Sherlock Holmes en bande dessinée (2)

BDs hommages & pastiches

Dans la première partie de cette série d’articles sur les adaptations de Sherlock Holmes en bande dessinée, j’ai traité des adaptations canoniques c’est-à-dire qui raconte fidèlement les récits des romans de Sir Arthur Conan Doyle. Il s’agissait principalement de la série britannique écrite par Ian Edginton et illustrée par Ian Culbard, publiée en anglais chez SelfMadeHero (2009-2011), puis traduite en français chez Akileos (2010-2011).

Dans cette seconde partie je vais traiter des pastiches (parodies) et des hommages à la série de romans du célèbre détective. Ces adaptations sont beaucoup plus nombreuses (et il me faudra sand doute plus qu’un article pour les couvrir). Je commence pour les deux plus importantes, d’abord parce qu’elles sont plus connues mais aussi parce que ce sont des séries de plusieurs volumes.

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(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Baker Street : all you need is Holmes 

BakerStreet-Intégral-covOubliez Léonard de Vinci, Darwin, Einstein… Sherlock Holmes est l’homme le plus intelligent du monde. Ou pas.

[Texte de la couverture arrière]

“Enfin les aventures déjantées du plus célèbre des détectives et de son acolyte médecin en version intégrale. Retrouvez les cinq tomes de la série dans cette édition unique. Des éclats de rire en perspective.

Saviez-vous que le docteur Watson doit une grande partie de sa popularité à une méduse? Que Sherlock Holmes pratique parfois le cambriolage ? Et seriez-vous capable de trouver un rapport entre un diable en boîte, un haltère, un réveil-matin, un cactus et une masse d’armes ? Non ? Eh bien plongez-vous dans les carnets secrets du docteur Watson, miraculeusement exhumés par deux froggies…

[Texte du site de l’éditeur]

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Cette édition intégrale de la série Baker Street compile les cinq volumes de la bande dessinée par Veys et Barral. Le premier volume, Sherlock Holmes n’a peur de rien, inclue cinq histoires courtes: “L’incident sur la Tamise” (6 p.), “Ophiophobie” (7 p.), “Tossing the caber” (8 p.), “Le bois rouge de Pernambouc” (16 p.),  et “Rançon pour une momie” (10 p.). 

Dans le second volume, Sherlock Holmes et le Club des sports dangereux (48 p.), on retrouve une histoire loufoque où le quatuor de détectives imbéciles (Holmes, Watson, Lestrade et son cousin Brodie) doit enquêter tout à la fois sur “Le profa­nateur” (alias Jack le Moustacheur), une tentative de meurtre sur Lestrade, un meurtre à huis clos dans un club bien particulier, une gerbille surexcitée et sur une série de disparitions mystérieuses près du Limehouse !

Dans le troisième volume, Sherlock Holmes et les Hommes du Camellia (48 p.), notre petit groupe doit aidé M. Clipton, un producteur de thé du Ceylan, à retourner dans son pays en six semaines pour la lecture du testament de son oncle afin de pouvoir hériter de la plantation familiale. Toutefois, un compétiteur — un producteur de thé chinois, M. Teawings — fera tout pour les en empêcher!

Le quatrième volume, Sherlock Holmes et l’Ombre du M (52 p.), est la suite directe du précédent. La lecture du testament s’est révélé être un canular, mais lorsque l’oncle de Clipton meurt vraiment d’une crise cardiaque, le testament révisé exige cette fois, pour hériter de la plantation familiale, qu’il retourne en Angleterre et fasse un spectacle de clown devant la reine! Pour contrer Holmes, Teawings engage son ennemi juré, Moriarty! Cette fois l’adversaire est plus coriace alors, pour rendre leur itinéraire moins prévisible, Holmes y introduit un élément de hasard…

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Page 208

Dans le cinquième et dernier volume, Le Cheval qui murmurait à l’oreille de Sherlock Holmes, on retrouve — en plus de l’aventure titre (34 p.) où Holmes, affligé par l’oisivité, tente d’élucider le vol inexplicable de documents sur une base militaire (dont le menu du mess des officiers!) — cinq histoire courtes (une sans titre [4 p.], “Le jour de Watson” [3 p.], “Rendez-vous à Chelsea Bridge” [2 p.], “Coucher de soleil sur l’abattoir” [2 p.] et “Rendez-vous au Strand” [2 p.]) et une dizaine de gags en une seule case. L’édition intégrale se termine avec les couvertures originales des cinq volumes.

Cette bande dessinée respecte bien l’univers victorien créé par Sir Arthur Conan Doyle mais nous présente une version très humoristique et plutôt irrévérencieuse des personnages (dont le visuel est d’ailleurs inspiré par les acteurs Jeremy Brett et David Burke, qui incarnèrent le célèbre duo de détectives dans la série télévisée de Granada).

L’aspect visuel (dessin et mise en page) est bien réussi. Quoi inégale cette série est agréable à l’oeil. Le récit est bien mené puisqu’il est à la fois captivant et très drôle. Cela n’a évidemment rien à voir avec les véritables aventures de Sherlock Holmes mais, en plus d’en respecter l’esprit, c’est aussi très divertissant et je me suis beaucoup amusé avec cette lecture. C’est une excellent parodie que je recommande chaudement.

Baker Street : all you need is Holmes [Édition Intégrale], par Pierre Veys (scénario) et Nicolas Barral (dessin). Paris: Delcourt, novembre 2017. 266 p., 22.5 x 29.7 cm, 34.95 € / $C 59.95, ISBN 978-2-413-00028-0. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2017 Éditions Delcourt

Capsules

Les quatre de Baker Street 

t. 1, L’affaire du rideau bleu

Quatre_de_Baker_Street-1-covUne série captivante et romanesque librement inspirée de l’œuvre d’Arthur Conan Doyle ! Trois détectives en herbe pour une enquête digne du maître de Baker Street !

Billy, Charlie et Black Tom sont insé­­p­ara­bles. Et pour cause : impossible de survivre seul dans l’East End londonien, peuplé de faux mendiants, de vrais ruffians et de franches canailles ! Heureusement, les trois amis peuvent compter sur la pro­tection d’un certain Sherlock Holmes, pour lequel ils font parfois office d’espions des rues… Mais lorsque la fiancée de Black Tom est kidnappée sous leurs yeux, nos héros vont devoir mettre au plus vite à profit les leçons de leur mentor pour la retrouver saine et sauve… en s’adjoignant les services d’un quatrième larron pour le moins inattendu. Place aux Quatre de Baker Street, la plus jeune équipe de détectives de l’époque victorienne !

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Cette bande dessinée mets en scène non pas le grand détective lui-même (Holmes et le Dr Watson n’apparaissent que dans les quatre dernières pages!) mais des personnages secondaire: les fameux “Irréguliers” ou “Francs-tireurs” de Baker Street, une troupe d’enfants de la rue qui sont les yeux et les oreilles du détective et qu’il utilise pour des missions de surveillance. Avec le temps, les membres de la troupe ont grandi ou se sont trouvé d’autres activités et il n’en reste plus que trois: Billy (William Fletcher, un jeune garçon bien éduqué), Black Tom (Tommy O’Rourke, Irlandais et l’acrobate du groupe), Charlie (Charlotte, habillée en garçon elle est en réalité une fille, la modératrice du groupe). La quatuor est complété par Watson, le chat de gouttière tigré. Lorsque Sherlock Holmes n’est pas disponible, alors les Quatre de Baker Street mènent l’enquête eux-même! Dans ce premier album, la petite amie de Black Tom est kidnappée et le quatuor devra retracer les coupables, puis s’attaquer au Rideau Bleu, “un bordel chicot du West-End.”

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Dans sa préface, Régis Loisel louange le talent de l’artiste: “Sa mise en scène aux cadrages énergiques sert le scénario à merveille, les décors sont précis et généreux et l’ambiance générale est soutenue par des couleurs somptueu­ses.” Si je suis d’accord avec la première partie de son commentaire (les décors et la mise en page sont très adéquats) mon opinion est à l’opposée sur les couleurs: je n’aime guère le dessin un peu trop anguleux à mon goût par moment, les ombrages sur les visages me semblent un peu exagérées et, surtout, le choix d’une palette de couleurs sombres, tout dans le brun et le sépia, me déplait beaucoup. Je comprends que l’artiste voulait sans doute rendre l’atmosphère victorienne (brumeuse, étouffante, ancienne — à moins que cela soit un problème d’impression?) mais je trouve cela très laid. 

Par contre, l’histoire est excellente. Le récit est bien mené, captivant et les personnages sont crédibles et attachants. L’histoire est sérieuse, fidèle à l’esprit des Aventures de Sherlock Holmes. Il s’agit donc d’un digne hommage à Conan Doyle. Dans l’ensemble, malgré les faiblesses du style graphique, c’est une bonne lecture.

Il est intéressant de constater que cette bande dessinée a non seulement été traduite en anglais chez Insight Comics [Goodreads], mais qu’elle a aussi été adapté en animation par les studios Folivari, Canal Plus et Studiocanal [voir la page officielle et le teaser sur Vimeo]. Cela démontre bien l’intérêt et la qualité de la série.

Les quatre de Baker Street t. 1, L’affaire du rideau bleu, par Jean-Blaise Djian & Olivier Legrand (scénario), David Etien (dessin et couleur). Issy-Les-Moulineaux: Vents d’Ouest, janvier 2009. 56 p., 24 x 32 cm, 13.90 € / $C 22.95, ISBN 978-2-7493-0437-3. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© 2009 Vents d’Ouest

Capsules

t. 2, Le dossier Raboukine

Quatre_de_Baker_Street-2-covLes Quatre de Baker Street sont de retour !

Londres, 1890. Billy, l’apprenti détective, Charlie, la petite fille grimée en garçon, et Black Tom le monte-en-l’air sont trois gamins des rues unis par une solide amitié. Accompagnés du matou Watson, ils arpentent les bas-fonds de l’East End, menant enquêtes, filatures et autres missions de confiance pour le compte d’un certain… Sherlock Holmes. Ce nouvel opus voit nos héros se mêler d’une ténébreuse affaire impliquant des révolutionnaires russes exilés à Londres et la police secrète du Tsar… Nos protagonistes vont avoir fort à faire pour déjouer machinations, trahisons et mauvais coups…

Le premier tome de cette série avait fait l’unanimité, grâce au dessin dynamique et étonnant de maîtrise de David Etien et au scénario mené tambour battant de Djian et Legrand. On se replonge avec délectation dans ce second tome, qui nous entraîne dans une nouvelle enquête passionnante et nous fait découvrir un peu plus ces gamins gouailleurs et attachants.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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Page 3

Dans cette aventure, les quatre de Baker Street doivent enquêter sur un complot politique impliquant des révolution­naires Russes. Alors que des prostitués sont à nouveau assassinées dans White­chapel (dont Sally, une amie de Billy), on craint le retour de Jack l’Éventreur. Toutefois, le quatuor découvrira que cette affaire est en fait liée à un complot de la police secrète du Tsar pour discré­diter les révolutionnaires socialistes réfugiés à Londres. Holmes étant absent, il incombe au quatuor de venir en aide à Katia Ivanovna et son compagnon Victor Raboukine!

Avec cet album, le graphisme s’est beaucoup amélioré: le style est un peu plus agréable et les couleurs en tons de brun et sépia moins présentes (quoique inconsistantes puisqu’au début elles semblent servir pour représenter des scènes de nuit, mais celles-ci se retrouvent avec de beaux tons de bleu vers la fin de l’album)… Le récit, toujours aussi captivant et sérieux, est également plus riche et intéressant. Cet album nous offre donc une très bonne lecture.

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T. 8, page 3

Les Quatre de Baker Street est une série très prometteuse qui en est déjà à son huitième album. La série continue donc avec le tome 3: Le Rossignol de Stepney, le t. 4: Les Orphelins de Londres, le t. 5: La Succession Moriarty, le t. 6: L’Homme du Yard, le t. 7: L’Affaire Moran et le t. 8: Les Maîtres de Limehouse. J’ai eut la chance de mettre la main sur un extrait papier des dix premières pages de ce huitième album (paru en octobre 2019) et je dois avouer que cette série a fait beaucoup de chemin et m’apparait excellente (l’amélioration du style graphique est particulièrement frappante). À lire certainement.

Les quatre de Baker Street t. 2, Le dossier Raboukine, par Jean-Blaise Djian & Olivier Legrand (scénario), David Etien (dessin et couleur). Issy-Les-Moulineaux: Vents d’Ouest, avril 2010. 56 p., 24 x 32 cm, 13.90 € / $C 22.95, ISBN 978-2-7493-0519-6. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© 2010 Vents d’Ouest

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Capsules

De Gir à Moebius

Gir-a-Moebius-CovComment devient-on un génie ? Avec cette réédition du recueil d’oeuvres de jeunesse de Jean Giraud/Moebius, Les Humanoïdes Associés lèvent le mystère de la naissance d’un géant de la bande dessinée ! Cet ouvrage patrimonial, jamais rééditée depuis 1981, est désormais accompagné du texte critique de Claude Ecken « Le Garage hermétique de Gir ».

[Texte du site de l’éditeur]

Comment devient-on un génie? Tout le monde connaît l’auteur bicéphale de Blueberry et du Garage Hermétique. Sous la signature de Gir, il a fait ses débuts et porté le western classique vers la perfection; sous le pseudonyme de Moebius, il a réinventé la bande dessinée de science-fiction et donné libre cours à une imagination débridée, dans un dialogue introspectif avec ses multiples personnalités. “Il ne suffit pas de rêver, il faut travailler”, a dit avec modestie Jean Giraud, interviewé en 2009.

En rééditant en fac-similé de sa première édition le recueil de ses oeuvres de jeunesse, Les Humanoïdes Associés lèvent une partie du mystère de la naissance de géant de la bande dessinée, exploré par l’exégète Claude Ecken dans sa post-face: Le garage hermétique de Gir.

[Texte de la couverture arrière]

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Frank et Jérémie (p 13)

Originalement publié par les Humanos en 1981 sous le titre Gir Oeuvre tome 1, cet intéressant album nous offre un recueil des oeuvres de jeunesse de Jean Giraud (alias Gir ou Moebius) qui ont été publié dans divers périodiques entre 1956 et 1979 mais ne furent jamais auparavant compilées en album. À la préface de Joseph Gilain (Jijé) s’ajoute pour la réédition une excellente postface de Claude Ecken qui retrace la biographie de Giraud et explique la génèse de son oeuvre.

On retrouve donc vingt-six récits divisé en quatre périodes. Dans “1956: Les début” on retrouve d’abord une petite histoire inédite en huit cases (sans titre, mais elle pourrait s’intituler “Silence”) puis trois histoires de “Frank et Jérémie” d’environ six pages chacune et qui furent publiées dans la revue Far West alors qu’il n’a que dix-sept ans. C’est en noir et blanc, le traits sont plutôt grossiers alors c’est vraiment ses débuts. Comme le dit Ecken dans la postface, malgré la maladresse de son dessin Giraud fait déjà preuve d’un grand “sens de la mise en image” presque cinématographique. On y voit déjà, aussi, son goût pour le western.

Dans la section “1958-1965: Coeurs Vaillants” on retrouve “Le roi des bisons” (10 pages, scénario de Noël Carré, publié dans Coeurs Vaillants en juillet 1958), “Quand la galère des Pytheas voguait vers le pôle” (1 page, scénario de M. Dubreuil, publié dans Fripounet et Marisette en octobre 1957) et “L’Épopée de Larsen et Nordenskjöld” (3 pages, scénario de J.-C. Pasquier, publié dans Coeurs Vaillants en juin 1958). Giraud expérimente —avec plus ou moins de succès— avec la couleur et l’on voit l’influence de son mentor, Joseph Gilain (Jijé).

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Le hors-la-loi (p 54)

Dans la section ”1965-1970: Total Journal” on retrouve “Le lac des émeraudes” (4 pages, scénario de P. Christin, publié dans Total Journal en 1966), “Le hors-la-loi” (9 pages, paru dans Bonux Boy #14 en 1961 et dans Total Journal en 1966), “Chasseur de prime” (6 pages, publié dans Total Journal en août 1967), “Le retour du galérien” (8 pages, scénario de Philip, publié dans Total Journal en 1966), “Pépites et voleurs!” (2 pages, publié dans Total Journal #6 en décembre 1966), “Madame Curie, Prix Nobel et mère de famille” (5 pages, scénario de Paul Loncle [P. Christin], publié dans Total Journal en 1970), “Que devient Blueberry?” (Illustration pleine page probablement publié dans Pilote), et “Les journées de Sélim” (2 pages, scénario de P. Christin, publié dans Total Journal en 1967). Giraud travaille fort et commence a raffermir son style tant pour les récits réalistes qu’humoristiques. Avec “Le hors-la-loi” on voit déjà apparaître le Gir qui illustrera Blueberry

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Musique Ininterrompue (p 113)

Dans la section “1970-1979: de Pilote en Tintin” on retrouve “Y a pas moyens” (2 pages, publié dans Pilote en 1972), “Par ici la monnaie” (2 pages, scénario de Guy Vidal, publié dans Pilote en 1971), “Madame Censure épaule Récuperationix” (1 page, publié dans Pilote #622 en octobre 1971), “Si les techniciens de l’espace s’amusaient à faire des poissons d’avril” (1 page, scénario de Jacques Lob, publié dans Pilote #338 en mars 1967), “Les écumeurs du Montana” (roman-photo de 7 pages critiquant la situation des auteurs de BD, co-scénarisé avec J.-C. Mézières, publié dans Pilote en 1970), “L’Hémoglobine est dans le vent” (1 page, illustration de “postures outrancières”, publié dans Pilote #629 en novembre 1971), “Musique ininterrompue” (2 pages, publié dans Pilote #737 en décembre 1973), “Test” (2 pages, scénario de Patrice Leconte, publié dans Pilote #678 en novembre 1972), “Le drame à éviter” (3 pages, scénario de l’équipe de l’Express, publié dans l’Express #1230 en février 1975), “Tom Smith Rides Again” (illustration double-page, lieu et date de publication non indiqués), et “Wounded Knee” (2 pages, publié dans Tintin en 1979). À travers ces planches et durant cette période, on voit bien Giraud mûrir, commencer à maîtriser son art et à devenir Moebius.  On le voit développer l’humour absurde et tordu (comme une bande de Möbius!) et un style qui annonçe déjà les couleurs criardes de Arzach (“Musique ininterrompue”) ou le dessin propre et précis (avec ses ombrages hachurés) du Garage Hermétique (“Tom Smith Rides Again” et “Wounded Knee”) qui caractériseront sa métamorphose dans Métal Hurlant.

Je n’aime pas particulièrement lire des histoires courtes en bande dessinée (quoi que certaines soient très drôles), surtout si le style du dessin n’est pas vraiment agréable. Mais dans l’ensemble chacune de ces histoires nous racontent la lutte que Giraud a mené pour devenir Gir et ensuite évoluer en Moebius. Ce qui rend cet album vraiment intéressant c’est la postface biographique de Claude Ecken qui replace chaque récit dans son contexte et, par son analyse, nous permet d’en comprendre l’importance. Une bonne lecture pour tout amateur de Jean Giraud et de bande dessinée.

De Gir à Moebius: Le lac des émeraudes, par Jean Giraud (Gir/Moebius), préface de Joseph Gilain (Jijé) et postface de Claude Ecken. Paris: Les Humanoïdes Associés, janvier 2019. 136 p. (94 planches), 24 x 32 cm, 24,95 € / $C 39.95, ISBN 978-2-7316-2926-2. Pour un lectorat adolescent (14+).  stars-3-0

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© 2019 Humanoids, Inc.

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I’ll never tell (Catherine McKenzie)

ill-never-tell-9781501178634_xlgFrom Catherine McKenzie, the instant bestselling author of The Good Liar, comes a riveting domestic suspense in the vein of Liane Moriarty that sees five siblings forced to confront a tragedy they thought was buried long ago.

What happened to Amanda Holmes?

After the sudden death of their parents, the MacAllister children return to the run-down summer camp where they spent their childhood. The four sisters and their elder brother haven’t all been together at Camp Macaw in over twenty years—ever since a tragic and mysterious accident.

Over the course of the Labour Day weekend, the siblings must determine what to do with the property, now worth millions. But a stunning condition of their father’s will compels them to face their past—and come to a decision that threatens to tear them apart forever.

A sharp and engrossing novel of suspense, I’ll Never Tell reveals what happens when the secrets and lies that hold a family together are finally exposed.

[Text from the publisher’s website; see also the back cover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I’ll never tell is a whodunit novel in the style of Agatha Christie. A family is reunited in a summer camp after season for the reading of their parents’ will as they both died in a train accident. But a clause put by their father forces them to resolve an unsolved murder perpetrated by one of them twenty years ago in this same camp. Over the years miscommunication had brought its lot of painful imbroglio and misunderstanding. With the final reveal (and some twists) the web of lies and secrets culminates in drama to finally bring resolution and closure to the family.

It is a mystery novel — a thriller ? — and a touchy-feely chick-lit story altogether, full of thoughts on the meaning of relationships: between parents and children, between siblings and between couples (happy or unhappy and of all gender orientation). Catherine McKenzie [ BiblioFBGoodreadsGoogleWeb ] is certainly skilled at developing the psychology — and often the darker aspects — of her characters. In this ninth novel, she uses again a narration at the first person done through multiple point of views… including the one of the victim ! (I guess it is her style; but at least this time [I previously commented on her novel Hidden] she puts the name of the narrator in the head of each chapter).

I’ll never tell is well written as the storytelling is fluid and compelling. More importantly, the plot remaining believable despite its several twists and turns, it is quite enjoyable. Therefore it constitutes a very good read that — once you get familiar with the characters and settings — you can barely put down until the end. Catherine McKenzie is a local writer worth our attention. I will certainly read another of her books (she has published ten so far and most of them have even been translated in French). Her latest novel, You can’t catch me, just came out and Paramount Television Studios has already acquired its rights for a TV series. They also had previously acquired the right for I’ll never tell. 

I’ll never tell, by Catherine McKenzie. Toronto: Simon & Schuster, June 2019. 384 pages, 14 x 21.5 in, $C 22.00. ISBN 978-1-5011-7863-4. For young adult (16+). stars-3-5

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© 2019 by Catherine McKenzie

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Capsules

Unbeaten tracks in Japan

41u2qa+Cp-L“The firsthand account of a British adventuress as she treks though the Japanese outback in 1878, traveling alone among “degenerate” Japanese and “savage” Aino, and recording it all for posterity in this book, a classic of its kind.” [Promotional text]

“Isabella L. Bird’s voyage to Japan in the 1870s reveals a country steeped in ancient customs and a rugged landscape of beautiful, flowing hills and country pathways.

As of the first Western women to author a book about the Japanese islands, Isabella Bird was keen to relay her observations as accurately as she could manage. The isolationist policy of Japan, which forbade any foreigners from travelling inland, had only recently been lifted. Bird was thus able to witness the urban culture of Tokyo and the rural areas surrounding it, together with the large, northerly island of Hokkaido.

The author offers her observations of the architecture and customs of the native Japanese, and later the Ainu minority ethnic group. Northern Japan’s rural culture is revealed as being enormously different from the modern society the world knows today. Modern residents or aficionados of Japan will however recognize many surviving hallmarks, such as the supreme hospitality and generally well-mannered behavior of the locals.

Despite hailing from and exhibiting the values of the condescending culture of Victorian England, Bird manages to relay a good impression of Japan prior to its rapid modernization in the 20th century. Her views reflect their time; although she had a Japanese translator and guide as a companion, she was unable to grasp the social graces of the area, and acutely felt herself an outsider. She does not lapse into despondency however; instead, she by turns indulges in good-natured mockery of Japan’s insular society.”  [Text from the back cover of the Pantianos Classics edition]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I first learn of Isabella Bird when I started reading the manga series by SASSA Taiga dedicated to her traveling in Japan (see my comments). Isabella Bird was a real British adventuress that traveled around the world to relieve her back pain and melancholy as well as to satisfy her curiosity. She first went to the United States in 1854, then in Australia, Hawaii (called at the time Sandwich Islands), and back to the U.S. in Colorado to see the Rocky Mountains in 1872-73. Five years later she went to Asia, travelling through Japan, China, Korea, Vietnam, Singapore and Malaysia. In 1889, she went to China, Persia, Kurdistan and Turkey. In 1897, she went back to China and Korea to travel up the Yangtze and Han rivers. Her last voyage in 1904, at the age of seventy-two year-old, was to Morocco where she wanted to meet the Berbers. 

It is extraordinary enough for a woman to have been travelling so much almost alone but it is even more interesting that she wrote a lot about it as she published around twenty books describing her journeys. It seems that most of her books are the collection of letters that she wrote to her friends and relatives describing in every details everything she saw during her travelling. 

She went to Japan in 1878 (at the age of forty-seven year-old) with the goal to explore Ezo (Hokkaido) and meet the Ainu — she seems to have an interest in learning about the indigenous people of each country she visited. However, she chose to travel from Tokyo not by the easier sea route but by the more difficult inland road, first to Niigata and then Aomori and Hakodate — hence the title Unbeaten Tracks in Japan. It must have been a very difficult journey. Almost every day she wrote to her sister Henrietta back in England, describing to her the Japanese landscape and its vegetation as well as the culture of its people (their houses, clothings and usages). Her observations are particularly interesting because she describes Japan at a time of change, ten years after the Meiji Restoration, witnessing the last remnants of the samurai culture as well as the beginning of the modernization of Japan. The book collecting all those letters was first published in 1880 and an abridged version was published in 1885.

Now that I have read the original words of Isabella Bird I can better appreciate the manga. We can see that, if the anecdotes and the facts told in the manga seem fairly faithful, the character’s open and understanding attitude toward the Japanese people is not entirely truthful. In the manga, she barely makes any negative comments in her description of the Japanese while in her work, Isabella Bird has the condescending, and even sometimes contemptuous, attitude towards the Japanese that one would expect to find in any British aristocrat of the time. And her translator and guide Ito, which is the key to every scenes in the manga, is hardly mentioned in her book (and when she mentions him it is often to mock him; although, she brings the subject of his previous and unfulfilled contract with the botanist Charles Maries).

She describes the Japanese as busy people, talks about their “miserable physique and the national defects of concave chests and bow legs” (p. 9), or being “so lean, so yellow, yet so pleasant-looking, so wanting in colour and effectiveness” (p. 10). She adds “I never saw people take so much delight in their offspring (p. 56) (…) but it is not good for European children to be much with them, as they corrupt their morals, and teach team to tell lies” (p. 87). However, she finds them polite, civil and honest (p. 75). In the deep country, she finds that people are poor, almost naked and quite dirty. She keeps even harsher words for the Ainu. She calls them “magnificent savages” and “children” (p. 175), “a harmless people without the instinct of progress” (p. 168) characterized by their “apathy and want of intelligence” (p. 173). They are often naked, drink too much sake and the Japanese (including Ito) say that they “are just dogs” (p. 181). She says that “They have no history (…) their houses and persons swarm with vermin, they are sunk in the grossest ignorance, they have no letters or any numbers above a thousand, they are clothed in the bark of trees and the untanned skins of beasts, they worship the bear, the sun, moon, fire, water, and I know not what, they are uncivilisable and altogether irreclaimable savages, yet they are attractive, and in some ways fascinating (…)” (p. 184). So, it is not all bad as she even finds them “charming in many ways” (p. 202) and that they are sometimes “superb-looking men, gentle and extremely courteous” (p. 168).

It is a very interesting book but, unfortunately, the epistolary travelog of Isabella Bird in Japan  is a little laborious to read as it is long and consisting mostly of descriptions. I must admit that I kept falling asleep and could read barely a dozen pages every night. Therefore reading this book was quite an enterprise, but all worth the effort because it offers a unique view on the Meiji’s Japan. It is a good reading but mostly for the Japanese history fanatics as well as for those who read the manga and are curious to learn more about Isabella Bird herself.

Unbeaten tracks in Japan: An account of travels in the interior, including visits to the aborigines of Yezo and the shrines of Nikkô and Isé, by Isabella L. Bird. London: John Murray, 1885. 136 pages. The book is available for free download on Amazon Kindle, Google Books and Gutenberg Project. stars-3-0

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La sphère d’Or (Erle Cox)

Sphere_d_or-cov“En Australie au début du siècle dernier, un jeune homme, Alan Dundas, creuse une banale citerne dans son jardin lorsque sa pioche heurte une matière très dure… Il met ainsi à jour le sommet d’une sphère faite d’un or plus résistant que tous les matériaux connus. Au prix de nombreuses ruses, qui transforment sa descente en une sorte de voyage initiatique. Alan parvient au coeur de la sphère. Là, il découvre de véritables trésors culturels et scientifiques témoins d’une très ancienne civilisation auxquels Alan consacrera désormais tout son temps, négligeant, non seulement les travaux de sa ferme, mais également sa jeune fiancée. Car le véritable joyau du trésor souterrain, c’est une jeune femme d’une beauté incomparable qui vit là, en état de stase, depuis vingt-sept millions d’années. Avec l’aide de son ami, le docteur Barry, Alan la ramène à la vie. Hiéranie – tel est son nom – leur livrera alors les clefs fantastiques de son monde et de son histoire, mais aussi et surtout le terrifiant contenu de la mission pour laquelle elle a été placée dans cette sphère…”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

La sphère d’Or (titre original: Out of the Silence) est un roman de l’auteur australien Erle Cox. Il a d’abord été publié en feuilletons dans le journal The Argus (120 episodes en 1919) puis sous forme de livre en 1925. Il a connu une édition américaine en 1928 et, l’année suivante, une première traduction française (par Richard de Clerval) est paru dans la collection Le Masque. 

Ce roman de science-fiction raconte l’histoire de Alan Dundas, un jeune fermier australien qui, dans les années ’20, découvre un grand bâtiment sphérique enterrée dans son champs — fait d’une sorte de ciment très résistant qui est, nous le découvrirons vers la fin du récit, une forme d’or. Astucieux, il réussi non seulement à en trouver la porte mais également à déjouer tout les pièges qui protègent un précieux trésor: Plusieurs galeries concentriques exposent tout le savoir (artistique, technique, médical, littéraire, etc.) d’une civilisation ayant disparue dans un cataclysme il y a plusieurs millions d’années. Au centre, dans une sorte de “temple”, il découvre une sphère de cristal où git une femme d’une grande beauté qui se révèle être en animation suspendue. Grâce à un livre illustré qui explique comment la réveiller — et à l’expertise de son ami médecin, le Dr Dick Barry — il la ramène à la vie et en tombe immédiatement amoureux. 

Alan venait tout juste de commencer à courtiser la jeune Marian Seymour lorsqu’il est subjugué par la fascinante Hiéranie mais cette relation romantique naissante sera vite oubliée. L’occupante de cette arche du Savoir est définitivement sur-humaine: non seulement elle possède une intelligence (et un cerveau) de loin supérieur à l’humain contemporain, des connaissances scientifiques extrêmement avancées, mais elle est aussi dotée de pouvoirs extra-sensoriels. Elle apprends l’anglais très vite et explique son histoire à Alan et Barry. Elle leur fait aussi promettre de ne rien révéler à personne sur son existence. Toutefois, en apprenant que la mission de Hiéranie est de restaurer sa civilisation, Barry commence à craindre que d’avoir ravivé cette femme supérieure, froide et implacable, n’ait un effet néfaste sur l’avenir de l’Humanité… Alan, quand à lui, est éperdument amoureux… Mais l’amour pure de Marian réussira-t-il, dans un dénouement digne d’un drame shakespearien, à sauver le monde?

On ne peut pas vraiment reprocher à l’ouvrage son sexisme considérant l’époque à laquelle il a été écrit: tant dans la société australienne du début du vingtième siècle que dans le monde de Hiéranie la femme est très peu considérée. Pourtant, la relation de pouvoir entre Alan et Hiéranie est inversée puisque c’est cette dernière qui domine la relation. De plus, la bonne société de la petite ville de Glen Cairn semble contrôlée en arrière-plan par les femmes… Cox était peut-être en avance sur son temps…

Par contre, le racisme exprimé par le récit est quant à lui tout à fait impardonnable (quoi que, encore une fois, compréhensible pour l’époque). Dans le monde de Hiéranie, les races de couleurs ont été éliminé dans un grand génocide et avec une politique eugéniste stricte car elles étaient inférieures en tout points. “Elles pouvaient imiter et non créer. Elles se multipliaient beaucoup plus rapidement (…) et partout elles exigeaient comme un droit l’égalité pour laquelle elles n’étaient pas faites.” [p. 203] Barry semble s’objecter mais Alan acquiesce: “je pense que le monde serait meilleur et plus propre si quelques-unes de ses [sic] races en venaient à s’éteindre” [p. 210] et il cite les Turcs en particulier — ce qui est compréhensible car la défaite de Gallipoli a laissée aux Australiens des séquelles importantes qui ont perdurées.

Je note que l’oeuvre de Cox a presque une qualité prophétique lorsqu’il décrit la technologie de Hiéranie (télévision, CT-scan) ou l’avenir de la planète (qui évoque vaguement le nazisme et la Seconde Guerre Mondiale pourtant presque deux décennies d’avance!).  On note également que l’ouvrage offre un prologue qui figurait dans l’édition originale et qui avait été supprimé dans les éditions postérieures mais qui n’apporte absolument rien au récit.  Je me dois aussi de remarquer que la traduction comporte plusieurs erreurs grammaticales et typographiques. J’ai par contre bien aimé le style vieillot de l’ouvrage (normal considérant son âge) et surtout l’utilisation d’une langue qui évoque les vieux films français (je n’ai pas pu lire la version anglaise mais j’imagine que la traduction reflète le style original). Toutefois les épithètes sucrée qu’utilisent les protagonistes amoureux pour s’interpeler me semblent bien exagérés..

Évidemment, la lecture de cet ouvrage me confirme que La nuit des temps de Barjavel (commenté précédemment) offre de grandes similitudes avec La sphère d’Or. Celui-ci l’a définitivement “inspiré” ou “influencé” et les similitudes sont si grandes que certains l’ont même accusé de plagiat. Je me souviens d’avoir lu que Barjavel avait commencé à écrire La nuit des temps comme un scénario de film et, le projet étant tombé, il en a ensuite fait un roman. Peut-être que son scénario était une adaptation de La sphère d’Or et que, par la suite (l’éditeur jugeant peut-être qu’il y avait assez de différences entre les récits), le crédit pour Cox a été “oublié”? Quoi qu’il en soit les deux romans sont bons et chacun est assez original à sa façon pour que l’on prenne du plaisir à lire les deux indépendamment.

Par son récit crédible, qui nous offre une histoire à la fois fascinante et captivante, remplie d’éléments intéressants,  La sphère d’Or constitue une bonne lecture. À lire.

La sphère d’or, par Erle Cox (traduit par Pierre Versins et Martine Renaud). Dinan: Terre de Brume (coll. Terres Mystérieuses), janvier 2008. 360 pages, 14 x 24 cm, 20.50 € / $C 34.95. ISBN 978-2-84362-367-7. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Terre de Brume, 2008, pour la présente édition

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Revue de zines [02.020.161]

dBD #141 (mars 2020)

dBD-141Dans les “actualités” (tout étant relatif puisque c’est le numéro de mars), je note que Casterman réédite en un seul gros volume de 440 pages Les années douces, un excellent manga où Jiro Taniguchi adapte le roman de Hiromi Kawakami. Aussi Delcourt-Tonkam republie en “Perfect Edition” les dix volumes de Maison Ikkoku par Rumiko Takahashi (qui a reçu le Grand Prix d’Angoulême l’an dernier).

À la une de ce numéro on retrouve un dossier sur Les Indes fourbes par Alain Ayroles et Juanjo Guarnido (Delcourt). On nous présente même un deuxième dossier, encore plus intéressant, sur les adaptations littéraire en BD où on nous introduit, entre autre, à Dracula (de Bram Stoker par Georges Bess chez Glénat), J’irai cracher sur vos tombes (de Boris Vian par Jormorvan, Ortiz, Yen et Macutay chez Glénat), Les morts ont tous la même peau (de Boris Vian par Morvan, Erramouspe et Vargas chez Glénat), Le vagabond des étoiles (de Jack London par Riff Reb’s chez Noctambule), L’Amant (de Marguerite Duras par Kan Takahama chez Rue de Sèvres), Karoo (de Steve Tesich par Bézian chez Delcourt), et Couleurs de l’incendie (de Pierre Lemaitre par Christian de Metter chez Rue de Sèvres).

Le numéro se poursuit avec des interviews de Jean-Marc Lainé (sur Fredric, William et l’Amazone, par J.-M. Lainé et Thierry Olivier, chez Comix Buro), les frères Gaëtan et Paul Brizzi (sur L’Écume des jours chez Futuropolis), de Inio Asano (sur Errance et Anthology, tous deux chez Kana), ainsi que de Michel Rabagliati (sur Paul à la maison chez La Pastèque). On note également des articles sur Ville Nouvelle de Lukasz Wojciechowski chez Çà et Là et sur Hilda et le roi de la montagne par Luke Pearson chez Casterman.

Dans le cahier critique je remarque Birdmen t.2 par Yellow Tanabe chez Vega (Super), Ashman par Yukito Kishiro chez Glénat (Super, One-shot à l’encage puissant réalisé juste après la série Gunnm, à ne pas manquer), Why nobody remembers my world t.1 par Sazane & Akira chez Doki-Doki (Super, “si le principe du monde parallèle n’est pas nouveau, ce premier tome se révèle néanmoins solide, bien raconté et efficacement mis en image”), Drifting Dragons t.1 par Taku Kuwabara chez Pika (Bien, “traitement graphique à la richesse époustouflante, inspiré par la fantasy et le steampunk. Dommage que les chapitres se révèlent rapidement répétitifs“), Ragnafall t.1 par Marujirushi & Shizuha chez Kurotsume (Bien, “quête initiatique sans grande originalité mais efficace”),  et Le marais par Yoshiharu Tsuge chez Cornélius (Super, “ce recueil est une porte d’entrée inestimable dans l’oeuvre de Tsuge”).

Un numéro informatif mais sans plus… stars-3-0

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Capsules

Ghost in the Shell: Arise

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

GITS Arise 1: Ghost Pain

GITS-Arise-1“World War IV is over, but a bomb has gone off in Newport City, killing a major arms dealer who may have ties with the mysterious 501 Organization.” [Text from Netflix, see also the Japanese trailer]

In the first episode (June 2013, 58 min.), we discover the Major when she is still in the military. As she comes back to Japan, she must do an investigation on the possible corruption of her deceased superior officer as well as on his murder. She discover that she is much more involved that she would have thought. In the course of her investi­­gation, she encounters Aramaki, who offers her a job as consultant. This episode, as well as the whole series, offer us the origin story of the Major and the Section 9. It is quite an interesting story and the animation is pretty good (not as much as the movies, of course).

GITS Arise 2: Ghost Whisperers

GITS-Arise-2“Freed of her responsibilities for the 501 Organization, Motoko must now learn how to take orders from Aramaki.” [Text from Netflix, see also the Japanese trailer]

In the second episode (November 2013, 56 min.), we find again a story where the military are being scapegoated and seek revenge for it — but they are actually being manipulated. The Major is told to assemble a team but it might be hard to chose the members… As always, it is a nice cyberpunk story with great animation.

GITS Arise 3: Ghost Tears

GITS-Arise-3“As Motoko and Batou attempt to thwart a mysterious terrorist group, Togusa tracks the killer of a man with a prosthetic leg made by Mermaid’s Leg.” [Text from Netflix, see also the Japanese trailer]

In the third episode (June 2014, 58 min.), the Major has assembled a team composed of her recent “adversaries”, but they are still just a bunch of mercenaries working for Section 9. And she is still missing a member to fit with Aramaki’s requirement. This a story of foreign terrorists using technology to move their ideology forward. The Logicoma (a bigger and less advanced version of the Tachicoma) are interacting more with the team. The theme of artificial intelligence is, as always, omnipresent.

This series (and this episode in particular) shows us a more personal side of the Major as she has a boyfriend. She is shown as being more vulnerable as she is getting often infected by viruses. Both in episodes one and three, she gets personally involved with the subject of her investigation. Also, having a personal relationship is a weakness that enemies can exploit. I guess, with time, she will learn from her mistake and become the more hardened, distant and cold Motoko that we know in the rest of the franchise. Your real enemy is often closer than you might think… This is a really interesting story with good animation. It is certainly a must-see for all Ghost in the Shell fans.

Strangely, this OVA series has five episodes but Netflix has been  streaming only three of them — go figure why. The two other episodes are “Ghost Stands Alone” (September 2014, see Japanese trailer) and “Pyrophoric Cult” (August 2015, see Japanese trailer). The series was also adapted into a TV series (titled GITS: Arise – Alternative Architecture) and completed by a movie (GITS: Arise – The New Movie, which concludes the plot of episode 5) and a manga (GITS: Arise ~Sleepless Eye~ which was published in Monthly Young Magazine between April 2013 and June 2016, was compiled in seven volumes and tells how Batou and the Major met during the civil war).

I suspect the series was titled “Arise” because it is about the origin story of both the Major and Section 9. All in all, it is a good cyberpunk story, compelling storytelling, full of socio-political background typical of the rest of the franchise. It is well worth watching if you are either an anime fan or a cyberpunk aficionado.

Data File

Ghost in the Shell: Arise (攻殻機動隊 ARISE / Kōkaku Kidōtai Araizu / Mobile Armored Riot Police: Arise): Japan, 2013-2015, OVA anime, 5 x 50 min.; Dir. / Char. Des.: Kazuchika Kise; Scr.: Tow Ubukata; Music: Cornelius; Studio: Production I.G. Cast: Maaya Sakamoto / Elizabeth Maxwell (Major Motoko Kusanagi), Ikyuu Jyuku / John Swasey (Aramaki), Kenichiro Matsuda / Christopher Sabat (Batou), Yoji Ueda / Jason Douglas (Paz), Tarusuke Shingaki / Alex Organ (Togusa), Takuro Nakakuni / Marcus Stimac (Saito), Mayumi Asano / Mary Elizabeth McGlynn (Kurutsu), Atsushi Miyauchi / Brian Mathis (Mamuro), Masahiro Mamiya / Chris Rager (Ibachi), Kenji Nojima / Eric Vale (Tsumugi), Takanori Hoshino / David Wald (Raizo), Miyuki Sawashiro / Jad Saxton (Logicoma).stars-3-0

For more information you can consult the following web sites:

[ AmazonANNGoogleIMDbNetflixOfficialWikipedia ]

Also, you can check the official trailer on Youtube:

© 士郎正宗・Production I.G / 講談社・「攻殻機動隊ARISE」製作委員会

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Capsules

Ghost in the Shell: SAC_2045

Ghost-in-the-Shell_SAC-2045_Main-PosterWhen sustainable war spawns a “post-human” threat, Major Kusanagi and her Section 9 team are called back into action.

In the year 2045, after an economic disaster known as the Synchronized Global Default, rapid developments in AI propelled the world to enter a state of “Sustainable War”. However, the public is not aware of the threat that AI has towards the human race.

Full-body cyborg Major Motoko Kusanagi and her second-in-command Batou are former members of Public Security Section 9, who are now hired mercenaries traveling hot devastated American west coast. This land is full of opportunity for the major and her team, they utilize their enhanced cyberbrains and combat skills from their time working in Section 9. However, things get complicated with the emergence of “post humans,” who have extreme intelligence and physical powers. The members of Section 9 comeback together again in order to face this new threat.

[Text from the official website]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

Anime Story

At the end of the Stand Alone Complex TV series, Section 9 is disbanded. In this series, the team has become a mercenary unit named GHOST that operated outside Japan (mostly in the United States) for the last six years. The only former member that didn’t joined GHOST was Togusa. He hesitated because of his family and later regretted the decision. He eventually divorced and found a job at a private security company. The Prime Minister asks Aramaki to reform Section 9 and Togusa is put in charge of locating his former colleagues.

After a failed mission where they were defending a one-percenter against the attack of a group of outlaws, the GHOST team is kidnapped by the NSA who want to use them in a mission to capture Patrick Huge, the rich owner of a tech company. The target reveals itself as a formidable opponent that can anticipate their move and even hack their cyberbrains. As the Major is about to be taken over, Saito terminate Huge. Smith is furious because he wanted him taken alive in order to study him. He explains that Huge was what the NSA calls a “Post-Human.” So far, humans have improved themselves with cyberbrains and cyber-implants. However, the post-humans are the opposite: A.I. which somehow have succeeded in taking over the brain of humans and therefore represent an unprecedented threat to humanity. Unfortunately, Smith consider the GHOST team as a liability and want to eliminate them. He is stopped by Aramaki who arrives in extremis with new orders from the American President. The new Section 9 mission will be to hunt post-humans.

It’s episode 8 and the real story finally begins. The team is back in Japan after six years (Batou came back a few days earlier but got entangled in a bank robbery). There are three post-humans that have been identified in Japan. One is an ex-boxer who seems to have a grudge against corrupt politicians. He kills the Prime Minister’s father-in-law and then goes after Teito himself but stops short of killing him (maybe he felt that he was a good man?). The next post-humans to be identified is a teenager that wrote a program creating mob justice. As they are investigating his story, Togusa get infected by some of his code and disappears! Will he becomes a post-human too? To be continued… in the second season (another twelve episodes, directed this time by Shinji Aramaki, but no release date has been announced yet).

>> End of Warning <<

I’ve mentioned this series recently and was eager to have a look — although I was sure that I would totally dislike its 3D animation. Yes, a few aspects of the CGI are quite awkward — the movements of the characters seem sometimes odd despite that fact that it’s motion capture animation and some character’s hair, mostly Aramaki’s and Tokusa’s — but the 3D quickly grow on you and you eventually even forget that it’s there as you focus on the action and the story. The character designs (by a Russian artist) are faithful and pleasant (the Major sure looks like a doll!) and the storytelling is excellent: well paced and captivating. My favourite part is that, as usual with Ghost in the Shell, the cyberpunk background world (socio-political setting, technology, etc.) is quite superb. 

Interestingly, the story seems inspired by the work of transhumanist Ray Kurzweils, who predicted that the A.I. singularity would occur in 2045. One element of the story that differ from the previous series, which are generally nippo-centric, is that the first half is set in the United States (which has experience some sort of civil war again). Also, when I watched the series on Netflix, no dubbed version was available yet because the coronavirus lock-down has delayed production (I am more of a subtitles guy anyway). 

So far, this new Stand Alone Complex series seems not much appreciated by the critics, considering the very average ratings that it is receiving (6.0 on IMDb, 47% on Rotten Tomatoes, and C+ on ANN). Anime fans are probably irked by the 3D animation. Too bad for them. It is an excellent anime, well worth watching. It is entertaining, an appropriate continuation of the franchise and, despite my initial misgivings, quite beautiful. A must see for any anime, cyberpunk or Ghost in the Shell fans. stars-4-0

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Book Club

BookClub-dvd“Diane (Diane Keaton) is recently widowed after 40 years of marriage. Vivian (Jane Fonda) enjoys her men with no strings attached. Sharon (Candice Bergen) is still working through a decades-old divorce. Carol’s (Mary Steenburgen) marriage is in a slump after 35 years. Four lifelong friends’ lives are turned upside down to hilarious ends when their book club tackles the infamous Fifty Shades of Grey. From discovering new romance to rekindling old flames, they inspire each other to make their next chapter the best chapter.”

[Text of the DVD cover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

Four friends of a certain age are meeting regularly for their book club. As they feel they are stuck in their life, they will find the courage to go beyond their confort zone and try new experiences after reading Fifty Shades of Grey ! It is the proof that books can change your life !

Like most rom-com the story is very simple, but quite funny and mostly dialogue-based. The acting is excellent (which is to be expected considering its strong cast), the storytelling is well knit — although it doesn’t offer many surprises. It was very successful at the box office (making about seven times its initial budget) despite very average ratings from the critics (6.1 on IMDb, 54% / 52% on Rotten Tomatoes and 53% on Metacritic). All in all, it is very entertaining. It’s a good movie to forget all your troubles for a moment. stars-3-0

To learn more about this title you can consult the following web sites:

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Also, you can check the official trailer on Youtube:

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Capsules

Colette

colette_poster“After marrying a successful Parisian writer known commonly as “Willy” (Dominic West), Sidonie-Gabrielle Colette (Keira Knightley) is trans­­planted from her childhood home in rural France to the intellectual and artistic splendor of Paris. Soon after, Willy convinces Colette to ghostwrite for him. She pens a semi-auto­­­biographical novel about a witty and brazen country girl named Claudine, sparking a bestseller and a cultural sensation. After its success, Colette and Willy become the talk of Paris and their adventures inspire additional Claudine novels. Colette’s fight over creative ownership and gender roles drives her to overcome societal constraints, revolutionizing literature, fashion and sexual expression.”

[Text of the DVD cover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

It takes the British to produced an interesting bio-pic about the iconic French writer Colette! The movie is very simply made (the budget must have been small) but the sets are very nice and authentic (it was filmed in Budapest). The acting is also quite superb particularly for Keira Knightley. Like all biographical work it is certainly dramatized but it seems quite faithful to the highlight of Colette’s life. The movie focuses mainly on the period when Sidonie-Gabrielle Colette (played by Knightley) was married to Henry Gauthier-Villars (aka “Willy”, played by Dominic West), the writing of the Claudine novels and her lesbian affairs, first with American socialite Georgie Raoul-Duval (played by Eleanor Tomlinson, of Poldark fame — although her attempt at an American accent is rather disappointing) and then with the aristocrat Mathilde de Morny (aka “Missy”, played by Denise Gough) — which could be considered the French Gentleman Jack. The movie ends as she separates from Willy, after his Claudine betrayal, and finally starts her prolific solo career as a writer.

Colette offers a very good cinematic experience: it is beautiful, interesting and entertaining all at once and it makes you discover who Colette really was if, like me, you don’t know much about French literature. The movie seems to have gone relatively unnoticed (small box-office of  $14.6 millions) despite a rather good critical reception (ratings of 6.7 on IMDb, 87% / 70% on Rotten Tomatoes and of 74 % on Metacritic). However, it is definitely worth watching (and it is currently streaming on Netflix). stars-3-5

To learn more about this title you can consult the following web sites:

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Also, you can check the official trailer on Youtube:

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