Images du mer-fleuri [002.021.286]

Fraxinus americana 

[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/10/09]

Il n’y a pas que l’érable (Acer saccharum, Acer rubrum), le lierre (Parthenocissus quinquefolia, Parthenocissus tricuspidata) ou le vinaigrier (Rhus glabra, Rhus typhina) qui offrent de belles couleurs rouges à l’automne dans le parc. J’y ai également observé cet arbre qui déployait un panache flamboyant. Je me suis demandé ce que c’était et, après quelques recherches, j’ai découvert avec surprise qu’il s’agissait d’un Frêne blanc (appelé en anglais “white ash”). C’est la même variété d’arbre que j’ai devant ma maison et il ne donne jamais de telle couleurs! Évidemment, il s’agit d’un cultivar différent: le ‘Autumn Purple’.

Comme c’est le cas de la plupart des fleurs que je vous présente (Surprenant n’est-ce pas?), cet arbre  fait partie de la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), de la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), et de la sous-classe des Asteridae (ou Compositae). Toutefois, la parenté s’arrête ici car cette plante ligneuse appartient à l’ordre des Scrophulariales (qui regroupe douze familles; dans la classification APG c’est l’ordre des Lamiales), à la famille des Oleaceae (qui inclut près d’une trentaine de genres où se répartissent neuf-cent espèces comme l’olivier, le jasmin ou le lilas) et au genre Fraxinus (qui regroupe une soixantaine d’espèces).

Les frênes sont caractérisés par une écorce rugueuse, des feuilles composées pennées, et des fruits produits en grappes de samares simples. C’est une espèce dioïques, c’est-à-dire monosexué, et chaque arbre est soit mâles (staminées), soit femelles (pistillées). Il peut atteindre de dix à vingt mètre de haut, vivre près de deux-cent-cinquante ans, et servir d’écosystèmes à de nombreux organismes. Il est d’ailleurs très vulnérable à l’agrile du frêne. Comme c’est un bois dur et dense  il est prisé en parquèterie, en ébénisterie, ainsi que pour fabriquer des manches d’outils, des battes de baseball, des arcs et même certains instruments de musique. Toutefois, dans des conditions extérieures humides, il pourrit rapidement. Son feuillage a été utilisé pour faire des tisanes et des boissons. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Images du mer-fleuri [002.021.279]

Bellum falsi solis: Heliopsis contra helianthus !

Lorsque je vous ai parlé des Hélianthes l’an dernier, j’ai mentionné qu’il y avait deux espèces dans le parc qui étaient très similaires aux tournesols. J’aimerais y revenir brièvement et profiter de l’occasion pour parader un peu les nouvelles capacités du iPhone 13 Pro (excellente qualité de photo et macro).

[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/10/1 ]

Le premier exemple est la Heliopsis helianthoides (Héliopsis faux-hélianthe aussi appelé en anglais “Oxeye Sunflower” ou “False Sunflower”). Tout comme les hélianthes, cette plante herbacée vivace fait partie de la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), de la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), de l’ordre des Asterales et de la famille des Asteraceae (les fleurs “composées”) mais elle appartient à un genre différent, les Heliopsis (qui inclus environ dix-huit espèces). Originaire d’Amérique du Nord, elle est caractérisée par des feuilles dentées de forme ovale ou lancéolée et par des capitules composites coniques formés à la périphérie de fleurons ligulés jaunes de deux à quatre centimètres (les “pétales”, qui persistent contrairement à ceux du tournesol qui flétrissent et tombent) et au centre de fleurons discaux de couleur jaune ou brunâtre. C’est une plante rhizomateuse qui peut atteindre de quarante à cent-cinquante centimètres de hauteur. Le nom, provenant du grec (helios / soleil et opsis / apparence), signifie d’une part “qui a l’apparence du soleil” et d’autre part (helianthoides) similaire à l’hélianthe. C’est une belle plante ornementale qui attire aussi les papillons. 

[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/10/4 ]

L’Helianthus tuberosus (Topinambour, qui est aussi appelé en anglaisJerusalem artichoke” ou “wild sunflower”), quand à elle, est du même genre que le tournesol, helianthus (où l’on retrouve vingt-quatre espèces et, bien sûr, plusieurs hybrides). Cette plante herbacée vivace peut atteindre de deux à trois mètres de hauteur et est caractérisé par des feuilles lancéolées, dentées et alternes (de dix à vingt-cinq centimètres de long), des capitules plats de cinq à dix centimètres de diamètre formés de dix à vingt fleurons ligulés jaunes (pétales, qui sont plus long que pour l’Héliopsis) en périphérie et de plus d’une soixantaine de fleurons tubuleux jaune-brun au centre, ainsi que par ses rhizomes tubérisés qui ressemblent un peu au gingembre. Elle s’apparente à plusieurs autres variétés d’hélianthes (avec lesquelles elle peut donc être confondue), particulièrement l’Hélianthi (Helianthus strumosus) et le tournesol vivace (Helianthus laetiflorus).

Originaire d’Amérique du Nord, elle a eut un rôle important dans la culture des autochtones qui l’utilisaient comme fourrage et légume. Samuel de Champlain en a fait la découverte lors de ses voyages (voir les citations plus bas) et il la partagea à Port-Royale avec Marc Lescarbot et Jean de Poutrincourt qui ramenèrent cette “truffe du Canada” en Europe après l’échec de la colonie en 1607. Son nom scientifique signifie “fleur de soleil” tubéreuse (du grec hêlios / soleil et anthos / fleur) en référence à ses grandes fleurs jaunes qui évoquent l’astre solaire. Ses noms communs origine tous d’une méprise: le nom français de “Topinambour” résulte d’une association erroné avec la tribu brésilienne des Tupinambas et le nom anglais de “Jerusalem Artichoke” provient de la déformation de girasole, le nom italien du tournesol. 

C’est une belle plante ornementale mais qui est aussi cultivée pour ses tubercules comestibles. Ceux-ci peuvent être consommé cru, fermenté ou cuit et leur saveur s’apparente à l’artichaut. Comme la patate, ils peuvent être pilé ou moulu en farine mais au lieu de l’amidon elles contiennent de l’inuline (un glucide polysaccharides qui n’affecte pas la glycémie mais peu provoquer des flatulences!) et sont riches en vitamines et minéraux. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

“Nous vinsmes mouiller l’ancre jusques à Saincte Croix, distante de Québec de quinze lieues; c’est une poincte basse, qui va en haulsant des deux costez. Le pays est beau & uny, & les terres meilleures qu’en lieu que j’eusse veu, avec quantité de bois, mais fort peu de sapins & cyprès. Il s’y trouve en quantité des vignes, poires, noysettes, cerises, groiselles rouges & vertes, & de certaines petites racines de la grosseur d’une petite noix ressemblant au goust comme truffes, qui sont très-bonnes rôties & bouillies. Toute ceste terre est noire, sans aucuns rochers, sinon qu’il y a grande quantité d’ardoise; elle est fort tendre, & si elle estoit bien cultivée, elle seroit de bon rapport.” [23 juin 1603] — Des sauvages ou Voyages de Samuel Champlain (1603), livre premier, chap. VI (p. 26).

“Le lendemain nous fusmes voir leur habitation avec nos armes, & fismes environ une lieue le long de la coste. Devant que d’arriver à leurs cabannes, nous entrasmes dans un champ semé de bled d’Inde, à la façon que nous avons dit cy-dessus. Il estoit en fleur, & avoit de haut 5 pieds & demy, & d’autre moins advancé, qu’ils sement plus tard. Nous veismes aussi force feves de Bresil, & des citrouilles de plusieurs grosseurs, bonnes à manger; du petum & des racines qu’ils cultivent, lesquelles ont le goust d’artichaut. Les bois sont remplis de chesnes, noyers, & de très beaux cyprés, qui sont rougeastres, & ont fort bonne odeur. Il y avoit aussi plusieurs champs qui n’estoient point cultivez, d’autant qu’ils laissent reposer les terres; & quand ils y veulent semer, ils mettent le feu dans les herbes, & puis labourent avec leurs besches de bois. Leurs cabannes sont rondes, couvertes de grosses nattes faites de roseaux, & par en haut il y a au milieu environ un pied & demy de descouvert, par où fort la fumée du feu qu’ils y font.“ [21 juillet 1605] — Les Voyages du sieur de Champlain (1613), livre premier, chap. VIII (p. 66).

Les extraits cités proviennent de Oeuvre de Champlain, vol. 1 (présenté par G.-É. Giguère). Montreal: Éditions du Jour, 1973. Le texte est également disponible en ligne sur le Project Gutenberg.

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Images du mer-fleuri [002.021.272]

Monarda fistulosa 

[ iPhone 11 Pro, Parc Frédéric-Back, 2019/07/17 & 2021/07/16]

La Monarde sauvage (appelée Wild Bergamot ou “bee balm” en anglais) est une plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Lamiales, à la famille des Lamiaceae (regroupant environ six mille espèces divisées en plus de deux cent genres, incluant plusieurs espèces d’herbes aromatiques comme la menthe, le romarin, la sauge, l’origan, le thym ou la lavande) et au genre Monarda (qui comprend seize espèces). Elle pousse en plusieurs branches dressées d’une hauteur d’environ un mètre et se répand par ses racines (rhizomes) ce qui fait qu’elle forme généralement des bosquets touffus. Elle est caractérisée par des feuilles lancéolées et dentées (longues de deux à huit centimètres) et des belles fleurs (d’une couleur variant entre le rose et la lavande, parfois blanche) qui poussent en grappes compactes et solitaires à l’extrémité de chaque branche (une grappe de quatre centimètres de long peut contenir de vingt à cinquante fleurs!). La floraison se fait de juin à septembre. Son nom fait référence, d’une part, au botaniste espagnol Nicolás Monardes et, d’autre part, à ses fleurs tubulaires et creuses (fistulosus / “en forme de tuyau, creux, poreux”).

La monarde est une plante ornementale appréciée pour ses charmantes fleurs. C’est aussi une plante mellifère qui attire les pollinisateurs (surtout les bourdons mais aussi abeilles, colibris et lépidoptères) et est l’hôte de plusieurs espèces de chenilles ou larves de papillons (Lintneria eremitus, Pyrausta orphisalis, Pyrausta signatalis, Xenotemna pallorana). Elle est également considérée comme une plante médicinale par de nombreuses tribus autochtones d’Amériques (Menominee, Ojibwés, Onneiouts, Pieds-Noirs, Winnebagos) qui l’utilisent en tisane ou en cataplasme pour traiter le rhume, les infections ou les flatulences. Finalement, c’est une plante aromatique utilisé pour son huile essentielle (composée principalement de p-cymène, carvacrol et de thymol). (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

Pour ma part, comme j’ai prise cette photographie dans un parc urbain, j’appellerais cette fleur une monarde urbaine (en hommage à Silverberg). 😉

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Images du mer-fleuri [002.021.265]

Impatiens balfourii 

[ iPhone 11 Pro, VSP, 2021/09/17 ]

J’ai récemment découvert cette plante dans mon jardin. Elle y était par hasard… Par curiosité nous l’avons laissé poussé et je ne le regrette pas du tout puisqu’elle offre de très charmantes fleurs qui s’apparentent un peu aux orchidées.

Il s’agit de la Balsamine de Balfour (appelé en anglais “Balfour’s touch-me-not”, “Poor man’s orchid” ou encore “Kashmir balsam”). C’est une plante herbacée annuelle qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Geraniales (ou Ericales en classification APG), à la famille des Balsaminaceae (qui comprend entre six cent et mille espèces réparties en deux ou quatre genres selon la classification) et au genre Impatiens (qui regroupe la presque totalité des espèces de cette famille puisque le genre Hydrocera n’en inclut qu’une seule). Originaire de l’Himalaya elle est caractérisée par un tige glabre qui se divise en plusieurs rameaux (atteignant 15 à 120 cm de haut), des feuilles alternes, ovales, pointues et dentées (d’environ quatre centimètres de large), et de petites fleurs roses ou lavandes (de 2 cm) qui poussent en grappes de quatre à huit fleurs au dessus des dernières feuilles. La fleur est composée d’un sépale blanc en forme de casque, de deux pétales inférieurs roses avec une touche de jaune à la base et d’un petit éperon. La floraison se fait de juillet à septembre. La dissémination s’effectue lorsque le fruit mûr, en forme de capsule ( de 20 mm), éclate spontanément (déhiscence explosive) et propulse les graines sur une distance d’une dizaine de centimètres à plusieurs mètres. 

La nom de Balsamine provient d’un fait que certaines espèces (comme l’Impatiens balsamina) étaient utilisées pour faire des baumes afin de soigner les blessures. Le nom latin Impatiens (impatient, incapable d’attendre) fait référence à la dissémination explosive de la plante. Le nom de l’espèce rend hommage au botaniste écossais Isaac Bayley Balfour. C’est une plante ornementale cultivée pour ses belles fleurs mais elle se retrouve aussi à l’état sauvage et plusieurs États américains la considère comme une plante envahissante. Elle attire les insectes pollinisateurs comme le bourdon mais aussi les colibris. Les feuilles des Balsamines (aussi appelé en anglais jewelweed, touch-me-not, ou busy lizzie) nourrissent plusieurs espèces d’insectes (dont des lépidoptères et des coléoptères comme le scarabée japonais) mais sont toxiques pour d’autres espèces. Malgré cela les Balsamines, dont certaines espèces contiennent des composés anti-inflammatoires et/ou fongicides, sont utilisées en herboristerie pour traiter les piqûres d’insectes et les dermatites causées par certaines plantes (ortie, herbe à puce, sumacs). Elles sont une composantes de produits comme Preparation H ou des élixirs floraux de Bach. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Images du mer-fleuri [002.021.237]

Asclepias tuberosa 

[ iPhone 11 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/08/25]

En me promenant dans le parc Frédéric-Back j’avais remarqué ces fleurs d’un orange frappant dans la section des Plaines Est mais elles étaient trop loin pour être identifiées. Je croyais alors qu’il s’agissait possiblement d’une variété orangée d’Achillée millefeuille [Achillea millefolium / yarrow]. Dès que cette section du parc a été ouverte, plus tôt cette semaine, je me suis empressé d’aller investiguer pour découvrir, à ma grande surprise, qu’il s’agissait en fait d’une variété d’Asclépiade !

L’Asclépiade tubéreuse (appelée butterfly weed en anglais) est une espèce de plante vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, les plantes à fleurs), la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), l’ordre des Gentianales, à la famille des Asclepiadaceae (qui rassemble environ deux mille espèces réparties en deux-cent-cinquante genres — toutefois, dans la classification phylogénétique elle appartient à la sous-famille des Asclepiadoideae et à la famille des Apocynaceae) et au genre Asclepias (incluant cent-quarante espèces dont la plus connue est l’Asclépiade commune [Asclepias syriaca ou milkweed en anglais]). Ce genre de plante, souvent considérée envahissante, est caractérisé par ses inflorescences en ombelles (dont la couleur varie, selon l’espèce, entre le rose et le rouge pourpre en passant par le jaune-orangé et qui, comme elles sont très nectarifères, attirent de nombreux pollinisateurs — particulièrement les papillons comme le Monarque / Danaus plexippus dont la chenille se nourrit des feuilles), ses fruits en forme de cosses (des follicules qui contiennent des aigrettes blanches et soyeuses à laquelle sont attachées les graines que le vent disperse lors de son ouverture à la fin de l’été) et le latex qu’elle produit (qui contient 1 ou 2% de caoutchouc mais surtout des alcaloïdes, des terpènes et des cardénolides qui rendent cette plante toxique pour le bétail et les humains car elle peut affecter le coeur ou causer une réaction allergène). Le nom provient du grec (Ἀσκληπιός / Asklêpiós, le dieu grec de la médecine) et fait référence à ses propriétés phytothérapeutiques (utilisées jadis par les autochtones d’Amériques). De nos jours elle est surtout utilisé pour ses fibres soyeuses qui servent à produire de l’isolant, de la rembourrure ou du textile.

L’asclepias tuberosa, quant à elle, se distingue par ses fleurs d’un jaune-orangé éclatant, ses feuilles lancéolées disposées en alternance (remontant en spirale sur la tige, contrairement à l’Asclepias lanceolata dont les feuilles sont disposées en opposition ou à l’Asclepias syriaca dont les feuilles sont plus larges) et ses fruits fusiformes dressés (alors que les fruits de l’Asclepias syriaca sont beaucoup plus charnus). Au Québec, c’est une espèce rare et protégée en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. (Sources: Wikipedia, Espace Pour La Vie, Asclépiades indigènes du Québec, MEQ)

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Images du mer-fleuri [002.021.230]

Tanacetum parthenium 

[ iPhone 11 Pro, de horto suo, 2021/08/13]

Je vous ai déjà amplement entretenu de la camomille (l’an dernier et la semaine dernière), mais j’aimerais ajouter quelques détails sur la Grande Camomille (qu’on appel parfois chrysanthème en français ou feverfew en anglais). Comme les autres camomilles cette espèce appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae), la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), l’ordre des Asterales, et à la famille des Asteraceae (ou Compositae). Le genre Tanacetum (dont l’origine du nom est inconnue) inclue plus d’une centaine d’espèces de tanaisies (comme la Tanacetum vulgare [Tanaisie / tansy] ou la Tanacetum balsamita [menthe-coq ou tanaisie des jardins / costmary]), de pyrèthres (comme la Tanacetum cinerariifolium [Pyrèthre de Dalmatie / Dalmatian chrysanthemum]), et de camomilles. C’est l’une des trois espèces de camomilles qui a des propriétés médicinales (avec la Matricaria chamomilla et la Chamaemelum nobile). Ce qui la distingue de la Matricaria chamomilla (ou Petite camomille) c’est qu’elle est vivace (au lieu d’être annuelle), elle se développe en plusieurs tiges (et non une seule tige ramifiée) et que ses feuilles sont bipennées en trois à six segments larges (ce qui fait que le feuillage ressemble plus à celui du chrysanthème qu’à celui des camomilles). Selon les botanistes elle a tour à tour été classé dans quatre genres différents avec des noms comme Chrysanthemum parthenium (d’où le fait qu’on l’appelle parfois Chrysanthème — la similitude de leur parfum en est une autre raison), Leucanthemum parthenium, Matricaria parthenium (Grande camomille), et Pyrethrum parthenium (Pyrèthre doré). Le nom latin de l’espèce provient du grec παρθενιον (parthenion / “virginité”). 

Dès l’antiquité elle est considérée comme une plante médicinale. Elle est mentionné par le botaniste grec Dioskoridês (Peri hulês iatrikês / De materia medica 3, 150) et le naturaliste romain Plinius (Historia Naturalis 21, 104 — voir ci-bas pour le texte complet). Ce dernier dit que “le parthénium leucanthès (…) pousse dans les bordures des jardins, a une fleur blanche, une odeur de pomme et un goût amer”. Il la recommande en bain de siège contre les inflammations de la matrice et en cataplasme (?) pour tirer la bile noire soulageant ainsi les vertiges (migraines?) et les calculs. De nos jours elle est utilisé surtout en tisane et pour son huile essentielle qui contient des lactones sesquiterpéniques (surtout le parthénolide), des monoterpènes (principalement le camphre et l’acétate de bornyle) et des flavonoïdes (tels que quercétine, apigénine, lutéoline, chrysoériol, etc.). Sans véritables études cliniques, on lui attribut des effets anti-inflammatoire ainsi que sur la prévention des céphalées et des dysménorrhée. L’inhibition des prostaglandines et des spasmes des muscles lisses vasculaires aideraient donc a prévenir les migraines. Toutefois, comme les autres camomilles, elle est contre-indiquée aux femmes enceintes, peut causer des réactions allergiques ou interagir avec les anticoagulants et les nombreux médicaments qui sont métabolisés par le foie (comme les NSAIDs).

Sous prétexte que cela soignait les migraines ma femme a insisté pour que je mange des feuilles de grande camomille. Je les ai recraché aussitôt ayant eut l’impression d’avoir mordu dans un flacon de Vicks VapoRub ! Outre l’extrême amertume, le goût très désagréable provient probablement à la haute teneur en camphre de la feuille de grande camomille… C’est sans doute pour cela qu’elles sont surtout utilisé en infusion. De toute façon c’est probablement tout aussi inefficace contre les migraines que le Rizatriptan prescrit par la neurologue… Je préfère donc admirer la grande camomille pour ses qualités ornementales… (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles ou latinistes)

Plinius, Historia Naturalis, Liber XXI, Cap. CIV (§176):

Parthenium alii leucanthes, alii amaracum vocant, Celsus apud nos perdicium et muralem. nascitur in hortum saepibus, flore albo, odore mali, sapore amaro. ad insidendum decocta in duritia vulvarum et inflammationibus, sicca cum melle et aceto inposita bilem detrahit atram. ob hoc contra vertigines utilis et calculosis. inlinitur et sacro igni, item strumis cum axungia inveterata. magi contra tertianas sinistra manu evelli eam iubent dicique cuius causa linguae subiere ut mox in cyatho aqua devoretur.” (Texte latin de l’édition de Loeb; Voir aussi le texte latin de Naturalis Historia. Pliny the Elder. Karl Friedrich Theodor Mayhoff. Lipsiae. Teubner. 1906)

Parthenium is called leucanthes by some and amaracum by others. Celsus, among the latin writers calls it perdicium and murals. It grows in the hedges of gardens, and has a white flower, the smell of apple and a bitter taste. A decoction of this plant is used to make a sitz-bath for induration and inflammation of the womb, and the dried plant is applied with honey and vinegar to bring away black bile. For this reason it is good for dizziness and stone in the bladder. It is used as an application for erysipelas, and also with old axle-grease for scrofulous sores. For tertian argues the Magi recommend us to gather it with the left hand without looking back, while saying for whose sake it is being gathered; then a leaf of it should be placed under the tongue of the patient to be swallowed presently in cya thus of water. (transl.: Jones, W.H.S. Pliny Natural History vol. VI. (Loeb Classical Library). Cambridge, Harvard University Press, 1961, pp. 284-87) [See also the translation of John Bostock]

Le parthénion (parietaria diffusa, L.) est appelé par les uns leucanthes, par les autres amnacus. Celse (De re med., II, 33), entre les Latins, le nomme perdicium et muralis. Il croît dans les haies de jardins, porte une fleur blanche, est d’une odeur désagréable et d’un goût amer. Avec la décoction on fait un bain de siège, dans les duretés et les inflammations de matrice. Sec, avec du miel et du vinaigre, en suppositoire, il évacue l’atrabile, propriété qui le rend avantageux contre les vertiges et les calculs. On en fait un topique pour l’érysipèle, et, avec du vieux oing, pour les écrouelles. Pour les fièvres tierces, les mages recommandent de le cueillir de la main gauche, et de dire, sans se retourner, pour qui on la cueille; puis, d’en mettre une feuille sous la langue du malade, et de la lui faire avaler un moment après dans un cystite (0 litr., 045) d’eau. (Émile Littré, Paris : Dubochet, 1848-1850) [Je ne suis pas très satisfait de cette traduction]

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Images du chat-medi [002.021.226]

Femelle en noir & blanc

[ iPhone 11 Pro, cour arrière (VSP), 2021/08/13 ]

Étrangement, cette année, le quartier est plein de chats errants noir et blanc (comme le pensionnaire de notre garage, Félix). Dans ce cas-ci il s’agit d’une jeune femelle qui vient se reposer de temps en temps avec ses deux chatons, profitant de l’ombre et de la protection de la jungle qu’est notre cour arrière. Félix lui voue un grand intérêt (peut être est-il le père des chatons?) qui n’est — malheureusement pour lui — pas réciproque car la demoiselle ne pense sans doute qu’à protéger ses petits. Il y a donc de nombreuses altercations qui agitent les tournesols et troublent la quiétude matinale… Elle est très timide et donc pas facile à photographier.

Cat-urday’s pictures : Strangely, this year the neighborhood is full of black and white stray cats (like our garage resident, Félix). In this case, it is a young female who comes to rest from time to time with her two kittens, enjoying the shade and the protection of the jungle that is our backyard. Félix has a great interest in her (perhaps he is the father of the kittens) which – unfortunately for him – is not reciprocal because the young lady probably only thinks of protecting her young. There are therefore many altercations which shake the sunflowers and disturb the morning tranquility … She is very shy and therefore not easy to photograph.

Images du mer-fleuri [002.021.223]

Camomille 

[ iPhone 8+/11 Pro, Parc Frédéric-Back, 2018/06/10 & 2021/07/16]

J’ai déjà parlé de la camomille l’an dernier, mais j’aimerais rajouter quelques détails. “Camomille” (Chamomile en anglais) est un nom générique utilisé pour désigner plusieurs espèces de plantes herbacées annuelles à fleurs appartenant à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae), la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), l’ordre des Asterales, et à la famille des Asteraceae (ou Compositae). C’est une plante qui s’apparente beaucoup aux marguerites (genre Leucanthemum) et aux pâquerettes (genre Bellis) avec lesquelles elle ne doit pas être confondue (elle se distingue par une fleur plus petite dont le centre est bombé et par son feuillage bi- ou tripennatiséquées — une feuille composée qui est découpée de façon symétrique (comme une plume), de chaque côté de la nervure centrale, à deux ou trois niveaux, comme la plupart des Ombellifères tel le fenouil). Son nom en grec signifie “Pomme de terre” (χαμαί / khamai / “sur terre” et μῆλον / mēlon / “pomme“) car son parfum rappellerait l’odeur des pommes. Elle est mentionnée par Pline (Historia Naturalis liber XXII, 53) et recommandée comme plante potagère dans le Capitulare de Villis.

On en retrouve principalement trois genres:

mais on retrouve aussi la Cladanthus mixtus (camomille marocaine  ou Moroccan chamomile), la Cota tinctoria [camomille jaune ou oxeye chamomile]), la Eriocephalus punctulatus (camomille du Cap) et la Tanacetum parthenium [grande camomille ou feverfew]. 

On peut les diviser en deux groupes: celles qui ont une utilité par leurs propriétés médicinales (comme la Matricaria chamomilla, la Chamaemelum nobile et la Tanacetum parthenium — que l’on utilise surtout pour leurs huiles essentielles ou sous forme de tisanes) ou tinctoriales (la Cota tinctoria) et celles qui sont simplement ornementales (Anthemis arvensis), considéré comme de la mauvaise herbe / plante envahissante (Matricaria discoidea, Matricaria perforata) ou même qui peuvent avoir un potentiel toxique (Anthemis cotula). Il est a noter que les propriétés médicinales de la camomille (contre l’anxiété, l’insomnie, l’inflammation, les migraines, etc.) ne sont pas strictement scientifiquement prouvées et que ses composés chimiques (polyphénols tels apigénine, quercétine, patulétine et lutéoline) peuvent interagir négativement avec certains médicaments (anticoagulant, aspirine, NSAIDs, etc.). De plus, ses propriétés emménagogues font qu’elle est contre-indiquée au femme souffrant de cancers du système reproductif (ovaire, utérus, sein) ou qui ont des troubles utérins (endométriose, fibrome). En plus d’être employé comme tisane, la camomille est aussi utilisée comme agent aromatisant dans les industries alimentaires (confections et boissons comme la bière) et cosmétiques (savon, rince-bouche, etc.).

Il est très difficile de distinguer les différences entre ces nombreuses espèces et donc de les identifier avec exactitude. L’année dernière j’avais identifié celles que j’avais photographié dans le parc comme des Matricaria chamomilla mais là je n’en suis pas si sûr! Je crois maintenant qu’il s’agirait plutôt des Matricaria perforata… (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Images du mer-fleuri [002.021.216]

Ambrosia artemisiifolia 

IMG_3908[ Canon PowerShot S5 IS, Jardin Botanique, 2013/06/18 ]

IMG_3909La Petite herbe à poux (que l’on appel en Europe Ambroisie à feuilles d’armoise ou “Common ragweed” en anglais) est un espèce de plante herbacée annuelle qui appartient à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae, i.e. “qui germe en deux feuilles”), à la sous-classe des Asteridae, à l’ordre des Asterales, à la famille des Asteraceae (ou Compositae, “fleurs composées”), à la tribu des Heliantheae (la troisième plus grande tribu de la famille des tournesols) et au genre Ambrosia (qui comprend une cinquantaine d’espèces, dont la Grande herbe à poux [Ambrosia trifida ou giant ragweed en anglais], qui sont pour la plupart des plantes envahissantes de nature adventice (“mauvaise herbe”) ou rudérale (qui poussent sur les terrains abandonnés et le long des routes) et qui produisent un pollen très allergène).

Elle est caractérisée par des feuilles dentelées, douces et velues (longues de trois à douze centimètres), de couleur vert foncé, qui sont divisées en pennes et poussent d’abord en opposition mais les “feuilles et rameaux supérieurs sont alternes.“ Les multiples branches peuvent atteindre soixante-dix centimètres (parfois même deux mètres!). La floraison se fait entre juillet et septembre sous la forme de fleurs vertes qui poussent en chandelles, i.e. droite sur le bout des tiges, et dont le petit fruit sec (akène de 2-4 mm, en forme de cône inversé) ne produit qu’une seule graine qui persiste en hiver — étant ainsi très apprécié des oiseaux.

Elle contient un composé chimique (psilostachyin) qui est utilisé en agriculture pour éliminé les mollusques (limaces et escargots). La plante elle-même est aussi parfois utilisée pour la décontamination des sols particulièrement les métaux lourds comme le plomb. Certaines tribus autochtones (Cherokee, Dakota, Delaware,  Iroquois, et Lakota) l’utilisaient aussi dans leur médecine traditionnelle. Le nom provient du grec ambrosia (ἀμβροσία / “immortalité”, “qui appartient au dieux”), la nourriture des dieux qui était réputée rendre immortelle. Le nom latin de l’espèce, artemisiifolia, lui, fait référence au fait que ses feuilles ressemblent à celle de l’Artemisia (le genre auquel appartient l’absinthe et dont le nom évoque la déesse Artemis ou à la reine et botaniste Artemisia II).

Comme elle est très allergène pour l’Humain et est la cause de la rhinite allergique (“Rhume des foins”), il est important de l’éradiquer avant qu’elle ne fleurisse à la mi-juillet. Il y a des municipalités où les propriétaires qui négligent de le faire peuvent se voir infliger une amende (comme à Alma, Dorval, Gatineau, Mont-Saint-Hilaire, Québec, Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-Richelieu, et Sainte-Thérèse) mais cela ne semble plus être le cas à Montréal (depuis 1996 [suite à un litige], sauf dans des arrondissements comme Saint-Laurent ou L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève — car l’herbe à poux est une responsabilité des arrondissements). Toutefois, on fait régulièrement des campagnes de sensibilisation pour encourager les gens à lutter contre l’herbe à poux par l’arrachage manuel ou la tonte. Certaines municipalités utilisent également des herbicides (du simple chlorure de sodium aux dicamba, glyphosate, triclopyr, ou metsulfuron — qui peuvent avoir de sérieux effets néfastes sur l’environnement), ou des méthodes thermiques (vapeur, flamme ou infra-rouge — qui ont l’inconvénient d’affecter aussi la végétation environnante). L’idéal pour lutter contre l’herbe à poux est d’opter pour une méthode préventive comme l’implantation d’un couvert végétal compétitif (en plantant des près fleuris, du sarrasin, du pâturin, ou du trèfle).

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[ iPhone 11 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/07/09 ]

Toutefois, je constate que l’herbe à poux est omniprésente dans le Parc Frédéric-Back. J’ai noté qu’il y a eut récemment une campagne d’arrachage mais on n’a enlevé que les plants de grandes tailles et il y a encore de très nombreux petits plants qui risquent eux aussi de fleurir ! C’est “une obligation pour les propriétaires de l’arracher sur leur terrain” mais la ville semble être assez tolérante en ce qui concerne ses propres parcs. Ce qui n’est guère mieux c’est que j’ai constaté, par les années passées, que la gestion du parc a utilisé des méthodes plus facile mais radicales (j’ignore si c’était de l’épandage chimique ou thermique mais cela a laissé de grandes aires avec des plantes “brûlées”, brunies et desséchées — j’espère qu’il ne s’agissait pas d’herbicides car n’est-ce pas interdit à Montréal? Encore une fois, deux poids deux mesures: c’est interdit pour les citoyen mais la ville ne s’en prive pas !) Si l’entreprise horticole qui gère le parc ne suffit pas à la tâche, la ville devrait peut-être faire appel aux citoyens avec un festival d’arrachage où des primes serait offerte pour chaque kilo d’herbe à poux arraché ? Il faut savoir être créatif — même si il est dommage de devoir faire la guerre à la nature à cause de certaines plantes qui se révèlent nuisibles à notre santé…

(Sources: Wikipedia [FR/EN], Google, Info Mtl,  Info Qc, Santé Mtl, thèse de maîtrise de Martin Ghiovany Bourdeau)

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