Lectures romaines (5): Cicéron

Lectures romaines (5)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Cicéron

Les Epistulae Ad Atticum (Lettres à Atticus) de Cicéron sont composé de seize livres de correspondance avec son ami Titus Pomponius Atticus, écrits entre 68 et 43 AEC. Je ne possède dans ma bibliothèque qu’un seul des trois volumes de cette correspondance:

Cicéron, Lettres à Atticus III (Livres XII – XVI), traduction nouvelle de Édouard Bailly. Paris: Classique Garnier, Juin 1939. 430 pages. [Goodreads]

J’ai aussi dans ma bibliothèque quelques livres des discours ou des traités de Cicéron (tous aux Belles Lettres), mais je dois avouer que ce volume des lettres à Atticus publié chez Garnier me semblait le moins fastidieux à lire. La difficulté réside surtout dans le fait qu’il faut avoir une bonne idée des événements et des personnages auxquels il fait référence si l’on veut pouvoir apprécier le texte. Toutefois, les notes qui accompagnent les lettres sont très utiles pour les remettre dans leur contexte, ce qui fait que ce n’est vraiment pas trop désagréable à lire. J’ai même bien aimé.

Cicéron m’apparait comme un personnage qui tergiversait beaucoup et qui se reposait largement sur son entourage pour prendre des décisions (ou du moins sur Atticus qui était un ami proche, son banquier et son conseiller). Il avait beau être un grand orateur et auteur, il me semble que c’était un fieffé poltron. Un trait de personnalité qui transparait dans la représentation qu’on fait de lui dans la série télévisée Rome (une série que je recommande d’ailleurs fortement).

Livre XIV, lettre I (Campagne de Rome, 7 avril 710 AUC [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “J’ai vu celui dont nous parlions ce matin [Matius]. A l’entendre, la situation est désespérée, elle est sans issue. Où un si grand homme a succombé [César], qui peut se flatter de réussir? Enfin s’il faut vous le dire , il voit tout perdu ; il pourrait bien dire vrai , et il affirmait avec un air de satisfaction qu’avant vingt jours les Gaules seraient sens dessus dessous : qu’au reste, excepté Lépide , il n’avait parlé à personne depuis les ides de mars [15 mars 44], mais qu’en somme les choses ne peuvent rester sur le pied où elles sont. Oppius ne regrette pas moins César : mais quelle réserve dans ses paroles !”

Livre XIV, lettre III (Tusculum, 9 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “Votre lettre est tranquillisante. Veuille le ciel que cela dure ! Matius ne le croit point. Mais voici que les ouvriers qui étaient allés à Rome chercher du blé reviennent les mains vides, et m’annoncent (grande rumeur !) qu’Antoine a accaparé l’approvisionnement tout entier. Il faut que ce soit une panique, car vous m’en auriez parlé. (…) Tâchez de découvrir le fond de la pensée d’Antoine. Je le crois bien plus occupé de faire bonne chère que de songer à mal. S’il survient quelques événements, mandez-les-moi. Sinon, parlez-moi des manifestations populaires et des allusions du théâtre.”

Livre XIV, lettre III (Tusculum, 10 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…) Le temps se charge. D’après l’échantillon de Matius, que pensez-vous des autres ? Pour moi , je déplore ce qui est sans exemple dans le monde , la liberté recouvrée et point encore de république. On frémit en songeant à tout ce qu’on dit , à tout ce  qu’on machine. Je redoute aussi la guerre dans les Gaules. Sextus lui-même, que deviendra-t-il ? Mais en dépit de tant d’éléments conjurés, les ides de mars me consolent. Nos héros ont fait ce qui dépendait d’eux. Ils l’ont fait glorieusement et avec un courage sublime; mais pour achever l’œuvre il faut de l’argent et des troupes, et nous n’en avons pas. Ce peu de mots a pour objet de vous demander des nouvelles, car je suis dans une attente continuelle. Si vous n’aviez rien à me dire, n’en continuons pas moins, je vous prie, le doux commerce de nos lettres. J’y serai, de mon côté, fidèle.”

Livre XIV, lettre V (Asture, 11 avril 710 [44 AEC]), Cicéron salue Atticus : “J’espère que vous êtes mieux. La diète aura suffi contre une attaque si légère. (…) Mais quel sera l’effet de l’armée d’Octave? Va-t-il devenir un centre? Peut-on espérer de lui quelque favorable péripétie? Malheureusement je ne le pense pas. Toutefois dites-moi ce qui en est. C’est au moment de quitter Asture, le 3 des ides, que je vous écris.”

Livre XIV, lettre VI (Fundi, 12 avril 710 [44 AEC]), Cicéron salue Atticus : “J’étais à souper à Fondi, la veille des ides, lorsque j’ai reçu votre lettre. Vous allez mieux ; c’est le principal. Puis les nouvelles sont meilleures. C’eût été une cruelle chose que l’arrivée des légions. Quant à Octave, on verra plus tard. Je voudrais bien apprendre quelque chose de Marius [esclave, agitateur, chassé de Rome par César]. J’étais persuadé que César s’était débarrassé de lui. Après ce qui est arrivé, je ne suis pas taché de l’entrevue d’Antoine avec nos héros; mais, sauf les ides de mars, je ne vois vraiment rien dont je puisse encore me réjouir. (…) Ο douleur ! il faut que ce soit nous qui maintenions les spoliations pour lesquelles nous avions voué notre haine au tyran ! Ne nous faudra-t-il pas encore pendant deux ans avoir les consuls et les tribuns de son bon plaisir? Je n’aperçois pour moi aucun moyen de me mêler des affaires. Quelle absurde contradiction! On porte aux nues ceux qui ont tué le tyran, et on maintiennes actes de sa tyrannie ! (…) Il y a foule chez moi : on est avide d’entendre de ma bouche ce qui s’est passé ; et cependant on ne prend aucune mesure ! A voir la politique du jour, on dirait qu’on tremble devant les vaincus.”

Livre XIV, lettre VIII (Sinuesse, 15 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…). Je suis ravi que notre Brutus soit si content d’Antoine. (…) Je ne suis pas fâché du brusque départ de la reine [d’Égypte, i.e. Cleopatra VII]. (…) Que se passe-t-il dans les Gaules, en Espagne? Ou en est Sextus? J’en suis inquiet : veuillez me parler de lui et de tout. (…) Ne me cachez rien sur Brutus. Où est-il? quels sont ses projets? Je me flatte qu’aujourd’hui il pourrait seul et sans crainte se promener dans toutes les rues de Rome. Et pourtant….”

Livre XIV, lettre X (Cumes, 19 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…) Vous rappelez-vous ce que vous disiez tout haut; que c’en était fait, si on lui [César] élevait un bûcher? Eh bien! en plein forum on a brûlé son corps, on a prononcé son éloge, on s’est apitoyé sur son sort, et l’on a mis la torche à la main à des esclaves, à des mendiants, pour venir incendier nos demeures. (…) Octave est arrivé à Naples le 14 des kalendes. Balbus l’y a vu le lendemain matin, et il est venu le jour même a Cumes m’annoncer qu’Octave se proposait d’accepter la succession de César; mais, comme vous le dites, il aura terriblement maille a partir avec Antoine.”

Livre XIV, lettre XII (Pouzzoles, 22 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “Ô mon cher Atticus, nous n’avons, je le crains bien, gagné aux ides de mars qu’un moment de joie et le plaisir de la vengeance. (…) Octave me traite ici avec autant de distinction que d’amitié : les siens l’appellent César; Philippe non, ni moi non plus, par conséquent. Octave ne peut pas, je le déclare, être un bon citoyen; il n’entend bourdonner autour de lui que des menaces de mort contre nos amis. Impossible, disent-ils, de leur passer ce qu’ils ont fait. Que sera-ce, je vous le demande, lorsque cet enfant arrivera à Rome, où déjà nos libérateurs ne peuvent pas se trouver en sûreté? Sans doute ils seront à jamais célèbres, heureux même par le témoignage de leur conscience : mais pour nous, ou je me trompe fort, ou nous n’en serons pas mieux. Dans cette persuasion, je veux fuir (…). Jadis ma complaisance était en quelque sorte, nécessaire; de quelque manière que les choses tournent, elle ne l’est plus aujourd’hui.”

Livre XIV, lettre XIII (Pouzzoles, 26 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…) Ce n’est pas que vous ne m’annonciez une grande et bien bonne nouvelle, l’arrivée de Décimus Brutus au milieu de ses légions. J’en tire un bon augure. Mais en supposant que la guerre civile éclate (elle éclatera si Sextus reste sous les armes, et il y restera; ) que ferons-nous? Voilà ce que j’ignore. Il ne nous sera pas permis, comme dans la guerre de César, de n’être, ni pour ni contre. Quiconque se sera réjoui de la mort de César (et nous ne nous en sommes pas cachés) sera traité en ennemi ; alors ce sera un carnage. Irons-nous chercher un asile sous la tente de Sextus, on bien encore sous celle de Brutus? C’est un effort qui répugne à nos âges. Puis l’issue de la guerre est trop incertaine (…). Le mieux sera de nous abandonner au hasard, qui pourra plus ici que la prudence. Appliquons-nous seulement (ceci dépend de nous ) à supporter les événements avec courage et sagesse, en nous rappelant ce que nous sommes; et demandons aux lettres ou aux ides de mars de nous consoler du reste. Décidez maintenant, et faites cesser les incertitudes qui m’agitent : il y a tant de raisons pour et contre ! En partant, comme j’en avais dessein, avec une mission pour la Grèce, j’écarte en partie les périls qui menacent ma tête; mais je m’expose au reproche de manquer à la république dans de si graves circonstances.”

Livre XV, lettre XII (Asture, 10 juin 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…) Je crois de l’esprit et du cœur à Octavianus [Octave, qui fut depuis Auguste], et ses dispositions pour nos héros m’ont paru telles que nous pouvons les désirer. Mais jusqu’à quel point se lier à son âge, à son nom, à l’héritage qu’il recueille, aux impressions qu’on lui a données? La question est capitale. Son beau-père [Philippe], que nous avons vu à Asture, ne sait qu’en dire. Il faut en tout cas le ménager, ne fut-ce que pour l’empêcher de se lier avec Antoine. [Marcellus] fera une bien belle chose, s’il réussit à le gagner à nous et à nos amis. Octavianus m’a semblé lui être tout à fait dévoué; mais il n’a guère de confiance dans Pansa, ni dans Hirtius. Son naturel est bon : puisse-t-il rester toujours le même !” [Ces extraits cités proviennent de la traduction de M. Nisard, Oeuvres complètes de Cicéron. Paris: Didot, 1869, tirés du site de Remacle]

Cicéron a entretenu une abondante correspondance (près de huit cent lettres!), non seulement avec son ami Atticus, mais également avec son ami Brutus (Epistolae Ad Brutum), son frère Quintus (Epistolae Ad Quintum) ainsi que plusieurs proches et connaissances (Epistolae Ad Familiares): son épouse Terentia, son affranchi Tiron, ses enfants Tullia et Marcus Tullius Cicero Minor, des personnes publiques (Pompée, Jules César, Marc Antoine, Cassius, Crassus et Caius Asinius Pollio) et autres relations (Dolabella, Sulpicius, Ligarius, Marcellus, Trebatius Testa, Marcus Caelius Rufus, Caton, Varron, etc.). Il a eut plus de soixante dix correspondants!

J’ai déjà parlé d’une autre lettre de Cicéron dans le passé lorsque j’ai traité de la relation entre le jardin et la bibliothèque, dans ma “Pensée du jour (pour moi-même): Un jardin de livres”. J’ai alors cité une lettre de Cicéron à Varron (Marcus Terentius Varro) que l’on retrouve dans les Epistulae ad Familiares, IX.4.

Pour plus de détails sur Cicéron (Marcus Tullius Cicero), voir l’entrée “Littérature classique (1er s. AEC): 1. Sous la République. b) Cicéron

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Lectures romaines (4): Varron

Lectures romaines (4)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Varron

Le De re rustica ou Rerum rusticarum libri III (De l’économie rurale) de Varron est le seul de ses ouvrages a avoir été conservé en entier. Composé de trois livres, il a été écrit vers 37 AEC. C’est un ouvrage très similaire au De agri cultura de Caton l’Ancien puisque c’est aussi un traité sur la gestion d’un domaine agricole (latifundium), mais qui concerne cette fois plutôt les grands domaines qui “emploient” de nombreux esclaves. Comme Caton, il parle d’expérience, car il possède au moins trois grandes fermes à Cumes, à Tusculum et à Casinum (cette dernière étant dédiée à l’élevage d’oiseaux luxueux). Il y produit, entre autres, des figues, du miel et fait l’élevage de moutons.

Le premier livre, dédié à son épouse Fundania, est consacré à la culture de la terre (frumentaire et arbustive) : définition de l’agriculture, le lieu, la qualité de la terre, les bâtiments, le personnel et l’équipement, les animaux (âne ou boeuf de labour, chien de garde), les semences, la division du travail selon la saison, engrais, moisson, etc.

Le second livre, dédié à Turranius Niger, est consacré à l’élevage de bestiaux : exode rural et différences entre cultivateur et pâtre, domestication des espèces sauvages, les différents types d’élevages (moutons, chèvres, porcs, boeufs, ânes, chevaux, mulets et bardots, chiens), le personnel (pâtre, berger) et les produits dérivés (lait, fromage, laine).

La troisième livre, dédié à Q. Pinnius, est consacré aux animaux de basse-cour : les composantes (volière d’agrément ou de production, garenne ou parc, et vivier), volailles (grive, merle, caille, paon, pigeon, tourterelle, poule, oie, canard), parcs de gibier (lièvre, sanglier, escargot, loir) et viviers (apiculture et pisciculture).

L’ouvrage, écrit dans le but de faire connaitre et aimer la vie rustique en démontrant comment en tirer de bons bénéfices, est présenté sous la forme de dialogues entrecoupés de digressions et d’anecdotes. Le style est très verbeux, quoi que soigné, mais l’auteur semble attacher peu d’importance à la forme et plus au sujet technique. Cela se lit toutefois très bien.  Faute d’en avoir un exemplaire dans ma bibliothèque, je l’ai lu en ligne.

I.XVII: “(…) à propos de ces manœuvres. Choisissez des sujets propres à la fatigue, au-dessus de vingt-deux ans, et qui montrent des dispositions pour l’agriculture. On juge de leur aptitude par des travaux d’essai, ou en les questionnant sur ce qu’ils faisaient chez leur précédent maître. Prenez pour les diriger des esclaves qui ne soient ni insolents, ni timides; qui aient une teinture d’instruction, de bonnes manières, de la probité, et qui soient plus âgés que ceux qu’ils surveillent: ils en seront mieux écoutés. (…) Il ne faut pas permettre au chef d’employer les coups pour se faire obéir, quand il peut arriver au même but par de simples remontrances. Évitez également d’avoir plusieurs esclaves de la même nation; car c’est une source continuelle de querelles domestiques. Il est bon de stimuler, par des récompenses, le zèle des chefs; de leur former un pécule, de leur faire prendre des femmes parmi leurs compagnes de servitude. Les enfants qui naissent de ces unions attachent les pères au sol (…).”

I.XVIII: “Pour limiter le personnel d’une exploitation rurale, Caton prend pour base l’étendue et le genre de culture. (…) La première suppose un plant d’oliviers de deux cent quarante jugera, et il porte à treize le nombre des esclaves; à savoir, un villicus [intendant] et sa femme, cinq ouvriers, trois bouviers, un ânier, un porcher, un berger.”

II.I: “(…) Comme de nos jours il n’est guère de chefs de famille qui, laissant là faux et charrue, n’ait émigré dans l’enceinte de Rome, et ne consacre à applaudir au cirque et au théâtre les mains jadis occupées aux champs et aux vignobles, il en résulte qu’aujourd’hui nous payons pour qu’on nous apporte d’Afrique et de Sardaigne le blé qui nous nourrit, et que nous allons par mer faire vendange à Cos et à Chio. Les fondateurs de cette ville, qui n’étaient eux que des pâtres, avaient voulu que leurs descendants fussent des cultivateurs; et, au mépris de leurs lois, l’ambition de leurs descendants a converti les champs en prairie, sans même faire de différence entre paître des troupeaux et labourer la terre.”

III.XII : “(…) ces parcs annexés de nos villas, qu’on appelle encore leporaria (…). Aujourd’hui il ne s’agit plus d’un arpent ou deux, où l’on réunit quelques lièvres, mais de vastes espaces, de forêts entières, où l’on renferme par bandes les cerfs et les chevreuils. (…) Dans ces enclos sont en outre des enceintes particulières réservées aux escargots et aux abeilles, et des tonneaux où on élève des loirs. Rien de plus facile que la garde, l’entretien et la multiplication de ces animaux, les abeilles exceptées. Tout le monde sait en effet qu’un parc doit être environné de murailles bien crépies, pour empêcher les chats, les fouines, etc., d’y pénétrer, et assez élevées pour que les loups ne puissent les franchir. On sait qu’il faut également qu’un parc abonde en gîtes où les lièvres puissent se rendre invisibles pendant le jour, et se tapir dans les broussailles et sous les herbes; et que les arbres y doivent former une voûte assez épaisse pour empêcher l’aigle de s’y abattre. Personne enfin n’ignore qu’il suffit de quelques lièvres et hases pour que ce gibier pullule aussitôt. Deux couples vont peupler tout un parc.”

Pour plus de détails sur Varron (Marcus Terentius Varro), voir l’entrée “Littérature classique (1er s. AEC): 1. Sous la République. a) L’Avant-Cicéron”.

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Lectures romaines (3): Polybe

Lectures romaines (3)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Polybe

Les Historíai ( Ἱστορίαι / Histoires ) de Polybe (Πολύϐιος) chroniquent principalement les conquêtes méditerranéennes de la République romaine. Seules les cinq premiers livres nous ont été conservés dans leur intégralité, mais il existe de nombreux extraits de l’ensemble des quarante livres. Écrit entre 167 et 146+ AEC, l’ouvrage débute (livres I-II) avec la première expédition des Romains hors de l’Italie qui mena à la première guerre punique, ainsi que la première guerre d’Illyrie et l’histoire de la Ligue achéenne, puis se poursuit (livres III-V) avec la deuxième guerre punique, les guerres de Macédoine et la guerre séleucide. Après avoir discuté le constitution romaine (livre VI), sa méthodologie historique (livre XII), la géographie de la Méditerranée (livre XXXIV), il reprends certains événements plus en détails, année par année, et poursuit avec la suite des guerres puniques et Macédonniennes, pour conclure avec un livre récapitulatif (XL). Faute d’en avoir un exemplaire dans ma bibliothèque, je l’ai lu en ligne.

Si Polybe prône une méthodologie rigoureuse, basée sur les faits et l’analyse, son ouvrage m’apparait pauvre en détails et ne faire qu’une synthèse des événements. Il reste malgré tout une source inestimable sur l’histoire de la République. Malgré l’aridité du sujet, la prose de Polybe reste agréable à lire.

Livre I, Préface : “(…) quoi de plus propre à notre instruction que la connaissance des choses passées ? (…) la nouveauté des faits que je me propose de raconter sera plus que suffisante pour attirer tous les hommes, sans distinction, à la lecture de mon ouvrage. Il n’y en aura point de si stupide et de si grossier, qui ne soit bien aise de savoir par quels moyens et par quelle sorte de gouvernement il a pu se faire que les Romains, en moins de cinquante-trois ans, soient devenus maîtres de presque toute la terre. Cet événement est sans exemple. D’un autre côté, quelle est la passion si forte pour les spectacles, ou pour quelque sorte de science que ce soit, qui ne cède à celle de s’instruire de choses si curieuses et si intéressantes.”

Livre III, Chap. I : “(…) Il faut maintenant rapporter ces guerres, et rendre compte tant des raisons pourquoi elles ont été entreprises, que de celles pour lesquelles elles sont devenues si considérables. Mais auparavant disons un mot sur le dessein de cet ouvrage.”

“Dans tout ce que nous avons entrepris de raconter, notre unique but a été de faire voir comment, en quel temps et pourquoi toutes les parties de la terre connues ont été réduites sous l’obéissance des Romains ; événement dont le commencement est connu, le temps déterminé, et le succès avoué et reconnu de tout le monde. Pour parvenir à ce but, il est bon de faire mention en peu de mots des choses principales qui se sont passées entre le commencement et la fin ; rien n’est plus capable de donner une juste idée de toute l’entreprise ; car, comme la connaissance du tout sert beaucoup pour acquérir celle des choses particulières, et que réciproquement la connaissance des choses particulières aide beaucoup à connaître le tout, nous ne pouvions mieux faire, à mon sens, que d’instruire le lecteur de ces deux manières.”

Livre III, Chap. IX : “(…) Ce fut en passant ces montagnes qu’Annibal, venant des bords du Rhône, entra dans l’Italie. Quelques historiens, pour vouloir étonner leurs lecteurs par des choses prodigieuses, en nous parlant de ces montagnes, tombent, sans y penser, dans deux défauts qui sont très-contraires à l’histoire ; ils content de pures fables, et se contredisent. (…) Ils nous peignent les Alpes comme si raides et si escarpées (…), les pays d’alentour sont si déserts, que si un dieu ou demi-dieu n’était venu montrer le chemin à Annibal, sa perte et celle de toute son armée était inévitable. (…) c’est une fausseté manifeste. Avant qu’Annibal en approchât, les Gaulois habitant les rives du Rhône avaient passé plus d’une fois ces montagnes, et venaient tout récemment de les passer pour se joindre aux Gaulois des environs du contre les Romains. Et de plus les Alpes même ne sont-elles pas habitées par un peuple très-nombreux ? (…) Annibal conduisit cette grande affaire avec beaucoup de prudence. Il s’était informé exactement de la nature et de la situation des lieux où il s’était proposé d’aller ; il savait que les peuples où il devait passer n’attendaient que l’occasion de se révolter contre les Romains ; enfin, pour n’avoir rien à craindre de la difficulté des chemins, il s’y faisait conduire par des gens du pays, qui s’offraient d’autant plus volontiers pour guides, qu’ils avaient les mêmes intérêts et les mêmes espérances. Je parle avec assurance de toutes ces choses, parce que je les ai apprises de témoins contemporains, et que je suis allé moi-même dans les Alpes pour en prendre une exacte connaissance.”

Livre VIII, Frag. III : “(…) Tout étant préparé, les Romains se disposaient à attaquer les tours [de Syracuse]; mais Archimède avait aussi de son côté construit des machines propres à lancer des traits à quelque distance que ce fût. Les ennemis étaient encore loin de la ville, qu’avec des balistes et des catapultes plus grandes et plus fortement bandées, il les perçait de tant de traits qu’ils ne savaient comment les éviter. Quand les traits passaient au-delà, il en avait de plus petites proportionnées à la distance, ce qui jetait une si grande confusion parmi les Romains, qu’ils ne pouvaient rien entreprendre (…). Archimède inventa un autre stratagème contre ceux qui combattaient de dessus leurs vaisseaux. Il fit percer à hauteur d’homme et dans la muraille des trous nombreux et de la largeur de la main. Derrière ces meurtrières il avait posté des archers et des arbalétriers qui, tirant sans cesse sur la flotte, rendaient inutiles tous les efforts des soldats romains. (…) Il y avait encore d’autres machines qui lançaient sur les ennemis (…) des pierres d’une grosseur suffisante pour faire quitter la proue des navires à ceux qui y combattaient. Outre cela, il faisait tomber une main de fer attachée à une chaîne, avec laquelle celui qui dirigeait le bec de la machine comme le gouvernail d’un navire, ayant saisi la proue d’un vaisseau, (…) il lâchait la chaîne par le moyen d’un moulinet ou d’une poulie. Il arrivait nécessairement alors que les vaisseaux ou bien tombaient sur le côté, ou bien étaient entièrement culbutés ; et, la plupart du temps, la proue retombant de très-haut dans la mer, ils étaient submergés, au grand effroi de ceux qu’ils portaient. (…) pendant huit mois qu’ils restèrent devant la ville, il n’y eut sorte de stratagème que l’on n’inventât, ni d’actions de valeur que l’on ne fît, à l’assaut près, que l’on n’osa jamais tenter : tant un seul homme a de force lorsqu’il sait employer son génie à la réussite d’une entreprise ! (…) L’unique ressource que les Romains crurent qu’il leur restait, fut de réduire par la faim le peuple nombreux qui était dans la ville. Pour cela, avec l’armée navale, on intercepta tous les vivres qui pouvaient leur venir par mer, et l’autre armée coupa tous les convois qui leur venaient par terre.”

Livre IX, Frag. I : “Je sens bien que ma manière d’écrire l’histoire a quelque chose de désagréable (…). comme nous nous sommes borné au récit de cette dernière classe de faits, et que nous en avons fait tout le sujet de notre ouvrage, il ne peut être du goût que des lecteurs érudits ; la plupart des autres n’y trouveront aucun attrait. Nous avons dit ailleurs, pourquoi, négligeant les autres parties de l’histoire, nous nous étions borné aux faits (…). C’est pour cette raison et beaucoup d’autres, que je n’ai pas jugé à propos d’entrer dans ces détails. J’ai préféré les faits pour deux raisons : la première, parce que, comme les faits sont toujours nouveaux, la narration est toujours nouvelle (…). L’autre raison, c’est parce que cette manière d’écrire l’histoire (…) est surtout de nos jours, la plus utile de toutes. En effet, nous sommes dans un siècle où les sciences et les arts ont fait de si grands progrès, que ceux qui les aiment, en quelque circonstance qu’ils se trouvent, peuvent en tirer des règles de conduite. C’est pourquoi, songeant moins au plaisir qu’à l’utilité des lecteurs, nous n’avons rien voulu mettre dans notre histoire que des faits. Si j’ai bien ou mal fait, j’en laisse le jugement à ceux qui la liront avec attention.”

Pour plus de détails sur Polybe (Πολύϐιος), voir l’entrée “Littérature pré-républicaine: 3. IIe siècle AEC

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Lectures romaines (2): Caton l’Ancien

Lectures romaines (2)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Caton l’Ancien

Le De agri cultura (De l’agriculture) de Caton l’Ancien n’est pas un ouvrage très littéraire, mais plutôt un traité technique sur l’agriculture et l’économie rurale, écrit vers 160 AEC, qui offre un guide et des conseils sur la gestion d’une grande ferme (latifundium) comme celle que Caton possédait. C’est non seulement la seule oeuvre de Caton à nous êtes parvenue dans son intégralité mais aussi le plus ancien ouvrage romain en prose que nous ayons. Composé de 162 “livres”, l’ouvrage aborde des sujets aussi divers que l’achat d’un domaine (I), les devoirs du propriétaire et de l’intendant (II-V), la disposition des terres (VI-IX), le personnel et l’équipement (X-XIII, LIII-LXIII), la construction d’une maison de campagne (XIV-XVII), le vignoble (XVIII-XXVI, CIV-CXXV), des conseils divers sur l’oliveraie (LXI-LXIX), l’élevage et la culture (LIV, LXX-LXXIII, CLVI-CLXII), des recettes (LXXIV-XC), les rites religieux agricoles (CXXXV-CXLI), les arrangements contractuels (CXLII-CLV), etc. Faute d’en avoir un exemplaire dans ma bibliothèque, je l’ai lu en ligne.

L’ouvrage est un peu désordonné et écrit dans un style simple, direct et pratique qui rends la lecture un peu fastidieuse puisque le sujet est plutôt technique. C’est toutefois très intéressant à lire puisque cela nous offre une fenêtre exceptionnelle sur la vie rurale des romains d’origine modeste. Par exemple :

LVI. Quantité de nourriture pour les gens: Les travailleurs recevront pour l’hiver quatre boisseaux de froment, et quatre et demi pour l’été ; l’intendant et son épouse, l’agent et le bouvier, chacun trois boisseaux; les esclaves entravés, quatre livres de pain pendant l’hiver, cinq livres depuis l’instant où ils commencent à bècher jusqu’à la maturité des figues: pour le reste du temps la ration sera réduite à quatre livres.

LVII. Quantité de vin pour les gens: Après la vendange, ils ont de la piquette pour boisson pendant trois mois. Au quatrième mois, ils auront par jour une hémine de vin (…), enfin pour le neuvième, dixième et onzième mois, ils en recevront trois hémines par jour, c’est-à-dire une amphore par mois. En outre on donnera un congé à chaque Individu pour les Saturnales et les Compitales. Telle est la quantité de vin que chaque homme consomme dans l’année. On y ajoutera pour les esclaves entravés une ration proportionnée à la somme des travaux : le chiffre de dix quadrantals par année n’est pas trop élevé.

LVIIII. Bonne chère pour les gens: Conservez la plus grande masse que vous pourrez d’olives tombées spontanément, pour la cuisine des domestiques. (…) Quand les olives seront consommées, donnez de la saumure et du vinaigre. Distribuez à chaque personne un setier d’huile par mois. Un boisseau de sel suffira aux besoins annuels de chaque consommateur.

LIX. Vêtements des gens: On leur donnera tous les deux ans une tunique de trois pieds et demi de long et des saies. Toutes les fois qu’on leur fournira une tunique ou une saie neuve, on reprendra la vieille pour en faire des casaques [Centō = patchwork, rapiécé]. On leur fournira aussi tous les deux ans une bonne paire de forts souliers [de bois; sculponias = soulier sculpté, sabot].

Pour plus de détails sur Caton l’Ancien (Marcus Porcius Cato Maior), voir l’entrée “Littérature pré-républicaine: 2. IIIe siècle AEC

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Lectures romaines (1): Plaute

Lectures romaines (1)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Plaute

Asinaria (L’Asinaire ou “La comédie des ânes”), nous apprends Plaute dans le prologue, est en fait l’adaptation latine de la pièce Onagos de Démophile (un auteur comique grec inconnu; certains suggèrent que, suite à une erreur de transcription, il s’agirait en fait de Diphilos de Sinope). Écrite vers 211 AEC, la pièce est une fabula palliata qui met en scène Demaenetus, un vieil homme qui demande à son esclave Libanus de trouver un moyen de voler à sa femme Artemona l’argent de la vente d’un troupeau d’ânes, afin que son fils Argyrippus puisse gagner les faveurs de celle qu’il aime, Philaenium (“fille” de la courtisane Cleareta) à la condition qu’il puisse passer une nuit avec elle. Mais, à la fin, le vieux pervert est trahi et se fait prendre par sa femme.

Il s’agit donc d’une bouffonnerie vulgaire et contraire à la bonne morale moderne (mais pas à celle de l’antiquité et même plutôt fort populaire à Rome). Cela me rappelle beaucoup le théâtre de Molière, ce qui démontre bien que ce genre n’a pas beaucoup évolué entre la Grèce antique et le Roi-Soleil ! Si je n’ai jamais beaucoup aimé le théâtre, je dois admettre que j’ai trouvé cette courte pièce bien divertissante. Toutefois, ce qui rends ce texte intéressant c’est surtout qu’il est parmi les écrits les plus anciens de la littérature romaine qui nous soient parvenues. Je n’ai pas d’oeuvres de Plaute dans ma bibliothèque (quoi que j’en ai récemment vu une superbe édition latine, un in folio publié en 1511, mais trop cher pour moi!) alors j’ai lu cette pièce en ligne.

Fait amusant, cette pièce est à l’origine de plusieurs locutions latines bien connues:

  • Homo homini lupus  — Acte II, scène III, v. 495 : “Le Marchand : (…) L’homme qu’on ne connaît pas n’est pas un homme, c’est un loup.”
  • Facias ipse quod faciamus nobis suades — Acte III, scène III, v. 644 : “LIBAN: (…) Faites donc vous-même ce que vous nous conseillez de faire.” (Mettez en pratique ce que vous prêchez / Appliquer ce que l’on prêche)
  • O Libane, uti miser est homo, qui amat — Acte III, scene III, v. 616 : “LÉONIDAS : Ami Liban, qu’un amoureux est à plaindre !”
  • Necesse est facere sumptum qui quaerit lucrum — Acte I, scene III, v. 217 : “CLÉÉRÈTE : (…) c’est qu’on ne gagne rien sans dépense”. (Ça prends de l’argent pour faire de l’argent / Pas de gain sans douleur / On ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs)
  • Quasi piscis itidem est amator lenae: nequam est nisi recens — Acte I, scene III, v. 177 : “CLÉÉRÈTE : Un amant, pour nous, c’est un poisson ; s’il n’est pas frais, il ne vaut pas le zeste”.

Pour plus de détails sur Plaute (Titus Maccius Plautus), voir l’entrée “Littérature pré-républicaine: 2. IIIe siècle AEC

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La Littérature romaine (7)

Époque classique (1): Sous la République

c) L’après-Cicéron

Comme nous présentons cette liste d’auteurs dans l’ordre de leur date de naissance “l’après-Cicéron” représente simplement les auteurs nés après Cicéron, c’est-à-dire à partir de 105 AEC. Cette période inclut des auteurs notoires comme Jules César, Cornélius Népos, Lucrèce, Diodore de Sicile, Salluste et Catulle.

Ateius Philologus est né à Athènes, mais est capturé lors de la prise de la ville par Sylla en 86. Il est réduit à l’esclavage, mais semble avoir été rapidement affranchi et devient philologue et grammaticus (enseignant) à Rome. Il aurait écrit plus de huit cents livres dont il ne reste que quelques fragments. Ses ouvrages connus inclus des essais de recherche pour ses patrons (Breviarium rerum omnium Romanarum [abrégé de l’histoire de Rome] pour Salluste et Antiqua verba et figuras [règles de l’art d’écrire] pour pour Asinius Pollio) ainsi que le Glossematorum libri [glossaire de mots rares ou obsolètes].

Poète satirique originaire de Crémone, qui fréquentait le cercle des poetae novi, dont Valerius Caton et Caius Valerius Catullus. Il est surtout connu pour ses épigrammes, mais on lui connait aussi Lucubrationes (“Élucubrations”, sans doute une oeuvre d’érudition en prose) et Pragmatia belli Gallici (un poème épique sur la guerre des Gaules), dont il ne reste que quelques fragments.

Homme d’État (Légat [61-58], Préteur [54]) et militaire romain (guerre marsique, guerre civile, bataille de Pharsale), il est un ami d’enfance de Cicéron. Il aurait écrit des ouvrages philosophiques et des annales qui ne nous ont pas été conservés.

Asclepiodotos est un philosophe (élève du stoïcien Posidonios) et tacticien grec ayant vécu au 1er siècle AEC. Il aurait écrit une Histoire Naturelle (citée par Sénèque) et un Traité de tactique (τακτικὰ κεφάλαια) en douze chapitres sur le fonctionnement de la phalange macédonienne qui nous est parvenu en une douzaine de manuscrits (disponible aux Belles Lettres et chez Loeb, ainsi que dans le domaine public: Archive, Penelope).

  • Nom: Caius Rabirius
  • Date: 1er s. AEC
  • Genre: Poésie (Épique), Philosophie ?

Poète latin du 1er siècle AEC (mentionné par Velleius Paterculus, Ovide, Quintilien et Sénèque) et à qui on attribue le poème épique De Bello Actiaco sur la bataille d’Actium (dont un fragment de soixante-sept hexamètres aurait été trouvé dans les papyrus d’Herculanum).

Dramaturge latin, mentionné par Macrobe, qui aurait écrit vers 30 AEC une quarantaine de farces Atellane (Atellanae Fabulae) dont seulement une centaine de vers ont été conservés.

  • Nom: Valerius Caton
  • Date: 1er s. AEC
  • Genre: Poésie, Traité (Grammaire)

Poète et grammaticus latin d’origine gauloise (selon Suétone) qui a vécu au 1er siècle AEC et aurait été dépouillé de ses biens lors des réquisitions de Sylla. Il aurait écrit des traités de grammaire et des poèmes (dont on ne connait que quelques titres comme Dires [Imprécations], Lydie, Diane) mais rien n’en a été conservé. Son élève Marcus Furius Bibaculus le mentionne dans deux épigrammes. Il aurait été un des chefs de file du mouvement néotérique (les poetae novi).

  • Nom: Caius Oppius
  • Date: 1er s. AEC
  • Genre: Histoire (Biographie)

Homme politique d’origine équestre et possiblement issue d’une famille de banquiers, il est l’ami de César et s’assure de la transmission de ses courriers durant la guerre des Gaules, puis gère ses affaires à Rome durant la guerre civile, servant d’intermédiaire auprès de Cicéron. Comme il ne participe à aucune des deux guerres, il est peu probable qu’il soit l’auteur des Commentaires du Pseudo-César. Il écrit des biographies de Scipion l’Africain, de César (incluant un pamphlet niant qu’il soit le père de Ptolémée XV) et même de Cassius, mais aucune de ces oeuvres n’a été conservée.

Jules César est un homme d’État et militaire romain (Tribun militaire [?], Questeur [69], Édile Curule [65], Grand Pontife [63-44], Préteur [62], Propréteur en Bétique [61], Consul [59, 48 et 46-44], Proconsul de Gaule cisalpine et transalpine [58-50], Imperator [51, 44], Dictateur [49, 47, 46-44], Père de la Patrie [45] et Divus [44]) qui a eut une influence telle sur la politique de la fin de la République que cette période est parfois appelée l’âge césarien (Aetas Caesaris). Il nait dans une importante famille patricienne, les Iulii, dont il est le quatrième à porter ce nom. Il grandit durant la période trouble de la première guerre civile, se trouvant dans la faction des populares. Il rejoint l’armée en 80 et sert en Asie. Il étudie la rhétorique avec Apollonius Molon, puis, de retour à Rome vers 78, il entame sa vie publique en intentant un procès à Cnaeus Cornelius Dolabella, puis à Caius Antonius Hybrida. Il se lance ensuite dans le cursus honorum vers 70 et démontre rapidement une grande ambition: fort d’une alliance secrète avec Crassus et Pompée (le premier triumvirat), il est élu Consul dès 59, puis, en 58, Proconsul des Gaules cisalpine et transalpine ainsi que de l’Illyrie, avec le commandement de quatre légions — exceptionnellement pour cinq ans ! — où il s’illustre grandement en faisant la conquête des Gaules (et une brève incursion en Bretagne en 55). Le Sénat, craignant que César et Pompée aient acquis trop de pouvoir, leur demande de déposer les armes. Ils refusent et, leur alliance étant rompue, se lancent plutôt l’un contre l’autre, dans une lutte pour le contrôle de l’État (César ayant l’appui du peuple et Pompée le support des conservateurs). C’est donc à nouveau la guerre civile: César franchit le Rubicon en janvier 49 et se lance à la poursuite de Pompée et de ses alliés, d’abord en Italie, puis à Marseille, en Espagne, en Grèce, en Égypte, en Afrique, et de nouveau en Espagne en 46. En février 44, le Sénat lui confère la dictature perpétuelle, ce qui est trop de pouvoirs pour certains. Ses opposants (principalement Brutus et Cassius) y voient la fin de la République et complotent contre lui, puis l’assassinent aux ides de mars 44. Par ses multiples réformes, il laissera une marque indélébile sur la société romaine.

Comme beaucoup de patriciens, c’est un homme éduqué et, donc, un homme de lettres. Il aurait écrit dans sa jeunesse des essais (Éloge d’Hercule, Tragédie d’Œdipe, Recueil de mots remarquables) et de la poésie (dont le Voyage). Nous lui devons également un traité de grammaire en deux tomes (De analogia). En tant que bon orateur, il aurait aussi écrit quelques discours: des éloges funèbres en 68 pour sa tante Julia (Laudatio Iuliae amitae) et pour son épouse Cornelia, un sur la conjuration de Catilina, son Anticato en 45 pour répondre au panégyrique de Caton par Cicéron, un aux soldats en Hispanie (Apud milites) et un à la défense de Metellus. De toutes ces oeuvres rien ne subsiste.

Toutefois, la postérité lui a conservé une oeuvre majeure avec l’ensemble de ses Commentaires (Commentarii rerum gestarum). Ce ne sont ni des ouvrages historiques ou des annales, ni une biographie, mais plutôt un journal de campagne où il commente ses actions et les événements dont il est témoin dans des notes personnelles qu’il publie par la suite probablement à des fins de propagande. Cette oeuvre inclut deux commentaires dont l’attribution est incontestée et trois autres qui sont fort probablement apocryphes:

  • De Bello Civili (Le Commentaires sur la Guerre civile fait le récit de la guerre civile entre César et Pompée, composé de trois livres écrits au fur et à mesure que les événements se déroulent en 49-48 et complétés dans les années qui suivirent (possiblement en 47 ou 45), puis publiés soit du vivant de César à des fins de propagandes, soit peu après sa mort en 44; disponible aux Belles Lettres [Tome I, Tome II], chez Loeb, dans de nombreuses autres éditions [FR / EN], ainsi que dans le domaine public: BCS, ICA, Penelope, Perseus, Wikisource [FR / EN]).
  • De Bello Hispaniensis (Le Commentaires “Sur la guerre d’Hispanie” relate les campagnes de César sur la péninsule Ibérique où s’insurgent en 46-45 les derniers éléments des partisans de Pompée (son fils et Titus Labienus) qu’il vainc à la bataille de Munda. Composé d’un seul livre, il a été écrit vers 40 par un auteur anonyme (“Pseudo-César”, probablement un des légats de César ou  un officier de cavalerie). Il est disponible aux Belles Lettres, chez Loeb, ainsi que dans le domaine public: BCS, Penelope, Wikisource [FR / EN]).

Riche sénateur romain, ami de Cicéron, qu’il soutient en 63 avec des discours contre Catilina. Il se présente aux élections consulaires de 60 au côté de César, mais est défait par Marcus Calpurnius Bibulus. Il se retire alors de la scène politique pour se consacrer à écrire une histoire de la guerre sociale, puis de la guerre civile (qu’il ne complètera pas). Cicéron lui demande d’écrire une histoire de son consulat, mais il ne le fait pas. Ses oeuvres n’ont pas été conservées. La dernière mention que nous avons de lui est une lettre de condoléances à Cicéron lors du décès de sa fille Tullia en 45.

Auteur romain polyvalent et vulgarisateur, il était ami de Cicéron, Atticus et Catulle. Il aurait écrit de la poésie, des ouvrages historiques ou d’histoire naturelle, et un ouvrage de géographie, mais les oeuvres que nous connaissons de lui sont surtout des biographies élogieuses (laudationes) et anecdotiques, dans un style pompeux, mais fade, et qui se soucient peu de la véridicité. La plupart de ses oeuvres ont été perdues ou ne nous sont parvenues que par fragments:

  • Chronica (“Chroniques” compilant en trois livres des grands événements de l’histoire du monde, perdu)
  • Exempla (“Exemples” en cinq livres formant une histoire des moeurs romaines, perdue)
  • Une biographie de Caton l’Ancien (Disponible aux Belles Lettres, chez Loeb, ainsi que dans le domaine public:  AgoraClass, Tertullian, Wikisource [FR / EN])
  • Une biographie de Cicéron (perdue)
  • De viris illustribus (Une “Histoire des grands hommes” en seize livres dédiés à Atticus présentant des vies de rois étrangers et romains (livres I-II), de capitaines remarquables étrangers et romains (III-IV), de jurisconsultes grecs et latins (V-VI), d’orateurs grecs et latins (VII-VIII), de poètes grecs et latins (IX-X), de philosophes grecs et latins (XI-XII), d’historiens grecs et latins (XIII-XIV), et de grammairiens grecs et latins (XV-XVI); seul a été conservé le livre III, De excellentibus ducibus exterarum gentium [Des capitaines remarquables des pays étrangers” en vingt-cinq chapitres] contenant les vies, entre autres, de Hannibal (chapitre 23), Aristide (chap. 3), Atticus (chap. 25), Pausanias (chap. 4), Thémistocle (chap. 2) et Timothée (chap. 13); la plupart des éditions incluent également la biographie de Caton mentionnée plus haut; Disponible aux Belles Lettres, chez Loeb, ainsi que dans le domaine public: AgoraClass, Attalus, Tertullian, Wikisource [FR / EN])

Lucrèce est un poète philosophe du 1er siècle AEC dont nous connaissons peu de chose, mais qui a eut une grande influence sur la pensée de la Renaissance et des Modernes. Il n’a écrit (ou on n’en a conservé) qu’un seul ouvrage : De rerum natura (De la nature des choses / De la nature) qui est un poème épique en six parties, écrit en hexamètre dactylique (7415 vers), décrivant de façon concrète les objets et le vivant qui constituent le monde, en suivant les principes de l’épicurisme. Peu d’ouvrages d’Épicure nous sont parvenus intactes et Lucrèce est l’un des premiers Romains à en exposer clairement la doctrine philosophique. Celle-ci est étonnamment originale et précurseur: critique de la superstition et de la religion, atomisme et matérialisme, un univers sans limite, une étude rationnelle de la nature qui est à la base de la méthode scientifique et du concept de sélection naturelle. L’ouvrage est disponible aux Belles Lettres, chez Budé, ainsi que dans le domaine public: AgoraClass, Codex, Gutenberg Project, Wikisource [FR / EN].

Homme d’État et militaire romain (Légat de César en Gaule [58-54], Tribun [48-47], Triumvir monetalis [46], Préteur [46 ?], Propréteur en Gallia Belgica [45 ?], Consul [43]) d’origine plébéienne, il est ami et aide de César. Il aurait écrit le livre VIII de la Guerre des Gaules de César ainsi que le De Bello Alexandrino [voir la notice sur César pour ces deux ouvrages]. Il étudiait la rhétorique auprès de Cicéron, mais les neuf livres de leur correspondance n’ont pas été conservés. Après la mort de César, il a rejoint les rangs d’Octavien. En 43, il est envoyé par le Sénat pour défendre la ville de Modène qui est assiégée par Marc Antoine, et, malgré la victoire, il meurt au combat le 21 avril. À la demande de Cicéron, il reçoit des funérailles publiques et le titre d’imperator.

Homme politique romain (Questeur [48], Propréteur en Illyrie [48], Augure [47], Légat en Cilicie et Syrie [46], Préteur [45], Gouverneur d’Afrique proconsulaire [44], Triumvir monetalis [42?], Sénateur) d’origine plébéienne. Il est ami avec Cicéron et Catulle. Orateur et poète, on lui attribue un poème épique (épyllion) intitulé Glaucus qui ne nous est pas parvenu.

  • Nom: Diodore de Sicile (Διόδωρος Σικελιώτης)
  • Date: c90 – 20 AEC
  • Genre: Histoire, Traité (Géographie)

Historien grec originaire d’Agyrion en Sicile, il étudie la rhétorique. Entre 60 et 56, il voyage en Europe, en Asie et en Égypte avant de s’établir à Rome. Il consacre une trentaine d’années de sa vie à l’écriture en grec d’un seul ouvrage, la Bibliothèque historique [Βιβλιοθήκη Ἱστορική], composé de quarante livres dont seulement quinze ont été conservés intégralement (les livres I à V et XI à XX, en plus de quelques fragments) et qui aurait été publié vers 30. Il y traite de géographie et de mille ans d’histoire du monde connu, des origines mythiques à Jules César, présentant les événements dans l’ordre chronologique en trois segments: la Grèce et l’Asie Mineure, la Sicile, et Rome. On lui attribue la célèbre liste des Sept Merveilles du monde antique. L’ouvrage est disponible aux Belles Lettres, chez Loeb ainsi que dans le domaine public: Mediterranees, Mercure, Perseus, Remacle, Wikisource [FR / EN].

Salluste est un homme politique et militaire romain (Questeur [55, 48], Tribun de la plèbe [52], Commandement de la flotte de César en Illyrie [c50?], Commandement en Campanie [48], Préteur [47], Gouverneur de Numidie [46-45], Sénateur) originaire d’une famille plébéienne de Amiternum. Ami de César, il soutient le parti des populares contre les optimates de Pompée et Cicéron. Il se retire de la vie publique après la mort de César et se consacre probablement à l’écriture d’ouvrages historiques. On lui attribue également des “Lettres à César” et une “Invective contre Cicéron,” mais ceux-ci sont fort probablement apocryphes ou pseudépigraphes.

  • Nom: Cornificia
  • Date: c85 – c40 AEC
  • Genre: Poésie

Poétesse romaine, soeur du poète Cornificius [voir plus haut], elle aurait écrit des épigrammes. Son oeuvre est perdue, mais nous est connue par Jérôme de Stridon, qui mentionne “Hujus soror Cornificia, cujus insignia exstant epigrammata” [“Sa sœur était Cornificia, dont il nous reste des épigrammes remarquables” — Hieronymi Chronicon, p. 241]. Elle est également mentionnée sur la dédicace d’un monument épigraphique de Rome: CORNIFICIA Q. F. CAMERI Q. CORNIFICIUS Q. F. FRATER PR. AUGUR [“Cornificia, fille de Quintus, épouse de Camerius, [et] son frère Quintus Cornificius, Préteur et Augure” — CIL, VI, 1300a].

Catulle est un jeune poète romain né, au sein de l’importante famille des Valerii, dans la région de Vérone en Gaule cisalpine. Il fait partie du cercle des noui poetae et dès 68 fréquente les personnalités publiques de Rome comme César, Cicéron, Cornelius Népos et Asinius Pollion. De 62 à 58, il est inspiré par sa maîtresse Lesbie (personne réelle — identifiée possiblement comme Claudia, épouse de Metellus et soeur de Clodius Pulcher — ou imaginaire?). En 57-56, après une rupture difficile, il accompagne son ami Caius Memmius, propréteur en Bithynie. On lui connait une centaine de poèmes de longueur variée (allant de pièce courte jusqu’à 408 vers): des poèmes d’amour ou érotique (inspirés par sa maîtresse Lesbie ou son éromène Juventius), des poèmes élégiaques plus raffinés sur des thèmes mythologiques, ou encore des épigrammes, tous regroupés sous le titre Carmina et classés selon leur métrique (en vers iambiques [poèmes 1 à 60], en hexamètres dactyliques [62-64], et en distique élégiaque [65-116]). Son oeuvre est disponible aux Belles-Lettres, chez Loeb ainsi que dans le domaine public: BCS, Méditerranées, Project Gutenberg, Remacle, Wikisource [FR / EN].

Jurisconsulte romain réputé originaire d’une famille équestre de Vélia sur la côte tyrrhénienne de Campanie. Il est un protégé de Cicéron, avec qui il entretient une correspondance (voir les Ad Familiares, VII: lettres 6 à 22), et qui le recommande à César. Il participe sans enthousiasme à la campagne des Gaules, puis prends le parti de César durant la guerre civile. Cicéron écrit ses Topica pour lui. Après la mort de César, il continue son travail de juriste sous Auguste. Il écrit des traités sur le droit (de iure civili) et Des pratiques religieuses (de religionibus), un ouvrage de dix livres, qui n’ont pas été conservés. Plusieurs de ses décisions feront jurisprudence et seront codifiées dans les textes de lois romaines (les Institutes de Gaius et dans le Digesta de Justinien).

Orateur et poète romain, il est le fils de l’historien Caius Licinius Macer. Il est avocat en même temps que Cicéron, mais favorise un style oratoire opposé, l’atticisme, qui est plus dépouillé. Ami de Catulle, il écrit des poèmes élégiaques et satiriques dont nous n’avons conservé que des fragments.

Prochainement: La littérature romaine (8): Époque classique (2): Sous le Principat

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La Littérature romaine (6)

Époque classique (1): Sous la République

b) Cicéron

  • Nom: Marcus Tullius Cicero
  • Date: 106 – 43 AEC
  • Genre: Discours, Traité (Philosophie, Rhétorique), Correspondance, Poésie

Cicéron est un avocat, magistrat, philosophe, orateur de talent et auteur prolifique. Né à Arpinum dans une famille de la classe équestre (mais pas dans la nobilitas, ce qui fait de lui un homo novus), il fait des études en rhétorique, droit et philosophie. Il fait ses débuts comme avocat en 81 puis se lance dans le cursus honorum (questeur [en 75], édile [en 69], préteur [en 66], consul [en 63], proconsul en Cilicie [en 51-50] et sénateur). Il n’est pas aussi riche que son ami Atticus, mais il possède plusieurs propriétés et est suffisamment à l’aise pour pouvoir se consacrer au droit (une entreprise bénévole pour un sénateur) et à la philosophie. Toutefois, ses tergiversations politiques et ses plaidoiries lui font beaucoup d’ennemis et il doit s’exiler à plusieurs reprises. Inévitablement, après avoir choisi le parti d’Octave dans la guerre civile et prononcé des discours incendiaires contre Marc Antoine (les Philippiques), il est proscrit et assassiné sur l’ordre de ce dernier en décembre 43. Selon Plutarque, sa tête et ses mains coupées (celles-la même qui avaient écrites les Philippiques) sont exposées à la tribune des Rostres.

Cicéron est sans aucun doute le plus grand auteur latin classique, tant par la qualité stylistique et la diversité que par la quantité de ses ouvrages [voir aussi la liste en anglais: “Writings of Cicero”]. Je ne développerai pas trop sur son œuvre, car elle est non seulement volumineuse et compliquée à traduire, mais surtout fastidieuse à lire (particulièrement ses discours; ses lettres sont toutefois plus intéressantes). En effet, pour bien comprendre — et surtout apprécier — les discours et les lettres de Cicéron, il faut avoir une excellente connaissance de la politique et de la société de l’époque (l’entourage de Cicéron, ses alliés et ses ennemis), ce qui n’est guère facile.

Voici une liste de ses ouvrages regroupés par genres (en ordre d’importance) et par ordre chronologique (dont les textes originaux, et parfois leurs traductions, sont disponibles sur des sites du domaine public comme Attalus, Remacle ou Wikisource):

Discours & Plaidoiries

Des quatre-vingt-huit discours (judiciaires et politiques) de Cicéron qui nous sont connu, seulement cinquante-huit ont été conservés:

Traités de philosophie

Cicéron aurait écrit une vingtaine de traités philosophiques:

Traités de rhétorique

Nous connaissons sept ouvrages de Cicéron sur l’art de la rhétorique:

Correspondance

Tout au long de sa vie, Cicéron a entretenue une abondante correspondance avec sa famille (son frère Quintus, son épouse Terentia), ses amis (Atticus, Brutus), ses relations (politiques ou d’affaires [commerçants ou clients]). La grande majorité de cette oeuvre épistolaire a été perdue, mais plus de huit cent lettres nous sont tout de même parvenues. Écrites entre 63 et 42, elles ont été publiée de manière posthume soit par son secrétaire Tiron, soit par son ami et éditeur Atticus (qui a prit la peine de n’inclure aucune de ses propres lettres et d’omettre toute correspondance qui aurait pu être compromettante pour leur auteur).

Poésie

Comme tout le monde, Cicéron a écrit un peu de poésie, surtout dans sa jeunesse et après s’être rallié à César, dont il ne reste que quelques fragments.

  • Pontius Glaucus (poème composé avant 90 et dont il ne reste aucun fragment)
  • les Phénomènes (adaptation latine d’un poème d’Aratos de Soles, composé vers 85)
  • Marius (un épopée à son compatriote d’Arpinum, Caius Marius, écrit vers 86 dont il ne reste qu’un extrait de treize vers)
  • De consulatu suo (De son consulat, trois chants autobiographique écrits en 60 dont il ne reste que quelques fragments)
  • De temporibus meis (Sur les vicissitudes de sa vie, trois chants écrit en 56 dont seulement deux vers sont conservés)
  • Poema ad Caesarem (un poème sur l’expédition de César en Bretagne mentionné dans une lettre à Quintus en 54 dont il ne reste aucun fragment)

Comparé aux autres auteurs de l’antiquité, la quantité des oeuvres de Cicéron qui nous sont parvenues est phénoménale. J’en ai quelques unes dans ma bibliothèque (Des termes extrêmes des biens et des maux T.1 et T.2, Traité des lois, Traité du destin, Divisions de l’art Oratoire / Topiques, De l’orateur T.1, T.2, T.3, Catilinaires, Pour le poète Archias / Pour L. Flaccus, Lettres à Atticus t.3) et je me promet bien de bientôt en (re)lire au moins une partie.

Si les discours et les lettres de Cicéron s’avèrent une source inestimable pour mieux connaître et comprendre la société romaine de la fin de la République, ce sont ses traités que je trouve le plus intéressants car ils révèlent une pensée critique et un profond désir de connaissance et d’humanisme qui semble malheureusement perdu de nos jours et que beaucoup de nos jeunes contemporains gagneraient grandement à acquérir.

Prochainement: La littérature romaine (7): Classique 1: Sous la République, c) L’après-Cicéron

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La Littérature romaine (5)

Époque classique (1)

Introduction

L’époque classique représente l’âge d’or de la littérature romaine. La langue latine a évolué dans sa forme et son vocabulaire permettant ainsi d’exprimer des idées et des sentiments plus complexes (il s’agit ici bien sûr de la langue littéraire, écrite, que l’on connait beaucoup mieux grâce aux textes de l’époque qui ont été préservés; la langue parlée par le peuple, le “latin vulgaire” dont on connait peu de choses, avait probablement un vocabulaire plus pauvre, une grammaire simplifiée et une prononciation qui divergera de plus en plus du latin classique). C’est sans doute pourquoi les plus grands auteurs romains ont vu le jour à cette époque.

L’époque classique se situe au 1er siècle AEC, mais on la divise généralement en deux périodes distinctes: sous l’apogée de la République, durant la période cicéronienne (de 106 à 43 AEC) et sous le Principat d’Octave, durant la période augustéenne (de 43 AEC à 14 EC). On dénombre durant ces périodes une soixantaine d’auteurs dont plus du quart sont considéré important, car ils nous ont non seulement transmis leurs œuvres et ont contribués de façon significative à l’avancement de la culture romaine, mais ont même influencés l’ensemble de la civilisation humaine.

Sous la République, Période cicéronienne

L’âge d’or de la République est marqué par une période de troubles politiques et militaires. Après la Guerre sociale, qui oppose Rome à ses alliés italiens entre 90 et 88, Rome est secouée par plusieurs guerres civiles. Dans un premier temps, les optimates, partisans de Sylla, s’opposent à Marius, qui est à la tête des populares (en 88-86 et en 83-82). Toutefois, cette période débute véritablement après la mort de Sylla, en 78. Les nouveaux conflits seront alors dominés par les luttes de pouvoir entre les membres des triumvirats. Le premier triumvirat (composé de Jules César, Crassus et Pompée) donnera lieu à la guerre civile de César (49 – 45). Durant le second triumvirat (composé de Marc Antoine, Lépide et Octave), les héritiers de César doivent d’abord affronter les partisans de ses meurtriers (Brutus et Cassius), dans ce qu’on appellera la guerre civile des Libérateurs (43 – 42). Puis ils se disputeront le pouvoir entre eux: Octave contre Marc-Antoine (guerre civile de Modène en 43), contre Pompée (Révolte sicilienne en 44 – 36), contre les partisans de Marc-Antoine (son frère et son épouse, dans la guerre de Pérouse en 41-40) et finalement contre Marc-Antoine et Cléopâtre VII avec la dernière guerre civile (32 – 30) qui culmine avec la bataille navale d’Actium (le 2 septembre 31) et la victoire d’Octave, ouvrant la voie à la Pax Augusti (et ultimement à la Pax Romana).

Toute cette agitation est fort propice au travail des historiens et des orateurs (qui y trouvent maintes occasions de faire des discours politiques ou des plaidoiries pour ou contre les différents acteurs de ces manigances politiques). Cette période est appelée “cicéronienne” (ou parfois Aetas Caesaris,âge césarien”), car elle est surtout dominée par l’œuvre d’un seul auteur: Marcus Tullius Cicero.  On retrouve toutefois une demi-douzaine d’autres auteurs importants pour cette période: Varron, Jules César, Cornelius Nepos, Lucrèce, Salluste et Catulle. Voici une liste (la plus exhaustive possible) des auteurs qui ont vécu ou ont été actifs durant cette période :

a) L’avant-Cicéron

Poète romain cité par Aulu-Gelle et Apulée dont nous n’avons conservé que deux épigrammes en distiques élégiaques qui traitent de thèmes amoureux.

Militaire (tribun militaire à Numance en 134-132) et historien romain cité par Aulu-Gelle, qui recherche à faire une historiographie pédagogique démontrant “dans quel but et de quelle manière ces actions ont été accomplies” afin de les mettre dans leur contexte politique.

Poète grec originaire de Gadara (Jordanie), mais qui aurait grandi à Tyr, puis vécu sur l’île de Cos.  On lui connait cent-trente-deux poèmes, principalement des épigrammes amoureux et quelques épitaphes. Il aurait également écrit des ouvrages philosophiques et des satires qui sont maintenant perdues. Il est surtout connu pour avoir publié vers 100 AEC l’anthologie La Couronne (Στέφανος / Stéphanos), qui recueillait une centaine d’œuvres variées (poésie élégiaque, chansons, épigrammes, etc.) de plus de quarante-huit poètes et poétesses, qui étaient chacun représentés par une fleur ou une plante, formant ainsi une “couronne de poètes” (d’où le titre). Il aurait ainsi créé le concept d’anthologie (qui signifie en grec “cueillette de fleurs”) et formé la base de ce qui deviendra plus tard l’Anthologie grecque.

Poète Syrien naturalisé romain qui a chanté des épopées militaires (Guerre des Cimbres) ou panégyriques (Consulat de Cicéron). Il pratiquait l’improvisation poétique et il ne reste de son oeuvre que quelques épigrammes. Il faisait partie du cercle littéraire de Lutatius Catulus et habitait même chez lui. Il aurait été le maître de Cicéron et celui-ci défendit son droit de citoyenneté dans son discours Pro Archia.

Varron est un politicien, militaire, magistrat (tresviri capitales [avant 90], questeur [c85], légat [78-77, 76-72, 49], proquesteur en Espagne [76-72], tribun de la plèbe [70], vigintiviri chargé de la distribution des terres en Campanie [59], préteur [?]), grand propriétaire terrien et érudit romain appartenant à l’ordre équestre. En 45, il est chargé par César de créer les premières bibliothèques publiques de Rome, mais lorsqu’il est proscrit par le second triumvirat en 43, celles-ci sont pillées. Il abandonne alors la vie publique pour se consacré à l’écriture. Il aurait écrit près de six cents volumes dont une cinquantaine nous sont connus de façon fragmentaire et un seul nous est parvenu dans son intégralité. Ses principaux ouvrages sont:

Fonctionnaire, enseignant et grammairien romain originaire de Beneventum. Parmi ses étudiants on retrouve Horace qui le décrit comme un personnage brutal et colérique. Il ne reste que quelques fragments de son œuvre (cités par Suétone, Isidore de Séville et Priscien), un ouvrage possiblement sur les difficultés de l’enseignement (intitulé Περί ἄλγεος / Perì álgheos / lit. “La Douleur”) et des traités de grammaire (notamment sur les synonymes).

Riche homme d’affaire, banquier et propriétaire terrien appartenant à l’ordre équestre. Érudit et disciple d’Épicure, il s’abstient de faire une carrière politique et préserve sa neutralité en finançant toutes les factions. Il est surtout connu pour être un ami proche de Cicéron et son éditeur.  Il a entre autres publié sa correspondance: d’abord avec lui-même (Ad Atticumdisponible sur Agoraclass), puis à son frère Quintus (Ad Quintum fratrem), à Brutus (Ad Brutum) et à ses amis (Ad familiares). Cicéron le cite souvent ou lui dédie des œuvres et son ami Cornelius Nepos lui consacre un chapitre de son De viris illustribus (chapitre 25 du livre III: Liber de excellentibus ducibus exterarum gentium, seul livre préservé et disponible dans le domaine public: Agoraclass, Wikisource). En plus de sa correspondance, il aurait écrit plusieurs ouvrages d’histoire (Liber Annalis), de poésie (Imagines), des généalogies de grandes familles romaines et un livre sur le consulat de Cicéron, mais aucune de ces œuvres n’a été préservée.

Politicien et magistrat romain (Triumvir monetalis [84], questeur [78], tribun de la plèbe [73] et préteur [68], propréteur [67]), il a écrit des discours et une histoire de Rome en seize livres qui est maintenant perdue, mais citée par des auteurs postérieurs (Tite-Live, Denys d’Halicarnasse, Macrobe). En 66, il est accusé de corruption et se suicide. 

Dramaturge et poète romain appartenant à l’ordre équestre. Il était un opposant de César et possédait un esprit sarcastique. Il a surtout écrit des mimes dont nous connaissons une quarantaine de titres (entre autres: Les foulons, Les fileuses, Le cordier, Le marchand de sel, Le teinturier, Le pêcheur, La courtisane, L’augure), mais dont il ne subsiste que quelques fragments (environ 150 vers) cités surtout par Macrobe.

Prochainement: La littérature romaine (6): Classique 1: Sous la République, b) Cicéron

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Old Books (Part 3): Historia Augusta

Something funny happened on the way to the forum antiquarian book fair this weekend. Or, actually, at the antiquarian book fair. I found a book that I had been looking for for a long time and that I thought I would never find: a 17th-century Latin edition of the Historia Augusta.

For eight years, I worked on my Master and PhD thesis dedicated to the “Vita Veri” (a biography of the Roman Emperor Lucius Verus) which is part of the Historia Augusta (a compilation of biographies of Roman emperors from the 2nd and 3rd centuries probably written in the 4th century CE, supposedly by six authors: Aelius Spartianus, Vulcacius Gallicanus, Julius Capitolinus, Trebellius Pollio, Aelius Lampridius and Flavius Vopiscus). Therefore this book has a great sentimental value for me. It is only the first of two volumes, but that’s the one that counts for me since it’s the volume containing the “Vita Veri.”

The book is a vellum-bound volume (of two), in small quarto (12.6 x 19.7 x 6.4 cm), with 1,144 pages (16 of introductions, 1049 of text and 79 of indexes). The title page offers this information:

HISTORIAE AUGUSTAE
SCRIPTORES VI
.

AELIUS SPARTIANUS. VULC[acius] GALLICANUS.
JULIUS CAPITOLINUS. TREBELL[ius] POLLIO.
AELIUS LAMPRIDIUS. FLAVIUS VOPISCUS.
Cum Integris Notis
ISAACI CASAUBONI, CL[audi] SALMASII
& JANI GRUTERI.
Cum Indicibus locupletiffimis Rerum ac Verborum.

TOMUS I. [of 2]

LUGDUNI BATAV[orvm]. [Leiden, Netherlands]
Ex Officina HACKIANA [Johannes Hackius], A•MDCLXXI. [Anno 1671]

This first volume contains two introductions (one introduction by the publishers and a preface to the readers), an index of the authors cited, the biographies of Roman emperors from Hadrian to Severus Alexander (including erudite commentaries by Isaac Casaubon, Claude Saumaise and Jan Gruter), and concludes with three indexes (the first of “memorable things and words” from the text, the second of “memorable things and words” from the commentaries and the third of the “Greek things and words which occur in the commentary and is worthy of remembrance”).  It was published in Leiden (Netherland) by Johannes Hackius in 1671.

The book is in suspiciously good condition for the price (listed as $175 USD or $220 CDN, but the guy let me have it for $180). It also has a superb vellum binding and a beautiful engraved frontispiece. The seller listed the condition as “Very Good.” He describes it on his online catalogue as having “little staining to the binding. One page is lacking a portion to the right-side margin, not affecting text. There is very little foxing or staining throughout.” [That Guy With The Books]

The book clearly had some restoration (which were not disclosed by the seller). If you look at the inside of the binding, you can see that it was reinforced with modern cardboard. The very small amount of foxing and staining made me doubt for a moment of the authenticity of the book (there are forgeries on the market), so I looked closely at the ink and texture of the paper. It all seems alright to me (but I’m not an expert) and the seller is a reputable one, therefore I should trust him, and concluded that the book should be genuine.

This is not one of my oldest books (in fact it is the most recent I have for the 16-17th century period) and I already have an in quarto. However, its very good condition and the fact that it’s about a subject that is quite dear to me, make it one of my most precious books (along with the works of Lucian of Samosata).

[ AbeBooksHathitrustThat Guy With The BooksWorldCat ]

On the subject of “old books” you can find more information in those articles:

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La Littérature romaine (4)

Littérature pré-républicaine (3)

IIe siècle AEC

Voici la suite de la liste des auteurs romains de l’époque “pré-républicaine” (archaïque) pour le IIe siècle AEC. Je les présente chacun dans de brèves notices biographiques, par ordre chronologique. 

Poète romain, il aurait écrit, en vers septénaires trochaïques, une histoire de la poésie latine, dont il fait remonter les origines à la deuxième guerre punique. Il n’en reste que des fragments, cités notamment par Aulu-Gelle. D’après Cicéron, il aurait fait partie du cercle littéraire de Catulus et aurait été un ancien esclave et secrétaire de Caius Gracchus. Il était partisan des populares et s’opposait donc aux optimates.

Homme politique romain. Sa connaissance du grec lui permet, en 155, de servir d’interprète au sénat pour les ambassadeurs d’Athènes. Nous lui devons une histoire de Rome (Annales Aciliani) écrite en grec et publiée en 142 (subséquemment traduite en latin, possiblement par Claudius Quadrigarius). Si seuls quelques fragments ont survécu, elle est citée par plusieurs auteurs romains (Denys d’Halicarnasse, Cicéron, Plutarque, Tite-Live).

Poète romain originaire d’Antium. Il aurait été influencé par Quintus Ennius et aurait fait parti du cercle de Catulus. Fervant de néologisme, il ne reste de ses Annales que quelques fragments cités par des ouvrages ultérieurs.

Historien romain, possiblement d’origine étrusque, qui aurait écrit (entre 159 et 146 AEC) des Annales qui couvrait en quatre ou cinq livres l’histoire de Rome allant de la période pré-romuléenne à la troisième guerre punique (sans toutefois mentionner la destruction de Carthage en 146), et dont seulement une quarantaine de fragments ont été préservés. Son oeuvre a probablement été éclipsée parce qu’elle était de qualité inférieure au Origine de Caton.

  • Nom: Polybe (Πολύϐιος)
  • Date: 200 – 120 AEC
  • Genre: Histoire, Traité

Homme politique et militaire (hipparque) grec, originaire de Mégalopolis en Arcadie, il participe à la Troisième guerre de Macédoine qui oppose la Ligue achéenne à Rome. Après la victoire romaine à la bataille de Pydna, il est envoyé à Rome comme otage et se retrouve dans l’entourage des Scipions. Cela fait de lui un témoin privilégié de l’expansion de la République romaine, car il prends également part à la troisième guerre punique, où il assiste à la destruction de Carthage, et à la troisième guerres celtibères, alors qu’il participe à la prise de Numance. Par la suite, il joue un rôle administratif crucial dans l’intégration de l’Achaïe (Grèce central) à la République alors qu’elle devient une province romaine. Toute cette expérience lui permettra d’écrire les Histoires (Ἱστορίαι / Historíai) qui chroniques les conquêtes méditerranéennes de la République et dont nous n’avons conservé que cinq des quarante volumes qui composaient l’oeuvre (traduction publiée aux Belles Lettres (Coll. des Universités de France, série Grecque), chez Gallimard (Coll. Quarto), chez Loeb, mais aussi disponible dans le domaine publique dont Wikisource [FR/EN] — voir mon commentaire). On lui connait également quelques ouvrages mineurs (Éloge de Philopœmen, Traité de tactique, Traité sur les régions équatoriales, La Guerre de Numance) qui sont tous perdus.

  • Nom: Manius Manilius
  • Date: 196 – c115  (IIe s. AEC)
  • Genre: Traité (Droit)

Homme d’état (sénateur, proconsul d’Hispanie Ultérieure [155],  consul [149]), militaire (il participe au siège de Carthage durant la troisième guerre punique) et jurisconsulte romain. Il est considéré par Sextus Pomponius comme l’un des trois fondateurs du droit civil romain. Membre du cercle des Scipions, il aurait écrit trois livres de ius civile, dont une collection de formules pour les contrats de vente. Son oeuvre est perdue, mais souvent citée par les auteurs classiques (Varron, Cicéron, Brutus).

Térence est un dramaturge et poète comique d’origine berbère (né à Carthage, possiblement de la tribu libyenneAfri”). D’après la Vita Terentii de Suétone, il serait arrivé à Rome comme jeune esclave, propriété du sénateur Terentius Lucanus. Il reçoit une bonne éducation et est rapidement affranchi. Il est un protégé des Scipions, auprès de qui il côtoie un milieu littéraire. On l’accuse toutefois de plagiat. Malgré sa brève carrière, il est néanmoins considéré comme le deuxième grand dramaturge romain à qui l’on doit six comédies qui nous sont toutes parvenues: L’Andrienne [écrite en 166], l’Hécyre [165], l’Heautontimoroumenos [163], l’Eunuque [161], le Phormion [161] et les Adelphes [160]. Son oeuvre est traduite en français aux Belles Lettres (Coll. Budé), en anglais chez Loeb et disponible dans le domaine publique (Project Gutenberg, Wikimedia).

Juriste et historien romain, il a écrit une histoire de la deuxième guerre punique composée de sept livres (prennant comme sources Caton et Silenus Calatinus) ainsi que des Annales (dont Brutus a fait la synthèse). Il ne reste rien de son oeuvre juridique, mais son histoire, dont il ne reste que quelques citations par Tite-Live et Cicéron, a été très appréciée et constitue la première véritable monographie historique romaine.

Riche propriétaire terrien originaire de Campanie, il fréquentait le cercle de Scipion Émilien et est considéré comme le fondateur de la satire romaine. Sa poésie est très variée (à l’origine satura signifiait “mélange”) et utilise une métrique plutôt diverse (septénaires trochaïques, sénaires iambiques, distiques élégiaques, hexamètres dactyliques, etc., et certaines oeuvres seraient même plutôt des épigrammes). Il parodie les séances du sénat, commente des procès, attaque la nobilitas progressiste et se moque des hellénistes ou de collègues qui se prennent trop au sérieux. En créant une forme de comédie qui critique et se moque, il définit un nouveau genre poétique typiquement romain qui fera des émules (Juvénal, Horace, Perse). Ses Satires auraient été compilées en trente livres dont il ne reste aujourd’hui que 1 378 vers, qui ont été traduit aux Belles Lettres et dont une édition de 1845 est également disponible sur Gallica.

Dramaturge et poète comique romain qui a écrit plus d’une centaine (mais seulement treize titres sont connus) de fabulae palliatae inspirées de Ménandre (pour les sujets) et de Plaute (pour sa métrique diverse) et dont il ne nous reste que des fragments (environ deux-cent vers). Ses comédies étaient si charmantes et grâcieuses qu’elles avaient été surnommées Novella Sirena et restaient populaire même à l’époque de Cicéron. Dans son palmarès des auteurs comiques, Volcatius Sedigitus le place en septième position, entre Térence et Quintus Trabea.

Homme d’état (tribun de la plèbe [149], préteur [136], consul [133], censeur [120], sénateur) et militaire (165-152) romain d’origine plébéienne, il a fait passé la loi Lex Calpurnia de repetundis qui réprimait les abus financiers des gouverneurs et établissait le premier tribunal pénal permanent romain (quaestio perpetua). Il a écrit des Annales en sept ou huit volumes, racontant l’histoire de Rome de sa fondation jusqu’en c146, dont il ne reste qu’une quarantaine des fragments.

Homme d’état (sénateur, questeur [145], édile curule [135], préteur [132] et consul [129]) et militaire romain (campagnes contre les Iapydes et les Istriens) d’origine plébéienne, il était partisan des optimates. Il a écrit un ouvrage de droit constitutionnel sur la magistrature romaine, Libri magistratuum, composé d’au moins treize livres, dont nous n’avons conservé que quelques fragments (cités par Varron, Aulus-Gelle, Dionysios d’Halicarnase, Pline et Macrobe). Il aurait possiblement aussi écrit un ouvrage d’histoire.

Dramaturge romain originaire de Ombrie, il aurait écrit une quarantaine de tragédies mythiques et deux praetextae qui se divisent en deux cycles (les Pélopides / guerre de Troie et la guerre de Thèbes). Sa réplique la plus célèbre (souvent citée, notamment par Caligula) est Oderint, dum metuant. On lui doit également plusieurs traité de philologie (Didascalia, Pragmatica, Sotadei, Annales, Parerga et Praxidica). Il ne subsiste de son oeuvre que quelques fragments qui ont été regroupés dans une traduction aux Belles Lettres.

Homme politique (sénateur, tribun de la plèbe [131], préteur [123], consul [120]) et orateur romain d’origine plébéienne, il se range du côté des frères Gracques (Caïus Sempronius Gracchus et Tiberius Sempronius Gracchus) durant leur tentative de réforme sociale visant à diminuer les pouvoirs du Sénat au profit des comices (chevaliers et plèbe). Vers 131, il est chargé de l’application de la Lex Sempronia de comitiis (lex Papiria) qui réforme la procédure du vote des comices centuriates et prends part au triumvirat agraire chargé de la commission qui applique la lex Sempronia, loi qui met en place une réforme agraire visant à redistribuer les terres pour limiter les grandes propriétés en faveurs de la plèbe. Les travaux de la commission sont houleux et rencontre l’opposition de Scipion Émilien. Il propose également un loi permettant aux tribuns d’être élu pour des années successives, mais il est défait par Scipion. Après la mort de Scipion et des Gracques, il se rapproche des conservateurs et supporte les Optimates. En 120, il devient consul et plaide la défense de Lucius Opimius. Toutefois, son support des Gracques lui a valut beaucoup d’ennemis et il est accusé de corruption en 119. Il doit alors se suicider (ou, selon Valère Maxime, partir en exil). Cicéron fait l’éloge de son talent d’orateur, mais rien ne subsiste de ses plaidoiries ou de ses discours politiques.

Militaire romain (tribun militaire [134-133]) d’origine plébéienne, il participa au siège de Numance. Membre du cercle des Scipions, il a écrit une histoire contemporaine de Rome où il ne se contente pas de raconter les faits, mais aussi en analyse les causes et conséquences dans un but pédagogique. C’est donc le premier véritable historiographe romain. Son Rerum Gestarum Libri, constitué d’au moins quatorze livres, couvre dans un style très simple principalement la troisième guerre punique. Il s’inspire de Polybe et continue même là où ce dernier s’est arrêté. Il ne subsiste de cette oeuvre qu’une quinzaine de fragment (mentionnés par Cicéron et cités par Aulus-Gelle ainsi que quelques grammairiens tardifs).

Homme politique (tribun militaire [134-132], préteur [119], légat en Numidie [109-107] et en Asie [94], Consul [105], sénateur), militaire (guerre de Jugurtha, campagne contre  les Cimbres et les Teutons, dont la bataille d’Arusio) et orateur romain d’origine plébéienne, il s’exile à Mytilène puis à Smyrne après avoir été accusé de corruption en 92.  Stoïcien, il aurait écrit de nombreux discours, des traités de droit, une autobiographie, une vie de Scipion Émilien et plusieurs ouvrages d’histoire en grec (dont un consacré à la guerre de Numance).  Rien ne subsiste de son oeuvre sinon quelques mentions par Cicéron, Plutarque ou Isidore de Séville.

Chevalier et stoïcien, originaire de Lanuvium, il s’est consacré à l’enseignement (il a été le maître [grammaticus] de Varron et de Cicéron) et à la philologie. Nous lui devons des ouvrages commentant le chant des Saliens, la loi des Douze Tables, ainsi que l’oeuvre de Plaute (Commentarium de proloquiis), et probablement un ouvrage de glossographie et un traité de rhétorique (Rhetorica ad Herennium), dont il ne reste que des fragments. Il devait son surnom au fait qu’il écrivait beaucoup de discours pour d’autres et utilisait donc souvent un stilus pour écrire (sur une tablette de cire).

  • Nom: Titus Albucius
  • Date: c150 – c103 (fin du IIe s. AEC)
  • Genre: Philosophie

Homme politique  (Préteur et propréteur en Sardaigne [105-104], Questeur) et orateur romain, il était amateur de culture grecque. Accusé de mauvaise gestion (en 103), il se serait exilé à Athènes pour y faire des études de philosophie (épicurisme) et aurait écrit des prières qui sont mentionnés par Cicéron.

Dramaturge romain qui aurait écrit une quarantaine de comédies, principalement du genre fabula togata, qui traite de sujets contemporains reflétant la vie quotidienne et dont nous n’avons conservé qu’une centaine de fragments (environ quatre-cent vers).

Homme politique (Préteur [109], Consul [102], Proconsul [101], Légat [90]) et militaire romain d’origine plébéienne, il est du parti des optimates et défend la République contre la rébellion armée des populares en 101. En 88, il prends parti pour Sylla lors de la guerre civile contre Caius Marius. Il est accusé de trahison lors de la victoire de ce dernier et doit se suicider en 87. Il aurait été l’instigateur d’un cercle littéraire incluant les poètes Valerius Aedituus, Porcius Licinus, Archias et Aulus Furius. Orateur admiré de Cicéron, il aurait écrit des Mémoires (Liber de consulatu et de rebus gestis) sur son consulat, ainsi que de la poésie sentimentale, et même érotique, dont il ne subsiste que des fragments.

Homme politique (Pontife [99-87], Questeur [96], Édile curule [90] et sénateur), avocat et dramaturge romain, d’origine Patricienne et membre de la famille des Iulii Caesares (de la gens Iulia à laquelle appartenait Jules César). Il est assassiné par les partisans de Marius lorsque celui-ci fait son entrée à Rome en 87. Grand orateur, il faisait usage d’humour dans ses discours. On lui connait trois tragédies sur des thèmes grecs (Adrastus, Tecmesa et Teutras) dont il ne reste que des fragments.

Militaire, magistrat (Préteur [78] et possiblement propréteur de Sicile [77]) et historien romain, il a écrit une Histories de Rome d’au moins douze à vingt-trois livres, racontant la guerre sociale [91-88] ainsi que la première et la seconde guerre civile entre Marius et Sylla [88-82], dont il ne reste que quelques fragments cités par Cicéron, Salluste, Tacite, Velleius Paterculus et le grammairien Nonius Marcellus. Il aurait également traduit en latin les Milesiae fabulae, un recueil de contes érotiques et picaresques par Aristide de Milet, qui aurait inspiré Pétrone pour son Satyricon. Alors qu’il était le légat de Pompée en Crète lors d’une campagne contre des pirates de la mer Égée, il meurt dans un conflit opposant Metellus Creticus à Pompée.

Dramaturge romain originaire de Bononia, en Gaule cisalpine, qui aurait écrit soixante-dix pièces (dont Macchus Miles, Leno, Pappus Agricola), principalement des Atellanae Fabulae et des satires (politiques, sociales, mythologiques et religieuses) dont nous ne connaissons que quelques fragments. Il est reconnu pour avoir introduit moins d’improvisation dans l’Atellane et avoir utilisé un language plus quotidien et rustique, voir obscène.

  • Nom: Volcātius Sedīgitus
  • Date: ? – ? (fin du IIe s. / début du Ier s. AEC)
  • Genre: Poésie (Didactique)

Grammairien et philologue (critique littéraire) romain possiblement d’origine Celte, qui est connu pour un poème didactique en vers sénaires lambiques, le De Poetis, où il énumère par ordre de mérite et commente les principaux auteurs comiques latins, dont il ne reste que quatre fragments (vingt vers) cités par Varron, Suétone et Aulu-Gelle. Selon Pline, son surnom lui viendrait du fait qu’il soit né avec de la polydactylie (mains de six doigts, sex digitī).

Historien romain qui aurait écrit des Annales en au moins vingt-trois volumes allant du sac de Rome par les Gaulois en 390 jusqu’à Sylla en 82 et intitulé, selon Plutarque, Discussion des temps (Elegchos chronôn). Il n’en reste moins d’une centaine de fragments cités par Tite-Live, Aulu-Gelle, Sénèque, Plutarque, Macrobe et Orose.

  • Nom: Valerius Antias
  • Date: ? – ? (fin du IIe s. / début du Ier s. AEC)
  • Genre: Histoire

Historien romain qui a écrit des Annales racontant, en au moins soixante-quinze livres, l’histoire de Rome de sa fondation jusqu’à son époque (au moins jusqu’en 91 ou même 78), en accordant plus d’importance à l’histoire récente. Nous n’en avons conservé que soixante-dix fragments, cités surtout par Tite-Live (qui le considérait peu fiable car il avait tendance à exagérer), Aulu-Gelle et  Denys d’Halicarnasse. Certains croient qu’il aurait vécu plus vers la fin du Ier siècle AEC, car il n’est jamais mentionné par Cicéron.

Prochainement: La littérature de la République (époque classique, Ier siècle AEC)

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La Littérature romaine (3)

Littérature pré-républicaine (2)

IIIe siècle AEC

Voici donc la liste des auteurs romains de l’époque “pré-républicaine” (archaïque). Je les présente chacun dans de brèves notices biographiques, par ordre chronologique. Je commence avec les auteurs du IIIe siècle AEC.

  • Nom: Appius Claudius Caecus
  • Date: avant 341 – ? (début du IIIe s. AEC)
  • Genre: Poésie, Rhétorique, Grammaire, Traité (Droit)

Homme d’État romain (il fut sénateur,  censeur [312], par deux fois consul [307 & 296], dictateur, interroi par trois fois, préteur, édile curule par deux fois, questeur, tribun militaire par trois fois), il est l’instigateur de la voie Appienne, de l’aqueduc Appia et une variété de pomme importée de Grèce porte également son nom (à ne pas confondre avec la “pomme d’Api”). Il est le premier auteur latin que nous connaissions. Il aurait introduit à Rome des principes pythagoriciens et nous lui devons un recueil de sentences morales en vers saturniens (Sententiae), un discours contre Pyrrhus [280], des ouvrages de grammaire et un traité de droit privé (De usurpationibus).

  • Nom: Attilius
  • Date: ? (IIIe – IIe s. AEC)
  • Genre: Théâtre

Dramaturge et poète comique reconnu pour avoir écrit des fabula palliata. Plusieurs philologues de son époque (dont Volcatius Sedigitus) le place en cinquième position au palmarès des principaux poètes comiques romains après Statius, Plaute, Naevius et Licinus et juste avant Térence. Il aurait également traduit en latin le Électre de Sophocle.

Poète et dramaturge comique latin, rival et critique de Térence, il est surtout connu pour ses fabulae palliatae. Nous ignorons tout de sa vie et de son oeuvre dont il ne reste rien.

Poète et dramaturge comique latin, il est surtout connu pour ses fabulae palliatae et fabulae togatae. Nous ignorons tout de sa vie et de son oeuvre dont il ne reste que quelques fragments, cités par Cicéron.

  • Nom: Livius Andronicus
  • Date: 285 – 204 (AEC)
  • Genre: Théâtre, Poésie épique, Poésie lyrique

La première pièce de théâtre romaine est l’oeuvre de Livius Andronicus, un affranchis d’origine grecque (de Tarente). L’oeuvre, dont le titre nous est inconnu, fut jouée durant les Ludi scænici de 240 pour célébrer la victoire romaine de la première guerre punique. Par la suite, il semble avoir écrit surtout des adaptations latines de pièces ou de mythes grecs (tant des tragédies [Achilles, Ajax mastigophorus, Equus Troianus, Ægisthus, Hermiona, Danaé, Andromède, Tereus] que des comédies [Gladiolus, Ludius, Verpus]). Il consacra la fin de sa vie à adapter en vers saturniens latins le poème épique d’Homère, l’Odyssée, sous le titre Odusia. En 207, lors de la deuxième guerre punique, il fut chargé par les pontifes de composer un poème lyrique qui fut chanté en procession par un choeur de jeunes filles afin d’obtenir les faveurs de Junon. De son oeuvre, seul quelques fragments nous sont parvenus.

  • Nom: Cnaeus Naevius
  • Date: 275 – 201 (AEC)
  • Genre: Théâtre, Poésie épique

Originaire de Capoue, il s’installe à Rome après avoir participé à la première guerre punique. Toutefois, il doit s’exiler à Utique après s’être opposé à de grandes familles plébéiennes (les Metelli et les Scipions). De son oeuvre, il ne reste qu’une centaine de vers. Il aurait introduit à Rome le théâtre comique (il en écrit une trentaine), produit une dizaine de tragédies s’inspirants d’Euripide et d’Eschyle, puis écrit une épopée, Bellum Punicum, où il raconte les guerres puniques à la façon d’Homère.

Originaire d’Ombrie, Plaute est le premier grand dramaturge romain. Il était très populaire de son vivant et demeure même de nos jours un écrivain de renom (ayant influencé des auteurs “modernes” comme Shakespeare et Molière) mais cela tient sans doute du fait que c’est l’un des premiers auteurs romains dont plusieurs oeuvres nous ont été conservées intégralement. Il écrit principalement des comédies (souvent des farces grossières ou absurdes, des Tragi-comédie), qui sont fortement inspirées par la comédie nouvelle grecque (Ménandre par exemple) tout en ayant un caractère très romain. Il en aurait écrit plus de cent-trente, mais seulement une vingtaine nous sont parvenues intactes (Amphitruo [texte], Asinaria [texte — voir mon commentaire], Aulularia [texte], Bacchides [texte], Captivi [texte], Casina uel sortientes [texte], Cistellaria [texte], Curculio, Menaechmi [texte], Mercator [texte], Miles gloriosus [texte], Mostellaria [texte], Poenulus [texte], Pseudolus [texte], Rudens [texte], Stichus [texte], Trinummus [texte], Truculentus [texte]), et une trentaine d’autres nous sont connues que par des fragments. Son oeuvre est disponible aux Belles Lettres (Coll. Budé), à la Harvard University Press (Coll. Loeb Classical Library), et aussi dans le domaine public: Project Gutenberg, Wikisource [FR/EN].

Homme d’État romain (sénateur, préteur), il participe à la guerre contre le peuple Gaulois des Insubres et à la deuxième guerre punique. Après la défaite de Cannes, il est envoyé à Delphes pour apaiser la colère d’Apollon. Il est le premier auteur romain à écrire une histoire de Rome (Annales) qui ne nous est malheureusement parvenue que par des fragments (dont la liste des monarques romains). Il est toutefois cité par de nombreux historiens antiques. Il écrit en grec, sans doute pour faire de son oeuvre une propagande pro romaine à l’intention de la Grande Grèce et des royaumes hellénistiques.

Homme d’État romain (sénateur, préteur) d’origine étrusque, il participe à la deuxième guerre punique et est même fait prisonnier d’Hannibal vers 208 mais sera libéré après la bataille de Zama en 202. Il profite de cette expérience pour écrire une histoire de Rome (Annales), de ses origines mythologiques jusqu’à la guerre contre Carthage. Cette oeuvre ne nous est pas parvenue, mais est citée par les historiens antiques (comme Tite-Live, Denys d’Halicarnasse et Florus).

D’origine Messape (sud de l’Italie; il parle donc l’osque et le grec), il arrive à Rome par une carrière militaire et s’y trouve des protecteurs puissants (dont Caton et les Scipions). Il est considéré comme le “père de la poésie latine” car il adapte en latin l’hexamètre grec pour remplacer le vers saturnien, utilisé jusque là par les poètes latins, par l’hexamètre dactylique et a ainsi eut une grande influence sur la littérature latine (sur des auteurs comme Virgile, Horace, Cicéron, Apulée).  De son oeuvre (du théâtre mais surtout de la poésie) il ne reste que des fragments. Nous lui connaissons surtout l’Épicharme, l’Évhémère, les Satires, les Annales de la République romaine (une épopée en dix-huit chants) et le Hedyphagetica (un poème gastronomique sur les poissons).

Catus est un homme d’État romain (sénateur, édile curule [200], consul [198], censeur [194]). Il est le premier jurisconsulte romain et nous lui devons le Tripertita (un traité juridique qui explique et commente la loi des Douze Tables, et présente la procédure judiciaire) qui établit les bases du droit romain. L’ouvrage est malheureusement perdu.

  • Nom: Marcus Porcius Cato
  • Date: 234 – 149 AEC
  • Genre: Histoire, Traités (Agriculture, Militaire), Rhétorique

Caton l’Ancien est un homme d’État et un militaire romain (tribun [214], questeur [204], édile curule [199], préteur [198], consul [195], tribun militaire [191], puis censeur [184]) originaire de Tusculum. Il a participé à de nombreuses campagnes militaires durant la deuxième guerre punique (dont le siège de Tarente et la bataille du Métaure) et la guerre antiochique. Il prêche une politique conservatrice, basée sur des valeurs romaines plus austères, en opposition à l’hellénisme défendu par les Scipions. Il propose également une position plus aggressive face à Carthage (“Il faut détruire Carthage” disait-il) qui mènera éventuellement à la troisième Guerre Punique. Il est également un auteur prolifique: on lui doit une centaine de discours (Orationes), De agri cultura (un traité sur l’agriculture — voir mon commentaire), Origines (une histoire des villes italiennes), De Re Militari (un traité militaire), De lege ad pontifices auguresque spectanti (de la loi sur les prêtres et les augures), Praecepta ad Filium (Préceptes à l’intention de son fils), Historia Romana (une histoire de Rome), Carmen de moribus (traité de morale) et Apophthegmata. De la plupart de ces oeuvres nous n’avons que des fragments, et seul son traité sur l’agriculture a été conservé intégralement [publié dans la Collection Budé aux Belles Lettres et dans la collection Loeb Classical Library (Harvard Univ. Press), mais également disponible dans le domaine public: Remacle, Project Gutenberg, Univ. of Chicago].

Caecilius Statius est un dramaturge et poète d’origine Gauloise qui se spécialisait dans la comédie d’inspiration grecque (fabula palliata). On lui connait une quarantaine d’oeuvres dont seulement quelques fragments (environ 280) nous sont parvenus.

  • Nom: Pacuvius
  • Date: 220 – 130 AEC
  • Genre: Théâtre

Marcus Pacuvius était d’origine grécoosque (né à Brundisium et mort à Tarentum, dans le sud de l’Italie). Il était le neveu et l’élève d’Ennius, et fréquentait le Cercle des Scipions. Poète et dramaturge, il s’est surtout consacré à la peinture. S’il composa des comédies et des satires, il est surtout connu pour ses tragédies. Nous lui connaissons une douzaine de pièces, inspirées de tragédies grecques, dont il ne reste que des fragments (environ 400 vers).

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La Littérature romaine (2)

Littérature pré-républicaine (1)

Introduction

La littérature romaine est née et a évoluée en même temps que la langue latine. À la fondation de la ville, les habitants du Latium sont un peuple agraire, simple, réaliste et pratique. La latin primitif reflétera donc cet état d’esprit en étant une langue simple, concise, précise et un peu rigide, voir monotone, qui n’est en rien comparable à l’élégance et la richesse de la langue grecque à qui elle doit son alphabet (via les étrusques). La littérature latine primitive surgira de deux nécessités pratiques: la prière (carmen) ainsi que le droit.

Ces prières sont en fait des chants. Ce sont des hymnes liturgiques (Carmen Arvale, Carmen Saliare) récités durant des processions et parfois accompagnés de danses. À la même époque, nous retrouvons d’autres types de chants: des chants funèbres (naeniae) célébrant le défunt, des chants panégyrique louangeant une personnalité durant un banquet, des chants satyriques improvisés lors des triomphes pour se moquer du vainqueur, et même des couplets un peu grossiers chantés durant les fêtes publiques. Ces chants sont en vers et sont donc une forme de poésie, tout comme le théâtre, qui est également en vers, ce qui fait que les dramaturges latins sont souvent classés comme poètes. La fabula Atellana est d’ailleurs une forme de théâtre latin primitif, en vers, en partie improvisé, et constitué d’une comédie bouffonne.

Les textes latins écrits les plus anciens, datant des VIIe et VIe siècles, sont des inscription sur des vases (le kernos du Quirinal, le vase de Tita Vendia et le bol du Garigliano) et ont des usages pratiques (propriété de…) ou votives. Similairement, on retrouve par la suite quelques inscriptions lapidaires du VIe ou Ve siècle : la Lapis Niger (dont l’interprétation varie de simple malédiction, à “interdiction de stationner votre attelage en face du sanctuaire”, à marqueur du tombeau de Romulus) et la Lapis Satricanus (dédicace à Mars de Publius Valerius, possiblement l’un des quatre consuls fondateurs de la République).

Toutefois, les textes de latin écrits les plus élaborés de l’époque seront sans aucun doute les textes de lois: des lois religieuses d’abord, puis celles des monarques (leges regiae) et puis, au Ve siècle, la loi des Douze Tables qui, même si elle est inspirée de lois grecques, établie par écrit les bases du droit romain. On retrouve de nombreux exemples épigraphiques de lois, d’édits ou de proclamations — comme le Senatus Consultum de Bacchanalibus qui interdisait en 186 la tenu de bacchanales suite à un scandale.

Tant le chant que la législation amèneront le développement de la rhétorique. Par exemple, le chant funèbre amènera l’oraison funèbre. De plus, les lois doivent être discutées, appliquées et défendues, ce qui développera le discours publique et politique ainsi que la plaidoirie judiciaire. Rome verra naître de nombreux grands orateurs. Aussi, cette propension à compiler les lois et les dates (Fastes) dans des listes conduira à la création des annales, qui rapportent simplement les événements chronologiquement, et éventuellement à l’histoire, qui contextualise et interprète l’événement.

La littérature pré-républicaine (ou littérature républicaine archaïque) débute avec la fin de l’époque royale et s’exprime durant les IIIe et IIe siècle AEC. Elle est écrite en latin archaïque. C’est à cette époque que l’influence grecque se fait vraiment sentir, d’abord durant l’expansion italienne par les contacts avec les colonies grecques du sud de l’Italie, puis durant les guerres puniques et, finalement, avec la conquête de la Grèce, durant les guerres macédoniennes.

La littérature romaine cherche alors à imiter la littérature grecque, notamment dans le théâtre. On traduit, imite (fabula cothurnata) ou transpose (fabula prætexta) les pièces grecques en latin. Toutefois, si le genre dominant en Grèce était la tragédie, c’est surtout la comédie qui se développera à Rome en prenant des caractéristiques bien romaines (ou italiques, s’inspirant peut-être de la fabula Atellana). On en retrouve deux types: la fabula palliata, qui imite des pièces grecques de la nouvelle comédie et où les acteurs portent le manteau grec (pallium), et la fabula togata, qui prends place en Italie avec des scènes de la vie romaine et où les acteurs portent la toge romaine (toga).

La poésie se développe également dans un genre typiquement romain: la satire. La prose littéraire fait également son apparition surtout dans les domaines de la rhétorique (qui deviendra un genre littéraire très romain), de l’histoire (avec les écrits de très nombreux annalistes) et du traité érudit ou scientifique (en agriculture, en droit, en philologie, etc.). Malheureusement, très peu de textes de cette période nous ont été conservé et généralement seulement par de très brefs fragments cités par des auteurs postérieurs.

Dans la littérature républicaine archaïque on retrouve une quarantaine d’auteurs, dont seulement quatre sont vraiment importants: Plaute, Caton, Polybe et Térence. Ils sont sans doute encore bien connu de nos jours du fait qu’une partie substantielle de leurs oeuvres nous ait été préservée — à moins, bien sûr, que leurs oeuvres aient été conservées justement à cause de l’importance qu’elles avaient aux yeux de leur contemporains et de leurs successeurs.

Dans la prochaine partie de cet article, je vous présenterai chacun de ces auteurs, par ordre chronologique, et en de brève notice biographiques. J’ai fait ici un grand effort de synthèse (sans jamais recourir à l’ “intelligence artificielle”), mais ce n’est pas toujours aisé puisque mes sources sont un peu vieilles et que les différentes versions de Wikipedia (e.g. française, anglaise, italienne, allemande, russe, etc.) sont parfois contradictoires mais se complètent généralement bien.

Prochainement: La Littérature pré-républicaine (2): Le IIIe siècle AEC.

Rérérences:

  • Bayet, Jean. Littérature latine: histoires et pages choisies. Paris: Armand Colin, 1960. 796 p. [Goodreads]
  • Bender, Hermann. Histoire abrégée de la littérature romaine. Paris: C. Klincksieck, 1885. 178 p. [Goodreads]
  • Grimal, Pierre. La civilisation romaine. Paris: Flammarion, 1981. 374 p. [Goodreads]
  • Laurend, Louis. Manuel des Études Grecques et Latines, Fascicule V: Littérature latine. Paris: Auguste Picard, 1923. 148 p. [Goodreads]
  • Wikipedia: Histoire de la littérature latine, Littérature latine, Latin archaïque, et de nombreuses pages de références (auteurs, genres, etc.).

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La Littérature romaine (1)

Énoncé d’intention

Lorsque j’ai complété ma série d’articles sur l’histoire de l’Empire Romain au travers de sa monnaie, j’ai promis de poursuivre avec une nouvelle série sur la littérature romaine. Cela fait près de trois ans! J’ai été très occupé par un nouveau travail, par des problèmes de santé, je me suis reposé, j’ai lu et j’ai beaucoup procrastiné. J’ai tout de même tranquillement commencé à faire des recherche et à compiler de l’information sur le sujet. Cette fois-ci, ce ne sera pas une série hebdomadaire (car c’est trop demandant). Les articles seront publiés au fur et à mesure qu’ils sont écrits, au gré du temps disponible et sans calendrier de publication précis, mais en espérant en mettre un ou deux en ligne par mois.

Traiter de la littérature romaine m’apparait à prime abord comme un projet très ambitieux. Il me faudra en premier lieu définir ce qu’est la littérature romaine, puis me demander qui sont ses auteurs et en établir une liste. Ce n’est certainement pas une liste exhaustive, mais j’en ai tout de même dénombré plus d’une centaine ! Je les présenterai un à un dans de brèves capsules, par ordre chronologique et en les regroupant par période (sauf pour les auteurs majeurs qui méritent un peu plus de développement). Ce ne sera donc pas des articles volumineux, mais simplement une introduction avec une bibliographie et une liste de liens (pour ceux qui veulent approfondir le sujet).

Je vais probablement m’attarder sur les auteurs que j’aime bien (comme Lucien de Samosate) et sur les historiens, avant de poursuivre la série avec des articles plus thématiques, comme les écrits des empereurs (du moins ceux qui nous sont parvenus, tel César, Marc Aurèle, Julien, ou Justinien), l’humour à Rome, la cuisine romaine, la différence entre les biographes et les historiens, etc. Finalement, s’il me reste de l’énergie et si mon lectorat n’est pas mort d’ennui, j’ai l’intention de conclure la série avec une liste des romans historiques modernes qui ont  pour sujet la Rome antique (en incluant les uchronies mais en excluant la plupart des ouvrages biblique ou sur le Christianisme). Pour faire bonne mesure, j’y ajouterai sans doute les mangas et les bandes dessinées qui traitent du sujet.

Ambitieux disais-je ? Êtes-vous prêt ?

Introduction

La première chose à faire lorsque l’on veut discuter d’un sujet, c’est de bien le définir et de le circonscrire. Alors, qu’est-ce que la littérature romaine ?

De nos jours, quand on parle de littérature on exclut généralement les textes documentaires pour ne retenir que les récits de fictions. Toutefois, quand on parle de littérature romaine on fait plutôt référence à l’ensemble des écrits produits par la civilisation romaine, incluant non seulement les textes de fiction mais également les ouvrages historiques et les traités techniques.

Très fréquemment, il est  question non pas de “littérature romaine” mais plutôt de “littérature latine”. Cependant, parler de littérature latine est restrictif puisque cela fait référence aux auteurs latins, c’est-à-dire ceux qui parlaient et écrivaient en latin. Il ne faut pas oublier qu’une grande partie des intellectuels de l’époque romaine avait reçu une éducation grecque et écrivait donc dans cette langue (voir liste des écrivains grecs antiques). C’est le cas entre autres de Dion Cassius, Flavius Josèphe, Lucien de Samosate ou de Marc-Aurèle. Il est donc beaucoup plus inclusif de parler de “littérature romaine”.

Aussi, lorsqu’on parle de littérature, on a tendance à considérer surtout la prose alors que de nombreux textes sont également écrits en vers. C’est souvent le cas du théâtre mais, bien sûr, surtout de la poésie. La poésie grecque et romaine se divisent elles-même d’ailleurs en plusieurs sous-genres: la poésie élégiaque (élégie), poésie didactique, poésie satirique (satire), poésie épique (épopée), la fable, etc.

Finalement, les écrits romains se divisent en plusieurs genres littéraires: il y a le théâtre, la poésie, l’histoire, les traités techniques (sur l’agriculture, l’architecture, l’art culinaire, l’astronomie, le droit, la géographie, l’histoire naturelle, etc.), la rhétorique (éloquence) et la grammaire, la philosophie, la littérature épistolaire (correspondance) et, enfin, le roman.

Traiter de la littérature romaine m’apparait comme une entreprise énorme qui pourrait me prendre des années ! J’ai en effet recensé plus d’une centaine d’auteurs notables (dont quelques uns sont un peu plus obscurs ou peu connu — voir une liste alphabétique et une liste chronologique). Il faudrait donc que je me limite un peu. Je pourrais me limiter dans le temps. La littérature romaine se divise en quatre périodes principales: la littérature pré-républicaine (époque archaïque, dès la fin de l’époque royale: vers les IIIe siècle AEC et IIe siècle AEC), la littérature sous la République (époque classique, vers le Ier siècle AEC), la littérature sous le Principat (époque Augustéenne: vers le Ier siècle EC) et la littérature sous l’Empire (époque impériale: le Haut Empire, vers le IIe siècle; le Bas-Empire, vers les IIIe siècle, IVe siècle et  Ve siècle). Je pourrais donc passer sous silence (au traiter sommairement) les périodes royale et tardive. Je pourrais également me limiter sur les genres traités, en me concentrant sur les écrits en prose, principalement les récits de fiction et sur l’histoire (en excluant cependant les théologiens).

Toutefois, si on se limite trop, il ne reste plus grande chose à dire… En effet, si on exclu la grande variété d’ouvrages de théâtre, de poésie, d’histoire, les nombreux traités, ainsi que la littérature épistolaire, et que l’on se limite seulement aux récits en prose — ceux qui se rapproche du “roman” — il ne reste malheureusement pas beaucoup d’ouvrages “littéraires” écrits dans la Rome Antique. Cela ne nous laisse en fait que trois ou quatre auteurs — principalement Pétrone, Lucien de Samosate, Apulée et peut-être Ovide (à mi-chemin entre le récit et la poésie)! Il va donc me falloir trouver un juste milieu…

Un peu d’histoire

Nous avons souvent tendance à croire que la littérature romaine n’est simplement que l’évolution de la littérature grecque, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Si l’on regarde l’histoire de la littérature latine, nous pouvons constater qu’une littérature latine existait bien avant que les latins n’aient conquis la Grèce. Il toutefois impossible de nier que la culture hellénistique ait eu une influence sur toute la Méditerranée et particulièrement sur le sud de l’Italie (qui faisait partie de la Grande Grèce). Les romains ont néanmoins produit une littérature qui a ses caractéristiques propres. Elle est largement dominée par le théâtre et la poésie (où l’on retrouve une préférence pour la comédie et la satire — en opposition à la tragédie grecque), les traités techniques, ainsi que les ouvrages d’histoire et de rhétorique. Contrairement à la Grèce, on retrouve très peu d’écrits sur la philosophie (mais un préférence pour le stoïcisme). La culture romaine a des origines rustique et s’est donc développée, non pas grâce à une grande créativité inspirée, mais plutôt par son esprit technique, rationnel et, parfois, un peu frustre et grivois.

Au cours de la prochaine année, nous allons donc faire un survol de chacune des périodes de la littérature romaine en présentant les auteurs qui ont marqués chaque époque.

Rérérences:

  • Bayet, Jean. Littérature latine: histoires et pages choisies. Paris: Armand Colin, 1960. 796 p. [Goodreads]
  • Bender, Hermann. Histoire abrégée de la littérature romaine. Paris: C. Klincksieck, 1885. 178 p. [Goodreads]
  • Grimal, Pierre. La civilisation romaine. Paris: Flammarion, 1981. 374 p. [Goodreads]
  • Laurend, Louis. Manuel des Études Grecques et Latines, Fascicule V: Littérature latine. Paris: Auguste Picard, 1923. 148 p. [Goodreads]

Liens: 

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Tasting Ancient Rome

My wife and I are big fans of everything that has to do with history and culture. While visiting a bookstore recently, she noticed a book titled Tasting History by Max Miller and Ann Volkwein [ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWorldCat ]. It is a cookbook that recreates dishes from the past using historical recipes, adapting them for modern kitchen and putting them in their historical and cultural context. Knowing my interest for Roman history, she noted that it was containing several recipes from Ancient Rome and that Max Miller also had a website and a YouTube channel dedicated to this subject.

We quickly decided to take a look to his videos about Ancient Roman cuisine. It is very interesting, but heavily peppered with ads, sponsorship and products placements. It is quite popular (3.6 million subscribers) and offers a lot of material (443 videos so far), over forty of them about Ancient roman cooking (or other ancient recipes):

 

I have always been curious about the Food in ancient Rome and the Ancient Roman cuisine. If many ancient roman authors anecdotally talk about food and cooking (for example, Max Miller profusely cites Martial, Suetonius, Petronius, Plinus the Younger, Plinus the Elder, Columella, Galenus, Seneca, Athenaeus, etc., in his videos) very few books on cooking have come down to us. There is actually only one:

  • Apicius, De re coquinaria (On the Subject of Cooking) which seems to be a late compilation of recipes from various authors. It has not seen any recent publication or translation [besides Budé / Les Belles Lettres which is in French and not easily accessible], but it is available on the public domain [ Projet Gutenberg / Univ. of Chicago: Penelope ]. However, there is also a few books about or adapting Apicius:
    • Apicius, Barbara Flower & Elisabeth Rosenbaum. The Roman Cookery Book: A Critical Translation of the Art of Cooking, for Use in the Study and the Kitchen. An “adaptation” of Apicius published in 1958 and reprinted in 2012. [Amazon, Goodreads].
    • Apicius. Les dix livres de cuisine d’Apicius. Paris: Bonnel, 1933. [BANQ, Goodreads]
    • Marty-Dufaut, Josy. Mes meilleures recettes de l’Antiquité romaine : cuisiner avec Apicius. Bayeux : Heimdal, c2016. [BANQ, Goodreads]
    • Pedrazzini, Renzo. Saveurs et senteurs de la Rome antique : 80 recettes d’Apicius. [BANQ, Goodreads]

Three more books talk about the production of food while covering the subject of agriculture and provide a few recipes:

  • Cato, De agri cultura (On agriculture) is a treaty about farming. It is available in French in the famous Collection Budé of Les Belles Lettres and in English in various editions (including Loeb Classical Library). It is often published together with Varro’s Res rusticae [Project Gutenberg]. It is also available in the public domain [Univ. of Chicago].
  • Columella, De re rustica (On the rural issue) which is also a compilation of ancient texts, this time dedicated to agriculture and country life. It also has no recent publication (in French in Budé) but is partially available in the public domain [Univ. of Chicago]
  • Varro, Rerum rusticarum libri III (Rural Topics in three books) or De re rustica or Res rusticae (On Agriculture) where he describes the management of a large roman farm (latifundium). Again not widely available as a publication (in French in Budé), but it can be found in the public domain [Project Gutenberg / Univ. of Chicago]
    • Nisard, Désiré [Ed.]. Les agronomes latins : Caton, Varron, Columelle, Palladius. Paris : J. J. Dubochet et Compagnie, 1844. An old French translation regrouping all of the roman texts on agriculture. [BANQ, Goodreads]

Of course, lots of books about Ancient roman cooking have been written. Here are a few examples:

  • [Lily Heritage], The Cookbook from Ancient Rome: Classic Recipes Reimagined for Today [Amazon, Goodreads]
  • Blanc, Nicole & Nercessian, Anne. La cuisine romaine antique. [BANQ, Goodreads, Nelligan]
  • Chantal, Laure de [Ed.]. À la table des anciens : guide de cuisine antique. [BANQ, Goodreads]
  • Dalby, Andrew. The Classical cookbook [BANQ, Goodreads]
  • De Rubeis, Marco Gavio. Ancient Roman Cooking: Ingredients, Recipes, Sources [Goodreads, Amazon]
  • Faas, Patrick. Around the Roman Table: Food and Feasting in Ancient Rome [Amazon, BANQ, Goodreads]
  • Helton, Lauren M. A Culinary Journey Through Ancient Rome [Goodreads]
  • Husson, René & Galmiche, Philippe. Recettes romaines. [BANQ, Goodreads]
  • Quinot Muracciole, Martine. Rome côté cuisine. Paris: Les Belles Lettres, 2019. [Amazon, Goodreads]
  • Salomon, Jon. Ancient Roman Feasts and Recipes Adapted for Modern Cooking [Goodreads]
  • Tilloi-D’Ambrosi, Dimitri. Le régime romain : cuisine et santé dans la Rome antique. Paris : PUF, [2024]. [BANQ, Goodreads]
  • Wells, Laurene R. Ancient Roman Eats: Roman Style Cooking for Modern Cooks [Goodreads]

Enjoy !!!

Note: This could be considered the first part of the series of articles that I promised to write about Roman literature. More to come eventually… (I am working on it, but please note that there are still six hundred and ninety three days before my retirement !) [Updated: 2025/06/30, 2025/07/01]

[ Traduire ]

Souvenirs de SFFQ

En participant à la table ronde “Protoculture Addicts: Initier la vague anime et manga”, qui s’est tenue en mai 2024 dans le cadre  du  3e colloque du groupe de recherche “Au-delà des 2 solitudes”, je me suis rendu compte qu’il y avait un certain intérêt pour les publications que j’avais fait dans le passé, mais que beaucoup de gens, surtout parmi les générations plus jeunes, ignoraient de quoi il s’agissait. Lorsque j’ai fermé le site internet de Protoculture je n’ai pas pensé à cela… Et faire l’interview avec Bounthavy Suvilay a ravivé toute sorte de souvenirs.

Puis, quand je suis allé au congrès Boréal en septembre, je me suis fait la même réflexion sur les publications que j’avais faite à propos de la science-fiction et du fantastique québécois, en particulier le fanzine Samizdat et les anthologies Sous des Soleils Étrangers et Orbite d’Approche. On célébrait à Boréal les cinquante ans de Solaris et cela  a aussi ravivé bien des souvenirs…

J’ai donc décidé de créer deux sites internet (ce qu’on appelle en anglais “legacy website”), un pour chacune de mes périodes de publications: d’abord Publications Ianus (avec Samizdat et les anthologies), puis Protoculture (pour mes publications anglophones sur la culture populaire japonaise, c.-à-d. l’anime, les mangas et le cinéma japonais).

Je viens de compléter celui sur les Publications Ianus (que j’ai simplement appelé “Samizdat” parce que c’est plus évocateur) et de le mettre en ligne. Je vous invite donc à le visiter.

samizdt

Avec le temps, j’y rajouterai mes articles publiés dans le fanzine (peut-être aussi mes fictions) et peut-être même du nouveau matériel. On verra.

La prochaine étape sera de faire la même chose pour Protoculture. Ce site-là sera sans aucun doute plus volumineux et plus long à produire. Je mettrai peut-être d’abord en ligne juste la structure du site en y ajoutant plus de matériel de semaine en semaine (quoique la fin de 2024 risque d’être très occupée pour moi alors on verra comment iront les choses…).

Faites-moi savoir ce que vous en pensez…

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#DRCL: Midnight Children 01

DRCL-1-covLe mythe de Dracula revisité par un orfèvre du manga !

À la fin du XIXe siècle, un vaisseau russe embarque d’étranges caisses remplies d’une terre à l’odeur pestilentielle. La traversée des océans est un calvaire pour l’équipage : disparitions et morts suspectes s’enchaînent. Certains parlent d’un fantôme… Quand le bateau parvient enfin à destination en Angleterre, il a tout d’une épave flottante. Alors que la police portuaire se lance à la recherche de survivants, elle tombe sur une énorme créature mi-homme mi-loup, qui disparaît comme par magie…

Quelques instants plus tard, dans le cimetière de la ville, quatre élèves du prestigieux établissement Whitby assistent à une scène terrifiante : un de leurs camarades est capturé par une bête ténébreuse ! Seule Mina Murray, l’unique fille de l’établissement, a le courage de voler à son secours, mais il est déjà trop tard…

Le brillant Shin’ichi Sakamoto (Ascension, Innocent…) revisite le mythe de Dracula et installe le plus célèbre des maudits au cœur de la jeune élite anglaise ! Cette relecture moderne qui dépasse les genres et les frontières est portée par des “enfants de minuit” tous différents, mais unis dans leur volonté de se frayer un chemin à travers les ténèbres…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

#DRCL midnight children est un manga d’horreur seinen par Shin’ichi SAKAMOTO qui est inspiré par le roman Dracula de Bram Stoker. Il est publié en feuilletons dans le magazine Grand Jump depuis janvier 2021 et a été compilé jusqu’à maintenant en quatre volumes chez Shueisha. Il a été traduit en anglais chez Viz (deux volumes parus en septembre 2023 et mars 2024, avec un troisième à paraître en septembre 2024) et en français chez Ki-oon (deux volumes parus en janvier et mai 2024).

DRCL-1-p223

T.01, p. 223

Shin’ichi SAKAMOTO nous offre une relecture du roman de Bram Stoker à sa façon. Le récit, quoique sombre et bizarre, est plutôt intéressant, mais la narration est un peu saccadée et confuse. Toutefois, l’aspect le plus remarquable du manga est le style superbe de Sakamoto qui nous offre un dessin extrêmement détaillé et réaliste (voir mon commentaire sur son manga Innocent à ce sujet). Si vous désirez en apprendre plus sur cet auteur qui s’intéresse surtout aux âmes tourmentées (et dont toutes les œuvres publiées depuis 2004 ont été traduites en français: Kiômaru, Nés pour cogner, Ascension, Innocent et Innocent – Rouge disponibles chez Delcourt/Tonkam), vous pouvez consulter l’épisode 8 du documentaire Manben Neo par Naoki Urasawa qui lui est consacré ainsi qu’une entrevue dans le magazine dBD #181 (pp. 38-43). #DRCL est un manga à lire par curiosité, si l’horreur vous intéresse.

#DRCL midnight children T01, par Shin’ichi SAKAMOTO (d’après Dracula de Bram Stoker / Traduction par Sylvain Chollet). Paris: Ki-oon, janvier 2024. 246 pages (4 en couleurs), 13 x 18 cm, 7,95 € / $15.95 Can, ISBN 979-10-327-1803-2. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2021 by Shin-ichi Sakamoto / SHUEISHA Inc.

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Le clan des Otori t.4: Les Neiges de l’exil

J04814_LeClanDesOtori_T4_COUV.inddUne fresque puissante au cœur d’un Japon médiéval fantastique sublime: le début du deuxième cycle. 

L’assassinat du sanguinaire chef des Tohan, sire Iida, a renversé l’échiquier politique des Trois Pays. L’heure est aux alliances, mais Takeo et Kaede, tous deux héritiers légitimes de leurs clans, poursuivent d’autres desseins. Fuites, secrets, traques, magie, séduction… Leurs ennemis sont partout. Dissimulés, prêts à frapper.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Le Clan des Otori est une bande dessinée par Stéphane Melchior et Benjamin Bachelier qui adapte la série de romans de fantasy historique Tales of the Otori par Lian Hearn, inspirée par le Japon féodal. J’ai déjà commenté le premier et le second tome, ainsi que le troisième volet qui conclut le premier cycle du récit (basé sur le premier volume, Across the Nightingale Floor parut en 2002). Le second cycle adapte le deuxième tome de la série, Grass for His Pillow parut en 2003.

ClanDesOtori-4-p006

T. 4, p. 6

Takeo, que l’on nomme maintenant Minoru, se cache à Yamagata le temps que les choses se calment. Il est protégé par la Tribu mais est en fait prisonnier sous la surveillance d’Akio qui lui est plutôt hostile. Héritier présomptif de l’autorité de la Tribu, sa présence gêne les ambitions du cousin de son père, Kotaro, et de son neveu, Akio. Mais Takeo n’est pas intéressé au pouvoir. On le cache au sein d’une troupe de théâtre saltimbanque. Quant à Kaede, elle donne son allégeance à Araï Daiichi, le nouveau maître des Trois Pays depuis la mort de Iida Sadamu. Elle obtient la permission de retourner chez elle. Maintenant héritière tant des Shirakawa que des Maruyama, on la dit enceinte de Otori Shigeru (en fait, l’enfant est de Takeo). Elle retrouve son domaine de Shirakawa dévasté, sa mère morte et son père gravement blessé. Si elle veut trouver sa place sur l’échiquier du pouvoir, elle doit se faire des alliés.

Cette bande dessinée nous offre une très bonne adaptation du roman de Lian Hearn. C’est un beau récit, captivant, qui se lit bien malgré la complexité des intrigues qui opposent les différentes factions politiques ou religieuses (les clans de Rohan, Seishuu, Otori, Nogushi, la Tribu, les Invisibles, etc.). Si j’apprécie beaucoup moins le style du dessin, brouillon avec des couleurs criardes (qui n’est pas sans rappeler celui de Sfar), celui-ci exprime toutefois bien le récit et ne distrait pas de la lecture. C’est donc une très bonne BD qui nous permet de découvrir plus aisément la série de romans et qui plaira certainement aux amateurs de culture japonaise.

Le Clan des Otori  t. 4: Les Neiges de l’exil, par Stéphane Melchior (texte, d’après l’œuvre de Lian Hearn) et Benjamin Bachelier (dessin). Paris: Gallimard BD (Coll. Fétiche), mars 2024. 88 pages, 23.7 x 31.7 cm, 18.95 € / $C 37.95, ISBN 9782075197007. Pour lectorat adolescent (12+). Extraits disponibles. stars-3-5

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© Liam Hearn, 2003. © Gallimard 2024 pour la présente édition.

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The Wheel of Time: The Eye of The World GN #5-6

EyeOfTheWorldGN-5-covVol. 5

“Created with the cooperation of the Jordan estate, adapted by well-known comics writer Chuck Dixon and illustrated by the talented Chase Conley, The Eye of the World: The Graphic Novel has been hailed as an exciting interpretation of Robert Jordan’s classic fantasy novel. This volume features brilliant interior art by Marcio Fiorito and Francis Nuguit.

In The Eye of the World: the Graphic Novel, Volume Five, Rand al’Thor and his friends and companions have been separated by attacks by Darkfriends and scattered across the lands. Having persevered, they make their way to Caemlyn, where they hope to be reunited. But their roads have grown ever more dangerous.

Lan, Moiraine, and Nynaeve rescue Perrin and Egwene from the Whitecloaks. But five traveling together attract more attention than two or three traveling on their own….

Rand and Mat have encountered more than one Darkfriend, often barely escaping without injury. They’re out of money and in too much danger to stop and work for more. Luckily, they make some new friends, but unluckily, Rand tumbles into a royal garden, where he is seized by the Palace Guards and hauled before the Queen….”[Text from the publisher’s website]

EyeOfTheWorldGN-6-covVol. 6

“Created with the cooperation of the Jordan estate, adapted by well-known comics writer Chuck Dixon and illustrated by the talented Chase Conley, The Eye of the World: The Graphic Novel has been hailed as an exciting interpretation of Robert Jordan’s classic fantasy novel. This final volume features brilliant interior art by Francis Nuguit.

The Eye of the World: the Graphic Novel, Volume Six, Rand al’Thor and his companions—his old friends from Emond’s Field; the brave warrior Lan Mandragoran; and Moiraine, the mysterious and powerful Aes Sedai—have at last been reunited. Their journey in search of the Eye of the World nears its climax as they dare the otherworldly Ways, guided by an Ogier, Loial, and narrowly escape the menace of the soul-stealing Machin Shin. When the group reaches the realm of the Green Man, they believe themselves safe. But two of the Forsaken are waiting for them, ready to attack and to guide their dark lord, Ba’alzamon, to the ones he has been seeking!

When the three young men left Emond’s Field, they were untried blades. Their long journey has stolen much of their innocence and made them seasoned warriors, given them powers and gifts they did not seek and are still learning how to use. But not until the final moments are they sure which of them the Dark One intends to claim… and whether that one is strong enough to fight back and survive.” [Text from the publisher’s website]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

The graphic novel adaptation of Wheels of Time TV series on Amazon Prime Video (and, above all, of Robert Jordan’s fantasy novels series) continues with the fifth and sixth volumes (I have already commented on volumes one, two, three and four).  As I have already said, the comic summarizes the story of the novel very well (as it is much more faithful to the novels than the TV series) but the art is quite inconstant as the artist changes with each volume. So much so that I almost abandon reading this series, but curiosity got the best of me. However, as the story of the first book comes into a conclusion, you are so caught up in the action that the artwork doesn’t really matter. Overall, it is an entertaining reading and the graphic novel remains a good way to avoid reading the lengthy novel series (while waiting for the next season of the TV adaptation). A relatively good comics if you are curious about the story.

The Wheel of Time Graphic Novel adaptation continues with The Great Hunt vol. 1 (#7) by Rick Hoskin and Marcio Abreu. Vol. 2 will be published in April 2025. Unfortunately it is not yet available in my local library, therefore I will have to suspend my reading of the graphic novel series (and probably give another try to reading Jordan’s novels instead).

The Wheel of Time: The Eye of the World  GN #5, by Chuck Dixon (Based on the novel by Robert Jordan) with Marcio Fiorito and Francis Nuguit (Illustrators). New York: Tor Books, July 2014. 176 pages, 6 5/8 x 10 1/8 in., US $21.99 / CAN $28.99, ISBN 978-0-7653-7425-7. For a teenage readership (12+). stars-3-0

The Wheel of Time: The Eye of the World  GN #6, by Chuck Dixon (Based on the novel by Robert Jordan) with Andie Tong (Illustrator). New York: Tor Books, January 2015. 176 pages, 6 5/8 x 10 1/8 in., US $21.99 / CAN $28.99, ISBN 978-0-7653-7427-1. For a teenage readership (12+). stars-3-0

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© 2014 Bandersnatch Group Inc.

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The Wheel of Time: The Eye of The World GN #4

WheelOfTimeGN-4-Cov“Created with the cooperation of the Jordan estate, adapted by well-known comics writer Chuck Dixon and illustrated by the talented Chase Conley, The Eye of the World: The Graphic Novel has been hailed as an exciting interpretation of Robert Jordan’s classic fantasy novel. This volume features brilliant interior art by Andie Tong.

In The Eye of the World: the Graphic Novel, Volume Four, Rand and Mat, Perrin and Egwene, and their friends and fellow travelers separated into three groups and trying to make their way to Caemlyn as quickly as possible. Perrin and Egwene have fallen in with Elyas and his wolf companions. Perrin is both distressed and intrigued when he discovers that he can understand the wolves. When Thom is apparently killed defending them, Rand and Mat are grief-stricken, but they have no time to mourn, for they know that Darkfriends will soon be on their trail. The boys put Thom’s lessons to good use by performing as gleemen to earn their livelihood as they head along the Caemlyn Road. Moiraine begins to teach a reluctant Nynaeve the way of the One Power, challenging much that the Wisdom thought she understood about the world. Soon all three groups find themselves pursued by Darkfriends. Will they be safely reunited or will their enemies begin to pick them off, one by one?” 

[Text from the publisher’s website]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

The graphic novel adaptation of Wheels of Time TV series on Amazon Prime Video (and, above all, of Robert Jordan’s fantasy novels series) continues with a fourth volume (I have already commented on volumes one, two and three).  As I have already said, the comic summarizes the story of the novel very well (as it is much more faithful to the novels than the TV series) but the art is really inconstant as the artist changes with each volume. In some cases, the art is rather ugly and it’s distracting from the reading. It was so tedious that I had decided to abandon reading this series, but curiosity got the best of me. And this fourth volume, illustrated by Andre Tong, is better but it is still far from a masterpiece. It is nevertheless entertaining and the graphic novel is a good way to avoid reading the lengthy novel series (while waiting for the next season of the TV adaptation). An average comics if you are curious about the story.

The Wheel of Time: The Eye of the World  GN #4, by Chuck Dixon (Based on the novel by Robert Jordan) with Andie Tong (Illustrator). New York: Tor Books, December 2023. 176 pages, 6 5/8 x 10 1/8 in., US $21.99 / CAN $28.99, ISBN 978-0-7653-3631-6. For a teenage readership (12+). stars-2-5

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 © 2013 Bandersnatch Group Inc.

The Wheel of Time GN #3: The Eye of the World

WheelOfTimeComic-3-Cov“Created with the cooperation of the Jordan estate, adapted by well-known comics writer Chuck Dixon and illustrated by the talented Chase Conley, The Eye of the World: The Graphic Novel has been hailed as an exciting interpretation of Robert Jordan’s classic fantasy novel. It features brilliant interior art by Marcio Fiorito and Francis Nuguit, and stunning covers by Jeremy Saliba and Seamus Gallagher.

Rand; his friends Mat, Perrin, and Egwene; the Aes Sedai Moiraine and her Warder, Lan Mandragoran; Thom the gleeman and Nynaeve, the village Wisdom, split into three groups while trying to escape the ancient, dead city of Shadar Logoth, where they are pursued by the deadly Mashadar. A disastrous river crossing leaves Perrin and Egwene on their own—until they meet a mysterious stranger who claims that he and Perrin share a remarkable ability. Meanwhile, Rand and Mat pose as Thom’s apprentices as they sail downriver on a cargo ship.”  [Text from the publisher’s website]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

The graphic novel adaptation of Wheels of Time TV series on Amazon Prime Video (and, above all, of Robert Jordan’s fantasy novels series) continues with a third volume (I have already commented on volumes one and two). The troops of trollocs that are pursuing them are getting dangerously close, so Moiraine Sedai reluctantly decides to take refuge in the abandoned city of Aridhol where terrible things happened and terrible things are still hiding — so much so that even the trollocs fear the place, now known as Shadar Logoth, the place where the shadow waits. The curiosity of Mat having awakened the Mashadar, they have to flee again in the middle of the night, chased by both the deadly shadows and the trollocs. In their escape, the group get separated: Rand, Mat and Thom end up on the Spray, a trading ship bound for Whitebridge, while Moiraine, Lan and Nynaeve take the road, whereas Perrin and Egwene cut through the forest, where they encounter Elyas and his pack of wolves, and, later, a band of peace-loving Tinkers. The boys make it to Whitebridge, but have to quickly leave when a Myrddraal surprises them and probably kills Thom…

The comic summarizes the story of the novel very well (as it is much more faithful to the novels than the TV series) but the art is really terrible. As it changes artist with every volume, the quality is inconstant. The second volume was an improvement on the first, but this one is the worse. The story is interesting, but the ugly art is a distraction. I thought the comic would be a good way to avoid reading the lengthy novel series (while waiting for the next season of the TV adaptation), but, considering how a tedious reading it is, I am not so sure. I am not very enthusiastic with the idea of continuing reading this comic series and I cannot really recommend it.

The Wheel of Time GN #3: The Eye of the World, by Chuck Dixon (Based on the novel by Robert Jordan) with Marco Fiorito and Francis Nuguit (Illustrators). New York: Tor Books, Avril 2023. 176 pages, 6 5/8 x 10 1/8 in., US $21.99 / CAN $28.99, ISBN 978-1-250-90002-9. For a teenage readership (12+). stars-2-5

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© 2013 Bandersnatch Group Inc.

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Les migrants du temps (Liu Cixin 15)

Cixin-15-MigrantDuTemps-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, qui imaginent les futurs possibles de l’humanité.

Rongé par la pollution et la surpopulation, l’humanité se résout à la migration dans le temps. 80 millions d’humains sont envoyés dans le futur, espérant que la Terre de demain aura pu se régénérer. Les caissons de cryogénisation ne peuvent gérer que 4 réveils et la durée maximum du voyage, du sommeil, est de 1200 ans maximum. Comment va évoluer l’humanité ? Trouveront-ils un nouvel éden ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

 J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) j’ai poursuivi ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité), cinq (La perfection du cercle), six (Proies et Prédateurs), sept (L’Attraction de la foudre), huit (Brouillage intégral), neuf et dix (La Terre transpercée et L’Ère des anges) ainsi que le onze (Au-delà des montagnes), le douze (Le calcul du papillon), le treize (L’Humanité invisible) et le quatorze (L’Océan des rêves). Les Migrants du temps est le quinzième et dernier volume de la série.

Cixin-15-MigrantDuTemps-p11

T. 15, p. 11

Cet album adapte la nouvelle 时间移民 (Shíjiān yímín / lit. “Migration temporelle”, 18 pages) publiée en décembre 2014 dans l’anthologie du même titre chez Jiangsu Phoenix. La planète étant devenue invivable à cause de la pollution et de la surpopulation, l’humanité tente de survivre en envoyant quatre-vingts millions de jeunes migrants dans le futur grâce à un procédé de cryogénisation. Toutefois, après chacun des sauts dans le futur, ils trouvent des conditions peu hospitalières: après un siècle, ils découvrent un monde en pleine guerre, après un autre cinq-cents ans ils sont rejetés par une humanité qui les considère comme trop primitifs, et après un autre mille ans ils rencontrent une population hostile qui vit principalement dans le virtuel. Comme il ne leur reste plus qu’un seul saut possible, ils tentent le tout pour le tout avec un bond de dix mille ans! Il ne reste plus trace de l’humanité, mais la terre est redevenue un paradis! Ils pourront donc redémarrer à zéro une nouvelle civilisation…

Le récit de Sylvain Runberg (qui avait déjà adapté les tomes quatre et dix) est fluide et plutôt intéressant. Quant au dessin de Serge Pelle, un peu anguleux, il dépeint agréablement les ruines futures de la planète. C’est une très bonne histoire qui conclut bien cette série d’adaptation des univers de Liu Cixin. À lire pour les amateurs de science-fiction.

Les migrants du temps (Les Futurs de Liu Cixin, #15), par Sylvain Runberg (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin) et Serge Pelle (illustration et couleurs). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), septembre 2023. 72 pages, 21.7 x 29.8 cm, 17.95 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03802-3. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© 2022 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2023 Éditions Delcourt pour la présente édition.

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The Wheel of Time GN #2: The Eye of the World

EyeOfTheWorldGN-2-cov“Now an original series starring Rosamund Pike as Moiraine! Created with the cooperation of the Jordan estate, adapted by well-known comics writer Chuck Dixon and illustrated by the talented Chase Conley, The Eye of the World: The Graphic Novel has been hailed as an exciting interpretation of Robert Jordan’s classic fantasy novel. This volume features brilliant interior art by Andie Tong.

In The Eye of the World: the Graphic Novel, Volume Two, Rand al’Thor, Egwene al’Vere, and their friends flee their home village in the company of Moiraine and her Warder, Lan Mandragoran. Pursued by their enemies, the group seeks sanctuary in Baerlon. Rand’s nightmares grow darker. Moiraine takes Egwene under her wing. Lan warns them to trust no one, but should that distrust extend to Lan and Moiraine as well?” 

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

The graphic novel adaptation of Wheels of Time TV series on Amazon Prime Video continues with a second volume. Our bunch of heroes escapes again the Myrdraal’s trollocs army at Taren Ferry (witnessing how ruthless Moiraine can be) and avoid the sight of the Draghkar. They finally can rest at Baerlon where they all learn a little more about their journey. Rand meets Ba’alzamon in his dream, get acquainted with the seer Min and the group have their first encounter with the White cloaks. However, their enemies are getting closer…

The adaptation seems quite faithful to the novels. As the storytelling is good and the art is rather standard comic style (however much better than the first volume), it makes for a good and entertaining reading. An excellent choice if you want to avoid reading the lengthy novel series and cannot wait for the next season of the TV series…

The Wheel of Time GN #2: The Eye of the World, by Chuck Dixon (Based on the novel by Robert Jordan) and Andie Tong (Illustrator). New York: Tor Books, March 2023. 176 pages, 6 5/8 x 10 1/8 in., US $21.99 / CAN $28.99, ISBN 978-1-250-90000-5. For a teenage readership (12+). stars-3-0

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© 2012 Bandersnatch Group Inc.

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L’Étranger

Etranger-cov“Étranger à la société, étranger à sa propre vie, Meursault est indifférent à tout. La mort de sa mère, une demande en mariage, la défense d’un voisin proxénète… rien ne l’atteint. Pas même l’impardonnable, le meurtre qu’il commet, sur une plage, sans raison autre qu’un soleil écrasant et une chaleur étouffante. Un acte qui l’entraîne dans les méandres de la justice, pour un procès hors norme.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

L’Étranger (異邦人 / Kotokunibito) est un manga seinen par Ryota Kurumado qui adapte sous forme graphique le fameux roman absurde d’Albert Camus — qui a déjà eut une adaptation similaire par Jacques Ferrandez publiée chez Gallimard. Né en 1989, Kurumado est un jeune mangaka qui s’était déjà fait connaître en 2020 avec l’adaptation d’une autre oeuvre de Camus, La Peste (ペスト, 4 volumes aussi publiés chez Michel Lafon). Avant cela, il n’avait publié que deux récits: Freude (フロイデ, sérialisé dans Monthly Morning Two en 2015 et compilé chez Kodansha en un volume) et My Wife is a BL Manga Artist (嫁はBL漫画家, sérialisé dans B Bunch en 2019 et compilé chez Shinchosha en deux volumes).

Etranger-p001

Page 1

Meursault semble détaché de tout et avance dans l’existence sans but précis, en titubant comme un mort-vivant, au gré des circonstances. Sa mère meurt, il renoue avec une vieille flamme, se lie d’amitié avec un voisin violent, tout cela comme s’il n’était qu’un spectateur dans une pièce de théâtre absurde… Jusqu’au jour où, sans trop savoir pourquoi, il ramasse un pistolet et crible de balles l’arabe qui vient de poignarder son ami. Sa seule excuse: “le soleil était aveuglant et la chaleur m’écrasait.” Peu de temps avant son exécution, il pêtes les plombs devant le prêtre qui tente de le convertir: ”Je vais mourrir. Rien n’a d’importance. Cette vie est absurde. Vous vivez comme un mort… et ça vous regarde. Je vous interdis de prier pour moi!” Malgré cela il sent qu’il a été heureux… Un étrange roman qui se lit au rythme de l’Afrique du nord et que j’ai lu au début des années ’80 dans le cadre d’un cours de philo. 

L’adaptation de Kurumado me semble bonne, quoiqu’il abrège un peu le récit original. Elle respecte très bien l’esprit de l’oeuvre. Toutefois, son style de dessin minimaliste est plutôt médiocre et enfantin. Cela me rappel beaucoup le style des collectifs Variety Art Works ou Team Banmikas qui se spécialisaient justement dans l’adaptation de classiques de la littérature. J’imagine qu’un dessin plus grossier distrait moins le lecteur et lui permet de se concentrer sur le texte… Ce n’est certes pas la meilleurs adaptation du genre mais cela reste une intéressante introduction à l’œuvre de Camus. À lire par curiosité.

L’étranger, par Albert Camus et Ryota Kurumado. Neuilly-sur-Seine: Michel Lafon (Coll. Kazoku), Juin 2023. 304 pages, 15 x 21.4 cm, 14.95 € / $21.95 CAN, ISBN 978-2-7499-5235-2. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-2-5

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© Éditions Michel Lafon, 2023

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L’Océan des rêves (Liu Cixin 14)

OceanDesReves-Cixin14-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, qui imaginent les futurs possibles de l’humanité.”

“Une créature extraterrestre issue de la matière noire s’invite au festival de sculptures sur glace de Harbin. Sa technique comme sa démarche artistique sont radicales : l’entité pille littéralement les cours d’eau, les mers et les océans du globe. Elle reste sourde à nos tentatives de négociations et indifférente à la dissuasion militaire. L’humanité semble perdue…”  [Texte du site de l’éditeur]

“Yan Dong participe au célèbre concours de sculptures monumentales sur glace de Harbin. Soudain surgit de l’espace une entité extraterrestre. C’est un artiste des températures extrêmes, tout à l’urgence de sa nouvelle création.” [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) j’ai poursuivi ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité), cinq (La perfection du cercle), six (Proies et Prédateurs), sept (L’Attraction de la foudre), huit (Brouillage intégral), neuf et dix (La Terre transpercée et L’Ère des anges) ainsi que le onze (Au-delà des montagnes), le douze (Le calcul du papillon) et le treize (L’Humanité invisible). Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois et il ne m’en reste plus qu’un à lire:  15. Les migrants du temps (septembre).

OceanDesReves-Cixin14-pl01Cet album adapte la nouvelle 梦之海 (Mèng zhī hǎi / lit. “Mer de rêves”) publié en 2002 dans le mensuel chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World). Un artiste interstellaire s’inspire d’un sculpteur de glace sur Terre mais son travail artistique, qui utilise toutes les ressources en eau de planète, menace la survie de l’humanité. Il n’accepte de communiquer qu’avec l’artiste chinois mais celui-ci n’arrive pas à le convaincre d’épargner la Terre.

Comme je l’ai mentionné quand j’ai commenté cet album en anglais, c’est une histoire charmante qui offre une intéressante réflection sur l’art et le fait que la nécessité est la mère de l’invention. Il semble que ce n’est que dans ce genre de situation désespérée que l’humanité délaisse ses différences et s’unit pour saisir le défi. Toutefois le style du dessin un peu brouillon ne m’attire pas beaucoup. Une bonne lecture tout de même.

L’Océan des rêves (Les Futurs de Liu Cixin, #14), par Rodolfo Santullò (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin) et Jok (illustration et couleurs). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), août 2023. 94 pages, 21.8 x 29.8 cm, 19.99 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03798-9. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© 2020 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2023 Éditions Delcourt pour la présente édition.

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SDL 2023

SLM_2023-AfficheComme chaque année, depuis des temps immémoriaux, je suis allé faire mon tour au Salon du Livre de Montreal, qui se tenait du 22 au 26 novembre au Palais des Congrès. Et comme toutes les fois, depuis au moins une dizaine d’années, je n’y ai rien trouvé d’excitant. Il se publie de plus en plus de livres et c’est de plus en plus difficile de trouver quelques choses d’intéressants — de séparer le bon grain de l’ivraie. Trop c’est comme pas assez. J’ai aussi le sentiment qu’on favorise trop la quantité sur la qualité. J’allais souvent au salon pour découvrir les nouveautés mais j’ai l’impression que maintenant les distributeurs nous présentent surtout leurs meilleurs vendeurs au lieu de leurs nouveautés. Payer un prix d’entrée de $13 pour juste se retrouver avec un mal de jambes en fin de journée c’est un peu décevant.

SLM_2023-planJ’ai parcouru le salon de long en large (au Palais des Congrès il faut le faire en deux partie: la section du Hall Viger et la section du Hall Place Riopelle) surtout pour visiter les kiosques des grands distributeurs où se regroupaient les éditeurs de BD et de manga : Interforum (Akata, Ki-oon, Komikku, Kurokawa), Prologue (Ankama, Dargaud, Kana, Le Lombard, Vega-Dupuis), Gallimard/Flammarion (Casterman, Futuropolis, Rue de Sèvres), Hachette (Albert-René, Delcourt, Glénat, Kazé, Le Lézard Noir, Nobi Nobi, Panini, Pika, Soleil, Ynnis), avec quelques arrêts ici et là, pour finir en beauté chez Alire, où il y avait samedi un lancement avec cocktail de 18:00 à 20:00. C’est là où j’ai eu le plus de plaisir.

Toutefois, tout n’est pas perdu puisque j’ai tout de même noté quelques titres à investiguer (je vais probablement en faire la suggestion d’achat à ma bibliothèque publique):

Je n’ai pas vu un seul manga intéressant (la tendance étant au shonen de baston ou d’horreur) mais du côté de la littérature nippone j’ai noté deux éditeurs intéressants, tous deux aux kiosque de Harmonia Mundi: Atelier Akatombo (qui publie notamment du manga, du polar et de la SF!) et Picquier (qui se consacre à traduire et publier des livres d’Asie). Voici quelques titres qui y étaient présenté et qui feraient sans doute de bonnes suggestions de lecture:

Dans la même ligné, je recommande les romans de Aki Shimazaki qui est une auteure japonaise établie au Québec et publiée chez Leméac/Actes Sud (distribué par ADP). [AmazonGoodreadsLes LibrairesNelligan]

J’ai fait un petit arrêt chez Druide Informatique pour jeter un coup d’oeil à leur logiciel Antidote car, que ce soit en français ou en anglais, mon écriture a besoin d’un correcteur et l’auto-correction du système d’opération d’Apple est malheureusement insuffisante (elle a de la difficulté avec l’écriture bilingue). Cependant ce n’est pas donné: le logiciel Antidote 11 coûte $129.95 (sans mise à niveau!). La solution la plus complete est l’Antidote+ Personnel en abonnement annuel à $60 (et pour ajouter le module bilingue c’est $30 par an de plus !). C’est un pensez-y bien… (C’est tout de même pas si cher car avec taxes c’est environ $103 et donc un peu moins de $9 par mois….)

Le clou de la soirée a été le lancement des nouveautés d’automne aux Éditions Alire:

Parmi les nouveautés on retrouvait également six rééditions en format de poche: Ceux de là-bas (Patrick Senécal), Chrysanthe 2 & 3 (Yves Meynard), La Vieille Fille 2 & 3 (Catherine Sylvestre) et Un Éclat d’Antan (Guy-Gavriel Kay).

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Catherine Sylvestre et Lionel Noël

Cela m’a permis de retrouver de vieilles connaissance ou d’en rencontrer de nouvelles et d’avoir d’intéressante conversations littéraires sur l’état politique et apocalyptique du monde. Je n’ai malheureusement pas pris beaucoup de photos (c’est compliqué de faire le photographe avec un verre de vin à la main!). J’ai ainsi rencontré, entre autres, Wayne Arthurson (Déshonneur au Camp 133), Natasha Beaulieu (Les perles noires), Sylvie Bérard (La Frugalité du temps), Alain Bergeron (Le Huitième Registre), Michèle Laframboise (Rose du Désert), Yves Meynard (Chrysanthe 3), Lionel Noël (Septembre avant l’apocalypse), Jean-Jacques Pelletier (Rien), Jean Pettigrew (éditeur chez Alire), Christian Sauvé (qui m’a finalement fourni le lien vers la présentation qu’il a faite à Boréal sur l’histoire du cinéma de SF), Patrick Senécal (Résonances), Daniel Sernine (Les Passerelles du temps, directeur de Lurelu), et Catherine Sylvestre (La Vieille Fille et l’enfant). Ce fut un moment bien agréable. Merci à toute l’équipe d’Alire pour leur bon travail.

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The Wheel of Time GN #1: The Eye of the World

EyeOfTheWorld-1-cov“Now an original series starring Rosamund Pike as Moiraine!

Created with the cooperation of the Jordan estate, adapted by well-known comics writer Chuck Dixon and illustrated by the talented Chase Conley, The Eye of the World: The Graphic Novel has been hailed as an exciting interpretation of Robert Jordan’s classic fantasy novel.

The Eye of the World: The Graphic Novel, Volume One begins Robert Jordan’s epic tale by introducing Rand al’Thor and his friends Matrim and Perrin at home in Emond’s Field, shortly before the spring festival. Moiraine Damodred and Lan Mandragoran appear and almost before Rand knows it, he’s fleeing his home village with Moiraine, Lan, his friends, and Egwene al’Vere, the innkeeper’s daughter, who wishes to become an Aes Sedai. The conclusion of this volume leaves the travelers on the road to Baerlon, barely ahead of the pursuing Trollocs and Draghkar. But even as they run for their lives, Moiraine and Lan begin to teach the young people what they will need to know to survive in this dangerous world.” 

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I have recently watched the first two seasons of Wheels of Time TV series on Amazon Prime Video and I liked it a lot. It is an excellent fantasy TV series which is unfortunately not very original as it is a mish-mash of many things. It takes a lot from the Arthurian legends, the tolkienian high fantasy as well as a little from Game of Thrones, the Dune movie and even Star Wars. However, it is quite addictive. It is very well written and with superb special effects. It a must-see and I can’t wait for the next season. stars-4-0

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vol. 1, p. 166-167

As it is often the case, I wanted to have more but couldn’t muster yet the courage to tackled Robert Jordan’s lengthy novel series so I settled for reading the comic book adaptation by Chuck Dixon illustrated by Chase Conley originally published by Dynamite and compiled in graphic novel format by Tor Books. I was a little disappointed. The storytelling is good and probably faithful to the book (although some events unfold differently in the TV series) but, if the graphic style is generally fine, the rendering of the characters is sometimes quite sloppy. However, it makes for a good reading and offers an interesting introduction to the world of Wheels of Time. I think I am now ready for the novels…

The Wheel of Time GN #1: The Eye of the World, by Chuck Dixon (Based on the novel by Robert Jordan) and Chase Conley (Illustrator). New York: Tor Books, March 2023. 240 pages, 6 5/8 x 10 1/8 in., US $21.99 / CAN $28.99, ISBN 978-1-250-90001-2. For a teenage readership (12+). stars-3-0

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© 2011 Bandersnatch Group Inc.

L’Humanité invisible (Liu Cixin 13)

HumaniteInvisible-Cixin13-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, qui imaginent les futurs possibles de l’humanité.”

“Depuis la confirmation d’un terrible flash d’énergie solaire, des dizaines de navettes spatiales avaient embarqué le maximum d’espèces terrestres, parties en quête d’un astre habitable. Notre unique et dernière solution pour perpétuer la vie. Et aujourd’hui, le Précurseur revenait enfin, seul survivant, après des années-lumière d’exploration. Dans quel état allait-il retrouver la Terre ?”  [Texte du site de l’éditeur]

“De retour sur Terre après des centaines d’années, Précurseur découvre avec effroi que le flash solaire s’est produit et a ravagé la planète. La vie n’y est désormais plus possible. Mais alors, quels sont ces messages vidéos ?” [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) j’ai poursuivi ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité), cinq (La perfection du cercle), six (Proies et Prédateurs), sept (L’Attraction de la foudre), huit (Brouillage intégral), neuf et dix (La Terre transpercée et L’Ère des anges) ainsi que le onze (Au-delà des montagnes) et le douze (Le calcul du papillon). Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois et il ne m’en reste plus que deux à lire: 14. L’Océan des rêves (août, déjà commenté en anglais) et 15. Les migrants du temps (septembre).

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Vol. 13, p. 24

Cet album adapte la nouvelle 微纪元 (Wēi jìyuán / lit. “La micro époque”) publié en 2001 dans le mensuel chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World). Suite à la découverte qu’un flash d’énergie solaire détruira la Terre, plusieurs vaisseaux d’exploration sont envoyé vers des exo-planètes pour vérifier si elles sont habitables. Seul survivant de ces expéditions, Précurseur revient bredouille sur Terre plusieurs millénaires plus tard (due à la relativité qui cause une dilatation temporelle) pour découvrir que le flash a bel et bien rendu la Terre inhabitable. Toutefois, il reçoit des messages vidéos de bienvenue ! L’Humanité a survécu en se miniaturisant et en vivant comme des microbes dans de minuscules cités souterraines. Son retour déclenchera une nouvelle ère de développement pour l’Humanité…

Dans un style graphique agréable similaire à celui des mangas japonais, Liu Wei fait une excellente adaptation d’un récit de hard-science qui est malheureusement ridiculement invraisemblable. C’est néanmoins une lecture agréable. À lire tout de même par curiosité.

L’Humanité invisible (Les Futurs de Liu Cixin, #13), par Liu Wei (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), juin 2023. 78 pages, 21.6 x 29.2 cm, 17.95 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03803-0. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-2-5

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© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2023 Éditions Delcourt pour la présente édition.

Le calcul du papillon (Liu Cixin 12)

CalculDuPapillon-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour imaginer les possibles futurs de l’humanité.”

“Belgrade sous les bombes. L’organisme de la petite Katya rejette sa récente greffe de rein. Son père, Alexsander, cherche un supercalculateur pour déterminer les coordonnées terrestres exactes d’où provoquer la formation d’un épais brouillard. Pour donner le répit nécessaire au rétablissement de sa fille, pour sauver leurs vies… Les premières coordonnées indiquent le désert malien…”  [Texte du site de l’éditeur]

“Pour stopper les bombardements de l’OTAN, Aleksander a mis au point une modélisation mathématique capable de lui indiquer les coordonnées terrestres d’où provoquer un épais brouillard. Mais il a besoin d’un supercalculateur.” [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) j’ai poursuivi ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité), cinq (La perfection du cercle), six (Proies et Prédateurs), sept (L’Attraction de la foudre), huit (Brouillage intégral), neuf et dix (La Terre transpercée et L’Ère des anges) ainsi que le onze (Au-delà des montagnes). Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois et il ne m’en reste plus que trois à lire: 13: L’Humanité invisible (juin), 14. L’Océan des rêves (août, déjà commenté en anglais) et 15. Les migrants du temps (septembre).

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v. 12, p. 5

Cet album adapte la nouvelle 混沌蝴蝶 (Hùndùn húdié / lit. “Papillon du chaos”) publié en 2001 dans le mensuel chinois 科幻大王 (Kēhuàn dàwáng / lit. “Roi de la science-fiction”). Avec l’aide d’un super-ordinateur russe, un scientifique Yougoslave tente d’utiliser la théorie du chaos et l’effet papillon pour provoquer un brouillard qui empêchera les bombardements ennemi afin de donner un répit pour le traitement de sa fille gravement malade. 

Encore une fois Liu Cixin mélange politique internationale et science (qu’il pousse aux limites du vraisemblable — et cette fois il les dépasse largement) pour nous offrir un intéressant récit de hard-science qui nous interroge sur la nature humaine et les capacités de notre savoir. C’est toutefois son récit le moins crédible de la série. L’adaptation narrative et le style graphique de Dan Panosian est néanmoins fort agréable. À lire tout de même par curiosité.

Le calcul du papillon (Les Futurs de Liu Cixin, #12), par Dan Panosian (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), mai 2023. 80 pages, 21.8 x 29.8 cm, 19.99 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03804-7. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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Au-delà des montagnes (Liu Cixin #11)

AuDelaDesMontagnes-Cixin11-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour imaginer les possibles futurs de l’humanité.”

“Stationné à l’aplomb exact de la Terre au-dessus de l’océan, un astronef extra-terrestre provoque une absence totale de gravité. Les flots, comme aspirés vers le ciel, entraînent la formation d’un cyclone abyssal, et notre atmosphère s’échappe par la brèche causée par l’astronef. Le géologue Feng Fan va gravir cette monstrueuse colonne d’eau avec l’espoir d’entrer en contact avec son équipage. [Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité) et cinq (La perfection du cercle) ainsi que les sixième (Proies et Prédateurs), septième (L’Attraction de la foudre), huitième (Brouillage intégral), neuvième et dixième (La Terre transpercée et L’Ère des anges) tomes. Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois. Il ne reste plus que quatre tomes à lire: 12. Le calcul du papillon (paru en mai), 13: L’Humanité invisible (juin), 14. L’Océan des rêves (août, déjà commenté en anglais) et 15. Les migrants du temps (à paraître fin septembre).

Les Futurs de Liu Cixin – Tome 11 – Au-delà des montagnes

T.11, p. 83

Cet album adapte la nouvelle 山 (Shān / “Montagne”) publié en 2006 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World).  Suite à un accident d’alpinisme sur l’Éverest qui à causé la mort de quatre personnes, le géologue Feng Fan a décidé de travailler loin de toute montagne à bord d’un navire de recherche qui étudie les fonds marins. Lorsqu’un gigantesque vaisseau spatial extra-terrestre s’immobilise en orbite géosynchrone à trente-six mille kilomètre de la Terre, il cause une force d’attraction gravitationnelle qui aspire dans le ciel une énorme colonne d’eau d’une hauteur qui dépasse de loin l’Éverest ! Feng, croyant accomplir son destin, décide de gravir cette montagne d’eau et établit un premier contact avec l’un des extra-terrestres qui lui raconte l’histoire de sa civilisation. Ces êtres de métal, constituant une forme de vie mécanique, origine d’une planète creuse. Après avoir prit une centaine de milliers d’années pour en atteindre la surface, ils explorent depuis les galaxies et se sont arrêté à la Terre juste pour dire bonjour…

Un très beau récit, fluide et intriguant, qui nous raconte une histoire “hard science-fiction” de premier contact comme Liu Cixin aime bien en écrire — et qui est comme toujours dans son oeuvre à la limite du vraisemblable. L’adaptation offre une bonne lecture dans un style graphique agréable à l’oeil. Dans ce cas-ci l’auteur et l’artiste sont d’origine espagnole. Une autre bande dessinée qui nous facilite l’accès à l’univers imaginaire de Liu Cixin. À lire.

Au-delà des montagnes (Les Futurs de Liu Cixin, #11), par Eduard Torrents (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin) et Ruben Pellejero (illustration). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), avril 2023. 94 pages, 21.6 x 29.8 cm, 19.99 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03805-4. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Les Futurs de Liu Cixin #9-10

La Terre transpercée (Liu Cixin 9)

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“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour imaginer les possibles futurs de l’humanité.”

“Un physicien est tiré de force d’un sommeil cryogénique par un tribunal populaire qui le condamne à mort ! Stupéfait, Shen Huabei enfile combinaison et scaphandre, comme ses ravisseurs le lui intiment, et saute dans le vide d’un gouffre souterrain. Durant son interminable chute, ses juges instruisent le procès et lui révèlent l’ampleur de la catastrophe qui met également son fils en cause… [Texte du site de l’éditeur]

“Le découverte d’un nouveau matériau solide, fruit du désarmement nucléaire généralisé, permet la construction d’un projet pharaonique. Mais son exploitation se révèle risquée, Shen Huabei et son fils en font l’étrange expérience.” [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité) et cinq (La perfection du cercle) ainsi que les sixième (Proies et Prédateurs), septième (L’Attraction de la foudre) et huitième (Brouillage intégral) tomes. Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois.

Page 3

Cet album adapte la nouvelle 地球大炮 (“Dìqiú dàpào” / lit. “Le canon de la Terre”; titre anglais: “The Longest Fall” / “La chute la plus longue”) publié en 2003 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World).  

Le Dr. Shen Huabei et son fils Yuan ont l’étrange idée de creuser un tunnel de bord en bord de la Terre, au travers du noyau terrestre, pour faciliter le transport. C’est évidement une idée farfelue et impossible, jusqu’à ce que la destruction de l’arsenal nucléaire permette la création d’un nouveau matériau ultra-résistant. Après de nombreux revers le tunnel est complété mais son utilisation est abandonné après qu’un accident ait causé la mort d’un millier d’ouvriers. Des proches des victimes qui cherchent vengeance poussent Shen Huabei dans le tunnel. Durant son interminable chute libre, il réalise que le tunnel pourrait avoir une autre utilisation qui bénéficierait grandement à l’Humanité !

C’est une très belle histoire mais malheureusement les nombreux flash-back et saut dans le temps rendent la narration confuse. Ce volume démontre encore une fois que Liú Cíxīn aime bien les récit qui se déroule sur une longue durée et qui sont à la limite du possible — dans ce cas-ci, si un tunnel entre la Chine et l’Amérique du Sud est présenté comme scientifiquement possible, l’ampleur du projet est plutôt inimaginable. Le style graphique de Wu Qingsong, à mi-chemin entre le comic américain et le manga, est très beau. Cette bande dessinée nous offre donc une lecture intrigante et agréable. Elle constitue une porte qui facilite l’accès à l’univers imaginaire de Liu Cixin.

La Terre Transpercée (Les Futurs de Liu Cixin, #9), par Wu Qingsong (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), février 2023. 93 pages, 21.5 x 29.8 cm, 21.90 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03807-8. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Capsules

L’ère des anges (Liu Cixin 10)

“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour imaginer les possibles futurs de l’humanité.”

“Un scientifique africain décide de reprendre le destin de son pays en main. Malgré leurs moyens financiers ou technologiques, les pays développés ne parviennent pas à sortir son pays de la famine. Les fabuleuses ressources de l’Afrique finissent toujours par pervertir l’aide étrangère. Le brillant Dr Ita veut s’affranchir d’un système devenu pernicieux, grâce à une solution génétique contestée. [Texte du site de l’éditeur]

“Lassé des guerres civiles larvées qui minent son pays et des soi-disant coopérations économiques qui le maintiennent dans la pauvreté, un généticien africain décide de reprendre le destin de son pays en mains par des moyens très contestés.” [Texte de la couverture arrière]

Page 34

Cet album adapte la nouvelle 天使时代 (“Tiānshǐ shídài” / lit. “L’âge des anges”; titre anglais: “The Angel Era”) publié en 2002 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World).  Cette BD nous raconte l’histoire du Dr. Ita qui — lassé du cycle de chaos et de famine qui, sous l’influence du colonialisme des nations développées, maintient sans cesse l’Afrique dans la pauvreté — consacre sa vie à trouver une solution génétique au problème. Si l’amélioration des cultures agricoles demeure une solution insuffisante pourquoi ne pas alors modifier le corps humain pour que son système digestif lui permette d’élargir de manière significative son régime alimentaire ? Toutefois cela transgresse le tabou interdisant les modifications génétiques sur l’humain, controlé par le Comité Bioéthique des Nations Unis (dominé, évidemment, par les nations développées). Le Dr Ita est jugé comme un criminel et son pays, la Xambie, est bombardé sans relâche par les Américains, tant qu’il ne se rendra pas, lui et les milliers d’humains qui ont ainsi été modifié… Toutefois, pour défendre son pays, le Dr Ita a également créé une nouvelle race de guerriers…

Une autre histoire typique de Liu Cixin qui tente de démontrer que la science peut résoudre beaucoup de problèmes si on lui en donne la chance. Il pose également des questions d’un grand intérêt — comme à qui bénéficie vraiment les interdits et les limites qu’on impose à la science ? C’est un autre récit qui se déroule sur une longue durée et que Cixin, pour bien marquer son argument, pousse encore aux limites du vraisemblable. Le style graphique de Ma Yi, qui s’apparente aux comics américains, est assez bien. Le récit est plus fluide que le précédant et nous offre une lecture fascinante et agréable. J’ai bien aimé.

L’ère des anges (Les Futurs de Liu Cixin, #10), par Sylvain Runberg (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin) & Ma Yi (dessin et couleurs). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), mars 2023. 82 pages, 21.8 x 29.8 cm, 19.99 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-41303-808-5. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© 2022 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2022 Éditions Delcourt pour la présente édition.

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