Poésie du dimanche [002.021.066]

Robots, robots

Robots, robots
Cela fait si longtemps
Quand les humains avaient du pot
Du moins plus que maintenant

Avec vos petites roues
Faites de caoutchouc
Vous rouliez de ci, de là
Tout en faisant ceci, cela

C’était les balbutiements de la robotique
Frankenstein faisait peur, c’était cynique
Sans sentiments, mais vous parliez
Maladroits, mais que vous travailliez

Robots, robots
Vous étiez presque sot
Ce n’était que le début
Ah, si nous avions su !

Biset
1978/05/11

Le poète du dimanche frappe encore. À l’époque de mes presque seize ans, j’écrivais beaucoup de poésie de science-fiction (et même de fantasy comme vous le verrez plus tard), quoique la saveur la plus commune de mes vers restait généralement dans le fantastique… Ici c’est la rencontre du lyrisme asimovien et du récit de mise en garde du genre Terminator (qui ne verra pourtant le jour qu’en 1984)… C’est pas génial mais c’est du bonbon amer. Juste pour la postérité…

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Poésie du dimanche [002.021.059]

Même si parfois la vie…

Même si parfois la vie parait insignifiante
Même si parfois on a le cafard
Même si parfois ça ne vaut pas le prix
Même si parfois on connait la solitude

Même si parfois nous manque la plaine verdoyante
Même is parfois on se perd dans le brouillard
Même si parfois l’enfant quitte le nid
Même si parfois on rêve de béatitude

Cela vaut la peine de la vivre
Même si elle nous rend ivre
Sans jamais révéler ses mystères

N’ayez crainte de quitter votre mère
Pour aller au plus profond de l’univers
Car toujours vous reviendrez à la terre

Biset
1977/08/21
1978/05/03

Le poète du dimanche persiste avec ses horreurs de jeunesse qu’il a à peine peaufiné (changeant quelques mots ici et là pour favoriser le rythme ou la rime). Ne lui en tenez pas rigueur c’est juste pour égailler son humeur…

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POÉSIE DU DIMANCHE [002.021.052]

Je vous dis merde

À vous tous, je vous dis merde
Car je sais que j’vous emmerde
Vous m’avez persécuté
Vous m’avez désavoué

Je vois que vous espérez
Me voir périr
Je vois que vous désirez
Me voir souffrir

Je pars dans mon désert
Je pars en solitaire
Je pars m’isoler
Je vais me retirer
De cette société
Qui est de vous peuplée

Je ne fait pas d’adieu
Je pars vivre heureux
Et sans du sujet me perdre
Je vous dis merde

Biset
1976/02/27

Le poète du dimanche vous offre encore une oeuvre de jeunesse sortie de ses vieux tiroirs. Rien de bien sophistiqué et qui ne respecte aucunes règles poétiques si ce n’est que c’est en vers. Cela exprime la rébellion de l’adolescent qui souffre d’intimidation et ne se sent pas accepté par une société qui lui semble si incompatible avec ses rêves et ses aspiration. Il la rejète et aspire à la solitude — tout en gardant une touche d’humour. J’avais treize ans. Blessé mais toujours narquois. Comme c’est mon habitude je n’ai changé que quelques mots ici et là pour balancer la métrique de certain vers, éviter les répétitions et resserrer un peu le sujet. J’aime bien…

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Poésie du dimanche [002.021.045]

J’en ai marre de vivre cette vie

J’en ai marre de vivre cette vie
J’en ai marre d’être ce débris
De vivre dans ce trou
Sans un sous
Sans l’un de vous

De cette vie je vais m’éloigner
De cette vie je vais m’esquiver
Je vais filer, décamper
Je vais déguerpir, m’enfuir
De cette vie de suis lassé
Je veux en finir

Mais je dois subir mon sort
Mais je dois attendre la mort
Je suis lassé de vivre
Cette vie complètement ivre
Ivresse de folie
Cette folie de la vie

J’en ai marre de vivre cette vie
J’en ai marre d’être ce débris
De vivre dans ce trou
C’est fini, je sombre, voilà, je suis fou

Biset
1976/02/27

Le poète du dimanche continue à sortir des vers de ses vieilles malles. Ici je n’ai appliqué presqu’aucun changements. Ça ne respecte aucune forme poétique et c’est plutôt médiocre mais cela exprime bien les affres de l’adolescence… J’avais treize ans. C’est cela quand on lit, trop jeune, des poètes comme Nelligan et Beaudelaire. On oubli le cadre et on ne garde que la noirceur…

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Poésie du dimanche [002.021.038]

Mañana

Mañana, mañana
Tomorrow, morgen, zitra

Le navire surgit de l’espace-temps
Tous ses fulgurants crachant
Des flots de rayons énergétiques
Sur le vaisseau trans-galactique

L’écran de protection tint le coup
Les passagers exécraient contre ces fous
Ces pirates, ces parias, ces forbans
Qui s’attaquaient aux riches navires marchands

La victime put lancer un message sur hyper-onde
Qui parviendrait peut-être trop tard sur un monde
Bételgeuse, Altaïr, Arcturus, Nodus, Capella
Régulus, Rigel, Sirrius, Antarès ou Véga

Peut-être à de nombreuses années-lumières
Dans cet infini et merveilleux univers
Parviendra-t-il enfin à la Planète Mère
Depuis trois millénaire appelée Terre ?

Mais il fut capté par la garde de l’Empereur
Qui passant par là arriva sur l’heure
Faisant fuir le cruel oiseau de proie
Ce qui remplit les passagers de joie

L’Empire Galactique vivra
Nous Terriens avons du cran
Mais comme ce navire surgit du néant
Il n’est pour le moment je le crains
Qu’un songe de demain.
Mañana, mañana…

Biset Lermite
1978/05/08

Ah! L’optimisme de l’adolescence. C’était l’époque où je m’abreuvais de Asimov, Heinlein, Vance, de Fleuve-Noir et de Perry Rhodan. Je lisais une centaine de livres par année et je rêvais d’exploits lyriques dans un avenir sans limites. Encore une fois j’ai fait quelques petits changements (ajustement de métrique, changé un mot ou deux pour éviter les répétitions) mais sinon ce poème est tel que je l’ai écris alors que j’avais presque seize ans…

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Poésie du dimanche [002.021.031]

Dit moi…

Dit moi pourquoi je suis de ce monde
Dit moi pourquoi tout m’est immonde
Dit moi où il faut mettre l’apostrophe
Dit moi… car je finirai en catastrophe

Dit moi où est la fin de l’univers
Dit moi avant la fin de ce vers
Dit moi quand la fin du monde
Dit moi… car je suis dans l’encombre

Dit moi où vais-je mourir
Dit moi pourquoi souffrir
Dit moi pourquoi cette terre
Dit moi pourquoi l’univers

Dit moi pourquoi
Pourquoi je suis là
Et aussi pourquoi toi
Pourquoi tu n’y es pas

Mais j’ai toujours la foi
Si tu ne dit rien parfois
Que tu me diras, moi
Me dira pourquoi…

Biset Lermite
1972

J’ai fait quelques petits changements pour améliorer des rimes très pauvres (répétitions de monde et moi, entre autres) mais dans l’ensemble ce poème est tel que je l’ai écrit à l’âge de dix ans…

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Poésie du dimanche [002.021.024]

Le poète du dimanche est de retour. Mais comme mon vieux cerveau engourdi ne peut plus cracher que des tanka et des haïku, je ressort des vieilleries. Cette semaine, en cherchant des vieux papiers dans mes boites, je suis tombé sur un cahier de poésie datant des années ’70. Le plus ancien de ces poèmes date de 1972, alors que je n’avais que dix ans. On y voit que mes goûts pour la SF, la philosophie, le morbide et l’Histoire ne datent pas d’hier. La plupart de ces poèmes de jeunesse sont plutôt moches, mais il y a tout de même quelques perles oubliées que je vais vous présenter dans les prochaines semaines…

Je débute avec cette fable de 1975, évidemment inspirée d’Ésope et de Jean de La Fontaine :

L’archéologue et la momie

Dame momie dans son sarcophage couchée
Gardait un secret qui la rendait folle
Maître archéologue, passant par là, intrigué
Lui dit à peu près ces paroles:

“Bonjour, ma dame momie
Que vous êtes bien conservée et que vous êtes jolie
Sans rien vous cacher, si votre bandage
Se rapporte à votre coffrage
Vous êtes le phénix de toute l’Égypte ancienne !”

À ces mots, la momie en peine
Pour montrer ses ornements d’or
Lui mit sous le nez ses trésors

L’archéologue s’en saisit en disant: “Ma chère soeur
Apprenez que tout bon chercheur
Vit au dépend de celui qui détient les secrets
Cette leçon vaut bien un peu d’or, et c’est bien fait !”

Dame momie, pleurant des larmes de numides
Décida, mais un peu tard, qu’elle vivrait dans une pyramide

Biset Lermite
1975/04/03

Je trouve cette fable plutôt amusante. J’ai toutefois fait quelques modifications: j’ai changé “resta figé” par “intrigué”, j’ai remplacé “ornage” (qui n’existe pas) par “coffrage” et l’ai interverti avec “bandage” et j’ai choisi de mettre “larmes de numides” au lieu de “larmes humides” qui fait un peu enfantin (quoi que “larmes de numides” ne veut rien dire non plus mais cela semble moins bête). À l’époque je signais mes poèmes “Biset Lermite” — qui sonnait comme “Bernard-l’hermite” et évoquait l’image d’un pigeon des plus communs et solitaire. C’est bien sûr inspiré de la fable de La FontaineLe Corbeau et le Renard” (elle même volée à Ésope et à Phèdre). C’est pas génial mais c’est tout même pas trop mal pour un gamin de presque treize ans…

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