Major Fatal

MajorFatal-covMajor Fatal est trop beau pour être vrai. On est jamais sûr d’entrer dedans. Et pourtant on ne parvient plus à en sortir. Un cercle vicieux. Une drogue! Eh quoi : nous avons lu ensemble dans Métal Hurlant, trois années de suite les aventures du Major Grubert. Pourquoi attendre trois ans pour se mettre dans des états pareils? A quoi je rétorquerai que le Major dans Métal et le Major en album sont deux choses totalement différentes. Major Fatal, c’est un poème.” (Jacques Goimard, en couverture arrière)

L’astéroïde modelé par le Major Grubert en trois mondes superposés, trois mondes avec chacun leur système, leur populace et leurs coutumes. Improvisés au rythme de la publication de Métal Hurlant, ces univers sont grouillants d’idées et de détails entremêlés. Autour de l’astéroïde, à bord du Ciguri, tournent son créateur et sa belle, Damalvina. Mais trois mondes ignorant leurs origines, dont quelques personnages en prennent peu à peu conscience, et ne sont pas tellement du genre à adorer leur créateur…” (Texte du site des Humanos)

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Ce troisième tome des “Oeuvres Complètes“ de Moebius compile les sept principales histoires où apparait le Major Grubert (dont plusieurs seront reprises dans Les vacances du major): “Une planche” (1 p.), “[Le] Major Fatal” (13 p.), “Le Major Grubert [: The Forbiden City Rides Again]” (2 p.), “Les Vacances du Major“ ( ou “La Chasse au Français en Vacances”, 6 p.), “Paradis 9” ( ou “La Flore de Paradis 9”, 2 p.), “Une aventure du Major [Grubert]” (2 p.), “Le Garage Hermétique [de Jerry Cornélius]” (98 p.). Cette dernière histoire constitue la majorité du volume, qui inclue aussi un avant-propos de Moebius, des postfaces de Jacques Goimard et d’Alexandro Jodorowsky, ainsi que “Apprends à Dessiner le Major Grubert” par Yves Chaland.

L’édition anglaise colorisée, publiée chez Epic/Marvel en 1987 sous le titre Moebius 3 (The Collected Fantasies of Jean Giraud): The Airtight Garage, n’offre quand à elle que deux histoires: “Major Fatal” et “The Airtight Garage”. À noter que pour l’édition anglaise, le nom de Jerry Cornélius (un hommage à Michael Moorcock) a été changé pour Lewis Carnelian…

La seule des histoires courtes qui mérite vraiment mention, car elle prépare la venue de l’oeuvre majeure, c’est “Le Major Fatal.” Houm Jakin et l’assassin Boaz recherche le Major car lui seul peut traiter avec le Bakalite. Ils tombent dans un piège mais Grubert intervient… Ce thème sera plus ou moins repris pour la fin du “Garage Hermétique”. Les autres histoires servent surtout à établir le décor de l’univers science-fictionnel créé par Moebius et dans lequel le Major évolue.

“Le Garage Hermétique” est la première histoire de SF d’importance que produit Moebius. Due à son procédé d’écriture épisodique et aléatoire, l’histoire est un peu complexe, mais l’essentiel tient au fait que le Major Grubert a construit un astéroïde, Fleur, constitué de trois niveaux de réalité dont plusieurs forces (Jerry Cornélius, le Bakalite, le Nagual, Sper Gossi) conspirent soit pour en prendre le contrôle, se libérer de son créateur ou simplement se venger du Major. Ce dernier quitte donc le Ciguri, son vaisseau spatial, pour descendre sur l’astéroïde et affronter ses adversaires…

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Il y aurait beaucoup à dire sur “Major Fatal”… Jean Giraud a commencé à dessiner des histoires de science-fiction humoristiques, d’abord sous le preudonyme de Gyr puis de Moebius, pour se distraire et se détendre de son travail principal sur Blueberry. Il les a publié ici et là (surtout dans Pilote, et même dans France-Soir, puis régulièrement dans Métal Hurlant). Le Major Grubert a subrepticement fait son apparition dans ces histoires courtes. Lorsqu’il a commencé à écrire “Le Garage Hermétique”, il n’avait pas de scénario préétabli et il improvisait au gré de ses humeurs, en essayant de créer de nombreux rebondissements (parfois ne se souvenant même pas ce qu’il avait fait dans l’épisode précédent). Le Major y est éventuellement apparu comme un anti-héros insouciant, presque absent, qui réalise tranquillement ses responsabilités envers le dénouement du récit. Le résultat est une histoire riche et surprenamment cohérente, pleine de symbolismes (tant religieux, politique, que philosophique).

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Les épisodes sont au début plus grossier, plutôt inégaux en qualité (tant graphiquement que narrativement), puis prennent de plus en plus d’assurance jusqu’à ce que vers la fin on réalise que Moebius maîtrise bien le genre, que son art a mûrit et qu’à partir de maintenant ce n’est plus de l’humour mais de la SF sérieuse et profonde qui laisse bien paraître ce que seront Les Aventures de John Difool, a.k.a. L’Incal

C’est une histoire de SF mythique qui vient nous chercher au tréfonds de notre être, comme si elle réveillait en nous quelque chose qui dort—ce genre d’impression mystique que l’on perçoit du coin de l’oeil ou dont on a vaguement le souvenir sans être capable de mettre le doigt dessus. C’est une oeuvre qui est loin d’être parfaite mais qui reste fascinante, intriguante et captivante! C’est donc à lire absolument si la BD et la SF vous intéresse moindrement!

“Le Garage Hermétique” a connu de nombreuses rééditions mais aussi des suites… (eh oui, après près de quarante ans, je réalise, “Quoi, il y a une suite!!!?”). Le flambeau a aussi été repris par d’autres artistes… À suivre, donc…

Moebius, Oeuvres Complètes tome 3: Major Fatal, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés, avril 1981. 156 p. ISBN 2-7316-0100-0. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-4-0

Moebius3-covMoebius 3, The Collected Fantasies of Jean Giraud: The Airtight Garage, by Moebius. New York: Epic/Marvel, 1987. 120 p. $US 12.95 / $C 16.95. ISBN 0-87135-280-X.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Les Humanoïdes Associés 1980.

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Cauchemar Blanc

Giraud_Cauchemarblanc_01Cauchemar Blanc est une compilation de neuf histoires courtes parues dans différents magazines entre 1972 et 1976: “Cauchemar Blanc” (dans L’Echo des Savanes #8, 1974, 12 p., publié en anglais dans Moebius 6: Pharagonesia), “Calque A” (planche sans titre ni dialogue, 1976), “Approche de Centauri” (dans Métal Hurlant, 1975, 6 p., scénario de Philippe Druillet, publié en anglais dans Moebius 4: The Long Tomorrow), “Il y a un Prince-Charmant sur Phenixon” (dans Pilote, 1973, 4 p., signé Gyr, publié en anglais dans Moebius 4), “L’Artefact” (dans Pilote annuel, 1971, 4 p., signé Gyr, publié en anglais dans Moebius 4), “Interview” (dans Schtroumph, 1974, 9 p.), “Calque B” (1 planche sans titre ni dialogue et une planche qui décrit le gommeux, une créature extra-terrestre (type encyclopédie galactique, noté “Essais, Vol. IV)”, 1976), “Deima” (inédit, 1975, 3 p., publié en anglais dans Moebius 0: The Horny Goof), et “Barbe Rouge et le cerveau Pirate” (dans Pilote annuel, 1972, 5 p., signé Gyr, publié en anglais dans Moebius 4). Seulement cinq de ces histoires sont vraiment significatives.

Étrangement, “Cauchemar Blanc” n’est pas de la SF mais plutôt une histoire réaliste et malheureusement d’actualité… Moebius y parle de préjudice et de racisme. Le souhait de tout activiste de la tolérance est le cauchemar du bigot… Quatre bonhommes en voitures (Barjout, Jean-Pierre, René et Berthon) tentent d’écraser un arabe en mobylette mais celui-ci fait une embardée et la voiture se plante plutôt dans un camion stationné. Lorsqu’ils tentent de tabasser l’arabe, des passants interviennent, puis Barjout sort un revolver et tire Jean-Pierre dans la jambe par accident alors que celui-ci tente de l’arrêter… Soudainement Barjout se réveille dans son lit: ce n’était qu’un mauvais rêve. Il sort en voiture avec ses amis pour une expédition nocturne où, cette fois, ils frappent et tabassent vraiment un arabe sous le regard des voisins qui observent de leur fenêtres sans intervenir… Cette histoire a été adapté en un film court-métrage par Mathieu Kassovitz.

Dans “Approche de Centauri” un pilote d’astronef se prépare à sauter dans l’hyper-espace mais le générateur ripe et le projecte plutôt hors du continuum, dans une sorte d’enfer druillesque, peuplé de démons cornus. De retour dans son propre espace-temps, il essuie le vomis de sa bouche et nie avoir vu quoi que ce soit… Superbe histoire courte de SF sur un scénario de… Druillet!

Dans “Il y a un Prince-Charmant sur Phenixon”, un couple (dont la femme est du type mégère) fait escale sur Phenixon pour y faire commerce. Alors que monsieur examine les peaux de Toc-Toc, madame fait une balade en colimassophant (une sorte de limace) qui se révèle être un pavacheux en pleine crise. Mais au lieu de la déchiqueter et de l’entraîner dans les abimes, c’est l’amour entre Janine et le pavacheux! Mais, bon, celui-ci le regrettera sûrement…

Dans “L’Artefact” deux voyageurs interstellaires découvrent une gigantesque planète de type terrestre. Ils descendent l’explorer. Il y a une vaste mer, puis une plage, sur laquelle ils trouvent un artefact: un château qui semble inhabité. Ils entrent pour explorer les ruines. Malheureusement, un petit vandale sur la plage détruit le château de sable et se fait gronder par sa mère…

Dans “Barbe Rouge et le cerveau Pirate”, Boomy est capitaine d’un cargo spatial et son seul compagnon est un Cervelec Major V (une sorte de robot flottant) qui cafouille et se prend pour le maître d’équipage de Barbe-Rouge… Évidemment tout cela tourne mal pour Boomy… Alors que le proprio du vaisseau demande au techno-concessionaire si le Major V peut tomber en panne, celui répond “Impossible, je l’ai règlé moi-même!” (Et derrière lui on aperçoit toute une paraphernalia d’histoire maritime du temps de la flibuste

D’une façon très similaire aux recueils comme Les vacances du Major, Cauchemar Blanc nous offre une collection d’histoires courtes de science-fiction humoristique qui reposent souvent sur un seul gag, mais qui restent très imaginatives. Le style est plutôt simple mais varie beaucoup d’une histoire à l’autre, allant du trait dépouillé au dessin très détaillé et texturé. C’est agréable à lire et très drôle. À lire surtout si vous êtes un amateur de Moebius.

L’édition que je possède n’est malheureusement plus disponible, mais toutes ces histoires ont été republiées en 2012 par Les Humanoïdes Associés dans la collection Moebius USA, qui reprend les versions colorisées des histoires courtes de Moebius telle que publiée chez Epic/Marvel et Dark Horse: Escale sur Pharagonescia, La Citadelle aveugle, et The Long Tomorrow.

Cauchemar Blanc, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés (Coll. Mirage), janvier 1977. 64 p. ISBN 2-902123-08-6. Pour lectorat jeune adulte (14+). [Merde ! La reliure fout le camp!] stars-3-0

Moebius4Moebius 4, The Collected Fantasies of Jean Giraud: The Long Tomorrow & Other Science-Fiction Stories, by Moebius. New York: Epic/Marvel, 1987. 72 p. $US 9.95 / $C 13.95. ISBN 0-87135-281-8.

Moebius6Moebius 6, The Collected Fantasies of Jean Giraud: Pharagonesia & Other Strange Stories, by Moebius. New York: Epic/Marvel, 1988. 72 p. $US 9.95 / $C 13.95. ISBN 0-87135-283-4.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Les Humanoïdes Associés 1977.

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Capsules

Mirai

Mirai-jpFrom acclaimed director Mamoru Hosoda (Wolf Children) comes a daringly original story of love passed down through generations. When four-year-old Kun meets his new baby sister, his world is turned upside down. Named Mirai (meaning “future”), the baby quickly wins the hearts of Kun’s entire family. Kun becomes increasingly jealous of her, until one day he storms off into the garden, where he encounters strange guests from the past and future – including his sister Mirai, as a teenager. Together, Kun and Mirai go on a journey through time and space, uncovering their family’s incredible story, in this magical and emotionally soaring adventure about the ties that bring families together and make us who we are.” (From Universal website)

Mirai (未来のミライ / Mirai no Mirai / lit. “Mirai of the Future”) is a beautiful story about good parenting and loving our siblings or family. Kun is a young boy who is jealous of his newborn sister Mirai. However, the genealogical tree that sits in the courtyard of their small house in Yokohama shows him scene of past and future life of his family members (his teenage sister, his mother, his great-grand-father, even the family dog!) so he can relate to them and learn to appreciate them better. Or this is a boy with an extraordinary imagination!

The animation is excellent and offers very realistic background illustrations that you would think it’s CGI but they are actually hand-drawn (although there is CGI in the movie). In fact, it is so crisp that it feels a little cold. For such a story about family I would have preferred a style that evoke more warmth. I particularly like the design of the modern house, conceived by the father (who’s an architect), that takes advantage of the narrow space and the hill to build in several level, with lots of steps.

Animated by Studio Chizu and distributed by Toho (GKids in North America), Mirai was created, written and directed by Mamoru Hosoda (The Girl Who Leapt Through Time, Summer Wars and The Boy and the Beast), with character designs by Hiroyuki Aoyama, animation direction by Ayako Hata & Hiroyuki Aoyama, art direction by Takashi Omori & Yohei Takamatsu and music by Masakatsu Takagi. The voice cast includes  Haru Kuroki / Victoria Grace as Mirai, Moka Kamishiraishi / Jaden Waldman as Kun, Gen Hoshino / John Cho as Father, Kōji Yakusho / Victor Brandt as Grandfather, Kumiko Asou / Rebecca Hall as Mother, Masaharu Fukuyama / Daniel Dae Kim as great-grandfather, and Mitsuo Yoshihara / Crispin Freeman as Yukko the dog. 98 min., rated PG (for thematic elements including some scary images). It was favourably received by the audience (rating of 7.1 on IMDb and of 92% / 83% on Rotten Tomatoes). It’s a fine exemple of Japanese animation that everyone should see. stars-3-5

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Capsules

Le bandard fou

BandardFou-cov“Sur Souldaï du Cygne, les érections, ce n’est pas avant l’automne. Quand un vendeur de pousse-boulettes se réveille avec une trique d’enfer, impossible de cacher l’évidence : il est devenu un bandard fou, traqué par la police anti-foutre et une dame Kowalsky qui peine à assouvir ses désirs. Son crime prenant jusqu’à des dimensions diplomatiques, le bandard peine à trouver le repos.” (Texte du site des Humanos, voir couverture arrière)

Originellement publié en janvier 1974 aux Éditions du Fromage (Écho des Savannes), Le Bandard Fou a connu de nombreuse rééditions. Cette bande-dessinée nous offre deux histoires. La première, sans dialogue et sans titre, se déroule en vingt-quatre planches d’une seule grande case chacune qui occupe le côté gauche du livre et qui nous montre un homme qui se métamorphose en un oeuf alienesque, qui se fracture pour révéler… un petit homme. 

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La deuxième histoire, qui occupe les pages de droite, est un récit de science-fiction humoristique en vingt-quatre planches. Le personnage principal se réveille un bon matin souffrant de priapisme hors-saison, ce qui est une déviance interdite car, en ce monde, la reproduction se fait uniquement en automne et passe par la Pondeuse. Poursuivit par les autorités génétiques (la P.A.F.), il fuit à l’aide d’un agent de dame Kowalsky, une aristo nymphomane. Il rejoint celle-ci sur son vaisseau où ils batifolent quelques mois mais quand ils arrivent sur Fleur, l’astéroïde paradisiaque de dame Kowalsky, c’est la débandade. Évidemment, la fuite du bandard a de lourdes implications commerciales et politiques qui mènent à la guerre entre la Fédération Terrienne et les Exotiques. La Pondeuse tente donc de récupérer le bandard à l’aide d’une faille spatio-temporelle mais le bon Zague intervient et la dure situation reprend son cours…

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Le Bandard Fou est la toute première histoire de SF de Moebius (avant Arzach, Le Garage hermétique et même avant la création de Métal Hurlant). Elle introduit et annonce fort bien ce que sera son style drôle et très imaginatif (déjanté comme ils disent). Son dessin noir et blanc utilise un trait simple mais qui offre tout de même des illustrations détaillées et très texturées — qui sont toutefois d’une qualité variable d’une planche à l’autre. On y retrouve des caméo de l’éléphant Dumbo, des pirates de Astérix, des citations célèbres comme “Merde alors, mon conditionnement fout le camp!”, les premières apparitions de dame Kowalsky et de Fleur (le premier niveau du Garage Hermétique — avec la mention des “générateurs à effet Gruber”). C’est donc une oeuvre séminale de Moebius car on y voit déjà la genèse du Garage Hermétique et même des Aventures de John Difool (L’Incal). Une très bonne lecture, surtout pour les amateurs de Moebius.

Le bandard fou, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés (Coll. Jackpot, #5), juillet 1984. 48 p. ISBN 2-7316-0308-9. Pour lectorat jeune adulte (16+). [une édition récente se vend €18,99 mais en occasion on peut le trouvé à €15,00; je l’ai payé $C 6.95 dans les années ’90] stars-3-5

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© Les Humanoïdes Associés 1984 Moebius

HornyGoofL’édition anglaise du Bandard Fou, parue chez Dark Horse en 1990 (imitant le style des compilations de Epic/Marvel), est colorisée et inclue une préface de Jean-Marc et Randy Lofficier, une postface de Moebius, une illustration, une page titre, ainsi que (en plus des deux histoires principales, “The Horny Goof” et “Metamorphosis”) quatre histoires courtes: “Deima” (3 pages, compilée en français dans Cauchemard Blanc), “You’re the object of this and that” (4 pages), “Harzack” (2 pages en noir et blanc, où Harzack se fait prendre à pisser derrière un bâtiment) et “The Invaders” (1 page, compilée en français dans Les Vacances du Major).

Moebius 0, The Forbidden Work of Jean Giraud: The Horny Goof & Other Underground Stories, by Moebius. Milwaukie: Dark Horse, June 1990. 72 p. ISBN 1-878574-16-7. US$ 12.95 / C$ 15.55. Story & art © 1972, 1974, 1975 Moebius • Translation & text © 1990 Starwatcher Graphics.

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Haikara-San: Here Comes Miss Modern

My wife read an interview of Waki Yamato in Fujin Kōron (a Japanese women’s public opinion magazine) where she was talking about a recent anime adaption of her manga Haikara-san. My wife, who enjoyed the manga when she was a teenager, told me she would like to see this animation. Therefore I obliged.

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Excerpt from the manga (from Frederik L. Schodt Manga! Manga! The World of Japanese Comics, p. 90).

Haikara-San: Here Comes Miss Modern (はいからさんが通る / Haikara-san ga tōru) is one of those shōjo manga published in the 70s that I wish would be one day translated either in French or English so I could read them. This traditional shōjo style might not be very popular amongst today’s manga reader, but it was beautiful in many ways and their stories were always quite compelling. The manga was serialized in Shōjo Friend between 1975 and 1977 and compiled into 8 volumes by Kodansha. The manga was first adapted into an animated TV series (TV Asahi, 42 eps, 1978-1979), then into several live-action TV movies (on KTV in 1979, on Fuji TV in 1985, by Toei in 1987, and on TBS in 2002) and was even the subject of a Takarazuka revue in 2017. Finally, it was adapted into two anime movies: Gekijōban Haikara-san ga Tōru Zenpen – Benio, Hana no 17-sai  [劇場版 はいからさんが通る 前編 ~紅緒、花の17歳~ / lit. “Theatrical version, Here comes miss modern, first part: Benio, 17 years’ flower”] (November 2017, 97 mins, already available on Blu-ray from The Right Stuf) and Gekijōban Haikara-san ga Tōru Kōhen – Tokyo Dai Roman [劇場版 はいからさんが通る 後編 ~花の東京大ロマン~ / lit. “Theatrical version, Here comes miss modern, second part: Tokyo great romance of flower”] (October 2018, 105 mins). 

[ ¡ WARNING: The following MAY contain traces of spoilers! People allergic to the discussion of any plot’s elements before seeing/reading the story themselves are strongly advised to take the necessary precautions for their safety and should avoid reading further ! ]

Haikara-San-Movie1-bluRayIn the first movie, we follow the life of 17-year-old Benio Hanamura who was raised by her military father. She is a tomboy who likes to practise kendo with the girly neighbour Ranmaru (who was raised to become a kabuki actor). The story is set in the Taishō era, when Japan is trying to “occidentalize” itself. She wants to be “modern” and believes in a woman’s right to have a career and to marry for love. Unfortunately, her father want to arrange a marriage with one of his young subordinate, lieutenant Shinobu Ijuin, because their grand-parents were in love but could never marry and made the pact that the Hanamura and Ijuin families would be one day reunited. Benio refuses and tries to elope with Ranmaru, who is secretly in love with her. She also discovers that her best friend Tamaki is in love with Shinobu. She is nevertheless sent to Shinobu’s household to help and learn the domestic duties of a wife. As she is finally falling in love with him, she infuriates her father’s superior and Shinobu is sent to the front in Siberia. Not long after, he is reported missing in action or maybe dead…

The movie was written and directed by Kazuhiro Furuhashi, with character designs by Terumi Nishii, art direction by Kentaro Akiyama and music by Michiru Oshima. The cast includes Mamoru Miyano as Shinobu, Saori Hayami as Benio, Asami Seto as Tamaki, Yuuki Kaji as Ranmaru, and Unshō Ishizuka as Major Hanamura.

In the second movie, Benio tries to go on with her life and hopes that Shinobu might come back one day. In the meantime, she keeps taking care of his grandparents household and tries to find a job. After many unsuccessful attempts she is finally hired as reporter by a small newspaper headed by Tosei, a handsome but misogynistic editor (he’s literally allergic to women due to issues with his mother). She goes to Manchuria to investigate a band of rebels supposedly headed by a Japanese deserter. She meets with him and discovers he is Onijima, a friend of Shinobu in the army, who tells her how Shinobu got missing after saving his life. Later, back in Tokyo, she is covering the visit of a Russian noble couple in exile, Count Michaellov and countess Larisa. Benio is shocked to see that the count looks exactly like Shinobu. Actually, it’s him but he suffers from amnesia. Larisa saved and nursed him to replace her dead husband Sasha (who was in fact Shinobu’s younger half-brother, because Shinobu’s German mother left to marry a Russian noble—yes, I know, it’s complicated). When Shinobu eventually recovers his memory, he cannot marry Benio because he is now married to Larisa and feels indebted to her as she is dying of tuberculosis. Heartbroken, Benio decides to marry Tosei instead (who has discovered that he actually loves her). But on their wedding day the great Kanto earthquake occurs and Larisa finally dies of her disease. Benio and Shinobu can finally be reunited…

The second movie was directed by Toshiaki Kidokoro, with a script by Kazuhiro Furuhashi, character designs by Terumi Nishii, art direction by Kentaro Akiyama and music by Michiru Oshima. The cast includes, besides the cast from the first movie, Kazuya Nakai as Shingo Onijima, Maaya Sakamoto as Larisa, and Takahiro Sakurai as Tōsei Aoe. 

[ ¡ END of possible spoilers warning ! ]

Haikara-San movies are beautifully animated, with crisp, up-to-date quality animation (quite different from the style of late-70s anime, which tend not to age very well—although the TV series is now also available on blu-ray in Japan). The story offers typical Japanese romantic drama filled with lots of comedy. However, despite the funny antics of the characters, the story tackles very serious subjects like feminism and war. I enjoyed it a lot and I highly recommend you to, at least, have a look. If only someone would translated the manga… stars-3-5

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© 2017 Waki Yamato, Kodansha / “Haikara-san” Partners.

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