Revue de zines (02.19.167)

Encore une fois, je passe en revue quelques récents périodiques consacrés à la bande dessinée et au manga…

AnimeLand #226 (mars-mai 2019)

AL226Un autre superbe numéro de AnimeLand très riche en information. Comme le note l’éditorial, si l’on se fit aux récents titres, l’air est à la nostalgie. Ce numéro nous présente donc la couverture des films de Dragon Ball Super: Broly et de City Hunter: Shinjuku Private Eyes, de la nouvelle série de Saint Seiya: Saintia Shô, et souligne la consécration de Rumiko Takahashi à Angoulème avec un article qui analyse une scène de Maison Ikkuku! Tout cela ravive des souvenirs vieux de plusieurs décennies…

Ce qui rend ce numéro particulièrement intéressant c’est surtout l’interview avec Akemi Takada (character design de Urusei Yatsura et Kimagure Orange Road) et les articles sur le genre shôjo (“la vie quotidienne d’une héroïne de shôjo: du premier amour à la survie de l’humanité” un article de huit pages [rare dans AL] tout à fait fascinant!), sur “Comment éditer un manga part. 2: Édito, traduction et maquette” et sur le film “live” de Lady Oscar (pour souligner son quarantième anniversaire!).

Ce numéro m’a également permis de découvrir la série télé Révisions (12 eps, sur Netflix) ainsi que les mangas Félin Pour l’autre! (un shônen nekketsu par Wataru Nadatani chez Doki Doki où un garçon tente de sauver des chats errants) et Magus of the Library (par Mitsu Izumi chez Ki-oon où Shino est passionné par les livres et échappe à la réalité en se réfugiant dans leur pages!). stars-4-0

dBD #133 (mai 2019)

dBD-133En couverture, dBD nous offre un interview avec Olivier Dupont qui s’est associé au scénariste Régis Loisel pour Un putain de salopard (Rue de Sèvres), l’histoire d’un jeune homme qui part à la recherche de son père en Amazonie. On retrouve également des interviews avec Jean-Marc Rochette (Le loup, chez Casterman), François Boucq (Jérôme Moucherot t.6, chez Lombard), Philippe Richelle (Algérie, une guerre française t.1 chez Glénat), Oscar Martin & Alvaro Iglesias (Solo t.4 chez Delcourt, une histoire anthropomorphique qui met en scène des tribus de rats, chats, chiens, hyènes, etc.), et Julien Lambert (VilleVermine t.2 chez Sarbacane).

Côté manga, dans le cahier critiques, on y parle de The red rat in Hollywood t.1 (Osamu Yamamoto, chez Vega), Les liens du sang t.1 (Shuzo Oshimi chez Ki-oon), Buchimaru chaos t.1 (Tsutomu Ohno chez Doki Doki), Genocidal organ t.2 (Gatô Asô chez Pika), Le bateau de Thésée t.1 (Higashimoto Toshiya chez Vega, qui offre une sorte de Quartier lointain en thriller avec “un scénario solide à rebondissements multiples”), et Contamination t.3 (Ao Acato chez Kana, un seinen catastrophe qui “maintient le lecteur en haleine”). Intéressant mais rien de bien excitant… stars-3-0

dBD #134 (juin 2019)

dBD-134À la une, dBD nous offre une interview avec François Schuiten, Laurent Durieux, Jaco van Dormael & Thomas Gunzig qui proposent une aventure avec des Blake & Mortimer “vieillis, séparés par le temps et mis en péril” (Le dernier Pharaon, aux Éd. Blake & Mortimer). On en profite pour parler de l’exposition consacré à cette BD au musée des Arts et Métiers. On retrouve également des interviews avec Jean-Luc Istin (Mages t.1, avec K. Duarte chez Soleil), Tillie Walden (Spinning, Dans un rayon de soleil et J’adore ce passage, chez Gallimard), Inès Léraud (Algues vertes: l’histoire interdite, chez La revue dessinée/Delcourt), Gani Jakupi (Enquête sur El Comandante Yankee, chez La table ronde/Aire Libre). 

Dans les actualités, on mentionne brièvement le décès de Kazuo Koike en avril, l’adaptation cinématographique de La Quête de l’oiseau du temps (Le Tendre & Loisel) par le réalisateur Danois Anders Walter, et la tenu du 20e Japan Expo au Parc d’exposition Paris-Nord Villepinte du 4 au 7 juillet.

Côté manga, dans le cahier critiques, on y parle de Jusqu’à ce que nos os pourrissent t.7 (Yae Utsumi, chez Pika), Versailles of the dead t.1 (Rumiko Suekane, chez Kana — Marie-Antoinette contre les zombies, “tant d’incohérences et d’absurdités”), Echoes t.1 (Kei Sanbe, chez Ki-oon — “thriller plus sombre (…) l’horreur de la folie humaine”). Ce numéro m’offre peu de découvertes intéressantes mais demeure tout même assez informatif… stars-3-0

Étrangement, aucun de ces deux récents numéros de dBD ne mentionne le deuxième tome de Bug par Enki Bilal, paru chez Casterman en avril et que j’attendais avec impatience! dBD en a probablement parlé dans une numéro que je n’ai pas lu…

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Capsules

Manga Chats

MangaChats-covPots de colle, acrobates, bavards, gourmands… les chats sont comme ça  !

Tamako Tamagoyama brosse avec tendresse et humour le portrait de ses 2 chattes, Ton et Shino. L’une est introvertie et très gourmande, l’autre vive et bruyante, alors il se passe toujours quelque chose  !

Avec son style simple très expressif, Tamagoya croque les comportements amusants de ses «  enfants  » gâtés à qui elle passe tout.  Ronfler la nuit, préférer un carton à une jolie panière, se vautrer sur la télécommande et zapper, s’installer sur le linge propre à peine plié…  : quand Ton et Shino n’en font qu’à leur tête, on adore  !

Tamako Tamagoyama est une illustratrice japonaise dont la série de mangas 100% chats a rapidement trouvé un large public. Ton et Shino sont une source inépuisable d’inspiration  !

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Manga Chats (うちの猫がまた変なことしてる。  / Uchi no neko ga mata henna koto shiteru / Lit. “Mon chat fait encore des choses étranges”) est sérialisé dans le magazine culinaire レタスクラブ  (Retasukurabu / lit. “Club de laitue”) et le premier volume a été publié au Japon en février 2016 par Kadokawa. Quatre volumes sont paru jusqu’à maintenant (dernière parution en février 2019). 

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Ce livre tiens plus du documentaire que de la bande dessinée. La dessinatrice nous présente ce manga biographique et humoristique où elle raconte le aventures de ses deux chattes, Ton et Shino, en y ajoutant quelques conseils sur le toilettage, la diète ou la psychologie féline. Le livre est divisé en sept chapitres et comporte cent-vingt-et-une petites histoires en quatre cases (aussi appelé “Yonkoma” au Japon) — souvent accompagnés de photos des chats dans des situations qui ont inspirés l’histoire, trente-et-une histoires pleine page (d’environ cinq cases chacune), une histoire de trois pages et une douzaine de planches d’explications et de conseils.

C’est amusant mais sans plus. Le dessin, simple et primitif, ne m’apparait pas très esthétique. Je crois que le livre a de l’intérêt surtout pour les amateurs et les propriétaires de chats qui vont volontiers sympathiser avec les mésaventures de l’auteur et se dire “c’est bien vrai, mon chat fait ça aussi.” Ceci dit, ce style de dessin et d’histoire est typique des magazines d’opinion japonais. C’est un ouvrage très ordinaire qui offre tout de même de l’intérêt pour le fanas de chats ou les gens curieux de cet aspect de la culture japonaise.

Manga Chats: ces deux chats vont vous faire craquer !, par Tamako Tamagoyama. Paris: Larousse, juillet 2018. 174 pages, 15.0 x 21.0 cm, 8.95 € / $C 14.95 (version numérique: 6.99 €). ISBN: 9782035946447. stars-2-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWorldCat ]

© 2016 Tamako Tamagoyama / KADOKAWA 

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Capsules

Gentleman Jack

GentlemanJack-posterThis is another fascinating TV series that I am compelled to introduce to my readership. HBO has finally realized what PBS knew for a long time: well produced costume drama British TV series can be very popular in America too! They are now starting to co-produced Brit TV series in order to bring them over this side of the Atlantic, but their choice of titles is more edgy or controversial than what PBS is doing. And I am very grateful for that.

Gentleman Jack tells the story of Anne Lister, a landowner and industrialist from Halifax, West Yorkshire. She is known for being the first well-documented “modern lesbian”, as she left coded diaries chronicling in details her daily life, including her romantic relationships and the workings of her Shibden Hall estate and business. Set in 1832, the series mostly tells about her venture in coal mining and her relationship with Ann Walker. It started mainly for the challenge of the conquest and partly for financial interest, but she quickly becomes quite fond of the wealthy heiress. First, I was shocked by how she was planning to win her affection, but I quickly realized that if a man would have been doing the same thing it would have appeared totally normal! 

The acting is excellent (Lister is played by Suranne Jones and Walker by Sophie Rundle) and the story (created by Sally Wainwright) is well written and quite funny. The series is interesting not only because it displays the beautiful English countryside and makes us discover the eccentricity, boldness and modernity of Anne Lister, but above all because it opens a window on the way of life of the English country folks and small nobility at a time when everything is about the change. 

Gentleman Jack is an excellent historical drama that deserves your attention. It was well received by the critics (with ratings of 8.0 on IMDb and of 87% / 93% on Rotten Tomatoes). The first eight-episode season just ended, but it is still streaming on HBO. A second season has already been announced. I can’t wait to hear again the ending credits’ catchy tune by O’Hooley & Tidow!stars-4-0

To learn more about this title you can consult the following web sites:

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Capsules

Chernobyl

Chernobyl_2019_MiniseriesI really must bring this TV mini-series to your attention. Chernobyl is a superb five-part historical TV drama co-produced by HBO and Sky UK. It is about the events that led to and the aftermath of the nuclear reactor disaster that occurred in north Ukraine on April 26th 1986. The story focuses mostly on the scientist Valery Legasov (played by Jared Harris) who is sent to the site of the disaster, along with the Council of Ministers’ deputy chairman Boris Shcherbina (played by Stellan Skarsgård), to assess the damage and oversee the cleanup effort. Legasov also ask his colleague Ulana Khomyuk to investigate the cause of the reactor explosion. 

The storytelling is surprisingly accurate (although a few facts were tweeked for dramatization purpose). It tells a dark, somber story but, on top of that, the ambiance of the show itself (the sets that look like you were really in the 80s soviet era, the solemn music, the slow pace of the show) create a dark, oppressive (almost horrific) feeling that is quite depressive. However, that’s what makes the show so spot on. 

The accuracy is such that even the selected actors looks like the part (although they are — and speak — mostly British English, but the acting is so good that you don’t really care). The only character that didn’t historically exist was Ulana Khomyuk (played by Emily Watson) which was created as a composite character representing all the scientists that worked along Valery Legasov. They even shot in Ukraine and Lithuania to get the soviet vibe of the location. The last episode concludes with a “where are they now”-style epilogue that explains what happened after and shows real footage of the characters and events (on a backdrop of gloomy Russian chorus). It is really chilling!

It is an incredible miniseries, very well crafted, visually stunning in how everything look so drab and grey, quite compelling and that rings so true. It shows the extent of the human stupidity and the deep flaws of the USSR society and political system. However, the message is also extremely pertinent for today as it poses the question “What is the cost of lies?” (in an obvious reference to the Trump White House)… A must see.

I am not the only one who greatly appreciated this series as it was very well received by the critics (ratings of 9.6 on IMDb and of 96% on Rotten Tomatoes). To learn more about this series you can check the accompanying podcast where screenwriter Craig Mazin discuss the production (available on Youtube, Spotify or Apple) and the series is still available for streaming on HBO.stars-4-5

To learn more about this title you can consult the following web sites:

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Capsules

Cabinets of curiosities

My nephew, Sébastien, has just started a blog (in French) about how he is building and assembling his own cabinet of curiosities. It is very interesting. He is suggesting lots of crafty and thrifty ways to create such cabinet. I particularly like his entry about old books. He is very creative (he is a writer after all) and has a very strong background in science (molecular biology); he really succeeds to combine both aspects with great ingenuity. With this blog he is sharing his passion for the scientific wonders and natural oddities of the past. I am quite impressed. It is fascinating and I recommend to have a look.

My nephew also reminds us that my great friend Mario Tessier, the venerable and learned scholar known as the “Futurible”, had introduced us to the history of the cabinet of curiosities in one of his famous “Carnets” published in Solaris #191 (p. 111-125). It is quite an edifying article that I encourage you to read if you want to push further your knowledge on this subject.

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Athenian Tetradrachma (5th c. BCE)

I have myself been collecting such curiosities since I am a child. When I settled in my home I placed a glass case in the center of the library room where I gathered a few of those items collected over the years. Unfortunately, for lack of space, it is a small display and most of my collection is still in boxes, spread around the house on top of bookshelves or even (for my most precious items like my Athenian tetradrachma, my Marc Antony or Lucius Verus denarii or my Leo I the Thracian solidus) in a safe. I have already introduced my collection in an entry about old books. However, inspired by my nephew, let me now elaborate a little more about my own cabinet of curiosities.

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Aesope’s Fables [1593]

Of course, most of my collection is articulated around books — mostly old ones. However, as a kid, I started collecting stones, minerals, fossils and coins (very few of those are displayed). At some point, because I was studying the origin of metallurgy in ancient Mesopotamia, I started collecting metal cups (mostly in silver and tin — choose wisely your graal!) and my roman studies prompted me to acquire many greek, roman and byzantine coins. Whenever I can I try to add some antiquities (pseudo or authentic) or pieces of old technology (but those are rare and expensive, so I’ve acquired them so far from family or friends). But I am mostly into old books and metal stuff… Here is the core of my cabinet of curiosities:

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Left side

Top: my collection of cups and (plated) silver plates; note the authentic 4th c. roman terracotta on the left. Bottom: my oldest books (16th-17th c.), some fossils, amethyst and native copper samples, a few coins, more metal cups and some Japanese-style tea cups (on top of a portable Go board).

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My oldest books

Detail of the fossils and old books (Svmma Omnivm Conciliorvm et Pontificvm [1633], Lucien [of Samosata] [1664], Valerius Maximus Factotum ac dictorum memorabilium libri IX [1659], Qvinti Horatii Flacci Poemata [1643], Aesopi Phrygis: Fabulae [1593], and [Iustiniani Augusti] Digestorum sev pandectarum (Pars quarto [liber XX-XXVII]), De Pignoribvs et hypothecis [1581]).

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Right side

More old books (18th-19th c.), metallic gobelets, non-metallic cups (the smallest is in walrus ivory), a pair of small wooden masks of unknown origins (Balinese? Malaysian?), an (half-hidden) incised Malian knife with leather scabbard, some Inuit art, a false skull (an ashtray in pottery) and various mementos.

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On top of the shelves: a metronome, my grandpa’s French horn, an 18th c. tradesman’s balance scale, Chinese art reproductions, fake katanas, an original Rubik’s Cube and an authentic (undated) Chinese ding (ritual bronzes).

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On top of the shelves: a 70s helicopter’s pilot helmet, an (African? Undated) bronze mortar & pestle, a transportable Lumex microscope, an old 1-A Kodak Jr folding camera [1912] and a terrestrial globe (60s or 70s).

I have many more interesting items that I could display. Following my nephew’s example, I will do my best in the future to find clever ways to share them with visitors (and seek to acquire — or make — new ones; although I am far less creative than Sébastien). And you, do you have a cabinet of curiosities?

To be continued?

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