Revue de ‘zines

Je prends un peu le temps de faire le tour des périodiques consacrés à la bande dessinée (principalement dBD et Animeland) pour voir si je ne peux pas y faire quelques découvertes intéressantes…

dBD132dBD #132 (Avril) nous offre principalement un entretien avec Peeters & Schuiten (sur la quatrième et dernière intégrale des Cités obscures) et un article sur la BD Turque (un pays où il ne fait pas bon être caricaturiste). Dans les actualités, je note que le 46e grand prix d’Angoulême a été décerné à Rumiko Takahashi (Urusei Yatsura, Maison Ikkoku et Ranma 1/2) pour la diversité de son oeuvre. Ce n’est que la deuxième femme à recevoir cet honneur (après Florence Cestac en 2000). Je note également le livre de cuisine graphique L’Art du sushi, par Franckie Alarcon chez Delcourt. Dans le cahier critique, on retrouve The empire of corpses t. 3 par Toh & Tomoyuki chez Pika (une suite cyberpunk décevante au roman de Frankenstein) et Akû t. 1 par Kaneshiro & Fujimura chez Ki-oon [erreur de dBD, c’est en fait chez Pika!] (un manga préhistorique plaisant à lire). Rien de bien significatif. C’est donc une récolte décevante ce mois-ci… stars-3-0

AL225J’ai eu beaucoup de peine à mettre la main sur Animeland #225 (Décembre 2018-Février 2019) car ma bibliothèque ne semble plus le tenir (ou un retard de livraison? Et je n’ai reçu aucune réponse à mes demandes de service de presse!). Le magazine est maintenant trimestriel mais offre un format plus grand (22.5 x 29.7 cm) et volumineux (148 pages). On remarque dans ce numéro à double couverture des articles sur Macross, Mirai ma petite soeur, Le château de Cagliostro, sur la postproduction d’anime, sur Gunnm (Alita: Battle Angel), Vinland Saga, et sur “Comment éditer un manga, part 1.” Dans la sélection anime (animathèque) je note la deuxième saison de Golden Kamui (chez Crunchyroll). Dans la mangathèque, je note MW d’Osamu Tezuka chez Delcourt/Tonkam. Encore une fois, un numéro plein d’information… stars-3-5

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Les Montagnes Hallucinées T. 1

MontagnesHallucinées-t1-covEn 1931, une expédition de sauvetage découvre le campement en ruines du Pr Lake, parti explorer l’Antarctique quelques mois plus tôt. Son équipe de scientifiques avait envoyé un message annonçant une découverte extraordinaire avant de sombrer dans le silence…

Sur place, des squelettes humains dépouillés de leur chair laissent imaginer les scènes d’horreur qui ont pu se dérouler. Plus perturbantes encore : les immenses montagnes noires aux pics acérés au pied desquelles le Pr Lake et ses compagnons ont rendu l’âme… Ces terres désolées semblent cacher de terribles secrets. Gare aux imprudents qui oseraient s’y aventurer !

Avec un trait sombre et réaliste, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H. P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Aux confins des terres inexplorées, la joie de la découverte laisse place à une lutte sans espoir contre la terreur et la folie ! (Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

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Les montagnes Hallucinées (狂気の山脈にて – ラヴクラフト傑作集 / Kūki no Sanmyaku ni te – ravukurafuto kessaku-shu / lit. “Dans une chaîne de montagnes folle; collection de chefs-d’œuvres de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans le magazine Comic Beam (2016-17, Enterbrain), puis compilé en quatre volumes par Kadokawa. L’adaptation anglaise a été publié par Dark Horse et la version française est paru chez Ki-oon. TANABE Gou a aussi adapté en manga plusieurs autres récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse), The Colour Out of Space (2015), et The Haunter of the Dark (2016).

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Ce manga est l’adaptation d’un court roman (ou novella) de H.P. Lovecraft (elle-même inspirée par le roman de Edgar Allan Poe, Les aventures d’Arthur Gordon Pym). En 1931, une expédition scientifiques de l’Université de Miskatonic se rend en Antarctique à bord du brick Arkham et de la goélette Miskatonic pour pousser plus loin les explorations de Shackleton, Amundsen, Scott et Byrd. Au-delà des Monts Terror et Erebus, de la chaîne de l’Amirauté et même du Mont Nansen, ils découvrent une chaine de montagnes noires. Ils y trouvent de nombreux fossiles et même, dans une caverne, les restes de créatures incomparables — qui leur rappel un peu la description que le Necronomicon faisait des Grands Anciens! Mais une tempête violente interrompt la communication avec l’équipe de Lake. Après la tempête, Dyer vient à leur rescousse mais découvre le camp anéanti, les membres de l’équipe de Lake étant tous morts et mutilés—sauf un, Gedney, qui semble avoir fuit en traineau à chien. À la recherche de celui-ci, ils montent une expédition pour aller voir ce qu’il y a au-delà des montagnes… Qu’y trouveront-ils? À suivre avec le tome 2!

Cette histoire me rappelle un peu le film The Thing (qui se passe aussi en Antarctique) et la série télé The Terror (adaptation d’un roman de Dan Simmons sur l’expédition perdue de Franklin raconté avec un ton légèrement horrifique et dont j’ai déjà parlé) qui ont possiblement été inspirés par la nouvelle de Lovecraft.

Ce manga nous offre un superbe livre avec une couverture en simili cuir, imitant les livres anciens, et quelques illustrations couleurs au début. Le dessin est très beau: sombre mais très détaillé. Toutefois, l’excès de détails dans les structures complexes (neige, montagne, paysage d’arrière plan) les rende un peu confuse (à dessein?). Le récit est fluide mais ne réussit cependant pas à m’impressionner.  La narration est trop anecdotique, trop rapide et avare de détails. La faute en tient sans doute à la nouvelle de Lovecraft, que le manga adapte assez fidèlement. La nouvelle est composée de douze chapitres, et le premier volume du manga couvre les quatre premiers.

C’est une très bonne lecture mais je réserve toutefois mon jugement final tant que je n’ai pas lu le deuxième volume, paru en Europe en mars 2019. Néanmoins, c’est à lire absolument si vous êtes le moindrement amateur de l’oeuvre de Lovecraft.

Les Montagnes Hallucinées T. 1 (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), octobre 2018. 294 p. 15 x 21 cm, 15 € / $C 27.50. ISBN 979-10-327-0362-5. Pour lectorat jeune adulte (16+). Un extrait de vingt-huit pages est disponible. Voir aussi la “bande annonce” sur Youtubestars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Tanabe Gou 2016 & 2017

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Ad Astra VI

AdAstra-v06-covMalgré les réserves d’Aemilus, Varron reste fidèle à son plan. Il lance son immense armée contre les troupes carthaginoises, persuadé d’avoir identifié la stratégie de l’ennemi : profiter du terrain pour prendre l’adversaire au piège.

Mais rien ne se passe comme prévu et, dès le début des combats, la cavalerie romaine se fait décimer ! Tandis qu’Aemilius, blessé, cherche à préserver Scipion du carnage, le second consul prend lâchement la fuite. Si l’infanterie de Rome domine encore, la bataille ne fait que commencer…

Bravoure, complots et stratégie… Plongez au cœur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion !” (Texte de la couverture arrière)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO (dont c’est le premier titre) qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa Rome et Carthage. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française paraît chez Ki-oon.

AdAstra-v06-p21Le sixième volume est entièrement consacré à la bataille de Cannae et à ses suites immédiates. Encore une fois, les romains sont victimes de la brillante stratégie d’Hannibal. Toutes les batailles précédentes n’ont servi qu’à convaincre les romains qu’ils commençaient à comprendre sa stratégie afin qu’il puisse à nouveau les surprendre. Il commence par rassurer ses alliés gaulois en affirmant qu’ils vaincront malgré leur infériorité numérique (80,000 romains contre 50,000 alliés Carthaginois) et de lourdes pertes mais que cela en vaut la peine pour se venger du joug romains et pour l’honneur de la Gaule! Après avoir feint la retraite, les Carthaginois encerclent les romains et les massacrent. Minucius et Aemilius sont tué par Giscon. Scipion, qui avait reçu l’ordre de rester en retrait avec la cavalerie, décide de mobiliser les 10,000 hommes restés au camp en renfort mais ceux-ci refusent. Leur dernier ordre était de garder leur position et, Aemilius étant mort et Varron ayant “retraité” (fuit), il n’y a plus de généraux pour donner de nouveaux ordres.

Les pertes romaines sont lourdes: 60,000 morts (dix fois plus que les Carthaginois!) et 10,000 prisonniers (dont Rome refusera de racheter la liberté)! Maharbal est d’avis que les Carthaginois devraient profiter de la victoire et marcher sur Rome mais Hannibal refuse, ne voulant pas prendre de front un ville défendu par une muraille. Maharbal réponds “Tu sais vaincre, Hannibal, mais tu ne sais pas profiter de la victoire!” Par dépit, il massacre les villages environnants (Caius qui a survécu à la bataille mais a perdu un oeil, en est témoin). Hannibal envoi son frère Magon à Carthage pour réclamer des renforts. À Rome, Fabius reprends le pouvoir et envoi les soldats survivants en Sicile, sous le commandement de Marcellus. Scipion décide de suivre le cursus honorum et de briguer office pour éventuellement devenir consul même si la tâche se révèle ardue (“Per aspera ad astra” d’où le titre du manga). Il défit Marcellus pour obtenir son soutien à l’édilité mais celui-ci le punis. Lorsque Marcellus est rappelé en Italie pour défendre la Campanie contre Hannibal, Scipion demande à l’accompagner…

Ad Astra est un manga très bien dessiné — le style en est clair et précis. Le récit est fluide, intéressant et très instructif pour ceux qui s’intéresse à l’histoire et à la civilisation romaine. Cependant, malgré que le récit laisse de côté de nombreux détails historiques (si l’on compare à Tite-Live), ce manga s’étire sur treize volumes. Nous n’en sommes donc qu’à la moitié de l’histoire! Cela reste quand même, avec Pline, le manga historique idéal pour les amateurs d’histoire romaine.

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. VI, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, juin 2015. 210 pages, 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 978-2-35592-829-1. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

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Isabella Bird 4

IsabellaBird_4-cov“Des choses se trament à Tokyo… Le botaniste Charles Maries souhaite récupérer son interprète, et malheureusement le contrat qu’il a établi avec Ito est toujours valable. Les Parkes ont beau lui mettre des bâtons dans les roues, le chasseur de plantes est prêt à tout pour parvenir à ses fins ! 

Inconsciente de la menace qui plane sur son expédition, Isabella Bird a quant à elle atteint Niigata, première grande étape de son voyage. L’aventurière se prépare maintenant à partir vers le nord, pour ce qui devrait être la partie la plus éprouvante du périple…

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, Femme Exploratrice est un récit passionnant sur les rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

(Texte de la couverture arrière)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

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5 juillet 1878, Ito—l’interprète et guide de Isabella—se remémore sa rencontre avec le botaniste Charles Maries et les abus qu’il a subit sous son service. Le 12 juillet, ils quittent Niigata et, après avoir traversé le fleuve Shinano, prennent la longue route d’Echigo qui les mène vers Yamagata, puis Akita et, ultimememnt, à Aomori. Faute de chevaux, ils continuent la route à dos de vaches… Ils rencontrent un groupe de “bokka” (des femmes portant des marchandises sur leur dos). L’une d’elles, O-yu, est intéressée à apprendre l’écriture. Le 15 juillet, ils arrivent à Yamagata. Ils visitent l’hôpital local et Isabella est surprise (et un peu choquée) de voir les locaux habillés à l’occidental. La ville interdit même les habits traditionnels dans un effort d’entrer dans la modernité et d’obtenir la reconnaissance de l’Occident. Le dos d’Isabella la fait souffrir. 

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À l’étape de Tateoka, ils rencontrent un vieux couple d’aveugles, lui est anma (masseur) et elle est azusa-miko (nécromancienne qui utilise une sorte d’arc pour appeler les esprits). Isabella est surprise que Ito, qui normalement  abhorre les superstitions, croit au chamanisme. Ito reçoit une lettre de sa mère, auprès de laquelle Maries s’est plaint de son ingratitude. Il joint une note à la lettre enjoignant Ito de revenir à son service sous peine d’être poursuivi en justice. Il lui offre une augmentation et l’averti qu’Isabella souffre d’une maladie qui ronge ses vertèbres et que le voyage pourrait lui être fatal! Et cette mise en garde est confirmée par les prédictions de la voyante… Il ne sait que faire et se sent dans une impasse. Le dernier chapitre raconte une anecdote de la vie de Fanny Parkes, l’exubérante épouse du ministre plénipotentiaire britannique Harry Parkes.

Au fur et à mesure que le récit avance, ce manga s’épanoui sous nos yeux. L’histoire est non seulement captivante mais elle est riche en détails tant géographiques, botaniques que ethniques sur la culture Japonaise de l’ère Meiji. On y discute entre autre l’épineuse question du développement d’un pays: est-ce que modernisation devrait nécessairement vouloir dire occidentalisation? La tentation est grande de chercher à imiter pour plaire et ainsi évider la condescendance et le mépris des impérialistes du genre de Charles Maries. Le style graphique est encore un peu inégal mais demeure généralement très riche, détaillé et précis. C’est même superbe par moment. C’est donc un excellent manga historique que je recommande chaudement.

Isabella Bird, femme exploratrice T04 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), août 2018. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0305-2. Pour lectorat jeune (7+). stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsWikipediaWorldCat — Youtube ]

© 2017 Taiga Sassa. All Rights reserved.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents (cliquez sur l’image pour activer le lien):

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Détour

DetourLes week-ends se déroulent rarement comme prévu. Je planifiais de faire de menus travaux, de la comptabilité, de lire et commenter des mangas (surtout Isabella Bird et Moriarty) et je me retrouve finalement à lire (relire?) des vieilles BDs de Moebius, à regarder des animés sur Netflix (Gundam Unicorn !) et à rechercher une nouvelle adaptation animée d’un vieux manga shōjo des années ’70 par nulle autre que Waki Yamato (Haikara-san ga tōru) et dont je parlerai sans doute amplement dans un futur proche…

Encore un coup de nostalgie. Cela faisait un bout de temps que j’avais pas regardé d’animés… C’est bon. Ça fait du bien. Et sur Netflix, qui plus est (quoiqu’on y retrouve rien de bien nouveau puisque Gundam Unicorn date déjà de 2010). Et ce n’est pas fini puisque Netflix a annoncé plusieurs titres d’animés à venir (dont Evangelion en juin, Saint Seiya plus tard dans l’été et Ghost In The Shell Stand Alone Complex en 2020 !!!). Ce n’est vraiment plus de la culture populaire (geeky stuff) mais cela commence à faire partie de la culture courante (mainstream)…

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Je suis un chat

Je-suis-un-chat“Le célèbre roman de Sôseki devient un manga. Célèbre et désopilant. Vue par l’œil ironique d’un chat doté de remarquables talents d’observation et d’analyse, voici la vie d’un professeur d’anglais et de son entourage au début du vingtième siècle, lorsque le Japon est secoué par l’essor des valeurs mercantiles venues d’Occident.

Le professeur Kushami, double de l’auteur, sa famille, ses visiteurs, l’étudiant amoureux, le tireur de pousse-pousse, le riche industriel, la maîtresse de koto, sans oublier les chats, l’univers fantaisiste et débridé du roman est parfaitement restitué, avec toute sa richesse et sa profondeur.”

(D’après le site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière)

Je suis un chat (吾輩は猫である / Wagahai wa, neko de aru / lit. “Moi qui suis un chat”) est l’adaptation en manga d’un classique de la littérature japonaise par le romancier Sôseki. Le roman avait d’abord été publié en feuilletons dans la revue littéraire Hototogisu entre 1905 et 1906. 

9782809711905_pgKushami est professeur de littérature anglaise à l’ère Meiji et tout un monde orbite autour de lui: ses étudiants (Meitei, Kangetsu), ses amis, sa famille, ses voisins. Le témoin de cette vie quotidienne est un chat sans nom, qui prends ici la place d’un narrateur omniscient. Il s’agit d’un récit satirique, qui parodie la classe moyenne japonaise ayant adopté tant bien que mal les coutumes de l’occident et qui se prends des airs arrogants. Une bonne partie de l’intrigue se déroule autour des spéculations sur le possible marriage de Kangetsu avec Tomiko, la fille des Kaneda — un riche marchand. Malheureusement, l’histoire finit mal pour le chat…

Le récit est très amusant et assez proche de l’oeuvre originale. Par contre, le style graphique est plutôt décevant: il est très simple (épuré, voir primitif) mais il fait tout de même le travail et illustre bien le récit. C’est une excellente façon de faire connaître cet oeuvre de Natsume Sōseki — dont le personnage est un peu l’alter ego de Sōseki qui était lui aussi professeur de littérature anglaise.

Je suis un chat, par Cobato Tirol (Traduction par Patrick Honnoré). Arles: Éditions Philippe Picquier, août 2016. 208 pages, 14,50€ / C$ 26.95, ISBN-13 : 978-2-8097-1190-5. Pour lectorat de tout âge. stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Tirol Cobato / Home She, 2010. © Éditions Philippe Picquier 2016 pour la traduction française.

A noter que l’on retrouve d’autre mangas aux Éditions Philippe Picquier:

Miss Hokusai Tome 1, par SUGIURA Hinako.
Dix Nuits Dix Rêves, par KONDÔ Yôko (D’après le roman de Sôseki).
La porte,  par INOUE Daisuke (d’après le roman de Sôseki).

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Capsules

dBD #130

dBD130-covJe feuillette le plus récent numéro de dBD (février 2019) dans l’espoir de découvrir de nouveau titres intéressants. Malheureusement, je suis déçu car je n’y trouve rien de bien passionnant pour moi. Toutefois, ce numéro nous offre un hommage à Stan Lee par une interview avec Jean-Marc Lainé (biographe de l’artiste américain) et une interview avec Didier Tarquin (Lanfeust de Troy) qui revient avec U.C.C. Dolores, une BD de SF très prometteuse où une nonne hérite d’un croiseur de guerre et se lance vers la Frontière spatiale (voir le sommaire de ce numéro pour plus de détails sur le contenu). 

Dans le cahier critique on retrouve notamment Nymphéas Noirs de Cassegrain, Duval & Bussi chez Dupuis (adaptation d’un thriller de Bussi qui se déroule à Giverny, “quoi de plus naturel que d’adapter un roman policier aux airs impressionnistes en BD”), Journal d’une vie tranquille par Tetsuya Chiba (Ashita no Joe) chez Vega (autobiographie de son enfance en Mandchourie, “extrêmement séduisant”), Avant de partir par Jung & Koo chez Sarbacane (manhwa coréen “merveilleusement étrange”), ABCD de la typographie chez Gallimard (ce collectif, scénarisé par David Rault, ambitionne de tracer “l’histoire de la typographie latine, intimement liés à celle de la BD”), Ragna Crimson par Daiki Kobayashi chez Kana (dark fantasy, histoire de chasseurs de dragons avec des personnages attachants, qui “tient pour l’instant ses promesses”), et Talentless t. 3 de Looseboy & Furuya chez Doki-Doki (“un peu la rencontre entre Battle Royale et les X-Men). Un magazine riche en information pour les amateurs de BD.

dBD #130 — Février 2019. [collectif dirigé par Frédéric Bosser] Boulogne-Billancourt: dBD sarl, février 2019. 100 p., 23 x 30 cm, 8.90 €. ISSN 1951-4050. Lectorat adolescent (12+). stars-2-5

Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

[ Biblio —  Wikipedia — WorldCat ]

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