Peuple invisible

PeupleInvisible-cov“Les histoires réunies dans ce volume complètent La promesse, achevant de rendre disponible l’intégralité des récits composés par Shohei Kusunoki.

Elles ont pour la plupart été publiées dans Garo, la légendaire revue d’avant-garde fondée en 1964 qui a révélé des auteurs aussi incontournables que Yoshiharu Tsuge ou Yoshihiro Tatsumi, accompagnant pendant les décennies 1960 et 1970 une jeunesse réfractaire au conservatisme de la classe dirigeante.

Shohei Kusunoki a imaginé ces histoires entre 1968 et 1974 dans un Japon qui cherchait à se réinventer par une course à la modernité peu soucieuse du sort des classes populaires. Comme son ami Susumu Katsumata (Neige rouge, Cornélius), il fut marqué par l’apparition de Yoshiharu Tsuge, qu’il fréquenta à cette époque et dont l’influence se retrouve dans plusieurs des récits regroupés ici.

Délaissant le registre contemporain sans renoncer à parler de son époque, Shohei Kusunoki s’attache à décrire avec justesse la vie du peuple, tout en lui insufflant une dimension épique. Au travers de genres aussi codés que le conte traditionnel ou le récit de samouraï, il décortique l’ambiguïté des rapports humains. Mettant à nu les sentiments qui unissent les êtres, les raisons pour lesquelles ils s’attirent et les malentendus qui les séparent, Shohei Kusunoki parvient, à travers un style limpide, à exprimer ce qui ne l’est pas. Un auteur immense qu’il est urgent de redécouvrir et de célébrer.

[Texte du site de l’éditeur et du rabat intérieur de couverture]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

PeupleInvisible-p037

Page 37

Il n’y a pas grand chose que l’on peut rajouter à la présentation de l’éditeur… Shohei Kusunoki (楠勝平, 1944-1974) n’est pas un mangaka très connu. Son vrai nom était Sakai Katsuhiro (酒井 勝宏) et il a appris le métier en étant assistant pour Michitarou Watanabe et Sanpei Shirato. De la même génération que les Shigeru Mizuki, Yoshihiro Tatsumi, ou Yoshiharu Tsuge, il a surtout publié du manga d’avant-garde pour le marché du manga de location (kashihon) et dans le magazine Garo. En 2001, l’éditeur Seirin Kogeisha a publié en édition limité une anthologie de près de six-cent pages compilant la majorité de son travail (彩雪に舞う… / Saisetsu ni mau… / Danse à Ayayuki…) et c’est de ce recueil que proviennent les histoires de Peuple Invisible. Il a été peu publié, même au Japon, et — mis à part une anthologie par Ryoko Yamagishi publié en septembre 2021 chez Chikuma Bunko — toutes ses anthologies sont maintenant épuisées. Nous sommes donc très chanceux qu’un éditeur français comme Cornélius fasse un travail de mémoire en préservant et en diffusant son oeuvre.

Peuple Invisible nous présente sept histoires courtes (“Les cloches du soir” [1970, 31 pages], “Glycines en fleurs” [1970, 28 pages], “Laridelle laridon” [1970, 14 pages], “Yasubei” [1971, 16 pages], Les bombyx [1971, sur un scénario de Minoru Iwasaki, 32 pages], “Le fleuve de l’au-delà” [1971, 30 pages] et “Bain de minuit” [1972, 26 pages]) et une histoire plus longue qui a été publié en huit parties (“En loques” [1971-1972, 140 pages]). À travers ces récits, qui tiennent plus du gekiga (romans graphiques) que du manga seinen, Kusunoki dépeint les joies et les peines des gens ordinaires qui, avant l’ère Meiji, étaient plus susceptible de connaitre la misère et d’être à peine remarqué par les samurai et les seigneurs — c’était le “peuple invisible”.

Peuple Invisible nous offre des histoire dramatique qui sont superbement illustrée — mais évidemment dans le style qui est propre au manga des années ’60 et ’70. Ce sont des récits sérieux et plutôt inégaux, dont la narration est parfois difficile à suivre. Aussi, le style graphique vieillot ne plaira sans doute pas à tous. Toutefois Cornélius a fait un excellent travail en préservant le sens de lecture japonais et en laissant les onomatopées originales (mettant simplement la traduction sous la case). C’est donc tout de même une lecture intéressante mais surtout pour les collectionneurs ou ceux qui s’intéresse à l’histoire du manga. 

Peuple invisible, par Shohei Kusunoki. Bordeaux: Cornélius (Coll. Pierre), juin 2020. 336 pages, 17 x 24 cm, 26,50 € / $C 52.95, ISBN 978 2 36081 159 5. Pour lectorat adolescent (12+). (Voir la couverture arrière). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWorldCat ]

© 2001 Seirin Kogeisha / Yasuko Tani. All rights reserved.

[ Translate ]

Pension de Famille

PensionDeFamille-cov“En 1947, Margaret Durrell doit faire face à un divorce, avec deux enfants à élever, et à la menace d’un désastre financier. Sur les conseils de sa tante Patience, une redoutable vieille fille, et malgré les sarcasmes de ses frères Lawrence et Gerald, elle ouvre alors une pension de famille prétendument BCBG à Bornemouth, ville respectable du bord de mer britannique. Un peintre et son modèle, une schizophrène, des infirmières, deux musiciens de jazz… Sous le regard narquois des voisins, la pension de Margo tourne à la ménagerie humaine. S’ajoutent à ce joyeux désordre les visites de Gerald, qui ramène une troupe de singes et un énorme python. Margo ne se laisse pas démonter pour si peu et s’embarque même dans une histoire d’amour clandestine avec un joueur de trombone.

À travers ces excentriques personnages de l’Angleterre d’après-guerre se découvre le talent de Margaret Durrell, qui complète ainsi le trio familial d’écrivains.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Comme je l’ai déjà mentionné, j’ai découvert les Durrell avec la série de télévision Les Durrells à Corfou (The Durrells). Celle-ci raconte les aventures un peu loufoques des Durrells, une famille anglo-indienne qui, trouvant le climat anglais difficile, décide de s’installer sur l’île grecque de Corfou dans les années ’30. Intrigué par cette famille colorée qui aimait se raconter par l’écriture j’ai d’abord lu Justine (la première partie du Quatuor d’Alexandrie, publiée en 1957) par Lawrence Durrell (voir mon commentaire). Puis j’ai lu Ma famille et autres animaux (My Family and Other Animals, 1956) par Gerald Durrell (voir mon commentaire). Même la cadette de la famille, Margaret Durrell, a suivi la trace de ses deux frères et a écrit Pension de Famille (Whatever Happened to Margo?, 1996). Elle y raconte ses mésaventures alors qu’elle décide d’ouvrir une pension de famille à Bornemouth dans les années ’40, après être revenu de Corfou, et que son choix de pensionnaires s’avère souvent plutôt désastreux (sans compter la ménagerie que Gerald laisse sous sa responsabilité). Entre les pensionnaires aux comportements douteux, les espiègleries de leurs enfants, les aventures amoureuses et les visites occasionnelles de sa mère Louisa, de ses frères Lawrence, Leslie et Gerard, ou même de sa tante, Margo mène une vie très occupée! 

Apparement l’ouvrage aurait été écrit dans les années ’60 et oublié dans le grenier, jusqu’à ce que sa petite-fille le retrouve et le fasse publié en 1995. Comme le dit Gerald dans la préface, “Margo a montré qu’elle appréciait le côté comique de la vie et qu’elle avait le don d’observer les points faibles des gens et des lieux. Comme nous, elle a parfois tendance è exagérer et à laisser son imagination prendre son essor, mais je ne crois pas que ce soit si mal quand il s’agit de raconter ses aventures de façon divertissante.” En effet, l’écriture me rappel beaucoup celle de Gerald dans sa trilogie de Corfou. C’est écrit avec beaucoup d’humour et cela se lit très vite et bien. C’est donc une excellente lecture, amusante et agréable, qui vous offrira certainement du bon temps, surtout si vous avez apprécié la série télé.

Si vous n’avez pas encore découvert les aventures des Durrell à Corfou, j’en profite pour vous signaler que la série télé de ITV / PBS Masterpiece est disponible en diffusion continue (streaming) sur Amazon Prime Video,  Apple TV, et Google Play. Elle sera également diffusée en français sur les ondes de Ici Artv à partir du 23 mars 2022. J’ai également découvert qu’il existait une autre adaptation des romans de Gerald Durrell, cette fois un film de 87 minutes réalisé en 2005 intitulé My Family and Other Animals et disponible en diffusion continue sur BritBox (via Prime Video ou Apple TV).

Pension de famille, par Margaret Durrell (Traduction: Jean Rosenthal). Paris: Nil Éditions, 1997. 254 pages, 14 x 22.5 cm, 19.00 € / $C 34.95, ISBN 2-84111-069-9. Pour lectorat adolescent (12+). Cette édition n’est plus disponible mais l’ouvrage a été réédité chez Robert Laffont en octobre 2018. stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 1995 by Margaret Durrell. © 1997 Nil Éditions pour la traduction française.

[ Translate ]

Le chat du rabbin #10: Rentrez chez vous!

ChatDuRabbin-10-cov“Zlabya et son père, le rabbin, mais aussi le rabbin du rabbin, aidés et interrompus par le Chat, bien sûr, racontent. Ils disent, à travers leurs voyages au Proche Orient de 1870 à 1973, leur quête d’une Terre Promise, d’un endroit où ne pas être en danger. Ils racontent un destin français, celui d’une famille ballotée par l’histoire, le racisme, la volonté de trouver sa place, d’Alger à Nice, en passant par Jérusalem ou la Galilée.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

ChatDuRabbin-10-p009

Page 9

Sur le bord de la mer, au début de l’année, le rabbin, sa famille et ses ouailles, font la cérémonie du Tashlih, où ils secouent les pans de leur vêtement comme pour en chasser le mal. Le chat commente que ”Croire en Dieu, c’est accepter de faire des trucs ridicules en son nom.” Le rabbin acquiesce que c’est absurde et ridicule… mais il est interrompu par des hommes sur la plage qui leur crient “Sales juifs. Retournez chez vous!” S’ensuit une échauffourée dans la mer… Suite à cet événement, le mari de Zlabya veut déménager en Israel. Alors le rabbin du rabbin raconte que quand il était petit il est allé à Jérusalem et ce ne fut pas une bonne expérience. Même Zlabya raconte que quand elle a fait une fugue elle s’est retrouvé dans un kibboutz en Galilée mais elle en est revenue. Le rabbin aussi a essayé d’aller en Israel pour accomplir le souhait d’une ouaille qui voulait y être enterré mais les anglais limitaient l’immigration (même des morts) alors il l’a enterré en Égypte! Mais le mari de Zlabya veut toujours y aller. Et il ira… quand ils seront vieux, en 1973. Zlabya est vieille et grosse (et le chat toujours vivant!!). Mais les gens le prennent pour un arabe et Zlabya ne peut pas supporter la climatisation. Alors ils trouveront le terre promise à… Nice! En fait, l’histoire des Juifs c’est l’histoire du monde… et de la famille de Joann Sfar.

Le style de Sfar m’agace toujours avec ses planches à six cases, son dessin brouillon et ondulant, ou ses couleurs criardes, mais c’est Sfar et on finit toujours tout même par trouver ça beau. C’est un long album avec un récit fort et riche qui diverti, amuse même, et fait réfléchir sur le racisme. Une très bonne lecture que je recommande — surtout pour les amateurs d’histoire, de chats et de métaphysique! Et comme toujours, dans le bas de la dernière page, Sfar nous annonce que le prochain album s’intitulera “Alleluia dans l’autobus!” En fait le tome 11, paru en novembre 2021, s’intitule La Bible pour les chats

Le chat du rabbin. 10, Rentrez chez vous!, par Joann Sfar. Paris: Dargaud (Coll. Poisson Pilote), octobre 2020. 96 pages, 22.5 x 29.5 cm, 16,00€ / $C 27.95, ISBN 978-2205-08003-2. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Dargaud 2020.

Voir aussi mes commentaires sur les autres volumes du Chat du Rabbin.

[ Translate ]

2 Expressos

2Expressos-cov“Benjamin, dessinateur de BD en mal d’inspiration, part à la recherche d’une japonaise avec qui il a passé une nuit magique il y a 17 ans. Arrivé au Japon, il se pose dans un café pour faire le point. Il va y goûter le plus mauvais expresso de sa vie, et cependant devenir ami avec le patron, Michihiko, qui tout comme Benjamin, a de gros problèmes conjugaux. Les deux hommes décident alors de s’entraider pour retrouver leurs femmes, ce qui, curieusement, commence par apprendre à préparer un bon café… Avec un sens aigu de l’observation, Kan Takahama explore toutes les facettes d’un subtil chassé-croisé amoureux entre des personnages à la recherche d’eux-mêmes, ballottés entre flux et reflux du désir.”

[Texte du rabat intérieur de couverture; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

2Expressos-p006

Page 6

Deux Espressos (トゥー・エスプレッソ / Tū esupuresso / Two Espressos) est un manga Josei par Kan Takahama publié au Japon chez Ohta Shuppan en avril 2010 et simultanément en version française chez Casterman. Il nous raconte l’histoire de Benjamin, un dessinateur français, qui débarque à la gare de Gono-san, au Japon, mais comme le train ne s’arrête plus à sa destination, il doit marcher dans la nuit et perds son sac avec son passeport et son cellulaire. Il est à la cherche d’une femme qu’il a rencontré à Paris dix-sept ans plus tôt et ses seules indices pour la retrouver est une lettre qui mentionne la gare de Gono-ni et un “endroit très lumineux où elle vends des choses utiles pour faire ses adieux”. C’est toutefois un coin un peu perdu où il n’y a plus qu’un petit café. Il devient ami avec le propriétaire et décide de l’aider à tenir la place. En échange, Michihiko va l’aider dans ses recherches tout en essayant de réparer les choses avec sa femme, Miho, qui l’a laissé… Un soir, près du café, Benjamin aperçoit les serres illuminées d’une ferme qui produit des fleurs pour funérailles… En fin de compte, mais après quelques imbroglio, tout finira par s’arranger…

Avec cette histoire d’amour intrigante et sensuelle, Kan Takahama démontre encore une fois son habilité à nous raconter les subtilités des relations humaines. C’est également très bien dessiné, dans le style de crayonné réaliste qui la caractérise. Deux Espressos nous offre un très bon manga qui est à la fois charmant et agréable à lire… Fortement recommandé. 

2 expressos, par Kan Takahama. Bruxelles: Casterman (Coll. Écritures), avril 2010. 164 pages, 17 x 24 cm, 14.95 € / $C 27.95, ISBN 978-2-203-39612-8. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Casterman, 2010.

Voir aussi mes commentaires sur les autres manga de Kan Takahama.

[ Translate ]

L’eau amère

EauAmere-cov“Saé s’interdit toute liaison durable avec un homme de peur d’être trahie. L’eau amère est celle, calme, de la crique où son amant de la ville est venu braconner les ormeaux. Pour le chasser, elle finira par le dénoncer aux gardes-pêche. C’est aussi celle, chaude, de l’anonyme station thermale où les époux Kanbara se disent adieu, en soufflant sur les cendres de leur passion disparue. C’est l’eau glacée, de l’étang où gît la jeune Etsuko, assommée de fatigue et d’alcool au terme d’une nuit de fugue. Ce sont les larmes de la jeune K., convalescente, à qui chaque jour son amant rend visite, avant de retourner le soir, sagement, auprès de son épouse…

En huit récit teintés d’amertume et d’humour, spécialement choisis par l’auteur pour cette édition française, Kan Takahama explore les contradictions, entre aveux et non-dits, d’amants et de parents qui se cherchent, se trouvent parfois, se fuient souvent.“ [Texte du rabat de couverture; voir aussi la couverture arrière]

“L’équilibre entre amour et sexe tient а un fil. Les histoires courtes que nous donne а voir Kan Takahama dans ce recueil nous font partager un bout de la vie sentimentale de personnages, tous а un stade crucial de leur vie. Un vieil homme proche de la mort est hanté par le souvenir d’un amour passé, souvenir qui amène son entourage а s’interroger sur la force du sentiment amoureux. Un couple sur le point de se séparer s’accorde une pause loin de tout, l’occasion pour eux de faire le point sur ce qui les mènes а prendre cette décision. Une jeune femme, а qui l’amant marié fait miroiter un bonheur possible, finit par prendre son destin en main. Un quinquagénaire prend soin d’une jeune fille handicapée, devenue au fil du temps sa seule raison de vivre. Après Kinderbook, Kan Takahama continue d’explorer et de mettre en image le quotidien de la société moderne.” [Bédéthèque]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

L’eau amère (凪渡り — 及びその他の短篇 / Nagi Watari – Oyobi sono hokano tanpen / lit. “La traversée calme – et autres nouvelles) est un manga par Kan Takahama, à la limite entre le seinen et le jôsei, qui a originalement été publié par Kawade Shobo Shinsha en mars 2006. C’est un recueil d’histoires courtes qui semble reprendre en partie des récits déjà publié deux ans plus tôt chez Yugaku Shorin (泡日 [Awabi / lit. “Journée des bulles”] comprenait, en plus du récit titre, six histoires: 「ファニーフェイス・ファミリー」 / Funny Face Family / “Famille drôle de tête”, 「我らの世代が生きのびる道を教えよ」 / Warera no sedai ga ikinobiru michi o oshie yo / “Dites-nous comment notre génération peut survivre”, 「赤い実」 / Akai mi / “Fruits rouges”,  「The shock of recogition」 /“Le choc de la reconnaissance”,  「過ぎ去った恋と少量の飲酒について」 / Sugisatta koi to shōryō no inshu ni tsuite / “À propos de l’amour qui est passé et d’une petite quantité d’alcool”,  et 「山日記」 / Yama nikki / “Journal de montagne”). Toutefois, l’édition française publiée dans la collection Sakka/Auteur de Casterman en février 2009 semble offrir une sélection de textes légèrement différentes. Le recueil comprend huit courts récits:

EauAmere-p.085

Page 85

Dans “Introduction” (8 pages), Takahama, un jeune artiste de manga en panne d’inspiration a une aventure passagère avec une lycéenne. Soudain il a l’idée de faire une série sur le thème de l’eau avec des scènes érotiques. La première histoire s’intitulerait “Eau Calme”… Dans “L’eau calme” (凪渡り/ “Nagi watari”; 24 pages), tous les ans Odajima revient au même village de pêcheur pour braconner les ormeaux et a une aventure avec Sae, qui tient le gite local. Lasse de cette relation elle le dénonce aux gardes-pêche… Dans “Dernier voyage en amoureux” (24 pages), un jeune couple passe une nuit dans l’auberge d’une station thermale pour faire l’amour une dernière fois avant de divorcer car la maîtresse de l’homme est enceinte… Dans “Jours d’écume” (泡日 / Awabi / lit. “Journée des bulles”; 74 pages), une jeune femme troublée s’effondre ivre dans l’étang à l’extérieur d’une maison de retraite, provoquant un moment de lucidité chez un vieil homme sénile et créant un lien entre la femme et l’ancienne maîtresse du vieil homme. Dans “Hygro-45” (24 pages), une jeune femme se rends compte que son copain la trompe avec une amie… Dans “Chez Mizunuma” (水沼ストアー / Mizunuma sutoā / lit. “Mizunuma Boutique”; 24 pages), Itsutoshi tient le dépanneur familiale. Il trouve que sa copine est trop vaniteuse et superficielle (elle a déjà dépensé deux million de yens dans un salon de beauté!) alors il drague une lycéenne. Mais comme celle-ci n’aime pas sa nouvelle coupe de cheveux, il retourne auprès de sa copine… Dans “Ma vie avec K” (22 pages), une homme d’un certain âge prends soins d’une jeune fille dépressive qui a tenté de se suicider car il l’aime. Mais le soir il retourne auprès de sa famille… Finalement, dans “Mielleux Noël” (12 pages), au souper de Noël (où la famille se réunit seulement dans des circonstances de force majeure), la mère annonce qu’elle va se remarier… avec le meilleur ami du père. La père, redevenu célibataire, veut écrire un livre. La fille va se marié. La fils sort avec la copine d’un ami…

J’adore Kan Takahama. Issue du milieu du manga plus “underground” elle a d’abord publié beaucoup d’histoires courtes (2002-2006) qui ont été compilé par la suite en recueils comme c’est le cas avec cet ouvrage. Puis, vers 2010-2013, elle commencé à publié des histoires complètes, plus complexes, qui se situent souvent dans un contexte historique. Ses récits traitent généralement des relations amoureuses de gens ordinaires qui peuvent tout même s’avérer complexes, difficiles, voir tragiques. Et il y a souvent une touche de nudité et même d’érotisme dans son travail (à preuve, si vous êtes adulte, voir les pages 52 et 154). J’ai déjà commenté plusieurs de ses histoires (dont La lanterne de Nyx, article où je donne la liste de ses oeuvres) et j’espère toutes les lire bientôt. J’ai eu un peu de difficulté au début à apprécier son style un peu expérimental, un crayonné réaliste retouché à l’ordinateur, mais finalement je trouve qu’il donne un ton intimiste et chaleureux à ses récits.

L’eau amère est un très beau manga qui se lit bien. Je le recommande chaudement (quoi qu’il pourrait être difficile à trouver car cette édition est épuisée; il vous faudra probablement le chercher du côté des bibliothèques publiques).

L’eau amère, par Kan Takahama. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), février 2009. 228 pages, 15 x 21 cm, 12.95 €, ISBN 978-2-203-01985-0. Pour lectorat adulte (18+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2008 Kan Takahama

[ Translate ]

Celui qui hantait les ténèbres

CeluiQuiHantaitLesTenebres-cov“Dans la ville de Providence, le jeune écrivain Robert Blake semble fasciné par une étrange église abandonnée. Alors qu’il finit par s’aventurer dans ce lieu de culte perverti, il y découvre le Necronomicon, un ouvrage maudit de magie noire, et invoque sans le vouloir des forces maléfiques qui dépassent l’entendement…

Pendant la Première Guerre mondiale, un officier évadé se retrouve perdu en pleine mer. Épuisé, il s’évanouit dans sa barque et, à son réveil, s’aperçoit qu’il s’est échoué sur une île inquiétante, recouverte à perte de vue de carcasses de bêtes marines…

Avec un trait sombre et réaliste, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H. P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Ce sont cette fois Celui qui hantait les ténèbres et Dagon qu’il fait renaître sous sa plume dans toute leur terrifiante noirceur !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Celui qui hantait les ténèbres (闇に這う者 ラヴクラフト傑作集 / Yami ni hau mono — ravukurafuto kessaku-shū / lit. “Chefs-d’œuvre de Lovecraft: Rampant dans le noir”) est l’une des nombreuses adaptations des oeuvres de H.P. Lovecraft en manga par Gou Tanabe. Ce manga seinen a d’abord été serialisé dans le mensuel  Comic Beam (Enterbrain) et compilé en un seul volume en mars 2016 chez Kadokawa Shoten. Il a été traduit en français chez Ki-oon en mars 2021. Exceptionnellement, ce volume contient l’adaptation de deux récits (respectivement de trente-quatre et cent-seize pages). 

CeluiQuiHantaitLesTenebres-p033

Page 33

Le premier est “Dagon”, qui est une courte nouvelle (d’environ deux mille deux cents mots) écrite en juillet 1917 et publiée pour la première fois en novembre 1919 dans The Vagrant (# 11) et à nouveau en octobre 1923 dans Weird Tales (vol. 2, #3). C’est non seulement l’un de ses premiers récits à être publié mais c’est aussi la première fois qu’il mentionne le Mythe de Cthulhu. Un marin dont le navire a été capturé par les Allemands durant la guerre réussi à s’échapper sur un canot de sauvetage. Il dérive pendant des jours. Un matin il découvre qu’il s’est échoué un milieu d’une grande étendue de terre boueuse couverte de carcasses de créatures marines nauséabondes, comme si cette terre avait soudainement surgie du fonds de la mer. Il décide de marcher vers une colline à l’horizon pour repérer la rive. Dans un canyon il découvre un monolithe qui brille sous la lune. Il est couvert des bas-reliefs représentant d’étranges créatures aquatiques avec une figure aux allures de pieuvre au sommet. Soudain un monstre marin surgit du bassin d’eau sombre à la base du monolithe et semble être en vénération devant cet autel de pierre. Pris de folie le marin couru jusqu’à son canot, où la mer était réapparu, et s’enfui dans une tempête. Il se réveilla dans un hôpital de San Francisco. Il tenta de donner un sens à ce qu’il avait vu, s’intéressant à l’antique légende philistine de Dagon le dieu-poisson. Hanté par ce qu’il a vu il couche sur papier son expérience mais dans son délire il est terrifié que ces monstres ne viennent le chercher…

CeluiQuiHantaitLesTenebres-p089

Page 89

Le second récit est “Celui qui hantait les ténèbres” (The Haunter of the Dark), une novella d’un peu plus de neuf mille trois cent mots écrite en novembre 1935 et publiée en décembre 1936 dans Weird Tales (Vol. 28, No. 5, p. 538–53). C’est le dernier récit qu’il a écrit. Robert Blake est un peintre et un écrivain qui s’intéresse au domaine l’étrange. De son nouvel atelier à Providence, il peut apercevoir la tour noire d’une vieille église qui l’intrigue car aucun oiseau ne s’y pose. Il décide alors d’aller l’explorer. Elle est abandonné car, dit-on, une secte démoniaque l’aurait occupé et on le met en garde contre le danger de réveiller ce qui y dort. Dans la sacristie il découvre des livres dont, dans une position proéminente, une version latine du terrible “Nécronomicon”! Au haut de la tour il trouve une pièce où siège une table heptagonale avec en son centre une sorte de cristal noirâtre, strié de rouge. Lorsqu’il s’en approche il a la vision de mondes inconnus. Il y découvre également un squelette sur lequel il trouve un calepin de note. Il s’agit de Edwin Lilibridge, journaliste au Providence Telegram, qui quarante-deux ans plus tôt était venu investiguer le lien entre l’église et une série de disparitions mystérieuses. Soudain, Blake se sent épié comme s’il y avait une présence là-haut dans la flèche de la tour. Craintif, il retourne chez lui. Il consacre les jours suivants à déchiffrer la feuille qu’il avait trouvé dans le Nécronomicon. Il y apprend qu’en contemplant le cristal on éveillait “Celui qui hante les ténèbres”, une créature surgit des noires abysses du chaos qui demandait de nombreux sacrifices et qui craignait la lumière. Or, Blake avait contemplé le cristal… Une nuit, il y eut une panne d’électricité et l’obscurité permis à la créature de s’échapper momentanément du clocher. Cette nuit là, il rêva qu’il était perdu dans les ténèbres où se vautre Azathoth… Avait-il rêvé ou avait-il erré dans l’église durant une crise de somnambulisme? Dorénavant il craignait l’obscurité et resta une semaine assis à son bureau. On l’y retrouva mort un matin…

Comme pour tout les autres volumes de cette série, celui-ci nous offre une excellente adaptation et est superbement illustré par Gou Tanabe dans son style sombre et détaillé. Ki-oon nous présente encore une édition de qualité, relié en similicuir (cette fois avec une couverture de couleur verte). Même si je ne suis pas du genre à succomber sous l’ambiance angoissante des récits de Lovecraft (bien construit mais pas toujours bien écrit) j’adore tout de même l’univers qu’il a créé et je trouve que Tanabe l’illustre très bien. Ces deux récits ne sont pas mes préférés mais cela demeure tout de même de très bonne adaptations. J’ai récemment lu une autre version graphique de Dagon (illustrée par Dave Shephard) et ce n’est vraiment pas comparable à la qualité du travail de Tanabe. C’est donc un manga qui constitue une très agréable lecture (cela se lit vite et bien) et qui nous permet de découvrir l’œuvre de Lovecraft plus facilement ou de la relire en images, avec une perspective nouvelle.

Vivement le tome suivant dans cette série d’adaptations: c’est Le cauchemar d’Innsmouth (The shadow over Innsmouth écrit en 1931 et publié en 1936) paru au Japon chez Kadokawa en mai 2021 (2 vols) et en France chez Ki-oon en octobre 2021 (le tome 2 sortirait au printemps 2022). Tanabe publie en ce moment en feuilletons dans le mensuel Comic Beam (depuis octobre 2021) son adaptation de L’Abomination de Dunwich (ダニッチの怪 / The Dunwich Horror)…

Celui qui hantait les ténèbres (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 6), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), mars 2021. 164 p., 15 x 21 cm, 15 € / $C 28.95. ISBN 979-10-327-0792-0. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Tanabe Gou 2016

Voir mes commentaires sur les adaptations précédentes de Tanabe:

montagnes_hallucinees_02-cov Dans_lAbime_du_temps-cov CouleurTombeeDuCiel-cov AppelDeCthulhu-cov
[ Translate ]

Les Valentiniens (2)

Valens (364-378)

Flavius Iulius Valens est né vers 328 à Cibalae (Pannonie). Il est le fils de Gratianus Funarius, un simple commerçant (vendeur de corde) qui, devenu soldat, a rapidement gravit les échelons jusqu’à devenir général (Comes Britanniarum). Il a grandit sur le domaine familiale au côté de son frère aîné, Valentinianus. Il a servit comme officier (protector domesticus ?) au palais de l’empereur Julianus. À la mort de Jovianus, alors que son frère est nommé empereur, ce dernier le nomme co-empereur (le 26 mars 264) et il reçoit la charge d’administrer la partie orientale de l’Empire à partir de Constantinople (où il s’installe dès décembre 264). Il n’a pas l’habilité militaire, ni administrative, de son frère mais il semble bien gérer l’économie (avec une baisse des impôts et une réforme monétaire). Du côté religieux, il reprends les persécutions contre les païens et favorise l’arianisme. En 365, il tente d’abord de reconquérir les territoires perdus (Mésopotamie et Arménie) lors de la paix de Jovianus avec les Sassanides mais il doit revenir à Constantinople lorsque l’usurpateur Procopius prend le contrôle de la ville en septembre. En 366, ce dernier est rapidement capturé et exécuté mais Valens doit par la suite rétablir l’ordre en Thrace et d’Asie Mineure. Puis, pendant plusieurs années (367-369), il doit affronter les Wisigoths qui, sous l’autorité de Athanaric, avaient soutenu Procopius. 

Lorsque Valentinianus meurt en Pannonie le 17 novembre 375, son fils Gratianus (qui était déjà Auguste depuis août 367) lui succède comme empereur d’Occident. Toutefois, les soldats ont également acclamé empereur son jeune frère de quatre ans, Valentinianus II. Gratianus partage donc le pouvoir avec lui, en lui octroyant l’Illyrie, alors que lui-même règne sur l’Italie, les Gaules, la Bretagne, l’Hispanie et l’Afrique. Alors qu’il doit défendre ses frontières contre les Alamans, son oncle Valens (toujours empereur d’Orient) doit lui affronter les Ostrogoths dès 375. Ceux-ci, sous la pression des Huns et des Wisigoths (sous le commandement du chef Fritigern), traversent la frontière romaine par la Thrace en 377. Il tente de les contenir lors de la bataille d’Andrinople le 9 août 378 mais cela sera l’une des pires défaites qu’a connu l’armée romaine et Valens lui-même y trouve la mort. Cet événement marque le point tournant où l’Empire d’Occident a de plus en plus de difficulté à contenir ces invasion barbares et ainsi amorce son inexorable déclin

Gratianus nomme Auguste son général Theodosius (fils du général Theodosius Major) qui prends en charge l’Empire d’Orient. Ensemble ils mettront un frein momentané à l’avance des Goths en 381. Gratianus travaillera à supprimer les derniers éléments païens à Rome (il refuse le titre de pontifex maximus, enlève leur privilèges aux prêtres païens et aux vestales, retire la statue de la Victoire du sénat, etc.). Toutefois, au printemps 383 il doit faire face à un nouvel usurpateur, Magnus Maximus, qui le défait à Lutetia. Gratianus prends la fuite mais est assassiné à Lugdunum le 25 août. Theodosius, accaparé par la menace Goth, est bien obligé de reconnaitre Maximus comme empereur d’Occident. Valentinianus II (âgé d’une douzaine d’années et toujours sous la tutelle de sa mère Justina) garde le contrôle de l’Italie. Toutefois, Maximus réussi à prendre Rome en 387 et à le chasser d’Italie. Il se réfugie à Thessalonique et demande l’aide de Theodosius (qui est son beau-frère puisqu’il a épousé sa soeur Aelia Galla) qui alors défait et tue l’usurpateur. Theodosius reste à Mediolanum, en Italie, jusqu’en 391 pour rétablir Valentinianus II au pouvoir, puis retourne en Orient, laissant le jeune empereur sous la garde de Arbogast, l’un de ses officiers. Cependant, suite à un différent sur la stratégie militaire à adopter, Valentinianus tente de retirer son commandement à Arbogast, mais est retrouvé mort le lendemain (15 mai 392). Ainsi prends fin la dynastie des Valentiniens

J’ai trois pièces de monnaie de Valens et ce sont toutes des pièces avec le type de Securitas Reipublicae.

IMG_1488-1491La première pièce est un très beau follis / nummus (F [Fine], AE3, AE [Bronze], 17 mm, 2.306 g, payé environ $5 le 1985/01/06, caractérisé par une patine brunâtre et un important dépôt de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, portant un diadème perlé, avec l’inscription latine D[ominvs] N[oster] VALEN-S P[ivs] F[elix] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Valens, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine SECVRITAS – REIPVBLICAE (“la sécurité de la République”), un PCON en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Arelate [CON = Constantina]). On remarque qu’il n’y a aucune marque dans le champs.

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 59, 66), cette pièce aurait été frappé par première officine de Arelatum (Arles) soit entre le 24 août 367 et le 17 novembre 375, soit entre le 17 novembre 375 et le 9 août 378.

IMG_1501-1508La seconde pièce est un assez beau follis / nummus (G [Good], AE4, AE [Bronze], 15 mm, 2 g, caractérisé par un important dépôt de jaune; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, portant un diadème perlé, avec l’inscription latine D[ominvs] N[oster] VALENS – P[ivs] F[elix] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Valens, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine SECVRITAS – REIPVBLICAE (“la sécurité de la République”), un ANT𝝧 en exergue (marque de la neuvième officine [theta] de l’atelier de Antioche [ANT]).

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 264, 275), cette pièce aurait été frappé par la neuvième officine de l’atelier d’Antioche entre le 28 mars 364 et le 24 août 367.

IMG_1510-1518La troisième pièce est un assez beau follis / nummus (G / F [Good / Fine], AE4, AE [Bronze], 15 mm, 1 g, caractérisé par une patine noire avec quelques incrustations jaunâtres, une importante rognure et deux cassures à 120º et 300º de l’avers qui ont fait disparaître une partie des inscriptions; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, portant un diadème perlé, avec l’inscription latine D N VA…. – .. AVG (présumément pour Dominvs Noster Valens Pivs Felix AVGustus, soit “Notre Seigneur Valens, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine ……TAS – REIP….CAE (présumément pour Securitas Reipvblicae, soit “la sécurité de la République”), ainsi qu’une marque d’atelier en exergue qui n’est que partiellement lisible (trois ou quatre caractères avec un “T” au milieu, ??T?, possiblement ANTZ pour la septième officine [Zeta] de l’atelier de Antioche [ANT]). On remarque que l’illustration du revers est particulièrement bien conservée et que le détail du drapé de la toge de la Victoire apparait très dynamique — on pourrait presque la voir bouger!

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 264, 275), cette pièce aurait été frappé par la septième officine de l’atelier d’Antioche entre le 28 mars 364 et le 24 août 367.

Sources: Wikipedia (Valens [FR/EN]), FAC (Valens, Constantina, palm, Securitas Reipublicae, Victory, wreath), ERIC (Valens); RIC v. IX, Arelate: 17b (xiv a) / 19a (xv a); v. IX, Antioch: 12b; Online Ref. 1: Google, acsearch, CGBFR, CoinArchives, CoinProject (SCON) numismatics, numista, WildWinds (text, image). Online Ref. 2 & 3: Google, CoinArchives, CoinProject (ANTS, ANTS, ANTЄ), numismatics,  numista, WildWinds (Δ: text, image; Є: text, image). Voir aussi mes fiches (01, 02, 03).

La semaine prochaine nous abordons la dynastie des Théodosiens avec une pièce de monnaie de l’empereur Theodosius I.

Voir l’index des articles de cette chronique.

[ Translate ]

Monnaies anciennes 73

Primula japonica (2)

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/03 ]

La semaine dernière je vous ai présenté des images de Primula japonica “Alba” dont les fleurs sont blanches. Aujourd’hui je vous en montre une autre variété aux fleurs rouges. Comme je l’ai déjà mentionné, la Primevère du Japon (aussi appelée Japanese primrose en anglais ou クリンソウ [Kurinsō] en japonais) est une espèce de plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Primulales (ou les Ericales en classification phylogénétique APG), à la famille des Primulaceae et au genre Primula (qui comprend plus de cinq cent espèces). (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

Ici il s’agit probablement du cultivar “Miller’s Crimson”. 

[ Translate ]

Images du mer-fleuri [002.022.012]