The Predator

Predator-dvdIs this a comedy or an action flick? A little of both, I guess… It has great action scenes, although not always believable. In a nutshell, it tells the story of a group of misfit soldiers fighting against an alien monster in pursuit of another alien monster. They get help from an unsuspected genius and one of the bad guys is not what it seems. The story is not really original but it is entertaining enough. In fact, the whole movie is just setting up the ground for the next one (or two — but no release date has been announced yet). It might push the Predator franchise into superheroes territory ! Powersuit, yeah! I can’t wait to see that! 

The movie did relatively well at the box office (returning nearly twice its investment) but disappointed the fans of the franchise and the critics (getting only a 5.4 on IMDb and a 32% / 35% on Rotten Tomatoes ). It’s an average sci-fi action movie which remains nevertheless fun to watch. stars-2-5

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AmazonBiblioGoogleIMDbOfficialWikipedia ]

[ Traduire ]

Capsules

Major Fatal

MajorFatal-covMajor Fatal est trop beau pour être vrai. On est jamais sûr d’entrer dedans. Et pourtant on ne parvient plus à en sortir. Un cercle vicieux. Une drogue! Eh quoi : nous avons lu ensemble dans Métal Hurlant, trois années de suite les aventures du Major Grubert. Pourquoi attendre trois ans pour se mettre dans des états pareils? A quoi je rétorquerai que le Major dans Métal et le Major en album sont deux choses totalement différentes. Major Fatal, c’est un poème.” (Jacques Goimard, en couverture arrière)

L’astéroïde modelé par le Major Grubert en trois mondes superposés, trois mondes avec chacun leur système, leur populace et leurs coutumes. Improvisés au rythme de la publication de Métal Hurlant, ces univers sont grouillants d’idées et de détails entremêlés. Autour de l’astéroïde, à bord du Ciguri, tournent son créateur et sa belle, Damalvina. Mais trois mondes ignorant leurs origines, dont quelques personnages en prennent peu à peu conscience, et ne sont pas tellement du genre à adorer leur créateur…” (Texte du site des Humanos)

MajorFatal-p006

Page 6

Ce troisième tome des “Oeuvres Complètes“ de Moebius compile les sept principales histoires où apparait le Major Grubert (dont plusieurs seront reprises dans Les vacances du major): “Une planche” (1 p.), “[Le] Major Fatal” (13 p.), “Le Major Grubert [: The Forbiden City Rides Again]” (2 p.), “Les Vacances du Major“ ( ou “La Chasse au Français en Vacances”, 6 p.), “Paradis 9” ( ou “La Flore de Paradis 9”, 2 p.), “Une aventure du Major [Grubert]” (2 p.), “Le Garage Hermétique [de Jerry Cornélius]” (98 p.). Cette dernière histoire constitue la majorité du volume, qui inclue aussi un avant-propos de Moebius, des postfaces de Jacques Goimard et d’Alexandro Jodorowsky, ainsi que “Apprends à Dessiner le Major Grubert” par Yves Chaland.

L’édition anglaise colorisée, publiée chez Epic/Marvel en 1987 sous le titre Moebius 3 (The Collected Fantasies of Jean Giraud): The Airtight Garage, n’offre quand à elle que deux histoires: “Major Fatal” et “The Airtight Garage”. À noter que pour l’édition anglaise, le nom de Jerry Cornélius (un hommage à Michael Moorcock) a été changé pour Lewis Carnelian…

La seule des histoires courtes qui mérite vraiment mention, car elle prépare la venue de l’oeuvre majeure, c’est “Le Major Fatal.” Houm Jakin et l’assassin Boaz recherche le Major car lui seul peut traiter avec le Bakalite. Ils tombent dans un piège mais Grubert intervient… Ce thème sera plus ou moins repris pour la fin du “Garage Hermétique”. Les autres histoires servent surtout à établir le décor de l’univers science-fictionnel créé par Moebius et dans lequel le Major évolue.

“Le Garage Hermétique” est la première histoire de SF d’importance que produit Moebius. Due à son procédé d’écriture épisodique et aléatoire, l’histoire est un peu complexe, mais l’essentiel tient au fait que le Major Grubert a construit un astéroïde, Fleur, constitué de trois niveaux de réalité dont plusieurs forces (Jerry Cornélius, le Bakalite, le Nagual, Sper Gossi) conspirent soit pour en prendre le contrôle, se libérer de son créateur ou simplement se venger du Major. Ce dernier quitte donc le Ciguri, son vaisseau spatial, pour descendre sur l’astéroïde et affronter ses adversaires…

MajorFatal-p087

Page 87

Il y aurait beaucoup à dire sur “Major Fatal”… Jean Giraud a commencé à dessiner des histoires de science-fiction humoristiques, d’abord sous le preudonyme de Gyr puis de Moebius, pour se distraire et se détendre de son travail principal sur Blueberry. Il les a publié ici et là (surtout dans Pilote, et même dans France-Soir, puis régulièrement dans Métal Hurlant). Le Major Grubert a subrepticement fait son apparition dans ces histoires courtes. Lorsqu’il a commencé à écrire “Le Garage Hermétique”, il n’avait pas de scénario préétabli et il improvisait au gré de ses humeurs, en essayant de créer de nombreux rebondissements (parfois ne se souvenant même pas ce qu’il avait fait dans l’épisode précédent). Le Major y est éventuellement apparu comme un anti-héros insouciant, presque absent, qui réalise tranquillement ses responsabilités envers le dénouement du récit. Le résultat est une histoire riche et surprenamment cohérente, pleine de symbolismes (tant religieux, politique, que philosophique).

MajorFatal-p063

Page 63

Les épisodes sont au début plus grossier, plutôt inégaux en qualité (tant graphiquement que narrativement), puis prennent de plus en plus d’assurance jusqu’à ce que vers la fin on réalise que Moebius maîtrise bien le genre, que son art a mûrit et qu’à partir de maintenant ce n’est plus de l’humour mais de la SF sérieuse et profonde qui laisse bien paraître ce que seront Les Aventures de John Difool, a.k.a. L’Incal

C’est une histoire de SF mythique qui vient nous chercher au tréfonds de notre être, comme si elle réveillait en nous quelque chose qui dort—ce genre d’impression mystique que l’on perçoit du coin de l’oeil ou dont on a vaguement le souvenir sans être capable de mettre le doigt dessus. C’est une oeuvre qui est loin d’être parfaite mais qui reste fascinante, intriguante et captivante! C’est donc à lire absolument si la BD et la SF vous intéresse moindrement!

“Le Garage Hermétique” a connu de nombreuses rééditions mais aussi des suites… (eh oui, après près de quarante ans, je réalise, “Quoi, il y a une suite!!!?”). Le flambeau a aussi été repris par d’autres artistes… À suivre, donc…

Moebius, Oeuvres Complètes tome 3: Major Fatal, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés, avril 1981. 156 p. ISBN 2-7316-0100-0. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-4-0

Moebius3-covMoebius 3, The Collected Fantasies of Jean Giraud: The Airtight Garage, by Moebius. New York: Epic/Marvel, 1987. 120 p. $US 12.95 / $C 16.95. ISBN 0-87135-280-X.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreads – GoogleWikipediaWorldCat ]

© Les Humanoïdes Associés 1980.

[ Translate ]

Le bandard fou

BandardFou-cov“Sur Souldaï du Cygne, les érections, ce n’est pas avant l’automne. Quand un vendeur de pousse-boulettes se réveille avec une trique d’enfer, impossible de cacher l’évidence : il est devenu un bandard fou, traqué par la police anti-foutre et une dame Kowalsky qui peine à assouvir ses désirs. Son crime prenant jusqu’à des dimensions diplomatiques, le bandard peine à trouver le repos.” (Texte du site des Humanos, voir couverture arrière)

Originellement publié en janvier 1974 aux Éditions du Fromage (Écho des Savannes), Le Bandard Fou a connu de nombreuse rééditions. Cette bande-dessinée nous offre deux histoires. La première, sans dialogue et sans titre, se déroule en vingt-quatre planches d’une seule grande case chacune qui occupe le côté gauche du livre et qui nous montre un homme qui se métamorphose en un oeuf alienesque, qui se fracture pour révéler… un petit homme. 

BandardFou-p03

Page 3 (Planche 2)

La deuxième histoire, qui occupe les pages de droite, est un récit de science-fiction humoristique en vingt-quatre planches. Le personnage principal se réveille un bon matin souffrant de priapisme hors-saison, ce qui est une déviance interdite car, en ce monde, la reproduction se fait uniquement en automne et passe par la Pondeuse. Poursuivit par les autorités génétiques (la P.A.F.), il fuit à l’aide d’un agent de dame Kowalsky, une aristo nymphomane. Il rejoint celle-ci sur son vaisseau où ils batifolent quelques mois mais quand ils arrivent sur Fleur, l’astéroïde paradisiaque de dame Kowalsky, c’est la débandade. Évidemment, la fuite du bandard a de lourdes implications commerciales et politiques qui mènent à la guerre entre la Fédération Terrienne et les Exotiques. La Pondeuse tente donc de récupérer le bandard à l’aide d’une faille spatio-temporelle mais le bon Zague intervient et la dure situation reprend son cours…

BandardFou-p09

Page 9 (Planche 5)

Le Bandard Fou est la toute première histoire de SF de Moebius (avant Arzach, Le Garage hermétique et même avant la création de Métal Hurlant). Elle introduit et annonce fort bien ce que sera son style drôle et très imaginatif (déjanté comme ils disent). Son dessin noir et blanc utilise un trait simple mais qui offre tout de même des illustrations détaillées et très texturées — qui sont toutefois d’une qualité variable d’une planche à l’autre. On y retrouve des caméo de l’éléphant Dumbo, des pirates de Astérix, des citations célèbres comme “Merde alors, mon conditionnement fout le camp!”, les premières apparitions de dame Kowalsky et de Fleur (le premier niveau du Garage Hermétique — avec la mention des “générateurs à effet Gruber”). C’est donc une oeuvre séminale de Moebius car on y voit déjà la genèse du Garage Hermétique et même des Aventures de John Difool (L’Incal). Une très bonne lecture, surtout pour les amateurs de Moebius.

Le bandard fou, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés (Coll. Jackpot, #5), juillet 1984. 48 p. ISBN 2-7316-0308-9. Pour lectorat jeune adulte (16+). [une édition récente se vend €18,99 mais en occasion on peut le trouvé à €15,00; je l’ai payé $C 6.95 dans les années ’90] stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBAnQGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Les Humanoïdes Associés 1984 Moebius

HornyGoofL’édition anglaise du Bandard Fou, parue chez Dark Horse en 1990 (imitant le style des compilations de Epic/Marvel), est colorisée et inclue une préface de Jean-Marc et Randy Lofficier, une postface de Moebius, une illustration, une page titre, ainsi que (en plus des deux histoires principales, “The Horny Goof” et “Metamorphosis”) quatre histoires courtes: “Deima” (3 pages, compilée en français dans Cauchemard Blanc), “You’re the object of this and that” (4 pages), “Harzack” (2 pages en noir et blanc, où Harzack se fait prendre à pisser derrière un bâtiment) et “The Invaders” (1 page, compilée en français dans Les Vacances du Major).

Moebius 0, The Forbidden Work of Jean Giraud: The Horny Goof & Other Underground Stories, by Moebius. Milwaukie: Dark Horse, June 1990. 72 p. ISBN 1-878574-16-7. US$ 12.95 / C$ 15.55. Story & art © 1972, 1974, 1975 Moebius • Translation & text © 1990 Starwatcher Graphics.

[ AmazonGoodreadsWorldCat ]

[ Translate ]

M.S. Gundam Unicorn (UC)

GundamUnicornLogo

Overview

I have not watch any Japanese animation in a while and I must admit that it feels great. I have never been a big fan of Gundam, but I have always admired the complexity of its plots, particularly its political and philosophical aspects and the variety of its character and mechanical designs. The fact that this is an Original Video Animation (OVA) mini-series — streaming on Netflix — makes it easier to reacquaint myself with the genre and the story. It is also a good way to introduce a novice to the phenomenon. Therefore, as in the good old days of P.A., here is an “Anime Story” (although a little shorter and with links — it’s fun, I should do this more often!).

GundamUnicornPosterMobile Suit Gundam Unicorn (UC) (機動戦士ガンダムUC(ユニコーン) / Kidō Senshi Gandamu Yunikōn) is a sequel to the Mobile Suit Gundam story created by Yoshiyuki Tomino (made famous by its plentiful line of plastic models known as Gunpla). It takes place in the main timeline of the series, known as Universal Century (宇宙世紀 / Uchū Seiki). Earth is colonizing space by putting colonies (big space stations known as “Side”) in stable orbits around the planet (A.K.A. Lagrange Points).

Story

The story begins as the Earth Federation Prime Minister is about to unveil a new era of space exploration as well as a new Federation charter. The current era (A.D.) ends as the Universal Century begins. However, the Laplace space station—where the calendar change ceremony is taking place—is destroyed in a terrorist attack. The young Syam Vist discover a secret in the station wreckage: the Laplace’s Box, which contains a truth so terrible that it must never be revealed as it could destabilize the Federation — it also becomes a source of political power upon which he will build the Vist Foundation.

The story unfolds ninety-five years later, in UC 0096 (sixteen years after the One Year War), as the young orphan Banagher Links is going to school on the Industrial 7 space station. He will encounter a girl named Audrey Burne and get caught up in the struggle to locate and possess the Laplace’s Box…

Continue reading

Star Trek Discovery

StarTrekDiscoverySeason2First, I must say that Discovery is definitely one of the best Star Trek TV series I have seen in a long time. If we don’t count the animated series and the movies, it is the sixth Star Trek series (after Star Trek The Original Series (1966-69), The Next Generation (1987–94), Deep Space Nine (1993–99), Voyager (1995–2001), and Enterprise (2001–2005)). After The Original, none of these series were really satisfactory (in imagination, plot and action) until Discovery.

For the first time, with Discovery, the main character of a series is NOT the captain of the USS Entreprise. The series focus on Michael Burnham (played by Sonequa Martin-Green [The Walking Dead]) who is the First Officer of the USS Shenzhou in the beginning before becoming Science Specialist on the USS Discovery. Born in 2226, she is a xenoanthropologist raised on Vulcan by her adoptive parents, Vulcan ambassador Sarek (James Frain) and his human wife Amanda (Mia Kirshner). She is therefore Spock‘s foster sister! Her biological parents were killed during a Klingon raid on Doctari Alpha.

The first season, set a decade before the Original series, focuses on the FederationKlingon war. During a rare encounter of the Shenzhou with the Klingons, Burnham uses her knowledge of Klingon and Vulcan strategy to try preventing the war but act against her captain’s orders. She fails and Georgiou is killed in the ensuing battle. Burnham is sentenced to life in prison for mutiny, but during a prison transfer her shuttle is damaged and she is rescued by the USS Discovery, commanded by Captain Gabriel Lorca (Jason Isaacs), where she is given a temporary position of Science Officer. The Discovery uses an experimental spore drive which, after sabotage, brings them to a parallel universe where Captain Georgiou is the Empress of the Terran Empire! After multiple trials and betrayals, the crew succeeds to end the war.

In season two (which is not over yet, as three more episodes remain to air), the captain of the USS Enterprise, Christopher Pike, takes emergency command of the Discovery from interim-captain Saru (Doug Jones) in order to investigate a series of mysterious signals. Spock (Ethan Peck), who appears to have suffered a mental breakdown, has had foreknowledge of those signals, which seem linked to the apparition of a mysterious Red Angel. They must find Spock before Section 31 to try to unravel the mystery…

The latest episode (“If Memory Serves”, 8th episode of the 2nd season and 23rd episode of the series, which aired on March 7th) was particularly impressive. It starts with “Previously on Star Trek” and then shows scenes from the pilot episode of the Original series (“The Cage”, produced in 1964-65 was never aired but later partly used in episodes 11 & 12, “The Menagerie”). In the original pilot, the captain of the Entreprise was not Kirk but Pike and Spock is the only crew-member who remained in the series. In Discovery, Spock brings Burnham to Talos IV so the Talosian can read his mind and show crucial information to Burnham, therefore both healing him and their relationship. That episode was quite something.

It has been relatively well received (with a rating of 7.4 on IMDb, an overall Rotten Tomatoes critic rating of 82% [but an audience score of 48%, are they mad? !!!] and the same 82% for season 2 [this time with an audience score of 29%! Unbelievable !!!]. In my point of view, it is a series that is well worth watching, even if you know nothing of Star Trek. It is simply very good science fiction. And a third season has already been commissioned. stars-3-5

Apparently, more live-action series are planned including one with Captain Jean-Luc Picard (Patrick Stewart) and one with Captain Philippa Georgiou (Michelle Yeoh) focusing on the activities of Section 31. 

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ CBSGoogleIMDbOfficialSpaceWikipediaYoutube ]

[ Traduire ]

Capsules

Errances d’Emanon

image-1533042376“À bord du Sun Flower, Emanon a confié son étrange histoire à un étudiant qui lui rappelait son époux défunt. Mais cette traversée en bateau n’était qu’une infime partie du voyage de la jeune femme à la mémoire de trois milliards d’années : pour elle, une vie ne dure qu’un instant !

Cette passagère du temps poursuit inlassablement sa route, toujours prête pour de nouvelles rencontres. À la recherche d’un mystérieux trésor enfoui ou d’un frère perdu de vue, retrouvez-la dans ses errances…

Emanon est un des personnages les plus fascinants de la science-fiction contemporaine japonaise. Le dessinateur Kenji Tsuruta, tombé amoureux du concept imaginé par l’écrivain Shinji Kajio, donne un visage aussi vivant que mélancolique à cette incarnation féminine du passé, du présent et du futur de l’humanité. Que l’on croie ou non à son histoire, impossible d’oublier Emanon. Et elle non plus ne vous oubliera jamais…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

ATTENTION: Peut contenir des traces de “divulgâcheur” [spoilers]! Les personnes allergiques à toutes discussions d’une intrigue avant d’en avoir eux-même pris connaissance sont vivement conseillées de prendre les précautions nécessaires pour leur sécurité et devraient éviter de lire plus loin! 

Errances d’Emanon (さすらいエマノン / Sasurai Emanon) est le second tome d’un manga seinen publié au Japon en 2010. La série a été prépublié dans le magazine Comic Ryu et compilé en volumes chez Tokuma Shoten. Ce manga peut se lire indépendamment du premier volume, Souvenirs d’Emanon, que nous avons déjà commenté en septembre 2018. L’histoire est basée sur une série de romans de science-fiction par Shinji KAJIO (aussi publiés par Tokuma Shoten), débutée avec une nouvelle en 1983, qui met en scène le personnage de “Emanon” (“no name” en anglais [sans nom] épelé à l’envers), une mystérieuse jeune femme qui a l’étrange pouvoir de se souvenir des vies des tous les individus de sa ligne ancestrale maternelle depuis l’apparition du premier organisme unicellulaire, il y a trois millions d’année!

Ce volume contient deux récits. Le premier, illustré totalement en couleurs, se déroule à une date indéterminée (mais selon les informations fourni on peut calculer que c’est en 1968). Emanon est de passage dans un village pour récupérer un contenant de graines qu’elle y avait caché. Ce sont les semences d’une fleur jaune appelé “Rikaho” qui est en voie de disparition et dont le nectar constitue la nourriture unique d’une variété de scarabées. Ceux-ci produisent des bactéries qui sont capable d’immuniser contre un virus mortel dont certains singes de la jungle sont porteurs (Ebola?). Elle pense que ce serait peut-être là sa raison d’être. Elle confie le reste des graines à Atsushi, un jeune garçon du village dont elle a fait la rencontre, en lui disant qu’elle reviendrait plus tard les chercher. Dans le dernier chapitre, elle revient au village dans un futur indéterminé pour récupérer les graines et le village est englouti sous plusieurs mètres d’eau… Dans ce récit elle croise également une amie, Hikari, qui semble avoir connaissance de l’avenir (une voyageuse temporelle?). Emanon lui mentionne qu’elle a récemment revue son frère…

Le deuxième récit est illustré en noir et blanc et se situe en 1967. Emanon débarque du traversier Sun Flower (où se déroulait le récit du volume précédent) et est à la recherche de son frère. Depuis la nuit des temps ses ancêtres n’ont donné naissance qu’à une seule et unique fille à qui la mémoire ancestrale se transmettait, transformant après quelques années la mère en une coquille vide, amnésique. Or, la mère d’Emanon a donné naissance à des jumeaux, un garçon et une fille. Quant elle a été assez autonome, Emanon a abandonné son frère au “Jardin du Bonheur”, un centre social d’aide à l’enfance où il a été mis en adoption, et elle a placé sa mère dans l’hôpital d’une ville voisine. Takuma a lui aussi quelques pouvoirs (dont la pyrokinésie) puisqu’ils ont été capable de se retrouver sans effort (il peut sentir la présence lointaine d’Emanon comme un point lumineux dans son champs de vision). Son existence a donc aussi sa raison d’être, mais laquelle? Toutefois, Takuma est choqué par les révélations d’Émanon et ressent de la haine envers celle qui l’a abandonné… Ils ne se reverront que trente ans plus tard…

PlancheA_343663Le style de Kenji Tsuruta est plutôt classique car les ombrages et les textures sont fait au trait d’encre (il utilise très peu de trames) ce qui donne un résultat précis et détaillé, qui est assez agréable à l’oeil. La section couleur est colorée à l’aquarelle par dessus l’encrage, ce qui parait encore plus beau. Le récit de Shinji Kajio est assez simple malgré les nombreux changements d’époques. L’histoire est fascinante et captivante. On aimerait bien en savoir plus sur Emanon mais le récit se développe très lentement, avec par moment très peu de dialogue. C’est un auteur qui semble bien aimer la science-fiction (Emanon lit Hauser’s Memory de Siodmak et cite Ray Bradbury) et dont j’aimerais bien lire d’autres de ses oeuvres. Il n’est malheureusement pas traduit (comme c’est le cas de la plupart de la SF japonaise). Plusieurs de ses nouvelles ont cependant été traduite en anglais dans la série d’anthologie Speculative Japan publié chez Kurodahan Press.

Dans l’ensemble, Errances d’Emanon est une très bonne lecture. J’aime bien ce personnage mystérieux et ce lent récit où l’on se demande toujours où il nous mènera. Malheureusement, Ki-oon n’a pas encore annoncé de date de parution pour les volumes trois et quatre. Par contre, Dark Horse publiera le premier volume en anglais, Memories of Emanon, dès mai 2019!

Errances d’Emanon, par Shinji KAJIO (scénario) et Kenji TSURUTA (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Latitudes), septembre 2018. 208 pages (64 en couleurs), 17 x 24 cm, 15,00 € / $28.95 Can. ISBN 979-10-327-0315-1. Pour un lectorat adolescent (16 ans et plus; contiens de la nudité). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWorldCat ]

SASURAI EMANON © Shinji Kajio, Kenji Tsuruta 2012 / TOKUMA SHOTEN PUBLISHING CO., LTD

[ Translate ]

Logo-ErrancesEmanon

Découverte: Suggestions d’achats

En octobre dernier j’ai fait une liste de suggestions d’achats pour le bibliothécaire adulte de ma bibliothèque. Elle comprenait quelques mangas récents qu’il me semblaient essentiels d’avoir, des livres de cuisine japonaise en manga (une curiosité) ainsi qu’une série d’anthologies de littérature de l’imaginaire japonais que je trouvais intéressante à lire (particulièrement parce qu’elle contiens des histoires courtes de l’auteur KAJIO Shinji, dont l’oeuvre n’a pas encore été traduite ni en anglais, ni en français). Je la partage ici avec vous:

[ Translate ]

Moriarty vol. 1-2, Hikaru Miyoshi, Kana (Coll. Dark), Juin/Septembre 2018, 212/204 pgs, 9782505070733 / 9782505070740, 6,85€ / $12.95 Can ch. [ Amazon / Biblio / Goodreads ]

The Manga Cookbook: Japanese Bento Boxes, Main Dishes and More!, The Manga University Culinary Institute & Chihiro Hattori, Japanime Co. Ltd, December 2007, 158 pgs, 978-4921205072, $16.95. [ Amazon / Goodreads ]

The Manga Cookbook Vol. 2: More Popular and Delicious Japanese Dishes!, The Manga University Culinary Institute & Koda Tadashi, Japanime Co. Ltd, June 2017, 160 pgs, 978-4921205362, $16.95. [ Amazon / Goodreads ]

The Manga Cookbook Vol. 3: Japanese Fusion Food with Character!, The Manga University Culinary Institute & Ryo Katagiri, Japanime Co. Ltd., September 2018, 192 pgs, 978-4921205393, $19.95. [ Amazon / Goodreads ]

She and Her Cat, Vol. 1, Makoto Shinkai and Tsubasa Yamaguchi, Vertical Comics, Aout 2017, 180 Pages, 9781945054402, $12.95 US / $13.95 Can. [ Amazon / Goodreads ]

Le signe des rêves Vol. 1 & 2, Naoki Urasawa, Futuropolis (Coll. Louvre), Août/Octobre 2018, 144/136 pgs, 9782754825771 / 9782754825818, 20 € / $39.95 ch. [ Amazon / Biblio / Goodreads ] Voir mon commentaire du vol. 1 et du vol. 2.

Speculative Japan #1: Outstanding Tales of Japanese Science Fiction and Fantasy, by Gene van Troyer (Editor). Kurodahan Press, 2007, 290 pg. ISBN 9784902075267. Anthology that contains the short story “Reiko’s Universe Box” by KAJIO Shinji. [ Amazon / BiblioGoodreads ]

Speculative Japan #2: The Man Who Watched the Sea and Other Tales of Japanese Science Fiction and Fantasy. Kurodahan Press, 2011, 282 pg. ISBN 9784902075182. Anthology that contains the short story “Emanon: A Reminiscence” by KAJIO Shinji. [ Amazon / Goodreads ]

Speculative Japan #4: “Pearls for Mia” and Other Tales. Kurodahan Press, 2018, 272 pg. ISBN 978-4-902075-84-7. Contains the short story “Pearls for Mia”「美亜へ贈る真珠」by KAJIO Shinji. [ Amazon / Goodreads ]

Vampire! Tales of Blood and Roses from Japan. Kurodahan Press, to be released late 2019, pages TBD. ISBN 978-4-909473-00-4. Contains the short story “干し若” by KAJIO Shinji. 

Continue reading