Poésie du dimanche [002.021.108]

Nelligan

Son âme est un soulier percé
Et son esprit comme un soldat blessé
Perd son sang et sa vitalité
Se vide de sa substance, de ses idées

Il prend l’eau de sa coque éventrée
Dans l’abime, le vaisseau d’or a sombré
L’hymne aux morts est joué
O Nelligan, Ave !

 

Biset
1979/11/17
1980/07/07

Le poète du dimanche a écrit cet hommage à Nelligan pour l’occasion de l’anniversaire de son décès, le 18 novembre (1941). C’est un piètre hommage (deux quatrains, tous sur la même rimes) mais je n’avais que dix-sept ans. Nelligan, lui, a écrit la plupart de ses chefs-d’oeuvres à l’âge de vingt ans mais rapidement, avant même de compléter son Récital des Anges, sa santé mentale décline (possiblement après un excès de fièvre) et il sombre dans l’apathie. Tel Icare, il aura volé trop près du génie et la démence qu’il avait appréhendé (et même prédit) l’enveloppe. Il n’aura écrit qu’une centaine de poèmes, dont la profondeur tragique nous hantent tous depuis.

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Poésie du dimanche [002.021.101]

Dans le silence du soir

Les dieux répandirent leur fiel
Sur cette Terre qu’on croyait immortelle
Et l’apocalypse fut
Créant le chaos à perte de vue

Ce fut un néant vaste et noir
Comme une nuit, comme un soir
Où je plonge dans l’illusion
Et m’enveloppe de rêve profonds

Biset
1979/11/05
1980/07/07

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Poésie du dimanche [002.021.094]

Épitaphe

Ils s’envolèrent d’un coup d’ailes
Ces rêves qui lui rongeaient l’esprit
Rêves temporels, parallèles

Une ride sur un océan en furie
Une ombre dans la nuit
Lumière cendrée qui éblouit

Mais même lorsqu’il git ici
L’énergie de ses cendres fuit
Et erre sans trêve
Dans l’abîme du rêve

 

Biset
1980/08/18-19

Le poète du dimanche vous rote une autre arrière-pensée d’outre-temps, de ses dix-huit ans, cette fois avec des relents vaguement lovecratiens. Un sonnet mort trop jeune alors qu’il lui manquait encore un quatrain?

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POÉSIE DU DIMANCHE [002.021.087]

Au rêve…

La mélancolie
Des jours de pluie
Fait place au remord
D’un précoce départ

Le soleil brille de tout ses feux
Il m’est indifférent dans mes adieux
À cette paisible et oisive vie
Ou pendant deux pléiades, ici
J’ai vécu dans l’insouciance
Et l’oubli de l’horreur rance

Je vis dans un monde de terreur et de merveille
Des forces s’affrontent, secouant l’âme de mes rêves
Comme un navire malmené par une mer en furie

…voir

Biset
1980/07/24

Une autre poésie du dimanche tirée d’un vieux carnet trouvé dans une malle oubliée. À dix-huit ans, j’avais quitté ma banlieue d’Isléaval et mis ma vie sur pause pour deux semaines pour oublier mes soucis et le monde cruel au chalet de ma grand-mère . En pleine nature, sur les rives du lac Daphné, près du village rustique de Saint-Eloi-de-Paxton, j’ai fait un séjour d’oisiveté et de loisir qui hélas prenait fin… Une poésie simple et anarchique…

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POÉSIE DU DIMANCHE [002.021.080]

Hymne au printemps

C’est le printemps qui arrive
Les banquises partent à la dérive
La nature se réveille
Et les Hommes s’émerveillent

Que reviennent les oiseaux
Que chantent les p’tits moineaux
Que la marmotte se réveille
Que croassent les corneilles
Que chasse l’oiseau de proie
Que pondent les oies

Qu’aux arbres poussent les feuilles
C’est le printemps qui arrive
Faisons lui un bel accueil
Montrons lui notre joie de vivre !

Biset
1976/03/09
1978/05/03

Une nouvelle entrée nostalgique du poète du dimanche avec des vers joyeux qui accueillent le printemps. Le premier brouillon écrit à treize ans, remanié deux ans plus tard. J’y ai apporté quelques petits changements (un mot ici et là) pour cette occasion.

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Pictorial chronicles [002.021.078]

Hopefull spring

Snow, mud and ice
Disappearing at last
As the sun warm us all

On this last day of winter, I took a walk into the park. It was a little colder than the previous day, as if the winter wanted to remind us that it was still there… However, the hopeful signs of the coming spring could be seen everywhere: in the tiny shoots of daffodils (which will flower at last this year, I expect) or in the birds that were starting to populate the bare branches of the trees and fill the air with their songs. Today, I have seen a female cardinal (Cardinalis cardinalis), a downy woodpecker (Dryobates pubescens) and two crows (Corvus brachyrhynchos). 

At the same time, the coming of spring brings hope of more  than sunnier and warmer days. The coronavirus pandemic has reached its first anniversary and it has now been a year also since we started confinement and mitigation measures. People are exhausted and fed up with the distanciation and the mask wearing. Unfortunately, the threat of more potent virus variants forces us to persist in our efforts. But warmer temperature will allow for more outdoor activities which will in its turn alleviate our mental stress and the increasing vaccination pace will soon help everyone to better defend against the virus and create enough immunity to starve its spread and mutation.

I have never seen a spring burdened with so much hope…

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Poésie du dimanche [002.021.073]

L’agonie des dieux

Pourquoi faut-il que du fond du ciel ils soient venus
Sans que les oracles aient prévenu
Pour transmettre leur civilisation
Et leur odieuse religion?

Les Grands Anciens de loin étaient venu
Pour peupler cette terre que le destin semblait leur devoir
Mais un jour apparurent ceux qui cherchaient la gloire
Jusqu’au sang nous nous sommes défendu

Les Guerriers sur le sol ne se sont plus relevés
Les Chefs poussèrent alors le peuple à se soulever
Mais Ils occultaient toute notre puissance

Nous nous relevions chaque jour avec moins d’aisance
Et avec le dernier Chaman nos dieux se sont éteint
Pourquoi ont-ils pris ce chemin ?

Biset
Isléaval
1979/05/09
1980/07/07

Pour nos amer indiens

Publié originalement (page 17) dans Inscriptions sur une pierre tombale icosaédrique datant de 1986, par Claude J. Pelletier. Laval: Publications Ianus, Février 1990. 54 pages. ISBN 2-9801683-1-9. Édition limitée à 75 exemplaires. [ BAnQWorldCat ]. J’y ai encore fait quelques ajustement (changé un mot, ici ou là).

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Poésie du dimanche [002.021.066]

Robots, robots

Robots, robots
Cela fait si longtemps
Quand les humains avaient du pot
Du moins plus que maintenant

Avec vos petites roues
Faites de caoutchouc
Vous rouliez de ci, de là
Tout en faisant ceci, cela

C’était les balbutiements de la robotique
Frankenstein faisait peur, c’était cynique
Sans sentiments, mais vous parliez
Maladroits, mais que vous travailliez

Robots, robots
Vous étiez presque sot
Ce n’était que le début
Ah, si nous avions su !

Biset
1978/05/11

Le poète du dimanche frappe encore. À l’époque de mes presque seize ans, j’écrivais beaucoup de poésie de science-fiction (et même de fantasy comme vous le verrez plus tard), quoique la saveur la plus commune de mes vers restait généralement dans le fantastique… Ici c’est la rencontre du lyrisme asimovien et du récit de mise en garde du genre Terminator (qui ne verra pourtant le jour qu’en 1984)… C’est pas génial mais c’est du bonbon amer. Juste pour la postérité…

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Poésie du dimanche [002.021.059]

Même si parfois la vie…

Même si parfois la vie parait insignifiante
Même si parfois on a le cafard
Même si parfois ça ne vaut pas le prix
Même si parfois on connait la solitude

Même si parfois nous manque la plaine verdoyante
Même is parfois on se perd dans le brouillard
Même si parfois l’enfant quitte le nid
Même si parfois on rêve de béatitude

Cela vaut la peine de la vivre
Même si elle nous rend ivre
Sans jamais révéler ses mystères

N’ayez crainte de quitter votre mère
Pour aller au plus profond de l’univers
Car toujours vous reviendrez à la terre

Biset
1977/08/21
1978/05/03

Le poète du dimanche persiste avec ses horreurs de jeunesse qu’il a à peine peaufiné (changeant quelques mots ici et là pour favoriser le rythme ou la rime). Ne lui en tenez pas rigueur c’est juste pour égailler son humeur…

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POÉSIE DU DIMANCHE [002.021.052]

Je vous dis merde

À vous tous, je vous dis merde
Car je sais que j’vous emmerde
Vous m’avez persécuté
Vous m’avez désavoué

Je vois que vous espérez
Me voir périr
Je vois que vous désirez
Me voir souffrir

Je pars dans mon désert
Je pars en solitaire
Je pars m’isoler
Je vais me retirer
De cette société
Qui est de vous peuplée

Je ne fait pas d’adieu
Je pars vivre heureux
Et sans du sujet me perdre
Je vous dis merde

Biset
1976/02/27

Le poète du dimanche vous offre encore une oeuvre de jeunesse sortie de ses vieux tiroirs. Rien de bien sophistiqué et qui ne respecte aucunes règles poétiques si ce n’est que c’est en vers. Cela exprime la rébellion de l’adolescent qui souffre d’intimidation et ne se sent pas accepté par une société qui lui semble si incompatible avec ses rêves et ses aspiration. Il la rejète et aspire à la solitude — tout en gardant une touche d’humour. J’avais treize ans. Blessé mais toujours narquois. Comme c’est mon habitude je n’ai changé que quelques mots ici et là pour balancer la métrique de certain vers, éviter les répétitions et resserrer un peu le sujet. J’aime bien…

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