The Wheel of Time GN #3: The Eye of the World

WheelOfTimeComic-3-Cov“Created with the cooperation of the Jordan estate, adapted by well-known comics writer Chuck Dixon and illustrated by the talented Chase Conley, The Eye of the World: The Graphic Novel has been hailed as an exciting interpretation of Robert Jordan’s classic fantasy novel. It features brilliant interior art by Marcio Fiorito and Francis Nuguit, and stunning covers by Jeremy Saliba and Seamus Gallagher.

Rand; his friends Mat, Perrin, and Egwene; the Aes Sedai Moiraine and her Warder, Lan Mandragoran; Thom the gleeman and Nynaeve, the village Wisdom, split into three groups while trying to escape the ancient, dead city of Shadar Logoth, where they are pursued by the deadly Mashadar. A disastrous river crossing leaves Perrin and Egwene on their own—until they meet a mysterious stranger who claims that he and Perrin share a remarkable ability. Meanwhile, Rand and Mat pose as Thom’s apprentices as they sail downriver on a cargo ship.”  [Text from the publisher’s website]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

The graphic novel adaptation of Wheels of Time TV series on Amazon Prime Video (and, above all, of Robert Jordan’s fantasy novels series) continues with a third volume (I have already commented on volumes one and two). The troops of trollocs that are pursuing them are getting dangerously close, so Moiraine Sedai reluctantly decides to take refuge in the abandoned city of Aridhol where terrible things happened and terrible things are still hiding — so much so that even the trollocs fear the place, now known as Shadar Logoth, the place where the shadow waits. The curiosity of Mat having awakened the Mashadar, they have to flee again in the middle of the night, chased by both the deadly shadows and the trollocs. In their escape, the group get separated: Rand, Mat and Thom end up on the Spray, a trading ship bound for Whitebridge, while Moiraine, Lan and Nynaeve take the road, whereas Perrin and Egwene cut through the forest, where they encounter Elyas and his pack of wolves, and, later, a band of peace-loving Tinkers. The boys make it to Whitebridge, but have to quickly leave when a Myrddraal surprises them and probably kills Thom…

The comic summarizes the story of the novel very well (as it is much more faithful to the novels than the TV series) but the art is really terrible. As it changes artist with every volume, the quality is inconstant. The second volume was an improvement on the first, but this one is the worse. The story is interesting, but the ugly art is a distraction. I thought the comic would be a good way to avoid reading the lengthy novel series (while waiting for the next season of the TV adaptation), but, considering how a tedious reading it is, I am not so sure. I am not very enthusiastic with the idea of continuing reading this comic series and I cannot really recommend it.

The Wheel of Time GN #3: The Eye of the World, by Chuck Dixon (Based on the novel by Robert Jordan) with Marco Fiorito and Francis Nuguit (Illustrators). New York: Tor Books, Avril 2023. 176 pages, 6 5/8 x 10 1/8 in., US $21.99 / CAN $28.99, ISBN 978-1-250-90002-9. For a teenage readership (12+). stars-2-5

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Les migrants du temps (Liu Cixin 15)

Cixin-15-MigrantDuTemps-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, qui imaginent les futurs possibles de l’humanité.

Rongé par la pollution et la surpopulation, l’humanité se résout à la migration dans le temps. 80 millions d’humains sont envoyés dans le futur, espérant que la Terre de demain aura pu se régénérer. Les caissons de cryogénisation ne peuvent gérer que 4 réveils et la durée maximum du voyage, du sommeil, est de 1200 ans maximum. Comment va évoluer l’humanité ? Trouveront-ils un nouvel éden ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

 J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) j’ai poursuivi ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité), cinq (La perfection du cercle), six (Proies et Prédateurs), sept (L’Attraction de la foudre), huit (Brouillage intégral), neuf et dix (La Terre transpercée et L’Ère des anges) ainsi que le onze (Au-delà des montagnes), le douze (Le calcul du papillon), le treize (L’Humanité invisible) et le quatorze (L’Océan des rêves). Les Migrants du temps est le quinzième et dernier volume de la série.

Cixin-15-MigrantDuTemps-p11

T. 15, p. 11

Cet album adapte la nouvelle 时间移民 (Shíjiān yímín / lit. “Migration temporelle”, 18 pages) publiée en décembre 2014 dans l’anthologie du même titre chez Jiangsu Phoenix. La planète étant devenue invivable à cause de la pollution et de la surpopulation, l’humanité tente de survivre en envoyant quatre-vingts millions de jeunes migrants dans le futur grâce à un procédé de cryogénisation. Toutefois, après chacun des sauts dans le futur, ils trouvent des conditions peu hospitalières: après un siècle, ils découvrent un monde en pleine guerre, après un autre cinq-cents ans ils sont rejetés par une humanité qui les considère comme trop primitifs, et après un autre mille ans ils rencontrent une population hostile qui vit principalement dans le virtuel. Comme il ne leur reste plus qu’un seul saut possible, ils tentent le tout pour le tout avec un bond de dix mille ans! Il ne reste plus trace de l’humanité, mais la terre est redevenue un paradis! Ils pourront donc redémarrer à zéro une nouvelle civilisation…

Le récit de Sylvain Runberg (qui avait déjà adapté les tomes quatre et dix) est fluide et plutôt intéressant. Quant au dessin de Serge Pelle, un peu anguleux, il dépeint agréablement les ruines futures de la planète. C’est une très bonne histoire qui conclut bien cette série d’adaptation des univers de Liu Cixin. À lire pour les amateurs de science-fiction.

Les migrants du temps (Les Futurs de Liu Cixin, #15), par Sylvain Runberg (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin) et Serge Pelle (illustration et couleurs). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), septembre 2023. 72 pages, 21.7 x 29.8 cm, 17.95 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03802-3. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© 2022 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2023 Éditions Delcourt pour la présente édition.

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Le Voyage de Shuna

VoyageDeShuna-cov“Shuna, prince d’une contrée pauvre, regarde, impuissant, ses sujets souffrir de la faim et se tuer à la tâche. Comment faire pousser les céréales que leur terre, stérile, leur refuse ? Un beau jour, un voyageur évoque une graine dorée miraculeuse, qui fait onduler les plaines en longues vagues fertiles. Elle proviendrait d’un pays lointain, à l’ouest, peuplé d’esprits hostiles à l’homme – dont nul n’est jamais revenu.

En dépit des soupirs des anciens et des larmes de son père, Shuna se lance vers cet Eldorado sur son fidèle yakkuru, dans l’espoir d’y trouver de quoi sauver son peuple. En chemin, il libère une jeune esclave, Thea, et sa petite sœur, retenues prisonnières par des trafiquants d’hommes. Poursuivi par leurs ennemis, Shuna confie les deux filles à son yakkuru, qui file avec elles vers le Nord tandis qu’il continue seul, à pied, vers l’ouest. Quand il atteint enfin la terre des êtres divins, ce qu’il y voit le changera à jamais.

Thea reverra-t-elle Shuna ? Et le jeune prince au cœur d’or ramènera-t-il la précieuse céréale ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgacheurs)

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P. 13

Le Voyage de Shuna (シュナの旅 / Shuna no Tabi) est un manga shōnen par Hayao Miyazaki qui est d’abord paru en feuilleton dans le magazine Animage en 1982 avant d’être publié en un seul volume dans un petit format (Bunko) de la collection AM Juju chez Tokuma Shoten en juin 1983. Il est surprenant qu’il soit resté inédit hors Japon pendant quarante ans avant d’être publié en anglais chez First Second en 2022 et en français chez Sarbacane en 2023.  Il ne s’agit pas d’un manga à proprement parler, mais plutôt d’un conte, une histoire illustrée (emonogatari) composée de larges panneaux à l’aquarelle appuyés par un texte narratif très concis. Le récit est inspiré d’un conte folklorique tibétain (Zhi Jia, Jianbing Sun) dont le titre japonais est 犬になった王子, チペットの民話 (Inu ni natta ōji, chipetto no minwa / “Le prince qui s’est transformé en chien, un conte populaire tibétain”), mais dont le titre original serait 「青稞(チンコウ)種子的来歴」 (“Histoire des graines de Chinkou”). Toutefois, la genèse du Voyage de Shuna a grandement été marquée par deux productions sur lesquelles Miyazaki travaillait à la même époque: le récit est influencé par le Cycle de Terremer d’Ursula K. Le Guin (mais Miyazaki n’en obtiendra les droits qu’une vingtaine d’années plus tard et le film Gedo senki sera réalisé par son fils Gorō) alors que l’aspect visuel offre beaucoup d’éléments communs au monde de Nausicaä de la Vallée du Vent (dont le manga paraîtra dans Animage entre février 1982 et mars 1994, avec une adaptation animée sortie en mars 1984).

Prince d’une vallée venteuse et froide dont le sol stérile ne fournit qu’une maigre moisson d’Hiwabé suffisant à peine pour que le peuple survive pauvrement, Shuna fait un jour la rencontre d’un homme qui lui parle, avant de mourir, d’une contrée lointaine, à l’ouest, où pousse une céréale qui donne de grosses graines dorées (sans doute de l’orge). Curieux, il enfourche son yakkuru et s’élance en quête de cette contrée fertile. Il rencontre d’abord un désert corrompu, puis une tribu cannibale, des villages abandonnés avant de parvenir à une large ville fortifiée où le principal commerce semble être le trafic d’esclaves. Les étals de marchands offrent également une grande quantité de graines dorées, mais elles ont été écossées et ne peuvent donc pas servir à faire des semis. Après avoir sauvé de la captivité deux jeunes esclaves, Thea et sa sœur, il fuit à l’ouest jusqu’à ce qu’il rencontre le territoire des Êtres Divins. Les deux jeunes filles décident alors de chercher refuge vers le nord alors que Shuna s’enfonce dans l’inconnu. Il réussira à voler une poignée de graines fertiles, mais au terrible prix de sa raison. Thea le retrouve errant, en loques, muet, l’esprit vidé. Elle le soigne pendant une année et tente de faire pousser les graines pour les démultiplier. Il finit par redevenir lui-même et, ayant obtenue une bonne récolte de graines, par prendre le chemin de sa vallée natale.

Malgré les ressemblances avec certains autres ouvrages de Miyazaki, l’allégorie prométhéenne qu’il nous propose ici est essentiellement sociopolitique. Il ne faut pas oublier que Miyazaki a été communiste et il décrie/t donc dans ce récit l’exploitation de la masse ouvrière qui, dénaturée et réduite à une forme d’esclave, se tue à la tâche en échange d’une nourriture stérile. Ainsi Shuna libère Thea de l’esclavage et redonne à son peuple sa liberté et son indépendance alimentaire. Ses autres récits similaires, comme Nausicäa ou Princesse Mononoke, ont une connotation moins politique et beaucoup plus écologique. Malgré cette allégorie qui imprègne le récit, cela reste un beau conte qui est très intéressant et agréable à lire. Toutefois, ce qui donne toute son excellence à l’ouvrage est sans aucun doute les sublimes illustrations à l’aquarelle de Miyazaki qui sont souvent pleine page ou même double page. Juste pour cela, c’est un ouvrage qu’il faut absolument lire et chérir. C’est tellement beau que j’ai lu tant la version anglaise que française. stars-5-0

Le Voyage de Shuna, par Hayao Miyazaki (traduction par Léopold Dahan). Paris: Sarbacane, novembre 2023. 160 pages, 16 × 22,7 cm, 25 € / $48.95 Can, ISBN 9791040804444. Pour un lectorat jeune (7+).

Shuna’s Journey, by Hayao Miyazaki (translation by Alex Dudok de Wit). New York: First Second (imprint of Roaring Brook Press / Holtzbrinck Publishing), November 2022. 160 pages, 16.25 x 22.25 cm, $27.99 US / $36.99 Can, ISBN 978-1-250-84652-5. For a readership of all age (7+).

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© 1983 Studio Ghibli. All right reserved. © 2023 Éditions Sarbacane pour l’édition française. ©2022 by Alex Dudok de Wit for the English translation.

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Yawara #13

Yawara-13-cov“L’oeuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. Il y a eut une réédition en format Kanzenban (“collector edition”) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publiée en français chez Big Kana. Il y a quinze volumes de paru jusqu’à maintenant (les deux suivants paraîtront en avril et juillet 2024). J’ai déjà commenté les premier, second, troisième, quatrième, cinquième, sixième, les septième et huitième, les neuvième, dixième, onzième ainsi que douzième volumes.  

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Vol. 13, p. 4

Un treizième volume sur vingt et l’histoire semble progresser plutôt lentement. Yawara commence à travailler à l’agence de voyage Tsurukame et rapidement réussi à faciliter un gros contrat qui pourrait rapporter à la firme 20 milliards de yens (environ 15 millions d’Euros). Le problème c’est que le client veut absolument que Yawara soit présente pour le voyage qui tombe en plein pendant le championnat national de judo au Budôkan où ses adversaires seraient Fujiko et Sayaka Honami ! Elle se rapproche de Shinnosuke et lui demande conseil mais celui-ci se retrouve en conflit d’intérêt puisqu’il vient d’être nommé à la tête de l’agence de voyage Honami principal rival de Tsurukame Travel ! Comment Yawara pourra-t-elle se sortir d’une situation aussi délicate ?

C’est comme toujours un assez bon manga qui est à la fois un shonen (par son récit sportif) et un shojo (du fait que c’est une comédie romantique). Le récit est fort bien écrit car il mélange savamment une histoire captivante rempli d’action avec des personnages attachants mais troublés par de cocasses imbroglio (amoureux ou autres). Le style de Urasawa est plutôt classique et simple mais est aussi assez beau et très efficace dans son expression de la narration. C’est donc une bonne lecture qui est agréable et amusante. Chaudement recommandé.

Yawara t. 13, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), juillet 2023. 322 pages, B&W (16 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8659-8. Sens de lecture originale. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

© 2014 Naoki Urasawa. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2023 pour l’édition française.  

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Les Saisons d’Ohgishima 3

SaisonsdOhgishima-3-cov“1868, Nagasaki, à la veille de la révolution de Meiji. Pris dans la tourmente qui agite leur pays, Tamao, Sakunosuke, Victor, Ganji, Kei, Momotoshi et Kojiro doivent tous faire face aux changements inexorables qui se profilent au rythme des saisons.

Après Le Dernier Envol du papillon et La Lanterne de Nyx, découvrez la dernière partie de la “trilogie de Nagasaki”, par Kan Takahama — lauréate du 24e Grand Prix Osamu Tezuka en 2020.” 

[Texte du site de l’éditeur et du rabat intérieur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Vol. 3, p 9

Les saisons d’Ohgishima (扇島歳時記 / Oogishima Saijiki / lit. “Registres saisonniers d’Ohgishima”) est un manga seinen par Kan Takahama qui a d’abord été prépublié dans les périodiques Torch et Comic Ran en 2019-2022 avant d’être compilé en volumes chez Leed Publishing (série complète de quatre tomes) en 2020-22. Il a été traduit en français chez Glénat en octobre 2022 (avec un deuxième tome paru en février 2023, un troisième en octobre 2023 et le dernier tome en avril 2024). Takahama est une mangaka au style particulier et qui est très populaire en France. Son sujet de prédilection est les relations amoureuses complexes et difficiles, mais elle s’est également intéressé au manga seinen historique, en particulier avec sa “Trilogie de Nagasaki” qui se déroule un peu avant et au tout début de l’ère Meiji (et dont j’ai déjà commenté les deux premières parties: Le Dernier envol du papillon et La lanterne de Nyx, ainsi que les premier et second volumes des Saisons d’Ohgishima).

Devant un futur incertain provoqué par la guerre civile et l’instauration d’un nouveau gouvernement à Nagasaki, les différents personnages du récit sont appréhensifs mais la vie suit son cours. L’unité de Kojiro suit un nouvel entraînement pour apprendre les techniques militaires occidentales mais il décide de se joindre aux combats qui font rage dans le nord. Momotoshi veut se lancer en affaires pour se faire valoir auprès de sa mère. Victor voudrait émanciper Tamao mais son père s’y oppose. Ganji souffre d’être secrètement un Kirishitan alors que ses camarades qui vivent leur foi ouvertement sont condamné à l’exil. Tamao commence à recevoir son éducation de courtisane

Les saisons d’Ohgishima est un très beau manga malgré le style un peu particulier de Kan Takahama (quoiqu’il s’améliore d’année en année — ou alors on apprends plus à l’apprécier). Les personnages sont attachants et il est captivant de suivre leurs activités quotidiennes. Il nous offre une agréable lecture qui est à la fois divertissante et instructive puisque ce manga nous fait découvrir une période mouvementé qui constitue sans aucun doute l’époque la plus intéressante de toute l’histoire japonaise. Il ne reste plus qu’un tome, déjà paru au Japon et qui paraîtra au début d’avril en France. J’ai bien hâte de voir comment cela va se terminer… À lire absolument surtout si vous êtes un fan de Takahama ou que l’histoire du Japon vous intéresse.

Kan Takahama s’est déjà lancé dans de nouveaux projets. Après avoir participé au collectif Découvrir Tokyo en manga (publié en 2020 chez Petit à Petit), elle adapte en manga le roman Une rose seule de Muriel Barbery (薔薇が咲くとき / Bara ga Saku Toki / Lit. “Quand les roses fleurissent”, sérialisé dans Torch et Ginza Mag en 2023 et qui sera publié simultanément chez Leed au Japon et chez un éditeur français en 2024). De plus, la trilogie de Nagasaki l’ayant amené à faire beaucoup de recherches sur les Kirishitan, elle débute un nouveau manga qui raconte l’histoire de Akira Tominaga, un acheteur d’or d’Amakusa qui entreprend une quête pour retrouver les trésors cachés des Kakure Kirishitan (獅子と牡丹 / Shishi to Botan / lit. “Le lion et la pivoine”, couramment en prépublication dans Torch). Vivement la parution (inévitable) en français!

Les saisons d’Ohgishima t.3,  par Kan Takahama (traduction par Yohan Leclerc). Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen, Roman Graphique), octobre 2023. 224 pages, 14.9 x 21.2 cm, 10.95 € / $18.95 Can, ISBN 978-2-344-05729-2. Pour un lectorat jeune adulte (16+). Extraits disponibles. stars-3-5

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© Kan Takahama. © 2023 Éditions Glénat pour la traduction française.

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Confidences d’une prostituée

ConfidencesDuneProstituée-cov“Naomi, ancienne femme de plaisir, en a vu passer des hommes… Aussi, aujourd’hui, quand la nuit tombe, elle aime conter les histoires de ses anciennes camarades d’infortunes. Dans un Japon en proie aux doutes et aux crises, en plein changements, suivez les vies tragiques de prostituées qui, trop souvent, ont été dupées par les hommes…

Chef d’œuvre caché de Takao Saitô, Confidences d’une prostituée est l’une de ses oeuvres les plus personnelles, qu’il a dessiné 1972, pour l’éditeur Kodansha. A travers elle, il rend hommage aux femmes qu’il rencontrait quand, à dix-huit ans, il a dû travailler dans le salon de coiffure de son père, qui se situait juste en face du « nouveau district d’Imazoto », quartier chaud d’Osaka. De ses propres mots, cette oeuvre est pour lui, comme une sobre « déclaration d’amour » adressée à ces femmes. A travers les différents récits qu’il nous propose, on découvre un Japon en proie à de nombreuses difficultés. Cynique, sans aucun doute, ce titre permet pourtant de découvrir une facette plus humaine du travail de son auteur. [Texte du site de l’éditeur]

Nuit après nuit, une femme conte dans l’intimité de son foyer le quotidien de prostituées d’une époque désormais révolue. Du nom de Naomi, cette ancienne dame de compagnie a été témoin de mille et une histoires, des plus tragiques aux plus cocasses, toutes teintées d’une lancinante mélancolie. Au fil de ses récits, elle dévoile les espoirs et les secrets de celles qui aspiraient à vivre avec dignité dans un Japon pris dans un tourbillon de changements.

Avec une sensibilité et une douceur extraordinaires, Takao Saitô livre à travers Confidences d’une prostituée une « sobre déclaration d’amour » aux femmes des quartiers des plaisirs. Publiée en 1972, cette œuvre résolument personnelle révèle un aspect jusque-là inédit de son immense bibliographie.“ [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Confidences d’une prostituée (娼婦ナオミ夜話 / Shōfu Naomi Yobanashi / lit. “Discussion nocturne avec la prostituée Naomi”) est un gekiga (quoiqu’on peut aussi le considéré comme un manga seinen) par Takao Saitô qui a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine hebdomadaire Gendai entre mars et décembre 1972 avant d’être compilé en un volume chez Kôdansha en 1973. Il a été republié chez Leed en septembre 1986 et en avril 2016 dans la collection Big Comics Special de Shôgakukan. Il a été publié en français dans la collection Héritage de Akata en octobre 2023. Takao Saitô est surtout connu pour ses mangas réalistes noirs d’action, particulièrement Golgo 13 (qui est considéré comme le manga le plus long). Ce manga intimiste et sensible a donc une place exceptionnelle dans son oeuvre.

L’histoire se déroule dans les années ’60 ou 70. À travers dix courts récits, la vieille dame Naomi, ancienne prostituée du faubourg Sawashima (à ne pas confondre avec Shinmachi, le quartier où les courtisanes (geishas) divertissaient la classe supérieure de la société), dans le quartier des plaisirs d’Osaka, raconte à divers interlocuteurs ce qu’était la vie des prostituées à la fin de l’ère Taishô, dans les années ’20, et au début de l’ère Showa (jusqu’à ce que la prostitution soit abolie au Japon en 1956).

Confidences d’une prostituée nous offre un récit dur et tragique mais aussi très humain et sensible. En recueillant ces histoires entendues dans le salon de coiffure de son père et en les transmettant au travers d’un manga, Takao Saitô préserve ainsi un témoignage précieux de la petite histoire du Japon d’avant-guerre. Ce propos fort intéressant est assez bien illustré par le style réaliste de Saitô qui s’apparente aux mangas dramatique pour adultes (gekiga, littéralement “dessins dramatiques“) traitant de sujets plus sombre et sérieux et  caractérisé par un style angulaire et cinématique, fait de hachures sombres et des lignes granuleuses. Un très bon manga qui mérite d’être lu surtout si l’histoire et la culture japonaise vous intéresse.

Confidences d’une prostituée, par Takao Saitô. Rancon: Akata (Coll. Héritage), octobre 2023. 340 pages, 14.7 x 21.0 cm, 16.99 € / 31,95 $ Can, ISBN 978-2-38212-248-8. Pour un lectorat jeune adulte (16+, sexe, nudité). Sens de lecture japonais (de droite à gauche). Extraits disponibles. stars-3-5

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© Takao Saitô, 2016. © S.A.S. Akata, 2023 pour l’édition française. All rights reserved.

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Revue de ‘zines [002.024.063]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Animeland #244 (Oct.-Déc. 2023)

AL-244Le magazine change encore une fois de formule. Ce numéro nous offre surtout des dossiers sur Akira (l’exposition, entrevue avec Toshiyuki Inoue (animateur), le film, le manga, portrait de Katsuhiro Otomo, entrevues avec Satoshi Takabatake (assistant) et Steve Oliff (coloriste), ses influences, traduction en France, produits dérivés), le cyberpunk (décodage d’un genre, entrevue avec Hiroyuki Ochi (Armitage III), les 8 apôtres: Masamune Shirow, A.D. Police/Bubblegum Crisis, Cyber City Oedo 808, Gunnm, Armitage III, Tsutomu Nihei Cyber-Biopunk, Eden, Project.hack/GU), La science-fiction made in France (de la Planète Sauvage à Mars Express) et Hommage à Buichi Terasawa (Cobra, Goku, Takeru, Gundragon).

Dans “Wishlist” on commente pèle-mêle une profusion de parutions de mangas, animés et produits dérivés: je remarque surtout, en manga, 2001 Nights Stories (Yukinobu Hoshino chez Glénat), Arion (Yasuhiro Yoshikazu chez naBan), L’Habitant de l’infini (Hiroaki Samura chez Sakka), Mars (Fuyumi Soryo chez Panini), en vidéo, Gunbuster (All The Anime), Lupin III: Le Secret de Mamo (naBan), Orguss (Crunchyroll), et le livre Anime, Guide de l’animation japonaise: Les Pionniers de l’anime (1958-1969) par Andrea Baricordi chez Ynnis qui semble être une version française remaniée et abrégée du collectif italien (Baricordi, De Giovanni, Pietroni, Rossi & Tunesi) Anime: Guida al cinema d’animazione Giapponese dont j’avais moi-même publié une traduction anglaise en décembre 2000 [AmazonANN].

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Jeu Vidéo (Snatcher), Japon (Le harcèlement scolaire au Japon: ijime et hikkikomori), Parlons VF (Peut-on réparer un doublage raté?) et Humeur.

À lire pour tous fans d’anime. stars-4-0

Capsules

dBD #177   (Octobre 2023)

dBD-177Dans le cahier actualités on mentionne le Coffret Candy Flurry par Nippon Takegushi et Santa Mitarashi regroupant trois volumes de comédie confiserie chez Soleil, La revanche des bibliothécaires regroupant des comic strips du dessinateur de presse écossais Tom Gauld chez 2024, et Les carnets de l’Apothicaire, Enquêtes à la cour vol. 1 et 2 par Natsu Hyuga et Minori Kurata chez Mana.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Juanjo Guarnido (sur Blacksad T.7: Alors, tout tombe, seconde partie, avec Canales chez Dargaud). Les entrevues se poursuivent avec Jean-Luc Fromental (sur les vingt ans de Denoël Graphic), Philippe Richelle & Jean-Michel Beuriot (Amours fragiles T.9 chez Casterman), Lou Lubie (sur Comme un oiseau dans un bocal; Portrait de surdoué chez Delcourt), Brian & Mary M. Talbot (Grandville T.3: Bête noire chez Delirium) ainsi que Séverine Gauthier & Jérémie Almanza (sur Les Royaumes muets chez Oxymore, coll. Métamorphose).

Côté manga, on retrouve un article sur Tatsuki Fujimoto (Fire Punch, Chainsaw Man, Anthologies 17-21 et 22-26, Adieu Eri, Look Back) et “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Shadow Ring T.1 (Kaiji Nakagawa, chez Ki-oon), Le bateau-usine T.1 (Shinjiro & Shigemitsu Harada, chez Dupuis-Véga), Marriage Toxin (Mizuki Yoda & Joumyaku, chez Crunchyroll), Yokai Wars T.1 (Misakix Yumisaki, chez Mana), Blue Giant Explorer T.1 (Shinichi Ishizuka, chez Glénat), L’Habitant de l’infini: Bakumatsu T.1 (Ksiji Nakagawa & Ryu Suenobu, chez Casterman), Mynoghra: Annonciateur de l’apocalypse T.1 (Fehu Kazuno & Yasaiko Midorihana, chez Delcourt/Tonkam), et The summer Hikaru died (Mokumokuren, chez Pika).

Dans le Cahier Critique je note Le gros chat et la sorcière grincheuse T.1 par Hiro Kashiwaba, chez Doki-Doki (Super!; “dessin riche, élégant et léché”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #178   (Novembre 2023)

dBD-178Dans le cahier actualités on mentionne la parution de 2001 Nights Stories un manga par Yokinobu Hoshino qui regroupe dix-neuf récits de SF (2 vols, chez Glénat), du numéro de Métal Hurlant Hors-Série #1 consacré à Ah! Nana (l’anthologie de BD produite uniquement par des femmes comme Chantal Montellier, Florence Cestac ou Nicole Claveloux), et Litchi Hikari Club Collaboration par Usamaru Furuya et Yama Wayama (une bible composée d’histoires courtes et d’illustrations, chez IMHO).

À la une de ce numéro on retrouve un dossier sur Hayao Miyazaki et son oeuvre (à l’occasion de la sortie en salle du film Le Garçon et le Héron et de la parution chez Sarbacane du manga Voyage de Shuna). Côté manga on retrouve également un article sur Crying Freeman par Kazuo Koike et Ryoichi Ikegami (chez Glénat). Dans “Ça vaut le détour“ on mentionne la parution de Tokyo Élégie par Mizumaru Anzai chez IMHO. Finalement, “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Isekai Munchkin T.1 (par Yuu Shimizu & Makoto Aogiri chez Delcourt/Tonkam), La Théorie du K.O.: Bienvenue à Bajara (par Mathieu Reynès chez Véga), Magical Cheat: Sorcière dans un autre monde (par Aloha Cachou & Shin Haruhara chez Soleil), The World of Summoning T.1 (par Yuuki Kodama chez Pika), Gene Bride T.1 (par Hitomi Takano chez Glénat), Star Wars Rebels T.1 (par Mitsuru Aoki chez Nobi Nobi) et Miss Hoshino mène l’enquête! T.1 (par Natsumi Ito chez Piccoma Europe).

On retrouve également des entrevues avec Laurent-Frédéric Bollée (sur la parution de quatre albums: Les Illuminés, avec Dytar chez Delcourt, Lapérouse 64, avec Le roux et Bizzarri chez Glénat, Il m’a volé ma vie, avec DiBattista chez Glénat et Lady S t.16, avec Aymond chez Dupuis), Guillaume Musso & Miles Hyman (sur La Vie secret des écrivains chez Calmann-Lévy Graphic), Étienne  Davodeau (sur Loire chez Futuropolis), Alessandro Tota (sur L’Illusion magnifique t.1 chez Gallimard) et Nob (sur Une journée au Louvre, chez Delcourt-Le Louvre).

Dans le Cahier Critique je note Une aventure de Blake et Mortimer à New York: L’art de la guerre par Bocquet,  Fromental et Floc’h chez Dargaud (Top!) et Les évaporés par Isao Moutte chez Sarbacane (Super).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

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Claudine

Claudine-covThe classic LGBT+ story by the creative master of Rose of Versailles! Born as “Claudine” in a female-assigned body that doesn’t reflect the man inside, this heart-wrenching story follows Claudine through life, pain, and the love of several women. Master shoujo mangaka Riyoko Ikeda explores gender and sexuality in early twentieth century France in this powerful tale about identity, culture, and self-acceptance.” 

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

Claudine (クローディーヌ…! / Kurōdīnu…!) is a shōjo manga by Riyoko Ikeda that was first serialized in the weekly magazine Margaret (#4/5 & 6, January 1978) before being compiled in a single volume by Shueisha in May 1978. It was reprinted by Fairbell Comics in 2006. An English version was published by Seven Seas in 2018. It is one of the only two works by Ikeda to have been translated in English (with The Rose of Versailles which was published by Udon Entertainment).  It is a minor work by Ikeda (which is mostly known for historical saga like Versailles no bara [1972, 14 vol.], Orpheus no Mado [1975, 18 vol.], Jotei Ecatherina [1982, 5 vol.], Eikou no Napoleon – Eroica [1986, 14 vol.], or Porando Hishi Ten no Hate Made [1990, 3 vol.]) but is remarkable in the fact that it’s one the earliest manga about transgender identity.

Claudine was born as a female in an aristocratic French family in the early 20th century. As early as eight year-old, he identifies a a boy, so his parents make him see a psychiatrist (which is the narrator of the story). He develops relationships with several women (a servant, a librarian, a dancer) but it never works out and two of them even had affairs with his father or brother. Such stories can only end in despair and tragedy.

Claudine offers a provocative subject, a compelling story but is mostly interesting because of Ikeda’s beautiful and innovative shōjo style of drawing. What makes it even more precious is the fact that it is one of her rare works to be available in translation. A must read if you are a fan of shōjo manga or of Riyoko Ikeda.

Claudine by Riyoko Ikeda, Los Angeles: Seven Seas Entertainment, June 2018. 104 pages, 5.75 x 8.25 in., $13.99 US / $16.99 Can. ISBN 978-1-626928-91-6. For Teen readership (13+). Reads from right to left. stars-4-0

For more information you can check the following websites:

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© Ikeda Riyoko Production, 1978. All rights reserved.

[ Traduire ]

Très cher frère…

“Drame humain sensible, passionné et élégant, Très cher frère… est l’un des chefs-d’œuvre de Riyoko Ikeda. Cette série à l’esthétisme léché, écrite à la suite de La Rose de Versailles, nous entraîne dans un monde dominé par les violentes passions de jeunes filles en quête d’amour et de reconnaissance.

Misonoo Nanako fait son entrée à la prestigieuse école pour filles Seiran. Elle est admise, contre tout attente, dans un cercle privé réunissant les filles les plus belles et les plus riches du lycée. Ce club très fermé est dirigé par l’une des plus irréprochables élèves de l’établissement : Ichinomiya Fukiko, dite Mlle Miya. Nanako, tiraillée entre ses camarades qui la jalousent et l’ambiance idyllique qui règne au club, est bouleversée, mais elle trouve du réconfort en écrivant à un étudiant qu’elle a rencontré quelques mois auparavant et qu’elle considère comme le grand frère qu’elle n’a jamais eu.”  [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Très cher frère… (おにいさまへ… / Oniisama e…) est un manga shōjo par Riyoko Ikeda qui a d’abord été publié en feuilletons dans le périodique hebdomadaire Margaret (#12 à 39, 1974) avant d’être compilé en trois volumes chez Shueisha en août 1975. Il a été re-publié en deux volumes chez Chuokoron Shinsha en 1994 et 2002, puis en un seul volume chez Fairbell en 2006. C’est cette dernière édition qui a été publiée en français chez Asuka en 2009 et Kazé en 2013. Il a également été adapté en une version animée de trente-neuf épisodes produite par Tezuka Productions sous la direction de Osamu Dezaki (disponible en version sous-titrée anglaise sur RetroCrush). C’est l’un des deux seuls titres de Riyoko Ikeda (avec La Rose de Versailles) a avoir été traduit en français.

Ce manga nous raconte l’histoire de Nanako Misonoo, une adolescente de seize ans qui entre au lycée (école secondaire) prestigieux de Seiran. Contre toute attente elle est choisie comme membre de la Sororité, un club social conçu pour divertir et promouvoir l’élite de l’école (inspiré par les Sorority des universités américaines). Cela lui attire la jalousie et la haine des autres étudiantes qui ne la considèrent pas qualifiée. Elle se retrouve prise au centre d’un écheveau de relations affectives complexes où l’on retrouve surtout son amie d’enfance Tomoko, l’obsessive Mariko, les “Trois Magnifiques“ (la présidente de la Sororité Fukiko [aka Miya-sama] et les androgynes Kaoru [aka Prince Kaoru, sportive et maladive] et Rei [aka Saint-Just, la rebelle hantée et toxicomane], ainsi que les garçons Henmi et son meilleur ami Takashi. Nanako réussi à faire face à tous les potins et drames de la vie étudiante grâce à la correspondance qu’elle entretient avec Henmi, un jeune universitaire et professeur suppléant qu’elle a rencontré dans un cours du soir et qu’elle considère comme son “grand frère“. Malgré tout le drame qui entoure Nanako, le récit semble se diriger vers une fin heureuse… Toutefois, à la dernière page, le manga se termine sur une note tragique ! [Le récit de l’animé a été modifié afin d’offrir une fin véritablement heureuse]

Très cher frère… est donc un drame romantique qui traite avec brio de nombreux sujets difficiles, comme la cruauté inhérente des jeunes collégiennes, la fluidité des genres, le féminisme, les amours interdits, le divorce, le cancer, la disparité entre les classes sociales, l’intimidation, le suicide, le tout enrobé dans l’anxiété naturelle de l’adolescence !  Le récit, très poétique à sa façon, est propulsé par une narration majestueusement adepte qui prends tous son sens en étant soutenu et illustré merveilleusement par le style superbe et innovateur de Ikeda. 

J’ai déjà beaucoup parlé de la place importante du Groupe de  l’an 24 dans le manga lors de mon commentaire sur Le coeur de Thomas par Moto Hagio. De plus, la “Postface” du manga (pp. 462-63), par Josselin Moneyron (directeur éditorial de Kazé Manga en 2013), nous introduit très brièvement au Groupe de l’an 24 (notamment composé de Moto Hagio et Riyoko Ikeda) qui a redéfinit tous les codes du manga shōjo moderne. “À partir d’un style visuel qui rappelle le dessin de mode, elles construisent des planches à la mise en page éclatée, bien plus expressionniste  et symboliste que réaliste. (…) Les décors disparaissent pour laisser la place à des représentations des émotions ressenties qui bordent à l’abstraction. (…) Ikeda met en scène un monde d’âmes torturées, d’amours ambiguës, d’où transpire sa vision libertaire de l’existence. (…) elle représente ici une élite en pleine déliquescence, enfermée dans une univers “laid et froid“, et glorifie les personnages qui, en marge de ce modèle dominant et malgré leurs violentes névroses, essaient de vivres libres, d’aimer en paix.“ Écrit en 1975, juste après la parution de La Rose de Versailles, Très cher frère… apparait dans l’oeuvre de Ikeda comme le pendant féminin au Coeur de Thomas de Moto Hagio (publié à la même époque) qui présentait une intrigue romantique similaire mais se déroulant dans un pensionnat pour jeunes garçons. 

Très cher frère… est définitivement un chef d’oeuvre classique à lire absolument pour tout amateurs de manga shōjo. Malheureusement, ce titre est maintenant épuisé. On peut certes trouver des copies usagés sur eBay (à 140€ !) ou sur Amazon (à $347.33 !) mais c’est un peu cher pour mon budget. Toutefois, grâce à la magie du prêt entre bibliothèque (car la copie de la BANQ a été perdue), j’ai pu mettre la main sur une copie de la Bibliothèque Municipale de Lyon. Il reste à souhaiter que ce manga sera reprit par un nouvel éditeur pour le rendre accessible à une nouvelle génération de lecteurs. L’éditeur le plus probable pour une telle réédition serait sans aucun doute Akata, qui vient d’ailleurs d’annoncer au Festival d’Angoulême la publication de plusieurs manga dans sa Collection Héritage, notamment Le Coeur de Thomas (un manga shōjo par Moto Hagio à paraître en 2025) et 10 Billion Days and 100 Billion Nights (un manga shônen par Moto Hagio à paraître en janvier 2025).

Très cher frère…, par Riyoko Ikeda. Paris: Asuka Éditions, septembre 2009. 486 pages, ISBN 978-2-84965-626-6. Pour un lectorat adolescent (14+). Sens de lecture original (de droite à gauche).

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© Riyoko Ikeda, 2006. All rights reserved.

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Bōken Shōnen – Rêves d’enfance

BoukenShounen-cov“Dans nos rêves d’enfance, tout était possible. On était invincibles. Maintenant qu’on a grandi, cet esprit d’aventure doit bien exister encore, quelque part au fond de nous. 

À travers ces sept petits bijoux tendres et un peu étranges, découvrez l’étendue du talent de Mitsuru Adachi, peintre virtuose de la jeunesse sur laquelle il jette ici un regard en arrière empreint de nostalgie.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Bōken Shōnen: Rêves d’enfance (冒险少年 / Bôken shônen / lit. “garçon aventureux”) est un manga seinen par Mitsuru Adachi qui a été prépublié irrégulièrement dans Big Comic Spirits entre octobre 1998 et avril 2005, puis compilé en un volume chez Shôgakukan en 2006. Adachi est un mangaka surtout connu pour ses récits sportifs, notamment sur le baseball (Touch, H2).

Ce manga nous offre sept courts récits (“Derrière la porte” [扉のむこう / Tobira no mukou / lit. “Au-delà de la porte”, publié le 20/10/1998], “Le sentier perdu” [迷い道 / Mayoi michi / lit. “Chemin perdu”, 20/03/2000], “Le héros” [ヒーロー, 05/03/2001], “Home run sous un ciel bleu” [空色アーチ / Sorairo āchi / lit. “arche bleu ciel”, 05/07/2002], “Le message” [送信 / Sōshin / lit. “Envoyer”, 05/06/2003], “L’Escalier du temps” [時の階段 / Toki no kaidan, 05/06/2004], et “Le carnet de croquis” [スケッチブック / Suketchibukku, 20/04/2005]) qui racontent tous des histoires où un adulte se remémore avec nostalgie des moments de son enfance. Il se conclut sur un essai (“T’as pas bientôt fini?!”) par Buronson qui nous parle de l’auteur.

Cette anthologie présente des histoires assez mignonnes qui sont racontées avec brio de façon très concise (démontrant que Adachi maîtrise bien l’art de l’ellipse narrative) et illustrées dans un style classique charmant. Malgré que les récits soient un peu répétitifs, cela constitue un beau manga et une très bonne lecture.

Bōken Shōnen – Rêves d’enfance, par Mitsuru Adachi (Traduit par Yohan Leclerc). Vanves: nobi nobi ! (Coll. Genki), février 2023. 232 pages, 15 x 20.7 cm, 12.50 € / 20,95 $, ISBN 978-2-37349-844-8. Pour un lectorat adolescent (12+). Dans le sens de lecture japonais. Extraits disponibles. stars-3-5

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© 2014 Mitsuru Adachi. All rights reserved. © 2023 Pika Éditions / Nobi Nobi ! pour l’édition française.

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Cesare #13

Cesare-v13-cov“Sa sainteté Innocent VIII n’est plus. Le 6 août 1492 marque le début du conclave : 23 cardinaux accompagnés de clercs et de secrétaires s’enferment dans la chapelle Sixtine pour élire le nouveau pape. Deux scrutins passent sans qu’un candidat se démarque des autres, Carafa, Borgia et Michiel se disputant la tête des suffrages…. 

Au côté de Giovanni de Médicis, Angelo est aux premières loges pour assister à l’ascension des Borgia. Comment Rodrigo parviendra-t-il à convaincre ses pairs de le placer sur le trône de saint Pierre ? 

Fuyumi Soryo lève une dernière fois le voile sur le destin hors du commun de ceux qui ont marqué la Renaissance italienne dans un manga d’une richesse historique rare, tout simplement passionnant..”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Cesare: Il creatore che ha distrutto (チェーザレ 破壊の創造者 / Chēzare – Hakai no sōzōsha / lit. “César [Borgia]: le créateur qui détruit”) est un manga biographique par Fuyumi Soryo qui a été prépublié en feuilleton dans le mensuel Morning entre mars 2005 et novembre 2021 avant d’être compilé en tankōbon (volumes) chez Kōdansha en janvier 2022. J’ai déjà commenté les volumes précédents. 

Le conclave de 1492 bat son plein. Après trois tours de scrutin il n’y a toujours pas de vainqueur. Toutefois, grâce à un brillant stratagème élaboré par Cesare, son père, Rodrigo Borgia, accède au trône de Saint-Pierre sous le nom de Alexandre VI. Son frère Piero de Médicis, qui a succédé à Lorenzo, ayant prit parti pour le camp de Naples, Giovanni doit quitter Rome. Il renvoi Angelo auprès de Cesare (qui garde un oeil vigilant sur Rome depuis Spolète) afin de réparer et renforcer l’amitié entre les familles Borgia et de Médicis…

Près de quatre ans après la parution du tome précédent, Fuyumi Soryo nous offre finalement la conclusion de ce manga biographique consacré à la jeunesse de Cesare Borgia. Même si le récit est sans aucun doute fortement romancé, l’histoire est très bien documentée. Elle nous fait découvrir non seulement les personnages et les évènements qui ont marqués les débuts de la Renaissance Italienne mais aussi illustre de nombreux éléments de la culture de l’époque, comme les costumes et l’architecture. Tout au long du récit, l’ouvrage a su conserver une qualité graphique qui étonne de par son dessin clair, précis et très détaillé. C’est donc un excellent manga qui est non seulement divertissant et très agréable lire de par ses intrigues politiques captivantes mais aussi très stimulant de par la richesse de l’information historique qu’il nous offre. C’est un manga incontournable que je recommande fortement, surtout aux amateurs de manga historiques et particulièrement si l’histoire ecclésiastique et italienne vous intéresse.

Cesare: Il creatore che ha distrutto, vol. 13 (Tredici), par Fuyumi Soryo (supervision: Motoaki Hara; traduction: Sébastien Ludmann). Paris, Éditions Ki-oon, Octobre 2023. 13 x 18 cm, 220 pg., 7,95 € / $14.95 Can. ISBN: 979-10-327-1369-3. Lecture dans le sens japonais (de droite à gauche) et recommandé pour jeunes adultes (14+). stars-4-0

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CESARE © 2022 Fuyumi Soryo. All rights reserved.

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Léviathan vol. 1-3

Monstre ou humain… qui sommeille au cœur des ténèbres ? Au fin fond de la galaxie, le Léviathan, un immense vaisseau spatial, flotte à la dérive. Quand des pilleurs d’épaves s’y introduisent, ils découvrent le journal intime d’un collégien, Kazuma, relatant les événements qui ont eu lieu dans les entrailles du navire… À sa lecture, l’évidence s’impose : un survivant de la catastrophe se cache quelque part dans le dédale des ruines !

Des années plus tôt, le jeune Kazuma est en plein voyage scolaire vers la Terre. La fête tourne court quand des explosions d’origine inconnue détruisent une partie de la coque du vaisseau ! Voilà les passagers immobilisés au milieu de nulle part… L’adolescent et sa camarade Futaba surprennent alors une conversation entre leur professeur et un robot de maintenance : les réserves d’oxygène sont insuffisantes pour tenir jusqu’à l’arrivée des secours… Le seul espoir de survie est un caisson de cryogénisation niché au cœur du géant de métal. Or, il ne peut contenir qu’une personne… Malheureusement pour les élèves, l’enseignant comprend vite qu’il a été entendu. C’est le début d’une lutte sanglante pour préserver le secret !

Dans un décor angoissant dépeint avec une minutie extrême, Léviathan nous emporte dans un voyage au bout de l’enfer. Comment garder son humanité dans l’étendue glacée de l’espace ?“ [Texte du site de l’éditeur; voir aussi les couvertures arrières des t.1, t.2 et t.3]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Léviathan (リヴァイアサン / Ribaiasan) est un manga seinen écrit et dessiné par Shiro Kuroi qui a d’abord été prépublié dès janvier 2021 dans le magazine français Ki-oon Mag avant d’être repris en août 2022 sur le magazine de prépublication digitale Shônen Jump+ (lien vers le site) et puis compilé en trois volumes chez Ki-oon et Shûeisha. Shiro Kuroi (dont le nom, 黒井白, est de toute évidence un pseudonyme puisqu’il signifie “noir et blanc“!) a débuté en publiant des dōjinshi (fanzines de manga amateur) avant que sa popularité en France lui permette d’être publié professionnellement au Japon (voir son site officiel). 

Un groupe de pilleurs d’épave à la recherche de trésors s’introduit dans un paquebot interstellaire à la dérive. Ils y découvrent le journal d’un étudiant de la colonie d’Alpha Centauri qui participait à un voyage scolaire vers la Terre et qui décrit toute l’horreur qu’ont connu les passagers après que le vaisseau ait été gravement endommagé par des météorites. À travers la lecture du journal, les pilleurs revivent la détresse des jeunes qui réalisent qu’aucun signal de secours n’a pu être envoyé, qu’il ne reste assez d’oxygène à bord que pour quarante-huit heures et que le vaisseau ne comporte qu’une seule capsule de survie! Débute alors un combat sanglant pour la survie de chacun d’où il ne peut rester qu’un seul vainqueur! Toutefois, lorsqu’ils réussissent à accéder aux enregistrements des caméras de sécurité, les pilleurs découvrent que le journal du jeune Kazuma ne dit pas toute la vérité et que l’un d’entre eux en connait beaucoup plus sur ce qui s’est passé à bord du vaisseau…

Léviathan nous offre un récit captivant qui, dans une atmosphère oppressante à la Alien, semble s’inspirer de mangas comme L’école emportée (漂流教室 / Hyōryū Kyōshitsu / lit. “classe à la dérive“), Battle Royale (バトル・ロワイアル) ou encore du roman Lord of the Flies. C’est une excellente histoire qui maintient la tension et le suspense jusqu’à la fin. Ce qui rend l’ouvrage encore plus intéressant c’est le superbe style réaliste et détaillé de l’auteur (dont certains designs semblent s’inspirer d’Akira ou de Ghost in the shell). Malheureusement, le manga comporte également quelques maladresses: il y a quelques lacunes dans le récit (qu’est-il arrivé aux autres passagers du paquebot?) et le graphisme est parfois un peu bizarre (notamment les expressions faciales des personnages). De plus le récit est d’une violence extrême — ce qui n’est guère surprenant lorsque l’on traite des instincts les plus sombres de l’être humain. Cela demeure tout de même une très bonne lecture.

Léviathan vol. 1-3, par Shiro Kuroi. Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), janvier 2022 + septembre 2022 + juin 2023. 196 + 180 + 180 pages, 15 x 21 cm, 9,95 € / $18.95 Can, ISBN 979-10-327-1006-7 + 979-10-327-1175-0 + 979-10-327-1361-7. Pour un lectorat jeune adulte (14+). stars-3-5

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© 2022-2023 Shiro Kuroi.

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Guide des châteaux de la Loire en BD

GuideChateauxLoireEnBD-cov“Le premier guide des Châteaux de la Loire en Docu-BD pour parcourir et découvrir 25 lieux touristiques majeurs où la grande Histoire de France se mêle au patrimoine. Plans, repères, bonnes adresses, anecdotes étonnantes. Tout y est avec la force évocatrice de la BD et du documentaire !

Découvrir des châteaux, c’est parcourir leur histoire, remonter au temps des premières pierres, croiser les chemins de ceux qui les ont bâtis et habités, observer leurs transformations. C’est pénétrer dans les recoins les plus secrets. C’est découvrir leur lien avec des personnages historiques, mais aussi avec le peuple. En s’appuyant sur la force évocatrice de la bande dessinée, ce guide unique vous transporte au fil de la Loire, à la rencontre des majestueux châteaux qui la bordent. Les documentaires, quant à eux, fourmillent de trouvailles et d’anecdotes pour prolonger la balade…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Cet ouvrage nous présente vingt-cinq châteaux de la Loire (Langeais, Chinon, Loches, Meung-sur-Loire, Angers, Amboise, Nantes, Clos Lucé, Azay-le-Rideau, Blois, Saumur, Cheverny, Ussé, Sully-sur-Loire, Plessis-Bourré, Brézé, Chambord, Chaumont-sur-Loire, l’Islette, Villandry, Candé, Chenonceau, Brissac, et du Rivau) à l’aide d’une brève introduction, d’une BD qui raconte une anecdote qui s’y est déroulée, les faits saillants du lieu ainsi que les endroits à voir absolument dans les environs (le tout en six pages). 

C’est un ouvrage très intéressant et instructif mais que j’ai trouvé tout de même plutôt décevant car je m’attendais à une véritable BD alors qu’il s’agit en fait d’un documentaire avec quelques BD anecdotiques. Les BD sur chacun des châteaux sont dessinées par des artistes différents ce qui fait que le styles varient beaucoup en genre et en qualité. À lire seulement si les châteaux et l’histoire de la Loire vous intéresse.

Guide des châteaux de la Loire en bandes dessinées, par Alexandrine Cortez et Julien Moca. Rouen: Éditions Petit à Petit, avril 2019. 160 pages, 15.5 x 23.5 cm, 19,90 € / $35.95 Can, ISBN 979-10-95670-87-2. Pour un lectorat jeune (7+). stars-3-0

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© Éditions Petit à Petit

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Blue Period #13

BluePeriod-13-cov“Grâce à sa rencontre avec Kirio Fuji, la présidente du collectif d’artistes No Marks, Yatora sent un vent nouveau souffler sur son approche de l’art. Malgré son admiration pour ce personnage charismatique, le jeune homme ne sait pas réellement à qui il a affaire et est encore hésitant sur la façon dont il doit la fréquenter. Cependant, son influence lui permettra peut-être de casser le mur qui l’empêchait d’avancer…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Blue period (ブルーピリオド / Burū Piriodo) est un manga seinen sur l’art écrit et illustré par Tsubasa Yamaguchi qui est sérialisé depuis juin 2017 dans Monthly Afternoon et a été compilé jusqu’à maintenant en quinze volumes chez Kōdansha. La version anglaise est publiée aux USA par Kodansha (treize volumes de disponibles) et la version française est publiée chez Pika (treize tomes de disponibles et le quatorze est à paraître en février 2024). Il a remporté plusieurs prix en 2020 (le Manga Taishō et le Kōdansha manga shō; nominé aussi pour le Tezuka Osamu bunka shō) et a été adapté en une série télévisée d’animation en 2021 (douze épisodes animé par le studio Seven Arcs sous la direction de Koji Masunari et Katsuya Asano, sur un scénario de Reiko Yoshida; diffusée sur MBS, TBS, AT-X et sur Netflix). J’ai déjà commenté les trois premiers volumes, les trois suivants, les volumes sept et huit, ainsi que les volumes neuf, dix (en anglais), onze et douze.

BluePeriod-13-p046-047

vol. 13, pp. 46-47

Malgré l’opinion négative que son entourage a du collectif No Marks, Yatora est très satisfait d’y avoir passé du temps car cela lui a redonné confiance et lui permet de produire avec succès le dernier projet du premier semestre de sa deuxième année à l’Université. Pour les vacances d’été le groupe décide d’aller chez Momoyo à Hiroshima car ses parents ont un hangar qui sert d’atelier et chacun pourra y produire une oeuvre à présenter à un concours. En chemin, ils s’arrêtent sur la bord de la route pour dormir mais finissent par visiter une maison hantée!

Malgré le style graphique plutôt moyen et le fait que le récit piétine un peu, ce manga reste une lecture intéressante et agréable qui traite des angoisses d’un jeune adulte qui cherche sa place dans le monde de l’art.

Blue period vol. 13 par Tsubasa Yamaguchi (traduction par Nathalie Lejeune). Vanves: Pika (Coll. Seinen), juin 2023. 192 pages, 13.0 x 18.1 cm, 7 € 70 /  $16.99 Can, ISBN 978-2-8116-8137-1, Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© 2022 Tsubasa Yamaguchi. All rights reserved.

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The Wheel of Time GN #2: The Eye of the World

EyeOfTheWorldGN-2-cov“Now an original series starring Rosamund Pike as Moiraine! Created with the cooperation of the Jordan estate, adapted by well-known comics writer Chuck Dixon and illustrated by the talented Chase Conley, The Eye of the World: The Graphic Novel has been hailed as an exciting interpretation of Robert Jordan’s classic fantasy novel. This volume features brilliant interior art by Andie Tong.

In The Eye of the World: the Graphic Novel, Volume Two, Rand al’Thor, Egwene al’Vere, and their friends flee their home village in the company of Moiraine and her Warder, Lan Mandragoran. Pursued by their enemies, the group seeks sanctuary in Baerlon. Rand’s nightmares grow darker. Moiraine takes Egwene under her wing. Lan warns them to trust no one, but should that distrust extend to Lan and Moiraine as well?” 

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

The graphic novel adaptation of Wheels of Time TV series on Amazon Prime Video continues with a second volume. Our bunch of heroes escapes again the Myrdraal’s trollocs army at Taren Ferry (witnessing how ruthless Moiraine can be) and avoid the sight of the Draghkar. They finally can rest at Baerlon where they all learn a little more about their journey. Rand meets Ba’alzamon in his dream, get acquainted with the seer Min and the group have their first encounter with the White cloaks. However, their enemies are getting closer…

The adaptation seems quite faithful to the novels. As the storytelling is good and the art is rather standard comic style (however much better than the first volume), it makes for a good and entertaining reading. An excellent choice if you want to avoid reading the lengthy novel series and cannot wait for the next season of the TV series…

The Wheel of Time GN #2: The Eye of the World, by Chuck Dixon (Based on the novel by Robert Jordan) and Andie Tong (Illustrator). New York: Tor Books, March 2023. 176 pages, 6 5/8 x 10 1/8 in., US $21.99 / CAN $28.99, ISBN 978-1-250-90000-5. For a teenage readership (12+). stars-3-0

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© 2012 Bandersnatch Group Inc.

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Revue de ‘zines [002.024.009]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie je n’ai pas mis d’hyperliens dans cet épisode. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Animeland #243 (Juillet-Septembre 2023)

AL243Ce numéro nous offre un dossier sur sur les parcs à thème: Parc Ghibli, Disneyland Paris, le Futuroscope, Parc Astérix, Parc Spirou, Parc du Petit Prince, Tokyo Disneyland, Disney Sea, Nijigen no Mori, Sunshine City, Fuji-Q Highland, Universal Studio Japan, Sanrio Puroland.

Dans “On a lu !” on nous présente plusieurs manga ou livres notoires: Bôken Shônen, Le Clan des Poe, Designs, Le Coeur et le devoir, Les saisons d’Ohgishima, Partners 2.0, Ocean Rush, Sound of Life, Gachiakuta, Évoluas, Tuer mon bosser SVP!, Holland, Miss Yuki, Show-Ha Shootent, Shut Hell, A fake affair, Dementia 21, Hirayasumi, L’Île aux escaliers, L’art de Shintarô Kago, Garden, Une magie teinté de poison, L’art de Junji Ito. 

Dans “On a vu !” on nous présente plusieurs animations notoires: Super Mario Bros le Film, Aggretsuko S5, Tokyo Revengers S2, Tribun Stampede, Star Wars Visions 2, Tengoku Daimakyo, Le Royaume de Naya.

On retrouve également des Entretien/Portrait avec Makoto Shinkai, RADWIMPS, Philippe Larribau-Lavigne (Paramount), Sullivan Rouaud (Mangetsu), Naoki Miyahara (The First Slam Dunk), Evgenia Medvedeva.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: PubliRédactionnel (Attractions touristiques L’Attaque des Titans), Focus ( Les Baras, Point sur l’animation française), Figure de Pro (Brigitte Lecordier), Séance Studio (Shaft), Musique (LMYK), Jeux Vidéo (Projet Zero), Reportage (Magic Monaco 2023, Cartoon Movie 2023), Hommage (Yuji Nunokawa [Studio Pierrot], Leiji Matsumoto, Martine Reigner), Trouvaille (Marcel le coquillage), et Humeur.

À lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

Capsules

dBD #175 (Juillet-Août 2023)

dBD-175Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Toilet-Bound Hanako-kun Artbook 1 (par Aidairo, chez Pika), les finalistes du Prix Asie de la critique ACBD 2023 (Adieu Eri [Tasuki Fujimoto, chez Crunchyroll], Box: QU’y a-t-il dans la boîte? [Daijiro Morohoshi, chez Lézard Noir], Darwin’s Incident [Shun Umezwa, chez Kana], Les Enfants du rêve chinois [Luxi, chez Sarbacane],  et Hirayasumi [Keigo Shinzo, chez Lézard Noir]), ainsi que la parution de Le roi des Limbes (Aï Tanaka) et Le vendeur du magasin de vélos (Arare Matsumushi) chez Le Lézard Noir.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Milo Manara (sur son adaptation du roman Le nom de la Rose par Umberto Eco, chez Glénat — incluant un extrait de cinq pages!). Les entrevues se poursuivent avec Romain Hugault (sur Angel Wings T.8: Anything Goes, avec Yann, chez Paquet), Derib (sur “La Rencontre” de Buddy Longway & Corentin publié dans le collectif Journal Tintin Spécial 77 ans, chez Moulinsart/Le Lombard, où des auteurs rendent hommage à un personnage ou une série de leur enfance — incluant un extrait de six pages!), Jean-David Morvan (sur Madeline Résistante T.2, avec Madeleine Riffaud et Dominique Bertail, chez Dupuis/Aire Libre — avec un extrait de cinq pages!), Alain Ayroles (sur L’Ombre des Lumières T.1: L’Ennemi du genre humain, avec Richard Guérineau, chez Delcourt — incluant un extrait de cinq pages), Lukasz Wojciechowski (sur Dum Dum, chez Ça et Là), Mathieu Berthod & Éric Burnand (sur Berne, nid d’espions: L’affaire Dubois (1955-1957), chez Antipodes), Luka Nüssli (sur Une enfance de paille, chez Atrabile), Yvon Bertorello (sur Juste parmi les Nations T.1: Les réseaux de la liberté (avec Allali, Espinosa, Scotto & Stoffel, chez Plein Vent), Marco Galli (sur Le Nid: Les Fils de la mort, chez Sarbacane), Mawil [Markus Witzel] (sur Oh les beaux travaux! et La Patrouille des Power Princess, chez Des Ronds dans l’O).

Laurent Lefebvre nous présente également les 10 mangas incontournables de l’année: Ikkyu (Hisashi Sakaguchi, chez Revival), Dandadan (Yukinobu tatou, chez Crunchyroll), Adieu Eri (Tatsuki Fujimoto, chez Crunchyroll), Ville et Infrastructure (Shintaro Kago, chez IMHO), Lone Wolf & Cub (Goseki Kojima & Kazuo Koike, chez Panini), Gourmet Détective (Akiko Higashimura, chez Delcourt/Tonkam), Phénix, l’oiseau de feu (Osamu Tezuka, chez Delcourt/Tonkam), Lost Lad London (Shinya Shima, chez Ki-oon), Sanctuary (Ryoichi Ikegami & Kazuo Koike, chez Glénat), ainsi que La Grande Traversée (Shion Miura & Haruko Kumota, chez Le Lézard Noir). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Le son ds morts (Daruma Matsuura, chez Delcourt/Tonkam), Villes et Infrastructure (Shintaro Kago, chez IMHO), Snowball Earth T.1 (Yuhiko Tsujitsugu, chez Panini), Princesse Puncheuse T.1 (Otori & Hoonoki, chez Kana), Red Flower T.1 (Loui, chez Glénat), Villagois LVL 999 (Koneko & Keishi, chez Mana), Make the Exorcist Fall in Love T.1 (Arima & Fukayama, chez Soleil), et All Out!! T.1 (Shiori Amase, chez Pika).

Dans le Cahier Critique je note Chasse au Cadavre T.1 par Hosui Yamazaki, chez Casterman (Super!, “histoire d’horreur (…) prenante (…) découpage clair et net”), Ring Eyes T.1, par Inoryu & Oba chez Kana (Super!, “flirte à la fois avec le récit d’anticipation, le postapocalyptique et le survival; (…) pas encore tout a fait abouti (…) s’apprécie pour sa densité narrative, l’originalité de son contexte et un cliffhanger des plus efficaces”), Tokyo Tarareba Girls Returns, par Akiko Higashimura, chez Le Lézard Noir (Bien; “Beaucoup moins mordant que la série phare, cette suite continue, malgré tout, èa bien décrire le pain quotidien des femmes japonaises coincées entre les conventions, le désir de plaire et celui de s’émanciper de tout ça”), Power Antoinette T.1, par Nishiyama & Shima, chez Doki-Doki (Bien; “du grand n’importe quoi”), et Miraculous T.1, par Warita & Tsushida, chez Nobi-Nobi (Bien; “adaptation en manga de la série animée è succès”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. Un superbe numéro double [134 pages]! stars-4-0

Capsules

dBD #176 ( Septembre 2023)

dBD-176Dans le cahier actualités on mentionne Hommage à Meiji Matsumoto par delà la boucle du temps par Julien Pirou chez Éditions Ynnis.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Olivier Petit (sur le fanzine Sapristi!, les éditions Petit à Petit, incluant un extrait de six pages de RIP t.6: Eugène par Gaet’s et Julien). Les entrevues se poursuivent avec Gauthier Van Meerbeeck & Didier Platteau (respectivement directeur éditorial au Lombard et éditeur aux éditions Moulinsart sur Journal TinTin Spécial 77 ans), Turk (sur Robin Dubois, Clifton et Léonard, incluant un extrait de trois pages de son interpretation de Luc Orient pour le Spécial Tintin 77 ans), Zep (sur Titeuf, incluant la BD “Titeuf fête ses 30 ans” par Eric Buche) ainsi qu’avec Stéphane Betbeder et Paul Frichet (sur Mikki et la traversée des mondes t.1 chez Glénat).

Côté manga on retrouve un dossier sur “le manga et la SF réaliste” avec un article sur 2001 Night Stories par Yukinobu Hoshino (paru en 2 tomes chez Glénat en octobre 2023). On retrouve également une capsule sur Planetes par Makoto Yukimura chez Panini et une entrevue avec Shiro Kuroi (sur Léviathan, chez Ki-oon). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Tsugai t.1 (par Hiromu Arakawa, chez Kurokawa), After God t.1 (par Dumi Eno, chez Glénat), Today’s Burger (par Hanagata & Saitani, chez Soleil), La Reine des Gyozas (par Yusuki Kanmera, chez Soleil), Les 100 Petites amies qui t’aiiiment à en mourir t.1 (parNakamura & Nozawa, chez Mana Books), Holyland t.1 (par Kouji Mori, chez Vega-Dupuis), Return Survival t.1 (par Yeon & Kim, chez KBooks) et Silence t.1 (par Yoann Vornière, chez Kana).

Dans le Cahier Critique je note seulement  Période Bleue par Mizumaru Anzai chez Cornélius (Top!; “recueil (…) tout est beau et lent, elliptique, propice à la subjectivité. Tout enjoint à la méditation”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

Métal Hurlant N°7 (mai 2023)

MH7Ce numéro de “création” regroupe 24 récits inédits et 8 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème des monstres qui dorment en nous. Contrairement aux numéros que j’ai commenté précédemment, la plupart des récits m’ont laissé indifférent mais j’ai bien aimé le style graphique de plusieurs de ces courts récits (j’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants). Je m’attendais à détester ce numéro car je ne raffole pas trop de l’horreur mais j’ai été agréablement surpris.

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Aube Métallique” (Jake Thomas & Jorg De Vos, 4 p.), “Marguerite” (Neyef, 11 p.), “Innocence Artificielle” (Otto Maddox & Antoine Dodé, 7 p.), “Bas les Masques” (Julien Lambert, 15 p.), “La Corbeille” (Tom Dearie, 9 p.), “Bug” (Ryan Barry, B&W, 13 p.), “L’Interview” (Nikola Pisarev, 11 p.), “L’Île des Morts” (Lilas Cognet & Yann Damezin, 9 p.), “Le Bracelet” (Corbeyran, Rurik Sallé & Nicolas Bègue, 11 p.), “Peppermint Wendy” (Miran Kim, 11 p.), “Respect” (Matthew Allison, 8 p.), “Bouffée d’Angoisse” (Laurent Siefer, 6 p.), “Vukojebina” (Yann Bécu & Alex Ristorcelli, 13 p.), “Mary Bell” (Elene Usdin, 5 p.), “Le Rite” (Elie Huault, B&W, 7 p.), “Le Repas du Soir” (Sim Bos, 6 p.), “Le Traitement” (Filya Bratukhin, 9 p.), “Final Crash” (Chantal Montellier, 7 p.), “Kreas Inc” (Harry Bozino & Sagar, 13 p.), “La Créature du Canal St-Martin” (Derf Backderf, B&W, 5 p.), “De Profundis” (Stéphane Levallois, 12 p.), “Les Monstres des Abysses” (Anaële Hermans & Nadar, 7 p.), “BOM” (Jim Bishop, 13 p.) et “Aube Métallique [suite]” (Jake Thomas & Jorg De Vos, 4 p.).

C’est malgré tout un numéro intéressant qui mérite d’être lu.stars-3-5

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 Métal Hurlant N°8 (août 2023)

MH8Ce numéro vintage regroupe 26 courts récits et 3 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale mais j’ai tout de même lu l’intéressant interview avec Bilal) sur le thème de la ménagère du futur. Comme pour les numéros que j’ai commenté précédemment, les différentes histoires présentent des styles graphiques extrêmement variés (qui ne sont pas toujours de mon goût) mais par contre les récits sont généralement assez intéressants et méritent d’être lu (j’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants). C’est malheureusement le dernier numéro du genre car dorénavant chaque magazine offrira une formule hybride qui mélange récits vintages et inédits.

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Arzach” (Moebius, #1 [1975], 8 p. couleurs), “Polonius” (Picaret & Tardi, #8 à 11 [1976], 22 p. N&B), “Guerre” (Druillet, #42bis [1979], 8 p. couleurs), “Hydrogégèse” (Caza, #30 [1978], 6 p. N&B), “La débandade” (Luc & François Schuiten, #23 [1977], 8 p. couleurs), “Teonanacatl Genèse” (Cortman, #15 [1977], 8 p. couleurs), “L’herbe noire” (Édith Zha, #11 [1976], 8 p. couleurs), “Mademoiselle ma femme!” (Paul guillon, #61bis [1981], 12 p. N&B), “Berlin 1945” (Arno, Métal Aventure #9 [1985], 8 p. couleurs), “Worldwide way of life” (Beb-Deum, inédit [1996-97], 8 p. couleurs), “La patrouille” (Marc Caro, #42bis [1979], 4 p. N&B), “Le trinitromonol a sauvé notre amour” (Dominique Hé, #61bis [1981], 7 p. couleurs), “Oscar Brown n’est pas un espion” (Chantal Montellier, #56 [1980], 10 p. couleurs), “Exterminateur 17” (Bilal, #12-13 [1976-77], 16 p. couleurs), “Hard Porn” (Kent Hutchinson, #64bis [1981], 4 p. N&B), “Acromégalie, les animaux aux pouvoirs” (Kkrist Mirror, #81bis [1982], 5p. couleurs), “La petite guerre” (Vepy & Daniel Ceppi, #42bis [1979], 3 p. couleurs), “Les cinq dernière heures” (Frank Margerin, #36bis [1978], 8 p. couleurs), “Gégène, Idole ds jeunes” (Yves Chaland & Luc Cornillon, Isabelle Beaumenay, #39bis [1979], 8 p. couleurs), “Nassau tourist trophy” (Denis Sire, #68 [1981], 10 p. couleurs), “Pas de peau” (Jean-Michel Nicollet, #39bis [1979], 4 p. couleurs), “On dérouille en 2 roues!” (Jano, Rigolo #3 [1983], 6 p. couleurs), “La guerre du rock” (Dodo & Ben Radis, #83bis [1983], 5 p. couleurs), “Pin-up blonde” (Philippe Manoeuvre & Serge Clerc, #56 [1980], 9 p. couleurs), “Tristan et Iseut” (Francis Masse, #129 [1987], 5 p. couleurs), et “The rolling clones” (Alain Voss, #82 [1982], 8 p. couleurs).

Pour les nostalgiques de la BD rock SF. stars-3-5

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Samurai non grata

SamuraiNonGrata-cov“En Europe, en France, à Paris notamment, les vies de trois personnes s’entrecroisent au gré d’affaires et d’enquêtes. Yoshiaki Hongo, tout d’abord, polyglotte, fils d’un banquier japonais qui a beaucoup voyagé, qui travaille comme “passeur” ou “marchand de biens”. Narcissique, il aime la musculation, il aime sculpter son corps, ce qui contraste avec son manque d’endurance lorsqu’il est dans un lit avec une femme. Rintarô Norimizu, ex-membre de la force de défense japonaise, ex-soldat de la légion étrangère, combattant au Tchad, mercenaire en Lybie, et qui aujourd’hui vend ses services aux plus offrants. Et enfin, Fuchi, vietnamienne d’origine chinoise, mannequin pour les magazines de mode, qui a fui Saigon en hélicoptère à l’âge de cinq ans, et qui aime user de ses charmes, pour arriver à ses fins. À travers quatre enquêtes indépendantes, on suit les mésaventures de ces personnages atypiques, parfois opposés et parfois destinés à s’associer.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 12

Samurai Non Grata (サムライ・ノングラータ / Samurai non gurāta / en latin lit. “samouraï qui n’est pas bienvenu”) est un manga seinen écrit par Toshihiro Yahagi et illustré par Jirō Taniguchi qui a été publié en feuilleton dans la magazine Goro en 1990-1991 avant d’être compilé en deux volumes chez Shôgakukan en août et octobre 1991 (ré-édité en un volume chez Free Style en octobre 2009 et en juin 2022 — c’est cette édition qui a été traduite en français chez Pika Graphic en novembre 2022). 

Ce volumineux manga nous offre quatre histoires (“Samurai non grata” [144 p.], “Les 25 heures du Mans” [56 p.], “Les 8%” [130 p.] et “Cent yens de solitude” [119 p.]) qui racontent les mésaventures d’un commerçant qui sert d’intermédiaire dans des affaires louches, de son ami ancien mercenaire qui est le gérant de son appartement parisien et d’une modèle vietnamienne qui croise leur chemin de temps en temps. On y retrouve beaucoup d’action mais la complexité du récit et la narration confuse rend la lecture plutôt pénible. Heureusement, il y a le superbe dessin de Taniguchi, dans un style clair et précis, qui sauve un peu la situation et rend la lecture du manga un peu plus agréable. À lire seulement pour les amateurs de Taniguchi…

Samurai non grata, par Toshihiro Yahagi (scénario) et Jirō Taniguchi (dessin). Vanves: Pika Éditions (Coll. Pika Graphic), novembre 2022. 456 pages, 17.0 x 24.0 cm, 22.00 € / $37.95 Can, ISBN 978-2-8116-6305-6. Pour un lectorat adolescent (14+). Extrait disponible. stars-2-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© PAPIER / Jiro Taniguchi, Toshihiro Yahagi, 2009. © 2022 Pika Éditions pour l’édition française.

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Isabella Bird #10

IsabellaBird-10-covLe Japon du XIXe siècle hors des sentiers battus ! Après un trajet mouvementé durant lequel ils ont dû faire face à de nombreux imprévus, Isabella et Ito ont finalement réussi à rallier l’île d’Ezo et la ville de Hakodate. Accueillie par le Dr Hepburn et le consul britannique, l’exploratrice s’apprête à embarquer pour la dernière étape de son voyage, qui devrait la mener au hameau aïnou de Biratori.

C’est malheureusement sans compter la présence sur place de Charles Maries, le précédent employeur d’Ito. Le chasseur de plantes semble prêt à tout pour reprendre le jeune homme à son service… que l’intéressé le veuille ou non ! Le temps des adieux est-il venu pour Isabella et son guide-interprète ?

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan. Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le dixième, est paru au Japon en février 2023. J’ai commenté tous  les volumes précédents.

IsabellaBird-10-p38-39

vol. 10, pp. 38-39

 

Le récit de ce volume se divise en trois partie. D’abord, le Dr James Hepburn et Richard Eusden (consul Britannique en poste à Hakodate) tentent d’aider Isabella Bird à négocier une entente avec Charles Maries sur l’emploi du guide-interprète Itō Tsurukichi. Toutefois Maries est intraitable et refuse de laisser son employé servir de guide à Bird pour le reste de son expédition à Ezo (Hokkaidō). Plus tard Bird rends visite à Maries sur la ferme expérimentale de Nanae où il est consultant et lui fait une contre-proposition qu’il accepte finalement. Par la suite, alors qu’elle fait les préparatifs pour son expédition avec Ito, Isabella fait la rencontre de Henry Siebold (fils de Philipp Siebold) qui lui raconte les premiers contacts peu reluisant entre l’Occident et les Aïnous et qui s’apprête lui-même à se rendre à Biratori, la devançant de peu! Finalement, la troisième partie du récit nous raconte l’expédition de Charles Maries à Ezo l’année précédente, où il fait la découverte dans les monts Hakkoda du fameux sapin Morobi, plus touffu et plus résistant, qu’il nomme Abies Mariesi.

Ce manga nous fait le récit très romancé de l’expédition d’Isabella Bird à Hokkaidō, nous offrant une fenêtre intéressante sur le Japon de l’ère Meiji. Si le récit est un peu inégal, la qualité du dessin, précis et détaillé, est notable. L’ouvrage nous offre donc une lecture à la fois agréable, distrayante mais aussi très instructive. Un manga indispensable surtout pour les amateurs d’histoire et de culture Japonaise. 

Isabella Bird, femme exploratrice T.10 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), août 2023. 224 pg, , 13 x 18 cm, 7,95 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-1352-5. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© Taiga Sassa 2023.

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Eroica

Eroica-1-covRécemment mon épouse a fait l’acquisition de quatre volumes (#10-13) de Eroica dans un bazar du Centre Culturel Japonais. C’est un ouvrage que je désirais voir depuis longtemps. Ah ! Que je voudrais que ma compréhension du Japonais soit meilleure ! Je me lamente depuis des décennies qu’il y a tout un trésor de manga shōjo publiés dans les années ’70 et ’80 qui n’a jamais été traduit. Et Eroica en fait partie… Certains éditeurs, comme Akata avec sa collection Héritages, ont commencé à traduire quelques titres mais ils ne paraissent qu’au compte goûte…

Ce que je comprends mal c’est que Eroica, qui est considéré comme l’un des chefs-d’oeuvre de Riyoko Ikeda et qui est également la suite directe de La Rose de Versailles — puisque certains de ses personnages s’y retrouvent (dont Rosalie ou Alain et même Oscar qui y fait quelques apparition dans des flash-back) — n’ait jamais été publié par Kana, l’éditeur de la version française de La Rose de Versailles. J’imagine que le fait qu’il s’agisse d’une saga de quatorze volumes et que l’ouvrage ne soit pas reconnu pour son exactitude historique, car la série romance fortement le règne de Napoléon, y soit pour quelques choses. Mais ce qui m’étonne encore plus c’est le fait qu’il n’y ait pas eut une seule traduction amateure sur l’internet (les fameuses scantrad,  ou “scanlation” en anglais, où le manga est numérisé et le texte japonais remplacé par une traduction amateure). Il y a bien eut une traduction italienne publiée chez Magic Press vers 2009-10 mais elle ne semble plus disponible… Il ne me reste plus qu’à implorer humblement Kana (ou tout autre éditeur français — où même anglais) de considérer entreprendre la traduction et la publication de ce chef-d’oeuvre au graphisme sublime.

Eroïca: La gloire de Napoléon (栄光のナポレオン – エロイカ / Eikou no Napoleon – Eroica) est un manga shōjo historique par Riyoko Ikeda qui a été publié en feuilletons dans le magazine féminin mensuel “Fujinkōron” avant d’être compilé en quatorze volumes chez Chūōkōron-shinsha entre 1986 et 1995. Cette série constitue en quelques sorte la suite de La Rose de Versailles (qui est l’un des deux seuls titres d’Ikeda, avec Très cher frère…, a avoir été traduit en français). Elle raconte l’histoire de l’empire Napoléonien à travers des événements comme la Convention Thermidorienne, les campagnes d’Italie, d’Égypte et de Russie ainsi que le Coup d’État du 18 Brumaire. Le titre de la série fait référence à la Symphonie no 3 en mi bémol majeur (Opus 55, dites “Eroica”) de Ludwig van Beethoven qui avait été originalement dédiée à Napoléon Bonaparte. Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants: ANNBaka-UpdatesGoodreadsGoogle • Wikipedia [EN / JP].

Pour bien vous démontrer tout l’intérêt et la beauté de ce titre, je vous en propose ici quelques extraits (volume 10, chapitre 7) dont j’ai moi-même (bien maladroitement) fait la scantrad-uction… (Remerciements à Google Translate, Apple Translate et à mon épouse Miyako pour leur précieuse aide).

© 1992 Riyoko Ikeda / Chūōkōron-shinsha.

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L’Étranger

Etranger-cov“Étranger à la société, étranger à sa propre vie, Meursault est indifférent à tout. La mort de sa mère, une demande en mariage, la défense d’un voisin proxénète… rien ne l’atteint. Pas même l’impardonnable, le meurtre qu’il commet, sur une plage, sans raison autre qu’un soleil écrasant et une chaleur étouffante. Un acte qui l’entraîne dans les méandres de la justice, pour un procès hors norme.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

L’Étranger (異邦人 / Kotokunibito) est un manga seinen par Ryota Kurumado qui adapte sous forme graphique le fameux roman absurde d’Albert Camus — qui a déjà eut une adaptation similaire par Jacques Ferrandez publiée chez Gallimard. Né en 1989, Kurumado est un jeune mangaka qui s’était déjà fait connaître en 2020 avec l’adaptation d’une autre oeuvre de Camus, La Peste (ペスト, 4 volumes aussi publiés chez Michel Lafon). Avant cela, il n’avait publié que deux récits: Freude (フロイデ, sérialisé dans Monthly Morning Two en 2015 et compilé chez Kodansha en un volume) et My Wife is a BL Manga Artist (嫁はBL漫画家, sérialisé dans B Bunch en 2019 et compilé chez Shinchosha en deux volumes).

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Page 1

Meursault semble détaché de tout et avance dans l’existence sans but précis, en titubant comme un mort-vivant, au gré des circonstances. Sa mère meurt, il renoue avec une vieille flamme, se lie d’amitié avec un voisin violent, tout cela comme s’il n’était qu’un spectateur dans une pièce de théâtre absurde… Jusqu’au jour où, sans trop savoir pourquoi, il ramasse un pistolet et crible de balles l’arabe qui vient de poignarder son ami. Sa seule excuse: “le soleil était aveuglant et la chaleur m’écrasait.” Peu de temps avant son exécution, il pêtes les plombs devant le prêtre qui tente de le convertir: ”Je vais mourrir. Rien n’a d’importance. Cette vie est absurde. Vous vivez comme un mort… et ça vous regarde. Je vous interdis de prier pour moi!” Malgré cela il sent qu’il a été heureux… Un étrange roman qui se lit au rythme de l’Afrique du nord et que j’ai lu au début des années ’80 dans le cadre d’un cours de philo. 

L’adaptation de Kurumado me semble bonne, quoiqu’il abrège un peu le récit original. Elle respecte très bien l’esprit de l’oeuvre. Toutefois, son style de dessin minimaliste est plutôt médiocre et enfantin. Cela me rappel beaucoup le style des collectifs Variety Art Works ou Team Banmikas qui se spécialisaient justement dans l’adaptation de classiques de la littérature. J’imagine qu’un dessin plus grossier distrait moins le lecteur et lui permet de se concentrer sur le texte… Ce n’est certes pas la meilleurs adaptation du genre mais cela reste une intéressante introduction à l’œuvre de Camus. À lire par curiosité.

L’étranger, par Albert Camus et Ryota Kurumado. Neuilly-sur-Seine: Michel Lafon (Coll. Kazoku), Juin 2023. 304 pages, 15 x 21.4 cm, 14.95 € / $21.95 CAN, ISBN 978-2-7499-5235-2. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-2-5

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© Éditions Michel Lafon, 2023

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L’Océan des rêves (Liu Cixin 14)

OceanDesReves-Cixin14-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, qui imaginent les futurs possibles de l’humanité.”

“Une créature extraterrestre issue de la matière noire s’invite au festival de sculptures sur glace de Harbin. Sa technique comme sa démarche artistique sont radicales : l’entité pille littéralement les cours d’eau, les mers et les océans du globe. Elle reste sourde à nos tentatives de négociations et indifférente à la dissuasion militaire. L’humanité semble perdue…”  [Texte du site de l’éditeur]

“Yan Dong participe au célèbre concours de sculptures monumentales sur glace de Harbin. Soudain surgit de l’espace une entité extraterrestre. C’est un artiste des températures extrêmes, tout à l’urgence de sa nouvelle création.” [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) j’ai poursuivi ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité), cinq (La perfection du cercle), six (Proies et Prédateurs), sept (L’Attraction de la foudre), huit (Brouillage intégral), neuf et dix (La Terre transpercée et L’Ère des anges) ainsi que le onze (Au-delà des montagnes), le douze (Le calcul du papillon) et le treize (L’Humanité invisible). Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois et il ne m’en reste plus qu’un à lire:  15. Les migrants du temps (septembre).

OceanDesReves-Cixin14-pl01Cet album adapte la nouvelle 梦之海 (Mèng zhī hǎi / lit. “Mer de rêves”) publié en 2002 dans le mensuel chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World). Un artiste interstellaire s’inspire d’un sculpteur de glace sur Terre mais son travail artistique, qui utilise toutes les ressources en eau de planète, menace la survie de l’humanité. Il n’accepte de communiquer qu’avec l’artiste chinois mais celui-ci n’arrive pas à le convaincre d’épargner la Terre.

Comme je l’ai mentionné quand j’ai commenté cet album en anglais, c’est une histoire charmante qui offre une intéressante réflection sur l’art et le fait que la nécessité est la mère de l’invention. Il semble que ce n’est que dans ce genre de situation désespérée que l’humanité délaisse ses différences et s’unit pour saisir le défi. Toutefois le style du dessin un peu brouillon ne m’attire pas beaucoup. Une bonne lecture tout de même.

L’Océan des rêves (Les Futurs de Liu Cixin, #14), par Rodolfo Santullò (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin) et Jok (illustration et couleurs). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), août 2023. 94 pages, 21.8 x 29.8 cm, 19.99 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03798-9. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© 2020 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2023 Éditions Delcourt pour la présente édition.

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Yawara #12

Yawara-12-cov“L’oeuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. Il y a eut une réédition en format Kanzenban (“collector edition”) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publiée en français chez Big Kana. Il y a quatorze volumes de paru jusqu’à maintenant (les deux suivants paraîtront en janvier et avril 2024). J’ai déjà commenté le premier, le second, le troisième, le quatrième, le cinquième, le sixième, les septième et huitième, le neuvième, le dixième ainsi que le onzième volume.  

Yawara-12-extr1Matsuda, dont l’avion s’est posé à Zagreb au lieu de Belgrade, arrive juste à temps grâce à un chauffeur de taxi yougoslave fan de Yawara. Celle-ci, qui jusqu’alors manquait d’entrain, retrouve son enthousiasme et sa combativité lorsqu’elle l’aperçoit dans la foule de supporters. Aurait-elle des sentiments pour Matsuda? Yawara remporte donc la compétition mondiale de judo féminin, catégorie des moins de 48 kg, contre la soviétique Khrushcheva avec un ippon-seoi-nage décisif. De retour au Japon, les filles du club de l’Université de Mitsuba décide d’organiser un tournoi d’adieu et Jigorô accepte de laisser Yawara travailler à l’agence de voyage Tsurukame si (et seulement si) elles remportent ce tournoi. Bien sûr, le grand-père (qui a plus d’un tour dans son sac) n’a pas oublié son projet de faire entrer Yawara à l’Université de Sakai. Non seulement il leur choisi comme adversaire l’équipe de L’Université de la Seine, l’une des meilleures équipes française, mais il les fait s’affronter dans un match aux points, ce qui désavantage fortement l’équipe de Mitsuba. Les filles seront-elles à la hauteur ? Et Sayaka, de retour d’un long entrainement, lance un nouveau défi à Yawara !

C’est comme toujours un très bon manga qui est à la fois un shonen (un récit sportif) et un shojo (une comédie romantique). Le récit est fort bien écrit car il mélange savamment une histoire captivante rempli d’action avec des personnages attachants mais troublés par de cocasses imbroglio amoureux. Le style de Urasawa est simple mais efficace car le dessin exprime parfaitement la narration. C’est donc une très bonne lecture qui est agréable et amusante.

Yawara t. 12, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), avril 2023. 322 pages, B&W (20 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8658-1. Sens de lecture originale. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

© 2014 Naoki Urasawa. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2023 pour l’édition française.  

 

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L’Iris Blanc (Astérix #40)

Asterix40-IrisBlanc-cov“« Pour éclairer la forêt, la floraison d’un seul iris suffit »

L’Iris blanc est le nom d’une nouvelle école de pensée positive, venue de Rome qui commence à se propager dans les grandes villes, de Rome à Lutèce. César décide que cette méthode peut avoir un effet bénéfique sur les camps qui se trouvent autour du célèbre village gaulois. Mais les préceptes de cette école exercent aussi une influence sur les villageois qui croisent son chemin…

Qu’est-il arrivé à notre chef Gaulois préféré et pourquoi cette mine renfrognée ?”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Vol. 40, page 5

Un gourou de la pensée positive propose à César de rendre ses légions, qui sont devenu démoralisées et démotivées, beaucoup plus combatives. César met donc Vicévertus au défi de se rendre à Babaorum pour y stimuler la garnison et soumettre le village gaulois. Toutefois il va jusqu’à professer sa méthode au village même, ce qui a l’effet contraire et réduit la combativité des gaulois. Il convainc même Bonemine de quitter le village pour aller à Lutèce, ce qui déprime le chef Abraracourcix. Toutefois, Astérix (toujours aussi sagace) perçoit le subterfuge de Vicévertus…

Suite au désastre du tome précédent, j’ai aborder la lecture de ce quarantième volume avec appréhension. Quelle ne fut donc pas ma surprise de découvrir qu’il contient un bouquet d’assez bons calembours. Ce n’est certes pas comparable aux albums classiques mais il offre une lecture très agréable. J’ai pouffé de rire à de nombreuses reprises. Si le dessin est un peu différent des albums de Goscinny et Uderzo, il reste très fidèle aux maîtres. Toutefois, le récit est plutôt mince et la cadence des jeux de mots s’essouffle vers la fin. C’est malgré tout une très bonne bande dessinée qui, enfin, nous fait à nouveau rigoler.

L’Iris Blanc (Astérix #40), écrit par FabCaro et illustré par Didier Conrad. Vanves: Éditions Albert-René/Hachette, Octobre 2023, 48 pages, 22.8 x 29.4 cm.  € 10.50 / $14.95, ISBN 978-2-01400-133-4. Pour un lectorat jeune (7+). stars-3-5

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents.

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© 2023 Hachette Livre / Goscinny – Uderzo.

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The Wheel of Time GN #1: The Eye of the World

EyeOfTheWorld-1-cov“Now an original series starring Rosamund Pike as Moiraine!

Created with the cooperation of the Jordan estate, adapted by well-known comics writer Chuck Dixon and illustrated by the talented Chase Conley, The Eye of the World: The Graphic Novel has been hailed as an exciting interpretation of Robert Jordan’s classic fantasy novel.

The Eye of the World: The Graphic Novel, Volume One begins Robert Jordan’s epic tale by introducing Rand al’Thor and his friends Matrim and Perrin at home in Emond’s Field, shortly before the spring festival. Moiraine Damodred and Lan Mandragoran appear and almost before Rand knows it, he’s fleeing his home village with Moiraine, Lan, his friends, and Egwene al’Vere, the innkeeper’s daughter, who wishes to become an Aes Sedai. The conclusion of this volume leaves the travelers on the road to Baerlon, barely ahead of the pursuing Trollocs and Draghkar. But even as they run for their lives, Moiraine and Lan begin to teach the young people what they will need to know to survive in this dangerous world.” 

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I have recently watched the first two seasons of Wheels of Time TV series on Amazon Prime Video and I liked it a lot. It is an excellent fantasy TV series which is unfortunately not very original as it is a mish-mash of many things. It takes a lot from the Arthurian legends, the tolkienian high fantasy as well as a little from Game of Thrones, the Dune movie and even Star Wars. However, it is quite addictive. It is very well written and with superb special effects. It a must-see and I can’t wait for the next season. stars-4-0

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vol. 1, p. 166-167

As it is often the case, I wanted to have more but couldn’t muster yet the courage to tackled Robert Jordan’s lengthy novel series so I settled for reading the comic book adaptation by Chuck Dixon illustrated by Chase Conley originally published by Dynamite and compiled in graphic novel format by Tor Books. I was a little disappointed. The storytelling is good and probably faithful to the book (although some events unfold differently in the TV series) but, if the graphic style is generally fine, the rendering of the characters is sometimes quite sloppy. However, it makes for a good reading and offers an interesting introduction to the world of Wheels of Time. I think I am now ready for the novels…

The Wheel of Time GN #1: The Eye of the World, by Chuck Dixon (Based on the novel by Robert Jordan) and Chase Conley (Illustrator). New York: Tor Books, March 2023. 240 pages, 6 5/8 x 10 1/8 in., US $21.99 / CAN $28.99, ISBN 978-1-250-90001-2. For a teenage readership (12+). stars-3-0

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© 2011 Bandersnatch Group Inc.

Fleurs de pierre, vol. 2

FleursDePierre-2-cov“La paix n’est plus qu’un lointain souvenir. Tout comme l’enfance et l’innocence de Krilo, dont il a été dérobé. La réalité de la nature s’impose à lui, celle de la survie du plus fort. Ses actions de résistant vont le mettre à l’épreuve pendant que Fi semble perdre l’esprit devant les horreurs de la guerre. Quant à Ivan… sa mission se poursuit. Mais pour quel camp, exactement ?

Fidèles à leur politique de redécouverte d’œuvres majeures du patrimoine de la bande dessinée mondiale, les éditions Revival ont décidé de reprendre l’aventure éditoriale de Fleurs de pierre en publiant l’intégrale des aventures de Krilo en 5 volumes entre octobre 2022 et juin 2025.

Le 1er volume a été récompensé du prix du patrimoine lors de l’édition 2023 du festival international de la bande dessinée d’Angoulême”.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Fleurs de pierre (石の花 / Ishi no Hana) est un manga seinen par Hisashi Sakaguchi qui nous offre, chose rare, un drame historique prenant place en Yougoslavie durant la deuxième guerre mondiale. Il a été d’abord publié en feuilletons dans Comic Tom entre mars 1983 et août 1986 avant d’être compilé en six volumes chez Ushio Shuppansha (1984-1986). Une édition française complète, avec une nouvelle traduction par Ilan Nguyen et présentant des planches renumérisées, est publiée aux Éditions Revival depuis octobre 2022 dans un grand format qui offre le sens de lecture original. J’ai déjà commenté le premie volume.

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Vol. 2, p. 79

Krilo s’est joint à un groupe de résistants mais ils ont la vie dure et sont témoins des pires horreurs. Les actions d’un traitre coûtera très cher à son groupe. À bout de vivres et de munitions, ils décident de se joindre aux partisans du front de libération du peuple Yougoslave dirigé par Tito. Krilo s’inquiète pour son frère Ivan qu’il croit être un traître. Fi tente de s’échapper mais est frappé par une voiture et devient aveugle. Nous suivons aussi plusieurs autres personnages qui tentent de survivre aux terribles conditions que l’occupation nazi leur impose. En temps de guerre les circonstances ne s’avèrent jamais être tout à fait noir et blanc…

Ce manga nous offre un très beau récit sur les horreurs de la guerre ce qui en fait un ouvrage toujours d’actualité. Le style de Sakaguchi est certes très classique mais ses traits d’encrage plutôt simple mais réaliste expriment parfaitement l’action et les sentiments des personnages. Toutefois, le récit dans ce volume progresse plutôt lentement. C’est néanmoins un bonne lecture qui mérite notre attention.

Fleurs de pierre, vol. 2, par Hisashi Sakaguchi. Paris: Édition Revival, juin 2023. 280 pages, 21 x 28 cm, 29 € / $49.95 Can, ISBN 979-10-96119-69-1. Pour un lectorat jeune adulte (16+). stars-3-0

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© Hisashi Sakaguchi 2021. © Revival 2023 pour l’édition française.

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L’Humanité invisible (Liu Cixin 13)

HumaniteInvisible-Cixin13-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, qui imaginent les futurs possibles de l’humanité.”

“Depuis la confirmation d’un terrible flash d’énergie solaire, des dizaines de navettes spatiales avaient embarqué le maximum d’espèces terrestres, parties en quête d’un astre habitable. Notre unique et dernière solution pour perpétuer la vie. Et aujourd’hui, le Précurseur revenait enfin, seul survivant, après des années-lumière d’exploration. Dans quel état allait-il retrouver la Terre ?”  [Texte du site de l’éditeur]

“De retour sur Terre après des centaines d’années, Précurseur découvre avec effroi que le flash solaire s’est produit et a ravagé la planète. La vie n’y est désormais plus possible. Mais alors, quels sont ces messages vidéos ?” [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) j’ai poursuivi ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité), cinq (La perfection du cercle), six (Proies et Prédateurs), sept (L’Attraction de la foudre), huit (Brouillage intégral), neuf et dix (La Terre transpercée et L’Ère des anges) ainsi que le onze (Au-delà des montagnes) et le douze (Le calcul du papillon). Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois et il ne m’en reste plus que deux à lire: 14. L’Océan des rêves (août, déjà commenté en anglais) et 15. Les migrants du temps (septembre).

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Vol. 13, p. 24

Cet album adapte la nouvelle 微纪元 (Wēi jìyuán / lit. “La micro époque”) publié en 2001 dans le mensuel chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World). Suite à la découverte qu’un flash d’énergie solaire détruira la Terre, plusieurs vaisseaux d’exploration sont envoyé vers des exo-planètes pour vérifier si elles sont habitables. Seul survivant de ces expéditions, Précurseur revient bredouille sur Terre plusieurs millénaires plus tard (due à la relativité qui cause une dilatation temporelle) pour découvrir que le flash a bel et bien rendu la Terre inhabitable. Toutefois, il reçoit des messages vidéos de bienvenue ! L’Humanité a survécu en se miniaturisant et en vivant comme des microbes dans de minuscules cités souterraines. Son retour déclenchera une nouvelle ère de développement pour l’Humanité…

Dans un style graphique agréable similaire à celui des mangas japonais, Liu Wei fait une excellente adaptation d’un récit de hard-science qui est malheureusement ridiculement invraisemblable. C’est néanmoins une lecture agréable. À lire tout de même par curiosité.

L’Humanité invisible (Les Futurs de Liu Cixin, #13), par Liu Wei (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), juin 2023. 78 pages, 21.6 x 29.2 cm, 17.95 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03803-0. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-2-5

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© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2023 Éditions Delcourt pour la présente édition.

Silo #2-3

Shift (Silo #2)

Shift-cov“In 2007, the Center for Automation in Nanobiotech (CAN) outlined the hardware and software platforms that would one day allow robots smaller than human cells to make medical diagnoses, conduct repairs, and even self-propagate. The technology has an almost limitless capacity for good—but in the wrong hands, it could have an equally boundless capacity for evil.

In the same year, the CBS network re-aired a program about the effects of propranolol on sufferers of extreme trauma. A simple pill, it had been discovered, could wipe out the memory of any traumatic event.

At almost the same moment in humanity’s broad history, mankind discovered the means for bringing about its utter downfall, and the ability to forget it ever happened. With this godlike power at their fingertips, can humanity be trusted to create a new—and better—world? Or is it doomed to bring about its own destruction?” 

[Text from the publisher]

The Shift omnibus (Silo #2) by Hugh Howey. CreateSpace, January 2013. 603 pages. ISBN 9781481983556.

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Capsules

Dust (Silo #3)

Dust-covWool introduced the world of the silo. Shift told the story of its creation. Dust will describe its downfall. In order for a new world to begin, the old one must fall.

Juliette, now mayor of Silo 18, doesn’t trust Silo 1, especially its leader, Donald. But in the world of the Silos, there is no black and white—everything is shades of gray. Donald may not be the monster Juliette thinks he is, and may in fact be key to humanity’s continued survival. But can they work together long enough to succeed?

In Dust, the final book in the New York Times best-selling Silo trilogy, the choices that Juliette and Donald make could lead to salvation . . . or to the death of everyone on the planet.”

[Text from the publisher; see also the backcover]

Dust (Silo #3) by Hugh Howey. Hugh Howey, c2013. 458 pages. ISBN 9781490904382.

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>> Please, read the warning for possible spoilers <<

If you’ve seen the first season of the Apple TV series Silo and you don’t want to know how the story ends STOP READING right now.

In Shift we follow the story of Donald who has just been elected to the U.S. senate. Because he has a background in architecture, he is asked by his mentor, the senator Thurman, to work on a special, secret project. They are building a site to burry nuclear waste near Atlanta and he is asked to design a shelter for the workers in case something goes wrong. It is like a skyscraper with hundreds of levels, but buried into the ground, like a huge silo. Unbeknown to him, Thurman is at the head of an ominous conspiracy. During the war against Iran, he has discovered that the Iranians were working on nanites (or molecular robots) that could target and kill a specific genetic group. To save his country against an eventual attack he decides to develop his own nanites in order to make a preemptive strike. The best way to be ready for an attack is to take the initiative. The silos (not just one but fifty of them, one for each U.S. states) are designed to be an ark to preserve the American culture for several centuries, until the world is habitable again. Thurman organizes the Democratic convention on the site of the silos and then launch an attack forcing each state delegation into its own silo. Silo 1 works differently than the other silos: all non essential personnel (women, children and civilian) have been put into a cryogenic sleep and an administrative crew take shifts to oversee the other forty-nine silos. The memory of everyone is wiped through the use of drugs. “Troy” stops taking his meds and eventually remembers that his name is Donald. His wife, Helen, who was mistakenly taken to another silo, is now long dead. He is not sure why, but he has the feeling that what they are doing is wrong…

The storytelling of this prequel is awkward and is often tedious. The story lacks of the excitements that made the first part a thriller. You are not sure  where it is going and your only reason to continue reading is because you are wondering where it intersects with Juliet story. stars-2-0

With Dust, we pick up again with the story of Juliet. She made it back to Silo 18 but she is determined to rescue her new-made friends from Silo 17. Below Mechanicals, she discovers a digging machine that she uses to excavate a tunnel toward Silo 17. Unfortunately, the digging and the coming of strangers in the silo disturb the order of things and the legitimacy of Juliet as mayor is contested. Lukas and Juliet struggle to maintain order. In Silo 1, Donald discovers the true intentions of Thurman but he is discovered and arrested. Thurman decides to put an end to Silo 18 which trigger a mass exodus toward silo 17, which Thurman doesn’t know is still functional but lacks the resources to sustain its new population of refugees. With the help of Charlotte, Donald’s sister, would Juliet be able to save the survivors of Silo 17 and 18 ?

This third book brings an interesting conclusion to the series. Like Wool, the first volume, it is a thriller that keeps you on the edge of your seat, flipping through the pages as fast as you can read to discover what will happen next. It is a good story that offers a warning against environmental disaster, warmongering, the misuse of science and extreme political ideals that can only lead to destruction. I feel it is a kind of allegory mirroring the political situation of the U.S. where each states live in its own “silo” competing against each other instead of working toward a common goal. The story isn’t as much entertaining as it is a source of reflexion, but you still enjoy it because you have become attached to the characters and care for their survival. I am wondering what the TV series will do with all this… stars-3-5

© 2013 Hugh Howey.

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Indiana Jones and the Dial of Destiny

In 1969, an old Indiana Jones, broken by the death of his son in the war and separated from Marion, is finally retiring from his teaching job. He is visited by Helena, the daughter of his friend Basil Shaw, who seeks an artifact that Indy and Shaw took from some looting Nazis in 1944 and that Indy had promised her father that he would destroy: the Dial of Destiny (or half of it). However the artifact falls into the hands of an old Nazis (somehow helped by the CIA). Ensue a long chase through New York, Morocco and Greece to recover the artifact, finds clues to the location of its second half, recover it and prevent the ex-Nazis to change the course of history.

Meh. If the movie offers good action and is quite faithful to the character, it has nothing really new. My greater complain is that, of course, the Antikythera mechanism (the so-called dial of destiny) didn’t looked like that in reality when it was found, but it is nevertheless a very good plot device for the movie. There are also too many chase and fighting scenes to my taste. I would rather have had more scenes with Archimedes during the siege of Syracuse. The effects for the “de-aged” scenes (in the intro) are quite impressive — but no wonder that the advent of A.I. in movies are worrying the Actors’ Guild as they might not be needed anymore in a near future. Too bad it will also likely be the last Indiana Jones movie.

Over all, if it is not a very exciting movie (rated only 6.6 on IMDb or 69 % on RT), it is still quite enjoyable and entertaining. stars-3-0

DialOfDestinyIndiana Jones and the Dial of Destiny : USA, 2023, 154 min.; Dir.: James Mangold; Scr.: Jez Butterworth, John-Henry Butterworth, David Koepp and James Mangold (based on characters created by George Lucas and Philip Kaufman); Phot.: Phedon Papamichael; Ed.: Michael McCusker, Andrew Buckland and Dirk Westervelt; Prod.: ; Kathleen Kennedy (Lucasfilm), Frank Marshall and Simon Emanuel; Music: John Williams; Distr.: Walt Disney Studios; Cast: Harrison Ford (Dr. Henry “Indiana” Jones Jr.), Phoebe Waller-Bridge (Helena Shaw), Antonio Banderas (Renaldo), John Rhys-Davies (Sallah), Toby Jones (Basil Shaw), Boyd Holbrook (Klaber), Ethann Isidore (Teddy Kumar), Mads Mikkelsen (Dr. Schmidt / Jürgen Voller); Rated: PG. For more information you can visit: GoogleIMDbRotten TomatoesWikipediaYouTube.

[ Traduire ]

Revue de ‘zines [002.023.302]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD HS #25 (Novembre 2022)

dBD-HS-25Ce numéro hors-série est consacrée à l’oeuvre de Wilfrid Lupano et est constitué d’une longue entrevue avec l’auteur sur les thèmes de “Être et Écrire” (avec en aparté des entretiens avec Grégory Panaccione et Pierre Christin), “Approches de la mécanique Lupanienne: Préférences et Références” (avec en aparté un entretien avec Yannick Corboz), “Imaginer des mondes réels” (avec en aparté des entretiens avec Jérémie Moreau, Ohazar et Jean-Baptiste Andréae), “Être auteur sur tous les fronts” (avec en aparté des entretiens avec Stéphane Fert, Lucy Mazel, Laure Garancher et Pozla), et “De vieux mecs et des jeunes blancs-becs” (avec en aparté un entretien avec Christophe Duthuron, réalisateur de l’adaptation cinématographique des Vieux Fourneaux). Le numéro se conclut sur des entrevues (“Du scénario à la planche: Dans l’atelier de…”) avec Mayana Itoïz (dessinatrice du Loup en slip), Léonard Chemineau (dessinateur de La Bibliomule de Cordoue) et Paul Cauuet (dessinateur des Vieux Fourneaux).

Dans ce numéro il n’y a pas d’actualité ni de cahier critique.

Un numéro plutôt décevant à moins que vous soyez un inconditionnel de Lupano. stars-2-5

Capsules

dBD #172 (Avril 2023)

dBD-172Dans le cahier actualités on mentionne la parution d’une nouvelle anthologie de récits de Yoshiharu Tsuge, Désir sous la pluie (Oeuvres 1981-1985), chez Cornélius, de plusieurs adaptations de Georges Simenon en BD chez Dargaud (Le Passager du Polarys par José-Louis Bocquet & Christian Cailleaux, La neige était sale par Jean-Luc Fromental & Bernard Yslaire et la biographie Simenon l’Ostrogoth Cahier 1/3 par Loustal, Bocquet, Fromental & John Simenon), le conte illustré Shamisen par Guilherme Petreca & Tiago Minamisawa chez Ankama, ainsi que Les Métamorphoses Métalliques, le sixième tome de Métal Hurlant aux Humanoïdes associés (un numéro vintage offrant “Polonius” de Picaret & Tardi ainsi que des histoires de Caza, Druillet, Margerin, Moebius, Montellier, Schuiten, etc.).

À la une de ce numéro on retrouve des entrevues avec Éric Dubois (sur l’exposition “Odyssée: aux origines de Blake et Mortimer”) et Jean van Hamme (sur La Flèche Ardente par Van Hamme, Schréder & Cailleaux, qui fait suite à l’album inachevé de Edgar P. Jacobs, Le Rayon “U”). Les entrevues se poursuivent avec le graphiste Frédéric Bosser (sur l’exposition “Étienne + Robial. Graphisme & Collection, de Futuropolis à Canal+”), Thomas Legrain (sur Latah chez Le Lombard), Laurent Galandon & Damien Vidal (sur La Truie, le Juge et l’Avocat chez Delcourt), Loo Hui Phang & Benjamin Bachelier (sur Oliphant chez Futuropolis), Albert Algoud (sur Le prof qui a sauvé sa vie, avec Florence Cestac, chez Dargaud) ainsi que Jérôme Pélissier & Carine Hinder (sur Brume t.1 chez Glénat).

Dans le Cahier Critique je note seulement Evol t.1 par Atsuchi Kaneko chez Delcourt/Tonkam.  Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Shut Hell T.1 par Yu Ito chez Panini, Garden par Usamaru Furuya chez IMHO, Last mission: PK Killer T.1 par AAA & Eri Harada chez Soleil, Soul Eater T.1 par Atsushi Ohkubo chez Kurokawa, Blue Box T.1 par Kouji Miura chez Delcourt/Tonkam, Abara Deluxe par Tsutomu Nihei chez Glénat, A Fake Affair T.1 par Akiko Higashimura chez Le Lézard Noir et Bokko – Stratège T.1 par Sentaro Kubota & Hideki Mori (d’après Kenichi Sakemi) chez Vega (Dupuis).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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dBD #173 (Mai 2023)

dBD-173Dans le cahier actualités on mentionne la parution chez Casterman d’un nouvel album d’Alix, La Reine des Amazones (#41), écrit par Valérie Mangin et dessiné par Chrys Millien (on note d’ailleurs que ce sera cette année le 75e anniversaire de la série créée par Jacques Martin). On retrouve également un article sur la nouvelle collection Kim de Cornélius consacrée au format court.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Tebo au sujet de Qui est ce Schtroumpf ? chez Le Lombard, complétée par un article sur la société IMPS qui détient et gère les droits des Schtroumpfs. Les entrevues se poursuivent avec Richard D Nolane (sur Wunderwaffen T21, avec Maza & Desimir Miljic, chez Soleil), Philippe Pelaez (sur Six T.1 avec Javier Casado chez Dargaud, Ceux qui n’existaient plus T.1 avec Olivier Mangin chez Grand Angle, Dans l’ombre avec Cédrick Le Bihan chez Grand Angle et Furioso T.2 avec Laval Ng chez Drakoo), Takashi Morita (sur la série Arsène Lupin chez Kurokawa), Keko et Carlos Porte (sur Contrition chez Denoël Graphic), ainsi que Olivier Bocquet et Fabio Lai (sur Le métier le plus dangereux du monde T.1 & 2 chez Dupuis).

Dans le Cahier Critique je note surtout Who’s Next T.1 par Kiminori Wakasugi chez Delcourt/Tonkam (Super!; “Entre clin d’oeil aux Who et hommage au cynisme sous toutes ses formes (…) série prometteuse (…) sur le plan de l’humour noir, c’est tou simplement grandiose”), New Normal T.2 par Akito Aihara chez Kana (Super!; “il était évident que le Covid-19 allait inspirer les auteurs (…) qui ne s’intéresse pas à la pandémie en elle-même, mais bien à ses conséquences sociales à long terme”), Conqueror of the Dying Kingdom T.1 par Fudeorca & Muramasa Sabiku chez Doki-Doki (Super!; “Adapté d’un light novel (…) revisite avec une certaine originalité le récit de fantasy. (…) Un premier tome somme toute très solide”), Lethal Experiment T.1 par Yae Utsumi chez Pika (Super!; “shonen confrontant des adolescents à une mort violente (…) explore la part la plus sombre de l’être humain (…) ambiance malsaine (…) une excellente entrée en matière pour les amateurs de thrillers horrifiques”) ainsi que Hachi & Maruru: Chats des rues T.1 par Yuri Sonoda chez Doki-Doki (Bien; “personnages attendrissants (…) intéressantes pistes narratives”).

Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Lost Lad London T.1 (Shima Shinya chez Ki-oon), Your Turn to Die T.1 (Nankidai & Tatsuya Ikegami chez Mana), La Dame de la Chambre Close (Minetaro Mochizuki chez Glénat), Blue Wolves T.1 (Yasuda Tsuyoshi chez Kana), Beauty and the Beast of Paradise Lost T.1 (Kaori Yuki chez Pika), Cheese in the Trap T.1 (Soon Kki chez Kbooks) et En Famille à Tokyo (Julie Blanchin Fujita chez Kana).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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dBD #174 (Juin 2023)

dBD-174Dans le cahier actualités on mentionne l’exposition “Alix: de ville en ville entre Orient et Méditerranée” organisée conjointement par Gallimard et le MuséoParc d’Alise-Sainte-Reine et la parution d’un prequel à l’Incal: Mental Incal par Mark Russell et Yanick Paquette aux Humanoïdes Associés.

À la une de ce numéro on retrouve des entrevues avec Jean-Louis Dauger, Denis Lapierre, Marc Bourgne, et Benjamin Beneteau sur la renaissance de Michel Vaillant avec une “Saison 2” de la série (Michel Vaillant Saison 2, T.12: La Cible par Lapière, Bourgne & Benéteau chez Éditions Graton, Dossier Michel Vaillant T.17: Les 100 ans du Mans par Brun, Eillam & Denayer chez Éditions Graton, et Henri Vaillant T.1: Passion par Bourgne et Stassi chez Éditions Graton). Les entrevues se poursuivent avec Fabrice Erre (sur Les trois Mousquetaires T.1 avec Gilles Rochier chez Casterman, et La drôle de guerre de Papi et Lucien T.2, avec Téhem chez Éditions Auzou), Margaux Meissonnier (sur Pharoewère chez Magnani), Jordan Mechner (sur Replay chez Delcourt) et Elisabeth Jammes (sur Fortuna T.1: La demeure de passage chez Bayard). On retrouve également le très intéressant article de Laurent Lefebvre, “Les Fleurs de l’An 24: Le manga au féminin”, sur les mangaka qui ont revitalisé le shōjo au début des années 70: Keiko Takemiya (Destination Terra chez Naban), Riyoko Ikeda (La Rose de Versailles chez Kana) et Moto Hagio (Le Clan des Poe chez Akata).

Dans le Cahier Critique je note surtout Kujô l’Implacable T.2 par Shohei Manabe chez Kana (Bien; “l’intrigue se densifie (…) recours massif à la photographie”), et Timebomb Teacher T.1 par Yanagi Takakuchi chez Panini (Super!; “pas d’une originalité dingue (…) hyper captivant (…)une touche WTF?!”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: L’étranger (Albert Camus et Kurumado Ryota chez Michel Lafon), Toah’s Ark: Livre des Anima (Kenshiro Sakamoto chez Kana), Murder X Murder (Yuji Takezoe chez Omake), Demons Star (Abe Shuji & Shin Mikuni chez Michel Lafon), Nights with a cat T.1 (Kyuryu Z chez Glénat), Sleepy Boy (Marika Herzog chez Ankama), Romantic Killer T.1 (Wataru Momose chez Soleil) et Gachiakuta (Kei Urana chez Pika).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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 Métal Hurlant N°3 (juin 2022)

MH3Ce numéro en est un de “Création” (histoires inédites) qui regroupe 23 courts récits et 7 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème de “Vacances sur mars”. Comme pour les numéros que j’ai commenté précédemment, la plupart des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas vraiment de mon goût mais j’ai trouvé tous ces courts récits intéressants et qui méritaient d’être lu (j’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants).

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Red” (Virginie Augustin, 7 p.), “Ressource” (Nikolai Pisarev, 9 p.), “Ailleurs” (Aimée De Jongh, 7 p.), “Une belle et grande famille” (scénario de Homero Rios et dessin de Ninja Jo, 9 p.), “Escale sur Goldo-Gaï” (scenario de François Corteggiani et dessin de Marc Caro, 5 p.), “David Jones” (Richard Guérineau, 9 p.), “Le protocole” (Jonathan Djob Nkondo, 8 p.), “Exolove” (Scénario de Marc Caro et dessin de Jorg De Vos, 11 p.), “Overload” (Elgo, 15 p.), “À la recherche du Mob” (Jean Dalin, 11 p.), “David William Hugues 2007-2053” (scénario de Jerry Frissen et dessin de Afif Khaled, 9 p.), “Rencontre du mauvais type” (scénario de Otto Maddox et dessin de Antoine Dodé, 5 p.), “SOS” (Elie Huault, 11 p. ), “Rétrograde” (scénario de Karla Pacheco et dessin de Sagar, 10 p.), “L’Énigme” (Laurent Siefer, 11 p.), “Éternité Perdue” (scénario Nicolas Tellop et dessin Pierre Jeanneau, 9 p.), “Triangle d’été” (Toru Terada, 15 p.), “Night Mare Motel” (Eleane Usdin, 15 p.), “Le messager” (Peter Snejbjerg, 7 p.), “Tolliver Jakes le gouverneur de mars” (scénario Mark Waid et dessin Fabien Grolleau, 13 p.), “Réconfort” (Ryan Barry, 13 p.), “Les tomates de la planète rouge” (James Stokoe, 7 p.), et “L’arbre à sang” (Frederik Peeters)

Une bonne lecture quand même. stars-3-0

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 Métal Hurlant N°4 (août 2022)

MH4Un numéro “Vintage” qui regroupe 25 courts récits et 4 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale mais je note surtout deux entrevues avec Philippe Druillet et Jean-Michel Nicollet) sur le thème de “L’Home est bien petit”. Comme pour les numéros que j’ai commenté précédemment, même si certains des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas vraiment de mon goût, j’ai tout de même trouvé tous ces courts récits intéressants et qu’ils méritaient d’être lu (j’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants).

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “L’Homme est-il bon?” (Moebius, MH #10 [1976], 10p. ), “Quetzal” (Michel Halmos, MH #31 [1978], 8 p.), “Sans famille” (Nicole Claveloux, MH #45 [1979], 8 p.), “Le cas du fils Yamamoto” (Michio Hisauchi, MH #61bis [1981], 11 p.), “Chute Libre” (scénario Michel Imbert et dessin de Philippe Gauckler, MH #71 [1982], 8 p.), “Paradise Lost” (scénario Victor Mora et dessin Carlos Giménez, MH #36bis [1978], 7 p.), “Pas de linceul pour Billy Brakko” (Marc Caro, MH #27 [1978], 5 p.), “Vacances” (Dominique Hé, MH #21 [1977], 3 p.), “Rockblitz” (Sergio Macedo, MH #10 [1976], 10 p.), “La conquête de Pluton” (Frank Margerin, MH #28 [1978], 7 p.), “Retour à la nature” (Jean-Claude Mézières, MH #41 [1979], 8 p.), “Vuzz” (Philippe Druillet, MH #15 [1976], 21 p.), “Les aventures d’Yrris” (scénario Philippe Druillet et dessin Alexis, MH #3-4 [1975], 16 p.), “Albinos” (Beb-Deum, MH #91 [1984], 6 p.), “L’homme de sable” (scénario Philippe Paringaux et dessin Loustal, MH #61bis [1981], 6 p.), “Démographie: Compression de personnel” (Francis Masse, MH #7 [1976], 4 p.), “Les chants de Maldoror” (Palacios, MH #77 [1982], 16 p.), “Baltard 3” (scénario Rodolphe et dessin Didier Eberoni, MH #65 [1981], 6 p.), “Exterminateur 17” (scénario Jean-Pierre Dionnet et dessin Enki Bilal, MH #11-19 [1976/77], 13 p. ), “La crevasse” (Luc et François Schuiten, MH #43 [1979], 8 p.), “Au-delà des étoiles” (Serge Clerc, MH #44 [1979], 11 p.), “Face à Face” (Chantal Montellier, MH #133 [1987], 6 p.), “Sans titre” (Yves Chaland, MH #29 [1978], 6 p.), “Miracle” (Keleck, MH #24 [1977], 3 p.), et “Monsieur” (Jean-Michel Nicollet, MH #17 [1977], 8 p.).

Un numéro exceptionnel. stars-4-5

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 Métal Hurlant N°6 (février 2023)

MH6-CoverKiosque.inddUn numéro “Vintage” qui regroupe 20 courts récits et 4 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème des “Métamorphoses Métalliques”. Comme pour les numéros que j’ai commenté précédemment, la plupart des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas vraiment de mon goût mais j’ai trouvé tous ces courts récits intéressants et qu’ils méritaient d’être lu (j’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants).

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Polonius” (scénario de Picaret et dessin de Jacques Tardi, MH #8-11 [1976], 20 p.), “Phantasme & Phasme” (Marc Caro, MH #81bis [1982], 4 p.), “L’univers en bien petit” (Moebius, MH #11 [1976], 8 p.), “L’esprit du jeu” (Alias, MH #37 [1979], 12 p.), “Blue Arrow” (scénario Rodolphe et dessin Didier Eberoni, MH #71-72 [1982], 24 p.), “Machine Célibataire” (Jean-Michel Nicollet, publié en album aux Humanos [1979], 8 p.), “Le camping rouge” (scénario Philippe Manoeuvre et dessin Luc Cornillon, MH #90 [1983], 9 p.), “Sanguine” (Caza, MH #12 [1976], 6 p.), “Nid d’espions à Alpha-Plage” (Serge Clerc, MH #76 [1982], 13 p.), “London Girl” (Kent Hutchinson, MH #73bis [1982], 5 p.), “Jules l’Éclair” (scénario Jean-Pierre Dionnet et dessin Mandryka, MH #2, 3 et 5 [1975/76], 3 p.), “Rock ma Banlieue!” (Tramber et Jano, MH #45bis [1979], 8 p.), “17 rue Monsigny” (Paul Gillon, MH #100 [1984], 2 p.), “Kamikaze Electrik” (Beb-Deum, MH #110 [1985], 6 p.), “Paradis 9” (collectif, MH #19 [1977], 24 p.), “Gail” (Philippe Druillet, MH #18 [1978], 16 p.), “L’esclavage c’est la liberté” (Chantal Montellier, publié en album aux Humanos [1984], 10 p.), “Rickie banlieue et ses riverains” (Frank Margerin, MH #39bis [1979], 8 p.), “Scalpel Rock” (scénario Dodo et dessin Jano, Tramber, Ben Radis et Margerin, MH #4 [1981], 7 p.), et “Le tailleur de brume” (Luc et François Schuiten, MH #53 [1980], 14 p.).

Une excellente lecture. stars-4-0

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Entre autres nouvelles

À noter la parution à la fin octobre 2023 d’un nouvel album d’Astérix par Fabcaro & Conrad: #40 L’Iris blanc. Et il ne faut pas non plus oublier l’album illustré L’Empire du Milieu, par Olivier Gay & Fabrice Tarrin (paru en février 2023) qui adapte le récent film de Guillaume Canet

À noter aussi la parution chez Casterman d’un autre album d’Alix: Le Bouclier d’Achille (#42) écrit par Roger Seiter et dessiné par Marc Jailloux 

À noter également que Noeve grafx publie Five Star Stories par Mamoru Nagano.

Dans sa collection Héritage, Akata a également publié en octobre 2023 Autant en emporte la brume (霧のなかの少女 / Kiri no Naka no Shōjo / lit. “La fille dans le brouillard”  publié au Japon en 1968) par Eiko Hanamura et Confidences d’une prostituée (娼婦ナオミ夜話 / Shōfu Naomi Yawa / lit. “Discussion nocturne avec la prostituée Naomi” publié au Japon en 1972) par Takao Saitô.

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Le calcul du papillon (Liu Cixin 12)

CalculDuPapillon-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour imaginer les possibles futurs de l’humanité.”

“Belgrade sous les bombes. L’organisme de la petite Katya rejette sa récente greffe de rein. Son père, Alexsander, cherche un supercalculateur pour déterminer les coordonnées terrestres exactes d’où provoquer la formation d’un épais brouillard. Pour donner le répit nécessaire au rétablissement de sa fille, pour sauver leurs vies… Les premières coordonnées indiquent le désert malien…”  [Texte du site de l’éditeur]

“Pour stopper les bombardements de l’OTAN, Aleksander a mis au point une modélisation mathématique capable de lui indiquer les coordonnées terrestres d’où provoquer un épais brouillard. Mais il a besoin d’un supercalculateur.” [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) j’ai poursuivi ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité), cinq (La perfection du cercle), six (Proies et Prédateurs), sept (L’Attraction de la foudre), huit (Brouillage intégral), neuf et dix (La Terre transpercée et L’Ère des anges) ainsi que le onze (Au-delà des montagnes). Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois et il ne m’en reste plus que trois à lire: 13: L’Humanité invisible (juin), 14. L’Océan des rêves (août, déjà commenté en anglais) et 15. Les migrants du temps (septembre).

CalculDuPapillon-p005

v. 12, p. 5

Cet album adapte la nouvelle 混沌蝴蝶 (Hùndùn húdié / lit. “Papillon du chaos”) publié en 2001 dans le mensuel chinois 科幻大王 (Kēhuàn dàwáng / lit. “Roi de la science-fiction”). Avec l’aide d’un super-ordinateur russe, un scientifique Yougoslave tente d’utiliser la théorie du chaos et l’effet papillon pour provoquer un brouillard qui empêchera les bombardements ennemi afin de donner un répit pour le traitement de sa fille gravement malade. 

Encore une fois Liu Cixin mélange politique internationale et science (qu’il pousse aux limites du vraisemblable — et cette fois il les dépasse largement) pour nous offrir un intéressant récit de hard-science qui nous interroge sur la nature humaine et les capacités de notre savoir. C’est toutefois son récit le moins crédible de la série. L’adaptation narrative et le style graphique de Dan Panosian est néanmoins fort agréable. À lire tout de même par curiosité.

Le calcul du papillon (Les Futurs de Liu Cixin, #12), par Dan Panosian (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), mai 2023. 80 pages, 21.8 x 29.8 cm, 19.99 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03804-7. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2022 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2022 Éditions Delcourt pour la présente édition.

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