire. On découvre un complot qui visait à remplacer l’empereur par Corbulon, le populaire général de retour d’une campagne militaire contre les Parthes. Tigellin tente de convaincre Néron que Corbulon lui-même était de la conspiration. Vespasien est écarté de la cour car il a émis un bâillement pendant que Néron chantait. Malgré les réticences de Néron, Corbulon est condamné au suicide — et cela même si il aurait été plus utile de l’envoyer en Judée où la rebellion gronde. 

Pline arrive finalement à Corinthe où il est reçu en audience par Néron. Son médecin Andromaque lui prescrit des boulettes à base de pavot qui sont censé le calmer mais qui le rendent malade — et mentalement instable. Il se prends pour un dieu et conçoit plein de projets grandioses (comme le colosse ou un canal reliant les deux ports de l’isthme de Corinthe. Il veut que Pline s’occupe de la bibliothèque de la Domus Aurea. Félix accepte d’entraîner un lutteur au naturel trop placide… (Yamazaki met ici une histoire qui traite de compétition sportive sans doute pour faire écho à sa série Olympia Kyklos !). À Rome, la maison de Pline se cherche un nouvel esclave pour aider aux travaux ménagers: on acquiert donc une jeune femme chétive… qui se révèle être Plautina la prostitué muette avec laquelle Euclès était tombé amoureux! Pline et ses compagnons reprennent la mer, cette fois pour Tyr, afin de ramener Tanitia (qui est en fait une petite fille) à sa famille.

Comme je l’ai dit mainte fois, Pline est un excellent manga dont le récit est à la fois captivant, divertissant et surtout très éducatif. Le sujet est fort bien documenté et la narration est fluide et agréable. Toutefois, plus que tout, c’est le dessin précis et détaillé de Mari Yamazaki et Tori Miki qui donne à ce manga sa superbe qualité artistique. Beau et intéressant, Pline offre une lecture passionnante pour tout amateur de manga historique et de la Rome antique. Vivement recommandé!

Pline, vol. 9: L’Opium d’Andromaque, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), octobre 2020. 200 pages, 13.4 x 18.1 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-203-20279-5. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). Extraits disponibles. stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2019 Mari Yamazaki, Tori Miki • 2020 Casterman pour la traduction française.

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