Impatiens balfourii 

[ iPhone 11 Pro, VSP, 2021/09/17 ]

J’ai récemment découvert cette plante dans mon jardin. Elle y était par hasard… Par curiosité nous l’avons laissé poussé et je ne le regrette pas du tout puisqu’elle offre de très charmantes fleurs qui s’apparentent un peu aux orchidées.

Il s’agit de la Balsamine de Balfour (appelé en anglais “Balfour’s touch-me-not”, “Poor man’s orchid” ou encore “Kashmir balsam”). C’est une plante herbacée annuelle qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Geraniales (ou Ericales en classification APG), à la famille des Balsaminaceae (qui comprend entre six cent et mille espèces réparties en deux ou quatre genres selon la classification) et au genre Impatiens (qui regroupe la presque totalité des espèces de cette famille puisque le genre Hydrocera n’en inclut qu’une seule). Originaire de l’Himalaya elle est caractérisée par un tige glabre qui se divise en plusieurs rameaux (atteignant 15 à 120 cm de haut), des feuilles alternes, ovales, pointues et dentées (d’environ quatre centimètres de large), et de petites fleurs roses ou lavandes (de 2 cm) qui poussent en grappes de quatre à huit fleurs au dessus des dernières feuilles. La fleur est composée d’un sépale blanc en forme de casque, de deux pétales inférieurs roses avec une touche de jaune à la base et d’un petit éperon. La floraison se fait de juillet à septembre. La dissémination s’effectue lorsque le fruit mûr, en forme de capsule ( de 20 mm), éclate spontanément (déhiscence explosive) et propulse les graines sur une distance d’une dizaine de centimètres à plusieurs mètres. 

La nom de Balsamine provient d’un fait que certaines espèces (comme l’Impatiens balsamina) étaient utilisées pour faire des baumes afin de soigner les blessures. Le nom latin Impatiens (impatient, incapable d’attendre) fait référence à la dissémination explosive de la plante. Le nom de l’espèce rend hommage au botaniste écossais Isaac Bayley Balfour. C’est une plante ornementale cultivée pour ses belles fleurs mais elle se retrouve aussi à l’état sauvage et plusieurs États américains la considère comme une plante envahissante. Elle attire les insectes pollinisateurs comme le bourdon mais aussi les colibris. Les feuilles des Balsamines (aussi appelé en anglais jewelweed, touch-me-not, ou busy lizzie) nourrissent plusieurs espèces d’insectes (dont des lépidoptères et des coléoptères comme le scarabée japonais) mais sont toxiques pour d’autres espèces. Malgré cela les Balsamines, dont certaines espèces contiennent des composés anti-inflammatoires et/ou fongicides, sont utilisées en herboristerie pour traiter les piqûres d’insectes et les dermatites causées par certaines plantes (ortie, herbe à puce, sumacs). Elles sont une composantes de produits comme Preparation H ou des élixirs floraux de Bach. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Les Constantiniens (1)

Avec Constantinus  s’ouvre la dynastie des Constantiniens. J’ai déjà amplement parlé des actions de Constantinus durant la tétrarchie (voir mes entrées sur Diocletianus, Maximianus, et Licinius — partie 1 et partie 2). Je tenterai donc d’être bref. Comme j’ai une douzaine de pièces de monnaie de Constantinus, je vais les répartir sur au moins trois entrées traitant d’abord de la période où il était tétrarque, puis celle des guerres civiles avec Licinius et enfin celle où il règne seul sur l’Empire annonçant le début de l’époque byzantine.

Constantinus (310-337 EC) (1)

Flavius Valerius Aurelius Constantinus est né le 27 février c271-277 à Naissus en Mésie. Sa famille était originaire de la Dacie aurélienne. Il est le fils de Helena, la première épouse ou concubine de Constantius qui était d’origine grecque très modeste (servante dans une auberge ou même, peut-être, prostituée). Toutefois lorsque son père est nommé préfet du prétoire en Gaule par Maximianus en 288 ou 289, il doit la répudier pour épouser la fille de ce dernier, Théodora. En mars 293, Constantius accède à la tétrarchie en devenant le César de Maximianus et reste en Gaules pour y écraser une révolte. Pendant ce temps, Constantinus est élevé à la cours de Diocletianus (comme otage?) et il suit l’exemple de son père en poursuivant une carrière militaire. Il sert dans l’armée dans les campagnes sur le Danube (en 296) et en Orient (297-99), obtenant divers postes de tribuns. En 303, il est de retour à Nicomédie et est témoin des persécution de Diocletianus contre les Chrétiens. Le 1er mai 305, Diocletianus et Maximianus abdiquent le pouvoir en faveur de leur Césars, Constantius et Galerius. Les nouveaux Augustes se choisissent alors des Césars: Severus et Maximinus Daza. Un choix qui ne fera pas l’unanimité, car il ignore les fils de Constantius (Constantinus) et de Maximianus (Maxentius), ce qui déstabilisera la tétrarchie et causera une série de conflits qui dureront presque deux décennies. Constantinus, ne se sentant pas en sécurité à la cour de Galerius à Nicomédie, va rejoindre son père à Bononia (Boulogne) à l’été 305. De là ils traversent en Bretagne où ils font campagne contre les Pictes durant l’été et l’automne. Cependant, Constantius tombe malade et meurt le 25 juillet 306 à Eboracum (York). Les troupes acclament alors Constantinus comme Auguste. Afin d’éviter un conflit, puisque la position d’Auguste devrait revenir Severus, Galerius propose en compromis que Constantinus devienne plutôt le césar de ce dernier. Constantinus accepte cette décision qui, par le fait même, donne légitimité à son pouvoir. 

Constantinus se retrouve en contrôle de tout le territoire à l’ouest de la frontière Rhénane: la Bretagne, la Gaule et l’Hispanie. Il conclut sa campagne en Bretagne, puis va s’établir à sa capitale régionale de Augusta Treverorum (Trèves). En réaction, avec l’appui de son père, Maxentius se déclare Auguste (usurpateur) en octobre 306 et occupe Rome. Galerius refuse de le reconnaitre et envoi Severus pour le ramener à l’ordre mais celui-ci est capturé et tué. Constantinus accepte une alliance avec Maximianus, consolidée par un mariage avec sa fille Fausta, mais il garde néanmoins ses distances du conflit prétextant une invasion de Germains sur le Rhin. En novembre 308, Galerius tente de mettre fin à la discorde avec la conférence de Carnuntum mais sans grand succès. Il y est toutefois décidé que Severus serait remplacé par Licinius et que Constantinus demeurerait son César. Mais la tétrarchie ne tarde pas à dégénérer en guerres civiles: en 310, alors que Constantinus est occupé à repousser une invasion de Francs, Maximianus le déclare mort et tente d’usurper son pouvoir. Constantinus revient du front par voie fluviale jusqu’à Lugdunum (Lyon) et poursuit Maximianus jusqu’à Massilia (Marseille) où il le vainc. Maximianus est contraint de se suicider en juillet 310. À cette époque, Galerius est trop malade pour se préoccuper des querelles entre tétrarques. Sa dernière action sera de proclamer l’Édit de Sardique en avril 311, mettant fin aux persécutions contre les Chrétiens. Il meurt dans son palais de Felix Romuliana le 5 mai 311. Le pouvoir se partage donc entre Maximinus Daza et Licinius en Orient et Constantinus en Occident. 

L’usurpateur Maxentius, désirant venger son père, profite de ce moment pour se mobiliser contre Constantinus. Craignant que Maxentius ne s’allie avec Licinius, Constantinus le devance et offre à Licinius de marier sa soeur Constantia. Choqué de cette alliance, Maximinus Daza s’allie à son tour à Maxentius. Licinius le vaincra plus tard (en avril 313) à la bataille de Tzirallum et il mourra quelques mois plus tard. Au printemps 312, Constantinus traverse les Alpes pour affronter Maxentius à Augusta Taurinorum (Turin). Maxentius s’échappe et se réfugie à Rome où Constantinus l’affrontera en octobre lors de la bataille du pont Milvius. Malgré un sérieux désavantage numérique, les troupes de Constantinus marche sur l’ennemi en portant un étendard (labarum) orné d’un étrange signe: un chi (X) traversé d’un Rho (P) pour former le monogramme du Christ (se sont les deux premières lettres grecques de ΧΡΙΣΤΟΣ / Christos). Constantinus avait eut une vision (ou un songe?) de ce signe avec la mention In Hoc Signo Vinces (“Par ce signe tu vaincra”). Grâce à une judicieuse charge de cavalerie, Constantinus brise la ligne de défense de Maxentius qui, vaincu, se noie dans le Tibre. Le 29 octobre 312, Constantinus entre en vainqueur dans Rome. Il ne reste plus que deux candidats au pouvoir suprême: Licinius en Orient et Constantinus en Occident. Pendant quelques années cet équilibre de pouvoir se maintient mais une méfiance mutuelle croissante mène à l’inévitable conflit en 316. (À suivre!)

Aujourd’hui je vous présente chronologiquement cinq pièces de monnaie de Constantinus. Ce sont toutes des pièces qui ont le même type de Sol Invicto.

IMG_8282-8283La première pièce est un très très beau Follis (VF [Very Fine], AE [Bronze], 22 mm, 3.927 g, payé environ $6 le 1985/06/16, patine verte; die-axis: ↑↓). L’avers nous offre un buste de l’empereur lauré, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] CONSTANTINVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS]. Le revers illustre un Sol radié debout à gauche, nu sauf pour une chlamyde à travers l’épaule gauche, tenant un globe dans la main gauche et levant la main droite, avec l’inscription latine SOLI INVIC-TO COMITI (“[Dédié] au compagnon (ministre?) du Soleil Invaincu”), avec un PLG en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Lugdunum [LG]) et un F / T (marque de séquence?) dans le champs de part et d’autre.

Selon le RIC (Sutherland, C.H.V.; Ed. By Sutherland C.H.V. & Carson, R.A.G. The Roman Imperial Coinage, vol. VI: From Diocletian Reform (294) to the death of Maximinus (313). London: Spink & Son, 1967, pp. 240, 265), cette pièce aurait été frappé par la première officine de l’atelier de Lugdunum (Lyons) vers 309-310 EC. 

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Lugdunum, Soli Invicto Comiti), ERIC (Constantinus); RIC v. 6: 309-310; acsearch, CoinArchives, CoinTalk, Numismatics, Numista, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

IMG_0651-0656La seconde pièce est un très beau Follis (F [Fine], AE [Bronze], 22 x 23 mm, 4.129 g, payé environ $5 le 1985/01/06, patine vert foncé-bleuâtre; die-axis: ↑↓). L’avers nous offre un buste de l’empereur lauré et cuirassé à droite, avec l’inscription latine  IMP[ERATOR] CONSTANTINVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS]. Le revers illustre un Sol radié debout à gauche, nu sauf pour une chlamyde à travers l’épaule gauche, tenant un globe dans la main gauche et levant la main droite, avec l’inscription latine SOLI INVIC-TO COMITI (“[Dédié] au compagnon (ministre?) du Soleil Invaincu”), avec un PLN en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Londinium [LN]) et un T / F (marque de séquence?) dans le champs de part et d’autre.

Selon le RIC (op. cit., v. vi, pp. 119-120, 133), cette pièce aurait été frappé par la première officine de l’atelier de Londinium (Londres) vers le milieu de 310 EC.

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Soli Invicto Comiti), ERIC (Constantinus); RIC v. 6: 121a; acsearch, BM, catawiki, CoinArchives, FAC, numista, vcoins, WildWinds (text, image), yorkcoins. Voir aussi ma fiche.

IMG_0667-0676La troisième pièce est un très beau Follis (F [Fine], AE [Bronze], 21 x 22 mm, 4.033 g, payé environ $5 le 1985/06/16, patine brune, flan un peu tordu avec quelques taches de vert-de-gris et une importante incrustation rougeâtre sur le revers; die-axis: ↑↗︎). L’avers nous offre un buste de l’empereur lauré, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] CONSTANTINVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre un Sol radié debout à gauche, nu sauf pour une chlamyde à travers l’épaule gauche, tenant un globe dans la main gauche et levant la main droite, avec l’inscription latine SOLI INVIC-TO COMITI (“[Dédié] au compagnon (ministre?) du Soleil Invaincu”), avec un PLG en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Lugdunum [LG]) et un S / F (marque de séquence?) dans le champs de part et d’autre.

Selon le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, pp. 117-118, 122), cette pièce aurait été frappé par la première officine de l’atelier de Lugdunum (Lyons) vers 313-314 EC.

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Soli Invicto Comiti), ERIC (Constantinus); RIC v. 7: 3; acsearch, CoinArchives, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

IMG_0813-0816La quatrième pièce est un beau Follis (VG [Very Good], AE, 22 mm, 4.009 g, payé environ $7, patine brun foncé avec vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers nous montre un buste de l’empereur lauré, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] CONSTANTINVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS]. Le revers illustre un Sol radié debout à gauche, nu sauf pour une chlamyde à travers l’épaule gauche, tenant un globe dans la main gauche et levant la main droite, avec l’inscription latine SOLI INV-I-CTO COMITI (“[Dédié] au compagnon (ministre?) du Soleil Invaincu”), avec un PLG en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Lugdunum [LG]) et un F / T (marque de séquence? Possiblement T / F) dans le champs de part et d’autre.

Cette pièce est très difficile à dater car la césure “INV-I-CTO” semble très rare à l’atelier de Lugdunum (et pourtant je vois assez clairement le PLG en exergue). Cette césure est plus fréquente pour d’autres ateliers (comme Aquilée, Arelate, Londinium, Ostie ou Rome). Même la marque de séquence est incertaine. S’il s’agit de F/T, comme je l’ai d’abord cru, alors la pièce daterait de 309-310 comme pour la première pièce ci-haut (RIC  v. 6, #310) mais il ne semble pas y avoir de mention de cette césure à cette époque. La marque de séquence pourrait également être T/F (puisque cette césure semble présente à Lugdunum à cette époque mais pas pour le type spécifique de cette pièce) et la datation serait alors de 314-315 (RIC v. 7, 16 [p. 123]). 

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Soli Invicto Comiti), ERIC (Constantinus); RIC v. 7: 16 ?; acsearch, CoinArchives, CoinTalk. Voir aussi ma fiche.

IMG_0730-0733La cinquième pièce est beau Follis (VG [Very Good], AE, 18 x 18.5 mm, 2 g, payé environ $6 le 1987/07/16, patine vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers nous offre un buste de l’empereur lauré et cuirassé à droite, avec l’inscription latine CONSTANTINVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS].  Le revers illustre un Sol radié debout à gauche, nu sauf pour une chlamyde à travers l’épaule gauche, tenant un globe dans la main gauche et levant la main droite, avec l’inscription latine SOLI INVIC-TO COMITI (“[Dédié] au compagnon (ministre?) du Soleil Invaincu”), avec un BTR en exergue (marque de la seconde officine [B = Beta] de l’atelier de Treveris [TR]) et un T / F (marque de séquence?) dans le champs de part et d’autre.

Selon le RIC (op. cit., v. vii, pp. 149-152, 172-173), cette pièce aurait été frappé par la seconde officine de l’atelier de Augusta Treverorum (Treveris ou Trèves) en 316 EC.

Je me suis souvent demandé ce que pouvait bien signifier les marques de séquences mais je n’ai pas encore trouvé de réponse satisfaisante. J’ai l’hypothèse que cela pourrait être les initiales des officiers en charges des ateliers, comme c’était le cas sous la République. Quelqu’un a aussi proposé que le T / F soit une abréviation pour Temporum Felicitas (“Temps de bonheur/prospérité”) mais j’en doute car cela n’expliquerait pas les autres marques de séquence comme A/S, S/F ou F/T. Je vais donc continuer à chercher et je trouverai bien un auteur (peut être quelque part dans le RIC) qui donne une explication.

 Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Soli Invicto Comiti), ERIC (Constantinus); RIC v. 7: 105; CoinArchives, CoinArchives, Numista, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

On remarque d’abord que toutes les pièces présentées aujourd’hui ont été frappé en Occident, ce qui est normal puisque Constantinus a toujours été le tétrarque (César) Herculéen qui était en charge de la partie ouest de l’Empire, avec sa capitale régionale situé à Augusta Treverorum (Trèves) près de la frontière du Rhin. Il peut donc sembler étrange que, dès qu’il a été seul au pouvoir, il ait déplacé sa capital en Orient, à Byzance (renommée Constantinople pour l’occasion). Il y a trois raison pour cela: d’une part l’Empire s’était beaucoup étendu à l’Est donc déplacer la capitale à Byzance permettait de la re-centrer sur l’Empire. Byzance était également très proche de Nicomédie, la capitale régionale de l’Orient où il avait grandit à la cour de Diocletianus, et s’établir a proximité était une façon de se réclamer de la légitimité du lieu. Finalement, il était toujours plus prudent d’installer le gros de ses troupes près de l’endroit où se retrouvait la plus grande menace et Byzance le rapprochait de la frontière du Danube et de la Mésopotamie.

Il peut également paraître bizarre qu’un empereur très associé au christianisme ait frappé autant de pièces de monnaie à l’effigie du dieu solaire païen Sol Invictus. Toutefois, il ne faut pas oublier qu’avant de se convertir au christianisme, Constantinus était un fervent adepte du “Soleil Invaincu”. Comme toute les religion orientale, ce culte solaire était très populaire auprès des soldats. En 274, après sa victoire sur Zenobia, Aurelianus en fait le culte principal de l’Empire, dans l’espoir que cela ait un effet unificateur sur les cultures très diversifiées de l’Empire, et lui dédit un temple à Rome sur le Champ de Mars où l’on célèbre le “Jour de naissance du Soleil“ (Dies Natalis Solis) le 25 décembre. Il était donc normal que Constantinus, en tant que soldat, en soit un adepte et, qui plus est, qu’il l’utilise dans sa propagande pour accroître la fidélité de ses troupes. Toutefois, avec le IVe siècle, une autre religion orientale rivalise avec la popularité de Sol Invictus: le christianisme. Si la propagande veut bien nous faire croire que Constantinus s’y soit converti à cause d’une vision qui lui promettait la victoire, il est beaucoup plus probable qu’il l’ai adopté pour des raisons politiques et stratégiques: le christianisme était devenu plus populaire et un meilleur instrument pour fidéliser l’armée. Plus tard, en mars 321, il instaurera le “jour du soleil” (dies Solis, i.e. dimanche) comme un jour de repos obligatoire — poussant encore plus loin ce syncrétisme qui a réunit plusieurs éléments des deux cultes.

La semaine prochaine nous continuons notre survol du règne de Constantinus avec cinq autres pièces de monnaie. (Désolé si cette publication a été mise en ligne tardivement mais depuis la mi-mai des migraines récurrentes et un récent mal de dos me rendent le travail difficile…)

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 56

Linaria vulgaris 

[ iPhone 11 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/09/10 ]

J’ai déjà illustré cette fleur il y a quelques année, mais j’aimerais en reparler puisque je vous ai présenté la semaine dernière le Lotus corniculatus (a.k.a. “eggs and bacon”) et qu’ensemble ces deux fleurs constituent ce que j’appel le “petit-déjeuner floral”. Elles sont d’ailleurs très similaire et il faut prendre garde à ne pas les confondre.

La Linaire commune  (appelé en anglais “common toadflax ou “butter-and-eggs“) est une plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à la sous-classe des Asteridae, à l’ordre des Scrophulariales (ou Lamiales selon la classification phylogénétique APG), à la famille des Scrophulariaceae (ou Plantaginaceae selon APG III, qui regroupe près de deux milles espèces réparties en une soixantaine de genres) et au genre Linaria (qui regroupe environ cent-cinquante espèces). Il existe principalement une vingtaine d’espèces de linaires.

La linaire commune atteint entre quinze et quatre-vingt-dix centimètre de hauteur et est caractérisé par de nombreuses tiges non ramifiées et des feuilles alternes très fine (deux à six cm de long par un à cinq mm de large), d’une couleur bleu-vert glauque, et qui ressemblent à celles du lin (d’où le nom). Les fleurs, qui poussent en grappes au sommet des tiges, sont deux à trois cm de long et sont constituées de deux lèvres closes jaunes avec une tache orange et d’un long éperon. Elle fleurit entre juin et octobre. Elle sert de nourriture à de nombreux insectes (surtout des papillons de nuit) et n’est pollinisée que par de grosses abeilles et des bourdons, car sa corolle fermée n’est accessible qu’avec une certaine force.

C’est une plante rudérale et une mauvaise herbe mais qui peut être utilisée comme fleurs décoratives. Malgré une légère toxicité pour l’humain et le bétail (due à la présence de glycoside cyanogénétique), elle est utilisée en médecine traditionnelle (par l’infusion des feuilles) entre autres pour ses propriétés diurétiques et antipyrétiques. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Les tétrarchies (6)

Licinius II (317-324 EC) 

Valerius Licinianus Licinius Junior (dit Licinius II) est né en juillet ou août 315 possiblement à Nicomédie. Son père est l’empereur romain Licinius et sa mère est Flavia Julia Constantia, la demi-soeur de Constantinus (elle est né du second mariage de Constantius Chlorus avec Flavia Maximiana Theodora). À peine âgé de deux ans, il est nommé césar, en même temps que ses cousins Crispus (âgé de dix-sept ans) et Constantinus II (âgé de sept mois!), le 1er mars 317. Il est nommé Consul une première fois avec son oncle Constantinus en 319, puis une seconde fois avec son père en 321. En mars, il célèbre également ses quinqennalia (cinq ans de règne en tant que césar). Toutefois, la même année, Constantinus nomme ses deux fils (Crispus et Constantinus II) comme co-consuls pour l’Occident ce qui fait que l’Empire aura exceptionnellement quatre consuls au lieu de deux — ce qui contribue à exacerber les tensions en les co-empereurs. Ceux-ci s’étaient déjà affronté dans une première guerre civile en 316 (période que Licinius II passe en sureté auprès de sa mère à Sirmium) mais 321 marque la rupture définitive entre Licinius et Constantinus. 

Après une série d’affrontements, Licinius est vaincu par Constantinus le 18 septembre 324. Constantia intercède auprès de son frère pour que son époux et son fils soient épargnés. Licinius II perd alors son titre de césar et Licinius se retire à Thessalonique. Cependant, craignant sans doute qu’il ne devienne l’inspiration d’une rébellion, Constantinus fait exécuter Licinius au printemps 325. Il a probablement hésité à faire assassiner son neveux mais il fait tout de même exécuter Licinius II l’année suivante à Pola (en 326). Ce n’est pas clair si les deux événements sont liés mais, la même année à Pola, Constantinus fait également exécuter son propre fils, Crispus (né de sa première épouse, Minervina) car il aurait été accusé d’adultère avec sa belle-mère (Fausta, seconde épouse de Constantinus). C’est du moins ce qui disent Zosimus et Zonaras, mais il est bien possible que Crispus ait comploté contre son père ou que Constantinus ait simplement été jaloux de la popularité de son fils… Cela démontre bien le peu de scrupule que Constantinus avait de se débarrasser de la compétition. Il n’a pas pris le risque d’attendre que Licinius II prenne la toge virile et devienne une menace potentielle. Licinius II n’avait que onze ans lors de son décès mais aura tout de même été césar pendant sept ans.

IMG_0593-0597J’ai deux pièces de monnaie de Licinius II. La première est un assez beau follis réduit (AE3, G [Good], AE [Bronze], 17 mm, 2.503 g, payé environ $7, patine verdâtre avec traces de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers offre un buste du (très) jeune césar lauré et drapé à gauche, portant un globe et un sceptre dans la main gauche et une mappa dans la main droite, avec l’inscription latine D[OMINVS] N[OSTER] VAL[ERIVS] LICIN[IANVS] LICINIVS NOB[ILISSIMVS] C[AESAR] (“Notre Seigneur Valerius Licinianus Licinius Très Noble César”). Le revers illustre Jupiter debout à gauche, nu sauf une chlamyde à travers l’épaule gauche, tenant une petite victoire dans la main droite et un long sceptre dans la gauche, avec l’inscription latine IOVI CONSER-VATORI CAESS[ARVM] (“À Jupiter Protecteur des Césars” — le double “S” dénote un pluriel), un SMK en exergue (Sacra Moneta Kyzici, marque presqu’illisible de l’atelier de Cyzique) ainsi qu’une couronne et une lettre grecque (marque d’officine illisible, possiblement un “A” [alpha] ou un “𝞒” [gamma] mais cela pourrait en fait être n’importe laquelle des huit officines) dans le champs de part et d’autre.

Selon le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, p. 644), cette pièce aurait été frappée à Cyzique (dans une officine indéterminée) vers 317-320 EC. Elle ne fait que reprendre un type fréquent chez son père (voir mon entrée précédente).

Sources: Wikipedia (Licinius II [FR/EN], mappa), Google, FAC (Licinius II, Iovi Conservatori, Jupiter, mappa, Victory), ERIC (Licinius II); RIC v. 7: 11; CoinArchives, CoinProject, Numista, WildWinds (text, images A, B, 𝞒, 𝞓, E, S, Z, H). Voir aussi ma fiche.

IMG_0610-0618La deuxième pièce est un beau follis réduit (AE3, VG [Very Good], AE [Bronze], 18 x 19 mm, 2.916 g, payé environ $6 le 1985/04/14, caractérisé par une patine brune et une important rognure à 135º qui donne une forme plutôt ovale à la pièce; die-axis: ↑↓). L’avers présente une tête du jeune césar laurée à droite, avec l’inscription latine LICINIVSNOB[ILISSIMVS] CAES[AR] (“Licinius Très Noble César”). Le revers illustre un VOT[A] • V (Vota quinquennalibus) sur deux ligne dans une couronne, avec l’inscription latine CAESARVM NOSTRORVM (“Voeux pour le cinquième [anniversaire de règne] de nos césars”) et un QA en exergue (marque de la quatrième officine [Q = Quartus] de l’atelier de Arelate [A]).

Selon le RIC (op. cit., pp. 230, 259), cette pièce aurait été frappée par la quatrième officine de l’atelier de Arelate (Arles) en 321 EC. Elle correspond à la série de type “VOT XX” de son père (que j’ai déjà expliqué dans une entrée précédente). Toutefois, après la frappe de ce type, plusieurs ateliers Occidentaux comme Arelate, sous le contrôle de Constantinus, cesseront d’émettre des pièces au noms de Licinius et de son fils, démontrant bien la fracture entre les deux co-empereurs en 321.

Sources: Wikipedia (Licinius II [FR/EN]), Google, FAC (Licinius II), ERIC (Licinius II); RIC v. 7: 231; Sear RCV (1983): 3714; acsearch, CGB, CoinArchives, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Les pièces de monnaie de Licinius II ne nous apprennent pas grand chose sur son bref règne car elles ne font que reprendre des types de pièces de Licinius. Elle sont toutefois utiles pour confirmer la chronologie des événements du règne de son père.

La semaine prochaine nous abordons la dynastie des Constantiniens, qui marque une époque fondamentale de l’histoire de l’Empire Romain avec le début de l’Empire Byzantin. Je vous présenterai donc un premier groupe de pièces de monnaie de Constantinus, dont j’ai une douzaine de pièces.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 55

Lotus corniculatus 

[ iPhone 11 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/07/16 ]

Le Lotier corniculé (aussi appelé “pied de poule” ou “bird’s-foot trefoil” et “eggs and bacon” en anglais) est une plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à la sous-classe des Rosidae, à l’ordre des Fabales, à la famille des Fabaceae (ou légumineuses, une famille qui compte plus de sept cent genres et près de vingt-mille espèces comme le soja, les haricots, les pois, les fèves, ou les trèfles) et au genre Lotus (qui comprend une centaine d’espèces). C’est une plante basse (5 à 20 cm) caractérisé par une longue racine pivotante, des feuilles alternes “composées de trois folioles obovales”, des fleurs jaunes vif (devenant parfois orangé marqué de rouge) et ses fruits qui forment des gousses oblongues de deux ou trois centimètres pouvant contenir jusqu’à une vingtaine de graines. Les fleurs, longues d’environ un centimètre, poussent sur de longs pédoncules disposées en ombelle par groupe de quatre à huit. Elles sont composées d’un pétale supérieur droit et large et de deux pétales latéraux plus petits qui cachent le pistil et les étamines. Le nom du genre provient du grec (λωτός / lōtos / désignant de nombreuses espèces de plantes) et celui de l’espèce provient du latin (Corniculatus = “Corniculé, cornu” en référence à la forme des gousses)

Le lotier corniculé est considéré comme une plante envahissante mais qui trouve tout de même de très nombreuses utilisations. C’est d’abord une plante ornementale car ses fleurs sont assez attrayantes et offrent une floraison prolongée (de mai à septembre). Elle est appréciée par plusieurs espèces de papillons (dont les chenilles se nourrissent des feuilles) ainsi que par les abeilles et bourdons (car ses fleurs sont mellifères). C’est aussi surtout une plante fourragère qui est également utilisé pour son pouvoir structurant sur le sol et sa biomasse (engrais vert). Malgré le fait qu’elle soit toxique à forte dose (due au cyanure d’hydrogène qu’elle contient) ses fleurs séchées en tisanes peuvent avoir une utilisation médicinale grâce à des effets calmant ou somnifère. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Images du mer-fleuri [002.021.251]