Salon du livre 2021

SLM_affiche-separee-24x36_03Cette année le Salon du livre de Montréal se tenait en ligne entre le 13 et le 28 novembre et sur place, au Palais des Congrès, du 25 au 28 novembre. 

C’est un premier salon du livre dans la (presque) post-pandémie. Cela demande beaucoup plus d’organisation: vérifier le passeport vaccinal, exiger le port de masque, favoriser l’achat de billet en ligne que l’on peut simplement scanner sur son téléphone intelligent, etc. La vente de billets pour des tranches horaires spécifiques permet de mieux contrôler le nombre de visiteurs. J’avais peur qu’il y ait une foule monstre de gens qui avaient hâte de participer à une activité culturelle après le confinement mais non c’est même mieux que les salons passés. Il y a donc peut être des leçons à tirer de cette expérience.

Vues d’ensemble du salon

Je n’ai  quand même pas pris de chance: J’ai  acheté mon billet en ligne quelques jours d’avance (moins cher que sur place) et j’avais mon passeport vaccinal dans l’appli VaxiCode (hélas je crois que la dernière mise à jour de mon téléphone a effacer l’information car mes informations n’y étaient plus ! Heureusement j’avais une photo dans mon téléphone de la version papier du passeport). 

Autre première, le salon a déménagé au Palais des congrès. En fait, ce déménagement devait avoir lieu l’an dernier mais la pandémie a fait que le salon avait été annulé alors c’est donc cette année que le salon inaugure son nouvel emplacement. Je ne sais pas si c’est à cause de ce nouveau lieu ou si pandémie oblige (en fait il parait que la vaccination covid prends beaucoup de place dans le Palais des Congrès alors le salon utilise ce qui reste) mais cette année le salon est beaucoup plus petit que par le passé. Et au lieu d’être carré, il prends la forme d’un long rectangle (voir le plan). Il y a moins d’éditeurs et les kiosques de chacun sont plus petit (il n’y a plus d’énormes espaces pour les distributeurs et Alire, par exemple, n’a que deux espaces au lieu des quatre habituels). Mais bon c’est mieux que rien… Ce sera sans doute mieux l’année prochaine.

SDL-2021-Plan

Autre première, pour la première fois en dix ans je n’ai pas obtenu de laisser-passer de média. J’ai dû payer mon entrée! Mais bon je ne suis plus éditeur de magazine, je ne travaille même plus en bibliothèque et je ne suis qu’un tout petit poisson dans le vaste océan de l’information nuagique et, même si le blogue s’est beaucoup amélioré ces dernières années, je comprends que je doive laisser ma place aux plus gros joueurs (on m’a dit que c’était à cause de la pandémie qu’ils devaient réduire les accès média — la pandémie a le dos large ! Ça ne fait pas moins de monde si je viens de toute façon; ça fait juste plus d’argent dans les poches du salon…). Mais bon il faut bien faire sa part…

Pour ce qui est du salon lui-même je crois qu’il prouve la résilience du milieu de l’édition. Il y a malgré tout plus de titres que le regard peut en voir. Cette grande variété est une bonne chose — quoiqu’il semble que  tout un chacun qui le veut peut écrire et publier un livre sans qu’il y ait de restriction sur la qualité du produit… Malgré cette pléthore je n’ai malheureusement pas vu de nouveautés excitantes cette année. Ça ne veut pas dire qu’il n’y en pas: elles peuvent avoir échappé à mon regard ou alors les éditeurs et distributeurs n’amènent au salon que les gros vendeurs et non pas les titres qui mériteraient d’être découvert (mais voilà que je me répète d’années en années).

J’ai tout de même noté quelques titres qui méritent d’être mentionnés: 

Je suis d’abord passé au kiosque des Éditions Alire où des auteurs comme Maxime Houde, Richard Ste-Marie et Jonathan Reynolds (voir l’entrevue-capsule réalisée avec lui au Salon du Livre de 2019) signaient leurs oeuvres et où l’on pouvait trouver les romans de ma frangine Catherine Sylvestre (voir l’entrevue-capsule réalisée avec elle au Salon du Livre 2018). Leur catalogue de parutions 2021-2022 est maintenant disponible et leur plus récent titres sont l’étude Les Années d’éclosion (1970-1978) sous la direction de Claude Janelle, le recueil Criminelles par Ariane Gélinas et Maureen Martineau,  Les étages ultérieurs par Éric Gauthier,  Il y aura des morts par Patrick Sénécal,  Stigmates par Richard Ste-Marie, L’Empire bleu sang par Vic Verdier, et les oeuvres de deux auteurs autochtones: Les meurtres du Red Power par Thomas King et L’automne de la disgrâce par Wayne Arthurson.

Je note également l’éditeur scolaire Chenelière qui offre des façons innovatrices d’utiliser la BD et la littérature jeunesse dans l’enseignement (La BD au primaire, La BD au secondaire, Lire et apprécier les romans en classe, ou encore Demain, j’enseigne avec la littérature jeunesse), l’éditeur de BD québécoise de haute qualité Moelle Graphik, la tendance aux omnibus avec les intégrales du Guide du Mauvais Père (par Guy Delisle chez Shampooing) et de l’Ostie d’chat (par Zviane et Iris chez Shampooing également), le dernier Guy Delisle (Chroniques de Jeunesse — voir mon commentaire) chez Pow Pow, la superbe collection d’adaptations de Lovecraft par Gou Tanabe chez Ki-oon (voir mes commentaires), et quelques BD de chez Gallimard et Futuropolis (dont l’adaptation du Clan des Otori).

Finalement, on retrouve un SEUL kiosque dédié à la littérature anglophone du Québec, Get Lit ! (tenu par la librairie Paragraphe), où j’ai vu la traduction du dernier Delisle (Factory Summer chez Drawn & Quarterly). C’est bien dommage qu’on y accorde si peu de place. Aussi, si il n’y avait de thème général au salon cette année, il y en avait peut-être un non-officiel car j’ai trouvé beaucoup des livre sur l’environnement et les Premières Nations, dont ce kiosque dédié à la littérature autochtone. 

Malgré sa petite taille, ce fut un bon salon du livre. Beaucoup des exposants à qui j’ai parlé l’on trouvé épuisant, plus qu’à l’habitude (dû à l’aspect plus compacte et au port du masque, sans doute). J’aurais aimé y voir plus de nouveautés (et pas seulement les meilleurs vendeurs) et peut-être même une petite section dédiée au livre ancien. Il y a toujours de la place pour s’améliorer. À l’an prochain !

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A Gentleman’s Murder

522362267When the newest member of Eric Peterkin’s London club is found stabbed to death, Eric throws himself into a quest for the truth: missing nurses, morphine addiction, shell shock. The Great War is over, but the memories remain…” (From the publisher’s website)

The year is 1924. The cobblestoned streets of St. James ring with jazz as Britain races forward into an age of peace and prosperity. London’s back alleys, however, are filled with broken soldiers and still enshadowed by the lingering horrors of the Great War. 

Only a few years removed from the trenches of Flanders himself, Lieutenant Eric Peterkin has just been granted membership in the most prestigious soldiers-only club in London: The Britannia. But when a gentleman’s wager ends with a member stabbed to death, the victim’s last words echo in the Lieutenant’s head: that he would “soon right a great wrong from the past.” 

Eric is certain that one of his fellow members is the murderer: but who? Captain Mortimer Wolfe, the soldier’s soldier thrice escaped from German custody? Second Lieutenant Oliver Saxon, the brilliant codebreaker? Or Captain Edward Aldershott, the steely club president whose Savile Row suits hide a frightening collision of mustard gas scars? 

Eric’s investigation will draw him far from the marbled halls of the Britannia, to the shadowy remains of a dilapidated war hospital and the heroin dens of Limehouse. And as the facade of gentlemenhood cracks, Eric faces a Matryoshka doll of murder, vice, and secrets pointing not only to the officers of his own club but the very investigator assigned by Scotland Yard.” (From the book flap)

In the roaring twenties, in the heart of the British Empire, a member of the Britannia Club is murdered. Eric Peterkin, a young half-Chinese man who usually spend his time reading submissions for a London publisher, cannot resist the urge to solve this mystery (with the occasional help of his sister Penny and his friend Avery). However, in order to discover who killed Benson—a man he barely knew—he will have to solve a cold case as well as a third murder. Amongst the prominent members of the club, who has done it? Aldershott, the club president? Bradshaw, the club secretary? Norris? Parker? Saxon? Wolfe? They all had possible motive and opportunity. Everything seems rooted in Flanders and in the manor turned into a makeshift hospital where some of them recovered or worked during the war…

A Gentleman’s Murder is  murder mystery novel inspired by the Golden Age of Detective Fiction. It follows all the rules of the genre (the Knox’s “Decalogue”) save for rule no. 5 (“no Chinaman must figure in the story”). It is set in the world of the military and retired officers’ club. The story particularly address the question of PTSD (or, as it was called then, “shell shock”) and, to a lesser extend, “the soldier’s disease” (aka morphine addiction).  As the author says in the book (p. 322) “Some scars weren’t visible. And some deaths weren’t physical.” The novel also talks about racial bias, as the character, who is half-English and half-Chinese, often struggle to be taken seriously because he doesn’t look like a gentleman. The author has probably drawn from his personal experience as he made his military service in Singapore (a city-state with the dual British and Chinese heritage) and is himself of Chinese origin.

The author seems to favour the post-WWI era because it is a beautiful era and doesn’t involved the complex methodology that investigators have to deal with in modern times (like DNA)—the mystery must remains in the reach of the amateur sleuth. As the author write in his postface, the 20s was a delicious time to write about because it was an exciting age of transition: you still have in place all the Victorian manners and mores but also all the innovation brought by the modern world (like telephone, radio, cars, electricity, etc.).

The story, which includes several unforeseeable twists, is very well written. The characters are detailed and quite believable. It seems that lots of efforts were put in describing all the setting with rigour (although most of the locations are fictional). Crime novel (particularly if set in the 20s) is a prolific genre and it’s hard to have such story not feel a little cliché. The only other caveat I can see is that the story offers so many characters and the protagonist takes so much time to imagine each possible permutation of culpability and action for EACH of those numerous suspects that, after a while, it gets a little tiring and confusing. It is almost impossible for the reader to guess who the murderer is — but, in this case, it is probably better that the dénouement come with a surprise.

A Gentleman’s Murder is a good novel. It is agreeable to read and, like all good murder mystery, you go through each new chapter with anticipation, reading faster and faster as the climax approaches. I recommend it warmly particularly because it is written by a local author. Christopher Huang, although born in Singapore, now lives in Montreal.

The publisher, Inkshares, is also of interest. It is a reader-driven publisher, which means that their books and authors are selected not by editors but by readers—through contests, pre-orders (as a form of crowdfunding you need 750 pre-orders to get published) and how much interest an online draft of the story is getting (i.e. follows, shares, and reads). Authors will receive 35% of net receipts (gross revenue minus the cost of production and distribution) in exchange of a full publishing service (editing, design, printing, marketing, as well as both direct and wholesale distribution). That seems a fair deal. It is an improvement on the self-publishing type publisher, where a publisher will “assist” an author in publishing his/her book. A good example of this type of publisher is the indie ebooks distributor Smashwords (one of my friends is using this service). Would-be writers have more and more options to publish their work.

A Gentleman’s Murder, by Christopher Huang. Oakland: Inkshares, July 2018. 348 pages. US$ 15.99 / C$ 19.99. ISBN 978-1-94264-595-5. For young adult readership (16+). stars-3-0

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleInksharesWorldCat ]

© 2018 Christopher Huang

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