C Comme Cthulhu

C_Comme_Cthulhu-covVous tenez entre vos mains C comme Cthulhu, un abécédaire inspiré de l’oeuvre d’Howard Philips Lovecraft. Si ces créations sont indicibles, cet ouvrage est la preuve qu’on peut en revanche les dessiner avec autre chose que de la bave de shoggoth. Les parents peuvent enfin partager leur passion avec leurs larves… euh… leurs enfants, et apprendre en jouant à se faire peur. Sans risquer de devenir fous. Peut-être chèvre (aux mille chevreaux) sur les bords, mais pas fou.” [Texte de la couverture arrière]

J’ai découvert cet album tout-carton en lisant le commentaire de Karine sur Mon Coin Lecture. Un album pour tout-petits basé sur la mythologie lovecraftienne! C’était trop intriguant: il fallait que je vois ça de moi-même. Alors je me le suis réservé sur le site des bibliothèques de la Ville de Montréal. Et voilà! Je vous le commente donc pour l’Halloween

Comme vous le savez tous, un abécédaire est un livre illustré servant à apprendre l’alphabet aux enfants en se servant d’associations mnémoniques entre une lettre, un mot qui commence par celle-ci et un dessin qui représente ce mot. Pour rendre la chose amusante les éditeurs de livres et les éducateurs font souvent preuve de beaucoup d’imagination et, dans le cas de ce livre-ci, parfois à l’excès!

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Avec C Comme Cthulhu, l’alphabet se décline selon l’univers de H.P. Lovecraft: Alhazred (l’auteur fou du Kitab al-Azif, a.k.a. Necronomicon), Bêêêêê (le cri présumé de Shub-Niggurath, la chèvre noire aux mille chevreaux), Cthulhu (l’inconcevable prêtre des Grands Anciens), Dagon (un autre Grands Anciens, dieu poisson), Écritures Ponapes (texte mythique de R’lyeh), Frissons, Goules, Hastur (un autre Grand Ancien tentaculaire), Innsmouth (ville du Massachusetts où se déroule les cauchemars), John Raymond Legrasse (un inspecteur dans L’Appel de Cthulhu), K’n-yan (territoire sous-terrain en Oklahoma), Lovecraft (Dâ!), Miskatonic (rivière maudite qui donne son nom à l’Université d’Arkham), Necronomicon (le livre occulte qui rend fou), Olmstead (Robert Olmstead, le narrateur dans Le Cauchemar d’Innsmouth), Providence (ville natale de Lovecraft), Q’yth-Az (l’Intellect Crystalloïde, un autre Grand Ancien), R’Lyeh (la cité engloutie), Shoggoth (monstres gélatineux créés par les Anciens), Tiare de Dagon, Ulthar (Contrées du Rêve, peuplée de chats), Vigilant, West (Herbert West, le réanimateur original), Xiurhn (serviteur des Outer Gods), Yog-Sothoth (le Gardien d’entre les Mondes), et finalement Zombies (eh, y-a pas de zombies dans la mythologie de Lovecraft!). Wow!

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C’est amusant et les illustrations sont “cute” mais est-ce vraiment un album pour tout-petits? A quel public ce livre s’adresse-t-il? J’ai compris quand j’ai vu que le livre est publié par Bragelonne, un éditeur français dédié aux littératures de l’imaginaire (SF, Fantastique, Fantasy). Mais c’est une traduction, publié à l’origine en anglais par ComixTribe en décembre 2014. Il semble que C Is for Cthulhu soit un phénomène en soi, puisqu’il y toute une entreprise créant toutes sortes de produits sur le thème de Lovecraft (livres, t-shirts, toutous, etc). C’est donc un livre à l’intension de geeks, ou plutôt à l’intension des enfants de geeks! Qui ne veut pas apprendre à lire à ses enfants en les introduisants très jeunes à la mythologie de Lovecraft! 

C Comme Cthulhu n’est vraiment pas pour tout le monde. Mais moi j’ai adoré. Cela reste toutefois une curiosité. 

C comme Cthulhu : l’abécédaire Lovecraft, écrit par Jason Ciaramella et illustré par Greg Murphy (traduit par Alain Névant). Paris: Bragelonne, novembre 2016. 26 pp. 14.90 € / $24.95. ISBN: 979-10-281-0152-7. Pour lectorat de 4 ans et plus (!). stars-3-0

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Souvenirs d’Emanon

Souvenirs_Emanon-cov“1967, dans le sud du Japon. Loin des événements qui agitent le monde, un étudiant prend le chemin du retour après un voyage d’errance. Une longue nuit en ferry s’annonce. Alors qu’il cherche à oublier une énième déception amoureuse en se plongeant dans ses romans de SF, une intrigante jeune femme s’installe à ses côtés.

 Fumant cigarette sur cigarette, elle a pour unique bagage un sac à dos marqué des initiales “E. N.” Son nom ? Emanon, ou “no name” lu à l’envers… Elle aussi voyage seule et sans but apparent. D’abord peu bavarde, les yeux dans le vague, elle se rapproche du jeune homme, car il lui rappelle un ancien amour… datant de plusieurs siècles !

 Au fil de la conversation, elle lui dévoile son secret : sous ses airs d’étudiante, elle cache une âme vieille de trois milliards d’années ! Ses souvenirs remontent au plus profond des âges, avant même l’apparition de l’humanité. Son récit dépasse toutes les histoires de SF. Cette nuit en compagnie d’Emanon va bouleverser à jamais la vision du monde du jeune voyageur…

 Emanon est un des personnages les plus fascinants de la science-fiction contemporaine japonaise. Le dessinateur Kenji Tsuruta, tombé amoureux du concept imaginé par l’écrivain Shinji Kajio, donne un visage aussi vivant que mélancolique à cette incarnation féminine du passé, du présent et du futur de l’humanité. Que l’on croie ou non à son histoire, impossible d’oublier Emanon. Et elle non plus ne vous oubliera jamais…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Souvenirs d’Emanon (おもいでエマノン / Omoide Emanon) est un manga seinen qui a été prépublié dans le magazine Comic Ryu et compilé en volumes chez Tokuma Shoten à partir de 2008. La série comporte trois autre manga publié en 2012, 2013 et 2018. Le premier volume à été traduit en français chez Ki-oon (dans leur collection grand format, Latitudes) en janvier 2018 et la version française du deuxième volume, Errances d’Emanon (ISBN : 979-10-327-0315-1), y est déjà disponible en Europe depuis le début septembre 2018. L’histoire est basée sur une série de romans de science-fiction par Shinji KAJIO (aussi publiés par Tokuma Shoten), débutée avec une nouvelle en 1983, qui met en scène le personnage de “Emanon”, une mystérieuse jeune femme dont la mémoire remonte au début de la vie sur Terre, il y a trois millions d’année (et dont le nom, en anglais, signifie “no name” [sans nom] épelé à l’envers).

Le dessin de Kenji Tsuruta (Spirit of Wonder, Forget-me-Not) est plutôt classique et est à la fois clair, précis et détaillé. Le récit de Shinji Kajio, quant à lui, est plutôt simple (l’histoire se déroule principalement durant l’après-midi et la soirée du 24 février 1967) et est essentiellement narratif (sans vraiment d’action). 

Souvenirs_Emanon-p038Un jeune étudiant bohème rentre chez lui après un voyage et, durant le périple de dix-sept heure du traversier qui l’amène sur l’île de Kyushu, il fait le rencontre d’une jeune fille mystérieuse. Elle dit s’appeler “Emanon” et, voyant qu’il est grand amateur de science-fiction, elle lui confesse qu’elle a l’étrange pouvoir de se souvenir des vies des tous les individus de sa ligne ancestrale directe depuis l’apparition du premier organisme unicellulaire! Toute cette mémoire lui pèse lourd et elle se demande pourquoi elle a ce pouvoir et dans quel but? Autour de quelques bières, à la cantine du traversier, ils discutent et spéculent sur les implications d’un tel pouvoir. Puis elle rit et avoue lui avoir raconté une histoire pour savoir ce qu’il en pensait, puisqu’il est fervent de SF. Ils discutent toute la soirée et, au matin, lorsque le traversier accoste au port, elle a disparu. Il la cherche partout mais en vain. Treize ans plus tard, il l’aperçoit sur le quai d’une gare accompagnée d’une enfant. Il l’approche mais elle ne se souvient pas de lui. Toutefois, la fillette lui dit: “C’est moi, Emanon. C’est gentil de te souvenir de moi!” Le pouvoir ne peut résider que dans un seul individu par génération, et lorsqu’un enfant nait, le parent oubli tout des vies précédentes! Il la revoit encore plus tard, alors qu’il est un vieillard…

Souvenirs d’Emanon nous offre donc une intriguante histoire agréablement illustrée par Tsuruta. Un bon moment de lecture que je recommande sans hésitation.

Souvenirs d’Emanon, par Shinji KAJIO (scénario) et Kenji TSURUTA (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Latitudes), janvier 2018. 180 pages, 17 x 24 cm, 15,00 € / $28.95 Can. ISBN 979-10-327-0226-0. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). Un trailer et un extrait de 28 pages sont disponibles sur le site de l’éditeurstars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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OMOIDE EMANON © Shinji Kajio, Kenji Tsuruta / TOKUMA SHOTEN PUBLISHING CO., LTD

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Souvenirs Emanon-Logo

Ready Player One

ReadyPlayerOneIn a dystopian future (Is it? It realistically could be just our future or it could be a “trumpian” future), the reality is too tough to take and people are looking to forget their troubles. What was originally created as a virtual reality game become the perfect source of escapism for the people. In virtual reality they can be whoever or whatever they want! It is based on the novel by Ernest Cline. 

This is a typical fantasy story where the hero (with a group of companions) must find an artifact to save the world from an evil overlord (or a nefarious corporation plotting to control the world). The only difference is that, this time, the artifact is a legendary Easter Egg in a virtual reality video game. It is also a quest to find the heir to the Halliday’s fortune and ownership of the entire virtual world, known as OASIS (Ontologically Anthropocentric Sensory Immersive Simulation). The movie improves on the book by providing a great visual: the part inside the virtual reality (60% of the movie) was created with motion capture CGI. It is certainly not very original, but it’s brilliantly written and well orchestrated.

For me, what makes the movie interesting is that it’s a treasure trove of popular culture references (mostly related to movies and video games) from the 80s (including a few anime like Akira, Dragon Ball, Godzilla, or Gundam !) that plays on the nostalgia of a long gone era. In that aspect, it can particularly appeal to two different audiences: those who grew up in that era (the Millenials or Generation Y) or those who grew up hearing stories from their parents and have a glorified impression of the era (the Generation Z or iGen, Centennials). It is so rich in references that you could see the movie a dozen time and still discover new ones! 

The movie was well received (with a Rotten Tomatoes critical score of 72% and a slightly better audience score of 78%) and did well at the box office (bringing back in revenue three time its budget of $175 millions). Unfortunately, even if it’s directed by Spielberg, it has the usual flaws of most teenage action movies: it offers an heroic but superficial story (and characters) where the exploding action (full of car races, fights and magic!), a shared cultural trivia, visual overload and an expedited storyline replace the depth and richness that usually make truly excellent movies. However, it remains a great and funny movie that celebrate geek culture. It is entertainment at its best. I enjoyed it immensely and, if you are in the right demographic, you will certainly too. stars-3-5

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Capsules

Alienated

Catching up on some of the movies recorded on my PVR, I decided to watch the latest two movies from the Alien franchise: Alien Resurrection and Alien: Covenant.

AlienResurrection-covIn this 1997 sequel of the Alien franchise, Ripley is brought back to life by cloning in order to deliver an alien embryo for an army mad-scientist to study. Of course, everything goes wrong and close quarter’s chases ensue. However, director Jean-Pierre Jeunet (Delicatessen, Amélie) is no Ridley Scott and the movie doesn’t have the thrill of the original and is riddled with inconsistencies. I’ll list two. First, cloned someone along with the parasite that infects her, and she keeps her personality and memories? Even the pseudo-explanations given to justify that doesn’t make any sense! Second, the alien queen switches from oviparous reproduction to viviparous in the middle of the movie, as she gives birth to the end-level monster which ends up so weak and pitiful that you almost want to champion him instead of the good guys. However, I like that the genetically-mixed Ripley, believe it or not still played by Sigourney Weaver, is such an ambivalent character that you keep wondering whether she’s the bad guy of the movie. I also like the character of Call, played by Winona Ryder. Despite those few positive aspects, the movie is barely entertaining. For once, Rotten Tomatoes seems to agree with me (critics rating at 55% and audience rating at 39% !). stars-2-0

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Capsules

Alien-Covenant-posterAlien: Covenant is the 2017 sequel to the Alien prequel, Prometheus, both directed by Ridley Scott. His experience and skills make for a story that is a more suspenseful thriller than the movie above, but after so many iteration, it unfortunately has nothing original left to offer. It’s the same old story. Katherine Waterston, who plays Daniels, the movie’s heroine, is a suitable replacement for Ripley. But in the end the movie received only an overall rating of 66% on Rotten Tomatoes.

A radio signal brings a colony-ship to an earth-like planet home of the ship encountered in Prometheus. There, the android David has released the pathogen that creates a new type of aliens that consumes all animal life on the planet. David awaits, in what looks like an old temple, for new life to visits him so he can pursue further his experiments in creation. I like the fight between the two androids, David and the newer (but emotionally neutered) model named Walter (both played by Michael Fassbender). An opened ending leaves space for yet another sequel. Alien: Covenant is well-made and entertaining, but what’s the point to repeat endlessly the same kind of story? Apparently, that’s what Ridley Scott thinks as well, and he is planning something rather different for the eventual sequel… stars-2-5

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Capsules

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Visages de la SFFQ

Je vous présente ici (sans ordre particulier) un échantillon de cinquante visages de la Science-Fiction & Fantastique Québécois du XXIe siècle. Il s’agit surtout de panelistes, d’auteur(e)s, de certains lauréats de prix et de quelques participants au congrès Boréal de 2018. 

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Voir aussi mes commentaires sur le Jour 1, le Jour 2, et le Jour 3 de la convention.

Boréal 2018 — Jour 3

Dernière journée de Boréal (dimanche, 6 mai), le congrès québécois des littératures de l’imaginaire (science-fiction, fantastique et fantasy)! [ Voir aussi mes commentaires sur la première et seconde journée du congrès ! ]

J’arrive trop tard pour voir le “documentaire hommage à Joël Champetier” (mais il sera mis disponible sur Youtube plus tard). Malheureusement le panel sur “L’héritage d’Ursula Le Guin” est en concurrence avec mon premier panel…

IMG_2270Le premier événement de la journée est “Le club de lecture de la République”, animé par Geneviève Blouin, avec Caroline-Isabelle Caron, Yves Meynard, Jean-Louis Trudel et Élisabeth Vonarburg. Les panelists nous parlent de livres traduits en français qu’ils recommandent comme porte d’entrée à la SF (ils ont fait ces recommendations sur le webzine de la République du Centaure: Jean-Louis, Yves, Élisabeth, Caroline-Isabelle). Élisabeth propose l’oeuvre de Cordwainer Smith, ou de Jean-Claude Dunyach, Yves propose Les Enfermés de John Scalzi mais également l’oeuvre de Robert Reed. Jean-Louis propose principalement Rivage des intouchables de Francis Berthelot. On propose aussi la trilogie climatique de Kim Stanley Robinson (et sa suite, pas encore traduite en français: 2140 New York). Il est aussi question de Solarpunk! J’ai été tout particulièrement intéressé par les suggestion de Caroline-Isabelle. Elle nous fait découvrir l’Afro-futurisme à travers l’oeuvre de l’auteure africaine Nnedi Okorafor, Qui a peur de la mort ? Elle propose également Angelica Gorodischer (SF brésilienne). Encore plus de titre à ajouter à ma liste de lecture!

IMG_2271Mon second panel (et celui qui m’intéressait le plus de tout le congrès) est “Booktubeurs, blogueurs et réseaux sociaux”, animé par Raphaëlle B. Adam (coordonnatrice à l’Association des auteures et auteurs de l’Estrie, contributrices sur Brins d’Éternité et Le Fil Rouge), avec Catherine Girard Ratté (bibliothécaire jeunesse et La Biblio Geek sur Youtube et Facebook; elle parle surtout de BD), Pascale Laplante-Dubé (contributrice sur Les Amazones, émission radio et podcast qui donne voix aux femmes et aux minorités geeks, et à la République du Centaure), Joëlle Rivard (contributrices sur Le Fil Rouge et sur Instagram) et Stéphanie Sylvain (elle co-produit Les Filles de Joual, un blogue sur la littérature québécoise, et elle est sur Facebook et Youtube). Ici on s’interroge sur la part qu’occupe les média sociaux dans l’écosystème du livre au Québec et comment cela influence-t-il la critique littéraire. Dans la plupart des cas, il n’est pas vraiment question de critique mais plutôt de suggestions littéraires. On lit ce qu’on a envie de partager ou on partage ce qu’on envie de lire (ses coups de coeur, et, bien sûr, les services de presse que l’on reçoit). C’est plus facile avec les média sociaux car on a un feed-back immédiat. Évidemment, si tu parle seulement de ce que tu aimes, c’est plus plaisant mais c’est moins populaire. Il faut donc être à l’écoute de ce les gens veulent savoir. Le hic est de savoir rejoindre ses lecteurs: en utilisant des mots-clés (comme bookstagram ou livrestagram), en étant constant dans sa diffusion et en publiant préférablement aux heures de plus grand achalandage, en utilisant plusieurs autres plate-formes de diffusion (i.e. Facebook, Youtube, Instagram, etc.) en plus de son blogue, et en utilisant le réseautage (se faire des contacts). Il y a aussi le “Book Haul”, où l’on présente les livres achetés (ou reçu en service de presse) durant le mois courant. Très intéressant tout ça. Et ça fait plaisir de rencontrer d’autres blogueurs (parce que, paradoxalement, malgré que l’on utilise les média dit sociaux, cela ne fait souvent pas de nous de créatures très “sociales”).

IMG_2275Ma troisième activité de la journée (je dit “activité” parce que c’est plus un jeu qu’un panel) est le “Maltraitement de texte”, animé par Yves Meynard. Une autre événement incontournable du congrès Boréal! Cette année les concurrents sont Dave Côté, Alain Ducharme (qui défend son titre de champion pour une troisième année!), Éric Gauhtier et Isabelle Lauzon. On lit des extraits (plutôt mauvais) de romans ainsi que les suites possibles écrites par chacun des participants. Le public doit alors voter sur lequel des textes constitue la véritable suite! Les participants qui réussissent à berner le public en faisant passer leur texte pour la véritable suite, gagnent des points. Le public gagne aussi des points lorsqu’une majorité vote pour la suite légitime. Tout à fait hilarant! Alain Ducharme demeure le champion mais a annoncé qu’il se retirait de la compétition l’an prochain…

IMG_2277Mon quatrième et dernier panel est “Je veux écrire, par où est-ce que je commence? Comment ont-ils commencé?”, animé par Isabelle Lauzon, avec Jonathan Brassard, Talhi Briones, Ariane Gélinas et Patrick Senécal. Les participants parlent du parcours qui les a amené à être publié et offrent des conseils aux auteurs débutants. Il faut juste se lancer dans l’aventure, travailler fort (écrire tout les jours) et être persévérant. Il n’y a pas de recette magique pour être publié. Chaque auteur suit un parcours différent. Les anecdotes de Patrick Senécal sont toujours succulents!

Le congrès Boréal 2018 se termine avec la cérémonie de clôture et la remise des différents prix: les prix des concours d’écriture: Étudiant (“Le royaume de glace” par Kassandra Del Dotto), Concours d’écriture sur place Catégorie Relève (ex aequo Mariane Cayer avec “Le régal gelé” et Clémence Meunier avec “Tombe la neige”) et Catégorie Pro (Hugues Morin avec “Frill, l’avatar au long museau”), le prix Solaris ( Luc Dagenais pour sa nouvelle “La Déferlante des mères” [sources: Solaris, République du Centaure]), et finalement les prix Aurora-Boréal (Roman: De synthèse par Karoline Georges, Nouvelle: “La nuit aux trois démons” par Philippe-Aubert Côté, BD: Le Seigneur de Saint-Rock par Francis Desharnais & Val Mo, Ouvrage connexe: Petit Guide de la science-fiction au Québec par Jean-Louis Trudel, Création artistique visuelle et audiovisuelle: le film Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve, Fanédition: le blogue Horizons imaginaires [sources: Boréal, République du Centaure]).

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Post-scriptum: durant le congrès j’avais le projet de demander aux auteurs participants quel genre de bestioles de compagnie qu’ils avaient. J’aurais compilé ça et écrit l’article pour le fanzine des chats du futur, Chatmizdat. Malheureusement, j’ai manqué de temps (les panels, c’est bien plus intéressant — et puis je suis d’une nature gênée…). Mais bon, on sait tous que Catherine Sylvestre a un cockatiel, Esther Rochon un chat, Julie Martel a un chien et deux rats, Élisabeth Vonarburg a (avait?) des chats, et que Valérie Bédard a un chow-chow et un chat. C’est déjà un début…

À la prochaine (peut-être, parce que, en 2019, le congrès Boréal est à Sherbrooke, alors on verra…)

Voir aussi mes commentaires sur le Jour 1, le Jour 2, et l’album “Visages de la SFFQ”.

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Boréal 2018 — Jour 2

Après une première soirée plutôt tranquille, l’action commence vraiment à Boréal, le congrès québécois des littératures de l’imaginaire (science-fiction, fantastique et fantasy)!

Aujourd’hui (Samedi, 5 mai) j’ai assisté à une enfilade de panels qui m’apparaissaient au départ plus ou moins intéressants, mais qui offraient malgré tout toujours des aspects fascinants qui font de l’événement une occasion incontournable pour en apprendre plus sur la nature du genre ou sur la faune colorée formée par les auteurs et autres intervenants du milieu. J’y ai appris, par exemple, que l’éditeur Rivière Blanche (filiale francophone de l’éditeur américain Black Coat Press) avait été créé pour prendre la suite et rendre hommage à Fleuve Noir (non seulement en publiant des textes nostalgiques des années ’70, en pastichant ses couvertures mais aussi en poursuivant la numérotation de ses volumes là où Fleuve Noir s’était arrêté!); que Jo Walton écrivait de l’ “uchnonie discrète”; ou que l’on pouvait faire de la poésie de science-fiction (c’est le cas avec Nous rêvions de robots de Isabelle Gaudet-Labine)… Et le lieu où se déroulait les panels (le Temple Maçonnique de Montréal!) était vraiment fascinant…

Atelier de Belta LangPremier panel de la journée: “Atelier de Belta Lang” avec Hanne Madeleine Gates Paine qui nous introduit au langage parlé par les Belters (habitants de la ceinture d’astéroïdes, regroupés sous la bannière de l’OPA, the Outer Planets Alliance) dans l’excellente série télé The Expanse. J’ai été plutôt déçu car je m’attendais à ce qu’on discute de la génèse de la langue et non à un cours de langue! Amusant tout de même.

La chaîne du livreJe passe donc à l’autre panel : “La chaîne du livre, écosystème du domaine littéraire”, animé par la libraire Josée Lepire (Coop ETS), avec les éditeurs Séléna Bernard (Bragelonne), Jean Pettigrew (Alire) et Guillaume Voisine (Brins d’Éternité). Il est intéressant de voir comment la trajectoire d’un livre peut être complexe, de l’éditeur au distributeur, puis au libraire et au lecteur! Une chaîne du livre en constant changements, ce qui explique la grandes difficultés qu’éprouvent tant les éditeurs que les libraires…

Rétro-futur: steampunk, pulp et autres emprunts au passéDeuxième panel de la journée : “Rétro-futur: steampunk, pulp et autres emprunts au passé”, animé par la libraire Josée Lepire (Coop ETS), avec Frédérick Durand, Cédric Ferrand, Claude Lalumière et Christian Sauvé. En tant qu’historien et amateur de SF, les uchronies m’ont toujours intéressé. Il en est ressorti cet intéressant concept que, lorsque le futur des lendemains qui chantent est mort avec le XXIe siècle (où sont les pistolasers et les voitures volantes que l’on m’avait promis?!), l’imaginaire s’est réfugié dans le passé pour réinventer un futur à la hauteur de nos aspirations. Une discussion vraiment cool!

L’imaginaire a-t-il une langue ?Troisième panel de la journée : “L’imaginaire a-t-il une langue” animé par Alain Ducharme, avec Marie Bilodeau, Derek Künsken, Sylvain Neuvel, Olivier Paquet et Patrick Senécal. Il y a-t-il des différences culturelles dans l’imaginaire anglophone et francophone? Certainement, puisque chacun perçoit son univers au travers de sa propre culture… Étrangement, les trois premiers auteurs mentionnés ci-haut sont francophone mais écrivent en anglais. Mais c’est pas juste une question de marché: j’ai moi-même beaucoup de difficulté à lire de la SF en français. Je ne sais pourquoi, en anglais cela me parait plus sérieux. Alors je comprend que certains préfèrent l’écrire en anglais…

Cyborg et réalités virtuellesQuatrième panel: “Cyborg et réalités virtuelles: corps et l’image en SF”, animé par Mathieu Lauzon-Dicso (Prof au College Marianopolis et instigateur d’Horizons Imaginaires), avec Sabrina Calvo, Isabelle Gaudet-Labine et Karoline Georges. L’identité et la perception de soi sont des thèmes cruciaux de la SF. Et ces auteures ont des imaginaires (ou des processus d’écriture) particulièrement étranges… 

le personnage dans la littérature de genreCinquième panel : “Rétro ou futuriste, humain ou pas: le personnage dans la littérature de genre”, animé par Natasha Beaulieu, avec Sabrina Calvo, Esther Rochon, Patrick Senécal et Élisabeth Vonarburg. Natasha demande à ces auteurs quels sont leur personnage préféré, qui les a inspiré et pourrait-il exister dans un autre contexte, un autre genre? Le personnage préféré d’Élisabeth (réticente à répondre à ce genre de question) est Gilles dans Reine de mémoire. Pour Esther, c’est le prince dans la série Chroniques Infernales. Pour Patrick, c’est Maxime Lavoie dans Le Vide (et il nous révèle que le prof le plus débile de Malphas est actuellement son seul personnage inspiré d’une personne réelle). Pour Sabrina, il s’agit de Colline dans Sous la colline.

Après un bon souper, on termine la journée avec “Visionnement par la bande-annonce”, présenté par Christian Sauvé. C’est un événement incontournable de tout congrès Boréal, où Christian nous propose de nombreuse bandes-annonces de films (SF, étonnants, poches, super-héros, animations de Disney), histoire de rigoler. Il inclus souvent quelques videos édifiants (cette fois-ci un video mexicain anti-Trump et un video utilisant la technologie d’édition de visages où l’on voit Trump et ses acolytes se faire arrêter). On s’est bien amusé! Merci Christian!

Voir aussi mes commentaires sur le Jour 1, le Jour 3, et l’album “Visages de la SFFQ”.

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