Bug, vol. 3

Bug-3-covTroisième volet de la saga planétaire d’Enki Bilal.

Alors que le grand Bug planétaire a rendu impossible l’accès aux données numériques, l’hypermnésique Kameron Obb est la proie de toutes les convoitises. Traqué à travers le monde par des instances gouvernementales autant que par des groupuscules contestataires, il réussit à communiquer avec sa fille, elle-même kidnappée par de mystérieux ravisseurs… Mais quelle est la véritable nature du Bug ? Est-ce seulement une catastrophe technologique ou bien la conséquence d’une véritable attaque contre l’Humanité ?

Dans ce troisième épisode, Enki Bilal se régale dans la mise en scène de nombreuses femmes puissantes, avec une suite de rebondissements et de séquences spectaculaires ponctué de réflexions satiriques aussi inattendues que réjouissantes…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Vol 3, p. 43

Le récit se poursuit… (voir mes commentaires des premiers et second volumes). 2042. Que se passerait-il si toute la technologie qui contrôle notre monde, nos villes, nos vies, notre corps même (par des implants), cessait subitement de fonctionner? Alors que la planète est plongée dans le chaos, Kameron Obb (seul survivant d’une expédition vers Mars) lui semble le récipiendaire de TOUTES les mémoires électroniques du monde. Cela en fait un homme recherché et convoité. Prisonnier d’un groupe Néo-Marxiste-Féministe, il est kidnappé cette fois par la tsarine de la Nouvelle Russie Sibérienne. Tous veulent qu’il rétablisse leur système électronique… Une nébulosité bleue approche de l’orbite terrestre… Pendant ce temps, sa fille Gemma, sauvée par Junia, la compagne de fortune de Obb, retourne à Paris pour tenter de sauver le monde du chaos. Junia tente de libérer Obb d’une haute tour au large de Barcelone, mais il n’y est plus et elle est capturé par les Néo-Marxiste. Obb s’évade de Sibérie à bord d’un chasseur Sukhoi-77 pour rejoindre Gemma et sauver la présidente française de ses implants. Puis il va libérer Junia. Un nouveau groupuscule entre en jeu, le STALLER (STAline-hitLER, des néo-fascistes). Ils ont capturé le millionaire Awden Marxoe (le patron de Obb) qui semble en possession d’une information capitale sur le Bug. Pour la première fois, Obb est contacté par l’Entité Bleue… Quelle sont les véritables intentions de cette entité? Aurait-il été manipulé par une force malveillante? Deux courants bleus semblent lutter en lui. Il perd le contrôle du Sukhoi et il se retrouve avec Junia sur une plage de Lampedusa en Libye. Il a de la fièvre, tombe dans le coma. Il se réveil amnésique! 

Bilal demeure encore et toujours un incontournable. Surtout à cause de son superbe dessin. Un style qui mélange brillamment crayonné et peinture, tons sombres et vifs, détails et flous. Dans cette nouvelle série (en cinq tomes), Bilal critique notre sur-dépendance de la technologie et se moque grandement de la radicalisation idéologique du XXIe siècle. Le récit est bien mené, captivant mais semble piétiner un peu. Toutefois, ce tome se termine sur un point tournant et le prochaine volume nous apportera sans doute des réponses. Vivement la suite!

Bug, livre 3, par Enki Bilal. Bruxelles: Casterman, mars 2022. 82 pages, 19.1 x 26.9 cm, 18,00 € (ePub/PDF: 12,99 €) / $34.60 Can. ISBN 978-2-203-20228-3. Pour lectorat jeune adulte (14+). stars-3-0

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© Casterman 2022

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Debout l’humanité !

DeboutlHumanite-cov“Le déser­teur Tenka Taihei est enrôlé de force par un labo­ra­toire de l’ar­mée qui cherche à produire une nouvelle géné­ra­tion de guer­riers. Commence pour ce petit homme, bonne pâte mais faci­le­ment mani­pu­lable, un long périple qui pour­rait bien conduire l’hu­ma­nité à sa perte.

Publié au Japon pendant la guerre du Viet­nam, Debout l’hu­ma­nité ! est l’oc­ca­sion de décou­vrir une facette inha­bi­tuelle d’Osamu Tezuka. Dans un style dyna­mique, proche du dessin de presse, cette œuvre anti­mi­li­ta­riste aborde avec acuité les ques­tions de sexe, de genre, de racisme, sans oublier de taper allè­gre­ment sur les médias et les indus­tries cultu­relles.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 36

Tenka Taihei est un soldat japonais envoyé faire la guerre en Asie du Sud-Est dans le pays (fictif) de Paipania. Il échappe à la mort en désertant mais seulement pour être condamné à devenir cobaye dans un laboratoire médical de l’armée sous la supervision du capitaine Reach. On découvre alors que ses spermatozoïdes mutants ont deux flagelles et qu’en conséquence sa progéniture est asexuée (ni homme, ni femme, ils forment une sorte de troisième sexe). Naïf, il est successivement manipulé et utilisé dans les expériences eugéniques du Dr Clamp, puis de Otomo Kurosumi et enfin par le promoteur Akira Kizagami. Ce dernier, avec l’aide de Reach, crée un royaume dans le Pacifique, le Taiheitengoku, pour capitaliser sur cette découverte. Le but est d’utiliser le sperme de Tenka pour créer une armée de soldats asexués, dociles et persistants comme le sont les fourmis ouvrières ou les abeilles, et de les vendre à gros profit aux plus offrants. Ils ne sont pas considéré comme des humains mais plutôt de simple drones utilisés soit comme chaire à canon (évitant ainsi aux populations humaines les horreurs de la guerre) soit comme esclave ou, même, dans des jeux pervers. 

Avec l’aide de son épouse, la guérilleros Lila, Tenka tente à plusieurs reprises d’échapper à cette entreprise et de sauver ceux qu’il considère comme ses enfants. Toutefois, Kizagami fait assassiner Lila, et Tanka retombe entre ses mains. Ses plans déjoués, Kizagami décide de promouvoir son entreprise avec un grand spectacle de guerre (kriegspiel) où s’affronteront pas moins de quarante mille soldats asexués. Cependant, Tenka s’échappe à nouveau et complote avec un nouvel allié. Au même moment son premier “fils”, Miki, travaille dans l’ombre pour venger sa mère et initier une révolution qui bientôt inversera les rôles d’oppresseurs et d’opprimés!

 

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Page 194

Debout L’Humanité ! (人間ども集まれ! / Ningen-domo Atsumare ! / lit. “Les humains se rassemblent !”) est un manga seinen par Osamu TEZUKA qui a d’abord été publié en feuilletons au Japon dans Weekly Manga Sunday entre le 25 janvier 1967 et le 24 janvier 1968 avant d’être publié en deux volumes (tankōbon) chez l’éditeur Jitsugyo no Nihonsha, puis en un seul volume (Kanzenban) en 1999. Il a également été publié en deux volumes dans la collection des Oeuvres Complète de Tezuka chez Kōdansha, qui l’a ensuite réédité en un seul volume (format bunko) en mars 2010. Il a été publié en français, en un seul volume, aux éditions FLBLB en avril 2011, puis réédité en septembre 2022 avec une nouvelle couverture. 

Tezuka aborde avec ce manga touts les grands débats du XXe siècle sur les droits et libertés (sexisme, homosexualité, transexualité, racisme, eugénisme, etc.) et il critique également tant le bellicisme que le capitalisme de nos sociétés modernes, surtout la façon que ce dernier exploite la guerre perpétuelle pour s’enrichir sur le dos des plus démuni. Malheureusement, sans doute à cause du format de publication épisodique et au fait qu’il travaillait simultanément sur une dizaine de titres! (principalement Ambassador Magma, Astro Boy, Dororo (voir mon commentaire), Flying Ben, Gumgum Punch, Phénix, Vampires), le récit est plutôt désorganisé et assez inégale. Il y a quelques longueurs et on se demande parfois où l’auteur veut en venir. Comme dans le cas de Avaler la Terre (que j’ai récemment commenté), c’est une histoire de vengeance qui se révèle (comme toujours) insatisfaisante et qui finie mal. 

Le site officiel de Tezuka nous apprends que le mangaka a intentionnellement changé son style de dessin pour ce manga afin de lui donner un ton absurde. Son style est déjà à la base plutôt caricatural, utilisant des traits assez simples (et de grands yeux), mais ici il lui donne un aspect encore plus brouillon sans doute dans le but de se rapprocher du style “dessin de presse.” Toutefois, les lecteurs de l’époque, peut-être déjà mal à l’aise à cause des thématiques sociologiques et politiques, ont durement critiqué l’ouvrage pour son manque de raffinement. 

Comme dans tous ses ouvrages, Tezuka nous offre ici un manga très intéressant avec une histoire pleine de rebondissements qui, malgré son style caricatural, exprime des préoccupations très sérieuses sans toutefois être dénuée d’humour — ou, comme dans ce cas-ci, de satire mordante. C’est donc une lecture agréable qui sait nous divertir tout en nous faisant réfléchir.

Encore une fois je remercie profondément les petits éditeurs comme FLBLB qui ont le courage de publier ce genre de manga tout en sachant très bien qu’ils ne seront pas populaire mais qu’il faut néanmoins les rendre accessibles à un public aussi large que possible pour faire valoir l’importance qu’ils occupent dans l’histoire de la bande dessinée. À lire pour tout amateurs de mangas et/ou de Tezuka.

Débout l’Humanité ! (Intégrale), par Osamu Tezuka (Traduit du japo­­nais par Jacques Lalloz et Rodolphe Massé). Poitiers: Éditions FLBLB, septembre 2021. 432 pages, 15,5 × 22 cm, 20€ / $36.95, ISBN 978-2-35761-308-9. Pour lectorat adolescent (14+ / sexualité, violence). stars-3-5

Autres titres de Osamu Tezuka disponible chez FLBLB: Alabas­ter (épuisé), Avaler la terre (que j’ai déjà commenté), La Femme insecte (sortie prévue en septembre 2022), La grande pagaille du Diletta, L’homme qui aimait les fesses (épuisé), et NéoFaust (épuisé, réédition prévue en septembre 2022).

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Avaler la terre

AvalerLaTerre-cov“— Tu devrais essayer de voir plus grand !
— Oh, mais je vois très grand… Moi, mon rêve, c’est d’ava­ler la Terre entiè­re…
— Ça ne t’in­té­res­se­rait pas de rencon­trer la plus belle femme du monde plutôt ?
— Les femmes, ça ne me dit rien…
— Elle s’ap­pelle Zéphy­rus et loge à l’hô­tel Ômura. Tu vas te débrouiller pour faire sa connais­san­ce… Pour ça, tu rece­vras trois cent mille yens à une condi­tion toute­fois : décou­vrir qui elle est en réalité.

En 1968, Tezuka imagine une destruc­tion concer­tée du monde, qui commen­ce­rait par l’argent et la morale.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 18

Zephyrus, une belle femme, perd sa fortune et son père bien-aimé par les ruses de son ambitieux mari. Ses sept filles, qui se font appeler Zephyrus comme leur mère, promettent de se venger des hommes et des sociétés civilisées du monde entier qui ont causé la mort de leur mère et ruiné leur vie. Pour ce faire, elles inventent un peau synthétique, le dermoïde Z, qui permet à quiconque qui peut se la payer de prendre n’importe quelle apparence. D’abord utilisé à des fins esthétique, elle devient rapidement un instrument qui permet de réaliser des crimes en toute impunité. Zephyrus elles-même l’utilisent pour se donner une beauté qu’aucun homme (ou presque!) ne peut résister afin de les séduire, les contrôler et, ultimement, les punir. La deuxième phase de leur plan est d’inonder les marchés financiers avec des tonnes d’or qu’elles ont découvert sur une île du Pacifique ayant jadis appartenu à l’Empire de Mu. C’est alors le crash financier, l’or et les devises qui y sont liées étant dévalués jusqu’à ne plus rien valoir, et le monde moderne chavire dans l’avarice, la criminalité et la barbarie! Ce plan aurait été parfait si ce n’est de l’inégalable Seki Gohonmatsu qui demeure insensible au charme des femmes et qui n’aspire qu’à boire de l’alcool en si grande quantité qu’il pourrait en avaler la Terre entière. Cela lui donne courage et force, s’opposant à la conspiration des soeurs Zephyrus ne serait-ce que pour qu’elles le laisse en paix. Cependant, tant la soeur cadette, Milda, que leur mentor, miss Monte Christos, se trouvent ébranlées par l’innocence et l’intégrité de Gohonmatsu et en tombent amoureuses… La fin ne pourra être que tragique…

Avaler la Terre (地球を呑む / Chikyû wo Nomu) est un manga seinen par Osamu Tezuka qui a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Big Comic entre avril 1968 et juillet 1969 avant d’être compilé en deux volumes (tankobon) chez l’éditeur Shogakukan en mai et juin 1977. Il a connu une réédition en un volume (bunkoban) en septembre 1994, puis à nouveau en deux volumes en 2006. Il a été publié en français chez Milan en 2006 (deux volumes) puis en anglais chez Digital Manga en juin 2009 (un volume). Il également été réédité en français en un seul volume chez les Éditions FLBLB.

Osamu Tezuka, au Japon, est considéré comme le dieu du manga car il en a pratiquement inventé le genre. Bien sûr son style de dessin peut paraître vieillot et caricatural avec ses grands yeux et la simplicité de trait — après tout, au début de sa carrière,  il s’est beaucoup inspiré des dessins animés des Studios Fleischer, comme Betty Boop, et surtout de Walt Disney. Et c’est sans doute pour cela que son oeuvre est souvent négligé en Occident. Il a pourtant toujours produit des récits qui, malgré ses personnages caricaturaux et l’humour presque “slapstick”, abordaient des sujets vraiment sérieux. Si l’on regarde au-delà du style, son oeuvre est très intéressante et a toujours un petit aspect moralisateur, voir pédagogique.

C’est le premier récit d’envergure que Tezuka destine à un public plus âgé (jeune adulte, masculin; i.e. “seinen”). Alors que le Japon connait une explosion de prospérité d’après-guerre, Tezuka fait une mise-en-garde en dépeignant avec beaucoup d’ironie une société devenue dépravée à cause des femmes scandaleuses, de l’argent et de la politique corrompue. Évidemment, certains concepts peuvent nous paraître dépassés ou même choquants. Tezuka est, après tout, un homme de son époque: le Japon était alors une société patriarcale où le rôle de la femme est reproductif et décoratif. L’image qu’il donne aussi de la ségrégation raciale aux État-Unis peut paraître exagérée (presqu’hilarant) mais c’est sa façon de la critiquer. 

Le récit m’est apparu plutôt inégal au début mais Tezuka en explique la raison en post-face. La plupart des mangaka de l’époque publiaient des séries où chaque épisode constituait un récit indépendant mais Tezuka (à la demande de son éditeur) s’est distingué en présentant pour la première fois avec Avaler la Terre une histoire avec des épisodes à suivre. Inévitablement, comme le récit s’étire, les lecteurs perdent un peu intérêt et cessaient de suivre. Pour contrer cela, Tezuka à introduit quelques épisodes indépendants au milieu du récit.

Ce genre d’histoire me rappel étrangement la quatrième saison de la série télévisée Westworld… Que ce passerait-il si quelqu’un remplaçait un groupe de politicien ou en prenait le contrôle d’une façon ou d’une autre, comme pour orchestrer un coup d’état et un virage à droite rétrograde, voir autodestructeur? En fait cela a déjà été fait avec le série télé humoristique (hilarante et plutôt originale) BrainDead! Et l’on pourrait croire que ces derniers temps c’est aussi le cas avec l’aile trumpiste du parti républicain… Malgré tout c’est Tezuka qui reste le plus original puisqu’il a imaginé et publié ce manga à la toute fin des années soixante!

Avaler la Terre nous présente un récit de vengeance, doublé d’un complot de fin du monde, qui offre de l’action et du suspens mais aussi beaucoup de sensualité et d’humour. C’est une série ambitieuse que Tezuka considère comme parmi ses oeuvre les plus importantes. Hélas! Ce genre de manga n’attire pas les foules — heureusement qu’il y a des éditeurs qui en reconnaissent l’importance historique et ont le courage d’en faire la traduction — donc un grand merci à FLBLB! Malgré la complexité du récit et le style caricatural, c’est un excellent manga, agréable et intéressant à lire. Une oeuvre de Tezuka mérite toujours d’être lue.

Avaler la terre (Intégrale), par Osamu Tezuka (Traduit du japo­­nais par Jacques Lalloz et Patrick Honnoré). Poitiers: Éditions FLBLB, septembre 2021. 520 pages, 15,5 × 22 cm, 20€ / $36.95, ISBN 978-2-35761-307-2. Pour lectorat adolescent (14+). stars-4-0

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© 2021 by Tezuka Productions. All rights reserved.

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La guerre des mondes t.2

GuerreDesMondes2-cov“Les Martiens se sont lancés à l’assaut de la Terre ! À cause de leur rayon ardent, rien ne semble pouvoir les arrêter, pas même l’armée anglaise… En effet, après le passage de ces étranges créatures, la ville de Maybury n’est plus qu’un gigantesque tas de ruines.

Le photographe témoin du terrible massacre se fait alors une promesse : si le genre humain doit s’éteindre, il lui faut au moins documenter cette guerre. C’est malheureusement à Weybridge, sur la route de Londres, que le jeune homme a de nouveau l’occasion de braquer son appareil sur les tripodes…

Avec son souci du détail scientifique et son sens inné du suspense, H. G. Wells a ancré depuis plus d’un siècle l’image de l’invasion martienne dans l’imaginaire populaire. La Guerre des mondes réveille l’angoisse qui sommeille au plus profond de nous face à l’inconnu… Et si, vu de l’espace, l’homme n’était qu’un insecte impuissant ?”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

La guerre des mondes (宇宙戦争 / Uchû Sensô / lit. “La Guerre de l’espace”) est un manga seinen par Sai Ihara (猪原 賽) et Hitotsu Yokoshima (横島 一) qui a été sérialisé dans le magazine Comic Beam 100 (Enterbrain) depuis octobre 2018 et dans Comic Beam entre mai 2019 et février 2021 avant d’être compilé en trois volumes chez Kadokawa Shoten. Il a été publié en français chez Ki-oon (le troisième et dernier volume est paru en mars 2022). J’ai déjà commenté le premier volume.

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Page 23

En 1901 le martiens débarquent à Maybury Hills et leur tripodes mettent la ville à feu et à sang… Un jeune photographe, séparé de sa femme alors qu’il retournait chercher sa caméra pour documenter l’invasion, tente de rejoindre celle-ci mais la route est coupée. L’armée britannique fait piètre figure face aux armes plus avancées de l’envahisseur. Elle réussit tout de même à abattre l’un des tripodes. Toutefois ceux-ci utilisent une nouvelle arme: une fumée noire toxique. Le photographe observe aussi qu’ils capturent des humains. Réfugié dans une maison en ruine, il peut les observer à son aise. Pendant ce temps, Londres est aussi attaquée. Le frère du photographe doit fuir. Il aide une jeune femme et sa domestique à rejoindre le port pour évacuer vers le contient…

Je dois avouer que ce deuxième tome est bien meilleur que le premier. Le récit est plus fluide et fait un peu plus sérieux. Même le dessin me semble plus travaillé quoique le style reste encore assez ordinaire. Certains personnages (comme les militaires) restent très caricaturaux. Par contre la description des martiens est assez intéressante. Ce manga est finalement une interprétation intrigante du roman de Wells qui mérite sans doute d’être lu si vous êtes curieux. Je vais donc donner sa chance au troisième tome dès qu’il sera disponible en bibliothèque…

La guerre des monde 2, par Sai Ihara (scénario, basé sur le roman de H.G. Wells) et Hitotsu Yokoshima (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), septembre 2021. 182 pages, 15 x 21 cm, 13,90 € / $C 25.95, ISBN 979-10-327-0825-5. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

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© Sai Ihara / Hitotsu Yokoshima 2020

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YuanYuan’s Bubbles

Cixin Liu Graphic Novels #4

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“Ever since she was a child, Yuanyuan always dreamed of blowing big bubbles. But her father worries about her fascination—he wants Yuanyuan to be as responsible and devoted to a calling as her mother was. As an adult, Yuanyuan creates a multimillion-dollar business out of the technology she developed for her doctoral thesis. But she still dreams of blowing the biggest bubble she can. When his daughter uses her high-tech methods to blow a bubble big enough to envelop a city, Yuanyuan’s father thinks back to the dreams he and Yuanyuan’s mother chased when they were young. In the end, Yuanyuan’s bubbles bring her father’s dreams to life.

The fourth of sixteen new graphic novels from Liu Cixin and Talos Press, Yuanyuan’s Bubbles is an epic tale of the future that all science fiction fans will enjoy. ” 

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

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Page 6

Cixin Liu Graphic Novels #4: YuanYuan’s Bubbles (刘慈欣科幻漫画系列:圆圆的肥皂泡 / Liú Cíxīn kēhuàn mànhuà xìliè: Yuán yuán de féizào pào / “Liu Cixin Science Fiction Comics Series: Yuán yuán Soap Bubbles”) was published in China in 2020 and was based on a short story by Cixin Liu originally published in 2004. It is part of a project by Chinese publisher FT Culture who is planning to adapt in graphic novels sixteen stories by the multiple award-winning Chinese author Liu Cixin. According to John Freeman, they asked creators from all over the world (twenty-six writers and artists from fourteen countries, including China, France, Spain, Argentina, Italy, Belgium and the USA) to contribute to the series. It will be translated and published in at least eight countries. The English adaptation is published in the USA by Talos Press and by Head of Zeus’ Ad Astra imprint in the U.K.  The French adaptation will be published by Delcourt starting later this year. The first four volumes of the series are already available in English: Sea of Dreams (#1), The Wandering Earth (#2), The Village Teacher (#3) and Yuanyuan’s Bubbles (I have already commented on the first three). Chaos Butterfly (#5, by Dan Panosian) and The Circle (#6, by Xavier Besse and Nicholas Blackburn Smith) will follow on September 6 2022. The series will also includes adaptations of Devourer (by Corinne Bertrand), The Wages of Humanity (by Sylvain Runberg and Miki Montllò), Up to the Ears (by Julien Moca and Wang Jing), Be With You, Sunflower Boy (by Nie Jun) and Ball Lightning (by Thierry Robin). It is a very promising series.

YuanYuan’s Bubbles offers a very interesting story telling us of a realistic future where global warming has already done its damages. It also demonstrate that even the most whimsical scientific endeavour can eventually be useful and even save humanity from disaster. The art is rather average but it is worth reading. I find the whole series fascinating because it offers a window on Chinese science-fiction and an easy approach, through comics, to Liu Cixin’s works. Because of his scientific background, his writings are considered hard science-fiction but they remain easy to read and offer stimulating reflections on the paths that humanity should (or not) take in the future. I also like the fact that this project is really an international collaboration. For example, YuanYuan’s Bubbles’ creators are both French speaking: Valérie Mangin is a French writer, a latinist!, and Steven Dupré is a Belgian artist who publishes in both French and Dutch languages. They also collaborated together on the series Le Club des prédateurs.

All in all, YuanYuan’s Bubbles is a very good reading, even more so if you are interested in compelling science-fiction, Chinese literature or Liu Cixin’s works. I can’t wait to read the other titles of this series…

Cixin Liu Graphic Novels #4: YuanYuan’s Bubbles, by Valérie Mangin (text) & Steven Dupré (illustration); translation by Nicholas Blackburn Smith, based on a story by Liu Cixin. New York: Talos Press (Imprint of Skyhorse Publishing), January 2022. 72 pages, 7 x 10 in., $US 17.99 / $C 24.99, ISBN 978-1-945863-71-4. For Teen readership (12+). stars-3-5

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© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd.

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Revue de ‘zines [002.022.080]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD #159 (Décembre 2021 – Janvier 2022)

dBD-159Dans le cahier actualités, je remarque un documentaire sur les chats en BD (Chats en cases: Entre Histoire de la BD et Histoire de l’Animal par Philippe Delisle aux Éditions Karthala) et un sur Jacques Martin (Alix) qui aurait eut cent ans (Jacques Martin: le voyageur du temps par Patrick Gaumer chez Casterman). On trouve encore une pleine page de nouveautés mangas: One Piece t.100 (par Eiichiro Oda, chez Glénat), Les architecte de Babel (par Akira Ashimo, chez Glénat), Kirby Fantasy T.1: Gloutonnerie à Dreamland (par Ibuki Takeuchi, chez Soleil), Is it love? Blue Swan Hospital: À Coeur Ouvert (par Rossela Sergi, chez H2T), Alice in Borderland Retry T1 (par Haro Aso, chez Delcourt/Tonkam), Mermaid Saga T1: Mermaid Forest (par Rumiko Takahashi, chez Glénat), One-Punch Man: Le Guide Officiel (par Yusuke Murata & One, chez Kurokawa), Un Assassin à New York (par Jinpachi Mori & Jiro Taniguchi, chez Pika), Mars Red (par Kemuri Karakara, chez Panini) et Hellbound T1: L’Enfer (par Yeon Sangho & Choi Gyuseok) [ndlr: ils ont une définition plutôt large de ce qui compte comme manga chez dBD!].

On y trouve également un article qui fait le bilan de la BD en France pour la décennie 2010-2020. La diminution des ventes de BD Franco-Belge et les mutations du marché affectent grandement les conditions de vie et de travail de auteurs et artistes, se traduisant par leur paupérisation croissante ce qui exige un plus grand effort pour obtenir la reconnaissance et la revalorisation de leur métier. La relation entre l’éditeur et l’auteur doit changer (avec par exemple un contract-type) ou alors les auteurs doivent s’orienter vers l’autoédition et le financement participatif.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Dominique Grange et Jacques Tardi un sujet de Élise et les Nouveaux Partisans chez Delcourt.  Les entrevues se poursuivent avec Christophe Blain (sur Le Monde sans fin, avec Jancovici, chez Dargaud), Wilfrid Lupano (sur La Bibliomule de Cordoue, avec Léonard Chemineau, chez Dargaud), Cyril Lieron et Benoit Dahan (sur Dans la tête de Sherlock Holes t.2: L’Affaire du ticket scandaleux, chez Ankama), Pascal Rabaté (sur Sous les galets, la plage, chez Rue de Sèvres), Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg (sur Sousbrouillard chez Dargaud, Le Don de Rachel et Enferme-moi si tu peux chez Casterman), Ugo Bienvenu (sur Total, chez Denoël Graphic), Timothé Le Boucher (sur 47 Cordes: 1ere partie, chez Glénat), Lucas Méthé (sur Scènes de la vie de Papa Maman Fiston, Maman amoureuse de tous les enfants, Papa Maman Fiston, chez Actes Sud BD), Olivier Ledroit (sur Le Troisième Oeil Acte 1: La Ville Lumière, chez Glénat), Pascal Croci (sur Anorexie, chez Éditions Paquet), ainsi que Corbeyran et David De Thuin (sur Zélie & Compagnie: Einstein et les Robots, chez Des Ronds dans l’O). On retrouvèrent également un article sur Street Cop (par Art Spiegelman et Robert Coover, chez Flammarion).

Dans le Cahier Critique je note Astérix et le Griffon par Conrad & Ferri d’après Uderzo & Goscinny (Top!; “leur meilleur album”) et Goldorak par Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac & Guillo chez Kana (Top!; “fan art ultime (…) une véritable pépite, qui rend hommage au modèle, tout en proposant un récit original, palpitant, formidablement écrit, et brillamment mis en images”).  [ndlr: ils en beurrent épais chez dBD!]

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

dBD #160 (Février 2022)

dBD-160Dans le cahier actualités, je remarque la parution de deux nouvelles intégrales de classiques de la BD Franco-Belge: Tif et Tondu, nouvelle intégrale t.5 (par Maurice Rosy & Will) et Lucky Luke, nouvelle intégrale t.4 (par Goscinny & Morris) tous deux chez Dupuis. On note également la parution de Les Pharaons d’Alexandrie, une BD historique par Rafael Moralès (chez Glénat) qui compile le trois volumes de la série Hotep, une autre adaptation BD de La nuit des temps de René Barjavel par Christian de Metter (chez Philéas), le premier tome de l’intégrale de Lone Wolf & Cub par Goseki Kojima et Kazuo Koike chez Panini, Demain les Oiseaux par Osamu Tezuka chez Delcourt/Tonkam, et Les trésors cachés de la BD érotique par Bernard Joubert chez Revival. Avec “Le territoire des Mangas” on trouve finalement un deux pages de nouveautés mangas: Mon Coloc’ est une Gameuse t.1 (par Renjuro Kindaichi, chez Delcourt/Tonkam), Le Livre des sorcières v.1 (par Ebishi Maki, chez Glénat), Oshi no Ko t.1-2 (par Aka Akasaka & Mengo Yokoyari, chez Kurokawa), Crush of a Lifetime (par Jeon Ha-lim & Kim Yeonwoo, chez Kbooks Verytoon), Le Secret des Écailles Bleues t.1 (par Yoko Komori, chez Delcourt), Pilote Sacrifié t.1 (par Shoji Kokami & Naoki Azuma, chez Delcourt/Tonkam) et Sans Préambule (par Akane Torikai, chez Akata).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec François Boucq et Nicolas Juncker sur Un Général, Des Généraux chez Le Lombard. Les entrevues se poursuivent avec Yves Bigot (sur son roman Katrijn chez Encre de Nuit), Anlor (sur Ladies with guns, avec Olivier Bocquet, chez Dargaud), avec Patrick Gaumer (sur Jacques Martin: Le voyageur du temps chez Casterman) — cette entrevue est complétée par un article sur l’expansion de l’univers d’Alix avec deux nouvelles séries: Alix Senator (le dernier paru étant t.12: Le Disque d’Osiris chez Casterman) et Alix Origines (t.1: L’Enfance d’un Gaulois et t.2 Le Peuple de feu), Tony Sandoval (sur Volage, Chronique des Enfers, avec Stephen Desberg, chez Daniel Maghen), Bruno Bessadi (sur L’Ogre Lion t.1: Le Lion barbare, chez Drakoo), Vincent Turhan (sur Les étoiles s’éteignent à l’aube, d’après Richard Waganese, chez Sarbacane), Marc Pichelin (sur les trente ans de l’éditeur Les Requins Marteaux) et Dav (sur Sous les arbres t.4: Le Premier printemps, chez La Gouttière).

Dans le Cahier Critique je note Blue World t.1 par Yukinobu Hoshino, chez Pika (Super!; suite de “Blue Hole”, “hommage appuyé à Voyage au Centre de la Terre, de Jules Verne (…) va beaucoup plus loin dans l’explication scientifique”), De nous il ne restera que des cendres par Akira Kasugai chez Kana (Super!; “personnage non-binaire (…) l’action est également au rendez-vous de cette série en quatre tomes qui, sans casser la baraque, tente et parvient à renouveler un genre largement éculé”), Opérations dans le Pacifique par Seiho Takizawa chez Paquet (Super!; “recueil d’histoires courtes qui (…) décrit le quotidien des pilotes de l’aéronavale nippone (…) à la fois précis, rythmé, poignant et toujours d’une justesse épatante”) et Manchuria Opium Squad t.1 par Monma & Shikako chez Dupuis/Vega (Super!; “évoque cette période mal connue è travers un point de vue original, celui d’un paysan situé tout en bas de l’échelle”). 

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

Cамовар C-19 (2021)

Samovar-c19Selon la tradition Yves Meynard sort un numéro de Samovar annuellement pour le congrès Boréal. Comme ces dernières années le congrès a été virtuel, alors le Samovar se distribue aussi de façon digitale (en format PDF). Le titre est un clin d’oeil au fanzine que j’ai publié avec Philippe Gauthier et auquel Yves s’est éventuellement joint en avril 1988 (#11-12): самиздат (Samizdat, 1986-1993). Le sous-titre du fanzine est “Science • Thé • Fiction”, un clin d’oeil génial à la fonctionnalité véritable du samovar. Le fanzine nous offre une collection de calembours, jeux de mots, fausses nouvelles, critiques bidons, photos hilarantes et autres “inside jokes” tournant autour des membres (auteurs, éditeurs, amateurs) du milieu de la science-fiction (principalement SFQ, SFCF ou même SFFFEOEF). Humour, donc, pour les gens du milieu… stars-3-0

Capsules

Solaris #221 (Hiver 2022)

Solaris-221Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre (dites de l’imaginaire, spéculative ou “paralittérature”) au Québec et parfois d’ailleurs. Celle-ci s’ouvre à nous en trois volets: le volet fiction comprend quelques nouvelles qui nous offrent l’occasion de se divertir tout en échantillonnant ses différentes saveurs actuelles. Le volet documentaire nous offre des articles pour découvrir et mieux comprendre ses différents aspects. Finalement, le volet critique se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste.

Dans le volet fiction ce numéro nous offre six courts récits:

  • “Les Yeuses de Noire-Épine” par Anne Wattel. Lauréat du Prix Joël-Champetier 2022 (s’adressant aux auteurs non canadiens), ce texte est décrit par les membre du jury comme “une exploration audacieuse des limites du langage, des structures narratives et de l’imaginaire mythique.” Personnellement, je trouve que c’est écrit par quelqu’un qui aime trop les mots. C’est beau, poétique, certes, mais pas vraiment divertissant — pénible même… stars-2-0
  • “Focus” par Gautier Langevin. Un jeune garçon rencontre une conseillère en orientation bien particulière. Ce texte, décrit par Jean Pettigrew dans la présentation du numéro comme “anxiogène, bien que toute en nuances et subtilités”, me semble bien intriguant… stars-3-0
  • “Sciété” par Alain Ducharme. Décrit par la présentation comme “un texte déjanté qui nous rapelle que le future ne sera pas de tout repos” c’est une histoire cyberpunk où AJA et Joya tente de retracer la cyber-identité de leur ami Tom-Tom kidnappé par des serveurs en quête d’émotions… stars-3-5
  • “Point amphidromique” par Ariane Gélinas et Loïc Henry. Ce récit “nous propose un double parcours qui culmine avec une rencontre fantastique, qui souligne d’une certaine façon la symbiose littéraire pan-Atlantique à la naissance de ce texte.” Au milieu de l’océan, une porte s’ouvre permettant la rencontre de deux-monde… stars-3-0
  • “Rivière-Morte” par Michel Lamontagne. “Une vignette fantastique toute en finesse.” stars-2-5
  • “L’Art de la création” par Frédéric Parrot. “Un texte avec une forte charge émotive et qui propose une réflexion peu commune sur ce qu’est (ou pourrait être) la réalité.” Par la méditation Zoé réussit a affecter la trame du temps et son environnement (à la Matrix?). Et si la réalité était en fait une simulation? stars-3-0

Le volet documentaire offre un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui s’intéresse cette fois aux “Tours de Babel modernes: visions, constructions, anticipations” s’attardant sur l’histoire du gratte-ciel et sa place dans la littérature. On retrouve également une nouvelle chronique, “Le DALIAF présente…”, qui se veut une sorte de mise à jour du Dictionnaire des Auteurs de Littératures de l’Imaginaire en Amérique Française, introduisant cette fois Rodolphe Lasnes et son roman Pinsonia (1500-2011). Pour finir, le volet critique nous offre un impressionnant trente-deux pages de commentaires couvrant vingt-et-un titres! (pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne)

Solaris, qui se veut “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire”, nous offre comme toujours un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur… stars-3-5

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Revue de ‘zines [002.022.057]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #236 (Octobre-Décembre 2021) 

Animeland-236Ce numéro de 144 pages nous offre deux dossiers: un sur Demon Slayer (présentation de l’oeuvre, Qui est qui?, l’art de Koyaharu Gotouge, l’art de l’anime, analyse de la mythologie, un succès mondial, entretien avec Haruo Sotozaki et Akira Matshima) et un sur le Festival d’Annecy (ambiance festive en petit comité, panorama du cinéma d’animation africain, panorama des régions exposantes à Annecy, ainsi qu’une présentation des titres notoires présents au festival: Jiang Ziya: The Legend of Deification, Flee (Cristal du long Métrage), La Traversée, Gyoko no Nikuko-chan, Rotzbub (Snotty Boy)).

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Batman: The Long Halloween, Nos mots comme des bulles, Satoshi Kon l’illusionniste, Jeune dragon cherche appartement ou donjon, Joran: The princess of snow and blood, Le Dragon Génie, Le Sommet des dieux, Même les souris vont au paradis, Sonny Boy, Le Roi Cerf, What if…?, Otherside Picnic, et Godzilla: l’origine de l’invasion.

Dans “Ça ferait un bon anime” on nous introduit à quelques bons mangas comme Autour d’elles (Akata), Analog Drop (Akata), Les liens du sang (Ki-oon), Mon bourreau de père est enfin mort (Meian), Le lien du destin (Komikku), Sensor (Mangetsu), Teenage Renaissance (Akata), 50 nuances de gras (Doki Doki), Le Couvent des damnés (Glénat), Search and Destroy (Delcourt/Tonkam), Summer of lave (Lézard Noir), et Dans la prison (Lézard Noir).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Shingo Natsume, Kazuo Nakazawa, Jean-Charles Osterero et Patrick Imbert), Focus (Star Wars Vision, Coin lecture: Anime Architecture), Fermez les Yeux (Hommage au compositeur Shunsuke Kikuchi), Jeu vidéo (les trailers de l’E3), Séance Studio (Studio 4’C), Figure de Pro (Aton Soumache), Trouvaille (Trese), Hommage (Masami Suda, Interstella 5555), Il était une Pub (Taco Bell), Pourquoi (…le terme manga doit encore être nuancé ?), Crowdfunding (Nazca Éditions), et Humeur.

L’incontournable magazine francophone de l’anime nous offre encore un numéro très riche en information. À lire pour tous les amateurs d’anime… stars-3-5

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dBD #158 (Novembre 2021)

dBD-158Dans le cahier actualités, on nous parle de trois adaptations cinématographiques de BD: l’animation Le sommet des dieux réalisé par Patrick Imbert d’après le manga de Jiro Taniguchi, Le trésor du petit Nicolas réalisée par Julien Rappeneau d’après Gosciny et Sempé ainsi que Les Olympiades réalisé par Jacques Audiard d’après Les Intrus de Adrian Tomine. Je note également la parution du 3e tome de Ad Romam: Le camp du Légionnaire (par Allali, Bertorello, Espinoza & Stoffel chez Plein Vent). Finalement, on nous présente une pleine page de nouveautés mangas: Lone Wolf & Cub Édition Prestige t.1 (par Kazuo Koike & Goseki Kojima chez Panini), Suidoken III Complete Edition (par Aki Shimizu chez Soleil), Mon Coloc’ est une gameuse (par Renjuro Kindaichi chez Delcourt/Tonkam), Room (par 61chi, chez Éditions H) et Kaiju No 8 t.1 (par Naoya Matsumoto chez Kazé).

On retrouve aussi un article qui trace le bilan de la BD en France dans la décennie 2010-2020. Statistiquement, en chiffre de vente, on note la “santé insolente” de la BD en comparaison au déclin constant de l’ensemble du marché du livre. Toutefois, cette hausse est surtout portée par le manga (+59% en volume, +72% en valeur, 42.5% de ventes totales de BD — hausse de tous les sous-genres de mangas sauf le shojo), mais aussi par la BD jeunesse (+58%) et les comics (+127.7% due à l’impact de Walking Dead et des films de Marvel et DC). La BD de genre (i.e la BD Franco-Belge traditionnelle) est en baisse de 9.2% ! On retrouve aussi un article sur les dix ans de la collection BD Kids (fruit de la collaboration des Éditions Bayard et Milan).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Cosey sur le dénouement de la série Jonathan avec le t. 17: La Piste de Yéshé (chez Le Lombard) et le livre d’art À l’heure où les Dieux dorment encore (chez Daniel Maghen).  Les entrevues se poursuivent avec Philippe Francq (sur Largo Winch t.23: La frontière de la nuit, avec Éric Giacometti chez Dupuis), Sara Colaone (sur Georgia O’Keeffe, amazone de l’art moderne, avec Luca de Santis chez Éditions Steinkis), Jean Van Hamme (sur Blake et Mortimer t.28: Le Dernier Espadon (avec Teun Berserik & Peter van Dongen chez Éditions Blake & Mortimer), Riad Sattouf (sur Le Jeune Acteur 1: aventure de Vincent Lacoste au cinéma chez Éditions Les Livres du Futur), Olivia Ruiz (sur La Commode aux tiroirs de couleurs (avec Winoc, Amélie Causse & Véronique Grisseaux chez Éditions JC Lattès/Grand Angle et basé sur le roman éponyme de Olivia Ruiz) ainsi que Amélie Fléchais et Jonathan Garnier (sur Bergères guerrières T.4 (chez Glénat).

Dans le Cahier Critique (section “Ça vaut le détour”) je note Saisi par la nuit de Yoshiharu Tsuge chez Cornélius (rassemble “douze récit parus entre 1975 et 1981. Le contenu est inégal, mais (…) impose le respect général, aussi bien par l’originalité de ses sujets qu’en terme de narration”) et deux titres mineurs de Osamu Tezuka: Debout l’Humanité et Avaler la Terre chez Flblb (“oeuvres (…) assez savoureuses (…) impossible à résumer (…) des passages franchement marrants et d’autres carrément sordides“).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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Solaris #220 (Automne 2021)

Comme toujours, Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre au Québec et ailleurs. Celle-ci  s’ouvre à nous en trois volets. Le volet fiction comprend cinq nouvelles qui nous permettent d’échantillonner les différentes saveurs de la littérature de genre actuelle. 

  • “Le Matin, les arbres et leurs cadeaux“ par Jean-Louis Trudel. La présentation du numéro, par Pascal Raud, nous indique que ce récit “nous entraîne en sol chilien à la suite d’Anghia Chaudhry, une envoyée de la Mère des Arbres chargée du recouvrement de sommes impayées.“ Mais le voyage de Chaudhry à aussi un objectif très personnel… “Une nouvelle dans la veine solarpunk, un genre qui présente un futur où l’humanité a trouvé certains moyens pour contrecarrer, entre autres, les changements climatiques.” C’est un bon récit où l’action est bien rythmée et l’univers décrit est vraiment très intéressant mais malheureusement parfois un peu difficile à suivre. stars-3-0
  • “L’Artisan du déluge“ par Dave Côté. Le protagoniste de ce récit, Aurel, est aveugle. Il “a besoin de la réalité augmentée pour voir, travailler, enfin vivre tout simplement. Lorsqu’un hacker vide son compte bancaire et détruit son interface RA, Aurel fait appel à une amie pour lui reconstruire une interface à partir d’une vieille RA rudimentaire presque gratuite.” Évidemment il y a une malfonction… Encore une fois un concept super intéressant et un texte bien écrit. J’ai bien aimé. stars-3-5
  • “L’Autre Trame du temps“ par Hugues Lictevout. Dans cette histoire “au lieu de prendre des vacances avec sa femme et ses enfants dans une Zone Atemporelle, Louise, une flic du temps, attend son indic en Australie en 1998. Celui-ci prétend avoir des informations qui pourraient bien faire douter Louise…” Si l’on peut manipuler le temps comment savoir quelle version de l’Histoire est la “bonne”? Très bon texte, sur un sujet fascinant. stars-3-5
  • “Le Carrousel“ par Orson Scott Card. Dans ce récit “les morts ne restent pas morts bien longtemps. Cyril s’aperçoit vite que sa relation avec son épouse ressuscitée ne sera plus du tout la même. Un texte fantastique intimiste, traduit par Pierre-Alexandre Sicart.” Dans un monde où les morts nous reviennent mais dépourvu d’émotions, le monde est surpeuplé et cela crée une étrange vie de couple qui trouble le protagoniste jusqu’à ce qu’un tour de carrousel lui permette de rencontrer Dieu… Intéressant concept et superbement écrit. stars-4-0
  • “Les Cosmos invisibles“ par Mario Tessier. Ce récit nous invite “à prendre le café et écouter un «explorateur du multivers, un prospecteur de l’ensemble des mondes possibles» nous narrer des univers fabuleux, étranges, renversants.” Un bon texte qui a malheureusement trop de descriptions et pas assez d’action. Toutefois, il explique très bien la plus récente théorie sur la création de l’univers et offre une parfaite introduction à l’article du Futurible qui suit… stars-3-0

Solaris-220Le volet documentaire n’offre qu’un seul article, un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui nous parle des “Cartes de Tendre, ou la géographie imaginaire.” Il nous explique ce qu’est la géographie imaginaire dans toute ses différentes incarnations, en trace un historique et nous décrit son utilisation dans la littérature. C’est comme toujours passionnant et superbement documenté. Je dois avouer que ce genre d’article est la raison principale pour laquelle je lis Solarisstars-4-0

Finalement, le volet critique (23 p.) se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne.

“L’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire” nous offre un numéro très riche avec, cette fois, une sélection particulièrement intéressante de fictions. C’est donc une lecture incontournable pour tout amateur de littératures spéculatives qui cherche à se divertir et à en apprendre plus sur le sujet… stars-3-5

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Kebek 2: Adamante

“Un récit de science-fiction situé dans la province de Eeyou Istchee Baie-James, région des Monts Otish, au Québec. Roy, gravement brûlé à la fin du tome 1, guérit de ses blessures à une vitesse que les médecins ne peuvent expliquer. La découverte de la femme à l’intérieur du sarcophage a enflammé les réseaux sociaux et le monde entier suit cette découverte humaine et scientifique. Qui est-elle, d’où vient-elle et surtout de quelle époque ? Les fresques murales découvertes à proximité de la sphère dateraient de 400.000 ans, bien avant homo-sapiens. Et pourtant la sphère semble issue d’une technologie encore inaccessible à la science actuelle. «Elle» est vivante, et va bientôt pouvoir répondre à ces questions…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Page 11

Pour en savoir plus sur le début de l’histoire, voir mon commentaire sur le premier tome. Roy récupère très vite des blessures infligé par le feu bleu et continue son récit des événements à l’avocat qui enquête sur la situation. L’annonce que le sarcophage de diamant noir contenait une femme — et qu’elle est vivante! — bouleverse la planète au point de générer des désordres sociaux qui atteignent la révolte armée dans certains endroit. La météo et les barrages routiers leur ayant coupé la route de l’aéroport, le convoi qui amène Roy se réfugie à la prison de Bordeaux. “Elle” est vivante mais faible. Elle s’appelle Adamante. Le liquide de le sphère lui permet de restaurer — la technologie de sa civilisation semble d’ailleurs beaucoup utiliser cette “eau morphogénique interfaciale”. Elle a apprise notre langue très rapidement et se raconte en images. Elle est humaine mais d’un temps lointain. Un cataclysme cosmique menaçait la planète et la sphère était une sorte de capsule temporelle qui devait préserver le savoir de la civilisation ainsi qu’un mâle et une femelle humaine pour pouvoir tout recommencer. Mais son récit est interrompu par l’arrivé des militaires qui se saisissent d’Adamante. 

Roy, avec l’aide d’une coalition d’autochtones et d’employés de la mine, bloque l’avion cargo militaire qui emportait Adamante mais dans les combats Roy est gravement blessé d’une flèche en pleine poitrine (un incident de “friendly fire”). Il est sauvé par Adamante grâce à sa technologie et à une transfusion de son sang. Mais à son réveille, elle a disparue. Il la cherche près du site de la sphère noire, mais celle-ci s’est transformé en une forêt de cristaux qui contamine tout autour d’elle. Roy trouve Adamante sans vie près de l’entrée de la grotte. Télépathiquement elle lui dit qu’elle sera toujours en lui… Dans les grottes les scientifiques détectent l’émission d’un puissant rayonnement électromagnétique qui supprimes la couleur rouge (c’est pour ça que tout est bleu!) et la sphère pulse comme si elle était vivante. Le processus de métamorphose de la matière s’accélère et la contamination croît sans cesse. Les militaires ont découvert une contamination similaire quand ils ont ouvert le deuxième sarcophage. Ils en concluent que la sphère ne peut apporter rien de bon et décide de détruire la zone contaminée avec des bombes nucléaires! Roy a à peine une minute pour fuir le plus loin possible mais l’explosion le laisse congelé et transpercé de glaçons! Il passe deux mois dans le coma mais la transfusion d’Adamante a transformé sa nature et, contre tout bon sens, il survit. 

Roy et l’avocat quitte Bordeaux pour l’aéroport de Mirabel pour prendre un vol qui les ramène dans le nord. Pendant le vol Roy rêves aux souvenirs d’Adamante. Le récit de celle-ci semble avoir tracé un portrait de sa civilisation plus beau que la réalité: il semble y avoir eut des guerres car les sphères noires sont attaquées par une armées en scaphandres noires, les Krankens, qui réussissent à faire pénétrer une de leur arme (un bâton-venin) dans la sphère juste avant qu’elle se referme. Cela a contaminé sa programmation (c’est pour ça que la sphère ne s’est jamais réactivée, du moins pas avant d’être découverte par les mineurs) ainsi que le compagnon mâle d’Adamante. Arrivé à la base de Polarion, sur Bakon Island dans l’archipel arctique, Roy apprend que le second sarcophage a émis un intense rayonnement qui a tué ou “altéré” ceux qui l’on ouvert. Il découvre alors que l’occupant du sarcophage est son sosie avec qui il partage une sorte de singularité génétique et… le coeur d’Adamante!

[ fin du spoiler, euh, je veux dire divulgacheur ]

Le graphisme de cette BD est tout simplement superbe mais le récit est un peu décevant — surtout la fin… qui m’apparait un peu précipitée. Beaucoup de détails de l’histoire restent non résolu ou inexpliqués  (par exemple: la transformation de la sphère est-elle un processus de terraformation programmé ou simplement le résultat de la contamination par les Krankens?). Il aurait sans doute fallu un troisième tome pour permettre à l’histoire de se développer un peu plus (comme nous montrer un peu plus du quotidien d’Adamante à son époque, son histoire d’amour, comme le faisait Barjavel dans le roman). Par moment, le récit est aussi un peu confus et il est difficile de distinguer ce qui fait partie du flashback narratif et ce qui est le récit principal (la présence de l’avocat aide sur ce point).

La BD remplie tout de même sa promesse d’adapter (librement et en la ré-actualisant) l’histoire de La nuit des temps de Barjavel (en y ajoutant des éléments de La sphère d’or de Cox— comme le fait que les intentions de la sphère ne sont pas nécessairement bienveillantes). L’adaptation est d’ailleurs excellente et l’on peut aisément avoir une idée de tout les détails non expliqués si on a lu les histoires originales (cela nous permet de “lire entre les lignes” en quelque sorte). Malgré ses quelques faiblesses, cette BD est donc très belle, plutôt divertissante et agréable à lire. C’est donc, somme toute, une excellent lecture que je ne peux que recommander (comme la plupart des ouvrages de Philippe Gauckler). 

Kebek: t. 2: Adamante, par Philippe Gauckler. Paris: Ed. Daniel Maghen, avril 2021. 96 pages. 25 x 33 cm. 19.00 € / $C 39.95. ISBN 978-2-35674-084-7. Pour lectorat adolescent (14+). 

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© DM

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Rêveries d’Emanon

ReveriesEmanon-cov“Eiko est une curieuse petite fille : son corps n’est vieux que de quelques années, mais sa mémoire remonte aux origines de la vie. C’est pourtant la première fois qu’elle a l’occasion de grandir entourée de ses deux parents… Alors que la mise au monde d’un enfant aurait dû transformer sa mère en coquille vide, son père a réussi à briser le cycle à force de patience et d’obstination.

Mais l’âme errante devra bientôt reprendre son périple ! Malgré tous ses souvenirs, il lui reste bien des choses à découvrir, et des personnes avec des aptitudes tout aussi étranges que les siennes à retrouver… Jusqu’où les rêveries d’Emanon la mèneront-elles ?

Emanon est un des personnages les plus fascinants de la science-fiction contemporaine japonaise. Le dessinateur Kenji Tsuruta, tombé amoureux du concept imaginé par l’écrivain Shinji Kajio, donne un visage aussi vivant que mélancolique à cette incarnation féminine du passé, du présent et du futur de l’humanité. Que l’on croie ou non à son histoire, impossible d’oublier Emanon. Et elle non plus ne vous oubliera jamais…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 32

Rêveries d’Emanon (續々さすらいエマノン / Zokuzoku sasurai Emanon) est un manga seinen par Shinji Kajio et Kenji Tsuruta qui a été prépublié dans le magazine mensuel Comic Ryu et compilé en un volume chez Tokuma Shoten en avril 2018. Basé sur les récits de Shinji Kajio (“Karisome Emanon” / “Emanon de passage”, “Yukizuri Amnesia” / “Amnésie éphémère”, “Tomadoi Mektoub” / “Un mektoub confus”, “Hitosura Souvenir” / “Un souvenir”, et “Tayutai Lightning” / “Un Éclair vacillant”), cette série de manga (dont Rêveries d’Emanon est le quatrième et dernier tome) raconte l’histoire d’une fille mystérieuse qui détient une mémoire vieille de trois milliards d’années, remontant au moment où la vie est apparue pour la première fois sur Terre, qui est transmise de génération en génération par la lignée maternelle. Toutefois, dès qu’une nouvelle “Emanon” (“no name” à l’envers) naît, la précédente devient amnésique. J’ai déjà commenté le trois premiers tome de la série.

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Page 203

Ce volume se déroule sur trois périodes. En 1980, Emanon (Eiko) n’est encore qu’une enfant et pourtant elle n’a jamais resté aussi longtemps auprès de sa famille de naissance. Elle sent qu’il serait temps qu’elle les quitte mais tant que son père prendra bien soin de sa mère amnésique, elle reste pour profiter de cette rare vie de famille. En 1988, elle est adolescente et rencontre Choichiro Kozuki. Il sait qui elle est et semble avoir lui-même certain pouvoir. Et il veut l’épouser! Lorsque son père lui avoue qu’il a découvert son secret et celui de sa mère (Emma), elle décide de partir… En 1990, elle rencontre Shungo, un petit garçon, lors d’une promenade dans les bois. Elle se rends assister à la mort d’une vieille amie, Hikari la voyageuse temporelle. Sa mère est également mourante à l’hôpital. Dans un épilogue, Emanon fait une rencontre en 1994… (mais le manga ne dit pas qui c’est!!)

C’est une belle histoire tranquille où il ne se passe pas grand chose. Évidemment, les changements de périodes rendent les choses un peu confuse mais c’est un concept très intéressant. Le style est très simple et agréable: des traits à l’encre avec quelques trames pour les textures. Un très bon manga qui se lit bien mais ce tome-ci nécessite vraiment d’avoir lu les précédents. Il y a de toute évidence plus à raconter dans ce récit (le volume se termine sur un suspens) mais dans la postface l’auteur confesse que “malheureusement la série a dû être interrompue” mais sans donner d’explication… J’espère qu’elle reprendra un jour car, pour l’instant, c’est très frustrant. J’espère également qu’un éditeur se décidera à traduire la série de romans…

Rêveries d’Emanon, par Shinji Kajio (scénario) & Kenji Tsuruta (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Latitudes), octobre 2020. 224 pages (dont 32 en couleurs), 17 x 24 cm, 15 € / $C 28.95, ISBN 979-10-327-0622-0. Pour un lectorat adolescent (16+ / nudité). stars-3-5

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© Shinji Kajio, Kenji Tsuruta 2018

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The Expense

TheExpanseGN-cov“Chrisjen Avasarala, the former longtime Secretary-General of the United Nations, has found herself relegated to Luna after losing the latest elections…and she doesn’t plan on going down without a fight. So when Bobbie Draper – a former Martian marine – brings her intel on an intergalactic black market weapons ring, Avasarala sees a chance to reclaim her former political position of power through a clandestine operation. But as Draper digs deeper into this secret cabal, she soon realizes the threat they pose is far larger – and closer to home – than either of them ever imagined…

Corinna Bechko (Green Lantern: Earth One) and Alejandro Aragon (Resonant) present a powerful new story set between Season 4 and Season 5 of Amazon’s hit series The Expanse. Collects The Expanse #1-4.”

[Text from the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

A graphic novel that collects the four-issue comics based on the sci-fi book series by James S.A. Corey and adapted into a splendid TV series on Amazon Prime. The story is set between season 4 and season 5 of the TV series and recounts the investigation by former Martian marine Bobbie Draper (who is secretly working for former UN Secretary General Chrisjen Avasarala) to expose and dismantle a black market weapons ring…

It is well written and the art is nice enough. It provided a good reading and, while filling some gaps in the story, helped me wait for the next season to start… I wish there was more of those, like a full comic adaptation of the book series.

The Expanse, by James S.A. Corey (creator), Corinna Bechko (writer), Alejandro Aragon (illustrator) and Francesco Segala (colorist). Los Angeles: Boom! Studio, August 2021. 128 pages, 6.5 x 10 in., $US 16.99 / $C 21.99, ISBN 978-1-68415-691-7. For teen readership (12+). stars-3-0

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