Monnaies anciennes 107

— EN BONUS —

Sesterce (et autres pièces) de Trajan

J’ai récemment parlé d’un livre qui racontait un voyage aux quatre coins de l’Empire Romain où l’on suit un sesterce frappé à l’effigie de Trajan qui passe de main en main. Cela m’a rappelé que j’avais dans ma collection non seulement un sesterce de Trajan (certes en piètre condition) mais aussi un as et un dupondius — car jusqu’à maintenant, quand j’ai présenté le règne de Trajan, je n’ai parlé que de ma plus belle pièce à son effigie: un denier.

IMG_2974-2975La première de ces pièces est un bel as de Trajan (VG [Very Good], Cu [Cuivre], 27 mm, 10.728 g, payé environ $20 le 1985/01/25, caractérisée par une patine brune sur l’avers et une importante concrétion de vert-de-gris sur le revers; axe: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur lauré et drapé (sur l’épaule gauche) à droite avec l’inscription latine IMP[erator] CAES[ar] NERVAE TRAIANO AVG[vstvs] GER[manicvs] DAC[icvs] P[ontifex] M[aximvs] TR[ibunicia] P[otestate] CO[n]S[vl] VI [Sextvm] P[ater] P[atriae] (Imperator [commandant suprême des armées], César de Nerva, Trajan, Vainqueur des Germains et des Daces, Grand Prêtre, [détenteur du] Pouvoir Tribunicien, Consul pour la sixième fois, Père de la Patrie). Le revers illustre une Félicité, drapée, debout à gauche, tenant un caducée (caduceus) ailé dans la main droite levée et une corne d’abondance (cornucopia) dans la gauche, entourée d’un large S C (Senatus Consultum / “Décret du sénat”) dans le champs de part et d’autre, avec l’inscription latine FELICITAS AVGVST[i] (“Pour la bonne fortune de l’Empereur”).

L’as est la dénomination de base de la monnaie romaine durant l’Empire. Il vaut un demi dupondius, un quart de sesterce et un seizième de denier. Trajan a été empereur entre le 28 janvier 98 et le 9 août 117 EC. Son règne est l’un des plus hauts points de Rome alors que ses conquêtes militaires amène l’Empire au maximum de son expansion. À cette époque toutes les pièces de monnaie étaient frappées à Rome. La dimension et le poids de la pièce, le fait qu’elle est en cuivre et que l’empereur porte une couronne de laurier nous indique qu’il s’agit d’un as. La partie clairement lisible de la nomenclature et de la titulature de l’empereur (IMP CAES … TRAIANO AVG GERM DAC …) nous confirme qu’il s’agit bien de Trajan. Il a reçu la puissance tribunicienne et le titre de Germanicus lors de son adoption par Nerva en 97, et la plupart de ses autres titres (IMP, PM, PP) lors de son accession au pouvoir en janvier 98. Le titre de Dacicus lui est décerné en 102. Comme la fin de la titulature a été oblitéré par l’usure la titulature incomplète ne nous permet pas de dater la pièce plus précisément que entre 102 et sa mort en 117. Toutefois, le titre de Optimus (décerné par le sénat en 114) n’apparait pas encore dans la titulature ce qui nous permet de réduire la datation à 102-114. Aussi, l’utilisation de l’accord TRAIANO ne se retrouve que sous son cinquième (en 103) et sixième consulat (en 112). Finalement, le revers avec une Felicitas n’est utilisé que durant son sixième consulat (à partir de 112). Nous pouvons donc conclure qu’il s’agit ici d’un as de Trajan, frappé à Rome entre 112 et 114 EC.

Sources: Wikipedia, Google, acsearch, numismatics, numista, WildWinds (text, image). RIC v.2: 625. Voir aussi ma fiche.

IMG_2970-2972La seconde pièce est un assez beau dupondius de Trajan (G [Good], Ae [Bronze], 25 mm, 11.875 g, payé environ $7, caractérisé par une patine uniforme verte; axe: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur radié et drapé (sur l’épaule gauche) à droite, avec l’inscription latine  IMP[erator] CAES[ar] NERVAE TRAIANO AVG[vstvs] GER[manicvs] DAC[icvs] P[ontifex] M[aximvs] TR[ibunicia] P[otestate] CO[n]S[vl] V [quintum] P[ater] P[atriae] (Imperator [commandant suprême des armées], César de Nerva, Trajan, Vainqueur des Germains et des Daces, Grand Prêtre, [détenteur du] Pouvoir Tribunicien, Consul pour la cinquième fois, Père de la Patrie). Le revers illustre une Salus (Santé) drapée, assise à gauche sur un trône, nourrissant de sa patère (dans la main droite) un serpent enroulé autour d’un autel, le bras gauche reposant sur l’appui-bras du trône, avec l’inscription latine S·P·Q·R· (Senatus Populusque Romanus / “Le sénat et le peuple romain”) OPTIMO PRINCIPI  (“pour le meilleur des princes”) et un S C (Senatus Consultum / “Décret du sénat”) en exergue. 

Le dupondius est une dénomination intermédiaire de bronze ou d’orichalque (laiton), d’un poids assez lourd (son nom, duo pondus, signifie “deux livres” mais elle n’a jamais pesé autant, son poids se situant entre douze et quatorze grammes) et qui, depuis Vespasien, représente toujours l’empereur avec une couronne radiée (ce qui est bien le cas avec cette pièce). Elle vaut deux as, un demi-sesterce ou un huitième de denier. Le portrait et la partie lisible de l’inscription de l’avers nous confirme qu’il s’agit bien d’une pièce de Trajan (98-117). Comme nous l’avons vu avec la pièce précédente, l’orthographe TRAIANO n’apparait que sous les cinquième (103-111) et sixième (112-117) consulats. Toutefois, le type de revers avec une Salus et l’inscription SPQR Optimo Principi, lui n’apparait que sous le cinquième consulat. Cela nous permet donc de conclure que ce dupondius de Trajan a été frappé à Rome entre 103 et 111 EC.

Sources: Wikipedia, Google, CoinArchives, numismatics, WildWinds (text, image). RIC v.2: 516. Voir aussi ma fiche.

IMG_2978-2985La troisième est un sesterce de Trajan dans un état de conservation plutôt médiocre (P [Poor], Orich. [Orichalque/laiton], 31 mm, 17 g, payé environ $5 le 1986/09/21, caractérisé par une grande usure, de la corrosion et des traces de vert-de-gris; axe: ↑↓). L’avers semble présenter une buste de l’empereur lauré et drapé à droite avec une inscription probablement similaire au deux pièces ci-haut (COS V ou COS VI, toujours sans le titre d’Optimus décerné en 114). Les quelques indices que nous fournit le revers sembleraient indiquer qu’il illustre une Arabia, debout de face, la tête tournée à gauche, tenant une branche de la main droite et un objet indistinct (un fagot de cannes ou de bâtons de cannelle?) dans la gauche, avec à ses pieds un chameau, entouré de l’inscription SPQR OPTIMO PRINCIPI, un S C dans le champs de part et d’autre, et ARAB[ia] ADQ[vis] (“Annexation de l’Arabie”) en exergue.

Le spécimen frappé durant le COS V comporte en l’exergue l’inscription longue (ARAB ADQVIS) alors que pour celui frappé durant le COS VI l’inscription est abrégée (ARAB ADQ). L’espacement laisse supposer qu’il s’agit ici de cette dernière. Ce sesterce de Trajan aurait donc été frappé à Rome entre 112 et 114 EC pour célébrer l’annexion de la province d’Arabie à l’Empire (en 106 EC).

Sources: Wikipedia, Google, acsearch, CoinArchives, CoinTalk, FAC, numismatics, WildWinds (COS V [RIC 466]: text, image; COS VI [RIC 610]: text, image). RIC v. 2: 610. Voir aussi ma fiche.

IMG_8602-8604J’ai déjà parlé de mon denier de Trajan mais je vous le présente à nouveau brièvement. Il s’agit d’une très belle pièce de Trajan (F [Fine], Ar [Argent], 17 x 18 mm, 2.0 g, payé environ $35 le 1987/09/21; axe: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur lauré et partiellement drapé (sur l’épaule gauche), à droite, avec l’Iinscription latine IMP[erator] TRAIANO AVG[vstvs] GER[manicvs] DAC[icvs] P[ontifex] M[aximvs] TR[ibvnica] P[otestate]. Le revers illustre une Aequitas (Équité) assise à gauche, tenant une balance dans la main droite et une cornucopia dans la gauche, avec l’inscription latine CO[n]S[vl] V [quintum] P[ater] P[atriae] S[enatus] P[opvlvs] Q[ve] R[omanvs] OPTIMO PRINC[ipi] (“Consul pour la cinquième fois, Père de la Patrie, [proclamé par] le sénat et le peuple de Rome meilleur des princes”).

Le consulat nous offre la meilleur datation possible. Trajan a été nommé consul une cinquième fois en 103 et nommé une sixième fois en 112. Ce denier de Trajan a donc été frappé à Rome entre 103 et 111 EC.

Sources: Wikipedia, Google, acsearch, CoinArchives, CoinProject, FAC (Optimus), numismatics, Wildwinds. RIC v.2: 119. Voir aussi ma fiche.

Trajan est considéré comme l’un des meilleurs empereurs romains. Bon administrateur et grand militaire, ses conquêtes (notamment en Dacie et les territoires Parthes) ont non seulement considérablement étendu les frontières de l’Empire mais ont aussi renfloué ses coffres, ce qui a permis de payer pour un imposant programme de constructions publiques (aqueducs, routes, thermes, temples, forum, marchés, et monuments — dont la fameuse colonne Trajane). Il institue également une aide alimentaire pour les citoyens les plus pauvres. Il adopte son petit-neveu Publius Aelius Hadrianus qui lui succède lorsqu’il meurt le 8 ou 9 août 117 à Selinus (Turquie) des suites d’un accident vasculaire cérébral (possiblement lié à une crise de paludisme) sur le chemin de retour d’une campagne contre la révolte judéo-parthe.

Bon, après cent-sept entrées et un peu plus de deux ans de chroniques hebdromadaires (ça c’est quand on boss dur toute les semaines!), là je le jure c’est la dernière entrée de cette chronique! 😅

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.257]

Telekia speciosa 

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2022/07/01 ]

Le Télékie élégant (aussi appelé “œil de bœuf” ou “Yellow oxeye” en anglais) est une espèce de plante vivace herbacée qui appartient à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae i.e.à deux cotylédons), à la sous-classe des Asteridae, à l’ordre des Asterales, à la famille des Asteraceae (ou Compositae car leur inflorescence est “composée” de multiples fleurs minuscules appelées capitules) et au genre Telekia (qui ne compte que deux espèces). C’est le botaniste prussien Johann Christian Gottlob Baumgarten qui a donné son nom au genre en l’honneur de son mécène, le noble hongrois Samuel Teleki de Szek. Le nom latin de l’espèce veut simplement dire “éclatant”, “ostentatoire” ou “tape-à-l’œil.”

C’est une plante rhizomateuse qui peut atteindre deux mètres de hauteur est qui est caractérisée par des feuilles basales vertes, aromatiques, triangulaires, doublement dentelées et à long pétiole (jusqu’à trente centimètres).  Elles peuvent mesurer de dix à quatorze centimètre de long et sont glabres sur le dessus mais poilues sur le dessous. Un bouquet ramifié de tiges minces porte des capitules simples ressemblant à des marguerites ou à des tournesols qui peuvent atteindre de six à dix centimètres de diamètre. Elles sont constitués d’une couronne de fleurons ligulés jaunes qui ressemblent à des pétales déchiquetés et d’un disque central aplati jaune orangé (formé de fleurons tubulaires) qui tourne au brun (de l’extérieur vers l’intérieur du disque) avec la maturation. La floraison se produit à la fin de l’été et au début de l’automne (d’août à septembre). Originaire des régions montagneuses allant du sud de l’Europe jusqu’au Caucase, elle est maintenant cultivée un peu partout comme plante ornementale de jardins. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Image du chat-medi [002.022.239]

Chaton mort sur la route
Stray kitten hit by a car

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[ iPhone 13 Pro, VSP, 2022/08/20 ]

Un couple de chats errants a trouvé refuge dans la broussaille de mon jardin avec ses deux chatons. L’un des chatons a été adopté par une voisine mais l’autre s’est retrouvé victime de la route. Cela a beau être un quartier résidentiel bordant le Parc Frédéric-Back, peu de voitures respectent la limite de vitesse de 30 km/h. Malgré plusieurs demandes de citoyens inquiets pour leur enfants ou leurs animaux domestiques, la ville semble refuser d’installer des dos d’ânes pour forcer la circulation à ralentir. L’un de mes chats a lui-même été frappé par une voiture un peu plus tôt cet été et cela devant mes propres yeux. Le chauffeur ne s’est pas arrêté (et ne s’est même probablement aperçu de rien)! Heureusement Félix a seulement été un peu sonné et a continué son chemin pour aller jouer dans le parc. Il s’en est tiré à bon compte ce qui ne fut malheureusement pas le cas de ce chaton qui a maintenant rejoint le paradis des chats… [Cat-urday’s picture / 002.022.239]

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Monnaies anciennes 104

Pièces modernes d’autres pays (2)

La Belgique

La Belgique en tant que territoire distinct a pris forme avec la province romaine de Gaule Belgique, située entre la Germanie Inférieure à l’est et la Gaule lyonnaise à l’ouest, qui incluait plus ou moins ce qui est aujourd’hui le Bénélux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg). À l’époque carolingienne, après que l’Empire de Charlemagne ait été divisé entre ses trois petits-fils en 843 EC, elle fait partie de la Lotharingie (qui incluait également l’Italie). Au Moyen-Âge, sous les ducs de Bourgogne, elle fait partie des Dix-sept Provinces mais ces dernières passent sous l’égide espagnole avec Charles Quint, pour être finalement scindées en deux suite à la guerre de Quatre-Vingts Ans et au traité d’Anvers de 1609 pour former les Provinces-Unies au nord (Belgica Foederata, les Pays-Bas indépendants) et les Pays-Bas méridionaux au sud (Belgica Regia, la Belgique, qui demeure un territoire du Saint-Empire romain germanique).

Toutefois, après la chute de l’Empire napoléonien, elles sont réunies à nouveau en 1815 par le traité de Vienne pour reformer l’ancien Leo Belgicus (nommé ainsi car le territoire sur une carte géographique représente plus ou moins la silhouette d’un lion) sous le nom de Royaume uni des Pays-Bas. Cette fois ce sont les différentes factions dopposition Belges qui s’unissent (d’où la devise “L’Union fait la Force”) et se révoltent contre cette imposition en 1830. La Belgique acquiert donc son indépendance l’année suivante mais se dote néanmoins d’une monarchie constitutionnelle: le Royaume de Belgique. Comme monarque on choisit Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha (un oncle de la reine Victoria) qui règnera sous le nom de Léopold Ier, roi des Belges. Dès lors, la Belgique peut frapper sa propre monnaie: le Franc belge (qui aura cours jusqu’à l’introduction de l’Euro en 2002). Celui-ci se divise en cent centimes avec des pièces de monnaie de un, deux, cinq, dix, vingt, vingt-cinq et cinquante centimes. Je vous en présente ici deux exemples.

IMG_2991-2994Le premier exemple est une très belle pièce de cinq centimes de Léopold 1er datant de 1862 (F [Fine], Cupronickel [75 % Cu et 25 % Ni], 19 mm, 3 g, axe: ↑↓). J’ai peine à distinguer l’avers du revers sur cette pièce. Normalement, l’avers (face) offre le portrait du monarque avec sa titulature, alors que le revers (pile) offre une représentation allégorique ou une devise avec la dénomination (valeur nominale) et la date d’émission. Or, ici tout est mélangé alors que la valeur se retrouve avec la nomenclature et l’attribution de l’avers change selon les experts. L’ “avers” présente la valeur nominale de la pièce sur deux lignes (5  / CENTIMES — centimes étant inscrit dans une cartouche pointé — dans un cercle rempli de pointillés) au-dessus d’une étoile (☆) avec l’inscription française (débutant par un fleuron) ❁ LEOPOLD PREMIER ROI DES BELGES. Le “revers” illustre un lion rampant héraldique vers la gauche (également dans un cercle rempli de pointillés) avec l’inscription française (encadrée par deux étoiles) ★ L’UNION FAIT LA FORCE ★ et 1862 en exergue. On note sous le lion une petite cartouche inscrite BRAEMT, qui est la signature du graveur Joseph-Pierre Braemt. 

Sources: Wikipedia, Google, CGB, numista.

IMG_2987-2988Le deuxième exemple est une belle pièce de deux centimes de Léopold II datant de 1873 (VG [Very Good], Cu [Cuivre 100%], 21.5 mm, 4 g, axe: ↑↓). L’avers présente le monogramme du roi (un grand “L” en cursive chargé de fioritures et surmonté d’une couronne héraldique d’où pendent des rubans de part et d’autre) entouré de l’inscription française LEOPOLD II ROI DES BELGES (suivie d’une étoile) ★ et 1873 en exergue. Le revers illustre un lion belge assis à gauche, la tête tournée à droite, posant la patte avant droite sur une double tablette inscrite (sur quatre lignes) “CONSTITUTION / BELGE / 1831 / ★”, entouré de l’inscription française L’UNION FAIT LA FORCE et 2 CENT.s (abréviation de “centimes”; le point et le “s” sont superposés) en exergue. Dessous la valeur nominale, on retrouve l’inscription BRAEMT F[ecit] (latin pour “fait par Braemt”) qui est la signature du graveur Joseph-Pierre Braemt. 

À partir de 1902, le néerlandais étant maintenant reconnu comme langue officielle, cette pièce sera frappée en deux versions: l’une en français (comme ci-haut) et l’autre en néerlandais (LEOPOLD II KONING DER BELGEN ★★ sur l’avers et EENDRACHT MAAKT MACHT sur le revers).

Sources: Wikipedia, Google, CGB, CoinBrothers, numista.

La semaine prochaine je vous présente quelques pièces de monnaie moderne de la France…

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.236]

Tulipa Queensday

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions (Simples hâtives, Double hâtives, Triomphe, Darwin hybrides, Simples tardives, Fleur de lis, Frangées, Viridiflora, Rembrandt, Perroquet, Double tardives, etc.). La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana (tulipe de jardin). C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

La tulipe Queensday appartient à la division “Double tardives” que l’on nomme aussi “tulipe pivoines” car elle sont caractérisées par une large fleur dotée de un ou plusieurs rangs de pétales supplémentaires (qui sont en fait des sépales ou des étamines transformées). Elles fleurissent à la fin du printemps, c’est-à-dire en avril et en mai. La Queensday se distingue particulièrement par ses longues tiges robustes pouvant produire plusieurs fleurs, ses grandes feuilles lancéolées, mais surtout ses larges fleurs légèrement parfumées, d’un orange vif étonnant ponctué de tons rose framboise au centre du pétale et tirant sur le doré en bordure. Le tout est encadré par quelques longs et étroits sépales d’un rose violacé avec une bordure de vert. Le nom de cette variété fait allusion à une fête des Pays-Bas, le jour de la Reine ou du Roi (Koningsdag), qui célèbre l’anniversaire du monarque et où les participants s’adonnent à la “folie orange” (Oranjegekte) et portent des habits aux couleurs de la maison royale d’Orange-Nassau.  (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Pictorial chronicles [002.022.234]

Invasion de mouffettes !

La “critter-cam” nous révèle une invasion de mouffettes !

Ma cour arrière est souvent visitée par toutes sortes de créatures. J’y vois souvent des chats du quartier (reconnaissable car ils sont grassouillet ou portent un collier) ou des chats errants qui apprécient bien la couverture végétale qu’offre mon jardin. Je leur laisse toujours un bol d’eau en été et parfois quelques gâteries. Bien sûr le jardin et la nourriture pour chats attirent d’autres bêtes. J’ai souvent vue des ratons-laveurs, quelques mouffettes et de rares marmottes (qui ne s’éloignent pas trop du parc adjacent). Comme j’avais une vieille caméra de surveillance en surplus j’ai décidé de la mettre dans le cabanon du jardin pour m’amuser à observer les vas et viens de toute cette ménagerie. 

J’ai constaté avec surprise que, cette année, nous recevons beaucoup de visites de mouffettes. Dans les deux dernières semaines j’ai compté pas moins d’une vingtaine de visites, parfois même trois ou quatre fois par nuit! Ces visites ne sont pas effectuées par un même individu. En considérant la corpulence et les motifs du pelage, j’estime qu’il y au moins trois ou quatre individus qui visitent mon jardin presque tous les soirs…

La mouffette rayée (Mephitis mephitis, parfois aussi appelé “bête puante” au Québec et skunk en anglais) est un mammifère omnivore nocturne, présent presque partout en Amérique du Nord. Elle est caractérisée par des rayures blanches sur le dos de son pelage noir et, bien sûr, par le musc produit par des glandes anales qu’elle peut vaporiser contre un prédateur si elle se sent menacée. C’est un liquide extrêmement nauséabond (composé de thiols: 40 % de C4H8S, 22 % de C5H12S et de 3 à 12 % de C10H9NS — comme pour les oeufs pourris l’odeur désagréable est surtout due à la présence de soufre) dont l’antidote n’est pas, contrairement au folklore, le jus de tomate mais une concoction de peroxyde d’hydrogène, de bicarbonate de sodium et de savon liquide à vaisselle.

Pour amuser la galerie, j’ai créé ce petit vidéo de six minutes:

[ Nest Cam / montage avec iMovie, mon jardin VSP,  2022/08/07 ~ 22 ]

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