SDL 2019 : Jour 2

Samedi, lancement de Solaris #212

Je suis retourné au Salon du Livre de Montréal (SDL) samedi après-midi pour une visite entièrement consacrée aux littératures de l’imaginaire (autrement connues comme la SFFQ). Au kiosque d’Alire, on lançait de 18h à 19h le numéro 212 de la revue Solaris. L’achalandage du salon était beaucoup plus élevé que ma première visite de mercredi (le fait que la Parade du Père Noël avait eut lieu un peu plus tôt au centre-ville y était peut-être pour quelque chose).

[ SDL, samedi après-midi, 2019/11/23, vers 16h18 ]
>> Voir l’avertissement concernant les photos/vidéos <<

Quand je suis arrivé au kiosque d’Alire, Ariane Gélinas (Quelques battements d’ailes avant la nuit) et Sébastien Chartrand (Geist: Les héritiers de Nikola Tesla) terminaient leur séances de signatures. Ils ont été remplacé par Lionel Noël (Halifax Express), Yves Meynard (Chrysanthe 2. Le Prince rebelle) et Rick Mofina (Dernière Limite), puis, un peu plus tard, par Natasha Beaulieu (lauréate du Prix Solaris 2019 pour “Ici”, parue dans Solaris #211). 

CatAlire2019-20J’ai mis la main sur le dernier catalogue de parution (2019-2020) et j’ai profité de moments d’accalmie entre les séances pour faire des entrevues-capsules avec Sébastien Chartrand, Jonathan Reynolds (auteur et coordonateur de Solaris) et Yves Meynard (que je mettrai en ligne au fur et à mesure que j’en complète le montage). Évidemment, les gros titres de l’automne sont surtout le dernier Jean-Jacques Pelletier (On tue…, un polar) et le dernier Patrick Senécal (Ceux de là-bas, du fantastique). Mais je crois qu’il faut aussi mentionner le dernier Sébastien Chartrand (Geist: Les héritiers de Nikola Tesla), qui m’intrigue beaucoup personnellement car, après sa trilogie du “Crépuscule des Arcanes”, il passe de la fantasy historique à de la SF qui fait dans l’uchronie et le steampunk (ou plutôt l’électricpunk!). 

Je regrète toutefois, d’une part, d’avoir manqué les séances de signature de Éric Gauthier, Francois Lévesque, Jean-Jacques Pelletier et Patrick Senécal un peu plus tôt en après-midi, et de ne pas avoir pris de photos de MM. Mofina et Noël… Cela aurait été intéressant aussi de pouvoir faire des entrevues avec tout ce beau monde… mais, bon, le temps était limité et je ne suis pas encore tout à fait à l’aise comme intervieweur (je ferai sûrement plus d’entrevues à Boréal…).

[ un premier tour du kiosque d’Alire, vers 17h54 ]

Solaris212_VG-255x400Évidemment, le traditionnel 6 à 7 de Solaris, où on lance la dernière mouture (cette fois-ci le #212), n’est qu’un prétexte pour permettre aux lecteurs de la revues, aux auteurs et aux amateurs de SFFQ de se rencontrer, de discuter et partager leur passion. C’était très informel, sans discours, autour d’une coupe de vin rouge. Le numéro d’automne de Solaris, le #212, nous offre cinq nouvelles (“Manifeste 2113” par Frédéric Parrot, “Le vieillard, l’enfant et la cuillère pensante” de Denis Roditi, “Mémoire vive” de Étienne-Janosik Desforges, “Écho perdu” par Geneviève Blouin et “Eau et Diamant” par Derek Künsten), deux articles (“Albert Robida : de la satire de la science à la science-fiction” par Julien Chaffour et “Les Carnets du Futurible: À nous l’infini, ou ls visages de la philosophie cosmiste” par Mario Tessier) et de nombreux commentaires de lecture (voir le sommaire du numéro pour les détails). Comme d’habitude cette “anthologie permanente des littératures de l’imaginaire” est une superbe lecture…

[ lancement du Solaris #212, vers 18h16 ]

J’avais promis à Jonathan Reynolds que je ferais le “photographe officiel” de l’événement. Poursuivant mon projet de faire découvrir et connaître les multiples “Visages de la SFQ” je me suis donc mis à la tâche. Je n’ai toutefois pris qu’une trentaine de clichés…

À venir: les entrevues…

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SDL 2019 : Jour 1

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Mercredi, à la découverte du salon

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Plan du salon

Comme toute les années depuis que j’ai l’âge de raison, je suis aller faire mon tour au salon du livre de Montréal mercredi soir. C’était gratuit pour tous alors il y avait foule (mais c’était tout de même beaucoup plus calme que dans l’après-midi). Comme à mon habitude j’ai déambulé dans un sens puis dans l’autre afin de pouvoir jeter un œil sur un maximum de nouveautés. Bien sûr il y trop de beaux livres pour tout voir alors j’ai surtout porté attention aux kiosques des diffuseurs de BDs et de mangas (Interforum, Flammarion, Hachette et La Boîte). Par le passé le salon était surtout composé de rangées de petits kiosques où chaque éditeurs présentait ses produits mais avec le temps, les éditeurs se sont rassemblés dans l’espace des diffuseurs / distributeurs qui devenaient de plus en plus gros chaque années. A un point ou s’était difficile de déambuler dans le salon en suivant le quadrillage des allées car ces gros kiosques obstruaient la circulation. Je dois dire que cette année le plan du salon a grandement été amélioré et la circulation en était grandement facilitée.

[ SDL, mercredi soir, 2019/11/20, vers 17h44 ]
>> Voir l’avertissement concernant les photos/vidéos <<

Comme le mentionne le communiqué de presse, “la mission première du Salon est de promouvoir le livre et le plaisir de la lecture comme biens culturels dans la société québécoise.” La thématique annuelle est “se raconter” et elle se décline autour de la poésie, du conte, des littératures de l’imaginaire, du polar et de sous-thématiques comme l’environnement, la parentalité, la diversité, la technologie, etc. De nombreuses initiatives et évènements étaient organisés dans le cadre du salon. De plus, le salon innovait avec la présence de deux kiosques thématiques: l’un sur un quartier de la ville (St-Michel) et un sur un pays invité (l’Ukraine). Finalement, cette année, les invité(e)s d’honneur étaient Enki Bilal, Fanny Britt, Jean-Paul Daoust, Tristan Demers, Antonine Maillet, Andrée Poulin, Sheila Watt-Cloutier et Webster.

D’abord, je note encore l’absence des bibliothèques de Montréal au salon, qui ratent l’occasion idéale de promouvoir la lecture dans les bibliothèques. La bibliothèque de St-Michel a bien sûr fait quelques animations dans la cadre du “quartier invité” mais les bibliothèques auraient pu faire tellement plus que cela. C’est très décevant…

IMG_6660J’avais deux grands objectifs au salon cette année. D’abord, rencontrer Enki Bilal. Malheureusement, toutes ses apparitions au salon (séances de signature, conférences, etc.) se sont retrouvées en conflit d’horaire avec d’autres engagements et je n’ai pu voir que son espace de signature vide… Très frustrant. 

9782356740748_largeAussi, je désirais mettre la main sur la dernière bande dessinée de Philippe Gauckler, Kébek, t. 1: L’éternité publié aux Éditions Daniel Maghen. Il s’agit d’une adaptation du roman La nuit des Temps de René Barjavel, que j’ai lu et adoré étant ado. J’ai envoyé un courriel à l’éditeur pour connaître qui était leur diffuseur au Québec et si leurs titres seraient présent au salon. Je n’ai reçu aucune réponse, alors j’ai dû faire ma petite enquête… Je suis d’abord allé voir l’un des plus gros diffuseurs de BDs et j’ai demandé s’ils distribuaient les Éditions Daniel Maghen. On me réponds “C’est pas nous mais je crois que c’est Dimedia.” Je vais donc voir Dimedia et on me réponds “C’est plus nous mais je ne me souviens pas qui est le nouveau diffuseur…” (Hum, oui, bien sûr…). J’essai encore deux autres diffuseurs avant de finalement découvrir que c’est Interforum qui distribue les Éditions Daniel Maghen. Malheureusement, le changement de diffuseur s’est fait trop récemment et ils n’ont pas encore reçu de stock. Donc aucun exemplaires au salon. Grosse déception. C’est tout de même étonnant qu’un livre sortie à la fin août en Europe ne soit toujours pas disponible au salon !! Heureusement, on me dit que le Gauckler devrait être disponible en librairie imminemment (en fait, il semble déjà l’être chez Renaud Bray, Archambault). En ligne, il n’est pas disponible chez Amazon.ca mais on le retrouve chez Les Libraires (qui dessert les ventes en ligne des librairies Raffin, Planète BD et Monet; on l’indique disponible depuis le 1er novembre !). À ce prix là ($37.95, mais tout de même pour 88 pages), je vais probablement le lire en bibliothèque

Dans mes déambulations au salon (et en périphérie), j’ai fait quelques découvertes. D’abord La Pastèque a publié un nouveau “Paul” de Michel Rabagliati (le neuvième de la série): Paul à la maison. Aussi, les Éditions Albert René nous offrent un trente-huitième album pour les soixante ans d’Astérix: La fille de Vercingétorix. Pour l’occasion on retrouve également toute une ligne de sous-produits livresques dont les plus intéressants sont: Les citations latines expliquées et Les vérités historiques expliqués (tous les deux chez EPA et écrits par Bernard-Pierre Molin) ainsi que Les banquets d’Astérix par Thibaud Villanova et Nicolas Lobbestael (chez Hachette, collection Gastronogeek). Glénat a sorti un album commémorant ses cinquante ans d’édition. J’ai également remarqué un nouveau roman par Claude R. Blouin (aussi un spécialiste du cinéma japonais) aux Éditions Mots en toile: Irina Hrabal. Je note également la sortie d’un nouveau Chat du Rabbin (#9: La Reine de Shabbat) et d’un nouveau Yoko Tsuno (#29: Anges et Faucons) !

Finalement, côté manga, j’ai découvert deux titres qui méritent notre attention. D’une part, Ki-oon publie une autre adaptation d’un chef d’oeuvre de Lovecraft par Gou Tanabe, c’est fois il s’agit de Dans l’abîme du temps (un seul volume de 368 pages). D’autre part, j’ai découvert chez Bayard Jeunesse une collection qui nous raconte L’Histoire en manga (mes deux sujets favoris!): v.1 Les débuts de l’humanité, v.2 L’antiquité grecque et romaine, v.3 L’Inde et la Chine antiques, v.4 D’Attila à Guillaume le Conquérant, v.5 De l’empire mongol à la Guerre de Cent ans, v.6 La Renaissance et les grandes découvertes, v.7 L’Histoire en Europe de la Reine Elisabeth à Napoléon. J’ai bien hâte de lire tous cela.

J’essaierai de commenter la plupart de ces titres dans les prochaines semaines (ou mois). Je ferai aussi une autre visite au salon samedi pour le lancement du numéro 212 de Solaris au kiosque d’Alire. J’ai l’intention d’y prendre de nombreuses photos et de faire quelques entrevues. Gardez un oeil sur cette page (Watch this space, comme ils disent en anglais!).

Le salon du livre de Montréal s’est donc tenu à la Place Bonaventure du 20 au 25 novembre, 2019. L’année dernière, le salon avait annoncé qu’il déménageait au Palais des Congrès mais, n’ayant pas réussi à obtenir les dates désirées, le SDL est demeuré à la Place Bonaventure pour 2019. Toutefois, il faut dire adieu à la Place Bonaventure, car cette fois c’est bien vrai, le salon aura lieu au Palais des Congrès l’an prochain. La raison de ce déménagement n’est pas très claire (manque d’espace? travaux de rénovations à la Place Bonaventure?), mais, bon, on verra bien de quoi cela a l’air l’an prochain…

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Ad Astra VIII

AdAstra8-covAlors que le général Marcellus vient de montrer une finesse insoupçonnée pour entrer dans la ville de Nola, Scipion est également surpris par l’arrivée de Caius, qu’il croyait mort au combat. Mais le plébéien a changé : depuis que sa route a croisé celle de Maharbal, cette guerre est devenue pour lui une affaire personnelle…

Seulement, le chef Numide est un adversaire de taille ! Pour Scipion, pas question de le neutraliser sans avoir recours à la ruse… et ce n’est pas le genre de tactique qu’apprécie Marcellus. Pourtant, les conseils du jeune Romain lui ont permis de remporter enfin une bataille contre Hannibal… Les deux hommes seront-ils encore capables de collaborer ?

Bravoure, complots et stratégie… Plongez au cœur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion !”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa non seulement Rome et Carthage mais aussi leurs stratèges respectifs: Scipion l’Africain et Hannibal Barca. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française est parue chez Ki-oon.

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Ce huitième volume est consacré à la deuxième bataille de Nola et au début du siège de Syracuse. Printemps -215, les troupes d’Hannibal tente une nouvelle fois de prendre Nola, cette fois sous le commandement de Maharbal qui est confiant en la supériorité de ses cavaliers Numides. Scipion met Marcellus en garde contre les failles de sa stratégie et concocte un plan pour aider Caius dans sa vengeance. Grâce à cela, Caius réussit à embusquer Maharbal et à le tuer en combat singulier. Marcellus se rend compte de son erreur et réajuste sa stratégie pour obtenir une nouvelle victoire. Pour sa valeur, Caius est promu centurion et demande comme récompense que Marcellus soutienne Scipion dans sa candidature à la fonction d’édile.

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Page 147

Trois ans plus tard, en -212, Scipion est maintenant édile et porte le casque d’Aemilius, pour honorer son beau-père. Marcellus fait le siège de la ville de Syracuse qui est allié des Carthaginois et dont les défenses — conçues par le génie mathématicien Archimède — étaient réputées imprenables. Scipion réussi à pénétrer dans la ville en se faisant passer pour un envoyé macédonien. Il gagne la confiance d’Archimède et réussi à obtenir des renseignements précieux… mais sont subterfuge est découvert!

Ad Astra continue à nous étonner par la qualité de son graphisme et l’excellence de son récit d’action. Le dessin, précis et riche en détails, est très agréable à l’oeil. À grand renfort de stratégies militaires, de combats terrestre et de batailles navales, ce manga captive sans peine notre intérêt en nous racontant les faits saillants de ce conflits entre Rome et Carthage. La narration commence à s’accélérer un peu mais il reste toute même encore neuf ans à couvrir en cinq volumes! J’ai particulièrement aimé le récit de la rencontre entre Scipion et Archimède — qui n’était pas sans (beaucoup!) me rappeler le manga Eurêka! par Hitoshi Iwaaki. Évidemment, un récit romancé ne peut échapper aux inexactitudes historiques et l’auteur reconnait volontier avoir “un peu trop déformé la réalité, notamment dans le passage sur la deuxième bataille de Nola” et renvoie les lecteurs à Polybe et Tite-Live pour “une vision plus exacte du déroulement des combats”… Malgré cela, Ad Astra demeure un excellent manga que je recommande tout particulièrement aux amateurs d’histoire romaine!

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. VIII, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, février 2016. 210 pages (192 pl), 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 978-2-35592-919-9. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-4-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

ad_astra-v01 ad_astra-v02 ad_astra-v03 AdAstra-v04-cov AdAstra-v05-cov AdAstra-v06-cov AdAstra7-cov

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Capsules

Ad Astra VII

AdAstra7-cov“La perte de son futur beau-père et de son meilleur ami a réveillé l’ambition qui dormait en Scipion… Pour qu’un massacre de l’ampleur de la bataille de Cannes ne frappe plus jamais la République, il est désormais prêt à tous les sacrifices! Seulement, pour monter en grade, il lui faut composer avec le général Marcellus, son nouveau supérieur hiérarchique. Or, l’homme ne semble guère apprécier les méthodes du jeune Romain…

De son côté, Hannibal n’a pas le loisir de savourer sa victoire : Maharbal lui reproche déjà de ne pas marcher sur Rome immédiatement, en profitant du désarroi du camp adverse pour conquérir la cité. Car le vent pourrait bien tourner… Isolé loin de sa patrie avec un contingent de Gaulois têtus, entouré de cités hostiles, le Carthaginois a toujours l’avantage, mais pour combien de temps?

Bravoure, complots et stratégie… Plongez au cœur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion!”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa non seulement Rome et Carthage mais aussi leurs stratèges respectifs: Scipion l’Africain et Hannibal Barca. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française est parue chez Ki-oon.

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Page 33

Ce septième volume se consacre principalement à la première bataille de Nola et aux événements périphériques. Suite à la cuisante défaite romaine à Cannes en -216 , la plupart des villes de Campanie, comme Capoue — craignant d’être entraîné dans une guerre coûteuse par leur allié romain — ouvrent leurs portes à Hannibal et aux Carthaginois. Seule la ville de Naples, en position stratégique sur la mer, leur résiste. L’armée romaine, dirigé par Marcellus, prends la ville de Nola par la ruse. Caius laelius rejoint l’armée romaine mais seulement pour se venger de Maharbal. Scipion suggère à Marcellus d’utiliser contre Hannibal ses propres stratégies. Ainsi, lorsque Hannibal attaque Nola les romains réussissent à le repousser, brisant le mythe de son invincibilité et redonnant espoir à Rome. Hannibal tente de négocier une alliance avec la Macédoine et Magon ne réussit pas a obtenir du renfort pour la campagne d’Hannibal, Carthage préférant défendre ses possession en Hispanie. Alors que Maharbal continue de défier son autorité, Hannibal décide de lui confier le commandement de l’armée…

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Page 133

Ad Astra est un très bon manga et une bonne lecture pour tous ceux qui s’intéresse à l’histoire romaine. La narration est fluide et, sans trop s’attarder sur les détails de la stratégie militaire, nous offre tout de même un récit d’action captivant. Bien sûr, comme toute fiction historique, le récit prend quelques libertés avec les faits connus au profit de l’intrigue. Toutefois, le récit progresse très lentement: les sept premiers volumes n’ont jusqu’à maintenant couvert que les deux premières années du conflit (qui dura quinze ans)! Pour couronner le tout, le dessin est très beau. Le style clair et très précis est assez efficace pour bien décrire les scènes de combats. Un manga que je recommande vivement.

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. VII, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, septembre 2015. 234 pages (206 pl), 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 978-2-35592-866-6. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

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Capsules

They called us enemy

They-Called-Us-EnemyGeorge Takei has captured hearts and minds worldwide with his captivating stage presence and outspoken commitment to equal rights. But long before he braved new frontiers in Star Trek, he woke up as a four-year-old boy to find his own birth country at war with his father’s—and their entire family forced from their home into an uncertain future.

In a stunning graphic memoir, Takei revisits his haunting childhood in American concentration camps, as one of over 100,000 Japanese Americans imprisoned by the U.S. government during World War II. Experience the forces that shaped an American icon—and America itself—in this gripping tale of courage, country, loyalty, and love.

[Text from the publisher’s site; see also the backcover]

The second season of the TV series The Terror, subtitled Infamy, was set in a Japanese-American internment camp around old Japanese ghost stories. It was quite interesting (stars-3-5). George Takei, of Star Trek fame, who had experienced the camps in his childhood, was asked to be a consultant and, since he is also an actor, to be a member of the cast. He incorporated a lot of his own experience into the TV series. This comic memoir, where Takei recounts the whole traumatic experience of the internment camps, could be a good companion book to the TV series.

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The storytelling is excellent as it not only chronicles the daily life of his family inside the camp, how he felt as a four-year-old and what was the impact on his later life, but it also tells us of the journey that brought him to want to share this story. However, if it is presented has a book for all ages, it should probably more appropriately targets a teenage readership as the story is very serious, with references to policies and politics that kids would probably not understand.

The artwork is generally nice but often a little crude and simplistic with an overuse of screentone to add shades and textures. The story would have been better served by a more professional graphic style. However, this look was probably chosen to make the book feel more accessible.

Overall, it is a very interesting comics about an important (but little known) part of American history that should be a mandatory reading in civics or history classes all over America. A must (particularly now).

They called us enemy, co-written by George Takei, Justin Eisinger, Steven Scott, and illustrated by Harmony Becker. Marietta: Top Shelf Comics (imprint of IDW Publishing), July 2019. 208 pages, 6.5 x 19 in, $US 19.99 / $C 25.99. ISBN 978-1-60309-450-4. For teenage readers (12+). stars-3-5

For more information you can consult the following web sites:

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© 2019 George Takei

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Capsules

Isabella Bird 5

IsabellaBird-v5-cov“En quittant Niigata, Isabella a entamé la deuxième partie de son périple vers l’île d’Ezo… Un chemin semé d’embûches, mais également riche en belles rencontres ! À Yamagata, c’est un Japon déchiré entre occidentalisation galopante et respect des anciennes traditions que l’aventurière découvre avec des sentiments partagés…

Déchiré, Ito l’est tout autant, lui qui a reçu une nouvelle lettre de Charles Maries : l’éminent chasseur de plantes passe à l’offensive et menace à présent de le traîner en justice ! À mesure que les problèmes de santé de son employeuse s’aggravent, l’interprète doute de plus en plus. Et s’il était en train de la mener à sa perte ?

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, Femme exploratrice est un récit passionnant sur les rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, un nouveau talent prometteur !”

[ Texte de la couverture arrière ]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le sixième, est paru au Japon en juillet 2019 (toutefois aucune date de parution n’a encore été annoncé pour la France).

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Le cinquième volume débute le 16 juillet 1878 (an 11 de l’Ère Meiji) alors que Ito, guide et interprète d’Isabella Bird, poste une lettre pour le légat britannique Harry Parkes. Le lendemain, ils quittent Yamagata dans des conditions pluvieuses difficiles. Le guide se perd dans les montagnes mais la carte et la boussole d’Isabella leur permet de garder le cap et ils parviennent à Kaneyama. Toutefois, Isabella fait une sévère réaction à une piqûre de guêpe.

S’ensuit un long flashback d’une centaine de pages qui nous révèle enfin l’origine du personnage principal. Depuis son enfance, Isabella est atteint d’une déviation de la colonne vertébrale qu’une chirurgie n’a pas réussi à corriger. Elle souffre de douleurs chroniques et de dépression (la mélancolie accentuant ses névralgies). Après l’avoir examiné, John Bishop—un jeune docteur qui remplace son médecin traitant maintenant retraité—recommande qu’elle abandonne corset et médications. Il propose qu’elle voyage plutôt à l’étranger pour assouvir sa curiosité naturelle et ainsi combattre l’ennui et la dépression. Elle promet d’écrire à sa soeur Henrietta tout les jours. 

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Toutefois, après un premier voyage en Australie et en Nouvelle-Zélande en 1872, elle songe à revenir en Angleterre. Sur le bateau, elle fait le rencontre de Lady Dexter et de son fils Matthew, qui est gravement malade. Alors que le jeune garçon est en pleine crise et crache le sang, le rafiot est endommagé dans un ouragan. Isabella réagit rapidement et avec calme pour sauver l’enfant — et découvre que l’action (et l’adrénaline) est le remède qu’il lui faut. Elle fait donc escale aux Îles Sandwich (Hawaï) avec les Dexter. Elle y rencontre Mary Carp (et sa guide Deborah) et, avec elles, découvre les coutumes locales. Ils escaladent le mont Kilauea à dos de cheval afin d’en observer le cratère en éruption. C’est là qu’elle décide de devenir une aventurière! [Elle y écrit, entre autre, le livre Six Months in the Sandwich Islands — cf. Amazon or Google Books]

Un médecin japonais examine Isabella et lui prépare un médicament fait de plantes médicinales. Il note ses problèmes de dos et suggère à Ito de la dissuader de continuer son voyage. Ito fait part à Isabella de ses réservations mais celle-ci plaide qu’elle se sent vivre seulement si il y a du danger et que si elle voyageait confortablement elle n’aurait pas l’occasion d’observer la vie quotidienne et les coutumes des contrées reculées. Ito lui annonce alors que Charles Maries insiste pour qu’il revienne à son service et offre de le payer mieux. Il la quittera donc à la prochaine étape, après avoir descendu le fleuve Omono jusqu’au port de Akita !

Avec ce cinquième volume, le récit progresse rapidement. Isabella fait des découvertes sur la place des insectes dans la culture Japonaise et sur la médecine traditionnelle. Toutefois, ce volume est surtout riche en révélation sur la vie d’Isabelle Bird elle-même. C’est donc une histoire captivante qui est merveilleusement illustrée par le style riche et détaillé de Sassa—quoique le graphisme est inégale : si certaines cases sont parfois maladroites, d’autres sont aussi superbes!  

Cependant, ayant commencé à lire en parallèle le récit original d’Isabella Bird, Unbeaten Tracks in Japan (disponible gratuitement sur le  Project Gutenberg, Google Books ou Kindle), je me rend compte que, si les anecdotes et les faits racontés semblent assez fidèles, l’attitude ouverte et compréhensive du personnage n’est pas tout à fait véridique. Dans son ouvrage, Isabella Bird semble avoir envers les Japonais l’attitude condescendante, et même parfois méprisante, qu’on s’attendrait à trouver chez toute aristocrate britannique de l’époque. Ito y est a peine mentionné… Mais je reviendrai sur ce sujet plus tard.  

Malgré tout, Isabella Bird est un excellent manga historique que je recommande chaudement.

Isabella Bird, femme exploratrice T05 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), décembre 2018. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0339-7. Pour lectorat jeune (7+). stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© 2018 Taiga Sassa. All Rights reserved.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

IsabellaBird-v1-cov IsabellaBird-v2-cov IsabellaBird-v3-cov IsabellaBird_4-cov

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Capsules

Revue de Zines [02.019.302]

Une revue de quelques périodiques récents consacrés à la BD et au manga…

Animeland #227 (Juillet-Août 2019)

AL227Un numéro très volumineux (148 pages!) et riche en information mais où je n’ai malheureusement pas trouvé beaucoup de sujets qui m’intéressaient personnellement. Du côté anime, on note un article sur Carole & Tuesday (diffusé sur Netflix). Du côté manga, on note un volumineux dossier (14 pages!) sur les soixante ans de Shônen Magazine (Kōdansha) et Shônen Sunday (Shōgakukan), la partie 3 de la série “Comment éditer un manga: Édito, commercial et fabrication”. Pour le reste du contenu vous pouvez consulter le sommaire du numéro en lignestars-2-5

Animeland HS Été (Juillet-Septembre 2019)

AL-HS-Ete19Un numéro double estival (148 pg) toujours aussi riche en information mais aussi un peu plus ludique. Du côté anime, on y va de palmarès avec les top des persos féminins et masculins, un rapport sur le festival d’Annecy, un petit guide touristique du Japon de l’anime Yuru Camp additionné d’un interview avec le réalisateur Yoshiaki Kyôgoku, ainsi qu’un dossier sur les adaptations live de mangas et anime. Le cahier jeux inclus de nombreux mots mêlés, croisés et codés, ainsi que plusieurs quiz et tests de personnalité, des charades et même un horoscope! De longues heures de plaisirs… Côté manga, ce numéro offre une sélection de manga qui font de bonnes lectures estivales, ainsi que quelques articles sur la mode dans les mangas, sur GastronoGeek et sur des cours de Japonais sur Youtube. Donc, un numéro informatif et divertissant. stars-3-0

dBD #136 (Septembre 2019)

dBD136À la une on retrouve un interview avec Charles Berberian sur la BD de SF Nathanaëlle qui a créé pour son ami dessinateur Fred Beltran (chez Glénat). Il y a aussi des interviews avec Nicolas de Crécy pour Visa Transit 1 (Gallimard), avec Alain Ayroles & Juanjo Guarnido pour Les Indes fourbes (Delcourt), avec Régis & Clément Loisel au sujet de leur exposition au bastille Design Center, avec Tom Tirabosco sur Femme sauvage (Futuropolis), avec Jean-Pierre Dionnet au sujet de ses mémoires Mes Moires: un pont vers les étoiles (Hors Collection) et avec Waxx pour Silencio: l’intégrale (Glénat). 

Dans la cahier critique on note Lone Sloane: Babel une réimagination du personnage de Druillet par Avramoglou & Cazaux-Zago chez Glénat (Super!), l’adaptation de La nuit des temps de Barjavel par Philippe Gauckler: Kebek 1 chez Daniel Maghen (Top! “Un formidable conte d’anticipation”), Candy & Cigarette 2 par Tomonori Inoue chez Casterman (Super! “On prend un plaisir fou à dévorer les pages de ce manga”), et Hi Score Girl T.2 par Rensuke Oshikiri chez Mana Books (Bien. “Un must pour le fans de rétrogaming)”. stars-3-0

dBD #137 (Octobre 2019)

dBD137Dans l’actualité de ce numéro on retrouve la mention d’une vente aux enchères d’originaux de BD organisée par l’expert et galeriste Daniel Maghen (exposition du 9/24 au 10/11 à la galerie Daniel Maghen, l’événement était le 10/11 à la Maison de l’Amérique Latine), la parution de Histoire(s) du manga Moderne (édition augmenté de 1952-2020) par Pinon, Lefebvre & Valente (Ynnis), le manga fantastique Chiisako Garden par Yuki Kodama (Véga), Les recettes légendaires de Dragonball par Thibaud Villanova (Glénat), Génération Astérix un ouvrage collectif qui célèbre les soixante ans de la série (Éd. Albert-René), et Ici ou Ailleurs où Guy Delisle illustre des extraits de textes de Jean Echenoz (L’Association).

À la une on retrouve un interview avec Xavier Dorison autour de Le château des animaux t.1 (Casterman), Undertaker t.5 (Dargaud) et Aristophania t.2 (Dargaud). Le numéro se poursuit avec des interviews de Thierry Smolderen autour de Souvenirs de l’Empire de l’Atome, L’Été Diabolik, et Une année sans Cthulhu (tous avec Alexandre Clérisse chez Dargaud), avec  Laurent-Frédéric Bollée autour de Les Nouvelles Aventures de Bruno Brazil (Le Lombard), et avec Ugo Bienvenu sur Préférence système (Denoël Graphic). 

Dans le cahier critique on note Valkyrie Apocalypse t.1 par Umemura & Ajichika chez Ki-oon (bien) et Gigant t.1 par Hiroya Oku chez Ki-oon (Super). Pas de découverte extraordinaire mais un numéro tout de même riche en information. stars-3-5

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Capsules

Le Monde d’Edena 6: Les réparateurs

Edena-6-LesReparateurs-covL’ultime volume de la grande saga du Monde d’Edena : quatre histoires en forme d’épilogue.

Après Sur l’Étoile, Les Jardins d’Edena, La Déesse, Stel et Sra, Les Réparateurs fait figure d’épilogue ou de points de suspension dans la vaste saga du Monde d’Edena. L’album rassemble en effet quatre récits courts, de formats variables, faisant tous écho, parfois explicitement parfois de façon plus elliptique, à l’univers de Stel et Atan. Les Réparateurs, l’histoire qui donne son titre à l’album, a été conçu pour l’ultime numéro de la revue (À Suivre) de décembre 1997, à la manière d’une boucle temporelle qui n’est pas sans rappeler l’anneau de Möbius auquel Jean Giraud avait emprunté son pseudonyme. La Planète Encore est la pièce de choix de l’album. Créée en 1990, elle renoue avec le principe de l’histoire muette qu’avait développé Moebius dans les années 70 avec Arzach. Les deux derniers récits, Voir Naples et Mourir et voir Naples, conçus autour du même sujet à treize années de distance, se renvoient la balle l’un l’autre, avec beaucoup de poésie.

Quatre échappées belles pour se convaincre, s’il le fallait encore, que Moebius restera pour toujours l’une des très grandes signatures du 9e Art. [Texte du site de l’éditeur]

Les réparateurs nous permet de retrouver Stel et Atan, les deux mécaniciens de l’espace, mais aussi les fameux Pif-Pafs et, en guest star, le Major Grubert. Les quatre récits courts réunis ici nous montrent une fois encore la diversité et la richesse du talent de Moebius. Un nuage de dépaysement, un zeste d’écologie, un soupçon de nostalgie et une très grande dose de poésie, le nouveau cocktail de Moebius ravira tous les fans du Monde d’Edena comme les nouveaux lecteurs. [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Il n’y a pas grand chose que l’on peu rajouter au texte d’introduction de l’éditeur. Les réparateurs nous offre quatre histoires courtes superbement illustrées mais qui n’apportent toutefois pas beaucoup au récit de la série, sinon un peu de nostalgie. Bof. Elle demeurent tout de même intrigantes à lire. Et ce qui rend l’ouvrage un peu plus intéressant c’est que chaque histoire est accompagnée d’un texte explicatif. 

Edena-6-LesReparateurs-p003Dans “Les réparateurs” (8 pages), un duo de réparateurs traverse des ruines sur une planète désertique et parvient dans une vaste caverne. Au centre, un tube où l’on distingue l’image d’un dessinateur penché sur sa planche à dessin. Ils activent un mécanisme et l’image disparait. Sur Terre, le dessinateur a un air satisfait. Stel et Atan auraient-ils redonné l’inspiration à leur créateur? Créée pour le dernier numéro de (À suivre) en décembre 1997, ce récit muet fait écho à “Réparations”, la toute première histoire du Monde d’Edena. La boucle est bouclée…

Edena-6-Voir Naples-p012Dans “Voir Naples” (4 pages), on découvre un univers froid et aseptisé où un personnage affublé d’un manteau et d’un masque au long nez ridicule (la première apparition des pif-pafs!) entâmes un voyage. La destination n’offre que des sortes de cactus délavés. “Ce n’est pas du tout comme les dépliants” pense-t-il. Comme il étouffe, il enlève son vêtement et son masque pour se retrouver devant une superbe vue de la baie de Naples! Réalisé en 1987 dans le cadre de la manifestation “Futuro Remoto” consacré à la diffusion de la culture scientifique, organisée à Naples par la Città della Scienza.

Edena-6-PlaneteEncore-p025Dans ”La planète encore” (23 pages), deux réparateurs voyagent sur une planète désertique. Parfois, dans le ciel on aperçoit le vol d’un ptéroïde… Ils arrivent à un grand temple surmontée d’une statue, traversent une cour occupée par des humanoïdes catatoniques, puis pénètrent le temple par un grand escalier. Ils traversent des corridors, puis effectuent une réparation qui ouvre une porte sur un grand hall avec des statues alignées de chaque côtés sur des socles de pierre. Au bout du hall, un socle vide. En regardant ce dernier, l’un des réparateurs se retrouve dans un monde de rêve habité d’étranges créatures humanoïdes qui chantent et dansent. La statue d’un jeune garçon en position de méditation (le jeune aveugle du Nid dans La Déesse?) apparait sur le socle vide. Dès lors, la végétation se met à pousser rapidement, envahissant toute la planète. Les réparateurs rejoignent leur vaisseau et quittent la planète. Cette histoire muette, nous offre une fable écologique dessinée en 1990 pour un comic book américain célébrant la “journée de la Terre”. Ce récit fait cette fois écho à une histoire de Arzak parue dans Métal Hurlant #4 (4e trimestre 1975): 19-26.

Edena-6-MourirEtVoir Naples-p043dDans “Mourir et voir Naples” (14 pages), le Major voyage dans le désert sur une sorte de cheval à longues oreilles. Il rencontre d’abord une table perdue au milieu du désert, sur laquelle il trouve le dépliant “Moebius à Naples” qui contient “Mourir et voir Naples”. Puis, il fait escale à un petit temple. Trois Pif-pafs géants le capturent, le mettent dans une boite qu’ils jettent dans un volcan. Lorsque le volcan fait éruption, la boite est rejetée à la mer pour finir sur une plage. La Major sort de la boite et saute de joie: c’est la baie de Naples! Une autre histoire muette et absurde qui reprend le thème de “Voir Naples”, créée cette fois en 2000 pour le portfolio d’une exposition sur Moebius à la Città della Scienza de Naples.

Un bel ouvrage d’intérêt plutôt moyen. À lire surtout pour les amateurs de Moebius et du Monde d’Édena

Le Monde d’Edena 6. Les réparateurs, par Moebius. [Tournai] : Casterman, septembre 2001. 54 pages (52 planches), 24 x 32 cm, ISBN 2-203-38038-1. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-2-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Casterman 2001

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents: Sur l’Étoile, Les jardins d’Édena, La Déesse, Stel et Sra.

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Le Monde d’Edena 5: Sra

Edena-5-Sra-covStel et Atana ont été séparés, mais, écrit Moebius en ouverture de Sra, « la force du désir qui pousse Stel vers Atana est telle que rien ne semble pouvoir stopper notre héros dans sa quête. » Ainsi ses pas le portent-ils au monastère de Sra, étrange village « olofène » – ce que signifie, comme chacun sait : « Réservé aux hommes déliés ». Mais déliés de quoi, au juste ?

Travaillé dans une forme onirique et souvent poétique qui fait fréquemment penser à l’écriture automatique des surréalistes, Sra marque le point final de la vaste fresque du Monde d’Edena entreprise par Moebius à partir du milieu des années 80 – Les Réparateurs, publié postérieurement, ne constituant qu’une sorte d’épilogue à l’ensemble de la série. À la manière d’un moderne Gulliver, Stel traverse une succession de mondes étranges ou enchanteurs, avant la confrontation finale avec son ennemi irréductible et malveillant, La Paterne, déterminé à prendre pour toujours le contrôle d’Edena… Tour à tour drôle ou inquiétante, mais toujours brillante et inspirée, l’oeuvre attachante d’un artiste en liberté.

[Texte du site de l’éditeur]

➡︎ (Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs) ⬅︎

Page 4

Ayant entendu dire qu’une nouvelle papesse est arrivée au monastère de Sra, Stel traverse le désert (sous l’oeil vigilant des agents de la Paterne) pour s’y rendre en espérant que celle-ci soit Atana. Au monastère, il mange un repas puis on lui offre une chambre. Il rêve qu’il se retrouve dans un monde lilliputien, toujours à la recherche d’Atana. En fait, depuis le début, il est dans un rêve créé par la Paterne afin de piéger Maître Burg… avec succès! Stel s’éveille et tente de sauver la papesse des mains de pif-pafs ninja mais les deux sont tués. Burg est sauvé par une Édelfe. Stel se réveille dans un hôpital psychiatrique. Il se nomme Stélékian, un pilote atteint d’un virus qui “crée un écart (…) entre la réalité de base et le labyrinthe onirique de son moi inconscient”. Guéris, le docteur Burglow le laisse sortir et le capitaine Pattern doit le raccompagner sur Terre. Mais il réussi à faire décoller le vaisseau seul, car rien ne peut l’arrêter dans sa quête pour retrouver Atana… 

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Page 26

Jusqu’à maintenant, le Monde d’Edena nous offrait une superbe histoire, intéressante et même captivante. Toutefois, dès que le combat entre le bien et le mal se poursuit dans les rêves des héros captifs et/ou endormis, on ne sait plus ce qui est le rêve, ce qui est la réalité et, surtout, qui rêve qui. Avec cette conclusion, Moebius renoue avec la science-fiction délirante et déjantée de ses débuts. Le résultat est un “mindf*ck” très dickien qui proclame que la réalité n’est pas ce que l’on pense et que le monde n’est qu’une illusion. Stel est-il fou ou est-il encore dans le rêve? En fait, il serait dans un rêve, qui est dans un rêve, qui est dans un rêve, etc., un peu comme le film Inception.

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Page 31

Moebius introduit ici et là dans le récit des éléments qui rappel ses autres histoires (Arzach, Major Fatal) afin de les réunir toutes dans un méga-univers. On retrouve donc une fin en parallèle avec celle du Garage Hermétique où le Major passe une porte pour se retrouver dans le métro de Paris, notre propre réalité. Finalement, en bout du compte, la bande (dessinée) de Moebius se retournerait-elle sur elle-même ???

La fin est un peu décevante car il n’y a pas de véritable conclusion — cela finit en queue de poisson comme disait Horace. Bien conclure une série est notoirement difficile. Toutefois, le récit demeure tout de même intéressant et il nous reste toujours le superbe dessin de Moebius… À lire malgré tout.

Le Monde d’Edena 5. Sra, par Moebius. [Tournai] : Casterman, septembre 2001. 64 pages (62 planches), 24 x 32 cm, ISBN 2-203-34524-1. Pour lectorat jeune adulte (16+). Voir la couverture arrière. stars-3-0

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© Casterman 2001

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents: Sur l’Étoile, Les jardins d’Édena, La Déesse et Stel. 

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Le Monde d’Edena 4: Stel

Edena-4-Stell-covPerdu dans le désert d’Edena, Stel n’a qu’une idée en tête : retrouver Atana. Sur sa route, il ne cesse de croiser Burg. Ce dernier l’encourage dans sa quête tout en lui parlant par énigmes. Ce qui irrite Stel au plus haut point. Il finit par tomber sur un groupe de ces drôles de types masqués, la même engeance que les kidnappeurs d’Atana (voir : La Déesse). Ils sont en panne de radio, leur vaisseau ne marche plus… Stel décide de les aider, dans l’idée de se rapprocher du nid de la “Paterne“, donc d’Atana. Bien lui en prend : piégé par la “Paterne“, le héros sera, dans des conditions effrayantes, envoyé vers une destination inconnue. Comment retrouver Atana ? Où est-elle ? Personne ne peut rien dire à Stel, égaré dans sa course éperdue et solitaire à la recherche de celle qu’il aime. Son seul guide est le message de l’Edelfe, “Ochandaï Swanii Atana“: La Déesse Atana va mourir si personne ne fait rien. 

Quatrième tome de la saga du Monde d’Edena, l’histoire de Stel est terrible et oppressante. Serait-ce, cette fois-ci, une volonté de l’auteur de disserter sur la soif de pouvoir et les folies qu’elle engendre ? Dans un univers truffé de surprises, comme toujours chez Moebius, une description sans merci du machiavélisme et de la manipulation.

[Texte du site de l’éditeur]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Avec ce quatrième volume, l’attention du récit revient sur Stel qui est toujours à la recherche d’Atana. Burg lui apparait à nouveau pour l’avertir d’une part que Atana, après avoir remis de l’ordre dans la cité-Nid, s’est perdu dans des dédales oniriques et que, d’autre part, la Paterne en a certes été délogé mais qu’il en subsiste des traces résiduelles qui continuent de hanter Édéna. Ces émanations de la Paterne demeurent un danger car elles peuvent prendre une forme dense — comme un dinosaure à tête de perroquet! Il lui confie avoir créé cette planète spécialement pour lui et Atana… (tout comme Gruber avait créé Flore, l’astéroïde à trois niveaux!)

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Page 7

Stel tombe sur une patrouille de la Cité-Nid dont le flybus est en panne. Il se propose de les aider mais leur chef, tombé sous le contrôle de la Paterne, le fait prisonnier et l’amène à un nouveau Nid, d’où il espère mener une guerre sainte contre les usurpateurs et reconquérir la cité-nid originelle. Là, Stel retrouve son ami Trollopen (voir le premier volume) qui lui raconte ce qu’il s’est passé depuis qu’ils ont embarqué sur la pyramide: survie difficile sur la planète, découverte du nid, les deux seuls survivants de l’équipage originel — Trollopen et Oran Silverberg — crées des clones, Oran rendu fou par les cauchemars de Burg a écrit le Livre de la Pyramide et fuit le nid, pour échapper à l’influence de Burg Trollopen se fait mettre dans une stase onirique d’où il peut continuer à controller le nid. Trollopen EST la Paterne! Il a créé un capteur subonirique qui plonge son antenne dans les entrailles bouillonnantes d’Édéna afin de piéger Burg mais maintenant il veut plutôt se servir de Stel comme appât pour capturer Atana. Tout ça pour ultimement vaincre Burg, “notre geôlier… Le seul obstacle à notre retour au monde réel” ! 

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Page 31

Stel nous offre un autre récit d’action passionnant et plein de révélations — un récit qui nous rappel beaucoup Le Garage Hermétique (une planète créé par Gruber/Burg avec plusieurs niveaux de réalités, dont le habitants se rebellent contre leur créateur)… Et c’est tout aussi superbement dessiné par Moebius que le volume précédent (et même plus). Un crescendo de convergence thématique et stylistique dans l’oeuvre du maître! Une très bonne bande-dessinée à lire absolument!

 

Le Monde d’Edena 4. Stel, par Moebius. [Tournai] : Casterman, avril 1994. 78 pages (74 planches), 22 x 29 cm, ISBN 2-203-34504-7. Pour lectorat jeune adulte (16+). Voir la couverture arrière. stars-3-5

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© Casterman 1994

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents: Sur l’ÉtoileLes jardins d’Édena et La Déesse.

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Le Monde d’Edena 3: La déesse

Edena-03-LaDeesse-covAtan est devenu Atana : son séjour prolongé sur Edena, sans hormonode, lui a rendu un corps de femme. Elle erre, traversant une forêt infinie. Elle cherche sans savoir exactement ce qu’elle cherche. Mais elle pressent un danger. Soudain elle est cernée par une bande d’êtres étranges, tous affublés d’horribles masques aux longs nez, qui la capturent. Atana est emmenée dans leur monde, un monde souterrain, sinistre, hyper régulé, gouverné par une entité invisible nommée “La Paterne”. C’est dans cet univers effrayant et grâce aux dons médiumniques d’un enfant aveugle, qu’Atana pourra commencer à découvrir sa véritable identité. Que lui veut “La Paterne“ ? Pourquoi l’enfant aveugle l’emmène-t-il dans ses rêves ? Peut-être parce que, comme beaucoup d’autres, il attend d’être délivré des prisons de l’ignorance…  [ texte du site de l’éditeur ] 

— Vous êtes un cas embarrassant, Monsieur. Aucune marque d’identification, aucun tatouage matricule. Aucune trace de vous dans les archives. Alors qui êtes-vous, d’où venez-vous?
— Mon nom est Atana ! Atana Merigold, je suis née en 27 sur Lazlan dans l’ère de gaïne. Mais je suis membre de la guilde spatiale. Je proteste contre mon arrestation arbitraire, ma détention injustifiée. Et je demande qu’on me délivre im-mé-dia-te-ment de cet horrible masque affublé de ce nez grotesque !” [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 6

Ce troisième tome du Monde d’Edena est beaucoup plus volumineux que les précédents (quatre-vingt planches!). Ce récit est consacré à Atan, devenue maintenant Atana — une superbe guerrière avec une longue chevelure blonde, qui parcours seule l’interminable forêt édénique. En songe, elle rencontre l’ombre du rêve. Elle aperçoit une explosion à l’horizon et prends cette direction pour investiguer. Elle n’y trouve qu’un trou et une tête sur un pieu. Elle est capturée par des soldats habillés d’un long manteau et d’une sorte de masque à gaz avec un long nez ridicule (qui leur donne un air de soldat de la première guerre mondiale). Elle a la vision éveillé de  l’ombre du rêve qui la saisie et l’écrase, puis elle perds connaissance.

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Page 7

Elle se réveille dans le Nid, une cité moderne et sousterraine habitée de clones, où tout le monde s’appelle poliment l’un l’autre “Monsieur” et porte un masque au long nez pour se protéger des germes. C’est une société aseptisée, asexuée, autocratique, dirigée par la “Paterne”. Comme Atana constitue une menace pour l’ordre, elle est exécutée. Elle est toutefois ressuscitée par un groupe de rebels qui suivent la prophétie du Livre de la Pyramide, prédisant que la déesse Atana viendrait les sauver des prisons mortelles de l’ignorance. Ils fuient dans les fins fonds du Nid, là où se terrent les cafardos, des clones défectueux. C’est là qu’elle rencontre l’enfant aveugle qui ressemble à un moine bouddhiste. Il amène Atana dans son rêve et lui explique que les habitants du Nid sont les “descendants” (clonés à partir d’une source unique, la Paterne) des passagers de la Pyramide (voir le tome 1) arrivés sur Edena il y a mille ans! Atana et Stell auraient donc été en animation suspendue durant tout ce temps… Atana part dans son propre rêve et l’enfant est attaqué par l’Ombre. La révolte atteint le siège de la Paterne, qui est le corps momifié d’un des passagers original de la Pyramide et nul autre que l’Ombre du rêve! Dans le combat, la Paterne est tuée. Les habitants du nid sont donc libres et jettent leurs masques.

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Page 29

Comme nous le font remarquer Jean-Marc & Randy Lofficier dans la préface de l’édition anglaise (voir plus bas), le premier tome nous offrait la recherche de la promesse de l’utopie, le second était un manifeste sur la voie spirituelle pour réconcilier l’Homme et l’utopie au travers d’une transformation alimentaire, et ce tome-ci nous fait découvrir que la révolution est peut-être la seule route de l’utopie. Écrit et dessiné à Paris et Los Angeles entre l’automne 1988 et le printemps 1989 (mais publié seulement en septembre 1990 après la sérialisation dans À Suivre), La Déesse serait possiblement une allusion allégorique à tous ces opprimés de l’époque (en Roumanie, en Europe de l’Est, en Chine, etc.) qui tentaient de secouer le joug de la dictature. Les habitants du Nid porte leur “visage” pour se protéger des germes extérieurs (le libéralisme bourgeois?) alors que le mal qui les atteint est en fait causé par la décadence même de leur institutions (la dégradation du clonage)!

La Déesse nous offre un intéressant récit d’aventure, plein d’action et de rêves, et qui est exceptionnellement linéaire et cohérent. L’attrait principal demeure toujours le superbe dessin de Moebius, où les plats de couleurs vives sont de plus en plus brouillés par les détails de l’encrage. Je trouve fascinant l’inconfort généré par le fait que presque tout les personnages portent un masque similaire et doivent donc être distingués par la couleur ou les détails de leur costume. Une très bonne BD à lire absolument.

Le Monde d’Edena 3. La Déesse, par Moebius. [Tournai] : Casterman, septembre 2001. 88 pages (80 planches), 24 x 32 cm, ISBN 2-203-34522-5. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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TheGoddess-covL’édition anglaise, The Goddess, est assez fidèle à l’original (quoique la qualité de l’impression laisse un peu à désirer). Faute de place, l’édition française ne contenait aucun dossier explicatif, ce qui fait que la préface de Jean-Marc & Randy Lofficier ainsi que la postface de Moebius nous offrent d’autant plus d’éclairage sur le récit. Ainsi, Moebius nous explique qu’il avait d’abord eut l’intention de terminer le troisième tome sur la disparition d’Atana mais que, sur le conseil de son entourage, il ajouta une vingtaine de pages pour expliquer l’identité de la Paterne. Il ajoute que le masque des personnages et les formes de politesse utilisées symbolisent qu’ils sont coupés de leur environnement non seulement physiquement mais aussi spirituellement. Finalement, il nous apprend que le moindre détail (le changement d’une plume, le fait que la couleur a été appliqué non sur des lignes bleues mais sur l’encrage) peut affecter la qualité du dessin.

Ce volume 7 des Collected Fantasies of Jean Giraud, ne comporte qu’une seule histoire courte additionnelle: “Black Thursday” (2 pages). Le messager Jerman Closer est dégoûté par les jeux des dieux et jure de tout faire pour y mettre fin mais, bien sûr, sans le moindre effet! C’est une de ses histoires de SF absurde du début de Métal Hurlant (1977). Moebius cite l’influence de ses auteurs favoris (Zelazny, Dick) mais il est difficile de donner un sens à une histoire aussi courte.

Comme pour l’édition française, The Goddess est une très bonne BD à lire absolument.

Cette édition n’est plus disponible mais The World of Edena a été réédité en anglais par Dark Horse en 2016 (dans sa série Moebius Library) sous la forme d’un intégral deluxe cartonné qui rassemble les principaux récits du cycle (360 pages, $49.99). [WorldCat]

Moebius 7, The Collected Fantasies of Jean Giraud: The Goddess, by Moebius. New York: Epic/Marvel, October 1990. 88 p., 8.5 x 11 in., $US 12.95 / $C 15.95. ISBN 0-87135-714-3. Pour lectorat jeune adulte (16+). (Voir la couverture arrière) stars-3-5

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© Starwatcher Graphics

Voir mes commentaires sur le tome 1: Sur l’Étoile, et sur le tome 2: Les jardins d’Édena.

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Le Monde d’Edena 2: Les jardins d’Edena

Jardin-d-Edena-covStell et Atan sont à bord de “la Pyramide“, un étrange vaisseau spatial qui les dépose sur la planète Edena. Les deux héros commencent à explorer ce monde nouveau. Ils ne peuvent qu’avancer, sans savoir où leur marche les mènera. Petit à petit, ils s’adaptent à leur nouvel environnement, découvrant le goût des pommes, la chaleur du soleil. La nuit leurs rêves se peuplent de fées et de créatures fantastiques. Leurs corps physiques, privés de leur dose quotidienne d’hormonode, se transforment. Une dispute éclate, Atan assomme Stell et disparaît. Commence alors pour l’un et l’autre, une longue quête, quelque part entre l’envers et l’endroit du réel… Quelles sont les intentions de “La Pyramide“? Pourquoi a-t-elle laissé Stell et Atan débarquer dans ce monde étrange, qui leur évoque l’ancienne “Terra“ ? Comment feront-ils pour survivre, s’alimenter ? Jusqu’où devront-ils marcher ? Les réponses se trouvent peut-être dans la vraie vision, loin de l’ombre du rêve… 

Avec la série du Monde d’Edena, Moebius a créé une œuvre presque philosophique. Dans Les Jardins, il pose, entre autres, la question du conditionnement de l’être humain en matière d’alimentation. L’auteur lui-même raconte comment sa rencontre avec l’instinctothérapie lui a inspiré une bonne partie du récit. Un monde inquiétant et onirique, magnifiquement illustré.

[ texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière ]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 5

Atan et Stell se réveille à bord de la pyramide mais il n’y a aucune trace des autres passagers rencontrés dans le tome précédent. En touchant des contrôles, ils révèlent deux sièges qui les téléportent sur une planète qui semble vierge, voir paradisiaque. Mais comment pourront-ils y survivre sans équipements, sans armes, ni synthétiseur d’aliments, bio-implants ou transplantation d’organes par les rob-médics (à trente-deux ans Stell a déjà reçu plus de soixante transplants dont dix-huit cardiaques !). Toutefois ils trouvent un cours d’eau et se souviennent qu’il y a quatre-mille ans leurs ancêtres terriens se nourrissaient de fruits poussant biologiquement, alors ils s’essaient à manger des pommes… Cela leur donne mal au ventre mais calme la faim. Ils font des rêves bizarres…

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Page 22

Avec le temps, Atan et Stell s’adaptent à leur environnement. Et avec une nouvelle alimentation et l’épuisement de leurs bio-implants, leurs corps changent: les poils repoussent et des caractéristiques sexuelles (jusqu’alors supprimées par les hormonodes) font leur apparition, révélant que Atan est une femelle et Stell un mâle! Ce dernier d’ailleurs réalise soudain qu’il est irrésistiblement attiré par sa compagne mais celle-ci, dégoûtée, repousse ses avances, l’assomme avec une pierre et disparaît dans la nature… Stell la cherche pendant six jours, puis décide de suivre le fleuve jusqu’à la mer. En rêve, il rencontre le Maître Burg, qui le guide jusqu’à Atan/Atana mais celle-ci est enlevée par un monstre, l’ombre du rêve. Grâce à l’enseignement de Maître Burg, Stell s’éveille à l’intérieur du rêve et ouvre son coté lumière pour vaincre le monstre…

Avec ce deuxième volume du cycle d’Edena, Moebius nous offre un récit similaire à l’Incal qui entame la convergence des différents éléments narratifs et thématiques de l’ensemble de son oeuvre. En effet, Maître Burg n’est nul autre que le [Major] Gruber à l’envers! La convergence est aussi stylistique puisque Moebius commence aussi ici a abandonner le style dépouillé et épuré de L’Incal et utilise de plus en plus de traits pour donner du détail comme il le fait avec Blueberry.

Après avoir vécu à Tahiti et travaillé à Los Angeles, Moebius se retrouve en 1984-85 à Tokyo pour travailler pour TMS sur le film Little Nemo. Ayant beaucoup de temps libre et réalisant que Sur l’étoile (qui venait d’être réédité chez Aedena) avait laissé beaucoup trop de questions en suspend, c’est là qu’il conçoit et dessine la première moitié des Jardins d’Edena. Il complète l’album après être rentré à Los Angeles et avoir dessiné le vingt-deuxième Blueberry, Le bout de la piste (1986). Le récit est sérialisé dans le périodique (À Suivre) avant de paraître en album chez Casterman en septembre 1988.

Mis à part une allusion à un thème biblique (sur Edena, Atan et Stell découvrent leur sexualité après avoir mangé des pommes!), la thématique dominante de cet album est nutritionnelle: le changement d’une alimentation artificielle à une alimentation naturelle transforme leurs corps! Ceci reflète simplement le fait que Moebius a changé de gourou et le récit exprime les idées de l’instinctothérapie (l’instinct alimentaire) développée par Guy-Claude Burger (Maître Burg?). Déjà végétarien depuis plusieurs années, Moebius pousse l’expérience encore plus loin avec une diète au confluent du régime paléo et du crudivorisme (alimentation vivante ou “rawism”). Il s’agit ici de suivre ses instincts préhistoriques (à l’odorat et au goût) et de ne consommer que des aliments naturels n’ayant subit aucunes transformation ou dénaturation mécanique (mélange, assaisonnement, superposition, broyage, mixage, etc), thermique (cuisson, congélation, surgélation, irradiation), bio-chimique (fermentation, engrais, pesticides, etc.) ou toutes autres modifications humaines (sélection d’espèces, OGM, techniques de culture et d’élevage, etc). Cela exclut aussi les produits laitiers et certaines céréales, qui sont considérés comme des développement “trop récents” !

Les jardins d’Edena est un excellent album, sans doute le meilleurs de la série. J’adore cet aspect du récit où les personnages se découvrent eux-même, entrent en conflits, et aussi l’aspect onirique (qui évoque les différents niveaux de réalités du Garage Hermétique). Et, bien sûr, il a le superbe style graphique de Moebius qui rend la lecture encore plus agréable… À lire absolument!

Le Monde d’Edena 2. Les jardins d’Edena, par Moebius. [Tournai] : Casterman, septembre 2001. 64 pages (52 planches), 24 x 32 cm, ISBN 2-203-34521-7. Pour lectorat jeune adulte (16+). Contient un cahier explicatif par Jean Annestay (“Les jardins : Pendant, Avant et Après”) agrémenté de six illustrations par Moebius. stars-4-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Casterman 2012

GardensOfEadena-covÉtrangement, Les jardins d’Édena est paru en version anglaise chez Epic/Marvel avant même de paraître en français chez Casterman. L’édition anglaise comporte les habituelles (et fort utiles) préface et postface explicatives par le couple Lofficier (Jean-Marc & Randy) et Moebius. Elle inclus également deux courts récits additionnels: “Journey to the Center of an Unfaithful Body” (2 pages) et “Hit Man” (12 pages).

Dans “Unfaithful Body”, écrit en 1986, le Major (accompagné du Professeur et de son Second) explore (à la Fantastic Voyage) l’intérieur du corps de sa bien-aimée Malvina pour y découvrir… une lettre où elle le quitte, car l’ayant attendu trop longtemps elle est tombée amoureuse du lieutenant B (Blueberry?). On y retrouve des thèmes précurseurs au Cycle d’Edena, liés à la relation entre la maladie et le corps humain.

“Hit Man” est un récit déjanté (un humour absurde et un peu incohérent) qui rend un hommage stylistique à Tardi. Encore une fois, on y retrouve un thème précurseur à Edena: deux personnages prisonniers par le conditionnement de leur rôles (le voleur et le policier) finissent, au travers d’une expérience initiatique, par y échapper grâce à l’amour et à la liberté! J’avais déjà lu cette histoire en noir et blanc dans Les Vacances du Major

J’aime bien le format en couverture souple de cette édition, quoique bon, c’est la même histoire mais en anglais… Toujours aussi agréable à lire (ou relire).

Moebius 5, The Collected Fantasies of Jean Giraud: The Gardens of Aedena, by Moebius. New York: Epic/Marvel, January 1988. 66 p., 8.5 x 11 in., $US 9.95 / $C 13.95. ISBN 0-87135-282-6. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-4-0

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Le Monde d’Edena 1: Sur l’Étoile

Sur-l-etoile-covUn classique de la SF selon Moebius.

Mécanicien vagabonds de l’espace, Stel et Atan ne se contentent pas de réparer les machines : ils apprennent à renaître pour réenchanter le monde.

Conte écologique et fable spirituelle, Le Monde d’Edena est le récit le plus personnel et autobiographique de Mœbius. Chef-d’oeuvre de la SF mondiale, Le Monde d’Edena est un cristal étincelant dans la bibliographie du créateur de L’Incal et du Garage hermétique.

[ texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Cet album nous offre deux récits. Dans “… Sur l’étoile… Une croisière Citroën” (37 planches) on découvre deux voyageurs (astronautes, forains de l’espace, amateurs de voitures et réparateurs) qui font escale sur une station spatiale à la recherche de carburant. Étrangement, celle-ci est complètement désertée. Alors qu’ils détectent un signal sur la planète géante autour de laquelle la station est en orbite, l’astéroïde qui abrite la station est mystérieusement attiré vers la surface. À l’aide de rétro-fusées, ils réussissent un écrasement controlé mais leur vaisseau, qui était dans le hangar de la station, est détruit. La nuit venue, ils aperçoivent une lumière très brillante à l’horizon, en direction du lieu où le signal avait été détecté. À l’aide d’un véhicule antique (un “engin de démonstration”) qu’ils transportaient dans leur vaisseau (une Citroën traction-avant modèle 15-six de 1938), ils décident d’aller y voir de plus près…

Sur-l-etoile-p017Tout au long du récit, nous découvrons peu à peu les deux personnages plutôt androgynes: Atan et Stel. Ce dernier est un pilote et mécanicien de génie. Au bout de leur périple, ils découvrent une pyramide bleue géantes, entourée de milliers de vaisseaux de tout genres et d’un campement où l’un retrouve un échantillonnage de toutes les races de la galaxie — certains étant là depuis des milliers d’années et n’ayant étrangement jamais vieilli — tous (incluant l’équipage disparue de la station) mystérieusement attiré par la pyramide. Mais personne n’a jamais réussi à pénétrer à l’intérieur, sauf Stel ! Le vaisseau-étoile attendait un pilote. Il peut maintenant embarquer tout le monde à destination d’Edena, la légendaire planète-paradis…

Sur-l-etoile-p007Le récit principal est précédée d’une histoire courte, “Réparations” (6 pl.), où Atan et Stel doivent réparer un “maître des voies” tombé en panne, son coeur étant au bord de la rupture faute d’entretien psychique. La clé du problème est une mémoire d’enfance du pilote… L’album est complété par un dossier explicatif (dans un style un peu confu) de quatre pages par Jean Annestay et cinq illustrations.

Chose surprenante, “Sur l’étoile” est une commande de Citroën qui désirait un portfolio à tirage limité (publié par Gentiane) “destiné à être offert aux concessionnaires comme cadeau de fin d’année.” Le directeur du Département Promotion de l’entreprise, Christian Baily, était de toute évidence un grand amateur de Moebius… Quelques mois plus tard, l’album a été republié aux Humanoïdes Associés (édition limitée, décembre 1983), puis chez Aedena en 1985 et finalement chez Casterman en 1990 et 2012. À noter que cette dernière édition omet le récit “La Planète Encore” (23 pl.) qui était présente dans la première édition. Aussi, ce premier tome de la série n’est plus en circulation mais peut quand même être lu dans l’édition intégrale publiée par Casterman en 2016.

L’histoire courte “Réparations” a été conçu à la demande de Jean Annestay (son partenaire chez l’éphémère Aedena) pour être incluse dans l’édition grand-publique de 1985. Cet épisode se déroule avant “Sur l’étoile” et en le relisant, Moebius se rend compte que la fin ouverte laisse beaucoup trop de questions en suspend… C’est en réfléchissant à cela qu’il a conçu toute la série du Monde d’Edena (qui sera publiée en feuilletons dans la magazine À Suivre entre 1988 et 1997), en se basant sur la remise en question personnelle (de son mode de vie, de sa spiritualité) qu’il éprouvait à cette époque. En effet, introduit à la métaphysique par Jodorowsky et ayant fait la rencontre du gourou nouvel-âge Jean-Paul Appel-Guery, il se met en quête d’un nouvel idéal de pureté. 

On retrouve dans cet album le style épuré du Moebius de l’Incal (qu’il venait à peine de commencer, en 1981, alors que Sur l’étoile a été publié en 1983). Il est caractérisé par un dessin simple — très propre, léché, avec juste ce qu’il faut de détails — et des couleurs vives, très planes (les dégradés sont assez subtils). Moebius explique dans la postface qu’il avait recherché “un style aussi dépouillé et pur que possible” afin d’éviter de se perdre dans la “luxuriance de détails” et de se forcer à donner à chaque trait toute son importance car dans “toute véritable représentation de l’anatomie, la matière et la forme ne peuvent s’exprimer qu’à travers des lignes simples.”

Comme toute les oeuvres de science-fiction de Moebius, ce premier tome de la série du Monde d’Edena nous offre un récit captivant, intriguant, empreint d’une touche d’onirisme et même mystique. C’est non seulement beau et agréable à lire, mais nous pose un certain questionnement philosophique… 

Le Monde d’Edena 1. Sur l’Étoile, par Moebius. [Tournai] : Casterman, Octobre 2012. 62 pages (43 pl.), 24 x 32 cm, ISBN 978-2-203-06317-4. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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Upon-A-Star-covL’édition anglaise de Sur L’étoile, publié chez Epic/Marvel, inclus (en plus du récit principal “Upon a star” et du prequel “The repairmen”) deux autres histoires courtes. “Aedena” (6 planches, scénarisé par le gourou Appel-Guery lui-même et Paula Salomon, réalisé pour le magazine économique français L’Expension) raconte l’histoire de six chefs d’états terriens kidnappés par des êtres supérieurs. Ils sont amenés sur la Cité de Cristal  de la planète Aedena, formé de trois cercles concentriques: sur le premier, dédié aux activités matériel et physique, ils sont régénérés et reçoivent un nouveau corps sain, beau et jeune (qui ne sont pas sans me faire penser à l’apparence qu’avait le Major Grubert et Jerry Cornelius étant plus jeune); sur le second, dédié aux activités artistique et psychique, ils reçoivent un cristal qui leur permet de revivre l’âme de l’enfant qu’ils étaient; sur le troisième, dédié à la vie spirituelle, Ils rencontrent l’un des douze sages d’Aedena. Ce dernier leur donne un longue explication sur l’évolution qu’ils ont subite, que la suite devra venir de leur propres efforts et il les renvoie sur Terre pour qu’ils servent de guides au reste de l’Humanité vers une paix intérieure et une véritable spiritualité… Une histoire somme toute assez similaire à “Sur l’étoile” et qui véhicule sans honte les préceptes de Appel-Guery.

 

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Celestial Venice, pl. 5

Dans “Celestial Venice“ (9 pl.), une esquif Palloséenne accoste sur une île. La vierge Mana amène à Tridion, le gardien de la Venise, l’Âme Cristal qui devra faire revivre l’Île Cité, tel que prédit par les philosophes. Le Cristal est amené au Palais de la Mère Cosmique et déposé sur un réceptacle, entre les mains de la déesse. Alors que Mana et son pilote (qui ressemble un peu à Arzach) quittent l’île, celle-ci s’envole dans le ciel…

Les récits sont accompagnés de préfaces et postfaces (par Moebius et Jean-Marc & Randy L’Officier) qui sont beaucoup plus claires et explicatives que celle de Jean Annestay (quoi que certains paragraphes semblent être simplement la traduction de passages de l’album original). 

Upon a star est une très bonne lecture car cet album offre des récits captivants, superbement dessinés, qui sont un régal tant pour les yeux que pour l’esprit. 

Cette édition n’est plus disponible mais The World of Edena a été réédité en anglais par Dark Horse en 2016 (dans sa série Moebius Library) sous la forme d’un intégral deluxe cartonné qui rassemble les principaux récits du cycle (360 pages, $49.99). [WorldCat]

Moebius 1, The Collected Fantasies of Jean Giraud: Upon a star, by Moebius. New York: Epic/Marvel, September 1987. 72 p., 8.5 x 11 in.,  $US 9.95 / $C 13.95. ISBN 0-87135-278-8. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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Arzak: L’arpenteur

Arzak-cov“L’histoire s’ouvre sur deux actions apparemment sans aucun lien entre elles. La première nous emmène dans l’espace profond où un vaisseau de la confédération Dessmez est attaqué par Kimorg Barbax, le redoutable pirate. La deuxième se déroule sur Tassili, la planète d’origine des Wergs. L’ancienne race dominante a été vaincue par l’avancée irrésistible de la confédération Dessmez dans sa conquête humaine de la galaxie. Tassili, ruinée, désertique et abandonnée de tous, peuplée d’une maigre colonie humaine, se meurt doucement. La mission d’Arzak consiste à arpenter sans fin ce territoire chaotique pour y traquer l’anomalie et assurer l’ordre humain. C’est dans l’accomplissement de cette mission qu’il découvre un odieux trafic perpétré à l’encontre des survivants Wergs. Arzak entame son enquête ; il traversera épreuves et dangers, découvrira les secrets de Tassili et plongera dans les abîmes des passions de l’âme humaine…”

[Texte sur Amazon; voir aussi la couverture arrière]

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Page 3

Le personnage d’Arzach a d’abord été créé par Moebius dans une série d’histoires courtes sans dialogues publiées dans Métal Hurlant dans les années 1975-76 avant d’être compilées en album en 1976 chez Les Humanoïdes Associés. C’est un album fascinant qui aura une grande influence et sera maintes fois réédité (dont dans le volume 2 de ses Oeuvres Complètes et en version anglaise). C’est un héros énigmatique, avec son chapeau haut et sa monture ptéroïde, qui parcours un univers désertique, peuplé d’étranges créatures et de vestiges de civilisations disparues.

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Page 4

Le mystère qu’était Arzach demandait à ’être développé, étoffé. En 2002, à la demande des Japonais, il ravive donc le personnage pour une série de dessin animé en quatorze courtes capsules: Arzach Rhapsody. Malgré un récit très décevant, il a finalement donné la parole à Arzach et le génie ne peut plus retourner dans la bouteille… Il fait donc une nouvelle apparition dans Inside Moebius (publié en français chez Stardom de 2004 à 2010 et en anglais chez Dark Horse en 2018) où Moebius se dessine lui-même rencontrant ses personnages préférés (Blueberry, Arzach, le major Grubert, etc.) afin de discuter de son processus artistique ainsi que des diverses problématiques qui le préoccupent.

En 2009, à l’occasion d’une d’exposition d’illustrations (aquarelles, peintures et fusains) intitulée “Arzach au Belvédère”, Moebius publie enfin une histoire qui reprend le personnage d’Arzach. Destination Tassili est un album grand format de 124 pages sans dialogues mais avec un texte en opposition. Sous le titre Arzak: L’Arpenteur l’album est aussi publié en collaboration avec Glénat, cette fois en couleurs et avec les textes intégrés dans des bulles. Arzach avait enfin une suite! Le récit devait comporter trois albums, mais malheureusement une seul fut publié avant le décès de l’auteur…

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Arzak nous offre une excellente histoire. Un récit captivant, intriguant qui nous fait découvrir enfin l’univers dans lequel le héros évolue. Le voile est aussi partiellement levé sur le mystère du personnage. On découvre son histoire, son rôle, mais pas trop. Avec Moebius on a toujours l’impression qu’il reste quelque chose d’inconnu derrière le décor, quelque chose de mystérieux, de mystique même, et, avec la construction d’un univers solide, c’est ce qui rend ses récits toujours aussi délicieux à lire.

Arzak-p013Toutefois, le plus extraordinaire de cet album c’est le trait précis, les dessins détaillés et les couleurs vives qui sont les caractéristiques du style de Moebius. Ici on le découvre au sommet de son art — qui reste encore parfois inégal mais néanmoins superbe — et le grand format des planches (24 x 35 cm) nous permet de l’apprécier encore plus. Étrangement le style de Moebius a changé au cours des ans et ici on ne retrouve ni les couleurs vives et uniformes du Moebius de l’Incal et ni les dessins détaillés avec beaucoup de textures du Blueberry de Giraud mais un style  qui fait la synthèse des deux. Arzak se termine sur quinze pages de bonus décrivant la génèse de l’album et reproduisant certains des dessins de l’exposition “Arzak au Belvédère”.

Arzak est donc un très bel album qu’il faut absolument lire mais malheureusement il se termine sur un suspense, un “À suivre” qui n’aura jamais de dénouement…

Arzak: L’Arpenteur, par Moebius. Paris: Moebius Production / Glénat, Septembre 2010. 80 p., 25 x 35.5 cm, 18.00€, ISBN 978-2-7234-6505-2 / 978-2-908766-58-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© Moebius.

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Capsules

Gunnm, t.6

Gunnm-t6-covLe sixième et dernier volume de l’édition deluxe (qui recouvre les chapitres quarante-six à cinquante, donc cela inclus la seconde moitié du tome huit [de la p. 117] et la première moitié du tome neuf [à la p. 155] de l’édition originale — éliminant du récit les cent dernières pages!) débute avec l’attaque infructueuse du Barjack et de Den contre Zalem — qui détruit le train cannon géant sans difficulté avec une arme électromagnétique scalaire. Le clone de Gally tue Mr. Buick, journaliste et ami de Koyomi, ainsi que Fury, le cyber-chien de celle-ci. Gally parvient finalement au repère de Nova, mais celui-ci réussit à infiltrer son esprit. Le secret de Zalem est révélé, ce qui rend fou le contrôleur Bigott. Mais Gally s’en sort avec l’aide de Kaos et finalement vainc Nova. Kaos se libère de l’emprise de Den et Gally prends la route pour rejoindre Fogia… mais elle tombe dans un guet-apens et un cyborg piégé la réduit en pièces! La suite dans Gunnm: Last Order !

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Page 15

À part avoir fait sauter la page titre du dernier chapitre et l’élimination des dernières cent pages, je n’ai vu aucunes différences dans les dessins ou le texte. Bien sûr, l’édition originale a des bordure de pages alors que le dessin du grand format déborde de la page ce qui lui donne une allure plus dynamique. Ce format est d’ailleurs à peu près le même que celui de la publication originale en feuilletons qui rends vraiment justice au style riche et détaillé de Kishiro. C’est un volume bien balancé, plein d’action et de révélations qui finit en suspend au lieu de la fin rose-bonbon originale. Une bonne lecture pour les fans de Gunnm et de manga cyberpunk.

Gunnm, t. 6 par Yukito KISHIRO (Traduction par Yvan Jacquet). Paris: Glénat, mars 2002. 272 pages, N&B, 18 x 25.5 cm, ISBN 2-7234-3615-2. Sens de lecture occidental. Pour un lectorat adolescent (16+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 1991, Yukito KISHIRO. © 2002, Éditions Glénat pour la traduction française.

Voir aussi mes commentaires des premier, second  et troisième volumes deluxe, ainsi que les cinquième, sixième, septième, huitième et neuvième volumes de l’édition originale (et, tant qu’à y être, pourquoi ne pas lire aussi mon commentaire de l’anime et du film live-action)…

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Capsules

Acquisition au SLAM

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SLAM 2019

Comme je l’ai récemment mentionné, la 36ème édition du Salon du livre ancien de Montréal (SLAM) se tenait ce week-end au Pavillon McConnell de l’Université Concordia. L’événement est organisé par la Confrérie de la Libraries Anciennes du Québec. Je n’ai malheureusement pas pu résister à aller y faire un tour et j’ai acquis deux nouveaux titres pour s’ajouter à celui que j’avais acheté en mars et ainsi accroître ma collection de livres anciens.

Le choix a été difficile car les titres vraiment intéressants étaient trop onéreux pour moi — je recherchais surtout des auteurs classiques ou des sujets d’histoire, de belles reliures mais seulement des éditions datant du XVIe ou XVIIe siècle et avec un budget de moins de deux-cent dollars. J’ai donc dû me résoudre à acquérir des titres traitant de sujets moins intéressants mais tout de même anciens (XVIIe). 

IMG_6391Ce salon était toutefois un vrai régal pour les yeux. Parmi les titres qui ont attisé ma convoitise je peux nommer (sans ordre précis): Johannis secondi opera [l’oeuvre du poète néerlandais Jean Second, aka Jan Everaerts] (in-12?, 1651, $350), Histoire des guerres de Flandre par Guido Bentivoglio (4 vols, in-16?, 1769, $150), Stratagematum satanae, libri octo par Iacopo Aconcio (1652, $650), Mythologie, c’est a dire, Explication des fables par Natale Conti (8vo, énorme bouquin de plus de mille pages!, 1612, $5000 !!!), l’oeuvre de Flavius Joseph [Flavii Josephi viri inter Judaeos clarissimi Opera omnia] (2 vols. In-folio, 1611, $500), Disputationes de argumentis, quibus efficitur Christum prius fuisse, quam in utero Beatae Virginis secundum carnem conciperetur [questionnement théologique sur la Vierge Marie], par Josua Placeus (in-4, 1660, $125), l’oeuvre de Tite-Live en allemand [Romainsche historiën van Titus Livius] (in-folio, 1646, $650), Historia Inquisitionis: Cui subjungitur Liber sententiarum Inquisitionis Thololosanae ab anno Christi MCCCVII ad annum MCCCXXIII [histoire de l’Inquisition, suivi du livre des sentences de l’Inquisition de Toulouse, entre 1307 et 1322], par Philipp van Limborch (in-folio, 1692, $2000 !!), Rerum Romanarum [abrégé de l’histoire romaine], par Lucius Annaeus Florus (1683, $325), et Controversiae viginti quinque super regulam fratrum minorum [un commentaire des controverses sur les vingt-cinq règles de l’ordre des Franciscains], par Francisco Luengo de San Bernardino (1642, $300). Que de trésors! Mais tous trop cher pour mon maigre budget. Je me suis rabattu sur deux petits ouvrages moins intéressants mais pas trop dispendieux…

IMG_6393Histoire de Ferdinand-Alvarez de Tolède (…) Tome Premier, [par Antonio Osorio] À Paris, chez Jean Guignard, 1698. Biographie du troisième duc d’Albe, vice-roi de Naples et gouverneur des Pays.Bas. Ce n’est pas la reliure typique pour un livre du XVIIe (normalement en peau de porc) mais ressemble plus aux reliures cartonnées du XVIIIe. Soit que la reliure a été refaite ou alors, comme ce livre date de la toute fin du XVIIe, l’éditeur avait déjà adopté ce style de reliure… Beau in-12 mais ce n’est que le premier tome. Toutefois, celui-ci je l’ai acquis spécifiquement pour en faire cadeau à mon “neveu”, amateur de curiosités et d’histoire…

IMG_6394Instructio Sacerdotum, ac Poenitentium (…) [Instruction des prêtres sur le repentir], par Francisco de Toledo; Sacramento Ordinis, par Martino Fornario; Tractatus de origine et clausura sanctimonialium, par Andrea Victorello;  Institutio confessariorum, par Martino Fornario. Venetia, Caroli Conzatti, 1667. In-quarto, quatre ouvrages en un. Sujet peu intéressant, en condition plutôt moyenne (gondolé, tâché, trace de mouillures) mais c’est mon premier in-4 (et premier éditeur italien), obtenu à très bon prix.

Ma collection (XVIe et XVIIe s.):

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De g. à d.: Summa Toleti (1667), Svmma Omnivm Conciliorvm et Pontificvm (1633), Lucien (1664), Valere Maxime (1659), Qvinti Horatii Flacci Poemata (1643), Aesopi Fabulae (1593), [Iustiniani] Digestorum sev pandectarum (1581)

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Pline, vol. 7

pline-v7-covDans le tome précédent: À Rome l’entourage de Néron, Tigellin et Poppée en tête, manipule l’empereur afin d’avancer ses pions. Pline et ses compagnons, de leur côté, quittent Carthage et découvrent les mystères et les dangers du désert.

L’Histoire a retenu son nom.
Mais que savons-nous du plus grand savant de l’Antiquité ?

[textes du rabat de jaquette intérieure et du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Pline (titre original: プリニウス / Plinius ) est une biographie du naturaliste romain Pline l’Ancien par Mari Yamazaki (Thermae Romae) et Miki Tori. Prépublié au Japon par Shinchôsa dans le périodique Shinchô 45, ce manga seinen est traduit en français chez Casterman (Collection Sakka) et en est maintenant au septième volume. Le huitième tome, intitulé “Le goût de la ciguë” devrait paraître le 2019/10/23 en Europe.

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L’attention de ce volume se concentre surtout sur Néron et les intrigues de son entourage. En juillet 64, un terrible incendie fait rage à Rome et détruit une bonne partie de la ville. Il devient rapidement apparent que c’est un incendie criminel car des témoins on aperçu un homme mettre le feu. Mais qui peut bien être derrière cet acte infâme? Le peuple blâme Néron qui aurait invoqué Jupiter pour que Rome brûle et qu’une nouvelle Rome puisse voir le jour — mais ce dernier n’était probablement pas aussi fou que l’Histoire le prétend. Peut-être était-ce Poppée qui complotait pour assurer sa position ou Tigellin qui misait beaucoup d’argent sur un grand développement immobilier? Au bout du compte, les responsables ne seraient pas les membres de cette secte de juifs, les chrétiens? Au même moment, un médecin grec qui connait Pline tente de soigner les blessés et Pison complote avec un petit groupe (Lateranus, Scévinus, Sénèque, etc.) pour donner à Néron le même sort que César. Mais ils sont trahis par un serviteur…

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Toutefois, ce n’est pas un manga sur Néron et donc il faut bien que l’on suive un peu (mais seulement sur cinquante-six pages!) le périple de Pline et des ses compagnons — le scribe grec Euclès, le serviteur Félix et un jeune phénicien (sans oublié la corneille Ftera, le chat Gaia et l’âne!) — qui arrivent maintenant en Égypte. Félix, à l’annonce de la catastrophe qui a frappé Rome, est inquiet pour sa famille et tente d’y retourner. Mais il est pris dans une tempête de sable et est sauvé d’une mort certaine par Ftera. Dans le Fayoum, Pline désire explorer l’une de ces pyramides décritent par Hérodote mais ils sont prit pour des pilleurs de tombes par des adorateurs de Sobek et, grâce à Gaia, échappent de peu à l’exécution! Après ce petit détour, ils prennent la route d’Alexandrie

 

Ce manga nous raconte comment le naturaliste romain, a parcouru l’Empire pour ramasser toutes les connaissances qu’il a par la suite compilé dans sa fameuse Histoire Naturelle. C’est un sujet passionnant pour ceux que les mangas historiques intéressent, particulièrement si vous êtes curieux de découvrir qui était Pline et surtout si vous désirez en savoir plus sur la vie quotidienne des romains (c’est-à-dire les habitants des différentes provinces romaines et pas seulement ceux de la ville elle-même).

Le récit se développe lentement mais on y retrouve tout de même un peu d’action. Ainsi, de volume en volume, l’histoire a acquit un bon rythme et le récit des péripéties des personnages (et pas seulement l’aspect historique) réussi à captiver sans problème l’intérêt du lecteur. C’est un manga très bien documenté mais, bien sûr, de nombreux éléments du récit ne peuvent qu’être spéculatifs. Il faut aussi mentionner la superbe qualité artistique qui ne cesse de s’améliorer et de nous étonner par la finesse du trait, la précision et la richesse des détails. C’est un manga très beau et intéressant — donc à lire absolument!

Pline, vol. 7: L’antre du dieu crocodile, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), janvier 2019. 192 pg [4 en couleurs], 13.2 x 18 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-203-18381-0. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-5

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

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Pline © 2018 Mari Yamazaki, Tori Miki • 2019 Casterman pour la traduction française.

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents:

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Capsules

Antiquarian Book Fair

MtlAntiquarianBkFairLast March I went to the Westmount Book Fair (organized by Mr. Wilfrid M. de Freitas) where I acquired a new title for my collection of old books. I would like to remind everyone that a similar (but bigger) book fair is scheduled to happen in a couple of weeks. 

The 36th edition of the Antiquarian Book Fair (organized by the Confrérie de la Libraries Ancienne du Québec) will be held at the Concordia University (Pavillon McConnell, 1400 boul. Maisonneuve O.) Saturday September 28th (from 12:00 to 18:00) and Sunday September 29th (from 11:00 to 17:00). It will feature a wide selection of collectable books, rare, illustrated, first editions and fine bindings of all genres but with a particular focus on fantasy books. The admission fee will be 6$ for the 2 days. 

I am planning to go have a look in hope to find some interesting books (I will particularly be looking for classical author editions of the 16th or 17th century) — although I also despair that temptation will make me spend too much!

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Gunnm, vol. 9

Gunnm-09Le combat opposant Gally et Desty Nova touche à sa fin. Mais quels sont les réels enjeux de cette lutte ? Alors que les mystères entourant Zalem s’éclaircissent de plus en plus, Gally va enfin obtenir les réponses à ses questions. L’heure des comptes a sonné. La tragédie peut s’achever.

(Texte du rabat de couverture intérieur)

<— S’il vous plaît lire la mise en garde générique sur les possibles divulgâcheurs —>

Gunnm-09-p006Gally réussit à échapper à l’emprise du Ouroboros et Nova lui révèle la vrai nature des habitants de Zalem. Avant de pouvoir finalement le confronter, Gally doit affronté Eelai en combat singulier. Nova réussi a la replonger dans l’illusion d’un passé alternatif mais elle s’en sort avec l’aide de Kaos — et enfin réussi à vaincre Nova! Elle est finalement vengé. Un Kaos transformé rétablit l’ordre dans la décharge et Gally prends la route pour rejoindre Fogia… Fin? Non!

Gally tombe dans un guet-apens et un cyborg piégé la réduit en pièces! Elle a le souvenir d’être une combattante martienne implacable qui attaque la Terre en représailles — mais son vaisseau est détruit et, seule survivante, son torse tombe vers le sol… Elle se réveille sur Zalem où un Nova ressuscité l’a remise à neuf (encore plus puissante). Elle sauve Lou et se rend au coeur de Zalem, auprès de Melchizedek, l’ordinateur central. Celui-ci, devenu fou, condamne Zalem à la destruction. À l’aide d’une injection mutagène créée par Nova, elle fusionne avec la cité, et la sauve en la transformant en arbre suspendu dans le ciel… Gally dors quelques part dans la cité, attendant d’être réveillé par Fogia, son prince charmant…

Gunnm-09-p014Ce dernier volume nous offre un récit compacte qui révèle tout ses secrets d’un seul coup, comme une digue qui se brise. Cela en fait une fin précipitée et décevante. La conclusion est plutôt rose bonbon — mais tout de même charmante — contrastant beaucoup avec la violence du reste du récit. La narration, complexe et saccadé, demeure divertissante. Toutefois, le style graphique de Kishiro se révèle encore plus riche et détaillé. 

La précipitation de la fin peut être expliquée (sinon excusée) par le fait que l’auteur avait des problèmes de santé et désirait conclure rapidement sa série. C’est un volume décevant mais qui récompense toute de même bien le lecteur pour l’effort de s’être rendu jusqu’à la fin. À lire pour les mordus de Gunnm et de cyberpunk nippon!

Gunnm, vol. 9 par Yukito KISHIRO (Traduction par Vincent Zouzoulkovsky). Paris: Glénat, avril 1998. 256 p., N&B, 12 x 18.5 cm, ISBN 2-7234-2430-8. Sens de lecture occidental. Pour un lectorat adolescent (16+). stars-2-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 1995, Yukito KISHIRO. © 1998, Éditions Glénat pour la traduction française.

Voir aussi mes commentaires des premier, second  et troisième volumes deluxe, ainsi que les cinquième, sixième, septième et huitième volumes de l’édition originale (et, tant qu’à y être, pourquoi ne pas lire aussi mon commentaire de l’anime et du film live-action)…

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Capsules

Gunnm, vol. 8

Gunnm-08Grâce aux pouvoirs psychométriques de Kaos, Gally parvient enfin à rejoindre Ido. Hélas, leurs retrouvailles se transforment vite en déception. Cependant Zalem lui promet la liberté si elle mène à bien sa mission consistant è retrouver Desty Nova. Y parviendra-t-elle ?

(Texte du rabat de couverture intérieur)

<— S’il vous plaît lire la mise en garde générique sur les possibles divulgâcheurs —>

Gunnm-08-p015

Page 15

Gally aide Kaos à produire une dernière transmission radio où il plaide auprès de Den pour qu’il épargne Zalem. Ils vont ensuite à la ferme 21 où s’est établit Ido mais celui-ci, après avoir découvert le secret de Zalem, s’est fait effacer le mémoire pour ne pas devenir fou. Gally étant un agent trop rebelle, Zalem l’a cloné et a copié ses techniques de combats pour produire un cyborg encore plus puissant et obéissant, sans sentiments. Pour sauver Gally, qui est défavorisée dans un duel contre le nouveau clone, Lou se rebelle aussi mais elle est relevé de ses fonctions et envoyée en “réhabilitation.” Pendant ce temps, Den qui a pris le contrôle de la décharge, utilise son méga-canon contre Zalem mais celle-ci utilise une arme secrète pour détruire le canon. Gally et Kaos parviennent finalement au repère de Nova, mais celui-ci a infiltré Gally avec Ouroboros, un logiciel qui piège son esprit dans une simulation. 

Ce riche volume nous offre beaucoup d’action (sans toutefois avoir un excès de combat) et de révélations. L’histoire progresse à grand pas et les personnages évoluent beaucoup. Tout se précipite et l’on sent que la fin du récit approche! Le talent graphique de Kishiro excelle bien (et de mieux en mieux) à exprimer tant l’action que les sentiments. Une très bonne lecture.

Gunnm, vol. 8 par Yukito KISHIRO (Traduction par Yvan Jacquet). Paris: Glénat, septembre 1997. 224 p., N&B, 12 x 18.5 cm, ISBN 2-7234-2121-X. Sens de lecture occidental. Pour un lectorat adolescent (16+). stars-3-5

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© 1994, Yukito KISHIRO. © 1997, Éditions Glénat pour la traduction française.

Voir aussi mes commentaires des premier, second  et troisième volumes deluxe, ainsi que les cinquième, sixième et septième volumes de l’édition originale (et, tant qu’à y être, pourquoi ne pas lire aussi mon commentaire de l’anime et du film live-action)…

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Capsules

Gunnm vol. 7

gunnm07Affublée d’une coéquipière basée à Zalem, Gally resserre l’étau autour du Professeur Nova. Dans ce long périple où s’entrecroisent passé et avenir, Gally commence enfin à prendre goût à la vie…

(Texte du rabat de couverture intérieur)

<— S’il vous plaît lire la mise en garde générique sur les possibles divulgâcheurs —>

Gunnm07-p008

Page 8

Gally accompagne Fogia, son nouvel amoureux, jusqu’à son village portuaire mais le quitte aussitôt en promettant de revenir dès que sa mission sera accomplie. Elle a reprit contact avec son humanité, et l’affection qu’elle éprouve pour les gens qu’elle a rencontré donne un nouveau sens à son existence. Sur Zalem, elle se fait assigner une nouvelle opératrice, Lou Collins. Elle poursuit la seule piste qu’elle a pour retrouver Nova et Ido: Den du Barjack. Dans son périple, elle rencontre une jeune fille, Koyomi, et son cyber-chien Fury. Elle l’avais déjà connu dans la décharge, mais elle n’était alors qu’un bébé. En protégeant Koyomi, Gally est blessée mais ils sont sauvé par Kaos, un étrange humain qui communique par onde radio et qui a le pouvoir de psychométrie — qui lui permet de “lire” la mémoire des objets. 

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Page 10

Gally affronte finalement Den, qui n’a pour unique objectif que de détruire Zalem et de libérer l’humanité de sa servitude. Toutefois cela signifierait aussi la destruction des usines et de la décharge — et de tout les gens et des lieux que Gally a aimé. Touchée par le discours de Den, Koyomi décide de le suivre et Gally ne peux se résoudre à faire usage de son arme contre eux et les laisse partir… Kaos se révèle être plus que ce qu’il semble…

Le récit continue à se développer à grand coup de combats et l’on sent que notre héros se rapproche du tableau final! Avec le revirement de Koyomi, nous percevons un certain questionnement moral: l’hégémonie de Zalem est-elle bonne ou mauvaise pour l’humanité? Les adversaires de Gally sont de plus en plus énorme. Par moment, on dirait qu’on lit une sorte de Hokuto no Ken contre Grandizer ! Le récit est toutefois assez intéressant pour conserver notre attention — on se demande toujours ce qui va se passer par la suite. Le dessin de Kishiro m’apparaît toujours aussi agréable et semble même gagner en précision — quoique j’aurai préféré continuer à lire ce manga en grand format, qui fait plus justice au style de l’artiste que le petit format original. Une lecture facile et agréable. À lire pour les amateurs de baston, de monde post-cataclysmique et de charmante cyborg !

Gunnm, vol. 7 par Yukito KISHIRO (Traduction par Yvan Jacquet). Paris: Glénat, janvier 1997. 222 p., N&B, 12 x 18.5 cm, ISBN 2-7234-2120-1. Sens de lecture occidental. Pour un lectorat adolescent (16+). stars-3-0

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© 1994, Yukito KISHIRO. © 1997, Éditions Glénat pour la traduction française.

Voir aussi mes commentaires des premier, second  et troisième volumes deluxe, ainsi que les cinquième et sixième volumes de l’édition originale (et, tant qu’à y être, pourquoi ne pas lire aussi mon commentaire de l’anime et du film live-action)…

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Capsules

Gunnm, vol. 6

gunnm06Après ses démélés avec l’abominable création de Desty Nova, Gally se retrouve seule face à son destin. Le machiavélique professeur a pourtant juré qu’il ressusciterait Ido. Saura-t-il tenir sa promesse ?

(Texte du rabat de couverture intérieur)

 

Gally a utilisé une arme interdite par les usines et est donc condamnée à la destruction malgré qu’elle ait sauvé la décharge des attaques du monstre Zapan. Pourtant elle se réveille dans une chambre d’hôpital… Un représentant de Zalem lui apparait sur un écran et lui révèle que cette chambre où elle se trouve est virtuelle et qu’en fait elle a été sauvé in extremis du recyclage. Son cerveau est en piètre état et n’en a plus pour longtemps à fonctionner… À moins qu’elle accepte de devenir l’instrument de Zalem. Elle hésite mais c’est la seule façon qu’elle pourra sauver Ido et se venger de Desty Nova!

Gunnm06-p013Des pillards, la gang Barjack avec Den à leur tête, attaquent les convois de trains qui ramènent vers les usines le ravitaillement produit par les fermes des territoires éloignés. Gally se joint à un groupe de mercenaires pour défendre un train et éliminer la menace des pillards. Elle se lie d’amitié avec le mercenaire Fogia Four et affronte d’abord le cyborg Knuckle-Head, puis le colonel Buzzle. Mais après la bataille, Fogia et Gally se retrouve perdu dans le désert qui s’étend au-delà de la zone de la décharge…

Le destin de Gally prends encore une nouvelle tournure. Si elle a enfin retrouvé un objectif qui la motive elle semble perdre de son humanité et prendre du plaisir à la violence des combats. L’histoire se déroule maintenant sur un arrière-plan qui semble inspiré de Mad Max… Le récit reste modulé par le rythme des combats mais au moins il progresse rapidement. Le style de Kishiro est typique pour le genre et, avec parfois quelques traits d’humour, exprime bien l’action. Un manga qui me semble plus shōnen que seinen mais qui se lit vite et bien tout en offrant un bon divertissement. À lire pour les fans d’action cyber-cataclysmique!

Gunnm, vol. 6 par Yukito KISHIRO (Traduction par Yvan Jacquet). Paris: Glénat, juin 1996. 220 p., N&B, 12 x 18.5 cm, ISBN 2-7234-2119-8. Sens de lecture occidental. Pour un lectorat adolescent (16+). stars-3-0

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© 1993, Yukito KISHIRO. © 1996, Éditions Glénat pour la traduction française.

Voir aussi mes commentaires des premier, second  et troisième volumes deluxe, ainsi que le volume 5 de l’édition originale (et, tant qu’à y être de l’anime et du film live-action)…

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Capsules

Gunnm, vol. 5

gunnm05-covAprès le Motor-Ball, Gally se lance dans la musique. Tout semble s’arranger pour elle et Ido, jusqu’à ce qu’ils rencontre un bien étrange docteur…

(Texte du rabat de couverture intérieur)

N’ayant pas trouvé le volume deluxe suivant, je me suis résolu à continuer ma lecture de Gunnm avec l’édition originale. Je saute les chapitres déjà lu dans l’édition deluxe et poursuit donc où j’en étais rendu: au chapitre vingt-cinq (non numéroté dans cette édition), page quarante-six. Le récit, qui trainait un peu de la patte dans le dernier volume, vient de faire un pas de géant. Ido, a retracé l’acheteur du corps de berserker, le Dr. Nova, mais celui-ci le fait prisonnier. Le savant-fou a gardé en vie Zapan et veut le greffer sur le corps du berserker! L’expérience tourne mal et Zapan devient un monstre quasi-invincible. Ido est tué mais Nova donne à Gally une arme qui lui permet de vaincre le monstre.  Son corps est néanmoins détruit dans le terrible combat. Lui reste t-elle de l’espoir? À suivre…

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Page 7

Il ne se passe pas grand chose dans ce volume (près d’une centaine de page est consacré au combat contre le Zapan-berserker) mais au moins la situation de Gally évolue un peu… malheureusement pas d’une façon très positive. Toutefois, en général, les héros tombent toujours pour mieux se relever alors j’ai bon espoir pour elle. Le style graphique de Kishiro me semble moins attrayant en petit format… Le récit fait très shōnen avec tout ces combats et cela en fait une lecture facile qui ne demande pas trop de réflexion. Cela se lit vite et bien mais demeure tout même intéressant et, surtout, très divertissant. À lire si vous êtes déjà un fan de Gally…

Cette version de l’édition original n’est plus disponible mais elle a été rééditée en juillet 2017 avec une nouvelle traduction par David Deleule.

Gunnm, vol. 5 par Yukito KISHIRO (Traduction par Yvan Jacquet). Paris: Glénat, mars 1996. 206 p., N&B, 12 x 18.5 cm, ISBN 2-7234-1974-6. Sens de lecture occidental. Pour un lectorat adolescent (16+). stars-3-0

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© 1993, Yukito KISHIRO. © 1996, Éditions Glénat pour la traduction française.

Voir aussi mes commentaires des premier, second  et troisième volumes deluxe (et, tant qu’à y être de l’anime et du film live-action)…

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Gunnm, t. 3

GunnmDeluxe-03-covLe troisième volume de l’édition deluxe (qui recouvre les chapitres dix-sept à vingt-quatre, donc le tome quatre et une partie du tome cinq de l’édition originale) débute avec le match d’ouverture de la seconde ligue de Motorball. Les féroces combats s’étirent sur cent-vingt-trois pages! Gally choisit parmi ces concurrents les membres de l’équipe de challengers qui affronteront avec elle Jashugan: le #88 “King Crusher” Ajakati, le #7 “vent pourpre” Zaphal Takié, le #50 Tigel et le #1 Caligula. Ed fait faire une nouvelle lame pour Gally. Celle-ci se réconcilie avec Ido et décide qu’elle quittera le Motorball après le match contre Jashugan.

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Page 9

Lors du fameux match, les challengers sont très rapidement éliminé, ne laissant que Gally et Jashugan qui s’affrontent dans un duel intense. La puissance de l’attaque de Jashugan éveille la mémoire de Gally, qui a la vision d’une plaine rouge, de son maître qui lui enseigne l’ars magna et qui l’appelle… la guerrière Yoko! 

Une histoire hors-série de soixante-six pages, “Le doigt sonique” (publiée préalablement dans le recueil Gunnm Other Stories (銃夢外伝 / Gunnm Gaiden)) nous montre Gally, trois mois plus tard, devenue instructeur de combat pour hunter-warrior. Elle affronte et vainc un criminel qui tire des billes de métal à très grande vitesse.

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Page 10

Quelques années plus tard, Gally fait de la musique et lit beaucoup, alors que Ido a marié Shumira, la soeur de Jashugan. On y apprend que Ed avait revendu le corps de Berserker de Gally sans lui dire et que Umba en a retracer l’acheteur: une certain Dr. Desty Nova (un autre cyber-docteur déchu de Zalem). Pendant que Ido part à sa recherche, Gally doit affronter Zapan qui réapparait pour se venger!

Ce volume est un peu faible sur le scénario. La narration très rapide, est rythmé par de nombreux combats. Le dessin est toujours très dynamique et détaillé (trop parfois) mais les scènes de combats ne sont pas toujours clair.

La thématique n’évolue pas beaucoup. La quête d’identité de Gally devient tranquillement une quête d’humanité. Qu’est-ce qui définit l’humain? Son corps ou son esprit? Le cerveau influence-til le corps et vice-versa? En plus de cette réflexion philosophique, l’histoire nous questionne sur la disparité des richesses entre ceux qui ont tout et qui vivent dans les cieux (au paradis) et ceux qui n’ont rien et qui vivent dans l’enfer d’une décharge à la merci des criminels et de l’exploitation, n’ayant que le Motorball pour se distraire.

GunnmDeluxe-03-p296Gunnm est un manga culte, qui se lit bien mais qui nous laisse un peu sur notre faim. Si il y a un intéressant aspect philosophique dans l’histoire, j’y retrouve encore trop de combats — qui s’enchainent l’un après l’autre — à mon goût (le baston, toujours le damné baston — aka Nekketsu). C’est certes un titre qu’il faut avoir lu, mais (considérant l’énormité de ma PAL ou tsundoku !) j’hésite à en continuer la lecture… (il me reste encore trois volumes deluxe à lire (ou cinq en petit format), plus les dix-neuf tomes de Last Order !!! Plus au moins six volumes de Mars Chronicle — quoi que cette dernière série semble intrigante…). Je lirai probablement en échantillonnant quelques volumes de la suite et des séries suivantes…

Donc, pour résumer cette série de Yukito KISHIRO:  Gunnm c’est les aventures de Gally sur terre dans la cité de Kuzutetsu, la décharge; Last Order c’est les aventures spatiales de Gally sur Zalem; et Mars Chronicle c’est les aventures martiennes de Gally, dans son enfance, avant de se réveiller sur Terre.

À lire, donc, par curiosité et jusqu’à ce que celle-ci soit étanchée.

Gunnm, t. 3 par Yukito KISHIRO. Paris: Glénat, janvier 2001. 368 planches, N&B, 18 x 25.5 cm, ISBN 2-7234-3477-X. Sens de lecture occidental. Pour un lectorat adolescent (16+). stars-3-0

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© 1991, Yukito KISHIRO. © 2000, Éditions Glénat pour la traduction française.

Voir aussi mes commentaires des premier et second volumes deluxe (et, tant qu’à y être, de l’anime et du film live-action)…

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Capsules

Gunnm, t. 2

GunnmDeluxe2-covAprès avoir terminé la populaire série de manga Gunnm (銃夢 / Gun-mu / lit. “Rêve d’arme”), Yukito KISHIRO poursuit la publication avec des récits qui se situent dans le même univers: d’abord Ashman (Haisha en français chez Glénat ou Ashen Victor en anglais chez Viz) en 1997 avec une histoire qui se déroule dans la monde du motorball, un recueil d’histoires courtes (Gunnm Gaiden), puis l’année suivante avec Aqua Knight, situé dans un monde aquatique et qui se déroule une centaine d’année après Gunnm. Il interrompt cette série après le troisième volume, car il a décidé de poursuivre avec une nouvelle aventure de Gally (Last Order) mais pour se faire il doit réécrire une partie de la première série. Il profite de la réédition de Gunnm en format deluxe (6 vols) pour en changer la fin. C’est cette édition en grand format que je lis et dont j’ai déjà commenté le premier volume. Chacun de ces volumes inclut environ un tome et demi de l’édition originale (qui en comptait neuf). 

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Page 6

Dans le deuxième volume de l’édition deluxe (qui recouvre les chapitres huit à seize, donc une partie du tome deux et le tome trois de l’édition originale), Gally fait le rencontre de Yugo, un jeune garçon qui effectue des travaux d’entretien pour le Dr Ido. Elle en tombe rapidement amoureuse. Le rêve le plus cher de Yugo est de se rendre sur Zalem (celui était aussi l’obsession de son défaut grand frère). Malheureusement, il est impliqué dans le traffic de pièces de cyborgs (qu’il se procure en attaquant des victimes innocentes pour leur prendre, entre autre, leur colonne vertébrale). Vector le manipule avec la fausse promesse de l’aider à rejoindre Zalem si il réussit à amasser assez de crédits. Toutefois, Yugo est pris en flagrant délit et sa tête est mise à prix. Un hunter-warrior le retrace et le réduit en pièces, mais Gally réussit à préserver sa tête et le Dr. Ido lui reconstruit un corps. Réalisant qu’il a été trahit par Vector, il tente de se rendre à Zalem en escaladant un de ses cables d’alimentation, mais le système de défense de la ville flottante l’intercepte. Gally tente de la sauver mais, après un bref adieu, le bras de Yugo se rompt et il tombe dans la décharge, sans espoir de survie…

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p. 112

Ravagée par la mort de Yugo, Gally a disparue. Le Dr. Ido la cherche partout et la retrouve finalement, par chance, dans une compétition de Motorball de troisième ligue. Gally a découverte que la seule façon de raviver ses souvenirs est se battre en utilisant sa technique du Panzer Kunst, et l’arène de Motorball offre plus d’opportunités de combats qu’en étant hunter-warrior. Pour passer en deuxième ligue et conserver son numéro “99” elle doit challenger Ajakati, à qui ce numéro a été attribué. Elle réussit sans trop de difficultés. Le Dr. Ido s’allie avec Jashugan, le grand champion du Motorball, car il pense que si elle est défaite, Gally abandonnera le combat et lui reviendra. Lorsqu’elle voit le Dr. Ido avec Jashugan, elle décide de challenger ce dernier…

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Ce volume est définitivement meilleur que le premier car on y retrouve beaucoup moins de combats et un peu plus de profondeur dans le récit. L’histoire s’attarde plus sur les motivations et les sentiments des personnages, ce qui la rend d’autant plus intéressante. Le dessin de Kishiro est attachant et dynamique. L’univers post-cataclysmique cyberpunk qui a créé pour Gunnm est tout à fait fascinant… C’est certes un manga d’action (de baston comme diraient les français ou nekketsu au Japon) mais qui mérite tout de même d’être lu car il offre un peu plus de simple scènes de combat.

Gunnm, t. 2 par Yukito KISHIRO. Paris: Glénat, septembre 2000. 378 planches, N&B, 18 x 25.5 cm, ISBN 2-7234-3333-1. Sens de lecture occidental. Pour un lectorat adolescent (16+). stars-3-5

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© 1991, Yukito KISHIRO. © 2000, Éditions Glénat pour la traduction française.

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Gunnm, t. 1

Gunnm-GF-01-covGunnm (銃夢 / Gun-mu ou Jūyume / contraction de l’anglais “gun” (fusil) et du japonais “yume” (rêve) donc lit. “Rêve d’arme”) est un manga par Yukito KISHIRO qui a été publié en feuilleton dans Business Jump dès 1990 et dont le premier volume parait au Japon en septembre 1991 chez Shueisha. Suite à un conflit avec son éditeur en 2010, la parution de la série continue chez Kodansha. En 1995, une première édition en France se fait en neuf volumes chez Glénat (ce sera d’ailleurs parmi les premiers mangas à recevoir une traduction française). À peu près au même moment la version anglaise parait chez Viz Comics sous le titre “Battle Angel Alita” (puis réédité chez Kodansha Comics). En 2000, Glénat publie un édition deluxe grand format en six volumes. Ces éditions ne sont plus disponible mais Glénat a récemment rééditée Gunnm avec une nouvelle traduction. 

Gunnm n’est que la première de trois séries de manga et l’histoire se poursuit avec Last Order (19 vols.) et Mars Chronicle (6 vols jusqu’à maintenant). Un recueil de quatre histoires courtes, Gunnm Other Stories, a également été publié mais trois des histoires sont incluses dans l’édition deluxe grand format. Le manga a été adapté en un roman de Yasuhisa Kawamura, en animation (deux OVA de 30 min.) en 1993 par Hiroshi Fukutomi, puis au cinéma par Robert Rodriguez et James Cameron sous le titre Alita: Battle Angel.

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Page 9

Sur une Terre post-cataclysmique (suite à l’impact d’une météorite), ce qui reste de l’humanité survit à Kuzutetsu, dans l’ombre de la cité flottante Zalem (où réside l’élite). Dans la décharge à déchets de la cité, le cyber-docteur Daisuke Ido découvre la tête d’une femme cyborg dont le cerveau humain est miraculeusement encore en vie. Il la soigne et la nomme Gally (Alita), car celle-ci est amnésique et ne se souviens plus de rien. Il finit par lui fabriquer un corps. 

Il n’y a plus d’autorité pour faire régner la loi et l’ordre dans les bas fonds de Kuzutetsu, alors l’usine 33 (qui alimente Zalem en énergie et en vivres par un long cable) fait appel à des chasseurs de primes, les Hunter-warrior. De nombreux criminels s’attaquent aux cyborgs pour leur voler des pièces ou des membres (la colonne vertébrale est d’ailleurs très prisée).  Pour émuler Ido, mais surtout pour traquer et éliminer ceux qui s’attaquent aux faibles, Gally décide de devenir Hunter-warrior. 

GunnmAprès une altercation avec le cyber-monstre Makaku, le corps de Gally est détruit. Toutefois, Ido le remplace par le corps d’un berserker, un guerrier cybernétique qu’il avait découvert plus tôt dans les ruines d’un vaisseau spatial. C’est une véritable machine de guerre, résultant d’une technologie et d’un savoir-faire oubliés depuis longtemps. Si Gally ne se souviens pas de sa vie antérieure, elle est capable d’utiliser intuitivement une ancienne technique de combat cyborg appelé Panzer Kunst, et de controller les fonctions de son nouveau corps. Cela fait d’elle un combattant d’exception et lui permet de défendre Ido contre la vengeance de Makaku… Mais qui est-elle vraiment? 

En plus des sept chapitres du récit, ce volume contient également des informations sur les usines et les bornes de Kuzutetsu, le court récit “Douce Nuit” (en trois parties, 100 p.) qui traite des origines de Ido, ainsi qu’un “art book” de vingt-deux pages qui offre des notes et des croquis sur la création de Gunnm. 

Ce manga nous offre donc une quête existentielle dans un univers cyberpunk post-cataclysmique, teinté d’un commentaire sociale sur la division des richesses. C’est un manga seinen mais avec un récit très inspiré par le sous-genre shōnen du nekketsu, où le héros — souvent orphelin — doit réaliser une quête initiatique qui l’amène à affronter de nombreux obstacles et des adversaires en tournoi ou combat singulier.

J’ai lu ce manga il y a une vingtaine d’années et j’en avais gardé un très bon souvenir. C’est effectivement une série qui avait été très bien reçu tant en France qu’aux U.S.A. En prévision de la sortie de l’adaptation cinématographique, j’ai décidé d’en faire une relecture et celle-ci n’a pas altérée ma première impression. C’est un très bon manga, plein d’action mais aussi d’émotions et d’idées qui appelles à la réflexion. Je vous le recommande.

Gunnm, t. 1 par Yukito KISHIRO. Paris: Glénat, juillet 2000. 362 planches, N&B, 18 x 25.5 cm, ISBN 2-7234-3293-9. Sens de lecture occidental. Pour un lectorat adolescent (16+). stars-3-5

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© 1991, Yukito KISHIRO. © 2000, Éditions Glénat pour la traduction française.

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Moebius 2: Arzach & Other Fantasy Stories

Moebius-2_ArzachStrangely, this edition of Arzack, published by Epic / Marvel, offers the stories in a different order than the French edition.

In the first story, ”Arzach” (8 colour pages), the protagonist spies on a naked woman who dresses but he is surprised by her husband. He captures and suspends him to a giant skeleton but all for nothing because, finally, the beauty of the woman leaves something to be desired…

Arzach-p032In the second story, “Harzak” (8 colour pages), our heroes flies over the carnivorous plain on his faithful Pteroid, his luggage being on the back of a second bio-mechanical pterosaur. But after a long flight, the latter is tired and plunges into the killer grass. Harzak must rest his mount but the only haven possible is a kind of arch occupied by a giant primate, red and fierce. Full of nonchalance, the hero triumphs. This is my favorite story thanks to Moebius’ beautiful drawings. In my youth, I made a poster out of one of these boards.

In the third story, ”Arzak “(8 colour pages), a man arrives by car near some sort of stone temple. He enters, passes through a crowd of passive / aggressive green men, then enters a room where he repairs equipments. In the distance, an inanimate Pteroid wakes up. His task accomplished, the man leaves with his car…

Moebius-2_Arzach-p32-33The fourth “story” is a series of eight colour pages that do not seem related but which may form an enigmatic story titled Harzach… The quality and style of each is quite uneven, the best being a double-page fresco depicting an army.

When it comes to the “other fantasy stories”, this part includes a selection of completely different stories (except one).

In “The Detour” (7 p., B&W), Jean Giraud’s family take a detour on their way to the island of Re and makes strange encounters. The story doesn’t make much sense tout the art is beautifully detailed.

In “The Ballade” (9 colour pages), a young explorer crosses the bio-forest reciting Rimbaud. He meets a fauness, who saves him from the attack of an Euchinus and decides to join him to discover distant human cities full of wonders. But in their first meeting with a troop of these townspeople, they are massacred without questions. Moebius said that he used an absurd, sudden and tragic ending because he was coming close to the deadline… This story shows us a beautiful, intriguing and original universe.

Moebius-2_Arzach-p59In “The White Citadel” (6 colour pages), a knight crossed for months the wilderness until he encountered a citadel carved in one single stone. An elf appears and tells him the story of a prideful king who wed a beautiful princess, but as soon she entered the nuptial chamber it closed down, trapping her. The king was barred from entering by a dark creature. Soon the knight fall asleep, possessed by the king spirit, and in his dream fights the dark creature again. In the morning the traveling knight wakes up blind, deaf and mute… Moebius notes in the preface that his friends commented that his stories were always very negative, so to prove them wrong he wrote this one but failed as it ended up again dark and morbid!

In “Ktulu” (5 colour pages), after a last meeting the president goes down a dark tunnel to meet the hunt master who will grant him the agreed privilege to hunt the Ktulon… A short and unremarkable story. Moebius notes that this is a little humorous fable referencing Lovecraft’s mythology and, at the same time, criticizing the French president “using the privilege of his office to go to Africa and hunt wild game” which he found shocking.

The book ends with one last “Arzach” story (5 colour pages) giving some humorous background to the character, the last ptero-warriors helping an artist retrieving the red stone stolen by an evil wizard. Amusing.

As for the French edition of Arzack and the compilation of stories that included it, this book offers some of the best examples of science fiction stories by Moebius. It is very interesting (and entertaining) to read.  It’s really worth a look.

Moebius 2, The Collected Fantasies of Jean Giraud: Arzach & Other Fantasy Stories, by Moebius. New York: Epic/Marvel, April 1987. 72 p. $US 9.95 / $C 13.95. ISBN 0-87135-279-6. stars-3-0

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Moebius: Oeuvres Complètes 2

moebiusoeuvrescompletes02couvIl n’y a aucune raison pour qu’une histoire soit comme une maison, avec une porte pour entrer, les fenêtres pour regarder les arbres et une cheminée pour la fumée… On peut très bine imaginer une histoire en forme d’éléphant, de champ de blé ou de flamme d’allumette souffrée.” — Moebius 1976

[ Texte de la couverture arrière ]

Cette compilation de 45 planches regroupe deux différents albums de Moebius.

Le premier album est Arzach qui nous offre quatre histoires sans dialogues et un peu plus d’une douzaine de planches (dont une avec dialogues, certaines en couleurs, d’autres en noir et blanc, certaines sur deux pages) qui semblent plus être des illustrations que des histoires et qui n’ont pas de lien apparent entre elles. Les titres sont des variations orthographiques de Arzach: Harzack, Harzak, Arzak, Harzakc, Harzach, Arrzak. 

Arzach-p023Dans une première histoire qui précède la préface (deux planches, en N&B), Harzack pisse derrière un building et se fait prendre, mais la flaque d’urine prends des allures tentaculaires et saisie le policier. (Parue dans Métal Hurlant #3 (2e trim. 1975): 6-7)

Dans une deuxième histoire (huit planches couleurs), Arzach espionne une femme nue qui s’habille mais est surprit le mari de celle-ci. Il capture celui-ci et le suspend à un squelette géant mais tout ça pour rien car, finalement, la beauté de la femme laisse à désirer… (Parue dans Métal Hurlant #1 (1er trimestre 1975): 19-26)

Arzach-p032Dans une troisième histoire (huit planches couleurs), Harzak vole au-dessus de la plaine carnivore sur son fidèle Ptéroïde, son bagage étant sur le dos d’un deuxième ptérosaure bio-mécanique. Mais après un long vol, ce dernier fatigue et s’abime dans les herbes tueuses. Harzak doit reposer sa monture mais le seul havre possible est une sorte d’arche occupé par un primate géant, rouge et féroce. Plein de nonchalance, le héros triomphe. Celle-ci est mon histoire préférée grâce au superbe graphisme de Moebius. Dans ma jeunesse, j’avais fait un poster avec l’une de ces planches. (Parue dans Métal Hurlant #2 (2e trim. 1975): 19-26)

Dans la quatrième histoire (huit planches couleurs), un homme arrive en voiture près d’une sorte de temple en pierre. Il y entre, traverse une foule d’hommes verts passifs/agressifs, puis entre dans une pièce où il répare un équipement. Au loin, un Ptéroïde inanimé se réveille. Sa tâche accomplie, l’homme repart avec sa voiture… (Parue dans Métal Hurlant #4 (4e trim. 1975): 19-26)

Le deuxième album, L’Homme est-il bon?, nous offre onze histoires courtes: “Les clans de la lune alphane” (1 p.), “Le jeudi noir” (2 p.), “L’Homme est-il bon?” (10 p.), “Quelques books” (1 p.), “Le cerveau du Major (The Long Tomorrow, 16 p.)”, “Le café” (1 p.), “Science Fiction Chronicle” (1 p.), “Babel 17” (1 p.), “Une famille de nageur” (1 p.), “L’univers est bien petit” (8 p.) , et “Ballade” (9 p.). La plupart de ces histoires sont très courtes et souvent constituent une sorte de commentaires de lecture illustrés de romans de SF. Seulement quatre histoires méritent vraiment notre attention.

HommeEstIlBon--p078Dans l’histoire titre, un soldat est poursuivi par une troupe de créatures féroces et vertes. Ils le rattrapent, lui arrachent ses vêtements, puis leur chef lui arrache l’oreille gauche à l’aide d’un tentacule et la goûte. Il fait une grimace, et la recrache! La troupe poursuit son chemin laissant l’homme penaud et nue. On en déduit donc que la réponse à la question du titre est, non, l’homme n’est pas bon!

TheLongTomorrow-p094Dans de “The Long Tomorrow”, un détective privé est engagé par une riche dame pour récupérer un colis dans les bas fonds de la cité (dans un casier à bagage de la station de sub du 199e niveau). Il récupère la malle sans trop de mal, mais lorsqu’il revient au 12e niveau pour la remettre à la dame, le conapt de celle-ci est occupé par la police. La fille a été tué et torturé abominablement. On lui apprend qu’un espion arcturien rôde dans la ville à la recherche du cerveau du Major. Sur le chemin du retour, un assassin tente de le tuer mais il réussit à l’éliminer près de l’astroport. Chez lui, il ouvre la malle qui contient, bien sûr, le cerveau du Major. La fille lui rend visite inopinément, expliquant que la morte était un double androïde. Alors qu’il baise la fille, le lieutenant Fy l’appelle pour l’avertir que l’espion est en fait la fille. Le camouflage télépathique de celle-ci étant tombé, elle lui apparait comme une masse tentaculaire, qu’il élimine malgré ses suppliques. Le cerveau retrouve son propriétaire… affaire classée! Cette superbe histoire, ma favorite de l’album, créée sur un scénario de Dan O’Bannon, est en quelques sorte la genèse de l’Incal. 

Dans “L’univers est bien petit”, un couple en voyage interstellaire atterrit sur une planète et y découvre un naufragé qui s’avère être un vieil ennemi. Toute le monde s’entretue…

Ballade-p114Dans “Ballade”, un jeune explorateur traverse la bio-forêt en récitant du Rimbaud. Il rencontre une faunesse, qui le sauve de l’attaque d’un Euchinus et décide de se joindre à lui pour découvrir des villes humaines lointaines et pleines de merveilles. Mais dès leur première rencontre avec une troupe de ces citadins, ils sont massacrés sans questions. Moebius aime bien ces fins absurdes, subites et tragiques… Cette histoire nous montre un bel univers original et intriguant.

Cette compilation nous offre quelques uns des meilleurs exemples d’histoires de science fiction par Moebius. Très intéressant (et divertissant); à lire. 

Cette édition compilant les deux albums n’est plus disponible mais ils sont sans doute encore disponible séparément (comme dans l’édition couleur USA: Arzach [ AmazonBiblio ], L’Homme est-il bon? [ AmazonBiblio ])…

Moebius, Oeuvres Complètes tome 2: l’Homme est il bon ? / Arzach, par Moebius. Paris: Les Humanoïdes Associés, février 1981. 124 p. ISBN 2-7316-0098-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

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© Les Humanoïdes Associés 1981.

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The Epic of Gilgamesh

EpicOfGilgamesh-covGilgamesh, King of Uruk, and his companion Enkidu are the only heroes to have survived from the ancient literature of Babylon, immortalized in this epic poem that dates back to the third millennium BC. Together they journey to the Spring of Youth, defeat the Bull of Heaven and slay the monster Humbaba. When Enkidu dies, Gilgamesh’s grief and fear of death are such that they lead him to undertake a quest for eternal life. A timeless tale of morality, tragedy and pure adventure, The Epic of Gilgamesh is a landmark literary exploration of man’s search for immortality.

N. K. Sandars’s lucid, accessible translation is prefaced by a detailed introduction that examines the narrative and historical context of the work. In addition, there is a glossary of names and a map of the Ancient Orient.

[Text from the publisher’s website; see also the back cover]

I first read this book in 1985 (after purchasing it during a research trip to Boston for my master degree). I read it again recently after reading a comic adaptation by Jens Harder as I wanted to compare the two versions.

The Epic itself is very short (fifty-nine pages) but the text is preceded by a sizeable introduction by Nancy K. Sandars, the translator. Beside discussing the various versions of the text and her choices for the translation, she puts the work in perspective by talking about the discovery of the tablets, their historical and literary backgrounds as well as the significance of the story. It is very interesting. 

The Epic of Gilgamesh is a tragic tale of adventure and morality. It is the oldest epic poem to have survived so we could read it four millennia later. It started around 2100 BCE as independent Sumerian poems that were compiled into an epic, in the Akkadian language, in the 18th century BCE under the title Shūtur eli sharrī (“Surpassing All Other Kings”) —but only a few fragments remain of that version. The definitive and more complete version of the Epic, titled Sha naqba īmuru (“He who Saw the Abyss”), was compiled around the 13th to the 10th century BCE by a scribe named Sîn-lēqi-unninni. The best preserved version was found on twelve clay tablets written in cuneiform and comes from the ruins of Ashurbanipal’s library in 7th-century Nineveh. The Epic is a “poem in twelve songs (…) of about three hundred lines each (…) written in loose rhythmic verse with four beats to a line”.

To make the text more intelligible, Nancy K. Sandars chose not to present it in verse and not divide it into tablets. She compiled the story from all sources: the old Sumerian, the Akkadian (from the Assyrian tablets of Nineveh) as well as the Hittite (from Boghazköy).

The story begins with a prologue that introduces Gilgamesh (“I will proclaim to the world the deeds of Gilgamesh”). He was created by the gods with a “perfect body” that is two-third god and one-third man. He is praised for having built the walls of Uruk and a temple for Anu and Ishtar.

Chapter 1: The coming of Enkidu. Gilgamesh is an arrogant despot who oppresses his people to such an extent that the gods decide to create a rival for him, Enkidu, the wild man. Gilgamesh sends him a courtesan to civilize him (as wisdom weakened him). Their duel ended in mutual respect and it’s the beginning of a long “bromance” (male bonding). [tablets I-II]

Tablet_V_of_the_Epic_of_Gilgamesh

Tablet V

Chapter 2: The Forest Journey. Gilgamesh decides that he will go to the Cedar Forest to cut down trees and make a name for himself by destroying the evil. Together, Gilgamesh and Enkidu, defeat and kill the giant Humbaba. [tablets III-V] The forest (which is either located in the east in Elam or in the west in Amanus, north Syria, or Lebanon) represents real historical timber expeditions needed to bring raw materials to the cities. The forest is also full of “enchantments” that could represent the dangers of the mountains (earthquake, volcano, etc.).

Chapter 3: Ishtar and Gilgamesh, and the death of Enkidu. The goddess Ishtar (Inanna) tries to seduce Gilgamesh but he refuses her. She complains to her father, Anu, who sends the Bull of Heaven to devastate Uruk, but Gilgamesh and Enkidu kill him, redoubling the affront. To avenge themselves, the gods cause Enkidu to die of sickness. [tablets VII-VIII]

Chapter 4: The Search for Everlasting Life. Inconsolable, Gilgamesh wandered in the wilderness in search of ancestral wisdom, to question Utnapishtim about the meaning of death and life. Losing his companion made him terrified of death and he is wondering if there is a remedy. After meeting the scorpion-men, Siduri the wine-maker in the Garden of the gods, and finally the ferryman Ur-Shanabi, who carries him beyond the waters of death, he arrives at the end of the world to meet Utnapishtim. Like Siduri, who told Gilgamesh that he would never find immortality because death is the destiny that the gods allotted to all men—masters and servants, Utnapishtim tells him that there is no permanence in the world, and accordingly men should not expect to live forever. However, Gilgamesh asks him, “how was it that you came to enter the company of the gods and to possess everlasting life?”. Utnapishtim agrees to tell him a secret of the gods. [tablets IX-XI] Sandars notes many similarities with the homeric epics, which might have been inspired by the Epic of Gilgamesh — one of them is that Circe bears some likeness with Siduri.

British_Museum_Flood_Tablet

Tablet XI

Chapter 5: The Story of the Flood. As a lesson to Gilgamesh, Utnapishtim tells him how he survived the flood and became immortal. People having multiplied so much that they had become too noisy (“The uproar of mankind is intolerable and sleep is no longer possible by reason of the babel”), Enlil decided to exterminate mankind. However, Ea warns Utnapishtim in his dream and tells him to build an ark. He loads it with all his gold “and living things, my family, my kin, the beast of the field both wild and tame, and all the craftsmen.” The story is quite similar to the Great Flood as told in the Bible, save that it lasted only seven days. The gods are angry at Enlil for having acted alone and they reward Utnapishtim and his wife with everlasting life and make them “live in the distance at the mouth of the rivers” (a way of saying “sorry for the trouble” while making sure he would not tell this secret to anyone!). [tablet XI cont.]

Chapter 6: The Return. Utnapishtim nevertheless tells Gilgamesh how to get a plant that “restores his lost youth to a man (…) [and] all his former strength” — however, as Gilgamesh bathes, a serpent snatched it away. He returns to Uruk, the strong-walled city, empty-handed but wiser. “Gilgamesh, the king who knew the countries of the world (…) was wise, he saw mysteries and knew secret things, he brought us the tale of the days before the flood. He went a long journey, was weary, worn out with labour, and returning engraved on a stone the whole story”. [tablet XI cont.] Another possible influence on the Bible is the story where Gilgamesh, after arriving to the Garden of the gods, some sort of paradise, and finding the flower of youth, is sent back by Utnapishtim only to have his prize stolen by a serpent — which is somewhat reminiscent of the fall of man.

Chapter 7: The Death of Gilgamesh. “Gilgamesh, the son of Ninsun, lies in the tomb.” His destiny was fulfilled: it was not to have everlasting life, but his fate was to die. “None will leave a monument for generation to come to compare with his.” However heroes have both bright and dark sides. He was “given the kingship, (…) power to bind and to loose, to be the darkness and the light of mankind. He was given unexampled supremacy over the people (…) but do not abuse this power, deal justly with your servants in the palace, deal justly before the face of the Sun.” The people of the city chant, they lift up the lament, they weighed out their offerings. “O Gilgamesh, lord of Kullab, great is thy praise.”

Here Sandars chose not to include the text of tablet XII, “Enkidu and the Netherworld”, where Enkidu (despite having previously died on tablet VII) “goes down alive into the Underworld in order to bring back (…) [the] drum and drumstick that Gilgamesh has let fall into it”. Having broken the rules, Enkidu must remain in the Underworld but is allowed to briefly come back and tell Gilgamesh all about it. As it feels incompatible with the rest of the story, Sandars includes instead the “death of Gilgamesh”, which only appears in the Sumerian version, because “it makes a more satisfactory end”.

The Epic of Gilgamesh offers a simple text, easy to read and there’s no need to be an assyriologist to understand and enjoy it. It offers a glimpse into a very ancient and fascinating time of our civilisation about which we still have so much to learn. It is a shame that, in the last twenty years, instead of uncovering new information, we have been destroying those buried secrets because of the upheaval caused by the Irak war, the Syrian civil war and the madness of Daesh (ISIS).

Reading very old classics like The Epic of Gilgamesh or the Homeric epics (the Iliad and the Odyssey) remind us of how little the human mind has changed over the millennia (at least since the agricultural revolution during the Neolithic, 12,000 years ago). It is an interesting story that everyone should read at least once (or twice) in their life. Have you?

The Epic of Gilgamesh (by Anonymous, translated by Nancy K. Sandars). Harmondsworth: Penguin Books (Penguin Classics), 1972. 128 pages, $US 2.50 / $C 2.95, ISBN 014044100X. stars-3-0

The translated version by N.K. Sandars seems to be more difficult to find lately, and the new translation by Andrew Georges (2003) seems more easily available.

To learn more about this title you can consult the following web sites:

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© N.K. Sandars, 1960, 1964, 1972. All rights reserved.

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Gilgamesh (Jens Harder)

Gilgamesh-Harder-covL’Épopée de Gilgamesh est le plus ancien récit de l’histoire de l’humanité. Il nous est parvenu sous la forme de tablettes d’argile lacunaires, rédigées en sumérien, datées de la fin du IIIe millénaire avant JC.

Personnage hors du commun de la Mésopotamie antique, roi de la cité d’Uruk, Gilgamesh est un tyran mais il accomplit, avec l’aide de son ami Enkidu, des exploits qui permettent aussi de voir en lui le premier super-héros.

Avec le sens de la démesure qu’on lui connaît, Jens Harder a pris ce texte mythique à bras-le-corps. Tout en restant fidèle à l’esthétique des bas-reliefs témoins de ce lointain passé, il en fait une vraie bande dessinée, avec des décors grandioses, des monstres, des combats, des rêves, des dieux, de l’amour aussi.

Avec Jens Harder pour guide, suivez Gilgamesh et Enkidu dans la forêt de cèdres d’Humbahba, sur les rives de la Mer morte et jusqu’aux enfers. Une expérience de lecture unique, et une formidable porte d’entrée pour découvrir la civilisation mésopotamienne.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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Page 9

C’est tout un accomplissement que d’adapter en bande dessinée l’Épopée de Gilgamesh, la plus vieille histoire d’aventure à nous être parvenue — plus vieux que Le dit du Genji [premier roman datant du XIe siècle de notre ère] ou que Les Mille et Une Nuits [contes aux source indo-persanes datant des IIIe-VIIe siècles mais compilés dans le monde musulman du IXe siècle], plus vieux que la Bible [l’Ancien Testament aurait été écrit entre le VIIIe et le IIe siècle avant notre ère (AEC)], au moins 1,500 ans plus vieux que les récits Homériques [une tradition orale du XIIe siècle mais écrite au VIIIe siècle AEC], ou possiblement même plus vieux que les épopées sanskrites indo-européennes qui auraient inspiré ces derniers (Mahabharata et Ramayana — tradition orale du XXIe siècle AEC mais transcrite au IVe siècle AEC). L’Épopée aurait été composé en sumérien vers la fin du IIIe millénaire (XXIIe-XXIe siècle AEC) mais n’a eut une forme écrite que vers les XVIIIe-XVIIe siècle AEC. La version définitive et la plus complète de l’Épopée a été retrouvé à Ninive et est écrite sur douze tablettes d’argile en akkadien cunéiforme et date du VIIe siècle AEC.

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Page 12

Le récit se présente comme suit. Tablette I: Gilgamesh est le roi de la cité d’Uruk. C’est un despote arrogant qui oppresse son peuple, à un tel point que les dieux décident de lui créer un rival, Enkidu, l’homme sauvage. Tablette II: Gilgamesh lui envoie une courtisane pour le civiliser. Leur duel se solde par un respect mutuel, et c’est le début d’une longue “bromance” (amitié virile). Tablettes III-V: Ensemble, ils vont terrasser le géant Humbaba, dans la Forêt de Cèdre (Liban?). Tablette VI: La déesse Ishtar (Inanna) tente de séduire Gilgamesh mais celui-ci l’éconduit. Elle se plaint à son père, Anu, qui envoie le Taureau céleste pour dévaster Uruk, mais Gilgamesh et Enkidu le tue, redoublant l’affront. Tablettes VII-VIII: Pour se venger, les dieux font mourir Enkidu de maladie. Tablette IX-X: Inconsolable, Gilgamesh erre dans le désert à la recherche de son ancêtre Uta-napishti pour l’interroger sur le sens de la mort et de la vie. Après avoir rencontré les hommes-scorpions, la tavernière Siduri, et finalement le batelier Ur-Shanabi, qui l’emporte au-delà de l’océan de la mort, il arrive au bout du monde. Tablette XI: Uta-napishti lui raconte comment il a survécut au déluge et est devenu immortel. Il avertit Gilgamesh qu’il n’aura jamais l’immortalité mais lui indique néanmoins comment obtenir une plante qui redonne la jeunesse — toutefois Gilgamesh se la fait voler par un serpent. Il revient à Uruk bredouille mais plus sage. Tablette XII (fragment probablement ajouté ultérieurement): Gilgamesh échappe ses instruments de pouvoir dans les Enfers et Enkidu décide de les lui rapporter mais s’y retrouve prisonnier. Gilgamesh obtient de revoir brièvement son compagnon qui lui raconte son expérience aux Enfers.

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Page 57

Gilgamesh a été adapté et illustré par Jens Harder, un artiste allemand qui a entreprit déjà plusieurs récit historiques ou journalistiques (Leviathan, La Cité de dieu, Alpha… directions, Beta… civilisations vol. 1, Cités: Lieux vides, rues passantes — presque tous primés et publiés en français chez Actes Sud – L’An 2). Comme il nous le fait remarquer dans sa postface, c’est une histoire qui a beaucoup influencé les mythes (Herakles) et les récits épiques subséquents (la Bible, le cycle troyen, les Milles et Une Nuits, etc.) et qui a encore des échos même aujourd’hui. Il souligne d’ailleurs les dimensions politiques de l’Épopée, qui est d’abord ancrée dans des faits géo-économiques réels (la nécessité d’abattre des cèdres pour répondre à la pénurie de bois en Mésopotamie et de se protéger du risque constant d’inondations (déluges), puisque le territoire est situé entre deux grands fleuves: le Tigre et l’Euphrate). Puis il y a un aspect socio-politique, où le peuple oppressé par un tyran implore les dieux, qui l’envoient dans une quête de gloire qui finira par l’assagir (étrangement, le fait que celui-ci soit arrogant, vaniteux, débauché — il invoque le droit de cuissage — braillard et reconnu pour avoir construit un mur de protection autour de la ville évoque une similitude amusante avec le quarante-cinquième président américain, l’héroïsme en moins!).

Le concept de cette BD est superbe. Elle nous offre un intéressant récit qui est très fidèle au texte original de l’Épopée. Toutefois, comme tout texte ancien, c’est plutôt formel et donc un peu laborieux à lire. Et l’auteur a du faire certains choix, narratifs d’abord (comme de ne pas inclure dans son adaptation la mort de Gilgamesh, qui n’apparait que dans la version Sumérienne de l’Épopée) et aussi visuels. En effet, l’adaptation est aussi un peu difficile à lire du point de vue graphique, car Harder ne suit pas la forme traditionnelle de la bande dessinée mais s’inspire plutôt de l’art mésopotamien. Il représente l’action en bichromie et aussi comme si c’était une fresque bidimentionnelle (les personnages étant vus exclusivement de face ou de profil!), faisant toutefois quelques concessions à la perspective afin de rendre le sujet visuellement compréhensible. C’est tout de même beau (dans son genre) et visuellement fascinant.

Somme toute c’est très intéressant si vous êtes curieux de connaître l’Épopée de Gilgamesh et surtout si vous êtes amateur d’Histoire. 

Gilgamesh, par Jens Harder (traduit de l’allemand par Stéphanie Lux). Mouthiers-sur-Boëme: Actes Sud – L’An 2, janvier 2018. 144 pages, cartonné, 19,5 x 30,5 cm, 19,80 € / $C 43.95, ISBN 978-2-330-09248-1. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© Jens Harder, 2018 pour le texte et les dessins. © Actes Sud 2018 pour la traduction française.

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