Lectures romaines (5): Cicéron

Lectures romaines (5)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Cicéron

Les Epistulae Ad Atticum (Lettres à Atticus) de Cicéron sont composé de seize livres de correspondance avec son ami Titus Pomponius Atticus, écrits entre 68 et 43 AEC. Je ne possède dans ma bibliothèque qu’un seul des trois volumes de cette correspondance:

Cicéron, Lettres à Atticus III (Livres XII – XVI), traduction nouvelle de Édouard Bailly. Paris: Classique Garnier, Juin 1939. 430 pages. [Goodreads]

J’ai aussi dans ma bibliothèque quelques livres des discours ou des traités de Cicéron (tous aux Belles Lettres), mais je dois avouer que ce volume des lettres à Atticus publié chez Garnier me semblait le moins fastidieux à lire. La difficulté réside surtout dans le fait qu’il faut avoir une bonne idée des événements et des personnages auxquels il fait référence si l’on veut pouvoir apprécier le texte. Toutefois, les notes qui accompagnent les lettres sont très utiles pour les remettre dans leur contexte, ce qui fait que ce n’est vraiment pas trop désagréable à lire. J’ai même bien aimé.

Cicéron m’apparait comme un personnage qui tergiversait beaucoup et qui se reposait largement sur son entourage pour prendre des décisions (ou du moins sur Atticus qui était un ami proche, son banquier et son conseiller). Il avait beau être un grand orateur et auteur, il me semble que c’était un fieffé poltron. Un trait de personnalité qui transparait dans la représentation qu’on fait de lui dans la série télévisée Rome (une série que je recommande d’ailleurs fortement).

Livre XIV, lettre I (Campagne de Rome, 7 avril 710 AUC [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “J’ai vu celui dont nous parlions ce matin [Matius]. A l’entendre, la situation est désespérée, elle est sans issue. Où un si grand homme a succombé [César], qui peut se flatter de réussir? Enfin s’il faut vous le dire , il voit tout perdu ; il pourrait bien dire vrai , et il affirmait avec un air de satisfaction qu’avant vingt jours les Gaules seraient sens dessus dessous : qu’au reste, excepté Lépide , il n’avait parlé à personne depuis les ides de mars [15 mars 44], mais qu’en somme les choses ne peuvent rester sur le pied où elles sont. Oppius ne regrette pas moins César : mais quelle réserve dans ses paroles !”

Livre XIV, lettre III (Tusculum, 9 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “Votre lettre est tranquillisante. Veuille le ciel que cela dure ! Matius ne le croit point. Mais voici que les ouvriers qui étaient allés à Rome chercher du blé reviennent les mains vides, et m’annoncent (grande rumeur !) qu’Antoine a accaparé l’approvisionnement tout entier. Il faut que ce soit une panique, car vous m’en auriez parlé. (…) Tâchez de découvrir le fond de la pensée d’Antoine. Je le crois bien plus occupé de faire bonne chère que de songer à mal. S’il survient quelques événements, mandez-les-moi. Sinon, parlez-moi des manifestations populaires et des allusions du théâtre.”

Livre XIV, lettre III (Tusculum, 10 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…) Le temps se charge. D’après l’échantillon de Matius, que pensez-vous des autres ? Pour moi , je déplore ce qui est sans exemple dans le monde , la liberté recouvrée et point encore de république. On frémit en songeant à tout ce qu’on dit , à tout ce  qu’on machine. Je redoute aussi la guerre dans les Gaules. Sextus lui-même, que deviendra-t-il ? Mais en dépit de tant d’éléments conjurés, les ides de mars me consolent. Nos héros ont fait ce qui dépendait d’eux. Ils l’ont fait glorieusement et avec un courage sublime; mais pour achever l’œuvre il faut de l’argent et des troupes, et nous n’en avons pas. Ce peu de mots a pour objet de vous demander des nouvelles, car je suis dans une attente continuelle. Si vous n’aviez rien à me dire, n’en continuons pas moins, je vous prie, le doux commerce de nos lettres. J’y serai, de mon côté, fidèle.”

Livre XIV, lettre V (Asture, 11 avril 710 [44 AEC]), Cicéron salue Atticus : “J’espère que vous êtes mieux. La diète aura suffi contre une attaque si légère. (…) Mais quel sera l’effet de l’armée d’Octave? Va-t-il devenir un centre? Peut-on espérer de lui quelque favorable péripétie? Malheureusement je ne le pense pas. Toutefois dites-moi ce qui en est. C’est au moment de quitter Asture, le 3 des ides, que je vous écris.”

Livre XIV, lettre VI (Fundi, 12 avril 710 [44 AEC]), Cicéron salue Atticus : “J’étais à souper à Fondi, la veille des ides, lorsque j’ai reçu votre lettre. Vous allez mieux ; c’est le principal. Puis les nouvelles sont meilleures. C’eût été une cruelle chose que l’arrivée des légions. Quant à Octave, on verra plus tard. Je voudrais bien apprendre quelque chose de Marius [esclave, agitateur, chassé de Rome par César]. J’étais persuadé que César s’était débarrassé de lui. Après ce qui est arrivé, je ne suis pas taché de l’entrevue d’Antoine avec nos héros; mais, sauf les ides de mars, je ne vois vraiment rien dont je puisse encore me réjouir. (…) Ο douleur ! il faut que ce soit nous qui maintenions les spoliations pour lesquelles nous avions voué notre haine au tyran ! Ne nous faudra-t-il pas encore pendant deux ans avoir les consuls et les tribuns de son bon plaisir? Je n’aperçois pour moi aucun moyen de me mêler des affaires. Quelle absurde contradiction! On porte aux nues ceux qui ont tué le tyran, et on maintiennes actes de sa tyrannie ! (…) Il y a foule chez moi : on est avide d’entendre de ma bouche ce qui s’est passé ; et cependant on ne prend aucune mesure ! A voir la politique du jour, on dirait qu’on tremble devant les vaincus.”

Livre XIV, lettre VIII (Sinuesse, 15 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…). Je suis ravi que notre Brutus soit si content d’Antoine. (…) Je ne suis pas fâché du brusque départ de la reine [d’Égypte, i.e. Cleopatra VII]. (…) Que se passe-t-il dans les Gaules, en Espagne? Ou en est Sextus? J’en suis inquiet : veuillez me parler de lui et de tout. (…) Ne me cachez rien sur Brutus. Où est-il? quels sont ses projets? Je me flatte qu’aujourd’hui il pourrait seul et sans crainte se promener dans toutes les rues de Rome. Et pourtant….”

Livre XIV, lettre X (Cumes, 19 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…) Vous rappelez-vous ce que vous disiez tout haut; que c’en était fait, si on lui [César] élevait un bûcher? Eh bien! en plein forum on a brûlé son corps, on a prononcé son éloge, on s’est apitoyé sur son sort, et l’on a mis la torche à la main à des esclaves, à des mendiants, pour venir incendier nos demeures. (…) Octave est arrivé à Naples le 14 des kalendes. Balbus l’y a vu le lendemain matin, et il est venu le jour même a Cumes m’annoncer qu’Octave se proposait d’accepter la succession de César; mais, comme vous le dites, il aura terriblement maille a partir avec Antoine.”

Livre XIV, lettre XII (Pouzzoles, 22 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “Ô mon cher Atticus, nous n’avons, je le crains bien, gagné aux ides de mars qu’un moment de joie et le plaisir de la vengeance. (…) Octave me traite ici avec autant de distinction que d’amitié : les siens l’appellent César; Philippe non, ni moi non plus, par conséquent. Octave ne peut pas, je le déclare, être un bon citoyen; il n’entend bourdonner autour de lui que des menaces de mort contre nos amis. Impossible, disent-ils, de leur passer ce qu’ils ont fait. Que sera-ce, je vous le demande, lorsque cet enfant arrivera à Rome, où déjà nos libérateurs ne peuvent pas se trouver en sûreté? Sans doute ils seront à jamais célèbres, heureux même par le témoignage de leur conscience : mais pour nous, ou je me trompe fort, ou nous n’en serons pas mieux. Dans cette persuasion, je veux fuir (…). Jadis ma complaisance était en quelque sorte, nécessaire; de quelque manière que les choses tournent, elle ne l’est plus aujourd’hui.”

Livre XIV, lettre XIII (Pouzzoles, 26 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…) Ce n’est pas que vous ne m’annonciez une grande et bien bonne nouvelle, l’arrivée de Décimus Brutus au milieu de ses légions. J’en tire un bon augure. Mais en supposant que la guerre civile éclate (elle éclatera si Sextus reste sous les armes, et il y restera; ) que ferons-nous? Voilà ce que j’ignore. Il ne nous sera pas permis, comme dans la guerre de César, de n’être, ni pour ni contre. Quiconque se sera réjoui de la mort de César (et nous ne nous en sommes pas cachés) sera traité en ennemi ; alors ce sera un carnage. Irons-nous chercher un asile sous la tente de Sextus, on bien encore sous celle de Brutus? C’est un effort qui répugne à nos âges. Puis l’issue de la guerre est trop incertaine (…). Le mieux sera de nous abandonner au hasard, qui pourra plus ici que la prudence. Appliquons-nous seulement (ceci dépend de nous ) à supporter les événements avec courage et sagesse, en nous rappelant ce que nous sommes; et demandons aux lettres ou aux ides de mars de nous consoler du reste. Décidez maintenant, et faites cesser les incertitudes qui m’agitent : il y a tant de raisons pour et contre ! En partant, comme j’en avais dessein, avec une mission pour la Grèce, j’écarte en partie les périls qui menacent ma tête; mais je m’expose au reproche de manquer à la république dans de si graves circonstances.”

Livre XV, lettre XII (Asture, 10 juin 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…) Je crois de l’esprit et du cœur à Octavianus [Octave, qui fut depuis Auguste], et ses dispositions pour nos héros m’ont paru telles que nous pouvons les désirer. Mais jusqu’à quel point se lier à son âge, à son nom, à l’héritage qu’il recueille, aux impressions qu’on lui a données? La question est capitale. Son beau-père [Philippe], que nous avons vu à Asture, ne sait qu’en dire. Il faut en tout cas le ménager, ne fut-ce que pour l’empêcher de se lier avec Antoine. [Marcellus] fera une bien belle chose, s’il réussit à le gagner à nous et à nos amis. Octavianus m’a semblé lui être tout à fait dévoué; mais il n’a guère de confiance dans Pansa, ni dans Hirtius. Son naturel est bon : puisse-t-il rester toujours le même !” [Ces extraits cités proviennent de la traduction de M. Nisard, Oeuvres complètes de Cicéron. Paris: Didot, 1869, tirés du site de Remacle]

Cicéron a entretenu une abondante correspondance (près de huit cent lettres!), non seulement avec son ami Atticus, mais également avec son ami Brutus (Epistolae Ad Brutum), son frère Quintus (Epistolae Ad Quintum) ainsi que plusieurs proches et connaissances (Epistolae Ad Familiares): son épouse Terentia, son affranchi Tiron, ses enfants Tullia et Marcus Tullius Cicero Minor, des personnes publiques (Pompée, Jules César, Marc Antoine, Cassius, Crassus et Caius Asinius Pollio) et autres relations (Dolabella, Sulpicius, Ligarius, Marcellus, Trebatius Testa, Marcus Caelius Rufus, Caton, Varron, etc.). Il a eut plus de soixante dix correspondants!

J’ai déjà parlé d’une autre lettre de Cicéron dans le passé lorsque j’ai traité de la relation entre le jardin et la bibliothèque, dans ma “Pensée du jour (pour moi-même): Un jardin de livres”. J’ai alors cité une lettre de Cicéron à Varron (Marcus Terentius Varro) que l’on retrouve dans les Epistulae ad Familiares, IX.4.

Pour plus de détails sur Cicéron (Marcus Tullius Cicero), voir l’entrée “Littérature classique (1er s. AEC): 1. Sous la République. b) Cicéron

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Lectures romaines (4): Varron

Lectures romaines (4)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Varron

Le De re rustica ou Rerum rusticarum libri III (De l’économie rurale) de Varron est le seul de ses ouvrages a avoir été conservé en entier. Composé de trois livres, il a été écrit vers 37 AEC. C’est un ouvrage très similaire au De agri cultura de Caton l’Ancien puisque c’est aussi un traité sur la gestion d’un domaine agricole (latifundium), mais qui concerne cette fois plutôt les grands domaines qui “emploient” de nombreux esclaves. Comme Caton, il parle d’expérience, car il possède au moins trois grandes fermes à Cumes, à Tusculum et à Casinum (cette dernière étant dédiée à l’élevage d’oiseaux luxueux). Il y produit, entre autres, des figues, du miel et fait l’élevage de moutons.

Le premier livre, dédié à son épouse Fundania, est consacré à la culture de la terre (frumentaire et arbustive) : définition de l’agriculture, le lieu, la qualité de la terre, les bâtiments, le personnel et l’équipement, les animaux (âne ou boeuf de labour, chien de garde), les semences, la division du travail selon la saison, engrais, moisson, etc.

Le second livre, dédié à Turranius Niger, est consacré à l’élevage de bestiaux : exode rural et différences entre cultivateur et pâtre, domestication des espèces sauvages, les différents types d’élevages (moutons, chèvres, porcs, boeufs, ânes, chevaux, mulets et bardots, chiens), le personnel (pâtre, berger) et les produits dérivés (lait, fromage, laine).

La troisième livre, dédié à Q. Pinnius, est consacré aux animaux de basse-cour : les composantes (volière d’agrément ou de production, garenne ou parc, et vivier), volailles (grive, merle, caille, paon, pigeon, tourterelle, poule, oie, canard), parcs de gibier (lièvre, sanglier, escargot, loir) et viviers (apiculture et pisciculture).

L’ouvrage, écrit dans le but de faire connaitre et aimer la vie rustique en démontrant comment en tirer de bons bénéfices, est présenté sous la forme de dialogues entrecoupés de digressions et d’anecdotes. Le style est très verbeux, quoi que soigné, mais l’auteur semble attacher peu d’importance à la forme et plus au sujet technique. Cela se lit toutefois très bien.  Faute d’en avoir un exemplaire dans ma bibliothèque, je l’ai lu en ligne.

I.XVII: “(…) à propos de ces manœuvres. Choisissez des sujets propres à la fatigue, au-dessus de vingt-deux ans, et qui montrent des dispositions pour l’agriculture. On juge de leur aptitude par des travaux d’essai, ou en les questionnant sur ce qu’ils faisaient chez leur précédent maître. Prenez pour les diriger des esclaves qui ne soient ni insolents, ni timides; qui aient une teinture d’instruction, de bonnes manières, de la probité, et qui soient plus âgés que ceux qu’ils surveillent: ils en seront mieux écoutés. (…) Il ne faut pas permettre au chef d’employer les coups pour se faire obéir, quand il peut arriver au même but par de simples remontrances. Évitez également d’avoir plusieurs esclaves de la même nation; car c’est une source continuelle de querelles domestiques. Il est bon de stimuler, par des récompenses, le zèle des chefs; de leur former un pécule, de leur faire prendre des femmes parmi leurs compagnes de servitude. Les enfants qui naissent de ces unions attachent les pères au sol (…).”

I.XVIII: “Pour limiter le personnel d’une exploitation rurale, Caton prend pour base l’étendue et le genre de culture. (…) La première suppose un plant d’oliviers de deux cent quarante jugera, et il porte à treize le nombre des esclaves; à savoir, un villicus [intendant] et sa femme, cinq ouvriers, trois bouviers, un ânier, un porcher, un berger.”

II.I: “(…) Comme de nos jours il n’est guère de chefs de famille qui, laissant là faux et charrue, n’ait émigré dans l’enceinte de Rome, et ne consacre à applaudir au cirque et au théâtre les mains jadis occupées aux champs et aux vignobles, il en résulte qu’aujourd’hui nous payons pour qu’on nous apporte d’Afrique et de Sardaigne le blé qui nous nourrit, et que nous allons par mer faire vendange à Cos et à Chio. Les fondateurs de cette ville, qui n’étaient eux que des pâtres, avaient voulu que leurs descendants fussent des cultivateurs; et, au mépris de leurs lois, l’ambition de leurs descendants a converti les champs en prairie, sans même faire de différence entre paître des troupeaux et labourer la terre.”

III.XII : “(…) ces parcs annexés de nos villas, qu’on appelle encore leporaria (…). Aujourd’hui il ne s’agit plus d’un arpent ou deux, où l’on réunit quelques lièvres, mais de vastes espaces, de forêts entières, où l’on renferme par bandes les cerfs et les chevreuils. (…) Dans ces enclos sont en outre des enceintes particulières réservées aux escargots et aux abeilles, et des tonneaux où on élève des loirs. Rien de plus facile que la garde, l’entretien et la multiplication de ces animaux, les abeilles exceptées. Tout le monde sait en effet qu’un parc doit être environné de murailles bien crépies, pour empêcher les chats, les fouines, etc., d’y pénétrer, et assez élevées pour que les loups ne puissent les franchir. On sait qu’il faut également qu’un parc abonde en gîtes où les lièvres puissent se rendre invisibles pendant le jour, et se tapir dans les broussailles et sous les herbes; et que les arbres y doivent former une voûte assez épaisse pour empêcher l’aigle de s’y abattre. Personne enfin n’ignore qu’il suffit de quelques lièvres et hases pour que ce gibier pullule aussitôt. Deux couples vont peupler tout un parc.”

Pour plus de détails sur Varron (Marcus Terentius Varro), voir l’entrée “Littérature classique (1er s. AEC): 1. Sous la République. a) L’Avant-Cicéron”.

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Lectures romaines (3): Polybe

Lectures romaines (3)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Polybe

Les Historíai ( Ἱστορίαι / Histoires ) de Polybe (Πολύϐιος) chroniquent principalement les conquêtes méditerranéennes de la République romaine. Seules les cinq premiers livres nous ont été conservés dans leur intégralité, mais il existe de nombreux extraits de l’ensemble des quarante livres. Écrit entre 167 et 146+ AEC, l’ouvrage débute (livres I-II) avec la première expédition des Romains hors de l’Italie qui mena à la première guerre punique, ainsi que la première guerre d’Illyrie et l’histoire de la Ligue achéenne, puis se poursuit (livres III-V) avec la deuxième guerre punique, les guerres de Macédoine et la guerre séleucide. Après avoir discuté le constitution romaine (livre VI), sa méthodologie historique (livre XII), la géographie de la Méditerranée (livre XXXIV), il reprends certains événements plus en détails, année par année, et poursuit avec la suite des guerres puniques et Macédonniennes, pour conclure avec un livre récapitulatif (XL). Faute d’en avoir un exemplaire dans ma bibliothèque, je l’ai lu en ligne.

Si Polybe prône une méthodologie rigoureuse, basée sur les faits et l’analyse, son ouvrage m’apparait pauvre en détails et ne faire qu’une synthèse des événements. Il reste malgré tout une source inestimable sur l’histoire de la République. Malgré l’aridité du sujet, la prose de Polybe reste agréable à lire.

Livre I, Préface : “(…) quoi de plus propre à notre instruction que la connaissance des choses passées ? (…) la nouveauté des faits que je me propose de raconter sera plus que suffisante pour attirer tous les hommes, sans distinction, à la lecture de mon ouvrage. Il n’y en aura point de si stupide et de si grossier, qui ne soit bien aise de savoir par quels moyens et par quelle sorte de gouvernement il a pu se faire que les Romains, en moins de cinquante-trois ans, soient devenus maîtres de presque toute la terre. Cet événement est sans exemple. D’un autre côté, quelle est la passion si forte pour les spectacles, ou pour quelque sorte de science que ce soit, qui ne cède à celle de s’instruire de choses si curieuses et si intéressantes.”

Livre III, Chap. I : “(…) Il faut maintenant rapporter ces guerres, et rendre compte tant des raisons pourquoi elles ont été entreprises, que de celles pour lesquelles elles sont devenues si considérables. Mais auparavant disons un mot sur le dessein de cet ouvrage.”

“Dans tout ce que nous avons entrepris de raconter, notre unique but a été de faire voir comment, en quel temps et pourquoi toutes les parties de la terre connues ont été réduites sous l’obéissance des Romains ; événement dont le commencement est connu, le temps déterminé, et le succès avoué et reconnu de tout le monde. Pour parvenir à ce but, il est bon de faire mention en peu de mots des choses principales qui se sont passées entre le commencement et la fin ; rien n’est plus capable de donner une juste idée de toute l’entreprise ; car, comme la connaissance du tout sert beaucoup pour acquérir celle des choses particulières, et que réciproquement la connaissance des choses particulières aide beaucoup à connaître le tout, nous ne pouvions mieux faire, à mon sens, que d’instruire le lecteur de ces deux manières.”

Livre III, Chap. IX : “(…) Ce fut en passant ces montagnes qu’Annibal, venant des bords du Rhône, entra dans l’Italie. Quelques historiens, pour vouloir étonner leurs lecteurs par des choses prodigieuses, en nous parlant de ces montagnes, tombent, sans y penser, dans deux défauts qui sont très-contraires à l’histoire ; ils content de pures fables, et se contredisent. (…) Ils nous peignent les Alpes comme si raides et si escarpées (…), les pays d’alentour sont si déserts, que si un dieu ou demi-dieu n’était venu montrer le chemin à Annibal, sa perte et celle de toute son armée était inévitable. (…) c’est une fausseté manifeste. Avant qu’Annibal en approchât, les Gaulois habitant les rives du Rhône avaient passé plus d’une fois ces montagnes, et venaient tout récemment de les passer pour se joindre aux Gaulois des environs du contre les Romains. Et de plus les Alpes même ne sont-elles pas habitées par un peuple très-nombreux ? (…) Annibal conduisit cette grande affaire avec beaucoup de prudence. Il s’était informé exactement de la nature et de la situation des lieux où il s’était proposé d’aller ; il savait que les peuples où il devait passer n’attendaient que l’occasion de se révolter contre les Romains ; enfin, pour n’avoir rien à craindre de la difficulté des chemins, il s’y faisait conduire par des gens du pays, qui s’offraient d’autant plus volontiers pour guides, qu’ils avaient les mêmes intérêts et les mêmes espérances. Je parle avec assurance de toutes ces choses, parce que je les ai apprises de témoins contemporains, et que je suis allé moi-même dans les Alpes pour en prendre une exacte connaissance.”

Livre VIII, Frag. III : “(…) Tout étant préparé, les Romains se disposaient à attaquer les tours [de Syracuse]; mais Archimède avait aussi de son côté construit des machines propres à lancer des traits à quelque distance que ce fût. Les ennemis étaient encore loin de la ville, qu’avec des balistes et des catapultes plus grandes et plus fortement bandées, il les perçait de tant de traits qu’ils ne savaient comment les éviter. Quand les traits passaient au-delà, il en avait de plus petites proportionnées à la distance, ce qui jetait une si grande confusion parmi les Romains, qu’ils ne pouvaient rien entreprendre (…). Archimède inventa un autre stratagème contre ceux qui combattaient de dessus leurs vaisseaux. Il fit percer à hauteur d’homme et dans la muraille des trous nombreux et de la largeur de la main. Derrière ces meurtrières il avait posté des archers et des arbalétriers qui, tirant sans cesse sur la flotte, rendaient inutiles tous les efforts des soldats romains. (…) Il y avait encore d’autres machines qui lançaient sur les ennemis (…) des pierres d’une grosseur suffisante pour faire quitter la proue des navires à ceux qui y combattaient. Outre cela, il faisait tomber une main de fer attachée à une chaîne, avec laquelle celui qui dirigeait le bec de la machine comme le gouvernail d’un navire, ayant saisi la proue d’un vaisseau, (…) il lâchait la chaîne par le moyen d’un moulinet ou d’une poulie. Il arrivait nécessairement alors que les vaisseaux ou bien tombaient sur le côté, ou bien étaient entièrement culbutés ; et, la plupart du temps, la proue retombant de très-haut dans la mer, ils étaient submergés, au grand effroi de ceux qu’ils portaient. (…) pendant huit mois qu’ils restèrent devant la ville, il n’y eut sorte de stratagème que l’on n’inventât, ni d’actions de valeur que l’on ne fît, à l’assaut près, que l’on n’osa jamais tenter : tant un seul homme a de force lorsqu’il sait employer son génie à la réussite d’une entreprise ! (…) L’unique ressource que les Romains crurent qu’il leur restait, fut de réduire par la faim le peuple nombreux qui était dans la ville. Pour cela, avec l’armée navale, on intercepta tous les vivres qui pouvaient leur venir par mer, et l’autre armée coupa tous les convois qui leur venaient par terre.”

Livre IX, Frag. I : “Je sens bien que ma manière d’écrire l’histoire a quelque chose de désagréable (…). comme nous nous sommes borné au récit de cette dernière classe de faits, et que nous en avons fait tout le sujet de notre ouvrage, il ne peut être du goût que des lecteurs érudits ; la plupart des autres n’y trouveront aucun attrait. Nous avons dit ailleurs, pourquoi, négligeant les autres parties de l’histoire, nous nous étions borné aux faits (…). C’est pour cette raison et beaucoup d’autres, que je n’ai pas jugé à propos d’entrer dans ces détails. J’ai préféré les faits pour deux raisons : la première, parce que, comme les faits sont toujours nouveaux, la narration est toujours nouvelle (…). L’autre raison, c’est parce que cette manière d’écrire l’histoire (…) est surtout de nos jours, la plus utile de toutes. En effet, nous sommes dans un siècle où les sciences et les arts ont fait de si grands progrès, que ceux qui les aiment, en quelque circonstance qu’ils se trouvent, peuvent en tirer des règles de conduite. C’est pourquoi, songeant moins au plaisir qu’à l’utilité des lecteurs, nous n’avons rien voulu mettre dans notre histoire que des faits. Si j’ai bien ou mal fait, j’en laisse le jugement à ceux qui la liront avec attention.”

Pour plus de détails sur Polybe (Πολύϐιος), voir l’entrée “Littérature pré-républicaine: 3. IIe siècle AEC

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Lectures romaines (2): Caton l’Ancien

Lectures romaines (2)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Caton l’Ancien

Le De agri cultura (De l’agriculture) de Caton l’Ancien n’est pas un ouvrage très littéraire, mais plutôt un traité technique sur l’agriculture et l’économie rurale, écrit vers 160 AEC, qui offre un guide et des conseils sur la gestion d’une grande ferme (latifundium) comme celle que Caton possédait. C’est non seulement la seule oeuvre de Caton à nous êtes parvenue dans son intégralité mais aussi le plus ancien ouvrage romain en prose que nous ayons. Composé de 162 “livres”, l’ouvrage aborde des sujets aussi divers que l’achat d’un domaine (I), les devoirs du propriétaire et de l’intendant (II-V), la disposition des terres (VI-IX), le personnel et l’équipement (X-XIII, LIII-LXIII), la construction d’une maison de campagne (XIV-XVII), le vignoble (XVIII-XXVI, CIV-CXXV), des conseils divers sur l’oliveraie (LXI-LXIX), l’élevage et la culture (LIV, LXX-LXXIII, CLVI-CLXII), des recettes (LXXIV-XC), les rites religieux agricoles (CXXXV-CXLI), les arrangements contractuels (CXLII-CLV), etc. Faute d’en avoir un exemplaire dans ma bibliothèque, je l’ai lu en ligne.

L’ouvrage est un peu désordonné et écrit dans un style simple, direct et pratique qui rends la lecture un peu fastidieuse puisque le sujet est plutôt technique. C’est toutefois très intéressant à lire puisque cela nous offre une fenêtre exceptionnelle sur la vie rurale des romains d’origine modeste. Par exemple :

LVI. Quantité de nourriture pour les gens: Les travailleurs recevront pour l’hiver quatre boisseaux de froment, et quatre et demi pour l’été ; l’intendant et son épouse, l’agent et le bouvier, chacun trois boisseaux; les esclaves entravés, quatre livres de pain pendant l’hiver, cinq livres depuis l’instant où ils commencent à bècher jusqu’à la maturité des figues: pour le reste du temps la ration sera réduite à quatre livres.

LVII. Quantité de vin pour les gens: Après la vendange, ils ont de la piquette pour boisson pendant trois mois. Au quatrième mois, ils auront par jour une hémine de vin (…), enfin pour le neuvième, dixième et onzième mois, ils en recevront trois hémines par jour, c’est-à-dire une amphore par mois. En outre on donnera un congé à chaque Individu pour les Saturnales et les Compitales. Telle est la quantité de vin que chaque homme consomme dans l’année. On y ajoutera pour les esclaves entravés une ration proportionnée à la somme des travaux : le chiffre de dix quadrantals par année n’est pas trop élevé.

LVIIII. Bonne chère pour les gens: Conservez la plus grande masse que vous pourrez d’olives tombées spontanément, pour la cuisine des domestiques. (…) Quand les olives seront consommées, donnez de la saumure et du vinaigre. Distribuez à chaque personne un setier d’huile par mois. Un boisseau de sel suffira aux besoins annuels de chaque consommateur.

LIX. Vêtements des gens: On leur donnera tous les deux ans une tunique de trois pieds et demi de long et des saies. Toutes les fois qu’on leur fournira une tunique ou une saie neuve, on reprendra la vieille pour en faire des casaques [Centō = patchwork, rapiécé]. On leur fournira aussi tous les deux ans une bonne paire de forts souliers [de bois; sculponias = soulier sculpté, sabot].

Pour plus de détails sur Caton l’Ancien (Marcus Porcius Cato Maior), voir l’entrée “Littérature pré-républicaine: 2. IIIe siècle AEC

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Lectures romaines (1): Plaute

Lectures romaines (1)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Plaute

Asinaria (L’Asinaire ou “La comédie des ânes”), nous apprends Plaute dans le prologue, est en fait l’adaptation latine de la pièce Onagos de Démophile (un auteur comique grec inconnu; certains suggèrent que, suite à une erreur de transcription, il s’agirait en fait de Diphilos de Sinope). Écrite vers 211 AEC, la pièce est une fabula palliata qui met en scène Demaenetus, un vieil homme qui demande à son esclave Libanus de trouver un moyen de voler à sa femme Artemona l’argent de la vente d’un troupeau d’ânes, afin que son fils Argyrippus puisse gagner les faveurs de celle qu’il aime, Philaenium (“fille” de la courtisane Cleareta) à la condition qu’il puisse passer une nuit avec elle. Mais, à la fin, le vieux pervert est trahi et se fait prendre par sa femme.

Il s’agit donc d’une bouffonnerie vulgaire et contraire à la bonne morale moderne (mais pas à celle de l’antiquité et même plutôt fort populaire à Rome). Cela me rappelle beaucoup le théâtre de Molière, ce qui démontre bien que ce genre n’a pas beaucoup évolué entre la Grèce antique et le Roi-Soleil ! Si je n’ai jamais beaucoup aimé le théâtre, je dois admettre que j’ai trouvé cette courte pièce bien divertissante. Toutefois, ce qui rends ce texte intéressant c’est surtout qu’il est parmi les écrits les plus anciens de la littérature romaine qui nous soient parvenues. Je n’ai pas d’oeuvres de Plaute dans ma bibliothèque (quoi que j’en ai récemment vu une superbe édition latine, un in folio publié en 1511, mais trop cher pour moi!) alors j’ai lu cette pièce en ligne.

Fait amusant, cette pièce est à l’origine de plusieurs locutions latines bien connues:

  • Homo homini lupus  — Acte II, scène III, v. 495 : “Le Marchand : (…) L’homme qu’on ne connaît pas n’est pas un homme, c’est un loup.”
  • Facias ipse quod faciamus nobis suades — Acte III, scène III, v. 644 : “LIBAN: (…) Faites donc vous-même ce que vous nous conseillez de faire.” (Mettez en pratique ce que vous prêchez / Appliquer ce que l’on prêche)
  • O Libane, uti miser est homo, qui amat — Acte III, scene III, v. 616 : “LÉONIDAS : Ami Liban, qu’un amoureux est à plaindre !”
  • Necesse est facere sumptum qui quaerit lucrum — Acte I, scene III, v. 217 : “CLÉÉRÈTE : (…) c’est qu’on ne gagne rien sans dépense”. (Ça prends de l’argent pour faire de l’argent / Pas de gain sans douleur / On ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs)
  • Quasi piscis itidem est amator lenae: nequam est nisi recens — Acte I, scene III, v. 177 : “CLÉÉRÈTE : Un amant, pour nous, c’est un poisson ; s’il n’est pas frais, il ne vaut pas le zeste”.

Pour plus de détails sur Plaute (Titus Maccius Plautus), voir l’entrée “Littérature pré-républicaine: 2. IIIe siècle AEC

[ Index ]

Cogitationes me / Thoughts for myself [002.025.350]

VIII. It is still so true (and even more now)

Lately, I couldn’t stop thinking about the opening scene of the first episode of the 2012 TV series The Newsroom. What the anchor Will McAvoy (Jeff Daniels) says in that scene is still so true despite the fact it was aired thirteen years ago — and I feel it is even more pertinent today. The first season of the show was the best. All the political TV drama series by Aaron  Sorkin (mostly The West Wing in 1999-2006 [154 episodes] and The Newsroom in 2012-14 [25 episodes]) deserves a good viewing. They are not only entertaining, but it also makes you reflect on the nature of a strong democracy. Unfortunately, The West Wing is no longer available via streaming in Canada (not even on Crave), but The Newsroom is available on Crave/HBO. The famous opening scene is also available on YouTube (although in an edited version; another version is also edited.). I encourage you to have a look:

Revue de ‘zines [002.025.333]

Revue de ‘zines

Je continue (tant bien que mal) mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champ d’intérêt… Pour vous éviter le souci de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie, j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet, vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Animeland #251 (Juil.-Sept. 2025)

Ce numéro nous offre des dossiers sur Hokuto no Ken (manga, portrait de Tetsuo Hara (dessinateur), de Buronson (scénariste), les suites, Coamix (éditeur), entrevue avec Tsukasa Hôjô (co-fondateur de Coamix), l’anime et ses spin-off, l’adaptation française, rencontres avec Jun’ichi Hayama (animateur), Takuya Wada (animateur) et Yoshitomo Yonetani (assist. Prod.) et sur la Post-Apo (définition du genre, la fin du monde dans le mangas, rencontres avec Masakazu Ishiguro (auteur de Journey Beyond Heaven), Oh!Great (auteur de Kaijin Fugeki), ainsi que Kei Urana & Hideyoshi Andô (auteurs de Gachiakuta).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Wish List (nous offre une sélection de mangas, anime et goodies — où je note la parution de Le poème du vent et des arbres par Keiko Takemiya chez naBan), Aparté (entrevue avec You Chiba, autrice de Kindergarten Wars), Focus Taïwan (entrevue avec Chang Sheng, auteur de Yan et de Baby), Japon (Entrevue avec Hyuganatsu, auteur du roman Les carnets de l’apothicaire), Hommage (Kazuo Umezu), et Postface.

À lire pour tous fans d’anime.

Animeland #252 (Oct.-Déc. 2025)

Ce numéro nous offre un dossier sur Neon Genesis Evangelion (Studio Gainax, une exposition sur les 30 ans de Nadia: Le secret de l’Eau Bleue, Rencontre avec Hiroaki Inoue (ex-VP), l’impact au Japon, origine et production, rencontres avec Kazuya Tsurumaki (réalisateur adjoint), Mahiro Maeda (directeur, designer et animateur), et Yôji Enokido (co-scénariste), portrait de Hideaki Anno, la manga, rencontres avec Yôko Takahashi (interprète de l’OP), Yûsuke Matsui (animateur 3D), panel des 30 ans de EVA à Japan Expo, Studio Trigger: héritier de Gainax, et rencontre avec Yoshimichi Kameda (animateur)).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Wish List (nous offre une sélection de mangas, anime et goodies), Aparté (entrevue avec KENT (auteur deGreat Kaiju Gaea-Tima) et Takeshi Koike (Redline)), et Hommage (Éric Legrand, voix de Végéta et Seiya).

À lire pour tous fans d’anime.

dBD #196 (Sep.-Oct. 2025)

Dans le cahier actualités on mentionne la parution de l’édition prestige de Black Paradox par Junji Ito chez Delcourt/Tonkam, du Dorohedoro All-Star Guide Book par Q-Hayashida chez Soleil, et de Jeux de nuit par Tadao Tsuge chez Cornelius. On y retrouve également un article sur la réédition de Gen aux pieds nus T.1 par Keiji Nakazawa chez Le Tripode.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Cosey sur sa série Jonathan et Yiyun, tous deux chez Le Lombard. Les entrevues se poursuivent avec Dominique Hé (sur La porte ouverte, 1971-1977: Mes années Moebius, chez Glénat), David B. (sur Monsieur Chouette chez L’Association), Alison Bechdel (sur Spent chez Denoël Graphic et sur l’exposition au Cartoonmuseum de Bâle), et Yann Le Bec (sur Les Singes chez Dupuis/Les Ondes Marcinelle).

Dans le Cahier Critique je note seulement Mujina Into The Deep par Inio Asano chez Kana (Top!; “À l’esthétique léchée (…) et à la psychologie particulièrement travaillée, ce seinen prend la latitude de la pleine page et de la composition aérée (…) pour étaler l’insolente virtuosité d’Asano”). “Ça vaut le détour” commente quelques titres supplémentaires.

Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Ruridragon T.1 (Masaoki Shindo, chez Glénat), Engineer T.1-2 (Ikeda Kunihiko, chez Kotodama), The Strange House T.1 (Kyo Ayano d’après Uketsu, dont le roman parait simultanément au Seuil), Super Ball Girls T.1 (Maneyuki Kaneshiro & Akira Hiramoto, chez Soleil), En Pays Lointain (Masumi Sudo, chez Nobi Nobi), Le Dernie Écho de notre Existence T.1-2 (Yasuo Ohtagaki & Yuuki Ohta chez Moonlight).

Et finalement quelques rubriques : Le dessin du mois (l’affiche de Aude Picault pour le festival de BD de Delémont), L’Art de la couverture (Ohio: La belle rivière par Fred Duval, Brada, Jean-Paul Fernandez et Emem chez Delcourt), Avant-Première (7 pages de Les cheveux d’Édith par Fabienne Blanchut, Catherine Locandro et Dawid chez Dargaud), Talent à Découvrir (Corentin Garrido, pour Le Bonheur, chez Le Monte-En-L’Air) et Humeur.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

Métal Hurlant N°15 (mai 2025)

Ce numéro regroupe 29 courts récits et 8 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème de l’immensité et des mystères des océans, sous le titre “Les Mondes du Silence”! Comme pour les numéros que j’ai commentés précédemment, si souvent les styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas toujours de mon goût, j’ai toutefois trouvé quelques-un des courts récits plutôt intéressants — quoi que tous méritaient sans doute d’être lus. J’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants (narrativement et/ou graphiquement)…

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “L’Océan qui chante” (Fabrizio Dori, 9 pgs, couleur), “Europa” (Fabien Grolleau & Abdel de Bruxelles, 11 pgs, coul.), “Au-delà de l’océan” (Valentin Ramon, 7 pgs, coul.), “Narcose” (Zéphir, 9 pgs, coul.), “La plage” (Simeon van den Ende & Pim Bos, 9 pgs, coul.), “Achane” (Edo Brenes, 9 pgs, coul.), “Pour l’humanité” (Joseph Falzon, 9 pgs, coul.), “Les lueurs de la nuit, l’abîme et le naufragé des étoiles” (Homero Rios & Leno Carvalho, 7 pgs, N&B), “Le plongeon” (Jean-Luc Cornette, 5 pgs, coul.), “La tribu de l’eau” (Marco Taddei & Samuele Canestrari, 7 pgs, duotone), “Thurs. 7:13 PM” (Thomas Bidault, 5 pgs, coul.), “Mocha – Pêche interdite” (Marc Caro & Cecyle Bay, 9 pgs, coul.), “Limon” (Juliette Hayer, 9 pgs, coul.), “Megasillon” (Arthur de Pins, 9 pgs, coul.), “Enterré” (Ryan Barry, 9 pgs, N&B), “Soupe primordiale” (Laurent Siefer, 11 pgs, coul.), “Le pêcheur ds abysses” (Miel Vandepitte, 7 pgs, coul.), “Abyssal transfert” (Richard Guérineau, 9 pgs, coul.), “Chasse sous-marine” (Gloria Ciapponi & Luca Conca, 7 pgs, coul.), “Deux frères” (Gamberoussette, 5 pgs, coul.), “Les astro-nautiques” (Alexandre Ristorcelli, 8 pgs, coul.), “Blind Taste” (Marc Caro, 3 pgs, N&B), “Maelström” (Brouette Hurlante, 5 pgs, coul.), “Intrication au naturel” (Grégory Panaccione & Giorgio Gualandris, 7 pgs, N&B), “Océanisation” (Étienne Appert, 11 pgs, coul.), “La grande marée” (Camille Moulin-Dupré, 9 pgs, N&B), “TOL” (Damien Cuvillier, 5 pgs, coul.), et “Caralisator” (Michaël Sanlaville, 7 pgs, coul.).

Inégal, mais une bonne lecture quand même.

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanosNelliganWikipedia ]

La Littérature romaine (7)

Époque classique (1): Sous la République

c) L’après-Cicéron

Comme nous présentons cette liste d’auteurs dans l’ordre de leur date de naissance “l’après-Cicéron” représente simplement les auteurs nés après Cicéron, c’est-à-dire à partir de 105 AEC. Cette période inclut des auteurs notoires comme Jules César, Cornélius Népos, Lucrèce, Diodore de Sicile, Salluste et Catulle.

Ateius Philologus est né à Athènes, mais est capturé lors de la prise de la ville par Sylla en 86. Il est réduit à l’esclavage, mais semble avoir été rapidement affranchi et devient philologue et grammaticus (enseignant) à Rome. Il aurait écrit plus de huit cents livres dont il ne reste que quelques fragments. Ses ouvrages connus inclus des essais de recherche pour ses patrons (Breviarium rerum omnium Romanarum [abrégé de l’histoire de Rome] pour Salluste et Antiqua verba et figuras [règles de l’art d’écrire] pour pour Asinius Pollio) ainsi que le Glossematorum libri [glossaire de mots rares ou obsolètes].

Poète satirique originaire de Crémone, qui fréquentait le cercle des poetae novi, dont Valerius Caton et Caius Valerius Catullus. Il est surtout connu pour ses épigrammes, mais on lui connait aussi Lucubrationes (“Élucubrations”, sans doute une oeuvre d’érudition en prose) et Pragmatia belli Gallici (un poème épique sur la guerre des Gaules), dont il ne reste que quelques fragments.

Homme d’État (Légat [61-58], Préteur [54]) et militaire romain (guerre marsique, guerre civile, bataille de Pharsale), il est un ami d’enfance de Cicéron. Il aurait écrit des ouvrages philosophiques et des annales qui ne nous ont pas été conservés.

Asclepiodotos est un philosophe (élève du stoïcien Posidonios) et tacticien grec ayant vécu au 1er siècle AEC. Il aurait écrit une Histoire Naturelle (citée par Sénèque) et un Traité de tactique (τακτικὰ κεφάλαια) en douze chapitres sur le fonctionnement de la phalange macédonienne qui nous est parvenu en une douzaine de manuscrits (disponible aux Belles Lettres et chez Loeb, ainsi que dans le domaine public: Archive, Penelope).

  • Nom: Caius Rabirius
  • Date: 1er s. AEC
  • Genre: Poésie (Épique), Philosophie ?

Poète latin du 1er siècle AEC (mentionné par Velleius Paterculus, Ovide, Quintilien et Sénèque) et à qui on attribue le poème épique De Bello Actiaco sur la bataille d’Actium (dont un fragment de soixante-sept hexamètres aurait été trouvé dans les papyrus d’Herculanum).

Dramaturge latin, mentionné par Macrobe, qui aurait écrit vers 30 AEC une quarantaine de farces Atellane (Atellanae Fabulae) dont seulement une centaine de vers ont été conservés.

  • Nom: Valerius Caton
  • Date: 1er s. AEC
  • Genre: Poésie, Traité (Grammaire)

Poète et grammaticus latin d’origine gauloise (selon Suétone) qui a vécu au 1er siècle AEC et aurait été dépouillé de ses biens lors des réquisitions de Sylla. Il aurait écrit des traités de grammaire et des poèmes (dont on ne connait que quelques titres comme Dires [Imprécations], Lydie, Diane) mais rien n’en a été conservé. Son élève Marcus Furius Bibaculus le mentionne dans deux épigrammes. Il aurait été un des chefs de file du mouvement néotérique (les poetae novi).

  • Nom: Caius Oppius
  • Date: 1er s. AEC
  • Genre: Histoire (Biographie)

Homme politique d’origine équestre et possiblement issue d’une famille de banquiers, il est l’ami de César et s’assure de la transmission de ses courriers durant la guerre des Gaules, puis gère ses affaires à Rome durant la guerre civile, servant d’intermédiaire auprès de Cicéron. Comme il ne participe à aucune des deux guerres, il est peu probable qu’il soit l’auteur des Commentaires du Pseudo-César. Il écrit des biographies de Scipion l’Africain, de César (incluant un pamphlet niant qu’il soit le père de Ptolémée XV) et même de Cassius, mais aucune de ces oeuvres n’a été conservée.

Jules César est un homme d’État et militaire romain (Tribun militaire [?], Questeur [69], Édile Curule [65], Grand Pontife [63-44], Préteur [62], Propréteur en Bétique [61], Consul [59, 48 et 46-44], Proconsul de Gaule cisalpine et transalpine [58-50], Imperator [51, 44], Dictateur [49, 47, 46-44], Père de la Patrie [45] et Divus [44]) qui a eut une influence telle sur la politique de la fin de la République que cette période est parfois appelée l’âge césarien (Aetas Caesaris). Il nait dans une importante famille patricienne, les Iulii, dont il est le quatrième à porter ce nom. Il grandit durant la période trouble de la première guerre civile, se trouvant dans la faction des populares. Il rejoint l’armée en 80 et sert en Asie. Il étudie la rhétorique avec Apollonius Molon, puis, de retour à Rome vers 78, il entame sa vie publique en intentant un procès à Cnaeus Cornelius Dolabella, puis à Caius Antonius Hybrida. Il se lance ensuite dans le cursus honorum vers 70 et démontre rapidement une grande ambition: fort d’une alliance secrète avec Crassus et Pompée (le premier triumvirat), il est élu Consul dès 59, puis, en 58, Proconsul des Gaules cisalpine et transalpine ainsi que de l’Illyrie, avec le commandement de quatre légions — exceptionnellement pour cinq ans ! — où il s’illustre grandement en faisant la conquête des Gaules (et une brève incursion en Bretagne en 55). Le Sénat, craignant que César et Pompée aient acquis trop de pouvoir, leur demande de déposer les armes. Ils refusent et, leur alliance étant rompue, se lancent plutôt l’un contre l’autre, dans une lutte pour le contrôle de l’État (César ayant l’appui du peuple et Pompée le support des conservateurs). C’est donc à nouveau la guerre civile: César franchit le Rubicon en janvier 49 et se lance à la poursuite de Pompée et de ses alliés, d’abord en Italie, puis à Marseille, en Espagne, en Grèce, en Égypte, en Afrique, et de nouveau en Espagne en 46. En février 44, le Sénat lui confère la dictature perpétuelle, ce qui est trop de pouvoirs pour certains. Ses opposants (principalement Brutus et Cassius) y voient la fin de la République et complotent contre lui, puis l’assassinent aux ides de mars 44. Par ses multiples réformes, il laissera une marque indélébile sur la société romaine.

Comme beaucoup de patriciens, c’est un homme éduqué et, donc, un homme de lettres. Il aurait écrit dans sa jeunesse des essais (Éloge d’Hercule, Tragédie d’Œdipe, Recueil de mots remarquables) et de la poésie (dont le Voyage). Nous lui devons également un traité de grammaire en deux tomes (De analogia). En tant que bon orateur, il aurait aussi écrit quelques discours: des éloges funèbres en 68 pour sa tante Julia (Laudatio Iuliae amitae) et pour son épouse Cornelia, un sur la conjuration de Catilina, son Anticato en 45 pour répondre au panégyrique de Caton par Cicéron, un aux soldats en Hispanie (Apud milites) et un à la défense de Metellus. De toutes ces oeuvres rien ne subsiste.

Toutefois, la postérité lui a conservé une oeuvre majeure avec l’ensemble de ses Commentaires (Commentarii rerum gestarum). Ce ne sont ni des ouvrages historiques ou des annales, ni une biographie, mais plutôt un journal de campagne où il commente ses actions et les événements dont il est témoin dans des notes personnelles qu’il publie par la suite probablement à des fins de propagande. Cette oeuvre inclut deux commentaires dont l’attribution est incontestée et trois autres qui sont fort probablement apocryphes:

  • De Bello Civili (Le Commentaires sur la Guerre civile fait le récit de la guerre civile entre César et Pompée, composé de trois livres écrits au fur et à mesure que les événements se déroulent en 49-48 et complétés dans les années qui suivirent (possiblement en 47 ou 45), puis publiés soit du vivant de César à des fins de propagandes, soit peu après sa mort en 44; disponible aux Belles Lettres [Tome I, Tome II], chez Loeb, dans de nombreuses autres éditions [FR / EN], ainsi que dans le domaine public: BCS, ICA, Penelope, Perseus, Wikisource [FR / EN]).
  • De Bello Hispaniensis (Le Commentaires “Sur la guerre d’Hispanie” relate les campagnes de César sur la péninsule Ibérique où s’insurgent en 46-45 les derniers éléments des partisans de Pompée (son fils et Titus Labienus) qu’il vainc à la bataille de Munda. Composé d’un seul livre, il a été écrit vers 40 par un auteur anonyme (“Pseudo-César”, probablement un des légats de César ou  un officier de cavalerie). Il est disponible aux Belles Lettres, chez Loeb, ainsi que dans le domaine public: BCS, Penelope, Wikisource [FR / EN]).

Riche sénateur romain, ami de Cicéron, qu’il soutient en 63 avec des discours contre Catilina. Il se présente aux élections consulaires de 60 au côté de César, mais est défait par Marcus Calpurnius Bibulus. Il se retire alors de la scène politique pour se consacrer à écrire une histoire de la guerre sociale, puis de la guerre civile (qu’il ne complètera pas). Cicéron lui demande d’écrire une histoire de son consulat, mais il ne le fait pas. Ses oeuvres n’ont pas été conservées. La dernière mention que nous avons de lui est une lettre de condoléances à Cicéron lors du décès de sa fille Tullia en 45.

Auteur romain polyvalent et vulgarisateur, il était ami de Cicéron, Atticus et Catulle. Il aurait écrit de la poésie, des ouvrages historiques ou d’histoire naturelle, et un ouvrage de géographie, mais les oeuvres que nous connaissons de lui sont surtout des biographies élogieuses (laudationes) et anecdotiques, dans un style pompeux, mais fade, et qui se soucient peu de la véridicité. La plupart de ses oeuvres ont été perdues ou ne nous sont parvenues que par fragments:

  • Chronica (“Chroniques” compilant en trois livres des grands événements de l’histoire du monde, perdu)
  • Exempla (“Exemples” en cinq livres formant une histoire des moeurs romaines, perdue)
  • Une biographie de Caton l’Ancien (Disponible aux Belles Lettres, chez Loeb, ainsi que dans le domaine public:  AgoraClass, Tertullian, Wikisource [FR / EN])
  • Une biographie de Cicéron (perdue)
  • De viris illustribus (Une “Histoire des grands hommes” en seize livres dédiés à Atticus présentant des vies de rois étrangers et romains (livres I-II), de capitaines remarquables étrangers et romains (III-IV), de jurisconsultes grecs et latins (V-VI), d’orateurs grecs et latins (VII-VIII), de poètes grecs et latins (IX-X), de philosophes grecs et latins (XI-XII), d’historiens grecs et latins (XIII-XIV), et de grammairiens grecs et latins (XV-XVI); seul a été conservé le livre III, De excellentibus ducibus exterarum gentium [Des capitaines remarquables des pays étrangers” en vingt-cinq chapitres] contenant les vies, entre autres, de Hannibal (chapitre 23), Aristide (chap. 3), Atticus (chap. 25), Pausanias (chap. 4), Thémistocle (chap. 2) et Timothée (chap. 13); la plupart des éditions incluent également la biographie de Caton mentionnée plus haut; Disponible aux Belles Lettres, chez Loeb, ainsi que dans le domaine public: AgoraClass, Attalus, Tertullian, Wikisource [FR / EN])

Lucrèce est un poète philosophe du 1er siècle AEC dont nous connaissons peu de chose, mais qui a eut une grande influence sur la pensée de la Renaissance et des Modernes. Il n’a écrit (ou on n’en a conservé) qu’un seul ouvrage : De rerum natura (De la nature des choses / De la nature) qui est un poème épique en six parties, écrit en hexamètre dactylique (7415 vers), décrivant de façon concrète les objets et le vivant qui constituent le monde, en suivant les principes de l’épicurisme. Peu d’ouvrages d’Épicure nous sont parvenus intactes et Lucrèce est l’un des premiers Romains à en exposer clairement la doctrine philosophique. Celle-ci est étonnamment originale et précurseur: critique de la superstition et de la religion, atomisme et matérialisme, un univers sans limite, une étude rationnelle de la nature qui est à la base de la méthode scientifique et du concept de sélection naturelle. L’ouvrage est disponible aux Belles Lettres, chez Budé, ainsi que dans le domaine public: AgoraClass, Codex, Gutenberg Project, Wikisource [FR / EN].

Homme d’État et militaire romain (Légat de César en Gaule [58-54], Tribun [48-47], Triumvir monetalis [46], Préteur [46 ?], Propréteur en Gallia Belgica [45 ?], Consul [43]) d’origine plébéienne, il est ami et aide de César. Il aurait écrit le livre VIII de la Guerre des Gaules de César ainsi que le De Bello Alexandrino [voir la notice sur César pour ces deux ouvrages]. Il étudiait la rhétorique auprès de Cicéron, mais les neuf livres de leur correspondance n’ont pas été conservés. Après la mort de César, il a rejoint les rangs d’Octavien. En 43, il est envoyé par le Sénat pour défendre la ville de Modène qui est assiégée par Marc Antoine, et, malgré la victoire, il meurt au combat le 21 avril. À la demande de Cicéron, il reçoit des funérailles publiques et le titre d’imperator.

Homme politique romain (Questeur [48], Propréteur en Illyrie [48], Augure [47], Légat en Cilicie et Syrie [46], Préteur [45], Gouverneur d’Afrique proconsulaire [44], Triumvir monetalis [42?], Sénateur) d’origine plébéienne. Il est ami avec Cicéron et Catulle. Orateur et poète, on lui attribue un poème épique (épyllion) intitulé Glaucus qui ne nous est pas parvenu.

  • Nom: Diodore de Sicile (Διόδωρος Σικελιώτης)
  • Date: c90 – 20 AEC
  • Genre: Histoire, Traité (Géographie)

Historien grec originaire d’Agyrion en Sicile, il étudie la rhétorique. Entre 60 et 56, il voyage en Europe, en Asie et en Égypte avant de s’établir à Rome. Il consacre une trentaine d’années de sa vie à l’écriture en grec d’un seul ouvrage, la Bibliothèque historique [Βιβλιοθήκη Ἱστορική], composé de quarante livres dont seulement quinze ont été conservés intégralement (les livres I à V et XI à XX, en plus de quelques fragments) et qui aurait été publié vers 30. Il y traite de géographie et de mille ans d’histoire du monde connu, des origines mythiques à Jules César, présentant les événements dans l’ordre chronologique en trois segments: la Grèce et l’Asie Mineure, la Sicile, et Rome. On lui attribue la célèbre liste des Sept Merveilles du monde antique. L’ouvrage est disponible aux Belles Lettres, chez Loeb ainsi que dans le domaine public: Mediterranees, Mercure, Perseus, Remacle, Wikisource [FR / EN].

Salluste est un homme politique et militaire romain (Questeur [55, 48], Tribun de la plèbe [52], Commandement de la flotte de César en Illyrie [c50?], Commandement en Campanie [48], Préteur [47], Gouverneur de Numidie [46-45], Sénateur) originaire d’une famille plébéienne de Amiternum. Ami de César, il soutient le parti des populares contre les optimates de Pompée et Cicéron. Il se retire de la vie publique après la mort de César et se consacre probablement à l’écriture d’ouvrages historiques. On lui attribue également des “Lettres à César” et une “Invective contre Cicéron,” mais ceux-ci sont fort probablement apocryphes ou pseudépigraphes.

  • Nom: Cornificia
  • Date: c85 – c40 AEC
  • Genre: Poésie

Poétesse romaine, soeur du poète Cornificius [voir plus haut], elle aurait écrit des épigrammes. Son oeuvre est perdue, mais nous est connue par Jérôme de Stridon, qui mentionne “Hujus soror Cornificia, cujus insignia exstant epigrammata” [“Sa sœur était Cornificia, dont il nous reste des épigrammes remarquables” — Hieronymi Chronicon, p. 241]. Elle est également mentionnée sur la dédicace d’un monument épigraphique de Rome: CORNIFICIA Q. F. CAMERI Q. CORNIFICIUS Q. F. FRATER PR. AUGUR [“Cornificia, fille de Quintus, épouse de Camerius, [et] son frère Quintus Cornificius, Préteur et Augure” — CIL, VI, 1300a].

Catulle est un jeune poète romain né, au sein de l’importante famille des Valerii, dans la région de Vérone en Gaule cisalpine. Il fait partie du cercle des noui poetae et dès 68 fréquente les personnalités publiques de Rome comme César, Cicéron, Cornelius Népos et Asinius Pollion. De 62 à 58, il est inspiré par sa maîtresse Lesbie (personne réelle — identifiée possiblement comme Claudia, épouse de Metellus et soeur de Clodius Pulcher — ou imaginaire?). En 57-56, après une rupture difficile, il accompagne son ami Caius Memmius, propréteur en Bithynie. On lui connait une centaine de poèmes de longueur variée (allant de pièce courte jusqu’à 408 vers): des poèmes d’amour ou érotique (inspirés par sa maîtresse Lesbie ou son éromène Juventius), des poèmes élégiaques plus raffinés sur des thèmes mythologiques, ou encore des épigrammes, tous regroupés sous le titre Carmina et classés selon leur métrique (en vers iambiques [poèmes 1 à 60], en hexamètres dactyliques [62-64], et en distique élégiaque [65-116]). Son oeuvre est disponible aux Belles-Lettres, chez Loeb ainsi que dans le domaine public: BCS, Méditerranées, Project Gutenberg, Remacle, Wikisource [FR / EN].

Jurisconsulte romain réputé originaire d’une famille équestre de Vélia sur la côte tyrrhénienne de Campanie. Il est un protégé de Cicéron, avec qui il entretient une correspondance (voir les Ad Familiares, VII: lettres 6 à 22), et qui le recommande à César. Il participe sans enthousiasme à la campagne des Gaules, puis prends le parti de César durant la guerre civile. Cicéron écrit ses Topica pour lui. Après la mort de César, il continue son travail de juriste sous Auguste. Il écrit des traités sur le droit (de iure civili) et Des pratiques religieuses (de religionibus), un ouvrage de dix livres, qui n’ont pas été conservés. Plusieurs de ses décisions feront jurisprudence et seront codifiées dans les textes de lois romaines (les Institutes de Gaius et dans le Digesta de Justinien).

Orateur et poète romain, il est le fils de l’historien Caius Licinius Macer. Il est avocat en même temps que Cicéron, mais favorise un style oratoire opposé, l’atticisme, qui est plus dépouillé. Ami de Catulle, il écrit des poèmes élégiaques et satiriques dont nous n’avons conservé que des fragments.

Prochainement: La littérature romaine (8): Époque classique (2): Sous le Principat

[ Index ]

La Littérature romaine (6)

Époque classique (1): Sous la République

b) Cicéron

  • Nom: Marcus Tullius Cicero
  • Date: 106 – 43 AEC
  • Genre: Discours, Traité (Philosophie, Rhétorique), Correspondance, Poésie

Cicéron est un avocat, magistrat, philosophe, orateur de talent et auteur prolifique. Né à Arpinum dans une famille de la classe équestre (mais pas dans la nobilitas, ce qui fait de lui un homo novus), il fait des études en rhétorique, droit et philosophie. Il fait ses débuts comme avocat en 81 puis se lance dans le cursus honorum (questeur [en 75], édile [en 69], préteur [en 66], consul [en 63], proconsul en Cilicie [en 51-50] et sénateur). Il n’est pas aussi riche que son ami Atticus, mais il possède plusieurs propriétés et est suffisamment à l’aise pour pouvoir se consacrer au droit (une entreprise bénévole pour un sénateur) et à la philosophie. Toutefois, ses tergiversations politiques et ses plaidoiries lui font beaucoup d’ennemis et il doit s’exiler à plusieurs reprises. Inévitablement, après avoir choisi le parti d’Octave dans la guerre civile et prononcé des discours incendiaires contre Marc Antoine (les Philippiques), il est proscrit et assassiné sur l’ordre de ce dernier en décembre 43. Selon Plutarque, sa tête et ses mains coupées (celles-la même qui avaient écrites les Philippiques) sont exposées à la tribune des Rostres.

Cicéron est sans aucun doute le plus grand auteur latin classique, tant par la qualité stylistique et la diversité que par la quantité de ses ouvrages [voir aussi la liste en anglais: “Writings of Cicero”]. Je ne développerai pas trop sur son œuvre, car elle est non seulement volumineuse et compliquée à traduire, mais surtout fastidieuse à lire (particulièrement ses discours; ses lettres sont toutefois plus intéressantes). En effet, pour bien comprendre — et surtout apprécier — les discours et les lettres de Cicéron, il faut avoir une excellente connaissance de la politique et de la société de l’époque (l’entourage de Cicéron, ses alliés et ses ennemis), ce qui n’est guère facile.

Voici une liste de ses ouvrages regroupés par genres (en ordre d’importance) et par ordre chronologique (dont les textes originaux, et parfois leurs traductions, sont disponibles sur des sites du domaine public comme Attalus, Remacle ou Wikisource):

Discours & Plaidoiries

Des quatre-vingt-huit discours (judiciaires et politiques) de Cicéron qui nous sont connu, seulement cinquante-huit ont été conservés:

Traités de philosophie

Cicéron aurait écrit une vingtaine de traités philosophiques:

Traités de rhétorique

Nous connaissons sept ouvrages de Cicéron sur l’art de la rhétorique:

Correspondance

Tout au long de sa vie, Cicéron a entretenue une abondante correspondance avec sa famille (son frère Quintus, son épouse Terentia), ses amis (Atticus, Brutus), ses relations (politiques ou d’affaires [commerçants ou clients]). La grande majorité de cette oeuvre épistolaire a été perdue, mais plus de huit cent lettres nous sont tout de même parvenues. Écrites entre 63 et 42, elles ont été publiée de manière posthume soit par son secrétaire Tiron, soit par son ami et éditeur Atticus (qui a prit la peine de n’inclure aucune de ses propres lettres et d’omettre toute correspondance qui aurait pu être compromettante pour leur auteur).

Poésie

Comme tout le monde, Cicéron a écrit un peu de poésie, surtout dans sa jeunesse et après s’être rallié à César, dont il ne reste que quelques fragments.

  • Pontius Glaucus (poème composé avant 90 et dont il ne reste aucun fragment)
  • les Phénomènes (adaptation latine d’un poème d’Aratos de Soles, composé vers 85)
  • Marius (un épopée à son compatriote d’Arpinum, Caius Marius, écrit vers 86 dont il ne reste qu’un extrait de treize vers)
  • De consulatu suo (De son consulat, trois chants autobiographique écrits en 60 dont il ne reste que quelques fragments)
  • De temporibus meis (Sur les vicissitudes de sa vie, trois chants écrit en 56 dont seulement deux vers sont conservés)
  • Poema ad Caesarem (un poème sur l’expédition de César en Bretagne mentionné dans une lettre à Quintus en 54 dont il ne reste aucun fragment)

Comparé aux autres auteurs de l’antiquité, la quantité des oeuvres de Cicéron qui nous sont parvenues est phénoménale. J’en ai quelques unes dans ma bibliothèque (Des termes extrêmes des biens et des maux T.1 et T.2, Traité des lois, Traité du destin, Divisions de l’art Oratoire / Topiques, De l’orateur T.1, T.2, T.3, Catilinaires, Pour le poète Archias / Pour L. Flaccus, Lettres à Atticus t.3) et je me promet bien de bientôt en (re)lire au moins une partie.

Si les discours et les lettres de Cicéron s’avèrent une source inestimable pour mieux connaître et comprendre la société romaine de la fin de la République, ce sont ses traités que je trouve le plus intéressants car ils révèlent une pensée critique et un profond désir de connaissance et d’humanisme qui semble malheureusement perdu de nos jours et que beaucoup de nos jeunes contemporains gagneraient grandement à acquérir.

Prochainement: La littérature romaine (7): Classique 1: Sous la République, c) L’après-Cicéron

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La Littérature romaine (5)

Époque classique (1)

Introduction

L’époque classique représente l’âge d’or de la littérature romaine. La langue latine a évolué dans sa forme et son vocabulaire permettant ainsi d’exprimer des idées et des sentiments plus complexes (il s’agit ici bien sûr de la langue littéraire, écrite, que l’on connait beaucoup mieux grâce aux textes de l’époque qui ont été préservés; la langue parlée par le peuple, le “latin vulgaire” dont on connait peu de choses, avait probablement un vocabulaire plus pauvre, une grammaire simplifiée et une prononciation qui divergera de plus en plus du latin classique). C’est sans doute pourquoi les plus grands auteurs romains ont vu le jour à cette époque.

L’époque classique se situe au 1er siècle AEC, mais on la divise généralement en deux périodes distinctes: sous l’apogée de la République, durant la période cicéronienne (de 106 à 43 AEC) et sous le Principat d’Octave, durant la période augustéenne (de 43 AEC à 14 EC). On dénombre durant ces périodes une soixantaine d’auteurs dont plus du quart sont considéré important, car ils nous ont non seulement transmis leurs œuvres et ont contribués de façon significative à l’avancement de la culture romaine, mais ont même influencés l’ensemble de la civilisation humaine.

Sous la République, Période cicéronienne

L’âge d’or de la République est marqué par une période de troubles politiques et militaires. Après la Guerre sociale, qui oppose Rome à ses alliés italiens entre 90 et 88, Rome est secouée par plusieurs guerres civiles. Dans un premier temps, les optimates, partisans de Sylla, s’opposent à Marius, qui est à la tête des populares (en 88-86 et en 83-82). Toutefois, cette période débute véritablement après la mort de Sylla, en 78. Les nouveaux conflits seront alors dominés par les luttes de pouvoir entre les membres des triumvirats. Le premier triumvirat (composé de Jules César, Crassus et Pompée) donnera lieu à la guerre civile de César (49 – 45). Durant le second triumvirat (composé de Marc Antoine, Lépide et Octave), les héritiers de César doivent d’abord affronter les partisans de ses meurtriers (Brutus et Cassius), dans ce qu’on appellera la guerre civile des Libérateurs (43 – 42). Puis ils se disputeront le pouvoir entre eux: Octave contre Marc-Antoine (guerre civile de Modène en 43), contre Pompée (Révolte sicilienne en 44 – 36), contre les partisans de Marc-Antoine (son frère et son épouse, dans la guerre de Pérouse en 41-40) et finalement contre Marc-Antoine et Cléopâtre VII avec la dernière guerre civile (32 – 30) qui culmine avec la bataille navale d’Actium (le 2 septembre 31) et la victoire d’Octave, ouvrant la voie à la Pax Augusti (et ultimement à la Pax Romana).

Toute cette agitation est fort propice au travail des historiens et des orateurs (qui y trouvent maintes occasions de faire des discours politiques ou des plaidoiries pour ou contre les différents acteurs de ces manigances politiques). Cette période est appelée “cicéronienne” (ou parfois Aetas Caesaris,âge césarien”), car elle est surtout dominée par l’œuvre d’un seul auteur: Marcus Tullius Cicero.  On retrouve toutefois une demi-douzaine d’autres auteurs importants pour cette période: Varron, Jules César, Cornelius Nepos, Lucrèce, Salluste et Catulle. Voici une liste (la plus exhaustive possible) des auteurs qui ont vécu ou ont été actifs durant cette période :

a) L’avant-Cicéron

Poète romain cité par Aulu-Gelle et Apulée dont nous n’avons conservé que deux épigrammes en distiques élégiaques qui traitent de thèmes amoureux.

Militaire (tribun militaire à Numance en 134-132) et historien romain cité par Aulu-Gelle, qui recherche à faire une historiographie pédagogique démontrant “dans quel but et de quelle manière ces actions ont été accomplies” afin de les mettre dans leur contexte politique.

Poète grec originaire de Gadara (Jordanie), mais qui aurait grandi à Tyr, puis vécu sur l’île de Cos.  On lui connait cent-trente-deux poèmes, principalement des épigrammes amoureux et quelques épitaphes. Il aurait également écrit des ouvrages philosophiques et des satires qui sont maintenant perdues. Il est surtout connu pour avoir publié vers 100 AEC l’anthologie La Couronne (Στέφανος / Stéphanos), qui recueillait une centaine d’œuvres variées (poésie élégiaque, chansons, épigrammes, etc.) de plus de quarante-huit poètes et poétesses, qui étaient chacun représentés par une fleur ou une plante, formant ainsi une “couronne de poètes” (d’où le titre). Il aurait ainsi créé le concept d’anthologie (qui signifie en grec “cueillette de fleurs”) et formé la base de ce qui deviendra plus tard l’Anthologie grecque.

Poète Syrien naturalisé romain qui a chanté des épopées militaires (Guerre des Cimbres) ou panégyriques (Consulat de Cicéron). Il pratiquait l’improvisation poétique et il ne reste de son oeuvre que quelques épigrammes. Il faisait partie du cercle littéraire de Lutatius Catulus et habitait même chez lui. Il aurait été le maître de Cicéron et celui-ci défendit son droit de citoyenneté dans son discours Pro Archia.

Varron est un politicien, militaire, magistrat (tresviri capitales [avant 90], questeur [c85], légat [78-77, 76-72, 49], proquesteur en Espagne [76-72], tribun de la plèbe [70], vigintiviri chargé de la distribution des terres en Campanie [59], préteur [?]), grand propriétaire terrien et érudit romain appartenant à l’ordre équestre. En 45, il est chargé par César de créer les premières bibliothèques publiques de Rome, mais lorsqu’il est proscrit par le second triumvirat en 43, celles-ci sont pillées. Il abandonne alors la vie publique pour se consacré à l’écriture. Il aurait écrit près de six cents volumes dont une cinquantaine nous sont connus de façon fragmentaire et un seul nous est parvenu dans son intégralité. Ses principaux ouvrages sont:

Fonctionnaire, enseignant et grammairien romain originaire de Beneventum. Parmi ses étudiants on retrouve Horace qui le décrit comme un personnage brutal et colérique. Il ne reste que quelques fragments de son œuvre (cités par Suétone, Isidore de Séville et Priscien), un ouvrage possiblement sur les difficultés de l’enseignement (intitulé Περί ἄλγεος / Perì álgheos / lit. “La Douleur”) et des traités de grammaire (notamment sur les synonymes).

Riche homme d’affaire, banquier et propriétaire terrien appartenant à l’ordre équestre. Érudit et disciple d’Épicure, il s’abstient de faire une carrière politique et préserve sa neutralité en finançant toutes les factions. Il est surtout connu pour être un ami proche de Cicéron et son éditeur.  Il a entre autres publié sa correspondance: d’abord avec lui-même (Ad Atticumdisponible sur Agoraclass), puis à son frère Quintus (Ad Quintum fratrem), à Brutus (Ad Brutum) et à ses amis (Ad familiares). Cicéron le cite souvent ou lui dédie des œuvres et son ami Cornelius Nepos lui consacre un chapitre de son De viris illustribus (chapitre 25 du livre III: Liber de excellentibus ducibus exterarum gentium, seul livre préservé et disponible dans le domaine public: Agoraclass, Wikisource). En plus de sa correspondance, il aurait écrit plusieurs ouvrages d’histoire (Liber Annalis), de poésie (Imagines), des généalogies de grandes familles romaines et un livre sur le consulat de Cicéron, mais aucune de ces œuvres n’a été préservée.

Politicien et magistrat romain (Triumvir monetalis [84], questeur [78], tribun de la plèbe [73] et préteur [68], propréteur [67]), il a écrit des discours et une histoire de Rome en seize livres qui est maintenant perdue, mais citée par des auteurs postérieurs (Tite-Live, Denys d’Halicarnasse, Macrobe). En 66, il est accusé de corruption et se suicide. 

Dramaturge et poète romain appartenant à l’ordre équestre. Il était un opposant de César et possédait un esprit sarcastique. Il a surtout écrit des mimes dont nous connaissons une quarantaine de titres (entre autres: Les foulons, Les fileuses, Le cordier, Le marchand de sel, Le teinturier, Le pêcheur, La courtisane, L’augure), mais dont il ne subsiste que quelques fragments (environ 150 vers) cités surtout par Macrobe.

Prochainement: La littérature romaine (6): Classique 1: Sous la République, b) Cicéron

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Revue de ‘zines [002.025.285]

Revue de ‘zines

Je continue (tant bien que mal) mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champ d’intérêt… Pour vous éviter le souci de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie, j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet, vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

dBD #195 (Juil.-Août 2025)

Dans le cahier actualités on mentionne la parution d’une étude sur le Boy’s Love (par Mayra Sudal & Priscilla Reculard, chez Ynnis), du manga Nikuko du port de pêche (par Kanako Nishi & Sugisaku, chez Rue de Sèvres), et de deux nouveaux numéros HS de Métal Hurlant: Hellfest et Le cahier de vacances. On y retrouve également un article sur la “Censure & BD: Des liaisons dangereuses?”

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Stanislas sur son nouvel album La Fin du monde, chez L’Association. Les entrevues se poursuivent avec Arthur H & Alfred (sur La solidité du rêve, chez Casterman), Dominique Ziegler, Baladi et Denis Robert (sur leurs livres Chacal Hebdo [chez Hoochie Coochie] et Mohicans, connaissez-vous Charlie? [chez Julliard et Florent Massot en poche], Sylvain Repos (sur Yojimbot T.4: Flammes de carbone, chez Dargaud), et Nicolas Presl (sur La ville, chez Atrabile).

Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Earth Expansion T.1 (par Yasshaa! & Hajime Yamamoto, chez Akata), Centuria T.1 (par Tohru Kuramori, chez Kurokawa), Beryl, De Paysan à Maître d’armes T.1 (par Kazuki Satô, chez Nobi Nobi!), Crows T.1 (par Hiroshi Takahashi, chez Kana), et la réédition de Les Années Douces (par Jirô Taniguchi, chez Casterman).

Dans le Cahier Critique je note seulement Le journal de Hanako par Machiko Kyô, chez IMHO (Top!; “Dessinatrice étonnantes par les sujets qu’elle traite, Machiko Kyô s’est intéressée dans le triptyque Girl x War x Fantasy à la place des femmes japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. (…) récit au trait onirique (…)”).

Et les rubriques : Expo du mois (“La lampe Cuny en dessin” à la galerie des Tanneries), L’Inédit du mois (Héros de BD: dessin collectif [G. Pichard, C. Godard, Druillet, Tardi, Tabary, N. Claveleux, F’Murr, JJ Loup, R. Franc, Moebius, S. Clerc, C. Montellier, O. Clavel, Mordillo, JC Forest, Reiser, E. Bilal, Gotlib, JC Mézières] par paru dans Le Bulletin des jeunes en 1977), L’Art de la couverture (Vincent avant Van Gogh, par Sergio Salma, chez Glénat), Intégrale (F’Murr), Avant-Première (extrait de Alva Odyssée, par Aksel Studsgarth & Daniel Hansen, chez Glénat), Hommage (François M. Froideval), et Humeur.

Changement de formule pour s’adapter à l’évolution du marché. Le magazine devient bimestriel, avec plus de pages (128) et plus de rubriques qui accorderont plus de place au auteurs…

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

Métal Hurlant N°13 (novembre 2024)

Ce numéro regroupe 28 courts récits et 11 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème de la vengeance! Comme pour les numéros que j’ai commentés précédemment, plusieurs des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas vraiment de mon goût, mais j’ai trouvé quelques-un des courts récits plutôt intéressants — quoi que tous méritaient sans doute d’être lus. J’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants (narrativement et/ou graphiquement)…

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Eolarf et Hieronimus” (par Thomas Bidault, 7 p. couleurs), “Tu te souviendras de moi” (par Kevin Sullivan & Simon Leclerc, 9 p. coul.), “Perpetuum vendetta” (par Marc Caro & Cecyle Bay, 7 p. coul.), “Good Boy” (par Matthew Allison & Jonathan Wayshak, 9 p. N&B/coul.), “Hine-Nio-Te-Pô” (par Joseph Callioni, 8 p. coul.), “Vengeance divine” (par Marvin Paval & Fabio Ruotolo, 9p. coul.), “Force de frappe” (par Miguel Vila, 9p. coul.), “Qui vole un oeuf…” (par Lars Gabel, 5 p. coul.), “L’Ombre perdue” (par Nikola Pisarev, 9 p. coul.), “Blattaria” (par Gwendal Briec, 7 p. coul.), “Le vide qui nous sépare” (par Valentin Ramon, 7 p. coul.), “Sous terre” (par Elie Huault, 7 p. N&B), “Le loup qui gagne est celui que tu nourris” (par Jerry Frissen & Afif Khaled, 7 p. coul.), “La Dame du jardin” (par Miguel Martinez Barbero, 7 p. coul.), “Pyrosphore” (par Jacques Després, 9 p. N&B), “Le reliquat” (par Matthew Sheean, 7 p. coul.), “Squash” (par Koren Shadmi, 9 p. coul.), “La machine qui rêve” (par Thierry Martin, 9p. coul.), “L’Oeil du singe” (par Akeussel, 7 p. coul.), “Grenouilles chevauchant un serpent” (par Florian Breuil, 7 p. coul.), “Cthulhu à la montagne” (par Pixel Vengeur, 6p. coul.), “Le voleur Hermès doit mourir” (par Rune Ryberg, 9 p. coul.), “L’Honneur exige satisfaction” (par Simon Roy & Artyom Trakhanov, 9 p. coul.), “Le petit secret” (par Pog & Sagar, 7 p. coul.), “Forme humaine” (par Zoeami, 5 p. coul.), “Viatinni” (par Ké Clero & Toth’s, 9 p. coul.), “La corneille” (par Eliot, 9 p. N&B/coul.), et “L’Échappée” (par Alberto Belmonte, 7 p. coul.).

Une belle découverte quand même.

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanosNelliganWikipedia ]

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iPhone 17 Pro

Si je me décide à changer de téléphone cellulaire, c’est surtout quand il y a des améliorations au niveau de la caméra, puisque c’est l’aspect de l’appareil que j’utilise le plus. Apple annonçait beaucoup d’améliorations de ce côté (particulièrement au niveau du zoom) j’ai donc décidé de faire le saut malgré le fait que l’appareil soit extrêmement dispendieux ($1600). Toutefois, en retournant mon ancien appareil et en payant mensuellement, ce n’est, après tout, pas si pire.

J’ai toujours trouvé que ce qui manquait vraiment à la caméra d’un téléphone, c’était un bon zoom. Après tout, on ne peut pas toujours trainer avec soit une lourde caméra DSLR avec lentilles interchangeable. Comme l’a déjà dit un photographe célèbre (je croyais que c’était Annie Leibovitz mais apparemment c’est David Bailey, quoi que la phrase a surtout été popularisée par Chase Jarvis et son livre), la meilleur caméra est celle que l’on a avec soit quand on en a besoin. J’espérais que l’amélioration promise au niveau du zoom donne des images de bonne qualité…

Donc, la première chose que j’ai faite après avoir configuré le téléphone a été de tester l’appareil photo. Et j’ai été très impressionné! Il nous reste à faire la comparaison entre… 

Les différentes lentilles de l’iPhone 15 Pro…

…et les différentes lentilles de l’iPhone 17 Pro :

Le test en extérieur (dans le parc) est encore plus impressionnant :

Et, finalement, le test de macro (dans le jardin):

Conclusion: l’achat en valait vraiment la peine…

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Anime & manga updates [002.025.256]

Anime & manga updates

Manben: Otomo

Urasawa Naoki & Otomo Katsuhiro

Another update on Manben: The latest episode of the NHK World documentary series Manben: Behind the Scenes of Manga with Urasawa Naoki (which introduces us to mangaka like Morohoshi Daijiro, Shigeru Mizuki, Nishi Keiko, Chiba Tetsuya, or Iwamoto Nao) is about Otomo Katsuhiro, the internationally renowned legend who created a masterpiece that shaped and revolutionized manga. Urasawa discuss his work with Otomo over the original pages of his manga Domu.

The episode originally aired in Japan on March 24, 2025, but the English version just aired on September 12 and 13, 2025 and is now available to view as VOD (Video on Demand) until September 27, 2025.

Paper film: The curious origins of color Anime

“Much of the first animation came out of France in the early 20th century, but developed mainly in the United States with the rise of film. In Japan, black and white animation began in the nineteen tens, but colour didn’t become prominent until the nineteen sixties. Except for a brief little-known chapter. A U.S. researcher has rediscovered and successfully restored coloured anime created here in the nineteen-thirties. (…) In the 1930s, Japan produced animated movies on paper, not celluloid. A U.S. professor has been restoring existing films, which were known for their full color.”

This news story aired on September 4th, 2025 and is now available as VOD. The 7-min. clip is also available on Youtube.

Adapting Anime Costumes for Live-Action

Direct Talk interviews the stylist and costume designer Nakahara Sachiko who “translates the looks of popular Japanese anime and manga characters into costumes for live-action adaptations. She talks about making an impact on the global stage.” The show aired on July 22, 2025 and is now available as Video On Demand (VOD) until July 22, 2026.

History Uncovered: The Hiroshige Code

“Influential ukiyo-e artist Utagawa Hiroshige‘s “100 Famous Views of Edo“, a series of prints encoding his view of the changing face of Japan.”  Art historian Toshinobu Yasumura, Professor Timon Screech, Hinohara Kenji and Manabu Oishi discuss, interpret and explain the messages hidden in Hiroshige’s art. This episode of “Time and Tide” aired on August 30, 2025 and is now available as Video On Demand (VOD) until August 29, 2026.

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Yukari ICHIJO

At the end of February, my wife received a care-package from her sister in Japan. She was doing some decluttering in their parents’ house and she sent my wife a bunch a manga that she had bought in the 70s. They are still in a perfect condition. That’s quite a memorabilia… It includes four manga series: the complete Versailles no bara by Riyoko IKEDA (10 vol.), the complete Designer by Yukari Ichijo (2 vol.), the complete Tea Time by Yukari Ichijo (2 vol.), and the first two volumes (of seven) of Suna no Shiro also by Yukari Ichijo. My wife never got to read the end of the latter because she left Japan. She particularly liked Yukari Ichijo, not because she cared much about her stories, but mostly because she greatly appreciated her shōjo style.

Everybody knows about IKEDA’s Versailles no Bara, but ICHIJO is not very well known in the West. However, Yukari ICHIJO (一条ゆかり) is an important and popular mangaka in Japan as she has published nearly fifty titles and received a couple of prizes for her work: the Kodansha Manga Award  for Yūkan Club in 1986 and the Japan Media Arts Festival Excellence Prize for Pride in 2007.

Her real name is Noriko Fujimoto and, even if she is considered to have greatly contributed to the development of Shōjo manga with her beautiful style and was actually born in 1949, she is generally NOT considered a member of the the Year 24 Group, probably because her themes, narratives and art style are more traditional and less “innovative” than the works of the Group.

Several of her titles were adapted as TV dramas (Designer, Tadashii Ren’ai no Susume, Suna no Shiro), movie (Pride) or anime OVA (Yūkan Club). So it is no surprise that her most well known titles are Yukan Club (1981) and Pride (2003). Her works are generally typical shōjo manga offering romantic thrillers stories with themes of conflits or family problems. For more information: AniListANNAsianWikiGoogleManga UpdatesWikipedia (Jp / Fr).

I often complained that manga publishers don’t tap enough (or even at all) into the goldmine of manga published in the 70s and 80s. There is a veritable untapped mine of manga out there that I wish were picked up for translation. That’s why I would like to introduce you, as best as I could, to those three titles that I have in my hands (but cannot read!):

デザイナー / Designer

A melodrama about professional success and revenge. It is the story of Ami, a successful model, and her rivalry with Reika, a fashion designer. However, Ami doesn’t know who her parents were and when she discover her mother’s identity, she will only seek revenge on the woman who abandoned her. 2 vol., 1974, serialized in Ribon (Shueisha). For more information: ANNGoodreadsGoogleManga UpdatesWikipedia Jp.

ティー♥︎タイム / Tea Time

This manga offers us, in two parts, a school romance about the love lives of three handsome, but tortured boys. Shion lives in the mansion where his sister committed suicide. As a tribute to her, he swore never to love anyone again. At his new high school, he reunites with his old friends Souji and Kaoru… and then he meet Shirakawa Mai… It also includes five short stories: He… (彼… / Kare…; 24 p), Beware of Jill (ジルにご用心 / Jiru ni goyōshin; 47 p), How about the bride? (花嫁はいかが⁉︎ / Hanayome wa ikaga⁉; 24 p), Night Fairy (夜のフェアリー / Yoru no fearī; 23 p), and Yukari’s Mini Mini Melhen (ゆかりのミニミニめるへん / Yukari no mini mini meruhen; 2 p).  2 vol., 1976, serialized in Ribon (Shueisha). For more information: Amazon JpGoogleManga UpdatesShueishaShueisha Reader.

砂の城 / The sand castle

Suna no Shiro depicts the forbidden love of a young couple and their complicated feelings. “In a quiet area of France during WWII, a very young orphan boy was left on the steps of a large mansion on the same day that a daughter was born to the bourgeois family living there. From that day on, Francis and Natalie grew up together and found themselves falling deeply in love. As talk of their marriage began to stir, Natalie suddenly lost her parents to a plane crash, leaving her aunt as her guardian. This aunt, vehemently opposed to Natalie’s engagement to a mere orphan, drove Natalie and Francis to run away together. Unfortunately, they were caught. Rather than be torn apart from each other, Natalie and Francis decide to spend eternity together by jumping off a cliff….” [from MangaUpdates] However, in a cruel twist of fate, both survived, neither knowing what happened to the other. Francis has lost his memory, marries and has a son. When both Francis and his wife tragically die, Natalie decides to take in the boy, but, with time, his resemblance to Francis haunts her… 7 vol., 1977-1981, serialized in Ribon (Shueisha). This manga is available as scanlation (Jshoujo Scans). It was also adapted into a Fuji TV daytime drama in 1997. For more information: GoodreadsManga UpdatesMyAnimeListMyDramaList • Wikipedia [JP / EN].

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La Littérature romaine (4)

Littérature pré-républicaine (3)

IIe siècle AEC

Voici la suite de la liste des auteurs romains de l’époque “pré-républicaine” (archaïque) pour le IIe siècle AEC. Je les présente chacun dans de brèves notices biographiques, par ordre chronologique. 

Poète romain, il aurait écrit, en vers septénaires trochaïques, une histoire de la poésie latine, dont il fait remonter les origines à la deuxième guerre punique. Il n’en reste que des fragments, cités notamment par Aulu-Gelle. D’après Cicéron, il aurait fait partie du cercle littéraire de Catulus et aurait été un ancien esclave et secrétaire de Caius Gracchus. Il était partisan des populares et s’opposait donc aux optimates.

Homme politique romain. Sa connaissance du grec lui permet, en 155, de servir d’interprète au sénat pour les ambassadeurs d’Athènes. Nous lui devons une histoire de Rome (Annales Aciliani) écrite en grec et publiée en 142 (subséquemment traduite en latin, possiblement par Claudius Quadrigarius). Si seuls quelques fragments ont survécu, elle est citée par plusieurs auteurs romains (Denys d’Halicarnasse, Cicéron, Plutarque, Tite-Live).

Poète romain originaire d’Antium. Il aurait été influencé par Quintus Ennius et aurait fait parti du cercle de Catulus. Fervant de néologisme, il ne reste de ses Annales que quelques fragments cités par des ouvrages ultérieurs.

Historien romain, possiblement d’origine étrusque, qui aurait écrit (entre 159 et 146 AEC) des Annales qui couvrait en quatre ou cinq livres l’histoire de Rome allant de la période pré-romuléenne à la troisième guerre punique (sans toutefois mentionner la destruction de Carthage en 146), et dont seulement une quarantaine de fragments ont été préservés. Son oeuvre a probablement été éclipsée parce qu’elle était de qualité inférieure au Origine de Caton.

  • Nom: Polybe (Πολύϐιος)
  • Date: 200 – 120 AEC
  • Genre: Histoire, Traité

Homme politique et militaire (hipparque) grec, originaire de Mégalopolis en Arcadie, il participe à la Troisième guerre de Macédoine qui oppose la Ligue achéenne à Rome. Après la victoire romaine à la bataille de Pydna, il est envoyé à Rome comme otage et se retrouve dans l’entourage des Scipions. Cela fait de lui un témoin privilégié de l’expansion de la République romaine, car il prends également part à la troisième guerre punique, où il assiste à la destruction de Carthage, et à la troisième guerres celtibères, alors qu’il participe à la prise de Numance. Par la suite, il joue un rôle administratif crucial dans l’intégration de l’Achaïe (Grèce central) à la République alors qu’elle devient une province romaine. Toute cette expérience lui permettra d’écrire les Histoires (Ἱστορίαι / Historíai) qui chroniques les conquêtes méditerranéennes de la République et dont nous n’avons conservé que cinq des quarante volumes qui composaient l’oeuvre (traduction publiée aux Belles Lettres (Coll. des Universités de France, série Grecque), chez Gallimard (Coll. Quarto), chez Loeb, mais aussi disponible dans le domaine publique dont Wikisource [FR/EN] — voir mon commentaire). On lui connait également quelques ouvrages mineurs (Éloge de Philopœmen, Traité de tactique, Traité sur les régions équatoriales, La Guerre de Numance) qui sont tous perdus.

  • Nom: Manius Manilius
  • Date: 196 – c115  (IIe s. AEC)
  • Genre: Traité (Droit)

Homme d’état (sénateur, proconsul d’Hispanie Ultérieure [155],  consul [149]), militaire (il participe au siège de Carthage durant la troisième guerre punique) et jurisconsulte romain. Il est considéré par Sextus Pomponius comme l’un des trois fondateurs du droit civil romain. Membre du cercle des Scipions, il aurait écrit trois livres de ius civile, dont une collection de formules pour les contrats de vente. Son oeuvre est perdue, mais souvent citée par les auteurs classiques (Varron, Cicéron, Brutus).

Térence est un dramaturge et poète comique d’origine berbère (né à Carthage, possiblement de la tribu libyenneAfri”). D’après la Vita Terentii de Suétone, il serait arrivé à Rome comme jeune esclave, propriété du sénateur Terentius Lucanus. Il reçoit une bonne éducation et est rapidement affranchi. Il est un protégé des Scipions, auprès de qui il côtoie un milieu littéraire. On l’accuse toutefois de plagiat. Malgré sa brève carrière, il est néanmoins considéré comme le deuxième grand dramaturge romain à qui l’on doit six comédies qui nous sont toutes parvenues: L’Andrienne [écrite en 166], l’Hécyre [165], l’Heautontimoroumenos [163], l’Eunuque [161], le Phormion [161] et les Adelphes [160]. Son oeuvre est traduite en français aux Belles Lettres (Coll. Budé), en anglais chez Loeb et disponible dans le domaine publique (Project Gutenberg, Wikimedia).

Juriste et historien romain, il a écrit une histoire de la deuxième guerre punique composée de sept livres (prennant comme sources Caton et Silenus Calatinus) ainsi que des Annales (dont Brutus a fait la synthèse). Il ne reste rien de son oeuvre juridique, mais son histoire, dont il ne reste que quelques citations par Tite-Live et Cicéron, a été très appréciée et constitue la première véritable monographie historique romaine.

Riche propriétaire terrien originaire de Campanie, il fréquentait le cercle de Scipion Émilien et est considéré comme le fondateur de la satire romaine. Sa poésie est très variée (à l’origine satura signifiait “mélange”) et utilise une métrique plutôt diverse (septénaires trochaïques, sénaires iambiques, distiques élégiaques, hexamètres dactyliques, etc., et certaines oeuvres seraient même plutôt des épigrammes). Il parodie les séances du sénat, commente des procès, attaque la nobilitas progressiste et se moque des hellénistes ou de collègues qui se prennent trop au sérieux. En créant une forme de comédie qui critique et se moque, il définit un nouveau genre poétique typiquement romain qui fera des émules (Juvénal, Horace, Perse). Ses Satires auraient été compilées en trente livres dont il ne reste aujourd’hui que 1 378 vers, qui ont été traduit aux Belles Lettres et dont une édition de 1845 est également disponible sur Gallica.

Dramaturge et poète comique romain qui a écrit plus d’une centaine (mais seulement treize titres sont connus) de fabulae palliatae inspirées de Ménandre (pour les sujets) et de Plaute (pour sa métrique diverse) et dont il ne nous reste que des fragments (environ deux-cent vers). Ses comédies étaient si charmantes et grâcieuses qu’elles avaient été surnommées Novella Sirena et restaient populaire même à l’époque de Cicéron. Dans son palmarès des auteurs comiques, Volcatius Sedigitus le place en septième position, entre Térence et Quintus Trabea.

Homme d’état (tribun de la plèbe [149], préteur [136], consul [133], censeur [120], sénateur) et militaire (165-152) romain d’origine plébéienne, il a fait passé la loi Lex Calpurnia de repetundis qui réprimait les abus financiers des gouverneurs et établissait le premier tribunal pénal permanent romain (quaestio perpetua). Il a écrit des Annales en sept ou huit volumes, racontant l’histoire de Rome de sa fondation jusqu’en c146, dont il ne reste qu’une quarantaine des fragments.

Homme d’état (sénateur, questeur [145], édile curule [135], préteur [132] et consul [129]) et militaire romain (campagnes contre les Iapydes et les Istriens) d’origine plébéienne, il était partisan des optimates. Il a écrit un ouvrage de droit constitutionnel sur la magistrature romaine, Libri magistratuum, composé d’au moins treize livres, dont nous n’avons conservé que quelques fragments (cités par Varron, Aulus-Gelle, Dionysios d’Halicarnase, Pline et Macrobe). Il aurait possiblement aussi écrit un ouvrage d’histoire.

Dramaturge romain originaire de Ombrie, il aurait écrit une quarantaine de tragédies mythiques et deux praetextae qui se divisent en deux cycles (les Pélopides / guerre de Troie et la guerre de Thèbes). Sa réplique la plus célèbre (souvent citée, notamment par Caligula) est Oderint, dum metuant. On lui doit également plusieurs traité de philologie (Didascalia, Pragmatica, Sotadei, Annales, Parerga et Praxidica). Il ne subsiste de son oeuvre que quelques fragments qui ont été regroupés dans une traduction aux Belles Lettres.

Homme politique (sénateur, tribun de la plèbe [131], préteur [123], consul [120]) et orateur romain d’origine plébéienne, il se range du côté des frères Gracques (Caïus Sempronius Gracchus et Tiberius Sempronius Gracchus) durant leur tentative de réforme sociale visant à diminuer les pouvoirs du Sénat au profit des comices (chevaliers et plèbe). Vers 131, il est chargé de l’application de la Lex Sempronia de comitiis (lex Papiria) qui réforme la procédure du vote des comices centuriates et prends part au triumvirat agraire chargé de la commission qui applique la lex Sempronia, loi qui met en place une réforme agraire visant à redistribuer les terres pour limiter les grandes propriétés en faveurs de la plèbe. Les travaux de la commission sont houleux et rencontre l’opposition de Scipion Émilien. Il propose également un loi permettant aux tribuns d’être élu pour des années successives, mais il est défait par Scipion. Après la mort de Scipion et des Gracques, il se rapproche des conservateurs et supporte les Optimates. En 120, il devient consul et plaide la défense de Lucius Opimius. Toutefois, son support des Gracques lui a valut beaucoup d’ennemis et il est accusé de corruption en 119. Il doit alors se suicider (ou, selon Valère Maxime, partir en exil). Cicéron fait l’éloge de son talent d’orateur, mais rien ne subsiste de ses plaidoiries ou de ses discours politiques.

Militaire romain (tribun militaire [134-133]) d’origine plébéienne, il participa au siège de Numance. Membre du cercle des Scipions, il a écrit une histoire contemporaine de Rome où il ne se contente pas de raconter les faits, mais aussi en analyse les causes et conséquences dans un but pédagogique. C’est donc le premier véritable historiographe romain. Son Rerum Gestarum Libri, constitué d’au moins quatorze livres, couvre dans un style très simple principalement la troisième guerre punique. Il s’inspire de Polybe et continue même là où ce dernier s’est arrêté. Il ne subsiste de cette oeuvre qu’une quinzaine de fragment (mentionnés par Cicéron et cités par Aulus-Gelle ainsi que quelques grammairiens tardifs).

Homme politique (tribun militaire [134-132], préteur [119], légat en Numidie [109-107] et en Asie [94], Consul [105], sénateur), militaire (guerre de Jugurtha, campagne contre  les Cimbres et les Teutons, dont la bataille d’Arusio) et orateur romain d’origine plébéienne, il s’exile à Mytilène puis à Smyrne après avoir été accusé de corruption en 92.  Stoïcien, il aurait écrit de nombreux discours, des traités de droit, une autobiographie, une vie de Scipion Émilien et plusieurs ouvrages d’histoire en grec (dont un consacré à la guerre de Numance).  Rien ne subsiste de son oeuvre sinon quelques mentions par Cicéron, Plutarque ou Isidore de Séville.

Chevalier et stoïcien, originaire de Lanuvium, il s’est consacré à l’enseignement (il a été le maître [grammaticus] de Varron et de Cicéron) et à la philologie. Nous lui devons des ouvrages commentant le chant des Saliens, la loi des Douze Tables, ainsi que l’oeuvre de Plaute (Commentarium de proloquiis), et probablement un ouvrage de glossographie et un traité de rhétorique (Rhetorica ad Herennium), dont il ne reste que des fragments. Il devait son surnom au fait qu’il écrivait beaucoup de discours pour d’autres et utilisait donc souvent un stilus pour écrire (sur une tablette de cire).

  • Nom: Titus Albucius
  • Date: c150 – c103 (fin du IIe s. AEC)
  • Genre: Philosophie

Homme politique  (Préteur et propréteur en Sardaigne [105-104], Questeur) et orateur romain, il était amateur de culture grecque. Accusé de mauvaise gestion (en 103), il se serait exilé à Athènes pour y faire des études de philosophie (épicurisme) et aurait écrit des prières qui sont mentionnés par Cicéron.

Dramaturge romain qui aurait écrit une quarantaine de comédies, principalement du genre fabula togata, qui traite de sujets contemporains reflétant la vie quotidienne et dont nous n’avons conservé qu’une centaine de fragments (environ quatre-cent vers).

Homme politique (Préteur [109], Consul [102], Proconsul [101], Légat [90]) et militaire romain d’origine plébéienne, il est du parti des optimates et défend la République contre la rébellion armée des populares en 101. En 88, il prends parti pour Sylla lors de la guerre civile contre Caius Marius. Il est accusé de trahison lors de la victoire de ce dernier et doit se suicider en 87. Il aurait été l’instigateur d’un cercle littéraire incluant les poètes Valerius Aedituus, Porcius Licinus, Archias et Aulus Furius. Orateur admiré de Cicéron, il aurait écrit des Mémoires (Liber de consulatu et de rebus gestis) sur son consulat, ainsi que de la poésie sentimentale, et même érotique, dont il ne subsiste que des fragments.

Homme politique (Pontife [99-87], Questeur [96], Édile curule [90] et sénateur), avocat et dramaturge romain, d’origine Patricienne et membre de la famille des Iulii Caesares (de la gens Iulia à laquelle appartenait Jules César). Il est assassiné par les partisans de Marius lorsque celui-ci fait son entrée à Rome en 87. Grand orateur, il faisait usage d’humour dans ses discours. On lui connait trois tragédies sur des thèmes grecs (Adrastus, Tecmesa et Teutras) dont il ne reste que des fragments.

Militaire, magistrat (Préteur [78] et possiblement propréteur de Sicile [77]) et historien romain, il a écrit une Histories de Rome d’au moins douze à vingt-trois livres, racontant la guerre sociale [91-88] ainsi que la première et la seconde guerre civile entre Marius et Sylla [88-82], dont il ne reste que quelques fragments cités par Cicéron, Salluste, Tacite, Velleius Paterculus et le grammairien Nonius Marcellus. Il aurait également traduit en latin les Milesiae fabulae, un recueil de contes érotiques et picaresques par Aristide de Milet, qui aurait inspiré Pétrone pour son Satyricon. Alors qu’il était le légat de Pompée en Crète lors d’une campagne contre des pirates de la mer Égée, il meurt dans un conflit opposant Metellus Creticus à Pompée.

Dramaturge romain originaire de Bononia, en Gaule cisalpine, qui aurait écrit soixante-dix pièces (dont Macchus Miles, Leno, Pappus Agricola), principalement des Atellanae Fabulae et des satires (politiques, sociales, mythologiques et religieuses) dont nous ne connaissons que quelques fragments. Il est reconnu pour avoir introduit moins d’improvisation dans l’Atellane et avoir utilisé un language plus quotidien et rustique, voir obscène.

  • Nom: Volcātius Sedīgitus
  • Date: ? – ? (fin du IIe s. / début du Ier s. AEC)
  • Genre: Poésie (Didactique)

Grammairien et philologue (critique littéraire) romain possiblement d’origine Celte, qui est connu pour un poème didactique en vers sénaires lambiques, le De Poetis, où il énumère par ordre de mérite et commente les principaux auteurs comiques latins, dont il ne reste que quatre fragments (vingt vers) cités par Varron, Suétone et Aulu-Gelle. Selon Pline, son surnom lui viendrait du fait qu’il soit né avec de la polydactylie (mains de six doigts, sex digitī).

Historien romain qui aurait écrit des Annales en au moins vingt-trois volumes allant du sac de Rome par les Gaulois en 390 jusqu’à Sylla en 82 et intitulé, selon Plutarque, Discussion des temps (Elegchos chronôn). Il n’en reste moins d’une centaine de fragments cités par Tite-Live, Aulu-Gelle, Sénèque, Plutarque, Macrobe et Orose.

  • Nom: Valerius Antias
  • Date: ? – ? (fin du IIe s. / début du Ier s. AEC)
  • Genre: Histoire

Historien romain qui a écrit des Annales racontant, en au moins soixante-quinze livres, l’histoire de Rome de sa fondation jusqu’à son époque (au moins jusqu’en 91 ou même 78), en accordant plus d’importance à l’histoire récente. Nous n’en avons conservé que soixante-dix fragments, cités surtout par Tite-Live (qui le considérait peu fiable car il avait tendance à exagérer), Aulu-Gelle et  Denys d’Halicarnasse. Certains croient qu’il aurait vécu plus vers la fin du Ier siècle AEC, car il n’est jamais mentionné par Cicéron.

Prochainement: La littérature de la République (époque classique, Ier siècle AEC)

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La Littérature romaine (3)

Littérature pré-républicaine (2)

IIIe siècle AEC

Voici donc la liste des auteurs romains de l’époque “pré-républicaine” (archaïque). Je les présente chacun dans de brèves notices biographiques, par ordre chronologique. Je commence avec les auteurs du IIIe siècle AEC.

  • Nom: Appius Claudius Caecus
  • Date: avant 341 – ? (début du IIIe s. AEC)
  • Genre: Poésie, Rhétorique, Grammaire, Traité (Droit)

Homme d’État romain (il fut sénateur,  censeur [312], par deux fois consul [307 & 296], dictateur, interroi par trois fois, préteur, édile curule par deux fois, questeur, tribun militaire par trois fois), il est l’instigateur de la voie Appienne, de l’aqueduc Appia et une variété de pomme importée de Grèce porte également son nom (à ne pas confondre avec la “pomme d’Api”). Il est le premier auteur latin que nous connaissions. Il aurait introduit à Rome des principes pythagoriciens et nous lui devons un recueil de sentences morales en vers saturniens (Sententiae), un discours contre Pyrrhus [280], des ouvrages de grammaire et un traité de droit privé (De usurpationibus).

  • Nom: Attilius
  • Date: ? (IIIe – IIe s. AEC)
  • Genre: Théâtre

Dramaturge et poète comique reconnu pour avoir écrit des fabula palliata. Plusieurs philologues de son époque (dont Volcatius Sedigitus) le place en cinquième position au palmarès des principaux poètes comiques romains après Statius, Plaute, Naevius et Licinus et juste avant Térence. Il aurait également traduit en latin le Électre de Sophocle.

Poète et dramaturge comique latin, rival et critique de Térence, il est surtout connu pour ses fabulae palliatae. Nous ignorons tout de sa vie et de son oeuvre dont il ne reste rien.

Poète et dramaturge comique latin, il est surtout connu pour ses fabulae palliatae et fabulae togatae. Nous ignorons tout de sa vie et de son oeuvre dont il ne reste que quelques fragments, cités par Cicéron.

  • Nom: Livius Andronicus
  • Date: 285 – 204 (AEC)
  • Genre: Théâtre, Poésie épique, Poésie lyrique

La première pièce de théâtre romaine est l’oeuvre de Livius Andronicus, un affranchis d’origine grecque (de Tarente). L’oeuvre, dont le titre nous est inconnu, fut jouée durant les Ludi scænici de 240 pour célébrer la victoire romaine de la première guerre punique. Par la suite, il semble avoir écrit surtout des adaptations latines de pièces ou de mythes grecs (tant des tragédies [Achilles, Ajax mastigophorus, Equus Troianus, Ægisthus, Hermiona, Danaé, Andromède, Tereus] que des comédies [Gladiolus, Ludius, Verpus]). Il consacra la fin de sa vie à adapter en vers saturniens latins le poème épique d’Homère, l’Odyssée, sous le titre Odusia. En 207, lors de la deuxième guerre punique, il fut chargé par les pontifes de composer un poème lyrique qui fut chanté en procession par un choeur de jeunes filles afin d’obtenir les faveurs de Junon. De son oeuvre, seul quelques fragments nous sont parvenus.

  • Nom: Cnaeus Naevius
  • Date: 275 – 201 (AEC)
  • Genre: Théâtre, Poésie épique

Originaire de Capoue, il s’installe à Rome après avoir participé à la première guerre punique. Toutefois, il doit s’exiler à Utique après s’être opposé à de grandes familles plébéiennes (les Metelli et les Scipions). De son oeuvre, il ne reste qu’une centaine de vers. Il aurait introduit à Rome le théâtre comique (il en écrit une trentaine), produit une dizaine de tragédies s’inspirants d’Euripide et d’Eschyle, puis écrit une épopée, Bellum Punicum, où il raconte les guerres puniques à la façon d’Homère.

Originaire d’Ombrie, Plaute est le premier grand dramaturge romain. Il était très populaire de son vivant et demeure même de nos jours un écrivain de renom (ayant influencé des auteurs “modernes” comme Shakespeare et Molière) mais cela tient sans doute du fait que c’est l’un des premiers auteurs romains dont plusieurs oeuvres nous ont été conservées intégralement. Il écrit principalement des comédies (souvent des farces grossières ou absurdes, des Tragi-comédie), qui sont fortement inspirées par la comédie nouvelle grecque (Ménandre par exemple) tout en ayant un caractère très romain. Il en aurait écrit plus de cent-trente, mais seulement une vingtaine nous sont parvenues intactes (Amphitruo [texte], Asinaria [texte — voir mon commentaire], Aulularia [texte], Bacchides [texte], Captivi [texte], Casina uel sortientes [texte], Cistellaria [texte], Curculio, Menaechmi [texte], Mercator [texte], Miles gloriosus [texte], Mostellaria [texte], Poenulus [texte], Pseudolus [texte], Rudens [texte], Stichus [texte], Trinummus [texte], Truculentus [texte]), et une trentaine d’autres nous sont connues que par des fragments. Son oeuvre est disponible aux Belles Lettres (Coll. Budé), à la Harvard University Press (Coll. Loeb Classical Library), et aussi dans le domaine public: Project Gutenberg, Wikisource [FR/EN].

Homme d’État romain (sénateur, préteur), il participe à la guerre contre le peuple Gaulois des Insubres et à la deuxième guerre punique. Après la défaite de Cannes, il est envoyé à Delphes pour apaiser la colère d’Apollon. Il est le premier auteur romain à écrire une histoire de Rome (Annales) qui ne nous est malheureusement parvenue que par des fragments (dont la liste des monarques romains). Il est toutefois cité par de nombreux historiens antiques. Il écrit en grec, sans doute pour faire de son oeuvre une propagande pro romaine à l’intention de la Grande Grèce et des royaumes hellénistiques.

Homme d’État romain (sénateur, préteur) d’origine étrusque, il participe à la deuxième guerre punique et est même fait prisonnier d’Hannibal vers 208 mais sera libéré après la bataille de Zama en 202. Il profite de cette expérience pour écrire une histoire de Rome (Annales), de ses origines mythologiques jusqu’à la guerre contre Carthage. Cette oeuvre ne nous est pas parvenue, mais est citée par les historiens antiques (comme Tite-Live, Denys d’Halicarnasse et Florus).

D’origine Messape (sud de l’Italie; il parle donc l’osque et le grec), il arrive à Rome par une carrière militaire et s’y trouve des protecteurs puissants (dont Caton et les Scipions). Il est considéré comme le “père de la poésie latine” car il adapte en latin l’hexamètre grec pour remplacer le vers saturnien, utilisé jusque là par les poètes latins, par l’hexamètre dactylique et a ainsi eut une grande influence sur la littérature latine (sur des auteurs comme Virgile, Horace, Cicéron, Apulée).  De son oeuvre (du théâtre mais surtout de la poésie) il ne reste que des fragments. Nous lui connaissons surtout l’Épicharme, l’Évhémère, les Satires, les Annales de la République romaine (une épopée en dix-huit chants) et le Hedyphagetica (un poème gastronomique sur les poissons).

Catus est un homme d’État romain (sénateur, édile curule [200], consul [198], censeur [194]). Il est le premier jurisconsulte romain et nous lui devons le Tripertita (un traité juridique qui explique et commente la loi des Douze Tables, et présente la procédure judiciaire) qui établit les bases du droit romain. L’ouvrage est malheureusement perdu.

  • Nom: Marcus Porcius Cato
  • Date: 234 – 149 AEC
  • Genre: Histoire, Traités (Agriculture, Militaire), Rhétorique

Caton l’Ancien est un homme d’État et un militaire romain (tribun [214], questeur [204], édile curule [199], préteur [198], consul [195], tribun militaire [191], puis censeur [184]) originaire de Tusculum. Il a participé à de nombreuses campagnes militaires durant la deuxième guerre punique (dont le siège de Tarente et la bataille du Métaure) et la guerre antiochique. Il prêche une politique conservatrice, basée sur des valeurs romaines plus austères, en opposition à l’hellénisme défendu par les Scipions. Il propose également une position plus aggressive face à Carthage (“Il faut détruire Carthage” disait-il) qui mènera éventuellement à la troisième Guerre Punique. Il est également un auteur prolifique: on lui doit une centaine de discours (Orationes), De agri cultura (un traité sur l’agriculture — voir mon commentaire), Origines (une histoire des villes italiennes), De Re Militari (un traité militaire), De lege ad pontifices auguresque spectanti (de la loi sur les prêtres et les augures), Praecepta ad Filium (Préceptes à l’intention de son fils), Historia Romana (une histoire de Rome), Carmen de moribus (traité de morale) et Apophthegmata. De la plupart de ces oeuvres nous n’avons que des fragments, et seul son traité sur l’agriculture a été conservé intégralement [publié dans la Collection Budé aux Belles Lettres et dans la collection Loeb Classical Library (Harvard Univ. Press), mais également disponible dans le domaine public: Remacle, Project Gutenberg, Univ. of Chicago].

Caecilius Statius est un dramaturge et poète d’origine Gauloise qui se spécialisait dans la comédie d’inspiration grecque (fabula palliata). On lui connait une quarantaine d’oeuvres dont seulement quelques fragments (environ 280) nous sont parvenus.

  • Nom: Pacuvius
  • Date: 220 – 130 AEC
  • Genre: Théâtre

Marcus Pacuvius était d’origine grécoosque (né à Brundisium et mort à Tarentum, dans le sud de l’Italie). Il était le neveu et l’élève d’Ennius, et fréquentait le Cercle des Scipions. Poète et dramaturge, il s’est surtout consacré à la peinture. S’il composa des comédies et des satires, il est surtout connu pour ses tragédies. Nous lui connaissons une douzaine de pièces, inspirées de tragédies grecques, dont il ne reste que des fragments (environ 400 vers).

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La Littérature romaine (2)

Littérature pré-républicaine (1)

Introduction

La littérature romaine est née et a évoluée en même temps que la langue latine. À la fondation de la ville, les habitants du Latium sont un peuple agraire, simple, réaliste et pratique. La latin primitif reflétera donc cet état d’esprit en étant une langue simple, concise, précise et un peu rigide, voir monotone, qui n’est en rien comparable à l’élégance et la richesse de la langue grecque à qui elle doit son alphabet (via les étrusques). La littérature latine primitive surgira de deux nécessités pratiques: la prière (carmen) ainsi que le droit.

Ces prières sont en fait des chants. Ce sont des hymnes liturgiques (Carmen Arvale, Carmen Saliare) récités durant des processions et parfois accompagnés de danses. À la même époque, nous retrouvons d’autres types de chants: des chants funèbres (naeniae) célébrant le défunt, des chants panégyrique louangeant une personnalité durant un banquet, des chants satyriques improvisés lors des triomphes pour se moquer du vainqueur, et même des couplets un peu grossiers chantés durant les fêtes publiques. Ces chants sont en vers et sont donc une forme de poésie, tout comme le théâtre, qui est également en vers, ce qui fait que les dramaturges latins sont souvent classés comme poètes. La fabula Atellana est d’ailleurs une forme de théâtre latin primitif, en vers, en partie improvisé, et constitué d’une comédie bouffonne.

Les textes latins écrits les plus anciens, datant des VIIe et VIe siècles, sont des inscription sur des vases (le kernos du Quirinal, le vase de Tita Vendia et le bol du Garigliano) et ont des usages pratiques (propriété de…) ou votives. Similairement, on retrouve par la suite quelques inscriptions lapidaires du VIe ou Ve siècle : la Lapis Niger (dont l’interprétation varie de simple malédiction, à “interdiction de stationner votre attelage en face du sanctuaire”, à marqueur du tombeau de Romulus) et la Lapis Satricanus (dédicace à Mars de Publius Valerius, possiblement l’un des quatre consuls fondateurs de la République).

Toutefois, les textes de latin écrits les plus élaborés de l’époque seront sans aucun doute les textes de lois: des lois religieuses d’abord, puis celles des monarques (leges regiae) et puis, au Ve siècle, la loi des Douze Tables qui, même si elle est inspirée de lois grecques, établie par écrit les bases du droit romain. On retrouve de nombreux exemples épigraphiques de lois, d’édits ou de proclamations — comme le Senatus Consultum de Bacchanalibus qui interdisait en 186 la tenu de bacchanales suite à un scandale.

Tant le chant que la législation amèneront le développement de la rhétorique. Par exemple, le chant funèbre amènera l’oraison funèbre. De plus, les lois doivent être discutées, appliquées et défendues, ce qui développera le discours publique et politique ainsi que la plaidoirie judiciaire. Rome verra naître de nombreux grands orateurs. Aussi, cette propension à compiler les lois et les dates (Fastes) dans des listes conduira à la création des annales, qui rapportent simplement les événements chronologiquement, et éventuellement à l’histoire, qui contextualise et interprète l’événement.

La littérature pré-républicaine (ou littérature républicaine archaïque) débute avec la fin de l’époque royale et s’exprime durant les IIIe et IIe siècle AEC. Elle est écrite en latin archaïque. C’est à cette époque que l’influence grecque se fait vraiment sentir, d’abord durant l’expansion italienne par les contacts avec les colonies grecques du sud de l’Italie, puis durant les guerres puniques et, finalement, avec la conquête de la Grèce, durant les guerres macédoniennes.

La littérature romaine cherche alors à imiter la littérature grecque, notamment dans le théâtre. On traduit, imite (fabula cothurnata) ou transpose (fabula prætexta) les pièces grecques en latin. Toutefois, si le genre dominant en Grèce était la tragédie, c’est surtout la comédie qui se développera à Rome en prenant des caractéristiques bien romaines (ou italiques, s’inspirant peut-être de la fabula Atellana). On en retrouve deux types: la fabula palliata, qui imite des pièces grecques de la nouvelle comédie et où les acteurs portent le manteau grec (pallium), et la fabula togata, qui prends place en Italie avec des scènes de la vie romaine et où les acteurs portent la toge romaine (toga).

La poésie se développe également dans un genre typiquement romain: la satire. La prose littéraire fait également son apparition surtout dans les domaines de la rhétorique (qui deviendra un genre littéraire très romain), de l’histoire (avec les écrits de très nombreux annalistes) et du traité érudit ou scientifique (en agriculture, en droit, en philologie, etc.). Malheureusement, très peu de textes de cette période nous ont été conservé et généralement seulement par de très brefs fragments cités par des auteurs postérieurs.

Dans la littérature républicaine archaïque on retrouve une quarantaine d’auteurs, dont seulement quatre sont vraiment importants: Plaute, Caton, Polybe et Térence. Ils sont sans doute encore bien connu de nos jours du fait qu’une partie substantielle de leurs oeuvres nous ait été préservée — à moins, bien sûr, que leurs oeuvres aient été conservées justement à cause de l’importance qu’elles avaient aux yeux de leur contemporains et de leurs successeurs.

Dans la prochaine partie de cet article, je vous présenterai chacun de ces auteurs, par ordre chronologique, et en de brève notice biographiques. J’ai fait ici un grand effort de synthèse (sans jamais recourir à l’ “intelligence artificielle”), mais ce n’est pas toujours aisé puisque mes sources sont un peu vieilles et que les différentes versions de Wikipedia (e.g. française, anglaise, italienne, allemande, russe, etc.) sont parfois contradictoires mais se complètent généralement bien.

Prochainement: La Littérature pré-républicaine (2): Le IIIe siècle AEC.

Rérérences:

  • Bayet, Jean. Littérature latine: histoires et pages choisies. Paris: Armand Colin, 1960. 796 p. [Goodreads]
  • Bender, Hermann. Histoire abrégée de la littérature romaine. Paris: C. Klincksieck, 1885. 178 p. [Goodreads]
  • Grimal, Pierre. La civilisation romaine. Paris: Flammarion, 1981. 374 p. [Goodreads]
  • Laurend, Louis. Manuel des Études Grecques et Latines, Fascicule V: Littérature latine. Paris: Auguste Picard, 1923. 148 p. [Goodreads]
  • Wikipedia: Histoire de la littérature latine, Littérature latine, Latin archaïque, et de nombreuses pages de références (auteurs, genres, etc.).

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Anime & manga update [002.025.228]

Anime & manga update: Manben

Another update on Manben: The latest episodes of the NHK World documentary series Manben: Behind the Scenes of Manga with Urasawa Naoki (which introduces us to mangaka like Shigeru Mizuki, Nishi Keiko, Chiba Tetsuya, or Iwamoto Nao) is about Morohoshi Daijiro, a master of mystery. We see him ink a draft of the stand-alone short story 俺が増える(“Ore ga Fueru” / lit. “I will increase”) for the ongoing anthology Daijiro Morohoshi Theater (Moroboshi daijirō gekijō serialized in Shogakukan’s Big Comic Zōkan-gō [Big Comic Special] and compiled in vol. 3 — of six tankōbon so far). The episode originally aired in Japan in November 2020 (available on Youtube), but the English version just aired on July 16, 2025 (at 09:10 PM) and July 17, 2025 (at 03:10 AM, 09:10 AM, and 03:10 PM) and should be soon available to view as VOD (Video on Demand).

Daijiro Morohoshi is a mangaka specializing in strange, horror, mystery or folklore stories. In 1970, he made his debut in COM magazine. In 1974, he was selected for the 7th Tezuka Award for the short story “Seibutsu Toshi” and he won the fourth Tezuka Osamu Cultural Prize in 2000 with Saiyū Yōenden. His works have not been very successful and he is not very well known in the West (his only works translated are BOX: Qu’y a-t-il dans la boite? published in French by Le Lézard Noir and Shiori et Shimiko partially (5 vol.) published in French by Doki Doki), but he received enormous recognition from his peers (he is known as the “manga artist of manga artist”) particularly for his detailed style. His majors works are Yōkai Hunter (1974), Mud Men [1975-82], Ankoku Shinwa [1976], Kōshi Ankokuden [1977-78] and Saiyū Yōenden [1983, ongoing].

For more info: ANNManga Updates • Wikipedia [ENFRJP]

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Revue de ‘zines [002.025.214]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champ d’intérêt… Pour vous éviter le souci de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie, j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet, vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Animeland #250 (Avril – Juin 2025)

Ce numéro très spécial (#250!) nous offre un dossier volumineux (146 p.!) et exhaustif sur Lady Oscar et le manga shôjo : le shôjo manga avant La Rose de Versailles, le manga de La Rose de Versailles, portrait de Riyoko Ikeda, les autres oeuvres de Riyoko Ikeda (Bara Yashiki no shôjo, Freesia no Asa, Très cher frère… (lire mon commentaire), Orpheus no Mado, Claudine, Ayako, Ten no Hate Made-Poland Hishi), l’interprétation de Takarazuka, l’archétype de la fille-prince, les autrices phares des années 1970 (Yasuko Aoike, Ryôko Takashina, Waki Yamato, Yukari Ichijô, Yumiko Ôshima, Ryôko Yamagishi, A-ko Mutsu), Moto Hagio (portrait, entrevue), la galaxie Margaret, l’anime de La Rose de Versailles, adaptation française, portrait d’Osamu Dezaki (Dir.), entrevue avec Michi Himeno (char. Design), le studio TMS,  entrevues avec Keiichi Ishiyama, Shiro Aono et Yuuji Toki, et, finalement, un bref portrait de Eiko Hanamura et la prépublication exclusive de son histoire courte “Une autre moi” (30 pages, en collaboration avec Akata) complètent ce dossier.

Le numéro se conclut avec quelques chroniques: Japon (Le dit du Genji) et Jeu Vidéo (rencontre avec Daisuke Ishiwatari, créateur de Guilty Gear).

Une lecture incontournable et essentielle pour tous fans d’anime et de manga (il est toutefois impardonnable d’avoir omis Eroica de la liste des oeuvres de Riyoko Ikeda).

Canal BD #159   (Fév. – Mars 2025)

Canal BD est un autre périodique dédié à la bande dessinée, mais que je n’ai pas l’habitude de lire souvent, car il n’est pas disponible à ma bibliothèque locale (quoi que je puisse l’avoir par prêt entre biblio). De plus, c’est un magazine qui est plus orienté pour les libraires (Canal BD étant une chaîne de librairies — avec des listes de parutions sans beaucoup de détails et beaucoup de publicités), il n’offre que des présentations (et non des commentaires critiques) et couvre très peu les mangas.

La section “Gros Plan” nous introduit à Daemon (Ronoan Toulhoart & Vincent Brugeas, chez Le Lombard) et Première Dame (Jean-Philippe Payraud & Didier Tronchet, chez Glénat). Dans la section “Sélection” on présente des parutions récentes avec un peu plus de détails. J’y note Arzak: Destination Tassili (Moebius, chez Moebius Prod). La section “Jeunesse” fait de même, mais pour les parutions jeunesse. La section “Interview” nous offre une entrevue avec Mathieu Bablet et Guillaume Singelin (sur Shin Zéro, chez Rue de Sèvres).  La section “Meilleures Ventes” présente Blake et Mortimer #30: Signé Olrik (Yves Sente & André Juillard, chez Ed. Blake et Mortimer) pour la BD et Instinct T.1 (inoxtag chez Michel Lafon – c’est du manga ça?), My Hero Academia T.40 (Kohei Horikoshi, chez Ki-oon) et One-Punch Man T.30 (Yusuke Murata, chez Kurokawa) pour le manga. La section la plus intéressante pour moi est sans doute “BD du Monde” où l’on retrouve Tokyo, ces jours-ci T.2 (Taiyô Matsumoto, chez Kana) et Frères du Japon (Taiyô Matsumoto, chez Delcourt), ainsi que Dohohedoro: Chaos Edition T.1 (Q-Hayashida, chez Soleil).

Une lecture intéressante pour se tenir au courant des nouveautés en BD. Par contre, ce qui est le gros avantage de ce magazine c’est qu’il est aussi disponible gratuitement en ligne!

dBD #193 (Mai 2025)

Dans le cahier actualités on mentionne la parution du premier volume du magazine de prépublication collectif Manga Issho (300 pages offrant 18 auteurs et 14 histoires, fruit de la collaboration entre les éditeurs Altraverse, Kana, Planeta Comic et Star Comics, 4,90 €, chez Kana), de Shotaro Ishinomori: Il était une fois le roi du manga (par Claude Leblanc, chez IMHO), et de Harem End (Shintaro Kago, chez IMHO). On retrouve également un article qui souligne les vingt-cinq ans de la maison d’édition L’Employé du Moi. De plus, suite à la “Mauvaise Humeur” de Frédéric Bosser dans le #192, Dany réplique avec des précisions sur l’affaire Spirou et la Gorgone Bleue — Dupuis ayant cessé la commercialisation de l’album suivant des accusations de racisme à l’égard de Dany & Yann.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Matthieu Bonhomme (sur Charlotte Impératrice T.4, avec Nuri, chez Dargaud). Les entrevues se poursuivent avec Alain Ayroles & Hervé Tanquerelle (sur La terre verte, chez Delcourt), Jean-Paul Krassinsky (sur De pierre et d’os, d’après Bérengère Cournut, chez Dupuis), Homs (sur Le Diable et Coral, chez Dargaud), et Matz (sur L’Or du spectre, avec Philippe Xavier, chez Le Lombard et Les papillons ne meurent pas de vieillesse, avec Frédéric Bézian, chez Casterman).

On retrouve également un article sur l’art de la couverture en prenant pour exemple Enfermé: Mathurin Réto, pupille à Belle-Île de Julien Hillon et Renan Coquin. Dans la même idée, on nous présente (à l’occasion de la parution de L’art de Bretécher chez Dargaud et de l’exposition Signé Bretécher au musée de la BD d’Angoulème) quelques crayonnés de recherche pour des planches d’Agrippine et du Destin de Monique.

Le Coup de Coeur du Mois va à Lisa Blumen pour Sangliers (chez L’Employé du mois). Il n’y a toujours aucune section sur les mangas dans ce numéro. Dans le Cahier Critique je note Louve T.1 par Miyako Miiya, chez Rue de Sèvres (Super!; “Une succession de chapitres qui se grignotent comme des histoires courtes. Un récit plein de poésie, porté par un dessin charbonneux à l’effet saisissant”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

dBD #194 (Juin 2025)

Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Tout savoir sur les Chevaliers du Zodiaque et les héros en armure (par Bounthavy Suvilay, chez Ynnis), Saint Seiya Deluxe T.1 (par Masami Kurumada, chez Kana), Tanaki & Amane (par Fumi Yoshinaga, chez Soleil), Dragon Ball: Le roi démon Piccolo T.1 (version colorisée, par Akira Toriyama, chez Glénat), et Dog Signal T.1 (par Saya Miyauchi, chez Soleil). On retrouve un article sur le festival d’Angoulème et la controverse qui entoure la gestion de ses organisateurs, L’Humanité en appellant même au boycott pour l’an prochain.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec James Tynion IV (sur The Nice House by the Sea T.1 avec Alvaro Martinez Bueno, Something is Killing the Children T.8 avec Werther Dell’Edera, The Department of Truth T.5 avec Martin Simmonds, Le Déviant T.1 avec Josh Hixson, et L’Étrange Quotidien de Christopher Chaos T.1 avec Tate Brombal & Isaac Goodhart, tous chez Urban Comics).  Les entrevues se poursuivent avec Stéphane Oiry (sur Les héros du peuple sont immortels, chez Dargaud), Elie Huault (sur Cometa, chez Les Humanoïdes Associés), Bruno Duhamel (sur Whisky, avec David Ratte, chez Grand Angle), et Pierre Alexandrine (sur L’Amourante, chez Glénat). On retrouve également un article sur l’art de la couverture en prenant pour exemple Les Parrains: Il était une fois à New York T.1-3 par David Chauvel, Erwan Le Saëc & Thomas Ehretsmann, chez Delcourt.

Côté mangas on nous offre (enfin!) une entrevue avec Usamaru Furuya (sur La Musique de Marie, chez IMHO et Je voudrais être tué par une lycéenne T.1-2, chez Delcourt). La chronique Ça vaut le détour mentionne également Le Gardien des étoiles (par Isuzu Uemura, chez Rue de Sèvres; “un manga humaniste et apaisant”).  Et dans le Cahier Critique je note Watership Down (par James Sturm & Joe Sutphin, d’après Richard Adams, chez Mr Toussaint Louverture), Sorcières T.1 par Daisuke Igarashi, chez Delcourt (Super!; “réédition (…) de ce manga atypique précédemment paru chez Casterman en 2007”), et Great Kaiju Gaea-Tima T.1 par Kent, chez Ki-oon (Super!; “postulat narratif audacieux (…), l’intrigue promet quelques développements intéressants”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

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Anime & manga update [002.025.208]

Anime & manga update

Update: Young Magazine English version

NHK World News reports that Kodansha  announced that, to commemorate the magazine’s 45th anniversary, it is releasing a special English-language edition of Young Magazine, its popular magazine for young adults. According to NHK World Japan, “Young Magazine USA will have about 1,000 pages featuring 20 titles on themes including Sci-Fi and cyberpunk.” Kodansha will hand out the special edition at Anime NYC in August 21-24 and at Kinokuniya  bookstores in the US from August 21 to November 10. It is unclear if this will be a one-shot edition or if more issues of the magazine are planned. According to ANN, “Readers will be able to vote for their favorites among 16 eligible titles, with the winners earning serialization on the K MANGA App.” [Sources: ANNNHK World Japan]

The Professionals

Another interesting TV series on NHK WORLD Japan is “The Professionals“ about “exceptional people who are breaking new ground and making a difference in their area of expertise.” There are currently eight episodes available. Yesterday, I watched an interesting episode about Honda Tsuneyuki, a toy developer who designs capsule toys. He introduced capsule toys of unprecedented size: 7-centimetre ! In this documentary, we follow him as he is producing the capsule toy of a big Gundam head.

A Tiny Universe in the Palm of Your Hand: Honda Tsuneyuki, Toy Developer” aired July 25 (10:10 PM) and July 26 (06:10 AM, 11:10 AM, 05:10 PM), but should be available as VOD soon.

Anime & Manga Explosion !

The latest episode of the NHK WORLD Japan documentary series “Anime & Manga Explosion !” is about anime and manga adapting mythological themes. The first part tells us about the anime adaptation of Masami Kurumada’s manga Saint Seiya directed by Morishita Kozo. The second part talks about a manga inspired by the Japanese folk tale of Momotaro (with a serious twist!): Tougen Anki by Yura Urushibara — which has just started airing on Nippon TV as an anime adaptation by Studio Hibari under the direction of Ato Nonaka. In this episode they mentioned Anime News Network !

Classic Tales Reborn: SAINT SEIYA / TOUGEN ANKI” aired July 26 (11:10 PM) and July 27 (05:10 AM, 10:10 AM, 04:10 PM), but should be available as VOD soon. There are eight episodes of  Anime & Manga Explosion !” currently available as Video On Demand (VOD).

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Anime & manga updates [002.025.194]

Anime & manga updates

Manben

I’ve talked about “Manben” a couple of years ago, but here’s another update.

The latest episodes of the NHK World documentary series Manben: Behind the Scenes of Manga with Urasawa Naoki (which introduces us to mangaka like Shigeru Mizuki, Nishi Keiko or Chiba Tetsuya) is about Iwamoto Nao, a popular shojo manga artist known for her rich worlds of fantasy, romance, and adventure. Over a four-day period, we see her work on pages for Seven Knights of the Marronnier Kingdom. The episode originally aired in Japan in October 2020, but the English version just aired on July 12, 2025 (at 09:10 PM) and July 13, 2025 (at 03:10 AM, 09:10 AM, and 03:10 PM) and should be soon available to view as VOD (Video on Demand).

Iwamoto Nao (岩本 ナオ) is a shōjo mangaka who made her debut when she received the 10th Gekkan Flowers Comic Audition Golden Flower Award for her work “Sono Kanojo no Sonzai” which was subsequently published in the May 2004 issue of Monthly Flowers. She also received in 2009 the 55th Shogakukan Manga Awards in Shojo category for Machi de Uwasa no Tengu no Ko. She is mostly known for the latter as well as for Kin no Kuni Mizu no Kuni and Marronnier Oukoku no Shichinin no Kishi, but she has published more than half a dozen titles:

  • スケルトンインザクローゼット [Sukeruton in za Kuroozetto / Skeleton in the Closet] : a collection of 7 stories, serialized in Flowers, Shogakukan, 2005.
  • イエスタデイ、イエス ア デイ[Iesutadi Iesu a Di / Yesterday, Yes a Day] : serialized in Flowers, Shogakukan, 2006, 1 vol.
  • あめなしむらやくば さんぎょうか けん かんこうがかり [Amenashi-mura Yakuba Sangyou-ka ken Kankougakari ]: serialized in Rinka, 2007, 3 vol.
  • 町でうわさの天狗の子 [Machi de Uwasa no Tengu no Ko / lit. “The Tengu Child Rumored in Town”] : serialized in Flowers, Shogakukan, 2007, 12 vol. Translated in French by Kazé as Spiritual Princess. [Nelligan]
  • ジャイキリ読んで〇〇してきました [Jaikiri Yonde Maru Maru Shite Kimashita / lit. “I Started Doing 〇〇 After Reading Giant Killing”] : an essay manga published in “Giant Killing extra”, Kodansha, 2010.
  • 金の国水の国 [Kin no Kuni Mizu no Kuni / lit. “Gold Kingdom and Water Kingdom”] : serialized in Flowers, Shogakukan, 2014, 1 vol. It was adapted into an anime movie in 2023 and translated in English by Seven Seas. Also translated in French by Akata as Les noces de l’or et de l’eau.
  • 七叶树王国的七名骑士 [Marronnier Oukoku no Shichinin no Kishi / lit. “Seven famous swordsmen of the Seven Leaf Kingdom”] : serialized in Flowers, Shogakukan, 2016, 10 vol., ongoing series. Translated in French by Akata as Les 7 chevaliers du royaume des Marronniers.
  • 岩本ナオ 古今東西しごと集 [Iwamoto Nao Kokon Touzai Shigoto-shuu / lit. “Nao Iwamoto: A collection of work from around the world, past and present”] : an anthology collecting 4 stories to celebrate her 15th year anniversary in the industry, Shogakukan, 2019.

[ AniListANNGoodreadsLesLibrairesMangaUpdatesNelliganWikipedia ]

Léviathan

The anime adaption of Scott Westerfeld‘s young adult novel series, Leviathan, is now available on Netflix. Produced by Studio Orange (Trigun Stampede, Beastars), it is set in an early twentieth century alternate steampunk past and tells the story of an Austrian fugitive prince and a Scottish airman in disguise who find themselves aboard the HMS Leviathan, a genetically engineered airship, fighting mechanized war machines in order to prevent a world war.

I have now watch half of the twelve episodes of the series and I must say that I am VERY impressed with this anime. It is quite faithful to the original book (of course, like all adaptation, there are a few shortcuts here and there, and some changes, but it is very respectful of the original) and the animation is of very high quality. It is somewhat reminiscent of Gundam (character designs) and Miyazaki (particularly the watercolour storyboard of the end credits by Christopher Ferreira & Alex Alice). It is an excellent work that I strongly recommend to all anime fans, particularly if you already know the novels or if you are interested in alternate history and steampunk.

Leviathan, Japan, 2025, anime series, 12 episodes of 25 min.: Dir.: Christophe Ferreira; Scr.: Yuichiro Kido, Yukata Yasunaga (based on Scott Westerfeld’s novels); Studio: Qubic, Orange; Anim. Prod.: Tokuya Ogawa, Daigo Ikeda; Voice dir.: Yoshimi Iide;  Char. Des.: Ayumi Kurashima;  Mecha des.: Takehiko Hoashi, Shinobu Tsuneki;  Creature des.: Le Yamamura;  Art dir.: Tadashi Nakajima;  Ed.: Edit Room Seyama, Rie Matsubara; Mus.: Nobuko Toda, Kazuma Jinnouchi, Joe Hisaishi (op & closing theme); Prod.: Katrina Minett, Yoshihiro Watanabe; Distr.: Netflix; Cast: Natsumi Fujiwara (Dylan), Ayumu Murase (Alek), Shunsuke Sakuya (Volger), Yasuhiro Mamiya (Klopp), Mie Sonozaki (Dr. Nora Barlow), Ivan Shibata (Newkirk), Fairouz Ai (Lilit), Hiroki Touchi (Tesla), Ikuko Tani (Nene), Genta Nakamura (Hoffman), Daichi Hayashi (Rigby), Satoshi Niwa (Matthews), Naoto Kobayashi (Thomas), Yukitaro Namura (Hirst), Michio Hazama (George Darwin), Takahiro Fujiwara (Pavel), Naomi Kusumi (Zaven), Tessyo Genda (Sultan).

[ ANNIMDbWikipedia ]

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La Littérature romaine (1)

Énoncé d’intention

Lorsque j’ai complété ma série d’articles sur l’histoire de l’Empire Romain au travers de sa monnaie, j’ai promis de poursuivre avec une nouvelle série sur la littérature romaine. Cela fait près de trois ans! J’ai été très occupé par un nouveau travail, par des problèmes de santé, je me suis reposé, j’ai lu et j’ai beaucoup procrastiné. J’ai tout de même tranquillement commencé à faire des recherche et à compiler de l’information sur le sujet. Cette fois-ci, ce ne sera pas une série hebdomadaire (car c’est trop demandant). Les articles seront publiés au fur et à mesure qu’ils sont écrits, au gré du temps disponible et sans calendrier de publication précis, mais en espérant en mettre un ou deux en ligne par mois.

Traiter de la littérature romaine m’apparait à prime abord comme un projet très ambitieux. Il me faudra en premier lieu définir ce qu’est la littérature romaine, puis me demander qui sont ses auteurs et en établir une liste. Ce n’est certainement pas une liste exhaustive, mais j’en ai tout de même dénombré plus d’une centaine ! Je les présenterai un à un dans de brèves capsules, par ordre chronologique et en les regroupant par période (sauf pour les auteurs majeurs qui méritent un peu plus de développement). Ce ne sera donc pas des articles volumineux, mais simplement une introduction avec une bibliographie et une liste de liens (pour ceux qui veulent approfondir le sujet).

Je vais probablement m’attarder sur les auteurs que j’aime bien (comme Lucien de Samosate) et sur les historiens, avant de poursuivre la série avec des articles plus thématiques, comme les écrits des empereurs (du moins ceux qui nous sont parvenus, tel César, Marc Aurèle, Julien, ou Justinien), l’humour à Rome, la cuisine romaine, la différence entre les biographes et les historiens, etc. Finalement, s’il me reste de l’énergie et si mon lectorat n’est pas mort d’ennui, j’ai l’intention de conclure la série avec une liste des romans historiques modernes qui ont  pour sujet la Rome antique (en incluant les uchronies mais en excluant la plupart des ouvrages biblique ou sur le Christianisme). Pour faire bonne mesure, j’y ajouterai sans doute les mangas et les bandes dessinées qui traitent du sujet.

Ambitieux disais-je ? Êtes-vous prêt ?

Introduction

La première chose à faire lorsque l’on veut discuter d’un sujet, c’est de bien le définir et de le circonscrire. Alors, qu’est-ce que la littérature romaine ?

De nos jours, quand on parle de littérature on exclut généralement les textes documentaires pour ne retenir que les récits de fictions. Toutefois, quand on parle de littérature romaine on fait plutôt référence à l’ensemble des écrits produits par la civilisation romaine, incluant non seulement les textes de fiction mais également les ouvrages historiques et les traités techniques.

Très fréquemment, il est  question non pas de “littérature romaine” mais plutôt de “littérature latine”. Cependant, parler de littérature latine est restrictif puisque cela fait référence aux auteurs latins, c’est-à-dire ceux qui parlaient et écrivaient en latin. Il ne faut pas oublier qu’une grande partie des intellectuels de l’époque romaine avait reçu une éducation grecque et écrivait donc dans cette langue (voir liste des écrivains grecs antiques). C’est le cas entre autres de Dion Cassius, Flavius Josèphe, Lucien de Samosate ou de Marc-Aurèle. Il est donc beaucoup plus inclusif de parler de “littérature romaine”.

Aussi, lorsqu’on parle de littérature, on a tendance à considérer surtout la prose alors que de nombreux textes sont également écrits en vers. C’est souvent le cas du théâtre mais, bien sûr, surtout de la poésie. La poésie grecque et romaine se divisent elles-même d’ailleurs en plusieurs sous-genres: la poésie élégiaque (élégie), poésie didactique, poésie satirique (satire), poésie épique (épopée), la fable, etc.

Finalement, les écrits romains se divisent en plusieurs genres littéraires: il y a le théâtre, la poésie, l’histoire, les traités techniques (sur l’agriculture, l’architecture, l’art culinaire, l’astronomie, le droit, la géographie, l’histoire naturelle, etc.), la rhétorique (éloquence) et la grammaire, la philosophie, la littérature épistolaire (correspondance) et, enfin, le roman.

Traiter de la littérature romaine m’apparait comme une entreprise énorme qui pourrait me prendre des années ! J’ai en effet recensé plus d’une centaine d’auteurs notables (dont quelques uns sont un peu plus obscurs ou peu connu — voir une liste alphabétique et une liste chronologique). Il faudrait donc que je me limite un peu. Je pourrais me limiter dans le temps. La littérature romaine se divise en quatre périodes principales: la littérature pré-républicaine (époque archaïque, dès la fin de l’époque royale: vers les IIIe siècle AEC et IIe siècle AEC), la littérature sous la République (époque classique, vers le Ier siècle AEC), la littérature sous le Principat (époque Augustéenne: vers le Ier siècle EC) et la littérature sous l’Empire (époque impériale: le Haut Empire, vers le IIe siècle; le Bas-Empire, vers les IIIe siècle, IVe siècle et  Ve siècle). Je pourrais donc passer sous silence (au traiter sommairement) les périodes royale et tardive. Je pourrais également me limiter sur les genres traités, en me concentrant sur les écrits en prose, principalement les récits de fiction et sur l’histoire (en excluant cependant les théologiens).

Toutefois, si on se limite trop, il ne reste plus grande chose à dire… En effet, si on exclu la grande variété d’ouvrages de théâtre, de poésie, d’histoire, les nombreux traités, ainsi que la littérature épistolaire, et que l’on se limite seulement aux récits en prose — ceux qui se rapproche du “roman” — il ne reste malheureusement pas beaucoup d’ouvrages “littéraires” écrits dans la Rome Antique. Cela ne nous laisse en fait que trois ou quatre auteurs — principalement Pétrone, Lucien de Samosate, Apulée et peut-être Ovide (à mi-chemin entre le récit et la poésie)! Il va donc me falloir trouver un juste milieu…

Un peu d’histoire

Nous avons souvent tendance à croire que la littérature romaine n’est simplement que l’évolution de la littérature grecque, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Si l’on regarde l’histoire de la littérature latine, nous pouvons constater qu’une littérature latine existait bien avant que les latins n’aient conquis la Grèce. Il toutefois impossible de nier que la culture hellénistique ait eu une influence sur toute la Méditerranée et particulièrement sur le sud de l’Italie (qui faisait partie de la Grande Grèce). Les romains ont néanmoins produit une littérature qui a ses caractéristiques propres. Elle est largement dominée par le théâtre et la poésie (où l’on retrouve une préférence pour la comédie et la satire — en opposition à la tragédie grecque), les traités techniques, ainsi que les ouvrages d’histoire et de rhétorique. Contrairement à la Grèce, on retrouve très peu d’écrits sur la philosophie (mais un préférence pour le stoïcisme). La culture romaine a des origines rustique et s’est donc développée, non pas grâce à une grande créativité inspirée, mais plutôt par son esprit technique, rationnel et, parfois, un peu frustre et grivois.

Au cours de la prochaine année, nous allons donc faire un survol de chacune des périodes de la littérature romaine en présentant les auteurs qui ont marqués chaque époque.

Rérérences:

  • Bayet, Jean. Littérature latine: histoires et pages choisies. Paris: Armand Colin, 1960. 796 p. [Goodreads]
  • Bender, Hermann. Histoire abrégée de la littérature romaine. Paris: C. Klincksieck, 1885. 178 p. [Goodreads]
  • Grimal, Pierre. La civilisation romaine. Paris: Flammarion, 1981. 374 p. [Goodreads]
  • Laurend, Louis. Manuel des Études Grecques et Latines, Fascicule V: Littérature latine. Paris: Auguste Picard, 1923. 148 p. [Goodreads]

Liens: 

[0. Index] [1. Intro] [2. Archaïque] [3. IIIe siècle] [4. IIe siècle] [5. République]

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Une rose seule

“Rose arrive au Japon pour la première fois de sa vie, sur les traces d’un père qu’elle n’a jamais connu. Celui-ci, décédé depuis peu, lui avait laissé une lettre à son intention, l’invitant à se rendre dans ce pays si lointain qui est en partie le sien. Accueillie à Kyoto, elle est guidée par Paul, l’assistant de son père, à travers un itinéraire imaginé par le défunt, semé de temples et de jardins, d’émotions et de rencontres, qui va lui permettre dépasser l’amertume et la colère liées à l’absence pour se laisser emporter par le tourbillon de ses origines enfin retrouvées.”

“Kan Takahama dépeint avec subtilité les tourments intérieurs et l’intimité des sentiments dans cette réinterprétation lumineuse du récit d Muriel Barbery.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Une rose seule [薔薇が咲くとき / Bara ga Saku Toki / lit. “Quand les roses fleurissent”] est un manga seinen tout en couleurs de Kan Takahama. Il a d’abord été prépublié en format électronique dans Torch en 2023, puis compilé en volume chez Leed en 2024. Il a été traduit en français chez Rue de Sèvres. Takahama, qui semble se spécialiser dans les histoires aux relations amoureuses complexes et difficiles, adapte ici un roman éponyme de Muriel Barbery (L’Élégance du hérisson). Elle nous offre ainsi avec une grande sensibilité une quête d’identité à travers la détresse morale, le deuil et enfin l’acceptation de soi, puis de l’autre et enfin l’amour. Le style un peu particulier, mais très beau, de Takahama se prête bien à ce genre de récit. Une lecture agréable et touchante.

Je note deux entrevues avec Barbery et Takahama sur TV5 et Youtube qui méritent qu’on y jette un coup d’oeil.

Une rose seule, par Kan Takahama (d’après le roman de Muriel Barbery [Actes Sud, 2020]; traduction et adaptation par Corinne Quentin). Paris: Rue de Sèvres, août 2024. 224 pages. 21.4 x 27.5 cm. 22.00 € / $42.95 Can. ISBN 978-2-81020-079-5. Pour un lectorat jeune adulte (14+). Sens de lecture occidental.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Rue de Sèvres édition 2024

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Isabella Bird vol. 11

“Le cruel Charles Maries refuse de laisser Ito, son employé aux yeux de la loi, continuer son périple avec Miss Bird. Décidée à récupérer son guide-interprète, l’aventurière fait donc au botaniste une proposition qu’il ne peut pas décliner : le jeune japonais l’accompagnera à Biratori, mais il en profitera pour recueillir des échantillons de plantes. Un présent, plus aucun obstacle ne se dresse entre Isabella et la suite de son voyage ! Il est temps pour elle de rencontrer les mystérieux Aïnous, ce peuple à la culture bien particulière et dont l’Occident sait si peu de choses…

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan. Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le douzième, est paru au Japon en décembre 2024. J’ai commenté tous les volumes précédents.

Ce manga nous fait le récit très romancé de l’expédition d’Isabella Bird à Hokkaidō, nous offrant une fenêtre intéressante sur le Japon de l’ère Meiji. Isabella arrive enfin à Hokkaidō et a un premier contact avec les Aïnous. Elle se rends compte toutefois que son séjour ne sera pas sans difficultés. Si le récit est un peu inégal, la qualité du dessin, précis et détaillé, est notable. L’aspect ethnologique du récit n’est pas sans rappeler Golden Kamuy, qui offre une histoire un peu similaire mais souvent plus humoristique et surtout beaucoup plus violente. L’ouvrage nous offre donc une lecture à la fois agréable, distrayante mais aussi très instructive. Un manga indispensable surtout pour les amateurs d’histoire et de culture Japonaise. 

Isabella Bird, femme exploratrice T.11 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), août 2024. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,95 € / $15.95 Can., ISBN 979-10-327-1740-0. Pour lectorat adolescent (12+).

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Taiga Sassa 2024.

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Olympia Kyklos vol. 7

“Un nouveau péril menace la cité de Démétrios. Cette fois, c’est une épidémie qui menace de décimer Tritona ! Alors que ses concitoyens sont au plus mal, Démétrios est sommé une fois de plus par le patriarche de trouver une idée qui sauvera les siens. Sport, manga, théâtre, musique : au gré de ses allers-retours avec l’époque contemporaine, le jeune peintre sur céramiques a déjà prouvé les vertus de l’expression de soi sous bien des formes. Saura-t-il relever cet ultime défi alors qu’il atterrit dans un Japon en pleine pandémie de Covid ? Et si un autre voyageur temporel lui apportait un concours inespéré ?” [Texte de la couverture arrière]

Olympia kyklos (オリンピア・キュクロス / lit. “Cercles Olympique”) est un manga seinen par Mari Yamazaki qui a été sérialisé au Japon dans le magazine bimensuel Grand Jump entre mars 2018 et juillet 2022 avant d’être compilé en sept volumes chez Shueisha. Cette série humoristique consacré aux sports olympiques et à la résilience humaine, se conclut alors que Tritonia est menacée par une épidémie mortelle. Démétrios se retrouve une fois de plus transporté par Zeus à Tokyopolis, pour y découvrir comment les japonais gèrent-ils la pandémie de COVID-19.  Pour fournir au héros une solution, Yamazaki croise le récit avec une autre de ses séries de manga: Thermae Romae. L’ingénieur romain Lucius construira donc une station thermale à Tritonia, car en plus du port du masque, une bonne hygiène (se laver les mains!) est la meilleurs façon de combattre l’épidémie (dans la mesure où l’on garde ses distances). Une excellente série, hilarante, mais aussi très didactique. 

Olympia Kyklos vol. 7 par Mari Yamazaki.  Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), septembre 2024. 208 pages, 13.2 x 18.1 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-24030-8. Pour lectorat adolescent (14+).

Voir mes commentaires des volumes précédents. 

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Revue de ‘zines [002.025.144]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champ d’intérêt… Pour vous éviter le souci de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie, j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet, vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Animeland #248 (Oct. – Déc. 2024)

Ce numéro nous offre un dossier “Hommage à Akira Toriyama” avec un portrait de l’auteur, une présentation de Dragon Ball manga et anime, Dragon Ball Z, GT, Super et Daima, les jeux video, ses histoires courtes ou les anime auxquels il a collaboré et des interviews avec Yoshihiro Ueda (réalisateur des anime), Hiroki Takahashi (chanteur du générique), Shigeyazu Yamauchi (réalisateur sur l’anime de DBZ), Masaki Sato (animateur), et Toshiyuki Kanno (character designer de Sand Land).

On retrouve également un dossier sur le magazine de pré-publication qui a fait connaitre Toriyama: Weekly Shonen Jump, avec un portrait du magazine et des interviews avec Kazuhiro Torishima (éditeur et rédacteur-en-chef de Weekly Shonen Jump), les éditeurs de Shueisha (Yuta Momiyama, Shuhei Hosono et Takuro Imamura), et Kiyotaka Oshiyama (réalisateur de Look Back).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Jeu Vidéo (rencontre avec l’illustrateur Hitoshi Yoneda), Wish List (nous offre une sélection de mangas, anime et goodies), Japon (Sadako, personnage du film d’horreur Ring, réalisé par Hideo Nakata et interprété par Rie Ino), Parlons VF (le doublage de Dragon Ball), Hommage (Noriko Ohara, voice actrice de Doraemon et Conan Fils du Futur), et Humeur.

À lire pour tous fans d’anime.

Animeland #249 (Jan. – Mars 2025)

Ce numéro nous offre un dossier sur Bleach avec un portrait de Tite Kubo (auteur), une introduction au manga et à l’anime, son processus de création, ses produits dérivés (roman, live-action, comédie musicale, jeu video, le spin-off Burn The Witch), la version française, la thématique de l’ikai (“autre monde”) et des interviews avec le réalisateur Noriyuki Abe, Masashi Kudo (character design), et Ken Hagino (producteur), Go Koga (réalisateur de The Birth of Kitaro: The Mystery of Gege), ainsi que Yoshihiro Kanno et Atsushi Kaneko (animateur et producteur au studio A-1 Pictures).

Le dossier se poursuit avec un reportage sur les 45 ans d’histoire du Studio Pierrot, incluant des interviews avec Atsushi Wakabayashi (animateur et réalisateur sur Yu Yu Hakusho et Naruto), Mamoru Oshii (Urusei Yatsura, Dallos, Gosenzo-sama, Patlabor), et Tomohisa Taguchi (Akudama Drive, Bleach: Thousand Year Blood War).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Wish List (nous offre une sélection de mangas, anime et goodies, où je note la parution en français du manga M.S. Gundam The Origin chez Vega), Jeu Vidéo (rencontre avec Toshiro Kondo, président de Nihon FALCOM), et Hommage (aux voice actrices Emi Shinohara [Sailor Jupiter] et Atsuko Tanaka [le Major dans Ghost in the Shell] et à la journaliste Suzuka Asaoka).

À lire pour tous fans d’anime.

Canal BD #158   (Déc. 2024 – Jan. 2025)

Canal BD est un autre périodique dédié à la bande dessinée, mais que je n’ai pas l’habitude de lire souvent, car il n’est pas disponible à ma bibliothèque locale (quoi que je puisse l’avoir par prêt entre biblio). De plus, c’est un magazine qui est plus orienté pour les libraires (Canal BD étant une chaîne de librairies — avec des listes de parutions sans beaucoup de détails et beaucoup de publicités), il n’offre que des présentations (et non des commentaires critiques) et couvre très peu les mangas. 

La section “Gros Plan” nous introduit à Du Rififi à Ménilmontant! Par Tardi (D’après Léo Malet) chez Casterman et Gung Ho – Intégrale parBenjamin Von Eckartsberg & Thomas Von Kummant chez Paquet. Dans la section “Sélection” on présente des parutions récentes avec un peu plus de détails. J’y note des BDs de Druillet (Lone Sloane – Intégrale chez Glénat et Druillet – Lovecraft chez Barbier) et Caza (Le Monde d’Arkadi – Intégrale chez Les Humanoïdes Associés). La section “Jeunesse” fait de même, mais pour les parutions jeunesse.  La section “Interview” nous offre une entrevue avec Mark Millar, scénariste chez Marvel et DC, sur la création de sa propre collection: Millarworld. La section “Meilleures Ventes” présente Moi, Fadi, Le frère volé par Riad Sattouf chez Livres du Futur, Habemus Bastard t.2 chez Dargaud et Les Aigles de Rome t.7 chez Dargaud pour la BD, et One Piece t.108 chez Glénat, Spy X Family t.13 chez Kurokawa et Kaiju no 8 t.12 chez Crunchyroll, pour le manga. La section la plus intéressante pour moi est sans doute “BD du Monde” où l’on retrouve Dragon Hunt Tribe t.2 par Kuroi chez Ki-oon et Shibatarian t.1 par Iwamuro chez Panini.

Une lecture intéressante pour se tenir au courant des nouveautés en BD. Par contre, ce qui est le gros avantage de ce magazine c’est qu’il est disponible gratuitement en ligne!

dBD #190 (Février 2025)

Dans le cahier actualités on mentionne la réédition de Exterminateur 17 (par Enki Bilal & Jean-Pierre Dionnet chez Casterman), ainsi que la parution de Arzak: Destination Tassili – Corpus Final (par Moebius, chez Moebius Production qui nous offre une deuxième partie sans dialogue et une troisième juste esquissée suite à la disparition du maître). On retrouve également un article hommage à Christian Godard (Martin Milan, Le Vagabond des Limbes, La Jungle en Folie) et un sur l’oeuvre de Jeff Smith (sur Big Johnson Bone et autres contes oubliés chez Delcourt ainsi que Bone vol.1-9 et RASL vol. 1-3 également chez Delcourt).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Corentin Rouge & Caryl Férey sur Islander T.1 chez Glénat.  Les entrevues se poursuivent avec Aude Picault (sur Moi je, quarantaine chez Dargaud), ainsi que Vincent Brugeas, Ronan Toulhoat & Yoann Guillo (sur Daemon T.1 chez Le Lombard).

Aucune section sur les mangas cette fois-ci, mais on nous offre plutôt en avant-premières des extraits de leurs coups de coeur du mois: Carcoma (par Andrés Garrido chez Dupuis), Le Démon de Mamie (par Florence Cestac chez Dargaud), Première Dame (Par Didier Tronchet & Jean-Philippe Payraud chez Glénat), Les mouvements célestes (Par Michèle Peroncini chez Sarbacane), et Bestia T.1 (par Corc aux Humanoïdes Associés).

Dans le Cahier Critique je note Dorohedoro T.1 par Q Hayashida chez Soleil (Super!; “Barré, underground, violent, trash, drôle et férocement rock’n’roll, ce manga sans concession (…) ravira les fans de SF délirante et de gore à la narration débridée et qui ne se prend pas au sérieux”), Serial Killer Isekai T.1 par Ichigo Hitotsubu & Hiro chez Delcourt (Bien; “une histoire bien tordue qui mélange thriller psychologique déjanté et univers parallèles”), et La fin du système T.1 par Takeshi Natsuhara & Shinobu Kaitani chez Delcourt (Super!; “une série originale mêlant politique et économie qui devrait plaire à tous les adeptes de justice sociale (…), magistralement bien écrite”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

dBD #191 (Mars 2025)

Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Louve t.1 par Miyako Miiya chez Le Renard Doré, Brigantus t.2 par Hermann & Yves H chez Le Lombard (décidément on trouve de plus en plus d’histoires sur la Rome antique), Dommage Cérébral par Shintaro Kago chez Huber, ainsi que les lauréats de BDmania.ch 2024.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Griffo & Rodolphe sur La Main du Diable chez Anspach. Les entrevues se poursuivent avec Jacques Glénat (au sujet de l’exposition “Passionnément, à la folie…” au Couvent Saint-Cécile à Genoble qui présente 150 planches et dessins originaux de sa collection), François Rivière (sur Confession d’un amateur de BD Belge chez les Impressions Nouvelles), Richard Blake (sur Horizon Oblique chez Urban Comics), Keum Suk Gendry-Kim (sur Mon ami Kim Jong-un chez Futuropolis), Gaet’s & Monier (sur Fan Man, d’après Kotzwinkle, chez Petit à Petit)

Aucune section sur les mangas cette fois-ci, mais on nous offre plutôt en avant-premières des extraits de leurs coups de coeur du mois: La nuit des lanternes (par Jean-Étienne chez Delcourt), Au coeur du désert (par Maryse & Jean-François Charles chez Le Lombard), Enfermé (par Julien Hillion & Renan Coquin chez Dargaud), et Jefferson (par Antoine Ronzon d’après le roman de Jean-Claude Mourlevat, chez Gallimard Jeunesse). Et dans le Cahier Critique je note aucun titre de manga ou qui mérite mention.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

dBD #192 (Avril 2025)

Dans le cahier actualités on nous offre un article célébrant les cinquante ans de Fluide Glacial, magazine de BD humoristique créé par Gotlib en 1975, vendue à Flammarion en 1995 et racheté par Bamboo en 2016. On retrouve également un article sur Krimi  (par Thibault Vermot & Alex W. Inker, chez Sarbacane).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Brüno & Fabien Nury sur Electric Miles T.1: Wilbur chez Glénat (incluant un extrait de sept pages). Les entrevues se poursuivent avec Nina Bunjevac (sur La Réparation chez Martin de Halleux et Fatherland: Une histoire de famille chez Gallimard), Jules Caleb (sur Ish & Mima chez Kinaye), Ryan North (sur Fantastic Four T.1: Qu’est-il arrivé aux Quatre Fantastiques?, avec Iban Coello chez Panini), Mikael Ross (sur Le nirvana est ici, aux Seuil).

Dans le Cahier Critique je note Detroit: Become Human T.1 par Sawatari & Sumida chez Kurokawa (Super!) et Dans le premier train du matin par Yugo Aosaki & Shirohiko Yamada chez Delcourt (Bien; “Trois courts récit [qui] (…) dépeint de façon quasi méthodique, dans toute leur complexité, les mécaniques de pensées adolescentes”). Ça vaut le détour mentionne également la réédition du recueil d’histoires courtes Frères du Japon par Taiyo Matsumoto chez Delcourt.

Grosse déception: Trois numéros de suite sans aucun article sur le manga… dBD aurait-il abandonné la BD nippone ?!

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

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Revue de ‘zines [002.025.053]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champ d’intérêt… Pour vous éviter le souci de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie, j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet, vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Métal Hurlant N°12 (Août 2024)

Ce numéro regroupe 29 courts récits et 11 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème de “H.P. Lovecraft: Murmures et Chuchotements”. Comme pour les numéros que j’ai commentés précédemment, plusieurs des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas vraiment de mon goût, mais j’ai trouvé tous ces courts récits exceptionnellement intéressants et ils méritaient tous d’être lus avec attention. J’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants (narrativement et/ou graphiquement)…

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Le chaos rampant: la vie et la mort d’Howard Phillips Lovecraft” (par Pochep, 20 quarts de page hilarants répartis à travers le numéro), “Le gardien du seuil” (Fred Vignaux, 9 p.), “Lumière Noire” (Vincent Bonavoglia & Matthew Allison, 9 p.), “L’Antithèse des créations” (Salvador Sanz, B&W, 11 p), “La tache” (Thomas Gilbert, 9 p.), “Cher Journal” (Emem, 5 p.), “La Clairière” (Eldiablo & Nico Gems, 9 p.), “L’Appel de Cthulhu” (Mathieu Sapin, 5 p.), “Ils sont arrivés” (Valentin Ramon, 9 p.), “Bienvenue è Dunwich” (Nikola Pisarev, 12 p.), “Cthulhu à la plage” (Pixel Vengeur, 5 p.), “Mentral” (Étienne Appert, 9 p.), “Entre les pierres” (Alex Ristorcelli, 4 p.), “Kadath” (Richard Guérineau, 9 p.), “Du beau et du sublime” (Munuera & Ricard Efa, 5 p.), “Pastorius” (Poe & Nicolas Gaignard, 5 p.), “Le cauchemar” (Juliette Pinoteau, B&W, 5 p.), “60e Déferlants” (Thomas Bidault, 11 p.), “L’Appel à tarte” (Mo & CDM, 5 p.), “Love and Craft” (Brouette Hurlante, 7 p.), “1785” (Stéphane De Caneva, 9 p.), “Monkey Business” (Jean-Luc Cornette & Christian Durieux, 7 p.), “La musique d’Erich Zann” (Lolita Couturier, 9 p.), “The Things” (Laurent Queyssi & Oriol Roig, 7 p.), “La page blanche” (Elene Usdin, 11 p.), “Les Grands Anciens” (Bob Fingerman, 9 p.), “Les grandes dunes” (Aseyn, 7 p.), “L’Émissaire” (Daniel Hansen, 7 p.), et “Mater” (Jorg De Vos, 11 p.). De belles découvertes.

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanosNelliganWikipedia ]

Canal BD #157   (Oct.-Nov. 2024)

Canal BD est un autre périodique dédié à la bande dessinée, mais que je n’ai pas l’habitude de lire souvent, car il n’est pas disponible à ma bibliothèque locale (quoi que je puisse l’avoir par prêt entre biblio). De plus, c’est un magazine qui est plus orienté pour les libraires (Canal BD étant une chaîne de librairies — avec des listes de parutions sans beaucoup de détails et beaucoup de publicités), il n’offre que des présentations (et non des commentaires critiques) et couvre très peu les mangas. 

La section “Gros Plan” nous offre une introduction à Les travailleurs de la mer par Michel Durand (d’après Victor Hugo), chez Glénat et à Globe-Trotteuses par Julian Voloj et Julie Rocheleau chez Dargaud. Les sections “Les sorties” et “Têtes d’affiche” (avec illustrations de couvertures) nous offrent simplement une liste de parutions. J’y note Alix T.43:  Le gardien du Nil. Dans la section “Sélection” on présente des parutions récentes avec un peu plus de détails. J’y note Pour une fraction de seconde (Guy Delisle, Delcourt). La section “Jeunesse” fait de même, mais pour les parutions jeunesse. La section “Interview” nous offre une entrevue avec Eric Henninot sur La Horde du Contrevent chez Delcourt, qui adapte le roman de Alain Damasio. La section “Coup de Cœur” nous introduit Dawnrunner par Ram V & Cagle chez HiComics et à Mobilis par Ba chez Bayard.  La section “Meilleures Ventes” présente La Route, Ulysse & Cyrano et Les Cahiers d’Esther T.9 pour les albums BD, ainsi que Berserk (Édition Collector) T.42, Jujutsu Kaisen T.24 et Les carnets de l’apothicaire T.13 pour les mangas.

La section la plus intéressante pour moi est sans doute “BD du Monde” où l’on retrouve Confession par Fukumoto & Kawaguchi chez Panini, No Reaction par Keigo Shinzô chez Lézard Noir, Pineapple Army T.1 par Kazuya Kudô & Naoki Urasawa chez Kana, et River End Café T.3 par Akio Tanaka chez Shiba.

Une lecture intéressante pour se tenir au courant des nouveautés en BD. Par contre, ce qui est le gros avantage de ce magazine c’est qu’il est disponible gratuitement en ligne!

dBD #188   (Novembre 2024)

Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Garçonnes, par la regrettée Trina Robbins chez Bliss, qui compile des planches de dessinatrices américaines des années folles comme Nell Brinkley, Eleanor Schorer, Edith Stevens, etc., pour faire une petite histoire de la BD féministe.

À la une de ce numéro, on retrouve une entrevue avec Lucas & Arthur  Harari sur Le cas David Zimmerman chez Sarbacane. Les entrevues se poursuivent avec Frank Pé (sur Dessine! Et tu connaitras l’univers et les dieux chez Glénat), Martin Veyron (sur Érostrate chez Dargaud), et Théo Grosjean (sur Elliot au collège T.3, chez Dupuis). On trouve également un article sur la vente aux enchères chez Christie’s de cinquante planches originales de Lucky Luke par Morris avec sept pages d’extraits. 

Côté manga on nous offre un article sur “1001 Mangas: la bataille de la prépublication“ qui nous fait découvrir les périodiques de publications japonais où les mangas sont publiés en feuilletons (Weekly Shonen Sunday, Big Comic, Morning, Weekly Shonen Jump, Shonen Champion, Monthly Ikki, Feel Young, etc.). La chronique “Ça vaut le détour” mentionne Bourrasque de printemps par Mizumaru Anzai chez IMHO, qui rassemble une série de treize histoires courtes parues dans Garo entre 1974 et 1979. Également, “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Aux côtés du Dieu-Loup T.1 (Yamamoto Sumoto, Doki Doki), 343 Sword Squad T.1 (Souichi Sumoto, Delcourt-Tonkam), Éclipse Humaine T.1 (Yuki Sato & Mitsuchiyomaru, Glénat), Remède impérial, l’étrange médecin de la cour du roi (Tohru Himuka, Kurokawa), Reborn as a Vending Machine (Kunieda, Hirukuma, Yuki Hagure, chez Véga-Dupuis), et Monster Maid T.1 (Yugata Tanabe, Soleil).

Dans un Cahier Critique volumineux, je note seulement Shinkiraki par Yamada Murasaki chez Kana (Super!; “série de récits courts évoquant le quotidien d’une femme au foyer” publié dans les années ’80 dans le périodique alternatif Garo. “Malgré son âge (…) ce manga reste d’une modernité frappante dans sa construction narrative libre et multiforme, ainsi que par son approche graphique minimaliste et élégante”)

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

dBD #189   (Déc. ’24 – Jan. ’25)

Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Jojo Magazine par Hirohiko Araki chez Delcourt, un ouvrage documentaire sur l’univers de Jojo Bizarre Adventure, Les Piliers de la Terre par Didier Alcante & Steven Durpé chez Glénat adaptant le roman de Ken Follet, et Magicien A par Natsuko Ishitsuyo chez OMHO. On retrouve également un article sur Winshluss (Vincent Paronnaud) récipiendaire du Grand Prix Töppfer 2024 décerné par la ville de Genève. 

À la une de ce numéro, on retrouve une série d’hommages à Pierre Christin par Arleston, Olivier Balez, Christophe Bec, Enki Bilal, José-Louis Bocquet, Didier Christmann, Olivier Christin (son fils), Éric Corbeyran, Jean-Pierre Dionnet, Jean Dufaux, Manu Larcenet, Mathieu Lauffray, Stella Lory, Wilfrid Lupano, François Le Bescond, Patrick Lesueur, Serge Le Tendre, Philippe Lespinasse, Matz, Loo Hui Phang, Christophe Quillien, Édith Rémond, Jean Van Hamme, et Claude De Saint Vincent. On retrouve également en preview les extraits de trois titres: Les Clients d’Avrenos par Fromental & Mattiussi (d’après Simenon) chez Dargaud (5 p.), La Veuve par Glen Chapron (d’après Gil Adamson) chez Glénat (5 p.) et Tanis T.1: Les tombeaux d’Atlantis par Bajram, Mangin & Perger chez Dupuis (5 p.).

Les entrevues se poursuivent avec Daniel Couvreur (sur Un siècle de BD Belge – exposition au Musée de la BD de Bruxelles), Jacques Tardi (sur Du Rififi à Ménilmontant chez Casterman), Manu Larcenet (sur La Route, adaptation du roman de Cormac McCarthy chez Dargaud), Romain Renard (sur Revoir Comanche chez Le Lombard), Thomas Legrain (sur M.A.D. T.1: Un Empire de rouille, avec Nicolas Jarry, chez Le Lombard), Emmanuel Guibert & Marc Boutavant (sur Ariol T.20, chez Bayard). Ce numéro se termine sur La Tribune “Mauvaise Humeur” de Frédéric Bosser qui s’étonne que Dupuis se soit autocensuré et ait cessé la publication du Spirou de Yann & Dany, Spirou et la Gorgone bleue, suite aux plaintes de lecteurs.

Côté manga on nous offre un article sur Taiyo Matsumoto (Tokyo ces jours-ci, Amer Béton, Ping Pong, Gogo Monster, Number 5, Le samouraï Bambou, Sunny). Également, “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Harcèlement scolaire, la méthode du détective Imamura T.1 (Katsumasa Enokiya & Hirotaka Abe, chez Kurokawa), Kill Blue T.1 (Tadatoshi Fujimaki, Crunchyroll), Croissant Amoureux (Yasutoshi Kurokami, Hoochie Coochie), Mobile Suit Gundam: The Origin T.1 (Yoshikazu Yasuhiko, Véga), Songe d’une nuit ambrée T.1 (Masaho Murano & Nodoka Yoda, Soleil) et Promise Cinderella T.1 (Oreco Tachina, Glénat).

Dans le Cahier Critique je note Pour une fraction de seconde par Guy Delisle chez Delcourt (Top!), Maria Mantegazza T.1 par Seiho Takizawa chez Paquet (Bien), et Planetarium Ghost Travel T.1 par Sakama Sakatsuki chez Rue de Sèvres (Super).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

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Revue de ‘zines [002.025.011]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Animeland #247 (Juillet-Septembre 2024)

Animeland-247

Ce numéro nous offre un dossier sur un dessin animé américain à contre-courant, Avatar: présentation, la machine Nickelodeon, portrait et rencontre avec les créateurs (Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko), La Légende de Korra, la musique, influences asiatiques, les arts martiaux chinois revisités par l’Avatar, adaptations, et anecdotes de production. On retrouve également un dossier complémentaire sur l’animation coréenne (les studios derrière Avatar, rencontre avec le CEO du studio MOI: Son Seo Hoon, avec Celia (de www.cinemacoreen.fr) et les perles d’animation Coréennes). 

Dans “Wishlist” on commente pèle-mêle une profusion de parutions de mangas, animés et produits dérivés. Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Jeu video (Rencontre avec Kim Hyung Tae, réalisateur de Stellar Blade), Japon (les Santô, bains public), Hommage (illustratrice Mutsumo Inomata), Secret Files (les voix de Ranking of Kings), Anime Grand Prix et Humeur.

Plus que jamais, avec la nouvelle formule augmentée, c’est un périodique (un ouvrage!) à lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

Capsules

dBD #186   (Septembre 2024)

dBD-186

Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Métal Hurlant #12: H.P. Lovecraft, Murmures et chuchotements aux Humanoïdes Associés et de 100 mangas qui ont marqué l’histoire, un collectif sous la direction de Cynthia Leman chez Ynnis.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Laurent-Frédéric Bollée (sur L’Éternité béante, avec Étienne Klein & Christian Durieux, chez Futuropolis; et Belmondo, peut-être que je rêve debout, avec Jean-Michel Ponzio, chez Glénat). Les entrevues se poursuivent avec Clothilde Delacroix (sur Archéologie de l’intime, chez Dupuis), Philippe Valette (sur L’Héritage fossile, chez Delcourt), Alix Garin (sur Impénétrable, chez Le Lombard), Alicia Jaraba (sur Loin, chez Grand Angle), Nicolas Barral (sur L’Intranquille Monsieur Pessoa, chez Dargaud), et Émile Bravo (sur Les 7 Ours nains contre le gros méchant loup, chez Le Seuil Jeunesse).

Côté manga on nous offre un article sur Naoki Usawara (Pineapple Army, Yawara !, Master Keaton, Happy !, Monster, 20th Century Boy, Billy Bat, Asadora !). Également, “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Battle Royale: Enforcers T.1 (Koushun Takami & Yukai Asada, chez Soleil), Ce vide au fond de moi T.1 (Iori Kanzaki & Tomo Taketomi, chez Delcourt), My Love Story with Yamada-kun at LVL999 T.1 (Mashiro, chez Mana), 36000 seconds in a day T.1 (Ryoko Fukuyama, chez Vega/Dupuis), Viral Hit T.1 (Taejun Pak & Junghyun Kim, chez Pika), Racaille de bibliothèque T.1 (Zuino & Kei Keiyama, chez Nobi Nobi) et Wistoria: Wand and Sword T.1 (Toshio Aoi & Fujino Omori).

Dans le Cahier Critique je note seulement La vie d’Otama par Keiko Ichiguchi et Andréa Accardi (Super!; “un album qui ressemble beaucoup à un manga sans vraiment en être un. [les auteurs] se sont attelez-vous à raconter la vie de Kiyohara Otama, la première artiste-peintre à s’être expatriée en Sicile à la fin du XIXe siècle (…). Mélange savant entre fiction et réalité (…) est l’occasion unique de découvrir les oeuvres de l’artiste dont beaucoup de tableaux ont été détruits par la guerre“).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

dBD #187   (Octobre 2024)

dBD-187

Dans le cahier actualités on mentionne les parutions récentes. À la une de ce numéro on retrouve un dossier hommage à André Julliard avec des témoignages de Claude de Saint-Vincent, Jacques de Loustal, Lorenzo Mattotti, François Avril, Martin Veyron, Baru, Yves Sente, Henri Filippini, Enki Bilal, Jacques Ferrandez, Juanjo Guarnido, Rodolphe, François Bouq, Florence Cestac, Jean-C. Denis, Régis Loisel, Didier Convard, Jean-Marie Korber, Yann, Yves Schlirf, Étienne Robial, Philippe Druillet, Pierre Christin. 

Nous retrouvons également quelques entrevues avec ZEP (au sujet de Zep: Dessiner le monde; Conversations avec Romain Brethes, chez Rue de Sèvres), Victor Hussenot (sur La Brigade, chez La Joie de Lire), et Serge Lehman (sur Les Navigateurs, avec De Caneva, chez Delcourt).

Côté manga on nous offre un article sur Jirô Taniguchi à l’occasion de la réédition de Au temps de Botchan chez Casterman où l’on traite, entre autres, de ses oeuvres d’action (Trouble is my Business, Blue Corner, Un assassin à New York, Rude Boy) et de ses collaborateurs (Caribu Marley, Natsuo  Sekikawa). 

Dans le Cahier Critique je note La Romancière et le Mercenaire T.1 de Minami & Murayama chez Doki-Doki (“Bien”) et Neeting Life T.1 de Tetsuya Tsutsui chez Ki-oon ((“Bien”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

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100 mangas qui ont marqué l’histoire !

100MangasQuiOntMarquésHistoire“100 mangas incontournables à découvrir ou redécouvrir ! Pour fans et néophytes !

 Depuis quelques années, un peu plus d’une bande dessinée sur deux vendue en France est un manga. En 40 ans, les œuvres illustrées venues du Japon sont passées de la curiosité étrange réservée à un public d’initiés à un phénomène touchant les lecteurs de tous âges et de tous les styles.

Outre les séries emblématiques présentes dans cet ouvrage, découvrez les pépites sélectionnées et présentées par des journalistes experts en culture japonaise. Vous y découvrirez des titres pour tous les goûts de l’incontournable shônen (Dragon Ball, One Piece, Chainsaw man) aux œuvres plus intimes comme Quartier Lointain ou My Broken Mariko, des titres formateurs de l’enfance (Doreamon, Card Captor Sakura) aux œuvres plus adultes (Gen d’Hiroshima, L’Habitant de l’infini, Le Pavillon des hommes, Saturn Return), ce livre vous invite à un voyage de 60 ans pour découvrir toute la richesse et la diversité des mangas avec les 100 titres les plus représentatifs de la bande dessinée japonaise de 1959 à 2019.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Il existe déjà beaucoup d’ouvrages sur les mangas mais les premières références commencent à dater (à ce sujet voir ma bibliographie des références essentielles sur l’anime et le manga que je viens tout juste de mettre à jour). Il est donc important, de décennie en décennie, de produire de nouvelles références qui sont à jour avec les plus récentes parutions. C’est ce que fait cet ouvrage. Il regroupe par décennies les titres de mangas qui se sont le plus démarqués dans les soixante dernières années. Chaque titre est décrit et commenté sur deux pages.

Les années soixante: Kitarô le Repoussant, Ashita no Joe, Phénix: l’Oiseau de Feu, Doraemon.

Les années soixante-dix: Lone Wolf and Cub, Devilman, Kamen Rider, La Rose de Versailles, Le Clan des Poe, L’École Emporté, Lorsque Nous Vivions Ensemble, Gen D’Hiroshima, Captain Albator, Destination Terra.

Les années quatre-vingt: Touch!, Akira, Nausicaä de la Vallée du Vent, Hokuto no Ken, Dragon Ball, Banana Fish, City Hunter, L’Homme Sans Talent, Crying Freeman, Jojo’s Bizarre Adventure, The Five Star Stories, Parasite, Berserk, Ghost in the Shell, Pink.

Les années quatre-vingt-dix: Gunnm, Sailor Moon, Amer Béton, Ikkyu, L’Habitant de l’Infini, Détective Conan, Dragon Head, Blue, Card Captor Sakura, Inu Yasha, Mars, Yu-Gi-Oh!, Great Teacher Onizuka, One Piece, Blame!, Eden, Fruits Basket, Hunter x Hunter, Quartier Lointain, Spirale, Vagabon, Vampyre, Naruto.

Les années deux-mille: 20th Century Boys, Dorohedoro, Nana, Bleach, Fullmetal Alchemist, L’Académie Alice, Chocola et Vanilla, Death Note, Yotsuba &!, Le Pavillon des Hommes, Undercurrent, Ushijima l’Usurier de l’Ombre, L’Infirmerie Après les Cours, Litchi Hikari Club, Sawako, Vinland Saga, Black Butler, Les Enfants de la Mer, Otomen, Switch Girl!!, Dans un Recoin de ce Monde, Bonne Nuit Punpun, March Comes In Like A Lion, Bride Stories, Princess Jellyfish, Utsubora, L’Attaque des Titans. 

Les années deux-mille-dix: & (And), Blue Spring Ride, L’Ère des Cristaux, One-Punch Man, Orange, A Silent Voice, Innocent, L’Étranger de la Place, Après la Pluie, My Hero Academia, L’Enfant et le Maudit, Beastars, Solitude d’un Autre Genre, The Promised Neverland, Don’t Call It Mystery, Les Liens du Sang, Saturn Return, Chainsaw Man, My Broken Mariko, Spy x Family, Veil.

C’est une liste qui est discutable (j’ai mis en gras ce que j’ai lu) mais qui offre tout de même un matériel de référence essentiel et d’excellentes suggestions de lectures. À lire, donc, si les mangas vous intéressent.

Seule déception (comme c’est souvent le cas dans les ouvrages d’Animeland): chaque titre est accompagné d’une fiche technique qui résume les informations du texte mais qui n’inclut seulement que l’année de parution, l’auteur et l’éditeur original. Personnellement, je préfère des fiches techniques plus élaborées: dans quel périodique l’histoire a-t-elle d’abord été publiée et à quelles dates ? Quel est le titre original ? À quel genre appartient-il ? Quel est le public cible ? Est-ce disponible en traduction et chez quel éditeur ? Est-ce une série et, si oui, de combien de volumes ? Etc. Un indice d’appréciation (sur cinq étoiles par exemple) aurait également été bienvenue. Ces informations sont peut-être données dans le corps du texte, mais le but d’une fiche technique est de résumer le tout d’un seul coup d’oeil.

COUDIÈRE, Bénédicte (Ed.). 100 mangas qui ont marqué l’histoire! Paris: Ynnis, Août 2024. 206 pages. 35,00 € / $59.95. ISBN 978-2-37697-437-6. stars-3-0

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