Le goût d’Emma

LeGoutdEmma-covEmma a un don, celui du goût. Grâce à la finesse de ses papilles, elle réussit à devenir inspectrice au prestigieux Guide Michelin. Elle réalise son rêve : découvrir les secrets des chefs.

Sa mission est semée d’embûches. On l’envoie sillonner seule les routes de France pour visiter hôtels et restaurants. Elle mange trop, parfois mal, et se heurte au machisme du milieu. Mais guidée par sa passion pour la cuisine et son indépendance farouche, elle vivra une extraordinaire aventure sensuelle et humaine. Cette quête initiatique la conduira même jusqu’au Japon.

Inspiré de la véritable histoire d’une des premières femmes inspectrices au Guide Michelin, Le Goût d’Emma dévoile les coulisses de la gastronomie.

Ce roman graphique est le fruit du travail de trois femmes : deux auteures françaises, Emmanuelle Maisonneuve et Julia Pavlowitch, et une dessinatrice japonaise, Kan Takahama.

Le Goût d’Emma a fait l’objet d’une publication inédite au Japon dans le prestigieux hebdomadaire Morning puis chez l’éditeur tokyoïte Kodansha, sous forme de manga.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Le goût d’Emma (エマは星の夢を見る / Emma wa Hoshi no Yume wo Miru / lit. “Emma rêve d’une étoile”) est un manga seinen dessiné par Kan Takahama sur un scénario de Emanuelle Maisonneuve et Julia Pavlowitch. Il a été prépublié dans l’hebdomadaire Morning (#18-27) avant d’être compilé en un volume par Kodansha en juin 2017. La version française a été publié chez Les Arènes l’année suivante. Même si il a d’abord été publié au Japon, ce manga est une commande d’un éditeur français, produit en collaboration avec des auteurs français avec le marché de la bande dessinée franco-belge à l’esprit (d’où le fait que ce manga est en couleurs). Ce n’est d’ailleurs pas la première collaboration de ce genre pour Kan Takahama (il y a aussi Mariko Parade écrit avec Frédéric Boilet et L’Amant qui adapte le roman de Marguerite Duras). Cela n’a rien d’exceptionnel, d’autres mangaka comme Jirō Taniguchi (La montagne magique, Mon année, Les gardiens du Louvre, La forêt millénaire, Venise) ont fait des collaborations similaires.

Ce manga est un récit biographique inspiré de la vie d’Emmanuelle Maisonneuve. Elle a toujours aimé la cuisine et les voyage mais s’est finalement retrouvé à étudier en droit et à faire une carrière de journaliste. Un jour, sur un coup de tête, elle applique pour un poste au fameux Guide Michelin. Surprise! Elle est engagé mais cela l’amène loin des restaurants prestigieux de ses rêves. Pendant quatre ans elle doit se battre dans un milieu chauvin, où elle est la seule femme inspectrice, à parcourir les routes de province pour visiter de petits hôtels et restaurants où elle découvre le dure réalité de la restoration. C’est un travail ardu, où elle fait de nombreuses gaffes mais découvre aussi des perles rares.

Le goût d’Emma nous offre non seulement une histoire qui peut nous motiver à poursuivre nos rêves, mais aussi un intéressant récit qui lève le voile sur la façon dont les fameuses étoiles du Guide Michelin sont attribuée. Le récit coule bien et nous fait découvrir de nombreux plats des régions de France. On suit avec attention les tribulations d’Emma tant au travail que dans sa vie personnelle. Au début, je trouvais le style de Takahama un peu bizarre (particulièrement la façon qu’elle dessine les visages) mais je m’y suis habitué et je trouve ça même plutôt cool maintenant. Ce genre de récit me rappel un peu, avec nostalgie, les déambulations gastronomiques de Taniguchi (Le Gourmet solitaire, Rêveries d’un gourmet solitaire). Un manga appétissant qui nous offre une excellente lecture !

Le goût d’Emma, par Kan Takahama (dessin et couleur), Emanuelle Maisonneuve et Julia Pavlowitch (scénario). Paris: Les Arènes (Coll. BD), février 2018. 200 p., 17 x 24 cm, 18 € / $C 34.95. ISBN 978-2-35204-590-8. Pour lectorat adolescent (14+). stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Les Arènes 2018 

[ Translate ]

La couleur tombée du ciel (Gou Tanabe)

CouleurTombeeDuCiel-cov“Un projet de barrage promet d’engloutir toute une vallée reculée de la campagne américaine. Bizarrement, son dernier habitant se réjouit de voir le lieu disparaître sous les flots, en particulier la parcelle de terrain voisine… Les Gardner y ont vécu paisiblement pendant des années, jusqu’à ce que la chute d’une météorite juste devant leur maison fasse basculer leur quotidien.

Des scientifiques ont tenté d’étudier ce roc venu de l’espace, sans succès. La matière ne ressemblait à rien de connu et se distinguait par sa couleur inexistante sur Terre… Après cet événement, la faune et la flore ont commencé à s’altérer, les phénomènes étranges se sont multipliés, entraînant la famille Gardner dans une spirale de malheurs…

Avec un trait sombre et réaliste, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H. P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Que peut faire l’homme quand les forces issues des confins de l’univers s’abattent sur lui sans crier gare ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La couleur tombée du ciel (異世界の色彩 ラヴクラフト傑作集 / I sekai no shikisai – ravukurafuto kessaku-shū / lit. “Couleurs de différents mondes – Chefs-d’œuvre de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans Comic Beam (mai à novembre 2019), un magazine mensuel de Enterbrain (Kadokawa), avant d’être compilé en un volume. Ce manga seinen par Gou Tanabe adapte la nouvelle The Colour Out of Space, écrite par H.P. Lovecraft en mars 1927 et publié dans Amazing Stories en septembre de la même année. La traduction française est paru chez Ki-oon. Ce récit a d’ailleurs reçu deux adaptation cinématographique dans la dernière décennie: Die Farbe (2010) dirigé par Huan Vu et Color Out of Space (2020) par Richard Stanley (mettant en vedette Nicolas Cage).

Gou TANABE a adapté en manga de nombreux récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse et qui inclus “The Hound,” “The Temple,” et “The Nameless City”), The Colour Out of Space (2015, traduit en français chez Ki-oon), The Haunter of the Dark (2016, à paraître en français chez Ki-oon en mars 2021), At the mountain of madness (2016-17, publié en anglais chez Dark Horse et en français chez Ki-oon, et dont j’ai déjà commenté le volume 1 et le volume 2), The Shadow Out of Time (2018, publié en français chez Ki-oon et que j’ai récemment commenté), The Call of Cthulhu (2019, publié en français chez Ki-oon en septembre 2020). Sa plus récente adaptation est The Shadow Over Innsmouth (インスマウスの影 / Innsmouth no Kage) qui a débuté dans le numéro de juin 2020 de Monthly Comic Beam. 

CouleurTombeeDuCiel-p026

Page 26

Des trois adaptations françaises paru jusqu’à maintenant chez Ki-oon, La couleur tombée du ciel est celle que j’aime le moins. Il faut dire que cette nouvelle n’est pas non plus mon texte préféré de Lovecraft — quoique je l’ai lu il y a très longtemps, je n’en garde pas une impression très positive… Toutefois, malgré ma mémoire embrumée, l’adaptation de Tanabe me semble assez fidèle. 

Le récit est fluide, le rythme est lent mais il y a trop d’invraisemblances dans le comportement des personnages, ce qui fait que je n’arrive pas à embarquer dans l’histoire. Il faut dire que ce genre littéraire me laisse généralement imperturbable et ne suscite aucune horreur (ni même peur ou crainte) chez moi. C’est aussi un peu court, mais cela reste tout de même un bon récit lovecraftien. Ce qui rachète l’ouvrage c’est sans aucun doute le sublime graphisme de Tanabe: c’est très beau, sombre et très détaillé (quoi que les expressions faciales des personnages sont parfois un peu statiques). Cette grande qualité graphique est complétée par le fait que Ki-oon nous offre encore une fois un superbe livre avec une couverture en simili cuir (bleue, cette fois), imitant les livres anciens. 

À lire, surtout si vous voulez connaître Lovecraft sans trop d’effort. Mais je suis surtout impatient de lire l’adaptation de L’appel de Cthulhu (relue et commentée l’an dernier) qui vient de paraître chez Ki-oon.

La Couleur tombée du ciel (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 4), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), mars 2020. 192 p. 15 x 21 cm, 15 € / $C 31.95. ISBN 979-10-327-0594-0. Pour lectorat jeune adulte (16+). Extrait disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Tanabe Gou 2015

[ Translate ]

On Tyranny (Tim Snyder)

On-Tyranny-cov“The Founding Fathers tried to protect us from the threat they knew, the tyranny that overcame ancient democracy. Today, our political order faces new threats, not unlike the totalitarianism of the twentieth century. We are no wiser than the Europeans who saw democracy yield to fascism, Nazism, or communism. Our one advantage is that we might learn from their experience.

On Tyranny is a call to arms and a guide to resistance, with invaluable ideas for how we can preserve our freedoms in the uncertain years to come.”

[Text from publisher’s website ; see also the backcover]

This is a tinny and short book (almost a pamphlet) that warns democracy in America is in danger, compares the current situation with how democracy died in Europe and, through twenty lessons of history, teaches us how to fight to protect it. The book opens with a quote by Leszek Kolakowski: “In politics, being deceived is no excuse.”

After a brief introduction about “History and Tyranny”, Snyder offers us twenty lessons: 1. Do no obey in advance: “most of the power of authoritarianism is freely given (…) a citizen who adapts in this way is teaching power what it can do”; 2. Defend institutions: “It is institutions that help us to preserve decency (…) choose an institution (…) an take its side”; 3. Beware of the one-party state: “The parties that (…) suppressed rivals (…) exploited a historic moment to make political life impossible for their opponent. So (…) support (…) the rules of democratic elections”; 4. Take responsibility for the face of the world: “Notice the swastikas and the other signs of hate”; 5. Remember professional ethics: “When political leaders set a negative example, professional commitments to just practice become more important. (…)authoritarians need obedient civil servants”; 6. Be wary of paramilitaries: “When the men with guns who have always claimed to be against the system start wearing uniforms and marching with torches (…), the end is nigh. When the pro-leader paramilitary and the official police and military intermingle, the end has come”; 7. Be reflective if you must be armed: “If you carry a weapon in public service (…) be ready to say no”; 8. Stand out: “The moment you set an example (…) others will follow”; 9. Be kind to our language: “Think up your own way of speaking (…) separate yourself from the internet. Read books”; 10. Believe in truth: “To abandon the facts is to abandon freedom”; 11. Investigate: “Figure things out for yourself (…) subscrib[e] to print media”; 12. Make eye contact and small talk: “stay in touch with your surroundings, break down social barriers, and understand whom you should and should not trust”; 13. Practice corporeal politics: “Get outside (…) Make new friends and march with them”; 14. Establish a private life: “Consider using alternative forms of the internet (…) Tyrants set the hook on which to hang you”; 15. Contribute to good causes: “Be active in organizations (…) pick a charity or two (…) you will have made a free choice that supports civil society and helps other to do good”; 16. Learn from peers in other countries: “no country is going to find a solution by itself”; 17. Listen for dangerous words: “extremism, terrorism, emergency, exception (…) the treacherous use of patriotic vocabulary”; 18. Be calm when the unthinkable arrives: “Modern tyranny is terror management (…) terrorist attacks (…), disaster, (…) suspension of freedom of expression, (…) right to a fair trail”; 19. Be a patriot: “set a good exemple (…) for the generations to come”; 20. Be as courageous as you can: “If none of us is prepared to die for freedom, then all of us will die under tyranny.” He concludes with an epilogue about “History and Liberty.”

In other words: Complacency is the death of democracy. Hear that republicans? Wow. Everything in this book is so true. It should be read by everyone because the fight for our life is not over yet… It is a short but quite interesting reading. Well worth the time. 

On Tyranny; Twenty Lessons From The Twentieth Century, by Timothy Snyder. New York: Tim Duggan Books (an imprint of Crown Publishing, a division of Penguin Random House), February 2017. 128 pg., Softcover, 4-3/8 x 6-1/4, 9.99 US / $13.50 Can. ISBN: 978-0-8041-9011-4. stars-3-0

For more information you can check the following websites:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© 2017 by Timothy Snyder

[ Traduire ]

Ad Astra XIII

AdAstraXIII-covLes ruses de Scipion ont mis Carthage en mauvaise posture… Hannibal accepte alors de parlementer avec son ennemi. Malheureusement, le Romain ne veut pas d’un statu quo… Ce sera la victoire ou rien ! Les deux chefs se séparent donc sans être arrivés à un accord. 

Mais les apparences sont parfois trompeuses et, pour le Carthaginois, cette discussion aura au moins servi un objectif : celui de mettre en place ses pions… ou, en l’occurrence, ses éléphants de guerre ! Si Rome a maintenant l’avantage, ses adversaires sont loin de s’avouer vaincus… 

Bravoure, complots et stratégie… Les légendaires Hannibal et Scipion s’affrontent une dernière fois. Plongez au cœur de cette ultime bataille !

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa non seulement Rome et Carthage mais aussi leurs stratèges respectifs: Scipion l’Africain et Hannibal Barca. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française est parue chez Ki-oon.

AdAstraXIII-p010

Page 10

Ce dernier volume de la série est entièrement consacré à la Bataille de Zama. Seize ans après qu’Hannibal ait traversé les Alpes, à l’automne 202 AEC, les deux généraux s’apprêtent à avoir une confrontation finale sur une plaine au sud de Carthage. L’armée d’Hannibal est composée de 80 éléphants de guerre qui forment l’avant-garde, 4000 cavaliers qui forment les ailes de chaque côtés de la formation d’attaque [l’aile gauche, est formée de cavaliers Numides] et 36 000 fantassins (une première ligne de frondeurs Baléares, une deuxième ligne de soldats Libyens et Carthaginois [commandé par Silenos] et une troisième ligne de soldat Ibères et Gaulois plus expérimentés [sous le commandement d’Hannibal]). L’armée de Scipion est composée de 6000 cavaliers (qui forment les ailes, des Numides [à droite, 4000] sous le commandement de Massinissa, et des romains [à gauche, 2000] sous le commandement de Caius) et de 29,000 fantassins (une première ligne intercalant des fantassins Légers Vélites [sous Appius] et des fantassins lourds Hastati [sous Bandius], une deuxième ligne de fantassins lourds principes [sous Marcus], et une troisième ligne de fantassins lourds triarii [sous Scipion]).

La charge des éléphants d’Hannibal (trop jeunes et inexpérimentés) reste sans effet. Scipion, qui a étudié les tactiques de l’ennemi, réussi à les retourner contre lui. Il évite les feintes et réussi à encercler l’armée carthaginoise. C’est la victoire mais Hannibal survit et fuit vers Carthage où il s’adresse au sénat pour obtenir du renfort, sans succès. Pour épargner sa cité, il décide donc de se rendre à Scipion. Il se rend à Tunis pour négocier la paix. Carthage devra payer une lourde indemnité à Rome, abandonner ses colonies et renoncer à son armée. Scipion triomphe à Rome mais il est politiquement affaibli par l’inimitié de Caton et des accusations de corruption. Il mourra en 183 AEC, amère, pestant contre l’ingratitude romaine. Hannibal est exilé et, après une longue errance, trouve refuge au royaume de Bithynie, où il est traqué par les troupes romaines mais il choisit de se donner la mort par poison plutôt que d’être capturé ou tué par les romains… Il meurt la même année que Scipion… Les deux héros eurent donc une fin tragique, sans gloire… Rome règlera définitivement son compte à Carthage avec la troisième guerre punique (149-146 AEC).

Cette série de manga prends fin d’une façon un peu décevante. Toutefois, elle a offert ce qui était promis, c’est-à-dire une histoire un peu romancée de la deuxième guerre punique, axé sur les caractères des deux généraux opposés. Elle a suivi le fil de l’Histoire, sans plus. Si le récit est bon, voir captivant (si vous aimé les détails de tactiques militaires, bien sûr), c’est surtout son superbe dessin, très constant dans sa qualité, qui vole la vedette dans cette série. Il est clair et très précis, juste suffisamment efficace pour bien décrire les scènes de combats. 

Un manga fort intéressant, à lire surtout si vous êtes amateur de manga historique et de la Rome Antique.

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. XIII, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, novembre 2018. 210 pages (208 pl), 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 979-10-327-0335-9. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

ad_astra-v01 ad_astra-v02 ad_astra-v03 AdAstra-v04-cov
AdAstra-v05-cov AdAstra-v06-cov AdAstra7-cov AdAstra8-cov
[ Translate ]

Le monde selon Setchan

MondeSelonSetchan-cov“Dans un monde alternatif, la société tokyoïte est secouée par des mouvements étudiants. Sur fond de terrorisme et de préoccupations nucléaires post-Fukushima, Setsuko, étudiante, fait figure d’exception: Apolitique, détachée de cette réalité, elle n’a d’attrait que pour le sexe sans lendemain. Son destin  croise celui d’Atsushi, un étudiant sans histoires. Setchan et Akkun, deux êtres que tout oppose. Deux êtres que l’absurdité tragique de la vie va rapprocher pour mieux les séparer.”

[textes du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le monde selon Setchan (セッちゃん / Secchan) est un manga Seinen par Tomoko Oshima qui a d’abord été sérialisé dans Ura Sunday avant d’être publié en un volume unique par Shôgakukan en novembre 2018. Tomoko Oshima est surtout connu au Japon pour ses courts video clip d’animation. C’est son premier manga.

MondeSelonSetchan-p005C’est l’histoire d’une collégienne un peu perdue et qui couche avec beaucoup de garçon, sur une trame de fonds de troubles socio-politiques fictifs — une révolte étudiante comme le Japon en a connu à la fin des années soixante ou similaire aux récentes protestation de BLM. Elle rencontre un garçon avec qui elle ne couche pas et se laisse porter par le courant jusqu’à ce qu’elle meurt dans un attentat…

Le récit est anecdotique et, comme la vie de Setchan, sans véritable direction. Toutefois il est empreint d’une belle nostalgie. Le dessin est minimaliste et plutôt brouillon mais offre l’essentiel pour soutenir le récit tout en étant même charmant. Il s’agit d’une lecture choisie au hasard pour tuer le temps, parce que c’était un volume unique, mais qui en fin de compte ne déçoit pas et offre une bonne distraction. Intéressant.

Le monde selon Setchan, par Tomoko Oshima. Poitiers: Le Lézard Noir, mai 2020. 180 pg , 15 x 21 cm, 11,00 € / $21.95 Can, ISBN: 978-2-353-48179-8. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWorldcat ]

SECCHAN © 2018 Tomoko OSHIMA.

[ Translate ]

Le Mahâbhârata

Mahabharata-covLongtemps méconnu en Occident, le Mahâbhârata est le plus long poème composé au monde. Écrit en sanskrit et initié au IVe siècle avant notre ère, enrichi pendant 700 ans, il est quinze fois plus long que la Bible et il défie l’imagination par sa complexité.

Cette épopée foisonnante et démesurée est à l’origine de mille croyances et légendes qui irriguent l’âme indienne et inscrivent le Dharma, la loi qui régit le monde, au cœur des hommes. Ce « grand poème du monde » raconte la longue et furieuse querelle dynastique qui opposa deux clans de cousins à 5 contre 100. Il compte seize personnages centraux dont Krishna, avatar divin descendu sur terre, qui apparaît là pour la première fois dans la mythologie indienne.

La guerre racontée dans le Mahâbhârata se situe à l’aube du Kali Yuga, “l’âge sombre” dabs lequel nous vivons encore, qui aurait débuté, selon les hindous, trois milles ans avant notre ère. L’inépuisable poème épique faite de religion, de politique, de sociologie, de loi, de morale, de cosmologie tout autant que de délivrance, but ultime de la condition humaine selon la tradition indienne.

Tout en restant fidèle à l’esprit originel, le romancier et scénariste Jean-Claude Carrière a écrit le “roman du Mahâbhârata” en aménageant le conte traditionnel pour le rendre accessible, et le dessinateur Jean-Marie Michaud s’est saisi de ce récit fantastique pour en faire une extraordinaire adaptation graphique.

(Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

Jean-Claude Carrière a longtemps été fasciné par ce poème épique hindou — le plus long jamais composé. Et pour cause, le Mahâbhârata (महाभारत / lit. “La Grande Guerre des Bhārata [descendants de l’empereur légendaire Bharat”]) est, avec le Ramayana, l’un des grands livres sacrés de l’Inde, texte fondateur de l’hindouisme. C’est un récit long et complexe (dix-huit livres composé de plus de quatre-vingt-mil strophes!). Carrière n’en a conservé que la trame principale (en éliminant les très nombreuses histoires secondaires) pour former une première adaption pour le metteur en scène Peter Brook. Le résultat fut une pièce de théâtre de neuf heures qui fut d’abord présentée au Festival d’Avignon de 1985 avant de partir en tourné pour trois ans. La pièce fut elle-même adaptée en mini-série pour la télévision puis en film. Mais Carrière n’en resta pas là. Il a raffiné son adaptation pour la rendre plus accessible au public et l’a publié sous forme de roman en 1989. Jean-Marie Michaud en a repris le texte et, après trois ans de travail, nous offre cette merveilleuse adaptation graphique.

Je ne m’attarderai pas trop sur le récit qui est, comme je l’ai dit, fort complexe. C’est difficile à suivre avec tous ces retournements de situations et ces noms hindous difficiles à prononcer. En gros, il s’agit d’abord du mythe d’origine de l’hindouisme, suivi du récit d’une querelle de succession pour le trône du royaume de Hastinapura. Diverses aventures amoureuses ont crées deux branches familiales qui se disputent: les Pandava (au nombre de cinq: les jumeau Nakula & Sahadeva, Yudhishthira, Bhima et Arjuna) et les Kaurava (au nombre de cent, mais les acteurs principaux sont Duryodhana et Dushassana). Le conflit culmine avec la bataille de Kurukshetra. Le récit est bien mené et, malgré la difficulté, demeure divertissant, intéressant et agréable à lire.

Toutefois, ce qui m’a vraiment accroché c’est le superbe dessin de Jean-Marie Michaud. Je ne connais pas grand chose à la culture indienne / hindoue, mais cette adaptation graphique (costumes, arrières plans, etc.) représente bien ce que j’imagine devait être l’apparence de ces héros épiques. La technique et les tons de couleurs utilisés me rappel beaucoup le style de Bilal. J’ai trouvé tout cela très beau et j’ai adoré. Je recommande chaleureusement cette bande dessinée, surtout si vous êtes curieux de découvrir (avec une certaine aisance) la culture hindoue ainsi que ce texte mythique qu’est le Mahâbhârata.

Le Mahâbhârata, par Jean-Claude Carrière (adaptation) et Jean-Marie Michaud (dessin). Lachapelle-sous-Aubenas: Editions Hozhoni , octobre 2019. 444 pages, 19.5 x 27.5 cm, 35,00 € / $C 66.95, ISBN 978-2-37241-049-6. Pour lectorat adolescent (12+). Un extrait de vingt-neuf pages est disponible sur le site de BDgest. stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© 2019, Editions Hozhoni

[ Translate ]

Le vieil homme et son chat vol. 2-4

Comment prendre le temps de vivre et de vieillir en faisant de chaque moment un trésor d’humour, de tendresse et de nostalgie? Le vieil homme et son chat pourrait bien connaître le secret du bonheur.

Dans une petite ville côtière du Japon, loin des mégalopoles, Daikichi, instituteur à la retraite et veuf, vit avec Tama, un chat âgé de 10 ans. Ou alors est-ce le matou qui veille sur son maître pour honorer une promesse faite à son épouse disparue ? Difficile à dire, tant les deux compères sont inséparables.

Vol. 2: Le vieil homme et son chat se font les griffes

VieilHommeEtSonChat-2-covCueillette de fruits de gingko, enquête sur l’apparition d’un fantôme, séjour à Tokyo… Un retraité affairé, Daikichi ? Accompagné d’un Tama fidèle au poste, il sait aussi chérir ces instants quotidiens d’autant plus précieux qu’ils sont fugaces, et goûter avec ses voisins les évocations du riche passé de l’île où l’on vit avec les chat.

(Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

Le vieil homme et son chat se font les griffes (t. 2), par Nekomaki. Paris: Casterman, juin 2019. 176 pages, 15.1 x 20.9 cm, 15,00 € / $C 28.95, ISBN 978-2-203-15567-1. Pour lectorat adolescent (12+).

Vol. 3: Le vieil homme et son chat se frisent les moustaches

VieilHommeEtSonChat-3-covCoup de tonnerre sur l’île : alors que Daikichi jardine, que ses voisines se querellent et que le gourmand Tama chipe de la nourriture, les habitudes de chacun sont égayées par l’arrivée d’un jeune et charmant médecin venu de la ville. Le citadin pourra compter sur la bienveillance des humains et des chats, parfois à son corps défendant…

(Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

Le vieil homme et son chat se frisent les moustaches (t. 3), par Nekomaki. Paris: Casterman, octobre 2019. 176 pages, 15.3 x 20.9 cm, 15,00 € / $C 28.95, ISBN 978-2-203-15568-8. Pour lectorat adolescent (12+).

Vol. 4: Le vieil homme et son chat boivent du petit lait

VieilHommeEtSonChat-4-covLes saisons se suivent sur l’île aux chats mais elles ne se ressemblent pas ! L’épicerie ferme, obligeant la population à organiser des missions de ravitaillement sur l’île voisine… Et voici Daikichi en charge du colis des vieux ! Au café, en revanche, on embauche. Et quelle nouvelle recrue : une jeune femme qui fait chavirer bien des coeurs et donne envie aux anciens de jouer les entremetteurs avisés…

(Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

Le vieil homme et son chat boivent du petit lait (t. 4), par Nekomaki. Paris: Casterman, juillet 2020. 176 pages, 15.2 x 21.1 cm, 15,00 € / $C 28.95, ISBN 978-2-203-17924-0. Pour lectorat adolescent (12+).

J’ai déjà parlé du premier tome de cette série. Le vieil homme et son chat (ねことじいちゃん / Neko to Jii-chan) est un manga seinen publié en feuilletons dans Comic Essay Gekijou (Media Factory) et qui a été compilé en volume chez Kadokawa depuis septembre 2015. La série est toujours en cours au Japon (la version française du vol. 5 est paru en octobre 2020 et un sixième volume est paru au Japon en janvier 2020).

Je rappel d’ailleurs que le manga a été adapté au cinéma sous le titre The Island of cats, qui est sortie en salle au Japon en février 2019 (le film de 103 min. est réalisé par IWAGŌ Mitsuaki sur un scénario de TSUBOTA Fumi et met en vedette TATEKAWA Shinosuke, SHIBASAKI Kō, EMOTO Tasuku, YAMANAKA Takashi, HAYAMA Shōno, TANAKA Yūko et KOBAYASHI Kaoru; pour plus d’information voir le site officiel ainsi que les sites suivants: ANNAsianWikiIMDbYoutube).

Ce manga nous raconte la vie quotidienne de Daikichi, un vieil instituteur à la retraite, de son chat, Tama, mais aussi de tous les autres habitants d’un petit village côtier japonais situé sur l’île aux chats. Chaque volume nous offre seize histoires courtes divisés selon les quatre saisons. Le récit est entrecoupé de quelques flashback qui développent un peu l’histoire des personnages. Chose amusante, les auteurs (car ce pseudonyme cache deux auteurs) ajoutent de temps en temps quelques recettes de cuisine locale. 

C’est un manga plein d’humour et de tendresse, au rythme lent, paisible et d’une atmosphère nostalgique qui me rappelle un peu les récits du regretté Jiro Taniguchi. Toutefois, ce qui caractérise le plus ce manga c’est son style un peu inhabituel au crayonné et à l’aquarelle. C’est vraiment très beau et visuellement agréable.

Le vieil homme et son chat offre donc une lecture enrichissante et chaleureuse que je recommande à tous mais surtout aux amateurs de chats et de culture japonaise. stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Nekomaki / ms-work 2015-2016.

[ Translate ]

Revue de zines… [002.020.305]

Un survol de quelques zines en tous genres… J’en épluche le contenu pour vous.

Animeland #231 (Juillet-Août 2020)

Animeland-231Avec ce numéro Animeland termine sa transformation en mook avec l’adoption d’un format légèrement plus petit (19.2 x 27 cm) et nous offre un super-dossier sur Ghost in the shell (quarante-deux pages)! On remarque en premier lieu des changements au niveau de la rédaction: jusqu’au début de 2019 Émilie Jollois était directrice de publication avec Christopher Macdonald comme Rédacteur en chef, puis Cédric Littardi la remplace avec Steve Naumann comme directeur éditorial. Avec ce numéro, Christopher Macdonald n’est plus mentionné et on retrouve deux directeurs éditorial: Sébastien Post (pour Ynnis) et Sébastien Célimon (pour Animeland). AM Media Network en est toujours l’éditeur et Anime News Network y est toujours un actionnaire mais la relation semble en être maintenant plus une de collaboration et d’entre-aide…

Le dossier de couverture commence avec un portrait du créateur de Ghost in the Shell, Masamune Shirow, puis on en décrit l’univers, les personnages, et les différents titres (série TV, OVA, films) avant d’aborder la plus récente série: GitS SAC_2045. On en fait le portrait des réalisateurs (Kenji Kamiyama et Shinji Aramaki), on poursuit sur des portraits et entrevues avec le producteur (Taiki Sakurai) et la conceptrice russe (character design, Ilya Kuvshinov). Finalement on traite de la musique, de la fascination de Shirow pour les armes et puis des figurines consacrées à la série.

En plus de la une, le numéro est divisé en cinq grandes sections: “On a vu” introduit quelques animation notoires (Altered Carbon: REsleeved, Sing Yesterday for me, Gleipnir, Appare-Ranman,  BNA, Tower of God, Carole & Tuesday S2, La famille Willoughby), un dossier (20 pages) sur comment l’industrie de l’animation s’en tire (ou pas) face au confinement de la COVID-19, et “Focus” qui met en lumière divers sujet d’actualité (l’animation Ailleurs de Gints Zilbqlodis, la plateforme de BD numérique Webtoon, l’anime Castlevania, et le festival virtuel de Annecy 2020). Après un dernier dossier (22 pages) qui fait le tour des plateformes de Video À Demandes (VÀD ou streaming) d’anime en France (Crunchyroll, ADN, Wakanim, Netflix, Amazon Prime, Okoo, France 4, Disney+), le numéro se conclut sur une série de chroniques (Jeu vidéo, Trouvaille, Musiques et Humeur).

Le format et la présentation sont agréables et aérés. Le contenu est varié et riche mais (comme je l’ai souvent dit) parfois un peu vague. J’apprécierais plus d’informations détaillées comme une fiche en encart qui donne toutes les informations de production sur un titre. Finalement, grave erreur, pas un mot sur les mangas dans ce numéros ! WTF?! L’industrie du manga est très liée à celle de l’anime et en est pour moi INDISSOCIABLE. Cette absence est impardonnable et sera corrigée j’espère dans les prochains numéros. (Je sais il s’agit ici d’ANIMEland mais je m’attend tout de même à une balance 50/50 ou tout au moins 60/40 entre les deux sujets). Finalement, l’ultime question demeure: ces changements réussiront-ils à permettre au magazine de survivre en ces temps difficiles ? (Le temps nous le dira… Pour l’instant je dois attendre que le numéro 232, qui vient tout juste de paraître, traverse l’Atlantique…)

Intéressant mais aussi un peu décevant. stars-3-0

dBD #144 (Juillet 2020)

dBD-144À la une ce numéro dBD nous offre une entrevue avec Jim, qui nous parle de sa série Une nuit à Rome à l’occasion de la sortie du tome quatre (chez Grand Angle). Le numéro se poursuit sur des entrevues avec Joël Alessandra (Les Voyages d’Ibn Battûta, avec Akalay, chez Dupuis, coll. Aire Libre), Romain Hugault (Pin-up Wings, t. 5 chez Paquet Coll. Cockpit), Zep (sur sa série Titeuf et la participation à une campagne Covid-19), Pascal Pierrey (rédacteur en chef de Picsou de 1990 à 2020) et James & Daniel Clarke (Kariba, chez Glénat).

On retrouve également des articles sur le dessinateur des petits Mickey Floyd Gottfredson, sur l’éditeur de manga Pika à l’occasion de son vingtième anniversaire, et sur l’intersection entre disques et BD (“Les disques d’aventures”). L’article sur Pika Éditions est tout particulièrement intéressant. Fondée en janvier 2000, cette maison d’édition spécialisée dans le manga s’adapte sans cesse pour rester compétitive: en 2007 elle intègre le groupe Hachette, puis adopte le Digital first (publiant ses titres d’abord en ligne), en 2015 elle se lance dans le “Simultrad” (parution de chapitre traduit en français en même temps que la version japonaise), en 2016 elle lance la collection Pika Graphik pour les titres plus sérieux, puis acquiert Nobi Nobi pour avoir une collection jeunesse, en 2018 elle y ajoute le “manfra” (manga de création française!). Ce qui fait qu’elle est maintenant le 2e éditeur de manga en France (avec 1800 titres, 64 séries en cours, 350 nouveautés par an et 40 millions d’exemplaires vendus au total) !

Dans le Cahier Critique je note La couleur tombée du ciel par Gou Tanabe chez Ki-oon (Super: “toujours le même soin apporté à la fabrication du livre (…) le trait sombre et détaillé de l’auteur japonais fait une nouvelle fois mouche, plongeant le lecteur dans l’émoi et la crainte”), Anonyme ! t. 1 par Kimizuka & Hioka chez Soleil/Manga (Super: ”une série qui se révèle plus fine qu’il n’y paraît“), Peuple Invisible par Shohei Kusunoki chez Cornélius (Super: “recueil de récits courts (…) paru dans le fameux magazine Garo entre 1970 et 1972. (…) Le résultat est surprenant, plein d’emphase pour un petit peuple souterrain, dont les tranches de vie questionnent en permanence la validité de leur propre existence. (…) excellent raconteur et très bon dialoguiste.”), Orient – Samurai Quest t. 1 par Shinobu Ohtaka chez Pika (Bien: “Si ce premier tome est globalement maîtrisé, il se révèle en revanche assez répétitif”) et Ad Romam t.1 & t.2 un collectif aux Éditions du Rocher (Bien: “Avec cette trame fantastico-historique, la série peut présenter de façon didactique et plutôt vivante l’histoire antique (…). Le tout est de bonne facture (…) malgré les dessins assez maladroits (…).”).

Comme toujours, dBD nous offre une lecture riche en informations et en découvertes… stars-4-0

dBD #145 (Août 2020)

dBD-145Un numéro spécial Été qui nous offre simplement les coups de coeur de la rentrée (neuf albums tout public et trois albums jeunesse) — mais pas d’actualités ou de Cahier Critique. Pour chaque titre, on retrouve une entrevue avec l’/les auteur(s) et un bref extrait d’environ trois à cinq pages. 

Du côté tout public on retrouve Radium Girls par Cy chez Glénat (Coll. Karma), Tanz ! Par Maurane Mazars chez Le Lombard, Les croix de bois par JD Morvan & Percio (d’après Dorgelès) chez Albin Michel, Mademoiselle J t.2 par Yves Sente & Laurent Verron chez Dupuis, Stern t.4: Tout n’est qu’illusion par Frédéric & Julien Maffre chez Dargaud, L’Alcazar par Simon Lamouret chez Sarbacane, Journaux troublés par Sébastien Perez & Marco Mazzoni chez Soleil (Coll. Métamorphose), Les frères Rubinstein t.1 par Luc Brunschwig, Leroux & Chevallier chez Delcourt, ainsi que Terre t.1 par Christophe Dubois & Rodolphe chez Daniel Maghen.

Du côté jeunesse on retrouve Le roi des oiseaux par Alexander Utkin chez Gallimard, L’Homme qui courait après sa chance par Pozla chez Delcourt et Les géants t.1: Erin par Lylian, Paul Drouin & Lorien Aureyre chez Glénat.

Rien de bien excitant dans ce numéro. stars-3-0

Nouveau Magazine Littéraire #29 (Mai 2020)

lnml-298Je ne lis pratiquement jamais de magazine sur la littérature générale mais ce Spécial Science-Fiction par Le Nouveau Magazine Littéraire (récemment racheté par son concurrent Lire) me semblait intéressant. En effet, outre les habituelles chroniques (Idées, Portrait, Critiques essais et fiction) que j’ai a peine survolées, ce numéro offre deux dossiers qui vont bien ensemble: un sur “Où est le progrès ?” et un autre sur la Science-Fiction.

Le dossier de couverture (vingt pages) se demande si notre société / civilisation fait encore des progrès (d’un point de vue littéraire, philosophique, économique et, bien sûr, scientifique). Doit-on remettre en cause la notion de progrès? Intéressante question. Les articles nous propose, évidemment, plusieurs suggestions de lecture pour poursuivre la réflexion…

Le dossier SF (en trente-deux pages) nous propose un dizaine d’articles. Dans “Prenez les issues de secours!”, Alexis Brocas nous présente différents scénarios où les auteurs de SF traitent de la survie de l’Humanité. Selon René Barjavel, dans La Faim du Tigre, cela se résume à une alternative: soit l’autodestruction apocalyptique, soit la fuite dans les étoiles…

Dans “Avis de réapparitions”, le magazine fait un retour sur les oeuvres fondamentales de trois auteurs dont on fête le centenaire: Frank Herbert (Dune), Isaac Asimov (Les Robots, Fondation, La Fin de l’Éternité) et Ray Bradbury (Fahrenheit 451, Chroniques Martiennes).

Dans “Narrés au décollage” on explore deux thèmes essentiels du genre: les voyages interstellaires et la terraformation de planètes. Dans la même ligne, “Panorama: Huit Planètes” nous présente les voyages galactiques au travers de huit monde différents: Luna (de Ian McDonald), L’archipel du rêve (de Christopher Priest), Trantor (dans Fondation de Isaac Asimov), Omale (de Laurent Genefort), Hypérion (de Dan Simmons), Trisolaris (dans Le Problème à Trois corps de Liu Cixin), Oasis (dans Le Livre des choses étranges de Michel Faber) et Vermillon Sands (de J.G. Ballard).

Dans ”Do you speak globish?”, Frédéric Landragin offre une réflexion sur les différentes manières dont la littérature de SF approche le problème principal du premier contact: l’aspect linguistique.

Dans “La main sur le tracker”, Marie Fouquet compare la surveillance accrue de l’état (drone, application de traçage, reconnaissance faciale) au temps de la crise COVID non pas avec le classique 1984 d’Orwell mais avec Les Furtifs d’Alain Damasio.

Dans “Ils nous l’avaient bien dit !”, Jean-François Paillard présente une SF, non pas postapocalyptique, mais celle qui annonce les lendemains qui chantent, les mondes meilleurs. Au delà du classique Meilleurs des Mondes (Aldous Huxley), il cite Ecotopia (Ernest Callenbach), Les dépossédés (Ursula Le Guin), Simon Du Fleuve 1: Le Clan des centaures (Claude Auclair), Après le monde (Antoinette Rychner), Gandahar (Jean-Pierre Andrevon), Semiosis (Sue Burke) ou Sa majesté des clones (Jean-Pierre Hubert).

Dans ”Galaxies africaines”, Hubert Prolongeau nos introduit à l’afrofuturisme avec des titres comme Nova (Samuel R. Delany), Kirinyaga (Mike Resnick), Qui a peur de la mort ? (Nnedi Okorafor), La Trilogie de l’héritage (Nora Keita Jemisin), L’Incivilité des fantômes (Rivers Solomon) et Rouge Impératrice (Léonora Miano).

Dans “L’invention de nouveaux genres”, Sandrine Samii nous parle de la SF déclinée au féminin qui s’interroge sur la sexualité: La Main gauche de la nuit (Ursula K. LeGuin), La Servante écarlate (Margaret Atwood), Chronique du pays des Mères (Élisabeth Vonarburg), Dawn (Octavia Butler) et Libère-toi Cyborg! (Ian Larue).

Dans “Humains, plus trop humains”, Alexis Brocas nous parle de notre extinction avec des romans apocalyptiques comme Je suis une légende (Richard Matheson), Le Fléau (Stephen King), La Route (Cormac McCarthy), Un Cantique pour Leibowitz (Walter M. Miller), Niourk (Stefan Wul), ou même World War Z (Max Brooks).

Un dossier SF ne serait pas complet sans un article sur les adaptations cinématographiques, ce que nous offre Hervé Aubron avec “Au cinéma, l’odyssée de l’impasse”. Le tout se termine sur une bibliographie qui nous suggère une sélection d’auteurs cultes: Philip K. Dick (Le dieu venu du centaure), Robert A. Heinlein (Étoiles, garde à vous!), Robert Silverberg (Les profondeurs de la Terrre), Jack Vance (Cycle de Tschaï), William Gibson (Neuromancien), A.E. Van Vogt (Le cycle du Non-A), Stefan Wul (Niourk), Stanislas Lem (Solaris), Ursula K. LeGuin (La main gauche de la nuit), Ayerdale (Mytale), Dan Simmons (Hypérion), Ann Leckie (La justice de l’ancillaire) et Pierre Bordage (Les guerriers du silence). On y ajoute aussi un essai: L’autre-mental: Figures de. l’anthropologue en écrivain de science-fiction (Pierre Déléage). stars-3-5

Solaris #214 (Printemps 2020)

Solaris-214Ce numéro spécial de Solaris est consacré aux Univers de Joël Champetier. Cinq ans après le décès de ce talentueux écrivain québécois, dix auteurs revisitent ses univers en nous offrant des textes qui s’inspirent et se situent dans l’oeuvre de Joël.

  • “Le passeur de livres” par Geniève Blouin se situe dans l’univers du Mystère des Sylvaneaux
  • “Comment le shiba aux pattes silencieuses décida l’avenir du monde” par Philippe-Aubert Côté se situe dans l’univers de “Visite au comptoir dénébolien” originalement publié dans Sourires
  • “Petite Poule rousse” par Jonathan Reynolds se situe dans l’univers de La Peau Blanche
  • “Celui qui crie” par Ariane Gélinas se situe dans l’univers de La mémoire du lac
  • “La mémoire du papillon” par Pascal Raud se situe dans l’univers de L’aile du papillon
  • “La mort au fond du monde” par Sébastien Chartrand se situe dans l’univers de La mer au fond du monde
  • “L’Amour en l’absence” par Jean-Louis Trudel se situe dans l’univers de La taupe et le dragon
  • “La voie du maître” par Éric Gauthier se situe dans l’univers des Sources de la magie 
  • “Le Rouge” par Élisabeth Vonarburg se situe dans l’univers de “Poisson-soluble” originalement publié dans Solaris #59
  • “Concerto pour extraterrestres ou mathématiciens” par Hugues Morin et Joël Champetier se situe dans l’univers de “Luckenbach, les mathématiques, et les autres dangers de Montréal” originalement publié dans Solaris #100

Le numéro se termine avec un autre épisode des “Carnets du Futurible”, par Mario Tessier: “Joël Champetier et la science dans ses oeuvres de fiction”. Le Futurible nous présente d’abord une courte biographie de l’auteur, puis commente quatre nouvelles (“Survie sur Mars” in ASFFQ 1987, “Coeur de fer” in Solaris 93, “Dieu, un, zéro” in ASFFQ 1990 et “Luckenbach, les mathématiques, et les autres dangers de Montréal” in Solaris 100) et deux romans (La Mer au fond du monde et La Taupe et le dragon) qui comportent des références explicites à la science.

Un fascinant numéro de Solaris qui se veut en quelques sortes un compagnon pour Tous mes univers, un recueil qui offre l’intégrale des nouvelles de Joël Champetier (trente-deux textes, 570 pages!, publié chez Alire), incluant même un inédit: le premier chapitre du roman inachevé Le Carrousel martien. stars-4-0

[ Translate ]

Sur le matelas !

Mon très vieux matelas à ressort me donnant des maux de dos, j’ai décidé de le changer pour un matelas à mousse mémoire du type “lit dans une boîte.” Je recherchais donc un matelas de mousse, de format double (75 x 54 po), entre huit et douze pouces d’épaisseur, d’une fermeté entre médium et ferme, et dans un budget de $300-$800. 

J’ai d’abord regardé sur Amazon mais si les matelas n’y étaient pas chers ($240-$270) la plupart étaient fait en Chine et il était donc plus difficile d’en juger de la qualité (malgré des évaluations de la clientèle de plus de 4.5 et avec plus de 70% d’évaluations à cinq étoiles). J’ai donc élargi mon champs de recherche et consulté de nombreuses “études” comparatives sur les matelas, d’abord plus général (beaucoup de matelas fait aux USA, à Mexico ou en Chine, à des prix entre $700 et $6000 US!) puis en me concentrant sur les matelas en mousse fait au Canada. Après une visite chez Dormez-vous? (pour tester la fermeté des matelas de mousse en général) et de nombreux tableaux comparatifs, j’ai réduit la liste à seulement trois ou quatre candidats: 

MattressChart

Dans une des études-tests déjà mentionnées, les deux modèles du Bloom de Dormez-vous?/Sleep Country se retrouvent en vingt-huitième et trentième position avec des évaluations respectives de 5.9 et 5.5/10. Le moins cher (Earth) est plutôt mou avec une fermeté à 4.2 et l’autre (Mist) a une fermeté moyenne à 5.6. Toutefois, ces matelas sont fabriqué en Chine et, si Dormez-vous? offre le même 100 jours d’essai que les autres fabricants,  les conditions du retour sont plutôt mauvaises: frais de restockage de $50 et un crédit en magasin au lieu d’un remboursement. Éliminé!

La matelas fabriqué au Canada qui reçoit la meilleure évaluation (9.3/10) et qui se retrouve en deuxième position dans l’étude, est le Douglas. Il est fabriqué à Edmonton, a un prix abordable, avec une fermeté moyen/ferme (6.6), une couverture lavable et offre la meilleure garantie (15 ans et 120 jours d’essai). À considérer sérieusement…

Si j’ignore le Juno, également fabriqué à Edmonton (par Good Morning), parce que c’est une marque moins connue et que (malgré sa troisième position et excellente évaluation (9/10) qui lui donne le meilleur rapport qualité/prix) je craignais que son très bas prix ($350) soit synonyme de moindre qualité, mon choix suivant est le Endy. C’est une marque beaucoup plus connue et largement commentée et vantée sur les media sociaux. Classé en cinquième position avec une évaluation de 8.4/10, ce matelas (fabriqué à Toronto) est un peu plus cher ($775) mais offre une fermeté medium/ferme (6.5), une couverture amovible et lavable, une mousse à température neutre, un essai de 100 jours et dix ans de garantie. Il est considéré le matelas le plus écologique (“Best Eco-conscious”). À considérer très sérieusement…

Toutefois, étrangement, mon choix final s’est porté vers le PolySleep qui avait des qualités que les autres n’offraient pas. Malgré qu’il se retrouve en vingt-deuxième position avec une évaluation de seulement 6.6/10 (quoi qu’une autre étude le classe AVANT le Juno et le Endy, et lui attribut le “Meilleur soulagement de la pression”) il offre des conditions similaires aux autres (fermeté medium/ferme (6.5 selon PolySleep), garantie de 10 ans, 100 jours d’essai avec cependant une période de rodage (break-in) obligatoire de 45 jours) mais aussi plusieurs avantages : couverture amovible, lavable ET à l’épreuve des liquides (cette protection est disponible aussi chez Douglas et Endy mais la couverture doit être acheté séparément — $64-$100), mousse antimicrobienne, et des côtés renforcés (ne s’enfonce pas lorsqu’on s’assoit sur le bord du lit). Le prix était aussi très abordable ($850 sur Amazon mais seulement $680 sur le site de PolySleep). Par contre, ce qui a finit de me convaincre c’est que non seulement il était fabriqué au Canada mais aussi localement (à Montréal). Par les temps qui courent, nous voulons tous encourager les entreprises locales…

Ma première impression sur réception du PolySleep (avant même de l’essayer) était qu’il avait l’air confortable et semblait avoir toutes les qualités que je recherchais (pas trop mou, pas trop ferme, bord plus ferme, etc.). La livraison a été très rapide (deux jours). Le matelas a été facile à déballer et à installer. Après l’avoir sorti de la boite, étendu et coupé le plastique qui l’emballait sous vide, il s’est gonflé en quelques secondes! J’étais sûr que je l’aimerais et que c’était sans aucun doute un bon achat! De toute façon j’ai cent jours pour l’essayer et le retourner si je ne suis pas satisfait…

Toutefois, après avoir dormi dessus pendant une semaine, je dois avouer que je suis un peu déçu. Il n’offre pas tant d’amélioration que cela sur mon vieux matelas à ressorts (au moins il n’est pas plein de bosses!). C’est un peu trop mou à mon goût (j’aurais dû me méfier car les évaluations indépendantes donnaient la fermeté à 5.5 ou 5.6 et non le 6.5 que promet PolySleep) et, si les rebords sont renforcés, ça ne parait pas vraiment (quand tu es couché trop sur le bord, le matelas renfonce et l’on risque de rouler hors du lit!). Sans dire que la publicité de PolySleep est trompeuse, je trouve tout de même que les performances de leur matelas sont plutôt décevantes. J’imagine que tout les matelas de mousse dans cette braquette de prix offrent le même genre de caractéristiques… Trouverai-je vraiment mieux avec une autre marque? Et pour une véritable amélioration il me faudrait sans doute payer beaucoup plus cher (un matelas plus traditionnel de qualité moyenne, plus ferme, se trouve plus dans la braquette $1200 – $2500)…

Néanmoins, en bout du compte, le point le plus important est que je dorme un peu mieux et que je n’ai pas trop mal au dos. Par contre, ma femme, qui disait préférer un matelas pas trop dur, a commencé à avoir mal au dos… Elle aussi le trouve trop mou… On va tout de même être un peu plus patient (au moins un mois et demi!) et voir si notre impression change avec le temps… stars-3-0

 

[ Translate ]

March, vol. 2-3

Three years ago, in order to celebrate the Black History Month, I commented on the first volume of this biographical comics by John Lewis. And last month, as I was talking about the Congressman death, I urged people to read this series. Then it occurred to me that I should follow my own advice and read volume two and three…

Book Two

March-Book-Two-cov“After the success of the Nashville sit-in campaign, John Lewis is more committed than ever to changing the world through nonviolence — but as he and his fellow Freedom Riders board a bus into the vicious heart of the deep south, they will be tested like never before. Faced with beatings, police brutality, imprisonment, arson, and even murder, the movement’s young activists place their lives on the line while internal conflicts threaten to tear them apart.

But their courage will attract the notice of powerful allies, from Martin Luther King, Jr. to Attorney General Robert F. Kennedy… and once Lewis is elected chairman of the Student Nonviolent Coordinating Committee, this 23-year-old will be thrust into the national spotlight, becoming one of the “Big Six” leaders of the civil rights movement and a central figure in the landmark 1963 March on Washington for Jobs and Freedom.”

[Text from publisher’s website and the inside flap; see also the back cover]

March: Book Two, by Congressman John Lewis, Andrew Aydin, and Nate Powell. Marietta GA: Top Shelf Productions, January 2015. 192 pg., Softcover, 6.5″ x 9.5″, 19.95 US / $25.95 Can. ISBN: 978-1-60309-400-9.

Book Three

March-Book-Three-cov“By the fall of 1963, the Civil Rights Movement has penetrated deep into the American consciousness, and as chairman of the Student Nonviolent Coordinating Committee, John Lewis is guiding the tip of the spear. Through relentless direct action, SNCC continues to force the nation to confront its own blatant injustice, but for every step forward, the danger grows more intense: Jim Crow strikes back through legal tricks, intimidation, violence, and death. The only hope for lasting change is to give voice to the millions of Americans silenced by voter suppression: “One Man, One Vote.”

To carry out their nonviolent revolution, Lewis and an army of young activists launch a series of innovative campaigns, including the Freedom Vote, Mississippi Freedom Summer, and an all-out battle for the soul of the Democratic Party waged live on national television. With these new struggles come new allies, new opponents, and an unpredictable new president who might be both at once. But fractures within the movement are deepening … even as 25-year-old John Lewis prepares to risk everything in a historic showdown high above the Alabama river, in a town called Selma.”

[Text from publisher’s website and the inside flap; see also the back cover]

March: Book Three, by Congressman John Lewis, Andrew Aydin, and Nate Powell. Marietta GA: Top Shelf Productions, August 2016. 256 pg., Softcover, 6.5″ x 9.5″, 19.99 US / $25.95 Can. ISBN: 978-1-60309-402-3.

After introducing John Lewis in Book One and explaining how he cames to be involved in the civil rights movement by joining the Nashville students nonviolent protests against segregation, we see him pushing forward, in Book Two, by participating in the Freedom Riders actions. His determination, despite the increasingly violent response to the movement, bring him to a leadership position as the chairman of the SNCC and to a speaking spot at the landmark March on Washington.

Book Two, pages 47 & 150

In Book Three, Lewis is involved with the organization of the Mississippi Freedom Summer. College students flock to the South to register as many as possible Black voters. Despite the fact that the Fifteenth Amendment gave the African-Americans the right to vote, they were facing unjust registration suppression (poll taxes and literacy tests). The project goal was to publicize and counteract this injustice, but it was met with great terror and intimidation (including the tragic events recalled in the movie Mississipi Burning). They also created the Mississippi Freedom Democratic Party in order to put delegates at the Democratic National Convention with great controversy. It failed but prompted Lyndon B. Johnson to pass the Civil Rights Act of 1964. The protests, and the violent response from the South authorities, continue to escalate up to the march from Selma to Montgomery (on March 7, 1965) where Lewis led six-hundred marchers across the Edmund Pettus Bridge and was gravely wounded. This event was a turning point that brought national and international attention to the question and prompted Johnson to pass the Voting Rights Act of 1965. Interestingly, through the recounting of his involvement, Lewis doesn’t shy from talking about the dissent within the various civil rights organizations (mainly the SNCC, CORE, NAACP, and SCLC) and even to sometimes criticize the positions of Martin Luther King or Malcom X.

Book Three, pages 30 & 86

The storytelling of March is excellent and compelling. It is well supported and illustrated by the pretty good black and white art of Nate Powell. However it is sometime quite dark (lots of ink!) and the text in some speech balloons is way too small for my eyes — I guess the artist wanted to express the sound level of distant speech. This book is a real history lesson, and the perfect way to learn about the Civil Right Movement.

Strangely, everything I read in this comics sounds familiar. It seems that what’s happening right nowBlack Lives Matter, the increasing violence against minorities and even from the government itself — is eerily similar to the situation during the civil rights movement. We all thought that our society had made great progress since then, but sixty years later we realize that we find ourselves at the same point! The disease is apparently running deeper. It laid more or less dormant for a while but seems to have been awaken by the “insult” of having a black president, creating a slow resentment. Now, with the strong encouragement and even its institutionalization by President Trump,  there’s an increasingly strong push back against all civil rights (of the ethnic origin, sexual orientation, gender or all sort of minorities) by the conservative Republicans (mostly the religious right). The United States are really in need of strong and comprehensive reforms to address this pervasive problem…

History is repeating itself (to quote Battlestar Galactica, “All this has happened before, and all this will happen again” — which seems inspired by the Bible, Ecclesiastes 1:9) but it shouldn’t ! That’s why reading this comic is extremely important. If you understand the problem of the civil rights in the fifties and sixties — the what, why, who, where and how of it — you will understand what’s happening now: what it means, why it is so important. And maybe we will start to see how all this pervasive ethno-socio-economic inequity could be solved. 

Reading this book is an absolute must. It is an easy way to understand a complex problem that affects all our lives — but mostly the black lives. It really matter. Read it. Now. stars-4-0

For more information you can check the following websites:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© 2015-2016 John Lewis and Andrew Aydin.

[ Traduire ]