Cogitationes me: Thought of the day (for myself) [002.021.337]

Deafness

I always thought that if there was a sense that I would not mind loosing it was my hearing. Today’s world is so full of sounds. The street noises, the planes criss-crossing the sky, the radio, the tv, the incessant chatting. The music has become cacophony and it is more of a distraction now. I thought it would be like being in a sensory deprivation box. It would be relaxing and calming. Like letting myself float at the surface of the lake (or pool), hearing only the lapping sound of the waves on the quay and the muffled, distant noise of the other kids playing on the beach. I valued vision so much more because it was definitely more essential for the input of knowledge by reading, watching documentaries, observing my surroundings, appreciating the beauty of the world… I don’t know how I would be able to continue living if I was loosing my vision. However, I thought that loosing my hearing wouldn’t change me much, could be a blessing even. I had an uncle that had become completely deaf after an accident and he was managing well. Hmm…. There is nothing that makes you appreciate something more than loosing it.

I have been practically (and hopefully temporarily) deaf for four days now . That’s what a rhinitis (very bad cold) coupled with a bilateral otitis does to you. Inflammation and cerumen block the ear canal, possibly impeding the movement of the tympanic membrane, infection and mucus also possibly obstructing the Eustachian tube, and voilà: you have hearing loss. These days, with the coronavirus pandemic, it is hard to see a doctor and even more a specialist like an otorhinolaryngologist (ORL). There’s no one to treat you quickly and reassure you… There’s just medication (antibiotics and ear drops) and patiently waiting for a distant appointment. In the meantime, I can barely hear anything but my aggravated tinnitus, people have to talk loudly right to my face, I have to put the phone volume to the max, I cannot watch tv without making enemy of my neighbours (or if I use earphones with the volume cranked up my head hurts after an hour), if I hear a sound I cannot tell from where, I cannot hear the birds nor the wind, I cannot hear the cat when he’s hungry or angry, I cannot hear the doorbell or the alarm clock, I cannot hear someone walking or a car coming, I cannot hear the silence (yeah! That’s thing) and I can’t even work (I can easily handle an exceedingly boring job that necessitate brutal concentration even with the terrible migraine I’ve had since May, but listening all day only to my tinnitus and not being able to understand needed instructions or essential informations, or even the office chit-chat: that’s unbearable). Maybe it’s the perfect time to catch up on my reading and writing?

No, being deaf is far from relaxing or calming. It is the most stressful experience of my life. I realize that it is the loss of nearly half the sensory information that my mind has access to (smell [the dainty fragrance of a flower], taste [the sweetness of a fruit] and touch [the warm softness of a woman’s skin], all together have a much smaller bandwidth than vision and hearing; although their data is more subtle and profound, triggering more easily connections with memory). It is now obvious to me that loosing the sense of hearing, it represents a lot. Enough to make you feel cut off the world. It also makes you paranoid, wondering what’s lurking beyond your field of vision. This vulnerability of not being in control of my full perception makes me annoyed and irritable. I hate being in that state. Hopefully I will get better soon. So, believe me when I tell you to enjoy what you have while you can because you never know when you gonna loose it!

[ Traduire ]

Les Constantiniens (5)

Constantius II (324-361) (1)

Flavius Julius Constantius (généralement appelé Constantius II ou Constance II en français) est né à Sirmium le 7 août 317. Il est le troisième fils de l’empereur Constantinus (le second avec sa deuxième épouse, Fausta). Il reçoit une éducation auprès de précepteurs chrétiens et est fait César dès l’âge de sept ans, le 8 novembre 324. Dès 332, son père l’associe plus étroitement au pouvoir en l’envoyant en Gaule pour protéger la frontière rhénane mais, la santé déclinante de Constantinus ne lui permettant plus de faire campagne, il le rappelle en 335 pour l’envoyer plutôt en Syrie où les Perses Sassanides ont envahit l’Arménie. Par le temps qu’il arrive les Perses ont également repris la Mésopotamie, dont la ville clé d’Amida. Après quelques défaites initiales, le général Perses est tué et les troupes de Constantius reprennent la ville dont ils consolident les fortifications. Un accord de paix est conclu en 336. Il installe ses quartiers à Antioche mais, au début de 337, Constantius doit se rendre précipitamment à Constantinople pour être au chevet de son père qui est mourant. Après sa mort, le 22 mai 337, il organise de somptueux obsèques en juin et le fait enterrer dans l’église des Saints-Apôtres à Constantinople. Pour consolider leur pouvoir, les trois fils de Constantinus font assassiner leurs deux oncles et six cousins (mais trois seront épargné: Gallus, Julianus et Nepotianus). Ils se proclament alors Augustes et se rencontrent à Viminacium en Mésie le 9 septembre pour se partager l’Empire: Constantinus II prends le contrôle l’Occident (Bretagne, Gaules, Hispanie, Maurétanie), Constans (sous la tutelle de son aîné) devient responsable de l’Italie, l’Afrique du Nord, l’Illyricum, la Pannonie ainsi que la Macédoine, et Constantius II prends l’Orient (la Thrace, l’Asie Mineure, la Syrie, l’Égypte et le Cyrénaïque).

À la nouvelle de la mort de Constantinus, les Perses attaquent à nouveau et Constantius II est constamment occupé à les contenir. Pendant ce temps, ses deux frères se querellent pour le contrôle de leurs territoires résultant en la mort de Constantinus II en avril 340. L’Empire redevient donc une dyarchie mais sa stabilité reste menacée par une dispute entre les co-empereurs au sujet du contrôle du siège épiscopale d’Alexandrie et de l’hérésie arienne (pour laquelle Constantius II a des sympathie et qui questionne la nature de la Trinité, à savoir si la substance du Christ est différente de Dieu ou de la même essence). Toutefois, pour éviter de trop diviser l’Empire, Constantius II se montre conciliant en 346 et l’harmonie règne à nouveau entre les co-empereurs. Ils sont de toute façon bien trop occupé à défendre leurs frontières respectives. Constans doit affronter les Francs sur le Rhin en 342, puis les Sarmates et les Vandales sur le Danube. Constantius II continue à résister à la pression des Sassanides jusqu’à ce que ceux-ci, après treize ans de guerre sans véritable gains, se retirent à l’été 350 alors qu’ils doivent défendre leur propre frontière orientale contre des attaques de tribus nomades kidarites. À suivre la semaine prochaine…

J’ai six pièces de monnaie de Constantius II mais cette semaine je vais ne vous en présenter qu’une seule.

IMG_1301-1309Cette pièce est un beau follis réduit / nummus (VG [Very Good], AE4, AE / BI [Bronze / Billon], 17 x 16 mm, 1.983 g, payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisée par une patine brunâtre; die-axis: ↑↙︎). L’avers représente un buste de l’empereur portant un diadème de perles, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine D[OMINVS] N[OSTER] CONSTAN-TIVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS] (“Notre Seigneur Constantius, Pieux Heureux Auguste”). Le revers illustre l’empereur debout à gauche, casqué et cuirassé, tenant un globe dans la main droite et une lance (spiculum) renversée dans la gauche, avec l’inscription latine  SPES REI-PVBLIC[A]E (“l’Espoir de la République”), un [?]SIRM en exergue (marque de l’atelier de Sirmium [SIRM] précédée d’une marque d’officine illisible, mais les seules possibilités sont “A” ou “B”) et un S (ou un S frappé d’un trait?) dans le champs gauche (marque de séquence?).

D’après le RIC (Kent, J.P.C.; Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VIII: The Family Of Constantine I (337-364), London: Spink & Son, 1981, p. 390), cette pièce aurait été frappée par l’atelier de Sirmium vers 355-361 EC.

Sources: Wikipedia (Constantius II [FR/EN]), FAC (Constantius II, Sirmium, Spes, Spes Republicae, spiculum), ERIC (Constantius II); RIC v. VIII, Sirmium: 86; Sear RCV (1983): 3911; Online Réf.: Google, ac, acsearch, acsearch, CoinArchives, eBay, FAC, KevinCoins, Numismatics, Numista, Picckick, vcoins, WildWinds (image). Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine nous continuons notre survol du règne de Constantius II.

Voir l’index des articles de cette chronique.

[ Translate ]

Monnaies anciennes 67

The Outsider

TheOutsider-cov“Ce manga en un seul volume offre une expérience saisissante : la redécouverte de trois grands classiques de la littérature de la fin du siècle dernier, interprétés par un mangaka au trait unique et inspiré : Gou Tanabe. The Outsider, de H.P. Lovecraft, ouvre le bal de ce triptyque envoûtant avec le récit glaçant d’un individu prisonnier d’un bien étrange château… Suivent ensuite La maison à la mezzanine, de Chekhov et 26 men and a girl, de Gorki. Enfin, une sublime histoire de fantôme japonais, Ju-Ga, vient clore cette oeuvre à réserver aux amateurs de sueurs froides… Les amoureux de beau trait, lecteurs de manga ou de BD franco belge, ne désavoueront pas ce one-shot somptueux, surprenant croisement entre culture occidentale et culture orientale. Un titre pour un large public !”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

The Outsider (アウトサイダー) est un manga Seinen composé de courts récits illustrés par Gou Tanabe (田邊剛) qui ont été sérialisé dans le magazine Monthly Comic Beam de Enterbrain entre 2002 et 2005 avant d’être compilées en un volume en juin 2007. Ce recueil a été traduit en français chez Glénat (il semble d’ailleurs que tous les éditeurs de manga s’arrangent pour avoir au moins un titre de Tanabe!) et il contient quatre récits:

TheOutsider-outsider-p012

Page 12

Dans The Outsider par H.P. Lovecraft, un mystérieux personnage vit seul dans une tour depuis aussi longtemps qu’il peut se remémorer. Las de la solitude de ses études, il réussit à s’en échapper et est attiré par les lumières d’un château voisin. Il espère y voir de ces humains chaleureux qu’il a vu dans ses livres. Mais quand ils l’apperçoivent, ils fuient tous avec horreur… sauf une créature hideuse et putride au fond de la salle. Il s’en approche et touche une surface lisse… un miroir ! Cette nouvelle emblématique de Lovecraft (intitulé “Je suis d’ailleurs” en français) a été écrite en 1921 et publié dans le numéro d’avril 1926 de Weird Tales. L’adaptation de Tanabe (アウトサイダー / aoutosaida / “Outsider”; 24 pages) a d’abord été publiée dans le numéro d’avril 2004 de Monthly Comic Beam. stars-3-5

TheOutsider-Mezzanine-p045

Page 45

Dans La Maison à Mezzanine par Anton Pavlovich Tchekhov, un jeune peintre timide habite à la campagne et tombe amoureux d’une jeune voisine. Toutefois, il a une querelle politique avec sa soeur et, comme celle-ci désapprouve de leur relation, elle force sa cadette à quitter la maison. Par dépit, le peintre retourne donc à Saint-Petersbourg. Des années plus tard, il se demande où elle est et espère la revoir un jour… Une belle nouvelle de Tchekhov (“Дом с мезонином” / Dom s mezoninom) qui a été publié en avril 1896 dans la revue Russkaya Mysl (La Pensée russe). L’adaptation de Tanabe (中二階のある家 / Chūnikai no aru ie / “Une maison avec mezzanine“; 26 pages) a d’abord été publiée dans le numéro de mars 2004 de Monthly Comic Beam. stars-3-0

TheOutsider-26gars-p078

Page 78

Dans Vingt-six gars et une fille par Maxime Gorki, vingt-six hommes sont prisonniers dans un sous-sol où ils travaillent toute la journée à faire du pain. Leur seul réconfort est la visite quotidienne d’une jeune servante qui vient chercher du pain. Un nouveau boulanger, un ex-soldat qui se vante tout le temps de ses exploits auprès des femmes, vient les voir de temps en temps. Irrité de ces vantardises, un des prisonniers le met au défi de séduire la jeune Tanya. Et lorsqu’il réussit, ils blâment celle-ci et elle ne revint jamais plus les voir. Cette nouvelle de Gorki sur les idéaux perdus (“Двадцать шесть и одна” / Dvadtsat shest i odna) a été publié en 1899 et constitue l’un des premiers récits de réalisme social. L’adaptation de Tanabe (二十六人の男とー人の少女 / Nijūrokunin no otoko to ̄ hito no shōjo / “Vingt-six hommes et une fille”; 32 pages) a d’abord été publiée dans le numéro d’octobre 2002 de Monthly Comic Beam. stars-2-0

TheOutsider-Juga-p135

Page 135

Dans Ju-ga, pendant l’ère Kyōhō et dans une contrée ravagée par la famine, le moine Gibon Gensho utilise l’encre et son pinceau pour combattre les esprits malfaisants et les enfermer dans le parchemin… Cette histoire de fantôme japonais est un récit original par Gou Tanabe (呪画 / ju-ga / lit. “Malédiction”; 120 pages) qui a été publié en cinq parties dans les numéros de février et octobre 2004, ainsi que mars, août et novembre 2005 de Monthly Comic Beam. stars-4-0

Tanabe semble très intéressé à l’adaptation de classiques littéraires, que ce soit Lovecraft ou des auteurs russes (la littérature russe est d’ailleurs suffisamment sombre et sobre pour être considérée sur le seuil de l’horreur!). Plus tard, en 2015, il publiera un autre recueil, cette fois en collaboration avec l’auteur Carib Song (aka Caribu Marley), intitulé Saudade (サウダージ) et qui adapte des récits de Lafcadio Hearn, Franz Kafka et Akira Tsuzu. Toutefois, il est évident que sa thématique de prédilection dans le choix de ses textes reste toujours l’horreur. Ici, il fait un intéressant travail d’adaptation mais malheureusement la littérature russe m’a toujours ennuyé… C’est pourquoi je préfère de beaucoup son adaptation de Lovecraft et sa propre histoire.

Avec Kasane (累 / lit. “Cumul”?; publié en deux volumes chez Enterbrain en 2007 et traduit en français chez Kana) ce recueil est l’une des premières publications de Tanabe et représente donc une époque où son art n’avait pas encore atteint toute sa maturité. Le style laisse donc un peu à désirer, particulièrement dans le cas de “Vingt-six gars et une fille” qui est l’oeuvre la plus ancienne du recueil. On retrouve d’ailleurs deux autres oeuvres de Tanabe antérieures à ses excellentes adaptations de Lovecraft: Genius Loci (ゲニウス・ロキ, publié en 2011 chez Tokuma Shoten, non traduit) et Mr. Nobody (un polar d’abord sérialisé dans Comic Ryū en 2012-2014, puis publié en trois volumes chez Tokuma Shoten, et qui a été traduit en français chez Bamboo / Doki Doki).

The Outsider est un manga somme toute inégal mais qui nous offre tout de même une bonne lecture et qui permet de découvrir les premières oeuvres de Gou Tanabe. C’est le manga le moins intéressant que j’ai lu de lui jusqu’à maintenant mais cela reste à lire si vous aimez l’horreur ou êtes un grand amateur de cet artiste.

The outsider, par Gou Tanabe. Grenoble: Glénat (Seinen manga), janvier 2009. 224 pages, 14.7 x 21 cm, $C 15.95, ISBN 978-2-7234-6636-3, Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2007 Gou Tanabe • © 2009, Éditions Glénat.

 

[ Translate ]

Hosta

[ iPhone 11 Pro, hortus meus, 2021/06/15 & 07/09 ]

Les Hostas (aussi appelés “plantain lilies” en anglais et gibōshi [擬宝珠 / ギボウシ] en japonais) sont un genre de plantes vivaces herbacées qui appartiennent à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Liliopsida (ou Monocotyledonae, i.e. dont la plantule n’a qu’une seule feuille), à l’ordre des Liliales (qui se reproduisent par rhizomes ou bulbes; ou Asparagales dans la classification APG III), et à la famille des Liliaceae (qui consiste en une quinzaine de genre répartis en plus de six cent espèces dont le lys, le muguet, la jacinthe, la tulipe et le narcisse;  ou Asparagaceae dans l’APG III, ou l’on retrouve plus d’une centaine de genres et près de trois mille espèces dont l’asperge). 

Elles poussent jusqu’à quatre-vingt centimètres de hauteur et leurs feuillages ovales ou lancéolés, plus ou moins gros et panachées selon les variétés, peut s’étendre d’une largeur de vingt centimètres à un mètre. Les fleurs, généralement inodores, poussent sur des tiges dressées ligneuses, plus hautes que le feuillage, et forment des grappes pendantes de clochettes mauves, lavandes ou blanches, de deux à cinq centimètres de long — chaque fleur est constitué de six tépales. Le nom fait référence au botaniste autrichien Nicolaus Thomas Host.

Les hostas sont avant tout des plantes ornementales mais toutes les espèces sont comestibles et même considérées comme légumes dans certaines régions d’Asie. Toutefois, si ingéré en grande quantité, elles peuvent être toxiques pour les animaux domestiques et les chevaux. Il existe une grande variété d’espèces et de cultivars chez les hostas (plus de trois mille référencées!) qui est apparente surtout dans la forme et la coloration du feuillage, qui est particulièrement apprécié si celui-ci comporte une variégation crème, dorée ou vert pâle. C’est une plante très populaire. J’en ai moi-même quatre espèces différentes dans mon jardin. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

[ Translate ]

Images du mer-fleuri [002.021.335]

The Hound and Other Stories

TheHoundTanabe-cov“A pair of decadent young men pursue the abhorrent thrill of grave robbing . . . A German submarines crew is driven mad by the call of an underwater temple . . . An explorer in the Arabian Desert discovers a hideous city older than mankind. This moody and evocative manga gets back to the dark foundations of the Cthulhu mythos, adapting three of H. P. Lovecrafts original stories that first shaped the outlines of cosmic horror!”

[Text from the publisher’s website and from the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

H.P. Lovecraft’s The Hound and other stories (魔犬 ラヴクラフト傑作集 / Maken Lovecraft Kessakushuu / lit. “Demon Dog Lovecraft Masterpiece Collection”) is a Seinen manga by Gou Tanabe adapting horror stories by H.P. Lovecraft. It was first serialized in Enterbrain’s Comic Beam and Kadokawa’s online Comic Walker magazines before being compiled into a volume by Kadokawa in August 2014. This is the first of Tanabe’s famous adaptations of Lovecraft stories to be translated in English (Dark Horse also published At the mountain of madness in 2019) and, strangely, one that has not yet been translated in French in the Ki-oon prestigious collection which already includes six titles (which I have already commented on this blog).

It includes three stories:

TheHound-Temple-p009In “The Temple”, the lone survivor of a stranded German U-Boat is writing about their discovery of an hellenic-style temple beneath the sea which is calling to them… It was written by Lovecraft in 1920 and published in Weird Tales #24 in September 1925. Tanabe published his adaptation (「神殿」/ Shinden / “Temple”; 64 pages) in the March and April 2009 issues of Comic Beam. As usual, Tanabe adaptation is quite faithful — beside the fact that he moved the timeline from WW1 to WW2.

TheHound-Hound-p104

Page 104

In “The Hound”, two young bored gentlemen who are seeking more and more gruesome esoteric experiences (like reading John Dee’s translation of The Necronomicon!) embark on a grave robing expedition that will make them the target of an infernal beast ! It was written by Lovecraft in September 1922 and published in the February 1924 issue of Weird Tales it is the first time he mentions the forbidden book written by the mad Arab Abdul Alhazred. Tanabe published his adaptation (「魔犬」/ Maken / “Demon Dog”; 60 pages) in the July 2014 online issue of Comic Walker.

TheHound-NamelessCity-p143

Page 143

In “The Nameless City”, an explorer discovers an ancient mythic city in the Arabian desert. He enters a cave that brings him down to coffins filled by palaeogean reptilian corpses and frescoes telling of a vanished civilization. Then there are doors opened on a bright light: he finds himself outside, elsewhere, where there are living creatures! Luckily, the doors close… It was written by Lovecraft in January 1921 and published in the November 1921 issue of The Wolverine — it is the first time he mentions the Cthulhu Mythos. Tanabe published his adaptation (「名もなき都」/ Namo naki miyako / “Nameless City”; 32 pages) in the August 2014 online issue of Comic Walker.

Tanabe superbly adapts Lovecraft’s stories with a fluid storytelling and a very dark, detailed and imaginative artwork. This manga offers a good and pleasant reading that constitutes an interesting introduction to the world of H.P. Lovecraft. Highly recommanded.

H.P. Lovecraft’s The Hound and other stories, by Gou Tanabe. Milwaukie: Dark Horse Comics, July 2017. 184 pages, 5 x 7.125 in., $US 14.99 / $C 17.50, ISBN 978-1-50670-312-1. For a teenage readership (14+). stars-3-5

For more information you can check the following websites:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2014 Gou TANABE. All rights reserved. English-language edition & all other material © 2017 Dark Horse Comics.

[ Traduire ]

Demain les chats

DemainLesChats-covAprès la guerre et l’épidémie, qui des chats ou des rats gagnera le pouvoir et le savoir des humains ?

À Montmartre vivent deux chats extraordinaires. Bastet, la narratrice qui souhaite mieux communiquer et comprendre les humains. Pythagore, chat de laboratoire qui peut se brancher sur Internet grâce à une prise USB greffée au sommet de son crâne. Ces deux-là se rencontrent et se découvrent alors que le monde des humains s’embrase.

Les chats doivent se préparer à prendre la relève de la civilisation humaine… et éviter que l’effrayant Cambyse ne mène les rats à la conquête du monde.

Après le succès de Demain les chats de Bernard Werber, Bastet et Pythagore s’incarnent en bande dessinée pour gagner la guerre contre la barbarie.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Bastet fait la connaissance de son nouveau voisin, Pythagore: un ancien chat de laboratoire devenu intelligent qui peut s’interfacer avec l’internet et ainsi en apprendre beaucoup sur les humains. Bastet a toujours été intéressé à la communication inter-espèces mais ne semble pas avoir beaucoup de succès avec sa “servante”, Nathalie. À travers leurs points de vues, nous voyons la situation en France dégénéré de terrorisme (avec une référence à l’attentat contre Charlie Hebdo) à guerre civile, puis une grave épidémie finit d’anéantir la civilisation. La ville de Paris semble maintenant sous le contrôle des rats. Seule une petite poignée d’humains semble avoir survécu mais, avec l’aide de Pythagore et de Bastet, ils s’organisent et assemblent une armée de chats qui tentera de sauvegarder la civilisation humaine…

Demain les chats est une bande dessinée scénarisée par Pog et illustrée par Naïs Quin qui adapte le roman de Bernard Werber. Je n’ai pas lu le roman mais cela me semble assez fidèle à l’histoire originale. C’est définitivement un clin d’oeil à Demain les chiens (City) de Clifford D. Simak où un robot et des chiens parlants veillent sur une civilisation post-humaine.

Le dessin me rappel un peu le style un peu brouillon de Joann Sfar mais en plus agréable à l’oeil. Ce n’est certes pas mon style préféré mais on s’y habitue rapidement et cela demeure un support très efficace à la narration. C’est une belle histoire de survie qui, même si elle fait allusion aux aspects les plus sombres de l’humain, offre tout même un peu d’optimisme à la fin. C’est donc un excellent récit post-cataclysmique que je ne peux que recommender.

Demain les chats, par POG (adaptation & dialogues), Naïs Quin (dessin & couleur) et Bernard Werber (récit original). Paris: Albin Michel, avril 2021. 144 pages, 20 x 28 cm, 18,90 € / $C 29.95, ISBN 978-2-226-44930-6, Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Werber, Pog, Quin. © Éditions Albin Michel 2021.

[ Translate ]

Blue Period Vol. 1-3

BluePeriod-1-covVol. 1

Yatora est un lycéen studieux à qui tout réussit. Pourtant, il ressent depuis toujours une impression de vide en lui. Jusqu’au jour où, par hasard, il tombe sur un tableau qui le subjugue littéralement… Très vite, Yatora réalise que peindre est le seul moyen de faire passer ses émotions et de se révéler. Cet événement le pousse à se livrer corps et âme à la peinture pour tenter le concours d’entrée de la plus sélective des écoles de Beaux-arts !

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Blue period vol. 1, par Tsubasa Yamaguchi. Vanves: Pika (Coll. Seinen), janvier 2021. 228 pages, 13 x 18 cm, 7 € 50 / $C 16.99, ISBN 9782811645380, Pour lectorat adolescent (12+). stars-4-0

BluePeriod-2-covVol. 2

Yatora avait décidé de poursuivre des études prestigieuses pour répondre aux exigences de son entourage. Mais pour assouvir la frénésie dévorante du désir qu’il ressent en dessinant, il vise d’intégrer la prestigieuse université des Arts de Tokyo. Est-il prêt à sortir de sa zone de confort, à se confronter au regard des autres, à des talents accablants et, surtout, à surmonter sa peur d’échouer ?

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Blue period vol. 2, par Tsubasa Yamaguchi. Vanves: Pika (Coll. Seinen), mars 2021. 192 pages, 13 x 18 cm, 7 € 50 / $C 16.99, ISBN 9782811660284, Pour lectorat adolescent (12+). stars-4-0

BluePeriod-3-covVol. 3

“À deux mois des concours d’admission, le niveau monte, et Yatora se sent bloqué par son manque d’expérience. Heureusement, Mme Saeki, sa professeure du club d’Arts plastiques, Mme Ooba, qui le suit en cours de prépa, et Mori sont là pour le soutenir et lui ouvrir les yeux. Galvanisé, le jeune lycéen se lance alors dans la réalisation d’une toile aussi grande que celle que Mori avait utilisée pour son tableau des anges. Sa rage de peindre aura-t-elle raison de l’entreprise colossale dans laquelle il s’est lancé ?

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Blue period vol. 3, par Tsubasa Yamaguchi. Vanves: Pika (Coll. Seinen), mai 2021. 192 pages, 13 x 18 cm, 7 € 50 / $C 16.99, ISBN 9782811660970, Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Blue period (ブルーピリオド / Burū Piriodo) est un manga Seinen sur la peinture écrit et illustré par Tsubasa Yamaguchi qui est sérialisé depuis juin 2017 dans Monthly Afternoon et a été compilé jusqu’à maintenant en onze volumes chez Kōdansha. La version anglaise est publiée aux USA par Kodansha (cinq volumes de disponible, le sixième sortira en février 2022) et la version française est disponible chez Pika (six volumes de paru en France et le septième sortira en janvier 2022). Il a remporté plusieurs prix en 2020 (le Manga Taishō et le Kōdansha manga shō; nominé aussi pour le Tezuka Osamu bunka shō) et a été adapté en une série télévisée d’animation en 2021 (dix épisodes animé par le studio Seven Arcs sous la direction de Koji Masunari et Katsuya Asano, sur un scénario de Reiko Yoshida; diffusée sur MBS, TBS, AT-X et sur Netflix).

Yatora Yaguchi est un peu voyou mais il travaille fort et réussi très bien en classe. Toutefois, son existence le laisse insensible, du moins jusqu’à ce qu’il se retrouve par hasard au club d’art et qu’une toile peinte par une collègue étudiante le bouleverse. Fasciné par le monde de l’art, il découvre qu’il peut dessiner et ainsi exprimer des émotions ou des idées qui échappent à la parole. Il se joint donc au club. Il compense son manque de talent par un excès de pratique et décide qu’il visera les Beaux-Arts pour le collège (mais publique car ses parents ne peuvent pas payer pour une université privée). Pour se préparer pour le concours d’admission il suit des cours du soir. Le récit se tisse autour de son évolution artistique, de ses relations avec ses copains voyous d’une part et ses collègues de classe d’art d’autre part — dont certains sont plutôt colorés: la talentueuse Mori, le travesti Ryûji ou le solitaire Yotasuke. 

J’aime bien les mangas écrit par des femmes. En général, on y retrouve une plus grande sensibilité et les sujets sont souvent plus intéressants. Tsubasa Yamaguchi n’est pas très connue car elle n’a publié que quatre titres et le seul autre à être traduit est She and her cat (彼女と彼女の猫 / Kanojo to Kanojo no Neko; sérialisé entre février et mai 2016 dans Monthly Afternoon, compilé en un seul volume et traduit en anglais chez Kodansha) qui adapte en manga le court métrage noir & blanc d’animation de Makoto Shinkai. Je trouve son style de dessin plutôt moyen (les visages des personnages sont parfois un peu bizarres) mais j’adore le fait qu’elle utilise des tableaux existants pour illustrer les travaux des personnages (réalisé par des assistants ou des collègues artistes). Le récit, quant à lui, est excellent et nous fait peu à peu découvrir le monde de l’art. Dans l’ensemble c’est un très bon manga qui nous offre une lecture agréable et mérite un coup d’oeil.

J’ai aussi visionné l’adaptation animé et j’ai trouvé cela excellent. L’animation exprime très bien le contenu du manga. Si vous avez Netflix et êtes un peu paresseux, vous pourriez simplement vous en tenir à visionner l’anime.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNel liganWikipediaWorldCat ]

© 2017-2018 Tsubasa Yamaguchi.

[ Translate ]

Salon du livre 2021

SLM_affiche-separee-24x36_03Cette année le Salon du livre de Montréal se tenait en ligne entre le 13 et le 28 novembre et sur place, au Palais des Congrès, du 25 au 28 novembre. 

C’est un premier salon du livre dans la (presque) post-pandémie. Cela demande beaucoup plus d’organisation: vérifier le passeport vaccinal, exiger le port de masque, favoriser l’achat de billet en ligne que l’on peut simplement scanner sur son téléphone intelligent, etc. La vente de billets pour des tranches horaires spécifiques permet de mieux contrôler le nombre de visiteurs. J’avais peur qu’il y ait une foule monstre de gens qui avaient hâte de participer à une activité culturelle après le confinement mais non c’est même mieux que les salons passés. Il y a donc peut être des leçons à tirer de cette expérience.

Vues d’ensemble du salon

Je n’ai  quand même pas pris de chance: J’ai  acheté mon billet en ligne quelques jours d’avance (moins cher que sur place) et j’avais mon passeport vaccinal dans l’appli VaxiCode (hélas je crois que la dernière mise à jour de mon téléphone a effacer l’information car mes informations n’y étaient plus ! Heureusement j’avais une photo dans mon téléphone de la version papier du passeport). 

Autre première, le salon a déménagé au Palais des congrès. En fait, ce déménagement devait avoir lieu l’an dernier mais la pandémie a fait que le salon avait été annulé alors c’est donc cette année que le salon inaugure son nouvel emplacement. Je ne sais pas si c’est à cause de ce nouveau lieu ou si pandémie oblige (en fait il parait que la vaccination covid prends beaucoup de place dans le Palais des Congrès alors le salon utilise ce qui reste) mais cette année le salon est beaucoup plus petit que par le passé. Et au lieu d’être carré, il prends la forme d’un long rectangle (voir le plan). Il y a moins d’éditeurs et les kiosques de chacun sont plus petit (il n’y a plus d’énormes espaces pour les distributeurs et Alire, par exemple, n’a que deux espaces au lieu des quatre habituels). Mais bon c’est mieux que rien… Ce sera sans doute mieux l’année prochaine.

SDL-2021-Plan

Autre première, pour la première fois en dix ans je n’ai pas obtenu de laisser-passer de média. J’ai dû payer mon entrée! Mais bon je ne suis plus éditeur de magazine, je ne travaille même plus en bibliothèque et je ne suis qu’un tout petit poisson dans le vaste océan de l’information nuagique et, même si le blogue s’est beaucoup amélioré ces dernières années, je comprends que je doive laisser ma place aux plus gros joueurs (on m’a dit que c’était à cause de la pandémie qu’ils devaient réduire les accès média — la pandémie a le dos large ! Ça ne fait pas moins de monde si je viens de toute façon; ça fait juste plus d’argent dans les poches du salon…). Mais bon il faut bien faire sa part…

Pour ce qui est du salon lui-même je crois qu’il prouve la résilience du milieu de l’édition. Il y a malgré tout plus de titres que le regard peut en voir. Cette grande variété est une bonne chose — quoiqu’il semble que  tout un chacun qui le veut peut écrire et publier un livre sans qu’il y ait de restriction sur la qualité du produit… Malgré cette pléthore je n’ai malheureusement pas vu de nouveautés excitantes cette année. Ça ne veut pas dire qu’il n’y en pas: elles peuvent avoir échappé à mon regard ou alors les éditeurs et distributeurs n’amènent au salon que les gros vendeurs et non pas les titres qui mériteraient d’être découvert (mais voilà que je me répète d’années en années).

J’ai tout de même noté quelques titres qui méritent d’être mentionnés: 

Je suis d’abord passé au kiosque des Éditions Alire où des auteurs comme Maxime Houde, Richard Ste-Marie et Jonathan Reynolds (voir l’entrevue-capsule réalisée avec lui au Salon du Livre de 2019) signaient leurs oeuvres et où l’on pouvait trouver les romans de ma frangine Catherine Sylvestre (voir l’entrevue-capsule réalisée avec elle au Salon du Livre 2018). Leur catalogue de parutions 2021-2022 est maintenant disponible et leur plus récent titres sont l’étude Les Années d’éclosion (1970-1978) sous la direction de Claude Janelle, le recueil Criminelles par Ariane Gélinas et Maureen Martineau,  Les étages ultérieurs par Éric Gauthier,  Il y aura des morts par Patrick Sénécal,  Stigmates par Richard Ste-Marie, L’Empire bleu sang par Vic Verdier, et les oeuvres de deux auteurs autochtones: Les meurtres du Red Power par Thomas King et L’automne de la disgrâce par Wayne Arthurson.

Je note également l’éditeur scolaire Chenelière qui offre des façons innovatrices d’utiliser la BD et la littérature jeunesse dans l’enseignement (La BD au primaire, La BD au secondaire, Lire et apprécier les romans en classe, ou encore Demain, j’enseigne avec la littérature jeunesse), l’éditeur de BD québécoise de haute qualité Moelle Graphik, la tendance aux omnibus avec les intégrales du Guide du Mauvais Père (par Guy Delisle chez Shampooing) et de l’Ostie d’chat (par Zviane et Iris chez Shampooing également), le dernier Guy Delisle (Chroniques de Jeunesse — voir mon commentaire) chez Pow Pow, la superbe collection d’adaptations de Lovecraft par Gou Tanabe chez Ki-oon (voir mes commentaires), et quelques BD de chez Gallimard et Futuropolis (dont l’adaptation du Clan des Otori).

Finalement, on retrouve un SEUL kiosque dédié à la littérature anglophone du Québec, Get Lit ! (tenu par la librairie Paragraphe), où j’ai vu la traduction du dernier Delisle (Factory Summer chez Drawn & Quarterly). C’est bien dommage qu’on y accorde si peu de place. Aussi, si il n’y avait de thème général au salon cette année, il y en avait peut-être un non-officiel car j’ai trouvé beaucoup des livre sur l’environnement et les Premières Nations, dont ce kiosque dédié à la littérature autochtone. 

Malgré sa petite taille, ce fut un bon salon du livre. Beaucoup des exposants à qui j’ai parlé l’on trouvé épuisant, plus qu’à l’habitude (dû à l’aspect plus compacte et au port du masque, sans doute). J’aurais aimé y voir plus de nouveautés (et pas seulement les meilleurs vendeurs) et peut-être même une petite section dédiée au livre ancien. Il y a toujours de la place pour s’améliorer. À l’an prochain !

[ Translate ]