The Boy and the Heron

“After his mother’s death, young Mahito moves to her hometown, where a mysterious heron leads him into a fantastic realm shared by the living and the dead.” [Description from Netflix]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

The Boy and the Heron (君たちはどう生きるか / Kimitachi wa dō ikiru ka / lit. “How do you live?”) is the 12th feature-length movie directed by Miyazaki (despite having announced his retirement several time). It is inspired by his childhood and by Genzaburo Yoshino’s 1937 novel How Do You Live? which Miyazaki has read as a boy and is considering as one of his favourites books. The production lasted for seven years.

During WW2, after the fire-bombing of Tokyo, the twelve year-old Mahito moves to his family’s estate in the countryside. His sick mother has died and his father has remarried his mother’s sister.  He feels watched by a strange grey heron. On the expansive estate, there’s an old tower built by his Great-Uncle and that is said to be cursed. He is told to keep away, but, as all teenagers, doesn’t listen. In a coming-of-age experience, the talking heron guides him into a strange parallel world out of time.

This is the weirdest of all Miyazaki’s movies. It is a mish-mash of everything: biographical elements, bits and pieces of most of his previous movies (even from his book Shuna’s Journey), the myth of Orpheus who visits the underworld to save his wife Eurydice, and even Snow White and the seven dwarves (in this case represented by seven old and ugly maids) ! It is a trip through the mind of Miyazaki (maybe he is the Master of the Tower and each of the doors of the tower leads to one of his universe?). It can be a very simple story (a boy saves his aunt/step mom from the meta universe or the boy has a feverish dream following a bad head injury ?) or a very complex metaphysical allegory that doesn’t make much sense. You choose. However, what ever you think of the story the fact remains that it is an incredibly beautiful hand-drawn animation (the backgrounds are really stunning and the effects when the boy runs through the burning streets of Tokyo are quite impressive). A must-see movie particularly if you are a fan of Miyazaki.

TheBoyAAndTheHeronThe Boy and the Heron : Japan, 2023, 124m, Japanese with English subtitles; Dir. & Scr.: Hayao Miyazaki; Art Dir.: Yôji Takeshige; Anim. Dir. & Char. Design: Takeshi Honda; Phot.: Atsushi Okui; Ed.: Rie Matsubara, Takeshi Seyama, Akane Shiraishi; Music: Joe Hisaishi; Prod.: Toshio Suzuki (Studio Ghibli); Distr.: Toho; Cast: Soma Santoki (Mahito Maki), Masaki Suda (The Grey Heron), Kô Shibasaki (Kiriko), Aimyon (Himi), Yoshino Kimura (Natsuko), Takuya Kimura (father: Shoichi Maki), Jun Kunimura (The Parakeet King), Shohei Hino (Great-Uncle). Rated PG. It has received a score of 97% on Rottentomatoes, 91% on Metacritic and 7.4 / 10 on IMDb. With a box office of US$294.2 million, it’s the highest-grossing Japanese film. It also received several awards: Academy Awards, the BAFTA Awards, the Golden Globes, and the Japanese Film Academy. stars-3-5

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ GoogleIMDbNetflixTIFFWikipedia ]

Also, you can check the official trailer on Youtube:

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Ma vie en 24 images par seconde

MaVieEn24ImagesSec-cov“Un parcours hors du commun qui va nous mener du Japon d’après-guerre jusqu’en 2001 et la sortie du film Metropolis. Un parcours fait de rencontres, d’opportunités, de soirées interminables, de jazz, de cigarettes, mais surtout de cinéma. Une passion qui lui a été transmise par son père et qui lui donnera très tôt l’envie de devenir réalisateur. Et c’est le cinéma d’animation qui lui offrira cette opportunité. Autre figure incontournable de ce parcours, celle d’Osamu Tezuka auprès duquel il va travailler des années, notamment sur la première série d’animation : Astro. Puis Rintaro prendra son envol et se verra confier la réalisation d’autres œuvres auxquelles il apportera sa créativité et qui deviendront des réalisations clés de l’histoire de l’animation japonaise : Le Serpent blanc, Sabu et Ichi, Capitaine Albator, Galaxy Express 999, etc. Si le cinéma d’animation japonais est devenu une référence mondiale, c’est en bonne partie grâce à lui.” [Texte du site de l’éditeur]

“Quand un maître de l’animation japonaise se lance dans la création de sa première BD, c’est pour nous raconter son histoire. Un parcours hors du commun qui va nous mener du Japon d’après-guerre jusqu’en 2001 et la sortie du film Metropolis. Un parcours fait de rencontres, d’opportunités, de soirées interminables, de jazz, de cigarettes, mais surtout de cinéma. Une passion qui lui a été transmise par son père et qui lui donnera très tôt l’envie de devenir réalisateur. Et c’est le cinéma d’animation qui lui offrira cette opportunité. Autre figure incontournable de ce parcours, celle d’Osamu Tezuka auprès duquel il va travailler des années, notamment sur la première série d’animation : Astro Boy. Puis Rintarô prendra son envol et se verra confier la réalisation d’autres œuvres auxquelles il apportera sa créativité et qui deviendront des réalisations clés de l’histoire de l’animation japonaise : Le Serpent blanc, Sabu et Ichi, Capitaine Albator, Galaxy Express 999, etc.” [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

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Cette autobiographie en manga du réalisateur Rintarô (Shigeyuki Hayashi de son vrai nom) est un ouvrage extraordinaire. Car non seulement il raconte le déroulement de sa jeunesse et de sa carrière, mais c’est aussi toute l’histoire de l’animation japonaise qu’il nous décrit. Le seul bémol est qu’il le fait dans un style graphique très dépouillé qui n’utilise que de simples traits d’encrage ou de crayonné, presque sans la moindre trame ou ombrage. Il a beau avoir été un grand réalisateur (mais aussi coloriste, intervaliste, superviseur, etc.), mais cela ne fait pas de lui un grand mangaka ! Toutefois la scénarisation et la narration de son récit sont excellentes. Son nom m’était familier, mais j’ai tout de même été surpris de l’importance que son travail a eue dans l’histoire de l’animation japonaise, remontant aussi loin que Le Serpent blanc en 1958 et sur des titres aussi célèbres que Astro, Le Roi Léo, Albator, Galaxy Express 999, Harmagedon, L’épée de Kamui ou encore Métropolis ! 

C’est donc un ouvrage très intéressant, à lire absolument si vous êtes amateur d’animation japonaise.

Ma vie en 24 images par seconde, par Rintarô (Traduction par Shoko Takahashi). Bruxelles: Dargaud / Kana (Coll. Made In), janvier 2024. 256 pages, 22.5 x 29.8 cm, 27.90€ / $C 48.95, ISBN 978-2-5050-7638-4. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2024 Rintaro • Kana / Dargaud (Dargaud-Lombard s.a)

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Revue de ‘zines [002.024.295]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Animeland #246 (avril-juin 2024)

AL246_BERSERKCe numéro nous offre un dossier sur Berserk: survol du titre, portrait de Kentarô Miura, antagonistes fratricides: Guts x Griffith, influences: racines et branches (de Conan le Barbare à Dark Souls), affinités avec le shôjo, les autres oeuvres de Kentarô Miura, magazine de prépublication Young Animal, la relève du Studio Gaga, Berserk à l’écran, entretien avec Yuriko Chiba (dir. animation) et Kazuya Murata (assistant réalisateur). On retrouve également un dossier complémentaire sur la Dark Fantasy: chutes dans les abimes du fantastique, entretien avec Yoshinobu Akita (auteur de Majutsushi Orphen), entretien avec Masahiro Aizawa (char. designer et animation dir. de Orphen), entretien avec Shichirô Kobayashi, entretien avec les mangaka Kaori Yuki (Paradise Lost), Etorôji Shiono (Übel Blatt), Kyôichi Nanatsuki (auteur de Arms Peddler), et Shin’Ichi Sakamoto (#DRCL).

Dans “Wishlist” on commente pèle-mêle une profusion de parutions de mangas, animés et produits dérivés. Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Jeu video (entretien avec Tsukasa Kotobuki, char. Designer de Battle Arena Toshinden), Japon (les Host Clubs), Hommage (mangaka Hinako Ashihara), Secret Files (construction d’univers dans Violet Evergarden), et Humeur.

Plus que jamais, avec la nouvelle formule augmentée, c’est un périodique (un ouvrage!) à lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

Capsules

dBD #184 (Juin 2024)

dBD-184Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Jean Giraud alias Moebius, un biographie par Christophe Quillien chez Éditions Seuil, le collectif Pilote: La naissance d’un journal chez La Déviation, l’adaptation graphique par ArtWord Lab (sous la direction de Lio Xiaoying) de L’alchimiste de Paulo Coelho chez Flammarion, et du collectif Métal Hurlant Spécial Chat aux Humanoïdes Associés. On retrouve également un article sur une série d’expositions dédiées à la bande dessinée au Centre Pompidou. 

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Tom Tirabosco sur Terra Animalia avec Patrick Mallet chez La Joie de Lire et la réédition de L’Oeil de la forêt chez Les Arts Dessinés. Les entrevues se poursuivent avec Yann (sur Tuez la grande Zohra. ! T. 1 avec Phalippou chez Paquet), Gradimir Smudja (sur Jesse Owens: Des Miles et des miles chez Futuropolis), Marion Mousse (sur Pastorius Grant chez Dargaud), ainsi que Yaël Hassan et Marc Lizano (sur La visite au Struthof, camp méconnu chez Nathan). 

Côté manga on nous offre, à la veille des jeux olympiques de Paris, un article sur “La face cachée des mangas de sport“ par Laurent Lefebvre (Igakuri-kun, Kyojin no Hoshi, Ashita no Joe, Captain Tsubasa, Slam Dunk, Rokudenashi Blues, Rookies, Kuroko’s Basket, Free Fight, Hinomaru Sumo, Zero, Le Réve de mon père, Rough, Katsu!, Touch, Jumping, Sakura Namiki, Attack No 1, Ace o Nerae — mais il ne mentionne pas Yawara!, dommage. Sur le sujet du sport il y a d’ailleurs le livre “Le sport animé: 50 ans de séries sportives au Japon” par Bounthavy Suvilay chez Innis). Également, “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : En Selle Sakamichi ! T.1 (Yowamushi Pedaru par Wataru Watanabe, chez Kurokawa), Alice in Kyoto Forest T.1 (Mai Mochizuki & Haruki Niwa, chez Delcourt), La collectionneuse (Yôsuke Takahashi, chez IMHO), Luca Vétérinaire draconique T.1 (Yuna Hirasawa, chez Glénat), Rude Boy (Jiro Taniguchi & Caribu Marley, chez Pika), Tokyo Cannabis T.1 & 2 (Yutô Inai, chez Kana), et Le Septième Prince Démon T.1 (Nitora Noi et Tomoaki Amagi, chez Komikku).

Dans le Cahier Critique je note seulement The Ichinose Family’s Deadly Sins T.1 par Taizan 5 chez Kana (Super!).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

dBD #185 (Juillet-Août 2024)

dBD-185Dans le cahier actualités on retrouve un autre article sur la série d’expositions dédiées à la bande dessinée au Centre Pompidou ainsi qu’un article sur Jean Giraud alias Moebius, la biographie par Christophe Quillien aux Éditions du Seuil.

À la une de ce numéro on retrouve un dossier sur “Rock et BD” qui inclue des entrevues avec Olivier Petit (éditeur de BD musicale) ainsi qu’avec Salva Rubio et Arnaud Le Gouëfflec (scénaristes de BD rock respectivement pour Django Main de Feu chez Dupuis et Underground chez Glénat) et se conclue avec une bédéthèque rock. Les entrevues se poursuivent avec Romain Dutreix (sur Mamie n’a plus toute sa tête T.1 chez Dargaud), ainsi qu’avec Joachim Hérissé et Marion Bulot (sur Le caillou chez Dargaud). On retrouve également un article sur l’exposition Corto Maltese: Une vie romanesque dans le cadre de “La BD à tous les étages” au Centre Pompidou.

Dans la série “Coup de coeur de la rentrée” on nous offre en avant-première des extraits (de trois à cinq pages chacun) pour sept albums : Salon de beauté (Quentin Zuttion, chez Dupuis), Pillow Man, l’homme de nos rêves (Stéphane Grodet & Théo Calméjane, chez Glénat), Nos âmes oubliées (Grégory Panaccione & Stéphane Allix, chez Le Lombard), Les crieurs du crime (Sylvain Venayre & Hugues Micol, chez Delcourt), Mille femmes blanches (Lylian & Anaïs Bernabé d’après Jim Fergus, chez Dargaud), Idéal (Thomas Hayman & Baptiste Chaubard, chez Sarbacane) et Confessions d’un faucheur (Marc Jondot, chez Mosquito).

Côté manga on nous offre un article sur “10 mangas essentiels” : Couteau et piment vert (Yuki Isoya chez Le Lézard Noir), Stand by me Kakuemon (Shuho Sato, chez Meian), River End Café (Akio Tanaka, chez Shiba), Sou Bou Tei (Kazuhiro Fujita, chez Mangetsu), Travaux Publics / Combats (Yuichi Yokoyama, chez Matière), Venus Wars (Yoshikazu Yasuhiko, chez naBan), Akuma-kun (Shigeru Mizuki, chez Cornélius), What did you eat yesterday ? (Fumi Yoshinaga, chez Soleil), The world is dancing (Kazuto Mihara, chez Vega-Dupuis), et Biomega (Tsutomu Nihei, chez Glénat). Également, “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Mission in the apocalypse T.1 (Haruo Iwamune, chez Delcourt), She is beautiful T.1 (Takahide Totsuno & Jun Esaka, chez Kurokawa), Tsubaken T.1 (par ZeN, chez KFactory), Love of Kill T.1 (par Fe, chez Véga-Dupuis), Akuma-kun T.1 (par Shigeru Mizuki, chez Cornélius), Gokurakugai T.1 (par Yuto Sano, chez Pika) et La voie du tablier: Le manuel du yakuza au foyer (par Victoria Rosenthal & Laurie Ulster, chez Kana).

Dans le Cahier Critique je note Dementia 21 T.2 par Shintaro Kago chez Huber (Super!), Nine Peaks T.1 par Tesuhiro Hirakawa chez Ki-oon ((Super!), et Jouer au loup par Kuniko Tsurita chez Atrabile (Top!).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

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L’Aigle des Highlands (Yoko Tsuno 31)

YokoTsuno-31-cov“Il se passe de drôles de choses dans les vestiges de l’abbaye de Loch Castle : des moines fouillent les ruines à la recherche de traces d’une diablesse et de son animal satanique. Mais ces moines sont surpris par Emilia et viennent s’expliquer auprès de Yoko. Ils racontent que la diablesse en question, une adolescente aveugle qui voyait à travers les yeux d’un aigle mécanique, aurait disparu dans une spirale de lumière !

À l’aide de Monya et de son translateur, Yoko part pour le XIIIe siècle découvrir ce qui s’est réellement passé dans l’abbaye calcinée.

Roger Leloup a pris l’habitude d’alterner histoires dans l’espace et histoires « terrestres ». Que ce soit sur (ou sous) Terre ou dans l’espace, ses histoires sont toujours passionnantes et empreintes d’humanisme.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Cette série de bande dessinée centrée sur le personnage de Yoko Tsuno (une belle électronicienne japonaise qui ne vieillit jamais) a été créée par l’artiste belge Roger Leloup après qu’il ait travaillé une dizaine d’années au Studio  Hergé (de 1955 à 1965). Il a imaginé le personnage de Yoko en 1968 pour un épisode de Jacky et Célestin de Peyo. La série est d’abord parue sous la forme d’histoires courtes en collaboration avec Maurice Tillieux dans le Journal de Spirou en 1970 et 1971. Dès mai 1971, Leloup poursuit, en solo, toujours dans Spirou, avec des histoires complètes. Un peu plus de cinquante ans plus tard, à quatre-vingt-dix ans, Roger Leloup nous présente le trente-et-unième récit de son héroïne. Voir mes commentaires sur les aventures de Yoko Tsuno.

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Vol. 31, p. 3 (pl. 1)

Yoko s’est établie en Écosse au Loch Castle de son amie Emilia. Mais des moines rôdent autour de l’abbaye à la recherche d’un secret. Voyage dans le temps au XIIIe siècle avec Monya, juste à temps pour voir l’abbaye brûler et récupérer un jeune moine et un aigle mécanique. De retour au domaine, elle repart au creux de la terre avec Zhyttâ, une amie vinéenne, pour y rencontrer une déesse celte. Syrby et Zarkâ l’amènent dans le labyrinthe où elle rencontre l’Élu, un être synthétique à cerveau bio un peu hostile. Puis retour en Écosse avec l’aigle réparé. Vous y avez compris quelque chose? Moi, non plus. On se demande bien à quoi rime cette histoire… On dirait qu’elle ne sert qu’à mettre en place des éléments pour un futur album…

Histoire rocambolesque, récit répétitif, narration précipitée qui manque parfois de fluidité dans le découpage, dessin très inégal (visages parfois déformés, têtes trop grosses, décors beaucoup moins détaillés, etc.) et qui diminue en qualité d’album en album. Où est la Yoko d’antan et à quand la retraite M. Leloup ? C’est une BD assez moyenne, mais qui reste tout de même une lecture divertissante (et un peu nostalgique si Yoko est l’héroïne de votre enfance).

D(?)Évolution du style de Leloup

Yoko Tsuno 31: L’aigle des highlands, scénario et dessin par Roger Leloup. Marcinelle: Dupuis, mai 2024. 48 pages, 21.8 x 30 cm, 12.50 € / C$19.95 , ISBN: 978-2-8085-0494-2. Recommandé pour public jeune (9+). stars-2-5

Pour plus d’information, vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

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 © Dupuis, 2024.

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Yawara #16

Yawara-16-cov“L’œuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

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Vol. 16, p. 4

Yawara! (やわら!) est une œuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été prépubliée entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. Il y a eu une réédition en format Kanzenban (“collector edition”) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est publiée en français chez Big Kana. Il y a dix-sept volumes de parus jusqu’à maintenant (les trois dernières tomes devraient paraître en octobre 2024, janvier et mars 2025). J’ai déjà commenté les premier, second, troisième, quatrième, cinquième, sixième, les septième et huitième, les neuvième, dixième, onzième, douzième, treizième,  quatorzième ainsi que le quinzième volumes.  

Yawara et Fujiko ont toutes deux abandonnées le judo (l’une pour travailler et l’autre pour la maternité) ce qui laisse le champs libre à Sayaka pour gagner des compétitions. Toutefois, tant Jigorô que Kôsaku, cocottent un plan pour remettre Yawara sur la voie du judo… Mais les manigances de Kuniko et la révélation surprise de l’identité du coach de Sayaka rendent la situation encore plus complexe !

Rien ne manque à ce manga hybride shonen / shojo : de l’action sportive, des personnages attachants, des imbroglios amoureux et des situations cocasses. Il nous offre ainsi une histoire captivante, racontée et illustrée avec brio par Urasawa. C’est donc une très bonne lecture qui est non seulement agréable, mais aussi plutôt amusante. Chaudement recommandé.

Yawara t. 16, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), avril 2024. 322 pages, B&W (8 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8662-8. Sens de lecture originale. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Lire aussi mes commentaires sur les volumes précédents.

© 2014 Naoki Urasawa. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2024 pour l’édition française.  

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Avec Toi

AvecToi-cov“Quand Wataru, alors âgé de cinq ans, décide de recueillir un chat errant, il se doute bien que son terrible père refusera de le garder au sein de son foyer. Pourtant, devant la détresse et la solitude de son fils, mais aussi la détermination du chaton, ce salarié d’ordinaire impassible finit par céder… Au fil des années, Shirô, chat de gouttière sauvé in extremis, deviendra un membre incontournable de cette famille japonaise comme les autres.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

 

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

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p. 57

Avec toi [シロがいて / Shiro ga Ite / lit. “Shiro est là”] est un manga josei par Keiko Nishi. Il a été prépublié dans le magazine trimestriel Zōkan [Special] Flowers (du numéro d’hiver 2015 au numéro du printemps 2018) avant d’être compilé en un seul volume chez Shōgakukan en mai 2018. J’ai découvert cette auteure grâce à la série documentaire “Manben” sur NHK World (voir mon article à ce sujet) qui consacre un épisode à Keiko Nishi (où nous l’observons dessiner des pages de Hatsukoi no Sekai). On la présente comme une mangaka de talent, avec plus d’une trentaine d’années d’expérience, qui se spécialise dans les histoires shōjo et josei romantiques caractérisées par une imagerie élégante, des personnages féminins un peu maladroits et le fait qu’elle tend à représenter les émotions des personnages sans utiliser de mots. Parmi ses œuvres, j’ai déjà commenté Voyage au bout de l’été et Ane no kekkon.

Il s’agit d’une chronique familiale qui s’étend sur une vingtaine d’années où le quotidien d’une famille japonaise typique nous est révélé à travers le chat qu’ils ont adopté : un père antipathique qui travaille trop et a une maîtresse, une mère attentionnée, un jeune garçon qui ne rencontre pas les attentes de son père et fugue pour partir sa propre entreprise avec des copains, une jeune fille qui peine trouver le bonheur… Le récit touchant de la vie d’un chat qui lève le voile sur une société qui est loin d’être idéale…

Avec toi est un très bon manga qui nous offre une histoire intéressante, mais dont la fluidité de la narration est plutôt inégale. Le dessin de Keiko Nishi possède un trait fin, mais simple qui rend la lecture encore plus agréable. J’ai déjà décrit son style comme “élégant”, mais dans le cas de ce one-shot les visages des personnages sont parfois caricaturaux, sans doute afin d’alléger le ton du récit. Une très bonne lecture.

Avec toi, par Keiko Nishi (Traduction: Sébastien Ludmann). Rancon: Édition Akata (Coll. Medium), novembre 2019. 192 pages, 11.2 x 17.6 cm, 7.10 € / $12.95 CAN, ISBN 978-2-36-974-776-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2018 Keiko Nishi. © 2019 Éditions Akata pour l’édition française.

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Les Nuées de l’apocalypse (Pline 12)

Pline-12-covLa conclusion de l’immense fresque romaine de Mari Yamazaki et Tori Miki.

An 79 de notre ère, sous le règne de Titus. Près de Naples, le Vésuve entre soudain en éruption.  Alors que la population, terrorisée, fuit la catastrophe, Pline l’ancien, lui, cherche à s’approcher. Le naturaliste se livre alors aux ultimes observations d’une existence vouée à la recherche de la connaissance.” [Texte du site de l’éditeur]

“Après la mort brutale de Néron, Rome est précipitée dans des troubles qui ne prennent fin qu’avec l’accession au trône de Vespasien. Alors que Pline se hâte de mettre la dernière main à son Histoire naturelle, l’oeuvre de sa vie, il reçoit l’ordre de prendre le commandement de la flotte de Misène, la plus importante de l’Empire, qui est stationnée non loin du Vésuve. Cette mission l’emmène à la rencontre de son destin : à l’automne 79, lorsque le volcan explose soudain, le naturaliste se rend immédiatement sur place.”  [Texte du rabat intérieur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Pline (titre original: プリニウス / Plinius) est un manga seinen par Mari Yamazaki (Thermae Romae) et Miki Tori qui raconte la vie du naturaliste romain Pline l’Ancien. Il a d’abord été prépublié au Japon dans le mensuel Shinchô 45 (de janvier 2014 à octobre 2018), puis dans le magazine littéraire Shinchô (de janvier 2019 à mars 2023), avant d’être compilé en douze volumes chez Shinchôsa. Il a été traduit en français chez Casterman (Collection Sakka).  Voir mes commentaires sur les volumes précédents.

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T.12, p. 10

Après la période trouble qui a suivi la mort de Néron, Vespasien doit voir à rétablir l’ordre dans l’Empire en commençant par les finances et la reconstruction des quartiers détruits de Rome, où il fait construire un immense amphithéâtre près de la statue colossale de Néron (reconvertie en une représentation d’Hélios). Pendant ce temps, Pline est en Tarraconaise où il supervise les opérations d’une mine d’or. De retour à Rome, il s’empresse de terminer son Histoire naturelle, mais l’Empereur lui confie le commandement de la flotte de Misène. Peu de temps après avoir reçu le manuscrit de Pline, qui lui est dédié, Vespasien meurt en juin 79 (à l’âge de 69 ans) et est succédé par son fils Titus. À l’automne 79, Pline inspecte le réservoir de la Piscina mirabilis de Misène. Il reçoit la visite de sa soeur Plinia Marcella et de son fils Gaius Plinius (connu sous le nom de Plinius Secundus ou Pline le Jeune, car il avait été adopté par Pline à la mort de son père). Ils sont rejoints par Félix, ancien serviteur de Pline, qui arrive juste à temps pour sauver Gaius et Livius (le fils de Euclès) de brigands. Ils sont alors témoins de l’éruption du Vésuve. Tant par curiosité que pour sauver le plus de citoyens possible (dont la femme de son ami Tascius), Pline conduit un quadrirème vers Pompéi et Herculanum, mais les pierres ponces couvrant la baie de Naples nuisent à leur progression et il décide donc de changer de cap vers Stabies (sans doute pour tenter de sauver la bibliothèque de la villa de Pomponianus!). Sur un plus petit navire, Félix se rend à Pompéi pour sauver l’hydraulicienne Mirabella. Ils seront projetés dans la mer par le flot pyroclastique et rescapés par Tanitia. Sur la plage, dans l’air rempli de cendres, Pline, qui éprouvait déjà des problèmes respiratoires, meurt étouffé…

Après dix ans, le manga de Pline se conclut enfin. Je dois avouer avoir été un peu déçu par la fin qui m’a semblé précipitée. J’aurais aimé que l’on s’attarde un peu plus sur l’éruption elle-même alors que les auteurs n’y accordent moins de la moitié du volume. Toutefois, le récit est excellent et captivant, avec une histoire très bien documentée et une narration fluide et agréable. L’aspect le plus mémorable demeure le dessin précis et détaillé de Mari Yamazaki et de Tori Miki, lui aussi très bien documenté, qui donne à ce manga sa superbe qualité artistique. C’est donc un beau manga, intéressant (car éducatif) et divertissant, qui offre une lecture passionnante pour tout amateur de manga historique et, surtout, de la Rome antique. Vivement recommandé!

Pline, vol. 12: Les Nuées de l’apocalypse, par Mari Yamazaki et Tori Miki (Traduction par Wladimir Labaere et Ryôko Sekiguchi). Paris: Casterman (Coll. Sakka), mai 2024. 208 pages, 13.2 x 17.9 cm, 8,45 € / $15.95 Can, ISBN: 978-2-203-23740-7. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). stars-4-0

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© 2023 Mari Yamazaki, Tori Miki. © 2024 Casterman pour la traduction française.

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Pomme mécanique

PommeMécanique-cov“Ce volume de la Collection « Osamu Tezuka’s Dark Anthology » contient 10 histoires inédites : Pomme Mécanique, Révolution, Le retour, La montagne du démon, Le diable entre en scène, Immaculée Conception, Yellow Dust, L’exécution a eu lieu à 3 heures, Route de nuit et Le kyste.

Pomme Mécanique : Yûsaku Shirakawa vit dans une petite ville isolée dans les montagnes appelée Inatake. Un jour, des événements des plus étranges se succèdent et Yûsaku constate les routes de sa ville désertes, laissant place à des chars d’assaut qui entourent la ville. Il est le seul à prendre conscience de ces événements anormaux et décide de mener sa propre enquête…

Révolution : Otani assiste à l’accouchement difficile de sa bien-aimée Yasué, qui finit par tomber dans le coma. À son réveil, Yasué ne reconnaît pas son mari et assure s’appeler Minako Hotta. Otani et Yasué décident de partir à la recherche du passé oublié de la femme pour démêler le mystère…”

[Texte de promotion; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

PommeMécanique-p120

p. 120

Pomme mécanique (時計仕掛けのりんご / Tokei Jikake no Ringo) est une anthologie de manga seinen par Osamu Tezuka qui regroupe dix histoires courtes.  Tezuka est surtout connu pour ses manga jeunesse mais, à la fin des années soixante, suite à la popularité grandissante du genre Gekiga et du magazine Garo, il se met à produire des récits beaucoup plus sombre et sérieux, destiné à un public adulte. Cette anthologie regroupe dix de ces récits de mystère, à la limite de l’horreur psychologique, qui traitent de sujets comme crime crapuleux, coup d’état, assassinat politique, drogue stimulante développée par les militaires, perception du temps et de la réalité, réincarnation, et vengeance. Le titre du premier récit (et de l’anthologie) parodie le titre du roman de Anthony Burgess L’Orange Mécanique. L’anthologie a été publié originalement au Japon par Kodansha en 1983 parmi la collection Osamu Tezuka Manga Complete Works (#261), mais cette édition ne contenait que huit récits (omettant “Révolution“ et  “La Montagne du Démon“). Vous pouvez en voir un extrait d’une cinquantaine de pages (en japonais) sur le site de Rakuten.

Liste des récits de Pomme Mécanique (時計仕掛けのりんご) :

  • “Pomme Mécanique“ (時計仕掛けのりんご / Tokei Jikake no Ringo, 63 p., paru le 1970/04/17-05/08 dans ”Weekly Post” (Shogakukan))
  • “Révolution“ (レボリューション / Revolution, 48 p., paru les 1973/01/06, 13 & 20 dans ”Manga Sunday” (Business Nihonsha))
  • “Le Retour“ (帰還者 / Kikan-sha / lit. “Rapatrié”, 38 p., paru les 13 et 27 janvier 1973 dans “Play Comic” (Akita Shoten))
  • “La Montagne du Démon“ (魔の山 / Ma no Yama, 30 p., paru le 08/06/1972 dans “Weekly Shonen Sunday” (Shogakukan))
  • “Le Diable entre en Scène“ (悪魔の開幕 / Akuma no Kaimaku / lit. “l’ouverture du diable”, 28 p., paru en novembre 1973 dans “Suppend Young Comic” (Shonen Gahosha))
  • “Immaculée Conception“ (聖女懐妊 / Seijo Kainin / lit. “Sainte Grossesse”, 22 p., paru en janvier 1970 dans “Play Comic” (Akita Shoten))
  • “Yellow Dust“ (イエロー・ダスト / Yellow Dust, 20 p., paru en juillet 1972 dans “Young Comic” (Shonen Gahosha))
  • “L’Exécution eut lieu à 15 heures“ (処刑は3時におわった / Shokei wa 3-ji ni Owatta, 17 p., paru en juin 1968 dans “Play Comic” (Akita Shoten))
  • “Nuit sur la Rocade“ (バイパスの夜 / Baipasu no Yoru / lit. “Nuit de contournement”, 17 p., paru en octobre 1969 dans “Weekly Post” (Shogakukan))
  • “Le Kyste“ ( / Fukuro / lit. “Sac”, 15 p., paru en mai 1968 dans un supplément de “Manga Sunday” (Business Nihonsha))

Si l’on ignore le style daté et même parfois caricatural de Tezuka, cette anthologie est un véritable chef d’oeuvre qui démontre bien la maîtrise qu’avait le “dieu des mangas” des courts récits de science-fiction. On y retrouve des histoires de très haut niveau qui n’ont rien à envier à la science-fiction américaine de l’âge d’or (années ’30-’50) ou de la nouvelle vague (’60-’70). Un excellent manga qu’il faut lire absolument !

Pomme mécanique : et autres histoires courtes, par Tezuka Osamu (Traduction par Pierre Giner). Pomponne: Isan-Sha (Fuji Manga Classiques / Osamu Tezuka’s Dark Anthology Collection), avril 2024. 320 pages, 17.5 x 24.5 cm, 30.00 € / $56.95 Can, ISBN 978-2-492463-27-3. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-4-0

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© 2023 by Tezuka Production. All Rights Reserved. © 2024 Fuji Manga (Isan-sha s.a.r.l.) pour l’édition française.

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Ane no Kekkon 1

AneNoKekkon-1-cov“Yori Iwatani est bibliothécaire. Elle mène une petite vie tranquille, en veillant à se tenir éloignée des histoires d’amour, qui ne sont à ses yeux que source de complication. Un jour, un très bel homme se présente à elle. Il se dit être un ami d’enfance. Yori pense qu’il s’agit d’un canular. Pourtant Maki affirme avoir grandi à ses côtés, et déclare même qu’ils étaient proches. Aujourd’hui, le jeune homme est marié à une femme qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Yori, cependant cette ressemblance ne lui suffit apparemment pas puisqu’il semble toujours intéressé par Yori. Cette situation est très embarrassante pour la demoiselle qui cherche désespérément à l’éviter !”

[Texte de promotion; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Ane no kekkon (姉の結婚 / “le mariage de ma sœur”) est un manga josei par Keiko Nishi. Il a été prépublié dans le magazine mensuel Flowers (de novembre 2010 à octobre 2014) avant d’être compilé en huit volumes chez Shōgakukan (2011-2014).  J’ai découvert cette auteure grâce à la série documentaire “Manben” sur NHK World (voir mon article à ce sujet) qui consacre un épisode à Keiko Nishi (où nous l’observons dessiner des pages de Hatsukoi no Sekai). On la présente comme une mangaka de talent, avec plus d’une trentaine d’années d’expérience, qui se spécialise dans les histoires shōjo et josei romantiques caractérisées par une imagerie élégante, des personnages féminins un peu maladroits et le fait qu’elle tend à représenter les émotions des personnages sans utiliser de mots.

Premièrement, je ne comprends vraiment pas pourquoi Panini a utilisé le titre original japonais sur la couverture alors qu’une traduction (comme “Le mariage de ma grande sœur”) aurait très bien pu faire l’affaire. Deuxièmement, nous ne pourrons jamais lire la suite de cette histoire en français, car Panini a interrompu la publication de cette série de huit volumes après la parution du troisième. Finalement, je trouve étrange que les seuls ouvrages de cette mangaka de talent a avoir été traduit en français soient des titres assez anciens (Voyage au bout de l’été (亀の鳴く声, 2008 — voir mon commentaire sur ce titre), Ane no kekkon (姉の結婚, 2010-2014) et Avec Toi (シロがいて, 2015)) alors que ses titres plus récents ou en cours de publication sont probablement encore meilleurs puisque son talent a sans doute mûri avec les années et l’expérience. Il faut croire que le genre d’histoire d’amour qu’elle écrit ne doit pas plaire aux Français…

Liste de ses ouvrages récents:

Ceci dit, cette série nous offre un assez bon manga. L’histoire est intéressante (Yori Iwatani est une bibliothécaire dans la quarantaine qui a renoncé à l’amour), mais aussi un peu irritante (à cause du comportement harassant et monstrueux de Makoto Maki, son prétendant), la narration est plutôt fluide et j’aime bien le dessin fin et élégant de Keiko Nishi. C’est une bonne lecture, plutôt agréable. Il est juste dommage que nous ne pourrons pas lire la suite en français au-delà du troisième volume…

Ane no kekkon, par Keiko Nishi. Saint-Laurent-sur-Var: Panini Manga, juillet 2013. 192 pages, 11.5 x 17.5 cm, 7.29 € / $12.95 CAN, ISBN 978-2-8094-3186-5. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© 2011 Keiko Nishi. © 2013 Panini France S.A. pour l’édition française.

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Voyage au bout de l’été

VoyageAuBoutdelEte-cov“Makoto est un fonctionnaire de province on ne peut plus ordinaire. Sa seule passion est de dessiner en secret… des mangas pour filles ! Mais quand un jour, Kureha, jeune lycéenne plutôt triviale, tombe sur ses planches et commence à les lire, leur quotidien va basculer. Cette dernière, complètement enthousiaste et émue par ce qu’elle vient de lire, embarque Makoto de force dans une drôle d’aventure : en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, les voilà partis en direction de Tôkyô, pour présenter le travail de Makoto chez un éditeur ! C’est le début d’un voyage qui changera à jamais leurs vies…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

VoyageAuBoutdelEte-p033

p. 33

Voyage au bout de l’été (亀の鳴く声 / Kame no Naku Koe / lit. “le cri de la tortue”) est un manga josei par Keiko Nishi. Il a été prépublié dans le magazine Flowers (de décembre 2007 à mai 2008) avant d’être compilé en un seul volume chez Shōgakukan en 2008.  J’ai découvert cette auteure grâce à la série documentaire “Manben” sur NHK World (voir mon article à ce sujet) qui consacre un épisode à Keiko Nishi. On la présente comme une mangaka de talent, avec plus d’une trentaine d’années d’expérience, qui se spécialise dans les histoires shōjo et josei romantiques caractérisées par une imagerie élégante, des personnages féminins un peu maladroits et le fait qu’elle tend à représenter les émotions des personnages sans utiliser de mots.

Makoto, un homme reclus de vingt-sept ans, dessine un manga qu’il n’a jamais montré à personne. Dans un café, Kureha, une très belle adolescente avec du caractère, entrevoit le manga et lui demande si elle peut le lire. Elle le trouve si bon qu’elle incite l’homme à le faire publier. Elle le force littéralement à se rendre avec elle à Tokyo pour le présenter à un éditeur. Multiples imbroglios s’ensuivent et il tombe amoureux d’elle et ils finissent ensemble (Yikes! Gare à la différence d’âge!). À travers le récit principal, il y a aussi une autre histoire à laquelle je n’ai pas compris grand-chose (au début, j’ai cru qu’il s’agissait de l’histoire de la famille de la jeune fille, mais serait-ce plutôt l’histoire du manga que l’homme est en train de dessiner ? Ce n’est pas clair).

L’histoire est plutôt bonne et le dessin est assez bien, mais malheureusement l’ensemble reste très décevant, principalement à cause de deux éléments. L’aspect le plus difficile dans la création d’une BD ou d’un manga est d’obtenir une narration fluide, c’est-à-dire que la transition entre les cases offre au lecteur une excellente compréhension du déroulement de l’action. Il est évident qu’à l’époque où elle a créé ce manga, l’artiste ne maîtrisait pas encore cet aspect important de la scénarisation du récit. De plus, Nishi dessine avec des traits assez fins qui malheureusement perdent un peu de détails quand la planche est réduite à un format de poche… Malgré une bonne histoire et un beau dessin, la déficience de la narration en fait un manga plutôt moyen, à lire par curiosité.

Voyage au bout de l’été, par Keiko Nishi. Rancon: Édition Akata, janvier 2018. 190 pages, 11.2 x 17.6 cm, 7.10 € / $12.95 CAN, ISBN 978-2-36974-259-3. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-2-5

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© 2008 Keiko Nishi. © 2018 Éditions Akata pour l’édition française.

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Convoi (Intégral)

Convoi-Intégrale-cov“Nous sommes en 2069. Un jeu virtuel menace de supplanter la vie réelle…

Alors que les premières colonies spatiales n’ont plus aucun contact avec la Terre depuis des années, le président mondial tente d’ultimes manœuvres pour se faire réélire. Pour les citoyens désœuvrés, il reste la réalité virtuelle de Convoi, un second monde où des milliers d’accros du jeu s’efforcent d’attaquer un transport de fonds aux richesses inestimables. Dans ce contexte de tensions politiques, Karen Springwell, une journaliste en perte de sens, se retrouve prise entre aventures virtuelles et dangers réels.

Saurez-vous démêler le vrai du faux, le réel du virtuel, et vous fier aux bonnes personnes dans cette enquête haletante et visionnaire, écrite il y a déjà 30 ans ?” [Texte du site de l’éditeur]

“Écrite et dessinée dans les années qui ont précédé la création d’Internet, la saga du jeu CONVOI’. (1990-1995) dresse le portrait prémonitoire des jeux en ligne multi-joueurs et de la réalité virtuelle… Prévoyant le phénomène avec un recul et une précision remarquables, les auteurs le présentent ici comme une forme d’art dont l’histoire a déjà généré ses chefs-d’œuvre, ses mythes, ses zones d’ombre et ses dangers.” [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Vingt ans plus tard, les Humanoïdes Associés publient une nouvelle édition de l’intégrale de Convoi. Il s’agit d’une bande dessinée de science-fiction écrite par Thierry Smolderen et illustrée par Philippe Gauckler. J’ai déjà commenté ce titre dans mon article “Gauckler Blues,” mais la republication de l’intégrale mérite que l’on s’y attarde à nouveau. Cette histoire a initialement été publiée en quatre volumes: Convoi (1990), Les Prisonniers de Convoi (1991), Les Joueurs de Convoi (1993) et Le Ciel de Convoi (1995). La première version intégrale a été publiée en 2004.

Le récit de Smolderen est excellent. L’intrigue est captivante et la narration très fluide. C’est une histoire de science-fiction plutôt classique, mais avec une touche de space opera et de cyberpunk. Tout à fait le genre de SF que j’adore. L’arrière-plan du récit est intéressant (une technologie et un jeu-virtuel presque prophétique), mais sa force réside surtout dans son intrigue géopolitique, qui n’est pas sans rappeler l’excellente série télé The Expense.  Cela se lit très bien et, à la relecture, la BD m’est apparue encore meilleure que j’en avais le souvenir. J’ai particulièrement apprécié le style graphique de Gauckler, dont je suis un grand admirateur. Il me rappelle beaucoup le dessin de Moebius, avec une palette de couleur plus pastel, et un peu de Edgar P. Jacobs. Ce n’est pas parfait, car le dessin est un peu inégal, mais c’est tout de même drôlement bon. C’est donc une très bonne lecture, à lire absolument, surtout pour les amateurs de BD de SF.

Convoi, par Thierry Smolderen (textes) et Philippe Gauckler (dessins et couleurs). Paris: Les Humanoïdes Associés, janvier 2024. 204 pages, 34,95 € / $59.95. ISBN 978-2-7316-4680-1. Pour public adolescent (14+). stars-4-0

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©  2024 Humanoïds Inc.

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Revue de ‘zines [002.024.238]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

dBD #181 (mars 2024)

dBD-181Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Heart Program T.1 par Hinata Nakamura chez Delcourt/Moonlight, la sortie d’un timbre de la Poste de France à 1.29€ consacré à… Pokémon!, ainsi que le Guidebook Officiel SPY x Family par Tatsuya Endo chez Kurokawa.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Tehem et Appollo sur Vingt-décembre, chroniques de l’abolition paru chez Dargaud et qui raconte l’abolition de l’esclavage sur l’île de La Réunion.  Les entrevues se poursuivent avec Martine Lagardette & Farid Boudjellal (sur Oum Kalsoum, l’arme secrète de Nasser, chez Oxymore), David Cénou (sur Yougo – Un conscrit Casque bleu, chez La Boite à Bulles), Marie Boisson (sur Bianca et la forêt des parents égarés, chez Misma), ainsi que Frédéric Maupomé & Wauter Mannaert (sur La Quête T.1: La Dame du Lac perdu, chez Le Lombard).

Côté manga on nous offre des entrevues avec Shin’ichi Sakamoto (sur #DRCL Midnight Children, chez Ki-oon, mais aussi sur Kiomaru, Nés pour cogner, Ascension, Innocent et Innocent: Rouge, tous paru chez Delcourt/Tonkam), ainsi qu’avec Akinari Asakura & Takeshi Obata (sur Show-ha Shoten !, un manga consacré à l’univers du manzai, paru chez Kana). On retrouve également un article sur l’autobiographie graphique de Rintarô: Ma vie en 24 images par seconde, parue chez Kana. Finalement, “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Blue Giant (l’adaptation animé du manga musical par Shinichi Ishizuka réalisé par Yuzuru Tachikawa), Nodame Cantabille T.1 (Tomoko Ninomiya, chez Pika Masterpiece), Chronique de la mariée de Bretagne (Jinji Takehara, chez Kurokawa), Le cri du Kujima T.1 (Akira Konno, chez Le Lézard noir), The world is dancing T.1 (Kazuto Mihara, chez Véga), Dark Gathering T.1 (Kenichi Kondo, chez Mana Books) et Céline, Une vie parisienne T.1 (Akame Hinoshita, chez Komikku).

Dans le Cahier Critique je note seulement Silent Blue par Icori Ando, chez Delcourt/Moonlight (Bien; “Icori Ando renoue avec la délicatesse qui émanait de Snow Illusion pour un one-shot onirique et mélancolique (…). Cristallin, Silent Blue déploie lentement le sentier conduisant à la connaissance de soi”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #182 (avril 2024)

dBD-182À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Serge Lehman et Frederik Peeters sur Saint-Elme T.5 chez Delcourt. Les entrevues se poursuivent avec Olivier Grenson (sur Le partage des mondes chez Le Lombard), Bédu (sur SangDragon chez Dupuis), Jean-Christophe  Chauzy (sur Sang Neuf chez Casterman), Bruno Lecigne (sur Le système solaire T.1: Mars, avec Fabien Bedouel, et T.2: Jupiter, avec Afif Khaled et Xavier Dujardin, chez Glénat), Timothée Leman (sur Après le monde et Bordeterre T.1: Les Âmes débordées chez Sarbacane), ainsi qu’avec Régis Hautière et Arnaud Poitevin (sur Les Pestaculaires T.1: L’âge tendre chez Rue de Sèvres).

Côté manga on nous offre une entrevue avec Minetarô Mochizuki (sur Dragon Head T.4 chez Pika, Tokyo Kaido T.2-3, Chiisakobé T.3-4 et No manga, No Life T.1 chez Le Lézard Noir). Également, “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Yan T.1 (Chang Shen, Glénat), Gate of Nightmare T.1 (Yoshinorin Matsuoka & Hiro Mashima, Pika), Ramen Akaneko T.1 (Angyaman, Kurokawa), Butareba ou l’histoire de l’homme devenu cochon T.1 (Sakai, Minami & Tohsaka, Soleil), Unnamed Memory T.1. (Furumira & Koshimizu, Mana), 360° Material: Coffret T.1 à 4 (Toko Minami, Delcourt/Tonkam), et Breakdown T.1 (Takao Saito, Vega/Dupuis).

Dans le Cahier Critique je note surtout Danzai Lock T.1 par Yasuko Kobayashi et Masaki Nonoya chez Doki-Doki (Super; “un seinen dystopique plutôt relevé (…) qui maintient le lecteur en haleine tout au long de ce premier tome extrêmement riche et dense“), 

Rien de bien excitant cette fois-ci, mais tout de même une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

dBD #183 (mai 2024)

dBD-183Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Aux origines du manga: de la période Heian à l’ère Meiji par Isao Shimizu aux Éditions de la Martinière.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Christophe Bec sur Les Nouvelles Aventures de Bruce J Hawker T.1 chez Le Lombard.  Les entrevues se poursuivent avec Mo/CDM (sur Gen War T.1-2 chez Fluide Glacial), Bastien Vivès (sur Héritages aux Éditions Huberty & Breyne), Lucas Varelas et Hervé Bourhis (sur American Parano T.1 chez Dupuis), Yu Pei-Yun (sur Le Fils de Taïwan chez Kana), ainsi qu’avec Nicolas Wouters et Mathilde Van Gheluwe (sur Magda, cuisinère intergalactique T.3: Par-delà les étoiles chez Sarbacane).

Côté manga on nous offre un article sur Gou Tanabe (qui adapte H.P. Lovecraft en manga avec entre autre Dans l’abîme du temps, Les montagnes hallucinées L’Appel de Cthulhu et L’Abomination de Dunwich chez Ki-oon) et on en profite pour introduire les autres voix de l’horreur: Kazuo Umezu (Je suis Shingo chez Le Lézard Noir), Shuzo Oshimi (Les liens du sang chez Ki-oon), Junji Ito (Soichi chez Mangetsu) et Mokumokuren (The Summer Hikaru Died chez Pika). Également, “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Le cadavre vivant (Ideshi Hino, IMHO), Death Game T.1 (Miyatsuki & Tanaka, Vega), Stunt T.1: The 9th Ghost (Sora Daichi, Glénat), Le Marquis d’Amnésie T.1 (Cocoa, Harushino & Ichige, Soleil), Le Guérisseur de l’ombre T.1 (Junoichi & Hirshikawa, Komikku), Dead Rock T.1 (Hiro Mashima, Pika) et Le roi des bugs T.1 (Tony, Dupuis).

Dans le Cahier Critique je note Petite Forêt par Daisuke Igarashi chez Moonlight (“Lecture apaisante et pleine de recettes de cuisine auxquelles on ne pense jamais“), The Jojolands T.1 par Hirohiko Araki chez Delcourt (Super; spinoff de Jojo Bizarre Adventure, “Bourré de références à la musique, la mode et la pop culture, The Jojolands est au manga ce que les films de Tarantino sont au cinéma”), Murmures des sous-bois par Kengo Kurimoto chez Rue de Sèvres (Super; “C’est très mignon, bien raconté et assez poético-écologique”) et Le Problème à Trois Corps T.1 par Liu Cixin, Jin Cai et XuDong Cai chez Le Rayon Imaginaire / Hachette Heroes (Bof; “cette version (…) est une vrai déception. La narration est d’une lenteur éprouvante, le découpage extrêmement répétitif, (…) quand au dessin, outre sa platitude et son manque d’inspiration, il baigne dans des couleurs d’ambiances si sombres qu’elles altèrent la lisibilité de l’ensemble”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

 Métal Hurlant N°10 (Février 2024)

MH-10La nouvelle formule de MH est maintenant essentiellement consacrée à la publication de récits inédits (avec occasionnellement un ou deux récits “vintages”, c’est-à-dire qui ont déjà été publié dans les pages du magazine). Ce numéro regroupe 23 récits et 12 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème de “la mécanique du grain de sable” c’est-à-dire quand la réalité dérape — un thème profondément dickien. Comme pour les numéros que j’ai commenté précédemment, la plupart des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas toujours de mon goût mais j’ai trouvé que tous ces courts récits étaient intéressants et méritaient d’être lu. J’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants (narrativement et/ou graphiquement)…

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Trois jours en septembre” (Nikola Pisarev, 11 p.), “Appartement vue mer” (Grégory Panaccione, 9 p.), “Brèches” (Yuri Campos, B&W, 13 p.), “Eva” (Nicolas Pothier & Sera, 6p.), “Une journée comme les autres” (Munuera, 7 p.), “Ne quittez pas” (Chabouté, B&W, 7 p.), “Life in a day” (Jean-Philippe Peyraud & Antonio Lapone, 9 p.), “Le trou” (Eliot, 9 p.), “Life+” (Joseph Falzon, 9 p.), “Touplitou et ses amis” (Thomas Bidault, 5 p.), “Happy death” (Grégory Panaccione & Roberto Zaghi, B&W, 9 p.), “Prendre la vague” (Yann Bécu & Masha Moran, 13 p.), “Comme dans un rêve” (Thea Rojzman & Sandrine Revel, 5 p.), “Bureaucratie éternelle” (Maria Prêtas, 9 p.), “Monsieur Henri” (Poe & Ké Clero, 6 p.), “Une petite fin du monde” (Fabrizio Dori, 9 p.), “Cendres” (Facundo Nehuén López, 11 p.), “Tombés du ciel” (Harry Bozino & Sagar, 11 p.), “Ego 5.2” (Nikola Witko, 9 p.), “Quantum  God” (Florian Breuil, 9 p.), “Eracle” (Alessio Fioriniello, 11 p.), “L’Homme au téléphone” (Jean-Pierre Dionnet & Frank Margerin, paru dans MH en janvier 1977, B&W, 9 p.), et “Sousvivalisme” (Alex Ristorcelli, d’après “Breakfast at Twilight” de Philipe K. Dick, 13 p.).

Une très bonne façon de prendre le pouls de la BD de SF actuelle. stars-3-5

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanosNelliganWikipedia ]

Capsules

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Blue World #1-3

BlueWorld-1-covVol. 1

“Les “trous bleus” conduisant dans le passé sont bel et bien réels. Une expédition a prouvé l’existence de l’un d’eux, au large des Comores. Mais cette fois, un trou bleu menant au Jurassique est découvert au fond du loch Ness. Convoitant les ressources du monde préhistorique, le Royaume-Uni et les États-Unis mettent sur pied une ambitieuse mission d’exploration. Alors que l’équipe est sur le point de se mettre à l’œuvre, un étrange et terrible accident se produit, livrant les survivants à une nature aussi luxuriante que dangereuse…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Blue world T.1, par Yukinobu Hoshino (Traduit par Aurélien Estager). Vanves: Pika Édition (Coll. Pika Graphic), janvier 2022. 332 pages, 17.4 x 24 cm, 20.00 € / 32.95 $Can, ISBN 978-2-8116-5175-6. Pour un lectorat adolescent (14+), sens de lecture original japonais. Extrait disponible.

BlueWorld-2-covVol. 2

“L’expédition devant explorer le Jurassique est bloquée à l’ère des dinosaures à la suite de la disparition du trou bleu ! Pour rejoindre le monde moderne, les survivants n’ont d’autre choix que d’emprunter un autre trou bleu, dont ils ignorent la position exacte. Commence alors un long et périlleux voyage à travers le Gondwana pour rechercher le portail spatio-temporel. Les attaques perpétuelles des dinosaures carnivores et l’hostilité de leur environnement mettra à rude épreuve l’humanité du groupe tout au long du trajet…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Blue world T.2, par Yukinobu Hoshino (Traduit par Aurélien Estager). Vanves: Pika Édition (Coll. Pika Graphic), avril 2022. 336 pages, 17.4 x 23.9 cm, 20.00 € / 32.95 $Can, ISBN 978-2-8116-5176-3. Pour un lectorat adolescent (14+), sens de lecture original japonais. 

BlueWorld-3-covVol. 3

“Arrivée au trou bleu de Tristan da Cunha, le groupe est frappé de désespoir : il est accueilli par d’incessantes éruptions et assailli de bombes volcaniques meurtrières. Résignés, ils reprennent leur traversée infernale vers le trou bleu des Açores… Mais ils doivent désormais parcourir plus de quatre mille kilomètres en une semaine ! L’ampleur absurde de leur tâche les plongera-t-elle tous dans une folie autodestructrice ? De l’autre côté du trou bleu, l’instabilité du passage rend ardu le sauvetage de l’expédition…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Blue world T.3, par Yukinobu Hoshino (Traduit par Aurélien Estager). Vanves: Pika Édition (Coll. Pika Graphic), août 2022. 332 pages, 17.4 x 24 cm, 20.00 € / 32.95 $Can, ISBN 978-2-8116-5177-0. Pour un lectorat adolescent (14+), sens de lecture original japonais. 

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Blue World (ブルーワールド / Burū wārudo) est un manga seinen de science-fiction par Yukinobu Hoshino qui a d’abord été prépublié au Japon dans le périodique mensuel Afternoon entre 1995 et 1998 avant d’être compilé en quatre tomes chez Kōdansha en 1996-1998. Il y a eu également une édition Bunkoban (format poche) en deux tomes en mai et juin 2001, puis une nouvelle édition (Shinsōban) en trois tomes en 2012-2013. C’est cette dernière édition qui a été utilisée pour la traduction française chez Pika. Il a également été traduit en coréen, chinois et thaïlandais. 

Blue World fait suite à Blue Hole (dont j’ai déjà commenté les premier et second tomes), mais avec un nouveau groupe de personnages (principalement les journalistes américains Harry Steele et Margie Carradine, le Professor Camelot et sa petite-fille Pat, le Lieutenant Jean Hart de la Royal Navy, le sergent Scimitar et le Capitaine Glock des U.S. Marines). Une expédition traverse le “trou bleu” du loch Ness et se retrouve cette fois au large des Comores à l’ère jurassique. Toutefois, l’affaiblissement du champ magnétique terrestre amène le trou bleu à se refermer et l’expédition se retrouve coincée à l’époque préhistorique. Dans un récit un peu trop similaire à la série précédente, le petit groupe d’explorateurs doit survivre tant à l’hostilité des dinosaures qui les entourent qu’à l’instinct violent et destructeur des militaires qui les accompagnent ! Une mission de secours est toutefois possible en utilisant les portails spatio-temporels de plusieurs époques, mais pour cela ils doivent se rendre au trou bleu des Açores et ainsi traverser tout le continent africain en une seule semaine! À la fin, tout semble perdu… mais un retournement de situation in extremis permet finalement au groupe de revenir à l’époque moderne.(Surligner pour révéler la dernière phrase. Attention, divulgâcheur!)

Ce manga présente un bon récit d’action qui s’apparente à de la hard science-fiction, car il semble fort bien documenté, mais demeure toutefois plutôt invraisemblable. On y retrouve une action soutenue où l’on peut particulièrement apprécier le style réaliste et précis de Hoshino, qui se rapproche du Gekiga, et qui illustre de façon intéressante la faune et la flore du Jurassique. Cela offre donc une bonne et agréable lecture. stars-3-0

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© 2013 Yukinobu Hoshino. All rights reserved. © 2022 Pika Édition pour la version française.

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Les Saisons d’Ohgishima 4

LesSaisonsdOhgishima-4-cov“1868, Nagasaki. Alors que le Japon entre dans l’ère Meiji, les partisans de la restauration impériale issus du sud du pays affrontent les derniers défenseurs du shogunat d’Edo lors de la guerre de Boshin. Mais la vie suit son cours à Nagasaki, où Tamao, qui poursuit sa formation de courtisane, voit les vagues du temps emporter un à un ceux qu’elle aime.

Après Le Dernier Envol du papillon et La Lanterne de Nyx, découvrez la dernière partie de la “trilogie de Nagasaki”, par Kan Takahama, lauréate du Grand Prix Osamu Tezuka en 2020.” 

[Texte du site de l’éditeur et du rabat intérieur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Les saisons d’Ohgishima (扇島歳時記 / Oogishima Saijiki / lit. “Registres saisonniers d’Ohgishima”) est un manga seinen par Kan Takahama qui a d’abord été prépublié dans les périodiques Torch et Comic Ran en 2019-2022 avant d’être compilé en quatre volumes chez Leed Publishing en 2020-22. Il a été traduit en français chez Glénat. Takahama est une mangaka qui est très populaire en France. Son sujet de prédilection est les relations amoureuses complexes et difficiles, mais elle s’est également intéressé au manga seinen historique, en particulier avec sa “Trilogie de Nagasaki” qui se déroule un peu avant et au tout début de l’ère Meiji (et dont j’ai déjà commenté les deux premières parties: Le Dernier envol du papillon et La lanterne de Nyx, ainsi que les premier, second et troisième volumes des Saisons d’Ohgishima).

Le récit se conclut avec ce quatrième volume. La capitale Edo, où siège le gouvernement, a été renommée Tokyo et c’est le début de l’ère Meiji.  Toutefois, la guerre fait toujours rage dans le Nord et Kojiro se retrouve au cœur de ces combats sanglants. Il craint de succomber à la malédiction de sa famille et de devenir un démon, mais son père se sacrifie pour le faire revenir à Nagasaki. Ganji se livre à la prison et avoue être un Kirishitan mais le soldat de garde le laisse partir. Il a alors une discussion franche avec Mademoiselle Oura. Victor désespère de ne pas pouvoir émanciper Tamao. Sakunosuke disparaît de la maison close et, l’état de santé de Rikiya s’étant dégradé, elle retourne chez elle. Momotoshi veut faire fortune pour pouvoir retourner en Europe. Alors que le monde change autour d’elle, Tama est devenue mature…

Un manga très intéressant et beau, caractérisé par le style un peu particulier de Kan Takahama — angulaire, un peu brouillon, qui utilise beaucoup de trames et de ton de gris ce qui donne de la dimension et de l’originalité à son dessin, qui s’est d’ailleurs beaucoup amélioré depuis le debut de sa trilogie. L’aspect le plus fascinant de ce manga c’est qu’à travers le récit de la vie quotidienne des personnages, Takahama nous fait découvrir la culture et les mœurs d’une période de transition qui constitue sans aucun doute l’époque la plus intéressante de toute l’histoire japonaise. Il nous offre une agréable lecture, à la fois divertissante et instructive, incontournable pour tous amateurs de Takahama ou d’histoire japonaise.

Il ne nous reste plus qu’à attendre patiemment la traduction française, inévitable, du prochain manga de Takahama: Shishi to Botan (獅子と牡丹 / lit. “Le lion et la pivoine”) couramment en prépublication dans Torch. Il traite d’un sujet plutôt similaire, car il raconte l’histoire de Akira Tominaga, un acheteur d’or d’Amakusa qui entreprend une quête pour retrouver les trésors cachés des Kirishitan.

Les saisons d’Ohgishima t.4,  par Kan Takahama (traduction par Yohan Leclerc). Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen, Roman Graphique), mars 2024. 224 pages, 14.5 x 21.0 cm, 10.95 € / $18.95 Can, ISBN 978-2-344-05730-8. Pour un lectorat jeune adulte (16+). Extraits disponibles. stars-3-5

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© Kan Takahama. © 2024 Éditions Glénat pour la traduction française.

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Innocent vol. 2-3

Innocent-2-covVol. 2

L’incroyable histoire du bourreau de la Révolution française. Dans le Paris de 1753, à la veille de la Révolution, Charles-Henri Sanson n’est âgé que de 14 ans lorsqu’il doit, pour la première fois, monter sur l’échafaud dressé en place de Grève pour procéder, au lieu de son père, exécuteur des hautes œuvres de Paris, à un supplice. Résolu à lutter contre le terrible héritage familial, il décide de progresser vers ses propres idéaux, mais le chemin sera long.” [Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Innocent, vol. 2, par Shin’ichi Sakamoto. Paris: Delcourt (Coll. Seinen), mai 2015. 208 pages, 13 x 18 cm, 8.50 € / 14.95 $Can, ISBN 978-2-7560-7115-2. Pour un lectorat jeune adulte (16+).

Innocent-3-covVol. 3

L’incroyable histoire du bourreau de la Révolution française. Pour avoir tenté d’assassiner Louis XV, Damiens est condamné à l’écartèlement, une peine que les Sanson n’ont pas eu à appliquer depuis près de 150 ans. Appelé en renfort pour diriger l’exécution, Nicolas-Gabriel, oncle de Charles-Henri, va apporter plus de problèmes que de solutions. La foule gigantesque qui s’est assemblée pour assister au supplice ne se doute pas encore de l’horreur qui l’attend.” [Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Innocent, vol. 3, par Shin’ichi Sakamoto. Paris: Delcourt (Coll. Seinen), juillet 2015. 224 pages, 13 x 18 cm, 8.50 € / 14.95 $Can, ISBN 978-2-7560-7116-9. Pour un lectorat jeune adulte (16+).

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Innocent (イノサン / Inosan) est un manga seinen par Shin’ichi Sakamoto (dont toutes les œuvres publiées depuis 2004 ont été traduites en français: Kiômaru, Nés pour cogner, Ascension, Innocent et sa suite Innocent – Rouge sont tous disponibles chez Delcourt/Tonkam). Il a d’abord été prépublié au Japon dans le périodique Weekly Young Jump entre janvier 2013 et mai 2015 avant d’être compilé en neuf volumes chez Shūeisha en 2013-2015. Il a été traduit en anglais chez Dark Horse en 2023-2024 (trois volumes omnibus) et en français chez Delcourt en 2015 (neuf volumes). Il raconte l’histoire romancée d’une famille de bourreaux, particulièrement Charles-Henri Sanson (de la quatrième génération), qui a été exécuteur des “hautes œuvres” à Paris durant la Révolution française et la Première République, faisant tomber près de trois mille têtes, dont celle de Louis XVI. J’ai déjà commenté le premier volume. Si vous désirez en apprendre plus sur cet auteur, vous pouvez consulter l’épisode 8 du documentaire Manben Neo par Naoki Urasawa qui lui est consacré ainsi qu’une entrevue dans le magazine dBD #181 (pp. 38-43).

Le récit suit son cours en restant égal au premier volume. S’il est toujours rébarbatif envers la carrière à laquelle il est destiné, Charles-Henri s’entraîne néanmoins à bien l’accomplir, car il est déterminé à ne pas faire souffrir inutilement ses victimes. Ce qui rend ce manga intéressant c’est son thème historique, qui semble bien documenté et qui nous fait découvrir un aspect négligé de l’histoire de France, et aussi le trait superbe, incroyablement détaillé et réaliste, de l’artiste (réalisé grâce au dessin par ordinateur, à l’intégration de photographies et la complicité d’une demi-douzaine d’assistants). Toutefois, le récit — plutôt bizarre et lugubre — est très inégal et manque de fluidité. De gros plans excessifs et un enchaînement déficient entre les cases rendent souvent difficile la compréhension d’une scène.  Un manga à lire par curiosité, si l’Histoire vous intéresse. stars-3-0

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© 2013 Shin’ichi Sakamoto. All rights reserved. © 2015 Éditions Delcourt pour l’édition française.

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#DRCL: Midnight Children 01

DRCL-1-covLe mythe de Dracula revisité par un orfèvre du manga !

À la fin du XIXe siècle, un vaisseau russe embarque d’étranges caisses remplies d’une terre à l’odeur pestilentielle. La traversée des océans est un calvaire pour l’équipage : disparitions et morts suspectes s’enchaînent. Certains parlent d’un fantôme… Quand le bateau parvient enfin à destination en Angleterre, il a tout d’une épave flottante. Alors que la police portuaire se lance à la recherche de survivants, elle tombe sur une énorme créature mi-homme mi-loup, qui disparaît comme par magie…

Quelques instants plus tard, dans le cimetière de la ville, quatre élèves du prestigieux établissement Whitby assistent à une scène terrifiante : un de leurs camarades est capturé par une bête ténébreuse ! Seule Mina Murray, l’unique fille de l’établissement, a le courage de voler à son secours, mais il est déjà trop tard…

Le brillant Shin’ichi Sakamoto (Ascension, Innocent…) revisite le mythe de Dracula et installe le plus célèbre des maudits au cœur de la jeune élite anglaise ! Cette relecture moderne qui dépasse les genres et les frontières est portée par des “enfants de minuit” tous différents, mais unis dans leur volonté de se frayer un chemin à travers les ténèbres…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

#DRCL midnight children est un manga d’horreur seinen par Shin’ichi SAKAMOTO qui est inspiré par le roman Dracula de Bram Stoker. Il est publié en feuilletons dans le magazine Grand Jump depuis janvier 2021 et a été compilé jusqu’à maintenant en quatre volumes chez Shueisha. Il a été traduit en anglais chez Viz (deux volumes parus en septembre 2023 et mars 2024, avec un troisième à paraître en septembre 2024) et en français chez Ki-oon (deux volumes parus en janvier et mai 2024).

DRCL-1-p223

T.01, p. 223

Shin’ichi SAKAMOTO nous offre une relecture du roman de Bram Stoker à sa façon. Le récit, quoique sombre et bizarre, est plutôt intéressant, mais la narration est un peu saccadée et confuse. Toutefois, l’aspect le plus remarquable du manga est le style superbe de Sakamoto qui nous offre un dessin extrêmement détaillé et réaliste (voir mon commentaire sur son manga Innocent à ce sujet). Si vous désirez en apprendre plus sur cet auteur qui s’intéresse surtout aux âmes tourmentées (et dont toutes les œuvres publiées depuis 2004 ont été traduites en français: Kiômaru, Nés pour cogner, Ascension, Innocent et Innocent – Rouge disponibles chez Delcourt/Tonkam), vous pouvez consulter l’épisode 8 du documentaire Manben Neo par Naoki Urasawa qui lui est consacré ainsi qu’une entrevue dans le magazine dBD #181 (pp. 38-43). #DRCL est un manga à lire par curiosité, si l’horreur vous intéresse.

#DRCL midnight children T01, par Shin’ichi SAKAMOTO (d’après Dracula de Bram Stoker / Traduction par Sylvain Chollet). Paris: Ki-oon, janvier 2024. 246 pages (4 en couleurs), 13 x 18 cm, 7,95 € / $15.95 Can, ISBN 979-10-327-1803-2. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2021 by Shin-ichi Sakamoto / SHUEISHA Inc.

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Blue Hole t.2

BlueHole-2-covLe chef-d’œuvre d’un des maîtres japonais de la science-fiction.

Les naufragés du Kronos sont tirés d’affaire ! Une expédition militaire internationale a été montée afin d’explorer le monde au-delà du trou bleu et de secourir les pionniers de sa découverte. Elle n’a toutefois pas qu’un simple objectif de sauvetage : le projet Blue Hole est engagé et le Crétacé n’en est que d’autant plus menacé… Gaïa et ses amis parviendront-ils à sauver les dinosaures et leur écosystème de la menace humaine ?” 

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

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T. 2, p. 8

Blue Hole (ブルーホール / Burū Hōru) est un manga de science-fiction par Yukinobu Hoshino qui a d’abord été prépublié dans Mr. Magazine en 1991-1992 avant d’être compilé en deux tomes chez Kodansha en août 1992 et février 1993. Il a été republié dans un format de poche (bunko) en janvier 1996 et mars 2002. Il a également été traduit en chinois et en français (d’abord chez Casterman en janvier 1996 puis chez Pika en juin 2021). J’ai déjà commenté le premier tome.

Les nations du monde se regroupent pour constituer un corps expéditionnaire destiné à secourir le Kronos mais surtout aussi pour tirer avantage de l’opportunité qu’offre le “trou bleu”. Le projet Blue Hole va donc de l’avant. Toutefois, la crainte que la chute imminente d’une météorite ait des répercussions désastreuses sur le monde moderne au travers du trou bleu force les gouvernements à tenter de l’obstruer. L’action inconsidérée de quelques individus ambitieux mettra cependant les écosystèmes de toutes les périodes temporelles en danger…

Tout invraisemblable qu’il soit, ce manga présente un bon récit d’action qui met en vedette le fascinant monde des  dinosaures et la nature destructrice de l’Homme. Ce qui rend ce manga intéressant c’est surtout le style réaliste et précis de Hoshino, qui est généralement scientifiquement bien documenté (pour l’époque) et qui s’apparente au Gekiga. Il met souvent l’emphase moins sur l’action que sur le sujet même du récit, les merveilles de la nature, et le questionnement moral que cela impose à l’Humanité. Il en résulte une bonne et agréable lecture.

Blue Hole T.02, par Yukinobu Hoshino (Traduit par Aurélien Estager). Vanves: Pika Édition (Coll. Pika Graphic), septembre 2021. 296 pages, 17.5 x 24 cm, 20.00 € / 32.95 $Can, ISBN 978-2-8116-5174-9. Pour un lectorat adolescent (14+), sens de lecture original japonais. stars-3-0

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© 2012 Yukinobu Hoshino. All rights reserved. © 2021 Pika Édition pour la version française.

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Innocent vol. 1

Innocent-1-covL’incroyable histoire du bourreau de la Révolution française.

Le XVIIIe siècle est le siècle des Lumières et de la Révolution française sur lequel repose notre société actuelle. Acteur et témoin privilégié de cette période mouvementée, Charles-Henri Sanson, exécuteur des hautes œuvres de Paris, nous entraîne au long de sa cruelle existence dans une grande fresque historique.

Suite à la paralysie de son père, Charles-Henri prend sa succession et devient bourreau officiel. Il enchaîne les exécutions, met à mort les figures les plus importantes de la révolution comme Danton et Robespierre et torture les condamnés à mort. Seul problème : être bourreau le dégoûte. De ce paradoxe va naître une personnalité trouble et fascinante qu’Innocent se propose d’explorer.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Innocent-1-p021

Vol. 1, p. 21

Innocent (イノサン / Inosan) est un manga seinen par Shin’ichi Sakamoto qui a d’abord été prépublié au Japon dans le périodique Weekly Young Jump entre janvier 2013 et mai 2015 avant d’être compilé en neuf volumes chez Shūeisha en 2013-2015. Il a été traduit en anglais chez Dark Horse en 2023-2024 (trois volumes omnibus) et en français chez Delcourt en 2015 (neuf volumes). Il raconte l’histoire romancée d’une famille de bourreaux, particulièrement Charles-Henri Sanson de la quatrième génération, qui a été exécuteur des “hautes œuvres” à Paris durant la Révolution française et la Première République, faisant tomber près de trois mille têtes, dont celle de Louis XVI.

Malgré qu’elle nous offre un récit plutôt bizarre et lugubre, c’est une lecture intéressante, car il s’agit d’un manga historique qui semble bien documenté. Toutefois le récit est très inégal et manque de fluidité. De gros plans excessifs et un enchaînement déficient entre les cases rendent souvent difficile la compréhension d’une scène. Cependant, ce qui accroît de beaucoup l’intérêt de ce titre est la qualité exceptionnelle du dessin. L’auteur porte une grande attention au détail, produisant ainsi un superbe style très réaliste. Il travaille à l’ordinateur et intègre parfois quelques photos dans les cases. L’épisode 8 du documentaire Manben Neo par Naoki Urasawa démontre bien le grand talent de cet artiste. Un manga à lire par curiosité, si l’Histoire vous intéresse.

Innocent, vol. 1, par Shin’ichi Sakamoto. Paris: Delcourt (Coll. Seinen), mars 2015. 208 pages, 13 x 18 cm, 8.50 € / 14.95 $Can, ISBN 978-2-7560-7003-2. Pour un lectorat jeune adulte (16+). stars-3-0

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© 2013 Shin’ichi Sakamoto. All rights reserved. © 2015 Éditions Delcourt pour l’édition française.

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Le clan des Otori t.4: Les Neiges de l’exil

J04814_LeClanDesOtori_T4_COUV.inddUne fresque puissante au cœur d’un Japon médiéval fantastique sublime: le début du deuxième cycle. 

L’assassinat du sanguinaire chef des Tohan, sire Iida, a renversé l’échiquier politique des Trois Pays. L’heure est aux alliances, mais Takeo et Kaede, tous deux héritiers légitimes de leurs clans, poursuivent d’autres desseins. Fuites, secrets, traques, magie, séduction… Leurs ennemis sont partout. Dissimulés, prêts à frapper.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Le Clan des Otori est une bande dessinée par Stéphane Melchior et Benjamin Bachelier qui adapte la série de romans de fantasy historique Tales of the Otori par Lian Hearn, inspirée par le Japon féodal. J’ai déjà commenté le premier et le second tome, ainsi que le troisième volet qui conclut le premier cycle du récit (basé sur le premier volume, Across the Nightingale Floor parut en 2002). Le second cycle adapte le deuxième tome de la série, Grass for His Pillow parut en 2003.

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T. 4, p. 6

Takeo, que l’on nomme maintenant Minoru, se cache à Yamagata le temps que les choses se calment. Il est protégé par la Tribu mais est en fait prisonnier sous la surveillance d’Akio qui lui est plutôt hostile. Héritier présomptif de l’autorité de la Tribu, sa présence gêne les ambitions du cousin de son père, Kotaro, et de son neveu, Akio. Mais Takeo n’est pas intéressé au pouvoir. On le cache au sein d’une troupe de théâtre saltimbanque. Quant à Kaede, elle donne son allégeance à Araï Daiichi, le nouveau maître des Trois Pays depuis la mort de Iida Sadamu. Elle obtient la permission de retourner chez elle. Maintenant héritière tant des Shirakawa que des Maruyama, on la dit enceinte de Otori Shigeru (en fait, l’enfant est de Takeo). Elle retrouve son domaine de Shirakawa dévasté, sa mère morte et son père gravement blessé. Si elle veut trouver sa place sur l’échiquier du pouvoir, elle doit se faire des alliés.

Cette bande dessinée nous offre une très bonne adaptation du roman de Lian Hearn. C’est un beau récit, captivant, qui se lit bien malgré la complexité des intrigues qui opposent les différentes factions politiques ou religieuses (les clans de Rohan, Seishuu, Otori, Nogushi, la Tribu, les Invisibles, etc.). Si j’apprécie beaucoup moins le style du dessin, brouillon avec des couleurs criardes (qui n’est pas sans rappeler celui de Sfar), celui-ci exprime toutefois bien le récit et ne distrait pas de la lecture. C’est donc une très bonne BD qui nous permet de découvrir plus aisément la série de romans et qui plaira certainement aux amateurs de culture japonaise.

Le Clan des Otori  t. 4: Les Neiges de l’exil, par Stéphane Melchior (texte, d’après l’œuvre de Lian Hearn) et Benjamin Bachelier (dessin). Paris: Gallimard BD (Coll. Fétiche), mars 2024. 88 pages, 23.7 x 31.7 cm, 18.95 € / $C 37.95, ISBN 9782075197007. Pour lectorat adolescent (12+). Extraits disponibles. stars-3-5

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© Liam Hearn, 2003. © Gallimard 2024 pour la présente édition.

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Yawara #15

yawara-15-cov“L’œuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Yawara! (やわら!) est une œuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été prépubliée entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. Il y a eu une réédition en format Kanzenban (“collector edition”) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est publiée en français chez Big Kana. Il y a seize volumes de parus jusqu’à maintenant (les deux suivants paraîtront en juillet et octobre 2024). J’ai déjà commenté les premier, second, troisième, quatrième, cinquième, sixième, les septième et huitième, les neuvième, dixième, onzième, douzième, treizième ainsi que le quatorzième volumes.  

Pour une série relativement frivole, ce quinzième volume nous offre une surprise avec deux sérieux rebondissements (si vous ne voulez pas en savoir plus, ARRÊTEZ DE LIRE ce paragraphe immédiatement !). Malgré tous ses efforts, Hanazono perd de justesse le tournoi Shôjiki de judo universitaire masculin pour la région du Kantô. Toutefois, Fujiko le considère comme son champion et ils deviennent définitivement un couple. Saut dans le temps: Fujiko remporte le tournoi international de judo féminin de Fukuoka dans la catégorie des moins de 61 kg et Yawara fait de même pour les moins de 48 kg. Toutefois, peu de temps après, Fujiko doit abandonner sa carrière d’athlète, car elle est enceinte. Fujiko et Hanazono se marient. Autre saut dans le temps: Cela fait maintenant un an que Yawara travaille à Tsurukame Travel tout en s’entraînant et elle a hâte aux jeux de Barcelone où elle pourra enfin affronter son amie Jody. Après une tournée d’entraînement en Europe, Sayaka Honami est de retour à Tokyo et elle met de nouveau Yawara au défi de l’affronter au championnat par catégories (étape éliminatoire pour les Olympiques)! Toutefois, coup de théâtre, Yawara découvre par hasard que son père, Kojirô, est l’entraîneur de Sayaka ! Yawara est troublée par le fait, qu’à l’âge de cinq ans, elle a vaincu son père lors d’un entraînement et que celui ait par la suite disparu pour perfectionner son judo. Elle se sent responsable d’avoir brisé sa famille et croit qu’il est devenu le coach de sa rivale pour la vaincre. Elle refuse donc d’humilier une seconde fois son père en battant Sayaka et déclare forfait au championnat national. Elle déçoit beaucoup de gens par son absence à Barcelone…

Yawara est en général un manga assez bon, car c’est à la fois un shonen (par son récit sportif) et un shojo (du fait que c’est une comédie romantique). Il mélange en effet avec brio une histoire captivante remplie d’action sportive avec des personnages attachants, mais troublés par de cocasses imbroglios (amoureux ou autres) et cible ainsi un lectorat beaucoup plus large. Le style de Urasawa est plutôt classique et simple, mais est aussi assez beau et très efficace dans son expression de la narration. Toutefois, ce volume, en nous offrant des rebondissements inattendus et un récit beaucoup plus mature que les précédents, devient très intéressant.  C’est donc une excellente lecture qui est non seulement agréable, mais aussi plutôt amusante. Chaudement recommandé.

Yawara t. 15, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), janvier 2024. 322 pages, B&W (8 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8661-1. Sens de lecture originale. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-4-0

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Lire aussi mes commentaires sur les volumes précédents.

© 2014 Naoki Urasawa. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2024 pour l’édition française.  

The Wheel of Time: The Eye of The World GN #5-6

EyeOfTheWorldGN-5-covVol. 5

“Created with the cooperation of the Jordan estate, adapted by well-known comics writer Chuck Dixon and illustrated by the talented Chase Conley, The Eye of the World: The Graphic Novel has been hailed as an exciting interpretation of Robert Jordan’s classic fantasy novel. This volume features brilliant interior art by Marcio Fiorito and Francis Nuguit.

In The Eye of the World: the Graphic Novel, Volume Five, Rand al’Thor and his friends and companions have been separated by attacks by Darkfriends and scattered across the lands. Having persevered, they make their way to Caemlyn, where they hope to be reunited. But their roads have grown ever more dangerous.

Lan, Moiraine, and Nynaeve rescue Perrin and Egwene from the Whitecloaks. But five traveling together attract more attention than two or three traveling on their own….

Rand and Mat have encountered more than one Darkfriend, often barely escaping without injury. They’re out of money and in too much danger to stop and work for more. Luckily, they make some new friends, but unluckily, Rand tumbles into a royal garden, where he is seized by the Palace Guards and hauled before the Queen….”[Text from the publisher’s website]

EyeOfTheWorldGN-6-covVol. 6

“Created with the cooperation of the Jordan estate, adapted by well-known comics writer Chuck Dixon and illustrated by the talented Chase Conley, The Eye of the World: The Graphic Novel has been hailed as an exciting interpretation of Robert Jordan’s classic fantasy novel. This final volume features brilliant interior art by Francis Nuguit.

The Eye of the World: the Graphic Novel, Volume Six, Rand al’Thor and his companions—his old friends from Emond’s Field; the brave warrior Lan Mandragoran; and Moiraine, the mysterious and powerful Aes Sedai—have at last been reunited. Their journey in search of the Eye of the World nears its climax as they dare the otherworldly Ways, guided by an Ogier, Loial, and narrowly escape the menace of the soul-stealing Machin Shin. When the group reaches the realm of the Green Man, they believe themselves safe. But two of the Forsaken are waiting for them, ready to attack and to guide their dark lord, Ba’alzamon, to the ones he has been seeking!

When the three young men left Emond’s Field, they were untried blades. Their long journey has stolen much of their innocence and made them seasoned warriors, given them powers and gifts they did not seek and are still learning how to use. But not until the final moments are they sure which of them the Dark One intends to claim… and whether that one is strong enough to fight back and survive.” [Text from the publisher’s website]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

The graphic novel adaptation of Wheels of Time TV series on Amazon Prime Video (and, above all, of Robert Jordan’s fantasy novels series) continues with the fifth and sixth volumes (I have already commented on volumes one, two, three and four).  As I have already said, the comic summarizes the story of the novel very well (as it is much more faithful to the novels than the TV series) but the art is quite inconstant as the artist changes with each volume. So much so that I almost abandon reading this series, but curiosity got the best of me. However, as the story of the first book comes into a conclusion, you are so caught up in the action that the artwork doesn’t really matter. Overall, it is an entertaining reading and the graphic novel remains a good way to avoid reading the lengthy novel series (while waiting for the next season of the TV adaptation). A relatively good comics if you are curious about the story.

The Wheel of Time Graphic Novel adaptation continues with The Great Hunt vol. 1 (#7) by Rick Hoskin and Marcio Abreu. Vol. 2 will be published in April 2025. Unfortunately it is not yet available in my local library, therefore I will have to suspend my reading of the graphic novel series (and probably give another try to reading Jordan’s novels instead).

The Wheel of Time: The Eye of the World  GN #5, by Chuck Dixon (Based on the novel by Robert Jordan) with Marcio Fiorito and Francis Nuguit (Illustrators). New York: Tor Books, July 2014. 176 pages, 6 5/8 x 10 1/8 in., US $21.99 / CAN $28.99, ISBN 978-0-7653-7425-7. For a teenage readership (12+). stars-3-0

The Wheel of Time: The Eye of the World  GN #6, by Chuck Dixon (Based on the novel by Robert Jordan) with Andie Tong (Illustrator). New York: Tor Books, January 2015. 176 pages, 6 5/8 x 10 1/8 in., US $21.99 / CAN $28.99, ISBN 978-0-7653-7427-1. For a teenage readership (12+). stars-3-0

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Blue Hole t.1

BlueHole-1-covLe chef-d’oeuvre d’un des maîtres japonais de la science-fiction. Au large des Comores, le spécimen d’un poisson disparu depuis 65 millions d’années est capturé… Une expédition scientifique se monte alors et part étudier le phénomène à l’origine de son apparition : un étrange “trou bleu” dont parlent les autochtones. Tout juste trouvée, cette faille dans l’océan aspire les chercheurs et les entraîne en pleine ère du Crétacé, lorsque la Terre regorgeait de reptiles terrestres et marins. Face aux dinosaures les plus hostiles, la survie devient la priorité, mais les objectifs de certains vont attirer le danger sur le groupe et l’écosystème de ce monde encore pur…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

BlueHole-1-p279Blue Hole (ブルーホール / Burū Hōru) est un manga de science-fiction par Yukinobu Hoshino qui a d’abord été prépublié dans Mr. Magazine en 1991-1992 avant d’être compilé en deux tomes chez Kodansha en août 1992 et février 1993. Il a été re-publié dans un format de poche (bunko) en janvier 1996 et mars 2002. Il a également été traduit en chinois et en français (d’abord chez Casterman en janvier 1996 puis chez Pika en juin 2021).

Un groupe de scientifiques qui étudie un mystérieux “trou bleu” dans l’océan Indien (principalement la comorienne Maïa Nagiri, le Dr Hawk, la journaliste Julie Carlyle, le chercheur Alf, le caporal Hood, et le capitaine Voss), est aspiré par un tourbillon et se retrouve de l’autre côté d’une faille temporelle en pleine ère du Crétacé. Ils doivent survivre à une faune et un environnement hostile, peuplé de dinosaures, en espérant une mission de secours. Mais souvent le pire enemi de l’homme, reste l’homme lui-même…

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T.1, pp. 6-7

J’ai déjà lu l’édition de Casterman, dans les années ’90, sous le titre Le Trou bleu, mais je ne crois pas l’avoir commenté. C’était une édition dans un format plus petit (15 x 21 cm), publié dans le sens de lecture occidental avec une traduction de Sylvie Siffointe, une division des volumes différentes et sur un papier de moindre qualité (maintenant jaunie). J’en garde tout de même un très bon souvenirs. Toutefois, cette édition-ci semble de meilleure qualité. À la relecture, j’apprécie encore plus le superbe style précis et détaillé de Hoshino et surtout sa thématique écologique en arrière plan du récit d’aventure. Dès les années ’90 il présentait des préoccupations environnementales dans son récit! Étrangement, même aujourd’hui, les chercheurs tentent de régler les problèmes environnementaux avec des solutions extravagantes (comme le Dr Hawk qui veut siphonner l’air pur du Crétacé et y rejeter les polluants) alors qu’une panoplie de solutions simples suffirait sans doute à prendre soin de notre environnement. Une bonne et agréable lecture.

Blue Hole T.01, par Yukinobu Hoshino (Traduit par Aurélien Estager). Vanves: Pika Édition (Coll. Pika Graphic), juin 2021. 304 pages, 17 x 24 cm, 9.99 € / 32.95 $Can, ISBN 978-2-8116-5173-2. Pour un lectorat adolescent (14+), sens de lecture original japonais. stars-3-0

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© 2012 Yukinobu Hoshino. All rights reserved. © 2021 Pika “edition pour la version française.

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Blue Period #14

BluePeriod-14-cov“Durant les vacances d’été, Yatora est convié à suivre Momoyo et Hachiro dans leur ville natale, Hiroshima. Accompagnés de Yotasuke et de Yakumo, ils se rendent à la maison familiale de Momoyo pour travailler sur les oeuvres qu’ils vont présenter à des concours. Yatora va alors découvrir que c’est là que ses trois camarades se sont rencontrés et qu’ils ont été poussés par une quatrième personne, aujourd’hui décédée, à emprunter le chemin de l’art…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Blue period (ブルーピリオド / Burū Piriodo) est un manga seinen sur l’art écrit et illustré par Tsubasa Yamaguchi qui est sérialisé depuis juin 2017 dans Monthly Afternoon et a été compilé jusqu’à maintenant en quinze volumes chez Kōdansha. La version anglaise est publiée aux USA par Kodansha (quatorze volumes de disponibles) et la version française est publiée chez Pika. Il a remporté plusieurs prix en 2020 (le Manga Taishō et le Kōdansha manga shō; nominé aussi pour le Tezuka Osamu bunka shō) et a été adapté en une série télévisée d’animation en 2021 (douze épisodes animé par le studio Seven Arcs sous la direction de Koji Masunari et Katsuya Asano, sur un scénario de Reiko Yoshida; diffusée sur MBS, TBS, AT-X et sur Netflix). J’ai déjà commenté les trois premiers volumes, les trois suivants, les volumes sept et huit, ainsi que les volumes neuf, dix (en anglais), onze / douze et treize.

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Vol. 14, pp. 4-5

Ce quatorzième volume se concentre surtout sur le passé de Yakumo Murai et comment Yakumo, Momoyo et Kenji ont rencontré Sanada. 

Malgré le style graphique plutôt moyen et le fait que le récit piétine un peu, ce manga reste une lecture intéressante et agréable qui traite des angoisses d’un jeune adulte qui cherche sa place dans le monde de l’art. Un manga plutôt moyen, à lire si le monde de l’art vous intéresse.

Blue period vol. 14 par Tsubasa Yamaguchi (traduction par Nathalie Lejeune). Vanves: Pika (Coll. Seinen), février 2024. 192 pages, 13.5 x 18.3 cm, 7 € 70 /  $22.95 Can, ISBN 978-2-8116-8478-5, Pour lectorat adolescent (12+). stars-2-5

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© 2023 Tsubasa Yamaguchi. All rights reserved.

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Revue de ‘zines [002.024.154]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Animeland #245 (Janvier-Mars 2024)

AL-245Ce numéro nous offre un dossier consacré au Studio Ghibli: son historique, son fonctionnement, Yasuo Ôtsuka (mentor de Miyazaki et Takahata), l’éditeur Tokuma Shoten (support financier), Ghibli et la France, Ghiblothèque, collaborations, Influences, l’équipe, entrevues avec Takeshi Honda (animateur), Akihiko Yamashita (directeur d’animation), Hiroshi Shimizu (animateur), David Encinas (animateur), Le garçon et le héron, et Le voyage de Shuna.

Dans “Wishlist” on commente pèle-mêle une profusion de parutions de mangas, animés et produits dérivés: je remarque surtout, en manga, Anthologie de l’Humain (Moto Hagio chez Glénat), Les Chroniques de la Guerre de Lodoss: La Dame de Falis (Akihiro Yamada & Ryô Mizuno, chez Pika, coll. Masterpiece), Colette: Mémoire d’une maison close (Moyoco Anno, chez Pika), et Les enfants de la baleine (Abi Umeda, chez Glénat); en livre, La Révolution Garo: 1945-2002 (par Claude Leblanc, chez IMHO); en anime, Pluto (produit par Masao Maruyama, dirigé par Masayuki Kojima, diffusé sur Netflix); et en produits dérivés, la bande sonore des meilleurs succès de l’anime Nana (en vinyle, avec Anna Tsuchiya et Olivia Lufkin, chez Microids Records).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Jeu video (Cliff Hanger), Japon (Rakugo, Hita dans la préfecture de Oita), Doublage (Ghibli), Secret Files (Arion vs Gundam), et Humeur.

Plus que jamais, avec la nouvelle formule augmentée, c’est un périodique (un ouvrage!) à lire pour tous fans d’anime. stars-4-0

Capsules

dBD #179 (Déc. 2023-Janv. 2024)

dBD-179Dans le cahier actualités on mentionne la parution d’un coffret édition anniversaire limitée de L’Attaque des Titans t.34 (Hajime Isayama, chez Pika), de Rose à l’île (par Michel Rabagliati, chez La Pastèque) et d’un artbook bilingue consacré à Arzak (Moebius, chez Éditions Moebius Production). Je note également que le Prix Töppfer 2023 a été attribué à l’artiste israélienne Rufu Modan.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Posy Simmonds (sur l’exposition qui lui est consacrée à la Bibliothèque Publique d’Information, Place Georges-Pompidou, et sur True Love: Une romance graphique (chez Denoël Graphic). Les entrevues se poursuivent avec la chanteuse La Grande Sophie, Vincent Henry (sur les vingt ans de La Boîte à Bulles), Fabien Toulmé (sur Inoubliables, chez Dupuis), Audrey Alwett & Chrisstopher Arleston (sur Le grimoire d’Élfie t.4: Le trésor de la tricomancienne, chez Drakoo), Sergio Garcia Sanchez (sur Le ciel dans la tête, chez Denoël Graphic, et Chassé-croisé au Val Doré, chez Dupuis), ainsi qu’avec William & Christophe Cazenove (sur Les sisters t.18: Tu veux ma photo ?, chez Bamboo).

Côté manga, on retrouve un article sur Osamu Tezuka (Dororo, Kirihito, L’Histoire des trois Adolf, Barbara, Demain les oiseaux, MW, La vie de Bouddha, tous chez Delcourt/Tonkam). “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Treize nuits de vengeance t.1 (Kazuo Kamimura, chez Kana), La concierge du grand magasin (Tsuchika Nishimura, chez Lézard Noir), The Big Wall (Kunihiko Yokomizo & Yoji Kamata, chez Paulsen), What did you eat yesterday? (Fumi Yoshinaga, chez Soleil), Mon voeu le plus sincère t.1 (Kiri, chez Kotoon), Humanimals t.1 (Takahiro Kato, chez Pika), Colette: Mémoires d’une maison close (Moyocco Anno, chez Pika).

Dans le Cahier Critique je note Great Trailers t.2 par Akira Miyagawa chez Casterman (Super!; “série postapocaliptique ambitieuse (…) allie action, combats épiques, décors dévastés et méchâmes aux designs léchés”), Sur la colline où poussent encore ces fleurs… t.1-2 par Matsuse chez Doki-Doki (Super!; “drame poignant, où le destin d’un amour tragique se mêle intimement et subtilement à celui d’un empire au bord de l’effondrement”), Yokohama Station Fable t.1 par Yuba Isukari & Gobe Shinkawa (d’après le light novel de Tatsuyuki Tanaka), chez Delcourt/Tonkam (Super!; “dystopiques (…) histoire magistralement dessinée”), Suburban Hell par Tarô Kanafuro chez IMHO (Bien; “recueil de sept histoires qualifiées de hardcore horror par son auteur”).

Ce numéro se conclut avec des extraits de trois à huit pages de cinq albums à paraître en 2024: Vingt-Décembre: Chroniques de l’abolition (Appollo & Tehém, chez Dargaud), Oken: Combats et rêveries d’un poète taïwanais (par Shih-Hung Wu, d’après Yang Mu, chez Le Lombard), À mourrir entre les bras de ma nourrice (par Mark Eacersall, Henri Scala & Raphaël Pavard, chez Glénat), Les derniers jours de Robert Johnson (par Frantz Duchazeau, chez Sarbacane) et Pippin le bon à rien (par Chrigel Farner & Tim Krohn, chez Mosquito).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

dBD #180 (Février 2024)

dBD-180Dans le cahier actualités on retrouve un article sur le nouveau label “Combo” de Dargaud. 

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec les journalistes d’investigation Daniel Couvreur (Le Soir) et Jérôme Dupuis (Le Monde) sur l’affaire des planches volées à la Fondation Jacobs. S’y ajoute une entrevue avec Claude de Saint-Vincent, président du Studio Jacobs. Les entrevues se poursuivent avec l’artiste québécois Delaf (Marc Delafontaine, sur l’excellente reprise de Gaston Lagaffe avec le numéro 22: Le retour de Lagaffe chez Dupuis), Corentin Rouge (sur Thorgal Saga: Wendigo, avec Fred Duval, chez le Lombard), Maud Bénézit (sur J’y vais mais j’ai peur: Journal d’une navigatrice, avecClarisse Crémer, chez Delcourt), et Steven Dupré (sur Les piliers de la Terre T.1, d’après Ken Follet, avec Alcante et Fernandez, chez Glénat).

Côté manga,  Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Monsieur Méchant va détruire la terre (après ses congés) T.1 (Yuu Morikawa, chez Nobi Nobi), Die Wergelder T.1 (Hiroaki Samura chez Pika), Lady Diana: La princesse bien-aimée au destin tragique (Sonoko Azuma & Natsuko Wada, chez Soleil), Skeleton Double T.1 (Tokaku Kondo, chez Kurokawa), Rugger T.1 (Kenji Sonishi & Toshiaki Hirose, chez L’Aqueduc bleu), Cross of the cross T.1 (Shiryu Nakatake, chez Delcourt/Tonkam) et Le fils de Taïwan (Zhou Jia-Xin & Yu Rei-Yun,chez Kana).

Dans le Cahier Critique je note Contes du caniveau par Tadao Tsuge chez Cornélius (Super!; “Plus qu’une simple filiation dans la BD [il est le frère de Yoshiharu Tsuge], Tadao Tsuge est une expérience brutale à partager entre amis les jours de marasme”), Tokyo Mystery Café T.1 par Atelier Sentô chez Dupuis (Super!; “Plus proche d’une BD franco-belge que du manga traditionnel, l’engin peut aussi être vu comme un outil de découverte de Tokyo en parallèle de l’histoire racontée”), et Chasse au cadavre T.2 par Hosui Yamazaki chez Casterman (Super!; “spécialiste des séries horrifiques (…) mais avec un récit qui crée immédiatement un profond décalage entre des personnages d’une douce naïveté et une affaire pour le moins glauque”). 

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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 Métal Hurlant N°9 (novembre 2023)

MH-9Ce numéro regroupe 24 courts récits et 10 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème du futur: “Utopies, dystopies ? Le futur, c’est mieux après”. Comme pour les numéros que j’ai commenté précédemment, la plupart des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas toujours de mon goût mais j’ai trouvé que tous ces courts récits étaient intéressants et méritaient d’être lu. J’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants graphiquement…

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Enfer Perdu” (Romain Brun, 8 p.), “La maison de thé aux trois cordes” (Richard et Rachel Marazano, 10 p.), “Futurette” (Olivier Vatine, 9 p.), “Frère de sang” (Thierry Martin, 15 p.), “Love is like oxygen” (Jerry Frissen / Jorg de Vos, 6 p.), “La perle” (Brouette Hurlante, B&W, 4 p.), “Lupus Fruitio” (Thomas Bidault, 9 p.), “Les déclassés de l’espace” (Benjamin Fogel / Damien Cuvillier, 13 p. ), “Rimbelt: Le porteur de mauvaises nouvelles” (Simeon van den Ende / Sim Bos, 6 p.), “Mouvement Perpétuel” (Tim Adam / Julien Perron, 8 p.), “Hot Ground” (Shof & Shobo / Shof, 11 p.), “Nouvelle Espèce” (Nikola Pisarev, 11 p.), “Poubelle-Dorado” (Simon Hureau, 9 p.), “Demain le futur” (Richard Guérineau, 9 p.), “2138, L’âge adulte” (Étienne. Appert, 9 p.), “Un bonheur sans cesse renouvelé” (Pixel Vengeur, 4 p.), “Un monde plus lisse” (Corbeyran & Rurik Sallé / Nicolas Bègue, 9 p.), “Snow (silent noise of winter)” (Christian Durieux, 7 p.), “Everyday is like Wendy” (Valentin Ramon, 5 p.), “Parlement Solaire” (Facundo Nehuén Lopez, 7 p.), “Signal faible” (Thomas Mourier / Yoann Kavege, 9 p.), “Un ciel couvert de rouge” (Toru Terada, 9 p.), “Mecalove” (Lolita Couturier, 9 p.), et “Top IA” (Alex Ristorcelli, 15 p.).

Une belle découverte quand même. stars-3-0

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanosNelliganWikipedia ]

Capsules

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Yawara #14

Yawara-14-cov“L’œuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Yawara! (やわら!) est une œuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publiée entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. Il y a eu une réédition en format Kanzenban (“collector edition”) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est actuellement publiée en français chez Big Kana. Il y a seize volumes de parus jusqu’à maintenant (les deux suivants paraîtront en juillet et octobre 2024). J’ai déjà commenté les premier, second, troisième, quatrième, cinquième, sixième, les septième et huitième, les neuvième, dixième, onzième, douzième ainsi que le treizième volumes.  

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v. 14, p. 4

Yawara remporte le combat contre sa meilleure ami Fujiko Itô et devient championne nationale de judo féminin. Tout le récit de ce volume tourne autour d’un imbroglio entre Fujiko et son petit ami Hanazono. Fujiko ne pratique le judo que depuis peu, mais a beaucoup progressé grâce à l’entraînement de maître Inokuma. Hanazono a honte de son niveau et refuse de voir Fujiko temps qu’il n’aura pas amélioré sa technique de judo. Quand Yawara découvre la situation, elle décide de s’impliquer en entraînant Hanazono elle-même (ce qui plait beaucoup à Jigorô car cela est aussi un bon entraînement pour Yawara)… Hanazono doit participer au tournoi Shôjiki de judo universitaire masculin pour la région du Kantô et promet de remporter tous ses matchs! Seulement alors, il pourra la revoir. Mais réussira-t-il?

C’est comme toujours un assez bon manga qui est à la fois un shonen (par son récit sportif) et un shojo (du fait que c’est une comédie romantique). Le récit est fort bien écrit car il mélange savamment une histoire captivante remplie d’action sportive avec des personnages attachants, mais troublés par de cocasses imbroglios (amoureux ou autres). Le style de Urasawa est plutôt classique et simple, mais est aussi assez beau et très efficace dans son expression de la narration. C’est donc une très bonne lecture qui est agréable et amusante. Chaudement recommandé.

Yawara t. 14, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), octobre 2023. 322 pages, B&W (14 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 9782505086604. Sens de lecture originale. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Lire aussi mes commentaires sur les volumes précédents.

© 2014 Naoki Urasawa. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2023 pour l’édition française.  

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The Wheel of Time: The Eye of The World GN #4

WheelOfTimeGN-4-Cov“Created with the cooperation of the Jordan estate, adapted by well-known comics writer Chuck Dixon and illustrated by the talented Chase Conley, The Eye of the World: The Graphic Novel has been hailed as an exciting interpretation of Robert Jordan’s classic fantasy novel. This volume features brilliant interior art by Andie Tong.

In The Eye of the World: the Graphic Novel, Volume Four, Rand and Mat, Perrin and Egwene, and their friends and fellow travelers separated into three groups and trying to make their way to Caemlyn as quickly as possible. Perrin and Egwene have fallen in with Elyas and his wolf companions. Perrin is both distressed and intrigued when he discovers that he can understand the wolves. When Thom is apparently killed defending them, Rand and Mat are grief-stricken, but they have no time to mourn, for they know that Darkfriends will soon be on their trail. The boys put Thom’s lessons to good use by performing as gleemen to earn their livelihood as they head along the Caemlyn Road. Moiraine begins to teach a reluctant Nynaeve the way of the One Power, challenging much that the Wisdom thought she understood about the world. Soon all three groups find themselves pursued by Darkfriends. Will they be safely reunited or will their enemies begin to pick them off, one by one?” 

[Text from the publisher’s website]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

The graphic novel adaptation of Wheels of Time TV series on Amazon Prime Video (and, above all, of Robert Jordan’s fantasy novels series) continues with a fourth volume (I have already commented on volumes one, two and three).  As I have already said, the comic summarizes the story of the novel very well (as it is much more faithful to the novels than the TV series) but the art is really inconstant as the artist changes with each volume. In some cases, the art is rather ugly and it’s distracting from the reading. It was so tedious that I had decided to abandon reading this series, but curiosity got the best of me. And this fourth volume, illustrated by Andre Tong, is better but it is still far from a masterpiece. It is nevertheless entertaining and the graphic novel is a good way to avoid reading the lengthy novel series (while waiting for the next season of the TV adaptation). An average comics if you are curious about the story.

The Wheel of Time: The Eye of the World  GN #4, by Chuck Dixon (Based on the novel by Robert Jordan) with Andie Tong (Illustrator). New York: Tor Books, December 2023. 176 pages, 6 5/8 x 10 1/8 in., US $21.99 / CAN $28.99, ISBN 978-0-7653-3631-6. For a teenage readership (12+). stars-2-5

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 © 2013 Bandersnatch Group Inc.

Le Chat du Rabbin #12: La traversée de la mer Noire

ChatDuRabbin-12-cov“Le rabbin, le Malka des Lions et leurs amis racontent au Chat et à Zlabya comment ils ont participé à la Première Guerre mondiale, et comment après les tranchées en France, ils ont été envoyés, en 1918, à Odessa pour un épisode méconnu de l’histoire de l’Hexagone. Des horreurs et des absurdités qu’il entend de la bouche des vieux hommes, le Chat se demande si le pire ne serait pas que son rabbin ait pu avoir un autre chat que lui — trahison !”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

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V. 12, p. 5

Le rabbin est ses amis (le Malka, Bénédiction et El Rebiboh) se remémorent leur jeunesse: la bohème à Paris et la conscription pour la Première Guerre mondiale. Ayant survécu à cette dernière, le rabbin (qui y a été aumônier militaire et se trimbalait avec un chat rouge — qui ne parlait pas, lui, et qui n’est là que pour justifier le titre), en compagnie de ses collègues maghrébins et africains, se fait embarquer sur le cuirassé France pour traverser la mer Noire et se rendre à Odessa en décembre 1918 afin de porter support à la Russie aux prises avec la révolution bolchévique et un mouvement indépendantiste ukrainien. Toutefois, les marins se mutinent et refusent de combattre. C’est la pagaille, les pogroms, l’évacuation de la ville. Ayant retrouvé son chat (qu’il avait perdu dans la pagaille), le rabbin rembarque sur le navire qui se replie vers Toulon

Cet album nous offre moins de réflexions théologiques, mais nous fait plutôt un compte rendu d’événements méconnus et regrettables du colonialisme français. C’est plus sérieux et il est question d’identité. Sfar nous inclut d’ailleurs quelques pages de bibliographie commentée à la fin de l’album. Son style est toujours le même: des planches à six cases, un dessin brouillon et ondulant avec des couleurs criardes. Il y a moins d’humour que dans les volumes précédents, mais cela reste divertissant et surtout instructif. C’est un récit fort, assez intéressant, qui nous fait réfléchir. Une très bonne lecture, donc, que je recommande — surtout pour les amateurs d’histoire (et de Sfar).

Le chat du rabbin, 12: La traversée de la mer Noire, par Joann Sfar. Paris: Dargaud (Coll. Poisson Pilote), octobre 2023. 88 pages, 22.5 x 29.8 cm, 16,99€ / $C 29.95, ISBN 978-2-205-20325-7. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Voir aussi mes commentaires sur les autres volumes du Chat du Rabbin.

© Dargaud 2023.

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Olympia Kyklos #6

OlympiaKyklos-6-covAprès Thermæ Romæ, la nouvelle comédie de Mari Yamazaki !

Démétrios cherche un moyen de redonner vie à sa cité natale, plongée dans la misère après l’organisation hasardeuse d’olympiades qui ont tourné au fiasco. Sa rencontre avec le Kabuki dans le Japon contemporain pourrait-elle lui donner les outils pour faire face à l’absurdité de l’existence ? Cette fois encore, le jeune athlète et peintre sur céramiques trouvera-t-il des réponses dans cette nouvelle forme d’expression de soi ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Olympia kyklos (オリンピア・キュクロス / lit. “Cercles Olympiques”) est un manga seinen par Mari Yamazaki qui a été sérialisé au Japon dans le magazine bimensuel Grand Jump entre mars 2018 et juillet 2022 avant d’être compilé en sept volumes chez Shueisha. Il a été traduit en français chez Casterman. C’est une comédie du style de Thermae Romae (voir aussi mon commentaire sur cette série), mais qui se situe cette fois dans l’antiquité grecque et traite de sujets autour du thème des jeux olympiques. Le manga a sans aucun doute été créé en anticipation des Jeux olympiques de Tokyo de 2020 (mais qui furent reportés à l’année suivante à cause de la pandémie de Covid-19). J’ai déjà commenté les trois premiers volumes ainsi que les quatrième et cinquième tomes.

Le village de Démétrios vit maintenant dans la misère depuis qu’il s’est endetté en essayant d’organiser ses propres jeux olympiques.  Il se remémore qu’il a été lui même orphelin et pauvre, alors il veut faire tout ce qu’il peut pour aider, mais quoi? La performance kabuki de Shôta lui a rappelé une leçon de son enfance: l’absurdité et la colère alimentent le désir de survivre! Il retrouve son vieux maître, devenu esclave dans les ruches du village voisin, et fait la rencontre de l’aède Achaïos qui accepte de l’aider à créer une pièce de théâtre qui ravivera l’espoir de son village. Pour les aider, Zeus utilise sa foudre pour les transporter dans un live house de “Tokyopolis” où ils découvrent le pouvoir enchanteur de… la musique moderne grâce à l’auteur-compositeur Saizô (qui est aussi helléniste). Ils découvrent également le bouddhisme (un moine leur parle du roi grec Ménandre qui suivait les enseignements de Bouddha) et le cinéma (en visionnant Les Sept Samouraïs de Kurosawa!). Ils apprennent à chanter et à jouer de la guitare et retournent au village de Tritonia pour le sauver avec une chanson!

Cette série de manga, qui brille par le superbe style détaillé et précis de Mari Yamazaki, nous offre encore une fois une lecture agréable qui s’avère non seulement divertissante de par ses mises en situation humoristique, mais introduit également les lecteurs à différents aspects de la culture japonaise. Dans ce volume, Yamazaki critique particulièrement la tenue de méga-jeux olympiques qui coûtent une fortune aux villes organisatrices et qui ont perdu l’esprit sportif d’origine au détriment de considérations plus politiques. C’est un très bon manga que je recommande fortement. La série se termine avec le prochain volume.

Olympia Kyklos, vol. 6, par Mari Yamazaki (traduit par Wladimir Labaere & Ryoko Sekiguchi). Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), février 2024. 192 pages, 13.1 x 17.9 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-24015-5. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2018 Mari Yamazaki. All Right Reserved.

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2001 Nights Stories Vol. 1-2

La galaxie n’était que le début… 

Après avoir surmonté une guerre nucléaire totale, l’humanité découvre un morceau de météorite géante aux abords d’une base lunaire. C’est le début d’une ruée vers de nouvelles ressources naturelles et d’un merveilleux voyage dans l’immensité de l’univers. Depuis les planètes du système solaire jusqu’aux galaxies les plus éloignées, vous croiserez les vestiges d’antiques civilisations extraterrestres, découvrirez des systèmes d’évolution distincts de l’homme et rencontrerez ceux que l’on nomme les “semailles d’étoiles”…

Après une première édition en coffret limité, 2001 Nights Stories s’offre un nouvel écrin. Ses deux volumes en version cartonnée deluxe constituent un objet d’exception, tandis que posters et pages couleurs accompagnent cette œuvre monument, pour le plus grand plaisir des adeptes de science-fiction et des esthètes du roman graphique.” [Texte du site de l’éditeur]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

2001NightsStories-extrait12001 Nights stories (2001夜物語 / Nisenichi Ya Monogatari / lit. “Histoires des 2001 nuits”) est un manga seinen par Yokinobu HOSHINO qui a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine mensuel Super Action entre juin 1984 et juin 1986 avant d’être compilé en trois volumes chez Futabasha en 1985-86. Il a été réédité à de nombreuses reprises dont l’édition “Comic Book SIGNAL” (原型版 / Genkei-ban / lit. “version prototype”) en deux volumes chez Kobunsha en septembre et octobre 2007, qui reprenait le format original de la publication en magazine, et qui est l’édition utilisée pour la traduction française de Glénat. Le titre fait à la fois allusion aux contes des Mille et une nuits et au film 2001, L’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (basé sur le roman de Arthur C. Clarke).

Le manga regroupe vingt-deux courts récits de science-fiction qui peuvent se lire indépendamment, mais qui, ensemble, forment une saga racontant la conquête de l’espace interstellaire par l’humanité. Les sept premiers récits constituent un hommage au film de Kubrick alors que Hoshino réinterprète des scènes clés à sa façon. En voici la liste des chapitres: Vol. 1: Première nuit: Le Grand ancêtre; 2e nuit: Lumière cendrée; 3e: La mer de la fertilité; 4e: Maelström III; 5e: Le voyageur du lointain; 6e: La porte des étoiles; 7e: Les orphelins des étoiles; 8e: L’étoile du diable; 9e: La piste des étoiles; 10e: Voyage au-delà du lendemain:  partie 1: Je suis une fusée; partie 2: Un présent de la Terre. Vol. 2: Onzième nuit: Un monde pétrifié —  Expédition A: La cité; Expédition B: Le dernier rivage; Expédition C: Rencontre avec Méduse; 12e: Un vaisseau étranger; 13e: La planète symbiose; 14e: La Dernière évolution; 15e: Colonie; 16e: Time enough for love; 17e: Hier, les oiseaux; 18e: L’odyssée de l’étoile verte; Dernière nuit: Chants de la Terre lointaine.

Le récit est clairement inspiré par la science-fiction américaine des années ’50 et ’60. Comme ce sont des histoires courtes, cela ne laisse pas beaucoup de place au développement des personnages et ceux-ci apparaissent donc plutôt unidimensionnels. Toutefois, l’ensemble du récit nous offre une saga captivante qui s’interroge, non sans une certaine forme de poésie et de romantisme, sur les mystères inconnus que recèle l’univers. L’exploration spatiale n’est pas une aventure facile et elle est donc source de drame. Le récit suscite de l’émotion et de la réflexion sur la nature de l’homme et de sa place dans l’univers. Cependant, ce qui rend cet ouvrage assez exceptionnel c’est la qualité de son graphisme. C’est très beau et l’on ne peut qu’admirer le dessin soigné, précis et réaliste. Hoshino est un artiste de grand talent comme le démontre l’épisode du documentaire “Manben” qui lui est consacré.  À cause de son grand réalisme, ce manga pourrait être considéré comme de la hard SF même si le récit ne donne pas beaucoup de détails scientifiques. À lire absolument pour tout amateur de science-fiction et de manga.

2001 Nights Stories (Version d’origine) vol. 1-2, par Yokinobu HOSHINO. Grenoble: Glénat, Octobre 2023. 354 & 436 pages, 21.8 x 30.8 cm, 32.00 € / $54.95 Can, ISBN 978-2-344-05700-1 & 978-2-344-05724-7. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-4-0

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© Yokinobu HOSHINO, 2007. © Glénat 2023 pour la traduction française.

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Fleurs de pierre, vol. 3

FleursDePierre-3-cov“Les résistants s’entredéchirent pour des raisons ethniques et politiques. C’est le début de la guerre civile. Les Allemands passent à l’offensive militaire. Fi retourne dans la résidence de Meisner, et tente de l’assassiner. Krilo et son groupe rejoignent le quartier général des Partisans à Bihać. Krilo y découvre le tribunal du peuple, qui condamne un homme à mort, et se voit confronté à l’arbitraire de la justice des Partisans.

Fidèles à leur politique de redécouverte d’œuvres majeures du patrimoine de la bande dessinée mondiale, les éditions Revival ont décidé de reprendre l’aventure éditoriale de Fleurs de pierre en publiant l’intégrale des aventures de Krilo en 5 volumes entre octobre 2022 et juin 2025.” [Texte du site de l’éditeur]

La guerre se poursuit en Yougoslavie, tandis que les nazis développent leurs funestes projets. En face, la résistance se déchire. Oustachis, Tchetniks, Partisans, communistes… tous ne sont pas d’accord sur la stratégie à adopter face aux Allemands. La guerre civile est proche. Bientôt, elle va embraser les Balkans. Pendant ce temps, Krilo prend de l’importance au sein des Partisans. Son frère Ivan joue toujours double jeu. Fi, la jeune fille que le nazi Meisner a prise sous son aile, est un petit pion sur un échiquier géant. La grande histoire continue d’imprégner les trajectoires intimes des protagonistes de Fleurs de pierre, chef-d’œuvre absolu de Hisashi Sakaguchi. [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgacheurs)

Fleurs de pierre (石の花 / Ishi no Hana) est un manga seinen par Hisashi Sakaguchi qui nous offre, chose rare, un drame historique prenant place en Yougoslavie durant la Deuxième Guerre mondiale. Il a été d’abord publié en feuilletons dans Comic Tom entre mars 1983 et août 1986 avant d’être compilé en six volumes chez Ushio Shuppansha (1984-1986). Une édition française complète, avec une nouvelle traduction par Ilan Nguyen et présentant des planches renumérisées, est publiée aux Éditions Revival depuis octobre 2022 dans un grand format qui offre le sens de lecture original. J’ai déjà commenté le premier et le second volume.

Ce récit historique nous présente l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale vue à travers les complots et les querelles qui divisent les différentes factions de la résistance yougoslave. Cela en fait une lecture complexe, mais aussi riche pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de cette période. Le style de Sakaguchi est relativement classique, mais ses traits d’encrage simple, mais réaliste expriment parfaitement l’action et les sentiments des personnages. C’est un récit violent, parfois dur, beau aussi, et qui demeure très d’actualité. Une bonne lecture pour raviver la mémoire collective.

Fleurs de pierre, vol. 3, par Hisashi Sakaguchi. Paris: Édition Revival, novembre 2023. 280 pages, 21 x 28 cm, 29 € / $49.95 Can, ISBN 979-10-96-119-77-6. Pour un lectorat jeune adulte (16+). stars-3-0

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© Hisashi Sakaguchi 2021. © Revival 2023 pour l’édition française.

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