La couleur tombée du ciel (Gou Tanabe)

CouleurTombeeDuCiel-cov“Un projet de barrage promet d’engloutir toute une vallée reculée de la campagne américaine. Bizarrement, son dernier habitant se réjouit de voir le lieu disparaître sous les flots, en particulier la parcelle de terrain voisine… Les Gardner y ont vécu paisiblement pendant des années, jusqu’à ce que la chute d’une météorite juste devant leur maison fasse basculer leur quotidien.

Des scientifiques ont tenté d’étudier ce roc venu de l’espace, sans succès. La matière ne ressemblait à rien de connu et se distinguait par sa couleur inexistante sur Terre… Après cet événement, la faune et la flore ont commencé à s’altérer, les phénomènes étranges se sont multipliés, entraînant la famille Gardner dans une spirale de malheurs…

Avec un trait sombre et réaliste, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H. P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Que peut faire l’homme quand les forces issues des confins de l’univers s’abattent sur lui sans crier gare ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La couleur tombée du ciel (異世界の色彩 ラヴクラフト傑作集 / I sekai no shikisai – ravukurafuto kessaku-shū / lit. “Couleurs de différents mondes – Chefs-d’œuvre de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans Comic Beam (mai à novembre 2019), un magazine mensuel de Enterbrain (Kadokawa), avant d’être compilé en un volume. Ce manga seinen par Gou Tanabe adapte la nouvelle The Colour Out of Space, écrite par H.P. Lovecraft en mars 1927 et publié dans Amazing Stories en septembre de la même année. La traduction française est paru chez Ki-oon. Ce récit a d’ailleurs reçu deux adaptation cinématographique dans la dernière décennie: Die Farbe (2010) dirigé par Huan Vu et Color Out of Space (2020) par Richard Stanley (mettant en vedette Nicolas Cage).

Gou TANABE a adapté en manga de nombreux récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse et qui inclus “The Hound,” “The Temple,” et “The Nameless City”), The Colour Out of Space (2015, traduit en français chez Ki-oon), The Haunter of the Dark (2016, à paraître en français chez Ki-oon en mars 2021), At the mountain of madness (2016-17, publié en anglais chez Dark Horse et en français chez Ki-oon, et dont j’ai déjà commenté le volume 1 et le volume 2), The Shadow Out of Time (2018, publié en français chez Ki-oon et que j’ai récemment commenté), The Call of Cthulhu (2019, publié en français chez Ki-oon en septembre 2020). Sa plus récente adaptation est The Shadow Over Innsmouth (インスマウスの影 / Innsmouth no Kage) qui a débuté dans le numéro de juin 2020 de Monthly Comic Beam. 

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Page 26

Des trois adaptations françaises paru jusqu’à maintenant chez Ki-oon, La couleur tombée du ciel est celle que j’aime le moins. Il faut dire que cette nouvelle n’est pas non plus mon texte préféré de Lovecraft — quoique je l’ai lu il y a très longtemps, je n’en garde pas une impression très positive… Toutefois, malgré ma mémoire embrumée, l’adaptation de Tanabe me semble assez fidèle. 

Le récit est fluide, le rythme est lent mais il y a trop d’invraisemblances dans le comportement des personnages, ce qui fait que je n’arrive pas à embarquer dans l’histoire. Il faut dire que ce genre littéraire me laisse généralement imperturbable et ne suscite aucune horreur (ni même peur ou crainte) chez moi. C’est aussi un peu court, mais cela reste tout de même un bon récit lovecraftien. Ce qui rachète l’ouvrage c’est sans aucun doute le sublime graphisme de Tanabe: c’est très beau, sombre et très détaillé (quoi que les expressions faciales des personnages sont parfois un peu statiques). Cette grande qualité graphique est complétée par le fait que Ki-oon nous offre encore une fois un superbe livre avec une couverture en simili cuir (bleue, cette fois), imitant les livres anciens. 

À lire, surtout si vous voulez connaître Lovecraft sans trop d’effort. Mais je suis surtout impatient de lire l’adaptation de L’appel de Cthulhu (relue et commentée l’an dernier) qui vient de paraître chez Ki-oon.

La Couleur tombée du ciel (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 4), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), mars 2020. 192 p. 15 x 21 cm, 15 € / $C 31.95. ISBN 979-10-327-0594-0. Pour lectorat jeune adulte (16+). Extrait disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Tanabe Gou 2015

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Antoninus Pius

J’ai quatre pièces de monnaies au nom d’Antoninus Pius: trois as et un denier. Je vous présente d’abord le plus beau des as.

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Type:

Empire romain

Epoque: 

Antonins

Empereur: 

Antoninus Pius

Règne: 

138 – 161 EC

Frappe: 

Rome

Datation: 

142/3-144 EC

Nature: 

As

Métal: AE (bronze)

Qualité: VF

Taille: 

25 x 26 mm

Poids: 

10.187 g

Obverse

     

Inscription:

ANTONINVS AVG PI – VS PP TRP COS III

Description:

Tête barbue, laurée, à d.

Reverse

     

Inscription:

IMPERA – TOR II

Description:

Jupiter torse nu, assis sur un throne à g., tenant un éclair dans la main d. et un sceptre dans la g.

Notes:

Payé ± $20 (1985/01/25)

Voir fiche

“crevasse” sur le revers, au-dessus de l’éclair de Jupiter

Réf.: 

RIC 727  

BMC 1618

 

Ce très bel as d’Antonin le Pieux semble rare car très peu de sources le mentionnent (principalement RIC III: 727; il est absent de Sear (RCV 4th Ed.)). Les inscriptions nous permettent de le dater: ANTONINVS AVG[VSTVS] PIVS P[ATER ] P[ATRIAE] TR[IBVNICIA] P[OTESTATE] CO[N]S[SUL] III sur l’avers et IMPERATOR II sur le revers. À noter que les sources indiquent un S[ENATUS] C[ONSULTO] en exergue sur le revers mais, sur ma pièce, il ne semble pas y avoir assez de place pour une telle inscription (une variante qui semble n’apparaitre que sur l’aureus)! Antonin a reçu la plupart de ces titres (Auguste, Pieux) lors de son accession au pouvoir le 11 juillet 138, puis a été fait Père de la Patrie en 139. La puissance tribunicienne, comme c’est souvent le cas, n’est pas datée (elle a été reçu en février 138, lors de son adoption par Hadrien, et renouvelée annuellement par la suite en décembre). Toutefois, il a reçu le consulat pour la troisième fois en janvier 140 (quoiqu’il a été Consul Designatus III en 139) et ce titre ne fut pas renouvelé avant janvier 145 (il fut aussi Cos. Des. IIII en 144). Il reçoit le titre d’Imperator pour la seconde fois en 142 (quoique Sear, lui, place cette nomination en 143). La pièce aurait donc été frappé entre 142/143 et 144 EC. (Sources: Wikipedia, Numismatics, Numismatics, acsearch, FAC, CoinTalk).

IMG_8268-8269Cet autre as est aussi très beau (F, AE (bronze), 26×27 mm, 8.950 g, payé environ $20 à la même date que le précédent) mais l’inscription du revers est seulement à moitié lisible. Sur l’avers on retrouve une tête barbue de l’empereur, laurée, regardant vers la droite avec l’inscription ANTONINVSAVG[VSTVS] PIVS P[ATER] P[ATRIAE]. Le revers illustre une Pax (Paix) debout à gauche, tenant une branche d’olivier dans la main droite et une corne d’abondance dans la main gauche, entourée de l’inscription TR[IBUNICIA] POT[ESTATE] – CO[N]S[UL] II avec un S[ENATUS] C[ONSULTO] dans le champs de part et d’autre, et un PAX en exergue. Cela nous permet une datation précise (enfin!) puisqu’il a été consul pour la seconde fois seulement de janvier à décembre 139 (quoique, encore une fois, il a été cos. des. II dès 138). La représentation de la Paix fait sans doute allusion au fait que le règne d’Antonin a été très paisible et prospère. (Sources: RIC III 569a, Wikipedia, Numista, Numismatics, Wildwinds [Text / Pic]). Voir aussi ma fiche.

IMG_8553-8555Si l’on continue dans l’orde descendant de la qualité, cet as est seulement “beau” (VG, AE, 26 mm, 9.085 g, payé $13 le 1985/11/18) car l’inscription de l’avers est à peine lisible. On y retrouve un buste (tête?) de l’empereur, lauré, à droite avec l’inscription ANTONINVS AVG[VSTVS] – PIVS P[ATER] P[ATRIAE] TR[IBVNICIA] P[OTESTE] CO[N]S[VL] IIII — à noter que plusieurs des exemples que j’ai trouvé sur l’internet donne la césure au-dessus de le tête au milieu du “PI – VS”. Sur le revers on peut lire SPQR (Senatus Populusque Romanus) / OPTIMO / PRINCIPI (“[dédié] au meilleur des princes”) / S C (Senatus Consulto) dans une couronne de chêne. Antonin a été consul pour la quatrième et dernière fois en 145, ce qui fait que cette pièce peut dater à partir de cette date jusqu’à la fin de son règne, le 7 mars 161 — quoiqu’une source la date précisément à 147 sans autre explication (toutefois la pièce aurait pu être frappée en l’honneur des decennalia de 148 — qui correspondait aussi au neuf-centième anniversaire de fondation de la ville de Rome; cela fait du sens considérant l’inscription “le sénat et le peuple de Rome dédient cette pièce au meilleurs des princes”). (Sources:  Sear RCV [4th ed.]: 1292, Sear RCV [1983]: 1192, RIC III 827a, Wikipedia, CoinArchives, Numismatics, vcoins, Wildwinds, CoinProject). Voir aussi ma fiche.

IMG_8556-8557Finalement, ce denarius est dans un état encore assez beau (G, AR [argent], 18 mm, 3.192 g, acheté à Londres pour 5£ le 1986/02/05), quoique les inscriptions demeurent difficiles à lire et que les bords du flanc sont dentelés par l’usure et qu’il est partiellement recouvert de dépôts brunâtres. Étrangement, cette pièce est la plus intéressante du lot. Sur l’avers on retrouve la tête de l’empereur laurée à droite avec la probable inscription ANTONINUS AVG PIVS TR[IBVNICIA] P[OTESTE] XXIIla lecture du numéral est incertaine car il pourrait s’agir de XXI ou même de XXIII mais XXII semble être l’occurence la plus fréquente. Sur le revers, l’inscription est TEMPLVM DIV[I] AVG[VSTI] REST[ITVTVM] avec CO[N]S[VL] IIII en exergue. L’inscription “Temple du divin Auguste restauré” commémore la restoration du temple d’Auguste et de Livie par Antonin en 912 AUC (159 EC). Le revers est illustré d’un temple octastyle, contenant deux figures assises (Divus Augustus et Livia), avec un podium de trois marches et surmonté d’un quadrige, d’un fronton au tympan décoré et de Victoires sur les angles. Le quatrième consulat d’Antonin date la pièce de 145 à 161 mais la vingt-deuxième puissance tribunitienne (TR P XXII) précise cette datation à 158-159 EC. (Sources: Sear RCV [1983]: 1142, Sear RCV [4th ed.]: 1292, Seaby RSC v.2: 799a, RIC III 290a, Wikipedia, CoinArchive, acsearch, CoinProject, FAC, numismatics, Catawiki, CoinTalk, BM Collection, Frederic Weber, NAC, Noble Roman Coins, DeaMoneta). Voir aussi ma fiche.

Titus Aurelius Fulvus Boionus Arrius Antoninus est né le 19 septembre 86 dans une famille sénatoriale originaire de Nemausus (Nîmes) en Gaule Narbonnaise. Antonin fait une longue carrière dans la magistrature: questeur, puis préteur, il devient consul en 120, puis proconsul d’Asie (probablement en 134-135). Il a épousé Faustina (en 110~115), nièce de Sabina (femme d’Hadrien) et, ayant gagné les faveurs de ce dernier, il est adopté le 25 février 138. Hadrien en fait son successeur à condition qu’il adopte à son tour et prenne comme successeurs ses favoris Marcus et Lucius. Antonin accède au pouvoir le 11 juillet 138, à l’âge de cinquante-deux ans. À cause de son âge avancé, Hadrien espérait probablement qu’il règne juste assez longtemps pour que Marcus et Lucius deviennent adultes (ils avaient respectivement dix-sept et huit ans) mais Antonin règnera vingt-trois ans! En considération pour sa grande dévotion envers son père adoptif (qu’il fait diviniser par le sénat) et la patrie, il reçoit le titre de “Pius” (Pieux).  Son règne a été tellement paisible et sans incidents que l’Histoire n’en a pas retenu grand chose. Il est considéré comme un bon et juste administrateur qui, comme Hadrien, s’est concentré à consolider les frontières de l’Empire (en doublant par exemple la frontière créée par Hadrien en Bretagne avec le mur d’Antonin un peu plus au nord). Toutefois, une paix prolongée signifie aussi la stagnation et cela sera ultimement une des causes du déclin de l’Empire. Il meurt de la fièvre (possiblement dues au paludisme) le 7 mars 161.

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Monnaies anciennes 13

Linum lewisii

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[ iPhone 8+, Parc Frédéric-Back, 2018/05/26 ]

Le Lin de Lewis (appelé Blue Flax en anglais) est une espèce de plante à fleurs de l’ordre des Malpighiales, de la famille des Linaceae, et du genre Linum— dont il existe près de deux-cent espèces, incluant le lin cultivé (Linum usitatissimum / common flax ou linseed en anglais) qui a été utilisé dès le Néolithique pour ses fibres textiles, ses graines et son huile. Parmi les espèces qui produisent des fleurs bleues on retrouve aussi le lin des Alpes, le lin d’Autriche, le lin bisannuel (l’ancêtre sauvage du lin cultivé), le lin de Léo, le lin de Narbonne, et le lin vivace (qui est surtout une plante ornementale).

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Image du mer-fleuri [002.020.323]

On Tyranny (Tim Snyder)

On-Tyranny-cov“The Founding Fathers tried to protect us from the threat they knew, the tyranny that overcame ancient democracy. Today, our political order faces new threats, not unlike the totalitarianism of the twentieth century. We are no wiser than the Europeans who saw democracy yield to fascism, Nazism, or communism. Our one advantage is that we might learn from their experience.

On Tyranny is a call to arms and a guide to resistance, with invaluable ideas for how we can preserve our freedoms in the uncertain years to come.”

[Text from publisher’s website ; see also the backcover]

This is a tinny and short book (almost a pamphlet) that warns democracy in America is in danger, compares the current situation with how democracy died in Europe and, through twenty lessons of history, teaches us how to fight to protect it. The book opens with a quote by Leszek Kolakowski: “In politics, being deceived is no excuse.”

After a brief introduction about “History and Tyranny”, Snyder offers us twenty lessons: 1. Do no obey in advance: “most of the power of authoritarianism is freely given (…) a citizen who adapts in this way is teaching power what it can do”; 2. Defend institutions: “It is institutions that help us to preserve decency (…) choose an institution (…) an take its side”; 3. Beware of the one-party state: “The parties that (…) suppressed rivals (…) exploited a historic moment to make political life impossible for their opponent. So (…) support (…) the rules of democratic elections”; 4. Take responsibility for the face of the world: “Notice the swastikas and the other signs of hate”; 5. Remember professional ethics: “When political leaders set a negative example, professional commitments to just practice become more important. (…)authoritarians need obedient civil servants”; 6. Be wary of paramilitaries: “When the men with guns who have always claimed to be against the system start wearing uniforms and marching with torches (…), the end is nigh. When the pro-leader paramilitary and the official police and military intermingle, the end has come”; 7. Be reflective if you must be armed: “If you carry a weapon in public service (…) be ready to say no”; 8. Stand out: “The moment you set an example (…) others will follow”; 9. Be kind to our language: “Think up your own way of speaking (…) separate yourself from the internet. Read books”; 10. Believe in truth: “To abandon the facts is to abandon freedom”; 11. Investigate: “Figure things out for yourself (…) subscrib[e] to print media”; 12. Make eye contact and small talk: “stay in touch with your surroundings, break down social barriers, and understand whom you should and should not trust”; 13. Practice corporeal politics: “Get outside (…) Make new friends and march with them”; 14. Establish a private life: “Consider using alternative forms of the internet (…) Tyrants set the hook on which to hang you”; 15. Contribute to good causes: “Be active in organizations (…) pick a charity or two (…) you will have made a free choice that supports civil society and helps other to do good”; 16. Learn from peers in other countries: “no country is going to find a solution by itself”; 17. Listen for dangerous words: “extremism, terrorism, emergency, exception (…) the treacherous use of patriotic vocabulary”; 18. Be calm when the unthinkable arrives: “Modern tyranny is terror management (…) terrorist attacks (…), disaster, (…) suspension of freedom of expression, (…) right to a fair trail”; 19. Be a patriot: “set a good exemple (…) for the generations to come”; 20. Be as courageous as you can: “If none of us is prepared to die for freedom, then all of us will die under tyranny.” He concludes with an epilogue about “History and Liberty.”

In other words: Complacency is the death of democracy. Hear that republicans? Wow. Everything in this book is so true. It should be read by everyone because the fight for our life is not over yet… It is a short but quite interesting reading. Well worth the time. 

On Tyranny; Twenty Lessons From The Twentieth Century, by Timothy Snyder. New York: Tim Duggan Books (an imprint of Crown Publishing, a division of Penguin Random House), February 2017. 128 pg., Softcover, 4-3/8 x 6-1/4, 9.99 US / $13.50 Can. ISBN: 978-0-8041-9011-4. stars-3-0

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© 2017 by Timothy Snyder

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Ad Astra XIII

AdAstraXIII-covLes ruses de Scipion ont mis Carthage en mauvaise posture… Hannibal accepte alors de parlementer avec son ennemi. Malheureusement, le Romain ne veut pas d’un statu quo… Ce sera la victoire ou rien ! Les deux chefs se séparent donc sans être arrivés à un accord. 

Mais les apparences sont parfois trompeuses et, pour le Carthaginois, cette discussion aura au moins servi un objectif : celui de mettre en place ses pions… ou, en l’occurrence, ses éléphants de guerre ! Si Rome a maintenant l’avantage, ses adversaires sont loin de s’avouer vaincus… 

Bravoure, complots et stratégie… Les légendaires Hannibal et Scipion s’affrontent une dernière fois. Plongez au cœur de cette ultime bataille !

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa non seulement Rome et Carthage mais aussi leurs stratèges respectifs: Scipion l’Africain et Hannibal Barca. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française est parue chez Ki-oon.

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Ce dernier volume de la série est entièrement consacré à la Bataille de Zama. Seize ans après qu’Hannibal ait traversé les Alpes, à l’automne 202 AEC, les deux généraux s’apprêtent à avoir une confrontation finale sur une plaine au sud de Carthage. L’armée d’Hannibal est composée de 80 éléphants de guerre qui forment l’avant-garde, 4000 cavaliers qui forment les ailes de chaque côtés de la formation d’attaque [l’aile gauche, est formée de cavaliers Numides] et 36 000 fantassins (une première ligne de frondeurs Baléares, une deuxième ligne de soldats Libyens et Carthaginois [commandé par Silenos] et une troisième ligne de soldat Ibères et Gaulois plus expérimentés [sous le commandement d’Hannibal]). L’armée de Scipion est composée de 6000 cavaliers (qui forment les ailes, des Numides [à droite, 4000] sous le commandement de Massinissa, et des romains [à gauche, 2000] sous le commandement de Caius) et de 29,000 fantassins (une première ligne intercalant des fantassins Légers Vélites [sous Appius] et des fantassins lourds Hastati [sous Bandius], une deuxième ligne de fantassins lourds principes [sous Marcus], et une troisième ligne de fantassins lourds triarii [sous Scipion]).

La charge des éléphants d’Hannibal (trop jeunes et inexpérimentés) reste sans effet. Scipion, qui a étudié les tactiques de l’ennemi, réussi à les retourner contre lui. Il évite les feintes et réussi à encercler l’armée carthaginoise. C’est la victoire mais Hannibal survit et fuit vers Carthage où il s’adresse au sénat pour obtenir du renfort, sans succès. Pour épargner sa cité, il décide donc de se rendre à Scipion. Il se rend à Tunis pour négocier la paix. Carthage devra payer une lourde indemnité à Rome, abandonner ses colonies et renoncer à son armée. Scipion triomphe à Rome mais il est politiquement affaibli par l’inimitié de Caton et des accusations de corruption. Il mourra en 183 AEC, amère, pestant contre l’ingratitude romaine. Hannibal est exilé et, après une longue errance, trouve refuge au royaume de Bithynie, où il est traqué par les troupes romaines mais il choisit de se donner la mort par poison plutôt que d’être capturé ou tué par les romains… Il meurt la même année que Scipion… Les deux héros eurent donc une fin tragique, sans gloire… Rome règlera définitivement son compte à Carthage avec la troisième guerre punique (149-146 AEC).

Cette série de manga prends fin d’une façon un peu décevante. Toutefois, elle a offert ce qui était promis, c’est-à-dire une histoire un peu romancée de la deuxième guerre punique, axé sur les caractères des deux généraux opposés. Elle a suivi le fil de l’Histoire, sans plus. Si le récit est bon, voir captivant (si vous aimé les détails de tactiques militaires, bien sûr), c’est surtout son superbe dessin, très constant dans sa qualité, qui vole la vedette dans cette série. Il est clair et très précis, juste suffisamment efficace pour bien décrire les scènes de combats. 

Un manga fort intéressant, à lire surtout si vous êtes amateur de manga historique et de la Rome Antique.

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. XIII, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, novembre 2018. 210 pages (208 pl), 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 979-10-327-0335-9. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

ad_astra-v01 ad_astra-v02 ad_astra-v03 AdAstra-v04-cov
AdAstra-v05-cov AdAstra-v06-cov AdAstra7-cov AdAstra8-cov
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Séance de photo

On me demande parfois quel équipement professionnel j’utilise pour prendre les photos de ma collection de monnaies. Il n’y a évidemment rien de bien spécialisé dans mon installation: il ne s’agit que de mon fidèle iPhone 11 Pro juché sur une pile de livres, en utilisant l’éclairage ambiant et parfois une lampe de poche LED pour donner un éclairage oblique qui fera ressortir les détails du relief de la pièce de monnaie. Par la suite j’utilise l’application Photos de Apple et Photoshop de Adobe pour éliminer les ombres et l’arrière-plan de la table (pour créer un fonds unis blanc), recadrer l’image, ajuster les contrastes et assembler l’avers et le revers sur une même image. C’est tout. Rien de bien technique là-dedans!

[ iPhone 11 Pro, saisi d’écran, Nikon D3300 + Nikkor 18-55mm]

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Vendredi nature