Le sommet des dieux

sommet-des-dieux1-covTome 1

Un manga à vous couper le souffle! Dans une petite boutique népalaise, Fukamachi tombe sur un appareil photo qui pourrait bien être celui de George Mallory, le célèbre alpiniste qui fut le premier à essayer de vaincre l’Everest. Mallory disparût avec Andrew Irvine, lors de cette ascension en 1924, sans que l’on puisse savoir s’ils sont parvenus au sommet. Et si c’était seulement lors du chemin du retour qu’ils avaient eu cet accident fatal? Cela changerait l’histoire de l’alpinisme! C’est sur cette passionnante question que s’ouvre le chemin initiatique de Fukamachi qui sera amené à faire la rencontre de figures hautes en couleurs. Le dépassement de soi, l’aventure, la passion de la montagne sont les leitmotivs de cette formidable aventure signée Jirô Taniguchi!” [Texte du site de l’éditeur; voir la couverture arrière]

Le sommet des dieux t. 1, par Baku Yumemakura (texte) et Jiro Taniguchi (dessin). Bruxelles: Kana/Dargaud (Coll. Made In), mars 2004. 326 pages, 17 x 24 cm, 18.00€ / $C 31.95, ISBN 2-87129-578-6. Pour un lectorat adolescent (14+).

sommet-des-dieux2-covTome 2

“Fukamachi cherche toujours à en apprendre plus sur le fameux alpiniste Habu Jôji qui aurait retrouvé l’appareil photo de George Mallory sur l’Everest. Il fait la rencontre de Kishi Ryôko, la soeur d’un jeune alpiniste qui a côtoyé Habu et celle-ci lui déclare être en possession du journal de Habu-san. Sa lecture va plonger Fukamachi, et le lecteur à sa suite, dans une aventure aux limites de l’extrême.”

[Texte du site de l’éditeur; voir la couverture arrière]

Le sommet des dieux t. 2, par Baku Yumemakura (texte) et Jiro Taniguchi (dessin). Bruxelles: Kana/Dargaud (Coll. Made In), septembre 2010 (édition originale en juin 2004). 338 pages, 17 x 24 cm, 18.00€ / $C 31.95, ISBN 978-2-505-00769-2. Pour un lectorat adolescent (14+).

sommet-des-dieux3-covTome 3

“Le tome 3 s’ouvre sur le 6 juin 1924, lorsque George Mallory et Andrew « Sandy » Irvine, bouteilles d’oxygène et vivres et appareil photo sur le dos, quittèrent le camp 4 accompagnés de huit porteurs pour tenter d’atteindre le sommet de l’Everest. On suit leurs traces jusqu’à l’altitude à laquelle ils ont disparu. Ont-ils atteint le sommet ?

On retrouva des années plus tard quelques effets personnels mais jamais leur appareil photo Kodak ne refit surface officiellement. Le fabricant assure pourtant que si le film est encore dans l’appareil, il est possible de le développer, même plus de cinquante ans après. L’énigme serait-elle donc sur le point d’être résolue…? C’est la question que se pose Fukamachi, à Katmandou, en essayant de pister l’appareil photo qui lui a été dérobé et Habu Jôji qu’il a vraisemblablement ramassé près du toit du monde.

« L’histoire de l’ascension des monts himalayens s’est poursuivie sans interruption depuis le 19e siècle. Mais elle est peut-être en train de se clore lentement, par l’intermédiaire de Habu. Et, par l’intermédiaire de l’appareil photo de Mallory, Fukamachi est là pour assister au tomber de rideau. »” [Texte du site de l’éditeur; voir la couverture arrière]

Le sommet des dieux t. 3, par Baku Yumemakura (texte) et Jiro Taniguchi (dessin). Bruxelles: Kana/Dargaud (Coll. Made In), octobre 2004. 338 pages, 17 x 24 cm, 18.00€ / $C 31.95, ISBN 2-87129-580-8. Pour un lectorat adolescent (14+).

sommet-des-dieux4-covTome 4

“Tandis que l’appareil photo qui aurait pu appartenir au célèbre alpiniste disparu George Mallory suscite toujours toutes les convoitises, Fukamachi entreprend de suivre en tant que photographe l’ascension clandestine de Habu Jôji sur la face Sud Ouest de l’Everest, en hiver et sans oxygène !! Habu accepte uniquement à la condition qu’ils n’aient plus de contacts une fois l’ascension commencée et que chacun se débrouille. Fukamachi rejoint alors Habu pour la période d’acclimatation à l’altitude où il va en apprendre un peu plus sur ce mystérieux et fascinant personnage et peut-être également sur lui-même !” [Texte du site de l’éditeur; voir la couverture arrière]

Le sommet des dieux t. 4, par Baku Yumemakura (texte) et Jiro Taniguchi (dessin). Bruxelles: Kana/Dargaud (Coll. Made In), mars 2005. 314 pages, 17 x 24 cm, 18.00€ / $C 31.95, ISBN 2-87129-721-5. Pour un lectorat adolescent (14+).

sommet-des-dieux5-covTome 5

“Habu, après avoir sauvé la vie de Fukamachi, continue son ascension clandestine de l’Everest. En levant les yeux, Fukamachi aperçoit la silhouette de Habu, minuscule, loin au-dessus de lui. Ses mouvements sont prodigieux…

Pourtant, Fukamachi sent que pour lui, l’aventure s’arrête là, il a frôlé la mort. Les hallucinations se sont calmées mais la migraine ne le lâche pas, Il est redescendu en dessous des 7000 mètres où l’air est plus dense et Habu et son formidable exploit ne quitte pas son esprit…

Voici l’épilogue de cette magnifique série qui atteint des sommets dans l’art du dessin et de la narration !” [Texte du site de l’éditeur; voir la couverture arrière]

Le sommet des dieux t. 5, par Baku Yumemakura (texte) et Jiro Taniguchi (dessin). Bruxelles: Kana/Dargaud (Coll. Made In), mai 2005. 306 pages, 17 x 24 cm, 18.00€ / $C 31.95, ISBN 2-87129-780-0. Pour un lectorat adolescent (14+).

Cela faisait longtemps que je voulais lire ce manga. On m’avait dit que c’était la meilleur oeuvre de Taniguchi alors je voulais le lire à un moment propice pour bien le savourer. Après avoir visionné l’adaptation en animation dirigé par Patrick Imbert, je me suis dit qu’il était temps de m’y attaquer. Une oeuvre avec une telle réputation c’est un peu comme l’himalaya des mangas…

Le sommet des dieux (神々の山嶺 / Kamigami no itadaki) est un manga seinen écrit par Baku Yumemakura (d’après son propre roman du même titre, qui fut sérialisé dans le magazine Shōsetsu Subaru entre juillet 1994 et juin 1997, avant d’être compilé en deux tomes en août 1997 chez Shûeisha et qui demeure non traduit) et illustré par Jiro Taniguchi. Le manga a été initialement serialisé dans le magazine mensuel Business Jump entre 2000 et 2003, puis compilé en cinq volumes chez Shûeisha. Il a été traduit en français chez Kana en 2004-2005, puis en anglais chez Ponent Mons en 2007 (sous le titre The summit of the gods). Le roman a également fait l’objet d’une adaptation cinématographique par Hideyuki Hirayama (エヴェレスト 神々の山嶺 / Everest: Le sommet des dieux).

Le manga nous offre une histoire beaucoup plus longue et plus complexe que l’adaptation en animation — et c’est normal puisque le format d’un film de quatre-vingt-dix minutes nécessite de s’en tenir qu’à une intrigue principale simple alors que le manga, avec un peu plus mille six cent pages, est libre de développer plus loin les différentes lignes du récit et de se permettre quelques apartés. Le manga nous offre donc quatre récits qui s’entremêlent. 

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Il y a d’abord l’histoire de Makoto Fukamachi, un photo-journaliste qui est dans une sorte de cul-de-sac existentiel: il a une relation amoureuse qui ne fonctionne plus et il semble insatisfait de sa carrière. Juin 1993, il est à Katmandou pour couvrir une ascension de l’Everest qui a échoué: l’expédition a due rebrousser chemin et deux de ses membres ont perdu la vie dans la redescente. Alors qu’il déambule sans but précis dans les rues de la ville, il découvre dans une boutique une vieille caméra du modèle Vest Pocket Autographic Kodak Special. Sur une intuition, il en fait l’acquisition pour cent-cinquante dollars. Ce serait le même modèle que le célèbre alpiniste britannique George Mallory avait avec lui lors de sa tentative d’escalader l’Everest en 1924. Se pourrait-il que quelqu’un ait retrouvé l’appareil de Mallory? Si c’était le cas (et si l’appareil contenait encore de la pellicule non-développée) cela pourrait grandement bouleverser l’histoire de l’alpinisme himalayen. Malheureusement l’appareil est volé le soir même dans sa chambre d’hôtel. Détenant peut-être le scoop du siècle, Fukamachi fait enquête pour découvrir l’origine de l’appareil photo. Cela le mène à l’alpiniste japonais Joji Habu (que les népalais surnomme Bikhalu Sanh). De retour au Japon, il tente d’en apprendre plus sur cet alpiniste, puis il retourne au Népal pour le retrouver…

La deuxième histoire, le coeur même du récit, est celle de Joji Habu. À travers l’enquête de Fukamachi, qui fait des interviews avec ceux qui le connaissaient, nous découvrons son caractère difficile, comment il a rejoint le club alpin Seifû à l’âge de seize ans, son acharnement et son manque d’attention pour ses co-équipiers, l’accident du jeune Kishi Buntarô qui le hantera toute sa vie, sa rivalité avec Hase Tsuneo, sa relation avec Ryôko, la soeur de Buntarô, qui remet à Fukamachi le carnet de note de Habu où il décrit son ascension de la face nord de l’éperon Walker, dans les Grandes Jorasses, en hivernale et en solitaire, et l’accident qui lui coûtera deux doigts et deux orteils. Puis il y a eut l’ascension manquée de la face sud-ouest de l’Everest en 1985, l’accident où Habu sauve la vie de son Sherpa Ang Tshering, et la mort de Tsuneo sur le K2. Habu n’est jamais revenu au Japon. Que fait-il encore au Népal si ce n’est se préparer pour une ultime expédition, peut-être une hivernale sur la face sud-ouest de l’Everest en solitaire et sans oxygène? 

La troisième histoire est bien évidemment celle de Mallory que l’on découvre tout au long du récit mais avec plus de détails au début du volume trois. Finalement, la dernière histoire est celle où les destins de Habu et de Fukamachi se croisent. Fukamachi retourne au Népal avec l’intention de retrouver l’appareil photo et Habu. Ryôko vient l’y rejoindre mais la politique locale et la convoitise que suscite l’appareil les met en difficulté et Ryôko est kidnappé. Avec l’aide de Habu, de Ang Tshering et de Naradar Rasendra, un commandant Gurkha, Fukamachi réussi à la sauver. Ryôko, qui aimait Habu, apprend qu’il a une femme et un enfant Népalais. Fukamachi confirme que Habu prépare une expédition mais ce dernier ne veut rien savoir de lui. Il apprend également que c’est dans une tentative précédente, en 1989, que Habu a découvert le corps de Mallory et l’appareil photo. Au village où vit la famille de Habu, un malfrat tente d’enlever son fils mais Fukamachi et Rasendra interviennent à temps. Déterminé de convaincre Habu de le laisser couvrir son expédition, Fukamachi va l’attendre à son camps de base. Lorsque Habu arrive enfin, il lui remet l’appareil photo et accepte qu’il fasse son reportage sur l’ascension. Toutefois, pour respecter les règles d’une ascension en solitaire Fukamachi doit garder ses distances et ne jamais intervenir, quoiqu’il arrive. 

Lorsque finalement la météo le permet, le 12 décembre 1993, ils se mettent en route. Malgré son entraînement, Fukamachi trouve l’ascension difficile et Habu prend beaucoup d’avance. Près des sept mille mètres, il s’attaque à une paroi de glace. Il est épuisé et hallucine, puis est blessé par une chute de pierres. Contre toute attente, Habu redescend pour lui venir en aide. Après un bivouac, Fukamachi retourne au camps de base et Habu continue vers le sommet. Fukamachi voit Habu gravir dans son téléobjectif mais le temps se gâte. Habu atteint le sommet mais ne revint jamais — exactement comme pour Mallory. Fukamachi et Ang Tshering l’attente plus d’une semaine, puis quitte le camp de base. De retour au Japon, l’histoire de l’alpiniste japonais perdu sur l’Everest est déjà célèbre. Fukamachi se retire quelques temps pour écrire son reportage mais il se sent vide. Il a attrapé la fièvre de l’Everest et n’aura de repos que lorsqu’il aura complété l’ascension là où il l’avait laissé. Il s’entraîne de plus bel et en novembre 1995… (surlignez pour révéler la fin) il atteint le sommet. Sur le chemin du retour, il tombe sur le corps de Habu assis à côté de celui de Mallory! Dans la poche de Habu il trouve son carnet de notes et dans le sac de Mallory il découvre un rouleau de pellicule! Il pourra enfin prouver que tant Habu que Mallory avaient vaincu l’Everest…

Le sommet des dieux est vraiment un manga exceptionnel. Il nous offre une excellente histoire d’aventure, captivante et poignante, illustrée par les traits de dessin précis et détaillé de Taniguchi. Ce dernier réussi littéralement à atteindre le sommet de son art car c’est un récit qui aborde ses deux thèmes préférés: la nature et la déambulation (cette fois à la verticale). Il y fait non seulement l’éloge d’un sport exceptionnel, l’alpinisme, mais nous présente aussi une réflexion sur la profondeur de la détermination humaine, qui nous pousse à nous découvrir en repoussant nos limites. Le récit est riche et fort car il est inspiré par des personnages réels (chose amusante, alors que le roman a été écrit au milieu des années ’90, le corps de Mallory n’a réellement été découvert qu’en 1999 — mais sa caméra, elle, n’a jamais été retrouvé!). Un manga incontournable qui nous offre une lecture à la fois zen et vivifiante! stars-4-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Baku Yumemakura / Jiro Taniguchi. All rights reserved.

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Revue de ‘zines [002.022.057]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #236 (Octobre-Décembre 2021) 

Animeland-236Ce numéro de 144 pages nous offre deux dossiers: un sur Demon Slayer (présentation de l’oeuvre, Qui est qui?, l’art de Koyaharu Gotouge, l’art de l’anime, analyse de la mythologie, un succès mondial, entretien avec Haruo Sotozaki et Akira Matshima) et un sur le Festival d’Annecy (ambiance festive en petit comité, panorama du cinéma d’animation africain, panorama des régions exposantes à Annecy, ainsi qu’une présentation des titres notoires présents au festival: Jiang Ziya: The Legend of Deification, Flee (Cristal du long Métrage), La Traversée, Gyoko no Nikuko-chan, Rotzbub (Snotty Boy)).

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Batman: The Long Halloween, Nos mots comme des bulles, Satoshi Kon l’illusionniste, Jeune dragon cherche appartement ou donjon, Joran: The princess of snow and blood, Le Dragon Génie, Le Sommet des dieux, Même les souris vont au paradis, Sonny Boy, Le Roi Cerf, What if…?, Otherside Picnic, et Godzilla: l’origine de l’invasion.

Dans “Ça ferait un bon anime” on nous introduit à quelques bons mangas comme Autour d’elles (Akata), Analog Drop (Akata), Les liens du sang (Ki-oon), Mon bourreau de père est enfin mort (Meian), Le lien du destin (Komikku), Sensor (Mangetsu), Teenage Renaissance (Akata), 50 nuances de gras (Doki Doki), Le Couvent des damnés (Glénat), Search and Destroy (Delcourt/Tonkam), Summer of lave (Lézard Noir), et Dans la prison (Lézard Noir).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Shingo Natsume, Kazuo Nakazawa, Jean-Charles Osterero et Patrick Imbert), Focus (Star Wars Vision, Coin lecture: Anime Architecture), Fermez les Yeux (Hommage au compositeur Shunsuke Kikuchi), Jeu vidéo (les trailers de l’E3), Séance Studio (Studio 4’C), Figure de Pro (Aton Soumache), Trouvaille (Trese), Hommage (Masami Suda, Interstella 5555), Il était une Pub (Taco Bell), Pourquoi (…le terme manga doit encore être nuancé ?), Crowdfunding (Nazca Éditions), et Humeur.

L’incontournable magazine francophone de l’anime nous offre encore un numéro très riche en information. À lire pour tous les amateurs d’anime… stars-3-5

Capsules

dBD #158 (Novembre 2021)

dBD-158Dans le cahier actualités, on nous parle de trois adaptations cinématographiques de BD: l’animation Le sommet des dieux réalisé par Patrick Imbert d’après le manga de Jiro Taniguchi, Le trésor du petit Nicolas réalisée par Julien Rappeneau d’après Gosciny et Sempé ainsi que Les Olympiades réalisé par Jacques Audiard d’après Les Intrus de Adrian Tomine. Je note également la parution du 3e tome de Ad Romam: Le camp du Légionnaire (par Allali, Bertorello, Espinoza & Stoffel chez Plein Vent). Finalement, on nous présente une pleine page de nouveautés mangas: Lone Wolf & Cub Édition Prestige t.1 (par Kazuo Koike & Goseki Kojima chez Panini), Suidoken III Complete Edition (par Aki Shimizu chez Soleil), Mon Coloc’ est une gameuse (par Renjuro Kindaichi chez Delcourt/Tonkam), Room (par 61chi, chez Éditions H) et Kaiju No 8 t.1 (par Naoya Matsumoto chez Kazé).

On retrouve aussi un article qui trace le bilan de la BD en France dans la décennie 2010-2020. Statistiquement, en chiffre de vente, on note la “santé insolente” de la BD en comparaison au déclin constant de l’ensemble du marché du livre. Toutefois, cette hausse est surtout portée par le manga (+59% en volume, +72% en valeur, 42.5% de ventes totales de BD — hausse de tous les sous-genres de mangas sauf le shojo), mais aussi par la BD jeunesse (+58%) et les comics (+127.7% due à l’impact de Walking Dead et des films de Marvel et DC). La BD de genre (i.e la BD Franco-Belge traditionnelle) est en baisse de 9.2% ! On retrouve aussi un article sur les dix ans de la collection BD Kids (fruit de la collaboration des Éditions Bayard et Milan).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Cosey sur le dénouement de la série Jonathan avec le t. 17: La Piste de Yéshé (chez Le Lombard) et le livre d’art À l’heure où les Dieux dorment encore (chez Daniel Maghen).  Les entrevues se poursuivent avec Philippe Francq (sur Largo Winch t.23: La frontière de la nuit, avec Éric Giacometti chez Dupuis), Sara Colaone (sur Georgia O’Keeffe, amazone de l’art moderne, avec Luca de Santis chez Éditions Steinkis), Jean Van Hamme (sur Blake et Mortimer t.28: Le Dernier Espadon (avec Teun Berserik & Peter van Dongen chez Éditions Blake & Mortimer), Riad Sattouf (sur Le Jeune Acteur 1: aventure de Vincent Lacoste au cinéma chez Éditions Les Livres du Futur), Olivia Ruiz (sur La Commode aux tiroirs de couleurs (avec Winoc, Amélie Causse & Véronique Grisseaux chez Éditions JC Lattès/Grand Angle et basé sur le roman éponyme de Olivia Ruiz) ainsi que Amélie Fléchais et Jonathan Garnier (sur Bergères guerrières T.4 (chez Glénat).

Dans le Cahier Critique (section “Ça vaut le détour”) je note Saisi par la nuit de Yoshiharu Tsuge chez Cornélius (rassemble “douze récit parus entre 1975 et 1981. Le contenu est inégal, mais (…) impose le respect général, aussi bien par l’originalité de ses sujets qu’en terme de narration”) et deux titres mineurs de Osamu Tezuka: Debout l’Humanité et Avaler la Terre chez Flblb (“oeuvres (…) assez savoureuses (…) impossible à résumer (…) des passages franchement marrants et d’autres carrément sordides“).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

Solaris #220 (Automne 2021)

Comme toujours, Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre au Québec et ailleurs. Celle-ci  s’ouvre à nous en trois volets. Le volet fiction comprend cinq nouvelles qui nous permettent d’échantillonner les différentes saveurs de la littérature de genre actuelle. 

  • “Le Matin, les arbres et leurs cadeaux“ par Jean-Louis Trudel. La présentation du numéro, par Pascal Raud, nous indique que ce récit “nous entraîne en sol chilien à la suite d’Anghia Chaudhry, une envoyée de la Mère des Arbres chargée du recouvrement de sommes impayées.“ Mais le voyage de Chaudhry à aussi un objectif très personnel… “Une nouvelle dans la veine solarpunk, un genre qui présente un futur où l’humanité a trouvé certains moyens pour contrecarrer, entre autres, les changements climatiques.” C’est un bon récit où l’action est bien rythmée et l’univers décrit est vraiment très intéressant mais malheureusement parfois un peu difficile à suivre. stars-3-0
  • “L’Artisan du déluge“ par Dave Côté. Le protagoniste de ce récit, Aurel, est aveugle. Il “a besoin de la réalité augmentée pour voir, travailler, enfin vivre tout simplement. Lorsqu’un hacker vide son compte bancaire et détruit son interface RA, Aurel fait appel à une amie pour lui reconstruire une interface à partir d’une vieille RA rudimentaire presque gratuite.” Évidemment il y a une malfonction… Encore une fois un concept super intéressant et un texte bien écrit. J’ai bien aimé. stars-3-5
  • “L’Autre Trame du temps“ par Hugues Lictevout. Dans cette histoire “au lieu de prendre des vacances avec sa femme et ses enfants dans une Zone Atemporelle, Louise, une flic du temps, attend son indic en Australie en 1998. Celui-ci prétend avoir des informations qui pourraient bien faire douter Louise…” Si l’on peut manipuler le temps comment savoir quelle version de l’Histoire est la “bonne”? Très bon texte, sur un sujet fascinant. stars-3-5
  • “Le Carrousel“ par Orson Scott Card. Dans ce récit “les morts ne restent pas morts bien longtemps. Cyril s’aperçoit vite que sa relation avec son épouse ressuscitée ne sera plus du tout la même. Un texte fantastique intimiste, traduit par Pierre-Alexandre Sicart.” Dans un monde où les morts nous reviennent mais dépourvu d’émotions, le monde est surpeuplé et cela crée une étrange vie de couple qui trouble le protagoniste jusqu’à ce qu’un tour de carrousel lui permette de rencontrer Dieu… Intéressant concept et superbement écrit. stars-4-0
  • “Les Cosmos invisibles“ par Mario Tessier. Ce récit nous invite “à prendre le café et écouter un «explorateur du multivers, un prospecteur de l’ensemble des mondes possibles» nous narrer des univers fabuleux, étranges, renversants.” Un bon texte qui a malheureusement trop de descriptions et pas assez d’action. Toutefois, il explique très bien la plus récente théorie sur la création de l’univers et offre une parfaite introduction à l’article du Futurible qui suit… stars-3-0

Solaris-220Le volet documentaire n’offre qu’un seul article, un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui nous parle des “Cartes de Tendre, ou la géographie imaginaire.” Il nous explique ce qu’est la géographie imaginaire dans toute ses différentes incarnations, en trace un historique et nous décrit son utilisation dans la littérature. C’est comme toujours passionnant et superbement documenté. Je dois avouer que ce genre d’article est la raison principale pour laquelle je lis Solarisstars-4-0

Finalement, le volet critique (23 p.) se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne.

“L’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire” nous offre un numéro très riche avec, cette fois, une sélection particulièrement intéressante de fictions. C’est donc une lecture incontournable pour tout amateur de littératures spéculatives qui cherche à se divertir et à en apprendre plus sur le sujet… stars-3-5

Capsules

 

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Kebek 2: Adamante

“Un récit de science-fiction situé dans la province de Eeyou Istchee Baie-James, région des Monts Otish, au Québec. Roy, gravement brûlé à la fin du tome 1, guérit de ses blessures à une vitesse que les médecins ne peuvent expliquer. La découverte de la femme à l’intérieur du sarcophage a enflammé les réseaux sociaux et le monde entier suit cette découverte humaine et scientifique. Qui est-elle, d’où vient-elle et surtout de quelle époque ? Les fresques murales découvertes à proximité de la sphère dateraient de 400.000 ans, bien avant homo-sapiens. Et pourtant la sphère semble issue d’une technologie encore inaccessible à la science actuelle. «Elle» est vivante, et va bientôt pouvoir répondre à ces questions…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Page 11

Pour en savoir plus sur le début de l’histoire, voir mon commentaire sur le premier tome. Roy récupère très vite des blessures infligé par le feu bleu et continue son récit des événements à l’avocat qui enquête sur la situation. L’annonce que le sarcophage de diamant noir contenait une femme — et qu’elle est vivante! — bouleverse la planète au point de générer des désordres sociaux qui atteignent la révolte armée dans certains endroit. La météo et les barrages routiers leur ayant coupé la route de l’aéroport, le convoi qui amène Roy se réfugie à la prison de Bordeaux. “Elle” est vivante mais faible. Elle s’appelle Adamante. Le liquide de le sphère lui permet de restaurer — la technologie de sa civilisation semble d’ailleurs beaucoup utiliser cette “eau morphogénique interfaciale”. Elle a apprise notre langue très rapidement et se raconte en images. Elle est humaine mais d’un temps lointain. Un cataclysme cosmique menaçait la planète et la sphère était une sorte de capsule temporelle qui devait préserver le savoir de la civilisation ainsi qu’un mâle et une femelle humaine pour pouvoir tout recommencer. Mais son récit est interrompu par l’arrivé des militaires qui se saisissent d’Adamante. 

Roy, avec l’aide d’une coalition d’autochtones et d’employés de la mine, bloque l’avion cargo militaire qui emportait Adamante mais dans les combats Roy est gravement blessé d’une flèche en pleine poitrine (un incident de “friendly fire”). Il est sauvé par Adamante grâce à sa technologie et à une transfusion de son sang. Mais à son réveille, elle a disparue. Il la cherche près du site de la sphère noire, mais celle-ci s’est transformé en une forêt de cristaux qui contamine tout autour d’elle. Roy trouve Adamante sans vie près de l’entrée de la grotte. Télépathiquement elle lui dit qu’elle sera toujours en lui… Dans les grottes les scientifiques détectent l’émission d’un puissant rayonnement électromagnétique qui supprimes la couleur rouge (c’est pour ça que tout est bleu!) et la sphère pulse comme si elle était vivante. Le processus de métamorphose de la matière s’accélère et la contamination croît sans cesse. Les militaires ont découvert une contamination similaire quand ils ont ouvert le deuxième sarcophage. Ils en concluent que la sphère ne peut apporter rien de bon et décide de détruire la zone contaminée avec des bombes nucléaires! Roy a à peine une minute pour fuir le plus loin possible mais l’explosion le laisse congelé et transpercé de glaçons! Il passe deux mois dans le coma mais la transfusion d’Adamante a transformé sa nature et, contre tout bon sens, il survit. 

Roy et l’avocat quitte Bordeaux pour l’aéroport de Mirabel pour prendre un vol qui les ramène dans le nord. Pendant le vol Roy rêves aux souvenirs d’Adamante. Le récit de celle-ci semble avoir tracé un portrait de sa civilisation plus beau que la réalité: il semble y avoir eut des guerres car les sphères noires sont attaquées par une armées en scaphandres noires, les Krankens, qui réussissent à faire pénétrer une de leur arme (un bâton-venin) dans la sphère juste avant qu’elle se referme. Cela a contaminé sa programmation (c’est pour ça que la sphère ne s’est jamais réactivée, du moins pas avant d’être découverte par les mineurs) ainsi que le compagnon mâle d’Adamante. Arrivé à la base de Polarion, sur Bakon Island dans l’archipel arctique, Roy apprend que le second sarcophage a émis un intense rayonnement qui a tué ou “altéré” ceux qui l’on ouvert. Il découvre alors que l’occupant du sarcophage est son sosie avec qui il partage une sorte de singularité génétique et… le coeur d’Adamante!

[ fin du spoiler, euh, je veux dire divulgacheur ]

Le graphisme de cette BD est tout simplement superbe mais le récit est un peu décevant — surtout la fin… qui m’apparait un peu précipitée. Beaucoup de détails de l’histoire restent non résolu ou inexpliqués  (par exemple: la transformation de la sphère est-elle un processus de terraformation programmé ou simplement le résultat de la contamination par les Krankens?). Il aurait sans doute fallu un troisième tome pour permettre à l’histoire de se développer un peu plus (comme nous montrer un peu plus du quotidien d’Adamante à son époque, son histoire d’amour, comme le faisait Barjavel dans le roman). Par moment, le récit est aussi un peu confus et il est difficile de distinguer ce qui fait partie du flashback narratif et ce qui est le récit principal (la présence de l’avocat aide sur ce point).

La BD remplie tout de même sa promesse d’adapter (librement et en la ré-actualisant) l’histoire de La nuit des temps de Barjavel (en y ajoutant des éléments de La sphère d’or de Cox— comme le fait que les intentions de la sphère ne sont pas nécessairement bienveillantes). L’adaptation est d’ailleurs excellente et l’on peut aisément avoir une idée de tout les détails non expliqués si on a lu les histoires originales (cela nous permet de “lire entre les lignes” en quelque sorte). Malgré ses quelques faiblesses, cette BD est donc très belle, plutôt divertissante et agréable à lire. C’est donc, somme toute, une excellent lecture que je ne peux que recommander (comme la plupart des ouvrages de Philippe Gauckler). 

Kebek: t. 2: Adamante, par Philippe Gauckler. Paris: Ed. Daniel Maghen, avril 2021. 96 pages. 25 x 33 cm. 19.00 € / $C 39.95. ISBN 978-2-35674-084-7. Pour lectorat adolescent (14+). 

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© DM

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Pline, vol. 9

Pline-9-covL’Histoire a retenu son nom. Mais que savons-nous du plus grand savant de l’Antiquité ?

Néron a quitté Rome pour cette Grèce dont il est tant épris. Alors qu’il prend part aux Jeux olympiques et s’adonne au théâtre ou à la musique, une nouvelle conspiration menace. De leur côté, Pline et ses compagnons parviennent à Rhodes, pour être aussitôt emmenés vers Corinthe où les attend un Néron dont l’esprit sombre de plus en plus…

Cette fois, le naturaliste n’évitera pas les retrouvailles avec l’empereur.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi  la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Pline (titre original: プリニウス / Plinius ) est une biographie du naturaliste romain Pline l’Ancien par Mari Yamazaki (Thermae Romae) et Miki Tori. Prépublié au Japon par Shinchôsa dans le périodique Shinchô 45 et dans la magazine littéraire Shinchô depuis le chapitre 54, ce manga seinen est traduit en français chez Casterman (Collection Sakka). Jusqu’à maintenant il y a dix tome de disponible en français: le neuvième (“L’Opium d’Andromaque“, paru au Japon en novembre 2019) a été publié en octobre 2020 et le dixième (“Les fantômes de Néron”, sortie au Japon en septembre 2020) est paru en septembre 2021. Le onzième tome (“Une jeunesse romaine”, paru au Japon en juillet 2021) devrait paraître chez Casterman en mars 2022. Le douzième tome (à paraître au Japon au printemps 2022) devrait conclure la série. Le manga original est également disponible en ligne sur le site de Kurage Bunch.  Voir mes commentaires sur les volumes précédents.

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Page 5

Dans ce volume (chapitre 57 à 63), à peine arrivé à Rhodes, Pline est accosté par des légionnaires qui doivent l’escorter à Corinthe où l’empereur se prépare à chanter pour les jeux isthmiques. Prenant à prétexte que Félix est malade, il convainc les soldats qu’il est contagieux et le groupe de voyageurs est mis en quarantaine dans une grotte qui servait pour des rituel dédiés à Mithra. Pendant ce temps à Rome, Néron reçoit en ambassade Tiridate, le roi d’Arménie, qui lui offre une représentation de Mithra. Cela donne à Néron l’idée de faire ériger une statue colossale le représentant en dieu solaire. On découvre un complot qui visait à remplacer l’empereur par Corbulon, le populaire général de retour d’une campagne militaire contre les Parthes. Tigellin tente de convaincre Néron que Corbulon lui-même était de la conspiration. Vespasien est écarté de la cour car il a émis un bâillement pendant que Néron chantait. Malgré les réticences de Néron, Corbulon est condamné au suicide — et cela même si il aurait été plus utile de l’envoyer en Judée où la rebellion gronde. 

Pline arrive finalement à Corinthe où il est reçu en audience par Néron. Son médecin Andromaque lui prescrit des boulettes à base de pavot qui sont censé le calmer mais qui le rendent malade — et mentalement instable. Il se prends pour un dieu et conçoit plein de projets grandioses (comme le colosse ou un canal reliant les deux ports de l’isthme de Corinthe. Il veut que Pline s’occupe de la bibliothèque de la Domus Aurea. Félix accepte d’entraîner un lutteur au naturel trop placide… (Yamazaki met ici une histoire qui traite de compétition sportive sans doute pour faire écho à sa série Olympia Kyklos !). À Rome, la maison de Pline se cherche un nouvel esclave pour aider aux travaux ménagers: on acquiert donc une jeune femme chétive… qui se révèle être Plautina la prostitué muette avec laquelle Euclès était tombé amoureux! Pline et ses compagnons reprennent la mer, cette fois pour Tyr, afin de ramener Tanitia (qui est en fait une petite fille) à sa famille.

Comme je l’ai dit mainte fois, Pline est un excellent manga dont le récit est à la fois captivant, divertissant et surtout très éducatif. Le sujet est fort bien documenté et la narration est fluide et agréable. Toutefois, plus que tout, c’est le dessin précis et détaillé de Mari Yamazaki et Tori Miki qui donne à ce manga sa superbe qualité artistique. Beau et intéressant, Pline offre une lecture passionnante pour tout amateur de manga historique et de la Rome antique. Vivement recommandé!

Pline, vol. 9: L’Opium d’Andromaque, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), octobre 2020. 200 pages, 13.4 x 18.1 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-203-20279-5. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). Extraits disponibles. stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2019 Mari Yamazaki, Tori Miki • 2020 Casterman pour la traduction française.

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Rêveries d’Emanon

ReveriesEmanon-cov“Eiko est une curieuse petite fille : son corps n’est vieux que de quelques années, mais sa mémoire remonte aux origines de la vie. C’est pourtant la première fois qu’elle a l’occasion de grandir entourée de ses deux parents… Alors que la mise au monde d’un enfant aurait dû transformer sa mère en coquille vide, son père a réussi à briser le cycle à force de patience et d’obstination.

Mais l’âme errante devra bientôt reprendre son périple ! Malgré tous ses souvenirs, il lui reste bien des choses à découvrir, et des personnes avec des aptitudes tout aussi étranges que les siennes à retrouver… Jusqu’où les rêveries d’Emanon la mèneront-elles ?

Emanon est un des personnages les plus fascinants de la science-fiction contemporaine japonaise. Le dessinateur Kenji Tsuruta, tombé amoureux du concept imaginé par l’écrivain Shinji Kajio, donne un visage aussi vivant que mélancolique à cette incarnation féminine du passé, du présent et du futur de l’humanité. Que l’on croie ou non à son histoire, impossible d’oublier Emanon. Et elle non plus ne vous oubliera jamais…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 32

Rêveries d’Emanon (續々さすらいエマノン / Zokuzoku sasurai Emanon) est un manga seinen par Shinji Kajio et Kenji Tsuruta qui a été prépublié dans le magazine mensuel Comic Ryu et compilé en un volume chez Tokuma Shoten en avril 2018. Basé sur les récits de Shinji Kajio (“Karisome Emanon” / “Emanon de passage”, “Yukizuri Amnesia” / “Amnésie éphémère”, “Tomadoi Mektoub” / “Un mektoub confus”, “Hitosura Souvenir” / “Un souvenir”, et “Tayutai Lightning” / “Un Éclair vacillant”), cette série de manga (dont Rêveries d’Emanon est le quatrième et dernier tome) raconte l’histoire d’une fille mystérieuse qui détient une mémoire vieille de trois milliards d’années, remontant au moment où la vie est apparue pour la première fois sur Terre, qui est transmise de génération en génération par la lignée maternelle. Toutefois, dès qu’une nouvelle “Emanon” (“no name” à l’envers) naît, la précédente devient amnésique. J’ai déjà commenté le trois premiers tome de la série.

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Page 203

Ce volume se déroule sur trois périodes. En 1980, Emanon (Eiko) n’est encore qu’une enfant et pourtant elle n’a jamais resté aussi longtemps auprès de sa famille de naissance. Elle sent qu’il serait temps qu’elle les quitte mais tant que son père prendra bien soin de sa mère amnésique, elle reste pour profiter de cette rare vie de famille. En 1988, elle est adolescente et rencontre Choichiro Kozuki. Il sait qui elle est et semble avoir lui-même certain pouvoir. Et il veut l’épouser! Lorsque son père lui avoue qu’il a découvert son secret et celui de sa mère (Emma), elle décide de partir… En 1990, elle rencontre Shungo, un petit garçon, lors d’une promenade dans les bois. Elle se rends assister à la mort d’une vieille amie, Hikari la voyageuse temporelle. Sa mère est également mourante à l’hôpital. Dans un épilogue, Emanon fait une rencontre en 1994… (mais le manga ne dit pas qui c’est!!)

C’est une belle histoire tranquille où il ne se passe pas grand chose. Évidemment, les changements de périodes rendent les choses un peu confuse mais c’est un concept très intéressant. Le style est très simple et agréable: des traits à l’encre avec quelques trames pour les textures. Un très bon manga qui se lit bien mais ce tome-ci nécessite vraiment d’avoir lu les précédents. Il y a de toute évidence plus à raconter dans ce récit (le volume se termine sur un suspens) mais dans la postface l’auteur confesse que “malheureusement la série a dû être interrompue” mais sans donner d’explication… J’espère qu’elle reprendra un jour car, pour l’instant, c’est très frustrant. J’espère également qu’un éditeur se décidera à traduire la série de romans…

Rêveries d’Emanon, par Shinji Kajio (scénario) & Kenji Tsuruta (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Latitudes), octobre 2020. 224 pages (dont 32 en couleurs), 17 x 24 cm, 15 € / $C 28.95, ISBN 979-10-327-0622-0. Pour un lectorat adolescent (16+ / nudité). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Shinji Kajio, Kenji Tsuruta 2018

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The Expense

TheExpanseGN-cov“Chrisjen Avasarala, the former longtime Secretary-General of the United Nations, has found herself relegated to Luna after losing the latest elections…and she doesn’t plan on going down without a fight. So when Bobbie Draper – a former Martian marine – brings her intel on an intergalactic black market weapons ring, Avasarala sees a chance to reclaim her former political position of power through a clandestine operation. But as Draper digs deeper into this secret cabal, she soon realizes the threat they pose is far larger – and closer to home – than either of them ever imagined…

Corinna Bechko (Green Lantern: Earth One) and Alejandro Aragon (Resonant) present a powerful new story set between Season 4 and Season 5 of Amazon’s hit series The Expanse. Collects The Expanse #1-4.”

[Text from the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

A graphic novel that collects the four-issue comics based on the sci-fi book series by James S.A. Corey and adapted into a splendid TV series on Amazon Prime. The story is set between season 4 and season 5 of the TV series and recounts the investigation by former Martian marine Bobbie Draper (who is secretly working for former UN Secretary General Chrisjen Avasarala) to expose and dismantle a black market weapons ring…

It is well written and the art is nice enough. It provided a good reading and, while filling some gaps in the story, helped me wait for the next season to start… I wish there was more of those, like a full comic adaptation of the book series.

The Expanse, by James S.A. Corey (creator), Corinna Bechko (writer), Alejandro Aragon (illustrator) and Francesco Segala (colorist). Los Angeles: Boom! Studio, August 2021. 128 pages, 6.5 x 10 in., $US 16.99 / $C 21.99, ISBN 978-1-68415-691-7. For teen readership (12+). stars-3-0

For more information you can check the following websites:

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™ & © 2020 Expanding Universe Productions, LLC

[ Traduire ]

Miyazaki’s memoir

Miyazaki-StartingPoint-cov“In the first two decades of his career, filmmaker Hayao Miyazaki laid the groundwork for his legendary movies. Starting Point is a collection of essays, interviews, and memoirs that go back to the roots of Miyazaki’s childhood, the formulation of his theories of animation, and the founding of Studio Ghibli.

Before directing such acclaimed films as Spirited Away, Miyazaki was just another salaried animator, but with a vision of his own. Follow him as he takes his first steps on the road to success, experience his frustrations with the manga and animation industries that often suffocate creativity, and realize the importance of bringing the childhood dreams of the world to life.

Starting Point: 1979-1996 is not just a chronicle of the life of a man whose own dreams have come true, it is a tribute to the power of the moving image.” 

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

Starting Point: 1979-1996, by Hayao Miyazaki (Translated by Beth Cary and Frederik L. Schodt). San Francisco: Viz Media, April 2014, 462 pages, 6 x 9 in., $ US 16.99 / $C 22.99, ISBN 9781421561042. For teen readership (12+).

Miyazaki-TurningPoint-cov“In the mid-1990s, filmmaker Hayao Miyazaki moved from success to success as his work found an audience outside of Japan. His animated films of the era, including Princess Mononoke, Howl’s Moving Castle, and Ponyo, were internationally lauded, and Miyazaki won an Academy Award® in 2003 for his popular and critical hit Spirited Away.

Follow Miyazaki as his vision matures, as cinema-lovers worldwide embrace his creations, and as critics such as Roger Ebert take up the cause of animation and Miyazaki’s films. In a legendary career, these crucial years represent the turning point.”

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

Turning Point: 1997-2008, by Hayao Miyazaki (Translated by Beth Cary and Frederik L. Schodt). San Francisco: Viz Media, March 2021, 452 pages,  6 x 9 in., $ US 16.99 / $C 22.99, ISBN 9781974724505. For teen readership (12+).

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

If Osamu Tezuka is Japan’s god of manga, Hayao Miyazaki is certainly their god of animation. I noticed that lots has been written about him in the last decade. Just recently I mentioned the book Hommage à Hayao Miyazaki and a special issue of the French magazine Animeland entirely dedicated to the studio he created, Studio Ghibli (for more books suggestions check the list at the end of this article). However, who better to write about Miyazaki but the man himself? Earlier last year, Viz Media has published the second part of Hayao Miyazaki’s memoir (折り返し点―1997~2008 / Orikaeshi-ten: 1997~2008, first published in Japan by Iwanami Shoten in 2008): Turning Point: 1997-2008, so I thought I would talk a little about it. The first part of his Memoir, Starting Point: 1979-1996 [出発点―1979~1996 / Shuppatsuten: 1979~1996] was first published in Japan in 1996 by Tokuma Shoten and Viz Media published it in English in 2014.

This is not the kind of books that you read from cover to cover as it is more of a reference book that you slowly read, bit by bit. It is also a little difficult to describe this memoir as it is not a retelling of his life and experience in a chronological manner like memoir usually are. It is a collection of essays, interviews, magazine or newspaper articles, lectures, speeches, notes for video releases, etc., that Miyazaki wrote or gave or that are written by other people. It is very interesting but it is not an easy reading…

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“Dining in midair” (p. 218)

The first book is divided in eight chapters (besides a foreword by John Lasseter and an Afterword by Isao Takahata): On Creating Animation (with articles like “My Point of Origin” or “Thoughts on Japanese Animation” — see the table of contents for a detailed list of articles), On the Periphery of the Work (with articles like “About Period Dramas” or “My Theories on the Popularity of Manga”), People (“My Teacher and I” or “I Left Raising Our Children to My Wife”), A Story in Color (Miyazaki short manga story “Dining in Midair”), My Favorite Things (“My Scrapbook” or “My Car”), Planning Notes; Directorial Memoranda (“A Proposal to Acquire Film Rights” or “Why Shojo Manga Now?”),  Works (“On Nausicaa” or “Speaking of Conan” or “The Pictures Are Already Moving Inside MY Head”) and Biographical Chronology. I particularly enjoyed the translated short color manga “Dining in Midair” and the excerpts of Miyazaki’s scrapbook.

The second book takes a slightly different approach. It is still a collection of essays and articles but this time organized around a couple of specific works: Princess Mononoke (1997) [with articles like “On Japan Animation Culture” or “Recalling the Days of my Youth” — see the table of contents for a detailed list of articles], Spirited Away (2001) [“Room to Be Free: Speaking about Spirited Away at the Press Conference Held Upon Completion of the Film” or “Comments on Receiving the 75th Academy Award for Best Animated Feature Film”], Howl’s Moving Castle (2004) [“I’ve Always Wanted to Create a Film About Which I Could Say, “I’M Just Glad I Was Born, so I Could Make This”” or “Feeling Responsible for the Future of Children and Not Wanting to Make Halfhearted Films”] and Ponyo (2008) [“On Ponyo” or “Memo on Music for Joe Hisaishi”]. It also included Miyazaki’s Original Drawings for Studio Ghibli New Year’s Cards (1997-2008) as a foreword, a Biographical Chronology and an afterword by Miyazaki.

It is really a fascinating work if you are interested in Japanese animation and a must-read if you are a deep fan of the works of Miyazaki. It offers a huge amount of material that, as I already said, you won’t read in one sitting but it is definitely worth having a look. stars-3-5

For more information you can check the following websites:

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© 1996 / 2008 Studio Ghibli

Other recommended titles on Miyazaki:

  • (Collectif sous la direction de Victor Lopez). Hayao Miyazaki : nuances d’une oeuvre. Moutons électriques, 2018. 271 pages. ISBN 9782361835156 [ GoodreadsNelligan ]
  • Animeland Hors-Série (Juillet-Septembre 2021): Studio Ghibli. 144 pages. 12,50 € [ NelliganWebpage ]
  • Miyazaki: numéro spécial de Dada(no 197, janv. 2015, ISSN 1261-4858). Arola, 2015. 50 pages. ISBN 9782358800716. [ GoodreadsNelligan ]
  • ALPERT, Steve.Sharing a House with the Never-Ending Man; 15 years at Studio Ghibli. Berkley: Stone Bridge Press , July 2020. 296 pages. ISBN 9781611720570. [Goodreads]
  • BERTON, Gaël. The Works of Hayao Miyazaki: The Master of Japanese Animation. [Goodreads]
  • CAVALLARO, Dani. The anime art of Hayao Miyazaki. Jefferson NC: McFarland, 2006. 204 pg. ISBN 978-0-7864-2369-9. $35. [Goodreads]
  • CHAPTAL, Stéphanie. Hommage à Hayao Miyazaki : un coeur à l’ouvrage. Ynnis, 2020. 155 pages. ISBN 9782376971313. [ GoodreadsNelligan ]
  • COLSON,Raphaël; RÉGNER, Gaël. Hayao Miyazaki : cartographie d’un univers. Moutons électriques, 2013. 357 pages. ISBN 9782361831356 [ GoodreadsNelligan ]
  • LENBURG, Jeff. Hayao Miyazaki : Japan’s premier anime storyteller. Chelsea House, 2011. 120 pages. ISBN 9781604138412. [ GoodreadsNelligan ]
  • NAPIER, Susan. Miyazaki world : a life in art. Yale University Press, 2020. 305 pages. ISBN 9780300248593. [ GoodreadsNelligan ]
  • NAPIER, Susan. Le monde de Miyazaki. Éditions Imho, 2020. 366 pages. ISBN 9782364810242. [ GoodreadsNelligan ]
  • NIEBEL, Jessica; DOCTER, Pete; KOTHENSCHULTE, Daniel.Hayao Miyazaki. DelMonico Books, 2021. 287 pages. ISBN 9781942884811. [ GoodreadsNelligan]
  • McCARTHY, Helen. Hayao Miyazaki: Master of Japanese Animation. Berkeley: Stone Bridge Press, 1999. 240 pg. ISBN 1-880656-41-8. [Goodreads]
[ Traduire ]

Revue de ‘zines [002.022.023]

Revue de ‘zines

Oula!, ma dernière chroniques remonte a de nombreux mois déjà. Il me faut donc faire un peu de rattrapage considérant qu’il y a toujours un flot constant de magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #235 (Janvier-Mars 2021)

Animeland-235Une autre volumineux numéro (144 pages) qui, dans le contexte des jeux olympiques de Tokyo, nous offre un dossier sur la thématique du sport: Pop culture et J.O., lieux emblématiques des J.O., anime de sport (Slam Dunk, Jeanne et Serge, Ippo le Challenger, Touch: Le batte de la victoire, Yuri! On Ice), le sport à la Japonaise (Sumo: Hinomaru Sumo, Judo: Yawara!, Kendo: Kenshin le Vagabond, Kyûdô: Tsurune, Karuta: Chihayafuru), Captain Tsubasa, handisports dans l’anime et le manga (NHK Paralympic Programme, The Breakers, Running Girl, Real), Expo Sport x Manga à Lausanne, les sports WTF (Metal Fighter Miku, Gunnm), autres anime de sport (Sport Billy, Les fous du volant, Foot 2 Rue), les sites de J.O. à Tokyo, sportifs fans de mangas, etc.

Dans “Ça ferait un bon anime” on nous introduit à quelques bons mangas comme Blue Lock, Comet Girl, La Gameuse et son chat, Dédale, Insomniaques, The Elf and the Hunter, L’Homme qui au Nobunaga, Le Tigre des neiges, Les Carnets de l’apothicaire, Les Racailles de l’autre monde, Death Note: Short Stories, et Quand sonne la tempête.

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Demon Slayers Le Train de l’infini, Ex-Arm, Détective Conan The Silent Bullet, Kemono Incidents, La Voie du tablier, My Hero Academia S5, Love Death + Robots v. 2, Ride Your Wave, Invincible, To Your Eternity, Les Mitchell contre les machines, D’Artagnan et les trois mousquetaires, Luca, Spirit: l’Indomptable, et Yasuke.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Bounthavy Suvilay, Kazuki Mukaitoge, Shouta Umehara), Focus (Bilan du marché manga 2), Fermez les Yeux (Tout pour la musique), Hommage (Kintaro Miura, Yasuo Otsuka, Osamu Kobayashi, Shunsuke Kikuchi), Séance Studio (Science Saru), Jeu vidéo (Nier Replicant, Resident Evil VIllage, Scarlet Nexus), l’animation dans la Pub (Wizz pour Head & Shoulders), Figure de Pro (Nathalie Altamann), Pourquoi (tant de différence dans les traductions de titres?), Trouvaille (Shadowz), et Humeur.

L’incontournable magazine francophone de l’anime nous offre encore un numéro très riche en information pour prouver à tous qu’il est toujours pertinent. À lire pour tous les amateurs d’anime… stars-3-5

Capsules

Animeland  HS Studio Ghibli  (Juillet-Septembre 2021)

Animeland-HS-ghibliCe volumineux (144 pages) numéro Hors-Série est entièrement dédié au Studio Ghibli. Un dossier nous présente d’abord les 28 visages et facettes de Ghibli: Ghibli avant Ghibli, fonctionnement atypique, Musée, Parc, Donguri: les magasins officiels, Portraits (Hayao Miyazaki, Isao Takahata, Toshio Suzuki, Goro Miyazaki, Joe Hisaishi, Hiromasa Yonebayashi), Hommage (Michiyo Yasuda, Yazuo Ôtsuka, Yushifumi Kondo), et les autres talents de Ghibli.

Dans le segment Focus on aborde les tapisserie d’Aubusson, l’analyse des spécificités, l’importance de la musique, les femmes chez Ghibli et Ghibli au Musée Art Ludique. On retrouve également une série d’entretiens avec Toshio Suzuki, Goro Miyazaki, Philippe Vallotti et Steve Alpert. Finalement, avec Ghibli par l’écran, on présente en une ou deux pages chacune des productions du Studio Ghibli (en vingt-six topos). Le numéro se conclut avec une bonne bibliographie sur le sujet…

Si vous voulez tout savoir sur le Studio Ghibli ce numéro vous sera indispensable ! C’est la ressource ultime. stars-4-0

Capsules

dBD #156 (Juillet-Août 2021)

dBD-156Dans le cahier actualités, je remarque Moebius métamorphe aux Humanos qui compile de nombreux textes et recherches de Daniel Pizzoli, Florent Chastel et Claude Ecken qui avaient été précédemment inclus dans des anthologies. On retrouve également L’art de Mézières par Mézières et Quillien chez Dargaud. Finalement, on nous présente en deux pages les nouveautés mangas, dont je ne retiendrais que Le chat qui rendait l’homme heureux (Umi Sakurai chez Soleil).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Sylvain Vallée au sujet de Tananarive (avec Mark Eacersall chez Glénat). Les entrevues se poursuivent avec Dominique Bertail (sur Cahiers Madeleine), Jean Dufaux et Jacques Terpant (sur Un roi sans divertissement chez Futuropolis),  Marc Lévy (sur L’Agence des invisibles 1 chez Philéas), Gaétan Nocq (sur Les Grands Cerfs chez Daniel Maghen) et Jean-Michel Dalot et Johan Pilet (sur Ninn t.5: Magic City chez Éditions Kennes).

Dans le Cahier Critique je note Bob Morane t.1: Les  100 Démons de l’Ombre Jaune par Corbeyran, Christophe Bec et Paolo Grella chez Delcourt (Bien), I’m standing on a million lives t.1 par Naoki Yamakawa & Nao chez Pika (Bien), Elle et son chat par Makoto Shinkai & Tsubasa Yamaguchi chez Pika Seinen (Super!), L’Attaque des Titans t.34 [final] par Hajime Isayama chez Pika (Super!), Tetsu & Doberman t.3 par Tsutomu Ohno chez Doki-Doki (Super!), Lonely Worlds t.2 par Iwatobineko chez Ki-oon (Super!), et Undead Unluck t.1 par Yoshifumi Tozuka chez Kana (Super!).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #157 (Octobre 2021)

dBD-157Dans le cahier actualités, je remarque le retour du magazine mythique Métal Hurlant grâce à une campagne de crowdfunding. Le premier numéro est consacré au thème du futur: cinquante intervenants traiterons du sujet à leur façon. Un numéro sur deux sera consacré à la réédition de BD publiées dans les anciens numéros. Cette réincarnation du magazine est trimestrielle et comporte 288 pages couleurs. Wow! On nous présente également une pleine page de nouveautés mangas: One Piece t.99 (Eiichiro Oda, chez Glénat), Coffrets Attaque des Titans (Hajime Isayama, chez Pika), Yakuza Réincarnation t.1 (Hiroki Miyashita, chez Kazé), Yokai Manga (Wilson & Takita d’après Hearn, chez Graf Zeppelin), The Vampire and the Rose (Noriko Asaka, chez Soleil) et My Capricorn Friend (Otsuishi & Masaru Miyokawa, chez Moonlight).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Xavier Dorison, Denis Bajram, Alexis Sentenac, Brice Cossu et Yoann Guillo sur leur interprétation de Goldorak (chez Kana). Les entrevues se poursuivent avec Nicolas de Crécy (sur Villa Transit t. 3 chez Gallimard), Florent Ruppert  et Jérôme Mulot (sur La Part merveilleuse t.1: Les Mains d’Orsay chez Dargaud), Léo Heitz (sur Satchmo chez Jungle-Ramdam), Catel Muller et José-Louis Bocquet (sur Alice Guy chez Casterman), Alex Baladi (sur Revanche chez The Hoochie Coochie), Noah Van Sciver (sur Fante Bukowski, l’oeuvre complète chez L’Employé du Moi) et Konami Kanata (sur Les chaventures de Taï et Mamie Sue t.3 chez nobi nobi!). On retrouve également un hommage à Raoul Cauvin (père des Tuniques Bleues, de Sammy et de Pierre Tombal) décédé en août 2021.

Dans le Cahier Critique je note Mars Red t. 1 de Kemuri Karakara chez Panini (Bien; “adapté d’une pièce de théâtre de Bun-O Fujisawa (…) revisite le thème du vampire dans le contexte de l’ère Taishô”), Un Assassin à New York de Jinpachi Môri et Jiro Taniguchi chez Pika Graphic (Top!; “un très beau livre qui rappelle (…) que Taniguchi (…) avait de multiple cordes à son arc”), ainsi que  Elle et son chat de Makoto Shinkai et Tsubasa Yamaguchi chez Pike Seinen (Super!; “un récit intimiste, touchant et délicat, à l’humeur souvent morose et cafardeuse (…), une jolie histoire donc aussi, au dessin fin et expressif”).

Comme toujours dBD constitue une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

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Slaughter House-Five

Slaughterhouse-Five-covThe first-ever graphic novel adaptation of Kurt Vonnegut’s Slaughterhouse-Five, an American classic, is one of the world’s great anti-war books.  An American classic and one of the world’s seminal antiwar books, Kurt Vonnegut’s Slaughterhouse-Five is faithfully presented in graphic novel form for the first time from Eisner Award-winning writer Ryan North (How to Invent Everything: A Survival Guide for the Stranded Time Traveler) and Eisner Award-nominated artist Albert Monteys (Universe!). 

Listen: Billy Pilgrim has…
…read Kilgore Trout
…opened a successful optometry business
…built a loving family
…witnessed the firebombing of Dresden
…traveled to the planet Tralfamadore
…met Kurt Vonnegut
…come unstuck in time.

Billy Pilgrim’s journey is at once a farcical look at the horror and tragedy of war where children are placed on the frontlines and die (so it goes), and a moving examination of what it means to be fallibly human.” [Text from the publisher’s website and the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I read this novel in high-school (a very long time ago) and I thought it was great. Indeed it is a classic of American science-fiction literature. When I saw that it had been made into a graphic novel adaptation, I thought it would be a great occasion to reacquaint myself with this story (a movie adaptation was also made a long time ago but it wasn’t very good). However I was a little worried because it is not an easy story to illustrate. After I finished reading the comics I was relieved: it was very well done (as far as I can remember the original book, of course).

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Page 9

It is the story of Billy Pilgrim who has a strange power (well, it would be a super-power if he had any control over it, so it’s more of a curse): he has come unstuck in time. He doesn’t lives his existence in chronological order and his mind can switch at anytime to a different part of his life, from (not necessarily in that order) his birth in 1922, to 1943 when he refuse to fight in the war and becomes a chaplain’s assistant, to 1944 when he is a prisoner of war after the battle of the Bulge and find himself a slave-laborer in the Slaughterhouse-Five in Dresden until it is “liberated” by the Russians after much horrors, to 1948 when his PTSD lands him in a mental hospital, to 1955 when he is a successful optometrist, to 1964 when he meets science-fiction writer Kilgore Trout, to 1967 when he is kidnapped by the Trafamadorians (an alien species who experience time all at once) and put in a zoo, to 1968 when he survives a plane crash and to 1976 when he dies — So it goes. 

It is an extraordinarily compelling story, very complex and above all — although war is a very serious business — very funny. It is an antiwar manifest sugarcoated with humour. It is also a very clever time-travel story where science-fiction, as usual, becomes a mirror that reflects the joys and the cruelties of the human condition. And the art is very good too. I enjoyed this graphic novel adaptation very much and I can only recommend it for the reader either to discover the work of Kurt Vonnegut or to experienced it anew. 

Slaughter House-Five or the children’s crusade, by Ryan North and Kurt Vonnegut; illustrated by Albert Monteys. Los Angeles: Archaia (Boom Entertainment), September 2020. 192 pages, 7 x 9.75 in., $US 24.99 / $C 32.99, ISBN 978-1-68415-625-2. For a teen readership (13+). stars-3-5

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© 2020 Kurt Vonnegut LLC. All rights reserved.

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Peuple invisible

PeupleInvisible-cov“Les histoires réunies dans ce volume complètent La promesse, achevant de rendre disponible l’intégralité des récits composés par Shohei Kusunoki.

Elles ont pour la plupart été publiées dans Garo, la légendaire revue d’avant-garde fondée en 1964 qui a révélé des auteurs aussi incontournables que Yoshiharu Tsuge ou Yoshihiro Tatsumi, accompagnant pendant les décennies 1960 et 1970 une jeunesse réfractaire au conservatisme de la classe dirigeante.

Shohei Kusunoki a imaginé ces histoires entre 1968 et 1974 dans un Japon qui cherchait à se réinventer par une course à la modernité peu soucieuse du sort des classes populaires. Comme son ami Susumu Katsumata (Neige rouge, Cornélius), il fut marqué par l’apparition de Yoshiharu Tsuge, qu’il fréquenta à cette époque et dont l’influence se retrouve dans plusieurs des récits regroupés ici.

Délaissant le registre contemporain sans renoncer à parler de son époque, Shohei Kusunoki s’attache à décrire avec justesse la vie du peuple, tout en lui insufflant une dimension épique. Au travers de genres aussi codés que le conte traditionnel ou le récit de samouraï, il décortique l’ambiguïté des rapports humains. Mettant à nu les sentiments qui unissent les êtres, les raisons pour lesquelles ils s’attirent et les malentendus qui les séparent, Shohei Kusunoki parvient, à travers un style limpide, à exprimer ce qui ne l’est pas. Un auteur immense qu’il est urgent de redécouvrir et de célébrer.

[Texte du site de l’éditeur et du rabat intérieur de couverture]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

PeupleInvisible-p037

Page 37

Il n’y a pas grand chose que l’on peut rajouter à la présentation de l’éditeur… Shohei Kusunoki (楠勝平, 1944-1974) n’est pas un mangaka très connu. Son vrai nom était Sakai Katsuhiro (酒井 勝宏) et il a appris le métier en étant assistant pour Michitarou Watanabe et Sanpei Shirato. De la même génération que les Shigeru Mizuki, Yoshihiro Tatsumi, ou Yoshiharu Tsuge, il a surtout publié du manga d’avant-garde pour le marché du manga de location (kashihon) et dans le magazine Garo. En 2001, l’éditeur Seirin Kogeisha a publié en édition limité une anthologie de près de six-cent pages compilant la majorité de son travail (彩雪に舞う… / Saisetsu ni mau… / Danse à Ayayuki…) et c’est de ce recueil que proviennent les histoires de Peuple Invisible. Il a été peu publié, même au Japon, et — mis à part une anthologie par Ryoko Yamagishi publié en septembre 2021 chez Chikuma Bunko — toutes ses anthologies sont maintenant épuisées. Nous sommes donc très chanceux qu’un éditeur français comme Cornélius fasse un travail de mémoire en préservant et en diffusant son oeuvre.

Peuple Invisible nous présente sept histoires courtes (“Les cloches du soir” [1970, 31 pages], “Glycines en fleurs” [1970, 28 pages], “Laridelle laridon” [1970, 14 pages], “Yasubei” [1971, 16 pages], Les bombyx [1971, sur un scénario de Minoru Iwasaki, 32 pages], “Le fleuve de l’au-delà” [1971, 30 pages] et “Bain de minuit” [1972, 26 pages]) et une histoire plus longue qui a été publié en huit parties (“En loques” [1971-1972, 140 pages]). À travers ces récits, qui tiennent plus du gekiga (romans graphiques) que du manga seinen, Kusunoki dépeint les joies et les peines des gens ordinaires qui, avant l’ère Meiji, étaient plus susceptible de connaitre la misère et d’être à peine remarqué par les samurai et les seigneurs — c’était le “peuple invisible”.

Peuple Invisible nous offre des histoire dramatique qui sont superbement illustrée — mais évidemment dans le style qui est propre au manga des années ’60 et ’70. Ce sont des récits sérieux et plutôt inégaux, dont la narration est parfois difficile à suivre. Aussi, le style graphique vieillot ne plaira sans doute pas à tous. Toutefois Cornélius a fait un excellent travail en préservant le sens de lecture japonais et en laissant les onomatopées originales (mettant simplement la traduction sous la case). C’est donc tout de même une lecture intéressante mais surtout pour les collectionneurs ou ceux qui s’intéresse à l’histoire du manga. 

Peuple invisible, par Shohei Kusunoki. Bordeaux: Cornélius (Coll. Pierre), juin 2020. 336 pages, 17 x 24 cm, 26,50 € / $C 52.95, ISBN 978 2 36081 159 5. Pour lectorat adolescent (12+). (Voir la couverture arrière). stars-3-5

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© 2001 Seirin Kogeisha / Yasuko Tani. All rights reserved.

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Pension de Famille

PensionDeFamille-cov“En 1947, Margaret Durrell doit faire face à un divorce, avec deux enfants à élever, et à la menace d’un désastre financier. Sur les conseils de sa tante Patience, une redoutable vieille fille, et malgré les sarcasmes de ses frères Lawrence et Gerald, elle ouvre alors une pension de famille prétendument BCBG à Bornemouth, ville respectable du bord de mer britannique. Un peintre et son modèle, une schizophrène, des infirmières, deux musiciens de jazz… Sous le regard narquois des voisins, la pension de Margo tourne à la ménagerie humaine. S’ajoutent à ce joyeux désordre les visites de Gerald, qui ramène une troupe de singes et un énorme python. Margo ne se laisse pas démonter pour si peu et s’embarque même dans une histoire d’amour clandestine avec un joueur de trombone.

À travers ces excentriques personnages de l’Angleterre d’après-guerre se découvre le talent de Margaret Durrell, qui complète ainsi le trio familial d’écrivains.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Comme je l’ai déjà mentionné, j’ai découvert les Durrell avec la série de télévision Les Durrells à Corfou (The Durrells). Celle-ci raconte les aventures un peu loufoques des Durrells, une famille anglo-indienne qui, trouvant le climat anglais difficile, décide de s’installer sur l’île grecque de Corfou dans les années ’30. Intrigué par cette famille colorée qui aimait se raconter par l’écriture j’ai d’abord lu Justine (la première partie du Quatuor d’Alexandrie, publiée en 1957) par Lawrence Durrell (voir mon commentaire). Puis j’ai lu Ma famille et autres animaux (My Family and Other Animals, 1956) par Gerald Durrell (voir mon commentaire). Même la cadette de la famille, Margaret Durrell, a suivi la trace de ses deux frères et a écrit Pension de Famille (Whatever Happened to Margo?, 1996). Elle y raconte ses mésaventures alors qu’elle décide d’ouvrir une pension de famille à Bornemouth dans les années ’40, après être revenu de Corfou, et que son choix de pensionnaires s’avère souvent plutôt désastreux (sans compter la ménagerie que Gerald laisse sous sa responsabilité). Entre les pensionnaires aux comportements douteux, les espiègleries de leurs enfants, les aventures amoureuses et les visites occasionnelles de sa mère Louisa, de ses frères Lawrence, Leslie et Gerard, ou même de sa tante, Margo mène une vie très occupée! 

Apparement l’ouvrage aurait été écrit dans les années ’60 et oublié dans le grenier, jusqu’à ce que sa petite-fille le retrouve et le fasse publié en 1995. Comme le dit Gerald dans la préface, “Margo a montré qu’elle appréciait le côté comique de la vie et qu’elle avait le don d’observer les points faibles des gens et des lieux. Comme nous, elle a parfois tendance è exagérer et à laisser son imagination prendre son essor, mais je ne crois pas que ce soit si mal quand il s’agit de raconter ses aventures de façon divertissante.” En effet, l’écriture me rappel beaucoup celle de Gerald dans sa trilogie de Corfou. C’est écrit avec beaucoup d’humour et cela se lit très vite et bien. C’est donc une excellente lecture, amusante et agréable, qui vous offrira certainement du bon temps, surtout si vous avez apprécié la série télé.

Si vous n’avez pas encore découvert les aventures des Durrell à Corfou, j’en profite pour vous signaler que la série télé de ITV / PBS Masterpiece est disponible en diffusion continue (streaming) sur Amazon Prime Video,  Apple TV, et Google Play. Elle sera également diffusée en français sur les ondes de Ici Artv à partir du 23 mars 2022. J’ai également découvert qu’il existait une autre adaptation des romans de Gerald Durrell, cette fois un film de 87 minutes réalisé en 2005 intitulé My Family and Other Animals et disponible en diffusion continue sur BritBox (via Prime Video ou Apple TV).

Pension de famille, par Margaret Durrell (Traduction: Jean Rosenthal). Paris: Nil Éditions, 1997. 254 pages, 14 x 22.5 cm, 19.00 € / $C 34.95, ISBN 2-84111-069-9. Pour lectorat adolescent (12+). Cette édition n’est plus disponible mais l’ouvrage a été réédité chez Robert Laffont en octobre 2018. stars-4-0

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© 1995 by Margaret Durrell. © 1997 Nil Éditions pour la traduction française.

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Le chat du rabbin #10: Rentrez chez vous!

ChatDuRabbin-10-cov“Zlabya et son père, le rabbin, mais aussi le rabbin du rabbin, aidés et interrompus par le Chat, bien sûr, racontent. Ils disent, à travers leurs voyages au Proche Orient de 1870 à 1973, leur quête d’une Terre Promise, d’un endroit où ne pas être en danger. Ils racontent un destin français, celui d’une famille ballotée par l’histoire, le racisme, la volonté de trouver sa place, d’Alger à Nice, en passant par Jérusalem ou la Galilée.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 9

Sur le bord de la mer, au début de l’année, le rabbin, sa famille et ses ouailles, font la cérémonie du Tashlih, où ils secouent les pans de leur vêtement comme pour en chasser le mal. Le chat commente que ”Croire en Dieu, c’est accepter de faire des trucs ridicules en son nom.” Le rabbin acquiesce que c’est absurde et ridicule… mais il est interrompu par des hommes sur la plage qui leur crient “Sales juifs. Retournez chez vous!” S’ensuit une échauffourée dans la mer… Suite à cet événement, le mari de Zlabya veut déménager en Israel. Alors le rabbin du rabbin raconte que quand il était petit il est allé à Jérusalem et ce ne fut pas une bonne expérience. Même Zlabya raconte que quand elle a fait une fugue elle s’est retrouvé dans un kibboutz en Galilée mais elle en est revenue. Le rabbin aussi a essayé d’aller en Israel pour accomplir le souhait d’une ouaille qui voulait y être enterré mais les anglais limitaient l’immigration (même des morts) alors il l’a enterré en Égypte! Mais le mari de Zlabya veut toujours y aller. Et il ira… quand ils seront vieux, en 1973. Zlabya est vieille et grosse (et le chat toujours vivant!!). Mais les gens le prennent pour un arabe et Zlabya ne peut pas supporter la climatisation. Alors ils trouveront le terre promise à… Nice! En fait, l’histoire des Juifs c’est l’histoire du monde… et de la famille de Joann Sfar.

Le style de Sfar m’agace toujours avec ses planches à six cases, son dessin brouillon et ondulant, ou ses couleurs criardes, mais c’est Sfar et on finit toujours tout même par trouver ça beau. C’est un long album avec un récit fort et riche qui diverti, amuse même, et fait réfléchir sur le racisme. Une très bonne lecture que je recommande — surtout pour les amateurs d’histoire, de chats et de métaphysique! Et comme toujours, dans le bas de la dernière page, Sfar nous annonce que le prochain album s’intitulera “Alleluia dans l’autobus!” En fait le tome 11, paru en novembre 2021, s’intitule La Bible pour les chats

Le chat du rabbin. 10, Rentrez chez vous!, par Joann Sfar. Paris: Dargaud (Coll. Poisson Pilote), octobre 2020. 96 pages, 22.5 x 29.5 cm, 16,00€ / $C 27.95, ISBN 978-2205-08003-2. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© Dargaud 2020.

Voir aussi mes commentaires sur les autres volumes du Chat du Rabbin.

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2 Expressos

2Expressos-cov“Benjamin, dessinateur de BD en mal d’inspiration, part à la recherche d’une japonaise avec qui il a passé une nuit magique il y a 17 ans. Arrivé au Japon, il se pose dans un café pour faire le point. Il va y goûter le plus mauvais expresso de sa vie, et cependant devenir ami avec le patron, Michihiko, qui tout comme Benjamin, a de gros problèmes conjugaux. Les deux hommes décident alors de s’entraider pour retrouver leurs femmes, ce qui, curieusement, commence par apprendre à préparer un bon café… Avec un sens aigu de l’observation, Kan Takahama explore toutes les facettes d’un subtil chassé-croisé amoureux entre des personnages à la recherche d’eux-mêmes, ballottés entre flux et reflux du désir.”

[Texte du rabat intérieur de couverture; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 6

Deux Espressos (トゥー・エスプレッソ / Tū esupuresso / Two Espressos) est un manga Josei par Kan Takahama publié au Japon chez Ohta Shuppan en avril 2010 et simultanément en version française chez Casterman. Il nous raconte l’histoire de Benjamin, un dessinateur français, qui débarque à la gare de Gono-san, au Japon, mais comme le train ne s’arrête plus à sa destination, il doit marcher dans la nuit et perds son sac avec son passeport et son cellulaire. Il est à la cherche d’une femme qu’il a rencontré à Paris dix-sept ans plus tôt et ses seules indices pour la retrouver est une lettre qui mentionne la gare de Gono-ni et un “endroit très lumineux où elle vends des choses utiles pour faire ses adieux”. C’est toutefois un coin un peu perdu où il n’y a plus qu’un petit café. Il devient ami avec le propriétaire et décide de l’aider à tenir la place. En échange, Michihiko va l’aider dans ses recherches tout en essayant de réparer les choses avec sa femme, Miho, qui l’a laissé… Un soir, près du café, Benjamin aperçoit les serres illuminées d’une ferme qui produit des fleurs pour funérailles… En fin de compte, mais après quelques imbroglio, tout finira par s’arranger…

Avec cette histoire d’amour intrigante et sensuelle, Kan Takahama démontre encore une fois son habilité à nous raconter les subtilités des relations humaines. C’est également très bien dessiné, dans le style de crayonné réaliste qui la caractérise. Deux Espressos nous offre un très bon manga qui est à la fois charmant et agréable à lire… Fortement recommandé. 

2 expressos, par Kan Takahama. Bruxelles: Casterman (Coll. Écritures), avril 2010. 164 pages, 17 x 24 cm, 14.95 € / $C 27.95, ISBN 978-2-203-39612-8. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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© Casterman, 2010.

Voir aussi mes commentaires sur les autres manga de Kan Takahama.

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L’eau amère

EauAmere-cov“Saé s’interdit toute liaison durable avec un homme de peur d’être trahie. L’eau amère est celle, calme, de la crique où son amant de la ville est venu braconner les ormeaux. Pour le chasser, elle finira par le dénoncer aux gardes-pêche. C’est aussi celle, chaude, de l’anonyme station thermale où les époux Kanbara se disent adieu, en soufflant sur les cendres de leur passion disparue. C’est l’eau glacée, de l’étang où gît la jeune Etsuko, assommée de fatigue et d’alcool au terme d’une nuit de fugue. Ce sont les larmes de la jeune K., convalescente, à qui chaque jour son amant rend visite, avant de retourner le soir, sagement, auprès de son épouse…

En huit récit teintés d’amertume et d’humour, spécialement choisis par l’auteur pour cette édition française, Kan Takahama explore les contradictions, entre aveux et non-dits, d’amants et de parents qui se cherchent, se trouvent parfois, se fuient souvent.“ [Texte du rabat de couverture; voir aussi la couverture arrière]

“L’équilibre entre amour et sexe tient а un fil. Les histoires courtes que nous donne а voir Kan Takahama dans ce recueil nous font partager un bout de la vie sentimentale de personnages, tous а un stade crucial de leur vie. Un vieil homme proche de la mort est hanté par le souvenir d’un amour passé, souvenir qui amène son entourage а s’interroger sur la force du sentiment amoureux. Un couple sur le point de se séparer s’accorde une pause loin de tout, l’occasion pour eux de faire le point sur ce qui les mènes а prendre cette décision. Une jeune femme, а qui l’amant marié fait miroiter un bonheur possible, finit par prendre son destin en main. Un quinquagénaire prend soin d’une jeune fille handicapée, devenue au fil du temps sa seule raison de vivre. Après Kinderbook, Kan Takahama continue d’explorer et de mettre en image le quotidien de la société moderne.” [Bédéthèque]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

L’eau amère (凪渡り — 及びその他の短篇 / Nagi Watari – Oyobi sono hokano tanpen / lit. “La traversée calme – et autres nouvelles) est un manga par Kan Takahama, à la limite entre le seinen et le jôsei, qui a originalement été publié par Kawade Shobo Shinsha en mars 2006. C’est un recueil d’histoires courtes qui semble reprendre en partie des récits déjà publié deux ans plus tôt chez Yugaku Shorin (泡日 [Awabi / lit. “Journée des bulles”] comprenait, en plus du récit titre, six histoires: 「ファニーフェイス・ファミリー」 / Funny Face Family / “Famille drôle de tête”, 「我らの世代が生きのびる道を教えよ」 / Warera no sedai ga ikinobiru michi o oshie yo / “Dites-nous comment notre génération peut survivre”, 「赤い実」 / Akai mi / “Fruits rouges”,  「The shock of recogition」 /“Le choc de la reconnaissance”,  「過ぎ去った恋と少量の飲酒について」 / Sugisatta koi to shōryō no inshu ni tsuite / “À propos de l’amour qui est passé et d’une petite quantité d’alcool”,  et 「山日記」 / Yama nikki / “Journal de montagne”). Toutefois, l’édition française publiée dans la collection Sakka/Auteur de Casterman en février 2009 semble offrir une sélection de textes légèrement différentes. Le recueil comprend huit courts récits:

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Page 85

Dans “Introduction” (8 pages), Takahama, un jeune artiste de manga en panne d’inspiration a une aventure passagère avec une lycéenne. Soudain il a l’idée de faire une série sur le thème de l’eau avec des scènes érotiques. La première histoire s’intitulerait “Eau Calme”… Dans “L’eau calme” (凪渡り/ “Nagi watari”; 24 pages), tous les ans Odajima revient au même village de pêcheur pour braconner les ormeaux et a une aventure avec Sae, qui tient le gite local. Lasse de cette relation elle le dénonce aux gardes-pêche… Dans “Dernier voyage en amoureux” (24 pages), un jeune couple passe une nuit dans l’auberge d’une station thermale pour faire l’amour une dernière fois avant de divorcer car la maîtresse de l’homme est enceinte… Dans “Jours d’écume” (泡日 / Awabi / lit. “Journée des bulles”; 74 pages), une jeune femme troublée s’effondre ivre dans l’étang à l’extérieur d’une maison de retraite, provoquant un moment de lucidité chez un vieil homme sénile et créant un lien entre la femme et l’ancienne maîtresse du vieil homme. Dans “Hygro-45” (24 pages), une jeune femme se rends compte que son copain la trompe avec une amie… Dans “Chez Mizunuma” (水沼ストアー / Mizunuma sutoā / lit. “Mizunuma Boutique”; 24 pages), Itsutoshi tient le dépanneur familiale. Il trouve que sa copine est trop vaniteuse et superficielle (elle a déjà dépensé deux million de yens dans un salon de beauté!) alors il drague une lycéenne. Mais comme celle-ci n’aime pas sa nouvelle coupe de cheveux, il retourne auprès de sa copine… Dans “Ma vie avec K” (22 pages), une homme d’un certain âge prends soins d’une jeune fille dépressive qui a tenté de se suicider car il l’aime. Mais le soir il retourne auprès de sa famille… Finalement, dans “Mielleux Noël” (12 pages), au souper de Noël (où la famille se réunit seulement dans des circonstances de force majeure), la mère annonce qu’elle va se remarier… avec le meilleur ami du père. La père, redevenu célibataire, veut écrire un livre. La fille va se marié. La fils sort avec la copine d’un ami…

J’adore Kan Takahama. Issue du milieu du manga plus “underground” elle a d’abord publié beaucoup d’histoires courtes (2002-2006) qui ont été compilé par la suite en recueils comme c’est le cas de cet ouvrage. Puis, vers 2010-2013, elle a commencé à publier des histoires complètes, plus complexes, qui se situent souvent dans un contexte historique. Ses récits traitent généralement des relations amoureuses de gens ordinaires qui peuvent tout même s’avérer complexes, difficiles, voir tragiques. Et il y a souvent une touche de nudité et même d’érotisme dans son travail (à preuve, si vous êtes adulte, voir les pages 52 et 154). J’ai déjà commenté plusieurs de ses histoires (dont La lanterne de Nyx, article où je donne la liste de ses oeuvres) et j’espère toutes les lire bientôt. J’ai eu un peu de difficulté au début à apprécier son style un peu expérimental, un crayonné réaliste retouché à l’ordinateur, mais finalement je trouve qu’il donne un ton intimiste et chaleureux à ses récits.

L’eau amère est un très beau manga qui se lit bien. Je le recommande chaudement (quoi qu’il pourrait être difficile à trouver car cette édition est épuisée; il vous faudra probablement le chercher du côté des bibliothèques publiques).

L’eau amère, par Kan Takahama. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), février 2009. 228 pages, 15 x 21 cm, 12.95 €, ISBN 978-2-203-01985-0. Pour lectorat adulte (18+). stars-3-5

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© 2008 Kan Takahama

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Celui qui hantait les ténèbres

CeluiQuiHantaitLesTenebres-cov“Dans la ville de Providence, le jeune écrivain Robert Blake semble fasciné par une étrange église abandonnée. Alors qu’il finit par s’aventurer dans ce lieu de culte perverti, il y découvre le Necronomicon, un ouvrage maudit de magie noire, et invoque sans le vouloir des forces maléfiques qui dépassent l’entendement…

Pendant la Première Guerre mondiale, un officier évadé se retrouve perdu en pleine mer. Épuisé, il s’évanouit dans sa barque et, à son réveil, s’aperçoit qu’il s’est échoué sur une île inquiétante, recouverte à perte de vue de carcasses de bêtes marines…

Avec un trait sombre et réaliste, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H. P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Ce sont cette fois Celui qui hantait les ténèbres et Dagon qu’il fait renaître sous sa plume dans toute leur terrifiante noirceur !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Celui qui hantait les ténèbres (闇に這う者 ラヴクラフト傑作集 / Yami ni hau mono — ravukurafuto kessaku-shū / lit. “Chefs-d’œuvre de Lovecraft: Rampant dans le noir”) est l’une des nombreuses adaptations des oeuvres de H.P. Lovecraft en manga par Gou Tanabe. Ce manga seinen a d’abord été serialisé dans le mensuel  Comic Beam (Enterbrain) et compilé en un seul volume en mars 2016 chez Kadokawa Shoten. Il a été traduit en français chez Ki-oon en mars 2021. Exceptionnellement, ce volume contient l’adaptation de deux récits (respectivement de trente-quatre et cent-seize pages). 

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Page 33

Le premier est “Dagon”, qui est une courte nouvelle (d’environ deux mille deux cents mots) écrite en juillet 1917 et publiée pour la première fois en novembre 1919 dans The Vagrant (# 11) et à nouveau en octobre 1923 dans Weird Tales (vol. 2, #3). C’est non seulement l’un de ses premiers récits à être publié mais c’est aussi la première fois qu’il mentionne le Mythe de Cthulhu. Un marin dont le navire a été capturé par les Allemands durant la guerre réussi à s’échapper sur un canot de sauvetage. Il dérive pendant des jours. Un matin il découvre qu’il s’est échoué un milieu d’une grande étendue de terre boueuse couverte de carcasses de créatures marines nauséabondes, comme si cette terre avait soudainement surgie du fonds de la mer. Il décide de marcher vers une colline à l’horizon pour repérer la rive. Dans un canyon il découvre un monolithe qui brille sous la lune. Il est couvert des bas-reliefs représentant d’étranges créatures aquatiques avec une figure aux allures de pieuvre au sommet. Soudain un monstre marin surgit du bassin d’eau sombre à la base du monolithe et semble être en vénération devant cet autel de pierre. Pris de folie le marin couru jusqu’à son canot, où la mer était réapparu, et s’enfui dans une tempête. Il se réveilla dans un hôpital de San Francisco. Il tenta de donner un sens à ce qu’il avait vu, s’intéressant à l’antique légende philistine de Dagon le dieu-poisson. Hanté par ce qu’il a vu il couche sur papier son expérience mais dans son délire il est terrifié que ces monstres ne viennent le chercher…

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Le second récit est “Celui qui hantait les ténèbres” (The Haunter of the Dark), une novella d’un peu plus de neuf mille trois cent mots écrite en novembre 1935 et publiée en décembre 1936 dans Weird Tales (Vol. 28, No. 5, p. 538–53). C’est le dernier récit qu’il a écrit. Robert Blake est un peintre et un écrivain qui s’intéresse au domaine l’étrange. De son nouvel atelier à Providence, il peut apercevoir la tour noire d’une vieille église qui l’intrigue car aucun oiseau ne s’y pose. Il décide alors d’aller l’explorer. Elle est abandonné car, dit-on, une secte démoniaque l’aurait occupé et on le met en garde contre le danger de réveiller ce qui y dort. Dans la sacristie il découvre des livres dont, dans une position proéminente, une version latine du terrible “Nécronomicon”! Au haut de la tour il trouve une pièce où siège une table heptagonale avec en son centre une sorte de cristal noirâtre, strié de rouge. Lorsqu’il s’en approche il a la vision de mondes inconnus. Il y découvre également un squelette sur lequel il trouve un calepin de note. Il s’agit de Edwin Lilibridge, journaliste au Providence Telegram, qui quarante-deux ans plus tôt était venu investiguer le lien entre l’église et une série de disparitions mystérieuses. Soudain, Blake se sent épié comme s’il y avait une présence là-haut dans la flèche de la tour. Craintif, il retourne chez lui. Il consacre les jours suivants à déchiffrer la feuille qu’il avait trouvé dans le Nécronomicon. Il y apprend qu’en contemplant le cristal on éveillait “Celui qui hante les ténèbres”, une créature surgit des noires abysses du chaos qui demandait de nombreux sacrifices et qui craignait la lumière. Or, Blake avait contemplé le cristal… Une nuit, il y eut une panne d’électricité et l’obscurité permis à la créature de s’échapper momentanément du clocher. Cette nuit là, il rêva qu’il était perdu dans les ténèbres où se vautre Azathoth… Avait-il rêvé ou avait-il erré dans l’église durant une crise de somnambulisme? Dorénavant il craignait l’obscurité et resta une semaine assis à son bureau. On l’y retrouva mort un matin…

Comme pour tout les autres volumes de cette série, celui-ci nous offre une excellente adaptation et est superbement illustré par Gou Tanabe dans son style sombre et détaillé. Ki-oon nous présente encore une édition de qualité, relié en similicuir (cette fois avec une couverture de couleur verte). Même si je ne suis pas du genre à succomber sous l’ambiance angoissante des récits de Lovecraft (bien construit mais pas toujours bien écrit) j’adore tout de même l’univers qu’il a créé et je trouve que Tanabe l’illustre très bien. Ces deux récits ne sont pas mes préférés mais cela demeure tout de même de très bonne adaptations. J’ai récemment lu une autre version graphique de Dagon (illustrée par Dave Shephard) et ce n’est vraiment pas comparable à la qualité du travail de Tanabe. C’est donc un manga qui constitue une très agréable lecture (cela se lit vite et bien) et qui nous permet de découvrir l’œuvre de Lovecraft plus facilement ou de la relire en images, avec une perspective nouvelle.

Vivement le tome suivant dans cette série d’adaptations: c’est Le cauchemar d’Innsmouth (The shadow over Innsmouth écrit en 1931 et publié en 1936) paru au Japon chez Kadokawa en mai 2021 (2 vols) et en France chez Ki-oon en octobre 2021 (le tome 2 sortirait au printemps 2022). Tanabe publie en ce moment en feuilletons dans le mensuel Comic Beam (depuis octobre 2021) son adaptation de L’Abomination de Dunwich (ダニッチの怪 / The Dunwich Horror)…

Celui qui hantait les ténèbres (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 6), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), mars 2021. 164 p., 15 x 21 cm, 15 € / $C 28.95. ISBN 979-10-327-0792-0. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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© Tanabe Gou 2016

Voir mes commentaires sur les adaptations précédentes de Tanabe:

montagnes_hallucinees_02-cov Dans_lAbime_du_temps-cov CouleurTombeeDuCiel-cov AppelDeCthulhu-cov
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The Call of Cthulhu & Dagon

CallOfCthulhuAndDagon-cov“In this hauntingly illustrated adaptation of two of H. P. Lovecraft’s most famous stories from the Cthulhu Mythos, illustrator Dave Shephard captivates readers with stories of supernatural monsters so powerful that humanity is deemed irrelevant. The Call of Cthulhu and Dagon introduce the Great Old Ones, powerful deities who reside outside the normal dimensions of space-time, with physical forms that are impossible for the human mind to fathom. This handsome thread-bound edition presents these stories in rich and colorful detail, making it an accessible and entertaining gateway to Lovecraft’s world. Makes a perfect gift for fans of Lovecraft, his work, and the HBO series Lovecraft Country.

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

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Pp. 24-25

This graphic novel offers the adaptation of two stories by H. P. Lovecraft. The first one is “Dagon”. Written in July 1917, it is one of his first stories and it is also the first time that he mentions the Cthulhu Mythos. It was first published in issue #11 of The Vagrant in November 1919 and again in Weird Tales vol. 2 #3 in October 1923. It is a short story (about two thousands and two hundreds words) and the graphic adaptation (by Pete Katz) is also quite short (sixteen pages). A man is writing down the incredible experience he endured at sea: captured by pirates he escapes on a small boat and, after drifting for days, he wakes up to find himself stranded on land, no sea in sight. It was full of decaying dead fishes like if it was the bottom of the ocean. He waits a couple of days for the mud to dry and then decide to walk toward an elevation in the horizon. He climbs it and finds a cyclopean monolith covered with drawings and hieroglyphs that evokes a marine world. It seems to be the focus of the cult of some aquatic deity. Then, from a pool of dark water at the bottom of the monolith, rise a giant sea monster that bows to the monolith! The man goes mad and run. Somehow, he finds his way back to his boat and to the sea. He wakes up in a San Francisco hospital. He tries to make sense of what he has seen, learn about the legend of Dagon, the sea-god. Now he is afraid and fear the monsters will come for him. He put down on paper the account of his ordeal and jump out a window…

CallOfCthulhuAndDagon-p076-077

Pp. 76-77

The second story is “The Call of Cthulhu”. It was written in the summer of 1926 and first published in the February 1928 issue of Weird Tales (vol. 11, #2). It is a more sizeable story (nearly twelve thousands words) that comprise much of the graphic novel (one hundred and twenty pages). It is the most significant story related to the cult of Cthulhu. This adaptation takes many short cuts but, like the original, still recounts three different stories linked by one main narrative. Prof. Angell, a specialist of Semitic language, helps a young sculptor who has strange dreams during which he produces weird artwork with inscriptions in an unknown language. This leads him to investigate the cult of Cthulhu but he dies in a mysterious incident a year later (this story was told as “The Horror in Clay” in the original novella). His nephew, Mr. Thurston, inherits of his belongings, including a mysterious statuette representing an octopus-like creature with wings and many papers mentioning Cthulhu and R’lyeh, as well as various strange events all occurring in March 1925, and a letter from an inspector Legrasse from New Orleans (this is the main narrative). He meet with Mr. Legrasse (in the original chapter “The Tale of Inspector Legrasse”) who recounts a raid the police made in the swampland south of New Orleans that busted a voodoo-like cult. His investigation revealed that its was more than that: similar cults were found among the eskimos and the sailor Castro tells him about Cthulhu, the great priest of the Great Old Ones who came from the stars and are now sleeping under the sea in the ancient city of R’lyeh waiting to be awaken. Then Thurston finds by chance in the newspaper the story of the sole survivor of a yacht found in possession of a strange idol (that’s the original chapter “The Madness from the Sea”). He travels first to New Zealand and then to Oslo to locate this sailor. Unfortunately, the man died in a mysterious incident but he left behind a journal recounting his ordeal. In March 1925, after being attacked by pirates, they arrive at an uncharted island that looks like it just came up from the bottom of the sea. There they find strange ruins, from which a sea monster come out and attack them. They use the ship’s cannon to neutralise it and escape. Thurston concludes that Cthulhu had awaken but was put back to sleep. He fears the day it might awaken again but also fears that he might now be a targeted man. Indeed, not long after, he narrowly escapes death… this time.

This adaptation is quite disappointing and the art rather basic. It’s not really worth reading. The stories of Lovecraft have received many adaptations, some better than others. I recommend you avoid average works like this one and read instead the adaptations from artists like Culbard or  Gou Tanabe (which I have already commented in the past). Those are much more interesting — particularly the mangas by Tanabe which are real masterpieces.  

H.P. Lovecraft’s The call of Cthulhu and Dagon : a graphic novel, by Dave Shephard. San Diego: Canterbury Classics, March 2021. 144 pages, 7.5 x 10 in., $US 19.99 / $C 26.99, ISBN 978-1-64517-707-4. For teenage readership (12+). stars-2-5

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© 2021 Quarto Publishing plc

 

[ Traduire ]

La guerre des mondes #1

GuerreDesMondes-1-cov“En 1901, le quotidien de la petite ville anglaise de Mayberry est bouleversé par un événement incroyable : un énorme cylindre métallique s’est écrasé à proximité… Or, quelques jours plus tôt, une lueur inhabituelle avait été observée sur Mars. Pas de doute, l’objet vient de la planète rouge !

La population se précipite pour l’examiner et attend avec impatience l’ouverture de ce qui semble être un vaisseau spatial. Une créature tentaculaire apparaît au sommet… et s’attaque à la foule en détruisant tout sur son passage ! Le jour suivant, d’autres Martiens atterrissent et se lancent à l’assaut de la campagne du haut d’immenses robots tripodes. Les armes humaines ne font pas le poids face à l’envahisseur… Il ne reste qu’un moyen de survivre : la fuite !

Avec son souci du détail scientifique et son sens inné du suspense, H. G. Wells a ancré depuis plus d’un siècle l’image de l’invasion martienne dans l’imaginaire populaire. La Guerre des mondes réveille l’angoisse qui sommeille au plus profond de nous face à l’inconnu… Et si, vu de l’espace, l’homme n’était qu’un insecte impuissant ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

La guerre des mondes (宇宙戦争 / Uchû Sensô / lit. “La Guerre de l’espace”) est un manga seinen par Sai Ihara et Hitotsu Yokoshima qui a été sérialisé dans le magazine Comic Beam 100 (Enterbrain) depuis octobre 2018 et dans Comic Beam entre mai 2019 et février 2021 avant d’être compilé en trois volumes chez Kadokawa Shoten. Il a été publié en français chez Ki-oon (le volume 2 est paru en septembre 2021 et le vol. 3 devrait probablement paraître en 2022).

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Vol. 1., p. 3

Un jeune photographe distrait se rend chez Mr. Ogilvy pour lui remettre une photographie mais ce dernier est en émoi car une météorite s’est écrasée sur ses terres. Le professeur Stent déclare que le cylindre fait partie d’une armada en provenance de Mars. Lorsque le cylindre s’ouvre et qu’une créature hideuse en sort, Stent s’approche pour accueillir amicalement le martien. Le cylindre émet alors un puissant rayon d’énergie qui le fauche en deux (ainsi qu’une partie de la foule de curieux qui s’était assemblée). Le photographe réussit à fuir et retourne auprès de sa femme, Clara. Après que l’église ait été détruite il décide de fuir le village vers Leatherhead où sa femme a de la famille. Lorsqu’il se rend compte qu’il a oublié son appareil photo, il décide de retourner à Mayberry pour le récupérer. En chemin, il observe les martiens qui se déplacent sur des tripodes. Il se réfugie chez lui avec un jeune pasteur et un soldat apeuré alors que les tripodes détruisent le village. Le régiment Cardigan qui était intervenu s’est fait massacré. Le photographe décide d’envoyer sa femme à Londres. Il fait le plein de pellicule afin de documenter cette guerre où les martiens semblent vouloir exterminer les humains comme de simple microbes…

Ce récit dramatique est présenté avec un certain humour qui s’approche de la caricature. Le dessin est plutôt simple et ordinaire, ce qui me rappel beaucoup le style de la série “Manga de Dokuha” qu’avait jadis publié Soleil Manga. C’est une interprétation amusante du roman de Wells mais qui offre un manga plutôt moyen… Ce serait presqu’enfantin si ce n’était de l’image horrifiante des corps coupés en deux par le rayon d’énergie. Je ne suis pas sûr que j’ai envie (ou le temps) de poursuivre cette courte série… À lire si vous êtes curieux…

La guerre des monde. 1, par Sai Ihara (scénario, basé sur le roman de H.G. Wells) et Hitotsu Yokoshima (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), février 2021. 192 pages, 15 x 21 cm, 13,90 € / $C 25.95, ISBN 979-10-327-0707-4. Pour lectorat adolescent (14+). Extraits disponibles. stars-2-5

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© Sai Ihara / Hitotsu Yokoshima 2019

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Natsuko no Sake t. 2-4

Vol. 2 (ch. 22-43)

NatsukoNoSake-2-cov“Natsuko Saeki est une employée de bureau à Tokyo, mais elle ne s’épanouit pas dans son travail. Un jour son frère tombe malade et l’opportunité s’offre à elle de rentrer auprès de sa famille, modestes brasseurs de saké, pour l’aider. Motivée par ce défi familial, Natsuko, va se plonger corps et âme dans le travail du saké et tenter de se faire une place dans un milieu très traditionnel et dominé par les hommes.”

“Avec conviction et acharnement, et malgré son manque de connaissances en agriculture, Natsuko poursuit son objectif de faire pousser le riz Tatsu-Nishiki (Dragon Merveilleux) afin de produire le meilleur saké du Japon. Soutenue par ses proches, elle couve sa première plantation, censée lui fournir assez de grains pour ensemencer enfin un vaste terrain pour une récolte de production.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Natsuko no Sake t.2, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), février 2020. 448 pages, 18 x 13 cm, 11,00 € / $C 19.95, ISBN 9782379500657. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

Vol. 3 (ch. 44-65)

NatsukoNoSake-3-cov“Alors que Natsuko a finalement réussi sa première récolte, contre vents et marées, elle prend conscience que la seconde est un défi encore plus grand. Des 12 grains de Dragon Merveilleux qu’elle a cultivés avec difficulté, elle a récolté plus de 3 kg qui lui serviront à la seconde récolte, celle censée servir à la production de sake proprement dit. Mais comment réussira-t-elle à tenir cette récolte, contre les tempêtes qui brisent les épis, les nuisibles qui les dévorent, le travail qui l’épuise ? Ses tentatives pour rallier des producteurs à sa cause d’une agriculture bio trouvent certes quelques échos positifs, mais elle se heurte trop souvent au scepticisme des tenants d’une tradition définitivement masculine. Enfin, Natsuko prend la mesure de la réalité économique de ses choix. Faut-il accepter d’être pauvre pour avoir refusé la culture intensive ?”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Natsuko no Sake t.3, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), mai 2021. 448 pages, 18 x 13 cm, 11,00 € / $C 19.95, ISBN 9782379500756. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

Vol. 4 (ch. 66-87)

NatsukoNoSake-4-cov“Petit à petit, Natsuko arrive à rallier des producteurs de plus en plus nombreux à son idée d’une agriculture biologique et montre l’exemple en utilisant du fumier naturel comme engrais. Mais elle a bien conscience que la seule motivation de ces derniers à changer repose sur la capacité de vendre le produit bio plus cher que précédemment. Le pari est néanmoins pris d’un sake de qualité et cher contre un saké mauvais et très bon marché. Cette lutte du pot de terre contre le pot de fer est aussi une lutte de méthodes, artisanat contre usinage. Et Natsuko découvre que les méthodes traditionnelles sont un défi physique permanent… qui finit par coûter la santé à son Toji. Entretemps, le fils des Kuroiwa, par amour pour Natsuko, reste déterminé à suivre l’exemple de celle-ci. Et l’affrontement avec son père semble inévitable.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Natsuko no Sake t.4, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), juillet 2021. 464 pages, 18 x 13 cm, 11,00 € / $C 19.95, ISBN 9782379501142. Pour lectorat adolescent (14+).stars-3-0

 

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Natsuko no Sake (夏子の酒 /  lit. “Le sake de Natsuko”) est un manga seinen par Akira OZE qui a été serialisé dans le magazine Morning en 1988-1991 puis compilé en douze volumes chez Kodansha. Il a été adapté en un drame télévisé de onze épisodes diffusé par Fuji TV entre janvier et mars 1994. Il a aussi été publié en français chez Vega en six volumes doubles (vol. 1: septembre 2019, vol. 2: février 2020, vol. 3: mai 2021, vol. 4: juillet 2021, vol. 5: septembre 2021 et le vol. 6: décembre 2021). J’ai déjà commenté le premier volume de cette série.

Natsuko décide de poursuivre le rêve de son grand frère décédé et de produire le meilleur saké du Japon. Elle abandonne donc son travail à Tokyo pour venir travailler à la brasserie familiale dans la préfecture de Niigata. Elle doit tout apprendre à partir de zéro mais elle crée une association de producteurs pour l’aider dans sa tâche. Après avoir fait germer les grains récupérés par son frère, elle doit préparer la rizière puis repiquer les plants. Comme elle veut du riz bio, elle doit donc désherber à la main et éviter tant les pesticides que l’engrais chimique. Comme le gouvernement fait une dispersion aérienne obligatoire de pesticide elle doit couvrir son champs pour le protéger. Alors que le riz pousse, le poids des épis rends le plant fragile et, lors d’une tempête, elle doit travailler toute la nuit pour les protéger et elle tombe d’épuisement. Malgré toutes les difficultés, le temps de la récolte arrive et elle obtient trente-et-un kilo de riz qu’elle pourra semer l’année suivante pour enfin commencer la production…

Dans le troisième volume, une nouvelle saison de production débute à la brasserie Saeki. Toutefois, la mise en marché du Rosée de Lune est mise en danger par la concurrence déloyale d’un autre producteur. Shingo Kuroiwa, ami d’enfance de Natsuko et appartenant lui aussi à une famille de brasseur, a honte du saké industriel produit par son père et décide d’en produire un bon par lui-même grâce aux encouragements de Natsuko (qu’il aime). Natsuko, qui jusqu’alors était simplement dégustatrice, est nommé gérante de la brasserie. Elle tente de convaincre les agriculteurs de Kawashima de faire cesser l’épandage aérien de pesticides. Tout au long du récit, le manga décrit en détails toutes les étapes de production du saké.

Dans le quatrième volume, Natsuko doit aider Makoto Goda à préparer le compost nécessaire pour la plantation. Les grains de Tatsu-Nishiki sont réparti entre les membres de l’association qui chacun plantent leur parcelle de deux ares. La production débute: on répand le compost, prépare les semis et on les repique dans la rizière. Shinsuke Yamada, le tôji de la brasserie que l’on surnomme “Papy”, tombe d’épuisement en fin de saison et est hospitalisé. Il est très âgé et le directeur de la brasserie songe à le mettre à la retraite et lui trouver un remplacement. Toutefois, Natsuko est en désaccord avec cette décision. Goda a des problèmes avec les bénévoles qui l’aide sur sa ferme biologique. Un expert en saké à la retraite offre son aide à la kura. Kusabe voudrait prendre la relève comme tôji

Natsuko no sake est un manga très éducatif qui nous en apprends beaucoup sur la production et la mise en marché du saké, ainsi que sur les très nombreuses difficultés auxquels font face les agriculteurs japonais. Toutefois, cela demeure un manga divertissant et très agréable à lire malgré le style de dessin très classique. Même si cela fait un peu vieillot (genre années ’80) le graphisme clair et précis est très efficace. C’est donc un vrai bon vieux manga qui plaira surtout aux amateurs de culture japonaise et de saké.

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© 2016 Akira OZE. All rights reserved. © 2019-2021 Éditions Vega pour l’édition française.

 

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Olympia Kyklos vol. 1-3

OlympiaKyklos-1-covVol. 1

Après Thermae Romae, la nouvelle comédie sportive de Mari Yamazaki ! Démétrios, dans son petit village de la Grèce du 4e siècle avant notre ère, n’aspire qu’à une chose : vivre de son métier de peintre sur céramique. Et, peut-être, ravir le coeur de la belle Apollonia, la fille du patriarche… Le destin en décide autrement : le voici chargé de sauver son village des appétits guerriers de la cité voisine ! Alors qu’il se lamente sur son sort, la foudre frappe. Lorsqu’il reprend ses esprits, Démétrios a été projeté à travers le temps et l’espace dans le Tokyo de 1964, au moment des Jeux olympiques !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Olympia Kyklos, 1, par Mari Yamazaki. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), mars 2021. 200 pages, 13.4 x 18.3 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-20298-6. Pour lectorat adolescent (14+). stars-4-0

OlympiaKyklos-2-covVol. 2

“Démétrios a sauvé son village des appétits conquérants de la cité voisine au cours d’une épreuve sportive qu’il a ramenée du XXe siècle. Il est bien décidé à retrouver ses vases et ses pinceaux, mais le patriarche ne l’entend pas de cette oreille : il en est sûr, Démétrios a l’étoffe d’un champion, il est l’athlète qui apportera gloire et prospérité à sa communauté ! Aux abois, Démétrios est à nouveau transporté jusqu’au Japon des olympiades de 1964. Après le sport, cette fois, c’est sa conception du dessin que notre jeune peintre va voir bouleversée, en devenant l’assistant du dieu du manga, Osamu Tezuka en personne !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Olympia Kyklos, 2, par Mari Yamazaki. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), juin 2021. 200 pages, 13.4 x 18.3 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-20300-6. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

OlympiaKyklos-3-covVol. 3

“Bouleversé par la mort tragique du marathonien avec lequel il s’était lié d’amitié dans le Japon de 1964, Démétrios, de retour dans son Antiquité natale, décide de quitter sa cité pour voir le monde et devenir un meilleur peintre, un meilleur athlète, un meilleur homme. Ses pas le mènent tout d’abord à Athènes où Platon, philosophe entre les philosophes, pourrait bien lui prodiguer de précieux enseignements s’il n’est pas trop occupé à rivaliser avec ses disciples… à la lutte ?

Comment concilier art et sport ? Une réflexion profonde et joyeuse sur la création et l’expression de soi.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Olympia Kyklos, 3, par Mari Yamazaki. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), septembre 2021. 200 pages, 13.4 x 18 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-20316-7. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Olympia kyklos (オリンピア・キュクロス / lit. “Cercles Olympique”) est un manga seinen par Mari Yamazaki qui est sérialisé au Japon dans le magazine bimensuel Grand Jump depuis mars 2018 et a été jusqu’à maintenant compilé en six volumes chez Shueisha. Il a été traduit en français chez Casterman (trois volumes de disponibles et un quatrième est à paraître imminemment). C’est une comédie du style de Thermae Romae (voir aussi mon commentaire sur cette série) mais qui se situe dans l’antiquité grecque et traite de sujets autour du thème des jeux olympiques. Le manga a sans aucun doute été créé en anticipation des jeux olympiques de Tokyo de 2020 (mais qui furent reportés à l’année suivante à cause de la pandémie de Covid-19). 

Mari Yamazaki est passée maître dans l’art d’utiliser des artifices loufoques comme le voyage dans le temps pour aborder des sujets sérieux. Si elle n’explique jamais la mécanique temporelle qui intervient dans Thermae Romae (sinon quelques propriétés magiques des eaux thermales?), dans ce cas-ci il s’agit de la foudre qui frappe à répétition le pauvre Démétrios, ce qui (faute de flux capacitor) ne peut être attribué qu’au désir de Zeus d’aider le héros dans sa quête identitaire en suivant la plus pure tradition des récits épiques. Certains ont reproché à Yamazaki d’utiliser deux fois la même technique pour mouvoir son récit mais quand l’on détient une formule gagnant pourquoi la changer? Mais peu importe l’artifice; ce que Yamazaki veut accomplir c’est de comparer les cultures de l’antiquité (romaine dans le cas de Thermae Romae et grecque pour Olympia Kyklos) avec celle du Japon. Ayant vécu tant au Japon qu’en Italie, Yamazaki avait remarqué plusieurs points de similitude entre ces cultures et a eut l’idée de s’en servir comme d’un miroir où le lecteur (à priori Japonais) peut se reconnaitre et se questionner.

Démétrios est un jeune homme athlétique mais qui n’est pas du tout intéressé aux sports. Tout ce qu’il veut c’est peindre sur des vases. Toutefois, le chef du village insiste pour qu’il participe à des compétitions. Quelques voyages dans l’espace-temps à Tokyo durant les préparatifs des jeux olympiques de 1964 lui font découvrir le sens des compétitions et l’esprit olympique, lui permettant de venir en aide à son village. 

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vol. 2, p. 8

Dans le second volume, Démétrios se retrouve devant un double dilemme: d’une part, son maître n’apprécie pas du tout son style de dessin et, d’autre part, le chef du village veut qu’il se consacre à la compétition en vue des jeux d’Olympie. Encore une fois c’est au Japon qu’il trouvera ses réponses: il découvre le manga et rencontre même Osamu Tezuka qui lui fait réaliser comment le dessin peut exprimer des sentiments. Il rencontre aussi le coureur Kokichi Tsubaraya qui subit tellement de pression pour participer aux Olympiques de Mexico en 1968 qu’il finit pas se suicider! Ici, Yamazaki réussi à simultanément rendre un superbe hommage à Tezuka pour le faire découvrir à une nouvelle génération de lecteurs et à aborder le thème très actuel de la santé mentale des athlètes! 

Dans le troisième tome, Démétrios visite encore Tokyo mais cette fois pendant les préparatifs pour les jeux de 2020. Il y découvre une société dénaturée où le matérialisme a effacé tout esprit communautaire. Pour perfectionner son art, il se rend à Athènes où il rencontre Platon qui est non seulement philosophe mais aussi lutteur et qui se plaint de la corruption et de la dépravation morale de la société. Il cherche une façon de convaincre ses concitoyens de mener une vie meilleure. Il rencontre Tezuka en rêve qui lui apporte des solutions. Une occasion pour Yamazaki de faire une réflection sur l’intégrité morale et l’importance de l’art dans la société…

Mari Yamazaki est une artiste accomplie qui nous offre, dans un style détaillé et précis, des récits qui non seulement sont divertissants par leur mise en situation humoristique mais également apte à nous faire réfléchir sur l’état de notre société. Un très beau et fort intéressant manga que j’ai trouvé plutôt agréable à lire. Comme toute oeuvre de Yamazaki, je le recommande fortement. Je viens d’ailleurs d’apprendre que le tome 10 de Pline, “Les fantômes de Néron”, est paru en septembre 2021 et que le tome 11 devrait paraître en mars 2022. J’ai bien hâte de lire la suite tant de Pline que de Olympia Kyklos.

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© 2018 Mari Yamazaki.

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Roma Aeterna

RomaAeterna-covEt si l’Empire romain n’avait jamais disparu? Sur près de deux mille ans, Silverberg illustre par tableaux successifs une histoire parallèle d’un Empire Romain qui a connu bien des vicissitudes, des guerres et des crises politiques mais qui n’a jamais cessé d’exister et de faire régner, avec quelques interludes sanglants, la Pax Romana. 

Le Christianisme en est absent, ne serait-ce que parce que les Juifs n’ont jamais réussi à quitter l’Égypte des Pharaons. Quelques siècles plus tard, un envoyé spécial de l’Empereur particulièrement perspicace liquide proprement un prophète d’Arabie avant qu’il ait eu le temps de fonder l’Islam. Et donc l’Empire a survécu, avec ses dieux auxquels personne ne croit. Trop vaste pour être gouverné par un seul homme, il est le plus souvent divisé en deux zones d’influence, l’Empire d’Orient et l’Empire d’Occident qui parfois se chamaillent, se font même la guerre mais finissent toujours par se réunifier. 

La technologie évolue plus lentement que dans notre continuum historique. Vers l’an 2650 AUC (Ab Urbe Condita : depuis la fondation de la ville), qui correspond à la fin de notre XIXe siècle, le téléphone existe et la voiture automobile fait son apparition, mais cette technologie n’est jamais très présente. De même, l’Amérique a été explorée à peu près à l’époque de nos Grandes Découvertes, mais après deux tentatives ratées d’invasion, l’Empire renonce et les étranges sociétés de l’Outre-Atlantique poursuivent leur développement. De même, Rome ne s’attaque jamais sérieusement à l’Inde et à la Chine: l’Empire est déjà trop grand, trop difficile à gérer et à maintenir uni.

Pourtant, un Empereur entreprend de faire le tour de la Terre et y parvient. Le récit de son voyage, enchâssé dans une autre intrigue qui illustre la virtuosité de l’auteur, est un des moments forts du livre. Silverberg excelle à suggérer l’étrangeté de l’humain dans la diversité de ses moeurs. Dans le dernier tableau, un juif un rien fanatique nommé Moshe espère réussir l’Exode en gagnant les étoiles avec des fusées mais le prototype explose et le tue, ruinant les espoirs de la toute petite population, très marginalisée, des Juifs, qui est la seule à croire à un Dieu unique. Ils sont dix mille à peine et n’ont pas connu la Diaspora.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Les romans historiques qui se situent dans le contexte du monde romain sont beaucoup plus nombreux que l’on peut imaginer. On en compte plus de deux cents (selon Yvon Allard, Le roman historique à travers les siècles — et cela même si on exclu la plupart des ouvrages à thématique plus bibliques ou chrétienne) tel que Ben-Hur de Lewis Wallace, Les derniers jours de Pompéi de Sir Edward Bulwer Lytton, Imperium de Robert Harris, Les maître de Rome de Colleen McCullough, Massada de Ernest Gann, Les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar, Les romains de Max Gallo, Moi, Claude, empereur de Robert Graves, Néropolis de Hubert Monteilhet, ou Quo vadis? de Henryk Sienkiewicz, pour n’en citer qu’une dizaine (Étrangement il semble y avoir de nombreux romans qui mélange polar et antiquité romaine!). Par contre les uchronies qui se déroulent à cette même époque sont plutôt rares car je n’en compte que quatre: Éternité de Greg Bear, la nouvelle “L’Autre Univers” (“Delenda est”) dans La Patrouille du temps de Poul Anderson, De peur que les ténèbres de Lyon Sprague de Camp et… Roma Æterna de Robert Silverberg.

Ce dernier nous offre un récit où l’Empire romain s’est perpétué pendant près de trois mille ans! Il se divise en onze histoires courtes qui chacune nous raconte une période clé de l’histoire romaine (toutes les dates sont données selon le calendrier romain qui se calcul depuis la fondation de la ville en 753 AECAb Urbe Condita ou AUC; j’ai toutefois ajouté comme repère la date selon notre propre calendrier):

  • 1203 AUC [450 EC] : Prologue. Une discussion entre deux historiens établit les bases du récit: les Hébreux ne réussissent pas leur Exode d’Égypte (ils sont massacré lorsqu’ils arrivent à la mer Rouge) et par conséquent Jésus, ni le Christianisme, n’a jamais existé. Un certain Titus Gallius succède à Caracalla au lieu de Macrin. (4 p.).
  • 1282 AUC [529 EC] : Avec César dans les Bas-Fonds. L’ambassadeur de l’Empire d’Orient (qui coexiste paisiblement avec l’Empire d’Occident) est en visite à Rome. Alors qu’il s’intéresse aux bas-fonds de la ville, l’Empereur meurt et il est témoin de la succession (65 p.).
  • 1365 AUC [612 EC] : Un héraut de l’Empire. Corbulo est exilé par l’Empereur en Arabie, à La Mecque. Alors qu’il cherche à faire une bonne action pour revenir dans ses bonnes grâces, il rencontre Mahmud, un marchand dont il juge les idées religieuses dangereuses pour l’Empire, et il le fait assassiner. L’Islam ne verra donc jamais le jour… (34 p.).
  • 1861 AUC [1108 EC] : La deuxième vague. Le navigateur nordique Haraldus découvre le Mexique et convainc l’empereur Saturninus de le conquérir. Après un premier échec, ce récit raconte la seconde expédition. Après des efforts très coûteux l’Empire ne réussira qu’à établir des relations commerciales avec ce nouveau continent. (35 p.).
  • 1951 AUC [1198 EC] : En attendant la fin. Inévitablement, la rivalité entre l’Est et l’Ouest devait mener au conflit et l’Empire d’Orient conquiert Rome. Le traducteur Antidater a une crise d’identité… (46 p.).
  • 2206 AUC [1453 EC] : Un avant-poste du royaume. Après une guerre civile, Rome à vaincu l’Empire d’Orient et les deux parties de l’Empire sont à nouveau réunifiée. La grecque Eudoxia Phocas a une brève idylle avec le nouveau proconsul de Venetia, Quintus Pompeius Falco. (19 p.).
  • 2543 AUC [1790 EC] : Se familiariser avec le dragon. Alors qu’il doit réalisé les projets architecturaux extravagants du décadent Demetrius, Draco poursuit sa biographie de son ancêtre Trajan VII grâce à un manuscrit qui relate sa circumnavigation du monde en 2278 AUC [1525 EC]. Il y découvre avec horreur toute la cruauté des romains de cette époque… (33 p.).
  • 2568 AUC [1815 EC] : Le règne de la Terreur. Le règne excessif de Demetrius II vide les caisses de l’Empire et risque de pousser le peuple à la révolte. Pour éviter le pire, les consuls Apollinaris et Torquatus entreprennent un purge sanglante dans l’entourage de l’Empereur et vont même jusqu’à le remplacer… (48 p.).
  • 2603 AUC [1850 EC] : Via Roma. Un provincial Britannique, fils d’un riche marchand, vient visiter Neapolis et Rome. Il a une aventure amoureuse avec une jeune patricienne, ce qui le met aux premières loges pour assister à la révolution qui met fin à l’Empire et instaure la seconde République Romaine. (59 p.).
  • 2650 AUC [1897 EC] : Une fable des bois véniens. En Haute Pannonie, deux enfants découvre un pavillon de chasse abandonné dans les bois. Un vieil ermite y vit et leur raconte qu’il est le seul survivant de la famille impériale qui fut massacré lors de la révolution qui réinstalla la République. Il croit que, malgré les guerres civiles, l’Empire aura donné au monde une longue ère de paix et de stabilité… (20 p.).
  • 2723 AUC [1970 EC] : Vers la Terre promise. Un groupe de fanatique Hébreux d’Égypte tente pour la seconde fois d’accomplir leur Exode. Cette fois la Terre Promise sera dans l’espace! (23 p.).

Avec cet ouvrage publié en 2003, Silverberg nous offre une uchronie qui repose sur plusieurs points de divergence avec notre propre chronologie. Il semble être partisan d’une sorte de déterminisme historique puisque, même au sein de l’Empire romain, les grands moments de l’Humanité semblent se produire à peu près à la même époque: la découverte du Nouveau Monde, la Renaissance, la Révolution Française, la Révolution Russe, le début de la conquête spatiale, etc. Il semble également avancer que trop de stabilité socio-politique peut nuire au développement de la civilisation car, dans son univers romain, l’avancement technologique, comme l’automobile ou l’aviation, ne s’est effectué que plus tard.

C’est un ouvrage plutôt inégale où les récits les plus longs tendent à être les meilleurs. Si certaines nouvelles sont excellentes l’ensemble est hélas plutôt ennuyant. C’est toutefois un intéressant exercice d’uchronie qui est à lire mais seulement pour les curieux (comme moi).

Roma Aeterna, par Robert Silverberg. Paris: Robert Laffont (Coll. Ailleurs & Demain), octobre 2004. 408 pages, 13.5 x 21.5 cm, 22.50 € / 36.95 $, ISBN 9782221098547. Pour lectorat jeune adulte (14+). stars-2-5

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© Agberg, Ltd, 2003

Je profite de l’occasion pour vous rappeler qu’il existe aussi quelques rares manga dont l’histoire se situe dans le monde romain (et que j’ai déjà commenté): Ad Astra par Mihachi Kagano, Eurêka! par Hitoshi Iwaaki,  Pline par Mari Yamazaki, et Thermae Romae aussi par Mari Yamazaki. Si vous en connaissez d’autre laissez-le moi savoir !

 

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Le clan des Otori #1

ClanDesOtori-1-covGuerre, amour, spiritualité et art incontesté du récit: une fresque puissante au cœur d’un Japon médiéval fantastique sublime. 

Le Silence du Rossignol vous entraîne dans une quête épique, au cœur d’un Japon féodal où se côtoient poésie délicate et terrible violence. Vengeance, traîtrise, honneur et loyauté, beauté, amour fou… Derrière les visages impassibles et les codes immuables se cachent des cœurs passionnés et des sentiments farouches.

L’adaptation en bande dessinée du roman de Lian Hearn.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Je n’ai malheureusement pas encore lu le roman original de Lian Hearn (Tales of the Otoriqui se décline en cinq volumes: Across the Nightingale Floor (2002), Grass for His Pillow (2003), Brilliance of the Moon (2004), The Harsh Cry of the Heron (2006), Heaven’s Net is Wide (2007), plus les prequels Shikanoko (4 vol., 2017) et Children of the Otori (2 vol., 2020)). C’est cependant sur ma liste de lecture (quoi que lire l’adaptation BD pourrait représenter la voie paresseuse…). J’ai toujours cru qu’il s’agissait d’un roman historique mais c’est en fait un récit de fantasy historique qui se déroule dans un Japon féodal imaginaire.

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T. 1, Page 15

Le Japon de la seconde moitié du XVIe siècle est en proie d’une guerre civile qui oppose trois clans: les Tohan à l’Est (dirigé par Iida Sadamu), les Seishuu à l’Ouest (dirigé par Dame Maruyama) et les Otori au centre. Ces derniers ne possèdent plus que le Nord car, après la défaite de la bataille de Yaegahara, le Sud a été cédé aux Noguchi, vassaux des Tohan. On retrouve également les “Invisibles” (un groupe de pacifistes [des chrétiens] qui se cache dans les montagnes et est persécuté par les Tohan) et la “Tribu” (une caste de ninja aux pouvoirs surnaturels). Lorsque son village est incendié par le seigneur Tohan, Tomasu est recueilli par Otori Shigeru qui l’adopte et le renomme Takeo. Peu à peu celui-ci se découvre des “talents” spéciaux qui le révèle comme une membre de la Tribu. Shirakawa Kaede est une otage des Noguchi que Iida Sadamu désire marier à Shigeru pour établir une alliance entre les Otori et les Tohan. En fait, ce mariage n’est qu’un prétexte où se croiserons des complots d’assassination. Lorsque Takeo et Kaede se rencontrent, ils tombent amoureux…

C’est un récit complexe où l’on voit se développer les destins de Takeo et Kaede au travers diverses machinations politiques. C’est bien écrit et captivant. Toutefois, le dessin appartient à cette tendance récente qui offre un style brouillon et angulaire (comme Johann Sfar) que je déteste. Mais, bon, c’est un genre et on s’y habitue à la longue. L’adaptation m’apparait excellente et dans l’ensemble l’ouvrage nous offre une bonne et agréable lecture. C’est une intéressante façon de découvrir l’univers créé par Lian Hearn. Un deuxième tome est paru en octobre 2021.

Le clan des Otori #1: Le silence du rossignol, par Stéphane Melchior (texte, d’après l’oeuvre de Lian Hearn) et Benjamin Bachelier (dessin). Paris: Gallimard BD, mars 2021. 96 pages, 23.7 x 31,7 cm, 17.80 € / $C 22.99, ISBN 978-2-07-512334-1. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© Liam Hearn, 2002. © Gallimard 2021 pour la présente édition.

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Cartoon tradition

It is the tradition for my Christmas vacations to read and watch lots of cartoons. Sometimes I read again the complete collection of Astérix or of Tintin. And, at this time of the year, there’s plenty of cartoon on TV. This year, since I am already reading plenty of manga, I decided to go in the documentary way. I’ve found and watched two interesting documentaries about famous cartoon artists (and I read a book of each for good mesure).

Who are you, Charlie Brown?

WhoAreYouCharlieBrown-posterThis documentary, narrated by Lupita Nyong’o, is covering three subjects. First, it brings us a new animated story where Charlie Brown agonize on the fact that he must write an essay about himself for school and he goes on a quest of self-discovery. Also, with the help of old interviews with Charles M Schulz (aka “Sparky”) and some of his close friends and family members we learn about who was the creator of Peanuts and about the genesis of the comics. Finally, fans, actors and other creators discuss the influence the comics had on them and on the global culture. 

The documentary is interesting and also very entertaining, but also a little short and somewhat superficial. We see some early drawings of the Peanuts’ gang (a comic strip called Lil’ Folks) but it never mentions his other comic series, like Young Pillars (which I commented in 2015) or It’s Only a Game. It also doesn’t mention the fact that Schulz’ house was burned down during the Santa Rosa’s fire in October 2017. Fortunately, the nearby Charles M. Schulz Museum and Research Center, where the original illustrations are stored, was spared.  Nevertheless, this documentary is a great way to celebrate the cultural icon that Charlie Brown is and introduce him to a new generation of comic readers.

Who are you, Charlie Brown? : USA, 2021, 54 min.; Dir.: Michael Bonfiglio; Scr.: Michael Bonfiglio & Marcella Steingart; Ed.: Tim K. Smith; Music: Jeff Morrow; Rated PG. It has received a score of 88% on Rotten Tomatoes (91% from the audience) and 7.2/10 on IMDb. stars-3-5

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AppleGoogleIMDbWikipedia ]

NiceShotSnoopy-covOf course, after viewing this documentary I was feeling like reading some old Charlie Brown comics. I chose a short one and got lost in nostalgia. When I was a kid, having outgrown the school library, I was making regular trips to one of the city’s libraries to borrow Peanuts’ compilations (the library was located on top of an old fire-station and it reeked of gaz and engine’ oil — for years after that the idea of a library was evoking in me a mix of awe and nauseous feelings!)

This book offers a selection of cartoons from the compilation The Way of the fussbudget is not easy, vol. III. Part of the Peanuts Coronet collection (#79), it was meant to provide a shorter and more affordable sampling of the Peanuts’ world. It present a single four-panel strip per page. The volume doesn’t have a particular thematic and I don’t know if the strips are in chronological order. It is simply a variety of stories involving all characters (Snoopy and Woodstock, Linus and Lucy, Peppermint Patty and Marcie, Schroeder, Pig-Pen, Spike, and, of course, Sally and Charlie Brown). It is a light reading that provides mindless vintage entertainment.

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Page 24-25

Nice shot, Snoopy!, by Charles M Schulz. New York: Fawcett Crest (Ballantine Books/Random House), May 1988. 128 pages, 4.25 x 7 in., $US 2.95 / $C 3.95, ISBN 0-449-21404-4. For readership of all ages. stars-3-0

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© 1983, 1984 by United Feature Syndicate, Inc

Capsules

Dear Mr. Watterson

DearMrWatterson-posterThis is an older documentary but I just discovered it. It explores the phenomenon that is the comic strip Calvin and Hobbes, interview lots of people (fans, actor Seth Green, editor Lee Salem and other artists) who pay tribute to its popularity and talk about how it influenced them and the global culture. It also talks a little about its creator, Bill Watterson, who NEVER appears in the documentary (apparently he is a very shy and private person). 

It is a very interesting documentary and it reminded me of all the reasons why Calvin and Hobbes was my favourite comic strip. Unfortunately, I was quite disappointed that I couldn’t learn more about its creator (although I can understand why someone who’s such a purist about his art would shy away fame and a fortune in licensing). However, the documentary also talk about the cartoon world in general and, if I couldn’t see Mr. Watterson, I could hear from many of the artists who created other strips that I like a lot too: Berkeley Breathed (Bloom County), Stephan Pastis (Pearls Before Swine), Jan Eliot (Stone Soup), Bill Amend (FoxTrot), Wiley Miller (Non Sequitur), Dan Piraro (Bizarro), etc. It was definitively worth watching.

Dear Mr. Watterson : USA, 2013, 89 min.; Dir.: Joel Allen Schroeder; Phot.: Andrew Waruszewski; Ed.: Joel Allen Schroeder; Music: Mike Boggs; Prod.: Chris Browne & Matt McUsic; Rated PG. It has received a score of 62% on Rotten Tomatoes (51% from the audience), 54% on Metacritic and 6.4/10 on IMDb. stars-3-0

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EssentialCalvinAndHobbes-covAgain, watching this documentary made me want to read the comic again. I have a little less than a dozen compilations and I chose to read the one that I thought would be the most representative: The Essential Calvin and Hobbes, which includes all strips from the first two compilations (Calvin and Hobbes and Something Under the Bed Is Drooling). In this strip we enviously follow the (mis)adventures of an over-imaginative boy with his pet (stuffed?) tiger. It is superbly drawn in a simple, clean but descriptive style. The humour is brilliant. It is both entertaining and full of meaning. A must read.

The Essential Calvin and Hobbes, by Bill Watterson. Kansas City: Andrews & McMeel (Universal Press Syndicate), March 1989. 256 pages, 8.5 x 10.7 in., $US $18.99 / $C 37.99, ISBN 0-8362-1805-1. For teenage readership (12+). stars-4-0

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© 1988 by Universal Press Syndicate.

Capsules

 

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Histoire de la Science Fiction en BD

HistoireDeLaSFenBD-covTout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la science-fiction ! Découvrez la première bande dessinée documentaire retraçant l’histoire de la science-fiction, narrée par un spécialiste du genre. Plus qu’un simple historique, il s’agit d’une véritable réflexion autour du genre, un panorama riche en anecdotes et en surprises. Qui a écrit le premier récit de science-fiction ? Comment est née la science-fiction américaine ? Quels livres faut-il lire pour tout savoir sur la conquête spatiale ? Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?”

“Aujourd’hui, la science-fiction est présente partout, plus seulement en littérature, mais aussi au cinéma, dans les jeux vidéo et même dans la vie quotidienne. Qui a inventé le mot science-fiction ? Et le mot robot ? Qui sont les grands auteurs du genre ? Quels livres indispensables faut-il avoir lus ? Un spécialiste répond à toutes les questions dans ce livre de référence, raconté en bande dessinée. Tout apprenti lecteur pourra désormais s’y retrouver dans la jungle des créateurs visionnaires qui, d’Asimov à Zelazny, ont compté dans l’histoire de la science-fiction. Préface de Pierre Bordage.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

La bande dessinée peut aisément devenir un medium éducatif. J’ai déjà mentionné par exemple qu’au Japon il y avait une tradition de manga éducatif pour enseigner l’histoire entre autre (ceux-ci sont rarement traduit mais Bayard à tout même publié la série L’Histoire en Manga). On retrouve aussi beaucoup de biographies en BD, comme celle de P.K. Dick ou de Brigitte Bardot. Alors pourquoi pas une BD sur l’histoire de la science fiction ? On nous présente ici les origines de la SF (Homère? Lucien de Samosate? Cyrano de Bergerac? Thomas More? Swift? Shelley?), les classiques (Jules Vernes, H.G. Wells), l’importance des magazines Pulps dans le développement du genre, les débuts de la SF française et du merveilleux scientifique (Flammarion, Rosny Ainé, Barjavel, etc.), l’Âge d’Or de la SF américaines (Asimov, Heinlein, van Vogt, Sturgeon, Vance, Blish, Bradbury, Brackett, Leiber, Anderson, Simak, Pohl, Sheckley…), l’Angleterre et la New Wave (Moorcock, Stapledon, Huxley, Orwell, Clarke, Tolkien…), l’Alternative Américaine (Matheson, Vonnegut, Dick, Herbert, Silverberg, Ellison…), la SF américaine féminine (Merril, Moore, Le Guin, Russ, Sargent…), le Cyberpunk (Gibson, Dozois, Vinge…), la SF française moderne (Wul, Moebius, Druillet, Verlanger, Brussolo, Wintrebert, Léourier…) et la SF d’ailleurs (Kepler, Lang, Lem, Tolstoï, Strougatski, Salgari, Aldani, McDonald, Marin, Garcia Marquez, Tezuka, Komatsu, Sansal…).

Ce n’est certes pas exhaustif mais l’ouvrage couvre BEAUCOUP de terrain. C’est tout de même assez bien illustré mais surtout très bien écrit car on utilise toutes sortes de petits trucs très astucieux pour garder captivant un sujet qui, on ne s’en cache pas, pourrait être un peu aride et ennuyeux par moment. On nous transporte dans l’espace et dans le temps, ressuscite des auteurs pour qu’ils nous parlent d’eux même, de leur collègues, ou pour qu’ils argumentent entre eux, et le tout est entre-coupé d’encarts informatifs et de suggestions de lectures. Je ne me suis pas ennuyé un seul instant et, ma foi, j’en redemandais. L’ouvrage aurait pu s’étendre en discutant des sous-genres, des thématiques, parler de plus d’auteurs, introduire plus de titre, etc., mais bon, ce n’est pas une encyclopédie mais une introduction alors il faut bien se restreindre! 

C’est le parfait ouvrage pour introduire la science fiction (tant littéraire que médiatisée) à un lecteur qui n’en a jamais lu et, si vous êtes déjà un amateur du genre, vous vous rappellerez nostalgiquement des lectures passées et même découvrirez des nouveaux auteurs ou titres que vous ignoriez jusqu’alors! C’est une lecture agréable et très instructive. Donc un ouvrage essentiel pour toute personne qui s’intéresse de près ou de loin aux littératures de l’imaginaire…

Histoire de… en bande dessinée: La Science Fiction, par Xavier Dollo & Djibril Morissette-Phan. Los Angeles: Éditions Critic / Les Humanoïdes Associés, novembre 2020. 216 pages, 19,8 x 26,7 cm, 22,00 € / $C 37.95, ISBN 9782731676006. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-4-0

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© 2020 Humanoids, Inc.

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Capsule reviews [002.021.353]

More movie capsule reviews

Free State of Jones

During the Civil War some people from Jones County in Mississippi got tired to be regularly fleeced by the confederate army. So a bunch of farmers and escaped slaves decided to fight back and, since they couldn’t get help from the North either, they created their own independent country. In parallel we follow a descendant of the main character who, eighty-five years later, is on trial for intermarrying while being one-eight black! An historical movie that just shows us things never change. An interesting movie to watch now as the Republicans try to roll back the African American right to vote. It is certainly a difficult subject and that’s probably why it was not well received by the viewers and didn’t make any money (they recovered just about half of the production cost!). Personally, I quite enjoyed it: despite the controversial subject it manages to remain entertaining, as there is a good deal of action, it is interesting because it is based on a true story and it is beautifully filmed. What more could I asked? It’s on Netflix, so give it a try!

FreeStateOfJonesFree State of Jones : USA, 2016, 140 min.; Dir./Scr.: Gary Ross (based on the books The Free State of Jones by Victoria E. Bynum and The State of Jones by Sally Jenkins and John Stauffer); Phot.: Benoît Delhomme; Ed.: Pamela Martin & Juliette Welfling; Music: Nicholas Britell; Cast: Matthew McConaughey (Newton Knight), Gugu Mbatha-Raw, Mahershala Ali, and Keri Russell; Rated 14A. It has received a score of 48% on Rotten Tomatoes (64% from the audience), 53% on Metacritic and 6.9/10 on IMDb. stars-3-5

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Finch

This is quite an interesting post-apocalyptic movie. The survivor of a solar flare that devastated earth build a robot to take care of his dog when he will be gone — he suffers from radiation sickness since the flare destroyed the ozone layer and earth is bathed in cosmic rays. Because there’s a huge storm coming he must leave his refuge and decide to travel to San Francisco. Through the journey we learn a little more about his past and how the human civilisation was destroyed. However he has little time left to train the robot and teach him concepts like caring and trust. It feels like a prequel to Simak’s novel, City, where a robot and some talking dogs are overseeing a post-human civilization. As the robot is like a little kid, this is a kind of coming of age story. It is surprising how much a single actor (well, it’s Tom Hanks after all), a CGI robot and a dog can be entertaining ! 

FinchFinch : USA, 2021, 115 min.; Dir.: Miguel Sapochnik; Scr.: Craig Luck & Ivor Powell; Phot.: Jo Willems; Ed.: Tim Porter; Music: Gustavo Santaolalla; Cast:Tom Hanks and Caleb Landry Jones (motion-captured Jeff); Rated PG. It has received a score of 73% on Rotten Tomatoes (66% from the audience), 57% on Metacritic and 6.9/10 on IMDb. stars-3-0

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News of the world

More Tom Hanks. A former Confederate officer, who has nothing left to go back to, is traveling from town to town reading newspapers to the busy locals for a meagre fee. During his travels he finds a young girl of German origin who was kidnapped and raised by Native American and now speaks only Kiowa. He brings her to the local outpost of the Bureau of Indian Affairs so she can be repatriated to Castroville where she has surviving relatives, but the army — too busy trying to maintain law and order — cannot take care of her. Reluctantly, he decides to undertake the four hundred miles journey on his own. After facing many dangers he succeeds in his mission, only to realize that her relatives would only use her as a labourer on their farm wasting her great potential… It could be just a cute adventure movie if it was not loaded with civil rights implications (the relocation of Native Americans in Indian Territory) and set in such a gritty and harsh environment. I didn’t realize that Texas was such a dry place. It is a western full of action, but also rich in thought provoking concepts which highlights a very interesting period of American history: the Reconstruction era. The peace took a long time to come back particularly in frontier area like Texas. It makes of this movie a fascinating story (unfortunately it didn’t make any money, recovering only a third of its production cost… A shame!). 

NewsOfTheWorldNews of the world : USA, 2020, 118 min.; Dir.: Paul Greengrass; Scr.: Paul Greengrass & Luke Davies (based on the novel by Paulette Jiles); Phot.: Dariusz Wolski; Ed.: William Goldenberg; Music: James Newton Howard; Cast:Tom Hanks (Captain Jefferson Kyle Kidd), Helena Zengel (Johanna Leonberger / Cicada), Elizabeth Marvel (Ella Gannett); Rated PG. It has received a score of 88% on Rotten Tomatoes (89% from the audience), 73% on Metacritic and 6.8/10 on IMDb. *** stars-3-0

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The summit of the gods

This is a French animated movie that adapts one of Jiro Taniguchi’s masterpieces: Kamigami no Itadaki (神々の山嶺) — the seinen manga was originally serialized in Business Jump monthly magazine from 2000 to 2003 and compiled in five volumes by Shueisha; it was published in France by Kana in 2004 under the titled “Le sommet des dieux” and in English by Fanfare/Ponent Mon in 2007. It was also adapted into a Japanese live-action film directed by Hideyuki Hirayama. 

It tells the story of photojournalist Makoto Fukamachi who, while covering a failed attempt to climb the Everest in Kathmandu, hears that Mallory’s camera has been found. If true this would change the history of mountain-climbing if someone had a definitive proof that Mallory’s expedition had been the first (or not) to reach the summit. Fukamachi thinks that the man in possession of the camera is Jôji Habu, a Japanese mountaineer that has not been seen for years. Back in Japan, he starts investigating Habu, researching archives and interviewing some of his old colleagues and friends. Through his investigation — which has become an obsession — we learn more about who is this Habu. Fukamachi finally catches up to him in the Himalayas as he is preparing to climb the Everest southwest face in winter and without oxygen ! He proposes him to cover his expedition and slowly earns his friendship and trust. What mountaineers seek is the thrill of the journey and achieving the goal, sometimes forgetting about their safety or even the necessity of a return trip…

It is a beautiful story, full of action and suspense, that constitute an ode to mountaineering. As far as I can tell, it seems quite faithful to the manga. The animation is really splendid and is quite a tribute to Taniguchi’s superb artwork. A must-see !

SummitOfTheGodsThe summit of the gods : France / Luxembourg, 2021, 90 min.; Dir.: Patrick Imbert; Scr.: Patrick Imbert, Magali Pouzol & Jean-Charles Ostorero (based on the manga by Jiro Taniguchi and the 1998 novel by Baku Yumemakura); Dir. Art.: David Coquard-Dassault; Ed.: Benjamin Massoubre & Camillelvis Théry; Music: Amine Bouhafa; Prod.: Folivari & Mélusine; Voice Cast:Damien Boisseau (Fukamachi), Lazare Herson-Macarel (young Habu), Eric Herson-Macarel (old Habu), Kylian Rehlinger (Kishi), Philippe Vincent (editor in chief), Gautier Battoue (young Inoue), Jérôme Keen (old Inoue), Elisabeth Ventura (Ryoko), François Dunoyer (Ang Tsering), Luc Bernard (Ito), Marc Arnaud (Hase), Cédric Dumond (Nima); Rated PG. It has received a score of 100% on Rotten Tomatoes (86% from the audience), 78% on Metacritic and 7.5/10 on IMDb. stars-4-0

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Capsules

Dune: Part One

The House Atreides receives as a new fief from the Padishah Emperor Shaddam Corrino IV the planet Arrakis. It was previously under the rule of their arch-enemy, the House Harkonnen, and is the only source of the most precious substance in the universe, the Spice, as it is essential to the Spacing Guild Navigators. It expands consciousness, giving them the prescience needed for interstellar travel. However, it is a poisonous gift. House Atreides has become too powerful and the Emperor seeks to destroy them. Unassuming young Paul Atreides, the only son to the Duke, must leave his beloved Caladan for the dangerous desert planet. After an assassination attempt, the betrayal of his family by the Imperial House and the invasion of his new home by the cruel Harkonnen, he must flee with his mother into the desert and seek refuge among its native population, the Fremen. Against all rules of her Order, Paul has been trained by his mother in the Bene Gesserit way which gives him an hidden advantage. Quickly, the young boy will have to become a man and step into a prophetized future…

As far as I can remember the novel, the movie seems to be faithful to the original story. It seems to be the best adaptation of the novel so far. Some aspects were changed or removed to better suit a cinematic narration but the original spirit of the book is all there. None of those changes bother me. It was quite a powerful book and the movie is even more powerful as it offer strong imagery and soundtrack. The action is good. The cast is well chosen (Zendaya as Chani is perfect!). My only complaint is… where and when is the rest of the story !!! I can’t wait for the release of the second part. Unfortunately I don’t think there’s any planning for going further than the first book… A must-see if you like great sci-fi or are a fan of the novel.

Dune-2021-posterDune: Part One : USA, 2021, 156 min.; Dir.: Denis Villeneuve; Scr.: Denis Villeneuve, Jon Spaihts & Eric Roth (based on the novel by Frank Herbert); Phot.: Greig Fraser; Ed.: Joe Walker; Music: Hans Zimmer; Prod.: Legendary Pictures; Cast:Timothée Chalamet (Paul Atreides), Rebecca Ferguson (Lady Jessica), Oscar Isaac (Duke Leto Atreides), Josh Brolin (weapon master Gurney Halleck), Stellan Skarsgård (Baron Vladimir Harkonnen), Dave Bautista (Rabban), Stephen McKinley Henderson (Mentat Thufir Hawat), Zendaya (Chani), David Dastmalchian (Mentat Piter De Vries), Chang Chen (Suk doctor Wellington Yueh), Sharon Duncan-Brewster (Imperial ecologist Dr. Liet-Kynes), Charlotte Rampling (Reverend Mother Gaius Helen Mohiam), Jason Momoa (swordmaster Duncan Idaho), and Javier Bardem (Fremen leader Stilgar).; Rated 13+. It has received a score of 83% on Rotten Tomatoes (90% from the audience), 74% on Metacritic and 8.2/10 on IMDb. stars-4-0

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Capsule reviews [002.021.347]

Movie capsule reviews

The life ahead

A movie with Sophia Loren based on a novel by Emile Ajar about a young troubled Nigerian boy taken in by a retired prostitute who survived the nazi dead camps. The original story was set in Paris, but for the purpose of this movie they moved it to the city of Bari in Italy. The director is the son of Sophia Loren and Carlo Ponti Sr. The same story was also adapted by Moshé Mizrahi in a 1977 movie titled Madame Rosa and starring Simone Signoret. It is a beautiful but slow movie (like most European film). It is amazing that Loren can still perform so well in her eighties!

TheLifeAhead-posterThe Life Ahead (La vita davanti a sé): Italy, 2020, 95 min.; Dir.: Edoardo Ponti; Scr.: Edoardo Ponti & Ugo Chiti (baed on the novel La vie devant soi  by Emile Ajar (Romain Gary); Phot.: Angus Hudson; Ed.: Jacopo Quadri; Music: Gabriel Yared; Cast: Sophia Loren (Madame Rosa), Ibrahima Gueye (Momo), Abril Zamora (Lola), Renato Carpentieri (Dr. Coen), Babak Karimi (Hamil), Massimiliano Rossi (drug dealer); Rated PG. It has received a score of 92% on Rotten Tomatoes (76% from the audience), 66% on Metacritic and 6.8/10 on IMDb. stars-3-0

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The Dig

This movie gives us a romantic adaptation of the true story of the discovery of what would become the king tut of Britain… In 1939, as WW2 looms, a Suffolk landowner hires a local amateur archaeologist to investigate a series of tumuli that reveal to be an Anglo-Saxon ship burial dating from the 6th or 7th century, belonging possibly to King Rædwald of East Anglia. It is now known as the ship burial of Sutton Hoo and constitute what is probably the greatest treasure ever discovered in the United Kingdom. The story is interesting because it shows that countryside archaeology is nothing simple or glamorous as it reveals all the gritty details of the endeavour. The movie is not entirely accurate as it has diminished the importance of Peggy Piggott (played by Lily James), changed the age of some characters and eliminated the people (Mercie Lack, Barbara Wagstaff and O.G.S. Crawford) who documented the dig with photography to replace them by one single fictional character, Rory Lomax, in order to simplify the story and add a romantic interest for the main character. It remains entertaining and quite educational as it teach viewers about an important discovery.

TheDig-posterThe Dig : UK / USA, 2021, 112 min.; Dir.: Simon Stone; Scr.: Moira Buffini (based on the novel by John Preston); Phot.: Mike Eley; Ed.: Jon Harris; Music: Stefan Gregory; Cast: Carey Mulligan (Edith Pretty), Ralph Fiennes (Basil Brown), Lily James (Peggy Piggott), Johnny Flynn (Rory Lomax), Ben Chaplin, Ken Stott, Archie Barnes, and Monica Dolan.; Rated PG-13. It has received a score of 88% on Rotten Tomatoes (78% from the audience), 73% on Metacritic and 7.1/10 on IMDb. stars-3-0

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Once upon a time… in Hollywood

Another very good Tarantino movie, full of stars, drama, suspense and, of course, violence. We follow an has-been western actor (Rick Dalton played by DiCaprio) and his buddy stunt-double (Cliff Booth played by Pitt) as they keep criss-closing path with their neighbours, the Polanski/Tate couple, and a group of hippies. The fateful night when they all meet is approaching… Tarantino uses a couple of fictional characters to weave a complex storyline that skillfully mixes comedy with drama and tell the nostalgic story of a film industry that is about to move from its fading Golden age to a new era. It is a compelling movie that is both entertaining and edifying as it is full of interesting cultural references. And I never saw the twist of the end coming !

OnceUponATimeInHollywoodOnce upon a time in Hollywood : USA / UK / China, 2019, 161 min.; Dir./Scr.: Quentin Tarantino; Phot.: Robert Richardson; Ed.: Fred Raskin; Cast:  Leonardo DiCaprio (Dalton), Brad Pitt (Booth), Margot Robbie (Sharon Tate), Rafał Zawierucha (Roman Polanski), Damon Herriman (Manson), Mike Moh (Bruce Lee), Damian Lewis (Steve McQueen); Rated 14A. It has received a score of 85% on Rotten Tomatoes (70% from the audience), 83% on Metacritic and 7.6/10 on IMDb. stars-3-5

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Yawara, vol. 2

Yawara-2-cov“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline.  Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse (originalement publié entre 1987 et 1993) de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. J’ai récemment commenté le premier volume mais, comme j’ai de la difficulté à mettre la main sur les volumes dans l’ordre à la bibliothèque, je dois commenter chaque volume un à un. 

Yawara-2-p009

Vol. 2, page 9

Matsuda, journaliste au Daily Every Sport, a peut être manquer le scoop que Jigoro Inokuma sera le prochain coach de Sayaka Honami mais il a convaincu Yawara de participer à un match d’exhibition de Judo. Son grand-père, qui a refusé la proposition de devenir le coach de Honami, pense qu’il a enfin mise sa petite-fille sur la voie de la compétition mais en fait Yawara a un plan: elle veut perdre ce match délibérément pour faire en sorte que la déception de cette défaite la fasse oublier des journalistes et qu’elle puisse mener la vie d’une jeune fille comme les autres, simplement faite d’amour, de shopping et de cuisine. Elle doit rencontrer la championne en titre, Yuki Tôdô, qui n’est malheureusement pas à la hauteur et Yawara à même de la difficulté à perdre. Toutefois, lorsqu’elle aperçoit sa mère dans la foule, elle est distraite et fait par réflexe un ippon-seoi-nage qui envoi son adversaire voltiger au sol si rapidement qu’elle en perd connaissance! Yawara prends la fuite pour éviter les journalistes…

Yawara entreprend de coacher les club de judo de son école. Pendant ce temps son grand-père organise pour elle une véritable compétition télévisée contre nulle autre que… Sayaka Honami! Yawara n’a pas l’intention de participer mais Matsuda demande Kazamatsuri de la convaincre. Le fait que son propre coach tourne autour de Yawara motive encore plus Sayaka. Elle se rend donc à l’école de Yawara pour la mettre au défi et Yawara accepte ! Dans ce volume, nous en apprenons un peu plus sur les parents de Yawara. Son père était en voie de devenir un champion de judo mais un jour il disparait mystérieusement et depuis sa mère passe la majorité de son temps à le chercher partout autour du monde — ce qui fait que Yawara a surtout été élevé par son grand-père…

Yawara offre un récit bien ficelé, drôle, captivant et qui se lit très bien. L’histoire mélange sport et comédie romantique avec tout les imbroglios et malentendus qui caractérisent le genre. Le style est plutôt classique avec un trait clair et précis mais qui mélange d’une façon un peu espiègle des caractéristiques typiques tant du shōnen (scènes d’action pleine de “ligne de vitesse”) que du shōjo (arrière-plan floral, baisé manqué). Aussi typique pour l’époque de ce manga, on retrouve beaucoup de scène de “fan service” (scènes de douche ou en sous-vêtements mais aussi des dessins aguichants de Yawara sur les premières pages de chapitres) dont le but est de plaire aux lecteurs adolescents en alimentant leurs fantasmes. Cet aspect, et le fait que deux personnages adultes montrent de l’attirance pour une adolescente de quinze ans, semble beaucoup irriter le lectorat féminin français. Il faut bien comprendre qu’à l’époque où ce manga a été écrit la société japonaise était encore très traditionnelle (c’est-à-dire patriarcale et où la place de la femme était d’être soumise et où les gens se mariaient jeunes). Plutôt que de s’offusquer du passé, on devrait surtout s’étonner et se réjouir qu’un manga de la fin des années ’80 et du début des années ’90 offre aux lectrices une héroïne forte et sportive qui, tout en restant coquette, peut leur service de modèle !

Au-delà de toute controverse, Yawara est un très bon manga qui offre une lecture agréable. Vivement la suite !

Yawara t. 2, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana, novembre 2020. 314 pages, B&W (8 pages en bichromie), 14.8 x 21 cm, 15.00 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8496-9, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2013 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2020 pour l’édition française. 

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Cixin Liu Graphic Novels #1-3

Vol. 1: Sea of Dreams

Cixin-SeaOfDream-cov“An annual ice sculpture festival draws the attention of an extraterrestrial visitor, who learns how to create such art and decides to use local resources to sculpt a piece in a gesture of goodwill. All the water in the ocean is sent to the stratosphere, where the ice sculptor uses splendid techniques to create crystal dominoes scattered by a giant of the cosmos. In the world of the ice sculptor, art is the sole reason for civilization’s existence. After the ice sculptor creates the pinnacle of beauty, but also brings forth devastation and disaster, humanity decides during Earth’s last breaths to fight for their survival.

The first of sixteen new graphic novels from Liu Cixin and Talos Press, Sea of Dreams is an epic tale of the future that all science fiction fans will enjoy.”

[Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

Cixin Liu Graphic Novels #1: Sea of Dreams, by Rodolfo Santullo (writer) & JOK (Illustrator). New York: Tales Press (Imprint of Skyhorse Publishing), June 2021. 96 pages, 7 x 10 in., $US 17.99 / $C 24.99, ISBN 978-1-945863-67-7. For Teen readership (12+). 

Vol. 2: The Wandering Earth

Cixin-WanderingEarth-cov“The life-bringing sun is on track to have a catastrophic helium flash within the next four hundred years, which would wipe the Earth from the universe entirely. To survive, humanity constructs massive engines on Earth that keep running nonstop, gradually taking Earth out of the Sun’s orbit. Braking, escaping, and hostile living conditions wear down humanity’s hope. People who believe that civilization has already been destroyed form a rebel faction, carrying out a ruthless execution of those who still believe that the Sun will undergo a helium flash.

The second of sixteen new graphic novels from Liu Cixin and Talos Press, The Wandering Earth is an epic tale of the future that all science fiction fans will enjoy.”

[Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

Cixin Liu Graphic Novels #2: The Wandering Earth, by Christophe Bec (writer) & Stefano Raffaele (illustrator). New York: Tales Press (Imprint of Skyhorse Publishing), September 2021. 128 pages, 7 x 10 in., $US 17.99 / $C 24.99, ISBN 978-1-945863-65-3. For Teen readership (12+). 

Vol. 3: The Village Teacher

Cixin-VillageTeacher-cov“In the depths of mountains shrouded with ignorance and superstition, a man dedicates his life to igniting a passion for science and culture in children’s hearts. As his life draws to an end, he uses his dying breaths to impart knowledge on others. Fifty thousand lightyears away, in the depths of outer space, an interstellar war that has lasted for twenty thousand years draws to an end. In order to preserve the Milky Way’s many civilizations, the victor begins to exterminate lower-level life forms. When they reach Earth, they pose a test. The eighteen children deep in the mountains use the last lesson their teacher taught them to shine bright the hope of civilization…

The third of sixteen new graphic novels from Liu Cixin and Talos Press, The Village Teacher is an epic tale that all science fiction fans will enjoy.”

[Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

Cixin Liu Graphic Novels #3: The Village Teacher, by Zhang Xiaoyu. New York: Tales Press (Imprint of Skyhorse Publishing), September 2021. 108 pages, 7 x 10 in., $US 17.99 / $C 24.99, ISBN 978-1-945863-69-1. For Teen readership (12+).

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I have read two of Liu Cixin’s book (The Wandering Earth and The Three-Body Problem). He is certainly the best known Chinese science-fiction writer and has received many awards (Hugo, Locus, Seiun, Arthur C. Clarke and the Chinese Galaxy and Nebula). As an engineer he writes mostly hard science stories but his writing is also very imaginative and interesting. I am looking forward to reading more of his stories and, of course, the easy (or lazy) way is to read comic book adaptations instead. Luckily for me, Talos Press has started releasing a series of sixteen adaptations of Liu Cixin’s short fiction work. Three has already been published and a fourth one is due in January 2022 (Yuanyuan’s Bubbles).

Sea of Dreams (梦之海 / Mèng zhī hǎi) is based on a story published in the Chinese monthly magazine Science Fiction World (科幻世界 / Kehuan Shijie) in 2002. An interstellar artist is inspired by an ice sculptor on Earth but his work of art threaten the whole planet! It is a cute story but the art of the adaptation doesn’t appeal much to me. stars-3-0

The Wandering Earth (流浪地球 / Liúlàng dìqiú) is based on a story published in the Chinese monthly magazine Science Fiction World in 2000. The sun is about to burst into a red giant threatening to destroy the earth. Instead of build generation ships and save a few, the humanity decide to transform earth itself into a spaceship and save everybody (or almost). This is a real epic spanning several millennia and the adaptation succeeds very well to tell that complex story. And I really like the art: it is realist, smooth and with well balanced colouring. It is definitely my favourite book. stars-4-0

The Village Teacher is based on a story (乡村教师 / Xiāngcūn jiàoshī / lit. “The rural teacher”) published in the Chinese monthly magazine Science Fiction World in 2001. In order to defend themselves against an invasion of silicon-based creature, the carbon-based lifeforms of the Milky Way decide to create an isolation zone five hundred light years wide in the middle of spiral arm one by destroying almost all stars and therefore preventing the enemy from using them to leapfrog from a stellar system to another. They’ll be confined to the outer reaches of the galaxy and never be a threat again. However, they must quickly test each planet before destroying their sun to safeguard all star system with level 3C civilizations. Meanwhile on Earth, in a very rural region of China, a dying country teacher is doing his best to spread knowledge despite the opposition of some of the villagers. Will his students know enough to save Earth? This story emphasize the importance of a good education… A nice story with a moral. This time the artist, Zhang Xiaoyu, is Chinese and, if the art is not totally to my taste, its realism has some charms. stars-3-5

Three graphic novel adaptations that provide a nice reading and can introduce the reader to the works of Liu Cixin. It is worth having a look. I can’t wait to see the fourth volume…

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© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd.

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Ma famille et autres animaux

MaFamilleEtAutreAnimaux-cov“À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Lawrence Durrell, futur auteur du Quatuor d’Alexandrie, fuit l’hiver anglais avec sa mère, sa sœur Margo, cœur d’artichaut, ses frères Leslie, autoritaire chasseur en herbe, et «Gerry», éminent zoologiste d’une douzaine d’années. Ils s’installent à Corfou, jardin d’Éden au beau milieu de la mer Ionienne. Là, le benjamin de la tribu part à la conquête de son île et de sa grouillante faune. Les souvenirs qu’il a conservés de cette époque enchanteresse ont donné naissance à des mémoires en trois volumes, adoubés par des générations de lecteurs, adultes et enfants confondus.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

À la mort de son époux à Dalhousie, en Inde, en 1928, Louisa Durrell décide de déménager sa famille en Angleterre, à Bournemouth (Dorset), en 1932. Mais la famille y est misérable et à l’instigation de l’aîné — qui suggère qu’un climat tempéré serait plus agréable — elle déménage à nouveau toute la famille à Corfou en 1935: Lawrence (Larry, vingt-trois ans et écrivain en herbe), Leslie (dix-huit ans, dont l’intérêt se limite à la chasse et aux armes à feux), Margaret (Margo, seize ans et égocentrique, qui s’intéresse surtout aux garçons) et le cadet Gerald (Gerry, dix ans, qui ne s’intéresse qu’aux animaux). Ils seront aidé dans leur aventures par le chauffeur de taxi exubérant Spýros Hakaiópoulos et le médecin, naturaliste et traducteur Theódoros (Théo) Stefanídis. 

Comme je l’ai déjà mentionné dans mon commentaire sur Justine, ce qui m’a d’abord fait m’intéresser à la famille des Durrells c’est la série télé de la ITV Les Durrells à Corfou (The Durrells). Intrigué, j’ai donc d’abord lu Justine (la première partie du Quatuor d’Alexandrie) un roman écrit pas l’aîné de la famille, Lawrence Durrell. Toutefois, le cadet de la famille, Gérald, a également écrit plusieurs ouvrages sur son travail de naturaliste et de conservationniste (il a pour ainsi dire réinventé le concept moderne du zoo) mais il est surtout connu pour sa “Trilogie de Corfou” (Ma famille et autres animaux publié en 1956, Oiseaux, bêtes et grande personnes publié en 1969 et Le jardin des dieux publié en 1978) qui relate avec beaucoup d’humour le séjour de la famille en Grèce et a inspiré la série télé.  

Ainsi Jerry nous raconte l’aventure pleine de rebondissements de sa famille à Corfou en s’attardant évidemment sur ses expéditions et ses observations de naturaliste en herbe. C’est très bien écrit (même si, au dire de son épouse, son orthographe était hilarant) et cela se lit très bien. C’est un ouvrage très agréable à lire et surtout très amusant. Je recommande chaudement si vous voulez passer un bon moment, assurément si vous aimez la nature et absolument si vous avez vu et apprécié la série télé.

Ma famille et autres animaux, par Gérald Durrell. Paris: Éditions de la Table Ronde, avril 2014. 400 pages, 12.5 x 19.5 cm, 14,00 € / $C 26.95, ISBN 978-2-7103-7076-5. Pour un lectorat jeunesse (12+). stars-3-5

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© Gerald Durrell, 1956. © Éditions de La Table Ronde pour l’édition française et la traduction révisée.

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The Outsider

TheOutsider-cov“Ce manga en un seul volume offre une expérience saisissante : la redécouverte de trois grands classiques de la littérature de la fin du siècle dernier, interprétés par un mangaka au trait unique et inspiré : Gou Tanabe. The Outsider, de H.P. Lovecraft, ouvre le bal de ce triptyque envoûtant avec le récit glaçant d’un individu prisonnier d’un bien étrange château… Suivent ensuite La maison à la mezzanine, de Chekhov et 26 men and a girl, de Gorki. Enfin, une sublime histoire de fantôme japonais, Ju-Ga, vient clore cette oeuvre à réserver aux amateurs de sueurs froides… Les amoureux de beau trait, lecteurs de manga ou de BD franco belge, ne désavoueront pas ce one-shot somptueux, surprenant croisement entre culture occidentale et culture orientale. Un titre pour un large public !”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

The Outsider (アウトサイダー) est un manga Seinen composé de courts récits illustrés par Gou Tanabe (田邊剛) qui ont été sérialisé dans le magazine Monthly Comic Beam de Enterbrain entre 2002 et 2005 avant d’être compilées en un volume en juin 2007. Ce recueil a été traduit en français chez Glénat (il semble d’ailleurs que tous les éditeurs de manga s’arrangent pour avoir au moins un titre de Tanabe!) et il contient quatre récits:

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Page 12

Dans The Outsider par H.P. Lovecraft, un mystérieux personnage vit seul dans une tour depuis aussi longtemps qu’il peut se remémorer. Las de la solitude de ses études, il réussit à s’en échapper et est attiré par les lumières d’un château voisin. Il espère y voir de ces humains chaleureux qu’il a vu dans ses livres. Mais quand ils l’apperçoivent, ils fuient tous avec horreur… sauf une créature hideuse et putride au fond de la salle. Il s’en approche et touche une surface lisse… un miroir ! Cette nouvelle emblématique de Lovecraft (intitulé “Je suis d’ailleurs” en français) a été écrite en 1921 et publié dans le numéro d’avril 1926 de Weird Tales. L’adaptation de Tanabe (アウトサイダー / aoutosaida / “Outsider”; 24 pages) a d’abord été publiée dans le numéro d’avril 2004 de Monthly Comic Beam. stars-3-5

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Page 45

Dans La Maison à Mezzanine par Anton Pavlovich Tchekhov, un jeune peintre timide habite à la campagne et tombe amoureux d’une jeune voisine. Toutefois, il a une querelle politique avec sa soeur et, comme celle-ci désapprouve de leur relation, elle force sa cadette à quitter la maison. Par dépit, le peintre retourne donc à Saint-Petersbourg. Des années plus tard, il se demande où elle est et espère la revoir un jour… Une belle nouvelle de Tchekhov (“Дом с мезонином” / Dom s mezoninom) qui a été publié en avril 1896 dans la revue Russkaya Mysl (La Pensée russe). L’adaptation de Tanabe (中二階のある家 / Chūnikai no aru ie / “Une maison avec mezzanine“; 26 pages) a d’abord été publiée dans le numéro de mars 2004 de Monthly Comic Beam. stars-3-0

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Page 78

Dans Vingt-six gars et une fille par Maxime Gorki, vingt-six hommes sont prisonniers dans un sous-sol où ils travaillent toute la journée à faire du pain. Leur seul réconfort est la visite quotidienne d’une jeune servante qui vient chercher du pain. Un nouveau boulanger, un ex-soldat qui se vante tout le temps de ses exploits auprès des femmes, vient les voir de temps en temps. Irrité de ces vantardises, un des prisonniers le met au défi de séduire la jeune Tanya. Et lorsqu’il réussit, ils blâment celle-ci et elle ne revint jamais plus les voir. Cette nouvelle de Gorki sur les idéaux perdus (“Двадцать шесть и одна” / Dvadtsat shest i odna) a été publié en 1899 et constitue l’un des premiers récits de réalisme social. L’adaptation de Tanabe (二十六人の男とー人の少女 / Nijūrokunin no otoko to ̄ hito no shōjo / “Vingt-six hommes et une fille”; 32 pages) a d’abord été publiée dans le numéro d’octobre 2002 de Monthly Comic Beam. stars-2-0

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Page 135

Dans Ju-ga, pendant l’ère Kyōhō et dans une contrée ravagée par la famine, le moine Gibon Gensho utilise l’encre et son pinceau pour combattre les esprits malfaisants et les enfermer dans le parchemin… Cette histoire de fantôme japonais est un récit original par Gou Tanabe (呪画 / ju-ga / lit. “Malédiction”; 120 pages) qui a été publié en cinq parties dans les numéros de février et octobre 2004, ainsi que mars, août et novembre 2005 de Monthly Comic Beam. stars-4-0

Tanabe semble très intéressé à l’adaptation de classiques littéraires, que ce soit Lovecraft ou des auteurs russes (la littérature russe est d’ailleurs suffisamment sombre et sobre pour être considérée sur le seuil de l’horreur!). Plus tard, en 2015, il publiera un autre recueil, cette fois en collaboration avec l’auteur Carib Song (aka Caribu Marley), intitulé Saudade (サウダージ) et qui adapte des récits de Lafcadio Hearn, Franz Kafka et Akira Tsuzu. Toutefois, il est évident que sa thématique de prédilection dans le choix de ses textes reste toujours l’horreur. Ici, il fait un intéressant travail d’adaptation mais malheureusement la littérature russe m’a toujours ennuyé… C’est pourquoi je préfère de beaucoup son adaptation de Lovecraft et sa propre histoire.

Avec Kasane (累 / lit. “Cumul”?; publié en deux volumes chez Enterbrain en 2007 et traduit en français chez Kana) ce recueil est l’une des premières publications de Tanabe et représente donc une époque où son art n’avait pas encore atteint toute sa maturité. Le style laisse donc un peu à désirer, particulièrement dans le cas de “Vingt-six gars et une fille” qui est l’oeuvre la plus ancienne du recueil. On retrouve d’ailleurs deux autres oeuvres de Tanabe antérieures à ses excellentes adaptations de Lovecraft: Genius Loci (ゲニウス・ロキ, publié en 2011 chez Tokuma Shoten, non traduit) et Mr. Nobody (un polar d’abord sérialisé dans Comic Ryū en 2012-2014, puis publié en trois volumes chez Tokuma Shoten, et qui a été traduit en français chez Bamboo / Doki Doki).

The Outsider est un manga somme toute inégal mais qui nous offre tout de même une bonne lecture et qui permet de découvrir les premières oeuvres de Gou Tanabe. C’est le manga le moins intéressant que j’ai lu de lui jusqu’à maintenant mais cela reste à lire si vous aimez l’horreur ou êtes un grand amateur de cet artiste.

The outsider, par Gou Tanabe. Grenoble: Glénat (Seinen manga), janvier 2009. 224 pages, 14.7 x 21 cm, $C 15.95, ISBN 978-2-7234-6636-3, Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

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© 2007 Gou Tanabe • © 2009, Éditions Glénat.

 

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The Hound and Other Stories

TheHoundTanabe-cov“A pair of decadent young men pursue the abhorrent thrill of grave robbing . . . A German submarines crew is driven mad by the call of an underwater temple . . . An explorer in the Arabian Desert discovers a hideous city older than mankind. This moody and evocative manga gets back to the dark foundations of the Cthulhu mythos, adapting three of H. P. Lovecrafts original stories that first shaped the outlines of cosmic horror!”

[Text from the publisher’s website and from the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

H.P. Lovecraft’s The Hound and other stories (魔犬 ラヴクラフト傑作集 / Maken Lovecraft Kessakushuu / lit. “Demon Dog Lovecraft Masterpiece Collection”) is a Seinen manga by Gou Tanabe adapting horror stories by H.P. Lovecraft. It was first serialized in Enterbrain’s Comic Beam and Kadokawa’s online Comic Walker magazines before being compiled into a volume by Kadokawa in August 2014. This is the first of Tanabe’s famous adaptations of Lovecraft stories to be translated in English (Dark Horse also published At the mountain of madness in 2019) and, strangely, one that has not yet been translated in French in the Ki-oon prestigious collection which already includes six titles (which I have already commented on this blog).

It includes three stories:

TheHound-Temple-p009In “The Temple”, the lone survivor of a stranded German U-Boat is writing about their discovery of an hellenic-style temple beneath the sea which is calling to them… It was written by Lovecraft in 1920 and published in Weird Tales #24 in September 1925. Tanabe published his adaptation (「神殿」/ Shinden / “Temple”; 64 pages) in the March and April 2009 issues of Comic Beam. As usual, Tanabe adaptation is quite faithful — beside the fact that he moved the timeline from WW1 to WW2.

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In “The Hound”, two young bored gentlemen who are seeking more and more gruesome esoteric experiences (like reading John Dee’s translation of The Necronomicon!) embark on a grave robing expedition that will make them the target of an infernal beast ! It was written by Lovecraft in September 1922 and published in the February 1924 issue of Weird Tales it is the first time he mentions the forbidden book written by the mad Arab Abdul Alhazred. Tanabe published his adaptation (「魔犬」/ Maken / “Demon Dog”; 60 pages) in the July 2014 online issue of Comic Walker.

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In “The Nameless City”, an explorer discovers an ancient mythic city in the Arabian desert. He enters a cave that brings him down to coffins filled by palaeogean reptilian corpses and frescoes telling of a vanished civilization. Then there are doors opened on a bright light: he finds himself outside, elsewhere, where there are living creatures! Luckily, the doors close… It was written by Lovecraft in January 1921 and published in the November 1921 issue of The Wolverine — it is the first time he mentions the Cthulhu Mythos. Tanabe published his adaptation (「名もなき都」/ Namo naki miyako / “Nameless City”; 32 pages) in the August 2014 online issue of Comic Walker.

Tanabe superbly adapts Lovecraft’s stories with a fluid storytelling and a very dark, detailed and imaginative artwork. This manga offers a good and pleasant reading that constitutes an interesting introduction to the world of H.P. Lovecraft. Highly recommanded.

H.P. Lovecraft’s The Hound and other stories, by Gou Tanabe. Milwaukie: Dark Horse Comics, July 2017. 184 pages, 5 x 7.125 in., $US 14.99 / $C 17.50, ISBN 978-1-50670-312-1. For a teenage readership (14+). stars-3-5

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© 2014 Gou TANABE. All rights reserved. English-language edition & all other material © 2017 Dark Horse Comics.

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