Ad Astra VIII

AdAstra8-covAlors que le général Marcellus vient de montrer une finesse insoupçonnée pour entrer dans la ville de Nola, Scipion est également surpris par l’arrivée de Caius, qu’il croyait mort au combat. Mais le plébéien a changé : depuis que sa route a croisé celle de Maharbal, cette guerre est devenue pour lui une affaire personnelle…

Seulement, le chef Numide est un adversaire de taille ! Pour Scipion, pas question de le neutraliser sans avoir recours à la ruse… et ce n’est pas le genre de tactique qu’apprécie Marcellus. Pourtant, les conseils du jeune Romain lui ont permis de remporter enfin une bataille contre Hannibal… Les deux hommes seront-ils encore capables de collaborer ?

Bravoure, complots et stratégie… Plongez au cœur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion !”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa non seulement Rome et Carthage mais aussi leurs stratèges respectifs: Scipion l’Africain et Hannibal Barca. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française est parue chez Ki-oon.

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Page 83

Ce huitième volume est consacré à la deuxième bataille de Nola et au début du siège de Syracuse. Printemps -215, les troupes d’Hannibal tente une nouvelle fois de prendre Nola, cette fois sous le commandement de Maharbal qui est confiant en la supériorité de ses cavaliers Numides. Scipion met Marcellus en garde contre les failles de sa stratégie et concocte un plan pour aider Caius dans sa vengeance. Grâce à cela, Caius réussit à embusquer Maharbal et à le tuer en combat singulier. Marcellus se rend compte de son erreur et réajuste sa stratégie pour obtenir une nouvelle victoire. Pour sa valeur, Caius est promu centurion et demande comme récompense que Marcellus soutienne Scipion dans sa candidature à la fonction d’édile.

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Page 147

Trois ans plus tard, en -212, Scipion est maintenant édile et porte le casque d’Aemilius, pour honorer son beau-père. Marcellus fait le siège de la ville de Syracuse qui est allié des Carthaginois et dont les défenses — conçues par le génie mathématicien Archimède — étaient réputées imprenables. Scipion réussi à pénétrer dans la ville en se faisant passer pour un envoyé macédonien. Il gagne la confiance d’Archimède et réussi à obtenir des renseignements précieux… mais sont subterfuge est découvert!

Ad Astra continue à nous étonner par la qualité de son graphisme et l’excellence de son récit d’action. Le dessin, précis et riche en détails, est très agréable à l’oeil. À grand renfort de stratégies militaires, de combats terrestre et de batailles navales, ce manga captive sans peine notre intérêt en nous racontant les faits saillants de ce conflits entre Rome et Carthage. La narration commence à s’accélérer un peu mais il reste toute même encore neuf ans à couvrir en cinq volumes! J’ai particulièrement aimé le récit de la rencontre entre Scipion et Archimède — qui n’était pas sans (beaucoup!) me rappeler le manga Eurêka! par Hitoshi Iwaaki. Évidemment, un récit romancé ne peut échapper aux inexactitudes historiques et l’auteur reconnait volontier avoir “un peu trop déformé la réalité, notamment dans le passage sur la deuxième bataille de Nola” et renvoie les lecteurs à Polybe et Tite-Live pour “une vision plus exacte du déroulement des combats”… Malgré cela, Ad Astra demeure un excellent manga que je recommande tout particulièrement aux amateurs d’histoire romaine!

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. VIII, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, février 2016. 210 pages (192 pl), 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 978-2-35592-919-9. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-4-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

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Capsules

Ad Astra VII

AdAstra7-cov“La perte de son futur beau-père et de son meilleur ami a réveillé l’ambition qui dormait en Scipion… Pour qu’un massacre de l’ampleur de la bataille de Cannes ne frappe plus jamais la République, il est désormais prêt à tous les sacrifices! Seulement, pour monter en grade, il lui faut composer avec le général Marcellus, son nouveau supérieur hiérarchique. Or, l’homme ne semble guère apprécier les méthodes du jeune Romain…

De son côté, Hannibal n’a pas le loisir de savourer sa victoire : Maharbal lui reproche déjà de ne pas marcher sur Rome immédiatement, en profitant du désarroi du camp adverse pour conquérir la cité. Car le vent pourrait bien tourner… Isolé loin de sa patrie avec un contingent de Gaulois têtus, entouré de cités hostiles, le Carthaginois a toujours l’avantage, mais pour combien de temps?

Bravoure, complots et stratégie… Plongez au cœur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion!”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa non seulement Rome et Carthage mais aussi leurs stratèges respectifs: Scipion l’Africain et Hannibal Barca. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française est parue chez Ki-oon.

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Page 33

Ce septième volume se consacre principalement à la première bataille de Nola et aux événements périphériques. Suite à la cuisante défaite romaine à Cannes en -216 , la plupart des villes de Campanie, comme Capoue — craignant d’être entraîné dans une guerre coûteuse par leur allié romain — ouvrent leurs portes à Hannibal et aux Carthaginois. Seule la ville de Naples, en position stratégique sur la mer, leur résiste. L’armée romaine, dirigé par Marcellus, prends la ville de Nola par la ruse. Caius laelius rejoint l’armée romaine mais seulement pour se venger de Maharbal. Scipion suggère à Marcellus d’utiliser contre Hannibal ses propres stratégies. Ainsi, lorsque Hannibal attaque Nola les romains réussissent à le repousser, brisant le mythe de son invincibilité et redonnant espoir à Rome. Hannibal tente de négocier une alliance avec la Macédoine et Magon ne réussit pas a obtenir du renfort pour la campagne d’Hannibal, Carthage préférant défendre ses possession en Hispanie. Alors que Maharbal continue de défier son autorité, Hannibal décide de lui confier le commandement de l’armée…

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Page 133

Ad Astra est un très bon manga et une bonne lecture pour tous ceux qui s’intéresse à l’histoire romaine. La narration est fluide et, sans trop s’attarder sur les détails de la stratégie militaire, nous offre tout de même un récit d’action captivant. Bien sûr, comme toute fiction historique, le récit prend quelques libertés avec les faits connus au profit de l’intrigue. Toutefois, le récit progresse très lentement: les sept premiers volumes n’ont jusqu’à maintenant couvert que les deux premières années du conflit (qui dura quinze ans)! Pour couronner le tout, le dessin est très beau. Le style clair et très précis est assez efficace pour bien décrire les scènes de combats. Un manga que je recommande vivement.

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. VII, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, septembre 2015. 234 pages (206 pl), 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 978-2-35592-866-6. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-5

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Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

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Capsules

They called us enemy

They-Called-Us-EnemyGeorge Takei has captured hearts and minds worldwide with his captivating stage presence and outspoken commitment to equal rights. But long before he braved new frontiers in Star Trek, he woke up as a four-year-old boy to find his own birth country at war with his father’s—and their entire family forced from their home into an uncertain future.

In a stunning graphic memoir, Takei revisits his haunting childhood in American concentration camps, as one of over 100,000 Japanese Americans imprisoned by the U.S. government during World War II. Experience the forces that shaped an American icon—and America itself—in this gripping tale of courage, country, loyalty, and love.

[Text from the publisher’s site; see also the backcover]

The second season of the TV series The Terror, subtitled Infamy, was set in a Japanese-American internment camp around old Japanese ghost stories. It was quite interesting (stars-3-5). George Takei, of Star Trek fame, who had experienced the camps in his childhood, was asked to be a consultant and, since he is also an actor, to be a member of the cast. He incorporated a lot of his own experience into the TV series. This comic memoir, where Takei recounts the whole traumatic experience of the internment camps, could be a good companion book to the TV series.

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The storytelling is excellent as it not only chronicles the daily life of his family inside the camp, how he felt as a four-year-old and what was the impact on his later life, but it also tells us of the journey that brought him to want to share this story. However, if it is presented has a book for all ages, it should probably more appropriately targets a teenage readership as the story is very serious, with references to policies and politics that kids would probably not understand.

The artwork is generally nice but often a little crude and simplistic with an overuse of screentone to add shades and textures. The story would have been better served by a more professional graphic style. However, this look was probably chosen to make the book feel more accessible.

Overall, it is a very interesting comics about an important (but little known) part of American history that should be a mandatory reading in civics or history classes all over America. A must (particularly now).

They called us enemy, co-written by George Takei, Justin Eisinger, Steven Scott, and illustrated by Harmony Becker. Marietta: Top Shelf Comics (imprint of IDW Publishing), July 2019. 208 pages, 6.5 x 19 in, $US 19.99 / $C 25.99. ISBN 978-1-60309-450-4. For teenage readers (12+). stars-3-5

For more information you can consult the following web sites:

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© 2019 George Takei

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Capsules

Isabella Bird 5

IsabellaBird-v5-cov“En quittant Niigata, Isabella a entamé la deuxième partie de son périple vers l’île d’Ezo… Un chemin semé d’embûches, mais également riche en belles rencontres ! À Yamagata, c’est un Japon déchiré entre occidentalisation galopante et respect des anciennes traditions que l’aventurière découvre avec des sentiments partagés…

Déchiré, Ito l’est tout autant, lui qui a reçu une nouvelle lettre de Charles Maries : l’éminent chasseur de plantes passe à l’offensive et menace à présent de le traîner en justice ! À mesure que les problèmes de santé de son employeuse s’aggravent, l’interprète doute de plus en plus. Et s’il était en train de la mener à sa perte ?

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, Femme exploratrice est un récit passionnant sur les rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, un nouveau talent prometteur !”

[ Texte de la couverture arrière ]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le sixième, est paru au Japon en juillet 2019 (toutefois aucune date de parution n’a encore été annoncé pour la France).

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Page 14

Le cinquième volume débute le 16 juillet 1878 (an 11 de l’Ère Meiji) alors que Ito, guide et interprète d’Isabella Bird, poste une lettre pour le légat britannique Harry Parkes. Le lendemain, ils quittent Yamagata dans des conditions pluvieuses difficiles. Le guide se perd dans les montagnes mais la carte et la boussole d’Isabella leur permet de garder le cap et ils parviennent à Kaneyama. Toutefois, Isabella fait une sévère réaction à une piqûre de guêpe.

S’ensuit un long flashback d’une centaine de pages qui nous révèle enfin l’origine du personnage principal. Depuis son enfance, Isabella est atteint d’une déviation de la colonne vertébrale qu’une chirurgie n’a pas réussi à corriger. Elle souffre de douleurs chroniques et de dépression (la mélancolie accentuant ses névralgies). Après l’avoir examiné, John Bishop—un jeune docteur qui remplace son médecin traitant maintenant retraité—recommande qu’elle abandonne corset et médications. Il propose qu’elle voyage plutôt à l’étranger pour assouvir sa curiosité naturelle et ainsi combattre l’ennui et la dépression. Elle promet d’écrire à sa soeur Henrietta tout les jours. 

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Toutefois, après un premier voyage en Australie et en Nouvelle-Zélande en 1872, elle songe à revenir en Angleterre. Sur le bateau, elle fait le rencontre de Lady Dexter et de son fils Matthew, qui est gravement malade. Alors que le jeune garçon est en pleine crise et crache le sang, le rafiot est endommagé dans un ouragan. Isabella réagit rapidement et avec calme pour sauver l’enfant — et découvre que l’action (et l’adrénaline) est le remède qu’il lui faut. Elle fait donc escale aux Îles Sandwich (Hawaï) avec les Dexter. Elle y rencontre Mary Carp (et sa guide Deborah) et, avec elles, découvre les coutumes locales. Ils escaladent le mont Kilauea à dos de cheval afin d’en observer le cratère en éruption. C’est là qu’elle décide de devenir une aventurière! [Elle y écrit, entre autre, le livre Six Months in the Sandwich Islands — cf. Amazon or Google Books]

Un médecin japonais examine Isabella et lui prépare un médicament fait de plantes médicinales. Il note ses problèmes de dos et suggère à Ito de la dissuader de continuer son voyage. Ito fait part à Isabella de ses réservations mais celle-ci plaide qu’elle se sent vivre seulement si il y a du danger et que si elle voyageait confortablement elle n’aurait pas l’occasion d’observer la vie quotidienne et les coutumes des contrées reculées. Ito lui annonce alors que Charles Maries insiste pour qu’il revienne à son service et offre de le payer mieux. Il la quittera donc à la prochaine étape, après avoir descendu le fleuve Omono jusqu’au port de Akita !

Avec ce cinquième volume, le récit progresse rapidement. Isabella fait des découvertes sur la place des insectes dans la culture Japonaise et sur la médecine traditionnelle. Toutefois, ce volume est surtout riche en révélation sur la vie d’Isabelle Bird elle-même. C’est donc une histoire captivante qui est merveilleusement illustrée par le style riche et détaillé de Sassa—quoique le graphisme est inégale : si certaines cases sont parfois maladroites, d’autres sont aussi superbes!  

Cependant, ayant commencé à lire en parallèle le récit original d’Isabella Bird, Unbeaten Tracks in Japan (disponible gratuitement sur le  Project Gutenberg, Google Books ou Kindle), je me rend compte que, si les anecdotes et les faits racontés semblent assez fidèles, l’attitude ouverte et compréhensive du personnage n’est pas tout à fait véridique. Dans son ouvrage, Isabella Bird semble avoir envers les Japonais l’attitude condescendante, et même parfois méprisante, qu’on s’attendrait à trouver chez toute aristocrate britannique de l’époque. Ito y est a peine mentionné… Mais je reviendrai sur ce sujet plus tard.  

Malgré tout, Isabella Bird est un excellent manga historique que je recommande chaudement.

Isabella Bird, femme exploratrice T05 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), décembre 2018. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0339-7. Pour lectorat jeune (7+). stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2018 Taiga Sassa. All Rights reserved.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

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Capsules

Revue de Zines [02.019.302]

Une revue de quelques périodiques récents consacrés à la BD et au manga…

Animeland #227 (Juillet-Août 2019)

AL227Un numéro très volumineux (148 pages!) et riche en information mais où je n’ai malheureusement pas trouvé beaucoup de sujets qui m’intéressaient personnellement. Du côté anime, on note un article sur Carole & Tuesday (diffusé sur Netflix). Du côté manga, on note un volumineux dossier (14 pages!) sur les soixante ans de Shônen Magazine (Kōdansha) et Shônen Sunday (Shōgakukan), la partie 3 de la série “Comment éditer un manga: Édito, commercial et fabrication”. Pour le reste du contenu vous pouvez consulter le sommaire du numéro en lignestars-2-5

Animeland HS Été (Juillet-Septembre 2019)

AL-HS-Ete19Un numéro double estival (148 pg) toujours aussi riche en information mais aussi un peu plus ludique. Du côté anime, on y va de palmarès avec les top des persos féminins et masculins, un rapport sur le festival d’Annecy, un petit guide touristique du Japon de l’anime Yuru Camp additionné d’un interview avec le réalisateur Yoshiaki Kyôgoku, ainsi qu’un dossier sur les adaptations live de mangas et anime. Le cahier jeux inclus de nombreux mots mêlés, croisés et codés, ainsi que plusieurs quiz et tests de personnalité, des charades et même un horoscope! De longues heures de plaisirs… Côté manga, ce numéro offre une sélection de manga qui font de bonnes lectures estivales, ainsi que quelques articles sur la mode dans les mangas, sur GastronoGeek et sur des cours de Japonais sur Youtube. Donc, un numéro informatif et divertissant. stars-3-0

dBD #136 (Septembre 2019)

dBD136À la une on retrouve un interview avec Charles Berberian sur la BD de SF Nathanaëlle qui a créé pour son ami dessinateur Fred Beltran (chez Glénat). Il y a aussi des interviews avec Nicolas de Crécy pour Visa Transit 1 (Gallimard), avec Alain Ayroles & Juanjo Guarnido pour Les Indes fourbes (Delcourt), avec Régis & Clément Loisel au sujet de leur exposition au bastille Design Center, avec Tom Tirabosco sur Femme sauvage (Futuropolis), avec Jean-Pierre Dionnet au sujet de ses mémoires Mes Moires: un pont vers les étoiles (Hors Collection) et avec Waxx pour Silencio: l’intégrale (Glénat). 

Dans la cahier critique on note Lone Sloane: Babel une réimagination du personnage de Druillet par Avramoglou & Cazaux-Zago chez Glénat (Super!), l’adaptation de La nuit des temps de Barjavel par Philippe Gauckler: Kebek 1 chez Daniel Maghen (Top! “Un formidable conte d’anticipation”), Candy & Cigarette 2 par Tomonori Inoue chez Casterman (Super! “On prend un plaisir fou à dévorer les pages de ce manga”), et Hi Score Girl T.2 par Rensuke Oshikiri chez Mana Books (Bien. “Un must pour le fans de rétrogaming)”. stars-3-0

dBD #137 (Octobre 2019)

dBD137Dans l’actualité de ce numéro on retrouve la mention d’une vente aux enchères d’originaux de BD organisée par l’expert et galeriste Daniel Maghen (exposition du 9/24 au 10/11 à la galerie Daniel Maghen, l’événement était le 10/11 à la Maison de l’Amérique Latine), la parution de Histoire(s) du manga Moderne (édition augmenté de 1952-2020) par Pinon, Lefebvre & Valente (Ynnis), le manga fantastique Chiisako Garden par Yuki Kodama (Véga), Les recettes légendaires de Dragonball par Thibaud Villanova (Glénat), Génération Astérix un ouvrage collectif qui célèbre les soixante ans de la série (Éd. Albert-René), et Ici ou Ailleurs où Guy Delisle illustre des extraits de textes de Jean Echenoz (L’Association).

À la une on retrouve un interview avec Xavier Dorison autour de Le château des animaux t.1 (Casterman), Undertaker t.5 (Dargaud) et Aristophania t.2 (Dargaud). Le numéro se poursuit avec des interviews de Thierry Smolderen autour de Souvenirs de l’Empire de l’Atome, L’Été Diabolik, et Une année sans Cthulhu (tous avec Alexandre Clérisse chez Dargaud), avec  Laurent-Frédéric Bollée autour de Les Nouvelles Aventures de Bruno Brazil (Le Lombard), et avec Ugo Bienvenu sur Préférence système (Denoël Graphic). 

Dans le cahier critique on note Valkyrie Apocalypse t.1 par Umemura & Ajichika chez Ki-oon (bien) et Gigant t.1 par Hiroya Oku chez Ki-oon (Super). Pas de découverte extraordinaire mais un numéro tout de même riche en information. stars-3-5

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Capsules

Le Monde d’Edena 6: Les réparateurs

Edena-6-LesReparateurs-covL’ultime volume de la grande saga du Monde d’Edena : quatre histoires en forme d’épilogue.

Après Sur l’Étoile, Les Jardins d’Edena, La Déesse, Stel et Sra, Les Réparateurs fait figure d’épilogue ou de points de suspension dans la vaste saga du Monde d’Edena. L’album rassemble en effet quatre récits courts, de formats variables, faisant tous écho, parfois explicitement parfois de façon plus elliptique, à l’univers de Stel et Atan. Les Réparateurs, l’histoire qui donne son titre à l’album, a été conçu pour l’ultime numéro de la revue (À Suivre) de décembre 1997, à la manière d’une boucle temporelle qui n’est pas sans rappeler l’anneau de Möbius auquel Jean Giraud avait emprunté son pseudonyme. La Planète Encore est la pièce de choix de l’album. Créée en 1990, elle renoue avec le principe de l’histoire muette qu’avait développé Moebius dans les années 70 avec Arzach. Les deux derniers récits, Voir Naples et Mourir et voir Naples, conçus autour du même sujet à treize années de distance, se renvoient la balle l’un l’autre, avec beaucoup de poésie.

Quatre échappées belles pour se convaincre, s’il le fallait encore, que Moebius restera pour toujours l’une des très grandes signatures du 9e Art. [Texte du site de l’éditeur]

Les réparateurs nous permet de retrouver Stel et Atan, les deux mécaniciens de l’espace, mais aussi les fameux Pif-Pafs et, en guest star, le Major Grubert. Les quatre récits courts réunis ici nous montrent une fois encore la diversité et la richesse du talent de Moebius. Un nuage de dépaysement, un zeste d’écologie, un soupçon de nostalgie et une très grande dose de poésie, le nouveau cocktail de Moebius ravira tous les fans du Monde d’Edena comme les nouveaux lecteurs. [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Il n’y a pas grand chose que l’on peu rajouter au texte d’introduction de l’éditeur. Les réparateurs nous offre quatre histoires courtes superbement illustrées mais qui n’apportent toutefois pas beaucoup au récit de la série, sinon un peu de nostalgie. Bof. Elle demeurent tout de même intrigantes à lire. Et ce qui rend l’ouvrage un peu plus intéressant c’est que chaque histoire est accompagnée d’un texte explicatif. 

Edena-6-LesReparateurs-p003Dans “Les réparateurs” (8 pages), un duo de réparateurs traverse des ruines sur une planète désertique et parvient dans une vaste caverne. Au centre, un tube où l’on distingue l’image d’un dessinateur penché sur sa planche à dessin. Ils activent un mécanisme et l’image disparait. Sur Terre, le dessinateur a un air satisfait. Stel et Atan auraient-ils redonné l’inspiration à leur créateur? Créée pour le dernier numéro de (À suivre) en décembre 1997, ce récit muet fait écho à “Réparations”, la toute première histoire du Monde d’Edena. La boucle est bouclée…

Edena-6-Voir Naples-p012Dans “Voir Naples” (4 pages), on découvre un univers froid et aseptisé où un personnage affublé d’un manteau et d’un masque au long nez ridicule (la première apparition des pif-pafs!) entâmes un voyage. La destination n’offre que des sortes de cactus délavés. “Ce n’est pas du tout comme les dépliants” pense-t-il. Comme il étouffe, il enlève son vêtement et son masque pour se retrouver devant une superbe vue de la baie de Naples! Réalisé en 1987 dans le cadre de la manifestation “Futuro Remoto” consacré à la diffusion de la culture scientifique, organisée à Naples par la Città della Scienza.

Edena-6-PlaneteEncore-p025Dans ”La planète encore” (23 pages), deux réparateurs voyagent sur une planète désertique. Parfois, dans le ciel on aperçoit le vol d’un ptéroïde… Ils arrivent à un grand temple surmontée d’une statue, traversent une cour occupée par des humanoïdes catatoniques, puis pénètrent le temple par un grand escalier. Ils traversent des corridors, puis effectuent une réparation qui ouvre une porte sur un grand hall avec des statues alignées de chaque côtés sur des socles de pierre. Au bout du hall, un socle vide. En regardant ce dernier, l’un des réparateurs se retrouve dans un monde de rêve habité d’étranges créatures humanoïdes qui chantent et dansent. La statue d’un jeune garçon en position de méditation (le jeune aveugle du Nid dans La Déesse?) apparait sur le socle vide. Dès lors, la végétation se met à pousser rapidement, envahissant toute la planète. Les réparateurs rejoignent leur vaisseau et quittent la planète. Cette histoire muette, nous offre une fable écologique dessinée en 1990 pour un comic book américain célébrant la “journée de la Terre”. Ce récit fait cette fois écho à une histoire de Arzak parue dans Métal Hurlant #4 (4e trimestre 1975): 19-26.

Edena-6-MourirEtVoir Naples-p043dDans “Mourir et voir Naples” (14 pages), le Major voyage dans le désert sur une sorte de cheval à longues oreilles. Il rencontre d’abord une table perdue au milieu du désert, sur laquelle il trouve le dépliant “Moebius à Naples” qui contient “Mourir et voir Naples”. Puis, il fait escale à un petit temple. Trois Pif-pafs géants le capturent, le mettent dans une boite qu’ils jettent dans un volcan. Lorsque le volcan fait éruption, la boite est rejetée à la mer pour finir sur une plage. La Major sort de la boite et saute de joie: c’est la baie de Naples! Une autre histoire muette et absurde qui reprend le thème de “Voir Naples”, créée cette fois en 2000 pour le portfolio d’une exposition sur Moebius à la Città della Scienza de Naples.

Un bel ouvrage d’intérêt plutôt moyen. À lire surtout pour les amateurs de Moebius et du Monde d’Édena

Le Monde d’Edena 6. Les réparateurs, par Moebius. [Tournai] : Casterman, septembre 2001. 54 pages (52 planches), 24 x 32 cm, ISBN 2-203-38038-1. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-2-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Casterman 2001

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents: Sur l’Étoile, Les jardins d’Édena, La Déesse, Stel et Sra.

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Le Monde d’Edena 5: Sra

Edena-5-Sra-covStel et Atana ont été séparés, mais, écrit Moebius en ouverture de Sra, « la force du désir qui pousse Stel vers Atana est telle que rien ne semble pouvoir stopper notre héros dans sa quête. » Ainsi ses pas le portent-ils au monastère de Sra, étrange village « olofène » – ce que signifie, comme chacun sait : « Réservé aux hommes déliés ». Mais déliés de quoi, au juste ?

Travaillé dans une forme onirique et souvent poétique qui fait fréquemment penser à l’écriture automatique des surréalistes, Sra marque le point final de la vaste fresque du Monde d’Edena entreprise par Moebius à partir du milieu des années 80 – Les Réparateurs, publié postérieurement, ne constituant qu’une sorte d’épilogue à l’ensemble de la série. À la manière d’un moderne Gulliver, Stel traverse une succession de mondes étranges ou enchanteurs, avant la confrontation finale avec son ennemi irréductible et malveillant, La Paterne, déterminé à prendre pour toujours le contrôle d’Edena… Tour à tour drôle ou inquiétante, mais toujours brillante et inspirée, l’oeuvre attachante d’un artiste en liberté.

[Texte du site de l’éditeur]

➡︎ (Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs) ⬅︎

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Ayant entendu dire qu’une nouvelle papesse est arrivée au monastère de Sra, Stel traverse le désert (sous l’oeil vigilant des agents de la Paterne) pour s’y rendre en espérant que celle-ci soit Atana. Au monastère, il mange un repas puis on lui offre une chambre. Il rêve qu’il se retrouve dans un monde lilliputien, toujours à la recherche d’Atana. En fait, depuis le début, il est dans un rêve créé par la Paterne afin de piéger Maître Burg… avec succès! Stel s’éveille et tente de sauver la papesse des mains de pif-pafs ninja mais les deux sont tués. Burg est sauvé par une Édelfe. Stel se réveille dans un hôpital psychiatrique. Il se nomme Stélékian, un pilote atteint d’un virus qui “crée un écart (…) entre la réalité de base et le labyrinthe onirique de son moi inconscient”. Guéris, le docteur Burglow le laisse sortir et le capitaine Pattern doit le raccompagner sur Terre. Mais il réussi à faire décoller le vaisseau seul, car rien ne peut l’arrêter dans sa quête pour retrouver Atana… 

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Jusqu’à maintenant, le Monde d’Edena nous offrait une superbe histoire, intéressante et même captivante. Toutefois, dès que le combat entre le bien et le mal se poursuit dans les rêves des héros captifs et/ou endormis, on ne sait plus ce qui est le rêve, ce qui est la réalité et, surtout, qui rêve qui. Avec cette conclusion, Moebius renoue avec la science-fiction délirante et déjantée de ses débuts. Le résultat est un “mindf*ck” très dickien qui proclame que la réalité n’est pas ce que l’on pense et que le monde n’est qu’une illusion. Stel est-il fou ou est-il encore dans le rêve? En fait, il serait dans un rêve, qui est dans un rêve, qui est dans un rêve, etc., un peu comme le film Inception.

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Moebius introduit ici et là dans le récit des éléments qui rappel ses autres histoires (Arzach, Major Fatal) afin de les réunir toutes dans un méga-univers. On retrouve donc une fin en parallèle avec celle du Garage Hermétique où le Major passe une porte pour se retrouver dans le métro de Paris, notre propre réalité. Finalement, en bout du compte, la bande (dessinée) de Moebius se retournerait-elle sur elle-même ???

La fin est un peu décevante car il n’y a pas de véritable conclusion — cela finit en queue de poisson comme disait Horace. Bien conclure une série est notoirement difficile. Toutefois, le récit demeure tout de même intéressant et il nous reste toujours le superbe dessin de Moebius… À lire malgré tout.

Le Monde d’Edena 5. Sra, par Moebius. [Tournai] : Casterman, septembre 2001. 64 pages (62 planches), 24 x 32 cm, ISBN 2-203-34524-1. Pour lectorat jeune adulte (16+). Voir la couverture arrière. stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Casterman 2001

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents: Sur l’Étoile, Les jardins d’Édena, La Déesse et Stel. 

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