SDL 2023

SLM_2023-AfficheComme chaque année, depuis des temps immémoriaux, je suis allé faire mon tour au Salon du Livre de Montreal, qui se tenait du 22 au 26 novembre au Palais des Congrès. Et comme toutes les fois, depuis au moins une dizaine d’années, je n’y ai rien trouvé d’excitant. Il se publie de plus en plus de livres et c’est de plus en plus difficile de trouver quelques choses d’intéressants — de séparer le bon grain de l’ivraie. Trop c’est comme pas assez. J’ai aussi le sentiment qu’on favorise trop la quantité sur la qualité. J’allais souvent au salon pour découvrir les nouveautés mais j’ai l’impression que maintenant les distributeurs nous présentent surtout leurs meilleurs vendeurs au lieu de leurs nouveautés. Payer un prix d’entrée de $13 pour juste se retrouver avec un mal de jambes en fin de journée c’est un peu décevant.

SLM_2023-planJ’ai parcouru le salon de long en large (au Palais des Congrès il faut le faire en deux partie: la section du Hall Viger et la section du Hall Place Riopelle) surtout pour visiter les kiosques des grands distributeurs où se regroupaient les éditeurs de BD et de manga : Interforum (Akata, Ki-oon, Komikku, Kurokawa), Prologue (Ankama, Dargaud, Kana, Le Lombard, Vega-Dupuis), Gallimard/Flammarion (Casterman, Futuropolis, Rue de Sèvres), Hachette (Albert-René, Delcourt, Glénat, Kazé, Le Lézard Noir, Nobi Nobi, Panini, Pika, Soleil, Ynnis), avec quelques arrêts ici et là, pour finir en beauté chez Alire, où il y avait samedi un lancement avec cocktail de 18:00 à 20:00. C’est là où j’ai eu le plus de plaisir.

Toutefois, tout n’est pas perdu puisque j’ai tout de même noté quelques titres à investiguer (je vais probablement en faire la suggestion d’achat à ma bibliothèque publique):

Je n’ai pas vu un seul manga intéressant (la tendance étant au shonen de baston ou d’horreur) mais du côté de la littérature nippone j’ai noté deux éditeurs intéressants, tous deux aux kiosque de Harmonia Mundi: Atelier Akatombo (qui publie notamment du manga, du polar et de la SF!) et Picquier (qui se consacre à traduire et publier des livres d’Asie). Voici quelques titres qui y étaient présenté et qui feraient sans doute de bonnes suggestions de lecture:

Dans la même ligné, je recommande les romans de Aki Shimazaki qui est une auteure japonaise établie au Québec et publiée chez Leméac/Actes Sud (distribué par ADP). [AmazonGoodreadsLes LibrairesNelligan]

J’ai fait un petit arrêt chez Druide Informatique pour jeter un coup d’oeil à leur logiciel Antidote car, que ce soit en français ou en anglais, mon écriture a besoin d’un correcteur et l’auto-correction du système d’opération d’Apple est malheureusement insuffisante (elle a de la difficulté avec l’écriture bilingue). Cependant ce n’est pas donné: le logiciel Antidote 11 coûte $129.95 (sans mise à niveau!). La solution la plus complete est l’Antidote+ Personnel en abonnement annuel à $60 (et pour ajouter le module bilingue c’est $30 par an de plus !). C’est un pensez-y bien… (C’est tout de même pas si cher car avec taxes c’est environ $103 et donc un peu moins de $9 par mois….)

Le clou de la soirée a été le lancement des nouveautés d’automne aux Éditions Alire:

Parmi les nouveautés on retrouvait également six rééditions en format de poche: Ceux de là-bas (Patrick Senécal), Chrysanthe 2 & 3 (Yves Meynard), La Vieille Fille 2 & 3 (Catherine Sylvestre) et Un Éclat d’Antan (Guy-Gavriel Kay).

IMG_0132

Catherine Sylvestre et Lionel Noël

Cela m’a permis de retrouver de vieilles connaissance ou d’en rencontrer de nouvelles et d’avoir d’intéressante conversations littéraires sur l’état politique et apocalyptique du monde. Je n’ai malheureusement pas pris beaucoup de photos (c’est compliqué de faire le photographe avec un verre de vin à la main!). J’ai ainsi rencontré, entre autres, Wayne Arthurson (Déshonneur au Camp 133), Natasha Beaulieu (Les perles noires), Sylvie Bérard (La Frugalité du temps), Alain Bergeron (Le Huitième Registre), Michèle Laframboise (Rose du Désert), Yves Meynard (Chrysanthe 3), Lionel Noël (Septembre avant l’apocalypse), Jean-Jacques Pelletier (Rien), Jean Pettigrew (éditeur chez Alire), Christian Sauvé (qui m’a finalement fourni le lien vers la présentation qu’il a faite à Boréal sur l’histoire du cinéma de SF), Patrick Senécal (Résonances), Daniel Sernine (Les Passerelles du temps, directeur de Lurelu), et Catherine Sylvestre (La Vieille Fille et l’enfant). Ce fut un moment bien agréable. Merci à toute l’équipe d’Alire pour leur bon travail.

[ Translate ]

The Wheel of Time GN #1: The Eye of the World

EyeOfTheWorld-1-cov“Now an original series starring Rosamund Pike as Moiraine!

Created with the cooperation of the Jordan estate, adapted by well-known comics writer Chuck Dixon and illustrated by the talented Chase Conley, The Eye of the World: The Graphic Novel has been hailed as an exciting interpretation of Robert Jordan’s classic fantasy novel.

The Eye of the World: The Graphic Novel, Volume One begins Robert Jordan’s epic tale by introducing Rand al’Thor and his friends Matrim and Perrin at home in Emond’s Field, shortly before the spring festival. Moiraine Damodred and Lan Mandragoran appear and almost before Rand knows it, he’s fleeing his home village with Moiraine, Lan, his friends, and Egwene al’Vere, the innkeeper’s daughter, who wishes to become an Aes Sedai. The conclusion of this volume leaves the travelers on the road to Baerlon, barely ahead of the pursuing Trollocs and Draghkar. But even as they run for their lives, Moiraine and Lan begin to teach the young people what they will need to know to survive in this dangerous world.” 

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I have recently watched the first two seasons of Wheels of Time TV series on Amazon Prime Video and I liked it a lot. It is an excellent fantasy TV series which is unfortunately not very original as it is a mish-mash of many things. It takes a lot from the Arthurian legends, the tolkienian high fantasy as well as a little from Game of Thrones, the Dune movie and even Star Wars. However, it is quite addictive. It is very well written and with superb special effects. It a must-see and I can’t wait for the next season. stars-4-0

EyeOfTheWorld-1-p166-167

vol. 1, p. 166-167

As it is often the case, I wanted to have more but couldn’t muster yet the courage to tackled Robert Jordan’s lengthy novel series so I settled for reading the comic book adaptation by Chuck Dixon illustrated by Chase Conley originally published by Dynamite and compiled in graphic novel format by Tor Books. I was a little disappointed. The storytelling is good and probably faithful to the book (although some events unfold differently in the TV series) but, if the graphic style is generally fine, the rendering of the characters is sometimes quite sloppy. However, it makes for a good reading and offers an interesting introduction to the world of Wheels of Time. I think I am now ready for the novels…

The Wheel of Time GN #1: The Eye of the World, by Chuck Dixon (Based on the novel by Robert Jordan) and Chase Conley (Illustrator). New York: Tor Books, March 2023. 240 pages, 6 5/8 x 10 1/8 in., US $21.99 / CAN $28.99, ISBN 978-1-250-90001-2. For a teenage readership (12+). stars-3-0

For more information you can check the following websites:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2011 Bandersnatch Group Inc.

L’Humanité invisible (Liu Cixin 13)

HumaniteInvisible-Cixin13-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, qui imaginent les futurs possibles de l’humanité.”

“Depuis la confirmation d’un terrible flash d’énergie solaire, des dizaines de navettes spatiales avaient embarqué le maximum d’espèces terrestres, parties en quête d’un astre habitable. Notre unique et dernière solution pour perpétuer la vie. Et aujourd’hui, le Précurseur revenait enfin, seul survivant, après des années-lumière d’exploration. Dans quel état allait-il retrouver la Terre ?”  [Texte du site de l’éditeur]

“De retour sur Terre après des centaines d’années, Précurseur découvre avec effroi que le flash solaire s’est produit et a ravagé la planète. La vie n’y est désormais plus possible. Mais alors, quels sont ces messages vidéos ?” [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) j’ai poursuivi ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité), cinq (La perfection du cercle), six (Proies et Prédateurs), sept (L’Attraction de la foudre), huit (Brouillage intégral), neuf et dix (La Terre transpercée et L’Ère des anges) ainsi que le onze (Au-delà des montagnes) et le douze (Le calcul du papillon). Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois et il ne m’en reste plus que deux à lire: 14. L’Océan des rêves (août, déjà commenté en anglais) et 15. Les migrants du temps (septembre).

HumaniteInvisible-Cixin13-p024

Vol. 13, p. 24

Cet album adapte la nouvelle 微纪元 (Wēi jìyuán / lit. “La micro époque”) publié en 2001 dans le mensuel chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World). Suite à la découverte qu’un flash d’énergie solaire détruira la Terre, plusieurs vaisseaux d’exploration sont envoyé vers des exo-planètes pour vérifier si elles sont habitables. Seul survivant de ces expéditions, Précurseur revient bredouille sur Terre plusieurs millénaires plus tard (due à la relativité qui cause une dilatation temporelle) pour découvrir que le flash a bel et bien rendu la Terre inhabitable. Toutefois, il reçoit des messages vidéos de bienvenue ! L’Humanité a survécu en se miniaturisant et en vivant comme des microbes dans de minuscules cités souterraines. Son retour déclenchera une nouvelle ère de développement pour l’Humanité…

Dans un style graphique agréable similaire à celui des mangas japonais, Liu Wei fait une excellente adaptation d’un récit de hard-science qui est malheureusement ridiculement invraisemblable. C’est néanmoins une lecture agréable. À lire tout de même par curiosité.

L’Humanité invisible (Les Futurs de Liu Cixin, #13), par Liu Wei (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), juin 2023. 78 pages, 21.6 x 29.2 cm, 17.95 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03803-0. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-2-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2023 Éditions Delcourt pour la présente édition.

Silo #2-3

Shift (Silo #2)

Shift-cov“In 2007, the Center for Automation in Nanobiotech (CAN) outlined the hardware and software platforms that would one day allow robots smaller than human cells to make medical diagnoses, conduct repairs, and even self-propagate. The technology has an almost limitless capacity for good—but in the wrong hands, it could have an equally boundless capacity for evil.

In the same year, the CBS network re-aired a program about the effects of propranolol on sufferers of extreme trauma. A simple pill, it had been discovered, could wipe out the memory of any traumatic event.

At almost the same moment in humanity’s broad history, mankind discovered the means for bringing about its utter downfall, and the ability to forget it ever happened. With this godlike power at their fingertips, can humanity be trusted to create a new—and better—world? Or is it doomed to bring about its own destruction?” 

[Text from the publisher]

The Shift omnibus (Silo #2) by Hugh Howey. CreateSpace, January 2013. 603 pages. ISBN 9781481983556.

For more information you can check the following websites:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

Capsules

Dust (Silo #3)

Dust-covWool introduced the world of the silo. Shift told the story of its creation. Dust will describe its downfall. In order for a new world to begin, the old one must fall.

Juliette, now mayor of Silo 18, doesn’t trust Silo 1, especially its leader, Donald. But in the world of the Silos, there is no black and white—everything is shades of gray. Donald may not be the monster Juliette thinks he is, and may in fact be key to humanity’s continued survival. But can they work together long enough to succeed?

In Dust, the final book in the New York Times best-selling Silo trilogy, the choices that Juliette and Donald make could lead to salvation . . . or to the death of everyone on the planet.”

[Text from the publisher; see also the backcover]

Dust (Silo #3) by Hugh Howey. Hugh Howey, c2013. 458 pages. ISBN 9781490904382.

For more information you can check the following websites:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

If you’ve seen the first season of the Apple TV series Silo and you don’t want to know how the story ends STOP READING right now.

In Shift we follow the story of Donald who has just been elected to the U.S. senate. Because he has a background in architecture, he is asked by his mentor, the senator Thurman, to work on a special, secret project. They are building a site to burry nuclear waste near Atlanta and he is asked to design a shelter for the workers in case something goes wrong. It is like a skyscraper with hundreds of levels, but buried into the ground, like a huge silo. Unbeknown to him, Thurman is at the head of an ominous conspiracy. During the war against Iran, he has discovered that the Iranians were working on nanites (or molecular robots) that could target and kill a specific genetic group. To save his country against an eventual attack he decides to develop his own nanites in order to make a preemptive strike. The best way to be ready for an attack is to take the initiative. The silos (not just one but fifty of them, one for each U.S. states) are designed to be an ark to preserve the American culture for several centuries, until the world is habitable again. Thurman organizes the Democratic convention on the site of the silos and then launch an attack forcing each state delegation into its own silo. Silo 1 works differently than the other silos: all non essential personnel (women, children and civilian) have been put into a cryogenic sleep and an administrative crew take shifts to oversee the other forty-nine silos. The memory of everyone is wiped through the use of drugs. “Troy” stops taking his meds and eventually remembers that his name is Donald. His wife, Helen, who was mistakenly taken to another silo, is now long dead. He is not sure why, but he has the feeling that what they are doing is wrong…

The storytelling of this prequel is awkward and is often tedious. The story lacks of the excitements that made the first part a thriller. You are not sure  where it is going and your only reason to continue reading is because you are wondering where it intersects with Juliet story. stars-2-0

With Dust, we pick up again with the story of Juliet. She made it back to Silo 18 but she is determined to rescue her new-made friends from Silo 17. Below Mechanicals, she discovers a digging machine that she uses to excavate a tunnel toward Silo 17. Unfortunately, the digging and the coming of strangers in the silo disturb the order of things and the legitimacy of Juliet as mayor is contested. Lukas and Juliet struggle to maintain order. In Silo 1, Donald discovers the true intentions of Thurman but he is discovered and arrested. Thurman decides to put an end to Silo 18 which trigger a mass exodus toward silo 17, which Thurman doesn’t know is still functional but lacks the resources to sustain its new population of refugees. With the help of Charlotte, Donald’s sister, would Juliet be able to save the survivors of Silo 17 and 18 ?

This third book brings an interesting conclusion to the series. Like Wool, the first volume, it is a thriller that keeps you on the edge of your seat, flipping through the pages as fast as you can read to discover what will happen next. It is a good story that offers a warning against environmental disaster, warmongering, the misuse of science and extreme political ideals that can only lead to destruction. I feel it is a kind of allegory mirroring the political situation of the U.S. where each states live in its own “silo” competing against each other instead of working toward a common goal. The story isn’t as much entertaining as it is a source of reflexion, but you still enjoy it because you have become attached to the characters and care for their survival. I am wondering what the TV series will do with all this… stars-3-5

© 2013 Hugh Howey.

[ Traduire ]

Indiana Jones and the Dial of Destiny

In 1969, an old Indiana Jones, broken by the death of his son in the war and separated from Marion, is finally retiring from his teaching job. He is visited by Helena, the daughter of his friend Basil Shaw, who seeks an artifact that Indy and Shaw took from some looting Nazis in 1944 and that Indy had promised her father that he would destroy: the Dial of Destiny (or half of it). However the artifact falls into the hands of an old Nazis (somehow helped by the CIA). Ensue a long chase through New York, Morocco and Greece to recover the artifact, finds clues to the location of its second half, recover it and prevent the ex-Nazis to change the course of history.

Meh. If the movie offers good action and is quite faithful to the character, it has nothing really new. My greater complain is that, of course, the Antikythera mechanism (the so-called dial of destiny) didn’t looked like that in reality when it was found, but it is nevertheless a very good plot device for the movie. There are also too many chase and fighting scenes to my taste. I would rather have had more scenes with Archimedes during the siege of Syracuse. The effects for the “de-aged” scenes (in the intro) are quite impressive — but no wonder that the advent of A.I. in movies are worrying the Actors’ Guild as they might not be needed anymore in a near future. Too bad it will also likely be the last Indiana Jones movie.

Over all, if it is not a very exciting movie (rated only 6.6 on IMDb or 69 % on RT), it is still quite enjoyable and entertaining. stars-3-0

DialOfDestinyIndiana Jones and the Dial of Destiny : USA, 2023, 154 min.; Dir.: James Mangold; Scr.: Jez Butterworth, John-Henry Butterworth, David Koepp and James Mangold (based on characters created by George Lucas and Philip Kaufman); Phot.: Phedon Papamichael; Ed.: Michael McCusker, Andrew Buckland and Dirk Westervelt; Prod.: ; Kathleen Kennedy (Lucasfilm), Frank Marshall and Simon Emanuel; Music: John Williams; Distr.: Walt Disney Studios; Cast: Harrison Ford (Dr. Henry “Indiana” Jones Jr.), Phoebe Waller-Bridge (Helena Shaw), Antonio Banderas (Renaldo), John Rhys-Davies (Sallah), Toby Jones (Basil Shaw), Boyd Holbrook (Klaber), Ethann Isidore (Teddy Kumar), Mads Mikkelsen (Dr. Schmidt / Jürgen Voller); Rated: PG. For more information you can visit: GoogleIMDbRotten TomatoesWikipediaYouTube.

[ Traduire ]

Revue de ‘zines [002.023.302]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD HS #25 (Novembre 2022)

dBD-HS-25Ce numéro hors-série est consacrée à l’oeuvre de Wilfrid Lupano et est constitué d’une longue entrevue avec l’auteur sur les thèmes de “Être et Écrire” (avec en aparté des entretiens avec Grégory Panaccione et Pierre Christin), “Approches de la mécanique Lupanienne: Préférences et Références” (avec en aparté un entretien avec Yannick Corboz), “Imaginer des mondes réels” (avec en aparté des entretiens avec Jérémie Moreau, Ohazar et Jean-Baptiste Andréae), “Être auteur sur tous les fronts” (avec en aparté des entretiens avec Stéphane Fert, Lucy Mazel, Laure Garancher et Pozla), et “De vieux mecs et des jeunes blancs-becs” (avec en aparté un entretien avec Christophe Duthuron, réalisateur de l’adaptation cinématographique des Vieux Fourneaux). Le numéro se conclut sur des entrevues (“Du scénario à la planche: Dans l’atelier de…”) avec Mayana Itoïz (dessinatrice du Loup en slip), Léonard Chemineau (dessinateur de La Bibliomule de Cordoue) et Paul Cauuet (dessinateur des Vieux Fourneaux).

Dans ce numéro il n’y a pas d’actualité ni de cahier critique.

Un numéro plutôt décevant à moins que vous soyez un inconditionnel de Lupano. stars-2-5

Capsules

dBD #172 (Avril 2023)

dBD-172Dans le cahier actualités on mentionne la parution d’une nouvelle anthologie de récits de Yoshiharu Tsuge, Désir sous la pluie (Oeuvres 1981-1985), chez Cornélius, de plusieurs adaptations de Georges Simenon en BD chez Dargaud (Le Passager du Polarys par José-Louis Bocquet & Christian Cailleaux, La neige était sale par Jean-Luc Fromental & Bernard Yslaire et la biographie Simenon l’Ostrogoth Cahier 1/3 par Loustal, Bocquet, Fromental & John Simenon), le conte illustré Shamisen par Guilherme Petreca & Tiago Minamisawa chez Ankama, ainsi que Les Métamorphoses Métalliques, le sixième tome de Métal Hurlant aux Humanoïdes associés (un numéro vintage offrant “Polonius” de Picaret & Tardi ainsi que des histoires de Caza, Druillet, Margerin, Moebius, Montellier, Schuiten, etc.).

À la une de ce numéro on retrouve des entrevues avec Éric Dubois (sur l’exposition “Odyssée: aux origines de Blake et Mortimer”) et Jean van Hamme (sur La Flèche Ardente par Van Hamme, Schréder & Cailleaux, qui fait suite à l’album inachevé de Edgar P. Jacobs, Le Rayon “U”). Les entrevues se poursuivent avec le graphiste Frédéric Bosser (sur l’exposition “Étienne + Robial. Graphisme & Collection, de Futuropolis à Canal+”), Thomas Legrain (sur Latah chez Le Lombard), Laurent Galandon & Damien Vidal (sur La Truie, le Juge et l’Avocat chez Delcourt), Loo Hui Phang & Benjamin Bachelier (sur Oliphant chez Futuropolis), Albert Algoud (sur Le prof qui a sauvé sa vie, avec Florence Cestac, chez Dargaud) ainsi que Jérôme Pélissier & Carine Hinder (sur Brume t.1 chez Glénat).

Dans le Cahier Critique je note seulement Evol t.1 par Atsuchi Kaneko chez Delcourt/Tonkam.  Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Shut Hell T.1 par Yu Ito chez Panini, Garden par Usamaru Furuya chez IMHO, Last mission: PK Killer T.1 par AAA & Eri Harada chez Soleil, Soul Eater T.1 par Atsushi Ohkubo chez Kurokawa, Blue Box T.1 par Kouji Miura chez Delcourt/Tonkam, Abara Deluxe par Tsutomu Nihei chez Glénat, A Fake Affair T.1 par Akiko Higashimura chez Le Lézard Noir et Bokko – Stratège T.1 par Sentaro Kubota & Hideki Mori (d’après Kenichi Sakemi) chez Vega (Dupuis).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #173 (Mai 2023)

dBD-173Dans le cahier actualités on mentionne la parution chez Casterman d’un nouvel album d’Alix, La Reine des Amazones (#41), écrit par Valérie Mangin et dessiné par Chrys Millien (on note d’ailleurs que ce sera cette année le 75e anniversaire de la série créée par Jacques Martin). On retrouve également un article sur la nouvelle collection Kim de Cornélius consacrée au format court.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Tebo au sujet de Qui est ce Schtroumpf ? chez Le Lombard, complétée par un article sur la société IMPS qui détient et gère les droits des Schtroumpfs. Les entrevues se poursuivent avec Richard D Nolane (sur Wunderwaffen T21, avec Maza & Desimir Miljic, chez Soleil), Philippe Pelaez (sur Six T.1 avec Javier Casado chez Dargaud, Ceux qui n’existaient plus T.1 avec Olivier Mangin chez Grand Angle, Dans l’ombre avec Cédrick Le Bihan chez Grand Angle et Furioso T.2 avec Laval Ng chez Drakoo), Takashi Morita (sur la série Arsène Lupin chez Kurokawa), Keko et Carlos Porte (sur Contrition chez Denoël Graphic), ainsi que Olivier Bocquet et Fabio Lai (sur Le métier le plus dangereux du monde T.1 & 2 chez Dupuis).

Dans le Cahier Critique je note surtout Who’s Next T.1 par Kiminori Wakasugi chez Delcourt/Tonkam (Super!; “Entre clin d’oeil aux Who et hommage au cynisme sous toutes ses formes (…) série prometteuse (…) sur le plan de l’humour noir, c’est tou simplement grandiose”), New Normal T.2 par Akito Aihara chez Kana (Super!; “il était évident que le Covid-19 allait inspirer les auteurs (…) qui ne s’intéresse pas à la pandémie en elle-même, mais bien à ses conséquences sociales à long terme”), Conqueror of the Dying Kingdom T.1 par Fudeorca & Muramasa Sabiku chez Doki-Doki (Super!; “Adapté d’un light novel (…) revisite avec une certaine originalité le récit de fantasy. (…) Un premier tome somme toute très solide”), Lethal Experiment T.1 par Yae Utsumi chez Pika (Super!; “shonen confrontant des adolescents à une mort violente (…) explore la part la plus sombre de l’être humain (…) ambiance malsaine (…) une excellente entrée en matière pour les amateurs de thrillers horrifiques”) ainsi que Hachi & Maruru: Chats des rues T.1 par Yuri Sonoda chez Doki-Doki (Bien; “personnages attendrissants (…) intéressantes pistes narratives”).

Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Lost Lad London T.1 (Shima Shinya chez Ki-oon), Your Turn to Die T.1 (Nankidai & Tatsuya Ikegami chez Mana), La Dame de la Chambre Close (Minetaro Mochizuki chez Glénat), Blue Wolves T.1 (Yasuda Tsuyoshi chez Kana), Beauty and the Beast of Paradise Lost T.1 (Kaori Yuki chez Pika), Cheese in the Trap T.1 (Soon Kki chez Kbooks) et En Famille à Tokyo (Julie Blanchin Fujita chez Kana).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #174 (Juin 2023)

dBD-174Dans le cahier actualités on mentionne l’exposition “Alix: de ville en ville entre Orient et Méditerranée” organisée conjointement par Gallimard et le MuséoParc d’Alise-Sainte-Reine et la parution d’un prequel à l’Incal: Mental Incal par Mark Russell et Yanick Paquette aux Humanoïdes Associés.

À la une de ce numéro on retrouve des entrevues avec Jean-Louis Dauger, Denis Lapierre, Marc Bourgne, et Benjamin Beneteau sur la renaissance de Michel Vaillant avec une “Saison 2” de la série (Michel Vaillant Saison 2, T.12: La Cible par Lapière, Bourgne & Benéteau chez Éditions Graton, Dossier Michel Vaillant T.17: Les 100 ans du Mans par Brun, Eillam & Denayer chez Éditions Graton, et Henri Vaillant T.1: Passion par Bourgne et Stassi chez Éditions Graton). Les entrevues se poursuivent avec Fabrice Erre (sur Les trois Mousquetaires T.1 avec Gilles Rochier chez Casterman, et La drôle de guerre de Papi et Lucien T.2, avec Téhem chez Éditions Auzou), Margaux Meissonnier (sur Pharoewère chez Magnani), Jordan Mechner (sur Replay chez Delcourt) et Elisabeth Jammes (sur Fortuna T.1: La demeure de passage chez Bayard). On retrouve également le très intéressant article de Laurent Lefebvre, “Les Fleurs de l’An 24: Le manga au féminin”, sur les mangaka qui ont revitalisé le shōjo au début des années 70: Keiko Takemiya (Destination Terra chez Naban), Riyoko Ikeda (La Rose de Versailles chez Kana) et Moto Hagio (Le Clan des Poe chez Akata).

Dans le Cahier Critique je note surtout Kujô l’Implacable T.2 par Shohei Manabe chez Kana (Bien; “l’intrigue se densifie (…) recours massif à la photographie”), et Timebomb Teacher T.1 par Yanagi Takakuchi chez Panini (Super!; “pas d’une originalité dingue (…) hyper captivant (…)une touche WTF?!”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: L’étranger (Albert Camus et Kurumado Ryota chez Michel Lafon), Toah’s Ark: Livre des Anima (Kenshiro Sakamoto chez Kana), Murder X Murder (Yuji Takezoe chez Omake), Demons Star (Abe Shuji & Shin Mikuni chez Michel Lafon), Nights with a cat T.1 (Kyuryu Z chez Glénat), Sleepy Boy (Marika Herzog chez Ankama), Romantic Killer T.1 (Wataru Momose chez Soleil) et Gachiakuta (Kei Urana chez Pika).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

 Métal Hurlant N°3 (juin 2022)

MH3Ce numéro en est un de “Création” (histoires inédites) qui regroupe 23 courts récits et 7 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème de “Vacances sur mars”. Comme pour les numéros que j’ai commenté précédemment, la plupart des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas vraiment de mon goût mais j’ai trouvé tous ces courts récits intéressants et qui méritaient d’être lu (j’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants).

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Red” (Virginie Augustin, 7 p.), “Ressource” (Nikolai Pisarev, 9 p.), “Ailleurs” (Aimée De Jongh, 7 p.), “Une belle et grande famille” (scénario de Homero Rios et dessin de Ninja Jo, 9 p.), “Escale sur Goldo-Gaï” (scenario de François Corteggiani et dessin de Marc Caro, 5 p.), “David Jones” (Richard Guérineau, 9 p.), “Le protocole” (Jonathan Djob Nkondo, 8 p.), “Exolove” (Scénario de Marc Caro et dessin de Jorg De Vos, 11 p.), “Overload” (Elgo, 15 p.), “À la recherche du Mob” (Jean Dalin, 11 p.), “David William Hugues 2007-2053” (scénario de Jerry Frissen et dessin de Afif Khaled, 9 p.), “Rencontre du mauvais type” (scénario de Otto Maddox et dessin de Antoine Dodé, 5 p.), “SOS” (Elie Huault, 11 p. ), “Rétrograde” (scénario de Karla Pacheco et dessin de Sagar, 10 p.), “L’Énigme” (Laurent Siefer, 11 p.), “Éternité Perdue” (scénario Nicolas Tellop et dessin Pierre Jeanneau, 9 p.), “Triangle d’été” (Toru Terada, 15 p.), “Night Mare Motel” (Eleane Usdin, 15 p.), “Le messager” (Peter Snejbjerg, 7 p.), “Tolliver Jakes le gouverneur de mars” (scénario Mark Waid et dessin Fabien Grolleau, 13 p.), “Réconfort” (Ryan Barry, 13 p.), “Les tomates de la planète rouge” (James Stokoe, 7 p.), et “L’arbre à sang” (Frederik Peeters)

Une bonne lecture quand même. stars-3-0

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanosNelliganWikipedia ]

Capsules

 Métal Hurlant N°4 (août 2022)

MH4Un numéro “Vintage” qui regroupe 25 courts récits et 4 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale mais je note surtout deux entrevues avec Philippe Druillet et Jean-Michel Nicollet) sur le thème de “L’Home est bien petit”. Comme pour les numéros que j’ai commenté précédemment, même si certains des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas vraiment de mon goût, j’ai tout de même trouvé tous ces courts récits intéressants et qu’ils méritaient d’être lu (j’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants).

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “L’Homme est-il bon?” (Moebius, MH #10 [1976], 10p. ), “Quetzal” (Michel Halmos, MH #31 [1978], 8 p.), “Sans famille” (Nicole Claveloux, MH #45 [1979], 8 p.), “Le cas du fils Yamamoto” (Michio Hisauchi, MH #61bis [1981], 11 p.), “Chute Libre” (scénario Michel Imbert et dessin de Philippe Gauckler, MH #71 [1982], 8 p.), “Paradise Lost” (scénario Victor Mora et dessin Carlos Giménez, MH #36bis [1978], 7 p.), “Pas de linceul pour Billy Brakko” (Marc Caro, MH #27 [1978], 5 p.), “Vacances” (Dominique Hé, MH #21 [1977], 3 p.), “Rockblitz” (Sergio Macedo, MH #10 [1976], 10 p.), “La conquête de Pluton” (Frank Margerin, MH #28 [1978], 7 p.), “Retour à la nature” (Jean-Claude Mézières, MH #41 [1979], 8 p.), “Vuzz” (Philippe Druillet, MH #15 [1976], 21 p.), “Les aventures d’Yrris” (scénario Philippe Druillet et dessin Alexis, MH #3-4 [1975], 16 p.), “Albinos” (Beb-Deum, MH #91 [1984], 6 p.), “L’homme de sable” (scénario Philippe Paringaux et dessin Loustal, MH #61bis [1981], 6 p.), “Démographie: Compression de personnel” (Francis Masse, MH #7 [1976], 4 p.), “Les chants de Maldoror” (Palacios, MH #77 [1982], 16 p.), “Baltard 3” (scénario Rodolphe et dessin Didier Eberoni, MH #65 [1981], 6 p.), “Exterminateur 17” (scénario Jean-Pierre Dionnet et dessin Enki Bilal, MH #11-19 [1976/77], 13 p. ), “La crevasse” (Luc et François Schuiten, MH #43 [1979], 8 p.), “Au-delà des étoiles” (Serge Clerc, MH #44 [1979], 11 p.), “Face à Face” (Chantal Montellier, MH #133 [1987], 6 p.), “Sans titre” (Yves Chaland, MH #29 [1978], 6 p.), “Miracle” (Keleck, MH #24 [1977], 3 p.), et “Monsieur” (Jean-Michel Nicollet, MH #17 [1977], 8 p.).

Un numéro exceptionnel. stars-4-5

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanosNelliganWikipedia ]

Capsules

 Métal Hurlant N°6 (février 2023)

MH6-CoverKiosque.inddUn numéro “Vintage” qui regroupe 20 courts récits et 4 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème des “Métamorphoses Métalliques”. Comme pour les numéros que j’ai commenté précédemment, la plupart des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas vraiment de mon goût mais j’ai trouvé tous ces courts récits intéressants et qu’ils méritaient d’être lu (j’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants).

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Polonius” (scénario de Picaret et dessin de Jacques Tardi, MH #8-11 [1976], 20 p.), “Phantasme & Phasme” (Marc Caro, MH #81bis [1982], 4 p.), “L’univers en bien petit” (Moebius, MH #11 [1976], 8 p.), “L’esprit du jeu” (Alias, MH #37 [1979], 12 p.), “Blue Arrow” (scénario Rodolphe et dessin Didier Eberoni, MH #71-72 [1982], 24 p.), “Machine Célibataire” (Jean-Michel Nicollet, publié en album aux Humanos [1979], 8 p.), “Le camping rouge” (scénario Philippe Manoeuvre et dessin Luc Cornillon, MH #90 [1983], 9 p.), “Sanguine” (Caza, MH #12 [1976], 6 p.), “Nid d’espions à Alpha-Plage” (Serge Clerc, MH #76 [1982], 13 p.), “London Girl” (Kent Hutchinson, MH #73bis [1982], 5 p.), “Jules l’Éclair” (scénario Jean-Pierre Dionnet et dessin Mandryka, MH #2, 3 et 5 [1975/76], 3 p.), “Rock ma Banlieue!” (Tramber et Jano, MH #45bis [1979], 8 p.), “17 rue Monsigny” (Paul Gillon, MH #100 [1984], 2 p.), “Kamikaze Electrik” (Beb-Deum, MH #110 [1985], 6 p.), “Paradis 9” (collectif, MH #19 [1977], 24 p.), “Gail” (Philippe Druillet, MH #18 [1978], 16 p.), “L’esclavage c’est la liberté” (Chantal Montellier, publié en album aux Humanos [1984], 10 p.), “Rickie banlieue et ses riverains” (Frank Margerin, MH #39bis [1979], 8 p.), “Scalpel Rock” (scénario Dodo et dessin Jano, Tramber, Ben Radis et Margerin, MH #4 [1981], 7 p.), et “Le tailleur de brume” (Luc et François Schuiten, MH #53 [1980], 14 p.).

Une excellente lecture. stars-4-0

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanosNelliganWikipedia ]

Capsules

Entre autres nouvelles

À noter la parution à la fin octobre 2023 d’un nouvel album d’Astérix par Fabcaro & Conrad: #40 L’Iris blanc. Et il ne faut pas non plus oublier l’album illustré L’Empire du Milieu, par Olivier Gay & Fabrice Tarrin (paru en février 2023) qui adapte le récent film de Guillaume Canet

À noter aussi la parution chez Casterman d’un autre album d’Alix: Le Bouclier d’Achille (#42) écrit par Roger Seiter et dessiné par Marc Jailloux 

À noter également que Noeve grafx publie Five Star Stories par Mamoru Nagano.

Dans sa collection Héritage, Akata a également publié en octobre 2023 Autant en emporte la brume (霧のなかの少女 / Kiri no Naka no Shōjo / lit. “La fille dans le brouillard”  publié au Japon en 1968) par Eiko Hanamura et Confidences d’une prostituée (娼婦ナオミ夜話 / Shōfu Naomi Yawa / lit. “Discussion nocturne avec la prostituée Naomi” publié au Japon en 1972) par Takao Saitô.

Capsules

[ Translate ]

Le calcul du papillon (Liu Cixin 12)

CalculDuPapillon-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour imaginer les possibles futurs de l’humanité.”

“Belgrade sous les bombes. L’organisme de la petite Katya rejette sa récente greffe de rein. Son père, Alexsander, cherche un supercalculateur pour déterminer les coordonnées terrestres exactes d’où provoquer la formation d’un épais brouillard. Pour donner le répit nécessaire au rétablissement de sa fille, pour sauver leurs vies… Les premières coordonnées indiquent le désert malien…”  [Texte du site de l’éditeur]

“Pour stopper les bombardements de l’OTAN, Aleksander a mis au point une modélisation mathématique capable de lui indiquer les coordonnées terrestres d’où provoquer un épais brouillard. Mais il a besoin d’un supercalculateur.” [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) j’ai poursuivi ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité), cinq (La perfection du cercle), six (Proies et Prédateurs), sept (L’Attraction de la foudre), huit (Brouillage intégral), neuf et dix (La Terre transpercée et L’Ère des anges) ainsi que le onze (Au-delà des montagnes). Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois et il ne m’en reste plus que trois à lire: 13: L’Humanité invisible (juin), 14. L’Océan des rêves (août, déjà commenté en anglais) et 15. Les migrants du temps (septembre).

CalculDuPapillon-p005

v. 12, p. 5

Cet album adapte la nouvelle 混沌蝴蝶 (Hùndùn húdié / lit. “Papillon du chaos”) publié en 2001 dans le mensuel chinois 科幻大王 (Kēhuàn dàwáng / lit. “Roi de la science-fiction”). Avec l’aide d’un super-ordinateur russe, un scientifique Yougoslave tente d’utiliser la théorie du chaos et l’effet papillon pour provoquer un brouillard qui empêchera les bombardements ennemi afin de donner un répit pour le traitement de sa fille gravement malade. 

Encore une fois Liu Cixin mélange politique internationale et science (qu’il pousse aux limites du vraisemblable — et cette fois il les dépasse largement) pour nous offrir un intéressant récit de hard-science qui nous interroge sur la nature humaine et les capacités de notre savoir. C’est toutefois son récit le moins crédible de la série. L’adaptation narrative et le style graphique de Dan Panosian est néanmoins fort agréable. À lire tout de même par curiosité.

Le calcul du papillon (Les Futurs de Liu Cixin, #12), par Dan Panosian (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), mai 2023. 80 pages, 21.8 x 29.8 cm, 19.99 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03804-7. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2022 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2022 Éditions Delcourt pour la présente édition.

[ Translate ]

Au-delà des montagnes (Liu Cixin #11)

AuDelaDesMontagnes-Cixin11-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour imaginer les possibles futurs de l’humanité.”

“Stationné à l’aplomb exact de la Terre au-dessus de l’océan, un astronef extra-terrestre provoque une absence totale de gravité. Les flots, comme aspirés vers le ciel, entraînent la formation d’un cyclone abyssal, et notre atmosphère s’échappe par la brèche causée par l’astronef. Le géologue Feng Fan va gravir cette monstrueuse colonne d’eau avec l’espoir d’entrer en contact avec son équipage. [Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité) et cinq (La perfection du cercle) ainsi que les sixième (Proies et Prédateurs), septième (L’Attraction de la foudre), huitième (Brouillage intégral), neuvième et dixième (La Terre transpercée et L’Ère des anges) tomes. Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois. Il ne reste plus que quatre tomes à lire: 12. Le calcul du papillon (paru en mai), 13: L’Humanité invisible (juin), 14. L’Océan des rêves (août, déjà commenté en anglais) et 15. Les migrants du temps (à paraître fin septembre).

Les Futurs de Liu Cixin – Tome 11 – Au-delà des montagnes

T.11, p. 83

Cet album adapte la nouvelle 山 (Shān / “Montagne”) publié en 2006 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World).  Suite à un accident d’alpinisme sur l’Éverest qui à causé la mort de quatre personnes, le géologue Feng Fan a décidé de travailler loin de toute montagne à bord d’un navire de recherche qui étudie les fonds marins. Lorsqu’un gigantesque vaisseau spatial extra-terrestre s’immobilise en orbite géosynchrone à trente-six mille kilomètre de la Terre, il cause une force d’attraction gravitationnelle qui aspire dans le ciel une énorme colonne d’eau d’une hauteur qui dépasse de loin l’Éverest ! Feng, croyant accomplir son destin, décide de gravir cette montagne d’eau et établit un premier contact avec l’un des extra-terrestres qui lui raconte l’histoire de sa civilisation. Ces êtres de métal, constituant une forme de vie mécanique, origine d’une planète creuse. Après avoir prit une centaine de milliers d’années pour en atteindre la surface, ils explorent depuis les galaxies et se sont arrêté à la Terre juste pour dire bonjour…

Un très beau récit, fluide et intriguant, qui nous raconte une histoire “hard science-fiction” de premier contact comme Liu Cixin aime bien en écrire — et qui est comme toujours dans son oeuvre à la limite du vraisemblable. L’adaptation offre une bonne lecture dans un style graphique agréable à l’oeil. Dans ce cas-ci l’auteur et l’artiste sont d’origine espagnole. Une autre bande dessinée qui nous facilite l’accès à l’univers imaginaire de Liu Cixin. À lire.

Au-delà des montagnes (Les Futurs de Liu Cixin, #11), par Eduard Torrents (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin) et Ruben Pellejero (illustration). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), avril 2023. 94 pages, 21.6 x 29.8 cm, 19.99 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03805-4. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2023 Éditions Delcourt pour la présente édition.

[ Translate ]

Revue de ‘zines [002.023.225]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland HS Saint Seiya (Octobre-Décembre 2022)

Ce numéro nous offre trois dossiers sur the thème de la série Les chevaliers du Zodiaque. Le premier étudie l’oeuvre Saint Seiya comme telle (les premières heures de la série, portrait de son créateur Masami Kurumada, sa chronologie, le manga, les voix du doublage français, les produits dérivés, avec des portraits de Shingo Araki (animation, character design), Kôzô Morishita (producteur) et Seiji Yokohama (compositeur)). Le second dossier, “La Galaxie Saint Seiya”, en étudie ses composantes (du sanctuaire aux portes d’Hades, Asgard, Poséidon, les films: Abel, Artémis, Apollon, les guerriers d’Abel, Oméga, Soul of Gold, le manga, Épisode G, Next Dimension, Lost Canvas, et Saintia Shô). Le troisième dossier-Focus étudie comment la série a été la synthèse de son époque en intégrant dans son identité non seulement les influences étrangères (mythes d’ici et d’ailleurs) mais aussi celles du sentai et du tokusatsu en abordant entre autres les armures dans la culture japonaise, les jouets tiré de la série, le film live-action et le cosplay. Ce volume se conclue sur des entretiens avec Jérôme Alquié (auteur d’une aventure inédite), Olivier B. (Chaine Nébulaire sur Youtube) et Davy Fournier (SaintSeiyaPedia).

À lire pour tous fans d’anime et de Saint Seiya en particulier. stars-3-5

Capsules

dBD #171 (Mars 2023)

Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Faut-il brûler Tintin ? (par Renaud Nattiez, chez Éd. 1000 Sabords), de l’Incal Infini (un jeu de plateau par Why Not AI en financement participatif chez KissKissBankBank), et l’intronisation de Emmanuel Guibert à l’Académie des beaux-arts.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Frank Le Gall au sujet de Théodore Poussin T.14: Art Satoe chez Dupuis. Les entrevues se poursuivent avec Jul (sur son oeuvre en général: Silex and the City, 50 nuances de Grecs, ou les nouveaux Lucky Luke), Julien Hervieux et Virginie Augustin (sur Toujours prêtes! Chez Fluide Glacial), Adjim Danngar (sur Djarabane T.1: Au petit marché des amours perdues chez Delcourt), André Houot (sur Asile! chez Glénat), Frédéric Lavabre (sur les 20 ans des Éditions Sarbacane) ainsi que Boulet & Zack Weinersmith (sur Béa Wolf chez Albin Michel).

Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Ender Geister T.1 (par Takashi Yomoyama chez Glénat), Ikkyu v. 1 (par Hisashi Sakaguchi chez Revival), Wind Breaker t.1 (par Satoru Nii chez Pika), Enzo (par Enzo Lefort, Tony Lourenço et Madana chez. Blackphant), Jun Mayuzuki: Anthologie 2007-2017 (chez Kana), Corpse Party: Blood Covered t.1 (par Makoto Kedouin & Toshimi Shinomiya chez Mana), Cheat Skill Level Up t.1 (par Miku, Kazuomi Minatogawa & Rein Kuwashima chez Delcourt/Tonkam) et Cerise Huître Banane Pêche (par Jo Eth chez Des bulles dans l’océan).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

 Métal Hurlant N°1: Le Futur, C’est Déjà Demain (Automne 2021)

Je suis encore un peu déçu car je m’attendais à ce que ce numéro en soit un “Vintage” (republiant les meilleurs histoires du magazine) mais c’en est en fait un de “Création” avec des histoires inédites. Il regroupe vingt-deux récits et treize articles (tous placé dans les soixante premières pages du magazine mais que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème de l’anticipation proche. Comme pour le #5 que j’ai commenté précédemment, la plupart des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas vraiment de mon goût mais j’ai trouvé tous ces courts récits intéressants et qui méritaient d’être lu.

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: Premiers de cordée (par Mathieu Bablet, 10 p. coul.), Pet Play (par Diego Agrimbau et Lucas Varela, 8 p. coul.), War Games (par Berliac, 12 p. N&B), E-Balade (par Merwan & Sandrine Bonini, 10 p. coul.), Orpheus (par Jeremy Perrodeau, 12 p. coul.), Ces mains qui nourrissent (par Samir Marshy & Lee Lai, 14 p. N&B), Solar Plant (par Anna Hill / Luke Jones, 8 p. coul.), Ticket Tuesday (par Maya Pen & Tommi Parrish, 12 p. coul.), Dieu était déjà là (par Paul Lacolley & Pierre Colleu, 8 p. coul.), Les différents visages du Dr. Dehlinger (par Benjamin Fogel & Franck Biancarelli, 12 p. principalement N&B), Un futur différent (par Sylvain Runberg & Ingo Römling, 10 p. coul.), La vie quotidienne (par Matt Fraction & Afif Khaled, 8p. coul.), Replica. I (par Mark Waid & Julien Perron, 10 p. coul.), Clean and clear (par Brian Michael Bendis & Jacob Edgar, 8p. coul.), Snapshots (par Xavier Mauméjean & Jaouen Salaün, 12 p. coul.), Delete (par Sergio Salma & Carole Maurel, 8 p. coul.), Frissons Synthétiques (par Jerry Frissen & Jessie Lonergan, 8 p. coul.), Belle Époque (par Roxane Lumeret, 6 p. coul.), The Passenger (par Pierre van Hove, 12 p. coul.), H.O.P. (par Ugo Bienvenu, 6 p. coul.), Le Blues du dentiste (par Adam Sillard, 4 p. coul.), et Le roi nu (par Fabien Vahlmann & Alfred, 6 p. coul.).

Une belle découverte quand même. stars-3-0

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanosNelliganWikipedia ]

Capsules

 Métal Hurlant N°2: 1975-1984, Le nouveau visage de l’imaginaire (Hiver 2022)

Enfin un numéro “Vintage” qui retrace l’histoire de ce périodique de BD mythique avec une anthologie de ses meilleurs récits. En plus de l’éditorial de Jerry Frissen et de l’introduction de Jean-Pierre Dionnet on y retrouve trois articles (“La naissance de Métal Hurlant” par Claude Ecken [16 p.], “Règlements de comptes à OK Métal” par Christophe Quillien [2 p.] et “Entretien avec Jean-Pierre Dionnet” par Christophe Quillien [28 p.]). Le reste n’est que pure joie avec vingt-deux récits (chacun précédé d’une page d’introduction) qui ont contribué à faire la renommé du magazine: The long tomorrow (par Dan O’Bannon & Moebius, MH #7-8 [1976], 16 p. coul.), L’Oiseau-poussière (par François Bazzoli & Caza, MH #17 [1977], 10 p. N&B), Bunker’s Family (par Philippe Picaret & Jean-Michel Nicollet, MH #14 [1977], 8 p. coul.), 1996 (par Chantal Montellier, MH #25-26 [1978], 6 p. N&B), La Gare (par Michel Crespin, MH #30 [1978], 10 p. N&B), La main verte (par Édith Zha & Nicole Claveloux, MH #9 [1976], 8 p. coul.), Cobalt 60 (par Vaughn Bodé, MH #4 [1975], 10 p. N&B), Crux Universalis Eternity Road (par Enki Bilal, MH #6 [1976], 6 p. N&B), Carapaces (par Luc & François Schuiten, MH #13 [1977], 8 p. coul.), Rock’n’Roll Suicide (par Marc Caro, MH #39bis [1979], 4 p. N&B), Les armées du Conquérant (par Jean-Pierre Dionnet & Jean-Claude Gal, MH #1 [1975], 12 p. N&B), Téléchamps (par Sergio Macedo, MH #16 [1977], 8 p. coul.), Front Nord (par Serge Clerc, MH #52 [1980], 7 p. en bichromie), Heilman (par Alain Voss, MH #22 [1977], 8 p. N&B), Expérience avec la pompe à air (par Angus McKie, MH #29 [1978], 16 p. coul.), Fin de Série (par Alias, MH #27 [1978], 8 p. N&B), Baroudeurs de l’espace (par Jean-Claude Mézières, MH #7 [1976], 8 p. coul.), Opération Oméga (par Denis Sire, MH #13 [1977], 12 p. N&B), Ballade (par Paul Gillon, MH #76bis [1982], 8 p. N&B), L’Expérience religieuse de Philip K. Dick (par Robert Crumb, MH #120 [1986], 8 p. N&B), Aux Premières Loges (par Jacques Lob & Ted Benoit, MH #36bis [1978], 13 p. N&B), et Agorn (par Philippe Druillet, MH #1 [1975], 14 p. N&B).

Une excellente lecture nostalgique. stars-4-0

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanosNelliganWikipedia ]

Capsules
[ Translate ]

Les Futurs de Liu Cixin #9-10

La Terre transpercée (Liu Cixin 9)

LaTerreTranspercee-cov

“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour imaginer les possibles futurs de l’humanité.”

“Un physicien est tiré de force d’un sommeil cryogénique par un tribunal populaire qui le condamne à mort ! Stupéfait, Shen Huabei enfile combinaison et scaphandre, comme ses ravisseurs le lui intiment, et saute dans le vide d’un gouffre souterrain. Durant son interminable chute, ses juges instruisent le procès et lui révèlent l’ampleur de la catastrophe qui met également son fils en cause… [Texte du site de l’éditeur]

“Le découverte d’un nouveau matériau solide, fruit du désarmement nucléaire généralisé, permet la construction d’un projet pharaonique. Mais son exploitation se révèle risquée, Shen Huabei et son fils en font l’étrange expérience.” [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité) et cinq (La perfection du cercle) ainsi que les sixième (Proies et Prédateurs), septième (L’Attraction de la foudre) et huitième (Brouillage intégral) tomes. Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois.

Page 3

Cet album adapte la nouvelle 地球大炮 (“Dìqiú dàpào” / lit. “Le canon de la Terre”; titre anglais: “The Longest Fall” / “La chute la plus longue”) publié en 2003 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World).  

Le Dr. Shen Huabei et son fils Yuan ont l’étrange idée de creuser un tunnel de bord en bord de la Terre, au travers du noyau terrestre, pour faciliter le transport. C’est évidement une idée farfelue et impossible, jusqu’à ce que la destruction de l’arsenal nucléaire permette la création d’un nouveau matériau ultra-résistant. Après de nombreux revers le tunnel est complété mais son utilisation est abandonné après qu’un accident ait causé la mort d’un millier d’ouvriers. Des proches des victimes qui cherchent vengeance poussent Shen Huabei dans le tunnel. Durant son interminable chute libre, il réalise que le tunnel pourrait avoir une autre utilisation qui bénéficierait grandement à l’Humanité !

C’est une très belle histoire mais malheureusement les nombreux flash-back et saut dans le temps rendent la narration confuse. Ce volume démontre encore une fois que Liú Cíxīn aime bien les récit qui se déroule sur une longue durée et qui sont à la limite du possible — dans ce cas-ci, si un tunnel entre la Chine et l’Amérique du Sud est présenté comme scientifiquement possible, l’ampleur du projet est plutôt inimaginable. Le style graphique de Wu Qingsong, à mi-chemin entre le comic américain et le manga, est très beau. Cette bande dessinée nous offre donc une lecture intrigante et agréable. Elle constitue une porte qui facilite l’accès à l’univers imaginaire de Liu Cixin.

La Terre Transpercée (Les Futurs de Liu Cixin, #9), par Wu Qingsong (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), février 2023. 93 pages, 21.5 x 29.8 cm, 21.90 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03807-8. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Capsules

L’ère des anges (Liu Cixin 10)

“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour imaginer les possibles futurs de l’humanité.”

“Un scientifique africain décide de reprendre le destin de son pays en main. Malgré leurs moyens financiers ou technologiques, les pays développés ne parviennent pas à sortir son pays de la famine. Les fabuleuses ressources de l’Afrique finissent toujours par pervertir l’aide étrangère. Le brillant Dr Ita veut s’affranchir d’un système devenu pernicieux, grâce à une solution génétique contestée. [Texte du site de l’éditeur]

“Lassé des guerres civiles larvées qui minent son pays et des soi-disant coopérations économiques qui le maintiennent dans la pauvreté, un généticien africain décide de reprendre le destin de son pays en mains par des moyens très contestés.” [Texte de la couverture arrière]

Page 34

Cet album adapte la nouvelle 天使时代 (“Tiānshǐ shídài” / lit. “L’âge des anges”; titre anglais: “The Angel Era”) publié en 2002 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World).  Cette BD nous raconte l’histoire du Dr. Ita qui — lassé du cycle de chaos et de famine qui, sous l’influence du colonialisme des nations développées, maintient sans cesse l’Afrique dans la pauvreté — consacre sa vie à trouver une solution génétique au problème. Si l’amélioration des cultures agricoles demeure une solution insuffisante pourquoi ne pas alors modifier le corps humain pour que son système digestif lui permette d’élargir de manière significative son régime alimentaire ? Toutefois cela transgresse le tabou interdisant les modifications génétiques sur l’humain, controlé par le Comité Bioéthique des Nations Unis (dominé, évidemment, par les nations développées). Le Dr Ita est jugé comme un criminel et son pays, la Xambie, est bombardé sans relâche par les Américains, tant qu’il ne se rendra pas, lui et les milliers d’humains qui ont ainsi été modifié… Toutefois, pour défendre son pays, le Dr Ita a également créé une nouvelle race de guerriers…

Une autre histoire typique de Liu Cixin qui tente de démontrer que la science peut résoudre beaucoup de problèmes si on lui en donne la chance. Il pose également des questions d’un grand intérêt — comme à qui bénéficie vraiment les interdits et les limites qu’on impose à la science ? C’est un autre récit qui se déroule sur une longue durée et que Cixin, pour bien marquer son argument, pousse encore aux limites du vraisemblable. Le style graphique de Ma Yi, qui s’apparente aux comics américains, est assez bien. Le récit est plus fluide que le précédant et nous offre une lecture fascinante et agréable. J’ai bien aimé.

L’ère des anges (Les Futurs de Liu Cixin, #10), par Sylvain Runberg (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin) & Ma Yi (dessin et couleurs). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), mars 2023. 82 pages, 21.8 x 29.8 cm, 19.99 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-41303-808-5. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2022 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2022 Éditions Delcourt pour la présente édition.

[ Translate ]

Wool Omnibus #1

Wool-1-cov“In a ruined and toxic future, a community exists in a giant silo underground, hundreds of stories deep. There, men and women live in a society full of regulations they believe are meant to protect them. Sheriff Holston, who has unwaveringly upheld the silo’s rules for years, unexpectedly breaks the greatest taboo of all: He asks to go outside.

His fateful decision unleashes a drastic series of events. An unlikely candidate is appointed to replace him: Juliette, a mechanic with no training in law, whose special knack is fixing machines. Now Juliette is about to be entrusted with fixing her silo, and she will soon learn just how badly her world is broken. The silo is about to confront what its history has only hinted about and its inhabitants have never dared to whisper. Uprising.” 

[Text from the inside flap ; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I had just finished watching the excellent (stars-4-0) science fiction TV series Silo from Apple TV+ (rated 8.1 on IMDb and 87% / 89% on Rotten Tomatoes; see the trailer on Youtube and check Wikipedia for more information) and I wanted more ! I really cannot resist a thrilling post-apocalyptic story. Of course, when I discovered that the series was based on a book by Hugh Howey, I quickly reserved it at the library. The series tells the story only of the first half of the book. I wanted to know how the story ended and I wasn’t disappointed (although that’s not really the end since this book, Wool, is part of a trilogy with Shift and Dust). In fact, if it is set in a post-apocalyptic world, the story is more a thriller. And like all book’s adaptation there are HUGE differences in the story-telling (the sex of some characters have been changed, their motivation is sometime not the same and some events unfold quite differently) but over all the general idea is the same. 

A community of about ten thousands humans lives in a self-sufficient closed environment, a silo made of over one hundred levels, protecting them from the toxic outside. Nobody knows for how long they have been there, nor what happened to make the surface of the Earth uninhabitable and toxic. In order to insure that they survive until the outside is liveable, this society is governed by a very strict set of rules called the “Pact”. If you ask too many questions or simply go crazy and desperately want to go outside, well, you are given a protective suit and shown the door. Despite the suit, most won’t survive the toxic environment more than a few meters… You are also given a piece of cloth (a wool) and asked to clean the sensor camera that monitors the outside. Hence the title of the novel (but it might also be a reference to the expression “pull the wool over someone’s eyes”, i.e. to deceive, which would make us wonder what kind of deception is in play…).

Somehow, since I saw the TV series first, I like it better than the book. The TV series offers a stronger love story and a more catchy thriller (and that’s totally normal since a TV series needs to put emphasis on those aspects to be successful) but the book is nevertheless a very good reading that offers more character development, a more detailed and complex mystery (secrets hiding secrets!) as well as the answer to the cliff hanger of the first season of the TV series. I really enjoyed both. Even if you have no intention to ever watch the TV series, it remains a very good book.

I can’t wait to learn what other mysteries Juliet will discovers in the other two novels. And, of course, I am also quite eager to watch the second season of the TV series (probably next summer) and see how the mystery unfolds in the adaptation. Apparently there is also a graphic novel adaptation and I’ll try to find that one too. Hugh Howey has created with Wool / Silo a very fascinating world and I just can’t resist to learn more about it.

Wool Omnibus #1, by Hugh Howey. New York: Simon & Schuster, March 2013. 514 pages, 14 x 21 cm, $US 26.00 / $29.99 Can, ISBN 978-1-4767-3511-5. For a teenager readership (14+). See the trailer on Youtbe. stars-3-5

For more information you can check the following websites:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2012 Hugh Howey.

[ Traduire ]

Le clan des Poe, vol. 1

ClanDesPoe-1-cov“XVIIIe siècle, quelque part en Angleterre… Edgar et Marybelle, enfants illégitimes d’un aristocrate, sont abandonnés au fond des bois… Ils sont alors recueillis par Hannah l’Ancienne, matriarche du mystérieux clan des Poe. Mais quelques années plus tard, le garçon découvre accidentellement le terrible secret de sa famille d’adoption : tous sont des vampanella, des êtres immortels se nourrissant de sang humain. Et pour protéger sa sœur, il doit devenir l’un des leurs… Suivez à travers différentes époques le destin tortueux d’Edgar, vampanella prisonnier d’une existence sans fin.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le clan des Poe (ポーの一族 / Poe no Ichizoku) est un  manga shōjo et josei par Moto Hagio qui a d’abord été prépublié en feuilletons entre mars 1972 et juin 1976 dans le périodique Bessatsu Shōjo Comic (Betsucomi) avant d’être compilé en cinq volumes (Tankōbon) chez Shôgakukan entre 1974 et 1976. Il a par la suite été édité en trois volumes (bunkoban) en 1998, puis en deux volumes (premium) en 2019. C’est cette dernière édition, publiée à l’occasion du 50e anniversaire de carrière de l’auteur et qui offre une restoration complète des planches, qui a été traduite en anglais chez Fantagraphics (août 2019 et septembre 2022), puis en français chez Akata au printemps 2023. Moto Hagio est membre du célèbre groupe de l’An 24 et a grandement contribué au développement du manga shōjo moderne. J’ai déjà commenté plusieurs de ses ouvrages (en anglais: A Drunken dreams and other stories et Otherworld Barbara) mais j’ai particulièrement discuté de son rôle de pionnière dans mon commentaire sur Le coeur de Thomas.

ClanDesPoe-1-p010

Page 10

Le clan des Poe est le premier manga de Moto Hagio et sans doute l’un de ses plus grands succès au Japon (elle reçoit d’ailleurs le prix Shōgakukan en 1975 pour ce titre). Il s’agit en quelque sorte d’une romance gothique au sein d’une famille de vampire. Edgar et sa soeur Marybell sont les enfants du comte d’Evans mais leur belle-mère les déteste et demande à la nourrisse de les tuer. Toutefois, celle-ci les prend en pitié et les abandonne simplement dans les bois. Ils sont recueilli par Hannah Poe, la matriarche d’une mystérieuse famille de nobles qui se révèle composée de vampires ! Ils doivent souvent déménager quand les villageois commencent à se douter de leur identité supernaturelle. Edgar est très attaché à sa jeune soeur et est traumatisé lorsque celle-ci est assassiné par un fanatique. Éternel prisonnier dans son corps d’enfant, il se sent seul. Il prends donc la fuite avec Allan, un jeune villageois qu’il trouve attirant et qu’il transforme en vampire contre sa volonté. Au travers de leur escapade et de leur relation tumultueuse, ils vivront plusieurs aventures.

ClanDesPoe-1-p036

Page 36

On retrouve déjà dans cet ouvrage les innovations stylistiques qui caractérisent le style graphique de Moto Hagio et qui ont fait sa renommé. Le récit est composé de seize courts chapitres (neuf dans ce premier volume) qui sont vaguement connectés et qui se déroulent à des époques et en des lieux différents. Malheureusement ils sont présenté dans un ordre non chronologique ce qui rends la compréhension difficile pour le lecteur. Cela demeure toutefois un classique du genre shōjo, qui nous offre un très beau manga avec un récit intriguant qui mérite d’être lu. Je le recommande donc fortement même si l’aspect anecdotique du récit m’a un peu déçu.

ClanDesPoe-1-p121

Page 121

Ce premier volume comprends neuf récits:  “Le Clan des Poe” (ポーの一族 / Poe no ichizoku, 127 pages, sérialisé dans les numéro de septembre à décembre 1972 de la revue Bessatsu Shōjo Comic),  “La Jeune Fille aux cheveux d’argent” (すきとおった銀の髪 / Sukitōtta gin no kami, 16 pages, mars 1972),  “Le Village de Poe” (ポーの村 / Poe no mura, 24 pages, juillet 1972),  “Le Journal de Glensmith” (グレンスミスの日記 / Glensmith no nikki, 24 pages, août 1972),  “Marybelle et la rose d’argent” (メリーベルと銀のばら / Marybelle to gin no bara, 162 pages, de janvier à mars 1973),  “Penny Rain” (ペニー・レイン, 40 pages, mai 1975),  “Liddell dans la forêt” (リデル・森の中 / Liddell, mori no naka, 16 pages, juin 1975),  “Les Fleurs et les oiseaux du pays lointain” (はるかな国の花や小鳥 / Harukana kuni no hana ya kotori, 33 pages, dans Shūkan Shōjo Comic de septembre 1975), et “Une semaine” (一週間 / Isshūkan, 16 pages, dans Bessatsu Shōjo Comic de décembre 1975). On retrouve également une préface de Fausto Fasulo, une postface de Miyako Slocombe et une galerie d’illustrations. J’ai bien hâte de lire la suite avec le deuxième volume annoncé pour la fin octobre 2023.

Depuis 2016, Moto Hagio a donné une suite à ce récit avec quatre volumes supplémentaires qui ont été prépubliés dans le magazine Monthly Flowers: Haru no Yume (ポーの一族~春の夢 /  Le clan des Poe ~ Rêve de printemps, publié de juillet 2016 à juillet 2017), Poe no Ichizoku: Unicorn (ポーの一族 ユニコーン, publié de juillet 2018 à juin 2019), Himitsu no Hanazono (ポーの一族 秘密の花園 / Le jardin secret du clan des Poe, publié de juillet 2019 à novembre 2021) et Ao no Pandora (青のパンドラ / Pandore bleue, publié depuis juillet 2022). Nous ignorons pour l’instant si ces titres seront également traduit.

Le clan des Poe t.1, par Moto Hagio (traduit par Miyako Slocombe). Rancon: Akata (Coll. Héritages), avril 2023, 14.7 x 21 cm, 19.99 € / $37.95, ISBN 978-2-36974-821-4. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2019 Moto HAGIO.

[ Translate ]

Revue de ‘zines [002.023.185]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #242 (Avril-Juin 2023)

AL-242Ce numéro nous offre des dossiers sur Rintarô, le seigneur de l’anime (portrait, entretien, Utopiales, entretien avec Frédéric Temps [Programmateur ciné aux Utopiales] et retour sur les six oeuvres majeures de Rintarô: Captain Harlock [1978], Adieu Galaxy Express [1979, 1981], Harmagedon [1983], L’Épée de Kamui [1985], Métropolis [2001] et Yona, la légende de l’oiseau-sans-aile [2009]), Makoto Shinkai (Suzume, portrait, proximité à distance, réalisme magique) et Angoulême 2023 (Entretien avec Junji Itô, exposition Junji Itô, Paroles de Ryôishi Ikegami, Rencontre avec Akane Torikai et commentaires sur le festival).

Dans “On a Vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Romantic Killer, Raven of the Inner Palace, Jojo’s Bizarre Adventure: Stone Ocean saison finale, Spy x Family part 2, La voie du tablier saison 2, Mobile Suit Gundam: The Witch from Mercury saison 1, Avalonia: L’étrange voyage, Maurice le chat fabuleux, The Bad Batch saison 2, Pinocchio de Guillermo del Toro, Le Chat Potté 2: la dernière quête, Moi quand je me transforme en Slime le film: Scarlet Bond.

Dans “On a Lu” on nous introduit à quelques bons mangas comme Paraiso (Suehiro Maruo chez Casterman), Hitomoji: Stress Mortel (Motoro Mase chez Crunchyroll), Du mouvement de la Terre (Uoto chez Ki-oon), Mibu Gishi Den (Jiro Asada & Takumi Nagayasu chez Mangetsu), Ikkyu (Hisashi Sakaguchi chez Revival), Gourmet Détective (Akiko Higashimura chez Delcourt/Tonkam), Amour Placebo (Akane Torikai chez Akata), Excuse me dentist: it’s touching me! (Sho Yamazaki chez Soleil), Let’s Play (webtoon par Leanne M. Krecic chez Kotoon), Terukan Boys (Yû Nakahara chez Doki-Doki), Isekai Anime Studio (Kakuchoshi chez Doki-Doki), Kujo l’implacable (Shôhei Manabe chez Kana), Gannibal (Masaaki Ninomiya chez Meian), Le Ciel pour conquête (Yudori chez Delcourt).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Musique (Au coeur de la tournée de Joe Hisaishi, AniSong: le feu d’artifice musical de l’année), Entretiens (Masaaki Ninomiya, Yasuhiro Yoshiura, Shinya Ohira, Yudori),  Figure de Pro (Sylvain Dos Santos), Séance Studio (Ghibli), Trouvaille (The Three-body Problem), Exposition (Versailles no Bara), Hommage (Leiji Matsumoto, Claudio Biern Boyd), et Humeur (2023, l’année Miyazaki?).

À lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

Capsules

dBD #169 (Déc.-Janvier 2022-23)

dBD-169Dans le cahier actualités on mentionne la publication en coffret cartonné de Dans la tête de Sherlock Holme, L’Affaire du ticket scandaleux t.1 & t.2 chez Ankama. On retrouve également un article sur les conférences données par Benoit Peeters au Collège de France dans le cadre de la chaire de Création artistique consacré à la bande dessinée. Un autre article nous présente le prix Töpffer 2022 de la bande dessinée.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Jean-Pierre Gibrat au sujet de Mattéo – Sixième époque (2 septembre 1939 – 3 juin 1940) chez Futuropolis. Les entrevues se poursuivent avec Jean-Claude Servais (sur Bellem aux Éditions Dupuis), Xavier Dorison & Timothée Montaigne (sur 1629, ou l’effrayante histoire des naufragés du Jakarta. L’Apothicaire du diable, T.1 chez Glénat), Arthur de Pins (sur Zobillénium T.6 chez Dupuis), Tibur Oger (sur Indians chez Grand Angle), Marion Fayolle (sur La maison nue chez Magnani), et Franck Thilliez (sur La brigade des cauchemars T.6: Ariane chez Jungle).

Comme spécial de fin d’année, dBD nous présente ses coups de coeur de beaux livres composés d’entrevues avec François Schuiten (sur L’Archiviste, avec Benoit Peeters, chez Casterman), Ralph Meyer (sur Undertaker, l’art de Ralph Meyer chez Dargaud), Arnaud Le Gouëfflec & Dominique Bertail (sur l’intégrale de Mondo Reverso chez Fluide Glacial), Léonie Bischoff (sur Anaïs Nin sur la mer des mensonges chez Casterman), ainsi que Gwen de Bonneval & Hervé Tanquerelle (sur l’intégrale de Racontars arctiques, d’après Jørn Riel, chez Sarbacane). 

Dans le Cahier Critique je note surtout Le coeur et le devoir t.1 par Himawari Nishino & Tanaka chez Doki-Doki (Bien; “évite la plupart des errances du shojo (…) sans être un chef d’oeuvre, ce récit se révèle captivant”), Fool Night t.3 par Kasumi Yasuda chez Glénat (Super; “graphisme élégant et fin (…) parvient à faire mouche, alors même que l’idée de départ semblait un peu bancale. Une excellente surprise”), Adabana t.3 par Non chez Kana (Super; “excellent thriller”), Critique de la raison pure par Emmanuel Kant & Variety Artworks chez Soleil Manga (Super; “synthétise en 192 pages les écrits du maître (…) un Kant pour les nuls”).

Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Histoire courtes (Junji Ito chez Delcourt/Tonkam), MMA: Mixed Martial Artists t.1 (Hiroki Endô chez Pika), The Far East Incident t.1 (Aguri Ohue chez Vega), La petite amie de Minami (Sungiku Uchida chez IMHO), Les Saisons d’Ohgishima t.1 (Kan Takahama chez Glénat), Happy Land (Shingo Honda chez Omaké), The Chilling Dead t.1 (Shuji Takeya chez Nobi Nobi), et Tokyo Aliens t.1 (Osaka Naoe chez Kana).

Un numéro double (130 pages) qui offre une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #170 (Février 2023)

dBD-170Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Paraiso, un recueil de cinq histoires courtes par Suehiro Maruo chez Casterman ainsi que la réédition de deux autres titres du même auteur, L’Enfer en bouteille et L’Île panorama. Je remarque également la parution d’une compilation Hägar Dünor 1977-1978 par Dik Browne chez Urban Comics (246 pages!). On retrouve également un article de quatre pages sur la 50e édition du Festival International de la bande dessinée d’Angoulême.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Arnaud Nebbache sur Brancusi contre États-Unis chez Dargaud. Les entrevues se poursuivent avec Robin Recht (sur Thorgal Saga T.1: Adieu Aaricia chez Le Lombard), Irène Frachon & Éric Giacometti (sur Mediator, un crime chimiquement pur chez Delcourt), Yann Damezin (sur Majnoun et Leïli, chants d’outre-tombe chez La Boîte à Bulles), Hérald Hajar (chef décorateur sur l’adaptation au cinéma par Yann Samuell de la BD de Régis Hautière et Hardoc, La Guerre des Lulus chez Casterman), Florian Pigé & Étienne Gerin (sur Speedball chez Sarbacane), Pierre Maurel (sur Michel T.5 chez L’Employé du Moi et L’Arme à Gauche chez Glénat), ainsi que Max de Radiguès & Hugo Piette (sur Eddie & Noé T.1: Plus chaud que le climat ! chez Sarbacane).

Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Sakura Wars (Ikku Masa & Ohki Hiroi chez Mana Books), Death Note: Original Soundtrack vol. 1 (Hideki Taiuchi & Yoshihisa Hirano chez Kana Music), Gourmet Détective T.1 (Akiko Higashimura chez Delcourt), Raspoutine Le Patriote (Takashi Nagasaki, Masaru Satô & Junji Ito chez Delcourt), Terukan Boys (Yû Nakahara chez Doki Doki), Le chat noir (Hideshi Hino chez IMHO), Blame 0 Deluxe (Tsutomu Nihei chez Glénat) et Elle (QTa Minami d’après Delphine de Vigan chez Pika).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

Métal Hurlant N°5: Métavers : Les émotions synthétiques (Novembre 2022)

MH-5J’avais lu que ce “revival” trimestriel de Métal Hurlant était une compilation de près de trois-cent pages de BDs et d’articles “Vintage” des bonnes années du magazine qui a profondément marqué la BD française. Et bien, j’étais dans l’erreur car le magazine publie également des numéros de “Création” qui regroupent autour d’un thème contemporain des histoires courtes par des auteurs et artistes internationaux. Le magazine alterne les numéros “Vintage” et de “Création” à raison de quatre numéros par année. J’espérais re-lire des chef-d’oeuvre de BD des années ’70 et ’80 mais le numéro que j’ai choisi au hasard à cause de sa belle couverture de Bilal s’est révélé en fait être un numéro de “Création” — toutefois je ne le regrette pas car ce fut une très bonne lecture tout à fait à la hauteur du magazine culte (voir mythique) original. Je vais définitivement en lire d’autres numéros…

Je ne rentrerai pas trop dans les détails mais ce numéro regroupe vingt-trois histoires courtes inédites et sept articles sur le thème du Métavers, du virtuel et des émotions synthétiques. Il parait que nous vivrions dans une simulation ce qui nous offre une large panoplie de possibilités d’histoires plutôt Dickiennes. J’ai parcouru les articles un peu en diagonale mais par contre j’ai lu avidement les BDs. Les styles très variés étaient rarement de mon goût mais les récits étaient pas mal tous très bons. Définitivement à lire.

On y retrouve donc Bionumérique (une histoire de Otto Maddox avec des illustrations plutôt weird par une A.I.), Alters (Mark Waid & Jean-Michel Ponzio), Aquarium (Léo Quiévreux), Black Box (Nikola Pisarev), Les lois de la physique (Matthew Sheean), Univers Expansé (Richard Guérineau), Êtes-vous sûre de vouloir me quitter (Lisa Blumen), La douche éternelle (Lewis Trondheim), Fractales (Laurent Siefer), Download (Arnaud Le Gouëfflec & Krzysztof Novak), La faille (Thierry Martin), La fleur d’Olène (Aurélie Crop), Longue vie au métayers libre! (Otto Maddox & Tim Bos), Game changer (Lane Milburn), Le nouveau (Antoine Dodé), Sofia (Edo Brenes), Méta-métempsychose (Cantsin), Soldats de lumière (Simon Roy), Tsubame (Facundo Nehuén Lopez), Teddy (Yann Bécu & Sagar), La dernière refugiée (Tim Adam & Alexis Vitrebert) et Luv (Jim Bishop & Seera).

Une belle découverte. stars-3-5

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanos ]

Capsules

Solaris #223 (Été 2022)

Solaris-223Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre (dites de l’imaginaire, spéculative ou “paralittérature”) au Québec et parfois d’ailleurs. Celle-ci s’ouvre à nous en trois volets: le volet fiction comprend quelques nouvelles qui nous offrent l’occasion de se divertir tout en échantillonnant ses différentes saveurs actuelles. Le volet documentaire nous offre des articles pour découvrir et mieux comprendre ses différents aspects. Finalement, le volet critique se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent les parutions hors-Québec.

Dans le volet fiction ce numéro nous offre quatre courts récits:

  • “La Vie secrète des carapacées” par Geneviève Blouin, un excellent texte, lauréat du Prix Solaris 2022, qui nous présente un monde où une partie des humains vivent dans des coquilles comme les colimaçons… jusqu’à ce que l’évolution se mette en marche… stars-4-0
  • “Un amoureux imaginaire” par Orson Scott Card, où une adolescente fait semblant de parler à son petit copain sur son téléphone cellulaire pour épater ses amies. Mais comment réagir lorsqu’une voix lui répond réellement? stars-3-5
  • “Comme un parfum d’encens” par Ketty Steward, où un couple de jeunes blancs adopte un enfant noir qui se révèle… possédé. stars-3-0
  • “Taches” par Claude Bolduc, où se conclue le récit débuté dans le numéro précédent. La santé de Jean-Pierre est négativement affecté par un vieil appareil photo digital qu’il a trouvé dans les poubelles. De quelle malédiction serait-il la victime ? stars-3-0

Le volet documentaire offre un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui s’intéresse cette fois aux “Cités miniatures ou le monde comme oeuvre d’art”. Le Futurible retrace pour nous l’histoire de ce désir de recréer le monde en miniatures, de l’idée de la maquette aux LEGOs, et l’influence que cela a eut sur le cinéma et la littérature. stars-3-5

Pour finir, le volet critique nous offre seize pages de commentaires couvrant seize titres (pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne).

Solaris, qui se veut “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire”, nous offre comme toujours un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur de genre. stars-3-5

Capsules

[ Translate ]

Brouillage Intégral (Liu Cixin 8)

BrouillageIntegral-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour imaginer les possibles futurs de l’humanité.

Une Troisième Guerre mondiale oppose les membres de l’OTAN à la Russie, un conflit interminable, tactique, technologique et sanglant. Pour gagner du temps en attendant un rassemblement de troupes, le général Levchenko décide d’agir sur le brouillage des transmissions. Les rayonnements solaires, qui influencent la propagation des ondes de surface, pourraient changer l’issue des combats…

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

BrouillageIntegral-p004

Page 4

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité) et cinq (La perfection du cercle) ainsi que les sixième (Proies et Prédateurs) et septième (L’Attraction de la foudre) tomes. Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois.

Cet album adapte la nouvelle 全频带阻塞干扰 (“Quán píndài zǔsè gānrǎo” / lit. “brouillage pleine bande”) publié en 2001 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World).  Liu Cixin nous propose encore une fois un sujet d’actualité: une guerre entre l’OTAN et la Russie. Les deux nations font appel au brouillage électronique pour rendre inopérant les communications et les équipements de détection de l’ennemi mais la technologie russe est moins efficace. Afin d’avoir l’avantage, il créeront un brouillage intégral en utilisant un phénomène naturel. 

Le sujet de cette histoire est plutôt intéressant puisqu’il nous introduit à la science derrière la guerre du XXIe siècle mais le dessin est très moyen et le récit un peu confus ce qui rend la lecture de cet album un peu ennuyant. C’est donc la moins bonne adaptation de la série. À lire par curiosité ou simplement pour avoir lu tout les albums de la série.

Brouillage intégral (Les Futurs de Liu Cixin, #8), par Marko Stojanovic (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin), Milorad Vicanovic-Maza (illustrations) et Desimir Miljic-Desko (couleur). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), janvier 2023. 108 pages, 21.7 x 29.8 cm, 21.90 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-41303810-8. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-2-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2022 Éditions Delcourt pour la présente édition.

[ Translate ]

Là où naissent les histoires

LaOuNaissentLesHistoires-cov“Les Delphes, des créatures possédant le talent de raconter des histoires, sont chargés d’écrire les sitcoms qui cartonnent sur toutes les chaînes de Point Central. Malheureusement la substance qui nourrit leur créativité se fait rare… Il est urgent pour eux d’obtenir l’aide de Galaxity afin qu’un autre gisement soit exploité. Celui-ci se situe dans un coin perdu sur la Terre du XXe siècle ! Le service spatio-temporel terrien est sur le coup… Mais leurs meilleurs agents sont redevenus enfants. Pas facile de travailler avec un duo d’ados et interdiction pour eux de louper les cours de danse et de judo !”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

 

LaOuNaissentLesHistoires-p003

Page 3

Valérian et Laureline ont trouvé refuge sur la Terre du XXIe siècle, loin des technocrates de Galaxity, mais ils sont redevenu enfants, sous la garde de Monsieur Albert. L’Agence Spatio-Temporelle fait néanmoins encore appel à eux pour superviser une transaction d’une grande importance pour la stabilité de la galaxie: approvisionner une race d’auteurs de sitcoms avec des nodules métalloïdes de Boroflium découvert sur Terre dans le Caucase post-soviétique afin d’assurer leur créativité et, par extension, la sérénité populaire. Mais plusieurs groupes convoitent les nodules… Les deux adolescents français en “excursion” dans l’Europe de l’Est vont user de leur intuition pour aider leur tonton dans sa tâche…

Cet album semble avoir été classé dans la série ”Valérian, vu par…” mais comme le récit présente une suite logique au dernier album “officiel”, qu’il est écrit par Pierre Christin et que le style de Virginie Augustin s’approche beaucoup de celui du défunt Jean-Claude Mézières je crois qu’il pourrait très bien prendre sa place dans le cannon des aventures de Valérian et Laureline. D’ailleurs, l’album lui-même — contrairement aux deux autres “hommages”, Shingouzlooz Inc par Wilfrid Lupano & Mathieu Lauffray et L’Armure du Jakolass par Manu Larcenet — ne fait aucune mention de la collection “Valérian, vu par…”

Cet album nous offre un très beau récit de science-fiction, plein d’humour, qui s’insère fort bien dans la série. De plus, le superbe style de dessin de Virginie Augustin qui, comme je l’ai déjà dit s’apparente beaucoup à celui de Mézières, rends la lecture d’autant plus agréable. C’est non seulement une belle aventure de Valérian et Laureline, mais c’est aussi un excellent album qui plaira sans aucun doute tant aux fans nostalgique de la série qu’aux non initiés. À lire.

Là où naissent les histoires (Valérian, vu par…), par Pierre Christin (Scénario) et Virginie Augustin (Dessin). Paris: Dargaud, septembre 2022. 56 pages, 22.5 x 29.8 cm, 13,50€ / $25.95 Can, ISBN 978-2-205-08997-4. Pour un lectorat tous publics (7+). stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Dargaud 2022

[ Translate ]

Les futurs de Liu Cixin #7: L’attraction de la foudre

AttractionDeLaFoudre-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays; 15 voyages quantiques à la croisée de dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour y découvrir les futurs de l’humanité.

Chen est fasciné par la foudre globulaire depuis une expérience traumatisante vécue dans l’enfance. Doctorant en modélisations mathématiques, il est poussé par son université vers l’armée qui allie ressources financières et capacités d’expérimentation. Chen se retrouve ainsi à tenter de capturer et analyser ces boules d’énergie brute, alors que les tensions internationales s’intensifient.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes 4. Nourrir l’Humanité et 5. La perfection du cercle ainsi que le sixième tome, Proies et Prédateurs. Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois.

 

AttractionDeLaFoudre-p011

Page 11

L’attraction de la foudre (Les Futurs de Liu Cixin, #7) est l’adaptation en bande dessinée du roman de science-fiction 球状闪电 (Qiúzhuàng shǎndiàn / lit. “foudre en boule”) par par Liu Cixin paru en Chine en 2014 et traduit en français chez Actes Sud en 2019. Ce volume nous raconte la vie de Chen Kun qui prends un tour inattendu le jour de ses quatorze ans alors que ses parents sont tués par une boule de foudre qui est entrée dans leur appartement. Fasciné par ce phénomène, il y consacre ses études universitaires. Lors d’un stage dans un centre de recherche localisé au sommet du mont Taishan, il fait la rencontre de Lin Yuan — une fille de général obsédée par l’armement militaire — qui étudie elle aussi la foudre mais pour en faire une arme. Alors que la tension internationale monte avec l’intervention de navires de la “Coalition Démocratique” en mer de Chine (constituant “une escalade intolérable et un signe d’agression évident”), il est “invité” par le Ministère des Armées à rejoindre le groupe de recherche “Nouveaux Concepts” dirigé par Lin. Ils tenteront d’étudier et de capturer de la foudre globulaire afin d’en faire une arme. Ils découvrent que le phénomène n’est pas créé par la foudre mais qu’il est préexistant et que la foudre ne fait que le rendre visible. Chen théorise que la foudre globulaire est en fait un électron géant qui constitue un macro-atome formant un univers macroscopique ! Après de nombreux échecs et alors que la guerre semble imminente, Lin refuse d’entendre les mises en garde de ses collègues contre les dangers de l’expérience et fait l’essai d’une arme si terrible qu’elle changera à jamais la géopolitique mondiale…

 

L’attraction de la foudre est un récit de hard SF, avec des échos étrangement d’actualité, typique de l’œuvre de Liu Cixin. Le dessin est très bien alors que le récit demeure fort intéressant et relativement vraisemblable. Comme elle adapte non pas une nouvelle mais un roman il en résulte une BD volumineuse qui nous offre une longue et agréable lecture et qui reste divertissante malgré la complexité de ses aspects scientifiques. Elle plaira sans aucun doute aux amateurs de hard SF et de l’oeuvre de Liu Cixin.

L’attraction de la foudre (Les Futurs de Liu Cixin, #7), par Thierry Robin (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin et illustration), Yang Fei (assistant au décors) et Cyril Saint-Blancat (couleur). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), novembre 2022. 272 pages, 21.9 x 29.8 cm, 34.95 € / $59.95 Can, ISBN 978-2-413-03809-2. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2022 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2022 Éditions Delcourt pour la présente édition.

[ Translate ]

Sa majesté des chats

SaMajesteDesChats-covHumains, votre salut dépendra de la communication avec les animaux…

Bastet, Pythagore, et leur communauté de chats et d’humains se sont retranchés sur l’Île de la cité, à Paris. Assiégés par les rats et leur inquiétant chef, Tamerlan, les félins doivent chercher de l’aide. Mais les animaux ne sont pas tous dépourvus des défauts humains, et la menace plane sur les chats…

Une interprétation visuelle ultra-contemporaine du second volume de la trilogie best-seller !

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Sa majesté des chats est une bande dessinée scénarisée par Pog et illustrée par Naïs Quin qui adapte le second tome de la trilogie du cycle des chats par Bernard Werber. C’est une histoire d’anticipation post-cataclysmique présenté du point de vue des chats et dont le titre fait un clin d’oeil à Demain les chiens (City) de Clifford D. Simak. J’ai déjà commenté le premie tome.

SaMajesteDesChats-p008

Page 8

Bastet, Pythagore, Nathalie et leur communauté de survivants trouve refuge sur l’Île de la cité mais ils sont rapidement assiégé par l’armée de rats de l’ignoble Tamerlan. Ils fuient en ballon pour tenter de trouver des renforts. Ils trouvent d’abord une communauté de chats qui leur refuse de l’aide, puis sont recueilli par la communauté humaine du Campus d’Orsay de l’Université Paris-Sud. Ce lieu est le gardien de la connaissance (l’ESRA: l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu) et le berceau du projet “Troisième Oeil” où Pythagore a reçu son savoir. Bastet demande elle aussi a recevoir ce “Troisième Oeil”, une interface USB qui lui permet d’acquérir de la connaissance et de communiquer. Ils apprennent que l’université de New York aurait mis au point un raticide efficace. Le campus est malheureusement détruit lors d’une attaque par un groupe d’humains hostiles qui vole le clé USB contenant l’ESRA. Roman, leur nouvel allié, réussi à la récupérer mais ils sont capturés par une communauté d’animaux de laboratoires et d’élevage qui veut se venger des humains et leur tient un procès. L’éloquence de Pythagore et Bastet les tire du danger mais ils reviennent trop tard à l’Île de la cité qui a été dévasté par les rats… Après un arrêt au Louvres pour récupérer les quelques survivants, le groupe se rends au Havre pour y entreprendre un nouveau périple, cette fois transatlantique!

 

Une charmante bande dessinée au style un peu brouillon mais qui offre un excellent récit d’aventure et de survie. Nous y retrouvons les aspects les plus sombres de l’humain, qui se reflètent aussi chez les animaux, mais toujours avec une note d’espoir. C’est une lecture agréable, captivante et distrayante qui plaira sans aucun doute aux amateurs de chats et de récits post-cataclysmiques!

Sa majesté des chats, par POG (adaptation & dialogues), Naïs Quin (dessin & couleur) et Bernard Werber (récit original). Paris: Albin Michel, octobre 2022. 128 pages, 20.3 x 22.2 cm, 18,90 € / $C 29.95, ISBN 978-2-226-46769-0, Pour lectorat adolescent (14+). Extraits disponibles. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Werber, Pog, Quin. © Éditions Albin Michel BD 2022.

[ Translate ]

Les futurs de Liu Cixin #6: Proies et Prédateurs

ProiesEtPrédateurs-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays; 15 voyages quantiques à la croisée de dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour y découvrir les futurs de l’humanité.

Un surprenant émissaire informe l’ONU que des extraterrestres sont en route sur leur planète-vaisseau en forme de tore, le Dévoreur. Ceinturant notre planète, ils en absorberont la moindre ressource, puis la recracheront comme on le fait d’un noyau. Notre fin est inéluctable : leur supériorité technologique ne laisse aucun doute. Un soldat met en oeuvre tous les moyens imaginables pour riposter.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD de nouvelles de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes 4. Nourrir l’Humanité et 5. La perfection du cercle. Le sixième tome, Proies et Prédateurs, adapte en bande dessinée 吞食者 (Tūnshí zhě / lit. “Le Dévoreur”) qui est une nouvelle de science-fiction par Liu Cixin publiée en 2002 dans le magazine chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “Le monde de la Science Fiction”). 

ProiesEtPrédateurs-p003

P. 3

Dans le désert Éthiopien une expédition découvre une tombe contenant des restes humains et de dinosaures, ce qui démontre que dans des temps très anciens non seulement les dinosaures et les humains se sont côtoyés mais que les dinosaures avaient développé une civilisation avancée! Plus tard, un objet non-identifié est détecté alors qu’il approche à grande vitesse de la Terre. L’unité des troupes de défense spatiale de l’U.N., dirigée par le colonel Dongfang Zhiyan, est dépêchée pour l’intercepter. L’objet s’avère être un cristal contenant une intelligence artificielle (qui a l’apparence d’un personnage de “maid anime”!) venu alerter la Terre de l’arrivée prochaine du Dévoreur! Ce dernier est un vaisseau gigantesque qui parcours la galaxie en absorbant des planètes entières pour en extirper les ressources. Plus tard, un petit vaisseau spatial attaque New-York et atterrit aux Nations Unis. Il en sort un tyrannosaure en armure nommé Grandes-Dents qui parle la langue des humains. Il annonce que le grand empire dévoreur va engloutir la Terre et transformer l’humanité en bétail. Même si on négocie la survie de quelques millier d’humains pour repeupler ce qui restera de la planète après le départ du Dévoreur, l’Humanité fomente un plan secret de contre-attaque qui utilisera la lune comme projectile. Malheureusement le plan échoue et le Dévoreur n’est pas détruit. Le récit culmine avec un duel entre Grandes-Dents et un Dongfang Zhiyan en armure mécanisée! Toutefois, l’histoire se termine sur une note d’espoir car le Dévoreur a dû quitter le système solaire avant d’avoir complètement absorbé la Terre laissant entrevoir que la vie (et l’humanité) y prospérera à nouveau…

 

Liu Cixin semble beaucoup aimer les récits qui s’étirent sur une longue durée et où l’humanité doit, afin de faire face à une invasion, déployer une grande ingéniosité qui l’amène à mouvoir des corps céleste. Cela est vraiment une thématique récurrente chez lui. Si le concept de la race guerrière de sauriens n’a rien d’original, j’aime bien l’idée du tyrannosaure fier et honorable qui pousse son adversaire à ses limites afin d’obtenir un défi suffisent pour le divertir de l’ennui d’une vie trop longue… C’est un récit plein d’humour et d’ironie malgré son sérieux. Le dessin, même s’il n’est pas trop soigné, est plutôt agréable et représente bien tant l’action que le flux narratif du récit. Proies et prédateurs nous offre donc une histoire divertissante et agréable à lire. Cela plaira sans aucun doute à tout amateur de Liu Cixin et de science-fiction épique (ce qui est étrange car Cixin est plus connu pour ses récits de hard SF).

Proies et Prédateurs (Les Futurs de Liu Cixin, #6), par Jd Morvan (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin), Yang Weilin (dessin) et Hiroyuki Ooshima (couleur). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), octobre 2022. 108 pages, 21.7 x 29.8 cm, 21.90 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03015-7. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2022 Éditions Delcourt pour la présente édition.

[ Translate ]

Le Molosse

Un voyage aux tréfonds de notre monde, là où se tapit l’innommable…

Dans “Le Temple”, un sous-marin allemand isolé en haute mer est victime d’une étrange malédiction. La peur s’empare de l’équipage et entraîne le vaisseau au plus profond des abysses, là où aucun homme n’est encore allé…

Les héros du “Molosse”, eux, n’hésitent pas à profaner des tombes pour assouvir leur passion de l’occulte. Fervents lecteurs de leur copie du Necronomicon, ouvrage de magie noire, ils vont découvrir que certaines choses doivent rester enfouies à jamais…

Ce même Necronomicon guide le voyageur de “La Cité sans nom” au milieu du désert. Là, l’homme comprend que sa civilisation n’est pas la seule sur Terre, et que l’être humain est bien petit face aux forces de l’inconnu…

De son trait sombre et réaliste reconnaissable entre tous, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H. P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Aux frontières des mondes, les protagonistes mènent une lutte sans espoir pour ne pas sombrer dans la folie !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le Molosse (魔犬 ラヴクラフト傑作集 / Maken ravukurafuto [Lovecraft] Kessakushuu / lit. “Chien démon: Lovecraft Chef d’Oeuvre Collection”) est un manga Seinen de Gou Tanabe adaptant trois récits d’horreur de H.P. Lovecraft. Il a d’abord été publié en série dans le magazine Comic Beam d’Enterbrain et dans le magazine digital de Kadokawa Comic Walker avant d’être compilé en un volume par Kadokawa en août 2014. C’est le neuvième titre de Gou Tanabe a être traduit en français dans la prestigieuse collection de Ki-oon. J’ai déjà commenté la version anglaise de ce livre, The Hound and other stories, publié par Dark Horse Comics en juillet 2017.

Ce volume comprends trois récits:

pp. 18-19

Dans “Le Temple“, le seul survivant d’un U-Boat allemand échoué écrit sur sa découverte d’un temple de style hellénique sous la mer… La nouvelle originale a été écrite par Lovecraft en 1920 et publié dans Weird Tales #24 en septembre 1925. Tanabe publie son adaptation (「神殿」/ Shinden / lit. « Temple » ; 64 pages) dans les numéros de mars et avril 2009 de Comic Beam. Comme d’habitude, l’adaptation de Tanabe est assez fidèle – à part le fait qu’il a déplacé la chronologie de la Première Guerre mondiale à la Seconde Guerre mondiale.

pp. 98-99

Dans “Le molosse“, deux jeunes gentlemen qui recherchent des expériences ésotériques de plus en plus horribles (comme lire la traduction de John Dee du Necronomicon !) se lancent dans une expédition de pillage de tombes qui fera d’eux la cible d’une bête infernale ! La nouvelle a été écrite par Lovecraft en septembre 1922 et publié dans le numéro de février 1924 de Weird Tales — c’est la première fois qu’il mentionne le livre interdit écrit par l’arabe fou Abdul Alhazred. Tanabe a publié son adaptation (「魔犬」/ Maken / lit. « Chien Demon » ; 60 pages) dans le numéro en ligne de juillet 2014 de Comic Walker.

pp. 154-155

Dans “La Cité sans nom“, un explorateur découvre une ancienne ville mythique dans le désert d’Arabie. Il entre dans une grotte qui le fait descendre dans une crypte remplis des cercueils contenants les cadavres de reptiles paléogiens et de fresques évoquant une civilisation disparue. Au bout de cette salle se trouvent des portes ouvertes sur une lumière vive : il se retrouve dans un monde extérieur remplis de créatures ! Heureusement, les portes se referment et il peut fuir… Cette nouvelle a été écrite par Lovecraft en janvier 1921 et publiée dans le numéro de novembre 1921 de The Wolverine — c’est la première fois qu’il mentionne le mythe de Cthulhu. Tanabe a publié son adaptation (「名もなき都」/ Namo naki miyako / lit. « ville sans nom » ; 32 pages) dans le numéro en ligne d’août 2014 de Comic Walker.

J’ai encore plus apprécié ces récits avec une seconde lecture, d’autant plus que Ki-oon les présente dans une édition de grande qualité avec une reliure en simili cuir brun-beige. Tanabe adapte superbement les histoires de Lovecraft avec une narration fluide et une illustration très sombre, détaillée et imaginative. Ce manga offre une bonne et agréable lecture qui constitue une introduction intéressante au monde de H.P. Lovecraft. Fortement recommandé.

Le Molosse, par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), septembre 2022. 176 p., 15 x 21 cm, 15 € / $C 28.95. ISBN 979-10-327-1182-8. Pour lectorat jeune adulte (14+). Extraits disponible.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Tanabe Gou 2014

[ Translate ]

Otherworld Barbara, vol. 1-2

OtherworldBarbara-1-covVol. 1

“In this classic science fiction thriller by one of the most influential manga writer-artists of all time, there are dream pilots, murderous cannibal nine-year-olds, and more.

Fantagraphics Books is proud to present the first volume (of two) of Moto Hagio’s Otherworld Barbara, in which Tokio discovers a phantom island named Barbara. Then there’s a mysterious and missing geneticist, an eccentric clergyman, a grieving grandmother granted temporary youth, a psychologist killed by a freak tornado… Hagio offers a sci-fi explanation for these seemingly random paranormal elements, and makes it all matter with believable characters in complex and subtle relationships. This book won the “Nebula Award of Japan” (Nihon SF Taisho Award) in 2006.“

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

Otherworld Barbara, vol. 1, by Moto Hagio (translation by Matt Thorn). Seattle: Fantagraphics Books, August 2016, 400 p. (6p. in colour), 7.4″ × 9.9”, $39.99 US / $52.99 Can, ISBN 978-1-60699-943-1. For Young Adult readership (16+). stars-4-0

OtherworldBarbara-2-covVol. 2

“In the conclusion of the shojo manga pioneer’s sci-fi mystery, a man tries to save his son before the world ends… but which world, and which son?

In the second (and concluding) volume, Nanami had sworn to never see her granddaughter, Aoba, again. A despairing Kiriya had rejected his father, Tokio. Yet now both are traveling with Tokio to Engaru, where Aoba has slept and dreamt of the island of Barbara for seven years. The poltergeist phenomena becomes more intense. Can the dreamer become the dreamed, and the dreamed the dreamer?”

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

Otherworld Barbara, vol. 2, by Moto Hagio (translation by Matt Thorn). Seattle: Fantagraphics Books, August 2017, 400 p. (8 p. in colour), 7.4″ × 9.9”, $39.99 US / $52.99 Can, ISBN 978-1-68396-023-2. For Young Adult readership (16+). stars-4-0

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

Otherworld Barbara (バルバラ異界 / Barubara Ikai / lit. “Barbara alien world”) is a josei manga by Moto Hagio that was first serialized in the monthly magazine Flowers between July 2002 and June 2005 before being compiled in four tankōbon volumes [B6 format (5 x 7 in) or A5 format (5.8 in × 8.25 in)] by Shogakukan (between June 2003 and September 2005). It was also released in a three-volume bunkoban edition (smaller format paperback, A6 format [4.1 ×5.8 in]) in December 2011 and January 2012. The English edition, translated by Matt [Rachel] Thorn and published by Fantagraphics, was only in two volumes (and in a slightly bigger format,  7.4 × 9.9 in). It has received the 27th Nihon SF Taisho Award in 2006. Moto Hagio is a member of the famous Year 24 Group and has greatly contributed to the development of the modern shōjo manga (I’ve already written about this subject in my commentary about he manga The Heart of Thomas).

OtherworldBarbara-1-p047

Vol. 1, p. 47

This manga, set in mid-twenty-first century, tells the story of Watarai Toshio who is a “dream pilot” as he has the ability to explores other people’s dreams. He usually works with criminal minds, studying their dreams to help find the bodies of the victims or the motives for the police. He is himself somewhat tormented by the situation of his dysfunctional family and the fact that he abandoned his son, Kitakata Kiriya, when he was just a baby. His wife, Kitakata Akemi, couldn’t stand the fact that he could read dreams and she fell in love with Johannes Sera, a priest that she thought was her husband in a previous life. So Watarai left and has seen his son, who is now fifteen, just a few time since. However, his life take quite a turn when he is asked to study the dreams of Jûjô Aoba, a young girl who has been in a coma for seven years, ever since her parents died in a murder-suicide when she was nine year-old and she was found with their hearts in her stomach! Her dreams take place one-hundred years in the future on an isolated island named Barbara. It is a bucolic place, a fantasy island where kids can fly, protected by a murderous beach elephant against the outside world which is at war with the martian colonies. Aoba’s dreams are generating a lot of poltergeist phenomenons and she even appears to Kiriya in a spectral form! Watarai slowly realizes that his own family’s history is deeply involved in this situation…

OtherworldBarbara-2-p012

Vol. 2, p. 12

With the characters and story context being well established by the first volume, the plot thickens in the second part as the mystery resolution revolves around finding Johannes Sera, the founder of an orphanage who has disappeared and who may (or may not) be the same person than Ezra Strady, a researcher studying rejuvenation and immortality and using the orphanage as a cover to create genetically modified babies. Member of a clan of people who age very rapidly, he is trying the find a cure for his condition while also trying to awaken the ancestral memories of the primordial life which came from Mars. With the help of his friends (Professor Daikoku and Momota Taro) and some of his son’s friends, Watarai races around Japan to uncover the truth. It seems that Aoba’s dreams are shaping the future. But when tragedy strikes, even the reality is affected by her dream and Watarai own desire! Soon the boundary between dream and reality is blurred and it is difficult to know which is which…

Otherworld Barbara is offering us a weirdly complex science fiction story as well as a compelling psychological drama. Moto Hagio says that she was inspired by reading Sakyo Komatsu’s novel Gordian Knot (ゴルディアスの結び目 / Gordian Musubime) and books about neuropsychology, but I find there are also many similitudes with the overall works of Philip K. Dick, Shinji Kajio’s novel series of Emanon, as well as J. M. Barrie’s stories of Peter Pan (and lets not forget the obvious reference to Last Year at Marienbad, a French surrealist movie by Alain Resnais). The socio-political context of the story and the ethical implications of the science, which are both barely hinted, make it extremely interesting and fascinating. The intense angst of the characters is also well balanced by humorous scenes. However, the complexity of the plot and of the relationships amongst this large cast of characters as well as the fact that the narration unfortunately sometimes lacks fluidity make it a little difficult to follow the storyline. Also, if the art itself is not exceptional, sometimes uneven and might appear a little dated to some, it is enriched by her dynamic and groundbreaking layout which characterize her style and was once considered very innovative. With its fine and precise lines, its textures and flourishes, its exploded layout that brakes the limit of the panels, her style represents the pinnacle of shōjo manga and superbly supports the complexity of the narrative. Overall, this manga offers an excellent reading that will surely please the enthusiasts of strong shōjo / josei manga, of complex science fiction stories and, of course, the fans of Moto Hagio. It is a must read that I strongly recommend.

For more information you can check the following websites:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2003 by Moto Hagio. All Rights Reserved. This edition © 2016 Frantagraphics Books, Inc.

[ Traduire ]

La nuit des temps (De Metter)

NuitDesTemps-DeMetter-covÀ la veille d’un conflit mondial, dans les profondeurs de l’Antartique, une expédition scientifique internationale découvre un couple cryogénisé, survivant d’une civilisation disparue il y a 900 000 ans. L’héritage de cette population miraculeusement tirée de son sommeil pourrait être le salut de notre monde, fragile entre amours et trahisons…

Les Expéditions Polaires françaises enregistrent le signal d’un émetteur sous la glace de l’Antarctique… L’expédition internationale découvre les ruines d’une civilisation disparue depuis 900 000 ans et les scientifiques du monde entier affluent vers le site pour aider à explorer et comprendre. Ils découvrent un objet ovoïde en or de trois mètres de diamètre dans lequel se trouvent en état de biostase un homme et une femme dont les têtes sont recouvertes de casques d’or. Simon, médecin de l’expédition, décide de procéder au réveil des corps en commençant par celui de la femme, le corps de l’homme montrant des traces de brûlures sur le torse…

La Nuit des temps est un roman pacifiste et assez anarchisant. Russes et Américains, renvoyés dos à dos, travaillent malgré tout ensemble, à l’image de l’effort de dépassement des oppositions nationales, assez répandu dans le milieu des sciences de l’époque. Les savants court-circuitent les décisions des gouvernants. Notre civilisation paraît barbare face au raffinement et à la sagesse des savants des temps anciens, leur savoir immense risquant d’être perdu par la bêtise humaine. ”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai été fortement impressionné par la lecture du roman La nuit des temps lorsque j’étais adolescent (voir mon commentaire). Puis j’ai découvert que René Barjavel s’était fortement inspiré du roman de l’australien Erle Cox, alors je l’ai lu aussi. Et quelle ne fut pas ma joie de découvrir qu’un artiste que j’admirais beaucoup, Philippe Gauckler, avait adapté ce(s) roman(s) en bande dessinée: Kébek t.1: L’Éternité et t.2: Adamante. Le dessin est superbe mais il s’agit bien d’une “adaptation” puisqu’il déplace le récit dans le nord du Québec et le place dans un contexte socio-politique futur fictif. Il serait plus juste de dire que la bande dessinée est “inspirée” du roman de Barjavel. Finalement, je découvre récemment qu’un autre artiste a adapté le roman graphiquement. Je ne pouvais évidemment pas résister à la tentation de lire cette nouvelle interprétation par Christian de Metter et de vous en partager mes impressions. Toutefois, comme j’ai déjà amplement parlé du le récit de Barjavel alors je ne m’attarderai pas trop sur l’histoire…

NuitDesTemps-DeMetter-p016

Page 16

Cette bande dessinée est presque l’opposée de celle de Gauckler. Le style de dessin de De Metter, en couleur directe à l’aquarelle dans des tons plutôt glauques, ne m’enthousiasme pas vraiment. Je trouve que cela fait un peu brouillon (stars-2-0). Par contre, si quelques aspects du récit sont éclipsés ou peu développés, cette bande dessinée est une excellente adaptation du roman (stars-4-0). Le récit reste très proche de l’histoire originale et la visualisation du monde de Gondawa que fait De Metter correspond bien à l’image que je m’en faisait à la (re)lecture du roman. Toutefois, pour rendre son récit plus pertinent auprès de son lectorat, De Metter n’a pas vraiment eut le choix, lui non plus, de l’adapter en le situant dans le contexte socio-politique actuel. Barjavel situe son roman à l’époque où il a été écrit c’est-à-dire dans un contexte de guerre froide tendue, de menace nucléaire et de la révolution sociale de Mai ’68 dans le monde et particulièrement en France. Il était donc tout à fait naturel de transposer le récit dans le contexte actuel de nouvelle guerre froide (exacerbé par le conflit russo-ukrainien) et de crise climatique. Mais ce n’est qu’un tout petit aspect du récit qui n’apparaît vraiment que dans les dernières pages (tant du roman que de la bande dessinée).

Dans l’ensemble, cette adaptation graphique du roman de Barjavel offre une bonne lecture, divertissante et intelligente, qui plaira sans aucun doute tant aux amateurs nostalgiques de Barjavel qu’à ceux qui apprécient la science-fiction à son meilleure.

La nuit des temps, par Christian De Metter (d’après le roman de René Barjavel). Paris: Éditions Philéas, décembre 2021. 184 pages (170 planches), 21.5 x 28 cm, 25.00 € / $45.95 Can, ISBN 978-2-491-46713-5. Pour un lectorat adolescent (14+, nudité, violence). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

Roman © Presses de la Cité. Adaptation © 2021, Éditions Philéas.

[ Translate ]

A Drunken Dream and other stories

DrunkenDreamAndOtherStories-Cov10 stories of the human heart.

Forty years ago, the legendary manga artist Moto Hagio reinvented the shōjo (girl’s comics) genre with an ongoing series of whip-smart, psychologically complex, and tenderly poetic stories. Here now, in English for the very first time, as the debut release in Fantagraphics Books’ ambitious manga line of graphic novels, are ten of the very best of these tales.

The work in A Drunken Dream and Other Stories spans Hagio’s entire career, from 1970’s “Bianca” to 2007’s “The Willow Tree,” and includes the mind-bending, full-color title story; the famously heartbreaking “Iguana Girl”; and the haunting “The Child Who Comes Home” — as well as “Autumn Journey,” “Girl on Porch With Puppy,” the eerie conjoined-twins shocker “Hanshin: Half-God,” “Angel Mimic,” and one of the saddest of all romance stories, “Marié, Ten Years Later.” 

A Drunken Dream and Other Stories is supplemented with a feature-length interview with Hagio, where she discusses her art, her career, and her life with the same combination of wit, candor, and warmth that radiates from every panel of her comics.” 

[Text from the backcover; see also the publisher’s website]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

DrunkenDream-Bianca-p016

Bianca, p. 16

For an introduction on Moto Hagio (her membership of the Year 24 Group and contribution to the development of the modern shōjo manga as well as a selected bibliography) I refer you to my commentary on The Heart of Thomas (it is in French but you can read an auto-translated English version). 

A Drunken Dream and Other Stories is a compilation of ten short stories selected and translated by Rachel (formerly Matt) Thorn. It also includes a very interesting introduction to “The Magnificent Forty-Niners” (Year-24 Group) and a fascinating interview with Moto Hagio (both originally published in The Comics Journal #269 [July, 2005]). 

DrunkenDream-Bianca-p013

Bianca, p. 13

The anthology starts with a short story titled “Bianca” (ビアンカ, 16 p., first published in Shoujo FriendSignature is V” special issue in 1970). Bianca comes to live with Clara’s family for a week because her parents are away for work (actually they are going through a divorce). She is shy but free spirited: she talks to herself in the mirror and dances barefoot in the forest. Clara finds her strange and laugh at her. When Bianca learns what her parents are up to she runs into the forest. Later that night she is found dead. Now an old woman and a painter, Clara has not forgotten her and keep drawing her into her sylvan paintings… stars-3-0

DrunkenDream-GirlOnPorch-p023

Girl on Porch, p. 23

“Girl on Porch With Puppy” (ポーチで少女が小犬と / Pōchi de shōjo ga koinu to, 12 p., first published in COM in January 1971) offers a similar story. A little girl doesn’t behave has it is expected of her: she talks to and kisses her little dog, enjoys the beauty of nature and walking in the rain. She’s told she is too old for such child play. In the end, all the disapproving adults are pointing their index finger at her and she disappears! I guess this story refers to the fact that in Japanese society where conformity is the norm, if you diverge one way or another, you are ostracized and you become invisible to them (if they could they would make you disappeared!). stars-3-5

DrunkenDream-AutomnJourney-p046

Autumn journey, p. 46

In “Autumn Journey” (秋の旅 / Aki no tabi, 24 p., first published in Bessatsu Shoujo Comic in October 1971), a boy takes a trip to meet with his favourite author. He is unfortunately out on a horse ride but the boy meet his daughter instead. She discovers that her father is also his and that he abandoned the boy and his mother to start a new family. As he comes back from his ride, the father runs after the boy, but he has already boarded the train in tears, thankful that his father remembers him… stars-3-0

“Marié, Ten Years Later” (十年目の毬絵 / Jūnenme no Marie, 16 p., first published in Big Comic Original in March 1977), tells the story of Shima Taichi who nostalgically remembers his college years with his two best friends, Marié and Tsugawa. They were all aspiring artists. He was in love with Marié, but out of the blue she married Tsugawa who was a better artist and both left. He hasn’t seen them since. Shima always felt he was a loser, a geek, an average artist. Ten years later, Tsugawa calls him to let him know that Marié died and left a letter for him. Marié was missing the time when the three of them were together in perfect harmony. Tsugawa ended up not such a good artist after all and couldn’t produce anything for years making Marié unhappy. Shima decides to organize his first gallery show and invites Tsugawa… stars-3-0

DrunkenDream-DrunkenDream-p079

A Drunken dream, p. 79

In “A Drunken Dream” (酔夢 / Suimu, 20 p., first published in the illustrations collection 金銀砂岸 [kingin suna-gan / lit. “Golden sand coast”] in 1980), Lem Palomino works on a research station on Io and always has the same dream: he is a girl (in fact he is an hermaphrodite) and meets a beautiful stranger, but before they can consummate their love one of them dies. One day, she meets a newcomer on the station, Dr Gadan Safaash, who is the man of the dream! He also has the same dream. It seems the dreams are in fact past life memories. They are both stuck in a space-time gap and constantly relive the same tragedy… stars-3-5

DrunkenDream-Hanshin-p098

Hanshin, p. 98

“Hanshin: Half-God” (半神, 16 p., first published in Petit Flower in January 1984) is about two conjoined twin sisters, Yucy and Yudy. Yucy looks like and angel but she’s simpleminded and cannot process well the nutriments, so she’s slowly sucking the life out of Yudy, who is very intelligent but looks ugly because of her bad health. The doctors decides to separate the twins to save Yudy. After the operation, Yucy withers and starts looking ugly like Yudy used to be. After her death, Yudy has recovered and, when she looks in the mirror, she sees only the sister that she hated (or has she become her sister?). But she also loved her. She has an identity crisis and it makes her depressed… stars-3-0

DrunkenDream-AngelMimic-p145

Angel mimic, p. 145

In “Angel Mimic” (天使の擬態 / Tenshi no gitai, 50 p., first published in Petit Flower in November 1984), Tsugiko “Alice” Arisugawa tries to kill herself. She wanted to become an angel. She is rescued by father Joseph and Shiroh who was walking the dog (Jiroh). At school, Tsugiko and Shiroh meet again as he is the new biology teacher. As they learn to know each other, he tries to cheer her up and figure up what’s wrong with her. At first he thinks that she’s depressed because she was dumped by her boyfriend, but then she confesses having had an abortion. She felt she was not good enough to raise a child by herself. He tells her “it was the child who became an angel. You want wings for the child.” She thinks, until human evolve into winged angels, she can at least pretend to be one… A touching story. stars-3-5

DrunkenDream-IguanaGirl-p174

Iguana girl, p. 174

In “Iguana Girl” (イグアナの娘 / Iguana no Musume, 50 p., first published in Petit Flower in 1991), because she’s “different”, a mother sees her baby girl as an iguana (at first I thought it was an allegory for a handicap baby but it seems that it’s simply because the girl was bigger and tomboyish). Rika will grow up complexed. Even if she is very intelligent and beautiful she will see herself as an iguana. However, she realizes that some other people look like animals too and she meets a nice guy that looks like a bull (he’s big and clumsy). When her mother dies, she sees her on her dead bed as an iguana too and imagines the fantasy of her mother being an iguana princess who fell in love with a human and asked a sorceress to transform her into a human. Maybe her mother felt also “different” and transposed her fear into her child? Rika then comes to term with her relationship with her mother. She’s able to move on in her life, marry and have a family of her own… Moto Hagio has confessed that this story is inspired by her own difficult relationship with her mother. stars-4-0

“The Child Who Comes Home” (帰ってくる子 / Kaette kuru ko, 24 p., first published in チャイルド 異形コレクション7 [Chairudo igyō korekushon 7 / lit. “Child Heteromorphic Collection 7”] in 1998) is a ghost story. After her youngest son dies in a traffic accident, a women pretend he is still there and even “sees” him. When she injures herself and is hospitalized, her older son (who’s in trouble at school for cheating and bullying) runs away to the grand-parents. On his way back, he sees his brother. The mother realizes she had been neglecting her other child (she also learns that she’s pregnant again) and stop pretending… stars-3-0

“The Willow Tree” (柳の木 / Yanagi no ki , 20 p., first published in Flowers in 2007) is another ghost story with the first sixteen pages containing only two panels each without any dialogue! A woman with an umbrella is waiting under a willow tree through several seasons to show the passage of the years. Finally, a man go see her and tells her that he was resentful and felt abandoned when she disappeared from his life suddenly. “You’ve been watching me all along (…) I am all right now, mother…” and he hugs the tree… stars-3-0

This superb anthology offers an excellent introduction to the work of Moto Hagio. With narratives imbued with broken families or the burden of non conformity, and their simple but effective art, they are very good examples of the shōjo and josei manga with great depth and complexity despite the fact that they are short stories — although the best stories are the two longest. It is a very good reading that will entertain you but also touch your heart…

A drunken dream and other stories, by Moto Hagio (translated by Matt Thorn). Fantagraphics Books, September 2010, 288 p., 7.3“ x 10.1“, $29.99 US, ISBN 978-1-60699-377-4. For young adult readership (16+). stars-3-5

For more information you can check the following websites:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

Original stories © 1977, 1985, 2007, 2008 Shogakukan Inc. English edition © 2010 Fantagraphics Books. Interviews © 2010 Matt Thorn.

[ Traduire ]

Les futurs de Liu Cixin #4-5

Quinze récits de Liu Cixin adaptés en BD par des auteurs de tous pays. Quinze voyages d’un espace-temps où croisent les dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, tissant les possibles devenirs de l’humanité.

Les Futurs de Liu Cixin réunit quinze nouvelles, adaptées en bande dessinée, du plus grand écrivain contemporain [chinois] de science-fiction. Son oeuvre, qui explore les devenirs possibles de notre civilisation en conjuguant des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, a été couronnée d’innombrables prix (dont le prestigieux Hugo Award [en 2015]) et s’est vendue à des millions d’exemplaires dans le monde entier. Sa nouvelle “The Wandering Earth” (La Terre Vagabonde) a fait l’objet d’une adaptation cinématographique qui a battu tous les records, et une ambitieuse série télévisée tirée de sa trilogie Le problème à trois corps est en cours de production.

4. Nourrir l’Humanité

NourrirlHumanite-cov“Treize des plus riches personnalités du monde engagent un tueur à gages pour éliminer trois personnes parmi les plus pauvres. Hua Tang accepte le contrat mais s’interroge sur leur dangerosité. Est-ce lié aux étranges distributions populaires de sacs remplis de millions ? Ou bien aux extraterrestres qui se font appeler les Dieux et survolent inlassablement notre Terre depuis cinq ans ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Nourrir l’Humanité (Les Futurs de Liu Cixin, #4), par Sylvain Runberg (scénario, d’après une nouvelle de Liu Cixin) et Miki Montllò (dessin et couleur). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), juin 2022. 126 pages, 21.7 x 29.8 cm, 21.90 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03801-6. Pour un lectorat adolescent (12+). 

5. La Perfection du Cercle

PerfectionDuCercle-cov“227 avant JC, époque des Royaumes combattants. Ying Zheng, roi de la dynastie Qin, veut unifier la Chine. S’il prouve qu’il connaît le langage du Ciel et en comprend les desseins, il les mènera tous vers un avenir meilleur. Grâce à un tout nouveau mode de calcul de données à grande échelle, le savant Jing Ke va lui enseigner ce langage qui réside dans la forme la plus parfaite au monde, le cercle.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La Perfection du Cercle (Les Futurs de Liu Cixin, #5), par Xavier Besse (d’après une nouvelle de Liu Cixin). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), août 2022. 74 pages, 21.8 x 30 cm, 17.95 € / $29.95 Can, ISBN 978-2-413-03806-1. Pour un lectorat adolescent (12+). 

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD de nouvelles de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin”. L’édition française se fait dans un ordre légèrement différent et à ce qui semble être un rythme effréné (à peu près un album par mois!): 1. Terre Vagabonde (mars 2022, par Christophe Bec, Stefano Raffaele et Marcelo Maiolo), 2. Pour que respire le désert (mai 2022, par Valérie Mangin, Steven Dupré et Cyril Saint-Blancat), 3. Les trois lois du monde (mai 2022, par Xiaoyu Zhang et Pan Zhiming), 4. Nourrir l’Humanité (juin 2022, par Sylvain Runberg et Miki Montllò) et 5. La perfection du cercle (août 2022, par Xavier Besse). La série se poursuit ensuite avec les titres suivants: 6. Proies et Prédateurs (octobre 2022, par Jd Morvan, Yang Weilin et Hiroyuki Ooshima), 7. L’Attraction de la foudre (novembre 2022, un imposant album de 272 pages! Par Thierry Robin et Cyril Saint-Blancat), 8. Brouillage intégral (janvier 2023, par Marko Stojanovic, Maza et Desko), 9. La Terre transpercée (février 2023, par Wu Qingsong), 10. L’Ère des anges (mars 2023, par Sylvain Runberg et Ma Yi), 11. Au-delà des montagnes (avril 2023, par Eduard Torrents et Ruben Pellejero), 12. Le calcul du papillon (par Dan Panosian), 13. L’Humanité invisible (par Liu Wei), 14. L’Océan des rêves (par Rodolfo Santullo et JOK), et 15. Les Migrants du temps (par Sylvain Runberg et Serge Pellé). 

Cette série est un impressionnant projet d’envergure internationale puisqu’il mets en oeuvre trente-deux auteurs et artistes venus de onze pays (Chine, France, États-Unis, Argentine, Uruguay, Espagne, Belgique, Japon, Serbie, Italie et Bosnie Herzégovine) et sera publié dans au moins huit pays. Il a été conçu par le fondateur de la maison d’édition chinoise FT Culture, Li Yun (qui détient les droits internationaux sur les nouvelles de Liu Cixin), en collaboration avec la française Corinne Bertrand, qui a dirigé et édité la série. 

NourrirlHumanite-p003

Nourrir l’Humanité, p. 3

Nourrir l’Humanité (赡养人类 / Shànyǎng rénlèi / litt. “Soutenir les êtres humains” — le titre anglais est The Wages of Humanity) est adapté d’une nouvelle du même titre de Liu Cixin publiée en 2005 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kehuan shijie / litt. “Le monde de [la] science-fiction“ ou Science Fiction World). C’est le récit de Hua Tang, tueur à gage professionnel, qui reçoit le contrat d’éliminer trois personnes très pauvres: un artiste démuni, un musicien de rue et une jeune femme qui ramasse les déchets dans une décharge. Il s’interroge sur les raisons d’une telle commande et découvre que des envahisseurs venant coloniser la Terre ont offert de payer en compensation un salaire à tous les Humains, équivalent au revenu de la personne la plus pauvre. Pour ne pas trop diminuer leur train de vie, les plus riches décident de partager leur fortune avec le reste de la population en donnant à chacun un million de dollars. Toutefois, trois individu parmi les plus pauvres refusent l’argent, mettant ainsi en péril le revenu des riches. Le récit est entrecoupé de flashbacks qui raconte la jeunesse de Hua Tang, montrant comment il est devenu assassin. En parallèle, nous suivons l’histoire d’une autre Terre. Une civilisation très avancée, qui se fait appeler les “Dieux”, a créé trois planètes similaires à la Terre habitées par des Humains. Sur l’une d’entre elles, un riche industriel est devenu, à force d’acquisitions, l’unique propriétaire de la planète qu’il transforme en jardin personnel où tout est automatisé par une intelligence artificielle. Il règne sur une cour d’Humains cyber-augmentés et la plèbe d’Humains inférieurs est reléguée sous terre et vit dans des conditions difficiles due à la pénurie de ressources (ils doivent payer même l’oxygène qu’il respire). Lorsqu’ils osent demander une meilleure condition de vie, le propriétaire les expulse dans l’espace et leur disant de venir coloniser notre Terre… 

Le récit est bien mené, fluide malgré sa complexité, et présente d’intéressants éléments socio-politiques qui font une sorte de mise en garde sur des possibles avenirs dystopiques de notre planète. Le dessin est excellent, agréable et contribue bien à la fluidité du récit. Chose intéressante, cette histoire contient plusieurs éléments précurseurs ou similaires au roman Le problème à trois corps (d’abord paru en feuilletons en 2006 dans Science Fiction World — et dont j’ai déjà commenté le premier volume). C’est donc une excellente lecture. stars-4-0

PerfectionDuCercle-p005

La perfection du cercle, p. 5

La Perfection du Cercle (圆 / Yuán / Litt. “Rond” — le titre anglais est The Circle) est adapté d’une nouvelle du même titre de Liu Cixin publiée d’abord en anglais en 2014 dans l’anthologie de “hard” science-fiction Carbide Tipped Pens: Seventeen Tales of Hard Science Fiction compilée par Ben Bova et Eric Choi et publiée par Tor Books (où l’on retrouve d’ailleurs la nouvelle “Snows of yesteryear” par Jean-Louis Trudel!). Il s’agit ici non pas de science-fiction mais d’une uchronie se déroulant au IIIe siècle AEC, à la toute fin de l’époque chinoise des Royaumes Combattants, alors que la dynastie Qin a finalement unifié les différents royaumes. Après avoir tenté d’assassiner le roi Ying Zheng (le futur empereur Qin Shi Huangdi) avec une épée dissimulée dans une carte enroulée, le mathématicien Jing Ke (qui dans ce récit survit à sa tentative) le convainc qu’il peut déchiffrer les mystères de l’univers grâce à la perfection du cercle. En effet, “le ratio entre la circonférence du cercle et son diamètre est une série de chiffres qui commence par 3.1415926 [pi] et continue à l’infini sans jamais se répéter.” Si l’on calcul ce ratio jusqu’à au moins cent mille décimales, la série de chiffres, une fois traduite en formes et en images, contiendra un message dévoilant le plus profond mystère de l’univers! Pour effectuer le calcul, il crée un véritable calculateur en utilisant les trois millions de soldats de l’armée de l’empereur, regroupé par équipes de trois (une sorte de transistor humain formé de deux entrées et une sortie), chacun portant un drapeau blanc (représentant le 0) et un drapeau noir (représentant le 1) pour former un opérateur  de fonction logique appelé “porte”. Malheureusement, la calcul est interrompu à mi-chemin car l’empereur est devenu mentalement instable à cause de la potion de mercure qui devait le rendre immortel, ce qui suscite un complot de la part de la Reine-Mère et du faux eunuque Lao Ai ainsi que des révoltes qui menèrent à l’exécution du roi et de son mathématicien…

Le récit est un peu moins intéressant que le précédant mais demeure tout de même fascinant par sa complexité et le processus mathématique  astucieux qu’il présente. Le dessin est encore une fois excellent. Le récit reprend également une idée présentée dans le premier volume du roman Le Problème à trois corps. Comme il s’agit d’une uchronie, on peut se demander sur laquelle des trois Terres se déroule cette fresque historique… Cela demeure divertissant et une très bonne lecture. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © Éditions Delcourt pour la présente édition.

 

[ Translate ]

Revue de ‘zines [002.022.346]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage perpétuel sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #238 (avril-juin 2022)

Ce numéro nous offre un dossier sur Arcane qui traite de la stratégie de Riot Games, offre une analyse de la série télé, une visite du studio d’animation 3D Fortiche Production, un entretien avec Pascal Charrue (co-réalisateur de l’animation avec Arnaud Delord). On élargie ensuite le sujet avec un article sur les jeux adaptés en anime (Pokémon, Sonic X, Dragon Quest, Fatal Fury, Final Fantasy, Street Fighter, Darkstalkers, Castlevania, Lapins Crétins) et sur l’animation française pour adultes (Le Roi et l’Oiseau, La Planète Sauvage, Les maîtres du temps, Gandahar, Parfum de l’invisible, Corto Maltese, Persépolis, Le Chat du Rabbin, Le Sommet des Dieux, etc.) et on termine en s’intéressant à l’avenir des adaptations de jeux vidéos.

Ce numéro nous offre également une série d’Entretiens avec Masahi Ando (réalisateur du Roi Cerf), Pierre Périfel (réalisateur chez Dreamworks), Isabelle Volpé (actrice de doublage), Shiro Kuroi (mangaka), Romain Regnier (fondateur de la plate-forme de manga numérique mangas.io), Nakaba Suzuki (auteur de Seven Deadly Sins), Fédoua Lamodière (traductrice de manga) et Yann Labasque (directeur des programmes jeunesse de TF1).  

On retrouve également des Reportages (Focus) sur l’Heroic Fantasy dans l’animation Japonaise (Weathering Continent, Berserk, Guin Saga, Vision of Escafowne, Chroniques de la guerre de Lodoss, Les 12 Royaumes, etc.), Japan Expo Sud 2022 et sur Mark Millar (scénariste de comics).

Dans “On a vu !” on nous présente plusieurs animations notoires: Jojo’s Bizarre Adventure: Stone Ocean, My Dress-Up Darling, Demon Slayer S2, L’Attaque des Titans Saison Finale partie 2, Pil, Le Requiem du Roi des Roses, Super Crooks, Faraway Paladin, Notre jeunesse en orbite, My Hero Academia World Heroes’ Mission, Le Cuphead Show!, Les Bad Guys, et Alerte Rouge.

Dans “Ça ferait un bon anime !” on nous introduit à quelques bons mangas comme Love Fragrance (par Kintetsu Yamada chez Kana), Criminelles fiançailles (par Asuka Konishi chez Pika), Pour le pire (Taro Nogizaka chez Glénat), Lone Wolf & Cub (par Kazuo Koike & Goseki Kojima chez Panini), La danse du Soleil et de la Lune (par Daruma Matsura chez Ki-oon), Manchuria Opium Squad (par Tsukasa Monma & Shikako chez Vega-Dupuis), Irene (par Ideki Arai chez Black Box), Dai Dark (par Q Hayashida chez Soleil), Flow (par Yuki Urushibara chez Kana), Saturn Return (par Akane Torikai chez Akata), Kowloon Generic Romance (par Jun Mayuzuki chez Kana), The Devil of the gods (par Tsukasa Saimura & Kozo Takahashi chez Glénat), Goodnight I Love You (par John Tarachine chez Akata), Les Affamés (par Kunitaro Tomoyasu chez Akata), Qin Opéra (par Li Zhiwu & Men Xiaoyan chez Patayo), Android Type One (par Yashima chez Omaké), Sakamoto Days (par Yuto Suzuki chez Glénat), et Banana Sioule (par Michaël Sanlaville chez Glénat).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Portrait de (Masahi Ando), Fermez les Yeux (de la K-Pop dans les anime), Séance Studio (Shin-Ei Animation), Figure de Pro (Mounia Aram), Trouvaille (Pui Pui Molcar), Hommage (Franck Olivier, Marie-Noëlle Neveu, Keiko Nobumoto), Il Était une Pub (Yatta, Acura!), On a lu (Mamoru Oshii: rencontre(s)), et Humeur.

À lire pour tous fans d’anime.

 

dBD #165 (juillet-août 2022)

Dans le cahier actualités on mentionne le second volume de l’intégrale Le Génie des Alpages par F’murr chez Dargaud et la parution des deux premiers volumes de Dandadan par Yukinobu Tatsu chez Crunchyroll (anciennement Kazé, qui a été racheté par la plate-forme américaine).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Gilbert Shelton (sur Freak Brothers et le volume deux de l’intégrale Zap Comix chez Stara).  Les entrevues se poursuivent avec Hyung-rae Kim (sur la firme coréenne Kakao Piccoma et l’arrivé en France de sa plate-forme webtoon), Fabcaro (sur son exposition à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême, avec des commentaires de Gilles Rochier, Jean-Philippe Garçon, et Fabrice Erre), Christian Rossi (sur Chevauchées chez Éditions I), Benoît Sokal & François Schuiten (sur Aquarica, chez Rue de Sèvres), Mirion Malle (sur C’est comme ça que je disparais et Adieu triste amour, chez La Ville Brûle), Giulio Macaione (sur Sirocco, chez Ankama), Miguel Vila (sur Padovaland, chez Presque Lune), Sansuke Yamada (sur Sengo T.7/7, chez Casterman), Hervé Richez (sur les vingt ans de la collection Grand Angle des éditions Bamboo), Alex Nikolavitch (sur L’Ange du prolétariat, une vie de Youri Gagarine, avec Félix Ruiz, chez 21g) ainsi que Anaïs Halard & Bastien Quignon (sur Sacha et Tomcrouz T.4: Cambriolage sur le Nil, chez Soleil, coll. Métamorphose). Ce numéro double (130 pages) dense et varié nous offre également un article sur l’oeuvre de Neal Adams disparu en avril dernier.

Dans le Cahier Critique je note La Fille à la moto par Oji Suzuki chez Atrabile (Bien; “Les histoires d’Oji Suzuki ne décrivent pas un Japon idylliques (…) mais plutôt celui des bas-fonds (…). Cela permet de réfléchir sur cette autre facette du Pays du Soleil Levant”), et Les Promeneuses de l’Apocalypse t.1 par Sakae Saito, chez Doki-Doki (Bien; “récit post-apocalyptique relativement convenu”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Ce printemps rémanent (par Shiki Kawabata chez Akata), Bambi Remodeled (par Atsushi Kaneko chez IMHO), Planetès Perfect Collection (par Makoto Yukimura chez Panini), Code Name Sailor V Eternal Edition (par Naoko Takeuchi chez Pika), Nakogahara: Stray Cat Samurai (par Hiroyuki Takei chez Pika), Nina du royaume aux étoiles (par Rikachi chez Kazoku/Michel Lafon), Shark Panic (par Tsukasa Saimura chez Omaké), The Brave Wish Revenging t.1 (par Manimani Ononata & Akira Sakamoto chez Delcourt), Back From Hell t.1 (par Yuki Karaku & Shotaro Kunitomo chez Soleil), Neon Genesis Evangelion Perfect Edition t.1 (par Yoshiyuki Sadamoto chez Glénat) et The Druid of Seoul Station (par Sungho Mon, Livebear & Seul Woo Jin chez Delcourt/Kbooks).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

Solaris #222 (Printemps 2022)

Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre (dites de l’imaginaire, spéculative ou “paralittérature”) au Québec et parfois d’ailleurs. Celle-ci s’ouvre à nous en trois volets: le volet fiction comprend quelques nouvelles qui nous offrent l’occasion de se divertir tout en échantillonnant ses différentes saveurs actuelles. Le volet documentaire nous offre des articles pour découvrir et mieux comprendre ses différents aspects. Finalement, le volet critique se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste.

Dans le volet fiction ce numéro nous offre quatre courts récits:

  • “Atamishkatun” par Josée Bérubé. Mathieu passe l’été au chalet de ses parents qui se sont suicidés. Il est un peu perdu et cherche à se recentrer. Il ressentira l’appel mystique de la forêt mais surtout du lac Atamishkatun, qui le mettront à l’épreuve mais lui donneront une raison de poursuivre… Beau récit de lieux qui nous semblent familiers…
  • “Une fille, enflammée de vie” par Claude Lalumière. Dans un monde de flamme une fille enfante des générations de créatures qu’elle façonne à son gré pour peupler son monde, avec l’aide de Feu son compagnon un peu trop insistant dont elle finira par se libérer. Un intéressant mythe de création ou une allégorie sur la violence conjugale ?
  • “Étoiles rouges, étoiles blanches” par Gaël Marchand. Dans une Moscou future, ouverte et cosmopolite, une assistante-réalisatrice pour un studio de cinéma se retrouve, par un concours de circonstance, à appliquer comme cosmonaute à l’Agence Spatiale de l’Union des Républiques…
  • “Taches” (première partie) par Claude Bolduc. Un photographe découvre dans les poubelles une vieille caméra digitale. Il l’utilise pour prendre quelques clichés mais se rend compte que certaines images comportent des taches. De plus l’appareil semble avoir des propriétés étranges…

Le volet documentaire offre un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui s’intéresse cette fois aux encyclopédies. Il en trace un historique (fort bien documenté) et nous parle de la place qu’elles occupent en littérature et au cinéma. Fascinant, comme toujours. Et dans la chronique “Le DALIAF présente…”, qui se veut une sorte de mise à jour du Dictionnaire des Auteurs de Littératures de l’Imaginaire en Amérique Française, Claude Janelle nous présente l’utopie La Québécie par la mystérieuse auteure Francine Lachance. Pour finir, le volet critique nous offre un impressionnant trente-huit pages de commentaires couvrant vingt-trois titres! (pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne)

Solaris, qui se veut “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire”, nous offre comme toujours un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur du genre.

 

[ Translate ]

Yoko Tsuno #30: Les Gémeaux de Saturne

YokoTsuno-30-cov“Khâny emmène Yoko sur Saturne pour explorer un morceau de comète qui semble contenir eau et oxygène et qui a envoyé un énigmatique message d’alerte : « Sauvez Rya. » Dans la crevasse d’où provient le SOS, les deux amies découvrent l’épave d’un « vaisseau surgelé » à l’intérieur duquel se trouve Rya, une petite créature — biologique mais génétiquement modifiée — profondément endormie et enfermée dans un sarcophage de survie. Avec Tôpy, son frère synthétique qui veille sur elle, ce sont les « gémeaux de Saturne » ! Et ils ont de lourds secrets à révéler à Yoko…

Roger Leloup a pris l’habitude d’alterner histoires dans l’espace et histoires « terrestres ». Que ce soit sur Terre ou sur Saturne, ses histoires sont toujours passionnantes et empreintes d’humanisme.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Cette série de bande dessinée centrée sur le personnage de Yoko Tsuno (une belle ingénieur japonaise) et créée par l’artiste belge Roger Leloup est d’abord paru en une série d’histoires courtes en collaboration avec Maurice Tillieux dans le Journal de Spirou en 1970 et 1971. Dès mai 1971, Leloup poursuit, en solo, toujours dans Spirou, avec des histoires complètes. Un peu plus de cinquante ans plus tard, à quatre-vingt-huit ans, Roger Leloup nous présente le trentième récit de son héroïne.

YokoTsuno-30-p04

T. 30, p. 4

Yoko reçoit de Khâny un nouveau vaisseau en cadeau et se fait amener en balade vers Saturne, où l’équipage explore une comète et découvre un vaisseau naufragé. À bord il y a Rya (une petite vinéene génétiquement modifiée), son compagnon Tôpy (mi-biologique, mi-synthétique) et leur robot Kyps. L’équipage doit affronté du plasma intelligent qui tente de prendre le contrôle de Yoko, des complots vinéens (dont je n’ai pas trop compris la nature car il y a beaucoup de tensions et de conflits entre cette pléthore de personnages) et, bien sûr, Yoko ne peut résister à rescaper des créatures menacées pour les ajouter à sa ménagerie d’orphelins… 

Cet album est une grosse déception. Dans le volume précédant Leloup promettait pour le suivant une aventure où Yoko allait faire face à un dilemme devant des humains robotisés. Cela avait l’air excitant. Si on retrouve un peu de cette thématique dans cet album, le récit est trop confus pour fournir la moindre excitation. Encore une fois Leloup tente de faire entrer un récit de quatre-vingt-seize pages dans un album de quarante-huit! Il prend trop de raccourcis, le récit manque de fluidité, les textes et les dialogues sont pauvres, ce qui fait que le lecteur a de la difficulté à suivre l’histoire. Pire, le dessin est devenu parfois imprécis, surtout les visages des personnages secondaires — toutefois les décors demeurent encore très bien (ils sont probablement le domaine d’assistants?). Cela pose la question: Leloup deviendrait-il sénile? Serait-il temps, comme pour d’autre séries, de passer le flambeau à des créateurs plus jeunes?

Yoko Tsuno est une BD qui a marqué beaucoup ma jeunesse mais qui malheureusement ne m’apporte plus aucun plaisir… C’est vraiment dommage. À chaque nouvel album j’espère toujours que cela va s’améliorer mais, hélas!, cela empire. Serait-ce une allégorie de la vieillesse: le personnage reste jeune mais c’est la structure même du récit qui reflète la décrépitude du créateur? À lire mais à vos risques…

Yoko Tsuno 30: Les gémeaux de saturne, scénario et dessin par Roger Leloup (mise en couleur par Studio Léonardo). Paris: Dupuis, mai 2022. 48 pages, 21.8 x 30 cm, 11.90 € / C$17.95 , ISBN: 979-1-0347-5428-1. Recommandé pour public jeune (9+). stars-2-0

Voir mes commentaires sur des tomes précédents.

Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

 © Dupuis, 2022.

[ Translate ]

Invisible Library #8: The Untold Story

UntoldStory-cov“Time-traveling Librarian spy Irene has faced unimaginable challenges across a multitude of worlds, but to keep her friends safe, Irene will have to do what has never been attempted and cut through the tangled web of power at the heart of the Library.

Irene is trying to learn the truth about Alberich — and the possibility that he’s her father. But when the Library orders her to kill him, and then Alberich himself offers to sign a truce, she has to discover why he originally betrayed the Library.

With her allies endangered and her strongest loyalties under threat, she’ll have to trace his past across multiple worlds and into the depths of mythology and folklore, to find the truth at the heart of the Library, and why the Library was first created.”

 [Text from the publisher’s website and the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

This series by British author Genevieve Cogman goes beyond any traditional genre as it mixes them all: fantasy, science-fiction, mystery, horror or even cyber- and steampunk! It offers a fascinating universe where a secret library hidden in-between worlds has doors opening to an infinite variety of parallel dimensions. Its librarians are “stealing” unique books and manuscripts from each of those worlds in order to create a link with them and preserve the balance between order and chaos. The universe is engulfed in an eternal war of influence between the Fae (the agents of chaos) and the dragons (the agents of order). Humans inhabiting those worlds are only pawns in their hands. The protagonists of the story are junior Librarian Irene and her companions: Dragon prince Kai, victorian investigator Vale (a doppelgänger of Sherlock Holmes) and Fae apprentice Catherine… I have already commented on books one to four and books five to seven.

Irene is determined to put an end to Alberich’s threat once and for all (whether he is her father or not). However, in order to do so she has to investigate why he wanted to destroy the library. All the clues and stories that she discovers brings her to the mythology behind the creation of the Library and she discovers a foe far worse in the heart of the Library itself! 

This series was probably originally intended for a Young Adults audience, so it is not surprising that it is such an easy reading. It is well written, interesting and quite captivating. With its travelling between worlds, it offers action in different time periods therefore it is never boring and allow to switch effortlessly between fantasy and science-fiction. It really provides an entertaining and enjoyable reading experience. So I strongly recommend it to everyone who likes adventures and books ! 

Unfortunately this book is the end of the Library universe for now. The author said that it is not the end of the series (more like the end of a season) and that she intended to eventually come back to it. For now she would like to dedicate herself to a new project “in a completely different area (involving vampires and the Scarlet Pimpernel and a hapless maidservant who’d rather be doing embroidery)“: Scarlet to be published by Penguin Random House in May 2023.

The Invisible Library 8: The Untold Story, by Genevieve Cogman. New York: ACE (Berkley, imprint of Penguin Random House), December 2021. 384 pages, 8.25 x 5.5 in., $US 16.00 / $22.00 Can, ISBN 978-1-9848-0480-8, For YA readers (14+). stars-4-0

For more information you can check the following websites:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Genevieve Cogman, 2021.

[ Traduire ]

La Guerre des Mondes #3

GuerreDesMondes-3-Cov“Au coeur de la guerre qui oppose Mars à la Terre, le photographe poursuit sa mission de documentation : sur la route de Londres, il constate qu’une étrange herbe rouge semant la mort et la désolation a envahi les lieux après le passage des Martiens… Pire encore, les terribles créatures capturent désormais les êtres humains !

Piégés dans des ruines, le jeune homme et le prêtre n’ont d’autre option que de se faire discrets pour échapper à l’oeil vigilant d’un tripode. Seulement, témoin d’une scène insoutenable, le prêtre perd la raison et s’en prend alors à son compagnon d’infortune…

Véritable prisme des angoisses d’une époque, le grand classique d’H. G. Wells tire sa révérence de façon magistrale dans cette adaptation originale portée par le trait réaliste de Hitotsu Yokoshima.”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

La guerre des mondes (宇宙戦争 / Uchû Sensô / lit. “La Guerre de l’espace”) est un manga seinen par Sai Ihara (猪原 賽) et Hitotsu Yokoshima (横島 一) qui a été sérialisé dans le magazine Comic Beam 100 (Enterbrain) depuis octobre 2018 et dans Comic Beam entre mai 2019 et février 2021 avant d’être compilé en trois volumes chez Kadokawa Shoten. Il a été publié en français chez Ki-oon. J’ai déjà commenté le premier et le second volume.

GuerreDesMondes-3-p.040

T. 3, p. 40

Alors que la domination des martiens semble maintenant totale, le photographe continue à documenter l’invasion. Les martiens capturent des humains pour les vider de leur sang, de leur énergie vitale. Ils s’arrêtent plusieurs jours pour construire de nouvelles machines de guerre, des engins volants cette fois-ci, qui leur permettent de couvrir plus de terrain, plus rapidement. Le photographe se réfugie quelques jours dans une maison abandonnée avec le prêtre mais ce-dernier perd la raison et finit par être capturé par les martiens. Il prend alors la route de Londres où il retrouve l’artilleur qui est gravement blessé. Ils trouvent refuge dans les égouts de Londres où l’armée (et la civilisation) se réorganise tranquillement. Quand l’artilleur a retrouvé la forme il reprend le combat et le photographe part à la recherche de sa femme. Mais, soudain, sans véritable explications, les vaisseaux martiens tombent du ciel et l’herbe rouge tourne en cendres. Le photographe retrouva sa femme, les humains retrouvent leurs vies d’avant mais, devant cette nouvelle menace, l’Humanité découvre une paix inégalée.

Avec ce troisième et dernier tome, je découvre une toute nouvelle appréciation de ce manga que je trouve bien meilleurs que le premier volume. Le récit est plus fluide, plus intéressant et même le dessin semble s’être amélioré (même s’il demeure bien ordinaire, il est du moins bien moins caricatural). C’est une adaptation qui me semble assez fidèle du roman de H.G. Wells et qui mérite d’être lu si les anticipations du 19e siècle ou les grands classiques de la science fiction vous intéresse. 

La guerre des monde 3, par Sai Ihara (scénario, basé sur le roman de H.G. Wells) et Hitotsu Yokoshima (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), mars 2022. 184 pages, 15 x 21 cm, 13,90 € / $C 25.95, ISBN 979-10-327-1116-3. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Sai Ihara / Hitotsu Yokoshima 2020

[ Translate ]

Bug, vol. 3

Bug-3-covTroisième volet de la saga planétaire d’Enki Bilal.

Alors que le grand Bug planétaire a rendu impossible l’accès aux données numériques, l’hypermnésique Kameron Obb est la proie de toutes les convoitises. Traqué à travers le monde par des instances gouvernementales autant que par des groupuscules contestataires, il réussit à communiquer avec sa fille, elle-même kidnappée par de mystérieux ravisseurs… Mais quelle est la véritable nature du Bug ? Est-ce seulement une catastrophe technologique ou bien la conséquence d’une véritable attaque contre l’Humanité ?

Dans ce troisième épisode, Enki Bilal se régale dans la mise en scène de nombreuses femmes puissantes, avec une suite de rebondissements et de séquences spectaculaires ponctué de réflexions satiriques aussi inattendues que réjouissantes…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Bug-3-p43

Vol 3, p. 43

Le récit se poursuit… (voir mes commentaires des premiers et second volumes). 2042. Que se passerait-il si toute la technologie qui contrôle notre monde, nos villes, nos vies, notre corps même (par des implants), cessait subitement de fonctionner? Alors que la planète est plongée dans le chaos, Kameron Obb (seul survivant d’une expédition vers Mars) lui semble le récipiendaire de TOUTES les mémoires électroniques du monde. Cela en fait un homme recherché et convoité. Prisonnier d’un groupe Néo-Marxiste-Féministe, il est kidnappé cette fois par la tsarine de la Nouvelle Russie Sibérienne. Tous veulent qu’il rétablisse leur système électronique… Une nébulosité bleue approche de l’orbite terrestre… Pendant ce temps, sa fille Gemma, sauvée par Junia, la compagne de fortune de Obb, retourne à Paris pour tenter de sauver le monde du chaos. Junia tente de libérer Obb d’une haute tour au large de Barcelone, mais il n’y est plus et elle est capturé par les Néo-Marxiste. Obb s’évade de Sibérie à bord d’un chasseur Sukhoi-77 pour rejoindre Gemma et sauver la présidente française de ses implants. Puis il va libérer Junia. Un nouveau groupuscule entre en jeu, le STALLER (STAline-hitLER, des néo-fascistes). Ils ont capturé le millionaire Awden Marxoe (le patron de Obb) qui semble en possession d’une information capitale sur le Bug. Pour la première fois, Obb est contacté par l’Entité Bleue… Quelle sont les véritables intentions de cette entité? Aurait-il été manipulé par une force malveillante? Deux courants bleus semblent lutter en lui. Il perd le contrôle du Sukhoi et il se retrouve avec Junia sur une plage de Lampedusa en Libye. Il a de la fièvre, tombe dans le coma. Il se réveil amnésique! 

Bilal demeure encore et toujours un incontournable. Surtout à cause de son superbe dessin. Un style qui mélange brillamment crayonné et peinture, tons sombres et vifs, détails et flous. Dans cette nouvelle série (en cinq tomes), Bilal critique notre sur-dépendance de la technologie et se moque grandement de la radicalisation idéologique du XXIe siècle. Le récit est bien mené, captivant mais semble piétiner un peu. Toutefois, ce tome se termine sur un point tournant et le prochaine volume nous apportera sans doute des réponses. Vivement la suite!

Bug, livre 3, par Enki Bilal. Bruxelles: Casterman, mars 2022. 82 pages, 19.1 x 26.9 cm, 18,00 € (ePub/PDF: 12,99 €) / $34.60 Can. ISBN 978-2-203-20228-3. Pour lectorat jeune adulte (14+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Casterman 2022

[ Translate ]

Debout l’humanité !

DeboutlHumanite-cov“Le déser­teur Tenka Taihei est enrôlé de force par un labo­ra­toire de l’ar­mée qui cherche à produire une nouvelle géné­ra­tion de guer­riers. Commence pour ce petit homme, bonne pâte mais faci­le­ment mani­pu­lable, un long périple qui pour­rait bien conduire l’hu­ma­nité à sa perte.

Publié au Japon pendant la guerre du Viet­nam, Debout l’hu­ma­nité ! est l’oc­ca­sion de décou­vrir une facette inha­bi­tuelle d’Osamu Tezuka. Dans un style dyna­mique, proche du dessin de presse, cette œuvre anti­mi­li­ta­riste aborde avec acuité les ques­tions de sexe, de genre, de racisme, sans oublier de taper allè­gre­ment sur les médias et les indus­tries cultu­relles.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

DeboutlHumanite-p036

Page 36

Tenka Taihei est un soldat japonais envoyé faire la guerre en Asie du Sud-Est dans le pays (fictif) de Paipania. Il échappe à la mort en désertant mais seulement pour être condamné à devenir cobaye dans un laboratoire médical de l’armée sous la supervision du capitaine Reach. On découvre alors que ses spermatozoïdes mutants ont deux flagelles et qu’en conséquence sa progéniture est asexuée (ni homme, ni femme, ils forment une sorte de troisième sexe). Naïf, il est successivement manipulé et utilisé dans les expériences eugéniques du Dr Clamp, puis de Otomo Kurosumi et enfin par le promoteur Akira Kizagami. Ce dernier, avec l’aide de Reach, crée un royaume dans le Pacifique, le Taiheitengoku, pour capitaliser sur cette découverte. Le but est d’utiliser le sperme de Tenka pour créer une armée de soldats asexués, dociles et persistants comme le sont les fourmis ouvrières ou les abeilles, et de les vendre à gros profit aux plus offrants. Ils ne sont pas considéré comme des humains mais plutôt de simple drones utilisés soit comme chaire à canon (évitant ainsi aux populations humaines les horreurs de la guerre) soit comme esclave ou, même, dans des jeux pervers. 

Avec l’aide de son épouse, la guérilleros Lila, Tenka tente à plusieurs reprises d’échapper à cette entreprise et de sauver ceux qu’il considère comme ses enfants. Toutefois, Kizagami fait assassiner Lila, et Tanka retombe entre ses mains. Ses plans déjoués, Kizagami décide de promouvoir son entreprise avec un grand spectacle de guerre (kriegspiel) où s’affronteront pas moins de quarante mille soldats asexués. Cependant, Tenka s’échappe à nouveau et complote avec un nouvel allié. Au même moment son premier “fils”, Miki, travaille dans l’ombre pour venger sa mère et initier une révolution qui bientôt inversera les rôles d’oppresseurs et d’opprimés!

 

DeboutlHumanite-p194

Page 194

Debout L’Humanité ! (人間ども集まれ! / Ningen-domo Atsumare ! / lit. “Les humains se rassemblent !”) est un manga seinen par Osamu TEZUKA qui a d’abord été publié en feuilletons au Japon dans Weekly Manga Sunday entre le 25 janvier 1967 et le 24 janvier 1968 avant d’être publié en deux volumes (tankōbon) chez l’éditeur Jitsugyo no Nihonsha, puis en un seul volume (Kanzenban) en 1999. Il a également été publié en deux volumes dans la collection des Oeuvres Complète de Tezuka chez Kōdansha, qui l’a ensuite réédité en un seul volume (format bunko) en mars 2010. Il a été publié en français, en un seul volume, aux éditions FLBLB en avril 2011, puis réédité en septembre 2022 avec une nouvelle couverture. 

Tezuka aborde avec ce manga touts les grands débats du XXe siècle sur les droits et libertés (sexisme, homosexualité, transexualité, racisme, eugénisme, etc.) et il critique également tant le bellicisme que le capitalisme de nos sociétés modernes, surtout la façon que ce dernier exploite la guerre perpétuelle pour s’enrichir sur le dos des plus démuni. Malheureusement, sans doute à cause du format de publication épisodique et au fait qu’il travaillait simultanément sur une dizaine de titres! (principalement Ambassador Magma, Astro Boy, Dororo (voir mon commentaire), Flying Ben, Gumgum Punch, Phénix, Vampires), le récit est plutôt désorganisé et assez inégale. Il y a quelques longueurs et on se demande parfois où l’auteur veut en venir. Comme dans le cas de Avaler la Terre (que j’ai récemment commenté), c’est une histoire de vengeance qui se révèle (comme toujours) insatisfaisante et qui finie mal. 

Le site officiel de Tezuka nous apprends que le mangaka a intentionnellement changé son style de dessin pour ce manga afin de lui donner un ton absurde. Son style est déjà à la base plutôt caricatural, utilisant des traits assez simples (et de grands yeux), mais ici il lui donne un aspect encore plus brouillon sans doute dans le but de se rapprocher du style “dessin de presse.” Toutefois, les lecteurs de l’époque, peut-être déjà mal à l’aise à cause des thématiques sociologiques et politiques, ont durement critiqué l’ouvrage pour son manque de raffinement. 

Comme dans tous ses ouvrages, Tezuka nous offre ici un manga très intéressant avec une histoire pleine de rebondissements qui, malgré son style caricatural, exprime des préoccupations très sérieuses sans toutefois être dénuée d’humour — ou, comme dans ce cas-ci, de satire mordante. C’est donc une lecture agréable qui sait nous divertir tout en nous faisant réfléchir.

Encore une fois je remercie profondément les petits éditeurs comme FLBLB qui ont le courage de publier ce genre de manga tout en sachant très bien qu’ils ne seront pas populaire mais qu’il faut néanmoins les rendre accessibles à un public aussi large que possible pour faire valoir l’importance qu’ils occupent dans l’histoire de la bande dessinée. À lire pour tout amateurs de mangas et/ou de Tezuka.

Débout l’Humanité ! (Intégrale), par Osamu Tezuka (Traduit du japo­­nais par Jacques Lalloz et Rodolphe Massé). Poitiers: Éditions FLBLB, septembre 2021. 432 pages, 15,5 × 22 cm, 20€ / $36.95, ISBN 978-2-35761-308-9. Pour lectorat adolescent (14+ / sexualité, violence). stars-3-5

Autres titres de Osamu Tezuka disponible chez FLBLB: Alabas­ter (épuisé), Avaler la terre (que j’ai déjà commenté), La Femme insecte (sortie prévue en septembre 2022), La grande pagaille du Diletta, L’homme qui aimait les fesses (épuisé), et NéoFaust (épuisé, réédition prévue en septembre 2022).

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2021 Tezuka Productions. All rights reserved.

[ Translate ]

Avaler la terre

AvalerLaTerre-cov“— Tu devrais essayer de voir plus grand !
— Oh, mais je vois très grand… Moi, mon rêve, c’est d’ava­ler la Terre entiè­re…
— Ça ne t’in­té­res­se­rait pas de rencon­trer la plus belle femme du monde plutôt ?
— Les femmes, ça ne me dit rien…
— Elle s’ap­pelle Zéphy­rus et loge à l’hô­tel Ômura. Tu vas te débrouiller pour faire sa connais­san­ce… Pour ça, tu rece­vras trois cent mille yens à une condi­tion toute­fois : décou­vrir qui elle est en réalité.

En 1968, Tezuka imagine une destruc­tion concer­tée du monde, qui commen­ce­rait par l’argent et la morale.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

AvalerLaTerre-018

Page 18

Zephyrus, une belle femme, perd sa fortune et son père bien-aimé par les ruses de son ambitieux mari. Ses sept filles, qui se font appeler Zephyrus comme leur mère, promettent de se venger des hommes et des sociétés civilisées du monde entier qui ont causé la mort de leur mère et ruiné leur vie. Pour ce faire, elles inventent un peau synthétique, le dermoïde Z, qui permet à quiconque qui peut se la payer de prendre n’importe quelle apparence. D’abord utilisé à des fins esthétique, elle devient rapidement un instrument qui permet de réaliser des crimes en toute impunité. Zephyrus elles-même l’utilisent pour se donner une beauté qu’aucun homme (ou presque!) ne peut résister afin de les séduire, les contrôler et, ultimement, les punir. La deuxième phase de leur plan est d’inonder les marchés financiers avec des tonnes d’or qu’elles ont découvert sur une île du Pacifique ayant jadis appartenu à l’Empire de Mu. C’est alors le crash financier, l’or et les devises qui y sont liées étant dévalués jusqu’à ne plus rien valoir, et le monde moderne chavire dans l’avarice, la criminalité et la barbarie! Ce plan aurait été parfait si ce n’est de l’inégalable Seki Gohonmatsu qui demeure insensible au charme des femmes et qui n’aspire qu’à boire de l’alcool en si grande quantité qu’il pourrait en avaler la Terre entière. Cela lui donne courage et force, s’opposant à la conspiration des soeurs Zephyrus ne serait-ce que pour qu’elles le laisse en paix. Cependant, tant la soeur cadette, Milda, que leur mentor, miss Monte Christos, se trouvent ébranlées par l’innocence et l’intégrité de Gohonmatsu et en tombent amoureuses… La fin ne pourra être que tragique…

Avaler la Terre (地球を呑む / Chikyû wo Nomu) est un manga seinen par Osamu Tezuka qui a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Big Comic entre avril 1968 et juillet 1969 avant d’être compilé en deux volumes (tankobon) chez l’éditeur Shogakukan en mai et juin 1977. Il a connu une réédition en un volume (bunkoban) en septembre 1994, puis à nouveau en deux volumes en 2006. Il a été publié en français chez Milan en 2006 (deux volumes) puis en anglais chez Digital Manga en juin 2009 (un volume). Il également été réédité en français en un seul volume chez les Éditions FLBLB.

Osamu Tezuka, au Japon, est considéré comme le dieu du manga car il en a pratiquement inventé le genre. Bien sûr son style de dessin peut paraître vieillot et caricatural avec ses grands yeux et la simplicité de trait — après tout, au début de sa carrière,  il s’est beaucoup inspiré des dessins animés des Studios Fleischer, comme Betty Boop, et surtout de Walt Disney. Et c’est sans doute pour cela que son oeuvre est souvent négligé en Occident. Il a pourtant toujours produit des récits qui, malgré ses personnages caricaturaux et l’humour presque “slapstick”, abordaient des sujets vraiment sérieux. Si l’on regarde au-delà du style, son oeuvre est très intéressante et a toujours un petit aspect moralisateur, voir pédagogique.

C’est le premier récit d’envergure que Tezuka destine à un public plus âgé (jeune adulte, masculin; i.e. “seinen”). Alors que le Japon connait une explosion de prospérité d’après-guerre, Tezuka fait une mise-en-garde en dépeignant avec beaucoup d’ironie une société devenue dépravée à cause des femmes scandaleuses, de l’argent et de la politique corrompue. Évidemment, certains concepts peuvent nous paraître dépassés ou même choquants. Tezuka est, après tout, un homme de son époque: le Japon était alors une société patriarcale où le rôle de la femme est reproductif et décoratif. L’image qu’il donne aussi de la ségrégation raciale aux État-Unis peut paraître exagérée (presqu’hilarant) mais c’est sa façon de la critiquer. 

Le récit m’est apparu plutôt inégal au début mais Tezuka en explique la raison en post-face. La plupart des mangaka de l’époque publiaient des séries où chaque épisode constituait un récit indépendant mais Tezuka (à la demande de son éditeur) s’est distingué en présentant pour la première fois avec Avaler la Terre une histoire avec des épisodes à suivre. Inévitablement, comme le récit s’étire, les lecteurs perdent un peu intérêt et cessaient de suivre. Pour contrer cela, Tezuka à introduit quelques épisodes indépendants au milieu du récit.

Ce genre d’histoire me rappel étrangement la quatrième saison de la série télévisée Westworld… Que ce passerait-il si quelqu’un remplaçait un groupe de politicien ou en prenait le contrôle d’une façon ou d’une autre, comme pour orchestrer un coup d’état et un virage à droite rétrograde, voir autodestructeur? En fait cela a déjà été fait avec le série télé humoristique (hilarante et plutôt originale) BrainDead! Et l’on pourrait croire que ces derniers temps c’est aussi le cas avec l’aile trumpiste du parti républicain… Malgré tout c’est Tezuka qui reste le plus original puisqu’il a imaginé et publié ce manga à la toute fin des années soixante!

Avaler la Terre nous présente un récit de vengeance, doublé d’un complot de fin du monde, qui offre de l’action et du suspens mais aussi beaucoup de sensualité et d’humour. C’est une série ambitieuse que Tezuka considère comme parmi ses oeuvre les plus importantes. Hélas! Ce genre de manga n’attire pas les foules — heureusement qu’il y a des éditeurs qui en reconnaissent l’importance historique et ont le courage d’en faire la traduction — donc un grand merci à FLBLB! Malgré la complexité du récit et le style caricatural, c’est un excellent manga, agréable et intéressant à lire. Une oeuvre de Tezuka mérite toujours d’être lue.

Avaler la terre (Intégrale), par Osamu Tezuka (Traduit du japo­­nais par Jacques Lalloz et Patrick Honnoré). Poitiers: Éditions FLBLB, septembre 2021. 520 pages, 15,5 × 22 cm, 20€ / $36.95, ISBN 978-2-35761-307-2. Pour lectorat adolescent (14+). stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2021 by Tezuka Productions. All rights reserved.

[ Translate ]