Revue de ‘zines [002.020.053]

Je continue de passer en revue pour vous quelques périodiques intéressants, cette fois-ci consacrés à la bande dessinée et aux littératures de l’imaginaire…

dBD #140 (Février 2020)

5e257a90-2f24-4934-8b5f-65e23624b36eÀ la une de ce numéro on retrouve une interview avec Blutch & Robber au sujet de leur album de Tif et Tondu Mais où est Kiki ainsi que le roman illustré L’Antiquaire sauvage (tous deux chez Dupuis). Cela se poursuit avec des interviews de Lewis Trondheim (sur son exposition au Musée de la cité internationale de la bande dessinée et de l’image à Angoulême jusqu’au 10 mai), avec Homs sur le tome 4 de Shi (sur un scénario de Zidrou, chez Dargaud), avec Frank Le Gall sur l’album Mary Jane (co-réalisé avec Damien Cuvillier, chez Futuropolis), Théodore Poussin: Cahiers t.5, Art Satoe 1/3 (chez Dupuis) et La Cantina (aux Éditions Alma), avec Néjib sur Swan t.2: Le chanteur espagnol (chez Gallimard), avec Carlos Hernandez sur  Le rêve de Dali (chez 21g), avec Elsa Brants sur l’oeuvre de Rumiko Takahashi (qui présidera cette année le festival d’Angoulême) et avec Jean-David Morvan sur l’album jeunesse Irena t.5 (chez Glénat). On note également un article sur la fin de Walking Dead (T. 33, Épilogue, par Robert Kirkman & Charlie Adlard, chez Delcourt).

Dans le cahier critique je remarque le tout dernier Naoki Urasawa, Asadora ! t.1 chez Kana (Top! “Urasawa démontre une nouvelle fois toutes ses qualités d’écriture et de mise en scène dans un premier volume qui s’annonce très prometteur”) ainsi que les deux premiers tomes de Jujutsu Kaisen, par Gege Akutami chez Ki-oon (Super, un shonen supernaturel par “un jeune mangaka qui publie son premier récit en France (…) c’est bien écrit et dialogué, les personnages secondaires sont intéressants et la mise en scène nerveuse à souhait”).

Un numéro informatif mais qui n’offre rien de trop excitant… stars-3-0

Capsules

Solaris #213 (Hiver 2020 / v. 45, #3)

Solaris213_C1-253x400J’ai déjà introduit Solaris, un périodique québécois de science-fiction et de fantastique, alors que je commentais son numéro 198 et j’ai, plus récemment, fait une entrevue-capsule avec le coordonateur de la revue, Jonathan Reynolds. Je regrette toutefois de ne pas en avoir parlé plus souvent, car elle nous offre en deux volets une fenêtre privilégiée sur la SF&F francophone (dont la SFFQ). D’une part, grâce aux courtes nouvelles qui y sont publiées, nous pouvons nous tenir à jour sur ce qui s’écrit dans le genre des littératures de l’imaginaire et aussi découvrir de nouveaux auteurs. D’autre part, grâce à ses articles et commentaires de lectures, nous obtenons une assistance précieuse pour comprendre la mécanique des genres et choisir les titres les plus intéressants à lire. C’est un outil indispensable à tout amateur de SF et de fantastique, d’autant plus qui n’y a plus beaucoup de périodiques francophones sur ces sujets (au Québec: Brins d’éternité, en France: principalement Bifrost, Galaxies, ReS Futurae [Sources: Ent’revues, nooSFere, Skop]).

Dans le volet fiction, ce numéro nous offre d’abord six histoires courtes:

  • “Chasseuse de soleil”, par Chloé Jo Bertrand. Ce texte est le lauréat du Prix Joël-Champetier 2019, décerné à un auteur francophone non-canadien. Dans un futur affligé par un hiver nucléaire qui a recouvert la planète d’une couche nuageuse, une jeune femme parcours l’Europe à la recherche du soleil. C’est un super beau récit, bien écrit et captivant. stars-4-0
  • “Monstresse”, par Sylvain Lamur. Une femme enceinte à bord d’un vaisseau spatial fait des cauchemars… C’est bien écrit mais j’ai pas trop compris ce qui se passait… stars-2-0
  • “Parler aux murs”, par Geneviève Blouin. Dans la vague des télé-réalités de rénovation et du mouvement KonMari, on trouve ici un petit récit humoristique où une thérapeute immobilier “parle” aux habitations (et non à leurs occupants) pour améliorer leur bien-être. Amusant sujet et intéressante narration. stars-3-0
  • “Nouvelle Représentation”, par Frédéric Parrot. Les Baïlorms sont une forme d’amibe/céphalopode télépathe en mission de reconnaissance sur Terre. Comme couverture, ils dansent au théâtre  Ludoscole pour le plaisir des humains qui ne se doutent de rien. Mais la représentation tourne mal… Intéressante scènette mais la fin demeure un peu obscure. stars-2-5
  • “Une table vide…”, par Michèle Laframboise. Une petite bande dessinée de deux pages rendant hommage à Joël Champetier, un “auteur accueillant et sympa (…) avec toujours un bon mot pour nous redonner courage.” stars-3-0
  • “Une nouvelle fantastique”, par Hugues Morin. Un homme tente de ressusciter son meilleurs ami mort de la leucémie… Très beau texte en hommage à Joël Champetier (le titre de chaque chapitre fait référence à une oeuvre de Joël). L’écriture est une bonne façon d’affronter le deuil en exprimant nos souhaits et regrets… stars-3-5

Dans le volet documentaire, on retrouve les incontournables Carnets du Futurible (par Mario Tessier) qui abordent cette fois le sujet de “la transmission sans-fil ou la radio en science et en fiction“. En bon historien, le Futurible commence par nous parler de l’invention de la TSF ou de la radio, puis il développe en expliquant comment celle-ci a été anticipée, puis utilisée en fictions, et surtout quelle a été l’importance et les conséquences des développements subséquents: télévision, radar, télécommande, téléphonie cellulaire, bluetooth, wi-fi, RFID, CB, baladodiffusion, radiodrame, radioastronomie, etc. Et, en bon bibliothécaire, le tout est très bien documenté. Tout à fait fascinant ! stars-4-0

Le volet documentaire se poursuit avec les commentaires de lectures (critiques) qui se divisent en deux segments: l’un consacré aux ouvrages publiés au Québec (“Les Littéranautes”) et l’autre aux ouvrages publiés ailleurs (“Lectures”). Sur la trentaine ouvrages commentés (voir le sommaire en ligne pour la liste), je remarque surtout Oshima (Serge Lamothe, Alto), GEIST: Les héritiers de Nikola Tesla (Sébastien Chartrand, Alire), Pierre-de-vie (Jo Walton, Lunes d’encre), Trois Hourras pour Lady Evangéline (Jean-Claude Dunyach, L’Atalante), Or et Nuit (Mathieu Rivero, Les Moutons électriques), Le Temps de la haine (Rosa Montero, Métailié), et The Empire of Corpses (Project Ito & Toh Enjoe, Pika Roman, à ne pas confondre avec la version manga).

Comme je l’ai mentionné par le passé, je trouve dommage que les commentaires de lectures ne soient pas accompagnés d’un système de pointage (rating) numérique ou étoilé qui permettrait aux lecteurs d’avoir une idée immédiate et précise de ce que le critique pense de l’ouvrage qu’il commente. C’est une façon succincte pour le commentateur de résumer son évaluation comparative de l’intérêt (le sujet), de la qualité (technique d’écriture) et de la performance (divertissant ou non) du texte critiqué. C’est sans doute une politique éditorial raisonnée mais je suis en désaccord…

Solaris se présente dans un intéressant format de poche qui offre un contenu hybride entre une revue et une anthologie (Solaris se proclame d’ailleurs comme étant “l’anthologie permanente des littératures de l’imaginaire”). Personnellement, je n’aime pas trop lire des nouvelles (histoires courtes) car quand on viens à peine de se familiariser avec les personnages, le sujet et le monde où le récit se déroule, c’est déjà fini… Par contre, je comprend bien l’importance de ce format pour les auteurs (débutants ou pros) qui veulent fourbir leur talent ou expérimenter avec un genre ou des idées. Il faut bien que ces textes là soient publiés quelques parts et c’est pourquoi des revues comme Solaris sont essentielles à la bonne santé d’une littérature, quelle qu’elle soit. Toutefois, moi, je préfère lire Solaris pour ses articles et commentaires de lectures. En ce sens, la revue joue un rôle tout aussi essentiel d’aide au lecteur.

Comme toute revue, le contenu est plutôt inégal d’un numéro à l’autre. Dans ce cas-ci je suis un peu déçu car on ne retrouve que deux très bon ou excellent textes et un seul article (quoique le Futurible est toujours constant dans son excellence) — et rien sur le cinéma ou la BD. C’est la dure réalité économique des revues papiers qui sont limités par l’espace du contenu ou leur périodicité. Toutefois, ce numéro reste une très bonne lecture: divertissante, intéressante, enrichissante et qui offre quelques découvertes aux lecteurs avides de littératures de l’imaginaire… À lire absolument si vous en êtes.

Solaris #213, collectif édité par Jean Pettigrew et coordonné par Jonathan Reynolds. Lévis: Publications bénévoles des littératures de l’imaginaire du Québec, janvier 2020 (trimestriel: Hiver). 162 pages, $C 13.95, ISSN 0709-8863. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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Capsules

Entrevue capsule: Jonathan Reynolds

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Voici la seconde des trois entrevues-capsules que j’ai réalisé avec des auteurs de SFFQ au Salon du Livre de Montréal en novembre 2019. 

Les entrevues-capsules sont de mini-entrevues avec des auteurs (surtout de science-fiction) de chez nous. Le principe de ces entrevue est de s’en tenir à deux ou trois questions de base (qui êtes-vous, que faites-vous, etc.) et que l’entrevue ne dure pas plus que deux à cinq minutes. Cela doit être compacte et bien se digérer!

Jonathan Reynolds est un prolifique jeune auteur qui se spécialise surtout dans la littérature d’horreur québécoise. Il a co-fondé la maison d’édition Les Six Brumes en 2001, a publié de nombreux livres (particulièrement aux Éditions Z’ailées) et est coordonateur de la revue Solaris depuis le numéro 195 en 2015 (j’ai déjà commenté par le passé sur ce magazine fondamental de la SFFQ). Les Éditions Alire publierons son roman fantastique Abîmes au printemps 2020. Vous pouvez en apprendre plus sur lui en consultant son blogue ou son site d’auteur

( video aussi disponible sur Vimeo )

Entrevues à venir: avec Yves Meynard (Chrysanthe 2. Le Prince rebelle).

Autres entrevues-capsules disponibles: Catherine Sylvestre/Francine Pelletier et Sébastien Chartrand.

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Entrevue capsule: Sébastien Chartrand

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Tel que promis, voici la première des trois entrevues-capsules que j’ai réalisé avec des auteurs de SFFQ au Salon du Livre de Montréal en novembre 2019. 

Sébastien Chartrand est un jeune auteur à surveiller. Après sa trilogie du “Crépuscule des Arcanes” (L’Ensorceleuse de Pointe-Lévy, La Voyante des Trois-Rivières, et Le Sorcier de l’île d’Orléans), il passe de la fantasy historique à de la SF (une SF qui fait dans l’uchronie et le steampunk — ou plutôt de l’électropunk!) avec Geist: Les héritiers de Nikola Tesla, une des parutions de l’automne chez les Éditions Alire. (Sur son blogue vous pouvez faire une visite virtuelle de son bureau / cabinet de curiosité !)

( cette video est aussi disponible sur Vimeo )

Entrevues à venir: avec Jonathan Reynolds (auteur et coordonateur de la revue Solaris) et Yves Meynard (Chrysanthe 2. Le Prince rebelle).

Autres entrevues-capsules disponibles: Catherine Sylvestre / Francine Pelletier

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SDL 2019 : Jour 2

Samedi, lancement de Solaris #212

Je suis retourné au Salon du Livre de Montréal (SDL) samedi après-midi pour une visite entièrement consacrée aux littératures de l’imaginaire (autrement connues comme la SFFQ). Au kiosque d’Alire, on lançait de 18h à 19h le numéro 212 de la revue Solaris. L’achalandage du salon était beaucoup plus élevé que ma première visite de mercredi (le fait que la Parade du Père Noël avait eut lieu un peu plus tôt au centre-ville y était peut-être pour quelque chose).

[ SDL, samedi après-midi, 2019/11/23, vers 16h18 ]
>> Voir l’avertissement concernant les photos/vidéos <<

Quand je suis arrivé au kiosque d’Alire, Ariane Gélinas (Quelques battements d’ailes avant la nuit) et Sébastien Chartrand (Geist: Les héritiers de Nikola Tesla) terminaient leur séances de signatures. Ils ont été remplacé par Lionel Noël (Halifax Express), Yves Meynard (Chrysanthe 2. Le Prince rebelle) et Rick Mofina (Dernière Limite), puis, un peu plus tard, par Natasha Beaulieu (lauréate du Prix Solaris 2019 pour “Ici”, parue dans Solaris #211). 

CatAlire2019-20J’ai mis la main sur le dernier catalogue de parution (2019-2020) et j’ai profité de moments d’accalmie entre les séances pour faire des entrevues-capsules avec Sébastien Chartrand, Jonathan Reynolds (auteur et coordonateur de Solaris) et Yves Meynard (que je mettrai en ligne au fur et à mesure que j’en complète le montage). Évidemment, les gros titres de l’automne sont surtout le dernier Jean-Jacques Pelletier (On tue…, un polar) et le dernier Patrick Senécal (Ceux de là-bas, du fantastique). Mais je crois qu’il faut aussi mentionner le dernier Sébastien Chartrand (Geist: Les héritiers de Nikola Tesla), qui m’intrigue beaucoup personnellement car, après sa trilogie du “Crépuscule des Arcanes”, il passe de la fantasy historique à de la SF qui fait dans l’uchronie et le steampunk (ou plutôt l’électricpunk!). 

Je regrète toutefois, d’une part, d’avoir manqué les séances de signature de Éric Gauthier, Francois Lévesque, Jean-Jacques Pelletier et Patrick Senécal un peu plus tôt en après-midi, et de ne pas avoir pris de photos de MM. Mofina et Noël… Cela aurait été intéressant aussi de pouvoir faire des entrevues avec tout ce beau monde… mais, bon, le temps était limité et je ne suis pas encore tout à fait à l’aise comme intervieweur (je ferai sûrement plus d’entrevues à Boréal…).

[ un premier tour du kiosque d’Alire, vers 17h54 ]

Solaris212_VG-255x400Évidemment, le traditionnel 6 à 7 de Solaris, où on lance la dernière mouture (cette fois-ci le #212), n’est qu’un prétexte pour permettre aux lecteurs de la revues, aux auteurs et aux amateurs de SFFQ de se rencontrer, de discuter et partager leur passion. C’était très informel, sans discours, autour d’une coupe de vin rouge. Le numéro d’automne de Solaris, le #212, nous offre cinq nouvelles (“Manifeste 2113” par Frédéric Parrot, “Le vieillard, l’enfant et la cuillère pensante” de Denis Roditi, “Mémoire vive” de Étienne-Janosik Desforges, “Écho perdu” par Geneviève Blouin et “Eau et Diamant” par Derek Künsten), deux articles (“Albert Robida : de la satire de la science à la science-fiction” par Julien Chaffour et “Les Carnets du Futurible: À nous l’infini, ou ls visages de la philosophie cosmiste” par Mario Tessier) et de nombreux commentaires de lecture (voir le sommaire du numéro pour les détails). Comme d’habitude cette “anthologie permanente des littératures de l’imaginaire” est une superbe lecture…

[ lancement du Solaris #212, vers 18h16 ]

J’avais promis à Jonathan Reynolds que je ferais le “photographe officiel” de l’événement. Poursuivant mon projet de faire découvrir et connaître les multiples “Visages de la SFQ” je me suis donc mis à la tâche. Je n’ai toutefois pris qu’une trentaine de clichés…

À venir: les entrevues…

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SDL 2019 : Jour 1

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Mercredi, à la découverte du salon

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Plan du salon

Comme toute les années depuis que j’ai l’âge de raison, je suis aller faire mon tour au salon du livre de Montréal mercredi soir. C’était gratuit pour tous alors il y avait foule (mais c’était tout de même beaucoup plus calme que dans l’après-midi). Comme à mon habitude j’ai déambulé dans un sens puis dans l’autre afin de pouvoir jeter un œil sur un maximum de nouveautés. Bien sûr il y trop de beaux livres pour tout voir alors j’ai surtout porté attention aux kiosques des diffuseurs de BDs et de mangas (Interforum, Flammarion, Hachette et La Boîte). Par le passé le salon était surtout composé de rangées de petits kiosques où chaque éditeurs présentait ses produits mais avec le temps, les éditeurs se sont rassemblés dans l’espace des diffuseurs / distributeurs qui devenaient de plus en plus gros chaque années. A un point ou s’était difficile de déambuler dans le salon en suivant le quadrillage des allées car ces gros kiosques obstruaient la circulation. Je dois dire que cette année le plan du salon a grandement été amélioré et la circulation en était grandement facilitée.

[ SDL, mercredi soir, 2019/11/20, vers 17h44 ]
>> Voir l’avertissement concernant les photos/vidéos <<

Comme le mentionne le communiqué de presse, “la mission première du Salon est de promouvoir le livre et le plaisir de la lecture comme biens culturels dans la société québécoise.” La thématique annuelle est “se raconter” et elle se décline autour de la poésie, du conte, des littératures de l’imaginaire, du polar et de sous-thématiques comme l’environnement, la parentalité, la diversité, la technologie, etc. De nombreuses initiatives et évènements étaient organisés dans le cadre du salon. De plus, le salon innovait avec la présence de deux kiosques thématiques: l’un sur un quartier de la ville (St-Michel) et un sur un pays invité (l’Ukraine). Finalement, cette année, les invité(e)s d’honneur étaient Enki Bilal, Fanny Britt, Jean-Paul Daoust, Tristan Demers, Antonine Maillet, Andrée Poulin, Sheila Watt-Cloutier et Webster.

D’abord, je note encore l’absence des bibliothèques de Montréal au salon, qui ratent l’occasion idéale de promouvoir la lecture dans les bibliothèques. La bibliothèque de St-Michel a bien sûr fait quelques animations dans la cadre du “quartier invité” mais les bibliothèques auraient pu faire tellement plus que cela. C’est très décevant…

IMG_6660J’avais deux grands objectifs au salon cette année. D’abord, rencontrer Enki Bilal. Malheureusement, toutes ses apparitions au salon (séances de signature, conférences, etc.) se sont retrouvées en conflit d’horaire avec d’autres engagements et je n’ai pu voir que son espace de signature vide… Très frustrant. 

9782356740748_largeAussi, je désirais mettre la main sur la dernière bande dessinée de Philippe Gauckler, Kébek, t. 1: L’éternité publié aux Éditions Daniel Maghen. Il s’agit d’une adaptation du roman La nuit des Temps de René Barjavel, que j’ai lu et adoré étant ado. J’ai envoyé un courriel à l’éditeur pour connaître qui était leur diffuseur au Québec et si leurs titres seraient présent au salon. Je n’ai reçu aucune réponse, alors j’ai dû faire ma petite enquête… Je suis d’abord allé voir l’un des plus gros diffuseurs de BDs et j’ai demandé s’ils distribuaient les Éditions Daniel Maghen. On me réponds “C’est pas nous mais je crois que c’est Dimedia.” Je vais donc voir Dimedia et on me réponds “C’est plus nous mais je ne me souviens pas qui est le nouveau diffuseur…” (Hum, oui, bien sûr…). J’essai encore deux autres diffuseurs avant de finalement découvrir que c’est Interforum qui distribue les Éditions Daniel Maghen. Malheureusement, le changement de diffuseur s’est fait trop récemment et ils n’ont pas encore reçu de stock. Donc aucun exemplaires au salon. Grosse déception. C’est tout de même étonnant qu’un livre sortie à la fin août en Europe ne soit toujours pas disponible au salon !! Heureusement, on me dit que le Gauckler devrait être disponible en librairie imminemment (en fait, il semble déjà l’être chez Renaud Bray, Archambault). En ligne, il n’est pas disponible chez Amazon.ca mais on le retrouve chez Les Libraires (qui dessert les ventes en ligne des librairies Raffin, Planète BD et Monet; on l’indique disponible depuis le 1er novembre !). À ce prix là ($37.95, mais tout de même pour 88 pages), je vais probablement le lire en bibliothèque

Dans mes déambulations au salon (et en périphérie), j’ai fait quelques découvertes. D’abord La Pastèque a publié un nouveau “Paul” de Michel Rabagliati (le neuvième de la série): Paul à la maison. Aussi, les Éditions Albert René nous offrent un trente-huitième album pour les soixante ans d’Astérix: La fille de Vercingétorix. Pour l’occasion on retrouve également toute une ligne de sous-produits livresques dont les plus intéressants sont: Les citations latines expliquées et Les vérités historiques expliqués (tous les deux chez EPA et écrits par Bernard-Pierre Molin) ainsi que Les banquets d’Astérix par Thibaud Villanova et Nicolas Lobbestael (chez Hachette, collection Gastronogeek). Glénat a sorti un album commémorant ses cinquante ans d’édition. J’ai également remarqué un nouveau roman par Claude R. Blouin (aussi un spécialiste du cinéma japonais) aux Éditions Mots en toile: Irina Hrabal. Je note également la sortie d’un nouveau Chat du Rabbin (#9: La Reine de Shabbat) et d’un nouveau Yoko Tsuno (#29: Anges et Faucons) !

Finalement, côté manga, j’ai découvert deux titres qui méritent notre attention. D’une part, Ki-oon publie une autre adaptation d’un chef d’oeuvre de Lovecraft par Gou Tanabe, c’est fois il s’agit de Dans l’abîme du temps (un seul volume de 368 pages). D’autre part, j’ai découvert chez Bayard Jeunesse une collection qui nous raconte L’Histoire en manga (mes deux sujets favoris!): v.1 Les débuts de l’humanité, v.2 L’antiquité grecque et romaine, v.3 L’Inde et la Chine antiques, v.4 D’Attila à Guillaume le Conquérant, v.5 De l’empire mongol à la Guerre de Cent ans, v.6 La Renaissance et les grandes découvertes, v.7 L’Histoire en Europe de la Reine Elisabeth à Napoléon. J’ai bien hâte de lire tous cela.

J’essaierai de commenter la plupart de ces titres dans les prochaines semaines (ou mois). Je ferai aussi une autre visite au salon samedi pour le lancement du numéro 212 de Solaris au kiosque d’Alire. J’ai l’intention d’y prendre de nombreuses photos et de faire quelques entrevues. Gardez un oeil sur cette page (Watch this space, comme ils disent en anglais!).

Le salon du livre de Montréal s’est donc tenu à la Place Bonaventure du 20 au 25 novembre, 2019. L’année dernière, le salon avait annoncé qu’il déménageait au Palais des Congrès mais, n’ayant pas réussi à obtenir les dates désirées, le SDL est demeuré à la Place Bonaventure pour 2019. Toutefois, il faut dire adieu à la Place Bonaventure, car cette fois c’est bien vrai, le salon aura lieu au Palais des Congrès l’an prochain. La raison de ce déménagement n’est pas très claire (manque d’espace? travaux de rénovations à la Place Bonaventure?), mais, bon, on verra bien de quoi cela a l’air l’an prochain…

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SDL: Entrevue capsule avec Francine Pelletier

entete-communique-02-300x148Dans le cadre du Salon du livre de Montreal 2018, je voulais faire une série de mini (capsules) entrevues avec des auteurs (surtout de science-fiction) de chez nous. Malheureusement, l’ambiance sonore du salon n’était pas adéquate pour des entrevues, alors celles-ci ont été faite hors-site. Le principe de l’entrevue capsule est de s’en tenir à deux ou trois questions de base et que l’entrevue ne dure pas plus que trois à cinq minutes. Cela doit être compacte et bien se digérer!

Voici donc la première de ces entrevues capsules, réalisée avec Francine Pelletier. Pour en savoir plus sur cette auteure de science-fiction — à ne pas confondre avec la journaliste homonyme — et de polar (sous le pseudonyme de Catherine Sylvestre) vous pouvez consulter sa bio/bibliographie sur le site des Éditions Alire ou sur Wikipedia.

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Capsules

Fanzine reminiscence

Like most people, I had many different periods in my life, each corresponding with the major activity or fancy of a specific era. I had my “childhood” period (spent stupidly frolicking, questioning the universe and learning to be a decent human being—of which I have very little recollection), my “academic roman” period (where I worked on my Master degree and PhD in roman history dedicated to an obscure roman emperor and the impression that was left of him through a biographical compilation), my “SFQ” period (where I published — in collaboration with a few friends — a fanzine on Quebec Science Fiction, as well as a few anthologies and short stories compilation), my “anime & manga” period (where I published a fanzine-turned-magazine about Japanese popular culture, as well as a translated filmography of the first thirty years of anime in Japan) and, finally, my “library” period (where, as a library underling, I do my best to help promote the love for books and knowledge). I am proud of everything I’ve done, but sometime I feels like my curriculum reads as a list of failures…

Samizdat16

Cover #16, by Pierre D. Lacroix

I was recently googling to kill time and ended up searching entries about my old SFQ fanzine, Samizdat. That’s the period of my life where I think what I wrote, published or did had the least impact on the universe. However, I was surprised to discover it was mentioned in quite many places. Of course, it is one thing to have SFQ insiders like Yves Meynard, Jean-Louis Trudel or Claude Janelle mentioned it when they talked about the history of the genre in Quebec, but I was impressed to see it mentioned in a couple of British academic publications like Science Fiction Rebels by Mike Ashley (Oxford University Press) [Amazon, see extract bellow] or New Directions in Popular Fiction edited by Ken Gelder (Palgrave/MacMillan) [Amazon, extract].

Science Fiction Rebels by Mike Ashley

Science Fiction Rebels by Mike Ashley, p. 342 [ actually, it ran for 25 issues until November 1994 ]

Now, I am more proud of that work and, maybe, those years (the “good old time”, like I was recently reminiscing with Yves at the book fair) were not wasted after all. I feel better already. Like Hippocrates said, Ὁ βίος βραχύς, ἡ δὲ τέχνη μακρή, or, to quote Horace, Exegi monumentum aere perrennius ! 😉

All I need now is my own entry on Wikipedia !

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Découvertes de janvier

Que ce soit en déballant des boites de nouveautés à la bibliothèque, en bouquinant dans une librairie ou en parcourant les nombreux dédales de l’internet je fais souvent la découverte de nouveautés littéraires qui m’avaient jusqu’alors échappées. Et généralement, je m’empresse de les partager avec vous.

Dans ce cas-ci, j’ai découvert le premier titre grâce à une entrée sur la page facebook de l’auteure. Les deux autres, je les ai découvert en feuilletant le dernier numéro du magazine Animeland. Le dernier je l’ai découvert sur le site de l’éditeur

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Boréal 2018

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Boréal est de retour à Montréal pour son édition 2018! Le congrès québécois des littératures de l’imaginaire se tiendra du 4 au 6 mai 2018 au Temple Maçonnique de Montréal (2295 Rue Saint-Marc, près du métro Guy-Concordia). Le thème de la rencontre sera “Rétro/Futur” et les invités d’honneur seront Sabrina “David” Calvo, Martine Desjardins et Patrick Senécal. S’y ajouteront quelques invités spéciaux: Séléna Bernard, Jonathan Brassard, Isabelle Gaudet-Labine et Ariane Gélinas. Vous pouvez obtenir plus de détails et vous inscrire sur le site du congrès. Jusqu’au 1er avril, les inscriptions pour la fin de semaine complète sont en pré-vente à prix forfaitaire (Général: $35; Étudiant: $20; Soutien: $50; Enfants de moins de 12 ans: gratuit! Payable par PayPal ou carte de crédit). Au plaisir de vous y voir!

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Solaris #198

Solaris est un périodique québécois de science-fiction et de fantastique qui s’inscrit dans une longue tradition.

Fondé en septembre 1974 par Norbert Spehner (un des grands anciens de la SFFQ), il a d’abord arboré le nom de Requiem, ce qui lui donnait un ton plus fantastique que sf. Avec le numéro 28 (aout-sept 1979) le nom change pour Solaris et Spehner (en grand calembourlingueur) ne donne pour seule justification que “parce que je LEM.” Le fardeau de la rédaction passe à Élisabeth Vornarburg avec le numéro 53 (automne 1983), puis à Luc Pomerleau avec le numéro 67 (mai-juin 1986). Si le zine passe à l’ère informatique avec le numéro 60 (mars-avril 1985), son apparence ne s’améliore qu’avec le numéro 73 (mai-juin 1987) et il ne prendra vraiment une allure de pro-zine qu’avec le numéro 87 (oct 1989, spécial 15e anniversaire). La rédaction passe finalement à Joël Champetier avec le numéro 100 (printemps 1992) et il occupera le poste jusqu’à peu de temps avant sa mort en mai 2015. Pascal Raud l’assistera en temps que coordonatrice dès le numéro 181 (Hiver 2012 — et assurera ensuite l’interim durant sa maladie). Sous l’égide des ÉditionsAlire, Solaris prends un format livre de poche (13.5 x 21 cm) avec le numéro 134 (Été 2000). Il se concentre alors sur l’aspect littéraire: le volet BD disparait et la chronique “Sci-néma” déménage sur le site internet de la revue (cette dernière chronique reviendra cependant dans les pages de Solaris avec le numéro 185 en Hiver 2013). Depuis le numéro 196 (Automne 2015) la coordination des revues (Solaris et Alibi, son pendant polar) est maintenant assuré par Jonathan Reynolds.

La magazine offre une double détente: d’une part c’est une anthologie permanente des littératures de l’imaginaire francophone qui nous permet, par ses courtes nouvelles, de se tenir à jour dans les courants littéraires de genres et, d’autre part, par ses brillants articles et critiques (je préfère toutefois parler de “commentaires de lecture”), d’y trouver de nombreuses suggestions de lectures pour nous divertir et nous inspirer encore plus.

Le numéro 198 (Printemps 2016) nous offre cinq nouvelles dont les quatre premières partagent la thématique des “femmes étranges”:

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  • “K**l Me, I’m Famous” par Éric Holstein: un journaliste de la scène rock découvre une créature mythique au sein d’un groupe punk. stars-3-5
  • “Le Choix des âmes” par Daniel Birnbaum: derrière chaque grand scientifique il y a une femme prète à se sacrifier pour la science. stars-3-0
  • “Elle” par Jérémie Bourdages-Duclot: un étudiant membre d’une équipe de football collégiale réputée est obscédé par le sexe. Fasciné par une belle femme qu’il a croisé semble-t-il par hasard, il découvrira qu’il y a des prédateurs plus féroce que lui… stars-3-5
  • “Prestance” par Samuel Lapierre: un veuf tombe amoureux d’un mannequin-robot dans la vitrine d’une boutique de mode. Sa perversion le mènera à la ruine. stars-3-0

La cinquième nouvelle, “Tempus fugit” par Mario Tessier, est un texte à part. C’est une intéressante histoire de hard-science mais trop succincte et qui demeure tout de même un peu décevante pour ceux qui connaisse cet auteur. Il évoque un peu la SF classique des débuts d’Asimov. Le récit est un peu précipité et fourni simplement le prétexte pour décrire un organisme extra-terrestre cristalo-végétal quasi immortel. En fait, la nouvelle sert surtout d’introduction à l’article du “Futurible” qui lui fait suite. stars-2-5

Dans ce numéro, “Les Carnets du Futurible” (publié dans Solaris de façon quasi-ininterrompue depuis le numéro 153 — sauf dans le numéro 172 à l’Automne 2009 — ce qui fait de cet article le quarante-cinquième épisode de la série) est consacrés aux plus vieux organismes vivants. Comme le sont toujours les articles des “Carnets du Futurible”, cet article est tout à fait fascinant.

L’article suivant est tout aussi intéressant. Il s’agit de la traduction de la première partie d’un article de Jonathan McCalmont (originalement publié en anglais sur son blog Ruthless Culture). Intitulé “Lacheté, paresse et ironie: comment la science-fiction a perdu le futur” l’article se questionne sur les causes de l’épuisement du genre en prenant comme point de départ des commentaires du critique Paul Kincaid. Est-ce que cela a à voir avec le fait que le monde change si vite que les auteurs de SF n’essaient même plus de prédire l’avenir dans leurs histoires? Ou est-ce lié au brouillage délibéré (et bizarre) entre les différents genres? Ou au fait que de plus en plus des auteurs dits “mainstream” empiètent sur les littératures de l’imaginaire?

Christian Sauvé nous offre une fois de plus une excellente chronique “Sci-néma” où il traite de films sur la post-humanité (robots & A.I.) tels que Terminator: Genisys, Big Hero 6, Transcendence, Chappie et Ex Machina. Il note également que la hard science, jusqu’alors pratiquement absente du grand écran, commence a y être une thématique de plus en plus fréquente et il cite The Martians en exemple. Il ajoute que, ces derniers temps, les films de fantasy à grands budgets font piètre figure (City of Bones, Seventh Son, et Winter’s Tale) mais que les films d’horreur innovent (Horns, Unfriended, It Follows).

La chronique des “Littéranautes” offre des commentaires de lecture sur la littérature de l’imaginaire québécoise: Les Clowns vengeurs: Allégeances (par Nadine Bertholet et Isabelle Lauzon, chez Porte-Bonheur), Écorché (par Ariane Gélinas, Pierre-Luc Laurence et Jonathan Reynolds, chez La Maison des viscères), et La Peau du Mal (par Corinne De Vailly, chez Recto-Verso).

Finalement, Solaris se conclu avec la chroniques des “lectures” qui commente le reste: L’Héritage des Rois-Passeurs (par Manon Fargetton, chez Bragelonne), Hamlet au paradis (par Jo Walton, chez Denoël), La Santé par les plantes (par Francis Mizo, chez ActuSF), Dimension merveilleux scientifique (une anthologie compilée par Jean-Guillaume Lanuque, chez Rivière Blanche), Zombie Nostalgie (par Øystein Stene, chez Actes Sud), Frankenstein (par Michel Faucheux, chez L’Archipel), Fond d’écran: nouvelles et textes courts (par Terry Pratchett, chez Atalante), Au-delà du Réel: L’Avenir du Futur (par Didier Liardet, chez Yris), et Feuillets de cuivre (par Fabien Clavet, chez ActuSF). Personnellement, je préfère quand les commentaires de lecture ont une appréciation quantifiée (système de points ou d’étoiles), mais je crois qu’ici c’est une décision éditoriale de ne pas en avoir.

C’est bien d’avoir des chroniques qui ne traitent pas seulement de l’aspect littéraire de la science-fiction. Mais en plus du cinéma, ce serait intéressant d’avoir aussi une petite chronique BD (cela fait des eons qu’il n’y en pas eu dans Solaris).

Malgré que son attrait principal demeure l’aspect anthologique, je dois avouer que je lis Solaris surtout pour ses excellents articles. Avec une telle diversité, tous les lecteurs y trouveront certainement leur intérêt. À lire.

Solaris #198 — Printemps 2016, Vol. 41, no 4 [Collectif dirigé par Jean Pettigrew, Pascale Raud, Daniel Sernine, Élisabeth Vonarburg, et coordonné par Jonathan Reynold]. Lévis, Publications bénévoles des littératures de l’imaginaire du Québec, avril 2016. 160 p. $12.95. ISSN 0709-8863. Abonnement d’un an: $40.00 (Canada), $35.00 (USA) et $63.00 (autres). stars-3-5

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