Revue de ‘zines [002.021.194]

Revue de ‘zines

Déjà plus d’un mois depuis ma dernière chronique. Ça n’arrête jamais: il y a toujours de nouveaux périodiques et autres ‘zines à lire dans mon champs d’intérêt. J’en épluche donc le contenu pour vous. 

Animeland #234 (avril – juin 2021)

Animeland234Pour faire suite au numéro précédent (sur les 30 ans du magazine), ce volumineux numéro (144 pages) nous offre un dossier sur les 30 ans d’animation et de culture populaire japonaise en France avec des articles qui souligne les dates majeures, les 10 oeuvres clés (Dragon Ball Z, Akira, Lodoss, Evangelion, Ghost in the Shell, Princess Mononoke, Cowboy Bebop, Sakura, Sword Art Online & L’attaque des Titans, Your Name & Les enfants du temps), le grand succès des années 2020 (Jujutsu Kaisen, interview avec Philippin Vercreek), les séries qui ont marché en France mais moins au Japon (Goldorak/Grendizer, Gundam, Lodoss, Princess Sarah, Samourai Pizza Cats, etc.), l’adaptation des médias spécialisés, le bilan du marché manga en 2020, le studio No Border, les Webtoons, l’avenir de l’anime en France, ainsi que des entretiens avec Jean-François Dufour et Thomas Sirley (Japan Expo), Yvan West Laurence (Animeland), Carlo Levy (Dybex), et Cédric Littardi (Éditions Ynnis).

Dans “Ça ferait un bon anime” on nous introduit à quelques bons mangas comme My Broken Mariko, La Guerre des Mondes, The Ride-On King, Dracula, Le Dévoreur de souvenirs, Dans les pas de Nietzsche, Une brève histoire du Robo-sapiens, L’Atelier des sorciers, 20th Century Boys et Des Assassins.

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Batman: Soul of the Dragon, Star Trek: Lower Decks, Noblesse, Heaven’s Design Team, Mushoku Tensei: Jobless Reincarnation, SK8 The Infinity, Wonder-Egg Priority, L’Attaque des Titans: Saison Finale, So I’m a spider, so what?, Beastar saison 2, Millenium Actress, Raya et le dernier dragon.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Toshio Suzuki et Gorô Miyazaki), Focus (Retour sur Dragon Quest: La Quête de Daï, Les mille facettes de Magelis), Fermez les Yeux (la trame sonore de My Hero Academia Heroes Rising), Séance Studio (Bones), Jeu vidéo (Hitman 3), l’animation dans la Pub (Dagoma), Figure de Pro (Claire Paoletti), Pourquoi (Faut-il reconsidérer le rapport 2D/3D pour animateur ?), Trouvaille (Libres!), Hommage (Séparation des Daft Punk), et Humeur.

L’incontournable magazine francophone de l’anime nous offre encore un numéro très riche en information pour prouver à tous qu’il est toujours pertinent. À lire pour tous les amateurs d’anime… stars-4-0

Capsules

dBD #153 (Mai 2021)

dBD153Dans les riches actualités de ce numéro, nous apprenons que TF1 Studio et Daïdaï Films vont adapter la BD Natasha au grand écran sous la direction de Noémi Saglio et que Comment ne rien faire de Guy Delisle reçoit une réédition augmentée chez La Pastèque. Sur deux pages, on nous présente aussi une demi-douzaine de nouveautés manga: La déchéance d’un homme t.1 par Jinji Ito (basé sur le roman de Osamu Dazai) chez Delcourt/Tonkam, Wombs t.1 par Akane Torikai chez Akata, Le siège des exilées t.1 par Akane Torikai chez Akata, Super Mario Manga Adventures t.21 & Yo! C’est moi Wario! t.1 par Nintendo chez Soleil Manga, Alma t.1 par Shinji Mito chez Panini Manga et Bucket List of the Dead par Kotaro Takata & Haro Asô chez Kana.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Dany (sur les quatre intégrale d’Olivier Rameau chez Kennes). Cela se poursuit avec des entrevues de Régis Penet (sur Beethoven chez La Boîte à Bulles), Philippe Geluck (sur Le chat déambule chez Casterman qui est en fait l’album-catalogue d’une exposition de sculptures monumentales sur les Champs-Élysées), Yslaire (sur Mademoiselle Baudelaire chez Dupuis/Aire Libre), Jean-Christophe Menu (sur Couacs au Mont-Vérité chez Dargaud), Anne Nivat (sur Dans la gueule du loup, avec Jean-Marc Thévenet & Horne, chez Marabout), ainsi que Kid Toussaint & Aveline Stokart (sur Elles t.1: La Nouvelle(s) chez Le Lombard). On retrouve également un article sur le scénariste Alain Ayroles (qui vient de publier, avec Étienne Jung, Les chimères de Vénus t.1 chez Rue de Sèvres).

Dans le Cahier Critique je note Demain les chats t.1 par POG & Naïs Quin (d’après le roman de Bernard Werber) chez Albin Michel BD (Bien; “si l’adaptation (…) est plutôt réussi, j’avoue avoir eut du mal avec la proposition graphique (…) qui vire trop souvent à la caricature (…)”), La Ballade de Ran t.1 par Yusuke Osawa chez Doki-Doki (Bien; “bon et solide récit de dark fantasy”), Le Clan des Otori t.1 par Stéphane Melchior & Benjamin Bachelier (d’après la série de romans de Lian Hearn) chez Gallimard (Super; “C’est tour à tour poétique et violent, lumineux et obscur. (…) le dessin épuré et brut (…) fait des merveilles, en ne détournant jamais le lecteur de l’essentiel: la complexité des relations humaines”),et Ragnagna & Moi t.1 par Ken Koyama chez Ki-oon (Super; “histoires courtes qui évoquent avec ironie la période des règles. (…) certains en apprendrons un peu plus sur le quotidien de leur moitié…”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #154 (Juin 2021)

dBD154Dans le cahier actualités, on nous annonce le manga I’m Standing on a Million Lives par Akinari Nao & Naoki Yamakawa chez Pika. On retrouve également deux articles sur les expositions 40 Bulles de Jazz (qui célèbre le quarantième anniversaire du festival Jazz à Vienne en mariant musique et BD) et Marginalia (à la Villa Sauber de Monaco, qui présente des planches originales de BD en provenance du musée de Grenoble et de deux collectionneurs privés).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Aimée de Jongh (sur Jours de sable chez Dargaud). Les entrevues se poursuivent avec Antonio Altarriba (sur son oeuvre en générale et Moi, Menteur, en collaboration avec Keko, chez Denoël Graphic), Zep (sur Titeuf t.17: La Grande Aventure, chez Glénat), Asaf Hanuka (sur Le Réaliste t.4 et son Intégrale chez Éditions Steinkis), Jean-Louis Gauthrey (sur les trente ans de la maison d’édition Cornélius), Fabien Toulmé (sur Suzette ou le grand amour chez Delcourt/Mirages), Winshluss (sur J’ai tué le soleil chez Gallimard) et Philippe Coudray (sur L’Ours Barnabé t.21 chez La Boîte à Bulles).

Dans le Cahier Critique je note Alma t.2 par Shinji Mito chez Pannini (Super; “un monde post-apocalyptique ravagé par une guerre qui a opposé les humains aux machines. Les décors (…) aussi grandioses que désespérants, tranchent avec la chronique intimiste et poétique de ce survivant livré à lui-même.”), Blue Lock par Nomura Yusuke & Muneyuki Kaneshiro chez Pika (Bien; “une historie pas piquée des vers qui se passe dans le monde du football”), The Fable t.2 par Katsuhisa Minami chez Pika (Super; “seinen à l’ancienne (…) humour décalé et violence controlée (…). Misant plus sur les intrigues entre les personnages que sur l’action, (…) pèche parfois par un découpage sobre et un dessin quelque peu statique.”) et, surtout,  Kebek t.2: Adamante par Philippe Gauckler chez Daniel Maghen (Super; “Pour la fin du diptyque, le récit tourne rapidement à l’anticipation pure et simple. (…) l’histoire prend un tour beaucoup plus intéressant. La palette de cinquante nuances de bleus en couleur directe (…) prend alors toute sa force. À partir du moment où la démesure visuelle s’installe dans les cases, Kebek devient grandiose.”).

Un très bon numéro qui, comme d’habitude, offre beaucoup d’informations pour les amateurs de BDs. stars-3-5

Capsules

Si vous voulez que je parle de votre ‘zine (ou livre ou manga tant qu’à y être) et qu’il n’est pas disponible dans le réseau des bibliothèques de Montréal, envoyez-en moi une copie. Je ne reçois plus beaucoup de services de presse alors il y a de bonne chance que je le mentionne ou le commente. Contactez-moi pour les détails de l’envoi…

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La lanterne de Nyx

LanterneDeNyx-1-covVol. 1

Quand le Japon découvre la France. 1878, la France fait rayonner sa puissance industrielle et culturelle en organisant des expositions universelles, tandis que le Japon s’ouvre au monde après 200 années d’isolationnisme. À Nagasaki, Miyo, orpheline qui a pour seul talent le don de clairvoyance au travers des objets qu’elle touche, parvient à trouver un emploi chez Vingt, commercialisant des objets importés d’Europe. Au contact de l’Occident, elle découvrira un monde nouveau qui la conduira jusqu’à Paris…

Dans cette série en 6 tomes, Kan Takahama continue d’explorer la découverte du monde occidental par les Japonais, thème déjà évoqué dans Le Dernier envol du papillon et Tokyo, amour et libertés, mais ici rendu encore plus accessible via le regard de la jeune Miyo.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 1, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), mars 2019. 188 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03370-8. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

LanterneDeNyx-2-covVol. 2

“1878, Nagasaki. Miyo, la jeune orpheline aux dons de voyance récemment embauchée dans une boutique de produits d’importation, continue d’en apprendre davantage sur les gens qui l’entourent : son oncle renfrogné, son étrange employeur Momotoshi et les liens qui l’unissent à Kei Oura, l’ancienne plus grande exportatrice de thé de Nagasaki. Mais elle n’est pas encore au bout de ses surprises. Momotoshi a en effet de grands projets tirant parti de la vague de japonisme qui déferle sur l’Europe…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 2, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), juin 2019. 216 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03371-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

LanterneDeNyx-3-covVol. 3

“1878, Nagasaki. Après avoir importé des articles dernier cri d’Europe, Momotoshi veut maintenant se rendre à Paris pour y vendre des produits d’art et d’artisanat japonais. Au moment du départ, Miyo lui avoue enfin ses sentiments. Seulement, Momotoshi garde encore dans sa montre le portrait d’une belle femme aux yeux bleus…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 3, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), septembre 2019. 244 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03372-2. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-4-covVol. 4

“1878, Nagasaki et ailleurs. Momotoshi a ouvert une petite boutique à Paris pour y vendre des articles importés du Japon. Mais Judith, la demi-mondaine dont il est éperdument amoureux, s’évanouit suite à une hémorragie pulmonaire. Et un incident imprévu à Nagasaki vient mettre en péril son commerce…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 4, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), janvier 2020. 228 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03524-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-5-covVol. 5

“1879, Nagasaki et ailleurs. Miyo n’a pas oublié Momotoshi, ni son rêve de partir à l’étranger. C’est un bon génie inattendu qui va exaucer son souhait : Gisuke Matsuo, le patron de la Kiryu Kosho Kaisha, l’invite à travailler dans sa boutique à Paris. Et Miyo quitte Nagasaki pour un long voyage de deux ans…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 5, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), août 2020. 224 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03525-2. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-6-covVol. 6

“À l’aube d’une vague de japonisme sans précédent, alors que Miyo découvre Paris et que Momotoshi fait découvrir l’ukiyo-e aux Français, la rencontre de Miyo et Judith risque de provoquer des étincelles… La boucle est bouclée dans ce dernier tome qui conte la fin des aventures de Miyo à la Belle Époque et ce qui l’attend au-delà.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 6, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), janvier 2021. 272 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03526-9. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-4-0

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Deux mangaka semblent être particulièrement appréciés en Europe pour leur affinités avec la BD franco-belge: le regretté Jirô Taniguchi et la très prometteuse Kan Takahama. Cette dernière débute sa carrière au début des année 2000 en publiant des histoires courtes, qui utilisent un style un peu expérimental, dans Weekly Morning et Garo. Ses premières publications sont donc quatre collections d’histoires courtes (Kinderbook, Mariko Parade, L’eau amère et Sad Girl, tous traduit en français chez Casterman). Après un bref hiatus dû à des problèmes personnels, elle publie sa première histoire complète en 2010. Ainsi, entre 2002 et 2021, elle a publié une douzaine de titres. Son sujet de prédilection est les relations amoureuses qui peuvent être souvent complexes, difficiles, impossibles ou tragiques et qui se terminent généralement par une séparation. Même dans Le goût d’Emma, qui est d’abord et avant tout un manga gastronomique, la protagoniste a une relation difficile qu’elle finit par rompre. Récemment, sans toutefois s’éloigner de cette thématique, elle s’est intéressé au manga seinen historique avec Tokyo, amour et liberté, qui se déroule à Tokyo durant l’ère Taisho, L’Amant (situé en Indochine dans les années ’30) et sa “Trilogie de Nagasaki” (Le Dernier envol du papillon, La lanterne de Nyx et Ougishima Saijiki) qui se déroule au tout début de l’ère Meiji.

 Les mangas de Kan Takahama

Titre

Titre original

Année / Vol.

Édition française

Yellowbacks

イエローバックス /Ierōbakkusu

2002

Kinderbook (Casterman, 2004)

Mariko Parade

まり子パラード / Mariko Parādo

2003

Mariko Parade (Casterman, 2003, en collaboration avec Frédéric Boilet)

Awabi

泡日 / litt. “Jour d’écume”

2004

L’eau amère (Casterman, 2009)

Nagi Watari – Oyobi Sono Hoka no Tanpen

凪渡り ― 及びその他の短篇 / “Le Ferry calme” et autres nouvelles

2006

L’eau amère (Casterman, 2009)

Two Espressos

トゥー・エスプレッソ / Tū esupuresso

2010

2 Espressos (Casterman, 2010)

Sad Girl

サッドガール

2012

Sad Girl (Casterman, 2012)

Yotsuya-ku Hanazono-chō

四谷区花園町 /“Arrondissement de Yotsuya, quartier de Hanazono”

2013

Tokyo, amour et libertés (Glénat, 2017)

Chō no michiyuki

蝶のみちゆき / “Le papillon de Michiyuki

2014

Le Dernier envol du papillon (Glénat, 2017)

Nyukusu no Kakutou

ニュクスの角灯

2016, 6 vol.

La lanterne de Nyx (Glénat, 2019-2021)

Emma wa Hoshi no Yume wo Miru

エマは星の夢を見る / “Emma rêve d’une étoile”

2017

Le goût d’Emma (Les Arènes BD, 2018)

Aijin

情人

2019

L’Amant (Rue de Sèvres, 2020, d’après le roman de Marguerite Duras)

Ougishima Saijiki 

扇島歳時記 / Ougishima Seasonal Words List

2019, 2 vol. (En cours)

???

???

???

2021

Invincibles, Au pays du Dalaï-Lama (Massot Editions, en collaboration avec Sofia Stril-Rever)

La lanterne de Nyx (ニュクスの角灯 / Nyukusu no Kakutô / lit. “La lanterne [lanterne carrée] de Nyx [déesse grecque de la nuit]”) est une série de manga seinen historiques et romantiques par Kan Takahama, sérialisé dans le magazine mensuel “Comic Ran” entre mai 2015 et juin 2019 puis compilé en six volumes chez Leed Publishing. Il a été traduit en français chez Glénat. Elle constitue la partie médiane de la “Trilogie de Nagasaki” en reprenant deux personnages secondaires du Dernier envol du papillon (la petite servante Tama et le cuisinier Ganji). L’histoire tragique de Tama — une adolescente de quatorze ans qui a grandi dans le monde des courtisanes de la maison close Maruyama à Nagasaki et celui de Dejima, où la culture traditionnelle japonaise du Kachô Fûgetsu [花鳥風月 / lit. “fleur, oiseau, vent, lune”, i.e. la découverte de soi au travers de la nature] s’entrecroise avec les cultures étrangères — se poursuit dans le plus récent ouvrage de Takahama, Ougishima Saijiki, sérialisé dans Comic Ran depuis novembre 2019 et dont deux volumes sont déjà paru au Japon (en septembre 2020 et avril 2021) sans encore avoir été traduit (quoi que l’on peut s’attendre à ce qu’il soit éventuellement publié par Glénat).

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Vol. 1, p. 34

La lanterne de Nyx c’est l’histoire de Miyo, une jeune orpheline un peu maladroite, qui se trouve un travail d’assistante au “Vingt”, une boutique de produits étrangers importés. L’histoire débute en 1878 dans le quartier de Kajiya à Nagasaki. La rébellion de Satsuma vient de se terminer et l’ère Meiji débute. Le premier volume introduit les éléments de base du récit ainsi que les personnages: Miyo, qui a le don de “percevoir” l’histoire des objets qu’elle touche; Momotoshi, le mystérieux propriétaire de la boutique; Genji, son homme à tout faire; Chojiro Yamaguchi, l’oncle de Miyo qui l’a recueillit à la mort de ses parents;  et Tama, la jeune couturière qui aide à la boutique. 

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Vol. 2, p. 56

Avec le second tome, on approfondit un peu les personnages. On apprends que Momotoshi Koura est à demi-Européen (il a les yeux bleus), que sa mère (qui l’a abandonné enfant) est Kei Oura, une négociante en thé de grande influence qui a été ruiné lors d’une mauvaise transaction, et que l’oncle de Miyo est un fameux artisan de laque burgautée. Momotoshi veut aider financièrement sa mère biologique et il lui demande conseil car il veut aussi exporter des objets d’art japonais vers l’Europe. Il convainc l’oncle de Miyo de se remettre à produire et lui passe une commande spéciale pour une broche qui représente Nyx avec une lanterne. Son ami d’enfance Victor Pignatel vient lui donner un coup de main pour se rendre à Paris et ouvrir une nouvelle boutique.

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Vol. 3, p. 34

Dans le troisième tome, l’action et la motivation des personnages se précisent. Il semble que le récit démarre vraiment. Momo confie sa boutique à sa mère et, sur le départ, Miyo lui avoue être tombé amoureuse de lui… À Paris, il cherche un bon emplacement pour sa boutique, fait du repérage sur la concurrence (la Kiryu Kosho Kaisha) et surtout tente de retrouver son grand amour, l’actrice et courtisane Judith. Mais celle-ci est atteint de la tuberculose! La boutique de Nagasaki prend un nouvel apprentis nommé Minpei, qui a le coup de foudre pour Miyo. On en apprend plus sur les origines de Momo, alors qu’un flash-back nous raconte l’escapade interdite que sa mère et Genji font à Shanghai. De nombreux personnages font leur apparition: Kazuma, le rival de Momo tant en affaire qu’auprès de Judith; Marie, la demi-mondaine amie de Victor; et Pauline, la serveuse de troquet qui fait des passes dans l’arrière-boutique.

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Vol. 4, p. 16

Dans le quatrième tome, on découvre comment Momo et Judith se sont rencontré. L’oncle de Miyo se blesse grièvement à la main et ne peut plus travailler. Momo doit trouver d’autres produits d’exportation susceptible d’être populaire. Il pense aux affiches, ces estampes que l’on appel aussi ukiyo-e. Pendant que Judith est à l’hôpital, Marie présente à Momo et Victor des collectionneurs comme les frères Goncourt, Félix Bracquemond, Charles Baudelaire. Gisuke Matsuo, directeur de la Kiryu Kosho Kaisha et vieille connaissance de Kei Oura, décide d’engager Miyu pour sa boutique de New-York mais avant veut l’envoyer à Paris pour apprendre le métier! 

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Vol. 5, p. 194

Dans le cinquième tome, Miyo doit apprendre l’anglais et un télégramme de Momo leur demande de trouver de toute urgence des estampes. Heureusement, l’oncle de Miyo en a une bonne collection. Miyo quitte pour la France (avec les estampes) et Minpei lui déclare son amour. À Paris, Miyo retrouve Momo et débute son apprentissage auprès de Kazuma. Momo et Victor présentent leur collection d’estampes au groupe rassemblé par Goncourt et c’est un grand succès!

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Vol. 6, p. 234

Dans le dernier tome, Momo fait un exposé très intéressant sur les estampes. Un malentendu le brouille avec Judith mais l’intervention de Miyo les réconcilie. On apprend que Victor st amoureux de Tama mais que celle-ci est atteinte de syphilis (comme sa maîtresse dans Le dernier envol du papillon). Le dernier chapitre se déroule en 1945, à Kumamoto. Miyo, sur son lit de mort, fini de raconter l’histoire à sa petite-fille. Elle a vécu des moments merveilleux à Paris et à New-York. Son séjour qui devait durer deux ans en a duré dix. Elle est devenu une adulte. Elle n’a jamais revue Momo qui a eut un enfant avec Judith. Marie est aussi venu au USA. Une fin étrangement heureuse. Sa petite-fille sort dehors pour chercher de l’eau, juste à temps pour voir le champignon atomique de Nagasaki à l’horizon…

C’est une belle histoire très bien racontée et surtout bien documentée. On en apprend beaucoup sur l’époque (tant au Japon, qu’à Paris), particulièrement sur le mouvement du Japonisme et de la “Belle Époque” de Paris. J’ai bien aimé les capsules informatives (“Cabinet of Takahama”) que l’auteur place après chacun des chapitres et où elle explique le contexte historique des personnages et des objets rencontrés dans le récit. Le style de Takahama, qui me déplaisait beaucoup quand j’ai découvert ses oeuvres, m’apparait maintenant agréable à l’oeil. Non seulement l’artiste s’est améliorée mais je crois aussi que l’on s’y habitue et apprend à apprécié sa façon dessiner. 

C’est donc un très bon manga qui s’est d’ailleurs vu attribué le prix d’excellence du Japan Media Arts Festival en 2018 et le Grand Prix Culturel Osamu Tezuka en 2020. Il nous offre une lecture agréable et éducative. Je le recommande chaudement à tous les amateurs de mangas romantiques et historiques. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

Autres sources: Bédéthèque, Manga-News, Manga-update (Nyx no Lantern, Takahama Kan), Mangapedia [JP / Tr.], Wikipedia [ FR / JP / Tr. ], From Dusk Till Dawn interview, Glénat vidéo interview (Pt 1, pt 2, pt 3, pt 4).

© Kan Takahama

 

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Natsuko no Sake t.1

NatsukoNoSake-1-cov“Après deux années passées dans une agence de publicité à Tokyo, la jeune Natsuko Saeki revient dans sa province natale auprès de sa famille, productrice de sake artisanal. Elle y retrouve son grand frère Yasuo avec qui elle partage un même rêve : faire pousser le Tatsu-Nishiki, ou “dragon merveilleux” : un riz réputé très difficile à cultiver, mais dont ils espèrent tirer le meilleur sake du monde !

Malheureusement, Yasuo est très malade et décède peu après la visite de Natsuko. Cette dernière décide alors d’abandonner sa carrière et de reprendre le rêve de son frère dans l’exploitation familiale. Mais, si elle s’avère experte quant à goûter et estimer les sake, elle ne connaît rien à l’agriculture ni à la production de ce breuvage. Affrontant le scepticisme des uns, la jalousie des autres, la jeune femme urbaine va devoir relever tous les défis pour s’imposer et donner vie à son rêve.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

NatsukoNoSake-1-p001J’ai décidé de lire ce manga parce que le sujet me semblait plutôt intéressant: il s’agit d’un manga sur la production de sake. Le dessin de couverture semblait indiquer un manga dans un style plutôt classique et, comme c’était un gros volume de 456 pages, je me suis dis que c’était probablement un one-shot (volume unique). Erreur ! Une fois que je l’ai eut entre les mains j’ai rapidement noté le “vol. 1” à côté du titre! En fait, une fois complétée, cette série comprendra six tomes de plus de quatre-cent pages chacun! Dans quoi me suis-je embarqué?! Toutefois, pour l’instant, seulement trois tomes ont été traduit en français (espérons que l’éditeur ne nous laissera pas tomber)…

NatsukoNoSake-1-p019Akira OZE est un mangaka de la vieille génération. Né en 1947, il a fait ses début en 1971 sous le pseudonyme Megumi Matsumoto après avoir été l’assistant de Shotaro Ishinomori et avoir travaillé sur des adaptations mangas d’anime. Ses premières oeuvres originales sont des mangas shônen (とべ!人類 / Tobe! Jinrui en 1978, 初恋スキャンダル / Hatsukoi Scandal [lit. “Scandale du premier amour”] publié en 18 vol. en 1981–1986 et Tobe! Jinrui II publié en 1984-85) pour lesquels il remporte le prix du 31e Shōgakukan manga shō en 1985. Après un bref essai dans le manga shôjo (マッチポイント! / Matchpoint! / “Balle de match!” en 1979), il se consacre au manga seinen avec Natsuko no Sake (夏子の酒 /  lit. “Le sake de Natsuko”) serialisé dans le magazine Morning de Kodansha en 1988-1991 et compilé en douze volumes. Cette série a beaucoup gagné en popularité lorsqu’elle a été adapté en un drame télévisé de onze épisodes par Fuji TV et qui fut diffusé de janvier à mars 1994. Le manga est publié en français chez Vega en six volumes doubles dont les trois premiers sont déjà paru (vol. 1 en septembre 2019, le vol. 2 en février 2020, le vol. 3 en mai 2021 — le vol. 4 devrait paraître en juillet 2021).

OZE publiera par la suite une demi-douzaine d’autres mangas seinen:  Boku no Mura no Hanashi (ぼくの村の話 / L’Histoire de mon village, 7 vol., 1992–1994),  Minori Densetsu (みのり伝説 / La légende de Minori, 9 vol., 1994–1997),  Natsu no Kura (奈津の蔵 / La brasserie de Natsu, 3 vol., 1998-2000 – un prequel à Natsuko no Sake), Hikari no shima (光の島 / L’Île de lumière, 8 vol., 2001–2004), On-saito! (オンサイト! / Sur place!, 2004-2005),  Kurodo (蔵人 / Claude, 2006-2009), et Dō raku musuko (どうらく息子 / Apparemment mon fils, 18 vol., 2010-2017 — traduit en français sous le titre Le Disciple de Doraku chez Isan Manga).

NatsukoNoSake-1-p042Natsuko no Sake est dessiné dans le style classique des mangas des années ’80. Ce style est simple et fait de traits précis, accentués par des trames. Il nous offre une bonne histoire où les défis de l’héroïne nous garde en haleine. C’est agréable et divertissant à lire mais surtout très didactique puisque le récit nous fait découvrir toutes les étapes de la production de saké et aussi les différentes catégories du produit. L’auteur voulait faire un manga sur un aspect de la culture traditionnelle Japonais et c’est son éditeur qui a suggéré le saké. Le manga a beaucoup gagné en popularité après qu’il ait été adapté en un drame télévisé de onze épisodes par Fuji TV. Il a reçu beaucoup d’éloges des associations de producteurs de sake japonais car il a grandement contribuer à faire la promotion de cette alcool de riz  typique — même au Japon. Étrangement, même les Japonais ne réalisent pas toute la complexité et la difficulté  qu’implique sa production.

Un bon manga à lire par tout amateur de manga classique, de culture japonaise et, bien sûr, de saké.

Natsuko no Sake t.1, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), septembre 2019. 456 pages, 18 x 13 cm, 11,00 €, ISBN 9782379500640, Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2016 Akira OZE. All rights reserved. © 2019 Éditions Vega pour l’édition française.

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Isabella Bird #7

isabella-bird-v7-cov“Isabella continue son voyage а travers la province d’Akita. Les remèdes d’un curieux médecin, le combat de villageois contre le feu, la fabrication du papier japonais, le deuil d’une veuve sont autant de découvertes qui jalonnent son itinéraire et la rapprochent un peu plus de la ville, où Ito est censé mettre fin au périple ! 

Le jeune guide se sent coupable, mais il ne sait pas encore tout. Son employeuse lui apprend que cette exploration solitaire doit être sa dernière ! En effet, elle compte se marier à son retour en Angleterre…

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 18

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le huitième, est paru au Japon en avril 2021.

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Page 22

Dans ce septième volume (paru au Japon en août 2020), Isabella Bird et son guide Ito doivent descendre le fleuve Omono vers Akita. Ils font la rencontre d’une batelière bien déterminée, qui leur fait découvrir certaines pratiques japonaises sur le mariage et le divorce. À Akita, ils sont reçu dans un restaurant français mais Ito, comme beaucoup de Japonais, est réticent à manger de la viande de boeuf. Toutefois, le talent du cuisinier lui fait changer d’idée. À la légation Britannique de Tokyo, Fanny et Harry Parkes rencontre le botaniste Charles Maries, qui leur explique pourquoi il tient tant que cela à explorer Ezo. Toujours à Akita, Isabella et Ito font la rencontre d’un enfant prodige, Isabella annonce à Ito qu’il l’accompagnera à Hakodate peut importe les intentions de Maries et qu’elle doubles salaire. Ils retrouvent aussi le Dr. Kobayashi qui, à la demande de Harry Parkes et du Dr. Hepburn, a déterminé un traitement pour les problèmes de dos d’Isabella. Au bureau de poste de Kubota, Isabella découvre qu’elle reçoit beaucoup de courier d’encouragement des gens qu’elle a rencontré en cours de route. C’est l’occasion de discuter du haut niveau d’alphabétisation au Japon et de comment les gens s’écrivaient entre eux. Avec ces encouragements, Isabella et Ito sont maintenant d’autant plus déterminé à compléter leur voyage.

Le beau style précis et détaillé de ce manga en rend la lecture d’autant plus agréable. Le récit (plus fluide que le précédent volume) est bien construit et permet de d’offrir une lecture à la fois distrayante et instructive, puisqu’on y découvre beaucoup d’information sur la culture du Japon au XIXe siècle. Un très bon manga pour le amateur d’histoire et de culture Japonaise.

Isabella Bird, femme exploratrice T07 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), décembre 2020. 216 pg (206 pl.), , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0687-9. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Taiga Sassa 2020.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

IsabellaBird-v1-cov IsabellaBird-v2-cov IsabellaBird-v3-cov IsabellaBird_4-cov IsabellaBird-v5-cov IsabellaBird-6-cov
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Revue de ‘zines [002.021.142]

Revue de ‘zines

Suite à ma récente chronique, je continue mon rattrapage sur les périodiques et autres ‘zines dans mon champs d’intérêt car ils n’arrêtent pas de s’accumuler… J’en épluche donc le contenu pour vous. 

dBD #150 (Février 2021)

dBD-150Dans les actualités je note l’annonce de trois nouvelles parutions de manga: Blue Period t.1 par Tsubasa Yamagushi (chez Pika — un manga sur la peinture), La gameuse et son chat t.1 par Wataru Nadatani (chez Doki-Doki — par l’auteur qui nous a déjà donné Félin pour l’autre !) et Démon Slave par Takahiro & Takemura (chez Kurokawa).

À la une on retrouve une entrevue avec Stephen Desberg et Yannick Corboz (sur Les Rivières du passé t.1 La Voleuse, chez Daniel Maghen). Le numéro continue sur des entrevues avec Jérôme Alquié (sur Captaine Albator – Mémoires de l’Arcadie t.3: Des coeurs brûlants d’amour, chez Kana), Sylvie Roge & Olivier Grenson (sur La Fée assassine, chez Le Lombard), Nicolas Barral (sur Sur un air de fado, chez Dargaud), avec le coordonateur Stéphane Bern, le dessinateur Cédric Fernandez, le scénariste Arnaud Delalande et l’historien Yvon Bertorello (sur Notre-Dame de Paris: La Nuit du feu, chez Glénat) et avec Léa Mazé (sur Les Croques t.3: Bouquet final, chez La Gouttière). On retrouve également un article qui rend hommage à Richard Corben (décédé en décembre 2020), un autre sur le dixième anniversaire de la maison d’édition québécoise Pow Pow dirigée par Luc Bossé, puis un sur les multiples adaptations de 1984 de Georges Orwell.

Dans le cahier critique, je note seulement Blue Period t.1 par Tsubasa Yamaguchi chez Pika (Super; “original (…) cherche à dévoiler l’envers du décor d’un milieu compétitif, où la passion ou le talent ne suffisent en général pas pour percer. Elle en profite pour évoquer différentes techniques artistiques(…)”).

Un bon numéro qui, comme d’habitude, offre beaucoup d’informations pour les amateurs de BDs.stars-3-0

Capsules

dBD #151 (mars 2021)

dBD-151Dans les actualités on nous parle du lancement de Verytoon, la plateforme de BD digitales de Delcourt; de la réédition en quatre volumes intégras d’Olivier Rameau (Greg & Dany, Ed. Kennes); de la parution chez Delcourt/Tonkam de La déchéance d’un homme, par Junji Ito, qui est l’adaptation d’un roman par Osamu Dazai; et de Histoire de la science-fiction (en BD) par Xavier Dollo et Djibril Morissette-Phan chez Les Humanos.

À la une on retrouve une entrevue avec Sylvain Runberg et Grun (sur On Mars_ t.3 chez Daniel Maghen). Le numéro continue sur des entrevues avec Yann Le Quellec et Romain Ronzeau (sur Les Amants d’Hérouvile, une histoire vraie chez Delcourt), Gaëlle Geniller (sur Le Jardin, Paris chez Delcourt), Jaime Martin (sur Nous aurons toujours 20 ans chez Dupuis), et Loïc Clément et Anne Montel (sur Le Temps des Mitaines t.3: La Nuit des croque-souris chez Dargaud). Dans ce numéro on retrouve également un article qui s’interroge sur l’avenir des festivals de BD en temps de pandémie, un article hommage à Jean Graton (Michel Vaillant) décédé au début de l’année et un article sur l’éditeur québécois La Pastèque (où l’on rencontre les fondateurs Martin Brault et Frédéric Gauthier).

Dans le cahier critique je note la BD style manga Yojimbot t.1 par Sylvain Repos chez Dargaud (Super; “l’approche graphique (…) est clairement l’un de ses points forts (…). À découvrir”), Les Enquêtes de Sgoubidou par Cathon chez Pow Pow (Super; “déclinées sous la forme d’histoires courtes à la Pif Poche (…) réjouissant de crétinerie en tout genre”), et Tomino la Maudite t.1 par Suehiro Maruo chez Casterman (Super, “maître du Ero Guro (…) si la trame est classique, la galerie de personnages vaut le détour”).

Comme d’habitude, une bonne lecture pour les amateurs de BDs. stars-3-0

Capsules

dBD #152 (avril 2021)

dBD-152Dans les actualités de ce numéro on nous fait découvrir Les Reportages de Lefranc — Versailles disparu, une BD historique par Jacques Martin et Alex Evang chez Casterman (à paraître en septembre) et Martine — Une aventurière au quotidien, un ouvrage qui trace l’historique de cette fameuse série jeunesse, par Laurence Boudart chez Impression Nouvelle.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec le scénariste Jean Van Hamme, le dessinateur Philippe Berthet ainsi que l’épouse de ce dernier, Dominique David (sur La Fortune des Winczlav T.1 — Vanko 1848 chez Dupuis). Cela se poursuit sur des entrevues avec Séverine Vidal (sur Le Plongeon, en collaboration avec Victor L. Pinel, chez Grand Angle), Bertrand Galic et Roger Vidal (sur Fukushima, Chronique d’un accident sans fin chez Glénat), Simon Spruyt (sur Le Tambour de la Moskova chez Le Lombard), Hélène Constanty (sur Une histoire du nationalisme corse, en collaboration avec Benjamin Adès, chez Dargaud et Monaco, luxe, crime et corruption, en collaboration avec Thierry Chavant, chez Soleil), Nicolas Dehghani (sur Ceux qui brûlent, chez Sarbacane) puis avec Joris Chamblain et Sandrine Goalec (sur Les Souris du Louvre T.3—Le Serment oublié, chez Delcourt/Le Louvre). On retrouve également un article sur Gallimard BD, où l’on rencontre le directeur éditorial Thierry Laroche.

Dans le cahier critique je note L’Homme qui tua Nobunaga T.1 par Kenzaburo Akechi & Yutaka Todo chez Delcourt (Bien, “atmosphère pesante (…) mise en scène léchée (…) interminable liste des protagonistes (…) ce surplus d’informations peu audibles vient progressivement peser sur le plaisir de lecture.”), My Broken Mariko par Waka Hirako chez Ki-oon (Super, un one-shot sur le suicide et la mort), et Talli T.3 par Sourya chez Ankama (Bien, “Si le récit manque parfois un peu de consistance, il brille en revanche par son rythme et son efficacité. (…) univers fascinant (…) trait fin et élégant (…) richesse des costumes et des décors.”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

Solaris #218 (Printemps 2021)

Solaris 218Ce numéro printanier, sur le thème accidentel de la distorsion, nous offre quatre nouvelles “excitantes”, deux articles “passionnants” et les chroniques littéraires habituelles (“Les littéranautes” commentant les parutions locales et “Lectures” commentant le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne). Le volet fiction comprends:

  • “Fermer le Big Bang” par Michèle Laframboise. La présentation (de Pascal Raud) nous indique que le texte “met en scène le bar le plus cher de l’univers et ses invités triés sur le volet, qui traversent l’espace en route vers… vous verrez bien…”
  • “La Distorsion de Lebarne” par Dave Côté. On nous dit que l’on y “fait la connaissance d’Akilal, mage noir de son état, qui se joint, uniquement pour des raisons pratiques, à un groupe de Héros prêts à en découdre avec l’anomalie magique qui met tout le monde en danger. Fantasy et humour font ici très bon ménage.”
  • “Pauvre Jack!” par Jean Pettigrew. “Cette courte mais très efficace nouvelle d’atmosphère (…) nous entraîne dans les bas-fonds de Londres en 1888.” L’éditeur d’Alire ne nous gâte pas souvent d’un texte…
  • Gamma” par Oskar Källner. “La notion du temps n’a plus aucune importance quand on existe depuis si longtemps que l’extinction de l’Humanité est un souvenir lointain. Cette nouvelle (…) [fait] coexister la haute technologie et la beauté (…)”. Ce texte a été traduit du suédois par Jean-Pierre Laigle.

Le volet documentaire du numéro nous présente un autre article de feu Jean-Pierre Laigle, “Les Manipulateurs d’âmes; La conception matérialiste de l’âme dans la science-fiction”. Contrairement au fantastique, qui accepte le concept surnaturel de l’âme, la science-fiction, elle, soit en rejette le concept, soit le réactualise au travers de postulats rationnels qui l’expliquent, par exemple, par des phénomènes énergétiques comme l’électricité. Intéressant mais le style du texte est un peu tarabiscoté et certaines phrases ne font carrément pas sens…

Le numéro continue avec un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, consacré au “Cosmos intérieur, ou l’évolution du planétarium”. L’auteur nous présente l’histoire du planétarium, ses multiples utilisations tant ludiques que de vulgarisations scientifiques, et le rôle qu’il a joué dans des oeuvres de fictions tant au cinéma qu’en littérature de science fiction. Toujours aussi fascinant.

Avec ses deux volets, fiction et documentaire, Solaris nous ouvre une fenêtre sur le monde des littératures de l’imaginaire. Même si personnellement je préfère la lecture des articles à celle des fictions, c’est un incontournable qui nous diverti et nous tiens à jour sur ce qui se produit dans le genre. À lire! stars-3-5

Capsules

 

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Revue de ‘zines [002.021.107]

Revue de ‘zines

J’ai fais un peu de rattrapage avec ma dernière chroniques mais il me reste encore plusieurs périodiques et autres ‘zines dans mon champs d’intérêt à discuter et à en éplucher le contenu pour vous. 

Animeland #233 (janvier – mars 2021)

Animeland-233Ce numéro célèbre d’abord les trente ans du magazine (cet exploit mérite bien d’être souligné) puis s’ouvre sur un énorme dossier (36 p.!) consacré à My Hero Academia dans plusieurs de ses aspects (ses personnages, interview avec Ahmed Agne, le directeur co-fondateur des éditions Ki-oon) et qui s’étend au concept de héros en général (définition, héros violent, bon méchant, héros sportif, héros non violent, anti-héros, genre et couleur de peau du héros, etc.). 

Dans le segment “Focus” on continue le mini-dossier sur Anime News Network avec des portraits de collaborateurs, on nous présente l’animation de Dreamworks Les Croods 2 incluant en bonus un entretien avec les réalisateur (Joel Crawford) et producteur (Mark  Swift). 

Animeland réintroduit un segment sur le manga (enfin!) avec “Ça ferait un bon anime” qui souligne l’intérêt de Transparente, Colorless, Ashidaka, Bride Stories, Perfect World, Le Dragon et la Nonne, Spy x Family, et Le Renard et le Petit Tanuki. 

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Aya et la sorcière, Superman: L’Homme de demain, Harley Quinn, Blood of Zeus, Jujutsu Kaisen, Burn the Witch, L’Odyssée de Choum, Akudama Drive, Dragon Quest: The Adventure of Dai, No Guns Life S1 – cour 2, Fireforce S2, The Idhun Chronicles.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Musique (l’animation Soul de Pixar, l’OST de Les Héros de la Galaxie), Cartoon de la Toile (web toons), Entretiens (Jérôme Alquie sur Mémoire de l’Arcadia), Séance Studio (MAPPA), Jeu vidéo (Star Wars Squadrons: Hunted, entretien avec Visual Works), l’animation dans la Pub (Clash of Clans), Figure de Pro (Balak), Pourquoi (Les épisodes des séries sont parfois très différents?), Trouvaille (NYsferatu Symphony of a Century), et Humeur.

L’évolution des médias du papier vers le digital (et les changements d’habitude de lecture en résultant), la disparition de distributeurs, un marché niche et maintenant la crise du coronavirus ont eut des effets désastreux sur beaucoup de magazines culturels. Heureusement, Animeland a su y répondre avec rapidité et habilité en s’associant avec Anime News Network, en changeant de format (pour passer de magazine bimestriel distribué en kiosques à Mook trimestriel distribué en librairies) et surtout en mettant de l’avant une campagne de sociofinancement (crowdfunding). Après avoir navigué contre vents et marées pendant trente ans, le “magazine” semble paré pour une nouvelle ère de publication. Il nous offre ici 146 pages riches en information. C’est sans aucun doute le meilleurs magazine du genre. À lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

Capsules

dBD HS #22 (novembre 2020)

bBD-HS22Ce numéro Hors-Série de dBD nous fait entrer dans les coulisses de la plus récente aventure de Blake et Mortimer, le tome 27: Le Cri du Moloch, publié en novembre 2020. Ce n’est pas facile de faire suite au géant Edgar P. Jacobs, décédé en 1987. Pourtant, dès 1996 Jean van Hamme et Ted Benoit produiront deux albums qui font suite aux douze aventures de Blake et Mortimer. Yves Sente et André Juillard reprennent le flambeau avec sept albums. Van Hamme revient à la charge avec deux autres albums (un troisième paraîtra en 2021), puis Yves Sente en écrit deux autres (sans compter une demi-douzaine d’album hors-série par divers auteurs). Nous découvrons les dessous de la production du dernier tome au travers d’entrevues avec Yves Schlirf (éditeur de la série), Jean Dufaux (scénariste), Étienne Schréder (dessinateur), Christian Cailleaux (dessinateur), Laurence Croix (coloriste) et Philippe Ghielmetti (graphiste). Le numéro se termine sur trois extraits de futurs albums. Intéressant (mais court: 60 p.) si vous êtes un grand amateur de Blake et Mortimerstars-3-0

Capsules

dBD #149 (décembre – janvier 2020/21)

dBD-149Dans l’actualité de ce numéro je remarque la parution d’une BD documentaire sur La Science-fiction, par Xavier Dolla et Djibril Morissette-Phan (Les Humanoïdes Associés, 216 p., nov. 2020). À la une on retrouve des entrevues avec Xavier Coste et son éditeur Frédéric Lavabre (sur 1984, d’après G. Orwell, chez Éditions Sarbacane). Le numéro se poursuit avec des entrevues de François de Closets et Éric Chabbert (sur Les guerres d’Albert Einstein t. 1-2, par Corbeyran, De Closet et Chabbert aux Éditions Robinson), Stéphane Fert (sur Blanc Autour, par Lupano et Fert, chez Dargaud), Jean-Christophe Brisard (sur Hitler est mort! T. 1 par Brisard et Pagliaro, chez Glénat), Luz (sur Vernon Subutex t.1, par Virginie Despentes & Luz, chez Albin Michel), Jean Harambat (sur La fiancée du Dr. Septimus, par Rivière & Harambat, chez Dargaud Coll. Le Nouveau Chapitre), Amaury Bündgen (sur Ion Mud chez Casterman), Stanislas Moussé (sur Le fils du roi, chez Le Tripode), et Karim Friha (sur Le Mangeur d’espoir, chez Gallimard). À l’occasion de son quinzième anniversaire on retrouve également un article sur les éditions Ankama. Dans le “Cahier Critique” je note un seul manga: Le jeu de la mort t.1 & 2 par Sora, chez Delcourt/Tonkam (Bien; un shojo qui raconte une relation inappropriée entre un professeur de Lycée et une étudiante).

Un numéro volumineux (132 p.), plein d’information mais qui malheureusement n’offre pas grand chose dans mon champs d’intérêt. À lire pour tout amateur de BD en quête d’info sur les nouvelles parutions. stars-3-0

Capsules

Solaris #217 (Hiver 2021)

Solaris-217Un numéro plein à craquer qui nous offre six nouvelles, un article et les chroniques littéraire habituelles (“Les littéranautes” commentant les parutions locales et “Lectures” commentant le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne). Le volet fiction comprends:

  • “Ismaël, Elstramadur et la destinée”, par Christian Léourier (texte lauréat du Prix Joël-Champetier 2021)
  • “L’Amour au temps des univers parallèles”, par Hugues Morin
  • Au Pré de l’Asphodèle”, par Claude Bolduc
  • Les Pompes de Titan”, par Jean-Louis Trudel
  • Les Coeurs tachyoniques ne peuvent aimer”, par Derek Künsken
  • Explorer Jéhovah”, par Mario Tessier. L’apparition d’un colosse au dimension planétaire dans le système solaire (une statue représentant un homme nu), ravive les ferveurs religieuses et relance la compétition entre les différents pays de la planète pour être le premier à l’explorer… stars-3-0

Le volet documentaire du numéro n’offre qu’un seul article, un autre épisode exceptionnel des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, cette fois consacré à “La Machine à écrire… de la (science-)fiction”… Le Futurible y retrace l’histoire de la machine à écrire, comment elle a influencé l’écriture de fiction et comment elle est elle-même devenu une thématique des littératures de l’imaginaire… Tout à fait captivant…

Encore une fois, Solaris — qui se veut l’Anthologie permanente des littératures de l’imaginaire — nous offre une fenêtre sur ce qui se fait dans les littératures de genres au Québec, dans le monde francophone et même ailleurs. À lire pour tout amateur des dites littératures qui veut se divertir et accroître son savoir… stars-3-0

 

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Le dernier envol du papillon

DernierEnvolDuPapillon-covMémoires d’une geisha — Kicho, la plus belle courtisane de Nagasaki, séduit tous les hommes sans exception. Cependant, du vieux marchand ivrogne au médecin étranger, elle continue à accepter tous les clients, même les plus méprisables. Quel secret cache-t-elle derrière sa douce mélancolie ? Le jeune garçon qui nourrit une haine farouche envers elle détient peut-être les clefs du mystère…

Kan Takahama est déjà bien connue en France par les amateurs de romans graphiques pour ses œuvres à mi-chemin entre le manga et la bande dessinée franco-belge : L’Eau amère, Sad Girl, Two Expressos ou encore sa collaboration avec Frédéric Boilet sur Mariko Parade. Avec Le Dernier Envol du papillon, l’auteur parvient à repousser les limites de son style en nous livrant un beau récit dont la trame scénaristique n’a rien à envier à La Dame aux camélias, tout en gardant la finesse dont elle avait fait preuve dans ses récits intimistes.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 9

Le dernier envol du papillon (蝶のみちゆき / Chō no Michiyuki / lit. “Le papillon de Michiyuki” [fait référence à une pièce de kabuki où “deux amants contrariés finissent réincarnés en papillons”]) est un manga seinen par Kan Takahama qui a été sérialisé dans Comic Ran puis compilé en volume chez Leed en 2015.

Kicho est une courtisane célèbre de la maison Chikugo dans le quartier de Maruyama à Nagasaki durant l’époque du Bakumatsu. Elle est aussi belle que pleine de mystères, mais tout au long du récit nous découvrons peu à peu son histoire (et celle de sa petite servante, Tama). Elle visite un de ses clients régulier, le Dr. Thorn, sur l’ile de Dejima, réservé pour les étrangers. Il est surpris de découvrir qu’elle a quelques connaissances en médecine et lui donne de la nourriture saine pour “son frère malade”. Il soigne également un homme atteint d’une tumeur au cerveau et il offre de prendre son fils, Kenzo, comme étudiant à l’école de Médecine Occidentale. Il en déduit que cet homme, Gen Tsuji, est le frère de Kicho mais en fait c’est son époux! Médecin veuf, il était tombé amoureux de la courtisane (qui était en fait une amie d’enfance) et s’était ruiné pour racheter son contrat auprès de la maison Chikugo. Lorsqu’il est tombé malade elle est retourné au Chikugo pour être capable de payer les dettes de la famille et les soins de son mari. À sa mort, elle est resté au Chikugo. Quelques années plus tard, après la guerre du Boshin qui ouvre la porte à l’ère Meiji, Kenzo, maintenant lui-même médecin, offre à Kicho (Konoha de son vrai nom) de revenir à la maison. Mais, se sachant condamné par la syphilis, elle refuse…

Le dernier envol du papillon nous offre une très belle histoire d’amour. Le récit est plutôt fluide et l’intrigue autour de Kicho nous tiens en haleine. C’est intéressant car les récits de courtisanes (comme Sakuran de Moyoco Anno) se déroulent généralement à Edo. Le dessin est agréable et détaillé (Takahama utilise beaucoup de trames très fines pour les dégradés). On voit que l’artiste gagne en assurance (c’est son huitième manga, publié juste après Tokyo, amour et libertés) et qu’elle a beaucoup recherché son sujet. C’est ce qui rend d’ailleurs ce manga très intéressant car elle dépeint bien la société et les moeurs de l’époque, un moment fascinant de l’Histoire japonaise qui fait la transition entre le shogunat Tokugawa (bakufu) et le japon moderne qui débute avec l’ère Meiji. C’est une très bonne lecture que je recommande, mais pour adultes car il contient, bien sûr, beaucoup de nudité et de sexualité (comme dans les autres productions récentes de Takahama).

Le dernier envol du papillon par Kan Takahama (Traduction par Yohan Leclerc). Grenoble: Glénat (Coll. Seinen Manga), avril 2017. 164 pages (152 pl.), , 14.5 x 21 cm, 10,75 € / $17.95 Can., ISBN 978-2-344-02260-3. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Kan TAKAHAMA, 2013. © Glénat, 2017 pour l’édition française.

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Les années douces

AnnéesDouces-covUn récit pudique et délicat, tissé de bonheurs fugaces et d’enchantements saisis au vol : Jirô Taniguchi au meilleur de son art.

Dans le café où elle a ses habitudes, une trentenaire, Tsukiko, fait la connaissance d’un homme solitaire et élégant, de plus de trente ans son aîné. Elle réalise qu’elle le connaît : il fut autrefois son professeur de japonais. Elle est célibataire, il est veuf. Complices, ils prennent l’habitude de se revoir dans le même café, au hasard de leur emploi du temps, puis, bientôt, d’improviser des sorties ensemble. Insensiblement, à petites touches légères, une connivence s’établit, puis une véritable affection, et peut être même… Ce sont ces rencontres que retracent une à une les chapitres des Années douces, chacune comme une histoire à part entière : la cueillette des champignons, les poussins achetés au marché, la fête des fleurs ou les vingt-deux étoiles d’une nuit d’automne.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 9

Les années douces (センセイの鞄 / Sensei no Kaban / lit. “La mallette du maître”) est un manga seinen par Jirô Taniguchi d’après le roman de Hiromi Kawakami. Ce dernier a été sérialisé dans le magazine Taiyo (Heibonsha) entre juillet 1999 et décembre 2000 avant d’être compilé en un volume en juin 2001. Il a par la suite été réédité en format poche chez Bungei Bunko (Bungei Shunju) et Shincho Bunko (Shinchosha). La version française est publiée aux Éditions Philippe Picquier. Il a été adapté en un téléfilm  et en manga. L’adaptation manga a été prépublié dans le magazine bimensuel Manga Action (Futubasha) entre novembre 2008 et décembre 2009 avant d’être compilé en deux volumes en 2009 et 2010. Casterman a publié les deux volumes en français en 2010-11, puis les a réédité dans une version intégrale en mars 2020.

Tsukiko Omachi est une “Office Lady” dans la trentaine qui mène une vie plutôt solitaire, car elle trouve qu’elle n’est pas trop adapté au “mode de vie des adultes”. Un soir, dans l’izakaya qu’elle a l’habitude de fréquenter, elle fait la rencontre d’un homme plus âgé, dans la soixantaine, qui lui semble vaguement familier et qui apprécie les même choses qu’elle. Elle réalise qu’il s’agit de son ancien professeur de littérature japonaise au lycée. Comme elle ne se souvient pas de son nom, elle l’appelle simplement “le maître” (Sensei) et ce nom lui est resté — même si finalement elle se rappelle qu’il s’agit de Harutsuna Matsumoto. Au fil des rencontres dans ce même izakaya va se développer une relation d’amitié, puis de tendre complicité. Et, même si elle sort parfois avec Kojima, un collègue du lycée, ses pensées reviennent toujours au maître…  Lorsqu’ils commencent à se donner rendez-vous ailleurs qu’au bistrot, cette amitié évoluera vers une véritable affection et, pourquoi pas, une relation amoureuse.

C’est un récit très anecdotique divisé en dix-neuf chapitres (ou “rencontres”): La lune et les piles, Les poussins, Vingt-deux étoiles, La cueillette des champignons (1 et 2), Nouvel an, Renaissances, Fête des cerisiers (1 et 2), La chance, Orage de mousson, L’île (1 et 2), Sur la grève (un rêve), Le grillon, Au parc, Le cartable du maître, Parade (1 et 2). Je comprend fort bien pourquoi Taniguchi a voulu faire cette adaptation, car cette histoire s’apparente très bien avec sa thématique de déambulation gastronomique qu’il a mainte fois utilisée dans des récits comme L’Homme qui marche, Le Promeneur ou Le Gourmet solitaire. C’est un très beau récit — lent et contemplatif — qui se lit plutôt bien et qui, comme la vie des personnages de Taniguchi, se savoure tranquillement. L’artiste a atteint le sommet de son art et l’on voit sa maîtrise tant dans la mise en page que dans son magnifique style précis et détaillé. 

Les années douces est un très bon manga que j’avais déjà lu lors de sa sortie en deux volumes et que je me suis fait un plaisir de relire avec la parution de l’intégrale. C’est du Taniguchi à son meilleurs…

Les années douces, par Jirô Taniguchi, d’après l’oeuvre de Hiromi Kawakami (Traduction par Elisabeth Suetsugu, adaptation par Corinne Quentin). Paris: Casterman (Coll. Écriture), mars 2020. 440 p., 17.3 x 24.1 cm, 24.95 € / $C 48.95. ISBN 978-2-203-20319-8. Pour lectorat jeune adulte (16+).  stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© PAPIER / Jiro TANIGUCHI / Hiromi KAWAKAMI, 2008. © Casterman, 2020 pour la traduction française.

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L’Appel de Cthulhu

AppelDeCthulhu-covQuand Francis Thurston hérite des possessions de son grand-oncle archéologue, il se retrouve lié à la tragique destinée du vieil homme… D’après ses papiers, le défunt scientifique enquêtait sur une religion étrange : le culte de Cthulhu. Une mystérieuse gravure représentant son dieu dépeint un monstre cauchemardesque ! Selon le journal laissé par le professeur, cette tablette est l’œuvre d’un artiste qui l’a créée en pleine nuit, alors qu’il était assailli de visions d’une cité fantastique habitée par une créature gigantesque.

Or, ce phénomène a eu lieu le lendemain d’un séisme d’une intensité inégalée, qui a affecté des hommes dans plusieurs contrées… Qu’est-ce qui a bien pu perturber ainsi l’équilibre du monde ? Intrigué par ces écrits, Francis reprend le flambeau et se lance sur la piste du culte, au cœur des ténèbres… 

Des États-Unis à l’Europe en passant par les étendues glacées du Groenland, l’horreur se niche partout ! Avec L’Appel de Cthulhu, H. P. Lovecraft donne une ampleur et une cohérence nouvelles à son univers en reliant les indices éparpillés dans ses récits. Aurez-vous le courage d’affronter la réalité ainsi dévoilée ?

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

( Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs )

L’Appel de Cthulhu (クトゥルフの呼び声 ラヴクラフト傑作集 / Kutourufu no Yobigoe – ravukurafuto kessaku-shū / “Appel de Cthulhu – Chefs-d’œuvre de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans Comic Beam (de mai à novembre 2019), un magazine mensuel de Enterbrain (Kadokawa), avant d’être compilé en un volume en décembre 2019. Ce manga seinen par Gou Tanabe adapte la nouvelle de trente-deux pages The Call of Cthulhu écrite par H.P. Lovecraft en 1926 et publié dans Weird Tales en février 1928. La version française de cette adaptation est paru chez Ki-oon en septembre 2020. 

Gou TANABE a adapté en manga de nombreux récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse et qui inclus “The Hound,” “The Temple,” et “The Nameless City”), The Colour Out of Space (2015, traduit en français chez Ki-oon), The Haunter of the Dark (2016, à paraître en français chez Ki-oon en mars 2021 sous le titre Celui qui hantait les ténèbres), At the mountain of madness (2016-17, publié en anglais chez Dark Horse et en français chez Ki-oon, et dont j’ai déjà commenté le volume 1 et le volume 2), The Shadow Out of Time (2018, publié en français chez Ki-oon et que j’ai récemment commenté), The Call of Cthulhu (2019, publié en français chez Ki-oon en septembre 2020). Sa plus récente adaptation est The Shadow Over Innsmouth (インスマウスの影 / Innsmouth no Kage) publié dans Monthly Comic Beam entre juin 2020 et mars 2021. 

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Cette histoire retrace l’enquête menée par l’anthropologue Francis Wayland Thurston après avoir découvert dans les affaires de son grand-oncle George Gammell Angell, un professeur de langues sémitiques, un étrange bas-relief et un manuscrit relatant différents événements étranges s’étant tous déroulés entre le 28 février et le 2 avril 1925. Dans un premier cas, un jeune sculpteur de Providence nommé Henry Wilcox fut épris d’une fièvre et d’un délire durant lequel il créa un bas-relief représentant des hiéroglyphes mystérieux et une figure humanoïde dont “la tête pulpeuse entourée de tentacules surmontait un corps écailleux et grotesque muni d’ailes rudimentaires.” Wilcox vint voir Angell dans l’espoir qu’il puisse identifier l’origine de sa vision mais sans succès. 

Toutefois le récit du sculpteur rappela à Angell un événement similaire dont il prit connaissance lorsqu’un inspecteur de police de la Nouvelle-Orléans, John Legrasse, se présenta en 1908 à une réunion de la Société américaine d’archéologie tenue à Saint-Louis (MO) afin de faire identifier une idole mystérieuse. Elle représentait un monstre anthropoïde accroupie sur un piédestal, sa tête était couverte de tentacules, le corps évoquait celui d’un phoque, les quatre membres étaient pourvues de griffes formidables et il possédait de longues ailes minces sur le dos. L’idole avait été confisqué à une secte vaudou pratiquant des rituels sacrificiels dans des marécages au sud de la Nouvelle-Orléans. Le professeur Webb se rappela avoir entendu parlé d’un culte similaire au Groenland. Ce culte adorait Cthulhu et les Grands Anciens, venus des étoiles, qui ne mourraient jamais mais dormaient dans la cité engloutie de R’lyeh. Ils communiquaient avec les hommes dans leurs rêves en attendant le jour où, lorsque les étoiles seraient propices, ils s’éveilleraient de leur tombeau de pierre et règneraient à nouveau sur la terre.

Alors qu’il tente de confirmer les recherches de son grand-oncle, Thurston tombe sur un article de journal australien mentionnant une idole bizarre découverte sur l’épave d’un yacht en Nouvelle-Zélande en avril 1925! Thurston se rends à Auckland, puis à Sydney et finalement Oslo pour retracer le marin norvégien, Johanson, seul survivant. Il apprends que celui-ci est décédé mais réussi à prendre possession du manuscrit où Johanson relate son aventure et qui s’avère la clé de tout le mystère. Un tremblement de terre avait fait ressurgir la cité de R’lyeh, permettant à Cthulhu d’envahir les rêves à nouveau. Les matelots abordèrent l’île et libérèrent l’abomination. Toutefois, heureusement, la vivacité d’esprit de Johanson avait permis de le replonger dans son sommeil. Mais pour combien de temps encore? Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn

Avec “Les montagnes hallucinées”, L’Appel de Cthulhu est probablement l’un de mes récits préférés de Lovecraft (que j’ai d’ailleurs relu et commenté récemment) car pour la première fois il présente assez clairement le mythe de Cthulhu auquel jusqu’alors il n’avait fait que de brèves allusions. C’est donc une oeuvre emblématique qui aura une grande influence sur l’imaginaire collectif. Gou Tanabe en fait une adaptation incroyablement fidèle. Le récit est fluide et décrit avec précision les événements, les personnages et les créatures — ce qui est un exploit puisque Lovecraft aimait bien rester vague dans ses descriptions — ce qui fait que le court texte de trente-deux pages se retrouve illustré en près de trois cents ! C’est même une amélioration sur le texte originale, parfois lourd et empêtré,  puisque sa clarté et sa précision le rend plus intéressant. L’ouvrage est aussi graphiquement superbe car Tanabe réussi bien à rendre l’aspect sombre du récit sans que les minutieux détails ne se perdre dans un excès de trames ou d’encre. L’effet est amplifié par le haut niveau de production de l’oeuvre, la qualité d’impression mais surtout la superbe reliure en simili cuir rouge qui lui donne un air ancien.

Si je ne suis guère susceptible à l’effroi cauchemardesque que ce genre de récit est censé provoquer, j’ai quand même trouvé que l’Appel de Cthulhu est une excellente lecture qui permet d’aborder (ou de découvrir) l’œuvre de Lovecraft sous un angle nouveau. J’ai aussi hâte de lire la prochaine adaptation de Tanabe, Celui qui hantait les ténèbres, qui devrait paraître imminemment en français chez Ki-oon.

L’Appel de Cthulhu (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 5), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), septembre 2020. 294 p. (272 pl.), 15 x 21 cm, 17 € / $C 31.95. ISBN 979-10-327-0663-3. Pour lectorat jeune adulte (16+). Extrait disponible sur le site de l’éditeur. stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Tanabe Gou 2019

Voir mes commentaires sur les adaptations précédentes de Tanabe:

MontagnesHallucinées-t1-cov montagnes_hallucinees_02-cov Dans_lAbime_du_temps-cov CouleurTombeeDuCiel-cov

 

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Revue de ‘zines [002.021.051]

Revue de ‘zines

Je constate que ma dernière chronique sur les périodiques et autres ‘zines dans mon champs d’intérêt remonte à un peu plus de trois mois. Ils s’accumulent sur ma table de chevet, encombrant mon tsundoku, et il est donc grand temps que je fasse un peu de rattrapage et que j’en épluche le contenu pour vous. 

Animeland #232 (Octobre – Décembre 2020)

Animeland-232En dossier de couverture on aborde le renouveau du shônen: on définit le genre (son public, ses auteurs), s’intérroge sur son étendu et présente quelques titres en exemples (The Promised Neverland, Chainsaw Man, L’Attaque des Titans, Jujutsu Kaisen, Sword Art Online, My Hero Academia). En plus de la une, le numéro est divisé en trois grandes sections: “Focus” qui met en lumière divers sujet d’actualité (le distributeur de figurines Cosmic Group, le studio 2D Andarta, la société monégasque Shibuya Productions, l’histoire de Anime News Network, l’historique des webtoons, Petit Vampire et un entretien avec son créateur, Joann Sfar); “On a vu” introduit quelques animation notoires (Josep, Phil Tippett: Des rêves et des monstres, Déca-Dence, Denno Coil, Futariwa Precure, The God of High School, Japan Sinks 2020, RE: Zero: Starting Life in Another World, My Hero Academia: Heroes Rising, Calamity, Weathering with You, Maquia, Fritzi, Great Pretender, Ronja: Fille de Brigand); Et le numéro se conclut sur une série de chroniques (Musique [OST de Japan Sinks 2020 par Kensuke Ushio], Entretiens [avec l’équipe de En sortant de l’école et avec les réalisateurs de GitS_2045 Shinji Aramaki et Kenji Kamiyama], Séance Studio [Studio Trigger], Jeu vidéo [The Last of Us Part II], l’animation dans la Pub [Nescafé], Figure de Pro [Santiago Montiel], Pourquoi [images par seconde], Trouvaille [Séoul Station], et Humeur).

Animeland reste encore le meilleur magazine du genre (il n’en reste plus beaucoup). C’est très riche en information (quoi que je déplore toujours la disparition de la section dédiée aux mangas). Même si cela reste très cher à 13.50 € / 20.99 CAD (mais heureusement il y a les bibliothèques publiques) c’est tout de même 146 pages d’information compacte qui offre une lecture essentielle pour tous amateurs francophone d’anime. stars-3-5

Capsules

dBD #146 (Septembre 2020)

dBD-146À la une de ce numéro on retrouve un interview avec François Boucq (au sujet de New York Cannibals, en collaboration avec Jerome Charyn chez Éditions du Lombard). On poursuit avec des interviews de Corbeyran (qui a écrit quatre cents scénarios de BD!), Pierre-Henry Gomont (pour La fuite du cerveau chez Dargaud), Patrick Prugne (pour Tomahawk chez Éditions Daniel Maghen), et Bérengère Orieux (des Édition Ici Même). On retrouve aussi un article sur les Picture discs.

Dans le “Cahier Critique” je note surtout Yawara! T.1 de Naoki Urasawa chez Kana (Bien; “Importance de la transmission, adversité, coups bas et fougueux combats donnent du relief à ce manga très célèbre publié au Japon dès la fin des années 80”), Fairy Tail – City Hero t.1 par Ushio Ando chez Pika (Bien; “une série policière décalée, pour les fans de la série d’origine”), Tokyo Tarareba Girls T.1 par Akiko Higashimura chez Le Lézard Noir (Super; “album sortie en 2014 (…) ce premier volume de la série risque fort de dépasser le public habituel du drama manga”), Shino ne sait pas dire son nom par Shuzo Oshimi chez Ki-oon (Bien; l’histoire d’une jeune fille atteinte d’un trouble de la parole), So I’m a spider, so what? T.1 par Asahiro Kakashi chez Pika (Bof; “assez superficiel et surtout répétitif”), Les enfants du temps T.1 par Wataru Kubota chez Pika (Super; adaptation en manga du film de Makoto Shinkai Weathering with You, “met en perspective le Japon rural (…) et son pendant urbain. Une belle réussite, qui ne fait pas injure au long-métrage”), et Iruma à l’école des démons T.1 par Osamu Nishi chez Nobi-Nobi (Super; “tordant à souhait!”).

L’habituel déluge d’information de BD; heureusement qu’il a dBD pour nous parler des nouvelles parutions en mangas ! À lire (même si c’est cher — 8.90 € / $C15.99 pour 100 pages [aussi disponible en numérique pour 4.99 €] — mais cela vaut la peine et on le trouve aussi dans les bibliothèques publiques). stars-3-0

Capsules

dBD #147 (Octobre 2020)

dBD-147À la une de ce numéro on retrouve un interview avec Frank Pé (sur Little Nemo et La bête T.1 chez Dupuis et l’artbook Une vie en dessins chez Dupuis-Champaka). On poursuit avec des interviews de Baru (sur Bella ciao T.1 chez Éditions Futuropolis), Julie Rocheleau, Benoit du Peloux (sur Tracnar & Faribol aux Éditions Bamboo), Jordi Lafebre (sur Malgré Tout chez Dargaud), Beate & Serge Klarsfeld (sur Beate & Serge Klarsfeld: Un combat contre l’oubli par Pascal Bresson et Sylvain Dorange aux Éditions La Boite à Bulles), et Derib (sur Yakari: Le fils de l’aigle aux Éditions du Lombard). On trouve également un court hommage à André-Paul Duchâteau (créateur de Ric Hochet et auteur de polar) et un article sur deux grosses parutions chez Taschen (The History of EC Comics par Grant Geissman et Masterpieces of Fantasy Art par Dian Hanson, chacun faisant plus de cinq-cent pages et coûtant 150 € / $200 !).

Dans le “Cahier Critique” je note qu’on a regroupé sur deux pages une sélection des nouveautés mangas mais je n’y ai trouvé rien d’intéressant… Ceci est donc un numéro un peu pauvre. stars-2-5

Capsules

dBD #148 (Novembre 2020)

dBD-148À la une de ce numéro on retrouve un interview avec Didier Convard (sur Lacrima Christi T.6 avec Denis Falque chez Glénat et Neige T.14 avec Christian Gine chez Glénat). On poursuit avec des interviews de Bertrand Escaich/Caroline Roque [BeKa] et José Luis Munera (sur Les Tuniques Bleues T.65: L’envoyé spécial chez Dupuis), David Vandermeulen et Daniel Casanave (sur Sapiens, la naissance de l’humanité T.1 avec Yuval Noah Harari chez Albin Michel), Nicolas Juncker (sur Octofight T.3: Euthanasiez-les tous! avec Chico Pacheco chez Glénat, coll. Treize Étrange), Claude Gendrot (éditeur chez Pif Gadget, Métal Hurlant, chez Dupuis et chez Futuropolis depuis 2006), Noémie Honein (sur De l’importance du poil de nez chez Sarbacane) et William (sur Les Sisters T.15: Fallait pas me chercher! chez Bamboo). On trouve également un article sur l’exposition “Vinyle, quand la musique se dessine” à la Médiathèque musicale de Paris sur les pochettes illustrées. On nous présente aussi des sketch et travaux préparatoires de Luigi Critone qui vient de remplacer Enrico Marini pour Le Scorpion T.13: Tamose l’Égyptien (avec Stephen Desberg chez Dargaud). 

Dans le “Cahier Critique” je note encore une fois surtout des mangas: The Alexis Empire Chronicle T.1 par Awamura & Sato chez Doki-Doki (Super; “Pur récit d’heroic-fantasy (…) brille par sa maîtrise des codes du genre (…), Graphiquement le résultat est également d’excellente facture, notamment lors des scènes de bataille”), La jeunesse de Yoshio par Yoshiharu Tsuge chez Cornelius (Super; “rassemble sept histoires parues en 1973 et 1974. C’est un condensé d’autobiographie à peine déguisée, sans fard, peignant avec acidité le quotidien d’auteurs méprisés. Alors évidemment, c’est sombre, sordide même”), L’Appel de Cthulhu par Gou Tanabe chez Ki-oon (Super; “Grâce à son dessin à la fois précis et charbonneux, le mangaka installe une ambiance de fin du monde”), Spy x Family T.1 par Tatsuya Endo chez Kurokawa (Super; “véritable phénomène au Japon (…) sous son apparence de classique de comédie d’espionage (…) cache (…) une intéressante étude de personnage”), A journey beyond heaven T.1 par Masakazu Ishiguro chez Pika (Super; “une belle découverte”), L’Oxalis et l’or T.1 par Eiichi Kitano chez Glénat (Bien; “un premier volet convaincant”), et My Hero Academia – Team Up Mission T.1 par Horikoshi & Akiyama chez Ki-oon (Super).

Encore un numéro plein à craquer d’infos… stars-3-0

Capsules

Solaris #215 (Été 2020, vol. 46, #1)

Solaris-215La nouvelle formule de Solaris, une revue littéraire format livre qui se veut “l’anthologie permanente des littératures de l’imaginaire”, a déjà vingt ans !  On y retrouve six nouvelles de science-fiction, un article et les chroniques littéraire habituelles (“Les littéranautes” commentant les parutions locales et “Lectures” commentant le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne). Le volet fiction comprends:

  • Les Épinettes à corneilles”, par Josée Bérubé, qui est le texte lauréat du Prix Solaris 2020.
  • Solitude”, par Alain Ducharme, qui “s’interroge, entre autres, sur les difficultés d’appartenance et d’identité lorsque plus rien ne nous est familier”.
  • Dernières Vacances de la femme-termite”, par Michèle Laframboise, qui “nous emmène en voyage littéralement au-dessus des nuages”.
  • Presque le paradis”, par Gabriel Veilleux, “où l’on suit un narrateur anonyme envoyé par la colonie pour déminer une vaste zone criblée d’engins explosifs”.
  • Dans “L’Effet quantocorticoïde”, par Claude Lalumière, “Maxim est en pleine adrénarche, ce qui permet de voyager Outrepart et de vivre des aventures extraordinaires en Outretemps, comme tous les enfants avant leur puberté”.
  • Gris”, par Dave Côté, où “après l’explosion du super-volcan Yellowstone, deux amis décident de traverser la frontière pour looter les maisons vides à Chicago. Un bon plan qui ne peut pas rater, pas vrai?”

Le seul article du numéro est un épisode des “Carnets du Futurible”, par Mario Tessier, consacré à “La pandémie en littérature, en image et en musique — ou la peste en 10 repères choisis”. Le Futurible nous offre des articles qui arrive toujours à point pour nous faire réfléchir à l’actualité — mais à travers la littérature et les médias. Comme à son habitude, c’est fort intéressant. 

Personnellement, je ne suis pas très amateur de courtes fictions et je lis Solaris surtout pour les articles mais ce périodique demeure un excellent moyen pour prendre le pouls des littératures de l’imaginaire. À lire. stars-3-0

Capsules

Solaris #216 (Automne 2020, vol. 46, #2)

Solaris-216Ce numéro de Solaris offre une thématique un peu funèbre et rends en quelque sorte hommage à Jean-Pierre Laigle (connu à une autre époque comme Jean-Pierre Moumon), chercheur et spécialiste de l’imaginaire, qui est décédé en juillet dernier. Il présente trois nouvelles, deux articles ainsi que les chroniques littéraire habituelles (“Les littéranautes” commentant les parutions locales et “Lectures” commentant le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne). Le volet fiction comprends:

  • “Là-bas”, par Natasha Beaulieu, qui se déroule dans le même univers que “Ici”, texte lauréat du Prix Solaris 2019 et publié dans le #211.
  • “Avant, la mort nous effrayait”, par Mariane Cayer, fait une “incursion dans le monde de la Sur-Vie”.
  • “La Cité des morts”, par Jean-Pierre Laigle, est une novella (41 p.) “qui aborde le thème de l’après-vie”.

Dans le volet documentaire on retrouve d’abord un article de Jean-Pierre Laigle (évidemment) intitulé “Lune contre Terre, Terre contre Lune : une rivalité catastrophique” et qui fait un historique exhaustif (40 p.) de la thématique des conflits lunaires dans l’imaginaire littéraire et cinématographique. Fort intéressant. Le second article n’est nul autre qu’un épisode des “Carnets du Futurible”, par Mario Tessier, cette fois consacré à la “Vie et mort des démocraties en science-fiction”. Encore une fois c’est on ne peu plus d’actualité. Il y traite de l’attrait des empires totalitaires et des dystopies fascistes en SF, des régimes politiques du futur, de la série “Le Prisonnier”, de la présidence américaine en fiction et il conclut en citant Thucydide ! Tout à fait génial.

Comme toujours, Solaris est la lecture idéale pour nourrir votre imaginaire… stars-3-5

Capsules

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