Excroissance

J’ai tant cherché la lumière
Que telle une plante de l’ombre
J’ai poussé de guingois

Mes frèles racines s’enfoncent
Désespérément dans l’humus malodorant
D’un passé ténébreux

Ma carcasse noueuse
Et mon pâle feuillage s’étirent
Dans une quête infructueuse
Vers des lendemains embrumés

J’ai ployé sous la lourdeur
De mon espoir futile
Tellement que même mon âme
Est maintenant tordue…

Isléaval
1984/11/14•19

InscriptionsPublié originalement (page 43) dans Inscriptions sur une pierre tombale icosaédrique datant de 1986, par Claude J. Pelletier. Laval: Publications Ianus, Février 1990. 54 pages. ISBN 2-9801683-1-9. Édition limitée à soixante-quinze exemplaires.  [ BAnQWorldCat ]

Série “Poésie du dimanche” : La danse du cafardDivagation sous la pluie • RideauJe veux m’évader [Et pourtant je suis libre!] • Sabbat • Vision morbide en rondel • L’attente • La sentence du sonnet En la demeure d’Hadès Car elle était mortelle 

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Note : Ceci est un sonnet inversé (les tercets d’abord suivi des quatrains), complètement hétérométrique et sans rimes. Chaotique (et tordu comme son sujet), il ne respecte aucune forme (quoiqu’ il y a une prédominance de vers octosyllabique [7/8/6, 8/12/6, 6/9/8/8, 7/6/8/6] et de rimes féminines [F/F/M, F/M/M, F/F/F/M, M/F/F/F])…

Car elle était mortelle

Car_elle_etait_mortelle_(1-93)

[ Illustration par Miyako Matsuda ]

Car elle était mortelle
Et moi je rêvais de sa tendresse
Je serais descendu
Et je l’aurais cueillie

J’aurais exposé la candeur
De ses frêles pétales roses
S’ils n’étaient condamnés à se flétrir
Dès que je les eusse humés

Ô ! Douce Panthée !
Y a-t-il un monde
Où nous puissions nous rejoindre
Sans l’un et l’autre se blesser
Sur l’aiguillon cruel
De la vie immortelle
Où suinte le poison amer
De ce qui ne peut être ?

Ma tristesse est si grande
Que d’elle naît un monde cristallin
Enveloppant un océan de larmes retenues
Qui frémissent avec lenteur
Au cri de ma mélancolie
Mon désir est si vaste
Que son rift rencontre parfois l’océan
En un grondement de vapeur iridescente

Dans ma nuit éternelle
J’attendais son jour chaud et vif
Mais il ne vint pas éclairer mon récif
Car elle était mortelle…

Isléaval
1984/11/03

InscriptionsPublié originalement (page 41) dans Inscriptions sur une pierre tombale icosaédrique datant de 1986, par Claude J. Pelletier. Laval: Publications Ianus, Février 1990. 54 pages. ISBN 2-9801683-1-9. Édition limitée à soixante-quinze exemplaires.  [ BAnQWorldCat ]

Série “Poésie du dimanche” : La danse du cafardDivagation sous la pluie • RideauJe veux m’évader [Et pourtant je suis libre!] • Sabbat • Vision morbide en rondel • L’attente • La sentence du sonnet En la demeure d’Hadès 

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Note: Ici, aucune forme, métrique ou rimes. Seulement un certain rythme et des images suggérées… C’est une forme de poème en prose (poésie prosaïque ?). Coïncidence étrange, ce poème a été écrit il y a trente-cinq ans, jour pour jour !

Le nom de Panthée ne fait pas référence au personnage mythologique (roi de Thèbes) ou littéraire (dans la Cyropédie de Xénophon elle est la femme d’Abradate; elle réapparait souvent chez les modernes, par exemple dans la tragédie de Tristan L’Hermite ou même dans Prometheus Unbound de Shelley, et inspire aussi le court leitmotiv de Satie). Je fais plutôt allusion à la maîtresse de Lucius Verus [1] (sur lequel je travaillais à l’époque [2]). Il l’aurait rencontré à Antioche durant la campagne contre les Parthes; elle est mentionnée par Marcus Aurelius (Pensées: VIII, 37) et Lucien de Samosate la décrit comme une femme d’une beauté exceptionnelle (dans Les portraits / Εικόνες / Imagines). Toutefois, ici, je mets surtout l’accent sur le sens grec du nom [3] pour suggérer une femme idéale, qui incarne toutes les qualités féminines…

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[1] “Lucien, également du IIe siècle, fait dire, dans ses Εικόνες, par un des personnages, que Verus est un empereur « grand, bon et aimable ». Cette œuvre curieuse célèbre la grande beauté physique et morale d’une femme, nommée Panthée, que Verus a dû connaître à Antioche et qui a peut-être été sa maîtresse. Telle que  Marc-Aurèle nous la représente dans ses Pensées (VIII, 37), pleurant Verus sur sa tombe, longtemps après sa mort, elle ne donne  point l’impression d’être une de ces femmes légères auxquelles Antioche devait sa renommée à cette époque.” [ P. Lambrechts , “L’empereur Lucius Verus. Essai de réhabilitation” in L’antiquité classique, Tome 3, fasc. 1, 1934. pp. 173-201]

[2] Étrangement, c’est ce même texte de Lambrechts, cité plus haut, qui m’a inspiré et qui me servi de base pour l’argumentaire de mon mémoire de maîtrise — sur Lucius Verus et l’image qu’en a rendue la Vita Veri de l’Histoire Auguste — sur lequel j’ai travaillé entre 1984 et 1987. C’est incroyable toute l’information que l’on retrouve sur l’internet de nos jours. Si seulement cela avait existé à l’époque !

[3] πάνθειος / pantheios : « commun à tous les dieux », qui réunit les attributs de toutes les divinités.

En la demeure d’Hadès

Où sont ces matins de printemps rieurs
Et ces après-midi calmes d’été
Où nous avions encore le temps de cueillir les fleurs
Et d’aller aux champs pour nous y amuser

Je ne vois plus que des carcasses d’arbres
Qui tendent leurs branches nues au fouet du vent
L’univers s’est figé dans la froideur du marbre
Et un désert blanc s’est substitué aux champs

C’est l’hiver éternel qui envahit mon esprit
C’est une prison de métal qui enferme mon coeur
Dans ma nuit, je rêve et je prie
Mon passé est mort et je le pleure

Mon sommeil est troublé par le poids de mes chaînes
Et mes chairs sont meurtries par une folle cadence
Je m’enveloppe d’un manteau de haine
Pour attendre que vienne ma renaissance

Isléaval
1983/12/03

InscriptionsPublié originalement (page 39) dans Inscriptions sur une pierre tombale icosaédrique datant de 1986, par Claude J. Pelletier. Laval: Publications Ianus, Février 1990. 54 pages. ISBN 2-9801683-1-9. Édition limitée à soixante-quinze exemplaires.  [ BAnQWorldCat ]

Série “Poésie du dimanche” : La danse du cafardDivagation sous la pluie • RideauJe veux m’évader [Et pourtant je suis libre!] • Sabbat • Vision morbide en rondel • L’attente • La sentence du sonnet

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Note: Baudelaire chérissait beaucoup la forme comportant quatre quatrains en alexandrins. Je m’en suis beaucoup inspiré, quoique je les ai presque toujours présenté de façon hétérométrique. En effet, la seule constance ici est la rime (ABAB, quoique généralement pauvre) alors que la métrique (10/10/14/11, 10/12/12/12, 13/14/8/9 et 12/13/10/11) et le genre des rimes (M/M/M/M, F/M/F/M, M/M/F/F et F/F/F/F) varient constamment ! J’ai toujours considéré qu’en poésie les règles étaient faites pour être brisées !

Note extra (2019/12/09): En me relisant, je viens de réaliser que ce poème fait allusion à la fin de l’innocence de l’enfance (le “printemps rieur”) et à la douloureuse oppression créée par le deuil (“une prison de métal”) — ma soeur ainée étant décédée (“Mon passé est mort et je le pleure”) dans un accident quelques mois plus tôt (en août).

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La sentence du sonnet

Dans la froide étincelle de septembre
La voix des irréelles Immortelles se fait entendre
Douce crécelle qui morcelle l’ennui de la noire prison
Où, dans un frisson, s’entend encore une oraison

“La perfidie de ces siècles de barbarie”, disent-elles
“A sonné le glas de leurs complices ici-bas
Que le moindre faux-pas condamnera au trépas
Ne survivront à l’utopie que les infidèles”

Par une étrange alchimie mes exhalaisons se parsèment
Dans le cimetière, irradiant une froide lumière
Au travers des cyprès où le vent chante un requiem

Et les voix des Immortelles me tirent de ma tourbière
L’incroyant s’éveille car les anges ont crevé l’abcès
Et les mortels blèmes paient enfin leurs excès

Isléaval
1982/09/23

InscriptionsPublié originalement (page 35) dans Inscriptions sur une pierre tombale icosaédrique datant de 1986, par Claude J. Pelletier. Laval: Publications Ianus, Février 1990. 54 pages. ISBN 2-9801683-1-9. Édition limitée à soixante-quinze exemplaires.  [ BAnQWorldCat ]

Série “Poésie du dimanche” : La danse du cafardDivagation sous la pluie • RideauJe veux m’évader [Et pourtant je suis libre!] • Sabbat • Vision morbide en rondel • L’attente 

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Note: le sonnet est une forme poétique composée de quatorze vers divisés en deux quatrains et deux tercets qui doivent rimer selon une forme stricte (qui comporte cependant plusieurs variantes). De plus, la longueur du vers (la métrique syllabique) n’est pas fixe (en français) mais reste généralement isométrique. Comme à mon habitude, je m’inspire de la forme mais ne la respecte pas: ici mes vers n’ont aucune isométrie et suivent un schéma chaotique (AABB CDDC EFE FGG) et non une des variantes traditionnelles (sonnet pétrarquin: ABBA ABBA CDE CDE, marotique: ABBA ABBA CCD EED, Peletier: ABBA ABBA CCD EDE, ou élisabéthain: ABAB CDCD EFEF GG). Par contre la rime a souvent une résonance à l’intérieur même du vers allant parfois jusqu’à l’assonance ou l’allitération

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L’Attente

Je flotte dans ma nuit funèbre
La gorge serrée par mon propre deuil
Qui, à vingt ans, me condamna au cercueil
Plongeant mon esprit dans d’étranges ténèbres

J’attends depuis mille ans le céleste accueil
Dans mon attente j’ai froid, dans cet ossuaire
Où nous étions trop nombreux, même naguère
Quand viendra notre jour, à nous qui sommes sur le seuil ?

Isléaval
1982/09/23

InscriptionsPublié originalement (page 33) dans Inscriptions sur une pierre tombale icosaédrique datant de 1986, par Claude J. Pelletier. Laval: Publications Ianus, Février 1990. 54 pages. ISBN 2-9801683-1-9. Édition limitée à soixante-quinze exemplaires.  [ BAnQWorldCat ]

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Vision morbide en rondel

Hier, j’ai pleuré ma propre mort
Étendu sur ta tombe, j’ai répandu ma vie
Car mon navire s’appelait Utopie
Et le naufrage le prit au sortir du port

On descend ce cercueil où je dors
Ils sont tous là, interdits
Hier, j’ai pleuré ma propre mort
Étendu sur ta tombe, j’ai répendu ma vie

Ainsi tel est mon sort
Tout n’est qu’une funeste tragédie
Que je joue, muet, mal-mort

Hier, j’ai rêvé ma propre mort.

Isléaval
1982/09/22-23

Publié originalement (page 31) dans Inscriptions sur une pierre tombale icosaédrique datant de 1986, par Claude J. Pelletier. Laval: Publications Ianus, Février 1990. 54 pages. ISBN 2-9801683-1-9. Édition limitée à soixante-quinze exemplaires.  [ BAnQWorldCat ]

Série “Poésie du dimanche” : La danse du cafardDivagation sous la pluie • RideauJe veux m’évader [Et pourtant je suis libre!] • Sabbat

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Note: le rondel est un forme poétique — qui n’est pas respecté ici mais qui a servi d’inspiration. J’ai toujours résisté à l’envie d’y faire un petit ajout pour le conformer à la forme…

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Sabbat

Une étrange lumière brillait dans ses yeux
Sous la lune grosse, nous unîmes nos voeux

Nous avons ôté toute cette mascarade
Ceci est ton corps, ceci est mon sang
J’ai sacrifié mon âme à ce dieu délirant
Et ma digue, brisée, battit la chamade
Se vida par saccades, en elle gisant inerte

Nous sommes morts enlacés mais revivrons, certes
Nous avons donné notre chair pour oublier le temps
L’offrande acceptée scella notre engagement

Alors j’ai bu ma semence offerte
Dans le calice de ses cuisses entr’ouvertes

Sabbat…
De rêve…
Ébats…
Sans trêve…

C’était une nuit de sabbat
Cérémonie magique d’ici-bas…

Isléaval
1981/11/14

Publié originalement (page 29) dans Inscriptions sur une pierre tombale icosaédrique datant de 1986, par Claude J. Pelletier. Laval: Publications Ianus, Février 1990. 54 pages. ISBN 2-9801683-1-9. Édition limitée à soixante-quinze exemplaires.  [ BAnQWorldCat ]

Série “Poésie du dimanche” : La danse du cafardDivagation sous la pluie • RideauJe veux m’évader [Et pourtant je suis libre!]

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Je veux m’évader

Je_veux_m_evader_(4-93)

[ Illustration par Miyako Matsuda ]

[ Et pourtant je suis libre! ]

Je rêve que la mort descend sur moi
Me promettant d’autres mondes, mes joies
Toute noire vêtue, elle est belle
Heureux, je m’envole sur ses ailes
Tel une ombre planant au-dessus de la terre

Je rêve aux déesses de la mer
Jouant avec elles à quelques jeux pervers
Abandonnant mon corps à leurs vagues
Je plonge en elles, dans leurs eaux opaques
Je délaisse la vie, je ne sais plus qu’en faire…

Isléaval
1980/12/02

Publié originalement (page 23) dans Inscriptions sur une pierre tombale icosaédrique datant de 1986, par Claude J. Pelletier. Laval: Publications Ianus, Février 1990. 54 pages. ISBN 2-9801683-1-9. Édition limitée à soixante-quinze exemplaires.  [ BAnQWorldCat ]

Série “Poésie du dimanche” : La danse du cafardDivagation sous la pluie • Rideau

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Rideau

J’aurais envie de peindre en clair
Cette vie qui m’est chère
Afin de de ne pas l’oublier
Lorsque je l’aurai quittée

Paysage plein de couleurs
Où une douce saison se meurt
Mon regard, avec espoir, y court
Pour y trouver quelques secours

Le vent siffle sur mon seuil
Arrachant quelques dernières feuilles
Force d’une planète tant aimée
Que l’Homme n’a de cesse de dompter

Malgré ces arbres qui ploient sous le vent
Et ces feuilles qui dansent follement
Je me dis que rien ne peut plus durer
Et que tout finira par ÉCLATER!

Isléaval
1980/10/26

Publié originalement (page 21) dans Inscriptions sur une pierre tombale icosaédrique datant de 1986, par Claude J. Pelletier. Laval: Publications Ianus, Février 1990. 54 pages. ISBN 2-9801683-1-9. Édition limitée à soixante-quinze exemplaires.[ BAnQWorldCat ]

Série “Poésie du dimanche” : La danse du cafardDivagation sous la pluie …

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Divagation sous la pluie

Il est des nuits
Où la mélancolie
Des jours d’espoir
Nous étreint dans le noir

La tristesse de l’âme
Brise la nuit telle une lame
Laissant quelques écueils
Pourrissant sur le seuil
D’un esprit qui s’abime
Au coeur d’insensible rimes

Le tambourinement
Le sonore éclatement
De ce ciel crachant
Son fiel-océan
Transperce l’esprit
Du penseur accroupi

Il est des nuits
Où l’âme s’éprend sans bruit
D’un néant futile
Envahissant ses pensées graciles

Je cherche mon accomplissement
Dans ces vers sans but
Qui sont issus
De mon crépuscule vivant

Écrit sur les rives du lac Daphné
À St-Éloi de Paxton
1980/07/22

Publié originalement (page 19) dans Inscriptions sur une pierre tombale icosaédrique datant de 1986, par Claude J. Pelletier. Laval: Publications Ianus, Février 1990. 54 pages. ISBN 2-9801683-1-9. Édition limitée à soixante-quinze exemplaires.  [ BAnQWorldCat ]

Série “Poésie du dimanche” : La danse du cafardDivagation sous la pluie …

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La danse du cafard

Il y a des jours comme ça
On ne vit que pour dormir
Il y a des jours comme ça
On a le goût de tout maudire

On a le cafard
On a peur du brouillard
On ne vit que pour dormir
Que pour en finir
Avec ces jours moches
Et ces nuits atroces

Il y a des jours comme ça
On se sent si las
On ne peut même plus sourire
On ne vit que pour dormir

On n’envie que la nuit
Et les rêves de l’oubli

Je vis en silence
Évitant de sombrer
Tel un navire immense
Dans l’océan de l’éternité

Isléaval
S.D. (probablement 1972)

Publié originalement (page 15) dans Inscriptions sur une pierre tombale icosaédrique datant de 1986, par Claude J. Pelletier. Laval: Publications Ianus, Février 1990. 54 pages. ISBN 2-9801683-1-9. Édition limitée à 75 exemplaires. [ BAnQ • WorldCat ]

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Three haïku

I’d rather sleep and dream
Than live in this hurtful world —
Will the eternal night ever come ?

⊕­­­­ ­­­ ­­­ ­­⊕­ ­­­ ­­­ ­­⊕

Like for the law-men the librarian’s motto
Should always be “serve and protect” —
Protect the books and serve the readership !

⊕­­­­ ­­­ ­­­ ­­⊕­ ­­­ ­­­ ­­⊕

My haïku will always be free
As they are not bound by any form
But still cost me dearly to spawn

⊕­­­­ ­­­ ­­­ ­­⊕­ ­­­ ­­­ ­­⊕

[ Traduire ]

Nous rêvions de robots

NousRevionsDeRobots-cov“De la terre fertile et tangible d’une enfance agricole ardue, rêveuse et sensuelle, à l’enfermement d’un futur dématérialisé à la suite de la Grande Captation numérique, une femme raconte ses transformations physiques et amoureuses, la persistance de sa nature humaine. Comment conserver la mémoire de l’être et des sensations sur le chemin de la post-humanité ? Comment résister à l’entreprise totalisante à l’œuvre derrière les machines ? Avec Nous rêvions de robots, quelque part entre Asimov et Volodine, Isabelle Gaudet-Labine propose un récit de science-fiction décliné en poèmes, duquel n’est conservé que le plus précieux, le frisson, la beauté et le secret, pour affirmer l’humain.

À l’envers de toi / Philéa-2 zéro-2 / je suis / ce que je ne sais pas…”

[Texte du site de l’éditeur et du rabat intérieur]

Un collègue avait suggéré hier de profiter de l’heure gagnée par le retour à l’heure normale pour lire un court roman. Je me suis dit que ce serait l’occasion idéale pour m’attaquer à ce court recueil de poésie dont j’appréhendais la lecture depuis l’été…

D’emblée je dois avouer que je préfère écrire de la poésie qu’en lire. Toutefois, lorsque j’en lis, je l’approche un peu comme j’approche l’art : je préfère de beaucoup l’art figuratif à l’art abstrait. J’aime comprendre ce que je vois/lis sans devoir constamment l’analyser comme un puzzle. Je préfère donc des poètes lyrique comme Beaudelaire ou Nelligan, dont la lecture évoque des sentiments, des impressions, des souvenirs, des rythmes, auxquels je peux facilement m’identifier, sans nécessairement avoir une trame narrative. Il s’agit d’évoquer des sentiments par allégorie, bien sûr, mais ce que l’auteur veux exprimer demeure tout de même relativement clair même si l’expérience personnelle de l’auteur qui génère ce sentiment ne l’est pas toujours. 

De nos jours, chez les poètes modernes, cette clarté est rarement présente, ce qui fait que j’évite d’en lire. Toutefois, la promesse d’une poésie de science-fiction était irrésistible pour moi et, envahit par la curiosité (et ayant rencontré l’auteure à Boréal l’été dernier), j’ai décidé de tenter l’aventure avec Nous rêvions de robots, par Isabelle Gaudet-Labine.

Malheureusement, malgré tout mes efforts, cette lecture fut ressenti comme une corvée. Les mots n’évoquaient pas de sentiments, et les images ne se formaient dans mon esprit qu’avec difficulté. Mais que veut-elle donc exprimer?

Le recueil est divisé en trois parties. J’ai réussi à apprécier un peu la première, où l’auteure relate son passé agricole, car je pouvais assez bien suivre ce qu’elle tentait d’exprimer. Le présent, envahit par l’informatique, était lui beaucoup plus difficile à déchiffrer et la lecture en était donc dépourvue de plaisir. Le futur robotisé quant à lui était plutôt amusant puisque l’auteure ici tente, non pas d’exprimer des sentiments, mais plutôt de raconter une histoire fictive, à l’aide de ses strophes et de ses rythmes brisées. “Qu’une fiction m’efface / de la Grande Capture / Je deviens fée / dans la forêt des machines

Je ne regrette pas d’avoir assouvie ma curiosité même si l’expérience n’a pas été aussi agréable que j’aurais voulu. Ce ne fut pas une heure perdue mais cela a confirmé ma méfiance envers la poésie moderne. Toutefois si, contrairement à moi, vous savez l’apprécier je suis sûr que vous passerez de bons moments avec Nous rêvions de robots

Nous rêvions de robots, par Isabelle Gaudet-Labine. Chicoutimi: Éditions La Peuplade, septembre 2017. 108 pg. $19.95. ISBN 978-2-924519-57-8. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-2-0

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBAnQBiblioGoodreadsGoggleWorldCat ]

© 2017 Isabelle Gaudet-Labine • Éditions La Peuplade.

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Automne au Parc de l’Île-de-la-Visitation

Rendons Grâce à la Terre
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Pour tous les bienfaits qu’Elle procure
— Pourquoi abuser une Mère généreuse?

Fall at Île-de-la-Visitation park

Give Thanks to Earth
For all the bounties She procures
— Why abuse a generous Mother?

Fall at Île-de-la-Visitation park Fall at Île-de-la-Visitation park

Fall at Île-de-la-Visitation park Fall at Île-de-la-Visitation park

Rhamnus cathartica / Moulin du Sault-au-Récollet
Fall at Île-de-la-Visitation park Fall at Île-de-la-Visitation park

Voir photos de ma visite précédente

(Nikkon D3300 / iPhone 6s, document.write(“”); Parc de l’Île-de-la-Visitation, 2016-10-09)
P.S. Bonne Action de Grâce à tous ! / Happy Thanksgiving for all (Canadians)

Image du mer-fleuri

Fleurs d’automne
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Quelques couleurs tardives
Couverture de feuillage morne
— Présages d’une longue torpeur

Fall flowers
(iPhone 6s, document.write(“”); 2016-10-02)

Image du mer-fleurie

L’automne est à nos porte —
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La douce fébrilité de l’été
Bientôt ne sera qu’un souvenir

Beez
Laborieuses abeilles sur un soleil

Sunflower & bee Sunflower & bee 2
(Nikon D3300, document.write(“”); 2016-08-08)
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Haïku

Le chat curieux accepte tant la main de l’étranger
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Que la caresse douce du soleil de la fin août
— Qu’il est bon parfois de ne rien faire

                                                  clodjee
                                                  (2016-08-27)

Haikus par Soseki

“Si Sôseki le romancier est de longue date traduit et commenté chez nous, document.write(“”); une part plus secrète et à la fois plus familière de son œuvre nous est encore inconnue. Sôseki a écrit plus de 2500 haikus, de sa jeunesse aux dernières années de sa vie : moments de grâce, libérés de l’étouffante pression de la vie réelle, où l’esprit fait halte au seuil d’un poème, dans une intense plénitude.”
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“Affranchis de la question de leur qualité littéraire, ils ont à mes yeux une valeur inestimable, puisqu’ils sont pour moi le souvenir de la paix dans cœur… Simplement, je serais heureux si les sentiments qui m’habitaient alors et me faisaient vivre résonnaient, avec le moins de décalage possible, dans le cœur du lecteur.“

“Ce livre propose un choix de 135 haïkus, illustrés de peintures et calligraphies de l’auteur, précédés d’une préface par l’éditeur de ses Œuvres complètes au Japon.”

(Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière)

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J’ai déjà introduit le haiku quand j’ai commenté Cent sept haiku par Masaoka SHIKI, cet auteur même qui a encouragé S?seki à écrire et l’a initié aux haïkus. Né Kinnosuke Natsume à l’aube de l’ère Meiji, en 1867, il prendra le pseudonyme de «S?seki» en 1888 (utilisant les deux premiers charactères d’une expression chinoise attribuée à Liu Yiqing: ???? / shù dàn zh?n liú ou s?sekichinry? en japonais, littéralement «Se rincer la bouche avec une pierre et faire de la rivière son oreiller»). [ci-contre: p. 43]

Natsume S?seki (?? ??) deviendra l’un des auteur emblématique du Japon moderne. Après avoir étudié la littérature anglaise à l’Université de Tokyo, il part enseigner à Matsuyama (1895), puis à Kumamoto (1896), avant de passer trois ans d’études en Angleterre (1900-03) et de finalement succèder à Lafcadio Hearn à la chaire de littérature anglaise de l’université de Tokyo. Toutefois, il quitte ce poste en 1907 pour se consacrer à l’écriture. On lui connait plus d’une vingtaine d’ouvrages dont principalement Je suis un chat (??????? / Wagahai wa neko de aru, 1905), Botchan (?????, 1906), Sanshirô (???, 1909), Et puis (???? / Sorekara, 1909), La porte (? / Mon, 1910), et Choses dont je me souviens (??????? / Omoidasukoto nado, 1910-11). Son importance dans la littérature japonaise est soulignée par le fait que son portrait apparait sur le billet de 1 000 yens.

Haikus est un ouvrage assez simple qui se lit très rapidement. Les petits poèmes sont typiquement présenté trois par page, agrémentés de peintures et de calligraphies par S?seki. Dans mon commentaire de Cent sept haiku, j’ai déjà mentionné ma déception de ne pas ressentir la profondeur de la pensée ou des sentiments de l’auteur que l’on s’attendrait à retrouver dans cette forme de poésie. Il est toutefois intéressant d’essayer de comprendre ce que l’auteur désir exprimer. C’est un bel ouvrage et j’ai particulièrement apprécié les illustrations de l’auteur (ci-contre: p. 23) ainsi que la préface et les notes qui lévent un peu le voile sur les intensions et le parcours de S?seki.

Somme toute c’est une très bonne lecture de chevet et pas nécessairement que pour les amateurs de culture nippone ou de poésie.

Haikus, par S?seki (traduits par Elisabeth Suetsugu). Arles, Éditions Philippe Picquier, janvier 2002. 144 pages, 14.5 x 23.0 x 1.0 cm, 8,00 € / $32.95 Cnd, ISBN 2-8097-0125-8. Lectorat: pour tous!

Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

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Photos haiku: Shiki

En regardant une émission à la télévision japonaise, document.write(“”); Haiku Masters, diffusée en anglais sur NHK World, j’ai découvert un concept nouveau en art visuel: le photo haiku ! Le premier épisode de cette émission peut être visionné sur demande sur le site internet de la station.
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Cela m’avait déjà donné l’idée de faire
une video haiku inspiré par les nouvelles rames de métro Azur. Cette fois je vous propose deux photos haiku qui utilisent des textes de Shiki tirés de Cent sept haiku (ouvrage que j’ai tout récemment commenté):

Papillon qui dors
Sleeping Butterfly
(Photo: clodjee.com, iPhone 6, 2015-09-26 / Texte: Shiki, Cent sept haiku, p. 22)
Sur ce haiku, le traducteur note (Cent sept haiku, p. 109): “Réplique adressée à S?shi (Zhuangzi), grand philosophe taoïste chinois, qui un jour avait rêvé qu’il était un papillon, avant de se demander s’il n’était pas plutôt un papillon rêvant qu’il était Zhuangzi.”

Deux kakis
Two Kaki
(Photo: clodjee.com, iPhone 6s, 2015-11-16 / Texte: Shiki, Cent sept haiku, p. 90)
Sur ce haiku, le traducteur note (Cent sept haiku, p. 110): “Bien que très malade et souffrant de consomption, Shiki continue de travailler, recevant de très nombreux haiku dont il doit faire la critique. Mais compensation : il s’offre deux kakis après la séance de travail”.

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Cent Sept Haiku

“Considéré comme « le père du haïku moderne », document.write(“”); Masaoka Shiki (1867-1902) – à qui l’on doit l’adoption définitive du terme – fut le grand défenseur de cette forme majeure de la poésie japonaise qu’il s’attacha à transmettre en fondant une école et une revue littéraire.”
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“En dépit de la brièveté de sa vie, son œuvre figure parmi celles des derniers maîtres de la grande tradition.“

Quelle solitude!
après le feu d’artifice —
l’étoile filante

(Texte du
site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière)

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Fils de samurai, Tsunenori Masaoka est né en 1867. À la fin de ses études de littérature à Tokyo, il prends le pseudonyme de Shiki (?? / Petit Coucou). Journaliste, il fonde la revue littéraire Hototogisu et publie plusieurs études critiques (notamment sur Bash?) et traités théoriques de poésie. Il meurt de tuberculose en 1902 à l’âge de 35 ans. Il a contribué à forger les formes modernes du tanka (issue du waka, un poème de cinq vers de 5-7-5-7-7 syllables) et du haiku. Il aurait composé près de 25,000 haiku et est considéré comme le père moderne du genre.

Le haiku [??] est issue du tanka, un poème de 31 mores (ou syllables) composé d’un tercet de 17 syllabes (5-7-5), appelé hokku [?? / “vers du début”], et d’un distique de 14 syllabes (7-7). Bash? ne conserva du tanka que la première partie, le hokku, pour en faire un haïkaï (??) et Shiki, qui en modernisa l’esprit, adopta définitivement le nom de haiku, formé par la contraction de haikai no hokku (“les premiers vers du haikai”).

Le haiku est donc un court poème (récité, et non chanté comme le tanka) qui doit “célébrer l’évanescence des choses”, contenir une “notion de saison (le kigo) et comporter une césure (le kireji)”. Le haiku ne doit pas être descriptif: c’est une sorte d’instantané qui fige avec spontanéité, concision et subtilité l’expression d’une sensation ou d’une émotion passagère souvent liée à l’observation de la nature. Bien sûr, il existe plusieurs tendances de haiku (zen, urbain, engagé, etc.) et les règles ne sont pas toujours respectées, particulièrement dans le cas d’une traduction (ou d’un haiku composé dans une langue étrangère) où il est difficile de conserver la métrique. L’important est d’en conserver l’esprit: trois lignes poétiques (qui ne riment pas et ne forment pas une longue phrase fluide mais plutôt des énoncés minimalistes — sans articles et avec une conjugaison simplifiée — séparés d’au moins une pause.

Cent sept haiku nous offre une sélection de haiku par Shiki. L’ouvrage n’a aucune préface mais heureusement se termine avec quelques notes explicatives. Chacun des haiku est présenté sur une page, avec le texte original japonais (en kanji et r?maji) et la traduction française. C’est très rapide à lire, quoiqu’il est nécessaire de relire chacun des haiku deux ou trois fois afin de bien en saisir le sens.

Certain seront sans doute déçu de ne pas découvrir dans ces haiku une grande profondeur philosophique. Pour ma part, j’ai trouvé difficile de ressentir la sensation ou l’émotion que l’auteur a voulu exprimer. Néanmoins, il est beaucoup plus facile de percevoir la scène qu’il décrit. Si l’on se plonge dans cette image paisible, on peut atteindre une certaine sérénité. Et c’est sans doute là que réside la beauté du haiku.

Cent sept haiku constitue donc une excellente introduction à ce genre de poésie japonaise qui connait une popularité croissante.

Cent sept haiku, par Masaoka SHIKI (traduits par Joan Titus-Carmel). Lagrasse, Éditions Verdier, août 2002. 120 pages, 0.9 x 14.5 x 22.0 cm, 14,70 € / $27.95 Cnd, ISBN 978-2-86432-360-0. Édition bilingue (Japonais / Français). Lectorat: pour tous!

Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

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Dans l’Azur – un haiku video

Après quelques mois, document.write(“”); de nombreuses tentatives infructueuses (et de longues attentes sur les quais), j’ai finalement réussi à apercevoir l’oiseau rare et à faire une petite promenade dans l’Azur. Cela m’a inspiré ce petit haiku video!
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After a few months, many failed attempts (and long waits on platforms), I finally managed to see the rare bird and take a ride on the Azur. This inspired me this little
haiku video!


In the Azure – Haiku video

After several attempts – in vain
The heavenly way is open to me
And I finally navigate the Azur

Several attempts – vainly
The heavenly way opens
To finally navigate the Azur

Clodjee