Revue de zines [02.19.203]

dBD #135 (juillet-août 2019)

dBD-135Enfin un numéro avec d’excellentes nouvelles! Ce numéro double — un peu plus volumineux (132 pages pour 10,00 € !) — nous offre à la une un interview avec le bédéiste gaspésien François Miville-Deschênes sur Zaroff qu’il dessine avec le scénariste Sylvain Runberg chez Lombard. On retrouve également des interviews avec François Schuiten (qui explique qu’il prends sa retraite de la BD parce qu’il en a marre des conditions difficiles que les éditeurs imposent aux créateurs), avec Gaétan Nocq sur Le Rapport W: Infiltré à Auschwitz aux Éditions Daniel Maghen, avec José Roosevelt sur CE T.13: Acrostiche aux Éditions du Canard, avec les québécois Émile Gauthier et Sébastien Lévesque sur Distorsion: 13 histoires étranges de l’ère numérique aux Éditions de l’Homme (des récits fantastiques tirés de leur podcast et illustrés par RUN), et avec KIM sur Un rêve d’ailleurs aux Éditions du Long Bec.

Dans les actualités, on retrouve notamment un article sur le 30e anniversaire du manga Akira par Katsuhiro Otomo, sur Les compagnons de la libération: Pierre Messmer  par Catherine Valenti & Philippe Tarral aux Éditions Grand Angle, et on mentionne la publication du manga Hi Score Girl par Rensuke Oshikiri chez Mana Books.

dBD nous propose également un dossier sur leur “7 coups de coeur de la rentrée” (avec extraits): Le roi des bourdons par David de Thuin chez Glénat, Les Deux Vies de Pénélope par Judith Vanistendael chez Le Lombard, La Boîte de petits pois par GiedRé & Holly R chez Delcourt, Le Boiseleur T.1 par Hubert & Hersent aux Éditions Soleil, Kebek T.1: Le puits du temps par Philippe Gauckler aux Éditions Daniel Maghen, Louisiana T.1 par Léa & Toussaint chez Dargaud, et Dans la forêt par Lomig d’après Hegland aux Éditions Sarbacane.

Dans le cahier critiques je remarque des commentaires sur Quenotte et le monde fantastique T.1 par Ryô Hirano chez Casterman (“Bien; On s’étonne de moins en moins de la surenchère surréaliste, on rit moins aussi. On est perdu, (…) dans ce qui semble (…) se limiter à une expérience narrative et graphique.”), Humanitas par Aki Yamamoto chez Glénat (“Super: trois belle réflexions sur l’humanité, servies par un graphisme incisif et efficace. À découvrir”), Mes voisins les esprits T.1 par Ushio Shirotori chez Doki-Doki (“Bien: bien fichue (…) dessin efficace, malgré un petit goût de déjà-vu”), Mermaid Prince par Kaori Ozaki chez Delcourt/Tonkam (“Bien; À découvrir”), BL Métamorphose T.1 par Kaori Tsurutani chez Ki-oon (“Super”), et Time Shadows T.1 par Tanaka Yasunori chez Kana (“Super: un premier tome très dense, qui ouvre beaucoup de piste, et qui rend cette série particulièrement prometteuse”).

kebek-t1-le-puit-du-tempsPour moi la meilleure nouvelle c’est l’annonce d’un nouveau Gauckler (voir ci-haut dans les coups de coeur de la rentrée). J’avais vu sur Facebook qu’il travaillait sur un nouvel album (j’espérais une suite à Koralovski mais cette révélation est encore mieux!). Il en parlait depuis longtemps mais là, c’est fait, il nous offre finalement son adaptation libre de La nuit des Temps, le chef-d’oeuvre de René Barjavel (il s’inspire également un peu du roman La sphère d’or de Erle Cox qui avait aussi probablement influencé Barjavel). Cette série d’au moins deux albums, dessinée en couleurs directes sur papier, prend cette fois pour décor (au lieu de l’Antarctique) le nord du Québec (et l’avocat qui apparait dans les premières pages est inspiré par un ami commun!). C’est très prometteur: un de mes romans préférés adapté par un artiste que j’admire beaucoup! J’ai bien hâte de lire ça!

Kebek T.1: Le puits du temps par Philippe Gauckler aux Éditions Daniel Maghen, 88 pages, 19€, ISBN 978-2-35674-074-8, disponible (en Europe) dès le 22 août. dBD nous présente un extrait de cinq pages!

Donc, un numéro plein de découvertes et de bonnes nouvelles. Une excellente lecture! stars-4-0

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Capsules

Mirages d’Emanon

MiragesEmanon-covEmanon a beau posséder une mémoire éternelle, c’est aussi une femme de chair et de sang, avec une mère, un père… et un frère, qu’elle a abandonné dès que leur génitrice a cessé de pouvoir s’occuper des deux enfants. Takuma a terriblement souffert de cette trahison : quand il retrouve enfin sa sœur, il est incapable de lui pardonner !

Trente ans se seront écoulés avant qu’il ne la rattrape à nouveau… Le temps pour la jeune femme de vivre bien des aventures ! De voyages en mirages, suivez-la à travers de nouvelles péripéties…

Emanon est un des personnages les plus fascinants de la science-fiction contemporaine japonaise. Le dessinateur Kenji Tsuruta, tombé amoureux du concept imaginé par l’écrivain Shinji Kajio, donne un visage aussi vivant que mélancolique à cette incarnation féminine du passé, du présent et du futur de l’humanité. Que l’on croie ou non à son histoire, impossible d’oublier Emanon. Et elle non plus ne vous oubliera jamais…

[ Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière ]

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Page 11

Mirages d’Emanon (続さすらいエマノン / Zoku Sasurai Emanon / lit. “Errances d’Emanon Suite”) est le troisième tome d’un manga seinen publié au Japon en novembre 2013. La série, illustrée par Kenji TSURUTA, a été prépublié dans le magazine Comic Ryu et compilé en volumes chez Tokuma Shoten (quatre volumes paru en mai 2008, avril 2012, novembre 2013 et avril 2018). L’histoire est basée sur une série de sept romans de science-fiction par Shinji KAJIO (aussi publiés par Tokuma Shoten), débutée avec une nouvelle en 1983, qui met en scène le personnage de “Emanon” (“no name” en anglais [sans nom] épelé à l’envers), une mystérieuse jeune femme qui a l’étrange pouvoir de se souvenir des vies des tous les individus de sa ligne ancestrale maternelle depuis l’apparition du premier organisme unicellulaire, il y a trois millions d’année! Ce manga a été traduit en espagnol chez Ponent Mon, en anglais chez Dark Horse et en français chez Ki-oon. J’ai déjà commenté le premier tome, Souvenirs d’Emanon, ainsi que le second tome, Errances d’Emanon.

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Page 26

Il ne se passe pas grand chose dans cet album. 1973, Emanon erre dans une forêt de la région de Aso. Elle est recueillie par Ryozo, un auteur qui faisait de la recherche pour un documentaire télé sur les traditions de la région. Fièvreuse, elle ne peut prononcer que les deux premières syllabes de son nom, Ema… donc il l’appelle Emma. Étrangement, celle qui était la mémoire du monde, ne se souvient plus de rien. Elle est complètement amnésique, mais la nuit elle fait d’étranges rêves qui sont des bribes de souvenirs: l’océan primordial, des dinosaures, etc. Elle s’installe en co-habitation chez lui, ils tombent en amour, elle tombe enceinte… Elle suppose, plus tard, que “ses souvenirs avaient été mis en veille pour faciliter le changement de génération…” Mais après la naissance, comme par le passé, l’amnésie se transforme en catatonie et elle devient un légume. Les mémoires se sont maintenant transmissent dans l’enfant qui vient de naître. Pour la première fois, grâce aux efforts de Ryozo et à un travail de réhabilitation, la mère réapprend à parler et à redevenir socialement fonctionnel. C’est pourquoi, Emanon reste beaucoup plus longtemps que d’habitude dans sa “famille”. 1980, Emanon attends avec sa mère sur une plateforme de train alors qu’un homme interpelle sa mère croyant la reconnaitre… Il s’agit de l’étudiant qu’elle avait rencontré sur le traversier dans Souvenirs d’Emanon

Cet album contraste beaucoup avec le volume précédent. D’une part, il ne peut pas être lu indépendamment. D’autre part, on s’attendrait à ce que ce volume poursuivre le récit avec son demi-frère Takuma, entamé dans l’opus précédent, mais il y est totalement absent (quoique Takuma tente de contacter Emanon télépathiquement à une ou deux reprises…). Finalement, alors que le second volume offrait beaucoup plus d’action, celui-ci nous présente un rythme lent, très contemplatif, avec peu de dialogue. C’est le récit d’une autre de ces rencontres éphémères, une tranche de la vie d’Emanon où rien de vraiment significatif ne se passe — sinon l’expression de ses sentiments: sa mélancolie, sa détresse, l’amour entendu de Ryozo…

Même si on se demande où l’auteur veut en venir, c’est une bonne lecture, tranquille, qui rappel un peu l’oeuvre de Taniguchi. C’est aussi très beau. Le style classique de Kenji Tsuruta, où les ombrages et les textures sont fait au trait d’encre (avec quelques trames pour les arrière-plans), offre des planches précises et détaillées qui sont plutôt agréable à regarder (d’autant plus qu’il y a peu de texte (mais attention, cet album contient de la nudité—apparemment Emanon aime beaucoup se promener toute nue!). Une histoire de science-fiction un peu mystérieuse qui mérite d’être lue — même si ce troisième tome est un peu décevant. Il ne resterait donc plus qu’un volume à paraître… (pas de date de parution annoncé, malheureusement; cela serait intéressant par la suite de publier aussi la traduction des romans…). À suivre…

Mirages d’Emanon, par Shinji KAJIO (scénario) et Kenji TSURUTA (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Latitudes), mars 2019. 228 pages (12 en couleurs), 17 x 24 cm, 15,00 € / $28.95 Can. ISBN 979-10-327-0399-1. Pour un lectorat adolescent (16 ans et plus; contiens de la nudité). stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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ZOKU SASURAI EMANON © Shinji Kajio, Kenji Tsuruta 2013 / TOKUMA SHOTEN PUBLISHING CO., LTD.

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Capsules

Bug 2

Bug-2-covLe deuxième volet de la série évènement d’Enki Bilal

BUG définition :
En français : se dit d’un défaut affectant un programme informatique.
En anglais : se dit d’un insecte, d’une bestiole, d’un virus…

En 2041, la Terre est brutalement et simultanément confrontée aux deux. Un homme taché de bleu, et au corps squatté par un alien, se retrouve dans la tourmente, convoité par le reste du monde.

[ Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière ]

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Page 8

Le récit, entamé dans le premier volume, se poursuit… Seul survivant d’une expédition vers Mars, Kameron Obb revient sur terre contaminé par un organisme extra-terrestre et une tâche bleue qui semble contagieuse. Au même moment, toute la technologie humaine cesse de fonctionner et toutes les données informatiques disparaissent. Les deux événements semblent liés d’autant plus que Obb se retrouve être le détenteur, dans sa mémoire, des données disparues. Il devient donc un homme très convoité. Alors que tout les gouvernements de la planète tentent de se réorganiser dans ce chaos, Obb n’a pour objectif que de sauver sa fille, Gemma, qui a été kidnappé par un groupe mafieux vénitien qui se sert d’elle comme appât. Toutes les factions politiques de la planète tentent de lui mettre la main dessus: les Néo-Marxistes Progressifs, son ex-employeur, la mafia italienne, l’armée française, des agents chinois, la CIA, des agents du Califat de Gibraltar, les Yakusa Concept, les Israéliens, les Russes, les Groupes Islamistes Unifiés, etc. Gemma est sauve, mais une faction réussie à le capturer. Le monde, lui, peut-il encore être sauvé?

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Page 9

Les histoires post-apocalyptiques de Bilal me semblent un peu répétitives. Mais qu’importe. Il nous offre ici un scénario catastrophe tout à fait plausible avec un crash technologique qui a des conséquences affectant en cascade la géo-politique de la planète: un total chaos politique, économique, social et même médical. C’est une réflection intéressante. Dans une telle situation, que pourrait-on faire pour s’en sortir? Toutefois, c’est sur le plan artistique que Bilal se distingue, avec son superbe style graphique mélangeant crayonné et peinture, tons sombres et vifs, détails et flous. Bilal demeure encore et toujours un incontournable. J’ai bien hâte de lire la suite…

 

 

Bug, livre 2, par Enki Bilal. Paris: Casterman, avril 2019. 80 pages, 19.2 x 26.9 cm, 18,00 € (ePub/PDF: 12,99 €) / $34.60 Can. ISBN 978-2-203-16361-4. Pour lectorat jeune adulte (14+). Extraits disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Casterman 2019

Bilal sur la couleur Bleu dans son oeuvre:

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Capsules

Miss Hokusai

MissHokusai-1-covMiss Hokusai tenait de son père son talent et son obstination. C’était une femme libre qui fumait la pipe, buvait du saké et fréquentait les maisons de plaisir pour croquer les belles femmes sur le vif. Autour d’elle et de Hokusai se déploie la chronique fantasque d’une vie de bohème au début du XIXe siècle, où se côtoient peintres, poètes, courtisanes et acteurs du kabuki.

Sugiura Hinako (1958-2005) est une mangaka et une historienne spécialisée dans la vie et les coutumes du Japon de l’ère Edo. Elle travaillait beaucoup pour le cinéma et son manga a été adapté en film en 2015.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Page 14

Miss Hokusai (百日紅 (さるすべり) / Sarusuberi / lit. “Cent Cramoisi” qui est le nom que les Japonais donnent au Lagerstroemia [lilas des Indes ou crape myrtle en anglais] un groupe d’espèces d’arbres et arbustes indigènes du sous-continent indien) a d’abord été publié en feuilleton entre 1983 et 1987 dans le magazine hebdomadaire Manga Sunday avant d’être compilé en trois volumes par l’éditeur Jitsugyou no Nihonsha en 1987, puis en deux volumes par Chikuma Shobō (format bunko) en 1996. Il a été traduit en espagnol chez Ponent Mon et en français chez Philippe Picquier. Ce manga seinen historique, écrit et illustré par Sugiura Hinako, nous raconte des épisodes de la vie de Hokusai, le célèbre artiste d’ukiyo-e de l’ère Edo, et de O-ei, sa troisième fille qui l’assiste dans son travail. Il a été adapté en dessin animé en 2015 par Production I.G. sous la direction de Keiichi Hara.

Ce qui rend l’oeuvre de Sugiura Hinako intéressante, c’est qu’elle est probablement la seule mangaka a s’être autant inspiré de la tradition japonaise tant pour ses sujets que pour son style de dessins. Née dans une famille de fabriquant de kimonos, elle a grandit avec un grand sens de la tradition. Alors qu’elle devient de plus en plus fascinée par le Japon féodal, elle abandonne des études universitaire en arts graphiques et designs pour étudier avec Shisei Inagaki, écrivain et spécialiste de l’époque d’Edo, et être assistante pour la mangaka Murasaki Yamada.

Elle fait ses débuts en 1980 dans le magazine Garo, consacré au manga expérimental, et dès ce moment elle s’établit comme chroniqueuse de la vie quotidienne du vieux Tokyo (Edo), et particulièrement du quartier des plaisirs de Yoshiwara, en portant une telle attention aux détails (les coutumes, les vêtements, etc.) qu’elle redonne littéralement vie au passé. De plus, elle innove en poussant l’authenticité jusqu’à adopter un style graphique qui, quoique un peu frustre, s’inspire beaucoup—et même parfois imite carrément—les traditions artistiques de l’époque Edo comme l’ukiyo-e (estampes japonaises) et le kibyōshi (romans illustrés qui sont en quelques sortes l’ancêtre des mangas). Comme nous le dit Frederik L. Schodt dans Dreamland Japan (p. 139), sa principale concession à la modernité est d’adapter le language, car les Japonais d’aujourd’hui ne sauraient lire la langue de l’époque sans dictionnaire!

Malheureusement, insatisfaite de la qualité artistique de son travail et peu disposée à s’imposer le rythme de travail de la publication commerciale du manga, elle prends sa retraite en 1993 pour se consacrer à la recherche et à faire mieux connaître l’époque Edo (en étant consultante pour les média et en écrivant des ouvrages sur le sujet). Elle meurt du cancer de la gorge en 2005. Elle est récipiendaire du Nihon Mangaka Kyōkai Shō (Prix de l’Association des auteurs de bande dessinée japonais) en 1984 pour Gassoh (合葬 / “Enterrement commun”, qui a été adapté au cinéma par Tatsuo Kobayashi) et du Bungeishunjū Manga Shō (prix Bungei shunjū) en 1988 pour Fūryū Edo Suzume (風流江戸雀 / “Élégance du moineau d’Edo”). Le seule autre manga de Sugiura à avoir été traduit en français est Oreillers de laque (二つ枕 / Futatsu makura / Lit. “Deux oreillers”) qui est disponible en deux tomes (1. Du vent sur les fleurs et 2. Promis, c’est promis) aux Éditions Philippe Picquier — ceux-ci offrent d’ailleurs une intéressante collection de manga alternatif ou qui adaptent des classiques de la littérature (voir mes commentaires sur Je suis un chat et La porte).

Si le titre occidental du manga est “Miss Hokusai” et que la présence de O-ei fait le lien entre les différents anecdotes, celui-ci n’est pas à proprement parler l’histoire de la fille de Hokusai comme ce titre le suggère, mais fait plutôt le récit des dernières années de la vie du célèbre artiste et de son entourage (principalement O-ei, Ikeda Zenjirô [qui prendra le nom d’artiste Keisai Eisen] et Kuninao Utagawa, mais aussi Iwakubo Hatsugorô [aka Totoya Hokkei], Kawamura Kotome [seconde épouse de Hokusai et mère de O-Ei], Inoué Masa [aka Hokumei, disciple de Hokusai], et Takachirô [jeune frère d’O-ei et deuxième fils de Hokusai]). Avec ce manga Sugiura nous présente en quelques sorte une vision féministe de l’époque Edo, en faisant ressortir le rôle central que O-ei jouait pour Hokusai (dont elle était un peu la gérante), le fait qu’elle entreprend une carrière qui lui est propre (mais qui n’aura jamais la renommé de son père) et en levant un peu le voile sur la vie quotidienne des geisha de Yoshiwara. Le manga est cependant trop anecdotique pour constituer un bon récit biographique sur Hokusai — sur ce sujet le manga de Shotaro Ishinomori constitue probablement une meilleure lecture (voir mon commentaire sur cet ouvrage).

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Miss Hokusai: le dessin animé

D’une certaine façon l’adaptation animée est plus intéressante que le manga car elle organise un peu mieux le récit anecdotique du manga, le restreint un peu plus autour du travail de O-ei et offre un superbe style graphique qui n’a plus rien a voir avec les dessins frustre de Sugiura. Le dessin animé mérite définitivement d’être vu. Toutefois, si le manga est fascinant pour son aspect historique authentique, le plaisir de la lecture en est un peu tempéré par le style graphique plutôt grossier et peu attrayant — quoique les allusions au style des ukiyo-e sont tout à fait charmantes. C’est donc à lire mais surtout pour les amateurs d’histoire nippone. Je réserve néanmoins mon jugement final tant que je n’ai pas lu le tome deux (d’abord annoncé pour avril 2019, il paraîtra en août 2019…)

Miss Hokusai, tome 1 par SUGIURA Hinako. Arles: Éditions Philippe Picquier (Coll. Picquier Manga / BD ), février 2019. 360 p., 15 x 22 cm, 19,00 €  / C$ 27.95. ISBN 978-2-8097-1392-3. Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© Masaya Suzuki • Hiroko Suzuki 1996. Tous droits réservés. © Éditions Philippe Picquier 2019 pour la traduction française.

Dreamland-JapanSources sur Sugiura Hinako: Manga-Update, Wikipedia et surtout Dreamland Japan: Writings On Modern Manga, par Frederik L. Schodt. Berkeley: Stone Bridge Press, 1996. 360 pages (pp. 136-140), 6 x 9”, U$ 29.95 / $C 44.95, ISBN: 9781933330952. Cet ouvrage est presqu’aussi essentiel que son Manga! Manga! The World of Japanese Comics. stars-4-0 [ AmazonGoodreadsGoogle booksWikipediaWorldCat ]

Miss_Hokusai_Blu-Ray_DVD_CoverMiss Hokusai (百日紅 / Sarusuberi / Lit. “crape myrtle”): Japan, 2015, 90 min.; Dir.: Keiichi Hara; Scr.: Miho Maruo; Char. Des.: Yoshimi Itazu; Art Dir.: Hiroshi Ohno; Anim. Dir.: Yoshimi Itazu; Mus.: Harumi Fuki, Yo Tsuji; Prod.: Production I.G; Jap. Voice Cast: Anne Watanabe (Oei), Yutaka Matsushige (Hokusai), Gaku Hamada (Zenjiro Ikeda), Kengo Kora (Kuninao Utagawa), Jun Miho (Koto), Miyu Irino (Kagema). Rated PG-13. Intéressante histoire et surtout superbe animation! stars-4-0 [ ANN / Gkids Official website / IMdB / Stream on Demand ]

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La Porte

La_Porte-covSôsuke et O-Yone vivent avec le poids d’un secret qui ombre de mélancolie leur amour tendre et leur jeunesse. L’heure est-elle venue de payer leur dette ? Pour savoir ce qu’il en est vraiment, Sôsuke se retrouve devant la porte d’un temple zen.

Un grand roman de Sōseki magistralement adapté en manga, dans le décor attachant du Japon d’il y a cent ans.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Les Éditions Philippe Picquier se spécialisent dans la publication d’auteur japonais. Récemment ils ont commencé à inclure dans leur catalogue des adaptations en manga de classique de la littérature japonaise. En général, le style graphique de ces adaptations est très simple, alors que l’effort est surtout mis sur l’adaptation du texte (de façon assez similaire à la fameuse collection “Classiques” chez Soleil). Toutefois, même si ces mangas ne paie pas trop de mine visuellement, ils sont plutôt intéressant à lire car il nous font (re-)découvrir des classiques.

La Porte (門 / Mon) est une adaptation du roman éponyme de Natsume Sōseki par INOUE Daisuke (un ancien élève de Tezuka). Le roman original a été publié au Japon en 1910 — c’est le dixième roman de Sōseki, qui est surtout connu pour Je suis un chat (1905) et Botchan (1906). L’adaptation a été sérialisé dans Garaku no Mori et publié au Japon par Homesha en 2010.

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Nonaka Sōsuke est un jeune fonctionnaire mélancolique et indécis (un grand flanc mou comme on dirait ici) qui mène une vie ennuyeuse avec son épouse O-Yone. On découvre leur parcours, leur vie quotidienne: O-Yone tombe malade, Koroku — le jeune frère de Sōsuke — leur rend visite, ils apprennent que leur oncle a dilapidé leur héritage et, surtout, le secret qui les ronge nous est révélé. O-Yone était la fiancé de Yasui, un ami de Sōsuke, mais ils tombèrent amoureux l’un de l’autre et s’enfuir ensemble. Cette union répréhensible les mis au banc de la société et la culpabilité garda leur mariage infécond. L’angoisse de sa situation étant devenue intolérable, Sōsuke veut changer sa vie et décide d’aller méditer dans un temple zen. Mais il doit réaliser que c’est au-delà de ses capacités et que la porte de l’éveil lui restera fermé.

L’histoire, qui ne semble pas progresser ni apporter de résolution aux personnages, nous apparait comme incomplète. Mais peut-être était-ce là le sujet dont Sōseki voulait traiter: Sōsuke découvrant ses limites et ses responsabilités… même si il lui est impossible de changer son destin. Cela constitue sans doute une intéressante réflection philosophique mais demeure peu divertissant. En effet, le style sobre et épuré (un peu trop simple à mon goût) de INOUE et le récit lent et contemplatif de SÔSEKI en fait une lecture un peu morne. Toutefois, La Porte nous permet de découvrir l’oeuvre de Sōseki et d’avoir un aperçu de la vie quotidienne à l’ère Meiji. C’est donc décevant mais quand même intéressant.

La porte par INOUE Daisuke (dessin) et SÔSEKI (texte). Arles: Éditions Philippe Picquier, février 2018. 224 p., 15 x 22 cm, 15,50€  / C$ 27.95. ISBN 978-2-8097-1275-9. Extrait disponible sur le site de l’éditeur. Pour lectorat adolescent (14+). stars-2-5

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© Inoue Daisuke / HomeSha, 2010. © Éditions Philippe Picquier pour la traduction française – Tous droits réservés.

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Capsules

Blue Corner

bluecorner-covBlue Corner nous dépeint le destin d’un challenger de boxe pas comme les autres. Il s’appelle Reggae, il boxe en poids léger. Son palmarès : 12 victoires par KO pour 20 défaites par autant de KO. Pourtant, les connaisseurs savent apprécier le coup de poing dévastateur de ce combattant enfermé dans un mutisme qui ne fait que contribuer à son mythe. Et quand il croise le chemin d’un promoteur qui voit en lui un roi sans couronne, la vie de ce boxeur va dévier vers le tortueux chemin de la ceinture de champion, là où il n’y a pas de place pour le scrupule.

[Texte de la couverture arrière]

J’ai découvert ce manga il y a plus d’un an et il m’a fallut du temps avant d’en arriver à le lire… Le récit est très ordinaire mais cela demeure tout de même un lecture assez intéressante car il nous fait voir le Taniguchi des années ’80, celui qui racontait des histoires d’action. Très peu d’oeuvres de cette période ont été traduite jusqu’à maintenant.

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Page 66

Publié au Japon sous le titre Combattant Bleu (青の戦士 / Ao no Senshi / Blue Fighter) par Futabasha en mars 1982, Blue Corner est illustré par Jiro Taniguchi et écrit par Caribu Marley (pseudonyme de Tsuchiya Garon surtout connu pour avoir scénarisé Old Boy, illustré par Nobuaki Minegishi). Cette oeuvre de jeunesse de Taniguchi nous offre un manga seinen de sport, bien documenté et dédié au monde de la boxe — un sujet un peu similaire à Garôden qu’il publiera dix ans plus tard et qui était, lui, consacré à la lutte. Car bien avant de produire ses manga consacrés à la nature (Blanco, Le Sommet des dieux, L’Homme de la Toundra, Seton) ou encore à la réminescence et à la déambulation introspective (Le journal de mon père, Le Gourmet solitaire, Quartier lointain, Le promeneur), Taniguchi a eut une période où il a dessiné des manga d’action, empreint de violence (Trouble is my business [1980], Enemigo [1985], Tokyo Killers [1986, publié en anglais par Viz sous le titre Hotel Harbour View], Garôden [1989-90]). Sa mort en février 2017 nous prive de nouvelles oeuvres, mais heureusement des éditeurs comme Pika continuent de traduire ses vieilles productions. 

Dans ce manga, Taniguchi dépeint les coulisses de la boxe à travers l’histoire de Reggae, un combattant taciturne (si on ne tient pas compte des onomatopées, il dit à peine dix mots de tout le manga!) et mystérieux qui connait peu de succès jusqu’à ce que le hasard mette sur sa route un promoteur qui voit en lui un nouveau champion. Le récit nous fait découvrir la monté fulgurante du boxeur mais, à part les allusions au passé mystérieux du personnage, il n’offre que peu d’intérêt. Le véritable sujet de Taniguchi est de nous montrer le coulisses sombres du monde de la boxe où les combats se décident comme des transactions louches et maffieuses…

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Comme toutes les oeuvres de jeunesse de Taniguchi, il n’a pas encore développé le beau style graphique et narratif qui le caractérise et l’a rendu populaire. Non, s’il montre déjà un grand talent pour dépeindre efficacement les scènes d’action (à grand renfort de ligne de vitesse), son style demeure encore plutôt frustre. Il utilise beaucoup de traits pour dépeindre ses scènes ce qui fait que ses planches sont souvent sombre, comme si il y avait trop d’encre — on est donc assez est loin du style clair et précis de ses oeuvres plus récentes. Pour plus de détails sur la mise en contexte de cette période dans l’ensemble de  son oeuvre, je vous réfère à mon commentaire sur Garôden.

Blue Corner mérite certainement d’être lu, mais surtout si vous êtes un amateur inconditionnel de Taniguchi.

Blue Corner, par Jiro Taniguchi (dessin) et Caribu Marley (scénario). Paris: Pika (Coll. Pika Graphic, série Action), mai 2018. 288 pages, 172 x 242 mm, 18.00 € / $C 29.95, ISBN 978-2-8116-3830-6. Pour un lectorat jeune adulte (15+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Pika Édition 2018 Marley, Caribu/Taniguchi

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Capsules

Dans l’abîme du temps (Culbard)

danslabimedutemps-cov“Université de Miskatonic, Arkham, 1908. Le professeur Nathaniel Peaslee s’évanouit devant une classe d’étudiants, ne recouvrant ses sens que cinq ans plus tard. Horrifié de découvrir que, durant l’intervalle, son corps n’est pas resté inactif — et en proie à des cauchemars étranges et inquiétants — Peaslee tente de reconstituer la vérité sur les années manquantes de sa vie. Effrayant voyage à travers le temps, l’espace et les profondeurs de l’esprit, cette adaptation offre une mise en image terrifiante à l’un des derniers récits de Lovecraft.”

[Texte de la couverture arrière]

Avec Dans l’abîme du temps, Ian Culbard adapte en bande dessinée un autre court roman de H.P. Lovecraft (j’ai déjà commenté son adaptation des Montagnes Hallucinées). Il s’agit d’une histoire assez similaire et qui constitue en quelques sorte une suite. Écrite entre novembre 1934 et février 1935, c’est l’une des dernières histoires à être publiée du vivant de Lovecraft en juin 1936 par Astounding Stories. L’adaptation de Culbard est d’abord paru en anglais chez l’éditeur britannique SelfMadeHero en 2013 et a été traduite en français la même année chez Akileos.

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Le professeur Nathaniel Peaslee perd connaissance durant un cours à l’université. Lorsqu’il se réveille quelques heure plus tard il est non seulement amnésique mais doit réapprendre à parler et à marcher. Sa femme est horrifié et prétend que ce n’est plus le même homme. Après cinq ans de voyages de recherche autour du monde, la mémoire lui revient soudainement et il tente de retrouver une vie plus ou moins normale. Il se demande ce qu’il a bien pu faire durant cette période. On lui raconte qu’il faisait preuve d’une grande soif de savoir et d’une énorme capacité à apprendre le plus possible sur la science et la culture contemporaine. Il se comportait étrangement et semblait même faire preuve d’un savoir sur le passé ou le futur qu’il lui aurait normalement été impossible d’avoir… 

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Aussi, toutes les nuits, il fait des rêves étranges qui semble être des bribes de mémoires qui lui permettent avec le temps de reconstituer ce qui lui est arrivé. Son esprit aurait été substitué avec celui d’un être venu d’un passé pré-humain. La Grande Race des Yith utilise ainsi ce subterfuge pour voyager dans le temps et collecter de l’information sur toutes les civilisations tant du passé que du futur. Pendant qu’un Yith était dans son corps à collecter de l’information sur notre civilisation, Peaslee était dans le corps du Yith à leur enseigner ce qu’il savait et à apprendre sur les civilisations ayant habitées ou envahis la Terre à un moment ou l’autre (c’est incroyable le nombre de civilisation extra-terrestre ayant passé par la Terre — mais n’était-ce pas le cas de la Grèce ou de l’Égypte dans l’antiquité?). Par leur savoir sans limite, les yithiens étaient la plus grande race de toutes. Ils ne craignaient que la race des polypes géants, sortes de grands bulbes en partie matériel, armés de tentacules, qui s’attaquaient à tous ceux qu’ils rencontraient. Grâce à des rayons d’énergie, les yithiens avaient réussit à les contenir dans de grandes tours noires sans fenêtres et dans les profondeurs de la terre. Mais ils savaient qu’un jour les polypes se libèreraient et exerceraient leur vengeance exterminatrice…

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Page 59

Peaslee publia une série d’articles sur ses “souvenirs” et la psychologie de ses rêves mais ceux-ci ne suscitèrent que peu d’intérêt. Pourtant, une vingtaine d’année plus tard, un chercheur australien le contacta car il avait découvert les ruines d’une civilisation inconnue ressemblant à celle qu’il avait décrit dans ses articles. Avec son fils et quelques collègues de l’université Miskatonic (incluant le Pr Dyer qui avait fait une découverte similaire en antarctique — voir Les Montagnes Hallucinées), il monta une expédition archéologique sur ce site australien. Une nuit, alors qu’il se promenait seul parmi les blocs cyclopéens dispersés dans les dunes de sable, il trouve “par hasard” l’entrée vers les profondeurs de la cité. Il explore des bâtiments miraculeusement préservés à la recherche d’une preuve de son expérience passé. Il trouve un message annonçant le réveil des polypes. Il en rencontre un qui le poursuit mais il lui échappe. Au matin, il se réveille dans les dunes. Était-ce un rêve? Il tente néanmoins de convaincre son fils d’arrêter les fouilles car il ne faut pas réveiller l’horreur qui dors dans les profondeurs…

S’il diverge un peu du récit de Lovecraft et prend quelques raccourcie, Culbard reste tout de même fidèle à l’oeuvre original et l’adapte bien au format illustré. Le texte de Lovecraft constitue une example parfait du fantastique selon Todorov, où les événements peuvent avoir une explication tant rationnelle (ayant souffert d’un AVC ou de troubles de personnalité, Peaslee compense son amnésie en “inventant” des souvenirs à travers ses rêves) que surnaturelle (l’esprit de Peaslee a bel et bien voyagé dans l’abîme du temps et des créatures cauchemardesque se terrent au creux de la terre). Cet aspect est brillamment rendu dans l’adaptation de Culbard. Tout comme pour Les Montagnes Hallucinées, son style sobre et un peu candide donne au récit un charme innocent qui peine à exprimer l’univers terrifiant de Lovecraft.

C’est une bonne bande dessinée qui mérite d’être lue si vous êtes curieux de découvrir Lovecraft sans trop faire d’efforts.

Dans l’abîme du temps, par I.N.J. Culbard (adaptation/illustration) et H.P. Lovecraft (histoire). Talence: Akileos, septembre 2013. 120 p. 16.5 x 24 cm, 15 € / $C 29.95. ISBN 978-2-355-74147-0. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-0

Malheureusement, cette édition n’est plus disponible mais elle a été remplacée par un gros volume qui compile quatre des adaptations de Lovecraft par Culbard (La Quête onirique de Kadath l’inconnue, L’Affaire Charles Dexter Ward, Les Montagnes hallucinées et Dans l’abîme du temps): Lovecraft: Quatre classiques de l’horreur (Akileos, novembre 2018, 520 pages, ISBN 9782355743641).

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© 2013 SelfMadeHero • © 2013 Akileos pour la version française.

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Amazon Prime Reading

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Amazon Prime is now not only offering free shipping (Prime Delivery), video and music streaming (Prime Video and Amazon Music), or photo storage (Amazon Photos) but also has unlimited reading on any device (Kindle readers or other devices through the Kindle app) with a selection of hundreds of books in electronic format that you can “borrow”. That new service is called Prime Reading. 

Learn more or browse the catalog. It includes books in French and graphic novels (like Attack on Titan, Battle Angel Alita, Preacher, The Walking Dead, Peanuts compendium, Initial D, Beck, etc. etc.) ! Cool.

It’s worth a look or a try (since I am already a Prime member).

[ Traduire ]

Les montagnes hallucinées (Culbard)

Montanges_Hallucinées-Culbard-cov“Septembre 1930, une expédition de scientifiques embarque pour les étendues glacées et désolées de l’Antarctique. Mais les secrets qu’ils vont découvrir révèlent un passé qui dépasse presque l’entendement et un avenir trop atroce à envisager. Par son approche scientifique rigoureuse, “Les Montagnes Hallucinées” (1936), véritable classique d’H P Lovecraft qui emprunte à “l’âge d’or” de l’exploration polaire, a ouvert une ère nouvelle de la science-fiction du 20e siècle.”

[ Texte de la couverture arrière ]

J’ai déjà amplement parlé de ce court roman de H.P. Lovecraft lorsque j’ai commenté son adaptation en manga par Gou TANABE (tome 1 et tome 2). Je ne m’attarderai donc pas sur cette histoire sinon pour mentionner qu’elle a aussi été adaptée en bande dessinée par Ian Culbard, un artiste britannique qui est bien connu pour ses adaptations (en collaboration avec le scénariste Ian Edginton) de grands classiques littéraires de Oscar Wilde (The Picture of Dorian Gray), Sir Arthur Conan Doyle (The Hound of the Baskervilles, A Study in Scarlet, The Sign of the Four, The Valley of Fear), Robert W. Chambers (The King in Yellow), et, bien sûr, H.P. Lovecraft (At the Mountains of Madness, The Case of Charles Dexter Ward, The Shadow Out of Time, The Dream-Quest of Unknown Kadath, The Shadow over Innsmouth). Ces adaptations ont originalement été publié en anglais par l’éditeur britannique SelfMadeHero et la plupart ont été traduite en français chez Akileos.

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Ce que TANABE nous raconte en six-cent-cinquante pages, Culbard lui le fait en seulement cent-vingt. Il ne s’attarde donc pas sur la description de la cité et de ses fresques. Son adaptation est concise mais efficace car elle demeure quand même très fidèle à l’oeuvre originale de Lovecraft. Sa representation de la cité et des créatures est encore plus conventionnelle que celle qu’en fait TANABE. (Et c’est peu dire!).

Toutefois, Culbard se distingue par le fait qu’il travaille en couleurs — avec une palette un peu glauque. On y voit, bien sûr, le style sobre du comics britannique mais fortement influencé par la bande dessinée européenne (ligne claire), puisque que Culbard a vécu en France et a lu et apprécié des auteurs comme Hergé, Tardi, Chaland ou Mézières. 

Donc, pour une adaptation précise et détaillée, il faut lire TANABE alors que si vous voulez une adaptation plus courte et un peu plus “grossière” c’est Culbard. Le récit de ce dernier n’en est pas moins intéressant. La narration est fluide et se lit très bien. C’est une bonne BD — la preuve c’est qu’elle a reçu le prix British Fantasy pour le meilleurs comics ou roman graphique en 2011. À lire absolument si vous êtes un amateur de Lovecraft.

Les Montagnes Hallucinées, par I.N.J. Culbard (adaptation/illustration) et H.P. Lovecraft (histoire). Talence: Akileos, janvier 2011. 122 p. 16.5 x 24 cm, 15 € / $C 29.95. ISBN 978-2-355-74079-4. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-0

Malheureusement, cette édition n’est plus disponible mais elle a été remplacée par un gros volume qui compile quatre des adaptations de Lovecraft par Culbard (La Quête onirique de Kadath l’inconnue, L’Affaire Charles Dexter Ward, Les Montagnes hallucinées et Dans l’abîme du temps): Lovecraft: Quatre classiques de l’horreur (Akileos, novembre 2018, 520 pages, ISBN 9782355743641).

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© 2010 SelfMadeHero • © 2011 Akileos pour la version française.

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Capsules

Les montagnes hallucinées t.2 (Tanabe)

montagnes_hallucinees_02-cov“À son arrivée au campement du Pr Lake, l’équipe du Pr Dyer découvre un véritable charnier… Seul Gedney, l’assistant du biologiste, aurait vraisemblablement réussi à fuir en traîneau. Mais l’homme a-t-il réellement une chance de survivre dans ces contrées hostiles ? Rien n’est moins sûr…

Il est pourtant le seul qui saurait expliquer le spectacle de désolation que les scientifiques ont sous les yeux, et surtout le mystérieux tumulus qui renfermait les spécimens décrits par son mentor quelques jours plus tôt ! Bien décidé à retrouver le disparu, le géologue part en expédition au-delà des montagnes…

Avec un trait sombre et réaliste, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H.P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Aux confins des terres inexplorées, la joie de la découverte laisse place à une lutte sans espoir contre la terreur et la folie.”

[texte de la couverture arrière]

Les montagnes Hallucinées (狂気の山脈にて – ラヴクラフト傑作集 / Kūki no Sanmyaku ni te – ravukurafuto kessaku-shu / lit. “Dans une chaîne de montagnes folle; collection de chefs-d’œuvres de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans le magazine Comic Beam (2016-17, Enterbrain), puis compilé en quatre volumes par Kadokawa. Ce manga seinen adapte une novella de H.P. Lovecraft, reconnu comme l’un des maîtres de la littérature fantastique et d’horreur. Écrit en 1931, ce court roman a été publié par le magazine Astounding Stories en 1936, juste une année avant la mort de Lovecraft. La traduction anglaise du manga a été publié par Dark Horse et la version française est paru chez Ki-oon. 

TANABE Gou a aussi adapté en manga plusieurs autres récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse et qui inclus “The Hound,” “The Temple,” et “The Nameless City”), The Colour Out of Space (2015), et The Haunter of the Dark (2016). La prochaine adaptation de Lovecraft par Tanabe à paraître chez Ki-oon en septembre 2019 sera Dans l’abîme du temps [時を超える影 / Toki o Koeru Kage / The Shadow Out of Time ] — publié dans Monthly Comic Beam entre avril et septembre 2018. Sa plus récente adaptation est celle de L’Appel de Cthulhu ( クトゥルフの呼び声 / Kutourufu no yobigoe / The Call of Cthulhu) qui a débuté sa sérialisation dans le numéro de mai 2019 du même magazine.

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Pages 26-27

Dans ce deuxième tome, le récit se poursuit là où on l’avait laissé avec la première partie (que j’ai déjà commenté fin avril). Deux membres de l’équipe de recherche de l’université Miskatonic, Dyer et Danforth, se lance à la recherche de Gedney à bord de l’un des aéroplanes de l’expédition dans l’espoir que celui-ci puisse expliquer ce qui s’est passé au campement du Pr Lake. Ils franchissent une énorme chaine de montagnes, au-delà de laquelle ils découvrent une cité cyclopéenne qui défie toutes les connaissances que l’humanité a de l’histoire de la planète! 

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Pages 48-49

Ils trouvent un espace suffisamment dégagé pour atterrir et décident de mettre temporairement de côté les recherches pour Gedney afin d’explorer la cité. Si celle-ci est envahie par la glace, ses murs de pierres sont néanmoins encore assez bien conservés malgré un âge de plusieurs centaines de millions d’années! À l’intérieur des bâtiments, ils découvrent de nombreuses fresques qui relatent l’histoire de cette fabuleuse civilisation pré-humaine. Dyer et Danforth les documentent par de nombreux croquis et photographies. 

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Pages 88-89

Venus de l’espace, ces créatures étranges (sans nom, fusiforme, ailé, à la tête en forme d’étoile) se sont d’abord installé au fond des océans avant que la vie y apparaisse. Cette vie, c’est eux qui l’ont créé pour en faire de la nourriture ou des esclaves afin de bâtir leur cités. Très résistants, ils survécurent à de nombreux bouleversements géologiques et à de terribles guerres — une contre d’autres fantastiques créatures ressemblant à des pieuvres, les enfants de Cthulhu, venus du plus profond de l’espace ou même d’une autre dimension; une contre leur esclaves révoltés, les Shoggoths, de puissantes créatures protoplasmiques, et finalement une autre guerre contre les Mi-go, des envahisseurs intersidéraux mi-champignon, mi-crustacés. Leur civilisation a fini par dépérir avec le temps, pour probablement éventuellement disparaître. L’humanité en a gardé le souvenir dans ses mythes sous le nom des Grands Anciens

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Toutefois, au fur et à mesure que Dyer et Danforth s’enfoncent dans les profondeurs de la cité, vers l’abîme qui fut le dernier refuge des créatures, ils réalisent que la cité semble encore en partie habitée! Mais par qui? Pourront-ils échapper à l’horreur qui dors dans cette obscurité et rester suffisamment sein d’esprit pour avertir l’humanité de ne plus jamais remettre les pieds dans ces lieux maudits?

Le récit de Gou TANABE est assez fidèle à celui de Lovecraft. Cependant, ce qui rends ce manga intéressant en comparaison à d’autres adaptations, c’est l’incroyable détails de ses superbes planches. Certains critiques lui ont reproché de manquer d’imagination lorsqu’il décrit graphiquement la cité et ses fresques mais, compte tenu de l’ampleur de la tâche, sa représentation précise du récit sur plus de six-cent pages tient du tour de force! 

La qualité du trait de TANABE et surtout celle de la reliure de l’édition française fait de ce manga un très beau livre. Le récit, malgré son rythme lent, est captivant mais n’a toutefois pas suscité chez moi l’horreur que ce genre d’histoire cherche habituellement à créer. Et c’est une des histoires de Lovecraft que je trouve particulièrement intéressante car elle dévoile en détail tout le le mythe des grands anciens — ou plutôt elle le mythifie en lui donnant une teneur (pré)historique. C’est donc à lire absolument si vous êtes le moindrement amateur de l’oeuvre de Lovecraft ou de mangas d’aventures.

Il est à noter que Les montagnes Hallucinées t.1 faisait partie de la sélection officielle du festival d’Angoulème de 2019. Aussi, la version anglaise du tome 2 paraîtra chez Dark Horse en octobre 2019 (ISBN 978-1-50671-023-5, $US 19.99).

Les Montagnes Hallucinées T. 2 (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), mars 2019. 356 p. 15 x 21 cm, 15 € / $C 27.50. ISBN 979-10-327-0398-4. Pour lectorat jeune adulte (16+).stars-3-5

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© Tanabe Gou 2016 & 2017

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Revue de zines (02.19.167)

Encore une fois, je passe en revue quelques récents périodiques consacrés à la bande dessinée et au manga…

AnimeLand #226 (mars-mai 2019)

AL226Un autre superbe numéro de AnimeLand très riche en information. Comme le note l’éditorial, si l’on se fit aux récents titres, l’air est à la nostalgie. Ce numéro nous présente donc la couverture des films de Dragon Ball Super: Broly et de City Hunter: Shinjuku Private Eyes, de la nouvelle série de Saint Seiya: Saintia Shô, et souligne la consécration de Rumiko Takahashi à Angoulème avec un article qui analyse une scène de Maison Ikkuku! Tout cela ravive des souvenirs vieux de plusieurs décennies…

Ce qui rend ce numéro particulièrement intéressant c’est surtout l’interview avec Akemi Takada (character design de Urusei Yatsura et Kimagure Orange Road) et les articles sur le genre shôjo (“la vie quotidienne d’une héroïne de shôjo: du premier amour à la survie de l’humanité” un article de huit pages [rare dans AL] tout à fait fascinant!), sur “Comment éditer un manga part. 2: Édito, traduction et maquette” et sur le film “live” de Lady Oscar (pour souligner son quarantième anniversaire!).

Ce numéro m’a également permis de découvrir la série télé Révisions (12 eps, sur Netflix) ainsi que les mangas Félin Pour l’autre! (un shônen nekketsu par Wataru Nadatani chez Doki Doki où un garçon tente de sauver des chats errants) et Magus of the Library (par Mitsu Izumi chez Ki-oon où Shino est passionné par les livres et échappe à la réalité en se réfugiant dans leur pages!). stars-4-0

dBD #133 (mai 2019)

dBD-133En couverture, dBD nous offre un interview avec Olivier Dupont qui s’est associé au scénariste Régis Loisel pour Un putain de salopard (Rue de Sèvres), l’histoire d’un jeune homme qui part à la recherche de son père en Amazonie. On retrouve également des interviews avec Jean-Marc Rochette (Le loup, chez Casterman), François Boucq (Jérôme Moucherot t.6, chez Lombard), Philippe Richelle (Algérie, une guerre française t.1 chez Glénat), Oscar Martin & Alvaro Iglesias (Solo t.4 chez Delcourt, une histoire anthropomorphique qui met en scène des tribus de rats, chats, chiens, hyènes, etc.), et Julien Lambert (VilleVermine t.2 chez Sarbacane).

Côté manga, dans le cahier critiques, on y parle de The red rat in Hollywood t.1 (Osamu Yamamoto, chez Vega), Les liens du sang t.1 (Shuzo Oshimi chez Ki-oon), Buchimaru chaos t.1 (Tsutomu Ohno chez Doki Doki), Genocidal organ t.2 (Gatô Asô chez Pika), Le bateau de Thésée t.1 (Higashimoto Toshiya chez Vega, qui offre une sorte de Quartier lointain en thriller avec “un scénario solide à rebondissements multiples”), et Contamination t.3 (Ao Acato chez Kana, un seinen catastrophe qui “maintient le lecteur en haleine”). Intéressant mais rien de bien excitant… stars-3-0

dBD #134 (juin 2019)

dBD-134À la une, dBD nous offre une interview avec François Schuiten, Laurent Durieux, Jaco van Dormael & Thomas Gunzig qui proposent une aventure avec des Blake & Mortimer “vieillis, séparés par le temps et mis en péril” (Le dernier Pharaon, aux Éd. Blake & Mortimer). On en profite pour parler de l’exposition consacré à cette BD au musée des Arts et Métiers. On retrouve également des interviews avec Jean-Luc Istin (Mages t.1, avec K. Duarte chez Soleil), Tillie Walden (Spinning, Dans un rayon de soleil et J’adore ce passage, chez Gallimard), Inès Léraud (Algues vertes: l’histoire interdite, chez La revue dessinée/Delcourt), Gani Jakupi (Enquête sur El Comandante Yankee, chez La table ronde/Aire Libre). 

Dans les actualités, on mentionne brièvement le décès de Kazuo Koike en avril, l’adaptation cinématographique de La Quête de l’oiseau du temps (Le Tendre & Loisel) par le réalisateur Danois Anders Walter, et la tenu du 20e Japan Expo au Parc d’exposition Paris-Nord Villepinte du 4 au 7 juillet.

Côté manga, dans le cahier critiques, on y parle de Jusqu’à ce que nos os pourrissent t.7 (Yae Utsumi, chez Pika), Versailles of the dead t.1 (Rumiko Suekane, chez Kana — Marie-Antoinette contre les zombies, “tant d’incohérences et d’absurdités”), Echoes t.1 (Kei Sanbe, chez Ki-oon — “thriller plus sombre (…) l’horreur de la folie humaine”). Ce numéro m’offre peu de découvertes intéressantes mais demeure tout même assez informatif… stars-3-0

Étrangement, aucun de ces deux récents numéros de dBD ne mentionne le deuxième tome de Bug par Enki Bilal, paru chez Casterman en avril et que j’attendais avec impatience! dBD en a probablement parlé dans une numéro que je n’ai pas lu…

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Capsules

Manga Chats

MangaChats-covPots de colle, acrobates, bavards, gourmands… les chats sont comme ça  !

Tamako Tamagoyama brosse avec tendresse et humour le portrait de ses 2 chattes, Ton et Shino. L’une est introvertie et très gourmande, l’autre vive et bruyante, alors il se passe toujours quelque chose  !

Avec son style simple très expressif, Tamagoya croque les comportements amusants de ses «  enfants  » gâtés à qui elle passe tout.  Ronfler la nuit, préférer un carton à une jolie panière, se vautrer sur la télécommande et zapper, s’installer sur le linge propre à peine plié…  : quand Ton et Shino n’en font qu’à leur tête, on adore  !

Tamako Tamagoyama est une illustratrice japonaise dont la série de mangas 100% chats a rapidement trouvé un large public. Ton et Shino sont une source inépuisable d’inspiration  !

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Manga Chats (うちの猫がまた変なことしてる。  / Uchi no neko ga mata henna koto shiteru / Lit. “Mon chat fait encore des choses étranges”) est sérialisé dans le magazine culinaire レタスクラブ  (Retasukurabu / lit. “Club de laitue”) et le premier volume a été publié au Japon en février 2016 par Kadokawa. Quatre volumes sont paru jusqu’à maintenant (dernière parution en février 2019). 

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Ce livre tiens plus du documentaire que de la bande dessinée. La dessinatrice nous présente ce manga biographique et humoristique où elle raconte le aventures de ses deux chattes, Ton et Shino, en y ajoutant quelques conseils sur le toilettage, la diète ou la psychologie féline. Le livre est divisé en sept chapitres et comporte cent-vingt-et-une petites histoires en quatre cases (aussi appelé “Yonkoma” au Japon) — souvent accompagnés de photos des chats dans des situations qui ont inspirés l’histoire, trente-et-une histoires pleine page (d’environ cinq cases chacune), une histoire de trois pages et une douzaine de planches d’explications et de conseils.

C’est amusant mais sans plus. Le dessin, simple et primitif, ne m’apparait pas très esthétique. Je crois que le livre a de l’intérêt surtout pour les amateurs et les propriétaires de chats qui vont volontiers sympathiser avec les mésaventures de l’auteur et se dire “c’est bien vrai, mon chat fait ça aussi.” Ceci dit, ce style de dessin et d’histoire est typique des magazines d’opinion japonais. C’est un ouvrage très ordinaire qui offre tout de même de l’intérêt pour le fanas de chats ou les gens curieux de cet aspect de la culture japonaise.

Manga Chats: ces deux chats vont vous faire craquer !, par Tamako Tamagoyama. Paris: Larousse, juillet 2018. 174 pages, 15.0 x 21.0 cm, 8.95 € / $C 14.95 (version numérique: 6.99 €). ISBN: 9782035946447. stars-2-5

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© 2016 Tamako Tamagoyama / KADOKAWA 

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Capsules

Le vieil homme et son chat 1

VieilHommeEtSonChat-01-covComment prendre le temps de vivre et de vieillir en faisant de chaque moment un trésor d’humour, de tendresse et de nostalgie? Le vieil homme et son chat pourrait bien connaître le secret du bonheur.

Dans une petite ville côtière du Japon, loin des mégalopoles, Daikichi, instituteur à la retraite et veuf, vit avec Tama, un chat âgé de 10 ans. Ou alors est-ce le matou qui veille sur son maître pour honorer une promesse faite à son épouse disparue ? Difficile à dire, tant les deux compères sont inséparables. 

Au fil des saisons, entre les promenades, les repas entre voisins de toujours et le souvenir ému des années passées, Daikichi et Tama se serrent les coudes, se chamaillent… et s’adorent.

(Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière)

Le vieil homme et son chat (ねことじいちゃん / Neko to Jii-chan) est un manga seinen publié en feuilletons dans Comic Essay Gekijou (Media Factory) et qui a été compilé en volume chez Kadokawa depuis septembre 2015. La série est toujours en cours au Japon avec cinq volumes de parus jusqu’à maintenant (le vol. 5 est paru en janvier 2019).

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Ce manga est l’histoire d’un vieil instituteur à la retraite et de son chat, Tama. Au travers de seize histoires courtes, divisés selon les quatre saisons, nous découvrons sa vie quotidienne, sa relation avec Tama, son entourage, le village, et même quelques recettes de cuisine. Le récit se déroule principalement de nos jours, mais on y retrouve aussi quelques flashback qui développent un peu les personnages. C’est un manga plein d’humour et de tendresse qui est très agréable à lire. Il est dessiné dans un style inhabituel, un peu brouillon mais colorié à l’aquarelle. C’est très beau.

Ce genre de “tranche de vie” racontée avec un rythme lent et une atmosphère sereine me rappelle un peu le style du regretté Taniguchi. Cela nous fait découvrir la vie quotidienne d’une petite ville côtière japonaise tout en nous divertissant avec des anecdotes amusantes. C’est donc une lecture enrichissante et chaleureuse que je recommande à tous mais surtout aux amateurs de chats et du Japon.

Le tome 2, Le vieil homme et son chat se font les griffes, devrait paraître en juin 2019. Chose amusante, le manga a été adapté au cinéma sous le titre The Island of cats, qui est sortie en salle au Japon en février 2019 (le film de 103 min. est réalisé par IWAGŌ Mitsuaki sur un scénario de TSUBOTA Fumi et met en vedette TATEKAWA Shinosuke, SHIBASAKI Kō, EMOTO Tasuku, YAMANAKA Takashi, HAYAMA Shōno, TANAKA Yūko et KOBAYASHI Kaoru; pour plus d’information voir le site officiel ainsi que les sites suivants: ANNAsianWikiIMDbYoutube).

Le vieil homme et son chat tome 1: n’ont plus peur des chiens, par Nekomaki. Paris: Casterman, septembre 2018. 176 pages, 15.2 x 21.1 cm, 15,00 € / $C 28.95, ISBN 978-2-203-15566-4. Pour lectorat adolescent (12+). stars-4-0

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© Nekomaki / ms-work 2015.

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Capsules

Crapule 2

Crapule2-covCrapule est un chat, un vrai. Le genre qui porte bien son nom. Une catastrophe sur pattes, mais tellement mignon qu’on lui pardonne tout. Il a d’ailleurs un succès fou, au point que Jean-Luc Deglin lui a consacré un nouveau tome pour ses péripéties félines : câlins griffus, accidents de litière, bêtises en pagaille… Mais comment Crapule réagira-t-il face au nouveau compagnon de sa maîtresse ?

Du “100 % vécu” par tous les propriétaires de machines à ronrons, dont on raffole !

(Texte du site de l’éditeur)

Crapule c’est une bande dessinée toute simple qui offre des histoires en 4 cases et en bichromie (noir et bleu), ce qui n’est pas sans rappeler les yonkoma japonais ou les comic strips américains à la différence que les premiers sont présentés verticalement et que les seconds sont généralement horizontaux, alors que Crapule lui est dans un format carré (2 / 2). 

Crapule2-p003Ce second volume nous présente la suite de la relation parfois difficile entre le juste nommé Crapule et sa maîtresse. Si la présence d’un chaton aidait à adoucir sa solitude, celle-ci recherche maintenant un compagnon humain ce qui fait qu’elle “semble moins pressée de remplir sa gamelle et de changer sa litière” et cela mènera à “de précieux moment d’incompréhension et de jalousie” ! (Voir couverture arrière)

Tout ceux qui ont (ou ont déjà eut) un chat trouveront ces situations plutôt familières et hilarantes. Toutefois c’est pas mal la même chose que le premier volume (que j’ai déjà commenté) et la pléthore de récits anecdotiques sur les chats en bande dessinée en font un sujet surexploité au point que c’est difficile d’y trouver de l’originalité. Crapule s’avère donc un peu répétitif mais cela reste fascinant et amusant tout à la fois. C’est cent-vingt-quatre charmantes petites histoires qui offrent une lecture rapide et agréable. À lire, surtout pour les amateurs de chats.

Crapule 2, par Jean-Luc Deglin. Marcinelle: Dupuis, novembre 2018. 128 pages (en bichromie), 20.8 x 16.7 cm, 14,50 €  / $25.95 Can (ePub / PDF $19.99 Can). ISBN 979-1-0347-3357-6. Pour lectorat jeune (6+). Extraits disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-0

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© Dupuis 2017. Touts droits réservés.

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Capsules

The Walking Dead Compendium Three

WalkingDeadCompendium-3-covAfter watching the ninth season of the Walking Dead TV series, I wanted to go back to the comic book to compare the storytelling. I was not sure with which volume I stopped reading so I borrowed the latest big compendium at the library. The third compendium (published in October 2015) covers volumes 17-24 (issues #97-144). According to my borrowing history at the library, I should have read until vol. 25, but I don’t remember any of it so it is good that I read all that again to refresh my memory before going on with the next volumes. I still have seven volumes to catch up on (since the latest issue [in May] is #191 and the latest compilation is vol. 31 [#181-186, released last March — although vol. 32 (#187-192) is coming in August 2019]…

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This third compilation covers the Negan story arc (vol. 17-21) and the beginning of the whisperers story arc (vol. 22-24). Reading the comic after having seen the TV series provide quite a strange experience: some events happen on TV, but not in the comic and vice versa. Which is more troubling is that some events happen in both but not to the same characters and some characters are dead on the TV series but not in the comic (and vice versa). Really weird. It’s like having a peek into a parallel universe! Very confusing…

I don’t want to talk much about the story itself, to avoid spoilers, and anyway detailed synopses can be found on fan sites. The storytelling is excellent. It is fluid, easy to follow and has lots of twists, downturns and surprises. Of course, in such epic like the Walking Dead or Game of thrones, you cannot have any real “happily ever-after”. If not there wouldn’t be any story. And, when you are dealing with the end of the world as we know it, bad stuff keeps happening and you have to expect the worse case scenario. 

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I like Kirkman & Adlard black and white art. It is realistic and dark, detailed and fluid enough so you can clearly understand what’s happening and follow the action. It has improved considerably since the beginning. However, there is something I don’t like in the way they draw the characters’ faces (I am not sure what: is it a little static? Too much shadow?). And, of course, there is a lot of graphical violence, although less as the story progress (or is it that we notice it less?). Anyway, overall, it is a well-written and interesting story that makes for a great comic.

I have never been a big fan of zombies but what interested me into this story is its post cataclysmic aspect. It is a setting that not only has good story potential but also allows to push the human psyche to its limits and reveal our true nature. In the beginning it was a story of survival, but now it becomes more and more a story about rebuilding a society. I can’t wait to see what will happen in the next volume, what will be the differences with the TV series. From now on, I’ll go back to read the comic volume by volume, as the next big compendium (#4, covering vol. 25-32) will only be released in October 2019. 

You can also read my comment on the TV series and the first eleven volumes of the comic — which I wrote in January 2011 !

The Walking Dead Compendium Three, by Robert Kirkman (story) and Charlie Adlard (art) [with inking by Stefano Gaudiano, gray tones by Cliff Rathburn and lettering by Rus Wooton]. Berkeley: Image Comics (Skybound imprint), October 2015. 1088 pages, 25.9 x 16.9 cm, $US 59.99 / $C 79.50. ISBN 978-1-63215-456-9. For mature readers (18+). See the back cover. stars-3-5

For more information you can consult the following web sites:

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© 2015 Robert Kirkman, LLC. All rights reserved.

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Capsules

Solde de livres 2019

abm_2019_affiche_vf_tgpComme tout les ans, les Amis de la Bibliothèque de Montréal organisent leur solde de livres pour offrir à petits prix aux Montréalais les livres dont les bibliothèques ne veulent plus (mais qui sont encore en très bon état). Vous y trouverez tout les genres de livres (plus de cent milles romans, documentaires, bandes dessinées, magazines, pour adultes, pour enfants, en français, en anglais et même parfois dans d’autres langues!) à très bon prix: 0,50 $ (livres jeunesse et magazines), 1,00 $ (livres adultes), 2,00 $ (BD et manga), et 3,00 $ (Dictionnaires, encyclopédies et « beaux livres »).

Le Solde de livres 2019 se tiendra du samedi 25 mai au dimanche 2 juin, de 13h00 à 19h00, à l’aréna Martin Brodeur (300, boulevard Robert, Montréal, juste à côté de la bibliothèque de St-Léonard). Les quantités sont limités sur certains types de documents (BD, dictionnaires). Le paiement doit être comptant seulement; il y a pas d’échange ou de remboursement possible. Et, S.V.P., veuillez apporter vos propres sacs. Pour plus d’information vous pouvez visiter la page Facebook.

Le but de cet événement est “de prolonger la vie utile de ces livres, d’aider à répandre le goût de la lecture et de permettre aux citoyens de Montréal d’enrichir leur bibliothèque personnelle à faible coût.” De plus, les revenus de la vente serviront à financer des activités d’animation dans les bibliothèques. Les documents invendus seront ensuite offert à des associations sans but lucratif et organismes communautaires, puis à Renaissance et finalement à la Fondation des parlementaires / Cultures à partager (qui les expédie dans des pays en voie de développement — comme en Afrique francophone et en Haïti). Ultimement, les livres qui restent après tout ça sont recyclés pour le papier. Rien ne se perd! Quelle entreprise louable…

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Mai, mois de la BD

Mai, c’est le mois le plus beau mais, au Québec, c’est aussi le mois de la BD. Celui-ci s’exprime au travers de deux événements distincts.

1754D’une part, les bibliothèques de Montréal organisent de nombreuses activités (conférences, rencontres, ateliers, etc.), expositions et concours autour du thème de la bande dessinée. La programmation de cette soixantaine d’activités est disponible en ligne. 

Cette année la BD se décline au féminin dans les bibliothèques. En effet, avec la participation de son personnel et de treize personnalités publiques féminines, les bibliothèques ont produit une brochure qui offre un peu plus d’une cinquantaine de suggestions de lecture BD (une infime partie des 400 000 BD de ses collections) créées par des femmes. La brochure est disponible dans les bibliothèques mais aussi en ligne.

Malheureusement, on y retrouve que deux manga: Nana par Ai Yazawa chez Declourt/Akata et Isabella Bird, femme exploratrice par Taiga Sassa chez Ki-oon — que j’ai lu et recommande moi-même très chaudement. C’est avec honte que j’avoue n’avoir lu qu’un seul autre des titres recommandés: Persepolis de Marjane SATRAPI (que j’ai également très apprécié). Un autre titre se trouve cependant sur ma liste de lecture: Cet été-là par Mariko et Jillian TAMAKI chez Rue de Sèvres.

FBDM-bandeau-710x399L’autre événement de ce mois de la BD, c’est le FBDM. La 8e édition du Festival BD de Montréal sera orientée sur l’international. Avec des volets francophone et anglophone, le festival se veut un carrefour entre l’Europe et l’Amérique, en y faisant la promotion des talents tant québécois que canadiens. L’événement, qui est tout public, bilingue, et gratuit, se tiendra du vendredi 24 au dimanche 26 mai 2019, à L’Espace La Fontaine (Parc Lafontaine).

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Revue de ‘zines

Je prends un peu le temps de faire le tour des périodiques consacrés à la bande dessinée (principalement dBD et Animeland) pour voir si je ne peux pas y faire quelques découvertes intéressantes…

dBD132dBD #132 (Avril) nous offre principalement un entretien avec Peeters & Schuiten (sur la quatrième et dernière intégrale des Cités obscures) et un article sur la BD Turque (un pays où il ne fait pas bon être caricaturiste). Dans les actualités, je note que le 46e grand prix d’Angoulême a été décerné à Rumiko Takahashi (Urusei Yatsura, Maison Ikkoku et Ranma 1/2) pour la diversité de son oeuvre. Ce n’est que la deuxième femme à recevoir cet honneur (après Florence Cestac en 2000). Je note également le livre de cuisine graphique L’Art du sushi, par Franckie Alarcon chez Delcourt. Dans le cahier critique, on retrouve The empire of corpses t. 3 par Toh & Tomoyuki chez Pika (une suite cyberpunk décevante au roman de Frankenstein) et Akû t. 1 par Kaneshiro & Fujimura chez Ki-oon [erreur de dBD, c’est en fait chez Pika!] (un manga préhistorique plaisant à lire). Rien de bien significatif. C’est donc une récolte décevante ce mois-ci… stars-3-0

AL225J’ai eu beaucoup de peine à mettre la main sur Animeland #225 (Décembre 2018-Février 2019) car ma bibliothèque ne semble plus le tenir (ou un retard de livraison? Et je n’ai reçu aucune réponse à mes demandes de service de presse!). Le magazine est maintenant trimestriel mais offre un format plus grand (22.5 x 29.7 cm) et volumineux (148 pages). On remarque dans ce numéro à double couverture des articles sur Macross, Mirai ma petite soeur, Le château de Cagliostro, sur la postproduction d’anime, sur Gunnm (Alita: Battle Angel), Vinland Saga, et sur “Comment éditer un manga, part 1.” Dans la sélection anime (animathèque) je note la deuxième saison de Golden Kamui (chez Crunchyroll). Dans la mangathèque, je note MW d’Osamu Tezuka chez Delcourt/Tonkam. Encore une fois, un numéro plein d’information… stars-3-5

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Capsules

Les Montagnes Hallucinées T. 1

MontagnesHallucinées-t1-covEn 1931, une expédition de sauvetage découvre le campement en ruines du Pr Lake, parti explorer l’Antarctique quelques mois plus tôt. Son équipe de scientifiques avait envoyé un message annonçant une découverte extraordinaire avant de sombrer dans le silence…

Sur place, des squelettes humains dépouillés de leur chair laissent imaginer les scènes d’horreur qui ont pu se dérouler. Plus perturbantes encore : les immenses montagnes noires aux pics acérés au pied desquelles le Pr Lake et ses compagnons ont rendu l’âme… Ces terres désolées semblent cacher de terribles secrets. Gare aux imprudents qui oseraient s’y aventurer !

Avec un trait sombre et réaliste, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H. P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Aux confins des terres inexplorées, la joie de la découverte laisse place à une lutte sans espoir contre la terreur et la folie ! (Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

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Les montagnes Hallucinées (狂気の山脈にて – ラヴクラフト傑作集 / Kūki no Sanmyaku ni te – ravukurafuto kessaku-shu / lit. “Dans une chaîne de montagnes folle; collection de chefs-d’œuvres de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans le magazine Comic Beam (2016-17, Enterbrain), puis compilé en quatre volumes par Kadokawa. L’adaptation anglaise a été publié par Dark Horse et la version française est paru chez Ki-oon. TANABE Gou a aussi adapté en manga plusieurs autres récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse), The Colour Out of Space (2015), et The Haunter of the Dark (2016).

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Ce manga est l’adaptation d’un court roman (ou novella) de H.P. Lovecraft (elle-même inspirée par le roman de Edgar Allan Poe, Les aventures d’Arthur Gordon Pym). En 1931, une expédition scientifiques de l’Université de Miskatonic se rend en Antarctique à bord du brick Arkham et de la goélette Miskatonic pour pousser plus loin les explorations de Shackleton, Amundsen, Scott et Byrd. Au-delà des Monts Terror et Erebus, de la chaîne de l’Amirauté et même du Mont Nansen, ils découvrent une chaine de montagnes noires. Ils y trouvent de nombreux fossiles et même, dans une caverne, les restes de créatures incomparables — qui leur rappel un peu la description que le Necronomicon faisait des Grands Anciens! Mais une tempête violente interrompt la communication avec l’équipe de Lake. Après la tempête, Dyer vient à leur rescousse mais découvre le camp anéanti, les membres de l’équipe de Lake étant tous morts et mutilés—sauf un, Gedney, qui semble avoir fuit en traineau à chien. À la recherche de celui-ci, ils montent une expédition pour aller voir ce qu’il y a au-delà des montagnes… Qu’y trouveront-ils? À suivre avec le tome 2!

Cette histoire me rappelle un peu le film The Thing (qui se passe aussi en Antarctique) et la série télé The Terror (adaptation d’un roman de Dan Simmons sur l’expédition perdue de Franklin raconté avec un ton légèrement horrifique et dont j’ai déjà parlé) qui ont possiblement été inspirés par la nouvelle de Lovecraft.

Ce manga nous offre un superbe livre avec une couverture en simili cuir, imitant les livres anciens, et quelques illustrations couleurs au début. Le dessin est très beau: sombre mais très détaillé. Toutefois, l’excès de détails dans les structures complexes (neige, montagne, paysage d’arrière plan) les rende un peu confuse (à dessein?). Le récit est fluide mais ne réussit cependant pas à m’impressionner.  La narration est trop anecdotique, trop rapide et avare de détails. La faute en tient sans doute à la nouvelle de Lovecraft, que le manga adapte assez fidèlement. La nouvelle est composée de douze chapitres, et le premier volume du manga couvre les quatre premiers.

C’est une très bonne lecture mais je réserve toutefois mon jugement final tant que je n’ai pas lu le deuxième volume, paru en Europe en mars 2019. Néanmoins, c’est à lire absolument si vous êtes le moindrement amateur de l’oeuvre de Lovecraft.

Les Montagnes Hallucinées T. 1 (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), octobre 2018. 294 p. 15 x 21 cm, 15 € / $C 27.50. ISBN 979-10-327-0362-5. Pour lectorat jeune adulte (16+). Un extrait de vingt-huit pages est disponible. Voir aussi la “bande annonce” sur Youtubestars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Tanabe Gou 2016 & 2017

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Capsules

Ad Astra VI

AdAstra-v06-covMalgré les réserves d’Aemilus, Varron reste fidèle à son plan. Il lance son immense armée contre les troupes carthaginoises, persuadé d’avoir identifié la stratégie de l’ennemi : profiter du terrain pour prendre l’adversaire au piège.

Mais rien ne se passe comme prévu et, dès le début des combats, la cavalerie romaine se fait décimer ! Tandis qu’Aemilius, blessé, cherche à préserver Scipion du carnage, le second consul prend lâchement la fuite. Si l’infanterie de Rome domine encore, la bataille ne fait que commencer…

Bravoure, complots et stratégie… Plongez au cœur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion !” (Texte de la couverture arrière)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO (dont c’est le premier titre) qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa Rome et Carthage. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française paraît chez Ki-oon.

AdAstra-v06-p21Le sixième volume est entièrement consacré à la bataille de Cannae et à ses suites immédiates. Encore une fois, les romains sont victimes de la brillante stratégie d’Hannibal. Toutes les batailles précédentes n’ont servi qu’à convaincre les romains qu’ils commençaient à comprendre sa stratégie afin qu’il puisse à nouveau les surprendre. Il commence par rassurer ses alliés gaulois en affirmant qu’ils vaincront malgré leur infériorité numérique (80,000 romains contre 50,000 alliés Carthaginois) et de lourdes pertes mais que cela en vaut la peine pour se venger du joug romains et pour l’honneur de la Gaule! Après avoir feint la retraite, les Carthaginois encerclent les romains et les massacrent. Minucius et Aemilius sont tué par Giscon. Scipion, qui avait reçu l’ordre de rester en retrait avec la cavalerie, décide de mobiliser les 10,000 hommes restés au camp en renfort mais ceux-ci refusent. Leur dernier ordre était de garder leur position et, Aemilius étant mort et Varron ayant “retraité” (fuit), il n’y a plus de généraux pour donner de nouveaux ordres.

Les pertes romaines sont lourdes: 60,000 morts (dix fois plus que les Carthaginois!) et 10,000 prisonniers (dont Rome refusera de racheter la liberté)! Maharbal est d’avis que les Carthaginois devraient profiter de la victoire et marcher sur Rome mais Hannibal refuse, ne voulant pas prendre de front un ville défendu par une muraille. Maharbal réponds “Tu sais vaincre, Hannibal, mais tu ne sais pas profiter de la victoire!” Par dépit, il massacre les villages environnants (Caius qui a survécu à la bataille mais a perdu un oeil, en est témoin). Hannibal envoi son frère Magon à Carthage pour réclamer des renforts. À Rome, Fabius reprends le pouvoir et envoi les soldats survivants en Sicile, sous le commandement de Marcellus. Scipion décide de suivre le cursus honorum et de briguer office pour éventuellement devenir consul même si la tâche se révèle ardue (“Per aspera ad astra” d’où le titre du manga). Il défit Marcellus pour obtenir son soutien à l’édilité mais celui-ci le punis. Lorsque Marcellus est rappelé en Italie pour défendre la Campanie contre Hannibal, Scipion demande à l’accompagner…

Ad Astra est un manga très bien dessiné — le style en est clair et précis. Le récit est fluide, intéressant et très instructif pour ceux qui s’intéresse à l’histoire et à la civilisation romaine. Cependant, malgré que le récit laisse de côté de nombreux détails historiques (si l’on compare à Tite-Live), ce manga s’étire sur treize volumes. Nous n’en sommes donc qu’à la moitié de l’histoire! Cela reste quand même, avec Pline, le manga historique idéal pour les amateurs d’histoire romaine.

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. VI, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, juin 2015. 210 pages, 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 978-2-35592-829-1. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

ad_astra-v01 ad_astra-v02 ad_astra-v03 AdAstra-v04-cov AdAstra-v05-cov

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Capsules

Major Fatal

MajorFatal-covMajor Fatal est trop beau pour être vrai. On est jamais sûr d’entrer dedans. Et pourtant on ne parvient plus à en sortir. Un cercle vicieux. Une drogue! Eh quoi : nous avons lu ensemble dans Métal Hurlant, trois années de suite les aventures du Major Grubert. Pourquoi attendre trois ans pour se mettre dans des états pareils? A quoi je rétorquerai que le Major dans Métal et le Major en album sont deux choses totalement différentes. Major Fatal, c’est un poème.” (Jacques Goimard, en couverture arrière)

L’astéroïde modelé par le Major Grubert en trois mondes superposés, trois mondes avec chacun leur système, leur populace et leurs coutumes. Improvisés au rythme de la publication de Métal Hurlant, ces univers sont grouillants d’idées et de détails entremêlés. Autour de l’astéroïde, à bord du Ciguri, tournent son créateur et sa belle, Damalvina. Mais trois mondes ignorant leurs origines, dont quelques personnages en prennent peu à peu conscience, et ne sont pas tellement du genre à adorer leur créateur…” (Texte du site des Humanos)

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Ce troisième tome des “Oeuvres Complètes“ de Moebius compile les sept principales histoires où apparait le Major Grubert (dont plusieurs seront reprises dans Les vacances du major): “Une planche” (1 p.), “[Le] Major Fatal” (13 p.), “Le Major Grubert [: The Forbiden City Rides Again]” (2 p.), “Les Vacances du Major“ ( ou “La Chasse au Français en Vacances”, 6 p.), “Paradis 9” ( ou “La Flore de Paradis 9”, 2 p.), “Une aventure du Major [Grubert]” (2 p.), “Le Garage Hermétique [de Jerry Cornélius]” (98 p.). Cette dernière histoire constitue la majorité du volume, qui inclue aussi un avant-propos de Moebius, des postfaces de Jacques Goimard et d’Alexandro Jodorowsky, ainsi que “Apprends à Dessiner le Major Grubert” par Yves Chaland.

L’édition anglaise colorisée, publiée chez Epic/Marvel en 1987 sous le titre Moebius 3 (The Collected Fantasies of Jean Giraud): The Airtight Garage, n’offre quand à elle que deux histoires: “Major Fatal” et “The Airtight Garage”. À noter que pour l’édition anglaise, le nom de Jerry Cornélius (un hommage à Michael Moorcock) a été changé pour Lewis Carnelian…

La seule des histoires courtes qui mérite vraiment mention, car elle prépare la venue de l’oeuvre majeure, c’est “Le Major Fatal.” Houm Jakin et l’assassin Boaz recherche le Major car lui seul peut traiter avec le Bakalite. Ils tombent dans un piège mais Grubert intervient… Ce thème sera plus ou moins repris pour la fin du “Garage Hermétique”. Les autres histoires servent surtout à établir le décor de l’univers science-fictionnel créé par Moebius et dans lequel le Major évolue.

“Le Garage Hermétique” est la première histoire de SF d’importance que produit Moebius. Due à son procédé d’écriture épisodique et aléatoire, l’histoire est un peu complexe, mais l’essentiel tient au fait que le Major Grubert a construit un astéroïde, Fleur, constitué de trois niveaux de réalité dont plusieurs forces (Jerry Cornélius, le Bakalite, le Nagual, Sper Gossi) conspirent soit pour en prendre le contrôle, se libérer de son créateur ou simplement se venger du Major. Ce dernier quitte donc le Ciguri, son vaisseau spatial, pour descendre sur l’astéroïde et affronter ses adversaires…

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Il y aurait beaucoup à dire sur “Major Fatal”… Jean Giraud a commencé à dessiner des histoires de science-fiction humoristiques, d’abord sous le preudonyme de Gyr puis de Moebius, pour se distraire et se détendre de son travail principal sur Blueberry. Il les a publié ici et là (surtout dans Pilote, et même dans France-Soir, puis régulièrement dans Métal Hurlant). Le Major Grubert a subrepticement fait son apparition dans ces histoires courtes. Lorsqu’il a commencé à écrire “Le Garage Hermétique”, il n’avait pas de scénario préétabli et il improvisait au gré de ses humeurs, en essayant de créer de nombreux rebondissements (parfois ne se souvenant même pas ce qu’il avait fait dans l’épisode précédent). Le Major y est éventuellement apparu comme un anti-héros insouciant, presque absent, qui réalise tranquillement ses responsabilités envers le dénouement du récit. Le résultat est une histoire riche et surprenamment cohérente, pleine de symbolismes (tant religieux, politique, que philosophique).

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Les épisodes sont au début plus grossier, plutôt inégaux en qualité (tant graphiquement que narrativement), puis prennent de plus en plus d’assurance jusqu’à ce que vers la fin on réalise que Moebius maîtrise bien le genre, que son art a mûrit et qu’à partir de maintenant ce n’est plus de l’humour mais de la SF sérieuse et profonde qui laisse bien paraître ce que seront Les Aventures de John Difool, a.k.a. L’Incal

C’est une histoire de SF mythique qui vient nous chercher au tréfonds de notre être, comme si elle réveillait en nous quelque chose qui dort—ce genre d’impression mystique que l’on perçoit du coin de l’oeil ou dont on a vaguement le souvenir sans être capable de mettre le doigt dessus. C’est une oeuvre qui est loin d’être parfaite mais qui reste fascinante, intriguante et captivante! C’est donc à lire absolument si la BD et la SF vous intéresse moindrement!

“Le Garage Hermétique” a connu de nombreuses rééditions mais aussi des suites… (eh oui, après près de quarante ans, je réalise, “Quoi, il y a une suite!!!?”). Le flambeau a aussi été repris par d’autres artistes… À suivre, donc…

Moebius, Oeuvres Complètes tome 3: Major Fatal, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés, avril 1981. 156 p. ISBN 2-7316-0100-0. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-4-0

Moebius3-covMoebius 3, The Collected Fantasies of Jean Giraud: The Airtight Garage, by Moebius. New York: Epic/Marvel, 1987. 120 p. $US 12.95 / $C 16.95. ISBN 0-87135-280-X.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Les Humanoïdes Associés 1980.

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Cauchemar Blanc

Giraud_Cauchemarblanc_01Cauchemar Blanc est une compilation de neuf histoires courtes parues dans différents magazines entre 1972 et 1976: “Cauchemar Blanc” (dans L’Echo des Savanes #8, 1974, 12 p., publié en anglais dans Moebius 6: Pharagonesia), “Calque A” (planche sans titre ni dialogue, 1976), “Approche de Centauri” (dans Métal Hurlant, 1975, 6 p., scénario de Philippe Druillet, publié en anglais dans Moebius 4: The Long Tomorrow), “Il y a un Prince-Charmant sur Phenixon” (dans Pilote, 1973, 4 p., signé Gyr, publié en anglais dans Moebius 4), “L’Artefact” (dans Pilote annuel, 1971, 4 p., signé Gyr, publié en anglais dans Moebius 4), “Interview” (dans Schtroumph, 1974, 9 p.), “Calque B” (1 planche sans titre ni dialogue et une planche qui décrit le gommeux, une créature extra-terrestre (type encyclopédie galactique, noté “Essais, Vol. IV)”, 1976), “Deima” (inédit, 1975, 3 p., publié en anglais dans Moebius 0: The Horny Goof), et “Barbe Rouge et le cerveau Pirate” (dans Pilote annuel, 1972, 5 p., signé Gyr, publié en anglais dans Moebius 4). Seulement cinq de ces histoires sont vraiment significatives.

Étrangement, “Cauchemar Blanc” n’est pas de la SF mais plutôt une histoire réaliste et malheureusement d’actualité… Moebius y parle de préjudice et de racisme. Le souhait de tout activiste de la tolérance est le cauchemar du bigot… Quatre bonhommes en voitures (Barjout, Jean-Pierre, René et Berthon) tentent d’écraser un arabe en mobylette mais celui-ci fait une embardée et la voiture se plante plutôt dans un camion stationné. Lorsqu’ils tentent de tabasser l’arabe, des passants interviennent, puis Barjout sort un revolver et tire Jean-Pierre dans la jambe par accident alors que celui-ci tente de l’arrêter… Soudainement Barjout se réveille dans son lit: ce n’était qu’un mauvais rêve. Il sort en voiture avec ses amis pour une expédition nocturne où, cette fois, ils frappent et tabassent vraiment un arabe sous le regard des voisins qui observent de leur fenêtres sans intervenir… Cette histoire a été adapté en un film court-métrage par Mathieu Kassovitz.

Dans “Approche de Centauri” un pilote d’astronef se prépare à sauter dans l’hyper-espace mais le générateur ripe et le projecte plutôt hors du continuum, dans une sorte d’enfer druillesque, peuplé de démons cornus. De retour dans son propre espace-temps, il essuie le vomis de sa bouche et nie avoir vu quoi que ce soit… Superbe histoire courte de SF sur un scénario de… Druillet!

Dans “Il y a un Prince-Charmant sur Phenixon”, un couple (dont la femme est du type mégère) fait escale sur Phenixon pour y faire commerce. Alors que monsieur examine les peaux de Toc-Toc, madame fait une balade en colimassophant (une sorte de limace) qui se révèle être un pavacheux en pleine crise. Mais au lieu de la déchiqueter et de l’entraîner dans les abimes, c’est l’amour entre Janine et le pavacheux! Mais, bon, celui-ci le regrettera sûrement…

Dans “L’Artefact” deux voyageurs interstellaires découvrent une gigantesque planète de type terrestre. Ils descendent l’explorer. Il y a une vaste mer, puis une plage, sur laquelle ils trouvent un artefact: un château qui semble inhabité. Ils entrent pour explorer les ruines. Malheureusement, un petit vandale sur la plage détruit le château de sable et se fait gronder par sa mère…

Dans “Barbe Rouge et le cerveau Pirate”, Boomy est capitaine d’un cargo spatial et son seul compagnon est un Cervelec Major V (une sorte de robot flottant) qui cafouille et se prend pour le maître d’équipage de Barbe-Rouge… Évidemment tout cela tourne mal pour Boomy… Alors que le proprio du vaisseau demande au techno-concessionaire si le Major V peut tomber en panne, celui répond “Impossible, je l’ai règlé moi-même!” (Et derrière lui on aperçoit toute une paraphernalia d’histoire maritime du temps de la flibuste

D’une façon très similaire aux recueils comme Les vacances du Major, Cauchemar Blanc nous offre une collection d’histoires courtes de science-fiction humoristique qui reposent souvent sur un seul gag, mais qui restent très imaginatives. Le style est plutôt simple mais varie beaucoup d’une histoire à l’autre, allant du trait dépouillé au dessin très détaillé et texturé. C’est agréable à lire et très drôle. À lire surtout si vous êtes un amateur de Moebius.

L’édition que je possède n’est malheureusement plus disponible, mais toutes ces histoires ont été republiées en 2012 par Les Humanoïdes Associés dans la collection Moebius USA, qui reprend les versions colorisées des histoires courtes de Moebius telle que publiée chez Epic/Marvel et Dark Horse: Escale sur Pharagonescia, La Citadelle aveugle, et The Long Tomorrow.

Cauchemar Blanc, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés (Coll. Mirage), janvier 1977. 64 p. ISBN 2-902123-08-6. Pour lectorat jeune adulte (14+). [Merde ! La reliure fout le camp!] stars-3-0

Moebius4Moebius 4, The Collected Fantasies of Jean Giraud: The Long Tomorrow & Other Science-Fiction Stories, by Moebius. New York: Epic/Marvel, 1987. 72 p. $US 9.95 / $C 13.95. ISBN 0-87135-281-8.

Moebius6Moebius 6, The Collected Fantasies of Jean Giraud: Pharagonesia & Other Strange Stories, by Moebius. New York: Epic/Marvel, 1988. 72 p. $US 9.95 / $C 13.95. ISBN 0-87135-283-4.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Les Humanoïdes Associés 1977.

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Capsules

Le bandard fou

BandardFou-cov“Sur Souldaï du Cygne, les érections, ce n’est pas avant l’automne. Quand un vendeur de pousse-boulettes se réveille avec une trique d’enfer, impossible de cacher l’évidence : il est devenu un bandard fou, traqué par la police anti-foutre et une dame Kowalsky qui peine à assouvir ses désirs. Son crime prenant jusqu’à des dimensions diplomatiques, le bandard peine à trouver le repos.” (Texte du site des Humanos, voir couverture arrière)

Originellement publié en janvier 1974 aux Éditions du Fromage (Écho des Savannes), Le Bandard Fou a connu de nombreuse rééditions. Cette bande-dessinée nous offre deux histoires. La première, sans dialogue et sans titre, se déroule en vingt-quatre planches d’une seule grande case chacune qui occupe le côté gauche du livre et qui nous montre un homme qui se métamorphose en un oeuf alienesque, qui se fracture pour révéler… un petit homme. 

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Page 3 (Planche 2)

La deuxième histoire, qui occupe les pages de droite, est un récit de science-fiction humoristique en vingt-quatre planches. Le personnage principal se réveille un bon matin souffrant de priapisme hors-saison, ce qui est une déviance interdite car, en ce monde, la reproduction se fait uniquement en automne et passe par la Pondeuse. Poursuivit par les autorités génétiques (la P.A.F.), il fuit à l’aide d’un agent de dame Kowalsky, une aristo nymphomane. Il rejoint celle-ci sur son vaisseau où ils batifolent quelques mois mais quand ils arrivent sur Fleur, l’astéroïde paradisiaque de dame Kowalsky, c’est la débandade. Évidemment, la fuite du bandard a de lourdes implications commerciales et politiques qui mènent à la guerre entre la Fédération Terrienne et les Exotiques. La Pondeuse tente donc de récupérer le bandard à l’aide d’une faille spatio-temporelle mais le bon Zague intervient et la dure situation reprend son cours…

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Page 9 (Planche 5)

Le Bandard Fou est la toute première histoire de SF de Moebius (avant Arzach, Le Garage hermétique et même avant la création de Métal Hurlant). Elle introduit et annonce fort bien ce que sera son style drôle et très imaginatif (déjanté comme ils disent). Son dessin noir et blanc utilise un trait simple mais qui offre tout de même des illustrations détaillées et très texturées — qui sont toutefois d’une qualité variable d’une planche à l’autre. On y retrouve des caméo de l’éléphant Dumbo, des pirates de Astérix, des citations célèbres comme “Merde alors, mon conditionnement fout le camp!”, les premières apparitions de dame Kowalsky et de Fleur (le premier niveau du Garage Hermétique — avec la mention des “générateurs à effet Gruber”). C’est donc une oeuvre séminale de Moebius car on y voit déjà la genèse du Garage Hermétique et même des Aventures de John Difool (L’Incal). Une très bonne lecture, surtout pour les amateurs de Moebius.

Le bandard fou, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés (Coll. Jackpot, #5), juillet 1984. 48 p. ISBN 2-7316-0308-9. Pour lectorat jeune adulte (16+). [une édition récente se vend €18,99 mais en occasion on peut le trouvé à €15,00; je l’ai payé $C 6.95 dans les années ’90] stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Les Humanoïdes Associés 1984 Moebius

HornyGoofL’édition anglaise du Bandard Fou, parue chez Dark Horse en 1990 (imitant le style des compilations de Epic/Marvel), est colorisée et inclue une préface de Jean-Marc et Randy Lofficier, une postface de Moebius, une illustration, une page titre, ainsi que (en plus des deux histoires principales, “The Horny Goof” et “Metamorphosis”) quatre histoires courtes: “Deima” (3 pages, compilée en français dans Cauchemard Blanc), “You’re the object of this and that” (4 pages), “Harzack” (2 pages en noir et blanc, où Harzack se fait prendre à pisser derrière un bâtiment) et “The Invaders” (1 page, compilée en français dans Les Vacances du Major).

Moebius 0, The Forbidden Work of Jean Giraud: The Horny Goof & Other Underground Stories, by Moebius. Milwaukie: Dark Horse, June 1990. 72 p. ISBN 1-878574-16-7. US$ 12.95 / C$ 15.55. Story & art © 1972, 1974, 1975 Moebius • Translation & text © 1990 Starwatcher Graphics.

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“Natural History” – final research

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My mystery book

Recently, the interest for one of my old books was rekindled when I found some new information about it on the internet. Since the prefatory pages of the book are missing the author and date of publication are unknown. I had only the title, Natural History, and the publisher:  William Milner of Halifax. Further investigation on WorldCat revealed more details allowing me to identify two possible authors for the book. Finally, I was able to compare my book with a microfiche copy at the University of Montreal, definitively identifying it as Richard COPE’s Natural History, which lead me to order a monograph about the work of William Milner in order to (hopefully) learn even more on this particular edition.

IMG_4437A little less than three weeks after filing the Inter-Library Loan (PEB) request, the Bernard BARR’s document about William Milner arrived at the National Library (BAnQ). Unfortunately, the whole process was utterly disappointing. The NYPL refused to lend its copy, so the book came from the University of St-Andrews’ library in Fife, Scotland, therefore the loan incurred a fee of $C 42.00 ! Not only the book was just a self-published monograph of sixty single-side pages with a simple plastic spiral binding, but the lending library requested that it had to be consulted on site, at the BAnQ. The book was on hold at the National Collection, a secure place where you have to check your coat and bag in a locker room before entering and you have to put all the material you need (notebook, pen, laptop, wallet, etc) in a basket that you carry with you. It was the first time I was visiting that place and it was all quite unexpected. Luckily, the staff was very nice and helpful. Instead of spending hours reading the book, I was allowed to digitize a copy on the photocopier (its control menu was not user-friendly at all and source of many frustrations). 

IMG_4441The book title is: “William Milner of Halifax: printer and publisher. Checklist of a collection of books printed by William Milner and his successors and imitators.” The only publishing information is “York: Ken Spelman”. No author is listed on the cover, but the notice from the University of St-Andrews’ library is helpful on that subject: the author is NOT Bernard BARR (who simply wrote the foreword) nor Ken Spelman (the “publisher”, but who was given as author by Amazon) but Peter MILLER and T. FOTHERGILL (who compiled the information).

Disappointingly, the book is of little use to me. It is far from exhaustive; its main source of information seems to be the Spelman’s bookshop collection as well as a few articles in Yorkshire’s newspapers and historical magazines (the bibliography also list a few references that briefly mention Milner, like Victor E. NEUBURG, The Popular Press Companion to Popular Literature, pp. 132-33 or Leslie SHEPARD, The History of Street literature, pp. 104-106). I was expecting a complete list of all titles published by Milner but it seems that such reference doesn’t exist. A search on Google doesn’t yield much either. In fact, the most useful tool in this research was probably WorldCat

IMG_4440William Milner of Halifax: printer and publisher mentions Richard COPE’s Natural History only ONCE (“Cope (Richard) Natural History … New Edition, Improved and Enlarged. Roy 8vo. 730 pp. 425 ills. Maroon cloth”) in what the book calls the “Imprint 7”—which falls into the third incarnation of the publishing company, Milner & Co, located in London between 1883 and maybe 1900. “Maroon cloth” seems to describe well the cheap cover of my edition (and “Roy 8vo” means that it is a Royal octavo format, i.e. 10″ by 6¼” or 253 mm x 158 mm, therefore about the same size than my copy) but my book was clearly printed during the “Imprint 1” period (Halifax: William Milner, 1834-1851). Also the copy that I have seen at the University of Montreal unmistakably falls into the same imprint as it is dated from 1846 (while mine unfortunately has no printing date left—or never had one as it happened often with this publisher). This fact confirms that the Miller/Fothergill monograph is obviously incomplete.

I was not able to acquire more precise information on my book. However, it was not a complete waste of time since it has allowed me to learn more about the printing industry in nineteen century England. It seems that William Milner was a pioneer of cheap literature and remains an unsung hero of the poor Englishmen as he provided them with affordable literary classics (selling for as little as a shilling or even a sixpence) that would have without any doubts further their education and culture. Several other publishers, like William Nicholson, followed his example. 

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The Spelman’s collection ?

They printed books not only in great quantity (printing titles by the ten of thousands with total circulation often amounting over a hundred thousand!) but also in variety as they covered a large array of subject matter (from BurnsPoems, to Uncle Tom’s Cabin, Arabian Nights, Bunyan’s Pilgrim’s Progress, Defoe’s Robinson Crusoe, Richard Johnson’s The Seven Champion of Christendom, etc.) and offered a “range of plain and variously ornamented styles to suit differing tastes and pockets” [cf. Bernard Barr’s introduction to William Milner of Halifax and Shepard’s History of Street Literature]. The life of those publishers (and particularly of William Milner) and their cultural missionary work would certainly make quite an interesting subject for a historical TV series. 

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Isabella Bird 4

IsabellaBird_4-cov“Des choses se trament à Tokyo… Le botaniste Charles Maries souhaite récupérer son interprète, et malheureusement le contrat qu’il a établi avec Ito est toujours valable. Les Parkes ont beau lui mettre des bâtons dans les roues, le chasseur de plantes est prêt à tout pour parvenir à ses fins ! 

Inconsciente de la menace qui plane sur son expédition, Isabella Bird a quant à elle atteint Niigata, première grande étape de son voyage. L’aventurière se prépare maintenant à partir vers le nord, pour ce qui devrait être la partie la plus éprouvante du périple…

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, Femme Exploratrice est un récit passionnant sur les rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

(Texte de la couverture arrière)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

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5 juillet 1878, Ito—l’interprète et guide de Isabella—se remémore sa rencontre avec le botaniste Charles Maries et les abus qu’il a subit sous son service. Le 12 juillet, ils quittent Niigata et, après avoir traversé le fleuve Shinano, prennent la longue route d’Echigo qui les mène vers Yamagata, puis Akita et, ultimememnt, à Aomori. Faute de chevaux, ils continuent la route à dos de vaches… Ils rencontrent un groupe de “bokka” (des femmes portant des marchandises sur leur dos). L’une d’elles, O-yu, est intéressée à apprendre l’écriture. Le 15 juillet, ils arrivent à Yamagata. Ils visitent l’hôpital local et Isabella est surprise (et un peu choquée) de voir les locaux habillés à l’occidental. La ville interdit même les habits traditionnels dans un effort d’entrer dans la modernité et d’obtenir la reconnaissance de l’Occident. Le dos d’Isabella la fait souffrir. 

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À l’étape de Tateoka, ils rencontrent un vieux couple d’aveugles, lui est anma (masseur) et elle est azusa-miko (nécromancienne qui utilise une sorte d’arc pour appeler les esprits). Isabella est surprise que Ito, qui normalement  abhorre les superstitions, croit au chamanisme. Ito reçoit une lettre de sa mère, auprès de laquelle Maries s’est plaint de son ingratitude. Il joint une note à la lettre enjoignant Ito de revenir à son service sous peine d’être poursuivi en justice. Il lui offre une augmentation et l’averti qu’Isabella souffre d’une maladie qui ronge ses vertèbres et que le voyage pourrait lui être fatal! Et cette mise en garde est confirmée par les prédictions de la voyante… Il ne sait que faire et se sent dans une impasse. Le dernier chapitre raconte une anecdote de la vie de Fanny Parkes, l’exubérante épouse du ministre plénipotentiaire britannique Harry Parkes.

Au fur et à mesure que le récit avance, ce manga s’épanoui sous nos yeux. L’histoire est non seulement captivante mais elle est riche en détails tant géographiques, botaniques que ethniques sur la culture Japonaise de l’ère Meiji. On y discute entre autre l’épineuse question du développement d’un pays: est-ce que modernisation devrait nécessairement vouloir dire occidentalisation? La tentation est grande de chercher à imiter pour plaire et ainsi évider la condescendance et le mépris des impérialistes du genre de Charles Maries. Le style graphique est encore un peu inégal mais demeure généralement très riche, détaillé et précis. C’est même superbe par moment. C’est donc un excellent manga historique que je recommande chaudement.

Isabella Bird, femme exploratrice T04 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), août 2018. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0305-2. Pour lectorat jeune (7+). stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsWikipediaWorldCat — Youtube ]

© 2017 Taiga Sassa. All Rights reserved.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents (cliquez sur l’image pour activer le lien):

IsabellaBird-v1-cov IsabellaBird-v2-cov IsabellaBird-v3-cov

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Capsules

Les Vacances du Major

VacancesDuMajorEn feuilletant le catalogue de la bibliothèque, je tombe sur une BD de Moebius que je n’ai pas lu, alors je me la réserve. À la lecture, je me rend compte qu’en fait toutes ces histoires me sont familières. Je les ai déjà lu soit dans Métal Hurlant, soit dans la compilation Oeuvres Complètes 3: Major Fatal Mais, bon, c’était tout de même très agréable à relire.

Ce recueil rassemble seize histoires courtes de science-fiction: “Escale sur Pharagonesia” (26 pages), “Le Major Grubert: The Forbiden City Rides Again” (2 pages), “La Flore de Paradis 9” (1 page), “Une Aventure du Major Grubert” (2 pages), “Paradise Nine’s Strange Flowers – Continuation” (1 page), “Sans Titre” (1 page), “Une Planche” (1 page), “Deima” (3 pages), “Tueur à Gages” (12 pages en trois épisodes), “Grand Hôtel B” (2 pages), “Split le petit pionnier de l’espace” (2 pages), “Fable-Vite no 317” (1 page), “Y’a pas moyens” (2 pages), “La Chasse au Français en vacances” (6 pages en six épisodes), “L’Envahisseur” (1 page) et “Une aventure de John Watercolor le justicier anti-pique poquett’, avec sa fameuse redingote qui tue” (1 page).

Split le petit pionnier de l’espace

La majorité de ces histoires ne font qu’une page ou deux et certaines seront reprises dans le recueil Oeuvres Complète 3: Major Fatal. Les récits les plus significatifs sont “Escale sur Pharagonesia” (où des touristes découvrent que lorsque vous faites escale sur un monde étranger, il peut vous arriver des choses plutôt étranges!), “Tueur à Gages” (le tueur à gages Edouardo est pris au piège par l’inspecteur Briggs, mais il s’échappe pour commettre un hold-up cinq ans plus tard; il rencontre par hasard l’inspecteur qui lui raconte l’histoire de la vieille mine…) et “La Chasse au Français en vacances” (qui donne d’ailleurs sont titre à l’album: suite à une chasse infructueuse le Major décide de prendre des vacances et tel est pris qui croyait prendre!).

Escale sur Pharagonesia (extraits)

Quelques unes de ces histoires seront traduites en anglais chez Epic/Marvel (et malheureusement mises en couleurs — car les amerloques ça n’aiment pas le noir et blanc) dans les recueils de la série “The Collected Fantasies of Jean Giraud”: Moebius 4: The Long Tomorrow (“Split the little space pioneer”) et Moebius 6: Pharagonesia (“Shore leave on Pharagonesia”, “The hunt for the vacationing frenchman”).

Jean Giraud (Gir) est surtout connu pour avoir dessiné la série western Blueberry (créée par Jean-Michel Charlier  et publiée dans Pilote entre 1963-1974, puis compilée en albums chez Dargaud jusqu’en 2005). Toutefois, lorsqu’il voulait écrire des histoires de science-fiction, il le faisait sous le pseudonyme de Moebius. Ce dernier est maintenant probablement beaucoup plus célèbre.

Ce sont surtout des histoires humoristiques et insouciantes qui reposent parfois sur un seul gag, avec un récit plutôt absurdes ou, comme disent les français, complètement déjantées (i.e. cinglées). C’est aussi parfois de l’excellente science-fiction, songée, avec des concepts plutôt innovateurs pour l’époque. Le dessin est toujours en noir et blanc, avec un niveau de complexité qui varie beaucoup d’une histoire à l’autre (ou même parfois d’un planche à l’autre!), allant du trait très simple aux arrière-plans très riches et texturés. On retrouve ici et là une petit influence de Blueberry, avec des paysages désertiques et ou des chevaux. Ce que j’ai surtout trouvé très intéressant, c’est la préface de Moebius où il explique que ces histoires sont nées d’un besoin de se faire son propre cinéma, de se laisser aller au délire créatif et libérateur afin de se détendre entre ses périodes d’activités professionnelles intenses (notamment lorsqu’il travaillait sur Blueberry). Il a adopté un style rapide offrant “un juste équilibre entre l’énergie consacrée au dessin et celle qui doit demeurer disponible pour la narration” sans “perdre le fil du récit”. Cela lui a permis d’expérimenter et de sortir du cadre traditionnel des genres. Et nous lui en sommes infiniment reconnaissant.

C’est donc une bande-dessinée amusante et intéressante dans le sens qu’elle nous permet de voir l’évolution de l’auteur et de comprendre la genèse de son oeuvre. Ça se lit vite et bien et on se marre. Que demander de plus? stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© 2011 Les Humanoïdes Associés

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Détour

DetourLes week-ends se déroulent rarement comme prévu. Je planifiais de faire de menus travaux, de la comptabilité, de lire et commenter des mangas (surtout Isabella Bird et Moriarty) et je me retrouve finalement à lire (relire?) des vieilles BDs de Moebius, à regarder des animés sur Netflix (Gundam Unicorn !) et à rechercher une nouvelle adaptation animée d’un vieux manga shōjo des années ’70 par nulle autre que Waki Yamato (Haikara-san ga tōru) et dont je parlerai sans doute amplement dans un futur proche…

Encore un coup de nostalgie. Cela faisait un bout de temps que j’avais pas regardé d’animés… C’est bon. Ça fait du bien. Et sur Netflix, qui plus est (quoiqu’on y retrouve rien de bien nouveau puisque Gundam Unicorn date déjà de 2010). Et ce n’est pas fini puisque Netflix a annoncé plusieurs titres d’animés à venir (dont Evangelion en juin, Saint Seiya plus tard dans l’été et Ghost In The Shell Stand Alone Complex en 2020 !!!). Ce n’est vraiment plus de la culture populaire (geeky stuff) mais cela commence à faire partie de la culture courante (mainstream)…

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“Natural History” quest – a sequel

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My mystery book

My quest to identify a mystery book simply titled “Natural History” continues…

Today I went to the National Library (BAnQ) to renew my membership and request an Inter-Library Loan (PEB)  for Bernard BARR’s book about William Milner. Hopefully this time it will work and the fee won’t be too expensive. While I was there I had a look at their impressive manga collection and borrowed a volume of The Walking Dead comics (I am a book geek in various spectrum!)…

I have decided not to request an Inter-Library Loan (PEB) for Richard COPE’s book (the most likely candidate for the identity of the mystery book) but to directly go the University of Montreal library to check the copy they have and compare it to my book. After all, I am already downtown, so why not take the time now to resolve this question. It can be found at the media division (médiathèque) of the Library of Letters and Humanities (Bibliothèque des Lettres et sciences humaines – BLSH). Actually, they don’t have a copy of the book itself but a copy on microfiches.

Unfortunately, despite the fact that the online catalog indicated an “on shelf” status, the entire Landmark Microfiche collection had been boxed as the media section is about to be moved. I was a little pissed but convinced the clerk to at least open a few boxes to see if he couldn’t find the microform set that I needed. He was clearly unwilling to help and said “You know, we’re closing in an hour and half!”. But I just needed ten minutes… It would be easy if they had been boxed alphabetically: since the author is “COPE” it would be in the first boxes. He reluctantly opened the first five boxes and indeed it was there (in box four)! I sat at one of the microform reader and had a look. Unfortunately, this machine was not equipped to make copies, so I simply took pictures with my iPhone (which I had to put together later at home, converting them from negative to positive). I took my time, but after fifteen minutes I was done. However, I could finally confirm the identity of my book!

First, I’ve been able to see the pages that were missing from my book (although nothing in the binding let us suspect that something is missing—or maybe the binding was changed at some point in the past?), mostly the title page, the introductory remarks (indicating that the original publishing date is 1840) and the index of subjects:

For me the most important aspect was to be able to see the title page:

NATURAL HISTORY;

OR,
A DESCRIPTION OF THE EARTH AND OF ANIMATED NATURE,
COMPILED FROM THE WORKS OF
BUFFON, GOLDSMITH, CUVIER, SHAW, VAILLANT, HUMBOLT, AUDUBON. &c., &c.

A NEW EDITION, IMPROVED AND ENLARGED

BY RICHARD COPE, LL.D., F.A.S.,
Author of the Pulpit Synopsis, Religious Anecdotes, Domestic Altar, &c., &c., &c.

“Creation teems with life,
From the gay flies that people the sunbeam,
To the huge whale whose home is in the deep,
And the wise elephant that shades him in the forest.”
MONTGOMERY

WITH FOUR HUNDRED & TWENTY-FIVE ENGRAVINGS
OF BIRDS, BEASTS, FISHES, REPTILES, &c.

HALIFAX:
PRINTED AND PUBLISHED BY WILLIAM MILNER,
CHEAPSIDE.
MDCCCXLVI. [1846]

If we compare a few pages, we can see that it is the same book (my copy (a) on the left and the Université de Montréal microfiche copy (b) on the right):

After comparison it is evident that the layout and the type are exactly the same. Beside the missing pages, the only differences are (possibly) the cover (my cover is a simple cloth on board, with raised bands and the title hot-stamped in gold on the spine while the microfiche copy is illustrated—although it is not clear if this is really a cover illustration or an inside cover page) and (definitely) the line of text at the very bottom of the last page of my book (“WILLIAM MILNER, PRINTER, CHEAPSIDE, HALIFAX.”) is completely missing for the microfiche copy. My conclusion is that it is indeed the same book, although a different edition (either a cheaper one or a different year of publication — but, save for the last page, it is clearly the same printing plates). 

Now that I have identified for sure the book as Natural History by Richard COPE, I only have to wait for the Bernard BARR’s book to see if I can learn more details about the publisher,  William Milner, and maybe also about the various editions of COPE’s Natural History. So, it is still to be continued…

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A Gentleman’s Murder

522362267When the newest member of Eric Peterkin’s London club is found stabbed to death, Eric throws himself into a quest for the truth: missing nurses, morphine addiction, shell shock. The Great War is over, but the memories remain…” (From the publisher’s website)

The year is 1924. The cobblestoned streets of St. James ring with jazz as Britain races forward into an age of peace and prosperity. London’s back alleys, however, are filled with broken soldiers and still enshadowed by the lingering horrors of the Great War. 

Only a few years removed from the trenches of Flanders himself, Lieutenant Eric Peterkin has just been granted membership in the most prestigious soldiers-only club in London: The Britannia. But when a gentleman’s wager ends with a member stabbed to death, the victim’s last words echo in the Lieutenant’s head: that he would “soon right a great wrong from the past.” 

Eric is certain that one of his fellow members is the murderer: but who? Captain Mortimer Wolfe, the soldier’s soldier thrice escaped from German custody? Second Lieutenant Oliver Saxon, the brilliant codebreaker? Or Captain Edward Aldershott, the steely club president whose Savile Row suits hide a frightening collision of mustard gas scars? 

Eric’s investigation will draw him far from the marbled halls of the Britannia, to the shadowy remains of a dilapidated war hospital and the heroin dens of Limehouse. And as the facade of gentlemenhood cracks, Eric faces a Matryoshka doll of murder, vice, and secrets pointing not only to the officers of his own club but the very investigator assigned by Scotland Yard.” (From the book flap)

In the roaring twenties, in the heart of the British Empire, a member of the Britannia Club is murdered. Eric Peterkin, a young half-Chinese man who usually spend his time reading submissions for a London publisher, cannot resist the urge to solve this mystery (with the occasional help of his sister Penny and his friend Avery). However, in order to discover who killed Benson—a man he barely knew—he will have to solve a cold case as well as a third murder. Amongst the prominent members of the club, who has done it? Aldershott, the club president? Bradshaw, the club secretary? Norris? Parker? Saxon? Wolfe? They all had possible motive and opportunity. Everything seems rooted in Flanders and in the manor turned into a makeshift hospital where some of them recovered or worked during the war…

A Gentleman’s Murder is  murder mystery novel inspired by the Golden Age of Detective Fiction. It follows all the rules of the genre (the Knox’s “Decalogue”) save for rule no. 5 (“no Chinaman must figure in the story”). It is set in the world of the military and retired officers’ club. The story particularly address the question of PTSD (or, as it was called then, “shell shock”) and, to a lesser extend, “the soldier’s disease” (aka morphine addiction).  As the author says in the book (p. 322) “Some scars weren’t visible. And some deaths weren’t physical.” The novel also talks about racial bias, as the character, who is half-English and half-Chinese, often struggle to be taken seriously because he doesn’t look like a gentleman. The author has probably drawn from his personal experience as he made his military service in Singapore (a city-state with the dual British and Chinese heritage) and is himself of Chinese origin.

The author seems to favour the post-WWI era because it is a beautiful era and doesn’t involved the complex methodology that investigators have to deal with in modern times (like DNA)—the mystery must remains in the reach of the amateur sleuth. As the author write in his postface, the 20s was a delicious time to write about because it was an exciting age of transition: you still have in place all the Victorian manners and mores but also all the innovation brought by the modern world (like telephone, radio, cars, electricity, etc.).

The story, which includes several unforeseeable twists, is very well written. The characters are detailed and quite believable. It seems that lots of efforts were put in describing all the setting with rigour (although most of the locations are fictional). Crime novel (particularly if set in the 20s) is a prolific genre and it’s hard to have such story not feel a little cliché. The only other caveat I can see is that the story offers so many characters and the protagonist takes so much time to imagine each possible permutation of culpability and action for EACH of those numerous suspects that, after a while, it gets a little tiring and confusing. It is almost impossible for the reader to guess who the murderer is — but, in this case, it is probably better that the dénouement come with a surprise.

A Gentleman’s Murder is a good novel. It is agreeable to read and, like all good murder mystery, you go through each new chapter with anticipation, reading faster and faster as the climax approaches. I recommend it warmly particularly because it is written by a local author. Christopher Huang, although born in Singapore, now lives in Montreal.

The publisher, Inkshares, is also of interest. It is a reader-driven publisher, which means that their books and authors are selected not by editors but by readers—through contests, pre-orders (as a form of crowdfunding you need 750 pre-orders to get published) and how much interest an online draft of the story is getting (i.e. follows, shares, and reads). Authors will receive 35% of net receipts (gross revenue minus the cost of production and distribution) in exchange of a full publishing service (editing, design, printing, marketing, as well as both direct and wholesale distribution). That seems a fair deal. It is an improvement on the self-publishing type publisher, where a publisher will “assist” an author in publishing his/her book. A good example of this type of publisher is the indie ebooks distributor Smashwords (one of my friends is using this service). Would-be writers have more and more options to publish their work.

A Gentleman’s Murder, by Christopher Huang. Oakland: Inkshares, July 2018. 348 pages. US$ 15.99 / C$ 19.99. ISBN 978-1-94264-595-5. For young adult readership (16+). stars-3-0

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleInksharesWorldCat ]

© 2018 Christopher Huang

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A Natural History Investigation Update

Here’s a quick follow up on my research to identify one of my old books…

My first attempt to get Bernard BARR’s book about William Milner failed because the Montreal libraries have a policy not to get an Inter-Library Loan (PEB) if it will incur a fee for the borrower. Actually, I wouldn’t have minded but I’ll check if the National Library (BAnQ) has a similar policy. The last resort would be to travel to NYC where the NYPL has a copy… Or I could get a copy through Google books or Amazon… Although, it doesn’t seem available… We’ll see…

In the meantime, I dug deeper into WorldCat and found possible candidates for my book.

The first candidate could be: Georges Louis Leclerc BUFFON, comte de. Natural History (containing a full and accurate description of the animated beings in nature : illustrated with upwards of three hundred engravings of birds, beasts, fishes, reptiles, insects, etc.). Milner & Co., [188-?], 224 pages. Interesting description of the binding (red cloth over boards stamped with black ink, gilt title on top board, gilt spine ornaments) but it’s too recent and there’s not enough pages to be my book…

The second candidate looks more interesting: Richard COPE & Thomas BEWICK, Natural History (or a description of the earth and of animated nature, compiled from the works of Buffon, Goldsmith, Cuvier, Shaw, Vaillant, Humboldt, Audubon, &c.). Milner & Co., [1860]. It was first published in 1840 and has 730 pages, its size is 23 cm and includes 425 engravings [by or after T. Bewick]. I could compare my book with it since the Université de Montreal has a copy (but is it available to the public? And it doesn’t say which specific library…). There’s another edition of 1846 (but the size is 27 cm) again with a copy at the UdeM. Among the numerous editions (many seems to be microform copies) of the same book, the oldest seems to date from 1842. One specifically says “by William Milner, Cheapside, 1846” (with also a copy at the UdeM!). Too bad there are no pictures. 

The Cheapside 1846 edition seems the best option, so I’ll first see if I can get it through Inter-Library Loan (despite the age of the book). If not, I’ll go to the UdeM to investigate further… 

To be continued

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